08/10/2007

Le Wilis vogue...

LE WILIS - Reprise des rotations du Wilis :

 WILIS

 L’état des toilettes et le service au restaurant décriés

Après la suspension de ses rotations pour défaillances techniques, Le Wilis, le seul bateau qui désenclave la partie Sud du Sénégal par la voie maritime, reprend ses activités. Pour ce premier voyage test, six semaines après sa mise au carénage, certains voyageurs apprécient tandis que d’autres déplorent déjà l’état sanitaire des toilettes publiques et la qualité du service au niveau du restaurant.

Après avoir suspendu ses rotations sur la liaison maritime Dakar-Ziguinchor-Dakar dans la nuit du 15 au 16 août dernier à cause d’une panne en haute mer, Le Wilis a repris services dans la nuit 5 octobre à 20 heures pour arriver à Ziguinchor à 11 h passées de quelques minutes (soit 16 heures de voyage) avec, au moins 200 passagers à son bord, selon Moustapha Mankadia, chef du staff du Wilis à Ziguinchor.

A leur arrivée à la gare maritime, les voyageurs ont apprécié, de manière différente, le voyage dans son ensemble.

Pour certains, le voyage a été formidable. C’est le cas de M. Mbow : «On est parti hier (Ndlr : vendredi) de Dakar à 20h et on est arrivé à Ziguinchor à 11h 10. Le voyage est formidable. On n’a rien à dire, pour le moment. Pas de soucis.» Même son de cloche chez l’adolescente Sénabou Fall, âgée de 13 ans : «Le voyage s’est bien passé. Je n’avais pas peur de prendre le bateau pour rentrer en Casamance», indique-t-elle en souriant.

Pour un couple d’origine italienne, Flavio Alba et Virginie Rousseau, le voyage s’est déroulé dans de bonnes conditions et ils disent être contents d’arriver en Casamance par Le Wilis. Si certains voyageurs apprécient le voyage et indiquent qu’ils n’ont aucune remarque à faire à l’endroit des autorités de la Somat, d’autres par contres disent le contraire. Ces derniers fustigent, en effet, le service au niveau du restaurant et l’hygiène des toilettes publiques.

«PAS ASSEZ DE NOURRITURE POUR TOUT LE MONDE»

Selon Abbé Achille Djihounouck, qui a avoué qu’il n’a senti aucune secousse et a été surpris de constater qu’ils sont arrivés tôt à Ziguinchor, laisse entendre que le service au restaurant a été défectueux. «Ils ont voulu ouvrir le restaurant à 22 heures, mais finalement ils ont ouvert plus tôt que prévu et n’ont pas pu satisfaire toute la forte demande des clients qui voulaient manger. Il n’y avait pas assez de nourriture pour tout le monde. Moi-même, je suis allé me coucher sans dîner. Le poulet, les pommes de terre frites et ils ont fini avec du poisson, pommes de terre frites, des omelettes, de la salade constituaient le menu. J’ai beaucoup déploré le fait que le service au restaurant n’ait pas été au rendez-vous, parce qu’à un certain moment, on nous disait qu’il n’y avait plus de poulet», regrette le prélat avant d’ajouter qu’un monsieur qui était assis à côté de lui a énergiquement réagi. Parce qu’il s’est senti lésé par rapport à la commande qu’il avait faite avant qu’on ne lui serve un menu de 4 500 francs de poisson.

Un autre jeune sénégalais du nom de François Tendeng revenant de vacances d’Allemagne avec un groupe de jeunes allemands avec qui il a effectué le voyage, déplore également le service du restaurant du Wilis. «Nous sommes arrivés au resto pour manger à 21h. Mais, finalement, on a pris notre repas à 23 heures», nous confie-t-il.

De l’avis de Ousmane Ndiaye, un autre Sénégalais qui a voyagé à bord du Wilis, si le dîner était insuffisant au point de ne pas pouvoir satisfaire tout le monde c’est parce que «les autorités de ce navire ont certainement pensé que les gens allaient avoir peur de voyager à bord et qu’il n’y aurait pas beaucoup de clients».

LA DIRECTION DU WILIS ACCUSEE D’EMPRESSEMENT

Pour ce jeune expatrié d’Allemagne, François Tendeng, les manquements constatés dans la restauration sont tolérables. Mais, pour lui, le point crucial en matière de transport d’êtres humains, ce sont les toilettes. Il soutient qu’il y a encore des choses à faire dans le bateau, même si ce premier voyage s’est bien déroulé dans l’ensemble. Il estime qu’il est important de parler de certaines choses comme le côté sanitaire, parce que, à son avis, ça ne va pas du tout pour un bateau qui revient du carénage.

D’après toujours M. Tendeng, les toilettes sont dans une situation très déplorable, il y a beaucoup d’eau partout, elles ne sont pas utilisables. «C’est vraiment le grand manquement. Il faut que les gens puissent aller aux toilettes correctement, que les portes des toilettes publiques se ferment et que les robinets soient fonctionnels. Ceci, tout simplement, pour permettre aux passagers d’être dans de bonnes conditions durant les 16 heures que dure le voyage sans que cela ne coûte beaucoup de millions à la Somat», conseille-t-il.

M. Diop, dira que la Somat était «pressée de remettre à l’eau Le Wilis, parce que même s’il était en réparation, l’Etat du Sénégal continuait à pa-yer sa location. Selon lui, puisqu’il y a le bateau Aline Sitoé qui va remplacer sous peu Le Wilis, l’Etat du Sénégal n’a pas jugé utile de dépenser beaucoup d’argent sur un navire qui va être bientôt remplacé. «C’est la raison pour laquelle l’état sanitaire des toilettes publiques du bateau n’est pas au rendez-vous. Ce qui est très déplorable pour une société comme la Somat.»

DENEGATIONS DE RESPONSABLES DU WILIS

Interrogé sur les accusations des voyageurs, M. Belhadj, le responsable du restaurant du Wilis, explique que si le service au niveau du restaurant a commencé à 21 heures, c’est parce que le chef du restaurant avait jeûné et a pris un tout petit peu de temps pour manger, pour faire la rupture avant de commencer. M. Belhadj a nié en bloc les accusations de certains voyageurs selon lesquelles le service faisait défaut au niveau du restaurant, des passagers ont tapé sur la table avant d’être servis et que certains se sont couchés sans avoir mangé parce qu’il n’y avait pas à manger pour tout le monde. «Je ne crois pas qu’il y a quelqu’un qui voulait dîner et qui n’a pas trouvé de quoi manger. Parce qu’il y a même le directeur technique du Wilis qui était dans le restaurant et qui a demandé au chef du restaurant de commencer à servir à partir de 21 heures», renseigne-t-il.

Revenant sur l’aspect sanitaire des toilettes publiques du Wilis, M. Belhadj dira qu’il n’y a rien à déplorer sur ce point, car elles sont nettoyées toutes les 30 minutes.

M. Moustapha Mankadia, le chef du staff de la Somat à Ziguinchor que nous avons interrogé sur l’état du navire avant son arrivée, ne rame pas à contre-courant de ses collègues. «Du travail a été fait au niveau du bateau, non seulement pour l’améliorer, mais aussi pour faire plaisir aux clients qui prennent le bateau pour voyager dans les deux sens Ziguinchor-Dakar ou Dakar-Ziguinchor», indique M. Mankadia.

Moustapha Mankadia promet que, d’ici le 15 octobre prochain, le navire risque de refuser du monde à Ziguinchor, tout comme à Dakar. Parce que, tout simplement, les gens aiment voyager à bord du bateau.

Erick Salemon BASSENE

 

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