29/06/2006

Tourisme à St Louis

Tourisme : le réveil de Saint-Louis du Sénégal

Entretien avec Ahmadou Cissé, directeur du syndicat d’initiative et de tourisme

 

 

Le Sénégal est une destination touristique majeure en Afrique de l’Ouest et la ville de Saint-Louis en constitue, depuis quelques années, l’une des plus importantes attractions. Ce succès, la ville le doit à son très dynamique syndicat d’initiative, créé en 1991. Entretien avec son directeur, Ahmadou Cissé.

La région touristique de Saint-Louis du Sénégal compte administrativement trois départements : Saint-Louis, Dagana et Podor, des villes à fort potentiel touristique avec, en tête de pont, l’île historique de Saint-Louis inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis décembre. Saint-Louis abrite le parc du Djoudj, deuxième parc ornithologique du monde classé par l’Unesco depuis 1991, Dagana, la ville de Richard Toll où s’érige, majestueuse, la Folie du Baron Roger et Podor, le fort français de Podor et une teinturerie artisanale exceptionnelle. Ces départements ont tous en commun de riches atouts que le syndicat d’initiative de tourisme de Saint-Louis qui rassemble tous les opérateurs touristiques de la région s’emploie avec, un certain succès à développer.

 

Afrik.com : Depuis quand existe le syndicat d’initiative et de tourisme de Saint-Louis du Sénégal et quels sont ses objectifs ?

Ahmadou Cissé : Le syndicat existe depuis 1991. Evidemment quand on l’a créé, nombreux se sont demandés : "quel est ce syndicat qui reçoit des touristes ?" Pour la plupart des gens, le syndicat est associé à la revendication. Nous n’avons fait qu’utiliser l’appellation française, et c’était une première au Sénégal, qui renvoie à l’activité des syndicats d’initiative. A savoir : la promotion et le développement du tourisme local. Le Syndicat d’initiative et de tourisme, qui assure également la fonction d’office du tourisme de par ses attributions, est composé d’une trentaine de membres qui sont des opérateurs touristiques et des commerçants de la place.

 

Afrik.com : Quelles sont les actions que vous avez menées ?

Ahmadou Cissé : Nous avons mené plusieurs actions de promotion et de développement. Sur ce dernier point, nous avons par exemple initié la formation des guides, on a travaillé sur des parcours d’interprétation urbains de la ville de Saint-Louis et des circuits de découverte des sites et monuments. Ce travail de fond sur le produit, qui a mobilisé des géographes, des historiens et nécessité des repérages et des discussions avec les principaux notables pour collecter des informations nécessaires, est très important. D’autant que Saint-Louis et sa région, même si nous avons de belles plages, ont décidé de miser sur le tourisme culturel et de découverte. Et dans ce contexte, le travail de valorisation du patrimoine est impératif. Il existe donc un circuit patrimoine avec, d’une part, une signalétique directionnelle qui permet aux visiteurs d’accéder facilement aux sites et monuments. Et d’autre part, une signalétique indicative qui explique succinctement l’histoire des sites et monuments. De même, le syndicat, conscient du rôle prépondérant de l’évènementiel, participe et aide tous ceux qui ont des projets qui s’inscrivent dans ce cadre. Nous avons ainsi contribué, à côté du festival de Jazz qui existe depuis 15 ans, à la mise en place et à la pérennisation du festival de théâtre. Qui pense à Rio, pense à son carnaval. A travers l’événementiel, on peut promouvoir et développer une destination.

 

Afrik.com : Quels sont vos projets ?

Ahmadou Cissé : Notre objectif est de sensibiliser, de structurer et d’organiser les activités touristiques afin qu’elles profitent à tous. Aussi, nous pensons qu’il faudrait travailler avec des associations de jeunes, assez dynamiques, pour avoir des relais qui pourront ainsi, par exemple, former des guides, comme nous l’avons fait pour Saint-Louis, au niveau de leurs localités. Ces associations pourraient ainsi accueillir les visiteurs, les orienter et proposer des produits en mesure de générer des revenus. Il est important d’accompagner toutes ces actions par un vrai travail de sensibilisation afin que les touristes soient reçus dans de bonnes conditions et dans les règles de l’art. Tout cela pour éviter aussi que les touristes soient tentés de faire des cadeaux aux populations (par charité, ndlr) ou qu’elles-mêmes en profitent, ce qui serait vraiment dommage. Ce n’est pas ce que nous voulons pour la région. Il est de loin préférable que l’artisan, qui fait de belles peintures, de belles poteries et de belles teintures et que nous appuyons en signalant son emplacement aux visiteurs, puisse vivre de son travail par le biais du tourisme.

 

Afrik.com : Votre existence semble avoir donné un coup de fouet à la vie de Saint-Louis...

Ahmadou Cissé : Saint-Louis a connu un rayonnement extraordinaire par le passé. Elle a été capitale de l’Afrique occidentale française, capitale du Sénégal et de la Mauritanie avec ce que cela suppose comme infrastructures. L’école, par exemple. Saint-Louis a un patrimoine scolaire extraordinaire. Combien de chefs d’Etat africains ont fait leurs études à Saint-Louis ? Après, nous avons vécu des moments difficiles avec le transfert de la capitale à Dakar, les Saint-Louisiens disent que leur ville a connu une longue période de somnolence et un certain déclin. En 1991, pour revenir à la genèse du syndicat d’initiative, les rares professionnels se sont dit qu’il n’était pas normal, quand on parle de tourisme au Sénégal, qu’il soit limité à la petite côte, à la Casamance et à Dakar. La ville avait un patrimoine qui ne demandait qu’â être valorisé. "Il faut qu’on prenne en charge notre développement touristique d’où le Syndicat d’initiative et de tourisme", ont-il conclu. Ces opérateurs ont ainsi bénéficié d’un appui conséquent de la région Nord Pas-de-Calais en France, de leur maire qui leur a fait confiance et petit à petit, nous sommes arrivés, avec l’aide de l’ambassade de France au Sénégal, à éditer les supports de promotion, à réaliser des actions, à mettre en place un parcours de découverte de la ville et à valoriser les espaces naturels. C’est comme ça que nous sommes partis de 14 000 arrivées en 1991 à quelques plus de 55 000 aujourd’hui. A l’époque, les gens passaient une nuit à Saint-Louis, maintenant ils en passent trois en moyenne. De destination de passage, Saint-Louis est devenue une destination de séjour. Les gens peuvent ainsi y passer une semaine sans s’ennuyer. Nous sommes, après Dakar et la petite côte, la troisième destination touristique au Sénégal.

 

Afrik.com : Quel est l’impact de ce développement du tourisme sur Saint-Louis ?

Ahmadou Cissé : Le tourisme est un bon prétexte pour développer une localité. Et l’économie saint-louisienne dépend beaucoup de cette industrie. On a 800 emplois directs générés par ce secteur, sans compter les emplois connexes : les taxis et tous ces jeunes entrepreneurs qui, avec leurs petites économies, sont devenus propriétaires des calèches qui permettent aux touristes de faire les parcours de découverte de la ville. Il y a des femmes qui vous disent qu’elles ont réussi à construire leurs maisons en travaillant avec des hôtels et des restaurants à qui elles vendent des poissons et des crevettes. Un boucher qui dit réaliser 70% de son chiffre d’affaires grâce à un seul restaurant. Une enquête a révélé que les touristes dépensaient à Saint-Louis, en petits cadeaux et souvenirs, entre 40 000 et 80 000 CFA (entre 65 et 130 euros). Imaginez le chiffre d’affaire réalisé par les artisans et les artisans d’art vivent exclusivement du tourisme. Rien que l’île de Saint-Louis compte 25 galeries d’art qui ont 50 salariés permanents. Et puis, nous sommes en Afrique et au Sénégal où un salaire fait vivre une dizaine de personnes. Après la pêche, le tourisme est la deuxième source de devises pour notre pays.

Afrik.com : Qu’apporte l’introduction, il y a quelques mois, sur le fleuve Senegal du Bou el Mogdad, devenu bateau de croisière, mais qui assurait durant la période coloniale les services de messagerie, de transport de marchandises et de passagers ?

Ahmadou Cissé : Pour moi, le Bou el n’est pas qu’un simple bateau. C’est un bateau chargé d’histoire, ce que j’appelle un marqueur identitaire. L’évocation de Bou el pour ceux qui l’ont une fois emprunté dans leur vie déclenche beaucoup de souvenirs parce qu’à l’époque coloniale il n’y a avait pas de routes. La région n’était pas aussi désenclavée qu’elle l’est aujourd’hui. Ainsi l’élève qui avait réussi l’entrée en sixième prenait le Bou el pour aller faire ses études à Saint-Louis, c’est une étape importante dans la vie d’un homme. Comparable à celle du jeune marié qui attend sa promise qui arrive par le Bou el, ou un père impatient de retrouver son fils de retour de France... Pour les personnes de 50, 70 ans, le retour du Bou el était un rêve irréalisable. Ce qui explique que lors de sa première croisière, cela a été une fête partout où il passait.

 

Afrik.com : Un bateau mythique donc qui s’avère aussi être un moyen de valoriser le fleuve Sénégal...

Ahmadou Cissé : Le fleuve Sénégal est l’épine dorsale de la région. Il relie les hommes entre eux et pas que les Sénégalais. Le monde est tel qu’il est. Aujourd’hui, pour visiter la France ou un autre pays, il faut un visa, un passeport, mais jamais sur le bateau on ne ressent de frontières entre les gens. Et c’est ça l’un des défis du tourisme, celui d’être facteur d’échange, instigateur de convivialité. Il n’y a pas de hasard, le Bou el a incontestablement une vocation que rappelle son nom. Bou el Mogdad était, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, un traducteur et un rédacteur arabe qui faisait le lien entre l’autorité coloniale et les populations autochtones. Par conséquent, le Bou el Mogdad est à l’origine d’une forme de tourisme qui est primordiale, celle qui permet aux touristes et aux habitants des localités visitées d’échanger. Il ne s’agit pas pour le touriste de prendre des photos derrière la vitre de son car ou de faire un petit signe de la main, ce n’est pas sain. On a juste besoin que les hommes se parlent, qu’il y ait un contact humain et cela suppose un engagement au quotidien de tous les instigateurs et des animateurs de ce produit touristique afin qu’il soit toujours à la hauteur de sa vocation. Ce bateau va certainement, en terme d’images, accroître la notoriété de Saint-Louis, mais à condition que son usage soit authentique, parce qu’autrement le Bou el Mogdad perdrait de son âme.

   Syndicat d’initiative deSaint-Louis

BP 364 Saint-Louis du Sénégal

Tél/Fax : 221 961 24 55

E-mail : sltourisme@sentoo.sn

Site internet : www.saintlouisdusenegal.com/syndicat

28/06/2006

SIDA

Infection au Vih/Sida : 20 000 orphelins recensés au Sénégal et abandonnés à eux-mêmes

 


Il existe au Sénégal et en Afrique une catégorie sociale qui n'a aucun espoir en l'avenir. Ce sont les enfants orphelins du Sida. Au nombre de 20 000 au Sénégal et plus de 14 millions en Afrique, ces enfants ne bénéficient d'aucune prise en charge. Aussi, la Society for women and aids in Africa (Swaa)-international a-t-elle organisé hier un atelier à Dakar pour un véritable plaidoyer pour ces enfants.


Quelque vingt mille enfants sont orphelins du Sida au Sénégal et ils sont quasiment abandonnés à eux-mêmes. A en croire Rokhaya Nguer, présidente de la Society for women and aids in Africa (Swaa)-Sénégal qui en a fait la révélation, ‘en dehors de ce que font les rares organisations en leur faveur, ces enfants n'ont d'autre soutien et se voient ainsi privés de nombre de leurs droits’.

Au classement des régions qui compte le plus d'orphelins du Sida, l'Afrique sub-saharienne détient la palme avec plus de 14 millions d'enfants victimes ou rendus vulnérables par le Vih/Sida. Et selon les estimations de l'Onusida, d'ici 2010, le nombre d'enfants orphelins atteindra les vingt-cinq millions à l'échelle planétaire. Un chiffre d'autant plus inquiétant que la prise en chagre de cette catégorie sociale reste un réel problème sur le continent noir. A en croire les responsables de la Swaa internationale qui organisent, depuis hier à Dakar, un atelier sur l'accompagnement des enfants et orphelins vulnérables (Eov), les enfants dont les parents sont morts de cette pandémie du siècle sont abandonnés à eux-mêmes. Contrairement aux pays développés où, d'après une étude récente, quatre cents adultes s'occupent d'un orphelin, en Afrique, c'est quatre adultes qui ont la prise en charge d'un enfant, soit cent fois moins.

En plus de la stigmatisation dont ils sont l'objet, soutient Bernice Heloo, présidente de Swaa international, ‘ces enfants souffrent de malnutrition, de manque d'accès aux premiers soins et de non scolarisation’. Mais de l'avis de la responsable de Swaa, le pire des traumatismes que vivent ‘ces laissés-pour-compte’ est d'ordre émotionnel ou psychologique.

L'une des conséquences éventuelles de cette situation est le risque de constater la déperdition de ces enfants dans le futur. Pour ne pas en arriver à ce constat, les responsables de Swaa préconisent un véritable plaidoyer pour une prise en charge réelle des Eov. Et dans ce travail, soutient Mme Heloo, ‘une large part revient aux médias qui ne doivent pas fermer les yeux sur ce fléau inquiétant’.

27/06/2006

l'ADSL arrive au Sénégal

Sénégal: Nouvelles technologies : La télévision par l'Adsl arrive sur le marché sénégalais

 

Les téléspectateurs sénégalais entrent de plain pied dans une nouvelle dimension de la télévision avec la commercialisation dés lundi de la télévision sur Adsl.

Le nouveau service a été lancé hier par la Sonatel.

« Keurgui TV », c'est le nouveau service mis sur le marché par la Sonatel . La société nationale devient ainsi « le premier opérateur à offrir la télévision sur Adsl et la Vidéo à la demande en Afrique », indique un communiqué émanant du département Communication de la Société nationale des télécommunications.

Pour obtenir ce nouveau service, le client devra au préalable avoir l'Adsl à domicile et cela suppose déjà l'utilisation du raccordement téléphonique. C'est ainsi par la ligne téléphonique que pourront transiter une centaine de chaînes de télévision, ainsi que des programmes que le client pourra sélectionner dans une vidéothèque virtuelle comprenant des films, des documentaires, des concerts, des cours de cuisines, etc.

La technologie de l'Adsl (Asymmetric Digital Subscriver Line) en français cela donne Lnpa (Ligne Numérique à Paire asymétrique) mise au point il y a une dizaine d'années retrouve ici son premier objectif qui était de recevoir la télévision par le réseau téléphonique classique.

L'un des avantages de cette nouvelle télévision est que les usagers vont se passer des antennes de télévision qui fleurissent sur les toits. Par contre, ils auront, lors de leur souscription à l'abonnement, un modem et un décodeur, des mots de passe pour accéder aux avantages offerts par le service.

Le nouveau service de télévision par Adsl de la Sonatel va proposer une dizaine de chaînes de télévision gratuites, la Vidéo à la commande et plusieurs télévisions africaines. Des formules d'abonnement incluent également le bouquet de Canalsat Horizons .

Cette innovation technologique, qui a fait l'objet de tests depuis près de deux ans, a été réalisée avec l'appui technique de France Télécom, partenaire stratégique de la Sonatel et en partenariat avec Canal Horizons, la RTS, 2STV , de grandes chaînes de télévisions africaines et des fournisseurs de vidéo à la demande.

 

21/06/2006

menace sur les tortues

Sénégal: Espèces marines :Joal-Fadiouth, une poudrière pour les tortues

 

Les tortues marines risquent de disparaître si rien n'est fait. En effet, de sérieuses menaces pèsent sur l'avenir de l'espèce, victime non seulement des pêcheurs, mais aussi consommée par les populations locales.

 

- Au Sénégal, Joal-Fadiouth est considéré comme une zone où les populations locales consomment encore la tortue malgré les interdits. Ce qui, aux yeux du docteur Ahmadou Diallo, pose d'énormes difficultés. Dans ce cadre, le chargé de programme espèces de l'Ong Wwf (Fonds mondial pour la nature) se veut formel : 'La tortue marine est une espèce en voie de disparition, car elle est agressée dans toutes ses étapes de la vie'.

 

Faisant le détail, Dr Diallo dira que la vie d'une tortue n'est pas de tout repos. Ainsi, quand elle vient pondre, les gens prennent ses oeufs. 'Quand elle est en mer, elle est capturée par les pêcheurs pour manger sa chair. C'est une espèce très vulnérable et si on ne fait pas attention pour la protéger, on va vers sa disparition', a martelé Dr. Ahmadou Diallo. Le pire est que l'espèce est fortement exploitée par les pêcheurs qui en font des captures importantes dans la zone de Joal-Fadiouth. Voilà deux facteurs principaux qui font que les populations de tortues sont dans un état de conservation défavorable, selon les responsables de Wwf.

 

Pour faire face à cette situation, cet organisme mondial a mis en oeuvre un programme de conservation des tortues marines en Afrique de l'Ouest, dirigé par le programme régional de la conservation de la zone marine et côtière. Objectif : Améliorer la conservation des tortues en Afrique de l'Ouest. Ce programme d'un montant de 34 millions de francs a pour objectif spécifique de réduire le taux de la mortalité, mais aussi de sensibiliser les populations sur les menaces qui pèsent sur les tortues, selon Dr Diallo.

 

Pour faire accepter aux pêcheurs que la tortue est protégée, des activités de sensibilisation sont menées sur le terrain par le programme qui s'attelle également à conserver les sites d'intérêt majeur pour les tortues marines. La semaine dernière, une opération coup de poing et d'aménagement du site de ponte des tortues a été organisée à Ngoussé Diokhé pour nettoyer la plage dans cette île identifiée par les populations comme une zone de nidification où les tortues viennent déposer leurs oeufs. La démarche a consisté à enlever les ordures dans cette plage pour permettre aux tortues d'y venir tranquillement. D'après les spécialistes, le plastique est l'ennemi numéro 1 des tortues. Dès qu'elles en mangent, elles ont du mal à digérer. 'De concert avec les jeunes de Joal-Fadiouth, nous avons organisé cette journée pour aménager ce site', renseigne Dr Diallo.

 

D'ailleurs, Abdou Karim Sall, président de l'aire marine protégée de Joal, a indiqué que cette entité mène des actions dont le but est de sensibiliser les pêcheurs sur l'impérieuse nécessité de ne plus capturer les tortues. Dans ce sens, un plan spécial d'information et de sensibilisation a été dèjà conçu. De son côté, le conservateur de l'aire marine protégée a beaucoup insisté sur l'implication des populations locales qui doivent jouer un rôle de premier plan. Pour le lieutenant Assane Ndoye, l'aire marine protégée est un nouveau concept de conservation qui prône la cogestion entre l'Etat et les populations. Il s'agit de faire en sorte que les populations des zones cibles puissent prendre conscience des menaces qui pèsent sur l'espèce et agir en conséquence pour les protéger.

 

12/06/2006

Mbour change

 MBOUR - AMENAGEMENT URBAIN : La commune change de visage
Au plan infrastructurel, les changements sont perceptibles à travers des réalisations comme la nouvelle gare routière, le village artisanal, l’Office communal du tourisme, l’avenue Félix Houphouët-Boigny, un poumon vert et le terrain de basket, etc. Mais, en dépit de ces réalisations de taille, la ville du maire Mbaye Diagne reste confrontée au problème du flux massif des populations rurales des localités environnantes avec ses corollaires l’habitat spontané, irrégulier et anarchique et l’augmentation des besoins en infrastructures scolaires, sanitaires, etc. Alors que les moyens ne suivent pas.

Mbour s’est fortement métamorphosée. Le visiteur qui est resté longtemps sans fouler le sol de la capitale de la Petite côte est très vite frappé par les changements intervenus dans ce département de la région de Thiès, située à environ 83 km au sud de Dakar, ces dernières années. Et l’auteur de cette mutation remarquable, le Conseil municipal, a profité de notre rencontre avec l’édile de la ville pour dresser son bilan et expliquer les secrets de sa politique.

“ Le 1er juin 2002, lors de son installation officielle, le maire Mbaye Diagne affichait ses ambitions : faire de Mbour une cité émergente ”, explique Magatte Diop, le chargé de la communication de la ville de Mbour. Ainsi, selon lui, l’équipe municipale, à l’unanimité, fixait des repères en identifiant des secteurs d’intervention : recettes, assainissement, coopération décentralisée, électricité, eau, domaine, voirie, lutte contre la pauvreté, éducation, santé, etc.

A la date du 29 mars 2002, le budget élaboré par la Délégation spéciale s’équilibrait en recettes et en dépenses à la somme de 752. 361. 927 francs Cfa. La nouvelle équipe issue de l’Alternance locale portait le budget de la commune à 1.013.300.390 francs Cfa en 2003 ”. En 2004, il est passé à 1.404.464.892 francs Cfa, et en 2006, le budget a été porté à 1.509.861.456 francs. Le recouvrement de ces projections dépasse régulièrement les 95%, selon Magatte Diop, le chargé de la Communication de la commune de Mbour. « Cette bonne santé financière a permis d’éponger les arriérés de paiement du Crédit communal hérités des gestions antérieures. Elle a permis de faciliter la finition de la mise en service de la gare routière et du village artisanal ”. C’est ainsi que la municipalité et l’Agence de développement municipal (Adm) ont fini d’opérationnaliser les mécanismes de privatisation : la Chambre des métiers de la région de Thiès gère le village artisanal et l’appel d’offres pour la privatisation de la gare routière a été lancé depuis mi-février dernier.

La bonne santé financière de la commune de Mbour a permis d’achever la construction de la mairie, son équipement en mobilier et en matériel administratif avec l’installation d’un réseau téléphonique moderne et la connexion à Internet, d’après M. Diop qui avait à ses côtés le maire Mbaye Diagne et le secrétaire municipal Djiby Sy.

Poumon vert pour Mbour

Grâce à cette embellie financière, le Fonds communal d’appui à l’initiative des jeunes et des femmes finance beaucoup de micro-projets. De même, la mise en œuvre de l’Office communal du tourisme qui va coordonner la politique touristique de la ville de Mbour en termes de marketing, d’animation, de promotion de la destination Sénégal à l’étranger. Il y a également la matérialisation de l’idée d’un poumon vert pour Mbour avec l’aménagement de l’avenue Félix Houphouët-Boigny pour un montant de 115.000. 000 de francs Cfa.

“ La jeunesse est bien prise en charge avec la mise en service du nouveau terrain de basket du Centre départemental de l’éducation populaire et sportive (Cdeps), un véritable bijou, mais aussi la reprise impeccable de la clôture du Stade municipal ”. La coopération décentralisée se porte à merveille avec le démarrage de la construction d’une école communautaire de base d’un coût de 17 millions de francs Cfa par Concarneau, mais aussi l’amélioration du système de ramassage des ordures avec deux bennes-tasseuses offertes par Aix-en Provence, selon lui. La ville de Lleida, en Espagne, a mis à la disposition de la commune des infrastructures sanitaires, du matériel d’échographique et des lits d’hospitalisation. Et ce n’est pas tout au plan de la coopération décentralisée, puisque les retombées de la visite de la délégation du Conseil municipal dans l’émirat du Koweït ont permis de mettre à la disposition de la Grande mosquée de Mbour une enveloppe de 50 millions de francs Cfa pour des travaux de reconstruction ou de réaménagement, mais également la construction d’un dispensaire dans le quartier Santhie où l’État est en train d’édifier un village artisanal. Le Conseil municipal a aussi délibéré pour l’édification d’une station d’essence dans ce secteur.

“ Les deux logements des infirmiers chefs de poste (Icp) de Veredo et de Liberté pour un coût de 30 millions de FCfa sont en phase terminale.

Electrification et adduction d’eau

Dans le cadre de la lutte contre l’insécurité et en synergie avec des actions de l’État, le Conseil municipal a retenu d’installer un poste de police à Diameuguène ”. Le marché d’un montant de 39 millions de FCfa a été adjugé à une entreprise qui vient de démarrer les travaux. L’appel d’offres pour l’électrification de Grand-Mbour, Liberté, Diameuguène, Santhie, Golf pour un marché de 100 millions de FCfa est encore gagné par une autre entreprise qui a installé son matériel et fait une reconnaissance du terrain. Pour l’eau, un appel d’offres sélectif de 30 millions de francs Cfa avec la Sénégalaise des Eaux (Sde) est retenu.

La question des lotissements est en train d’être réglée de façon transparente. Les opérations sont en cours dans les quartiers Sonatel, Gouye Mouride, Oncad, Santhie, et c’est une question de jours pour donner aux attributaires leurs parcelles. Mais, à Mbour, les habitats spontanés, irréguliers et anarchiques étalent inexorablement leurs tentacules. Un mal auquel le Conseil municipal compte apporter des remèdes de cheval pour une bonne politique de lotissement. Mais, avertit le secrétaire municipal, Djiby Sy, tant que les parcelles ne sont pas occupées par leurs propriétaires le problème demeure.

Par ailleurs, les structures touristiques ont émis le souhait d’avoir à Mbour un restaurant panoramique avec une vue aérienne pour qu’ils puissent contempler le retour des pirogues. Un projet que le Conseil municipal a décidé de concrétiser.

“ Quatre ans, c’est peu dans la vie d’une cité, mais vous pouvez constater avec nous qu’en si peu de temps, nous avons pu accroître les acquis, améliorer les insuffisances et redresser certains errements. Aucune œuvre humaine n’est parfaite, mais à une année du terme de notre mandat, nous avons largement atteint nos objectifs en agissant et en modifiant favorablement le cadre de vie des Mbourois ”, nuance Magatte Diop. Mais, malgré les efforts consentis, la ville de Mbour se trouve confrontée au problème du flux massif des campagnards qui y sont attirés par le flux des activités, notamment grâce à la mer, le tourisme, etc. Ce qui augmente les besoins en termes d’infrastructures scolaires, sanitaires, etc. Cela alors que les moyens ne suivent pas. “ L’État doit prendre conscience du développement fulgurant de la ville de Mbour, et lui établir un plan particulier comme c’est le cas pour Touba, Tivaouane, etc. ”, plaide le secrétaire municipal Djiby Sy.

En tout cas, un forum sur le développement de la ville dans 10 ans a été déjà organisé et les conclusions serviront de banques de données aux futurs maires de Mbour.

Source : Le Soleil

10/06/2006

Cuisine Sénégalaise

ASSOCIATION DES CHEFS DE CUISINE : Pour la promotion du tourisme sénégalais
 

Mbour - Après des soirées de dégustation sur les recettes réalisées avec les produits locaux à Saly Portudal et à Dakar, l’association des chefs de cuisine du Sénégal (Accs) s’apprête à organiser des journées gastronomiques à Dakar.

Ce sera une belle occasion, selon Bocar Diallo, Secrétaire général de Accs de relancer la cuisine sénégalaise, une manière pour les chefs de cuisine de dérouler leur programme de promotion du tourisme, en passant par l’art culinaire. Pour atteindre cet objectif et faire ainsi prendre au tourisme son envol, un séminaire est prévu le 6 juin au Royal Saly sur le thème : Cuisine, tradition et modernisme, illustré par la présentation de 150 recettes réalisées par les membres de l’association. Cette rencontre se fera en prélude au concours gastronomique national prévu les 24 et 25 novembre 2006. Dans le cadre d’une synergie des efforts pour une meilleure prise en charge de la gastronomie au niveau des structures hôtelières, l’Accs a décidé de combiner ses actions avec la société d’aménagement et de promotion touristique à travers un ambitieux programme qui cadre, selon Bocar Diallo, parfaitement avec le programme de développement économique et touristique de Me Abdoulaye Wade

recettes: http://www.salysenegal.net/senegalais/cuisine.htm

03/06/2006

baisse du Paludisme

PALUDISME : la mortalité baisse de 34 à 20 % au Sénégal

 

La lutte contre le paludisme a engrangé de précieux points au Sénégal à travers les constats effectués à propos d’une baisse en milieu hospitalier de la mortalité due à cette endémie très redoutée en Afrique.

Sur la base des données collectées à partir des cas de décès pour cause de paludisme par rapport aux totaux annuels nationaux des cas de décès en hospitalisation toutes causes confondues, on a noté qu’entre 1997 et 2005, il y a eu des « moments » de baisse sensible des décès dus au paludisme. Si en 1997 le nombre des décès dus au paludisme a été de 1153 sur un total cumulé toutes causes confondus de 3356 décès, soit 34,36%, en revanche on a enregistré en 2005 que 1286 décès sur 6228 toutes causes confondues, soit 20,65%. Il en est de même en 2004 et 2003 où respectivement l’on a vu que le paludisme était responsable de 1524 décès sur 6144 et1607 décès sur 6091. C’est en 2000 que l’on a le plus grand nombre avec 1275 décès dus au paludisme, sur 3441 décès en hospitalisation toutes causes confondues. Pour ce qui est la moyenne nationale toujours dans cette mortalité proportionnelle elle est estimée en 2005 à 20,65%, selon toujours l’analyse des données.

Selon le Dr Moussa Thior, coordonnateur du programme national de lutte contre le paludisme qui a annoncé ces chiffres lors de la présentation d’une communication devant les participants à un atelier tenu cette semaine à Thiès : « c’est des constats qui nous réconfortent dans le fait que le Sénégal est sur la bonne voie pour faire de telle sorte, que l’on puisse vivre dans peu d’années avec le paludisme sans en mourir ». « Quand on regarde ses données ont constate que chaque année, depuis 1997 à 2005, on voit la mortalité baisser de un point, à part 2000 », nous a confié le Dr Thior. Il a également souligné que les chiffres de Dakar sont éloquents dans la mesure où l’on constate là aussi une baisse de la morbidité de 33% en 2004 à 21% en 2005, période où l’on a pourtant eu un hivernage pluvieux et des inondations dans de nombreuses localités de cette région.

En ce qui concerne les données épidémiologiques, elles montrent que le Sénégal a enregistré 812.622 cas d’accès palustres en 2005, contre 1.154.350 en 2004 et 1.425.306 en 2003. « Il est possible de vivre avec le paludisme sans en mourir », a-t-il dit, en mettant en exergue les différents axes novateurs du programme de lutte contre le paludisme mis en branle par le Sénégal avec l’appui des partenaires extérieurs, dont le Fonds Mondial.

Vivre avec le paludisme sans en mourir …

Il a indiqué que le déroulement des interventions planifiées dans les stratégies du PNLP, notamment à travers la promotion des initiatives à base communautaire (IBC), la collaboration multisectorielle, la contractualisation au niveau communautaire avec les organisations de base (OCB), la mise en place sur tout le territoire de nouveaux traitements curatifs plus efficaces et à très bas prix, la promotion des moustiquaires imprégnées, la sensibilisation à travers la mobilisation sociale, ont entre autres commencé à donner des fruits.

« Nous devons de poursuivre les efforts en mettant à contribution de façon planifiée tous les secteurs de la nation et de renforcer solidement les acquis pour attendre les objectifs fixés”.

01/06/2006

Pêche

PECHE - Evaluation de la ressource au Sénégal : Nécessité de mesures de cogestion

Pour faire face à la surexploitation de ses ressources halieutiques, le gouvernement du Sénégal a sollicité l’appui du gouvernement japonais pour améliorer la précision dans l’évaluation des ressources en vue de l’élaboration d’un plan d’aménagement et de gestion durable des pêcheries. L’étude qui a été présentée hier devant un parterre d’acteurs du secteur de la pêche, a souligné le besoin de mesures radicales.

L’évaluation des ressources halieutiques au Sénégal indiquent que sur sept espèces étudiées, quatre, à savoir le thiof, le thiékem, le machoiron et le sole sont dans une phase critique. Pour les sauver, il faut une réduction de l’intensité de pêche, par des captures annuelles inférieures à 500 tonnes pour le thiof. Pour le thièkem, il faut une réduction de l’intensité de pêche, les captures annuelles doivent passer de 2 000 à 1 000 tonnes. Il faut aussi la même chose pour le machoiron et la sole. L’espèce qui est la plus menacée, parce que très exploitée est l’otolithe. Elle se trouve dans une phase très critique et les consultants, qui ont présenté une évaluation de la ressource halieutique, en vue de l’élaboration d’un plan d’aménagement et de gestion durable des pêcheries, ont demandé «une interdiction totale de la pêche de cette espèce». Le sompat et le pagre, qui sont modérément exploités, doivent faire l’objet d’un suivi nécessaire. Bref, une cogestion de la ressource entre les acteurs qui en vivent et les pouvoirs publics est devenue indispensable.

L’évaluation des ressources a été exécutée conjointement par la Direction des pêches maritimes (Dpm), le Centre de recherches océanographiques de Dakar Thiaroye (Crodt) et le groupe japonais Oversas Agro-ficheries consulting (Oafic) qui est le consultant désigné par l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica). Elle a coûté 300 mille dollars, ou 150 millions de francs Cfa et a duré 40 mois. Les zones d’intervention ont porté sur les villages de pêcheurs de Nianing, Yenne, Pointe-Sarène, Mballing et Bargny. Elle a comporté trois composantes relatives, respectivement, à l’évaluation des ressources halieutiques du plateau continental sénégalais, à la gestion des ressources halieutiques et à des transferts de technologies et de méthodologies nouvelles entre les experts japonais et leurs homologues sénégalais.

M. Yasuo Ishimoto, de la Jica, a indiqué formellement hier, au cours de la restitution de ce travail : «L’analyse des ressources a montré qu’un grand nombre de ressources, demersales étaient en danger et des mesures de protection des ressources ont été proposées d’urgence. Si rien n’est fait, les Sénégalais de la prochaine génération seront peut-être obligés de manger leur thiéboudieune sans le thiof.» A quoi le ministre de l’Economie maritime et des Transports maritimes internationaux, M. Djibo Kâ, a renchéri : «Le rétablissement des stocks à des niveaux de production économiquement rentables, incluant un arrêt de l’accroissement des capacités de pêche est un impératif. L’ajustement des capacités de pêche et la maîtrise de l’effort de pêche ne peuvent aboutir que grâce à une connaissance approfondie de l’Etat de la ressource et une mise en œuvre de nouvelles approches d’aménagement et des gestions des ressources halieutiques.»

Certains pêcheurs, présents à l’atelier de restitution de l’évaluation des ressources halieutiques, ont demandé à un élargissement des recherches sur d’autres espèces qui constituent la chaîne alimentaire. Les résultats de cette étude devraient permettre, comme dit plus haut, la cogestion des ressources au niveau des projets pilotes de Nianing, Pointe-Saréne et Mballing. La législation de la pèche devrait être adaptée afin que certaines solutions proposées dans cette étude soient appliquées. L’Etat devra renforcer les capacités de la recherche, notamment en dotant celle-ci des compétences humaines requises et d’un budget annuel suffisant.

 

microsoft en Wolof

Microsoft en wolof

Un projet d’adaption de logiciels en langue national au Sénégal

Microsoft va produire une version en wolof pour ses futurs produits Windows Vista et Microsoft Office 12. Cette initiative, lancée dans le cadre de son Programme Langue Locale, a récemment été annoncé à Dakar par le nouveau Président de Microsoft Afrique, le Malien Cheikh Modibo Diarra. Le but est de permettre à la population sénégalaise d’accéder aux technologies de l’information et de la communication dans une langue qui leur est familière.

Les Sénégalais sachant écrire et lire en wolof devraient prochainement pourvoir bénéficier de logiciels Microsoft dans cette langue nationale. La grande firme américaine a annoncé récemment être en mesure de mettre en œuvre cette initiative, qui permettra aux Sénégalais de se familiariser avec les technologies de l’information et de la communication (TIC). La nouvelle a été rendue publique par le tout nouveau Président de Microsoft Afrique, Cheik Modibo Diarra, au cours d’un point presse à Dakar. « Ma tâche est de créer, d’ici juin, un plan spécifique pour l’Afrique, afin de tirer le maximum des nouvelles technologies. L’important, c’est de multiplier l’interaction dans les multimédias, permettre leur accès à ceux qui savent lire et écrire dans d’autres langues que le français et l’anglais », a-t-il affirmé.

Le travail de traduction d’une application logicielle en wolof a été confié à une équipe de linguistes et de professionnels de l’informatique de l’Université Cheikh Anta Diop (Dakar). Elle a pour mission d’élaborer un glossaire en wolof couvrant le domaine de l’informatique courante. Les logiciels Microsoft concernés sont Windows Vista et Microsoft Office 12. Les utilisateurs de versions authentiques de ces deux logiciels auront la possibilité d’installer un pack d’interface linguistique qui permettra d’adapter la version en langue française. Ce pack est téléchargeable gratuitement sur Internet. L’initiative a été approuvé de manière très favorable par le gouvernement sénégalais, comme en témoigne la présence, à la conférence de presse, du directeur de l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie), Mohamed Tidiane Seck.

Une opportunité exceptionnelle

« Il s’agit là, d’une étape importante qui permettra aux nombreuses personnes parlant le wolof d’utiliser l’informatique dans leur langue maternelle », a indiqué M. Diarra. « Microsoft espère que le gouvernement peut désormais poursuivre une stratégie d’accès numérique qui, jusque-là, n’avait aucun sens, ce qui ouvre la voie à des opportunités résolument nouvelles, permettant aux pouvoirs publics de répondre avec plus d’efficacité aux besoins des citoyens », a-t-il ajouté. Ces logiciels en wolof pourront, par exemple, permettre aux administrés de remplir leurs déclarations fiscales en ligne. Cet ancien astrophysicien de la Nasa, reconnaît également que cette initiative constitue un véritable atout pour les établissements scolaires car il va accroître le niveau de confort des écoliers. Par ailleurs, selon M. Diarra, les gens oublient souvent que le wolof est l’un des nombreux points communs qui lient le Sénégal avec les pays voisins. Ainsi le fait d’avoir cette langue dans TIC, « crée une plate-forme permettant une meilleure communication et un renforcement de la collaboration entre les établissements scolaires, les entreprises, les administrations et les différentes communautés de la sous-région », a-t-il précisé.

Pour Andy Abbar, directeur Europe, Moyent-Orient et Afrique sur la délocalisation des langages chez Microsoft, il ne s’agit pas seulement de traduire un mot de l’anglais en wolof, mais de « prendre en compte le contexte dans lequel une phrase est prononcée. Le problème, ce n’est pas la tradition mais la localisation. C’est aux experts locaux de donner les terminologies pour un glossaire », a-t-il souligné. Il soutient que cette initiative est une opportunité exceptionnelle pour les développeurs de logiciels, de plus en plus nombreux en Afrique de l’Ouest. Ils sont selon lui, « les seuls capables de développer des applications dans cette langue. Dès que ces outils seront disponibles, les développeurs de cette région auront la possibilité de créer des applications supplémentaires en wolof. On pourra par exemple, développer un correcteur orthographique, localement », a-t-il ajouté.

Le géant américain n’en n’est pas à sa première traduction dans une langue africaine, il a déjà réalisé une telle initiative avec l’africaans, l’izizulu et le kiswahili. Des langues parlées par plusieurs millions d’Africains qui sont autant de clients potentiels que Microsoft désire conquérir. La multinationale ne compte pas s’arrêter à ces quelques langues. Elle envisage de développer simultanément au cours des douze prochains mois, en partenariat avec les pouvoirs publics, les établissements universitaires et les linguistes du monde entier, quarante langues régionales africaines pour Microsoft Windows Xp et Microsoft Office 2003.