20/03/2006

travaux routiers au Sénégal

 

Sénégal: Travaux routiers ...

Une campagne publicitaire vient seulement d'être déclenchée pour montrer les travaux qui seront réalisés à Dakar, ses environs et ce jusqu'au Diamniadio. Nous n'avons pas eu le privilège d'être associé, en tant que futurs usagers, à ces études qui doivent toujours, selon notre avis, être soumises à l'opinion publique.

Certains aménagements réalisés ou devant être réalisés dans l'agglomération dakroise nous semblent être sujets à amélioration, tant sur le plan fonctionnel qu'esthétique. De façon non exhaustive, nous notons une succession de problèmes récurrents ou d'anachronismes dans l'aménagement des voies et carrefours au SénégaI et particulièrement à Dakar. Une enquête approfondie pourrait démontrer la part d'accidents relevant de problèmes de conception et/ou d'entretien. Il est à noter

1 - Sur la route nationaIe n° 1 : l'aménagement

- de "carrefours" ou d'interconnexions à problèmes (Cambérène, Lobatt Fall, Seven up, Thiaroye, Mbao, etc. (Exemple : accéder à la route nationale au niveau de la route de Sendou dans la commune de Bargny relève du miracle)

- de glissières en béton armé mortelles favorisant l'ensablement et bloquant les eaux pluviales ;

- de terre-pleins "surprises" à Kirène ;

- d'accotements insuffisants favorisant des accidents ;

- d'aménagements inesthétiques empêchant le stationnement ;

- de gendarmes contribuant aux embouteillages par des barricades et créant une insécurité des populations ;

- de policiers contrôlant les véhicules à des endroits dangereux.

2 - Des ronds-points "entonnoirs" (voir Liberté 6, Sacré Coeur) ou surdimensionnés (Rufisque) ou disposés à la sortie de virage (Bargny)

3 - Des ralentisseurs communément appelés "dos d'âne" très mal ouvrés et hors toutes normes ;

4 - La non prise en compte des piétons ;

5 - Des ponts non fonctionnels (Grand Yoff et Cices)

6 - D'aménagements mal pensés à Grand Yoff (du Camp pénal au pont) ;

7- Des panneaux directionnels inexacts ou inappropriés posés (exemple devant les Chèques postaux),

8 - La non prise en compte des "cars rapides" et des " Ndiaga Ndiaye". Ces différents points que nous venons de relever, montrent de façon pratique que les aménagements existants ne sont pas très opérationnels. Raisons pour lesquelles, nous nous demandons quels crédits nous devons accorder aux futurs aménagements routiers ?

Certes, il faut noter que les gendarmes et les policiers relèvent de problèmes comportementaux ; de même que les usagers. Les usagers professionnels que sont les chauffeurs posent énormément de problèmes ; ces derniers constituent un facteur essentiel dans les problèmes d'embouteillages.

Malgré tout, les usagers de la route sont en attente de voies de circulation opérationnelles destinées à leur garantir une fluidité réelle et sans perte de temps dommageable comme c'est le cas présentement (selon certaines sources, plus de 100 milliards de francs Cfa seraient officiellement perdus chaque année). Economie, facture pétrolière, facteur temps, de vague notions sous nos contrées. Mais, la fluidité intéresse-t-elle ce continent qui représente moins de 1,5 % de l'économie mondiale ?

Ainsi, en voyant la publication des documents dans la presse, ce fut, quand même, un moment de bonheur de savoir que les nouveaux échangeurs de l'Apix seront enfin là, 30 ans après ! Mais le hic est venu en examinant de près les documents photographiques ou picturaux montrés dans les journaux qui nous interpellent à plus d'un titre et invitent à s'interroger sur les travaux projetés : Ces ouvrages seront-ils fonctionnels et qu'en est-il de leur design ?

L'analyse de ces dits documents picturaux montre que ces ouvrages continueront de poser des problèmes de fluidité. Ainsi, en nous basant sur les images publiées, la preuve est faite que pour :

A - L'Echangeur de la Patte d'Oie : Roulant de Malick Sy à la Patte d'Oie, il semble impossible de retourner au Plateau. De même, étant sur la nationale 1, en provenance de Cambérène, il semble tout aussi impossible de retourner à son point de départ. II y a lieu également de noter les problèmes d'interconnexions. Au plan esthétique, nous aurons une agression de l'environnement.

B - Pont de Colobane : Nous notons le maintien et/ou la reconduction de l'ancienne interconnexion. De toute évidence, les mêmes problèmes demeureront si ce cas de figure est maintenu.

C - Echangeur de Hann : Cet échangeur préfigure un véritable "casse- tête... chinois" ! Tout d'abord, il est à noter la disparition de l'axe Front de terre - Hann. Question : Comment rallier l'avenue Malick Sy à partir de Hann ? Apparemment, sur "image, on traverse un premier rond point, puis après un passage sous un tunnel, on emprunte en contresens la bretelle de sortie provenant de la Patte d'Oie.

Les observations bienveillantes que nous venons de faire montrent que, de toute évidence, les échangeurs projetés ne résoudront pas les difficultés de circulation que les usagers rencontrent depuis des décennies. Au fil des décennies, ces difficultés de circuler, allant en s'aggravant, ont poussé à la gestation d'un projet d'autoroute et qui fut identifié dans les années septante (soixante dix).

Cette longue gestation devait ou doit impérativement nous conduire à concevoir un projet digne de ce nom, tout au moins acceptable et convenable. Beaucoup de solutions ont été envisagées dans ce pays afin de résoudre les problèmes directs ou connexes de circulation. Le gouvernement, conscient des dangers découlant de la pollution, notamment issue de gaz rejetés par les voitures, a pris des mesures malencontreuses dont l'interdiction d'importer des véhicules de plus de cinq ans.

Cette mesure ne nous paraît ni appropriée, ni adaptée au contexte sénégalais de pays pauvre, avec des ressources financières rares. Elle n'est nullement appropriée d'autant qu'aucune mesure technique ou scientifique ne vient corroborer cette allusion de pollueurs des véhicules d'occasion par rapport aux véhicules neufs. II est de notoriété que les véhicules neufs ou d'occasion à essence polluent et sont d'autant plus dangereux pour la santé qu'ils ont du plomb comme c'est le cas au Sénégal.

Au moment où en Europe, on s'interroge sur le degré de pollution des véhicules 4x4, il serait instructif d'examiner la question dans notre pays. En définitif, la bonne mesure n'est pas d'interdire les véhicules de plus de cinq ans, d'autant plus que la question ne relève plus de l'âge du véhicule, mais plutôt de créer des centres de visites techniques opérationnels et performants. Hormis la qualité du carburant, le véritable problème relève de l'entretien et du réglage du moteur du véhicule concerné.

La mesure d'interdire ces véhicules est une injustice que ne saurait justifiée, ni la pollution, ni un prétexte de création d'usine de montage de véhicules dont les prix ne serait pas abordable. Nous avons pour tous le pays deux cent cinquante mille véhicules pour une population de dix millions de personnes, soit deux points et demi de voitures pour cent habitants. Un véritable désert.

Le contexte économique de nos pays n'appelle-t-il pas l'utilisation de véhicules à consommation modérée et à un faible taux de nuisance ? En France, depuis janvier 2000, tous les véhicules neufs sont tenus d'avoir un pot catalytique. Alors se pose la question de savoir s'il ne fallait plutôt interdire les nouvelles voitures dès lors qu'elles doivent prendre du carburant sans plomb ? Nous savons que le plomb détruit non seulement le pot catalytique avant de détruire le moteur, mais également, il est dangereux pour notre propre santé ?

La lutte pour un environnement de vies acceptables nous invite à trouver des solutions de rechanges telles que le transport en commun (bus, métro, tram, oui n'ayez pas peur) à énergie propre et la recherche de réduction du bruit par des aménagements adaptés. En outre, nous ne saurons conclure, sans nous demander, quelles sont les mesures prises au plan environnemental pour cette autoroute-ci. Au seuil de ce nouveau millénaire, il serait inacceptable de réaliser un tel projet, porteur de tant de nuisances sonores, sans nous montrer les mesures prises pour l'environnement de vies. Et apparemment, nous n'avons pas connaissances de mesures d'ordre environnemental. Véritablement, ce sera notre première autoroute après 45 ans d'indépendance. Faisons un voeu que ce rêve ne devienne un cauchemar pour des citoyens n'aspirant qu'à un repos mérité.

19/03/2006

Ismael Lo

 

Ismael Lô

 

Le Bob Dylan africain ! Avec son harmonica et sa guitare, Iso Lô (c'est son surnom à Dakar) a donné au trépidant mbalax sénégalais un tempo plus cool, un son plus mélodique, proche parfois du rythm'n'blues. Personnage attachant, il parcourt désormais le monde depuis sa signature chez Polygram. Son tube "Tajabone" l'a fait connaître du grand public, lui qui n'était jusqu'alors connu que des férus de world music.

C'est au Niger, à Dongo Buti, patrie de sa mère d'origine Peul, que naît Ismaël Lô le 30 août 1956, où son père sénégalais, est alors en poste. Mais après le retour de la famille au Sénégal, Ismaël grandit à Rufisque près de Dakar. Son frère aîné écoute beaucoup de musique soul américaine, quant à Ismaël, il est plutôt sensible aux mélodies mandingues, ethnie la plus répandue en Afrique de l'ouest. Mais dans la famille Lô, pas question de faire de la musique professionnellement. Ismaël passe tout de même beaucoup de temps à fabriquer des guitares et à en jouer avec ses cousins.

En 1970, à la mort de son père, Ismaël passe deux ans à l'Institut des arts de Dakar où il peaufine son autre talent, la peinture. Parallèlement, il entame une carrière de chanteur après avoir été repéré lors d'une émission de télévision.

L'Epopée Super Diamono

Il remplit vite les salles du Sénégal, et au cours d'une tournée en Gambie en compagnie de ses frères, il rencontre le Super Diamono de Dakar, célèbre orchestre qu'Ismaël admire depuis longtemps. Ils s'entendent à merveille et le groupe propose au chanteur d'intégrer la formation. Ismaël Lô, qui à ce moment là hésite encore entre une carrière de chanteur ou de peintre, rejoint finalement le Super Diamono, mais un an plus tard seulement.

L'orchestre qui mélange le M'balax (principe de percussions propre à l'ethnie des Wolofs) et rythme occidentaux, connaît un renouvellement avec l'arrivée d'Ismaël Lô. Ensemble, ils vont enregistrer une multitude de tubes.

En 1984, Ismaël reprend sa liberté et en 4 ans, il enregistre 5 albums. Son succès est dû sans aucun doute à son écriture originale, plus folk, plus soul que la variété courante, sans oublier des textes parfois politiques qui le font fort apprécier dans certains quartiers de la capitale sénégalaise.

Durant toutes ces années, il est accompagné du vieux Faye, guitariste lead et arrangeur, qui en musicien féru de jazz, personnalise sa musique et met en valeur un excellent chanteur et un excellent ciseleur de mélodies comme Ismaël Lô. On retrouve également autour de la star du M'balax, Sélé Thiam, ex-saxo du Super Diamono et Thio Mbaye aux percussions.

1990 : début d'une carrière internationale

Celui que l'on surnomme le "Bob Dylan africain", signe en 1990 chez Barclay et sort un 6ème album solo, "Ismaël Lô". Cet album "made in France" à dominante folk l'impose dans les charts européens en particulier grâce au titre "Tajabone".

En mai 1990, il remporte un gros succès au festival des musiques métisses d'Angoulême, et en 91, il s'envole pour une tournée en Amérique du nord.

Il sort également cette année-là, un album "Afrique Sunu", mais qui étrangement n'est pas diffusé en France, ainsi que "Khumbeul", qui sort en 92 et qui n'est disponible qu'en cassette.

Radio France Internationale lui décerne le trophée RFI Sacem à l'occasion du concours Découvertes en octobre 92.

C'est sous le label Mango Island, distribué par Polygram, que paraît en 1994, le dernier album d'Ismaël Lô, "Iso", surnom d'Ismaël depuis son enfance. Les 12 titres de "Iso" mêlent les deux grands styles musicaux que l'on retrouve dans sa musique soit les mélodies tranquilles à la guitare ("Dibi dibi rek"), et le m'balax sénégalais ("Sénégambie"). On peut aussi citer un texte en français écrit par le parolier Etienne Roda-Gil ("La femme sans haine"). Cet album est applaudi par la critique en France et Ismaël Lô est désormais avec Youssou N'dour, une des figures emblématiques de la chanson sénégalaise parmi les plus connues et les plus appréciées en Europe.

Grande tournée en Afrique

Du 25 septembre au 8 octobre 95, il fait une grande tournée en Afrique de l'est et en Afrique du sud où il remporte un vif succès dans des régions où la langue wolof n'est pas parlée.

Enfin en 96, Ismaël Lô sort une compilation de ses meilleurs titres "Jammu Africa", accompagnée de quelques chansons inédites tel le titre du disque. Sur ce disque, on trouve un duo entre le chanteur et l'anglaise Marianne Faithful ("Without blame"). A la fin de l'année, il fait la première partie de la chanteuse Jane Birkin à l'Olympia ce qui souligne la reconnaissance du chanteur par le public français. Puis en 97, on le retrouve en duo sur l'album du suisse Stephan Eicher.

En 1999, la chanson "Tajabone", issue de "Jammu Africa", suscite l'intérêt de Pedro Almodovar qui s'en sert pour illustrer son dernier film "Tout sur ma mère".

Nouvel album

Ismaël revient sur le devant de la scène en juin 2001 avec un nouvel album réalisé entre Dakar et Paris. Intitulé "Dabah" en hommage à Dabah Malik, guide spirituel et religieux sénégalais (décédé en 97), cet opus est très inspiré par l'Afrique. Les thèmes abordés sont toujours la paix, l'amour, les inégalités. Le reggae ("Biguisse"), la soul, la musique latino ("Africa Démocratie") viennent accompagner le célèbre m'balax du Sénégal montrant ainsi un artiste ouvert sur d'autres cultures. Cet album concocté par le chantre de la nouvelle chanson africaine, se veut écoutable par tous les publics qu'ils soient occidentaux ou africains.

Le 4 décembre 2002,il estfaitChevalier de la Légion d'honneur pour ses qualités artistiques, ses valeurs humaines et pour son action pour la Francophonie.Le Bob Dylan africainreçoit ses insignes au cours d'une cérémonie à l'ambassade de France de Dakar.

Le 18 mars 2003 ressort "Jammu Africa", déjàpublié en 1996 sur lequel on retrouve une nouvelle version de "Faut qu'on s'aime", arrangée et réalisée par Calogero.

Quinze jours plus tard, le 5 avril, Ismaël Lô se produit pour la première fois au Zénith de Paris, étape majeure d'une longue tournée française.

Du 26 avril au 16 juin 2004, "Iso" Lô part pour une tournée de quatre mois dans quinze pays entre l'Afrique australe, l'Afrique orientale et l'Océan pacifique. Zimbabwe, Kenya, Namibie, Ile Maurice, Ouganda font partie, entre autres, des territoires conquis par le musicien sénégalais. Il clôt cette tournée par une participation à la 5ème édition du festival Rawafid de Casablanca au Maroc, contrée où il a promis de revenir dès 2005.

Ismaël, fervent religieux, a profité de son séjour dans le royaume de Mohammed VI pour effectuer un pèlerinage au mausolée de Cheick Ahmed Tidiane Chérif - fondateur de la tidianniya confrérie musulmane soufie du Sénégal à laquelle appartient la chanteur.

18/03/2006

Fort de Podor

Sénégal: Réhabilitation du fort de Podor : Un patrimoine culturel profitable au tourisme

Ce qui fut en 1787 le « maudit Fort » de Podor, selon le Chevalier de Boufflers, est aujourd'hui, après sa restauration, un joyau du patrimoine culturel de la localité dont tire profit l'économie touristique.

« C'est une cour carrée, entourée de quatre mauvais bâtiments à rez-de-chaussée, sans planchers, sans plafonds, couverts de planches mal jointes, et à chaque coin des espèces de tourelles dans l'une desquelles demeure le commandant. La garnison, composée de vingt soldats agonisants, demeure dans une espèce d'écurie, à côté de la porte ; et le reste est destiné aux magasins où il n'y a presque rien, et où tout se gâte en peu de temps par l'excès de la chaleur ». C'est ainsi que le Chevalier de Boufflers a dépeint, dans une lettre adressée à la Marquise de Barbant, « le maudit Fort » où il était en 1787.

L'ambassadeur de France au Sénégal, André Parant, rappelle ainsi, certes avec malice, la description faite par le Chevalier de Boufflers, mais fort à propos, à l'occasion de la réception, samedi dernier à Podor, des clés du Fort en question aujourd'hui presque entièrement restauré. M. Parant ajoute, apparemment amusé, que si l'auteur de ladite correspondance revenait aujourd'hui, « il émettrait sur le lieu un jugement plus clément ».

Mais sûrement pas sur « l'excès de chaleur » qui s'est déjà installé, à l'instar des autres régions du Sénégal, dans cette localité. Ceux qui y ont foulé les pieds, pour la première fois, s'accordent à dire que c'est une « zone sèche » où les arbres sont rares, notamment en bordure du fleuve Sénégal, véritable richesse pour la contrée. L'on s'imagine le quotidien de la population qui paraîtrait terne et accablée de canicule que des moments comme ce week-end sortent de l'ordinaire. Podor vivait aussi au rythme des « Rencontres du Fleuve » et du Festival des « Blues du Fleuve » organisé par l'artiste musicien originaire de la localité, Baba Maal. C'est un rendez-vous culturel inédit, dont l'inauguration du Fort rénové figure l'un des points d'orgue.

Patrimoine d'un passé « mouvementé »

Le site recèle, en effet, tout un pan de l'histoire « riche et mouvementé » de cette région du Fouta et du Sénégal que le maître du Xalam, Samba Diabaré Samb, griot de la famille d'El Hadj Omar Tall, s'est plu à rappeler à travers chansons et notes émouvantes. Selon l'ambassadeur de France, cette histoire est « étroitement associée à la pénétration coloniale le long du fleuve, avec son cortège de personnages flamboyants qui ont marqué de leur empreinte cette région et le pays tout entier ».

André Parant cite, entre autres, El Hadj Omar Tall, Cheikh Ahmadou Madiyou, Alboury Ndiaye et Faidherbe. C'est Louis Faidherbe qui a reconfiguré, en 1854, le Fort créé en 1744 et tombé en ruine par négligence.

Réalisés de 2003 à 2005 pour un coût estimé à environ 260 millions FCFA, les travaux de restauration du Fort ont porté sur la réfection et la consolidation du gros oeuvre du bâtiment principal et des deux autres annexes. Avec cette particularité consistant dans leur remise en conformité avec leur aspect initial, à savoir la réfection complète des enduits, crépit et menuiserie, dans le respect des techniques et matériaux utilisés à l'époque. Le résultat final est à l'actif d'entreprises sénégalaises (cabinet conseil maître d'ouvrage, maçonnerie, boiserie et menuiserie) avec l'appui et conseil d'un expert français et d'une association du même pays.

Les travaux de restauration du Fort de Podor ont été, en réalité, réalisés dans le cadre du financement d'un projet du Fonds de solidarité prioritaire (Fsp) de la coopération française, portant développement du tourisme à Saint-Louis et dans la Vallée du fleuve Sénégal, d'un montant d'un milliard FCfa.

« La réhabilitation du Fort (...) interpelle nos consciences sur la nécessité de s'inscrire dans une perspective longue, afin de ne rien renier et d'assumer, le meilleur comme le pire, d'un lourd héritage, riche de la pluralité de ses composantes », a déclaré, pour sa part, le directeur de cabinet du ministre de la Culture et du Patrimoine historique classé, Pape Massène Sène. Il a estimé que cette restauration « contribuera, sans aucun doute, à une réappropriation d'un vécu historique ».

Opportunités touristiques

Le site transformé en musée, où a lieu une exposition portant sur l'histoire des paléo environnements, l'archéologie, l'histoire religieuse, notamment à travers la figure d'El Hadj Omar Tall, ou encore celle de la conquête coloniale et les résistances, permet, en plus de la remise en service récente du Bou El Mogdad (un bateau de croisière), de développer le tourisme dans la région. C'est du reste la richesse du patrimoine historique, culturel et naturel qui a convaincu le ministère chargé du Tourisme de « s'intéresser à cette ville pour en faire un pôle de repositionnement de la destination Sénégal, dans le cadre de la politique de diversification de l'offre touristique », si l'on en croit le directeur de cabinet du ministre du Tourisme, Elimane Sy.

Le ministre de la Coopération internationale et de la Coopération décentralisée, Lamine Bâ, qui avait à ses côtés son collègue en charge du NEPAD et le recteur de l'Université publique de Dakar (Ucad), a souligné que Podor est « un carrefour d'échanges » entre populations vivant autour de la vallée. Des délégations venant de la Mauritanie, située de l'autre côté de la rive du fleuve, ainsi que du Mali ont d'ailleurs pris part à la réception du Fort réhabilité. D'aucuns ont souhaité que cette réalisation puisse servir d'exemple pour la valorisation et la restauration d'autres sites de la localité, comme les quais historiques de Podor et de Dagana, les mosquées « omariennes » de l'Ile à Morphil etc.

 

10/03/2006

ecole de la rue au Sénégal

Une longue table de fortune, six hommes concentrés sur leur travail : l'un polit un morceau de bois qui formera un talon de chaussure, un autre ajuste les bordures d'une semelle, un troisième, le chef de la petite entreprise, fait la finition. Il s'appelle Mbaye Faye, il a 32 ans. Signes particuliers : une profonde balafre sous l'oeil gauche et des cicatrices aux poignets. C'est un « ancien blessé des bagarres de la rue », un « ancien fugueur resté dix années hors de la surveillance des siens », mais aussi un ancien bénéficiaire du programme ENDA d'animation en faveur des Enfants et jeunes en rupture (EJR), qui reçoit l'appui de l'Unesco.

La stratégie d'ENDA, c'est de se rendre sur le terrain auprès des plus démunis. Écouter, observer, aborder ces jeunes. Partir de leurs actions, de ce qu'ils expriment, de leur culture et de leur langue. Refuser que des manières d'agir et de réfléchir leur soient imposées de l'extérieur. Leur donner la responsabilité de définir leurs propres besoins. Leur proposer une formation pratique aux petits métiers, des réunions, des rencontres sportives, parfois des visites aux familles.

Les résultats sur les jeunes sont souvent positifs : Cissokho a suivi un apprentissage dans une entreprise privée ; il avait été « expulsé » de sa famille en raison de ses trop fréquentes sorties sans l'aval de ses parents. Le petit monde qui s'affaire autour de Moussa, l'un des animateurs de ENDA sous le pont Colobane, la sortie de l'autoroute qui relie Dakar à sa banlieue, est constitué de jeunes débrouillards de la rue : certains gagnent leur vie en récupérant des objets dans les ordures ménagères, d'autres en grillant et vendant des cacahuètes. Moustapha s'est spécialisé dans la récupération de papier d'emballage, ce qui lui rapporte environ 5 000 F CFA (50 FF) tous les jours.

Cependant, cette méthode directe de sensibilisation des enfants à l'éducation ne peut réussir à tous les coups. Ainsi, Assane S., enfant de la rue pendant sept ans parce que son père le battait « trop violemment », a bénéficié du programme en 1991 et a été initié au métier de projectionniste de cinéma lors de son « séjour » dans la rue. Mais il ne trouve pas d'emploi et, d'après un animateur, « il n'arrête pas de demander de l'argent ». Preuve que si l'éducation informelle peut donner à ces jeunes une chance de s'en sortir, la pauvreté et le manque de travail ont parfois raison de leur volonté de survivre et les rejettent dans la rue.

 

04/03/2006

Lutte contre le paludisme

Avec 2 euros par gamin et par an, on pourrait protéger du paludisme la grande majorité des enfants du Sahel. Slogan d'ONG ? Non, le coût d'un traitement intermittent préventif, administré aux moins de 5 ans lors de la saison des pluies, lorsque les moustiques transmettent le parasite P. Falciparum. Et surtout un résultat béton, scientifiquement argumenté, publié dans The Lancet, l'une des revues de médecine les plus cotées du monde (1).

Les seize scientifiques cosignataires de l'article sont français, sénégalais et britanniques. Et, s'ils ont pu réaliser cette précieuse démonstration, c'est grâce à un observatoire permanent de la santé d'une communauté rurale sénégalaise, implanté par l'Institut de recherche pour le développement (IRD) à Niakhar, dans le pays sereer, à 150 km au sud-est de Dakar (2). Ici, depuis 1983, les équipes de l'IRD, aidées d'enquêteurs locaux, étudient systématiquement les causes de mortalité. Le palu y fait des ravages. «Un enfant sur cinq meurt avant son cinquième anniversaire et 25 % des décès résultent directement du paludisme, sans compter les effets indirects», précise Cheikh Sokhna, scientifique sénégalais, l'un des auteurs de l'article du Lancet. C'est là que les chercheurs ont testé «une idée nouvelle : le traitement préventif intermittent».

Hivernage. Traitement, puisqu'il s'agit d'administrer trois doses thérapeutiques d'un couple moléculaire : de la sulfadoxine-pyrimethamine associée à de l'arténusate, à base d'artémisine, issue de la pharmacopée traditionnelle chinoise (3). Préventif, parce qu'il est systématique, sans tenir compte de l'état de l'enfant vis-à-vis du parasite. Intermittent : il ne survient que durant la seconde moitié de l'hivernage (saison des pluies au Sahel) lorsque les moustiques se multiplient et transmettent le palu intensément.

L'idée d'un traitement préventif systématique est ancienne, mais avait été plombée par ses revers : la sélection de souches de parasites de plus en plus résistantes et le retard à l'acquisition de l'immunité. Du coup, on la réservait aux femmes enceintes. Expérimentée dans des régions (Gambie, Tanzanie) où la transmission du parasite est permanente, elle a donné des résultats intéressants chez les nourrissons. Mais soulevait nombre de questions ­ efficacité, coût, acceptabilité, effets secondaires, résistances du parasite... ­ en cas d'extension aux enfants plus âgés.

Il fallait donc, pour démontrer son efficacité à plus grande échelle, une étude bardée de précautions. C'est ce qu'a réussi cette équipe internationale ­ service de parasitologie de l'IRD dirigé par Jean-François Trape et Cheikh Sokhna, London School of Hygiene and Tropical Medicine, et la faculté de médecine de Dakar ­ en réalisant un exercice «gold standard», se réjouit Sokhna : «essai clinique randomisé (les enfants sont pris au hasard), contrôlé et en double aveugle (expérimentateurs, parents et enfants ne savent pas s'ils prennent un médicament ou un placebo), portant sur plus de 1 200 enfants représentant une fraction significative de la population de onze villages». Le tout certifié par des comités d'éthique sénégalais, britannique et français.

Les résultats sont spectaculaires. Dans le groupe d'enfants traités en 2002, on note 86 % d'accès palustres de moins que dans le groupe placebo, et la présence du parasite dans leur sang se réduit de 70 %, diminuant d'autant le risque de transmission. Le tout sans effets secondaires, hormis quelques vomissements sans gravité. En outre, le suivi des enfants durant l'année suivante a montré l'absence d'«effet rebond» : la cohorte d'enfants, cette fois-ci non traités, n'a pas montré plus d'accès palustres que le groupe placebo, et même moins pour les plus jeunes.

Avant de proposer aux gouvernements, à l'OMS et aux fondations caritatives (comme la Bill and Melinda Gates, qui a financé l'étude) d'en faire une stratégie antipalu à grande échelle, l'équipe de Cheikh Sokhna a voulu démontrer son caractère opérationnel. A Niakhar, le taux de succès a pu être gonflé par la confiance des populations envers les équipes de l'IRD, qu'elles ont l'habitude de côtoyer. De plus, c'est un personnel de santé qui administrait les doses.

A plus grande échelle. Le succès d'une telle stratégie ne peut reposer que sur les communautés rurales, la capacité des mères et des associations de femmes à respecter les délais et le caractère systématique du traitement. D'où l'objectif de réaliser en 2007, avec le soutien du ministère de la Santé sénégalais, une validation à grande échelle (50 000 enfants dans différentes régions) où le traitement sera administré par les mères. L'opération suppose un travail d'éducation, de mobilisation des «leaders» dans chaque village, une étude vérifiant la prise des médicaments et leurs effets. En cas de succès, la suite repose «sur la volonté politique des gouvernements», explique Sokhna, qui souligne l'implication du ministère de la Santé dans l'étude. L'enjeu se mesure à l'échelle africaine : le Sahel tout entier (du Sénégal au Soudan), où la transmission du palu aux enfants se concentre à la saison des pluies, peut relever de cette stratégie de lutte.

nouvelle BD

LES EDITIONS ATOULUDIK PRESENTENT :
 
VACANCES AU SENEGAL
 
Une nouvelle histoire rocambolesque de la famille TOUCHATOUX qui découvre Dakar et ses environs. Une balade entre palétuviers, baobabs et animaux sauvages à la découverte du lac rose, du fleuve Saloum, de l'île de Marloudj,... Le tout sous une chaleur étouffante.
www. atouludikeditions.com
 
Collection Touchatoux / ISBN 2-915468-10-9 / EAN 9782915468106 5,80 €

01/03/2006

nouvel aéroport au Sénégal

Sénégal-économie-infrastructures
   Sénégal: création d'une société chargée de construire un nouvel aéroport
   
   DAKAR, 1 mars 2006 
- Une société chargée de la construction d'un nouvel aéroport près de Dakar, devant remplacer celui de Dakar-Yoff (banlieue de la capitale) pour des raisons de sécurité et de saturation, a été créée la semaine passée, selon un communiqué parvenu mercredi à l'AFP.
   "Il a été créée le vendredi 24 février à Dakar la Société anonyme de l'Aéroport international Blaise Diagne (AIBD-SA)", indique le texte de l'Agence nationale chargée de la promotion de l'investissement et des grands travaux (APIX), une structure rattachée à la présidence de la République sénégalaise.
   "La nouvelle société est chargée de réaliser et de développer le nouvel aéroport appelé à prendre le relais de l'Aéroport International Léopold Sédar Senghor de Dakar Yoff", a indiqué l'APIX.
   La nouvelle société est dotée d'un capital de 100 millions de FCFA (150.000 euros), dont 55% proviennent du privé contre 45% de fonds publics, a précisé son directeur, Modou Khaya, joint au téléphone mercredi par l'AFP.
   Son but est notamment de chercher des financements privés pour la construction du nouvel aéroport, dont le site est Diass, à une quarantaine de kilomètres de Dakar.
   Le coût prévisionnel de la construction du nouvel aéroport est de 200 milliards de FCFA (300 millions d'euros) qui doivent être financés par des bailleurs privés, a indiqué Modou Khaya.
   Le nouvel aéroport est destiné à remplacer l'aéroport Léopold Sédar Senghor, (LSS) dont l'implantation près de zones d'habitations présente des risques , selon M. Khaya.
   En outre, l'aéroport LSS, qui accueille 1,5 million de passagers par an et enregistre une croissance de 7% du trafic passager par an, est jugé "saturé dans ses stations terminales, les aires de mouvement des avions et les zones de passagers".
   Selon le directeur de AIBD-SA, le démarrage des travaux de construction du nouvel aéroport est prévu avant la fin de l'année.
   Les autorités sénégalaises envisagent de construire des cités résidentielles sur le site de l'aéroport actuel.