30/11/2007

Drogue au Sénégal

Sénégal: doublement des peines de prison contre les trafiquants de drogue

L'Assemblée nationale du Sénégal a adopté vendredi une proposition de loi doublant les peines de prison contre les trafiquants de drogue, après des saisies records de 2,4 tonnes de cocaïne fin juin-début juillet au sud de Dakar.

La nouvelle loi a été votée à l'unanimité des députés présents, selon le président de séance, le député Mbaye Ndiaye, sans préciser le nombre de parlementaires présents.

Avec ce nouveau texte, les peines de prison prévues contre les trafiquants de drogue sont de 10 à 20 ans, contre 5 à 10 ans auparavant.

Le montant de l'amende contre ces trafiquants, équivalant au triple de la valeur des drogues saisies, est resté inchangé avec cette loi qui doit être soumise au Sénat et promulguée ensuite par le chef de l'Etat, à des dates indéterminée, avant d'entrer en vigueur.

"Je dois dire toute ma satisfaction pour cette initiative. Nous avons pris la mesure de cette nouvelle forme de criminalisation (trafic de drogue) et nous allons prendre toutes les mesures pour la combattre", a déclaré le ministre sénégalais de la Justice, Cheikh Tidiane Sy.

"Le combat contre le trafic de drogue commande une grande mobilisation de l'ensemble des forces vives de la nation mais aussi l'implication de l'ensemble des pays de la sous-région. Si Dakar est (devenu) une plaque tournante, c'est dû à son environnement" géographique, a ajouté M. Sy.

L'Afrique de l'Ouest a totalisé 99% des saisies de cocaïne réalisées en Afrique entre janvier et septembre 2007, a indiqué fin octobre un rapport de l'Office de l'ONU contre la drogue et le crime (ONUDC).

Des pays comme le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée-Bissau, le Cap-Vert et la Guinée sont devenus des lieux de passages importants du trafic de drogue d'Amérique latine vers l'Europe, selon la même source.

Pour le député Abdou Latif Guèye, initiateur de la loi, "un Etat ne peut pas tout faire. Cette loi ne sera réellement efficace que si les populations la prennent en charge".

"Il faut mettre fin à l'omerta et à la conspiration du silence dans certains quartiers populaires où les gens connaissent ceux qui se livrent à un trafic de drogue", a poursuivi M. Guèye, qui dirige une organisation de lutte contre la drogue.

Le député avait déclaré début novembre avoir initié cette loi car la législation contre le trafic de drogue en vigueur au Sénégal était "faible par rapport aux sanctions pénales prévues dans les pays limitrophes comme la Côte d'Ivoire, la Gambie ou le Nigeria (où) les peines peuvent aller jusqu'à 50 ans".

La gendarmerie sénégalaise avait saisi fin juin début début juillet à Mbour, à 80 km au sud de Dakar, 2,4 tonnes de cocaïne.

La première saisie de 1,2 tonne de cocaïne a eu lieu le 27 juin près des plages de Nianing, station balnéaire proche de Mbour. La seconde saisie, également de 1,2 tonne, a eu lieu le 1er juillet dans une résidence de Mbour lors d'une perquisition.

Ces deux saisies de cocaïne sont les plus importantes jamais réalisées au Sénégal.

Au moins neuf personnes ont été écrouées dans le cadre de cette affaire dont quatre Latino-Américains (deux Colombiens, un Vénézuélien et un Equatorien), deux Français, dont une jeune femme de 18 ans, ainsi qu'une Sénégalaise.

AFP

26/11/2007

Coupe du monde football

 

Le Sénégal doit pouvoir se qualifier sans trop de difficultés.

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Le tirage au sort des éliminatoires de la Coupe du monde 2010 et de la CAN-2010 a été effectué hier après-midi à Durban, en Afrique du Sud. Pour la zone Afrique, le système de qualification est en deux phases. Dans la première, les pays sont répartis en 12 poules de 4 et un championnat en aller et retour se disputera au sein de chaque poule, à l’issue duquel les premiers et les 8 meilleurs deuxièmes passeront à la deuxième phase. Celle-ci, à travers un nouveau tirage au sort, verra les 20 pays qualifiés répartis en 5 poules de 4 avec la qualification finale du premier de chaque poule pour le Mondial-2010  et des trois premiers pour la CAN-2010.Pour la première phase, l’Algérie figure dans la poule 6 en compagnie du Sénégal, de la Gambie (qui était déjà dans le groupe de l’Algérie lors des éliminatoires de la CAN-2008) et du Liberia. La phase qualificative débutera le mois de juin prochain.Bien que qualifiée d’office pour le Mondial-2010 en tant que pays organisateur, l’Afrique du Sud a été intégrée dans le tirage au sort afin qu’elle gagne sa place pour la CAN-2010. Voici la composition des 12 poules pour la première phase des éliminatoires de la zone Afrique :Poule 1 : Cameroun, Cap-Vert, Tanzanie, Iles MauricePoule 2 : Guinée, Zimbabwe, Namibie, KenyaPoule 3 : Angola, Bénin, Ouganda, NigerPoule 4 : Nigeria, Afrique du Sud, Guinée équatoriale, Sierra-LeonePoule 5 : Ghana, Libye, Gabon, LesothoPoule 6 : Sénégal, Algérie, Liberia, GambiePoule 7 : Côte d’Ivoire, Mozambique, Botswana, MadagascarPoule 8 : Maroc, Ethiopie, Rwanda, MauritaniePoule 9 : Tunisie, Burkina Faso, Burundi, SeychellesPoule 10 : Mali, Congo, Soudan, TchadPoule 11 : Togo, Zambie, Erithrée, SwazilandPoule 12 : Egypte, RD Congo, Malawi, Djibouti

23/11/2007

Flambée des prix au Sénégal

L'Afrique frappée de plein fouet par la flambée des prix, premiers troubles

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Maroc, Mauritanie et désormais Sénégal: la flambée des prix des produits alimentaires de première nécessité commence à provoquer des troubles dans certains pays d'Afrique, où près de la moitié de la population tente de survivre avec un dollar par jour.

 

"La hausse internationale des prix a évidemment un impact plus important dans les pays qui dépendent en grande partie d'importations pour couvrir leurs besoins", explique à l'AFP la porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) en Afrique de l'Ouest, Stéphanie Savariaud.

 

"La demande croissante en biocarburants et les prix élevés des énergies combustibles ont un impact dramatique sur des millions de personnes dans la sous-région. Les prix des denrées en Mauritanie, en Guinée-Bissau et au Sénégal ont fortement augmenté en 2007", ajoute-t-elle.

 

Le directeur général de l'Organisation de l'ONU pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) Jacques Diouf (Sénégal) s'était même inquiété début octobre des "risques de troubles sociaux et politiques" dans les pays pauvres en raison de la hausse des prix des céréales.

 

Les dernières violences liées à cette valse des étiquettes ont eu lieu mercredi au Sénégal, où la décision des autorités d'interdire aux nombreux marchands ambulants de travailler sur les trottoirs de Dakar a mis le feu aux poudres.

 

Pendant plusieurs heures, des échauffourées ont opposé commerçants, auxquels se sont joints de nombreux jeunes, et forces de l'ordre. Devant cette flambée inhabituelle de violences, les autorités ont fait marche arrière jeudi et autorisé ces commerçants à poursuivre leurs activités.

 

Le Sénégal, tout comme la Mauritanie voisine, est fortement dépendant du marché international pour l'importation de denrées de base telles que le blé ou le riz. Le Sénégal produit moins de 50% de ses besoins en céréales.

 

En Mauritanie, où la production de céréales ne fournit que 30% des besoins, le prix du blé importé est passé de 200 dollars la tonne en 2006 à 360 dollars en septembre 2007, selon le PAM.

 

Mi-novembre, des manifestations contre la hausse des prix avaient eu lieu pendant plusieurs jours dans ce pays en grande partie désertique. La répression avait fait un mort et 17 blessés.

 

Plus au nord, au Maroc, des manifestations de protestation contre la vie chère sont régulièrement organisées. Le 23 septembre, une de ces marches a dégénéré à Sefrou (centre).

 

Après des heurts entre la police et les manifestants, des commerces ont été saccagés et une cinquantaine de personnes ont été blessées dont des membres des forces de l'ordre. La manifestation a poussé le gouvernement à rétablir les anciens prix des produits de base, notamment du pain.

 

La hausse mondiale des prix des céréales, amplifiée par l'envolée des cours du pétrole, touche d'autres pays du continent le plus pauvre du monde mais sans que de graves violences n'aient jusqu'à présent été rapportées.

 

En République démocratique du Congo (RDC), où les trois quarts des habitants vivent dans l'insécurité alimentaire et 1,5 million souffrent de la faim, selon le PAM, la base de l'alimentation reste le manioc -dans l'ouest- ainsi que le maïs et la pomme de terre -dans l'est-, produits localement.

 

Plusieurs manifestations aux cris de "On est fatigué" ont eu lieu en septembre en Côte d'Ivoire, pourtant le pays le plus riche d'Afrique de l'Ouest francophone et premier exportateur mondial de cacao.

 

De nombreux Ivoiriens se contentent aujourd'hui d'un seul repas par jour. Le matin, ils prennent un "garba", un modeste plat d'attiéké (manioc) avec du poisson pour "tenir le coup" jusqu'au repas du soir, plus consistant.

AFP

Où est l'argent?

L’Agence Nationale de l’Aviation Civile du Sénégal (Anacs) : Une nébuleuse à coût de milliards

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S’il y a également à l’instar de l’Anoci une agence que la commission des finances de l’Assemblée nationale doit convoquer pour une audition, c’est bien l ’Agence Nationale de l’Aviation Civile du Sénégal (Anacs), « ex Direction de l’aviation civile (Dac) ». L’Asecna, les sociétés d’assistance et les compagnies aériennes qui foulent le tarmac de l’aéroport Léopold Sédar Senghor lui versent des redevances à coût de milliards sans aucune trace dans le budget national encore moins un investissement dans les infrastructures aéroportuaires .

   

L’Agence nationale de l’aviation civile du Sénégal (Anacs) créée par le décret n° 2003-384 du 28 octobre 2003 est chargée entre autres, de contrôler l’application de la réglementation nationale en vigueur et des conventions internationales signées et ratifiées par le Sénégal. L’Anacs , « agencialisée » donc devenue autonome, est née des cendres de l’ex Direction de l’avion civile (Dac) . C’est le décret 2004 -16-78, sous le magistère de Ousmane Masseck Ndiaye comme Ministre de tutelle qui détermine les redevances dûes à l’Anacs.

 

 

En retour, l’Anacs n’a pas investi le plus petit sou, ni dans les infrastructures aéroportuaires ni dans le renforcement des ressources humaines. D’ailleurs, au temps où l’actuel Premier Ministre Hajibou Soumaré était Directeur du Budget, ce dernier se demandait où allait l’argent perçu par l’Anacs au titre des redevances car il n’ y avait aucune trace dans les écritures comptables du budget national.

 

Mieux, à part Air Sénégal international (Asi) et Air France qui s’auto assistent au sol, toutes les compagnies aériennes qui foulent le tarmac Léopold Sédar Senghor se font assister au sol, soit par Sénégal handing services (Shs) , soit par African handing service (Ahs), les deux seules sociétés d’assistance agrées au Sénégal. Rien que pour 2006, la redevance versée à l’Anacs par Ahs et Shs est de 100 millions par mois. L’administration aéronautique nationale du Sénégal (Aans) doit verser annuellement 1 milliard 500 millions à l’Anacs au titre de la redevance. Sans compter ce que versent les compagnies (appareil et personnel) à l’atterrissage comme au décollage de l’aéroport Léopold Senghor. D’ailleurs certaines sources avancent que c’est l’Anacs qui est derrière le Ministre des transports terrestres et aériens, Farba Senghor et qui tire les ficelles dans le dessein de se voir confier la future agence qui devra gérer l’activité commerciale que gérait l’Asecna pour le compte du Sénégal.

 

Au moment où les yeux sont braqués sur les 26 milliards qui résultent de la gestion commerciale de l’aéroport et des aérodromes du Sénégal à travers la gestion déléguée, toutes les redevances perçues au profit de l’Anacs ne sont pas versées au Trésor public. Selon une source digne de foi, c’est ce qui explique que l’ancienne Direction de l’aviation civile (Dac) a été supprimée pour voir ériger en ses lieu et place, une agence (Anacs). Si bien qu’avec la profusion des agences (qui ont pour la plupart, les missions que certaines Directions et Services techniques de l’Etat) depuis 2000, le doute est permis quant à la gestion népotique et opaque.

 

Mohamadou SY « Siré »

Le Sénégal revient sur sa décision

Le Sénégal reste membre de l’Asecna

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Le Sénégal « maintient sa présence dans l’Asecna (l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et Madagascar, ndlr) », a indiqué jeudi Cheiffou Amadou, envoyé spécial du président de la commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), après une rencontre avec le président sénégalais Abdoulaye Wade, rapporte Sud Quotidien. Le Sénégal avait annoncé son départ de l’organisation le 15 novembre dernier

22/11/2007

Manifestations violentes à Dakar

Sénégal: le climat social se détériore, violentes protestations

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Violentes protestations de centaines de marchands ambulants, manifestation contre la hausse des prix interdite in extremis à Dakar: le climat social s'est brusquement détérioré mercredi au Sénégal, où la population souffre du renchérissement des produits de première nécessité.

 

Ces protestations sont parmi les plus violentes depuis l'élection en 2000 du président Abdoulaye Wade, 81 ans, réélu dès le premier tour en février 2007 pour un mandat de cinq ans.

 

L'interdiction il y a une semaine par les autorités, sur ordre du chef de l'Etat, de tout commerce informel sur les trottoirs de la capitale sénégalaise a mis le feu au poudre dans un pays où le secteur informel génère la quasi-totalité des emplois.

 

Mercredi matin, plusieurs centaines de vendeurs ambulants, rejoints par des jeunes gens, ont violemment protesté dans le centre de Dakar contre cette interdiction, qui les prive de tout revenu.

 

Les commerçants mécontents ont d'abord allumé des feux à l'aide de pneus, de poubelles et d'étals en bois à des carrefours du quartier administratif du Plateau, autour du grand marché de Sandaga, rendant la circulation automobile quasiment impossible. Plusieurs véhicules ont été endommagés.

 

Des protestations similaires ont eu lieu dans le quartier populaire de la Médina, près du Plateau, où la situation a rapidement dégénéré. Les vitres de la mairie de la Médina ont été brisées à coups de pierre. Un véhicule municipal a été incendié et un autre caillassé.

 

"Ils sont venus et ont tout cassé. Les dégâts matériels sont très importants. Heureusement, il n'y a pas de blessé parmi les agents", a indiqué le maire de la Médina, Pape Momar Diop, sur une radio locale.

 

Dans le même quartier, des locaux de la Sénélec, la compagnie nationale d'électricité, ont été endommagés à coups de pierre et partiellement incendiés, a constaté un journaliste de l'AFP. Au moins trois véhicules de la société ont été endommagés ou incendiés.

 

De nombreux abris d'autobus et feux de signalisation ont été détruits par les commerçants en colère et l'ancien siège du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir) dans le quartier de Colobane a été pris pour cible.

 

Les troubles ont ensuite gagné certains quartiers périphériques avant que la situation ne se normalise dans l'après-midi.

 

Le gouvernement sénégalais et des représentants de marchands ambulants ont par ailleurs trouvé un accord pour permettre à ces commerçants de travailler en toute légalité dans certains endroits de Dakar.

 

Un peu plus tard, le préfet de Dakar Mamadou Dia a annoncé à l'AFP qu'il avait interdit le défilé prévu à 15H00 (locales et GMT) dans la capitale à l'appel de 18 centrales syndicales pour protester contre les hausses des prix et réclamer une augmentation des salaires.

 

"La marche est interdite. On a pris un arrêté interdisant la marche, compte tenu des graves menaces de troubles à l'ordre public", a ajouté M. Dia.

 

Plusieurs centaines de manifestants ont toutefois commencé à défiler peu avant 16H00 (locales et GMT) depuis le quartier populaire de la Médina, a constaté un journaliste de l'AFP.

 

Mais des policiers se sont rapidement déployés devant eux pour arrêter leur progression. Des manifestants ont jeté des pierres contre les forces de l'ordre ripostant avec des grenades lacrymogènes, avant de se disperser sans incident.

 

Cette marche visait notamment à réclamer une baisse des prix de produits de première nécessité (pain, lait...) et l'augmentation des salaires. Sur les douze derniers mois, l'inflation a atteint près de 6% au Sénégal.

 

La manifestation avait été organisée par 18 centrales syndicales sur les 19 que compte le pays. Des marches similaires ont également été signalées à l'intérieur du pays, notamment à Mbour et Kaolack.

AFP

20/11/2007

Réducteurs de sexe

2 hommes, accusés d`avoir réduit des pénis par magie, sont arrêtés

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A Ziguinchor, un Sénégalais et un Guinéen ont été arrêtés lundi en Casamance (sud du Sénégal) suite aux plaintes de 11 hommes les accusant d`avoir usé de leurs pouvoirs magiques pour faire disparaître une partie de leurs attributs sexuels, a appris l`AFP de source policière.

"Onze personnes ont porté plainte, affirmant avoir été victimes d`un rétrécissement de sexe infligé par ces deux hommes", aux pouvoirs mystiques selon elles, a rapporté à l`AFP un responsable de la police de Ziguinchor, la principale ville de cette région séparée du reste du pays par la Gambie.

"Un Sénégalais et un Guinéen ont été arrêtés tôt lundi matin, leur chef s`est évanoui dans la nature", a poursuivi la même source, précisant que les deux hommes avaient été placés en garde à vue.

Un magistrat local a expliqué à l`AFP que le délit pour lequel sont accusés les deux hommes, non prévu par le code pénal sénégalais, devra être prouvé par les plaignants pour permettre une éventuelle condamnation.

Les plaignants ont affirmé que ces hommes, réputés dans cette région avoir des pouvoirs surnaturels, abordaient leurs victimes pour leur serrer la main permettant ainsi, selon eux, à la magie d`opérer. Un complice intervient ensuite auprès de la cible pour lui faire constater le larcin et lui promettre une restitution de ses attributs moyennant rémunération, selon leurs témoignages.

Les habitants de Casamance, une région largement enclavée entre la Gambie et la Guinée-Bissau, ont conservé leurs croyances ancestrales animistes qui laissent une place importante aux pouvoirs des éléments de la nature et au surnaturel.

 

17/11/2007

"Chaise vide" du Sénégal

Moratoire sur la peine de mort : Le Sénégal fait faux-bond aux abolitionnistes

Le Sénégal s’est signalé par une politique de la chaise vide lors du vote de la résolution consacrée au moratoire mondial sur les exécutions. Fuite de responsabilités ou réalisme économique ? La question reste posée.

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La troisième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies s’est prononcée, jeudi dernier, en faveur d’un moratoire mondial sur les exécutions. Mais, cet important événement a été marqué par le faux-bond du Sénégal qui a préféré opter pour la chaise vide. Selon un communiqué de presse d’Amnesty International, ‘le Sénégal s’est absenté pour ne pas prendre part au vote de cette résolution qui a été fortement combattue par les pays arabes, ceux du Golfe notamment’. Est-ce pour ne pas contrarier ses amis du Golfe qui sont, de plus en plus, présents dans l’économie sénégalaise que notre pays a préféré ne pas voter ce texte ? La question mérite d’être posée d’autant que le Sénégal a, depuis 2004, expurgé de sa législation pénale la peine capitale. Une cohérence dans le comportement n’aurait-elle pas voulu que le Sénégal soit à l’avant-garde du combat pour l’abolition de la peine de mort. Les réalités économiques immédiates ont peut-être pesé si lourdement sur la balance que prendre le contre-pied des Etats pétroliers du Golfe aurait été risqué à quelque quatre mois de la tenue à Dakar du sommet de l’Organisation de la conférence islamique financé, de bout en bout, par les Emirats arabes.

En tout cas, cette décision dont tous les observateurs s’accordent à dire qu’elle ‘fera date’, a bénéficié d’un appui interrégional et était soutenu par 87 Etats du monde entier. Ainsi, quatre-vingt-dix-neuf pays ont voté en faveur de la résolution, dont quatorze africains (Algérie, Angola, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gabon, Mali, Maurice, Mozambique, Namibie, Rwanda, Afrique du Sud). Cinquante-deux ont voté contre dont dix pays africains (Botswana, Egypte, Ethiopie, Libye, Malawi, Mauritanie, Nigeria, Soudan, Uganda, Zimbabwe) et 33 (dont la Gambie et la Sierra-Leone) se sont abstenus. L’Assemblée générale devrait entériner cette décision en séance plénière, en décembre.

 

La décision qui vient d’être adoptée appelle les Etats qui maintiennent la peine capitale à ‘établir un moratoire sur les exécutions en vue d'abolir la peine de mort’. Elle exhorte, en outre, ces Etats à respecter les normes internationales garantissant la protection des droits des personnes passibles de la peine de mort ainsi qu’à restreindre progressivement l’utilisation de la peine de mort et le nombre d’infractions pour lesquelles elle peut être infligée. Bien qu’elle ne soit pas juridiquement contraignante, cette résolution a un poids moral et politique considérable du fait qu’elle a été adoptée par le principal organe des Nations unies auquel participent tous les Etats membres des Nations unies.

 

Le communiqué signé par l’Ong de défense des droits humains renseigne qu’’Amnesty International s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances, sans exception aucune. Elle considère que la peine capitale constitue la privation ultime des droits humains, l’homicide prémédité et délibéré d’un être humain par l’Etat, au nom de la justice’. Il rappelle qu’à ce jour, 133 pays ont aboli la peine capitale en droit ou en pratique. Seuls 25 Etats ont procédé à des exécutions en 2006. En 2006, 91 % des exécutions recensées ont eu lieu en Chine, aux Etats-Unis, en Irak, en Iran, au Pakistan et au Soudan. Selon les chiffres dont dispose Amnesty International, le nombre d'exécutions dans le monde a baissé en 2006 : il est passé de 2 148 en 2005 à 1 591 en 2006.

 

Ibrahima ANNE

16/11/2007

Vidéo des grands travaux de Dakar

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Grève à l'aéroport de Dakar

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L'aéroport de Dakar a été momentanément fermé dans la nuit de mercredi à jeudi en raison d'une grève des contrôleurs de la navigation aérienne protestant contre le retrait du Sénégal de l'Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna). Le ministre sénégalais des Transports Farba Senghor qui a donné cette information a précisé que la grève "inopinée" s'était déroulée entre 23h00 et 03h00 GMT et que l'absence d'un signal radio - la fréquence attribuée à l'aérodrome - avait empéché atterrissages et décollages. "Plusieurs aéronefs en plein ciel ont perdu le contact radio de Dakar", a souligné Farba Senghor lors d'une conférence de presse ajoutant que les grévistes avaient, en outre, stationné "sans aucune signalisation" sur une piste deux camions des sapeurs pompiers, "ce qui a constitué un réel danger pour les aéronefs". Un des grévistes a démenti que les contacts radio aient été interrompus avec les aéronefs en vol ou en approche au moment de la grève. "On leur a dit de se dérouter vers Banjul, Nouakchott, Bamako ou Sal (Cap-Vert) comme on le fait habituellement en cas de grève", a-t-il affirmé. Cette grève fait suite à la décision du gouvernement sénégalais, annoncée mercredi soir, de se retirer de l'Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna).  Dakar accueille le siège de cette organisation. "L'Etat ne reculera pas et assumera toutes ses responsabilités. Les syndicats ne pourront en aucune façon influer sur celles-ci (...)", a estimé le ministre. Fondée en 1959, l'Asecna est notamment chargée du guidage des aéronefs, le contrôle de la circulation aérienne, l'information en vol, la prévision et la transmission des informations dans le domaine météorologique, pour la circulation en route comme pour l'approche et l'atterrissage sur les aérodromes dans un espace aérien de 16 millions de km2, soit 1,5 fois l'Europe. Elle supervise dans cet espace: 10 centres de contrôle régionaux, 57 tours de contrôle, 25 aéroports internationaux et 76 aéroports nationaux et régionaux  ©AFP  

15/11/2007

Fait divers à Saly

SERIE DE VOLS DANS UN GARAGE MECANIQUE A SALY Deux gardiens d’une pharmacie arrêtés

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Issa Niang, mécanicien garagiste à Saly Tapé ne savait plus à quel saint se vouer suite à une série de vols commis dans son garage. En l’espace de quelques jours, un groupe électrogène et des batteries avaient disparu.

Dans son atelier, l’atmosphère était délétère suite aux soupçons qu’il portait sur ses apprentis. Le dernier vol commis dans la nuit du 16 au 17 octobre portant sur une roue de son véhicule, a été de trop. Puisqu’une semaine après, Issa Niang reçoit une information anonyme lui faisant savoir que le vol de sa roue de secours était l’œuvre d’Amadou Sow, un gardien d’une pharmacie située en face du garage. Sans perdre une minute, le mécanicien interpelle Amadou Sow, qui à son tour pointe son doigt sur son collègue Saliou Niang, l’accusant d’être le voleur de la roue. Même devant leur patron , ils se renvoient la balle. En fin de compte, les deux gardiens sont conduits à la brigade pour élucider cette histoire d’accusation mutuelle. Tout au début de l’enquête, Amadou Sow et Saliou Niang dit Gorgui ne reconnaissent pas les faits. Mais c’était sans compter sur la pugnacité des enquêteurs qui sont arrivés à leur tirer le ver du nez. Le nommé Amadou Sow déclare en premier que son collègue Saliou Niang, chargé de la sécurité de la pharmacie, l’a tiré du lit la nuit du vol pour lui faire savoir qu’il a ramassé une roue de véhicule. De l’autre côté, Saliou Niang livre une autre version accusant directement Amadou Sow, car l’ayant surpris cette nuit en train de voler la roue. Selon une source proche des gardiens, depuis quelques jours, le climat était très tendu entre eux à cause d’une histoire d’argent. Et cette même source de poursuivre en disant que cette affaire ressemble à un règlement de comptes. Une autre source souligne qu’Amadou Sow n’a pas digéré que son collègue l’ait dénoncé et qu’il veut l’emmener avec lui en prison pour se venger. Déférés au parquet de Mbour pour vol et complicité, Amadou Sow et Saliou Niang devront avoir de solides arguments de défense pour se tirer d’affaire devant le tribunal.

Alioune Diop

14/11/2007

Golf au Sénégal

GOLF - PARTENARIAT AVEC “SONATEL ORANGE“

Pour faire du Sénégal une destination

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La société Sonatel Orange s’investit dans le golf. L’entreprise des télécommunications du Sénégal organise dans ce sens un premier tournoi du golf les vendredi-samedi et dimanche prochain à l’hôtel Le Méridien Président. Un nouveau partenariat salué par Mamadou Wahab Diop, lors d’un point de presse qu’il a tenu hier, mardi 13 novembre. Pour le président du golf club du Méridien, un tel partenariat permet de vendre la destination golfique du Sénégal. Faire du Sénégal une destination privilégiée des golfeurs du monde entier à l’image de l’Afrique du Sud. C’est un tel challenge que le président du golf club du Méridien tente de relever. Mamadou Wahab Diop a signé, dans ce sens, un accord de partenariat avec la société Sonatel Orange pour une durée d’un an avec tacite reconduction confie Mlle Sène, représentante de la société des télécommunications lors d’un point de presse tenue hier, mardi 13 novembre, à l’hôtel Le Méridien Président. Le montant est estimé à 5 millions F Cfa hors frais d’organisation du tournoi qu’elle prend entièrement en charge les vendredi-samedi-dimanche prochains. “Il y a des raisons pour la tenue de ce point de presse. D’abord, nous voulons promouvoir le golf au Sénégal. C’est une discipline qui n’est malheureusement pas reconnue à cause de certains préjugés. D’aucuns pensent que c’est une discipline réservée exclusivement aux blancs. Certains estiment que le golf n’est pas véritablement un sport ; alors que d’autres soutiennent qu’il est trop cher pour leur bourse“ note d’emblée M. Diop. Avant d’ajouter : “nous allons engager une bataille dans ce sens“. “La deuxième véritable raison, poursuit-il, c’est le partenariat que nous venons de signer avec Sonatel. C’est la première entreprise sénégalaise qui a décidé d’accompagner le golf. Sonatel a décidé d’appuyer nos efforts en vue de la promotion de la discipline au Sénégal. C’est un événement d’une importance capitale“. Mais, selon Mamadou Wahab Diop, “tout cela ne peut se faire qu’avec l’implication des médias“. “Ces derniers, soutient-il, permettent de véhiculer le message et atteindre le grand public et faire intéresser les sponsors. C’est pourquoi nous souhaitons une étroite collaboration avec les médias“. Le Sénégal dispose de trois clubs de golf. Le club du Méridien président qui regorge le plus grand nombre avec 250 membres ; le golf club de Technopol et celui de Saly. Il existe aussi des clubs privés comme de Cap-Skiring ; le golf club d’Aldiana et un autre à Richard-Toll qui serait en perte de vitesse. Par ailleurs, le président de Golf club Méridien a vanté les mérites de sa discipline. “Contrairement à ce que l’on pense le golf a non seulement des aspects sportifs mais aussi économiques et environnementaux“. Sur le plan économique, Mamadou Wahab Diop estime qu’avec ce nouveau partenariat avec la Sonatel, le Sénégal peut devenir une véritable destination golfique. “Nous pouvons développer le tourisme haute gamme comme en Afrique du Sud. Nous sommes capables de réussir ce qui se fait dans certains pays. Nous disposons d’un environnement qu’il faut“ déclare-t-il. Toujours sur le plan économico-social, Mamadou Wahab Diop révèle que le seul club golf Méridien fait vivre 130 personnes. Quant à l’aspect sportif, il retient la nécessité de réduire voire de rattraper le retard qu’il y a entre les pays anglo-saxons et francophones. C’est pourquoi d’ailleurs qu’en rapport avec Orange, le golf club du Méridien président organise un tournoi dénommé “Tournoi Orange“ les vendredi-samedi-dimanche prochains. Il faut y ajouter le tournoi Open qui regroupe plusieurs pays de la sous-région tels le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Togo, la Gambie, le Nigeria etc. Le volet formation non plus, n’est pas laissé en rade. “Les jeunes les plus méritants sont actuellement envoyés à Montpellier (France) pour devenir des professeurs“ confie M. Diop. Sur le plan environnemental, il fait remarquer que “nos villes sont envahies par le béton“. Or, estime-t-il, “cinq à six parcours sportifs de golf allaient protéger l’environnement ainsi que le cadre de vie des Sénégalais“. 

Mamadou Wahab Diop était entouré de Ousmane Diallo directeur du golf club du Méridien Président et Mlle Sène, représentante de Sonatel.

Abdoulaye THIAM | SUD QUOTIDIEN

12/11/2007

Doubler le revenu des Sénégalais

Le Sénégal ambitionne de doubler son revenu par habitant

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L’ambition du Sénégal est de doubler son revenu par tête d’habitant d’ici quelques années, a appris APA auprès de L’Agence nationale chargée de la promotion de l’investissement et des Grands travaux (APIX) à la veille de l’ouverture ce lundi du septième Conseil présidentiel de l’investissement (CPI). « Le Sénégal ambitionne de porter à 1 500 dollars, (environ 1,5 millions de FCFA) soit le double du chiffre actuel le revenu par habitant et par an en vue de combattre plus efficacement la pauvreté », a notamment déclaré la directrice générale de l’APIX, Mme Niane au cours d’une rencontre avec la presse. Elle s’exprimait sur l’importance du conseil présidentiel sur l’investissement instauré en novembre 2002, et dont six sessions ont été tenues depuis lors à raison de deux par an. Pour le Sénégal, la lutte contre la pauvreté passe inéluctablement par l’accroissement du marché de l’emploi qui exige du pays qu’il ouvert et attrayant aux investissements. « Dans le cadre de la mondialisation, tous les pays cherchent à être attrayant ; et il faut toujours améliorer cet environnement des affaires », a t-elle fait remarquer. Pour parvenir à cet objectif, il faut beaucoup de réformes pour attirer le plus d’investissements possible, dans les secteurs pourvoyeurs d’emplois, du moment que « l’impact immédiat est de donner de l’espoir d’emplois aux jeunes et le but ultime est de créer des milliers emplois pour les Sénégalais ». Dans ce cadre, il a fallu mettre en place le CPI en vue « d’accélérer le processus d’identification et de mise en œuvre des réformes nécessaires à l’amélioration de l’environnement des affaires avec l’appui de la Banque mondiale ». La patronne de l’APIX a, à cette occasion, révélé que les investissements privés au Sénégal qui étaient de 200 milliards an avant les années ont plus que doublé à ce jour. Elle a de même fait savoir comme fruit des réformes engagées, que quelque 600 entreprises de tailles diverses ont été créées au cours des cinq derniers mois. Le CPI la mission principale est de renforcer le dialogue entre le gouvernement et les investisseurs. C’est un organe consultatif composé d’une trentaine de chefs d’entreprises à raison d’un tiers d’investisseurs sénégalais, un tiers d’investisseurs étrangers installés au Sénégal et le dernier tiers d’investisseurs étrangers non encore établis au Sénégal. Selon Mme Niane, grâce au CPI, le Sénégal a rénové son dispositif d’incitations à l’investissement, par l’adoption d’un nouveau code des investissements et le réaménagement du statut de l’Entreprise Franche d’Exportation. Le Code Général des impôts a fait l’objet de modifications et le taux de l’impôt sur les sociétés est passé de 33 à 25 %, a t-elle ajouté avant d’énumérer de nombreuses autres mesures parmi lesquelles la création d’une Commission nationale de Lutte contre la Non Transparence, la Corruption et la Concussion.© APA News 

09/11/2007

Wade libère...

4 journalistes arrêtés libérés sur ordre du président Wade

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Les quatre journalistes arrêtés en un mois au Sénégal, notamment pour "offense au chef de l'Etat", ont tous été libérés jeudi sur instruction du président Abdoulaye Wade, au lendemain d'un communiqué de Reporters sans frontières dénonçant une "dérive policière" du gouvernement.

 

Pape Samba Mboup, chef de cabinet du président, a indiqué dans la soirée à la radio privée RFM que "des instructions ont été données par le président Abdoulaye Wade (actuellement en voyage en France) au ministère de l'Intérieur pour la libération des journalistes".

 

"Ils ont tous été libérés. Il n'y a plus aucun journaliste en prison", a déclaré à l'AFP Mamadou Oumar Ndiaye, un responsable du Collectif des éditeurs de presse qui réunit les patrons de presse sénégalais.

 

Les quatre journalistes qui avaient été arrêtés depuis début octobre sont El Malick Seck, responsable d'un site d'information en ligne, Pape Amadou Gaye, directeur de publication du quotidien privé Le Courrier, Moussa Guèye et Pape Moussa Doukar, respectivement directeur de publication et employé du quotidien L'Exclusif.

 

"Mon client a été libéré cet après-midi (jeudi), il a été mis en liberté d'office (mesure de liberté provisoire non demandée par la défense) sur décision du juge, en accord avec le parquet", a déclaré à l'AFP Clédor Ciré Ly, avocat de Pape Mamadou Gaye.

 

M. Gaye, dont le journal, d'une audience limitée, est basé à Rufisque, dans la banlieue de Dakar, avait été inculpé et écroué le 6 novembre pour "offense au chef de l'Etat, acte de nature à porter atteinte à la sûreté de l'Etat, et acte de nature à entraîner la désobéissance de l'armée".

 

Par ailleurs, le ministère sénégalais de l'Intérieur a annoncé que "des instructions ont été données à la Division des investigations criminelles (DIC, police judiciaire) pour une mise en liberté immédiate du journaliste propriétaire du site Rewmi.com", El Malick Seck.

 

Dans un communiqué transmis à l'AFP, le ministère a expliqué que cette décision a été prise "dans un souci d'apaisement et de pacification des relations entre la presse et le pouvoir".

 

Moussa Guèye, dont le journal est basé à Rufisque, dans la banlieue de Dakar, avait été arrêté le 8 octobre et inculpé d'"offense au chef de l'Etat" et "diffusion de fausses nouvelles" pour avoir évoqué des "escapades nocturnes" du président Wade.

 

Un employé de son journal, Pape Moussa Doukar, avait été arrêté un peu plus tard après que la police eut découvert que la publication avait été enregistrée sous son nom, selon la presse locale.

 

L'organisation de défense de la presse, Reporters sans frontières (RSF), basée à Paris, avait dénoncé mercredi l'arrestation des quatre journalistes, évoquant une "dérive policière" dans un pays pourtant présenté comme un modèle de démocratie et de liberté de la presse en Afrique.

 

"Cette dérive est incompréhensible et ne constitue absolument pas une réponse à d'éventuels problèmes que peut poser la presse. Cette forme de répression doit cesser et les autorités doivent fournir des explications sur cette agressivité envers les petits journaux privés", avait déclaré RSF.

AFP

Touba, ville sainte et sale

Touba la sainte, épicentre des épidémies de choléra

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L'épidémie de choléra, qui a fait cette année 14 morts au Sénégal, s'est propagée, comme les dernières, à partir de la ville sainte de la confrérie mouride, Touba, principalement en raison d'infrastructures défaillantes.

 

"Il y a eu des épidémies en 1986 et en 1996. Mais depuis 2004, il y a chaque année des cas de choléra. C'est devenu presque endémique", indique à l'AFP Maïmouna Diop, une responsable d'un centre de santé de Touba, à 190 km à l'est de Dakar, en pays mouride, une influente confrérie musulmane au Sénégal.

 

Sous une tente de ce centre, Abdou Wahab Mbacké, 4 ans, est allongé sur un lit, regardant muet son bras gauche par lequel il reçoit une perfusion d'eau, de sel et de potassium, pour compenser la déshydratation provoquée par le choléra, une maladie due à la consommation d'aliments souillés.

 

"Mon petit-fils m'a réveillé le matin en se plaignant d'une diarrhée. Je l'ai porté dans mes bras sur deux kilomètres avant d'avoir un véhicule pour arriver", explique sa grande-mère Sokhna Diouf, la cinquantaine, qui habite le quartier de Sam Serigne Bara, à la périphérie de Touba. Diagnostic médical: choléra.

 

"Heureusement que le garçon est venu vite. Les malades arrivent souvent dans une situation désespérée, certains meurent avant d'être soignés", précise Ndèye Khady Ngom, infirmière.

 

Touba, ville de plus d'un million d'habitants, la deuxième du Sénégal après Dakar, est confrontée à un problème d'accès à l'eau, les infrastructures n'ayant pas suivi son explosion démographique ces dernières années.

 

L'épidémie de choléra au Sénégal a fait depuis août 14 morts pour 3.015 cas dont plus de la moitié, soit 1.730 cas, ont été enregistrés à Touba. Le nombre de morts à Touba n'a pas été communiqué.

 

Dans le centre-ville, de fosses septiques sont situées au milieu de rues sablonneuses à côté des conduites d'eau et des amas de détritus.

 

"Nous restons parfois 15 jours sans avoir de l'eau", dit Ndèye Niang, 39 ans, lavant le linge à Oumoul Khoura, un quartier périphérique, à côté d'un point d'eau entouré de boue et d'excréments d'animaux.

 

"A Touba, la plupart des fosses septiques sont construites sur la rue et certaines à côté des conduites d'eau, avec de nombreux cas de branchements clandestins", une situation propice à la propagation du choléra, affirme Doudou Ciss, du service de l'hydraulique.

 

La ville accueille "au moins 19 pèlerinages chaque année. Chaque pèlerinage provoque un grand rassemblement avec des conditions sanitaires déplorables. A leur retour dans les autres régions, les malades de choléra disséminent la maladie", explique de son côté un responsable du service d'hygiène sous couvert de l'anonymat.

 

Pour un meilleur approvisionnement de Touba en eau de qualité, des chefs religieux ont créé en 2006 le "Comité Initiative Eau de Touba" (CIET).

 

Ils sensibilisent les populations sur "une contribution financière pour mieux entretenir le réseau hydraulique" et proposent des citernes modernes à la place des réserves d'eau, des constructions en ciment dans les cours des maisons qui sont souvent des viviers de vibrion cholérique.

 

"Nous mettons des plombiers professionnels à la disposition des populations pour éviter les branchements anarchiques", explique notamment Serigne Moustapha Mbacké, un responsable du CIET.

Note du webmaster : plus c’est religieux, plus c’est sale et malsain, voire dangereux ! Et, quand on voit, entre-autres, le budget pour la grande mosquée...on est en droit de se demander où va l'argent, prioritairement...

08/11/2007

Arrêté à Saly

SALY PORTUDAL Une bande de voleurs de scooters et à l’arraché décapitée


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Depuis quelque temps à Saly, les vols de scooters suivis de vols à l’arraché se multiplient. A la brigade spéciale de Saly, les plaintes se sont multipliées et le signalement des malfaiteurs communiqué aux pandores  qui ont mené jusqu’à ce jour une traque pour les retrouver. C’est ainsi que le 1er novembre, en début de matinée, suite à un vol d’un scooter aux abords du parking de King Karaoké, le voleur, un certain Jules Sylvestre Amoussou Guénon se disant peintre et demeurant à Grand Mbour, a été mis hors d’état de nuire par le propriétaire du scooter et des passants. Celui - ci a passé un mauvais quart d’heure avant d’être livré sous-bonne escorte aux gendarmes.  Les vols de scooters étaient devenus récurrents à Saly, particulièrement dans la station balnéaire et on ne pouvait plus compter le nombre des vols à l’arraché commis sur des personnes qui ont eu l’imprudence de marcher aux abords de la chaussée. Plusieurs plaintes ont été enregistrées à la brigade de Saly par des victimes qui ont collaboré en donnant le signalement des deux individus qui, à bord d’un scooter, commettaient leur forfait. Ce jour 1er novembre vers six heures du matin, entre le parking de » King Karaoké » et celui de « Escale », un homme, après avoir garé sa moto, avait oublié de retirer la clé. Le sieur Jules Sylvestre Amoussou Guénon était à l’affût et n’attendait que le moment opportun pour s’emparer du scooter. Profitant d’un moment d’inattention du vigile, il s’empare de la bécane et démarre en trombe laissant derrière lui  le propriétaire  qui a tenté en vain, avec les chauffeurs de taxi, de le poursuivre. Croyant ne pas être reconnu, le voleur réapparaît cette fois - ci quelques heures plus tard avec un autre scooter  et c’est ainsi qu’il a été reconnu par des chauffeurs et le propriétaire de la moto qui lui ont fait passer de sales moments. Acheminé à la brigade, il a été reconnu par les  hommes du Commandant de brigade Abdou Seck d’après son signalement fait par ses victimes. Au cours de l’enquête, suite à des investigations, le scooter a été retrouvé à Saly Niakh Niakhal à proximité du bar Taxi Brousse. Selon le commandant   de brigade qui est formel, «  il s’agit de la même bande qui écumait Saly mais il faudrait retrouver un complice qui est activement recherché ». Pour le moment, Jules Sylvestre Amoussou Guénon considéré comme le chef de bande, a été présenté depuis le 2 novembre au procureur de la république de Thiès.Article Par Alioune Diop

Clandestins

Clandestins: des départs en hausse et des routes de plus en plus longues

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Les routes de l'émigration clandestine ouest africaine vers les Canaries (Espagne) sont de plus en plus longues et risquées et la récente accélération des départs conduit à une répétition des drames, dont le dernier a fait au moins 45 morts au large du Maroc.

"Nous luttons contre les départs mais il y a un véritable entêtement et un danger de plus en plus fort dû à la volonté des clandestins d'échapper aux contrôles", affirme le porte-parole de la police sénégalaise, le colonel Alioune Ndiaye.

"Ils sont forcés de gagner le large et la haute mer, où les risques sont doublés", explique-t-il.

"C'est beaucoup plus long. Mais personne ne peut les intercepter une fois arrivés dans les eaux internationales", poursuit le responsable régional adjoint de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) à Dakar Laurent de Boeck.

Depuis plus d'un an, les principaux points de départ de clandestins se sont déplacés vers le sud, glissant du Maroc à la Mauritanie et, au Sénégal, de la capitale Dakar à la Gambie et la Casamance.

"On constate de plus en plus de tentatives d'acheter des gros bateaux et de déplacer les départs des points habituels pour empêcher la détection", confirme Antonio Mazzitelli, représentant de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour l'Afrique de l'ouest.

Parallèlement à ces déplacements, une accélération de départs de clandestins a été constatée ces dernières semaines après plusieurs mois d'accalmie, notamment due à la surveillance accrue de l'agence européenne de contrôle des côtes ouest africaines Frontex.

Mardi, les autorités mauritaniennes ont annoncé la mort de 45 Ouest Africains de faim, de soif et de froid lors d'une traversée entamée le 16 octobre en Casamance et qui s'est prolongée après une avarie technique au large des côtes marocaines.

Leur capitaine est mort accidentellement et, faute de moteur, l'embarcation a dérivé jusqu'au nord de la Mauritanie, où elle a échoué avec 96 survivants à son bord, épuisés par plus de trois semaines de mer.

Selon Nelly Robin, chargée de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD), les pirogues au départ du Sénégal partent habituellement avec le nécessaire (eau, nourriture, essence) pour "tenir au maximum pendant 14 jours".

Cette recrudescence des départs, notamment due à des conditions météo plus clémentes, est également attribuée par M. Mazzitelli à la multiplication des réseaux de trafiquants attirés par l'appât du gain.

"On voit de plus en plus de véritables réseaux qui se développent en dépit des risques auxquels ils exposent les voyageurs", explique-t-il.

Mme Robin confirme que des témoignages font état du développement de réseaux de trafiquants, notamment en Mauritanie, mais indique que les départs sont aussi le fait d'initiatives collectives, en particulier dans le milieu de la pêche au Sénégal.

"Il y a deux catégories de départs: ceux qui sont organisés depuis la Mauritanie, qui relèvent d'une stratégie de trafic, et ceux qui sont organisés par les milieux de pêche, principalement au Sénégal", explique-t-elle.

Selon Mme Robin, les départs de Mauritanie à bord de "petites pirogues organisés par des personnes étrangères au milieu maritime" sont plus périlleuses qu'au Sénégal, où "les départs sont généralement organisés avec des grosses pirogues bien équipées et avec un meilleur savoir-faire maritime".

Ces embarcations ne sont toutefois pas à l'abri d'incidents, comme en témoigne le drame de ce début de semaine, qui fait partie des plus meurtriers officiellement répertoriés ces dernières années en Afrique de l'ouest.

AFP

 

Saly: saison touristique

SALY PORTUDAL : Lueurs d’une saison touristique pas comme les autres

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C’est en 1984 que le premier hôtel de Saly Portudal a été inauguré. Près d’un quart de siécle plus tard, la station balnéaire demeure un des hauts lieux du tourisme au Sénégal. Mais aux hôtels, sont venues s’ajouter de nombreuses résidences hôtelières pas appréciées de tous.

Si l’environnement a été nettement amélioré, les lueurs de la saison 2005-2006 ont été quelque peu assombries par les déconvenues du marché suédois.

Les importuns, « plage non grata »

L’homme est en colère. Exaspéré, il crache toute son amertume. « Pour qui vous prenez-vous ? F... moi la paix ! ». « Calme-toi », le supplie sa femme. « Non ! Je ne me calmerai pas », lui rétorque-t-il rageusement. Se levant soudainement, il ajoute : « allons-nous en ! De toutes les façons, c’est la dernière fois que nous mettrons les pieds ici ».

Un jugement sans appel ! Si ce touriste français est sorti à un tel point de ses gonds, ce n’est pas l’ardeur du soleil de début mai qui le turlupine mais bien deux jeunes hommes qui ont été très loin dans leur audace. Passés une première fois à côté du couple étalé au bord de la plage, ils tentent de l’aborder avec divers salamalecs. Celui-ci reste de marbre. Les deux hommes poursuivent leur chemin avant de revenir sur leurs pas pour s’offusquer auprès des touristes de ne pas bénéficier de leur attention. Mal leur en prit. Face à la hargne du mari, les importuns n’auront d’autre choix, tout penauds, que de prendre le large. Cette scène vécue sur le bord de la plage de Saly est en réalité exceptionnelle. Elle témoigne de ce que les allogènes ne doivent pas faire avec les touristes. Heureusement, cette scène est aussi ce qui se fait de moins en moins. A une certaine époque, les environs de la station balnéaire étaient envahis par des gens de toutes sortes avec pour seul souci de soutirer de l’argent des touristes par tous les moyens.

« L’envahissement des réceptifs a été nettement réduit ainsi que le harcèlement des touristes », reconnaît Boubacar Sabaly, le président du Syndicat d’initiative du tourisme de Saly. Un point de vue largement partagé, même du côté de certains touristes habitués à fréquenter la station. Mais pour ceux qui viennent d’arriver pour la première fois, le constat est quelquefois dur.

Accompagné de son épouse, Alain, la cinquantaine, est directeur commercial dans l’édition à Paris. Trouvé sur la plage en compagnie d’un autre couple français, ils y passent leurs derniers moments de détente de la journée, peu avant le coucher du soleil.

« C’est quelquefois agaçant mais quand on aime l’Afrique, on supporte mieux », dit-il à propos des sollicitations de tous ordres. Cela ne l’empêche pas de comparer la destination balnéaire de Saly avec la Tanzanie. « Là-bas, on est aussi abordés parfois sur les lieux de vacances ; mais ici, c’est plus fréquent. En plus, au rythme où les choses se font je risque de me retrouver à poil car on demande tout : les chaussures, les sacs... ». « Ils s’imaginent que tous les Blancs sont riches... », tente de justifier son épouse. Une idée d’autant plus fausse que le client-type de la station est généralement un fonctionnaire moyen de la France.

Heureusement, les intrus qui incommodent les touristes sont de plus en plus tenus à l’écart de la station. La Société d’aménagement de la Petite côte (Sapco) a créé sa propre brigade de surveillance. Installés le long de la plage et disséminés dans la station, ces surveillants aux allures de gentils organisateurs sont vêtus de tee-shirts qui les fond dans leur environnement.

Ils sont 136 à être affectés à cette tâche, explique Babacar Sy, le directeur d’Exploitation de la Sapco, en plus de 80 autres chargés de la propreté. « Aux alentours des hôtels, le phénomène de l’envahissement a sensiblement baissé », se réjouit le patron local de la Sapco. Un constat également partagé par le président du Syndicat d’initiative, M. Sabaly.

Partenariat gagnant

Cette surveillance accrue vient également en renfort à la gendarmerie nationale, qui dispose sur le site de la Sapco d’une brigade dont les effectifs sont nettement plus importants que d’ordinaire, comme le souligne le commandant de la compagnie de gendarmerie de Mbour, le capitaine Adama Guèye.

Côté hôtelier, l’amélioration de l’environnement de la station est unanimement relevé. « Depuis que la Sapco a mis en place ses propres gardiens, l’envahissement a été nettement réduit », relève M. Pathé Dia, le directeur de l’hôtel « Téranga ».

Consentants ou pas, les antiquaires, qui exposent dans les hôtels, sont obligés de respecter certaines règles du jeu pour continuer à pouvoir y exercer. Eric Philibert, le directeur de l’Exploitation du « Lamentin Beach », dit ne pas badiner avec les règles acceptées par la trentaine d’exposants artisanaux qui officient dans son hôtel. « Je vous laisse exposer, mais le premier qui harcèle un client perd tout, leur ai-je fait comprendre », raconte-t-il.

Sur la plage, non loin de l’hôtel “Téranga”, un petit groupe de dames attend les touristes qui longent la plage. Elles sont badgées et savent surtout ce qu’il ne faut pas faire. Depuis huit ans, elles y officient. « Cela marche moins maintenant, mais c’est tout de même mieux que de rester à la maison », dit l’une d’elles sous le couvert de l’anonymat, tout en se désolant de la sévérité du règlement.

Femmes ou hommes, les antiquaires longent la plage, à longueur de journée, à la recherche du touriste échappé des enclaves hôtelières surveillées par des gardiens qu’ils sont loin de porter dans leur cœur.

La mentalité du touriste affectée par la conjoncture

Pour donner une idée de l’âpreté de la concurrence avec les pays maghrébins, Pathé Dia cite l’exemple du Maroc. « Pour une semaine de vacances, le touriste français débourse entre 380 et 400 euros en pension complète. Pour la même durée au Sénégal, il lui faut payer entre 800 et 900 euros sans les taxes qui, une fois incluses, font monter les prix jusqu’à 1.100-1.200 euros pour une demi-pension à l’hôtel ».

Un exemple qui montre toute la difficulté des hôteliers sénégalais, alors que le marché français représente près de 80% de l’émission de touristes sur le Sénégal. La hausse de l’intérêt des Français pour la destination sénégalaise explique le regain de l’activité sur la station balnéaire de Saly.

« Le marché italien s’est effondré, celui de l’Espagne a baissé », estime Boubacar Sabaly qui évalue à 55% la hausse de la fréquentation de la station notée durant cette saison.

« La mentalité du voyage du Français a changé. Avant, il disait qu’est-ce que vous me conseillez en franchissant la porte d’une agence de voyages. Aujourd’hui, il s’y présente en disant j’ai un budget de 600 euros, qu’est-ce que vous me proposez ? Dans de telles conditions, d’office la destination-Sénégal est zappée face à d’autres », analyse Pathé Dia.

Jusque-là quasiment inconnus dans la station, les Suédois figurent en bonne place parmi les nouveaux marchés émetteurs. A Saly, beaucoup se souviennent encore d’eux déambulant dans les rues du village et mangeant dans les restaurants. C’est aussi une particularité de cette clientèle nordique. L’hôtel sert principalement à dormir et tout au plus à y prendre un repas. Tout le reste se fait dehors.

RESIDENCES HÔTELIERES : La complainte des professionnels , Le feu de paille des allumettes suédoises

La saison écoulée a été marquée par une nette reprise de la destination en hausse de près de 55%. Mais aussi par une ardoise d’un demi-milliard laissé par un tour operator suédois tombé en faillite.

Entre deux réponses à des questions, Pathé Dia s’apprête à signer une note de service que vient de lui amener un de ses collaborateurs. A l’affichage, elle fera mal. Un lot non négligeable de travailleurs va cesser toute activité dans cet hôtel de 80 employés. C’est la dure loi des temporaires qui s’applique à chaque fois que la saison touristique prend fin.

« C’est dur mais je n’ai pas le choix », se désole-t-il entre deux volutes de cigarette. Pourtant dans cet hôtel quatre étoiles, comme dans beaucoup d’autres de la station, la saison écoulée a été source de beaucoup de satisfactions. « Il y a eu un redressement de l’activité cette année. Depuis 2003, nous étions confrontés à une situation très difficile avec jusqu’à 40% de baisse dans certains hôtels », indique M. Boubacar Sabaly, le président du Syndicat d’initiative du Tourisme de Saly.

Pour le patron de l’hôtel “Téranga”, cette morosité qui a frappé la station balnéaire remonte même à l’année 2002. « Elle est due essentiellement à une forte concurrence des pays maghrébins dont la destination défie toute concurrence », dit-il.

« Le Sénégal est une destination très fragile. En tant que tel, tous les évènements mondiaux peuvent influencer positivement ou négativement la destination », commente M. Sabaly.

Les évènements du 11 septembre, les contrecoups du terrorisme dans certaines contrées, le renchérissement de l’euro ainsi que les efforts notés au niveau de la promotion sont autant de raisons qui font qu’il y a une reprise de l’activité, ajoute-t-il. Pendant toutes ces années, la moyenne d’occupation des hôtels de la station tournait autour de 60%, contre 80 à 85%, auparavant, estime Pathé Dia.

La reprise constatée depuis peu est, de l’avis de M. Eric Philibert, directeur de l’Exploitation du « Lamentin Beach », à mettre au compte des performances de la promotion touristique réalisées ces derniers temps.

« C’est dû principalement au travail de deux hommes : Assane Soumaré et Malick Mbaye. (respectivement Dg de l’Agence nationale de promotion du tourisme et responsable du Bureau du Tourisme à Paris). Il y a eu un réel effort de promotion qui a permis un rétablissement d’image. On a repositionné la destination Sénégal qui devient un peu une destination refuge par rapport à d’autres affectées par des calamités naturelles ou l’extrémisme religieux », souligne-t-il.

Note salée

« Cette année, on a connu une très belle saison touristique due au marché scandinave, malheureusement on n’a pas encaissé un franc », raconte, le souvenir amer, Pathé Dia. « Beaucoup de gens nous disent encore que nous ne pouvons pas nous plaindre parce que les Suédois sont venus en masse cette année. Et pourtant ! ».

La note a été salée pour les hôteliers avec une ardoise de près d’un demi-milliard laissée sur place. Le tour operator suédois qui convoyait les touristes sur Saly a fait faillite. Pathé Dia a dû se rendre jusqu’en Suède pour se convaincre d’une telle réalité. C’est un homme au bord du désespoir qu’il a retrouvé à Stockholm et contre lequel aucun recours pertinent ne peut être engagé pour retrouver les fonds perdus. Le tort de cet opérateur c’est d’avoir mal estimé ses coûts, d’avion notamment, au moment où le transport aérien a subi de plein fouet la hausse des cours du pétrole.

Pour les hôtels de la station de Saly, la réalité a été dure au moment de faire les comptes. Le « Téranga » a ainsi eu des factures impayées de 130 millions de Fcfa laissées par les Suédois, 88 millions pour le « Savana », 37 millions pour « l’Espadon »... Les impayés ont même pu atteindre jusqu’à 200 millions de Fcfa dans d’autres. Les hôteliers de Saly ont-ils manqué de vigilance jusqu’à se retrouver avec de tels impayés ? « Non ! Seulement, entre le 15 décembre et le 15 janvier, les flux de touristes étaient tellement importants que le tour operator a demandé un délai pour pouvoir s’acquitter de ses factures, ce qui n’avait rien d’anormal par rapport aux pratiques du métier », explique M. Dia. « C’est un des plus gros soucis avec les nouveaux marchés, on ne sait jamais ce qu’ils nous réservent en réalité », se console-t-il.

Un rapport à l’environnement complexe

C’est en plein cœur d’un village traditionnel que la station est implantée. Ce qui n’est pas sans créer quelques difficultés.

L’anecdote est rapportée par un patron d’hôtel qui en rit encore. Une fois, un de ses clients européens, rentré d’une virée dans le village de Saly, est entré furieusement dans son bureau. « Il m’a taxé de n’importe quoi et surtout m’a demandé comment nous pouvions vivre dans un tel cadre luxueux alors qu’a côté, il y a des gens qui ne mangent pas ». Face à ces violentes récriminations, le directeur d’hôtel n’en a pas pour autant perdu son sang-froid mais reconnaît plutôt que l’environnement de pauvreté dans lequel baigne la station balnéaire « choque la clientèle énormément ». De la route principale qui mène de la Nationale à la lointaine Saly-Nord, la station, vue des façades des hôtels, rappelle à certains endroits un petit îlot de prospérité. Avec ses supermarchés, ses salons de coiffure, bars, restaurants, magasins d’art et de prêt-à-porter, supérettes et autres hauts lieux de consommation, tout rappelle un coin exceptionnel.

De l’autre côté de la route, à gauche, en entrant dans la station, c’est une autre réalité moins luxueuse, à moins de deux kilomètres des hôtels quatre ou cinq étoiles, c’est un contraste de maisons en dur et d’autres bien moins loties qui n’ont pas beaucoup évolué au fil du temps avec des cases. « L’erreur qui a été commise, c’est d’avoir implanté la station dans le village », dit le patron d’hôtel victime de la furie du touriste indigné. Du côté de la Sapco, le directeur de l’Exploitation, Babacar Sy, reconnaît que certaines difficultés entre la station et son environnement sont liées « aux deux modes de vie différents ». A une certaine époque, la cohabitation entre les hôteliers et le village était loin d’être une affaire simple. « Il est arrivé que les jeunes du village occupent des devantures d’hôtel pour exiger d’y être recrutés », se souvient, Pathé Dia, le directeur général du « Téranga ». Aujourd’hui, la concertation est plutôt de rigueur. Il n’en demeure pas moins quelques incompréhensions. « Le plus grand problème des hôtels de Saly, ce sont les ressources humaines. Nous sommes obligés de faire avec les populations locales qui ne sont pas suffisamment formées. Seulement 15 à 20 % des employés que nous y recrutons s’expriment en français. On est accusés d’ostracisme alors que la base, c’est la formation ; ce qui fait que nous sommes obligés d’aller recruter à Dakar. » Les frictions ne sont plus qu’un mauvais souvenir, à en croire le porte-parole et président de l’Association des jeunes de Saly, El Hadj Ibou Sakho Thiandoum, même s’il reconnaît que : « le tourisme a généré beaucoup de mal comme beaucoup de bien dans le village ». « Le manque d’éclairage est quand même étonnant dans un village où il y a des milliards qui y ont été investis. Les populations locales ne tirent pas suffisamment profit du tourisme », se désole-t-il, avant d’ajouter : « depuis l’arrivée de M. Ndiouga Sakho (Ndlr : le Pdg de la Sapco) et en concertation avec la gendarmerie, il y a eu beaucoup d’améliorations dans les relations entre les deux parties ». Une amélioration d’autant plus nécessaire, souligne M. Thiandoum, que le tourisme est la seule ressource dont disposent les villageois. « Nous n’avons plus de champs ».

Les expropriations constituent, en effet, un souvenir douloureux encore présent dans l’esprit de nombre d’habitants de Saly, qui ont été privés de leurs terres pour les besoins de l’installation de la station. « En 1978, le vieux qui a reçu le plus d’argent au moment des expropriations, c’est Kout Sène, il n’a pas eu plus de 7.500 Fcfa. A compétences égales, on nous avait promis la priorité à l’embauche quand il a fallu nous convaincre de renoncer à nos terres », rappelle Ibou Sakho Thiandoum. « Il n’y a pas plus de 20% de jeunes originaires de Saly dans les hôtels à part le Filaos et le Palm Beach » assure M. Thiandoum.

« Nous avons un réceptif dénommé Sénégal découvertes touristiques qui nous permet de faire bénéficier à tour de rôle, les villages des effets du tourisme. De même que nous recevons régulièrement des médicaments de la France envoyés par les voyages Fram et que nous remettons aux villageois », explique le directeur général du « Palm Beach ».

Les villageois, qui se plaignent quelquefois d’étouffer dans cet environnement hôtelier, n’en ont pas moins bénéficié d’extensions de leur espace vital. C’est ainsi que la Sapco, en relation aves les autorités, leur en a concédé l’élargissement. « Depuis cinq ans, il y a eu trois extensions du village, comme le prévoient les textes », souligne le directeur de l’Exploitation de la Sapco, Babacar Sy. Ce dernier admet qu’il y a eu des améliorations sensibles dans les rapports entre la Sapco, les hôteliers et le village. « Je suis un Français né au Maroc. Il y a 35 ans, c’était la même situation de contraste sur les sites hôteliers.

Aujourd’hui, beaucoup de villages ont pu se développer là-bas grâce au tourisme », souligne Eric Philibert, le directeur de l’Exploitation du “Lamentin Beach”, un cinq étoiles installé sur la partie nord de la station.

RESIDENCES HÔTELIERES : Concurrence déloyale sous le couvert

Dans la station, les résidences privées ont fait florès au fil des ans. Au point de constituer, aux yeux de nombre d’hôteliers, une menace à leur rentabilité.

C’est un des plus jolis coins de Saly, installé tout à fait au Nord de la station. Les « Résidences du port » sont un mélange, de beauté, d’harmonie et de quiétude. Le vacancier qui y séjourne, installé sur un transat au bord de la plage ou à une table de restaurant, peut y savourer tranquillement ses moments d’évasion. C’est un endroit de para-hôtellerie qui abrite 200 villas individuelles qui bénéficient de toutes les commodités.

Avec le temps, la station balnéaire de Saly a connu une mutation dans son concept, comme le raconte le directeur de l’Exploitation de la Sapco, Babacar Sy. « Ce n’était pas prévu dans le schéma d’aménagement. Comme pendant longtemps, il n’y a plus eu de construction d’hôtels, la dévaluation du franc Cfa a entraîné un rush sur le concept des résidences para-hôtelières ».

Résultat des courses, Saly compte aujourd’hui 23 résidences hôtelières qui abritent chacune, en moyenne, 80 villas contre 12 hôtels de quatre à cinq étoiles et un treizième de deux étoiles. Beaucoup d’Européens ont ainsi acquis des villas dans ces endroits où ils séjournent de temps à autre.

Fonctionnant comme des lieux privés où les propriétaires ont le droit d’admettre qui ils veulent, ces résidences sont accusées de faire de la concurrence déloyale aux hôtels puisque soupçonnées de faire dans le locatif clandestin.

Chez les hôteliers, la récrimination est quasi-générale. « Les résidences n’ont pas un statut clair encore moins une assiette fiscale, alors que ce sont des maisons meublées qui font du locatif. Ce sont des gens qui viennent parfois pour des vacances et louent le reste du temps. Ils puisent donc sur nos réservoirs », se plaint le président du Syndicat d’initiative du Tourisme de Saly, M. Boubacar Sabaly. « L’Etat a pris cette offre sans maîtriser les tenants et les aboutissants. Au départ, il s’agissait de faire du time-share. De là, c’est devenu des résidences alors qu’elles ont toutes été construites en hors taxes, hors douanes. Les promoteurs les ont ensuite vendues à des tiers européens qui font de la location. Tout cela est illégal », fustige Pathé Dia, le directeur de l’hôtel « Téranga » dont le réceptif a la particularité de cohabiter avec 25 villas privées dans la même enceinte.

Une situation qu’elle a héritée du fait qu’à ses débuts, le tout formait une enclave résidentielle de 50 villas privées.

« Cela nous porte préjudice, spécialement au Sénégal. Avec la main-d’œuvre pas chère, un touriste peut s’octroyer les services d’une femme de ménage, d’un gardien, d’une cuisinière au même coût que s’il était à l’hôtel. La para-hôtellerie concurrence surtout notre clientèle habituelle », souligne le directeur général de l’hôtel « Palm Beach ».

Avis plus tolérant du côté du voisin immédiat des “Résidences du Port”, le « Lamentin Beach », le seul parmi les hôteliers que nous avons interrogés à émettre un son de cloche différent sur la question.

« C’est une activité complémentaire qui nous amène un potentiel de clients qui viendront pour des soins de thalasso, au bar ou encore au restaurant...Plus il y aura des gens qui viendront au Sénégal, plus on en bénéficiera », relativise Eric Philibert son directeur de l’Exploitation.

« C’est comme si vous me disiez que les piroguiers concurrencent les bateaux. C’est à nous de mettre nos hôtels au top niveau pour ne pas perdre de clients », préconise-t-il, tout en estimant que l’hôtel, « c’est pas de souci, alors que dans une maison, il y a l’intendance à gérer ». S’il y a des gens qui doivent s’inquiéter, ce sont plutôt les hôtels bas de gamme, estime-t-il.

Indiscutablement, les résidences hôtelières permettent à une clientèle de touristes de pouvoir bénéficier des charmes de la station balnéaire sans avoir à délier bourse dans les hôtels. C’est le cas de Fabrice. Employé parisien, il repart dans la capitale française après un séjour d’une semaine à Saly. Il y était avec sa copine, une journaliste dont les parents possèdent un pied-à-terre aux résidences « Le Paradis ». Lui et sa copine, à peine âgés de 25 ans, n’auraient peut-être pas été en vacances sur ces lieux s’ils n’avaient pas bénéficié d’une telle facilité d’hébergement. Face à la modestie de leur budget de vacances, le Maghreb aurait peut-être emporté leurs préférences sur le Sénégal pour des raisons purement économiques.

Le directeur de l’Exploitation de la Sapco reconnaît, pour sa part, les déviances notées dans la vie des résidences. « Elles n’avaient pas pour vocation au départ à faire de l’hébergement mais au fil des ans, on a vu que les propriétaires louaient à d’autres personnes », souligne Babacar Sy.

Au-delà du constat, M. Sy annonce des mesures prochaines qui vont remédier à cette situation, synonyme de fraude fiscale. « La direction de la Réglementation et du Contrôle (du ministère du Tourisme) a décidé que, désormais, seuls les propriétaires de villas et leurs femmes et enfants ne seront pas considérés comme des touristes. Toute autre personne qui séjournera sur les lieux de leur fait devra s’acquitter du versement des taxe ».

Ces mesures, qui vont entrer en vigueur prochainemen,t vont également entraîner la tenue d’un registre de séjour et d’une fiche de police dans les résidences hôtelières, destinés à l’identification des visiteurs. Les affaires de mœurs, notamment de pédophilie et de prostitution, qui défraient la chronique épisodiquement dans la station ont, comme le rappelle le commandant de la Compagnie de Gendarmerie de Mbour, le capitaine Adama Guèye, souvent lieu dans les résidences privées. « Or, il nous est difficile d’y accéder à titre préventif en raison du caractère privé des lieux », souligne-t-il.

Une manne qui fait rêver

Le tourisme enrichit le village et ses environs. Pour beaucoup de jeunes, il est une occasion de changer de vie. Quand cela ne s’arrête pas seulement au rêve.

Indéniablement, la station balnéaire déteint sur son environnement, même si Ibou Sakho Thiandoum résume la situation par une formule fort tranchée : « autant dans la station, il y a tout, autant dans le village il n’y a rien ».

La Communauté rurale de Malicounda, dont fait partie le village de Saly, est la plus riche de tout le pays avec un budget de 1,6 milliard de Fcfa dont la majeure partie est fournie par les contributions fiscales de la station. Mais il y a un aspect plus difficile à évaluer et qui n’en est pas moins une réalité. Beaucoup de garçons du village ont trouvé femme parmi la population de touristes, ont bâti de superbes maisons grâce à leurs envois de fonds avec lesquels ils entretiennent des familles entières. D’où cette scène sur le bord de plage.

Habillé d’un superbe caftan deux-pièces en « ganila bleu », Modou célèbre son union avec Paola, en robe de mariée. Cette Italienne est aux anges. Sourire à tous les coins de lèvre, elle est accompagnée de deux de ses compatriotes dont l’une joue le rôle de photographe de ces moments qu’elle tient à immortaliser.

A voir les regards que la scène attire, le couple fait des envieux. Il se raconte à Saly que les nombreux jeunes qui font du sport sur le bord de plage, torse nu et muscles bandés, sont le plus souvent à la quête d’Européennes à ravir. Ce que confirme Abou, l’un d’eux rencontré sur la bande de plage sise entre l’hôtel Royal et le « Téranga ».

« A une certaine époque, ça marchait beaucoup. Aujourd’hui, il y a de moins en moins de chances de quitter le Sénégal dans les bras d’une Française après l’avoir séduite au bord de la plage. C’est comme si la méthode était passée de mode », confie-t-il. « En fait, ce sont plus les filles que les garçons qui se font marier par les toubabs », dit-il comme désolé.

Fortunes d’un jour

« Notre unique objectif, c’est de voyager », clame Max, un antiquaire, dreadlocks et physique de lutteur junior. « On cherche de l’argent en vendant nos objets aux touristes, mais à l’occasion, si on peut en séduire aussi, on le fait. J’en connais qui ont réussi à partir en Europe ainsi ».

La méthode de la séduction est d’autant plus pratiquée que les jeunes de Saly, contrairement à beaucoup d’autres de la Petite Côte, ne semblent pas croire à l’émigration clandestine via la mer. « Barça ou Barsakh, ce n’est pas ici à Saly ! Je ne connais aucun jeune d’ici qui est parti en Europe par la mer », dit, formel, Aziz, la trentaine.

A défaut de s’unir à une Européenne, certains jeunes parviennent à développer de florissantes affaires grâces aux relations nouées avec d’ex-touristes qui les soutiennent matériellement. « J’en connais qui ont reçu jusqu’à 20 millions de francs Cfa », déclare Omar, un joueur de djembé.

Les antiquaires, qui sont en réalité des vendeurs d’objets d’art divers, ont vu, au fil des ans, leur business se révéler moins intéressant avec la concurrence des hôtels qui ont leurs propres galeries mais aussi à cause des nouveaux comportements des touristes.

« Quand le toubab n’hésite plus à payer 200 Fcfa pour prendre le taxi et aller jusqu’à Mbour, ça ne peut plus marcher pour nous les antiquaires », se désole Moustapha, dans le métier depuis 14 ans. « Avant l’euro, c’était très intéressant. Depuis, on a l’impression que les touristes sont devenus plus radins », fulmine Max.

« Une fois, j’avais vendu un objet d’art à 40.000 Fcfa à un Français. Il a sorti une énorme liasse de billets en me demandant de prendre ce qui correspondait à la somme.

Quand j’ai fini d’en puiser, je me suis retrouvé avec 190.000 Fcfa. Comme s’ils ne savaient pas compter, certains sortaient, à chaque fois qu’ils devaient régler un achat, un bon paquet d’argent », se rappelle-t-il avec nostalgie.

« De telles fortunes dans la journée sont devenues presque impossibles. Parfois, nous restons toute une journée sans un toubab à accrocher. En plus, les touristes sont briefés négativement sur nous avant de sortir de leur hôtel », dit-il.

Risques collatéraux sur les mœurs

Quid de l’influence de l’activité hôtelière sur les mœurs qui font souvent les choux gras de la presse ? Saly est un endroit cosmopolite où l’on retrouve aussi plusieurs nationalités qui s’y côtoient pour diverses raisons. En pleine journée, il n’est pas rare de voir déambuler des jeunes filles habillées soigneusement, qui à la quête d’un emploi, qui d’autre chose. « Pas une seule n’est du coin même s’il y a beaucoup de tentations. Là où il y a du fric, il y a toujours des tentations », assure le président de l’Association des jeunes, Ibou Sakho Thiandoum. Le patron du « Palm Beach », M. Froger, reconnaît.

Toutefois, certaines sources interrogées mettent en cause l’influence négative du tourisme sur le village, notamment en ce qui concerne la tendance des écoliers à ne pas poursuivre longtemps leurs études. « Il n’y a qu’un bachelier à Saly. Il s’appelle Ismaïla Sow », raconte un de nos interlocuteurs.

« Pour certains, le calcul est simple. Un enfant se met sur le chemin des touristes et prétend leur demander de l’argent pour acheter des cahiers. S’il parvient à récolter dix fois un euro durant la journée, cela lui fera facilement 200.000 Fcfa à la fin du mois. Tout un salaire. Vous vous imaginez ! », ajoute cet hôtelier.

du domaine privé

80 villas contre 12 hôtels de quatre à cinq étoiles et un treizième de deux étoiles. Beaucoup d’Européens ont ainsi acquis des villas dans ces endroits où ils séjournent de temps à autre.

Fonctionnant comme des lieux privés où les propriétaires ont le droit d’admettre qui ils veulent, ces résidences sont accusées de faire de la concurrence déloyale aux hôtels puisque soupçonnées de faire dans le locatif clandestin.

Chez les hôteliers, la récrimination est quasi-générale. « Les résidences n’ont pas un statut clair encore moins une assiette fiscale, alors que ce sont des maisons meublées qui font du locatif. Ce sont des gens qui viennent parfois pour des vacances et louent le reste du temps. Ils puisent donc sur nos réservoirs », se plaint le président du Syndicat d’initiative du Tourisme de Saly, M. Boubacar Sabaly. « L’Etat a pris cette offre sans maîtriser les tenants et les aboutissants. Au départ, il s’agissait de faire du time-share. De là, c’est devenu des résidences alors qu’elles ont toutes été construites en hors taxes, hors douanes. Les promoteurs les ont ensuite vendues à des tiers européens qui font de la location. Tout cela est illégal », fustige Pathé Dia, le directeur de l’hôtel « Téranga » dont le réceptif a la particularité de cohabiter avec 25 villas privées dans la même enceinte.

Une situation qu’elle a héritée du fait qu’à ses débuts, le tout formait une enclave résidentielle de 50 villas privées.

« Cela nous porte préjudice, spécialement au Sénégal. Avec la main-d’œuvre pas chère, un touriste peut s’octroyer les services d’une femme de ménage, d’un gardien, d’une cuisinière au même coût que s’il était à l’hôtel. La para-hôtellerie concurrence surtout notre clientèle habituelle », souligne le directeur général de l’hôtel « Palm Beach ».

Avis plus tolérant du côté du voisin immédiat des “Résidences du Port”, le « Lamentin Beach », le seul parmi les hôteliers que nous avons interrogés à émettre un son de cloche différent sur la question.

« C’est une activité complémentaire qui nous amène un potentiel de clients qui viendront pour des soins de thalasso, au bar ou encore au restaurant...Plus il y aura des gens qui viendront au Sénégal, plus on en bénéficiera », relativise Eric Philibert son directeur de l’Exploitation.

« C’est comme si vous me disiez que les piroguiers concurrencent les bateaux. C’est à nous de mettre nos hôtels au top niveau pour ne pas perdre de clients », préconise-t-il, tout en estimant que l’hôtel, « c’est pas de souci, alors que dans une maison, il y a l’intendance à gérer ». S’il y a des gens qui doivent s’inquiéter, ce sont plutôt les hôtels bas de gamme, estime-t-il.

Indiscutablement, les résidences hôtelières permettent à une clientèle de touristes de pouvoir bénéficier des charmes de la station balnéaire sans avoir à délier bourse dans les hôtels. C’est le cas de Fabrice. Employé parisien, il repart dans la capitale française après un séjour d’une semaine à Saly. Il y était avec sa copine, une journaliste dont les parents possèdent un pied-à-terre aux résidences « Le Paradis ». Lui et sa copine, à peine âgés de 25 ans, n’auraient peut-être pas été en vacances sur ces lieux s’ils n’avaient pas bénéficié d’une telle facilité d’hébergement. Face à la modestie de leur budget de vacances, le Maghreb aurait peut-être emporté leurs préférences sur le Sénégal pour des raisons purement économiques.


Quand les immigrés toubabs font le bonheur de la Poste

Mbour n’est pas vraiment un département comme les autres. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil sur les comptes de son bureau de Poste.

Niché dans le populeux quartier du bord de mer, Téfess, le bâtiment en bleu et blanc est un endroit où transitent d’énormes sommes d’argent dont beaucoup ne soupçonnent pas l’importance. « Après Dakar-Plateau, nous sommes les premiers. Ce sont des milliards que nous brassons ici », relève Jérôme Déthié Fall, le receveur du bureau de Poste de Mbour, qui souligne aussi qu’en moyenne les paiments atteignent 12 millions par jour.

Les chiffres sont là pour le confirmer. En 2006, les recettes budgétaires y ont avoisiné 266,8 millions de Fcfa contre 267,5 millions l’année précédente. Dans le langage des postiers, les recettes budgétaires sont l’équivalent des bénéfices.

A titre de comparaison, la capitale régionale Thiès, dont la délégation régionale coiffe le bureau de Mbour, a réalisé 104 millions en 2006.

Si La Poste engrange des recettes aussi consistantes dans le département, c’est principalement en raison de l’activité touristique. Ils sont quelque 1.300 Européens à être installés durablement dans la zone de Saly, selon le directeur d’Exploitation de la Sapco. Ces émigrés d’un autre genre sont principalement des Français et des Belges dans une moindre mesure.

L’installation massive des Européens, qui perçoivent leurs salaires via La Poste, explique cette activité quelque peu exceptionnelle. Ce sont ce que l’on appelle là-bas, les « Brédistes », du nom d’une banque de l’Hexagone qui transfère leurs salaires. Les salaires ainsi virés atteignent jusqu’à deux ou trois millions de francs Cfa. La consistance de leurs montants et les quelques cas d’agression notés dans le passé, ont justifié quelques mesures spéciales en faveur de ces retraités d’un genre particulier. « Ils ne sont plus payés le 25 mais à une autre période du mois à un guichet spécialement aménagé pour eux à l’étage ». Chaque mois, ils sont ainsi une cinquantaine d’émigrés toubabs à passer aux guichets. Il y a aussi les « Enim ». Ceux-là sont des retraités africains rentrés au pays après avoir servi en France. Ils perçoivent, via La Poste, des pensions consistantes qui feraient pâlir d’envie bien des salariés locaux encore activité. Outre ces deux catégories de clients de La Poste, la population d’employés de maisons (cuisiniers, gardiens, jardiniers, etc.) laissés sur place par les propriétaires des résidences privées sur la Petite Côte fait partie de la clientèle qui perçoit régulièrement des montants importants. « Mbour a la particularité d’être un bureau émetteur et payeur à la fois », signale Jérôme Déthié Fall.

Il y a un phénomène de redistribution qui s’y opère avec les envois effectués par les nombreux employés locaux vers d’autres régions du Sénégal.

Le nombre important de touristes fait aussi de la vente de timbres-postes une activité particulièrement rentable. Là encore, seul Dakar-Plateau fait mieux que Mbour dans ce domaine.

175,7 millions de Fcfa ont été engrangés par le bureau grâce à la vente de ces bouts de papier dont certains collectionneurs raffolent. Autant de raisons pour le bureau d’envisager son expansion.

Après l’ouverture, avec succès, d’un bureau à Ngaparou, deux autres vont prochainement démarrer à Grand-Mbour et Saly.

A Mbour, l’immigration toubab n’est pas pour déplaire à tout le monde. Surtout pas aux postiers.

Une station face à l’urgence de la requalification

Une remise à niveau des installations de la station de Saly Portudal est jugée nécessaire pour en préserver l’attractivité, près q’un quart de siécle après sa création

Il est le premier de la place de Saly à être inauguré. C’était en 1984 sous le règne du président Abdou Diouf. Le Palm Beach, en plus d’être le seul hôtel à tour, est donc aussi le plus vieux de la station balnéaire. Après avoir été exploité par un certain M. Pinelli jusqu’en 1989, il a été vendu aux voyages Fram qui ont doublé sa capacité depuis 1990. Pour 289 employés, le “Palm Beach” abrite 260 chambres. Tous les réceptifs qui ont été construits après ont plutôt misé sur le style paillote.

Du « Savana Koumba » au « Téranga », en passant par les derniers nés des 12 hôtels que sont le « Royal » ou encore le « Lamentin Beach », la paille fait le charme de Saly. En près d’un quart de siècle d’existence, ce sont des investissements d’un montant total de 100 milliards de Fcfa qui ont été érigés sur la station qui a cependant pris quelques coups de rides, qui rendent inéluctable un programme de requalification des investissements. Chargée de l’administration de la station, la Sapco gère les infrastructures de la station en concertation avec les hôteliers qui versent des cotisations dont s’acquittent aussi tous les gérants de structures implantées dans l’enceinte de la station.

« Au bout de 30 ans, une station balnéaire doit faire l’objet d’un programme de requalification. Beaucoup d’infrastructures commencent à vieillir ici. Depuis deux ans, la Sapco a entrepris un programme de requalification qui vise l’éclairage, l’assainissement, etc... ».

Dans ce cadre, la bretelle qui mène de la station à la route nationale, cahoteuse comme un dos de chameau, va bénéficier d’un programme d’investissements de 400 millions de Fcfa. Cette mise à niveau des infrastructures, bien que nécessaire, n’est cependant pas le seul coup de pouce dont a besoin la station pour garder son attractivité.

« Le nouvel aéroport de Diass à 25 minutes de la station, c’est une bonne chose pour nous », se réjouit Nicolas Froger, le directeur général du « Palm Beach ».

Citée parmi les talons d’Achille du tourisme sénégalais, la fiscalité est indexée par beaucoup d’interlocuteurs qui en soulignent le niveau élevé. La Tva de 18% introduite il y a quelques années, sans que les tarifs des nuitées n’aient été haussés en conséquence, est pointée du doigt par le président du Syndicat d’initiative du Tourisme de Saly, M. Sabaly, qui déplore aussi une promotion qui n’est pas « à la hauteur » et souligne la nécessité de mieux maîtriser l’aménagement de la station balnéaire. « Comment se fait-il que nous soyons au même niveau de prix que Bali, un des endroits les plus luxueux en matière de tourisme (Ndlr : mais à au moins 10 heures de vol de Paris). Qu’est-ce qui fait notre cherté », s’interroge, de son côté, le patron de l’hôtel « Téranga », qui réclame une vraie politique touristique de la part de l’Etat.

Pour Nicolas Froger, directeur général du « Palm Beach », « le Sénégal est seulement à 5 heures d’avion de Paris et 4h30 mn de la province. Ici, on n’entend pas parler d’agression ou de racket sur les touristes. Même si on peut mieux faire, la station balnéaire de Saly a de gros atouts dont il faut savoir tirer profit », professe-t-il.

Dans ce registre, le directeur de l’Exploitation du « Lamentin Beach » préconise la création d’un agenda avec « des évènements culturels et musicaux. On peut aussi thématiser autour d’un artiste et enfin il faut convaincre le touriste européen que ce que l’on appelle la basse saison n’est, en réalité, pas un obstacle à un bon séjour ».

ineptie

Nicolas Froger n’est pas loin de penser la même chose à propos de la nécessité de développer l’offre culturelle de la station. « La clientèle anglo-saxonne recherche des destinations aseptisées ; les Français et les Italiens comme les latins en général, veulent découvrir le folklore local des lieux qu’ils visitent ».

Pour qui sait que les pays latins fournissent jusqu’à plus de 90% de la clientèle de la station, doit savoir dans quelle direction agir alors.

La configuration de la saison touristique sensée se dérouler hors période hivernale n’est pas pour faciliter les choses aux hôteliers, qu’ils soient de la Côte ou d’autres parties du pays. Pendant une période allant d’avril à novembre, l’activité est à son plus faible niveau, obligeant même certains hôtels à fermer boutique pendant un mois.

Quand d’autres sont obligés de faire leurs choux gras avec les séminaires comme au Palm Beach où les séminaires résidentiels peuvent représenter jusqu’à 50% de la clientèle en septembre, un mois particulièrement creux pour les hôteliers. « C’est une ineptie », s’insurge Nicolas Froger du Palm Beach. « Avec seulement deux à trois demi-journées de pluie par semaine, l’hivernage n’est pas aussi humide que ça. Donc, il faudrait modérer cette opinion. On devrait simplement dire que la pluie est plus fréquente en cette saison. Pourquoi cela n’effraie-t-il pas les visiteurs dans les Dom-Tom », s’interroge M. Froger qui a, à son actif, 12 années d’hôtellerie en Polynésie française, un territoire d’Outre-mer réputé pour son climat arrosé. « La basse saison est due à une mauvaise information du marché émetteur », relève le directeur de l’Exploitation du « Lamentin Beach » qui est d’avis, un tant flatteur, que « le balnéaire a toutes ses chances de prospérer. C’est le pays du monde qui a le plus bel avenir touristique parce qu’ayant une population très accueillante. » Eric Philibert ne doute pas de la réalisabilité de l’objectif de 1,5 million de touristes d’ici à 2010. « A condition et que, précise-t-il, de miser sur le haut de gamme et non par sur le tourisme sac-à-dos », prévient-il.

« Et que les infrastructures suivent comme cela s’est fait au Maroc », ajoute Nicolas Froger. Toutefois, à l’écouter, le produit balnéaire sénégalais doit faire face à un obstacle qui pose une équation quasi-insoluble aux hôteliers. « Le seul bémol aux chances du balnéaire ici, c’est que le Sénégal est baigné par des courants assez froids. Même avec une température ambiante de 35 degrés, l’eau est parfois à 25 degrés ».

Un handicap qui tient de dame Nature et avec lequel il faut simplement faire.


Dossier réalisé par Malick M. DIAW

Vague d'arrestation de journalistes

Sénégal: Encore un journaliste arrêté

Un troisième journaliste a été arrêté en moins d'un mois au Sénégal pour offense au chef de l'Etat, après avoir signé un article imputant au gouvernement certaines hausses de prix. Il s'agit de Pape Amadou Gaye, directeur de publication du quotidien Le Courrier du Jour, qui a été inculpé mardi d'insulte au président Abdoulaye Wade et de menace à la sûreté de l'Etat. En cause: un article imputant au gouvernement des hausses de prix de denrées de base et laissant entendre que l'armée pourrait imposer un changement de politique.

Le directeur de rewni.com vient également d'être arrêté hier mercredi.

07/11/2007

Péril alimentaire

La montée des périls alimentaires au Sénégal


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Nous n'avons pas cessé de tirer, à plusieurs reprises, la sonnette d'alarme et d'élever notre voix afin qu'on nous entende, pour éviter, demain, alors qu'il se fera tard, les reproches d’un mutisme devant les graves difficultés qui submergent le Sénégal de nos jours, sur la flambée des prix des denrées alimentaires importées. De guerre lasse, le gouvernement libérai vient tardivement de reconnaître la situation économique très inquiétante de notre pays avec les multiples difficultés qui assaillent les Sénégalais de toutes les couches sociales, Aussi, certaines mesures tarifaires et budgétaires viennent-elles d'être envisagées de manière à réduire la pression des prix internationaux sur les biens de consommation alimentaires au Sénégal. Toutefois, rien n'est fait outre mesure, sur la réduction des coûts prohibitifs de production et l'amélioration de la productivité. Le drame du Sénégal, c'est la double dépendance totale, alimentaire et énergétique, renforcée par la faillite de la production nationale agricole et la baisse subséquente des revenus du monde rural. Le choc alimentaire prévalant aujourd'hui au Sénégal pouvait être jugulé, du moins atténué, si des mesures de promotion de l'économie rurale étaient très tôt prises en réduisant la dépendance alimentaire du Sénégal. Cependant, faut-il considérer avec l'imprévoyance des pouvoirs publics laxistes pendant tout le temps durant lequel on sentait venir, depuis l'époque de la bonne tenue des fondamentaux en 2000, que le Sénégal courait de graves dangers et ne pourra difficilement sortir de l'impact de deux chocs simultanés alimentaires et énergétiques dont les signes annonciateurs étaient bien perceptibles depuis longtemps. Il faut convenir qu'entre les deux chocs, celui alimentaire reste le plus pernicieux et le plus dévastateur que le choc énergétique au vu des crises sociales du travail et des désorganisations des systèmes que cela pourrait induire. Nous avons assisté, en effet, à des chutes des taux de croissance, des déficits budgétaires récurrents et à la reconstitution de la dette intérieure et extérieure du Sénégal ces dernières années. La Banque mondiale, elle aussi, vient, tardivement, mais vigoureusement, de tirer la sonnette d’alarme en affirmant par la voix du vice-président et économiste en chef de l'institution mondiale, la nécessité urgente dans les Etats africains au sud du Sahara de mettre l'agriculture au service du développement et d'agir vite pour relever la faible croissance de la productivité agricole. A cet effet, il insiste sur le fait que l'agriculture ne doit pas être considérée comme une simple question de sécurité alimentaire, mais, plutôt, comme une question fondamentale qui se trouve au cœur du développement de nos Etats en ce qu'elle permettra de stimuler la croissance économique globale et de pouvoir offrir à la majorité de la population, différentes voies possibles pour sortir de la pauvreté. Il faut relever la disproportion paradoxale entre l'importance du monde rural occupant 65 % de la population active et la part consacrée à ce secteur stratégique et Intégrateur autour de 10 % du budget national. L'économiste en chef de la banque mondiale poursuit dans le dernier rapport de l'institution sur le développement mondial en postulant que la demande de biens alimentaires dans nos Etats devrait doubler d’ici 2015 par rapport à son niveau de 2000, alors que les marchés alimentaires de la région ne subviennent pas aux besoins. Ce qui, d'autant, va renforcer la dépendance alimentaire si les tendances ne seront pas inversées avec l'accroissement de la demande de consommation consécutive à la croissance démographique. Le Président Mamadou Dia, a eu raison sur tout le monde, en ayant très tôt la bonne inspiration de fonder sa pensée économique pour le développement intégral du Sénégal sur ]a promotion de l’économie rurale. Aujourd'hui, des années durant, à la suite des échecs répétés et de l'étranglement du monde rural, le vice-président de la Banque mondiale vient de confirmer d’excellentes thèses économiques du Président Mamadou Dia en phase avec nos réalités, aujourd'hui, plus qu’hier, sur la primauté dans nos Etats, du développement de l'économie rurale et de l'agriculture. Gouverner, c'est prévoir le sens des évolutions en prenant des mesures d'anticipation afin de contrecarrer, sinon d'amortir les chocs externes. Or, de ce point de vue, le Président Mamadou Dia a eu une visionProphétique eu égard aux nombreuses difficultés économiques actuelles que nous subissons. La question récurrente de la dépendance alimentaire du Sénégal qui s'est renforcée avec les politiques libérales de désaffection du monde rural provoquant une chute des productions agricoles, pastorales et halieutiques, confirme les thèses du Président Mamadou Dia pour un retour vers un développement de l'ëconomie rurale comme le préconise avec force de nos jours le vice Président de la banque mondiale, M. François Bourguignort. Si bien que le plus grave danger s’identifie à la montée des périls alimentaires, qui, de plus en plus, connaîtront des accélérations pour nos pays dépendants, toutes choses restant égales par ailleurs. L'offre mondiale de biens alimentaires provenant des grands pays agricoles va de plus en plus se réduire, pendant qu'au même moment, la demande mondiale de consommation subira davantage une tension à la hausse du simple fait de l'augmentation de la population mondiale, surtout en Chine et dans nos pays à forte croissance démographique. Il reste évident que si l'offre mondiale des biens alimentaires diminue au fur et à mesure que la demande de consommation augmente, les prix des denrées comme le riz, le blé et les produits dérivés comme le lait vont subir de fortes augmentations. Nous allons connaître subséquemment une double tension sur les prix par suite des fortes variations à la baisse de l'offre mondiale et à la hausse de la demande mondiale La réduction de l'offre mondiale de biens alimentaires favorisant la forte tendance haussière des prix est due à la conjugaison de plusieurs phénomènes de nature structurelle et conjoncturelle. 1 - Aspects conjoncturels de la réduction de l'offre mondiale de biens alimentaires Nous avons constaté dans les grands pays agricoles, ces dernières années, l'effectivité de mauvaises récoltes dues à des intempéries (inondations, sécheresses). Ces mauvaises récoltes ont provoqué une diminution sensible de l'offre mondiale de biens alimentaires. Il y a lieu, toutefois, de faire apercevoir que les modifications climatiques sont à l'origine des inondations et sécheresses dans certaines parties du monde. Aussi, les effets conjoncturels impactant les mauvaises récoltes consécutivement aux modifications climatiques, peuvent-ils avoir des causes structurelles lointaines dues à la dégradation de l'environnement et aux effets de serre. 2- Aspects structurels de la réduction de l'offre mondiale de biens alimentaires Les aspects structurels dont les solutions sont les plus complexes restent assujettis à l'épuisement prévu des réserves mondiales de pétrole au vu de l'accroissement de la demande mondiale de pétrole renforcée par la forte croissance économique en Chine populaire et dans les autres pays du sud-est Asiatique, en Océanie et en Amérique latine appelés nouveaux pôles de croissance. C'est dire que nous avons, d'une part, la flambée des prix du pétrole, et d'autre part, la recherche et l'application incidente de solutions énergétiques alternatives comme le nucléaire, le solaire ou l'hydroélectricité, mais, plus fondamentalement de nos jours le biocarburant. L'utilisation du biocarburant permet de réduire sensiblement la consommation énergétique de produits dérivés du pétrole avec le nouveau carburant composé à partir de produits agricoles. Cette révolution énergétique de la machinisation avec l’utilisation du biocarburant va provoquer l'amenuisement des terres antérieurement dévolues à la culture de biens alimentaires comme l'atteste aujourd'hui le cas du Brésil qui consacre plus de terres à la culture du biocarburant et par conséquent à la réduction de l'exportation de biens alimentaires de ce grand pays agricole vers le reste du monde. De plus en plus, dans le monde, du fait de la grande opportunité que le biocarburant offre comme produit de substitution au pétrole en tant que solution alternative viable, les grands pays agricoles vont consacrer le maximum de terres à la culture de cette nouvelle spéculation rentable en produisant tout juste ce qui leur faut pour leur consommation intérieure en biens alimentaires, diminuant ainsi l'offre mondiale sur ces produits. Le gouvernement du Sénégal, devant la flambée des denrées alimentaires importées due à la diminution de l'offre et de l'augmentation de la demande mondiales devrait faire très vite comme le recommande le vice-président de la Banque rnondiale et comme le préconisait le Président Mamadou Dia de reprendre les bons usages en promouvant le développement de l'économie rurale. Les mesures tarifaires par l’instrumentation des droits de portes et deLa fiscalité intérieure est des mesures qui n’auront aucun impact sérieux sur la pression des prix internationaux provoquée par l’insuffisance de l’offre mondiale de biens alimentaires et de l'augmentation de la demande. Ce qu'il y a lieu de faire prioritairement, c'est d'élimer l’économie de dépendance alimentaire du Sénégal par la promotion de l'économie rurale et de la production nationale de biens et services. La disparition au Sénégal de sociétés d'encadrement et de promotion du monde rural qui s'occupaient naguère de la protection des sols et des cultures, du capital semencier, du matériel agricole et de la commercialisation, de la conservation et de la transformation industrielle, de la fertilisation des terres et de la gestion de l'environnement ont conduit à l'abandon des terres entraînant l'exode rural, le renforcement de la dépendance alimentaire et l’accentuation de la pauvreté. A ces malheurs s'ajoute le déclin de la production industrielle de phosphates et d'engrais, du tourisme et de la pêche entraînant la déliquescence de l'économie réelle. Les mesures tarifaires de baisse de la fiscalité prises par le gouvernement libéral afin d'alléger la pression des prix internationaux sur les biens alimentaires importés vont entraîner une perte de recettes budgétaires compensée outre mesure par la réduction de la masse salariale hypertrophiée ; ce que l'on donne d'un côté, on le reprend de l'autre, comme si rien n'était fait. En effet, la réduction de la masse salariale s'impose avec les mesures tarifaires réduisant les recettes de l'Etat du fait de l’important déficit budgétaire accusé. Au demeurant, les mesures tarifaires et budgétaires n'auront que des impacts faibles sur la pression des prix internationaux, lesquelles mesures relèvent plus du psychologique que de tout autre chose, en ce qu'elles ne pourront pas modifier les conditions du marché international entre l'offre et la demande mondiales de biens alimentaires, les seules variables principales de la modification des prix. Les mesures tarifaires et budgétaires ne peuvent être que des mesures de sauvegarde dans la mesure où elles ne pourront pas influer la pression des prix internationaux Il est temps, dans notre pays, que cessent les atermoiements et tâtonnements en revenant à des orthodoxies de politique économique tendant à améliorer les productivités et à réduire les coûts exorbitants de production afin de sortir vite d'une économie de spéculation pour le développement de l'économie réelle.

Kadialy GASSAMA Rue Faidherbe x Pierre Verger Rufisque

Croissance économique

CLASSEMENT DU FORUM ECONOMIQUE DE DAVOS

Le Sénégal au 100ème rang sur 131 pays

Le rapport 2007/2008 du Forum économique de Davos qui traite de la compétitivité économique des pays, place le Sénégal au 100ème rang sur 131 pays. 

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CROISSANCE ECONOMIQUE

A l’exception de la situation macro-économique qui est relativement bonne : une inflation qui se contrôle autour de 2 %, une dette faible et un taux d’épargne relativement élevé, le Sénégal a enregistré des facteurs négatifs. Le déficit public cumulé en 2006 est de l’ordre de 5,6% du PIB. Ce qui est relativement élevé. La dette risque de se creuser. Il faudra dès lors contrôler les finances et prendre des mesures de bonnes gouvernances pour redresser la barre. Au niveau de la dimension macro-économique, le Sénégal engrange cependant certains points positifs se plaçant même au 58ème rang. Cependant, le pays est au 120ème rang dans le palier déficit budgétaire. C’est, ce qui a le plus creusé l’écart avec les autres pays de même niveau économique.

 

Concernant les infrastructures (routes, trains, ports, transport aérien, électricité etc, le Sénégal est classé au 124ème rang sur 131. Classé en 2003/2004 au soixante-dix neuvième rang sur cent deux pays, le Sénégal a perdu des points. Une situation qui fait qu’il est aujourd’hui au bas de l’échelle de la compétitivité économique selon les experts de Davos. Ce pays qui ambitionne légitimement d’être un pays émergent a encore un long chemin à parcourir pour atteindre par exemple la Tunisie de Ben Ali classée à la 32ème place et qui occupe le peloton de tête des pays africains deux années successivement et, loin devant l’Afrique du Sud.

 

Selon les experts de Davos, le Sénégal doit encore faire des efforts en matière d’éducation primaire afin de lutter plus efficacement contre le faible taux de scolarisation et la mortalité infantile. Sur les catégories les plus basiques qu’inclut le rapport pour déterminer l’indice de compétitivité, beaucoup reste encore à faire : infrastructures, institutions, stabilité macro-économique, éducation primaire et santé publique.

 

Ces quatre catégories ensemble contribuent à expliquer 60% du score du Sénégal. Pour être compétitif et se mettre sur les rails du développement, le Sénégal à l’instar de beaucoup de pays africains devra donc régler ces problèmes basiques. Le Sénégal comme les pays sub-sahariens, sous-développés, doit faire des efforts et adopter une politique plus rigoureuse en matière de maîtrise des finances publiques. « Notre méthode prend en compte les différents niveaux de développement des pays. On ne demande pas au Sénégal d’être innovant mais d’être performant dans des domaines comme l’industrie et l’agriculture » explique-t-on au Forum économique. Pour l’économiste Suisse, Thierry Geiger expert au Forum de Davos : « les bases scientifiques du rapport sont solides. Des experts de haute qualité y participent qu’ils soient spécialistes d’économie du développement de l’université de Columbia ou d’ailleurs ».

 

Comme pour prévenir cette tendance à rejeter les rapports quand ils sont défavorables à certains pays, M. Geiger conclut : « Notre objectif c’est d’aider les pays à s’améliorer pour être plus compétitifs. Nous ne faisons pas de la devinette. Nos études sont faites par exemple sur la base de tests économétriques ».

 

Par El Hadji Gorgui Wade NDOYE (Source ContinentPremier.Com)

Mort de 45 clandestins

45 clandestins morts de froid, de faim et soif en mer

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Quarante-cinq émigrants clandestins sont morts de froid, de faim et de soif au large des côtes africaines après une panne de moteur de leur embarcation, en tentant de rejoindre l'archipel des Canaries (Espagne), a-t-on appris mardi de source sécuritaire mauritanienne.

Un total de 42 clandestins, pour la plupart sénégalais, sont morts "victimes du froid, de la soif et de la faim et ont été jetés par dessus bord" suite à une panne de moteur intervenue au large du Maroc il y a une semaine, a indiqué cette source sous couvert de l'anonymat. L'embarcation, partie de Ziguinchor (sud du Sénégal) le 16 octobre, a échoué lundi près de Laguerra (frontière entre la Mauritanie et le Sahara occidental) avec à son bord 98 rescapés, dont deux ont succombé dans la nuit de lundi à mardi, et un cadavre. (TAS)

06/11/2007

Orchestra Baobab en tournée

L'Orchestra Baobab sénégalais en concert en Belgique

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L'Orchestra Baobab, groupe historique qui éclaire les nuits dakaroises avec son mélange d'afro-cubain et de rythmes régionaux, publie son nouvel album "Made in Dakar" et donnera trois concerts en France, avant de venir à Bruxelles mardi 13 novembre.

L'Orchestra Baobab a pris racine en 1970, dans un Dakar dont la scène musicale était alors infiltrée par les musiques d'outre-Atlantique. L'idée a germé de concocter un mélange épicé de musiques afro-cubaines, de mbalax (rythme national), de salsa, de cuivres jazzy-funk, de voix magnétiques de griots, de percussions locales (tama, sabar), sous influences mandingue et congolaise avec des pointes d'afro-beat. "Made in Dakar", le dernier album, bénéficie du savoir-faire de Nick Gold. Sous le lustre d'un son et de techniques d'enregistrement dernier cri, le producteur emblématique du label World Circuit a voulu laisser aux chansons du disque -nouvelles versions d'anciens tubes et reprises- le grain et la patine de l'ancien. Youssou Ndour chante sur l'une d'elles, "Nijaay". (BEM)

04/11/2007

Wade baisse son salaire

Sénégal: Wade s'engage à réduire son gouvernement et son salaire

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Le président sénégalais Abdoulaye Wade a promis de réduire le nombre de ses ministres. Il va aussi diminuer leurs salaires et le sien en guise de solidarité envers ses compatriotes touchés de plein fouet par l'envolée des prix de l'énergie et des denrées alimentaires.

 

"Au moment où des franges importantes de notre population souffrent dans leur vécu quotidien des effets négatifs de la hausse des prix internationaux des produits pétrolières sur la vie de ménage, j'ai décidé, en ma qualité de président de la République, de donner l'exemple", a annoncé Wade lors d'une allocution télévisée.

 

Le gouvernement va déposer à l'Assemblée nationale un projet de loi d'urgence autorisant ces baisses temporaires de salaires pour alléger les difficultés des couches les plus défavorisées de la population. Selon le chef du gouvernement, Cheikh Hadjibou Soumaré, le président lui avait demandé, dans cette optique, de faire des propositions visant à réduire le nombre de ministres, qui sont actuellement au nombre de 38.

 

La valse des étiquettes des produits alimentaires, notamment les céréales dont les cours atteignent aujourd'hui des sommets, compliquent un peu plus la vie des Sénégalais, dont le riz constitue l'aliment de base. L'envolée des cours de brut a alourdi la facture du transport des produits alimentaires dans un pays dépourvu de toute ressource énergétique.

 

M. Wade a également invité ses compatriotes à économiser autant que faire se peut l'énergie pour lutter contre la pénurie d'électricité, qui se traduit à Dakar par des coupures de courant de plus en plus fréquentes ces dernières années.

 

03/11/2007

Sénégal, notre pirogue au soleil de la liberté

Sénégal notre pirogue au soleil de la liberté Journal de bord 1955-1980 par Roland Colin Présence africaine 2007-- 407 pages

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 Témoignage sur l’émancipation de la plus ancienne colonie française‘Sunyu gaal’, en Wolof ‘notre pirogue’ éclaire l’étymologie du Sénégal ‘ce fleuve qui n’a cessé d’engendrer un pays’. Sous ce titre Roland Colin livre un récit très attendu par les historiens, relatant une aventure d’une forte intensité narrative : l’histoire de l’émancipation, ‘au soleil de la liberté’ au bout de quatre siècles de sujétion, de la plus ancienne des colonies de la France. C’est un apport de choix au grand débat sur le sens de la colonisation et de la décolonisation, dont les termes sont loin d’être clos. Roland Colin d’abord élève de Léopold Sédar Senghor à l’Ecole nationale de la France d’Outre-mer, après trois années passées comme administrateur au Soudan français (expérience relatée dans Kénédougou au crépuscule de l’Afrique coloniale, Présence Africaine, 2004), se retrouve affecté au Sénégal, où il vivra huit années cruciales à des postes-clés : au cabinet du gouverneur, à celui de Mamadou Dia, premier chef du gouvernement d’autonomie, puis de l’indépendance. Acteur-témoin, jouissant de la confiance amicale des deux figures de proue de cette étape historique déterminante, il a vécu successivement la transition coloniale, l’émergence des nouveaux pouvoirs, la lutte contre la ‘balkanisation’, l’éclatement de l’éphémère Fédération du Mali, la politique pionnière d’un ‘socialisme africain’ humaniste, puis, en 1962, la crise et la rupture douloureuse entre Senghor et Dia, les douze années de prison cruelle frappant ce dernier, enfin sa libération au prix d’une longue médiation que lui confirent les ‘frères séparés’.Dans cette scène agitée, Roland Colin n’est pas un témoin ordinaire, ni un observateur banal, encore moins un analyste improvisé, note à juste titre le préfacier Elikia M’Bokolo. C’est assurément le long chemin parcouru avec Mamadou Dia qui donne au témoignage de Roland Colin sa coloration particulière et sa valeur incomparable. Le chef de bureau d’administration général Chiappini a attendu Roland Colin et sa famille dans le hall vétuste de l’aéroport construit au moment du ralliement du Sénégal à la France libre. C’est un vol de nuit assuré par un ’Constellation’ d’Air France qui amena cet administrateur des colonies à Dakar le 25 janvier 1955. Chiappini a été chargé par l’administrateur-en- chef, Don Jean Colombani, commandant la circonspection de Dakar et du Cap-vert, de faire savoir à Roland Colin que la Haute Administration fédérale a décidé de son affectation au Sénégal, et que le gouverneur du Territoire l’a nommé au cabinet du délégué, chef de ladite circonscription. Fadiala Keita, ancien répétiteur à l’Ecole nationale des langues orientales (Langueso) auprès de Lilias Homburger en escale à Dakar et Roland Colin frappèrent à la porte d’Assane Seck de la cité universitaire. Les présentations débouchèrent sur ce que Roland Colin a nommé un ‘choc d’amitié’ quasi instantané. Avec Assane et sa femme Ursule Jouga, Renée, la femme de Roland Colin et Roland Colin lui-même se sentirent tout soudain dans l’univers d’une grande fraternité. Assane Seck et Fadiala Keita appelèrent Alassane Ndaw, qui était professeur au lycée Maurice Delafosse, et le cercle s’élargit dans un élan d’égale qualité. L’initiation à la vie urbaine africaine a commencé à Dakar qui était en ce temps-là, une ville de 300.000 habitants. Le 20 décembre 1955 Roland Colin s’installe à Saint-louis dans une atmosphère étrange. Il assiste au réveil de la Belle endormie. C’est le prélude aux jeux décisifs pour l’émancipation qui se déroule de 1956 à 1957 s’agissant de la prochaine entrée en vigueur de la Loi-cadre Gaston Defferre, la tension entre les élus africains et Paris reste vive. Le 4 décembre 1956, le Grand Conseil de l’Aof avait protesté pour n’avoir pas été consulté sur les décrets d’application et de ce chef, avait refusé de voter le budget fédéral.  Pour sa part, Senghor, menant la guerre contre la ‘balkanisation’, avait fait scandale en France en déclarant à l’Assemblée nationale, le 1er février 1957 : ’Le gouvernement et la majorité se sont réservé des pouvoirs réels et nous ont laissé que les joujoux et les sucettes’. Colombani est appelé à Dakar par le gouverneur général Gaston Cusin, qui lui annonce la décision du ministre de mettre fin à sa mission. Il sera remplacé par le gouverneur de la Côte d’Ivoire Pierre Lami. Senghor et ses amis voient dans cet acte une manœuvre du ministre Sfio, Gaston Defferre, en connivence avec Houphouet Boigny, hostile à l’existence de la Fédération de l’Aof. Des informations précieuses sont données sur la formation du premier gouvernement sénégalais qui entre en scène. L’entrée en vigueur de la Loi-cadre (1957-1958) constitue une transition périlleuse. En juillet 1957, Mamadou Dia nomme dix ministres et constitue un cabinet ainsi composé : directeur de cabinet, Jean Collin, conseiller technique Roland Colin, chef de cabinet Abdoul Aziz Wane, attaché Senghane Ndiaye. Senghor étant à Paris, Dia étant en Suisse, le général De Gaulle décida d’effectuer son grand périple africain, sans en avoir discuté avec ses partenaires. De Gaulle, après un accueil triomphal, à quelques nuances près, dans les premières étapes de son parcours, se heurte à Conakry, à la décision ferme de Sékou Touré de choisir l’indépendance.  A l’étape de Dakar qui suit, il fut accueilli, lors d’une manifestation publique, place Protet, par Valdiodio Ndiaye assurant l’intérim de Mamadou Dia, ainsi que par Lamine Guéye. Le ministre de l’Intérieur reprit dans son allocution les conclusions du congrès de Cotonou. Jean Collin, directeur de cabinet de la présidence du Conseil, avait préparé avec lui les termes, en résonance avec ce qu’ils savaient l’un et l’autre des positions de Dia. Roland Colin avait oublié de mentionner l’intervention de Gabriel d’ Arboussier. Dans la foule assemblée, une importante fraction des manifestants, dépéchée par les amis d’Abdoulaye Ly et les groupes indépendants les plus radicaux, portant des pancartes revendiquant l’indépendance immédiate, assorties verbalement de slogans vigoureux, qui ne manqueront pas de heurter le Général. Celui-ci répliqua avec force : ’S’ils veulent l’indépendance, qu’ils la prennent ! la France ne s’y opposera pas’. L’automie est en marche dans la Communauté. Et le Sénégal fait face au défi du développement de 1958 à 1959. La période des grandes mutations se situe entre 1959 et 1960. Une semaine après l’adoption de la Constitution fédérale par l’Assemblée du Mali, l’Assemblée constituante du Sénégal débat le samedi 24 janvier 1960 du projet de constitution du pays qui fut adopté par 49 voix contre 2 celles d’Abdoulaye Ly et Diarraf Diouf. Le pays est entré dans une vie nouvelle. Il faut faire avancer les choses sur tous les fronts. Trois événements se profilent à l’horizon proche : la tenue du fameux congrès constitutif de l’Ups, tant de fois reporté, les élections législatives à la nouvelle assemblée qui désignera le premier Gouvernement sénégalais véritablement autonome, enfin la réunion de l’Assemblée fédérale, qui inaugurera les instances dirigeantes du Mali. Tout doit prendre place dans l’espace d’un petit trimestre. La fédération du Mali part en fumée dès le 20 août 1960. Roland Colin livre des extraits d’un document secret en date du 22 août 1960 intitulé ‘Film des événements vécus par le lieutenant colonel Pierre, commandant la gendarmerie du Sénégal’. Ce document servit de base à la rédaction du Livre blanc sur le coup d’Etat manqué du 19 au 20 août 1960 et la proclamation de l’Indépendance du Sénégal, publié à l’issue des événements, par le ministre de l’Information, de la Presse et de la Radiodiffusion de la République du Sénégal. Avec la fête de l’Indépendance et du socialisme au Sénégal, les contradictions se développent de 1961 à 1962. L’étincelle de la crise chemine et, soudain, tout s’embrase. On assiste à un décembre tragique en 1962. La période allant de 1963 à 1974 est marquée par le procès, la geôle et la longue marche vers la liberté. Après l’arrestation de Dia et de ses quatre compagnons, le 18 décembre en fin d’après-midi, ils sont mis en ‘résidence surveillée’ au Petit Palais du cap Manuel, ancienne résidence de Modibo Keïta, où ils demeureront dix jours. A cette échéance, ils seront transférés à Bakel, chef lieu inhospitalier d’un Cercle de la Haute-Vallée du Sénégal proche de la frontière malienne, et réputé pour la rudesse de son climat. On ne leur permet, dès lors, aucune communication avec Dakar. Ce temps de regroupement ne dure guère. Valdiodio Ndiaye et Ibrahima Sarr seront bientôt conduits à Kolda en Haute Casamance, Joseph Mbaye et Alioune Tall à Kédougou dans le Sénégal oriental, alors que Dia reste seul à Bakel. Le procès s’ouvrit à Dakar le mardi 9 mai 1963. Les débats furent de grande intensité. Les six juges titulaires, tous députés désignés par l’Assemblée, prirent place autour du président Ousmane Goundiam, magistrat commis à cet office : Abbas Guèye, Ansou Mandian, Mady Cissoko, Alioune Niang, Amadou Gorgui Samb et Théophile James. Le réquisitoire du procureur général Ousmane Camara trancha, par sa modération, avec la virulence des inculpations initiales. Le haut magistrat, après avoir estimé que les accusés avaient ‘très gravement enfreint la loi’, requérait que ces faits soient équitablement sanctionnés. Il demanda que le verdict tienne compte des circonstances atténuantes qu’il reconnaissait à Mamadou Dia, selon sa formule, ‘pour services rendus à la Nation’.  Dia, condamné, a préféré ‘vivre en prison plutôt que prisonnier dehors’. Il passait son temps dans la méditation spirituelle, ne se contentant pas de la seule étude du Coran, mais lisant aussi la Bible. Dia avait antérieurement perdu la vision d’un œil et l’œil valide restant manifestait des symptômes glaucome, exigeant des soins appropriés. Il avait accès au médecin de Kédougou qui n’était nullement spécialiste. Ce n’est qu’au bout de huit ans qu’il put venir en consultation à Dakar, où le médecin spécialiste le docteur Joseph Diallo constata la dégradation de sa capacité visuelle aggravée par les conditions de vie au bagne de Kédougou. Après sa sortie de prison, Dia vit revenir à lui certains de ses plus virulents adversaires du temps de la crise et du procès. Il note dans ses mémoires Afrique, le prix de la liberté (L’Harmattan 2000) que le colonel Jean Alfred Diallo, devenu général, avait affirmé dans des interviews données à la presse sénégalaise ’ce qui est certain, ce que le président Dia n’a jamais voulu faire un coup d’Etat’, rejoignant ainsi les déclarations sans ambiguïté d’Ousmane Camara, procureur général du procès, quelques trois décennies après les événements. Il s’est réconcilié avec ses anciens camarades, auteurs de la motion de censure, notamment avec Maguette Lo, complètement converti en Talibé et Doudou Thiam.  Ce livre écrit dans une très belle langue est un témoignage irremplaçable. Mine considérable de documents, il aidera les historiens à écrire l’histoire politique du Sénégal de 1955 à 1980. Son auteur est un homme partagé entre deux hommes Dia et Senghor. Il a eu l’immense mérite de nous apporter les points de vue de certains de ses amis africains et des Français sur les événements politiques. Seul un assistant technique français, chrétien de surcroît, un ami de certains cadres africains pouvait fournir ce genre de témoignage fort utile.  

Amady Aly DIENG

Tourisme responsable

Le Sénégal peut ‘’légitiment’’ prétendre à un tourisme responsable si le processus de transformation actuel des modes opératoires dans certaines zones touristiques se poursuit, a déclaré vendredi Bineta Sène Diouf, chercheur à l’Institut fondamental d’Afrique noire.


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 ‘’L’espoir est permis d’aller vers un tourisme responsable au Sénégal si l’exemple de ce qui se fait en basse Casamance et dans certaines localités de la petite côte est étendu sur tout le pays’’, a estimé Mme Diouf qui animait une conférence sur l’évolution du tourisme en marge du premier salon touristique sénégambien.

Ouverte le 31 octobre dernier, cette rencontre se poursuit jusqu’au 4 novembre à la Chambre de commerce et d’agriculture et d’industrie de Dakar (CCIAD) sur le thème : ‘’la commercialisation des produits locaux ; le tourisme responsable’’

‘’Parler de tourisme responsable, indique que nous avons fait un choix. Et nous devons pour cela proposer des alternatifs justifiant cette partie prie pour un tourisme responsable’’, a souligné le chercheur. Selon elle, le tourisme qui s’opère dans certains coins de la basse Casamance peut d’autant plus être considéré comme responsable qu’il participe à la conservation, voire à la réhabilitation de l’habitat.

La réhabilitation de mosquées, d’églises voire de postes de santé dans ces zones est parfois à l’actif de touristes. On retrouve la même chose dans la petite côte, notamment à Ngékhokh (département de Mbour) avec la mise en œuvre de projet de développement au bénéfice des populations. ‘’L’écotourisme, a-t-elle souligné, commence également à se développer dans les zones protégées malgré leurs aménagements sommaires, notamment les réserves de Popenguine, les aires marines protégées’’.

‘’Le tourisme rural intégré de découverte en basse Casamance obéit aux normes d’un tourisme responsable. Il permet une conservation des structures et des cultures traditionnelles’’, a-t-elle encore signalé. ‘’C’est d’autant plus important que les pays du sud qui ont toujours voulu s’adapter aux besoins des touristes du Nord ont vu la plusieurs de leurs structures socioculturelles détruites’’, selon Bineta Sène Diouf.

‘’Des religions ont disparu. Des modes de vie ont été complètements transformés sans qu’on aboutisse au développement des pays du sud. Avec des moyens plus conséquents, les opérateurs du nord ont continué à bénéficier des retombées du tourisme’’, a-t-elle conclu.

Aps

Electricité: +6%

HAUSSE DE 6 % SUR L’ÉLECTRICITÉ

Les consommateurs vont contribuer à « l’effort de guerre »


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La Commission de régulation du secteur de l’électricité (Crse), dans sa mission de détermination de la structure et de la composition des tarifs de l’électricité, a pris acte de la décision du gouvernement d’appliquer la vérité des prix et en a tenu compte pour l’approbation d’une nouvelle grille tarifaire qui voit, depuis hier, 1er novembre 2007, les tarifs de l’électricité majorés de 6 % en moyenne. La mesure confirmée hier par Ibrahima Thiam, président de ladite Commission, participe au « maintien de l’équilibre économique financier de la société nationale de distribution d’énergie électrique (Senelec) ». Une façon de l’inciter à être efficace sous peine de sanction au cas où elle serait contre-performante.Les consommateurs n’ont pas encore fini de se familiariser avec les délestages intempestifs que la hausse du prix de l’énergie électrique est venue s’ajouter à leurs plaintes quotidiennes vis-à-vis de Sénelec. C’est ce mercredi après-midi, alors que Dakar se vidait de ses occupants, que la hausse des prix de l’électricité est entrée en vigueur comme annoncée, il y a quelques semaines par la Commission de régulation du secteur de l’électricité (Crse), chargée entre autres de la régulation des tarifs de vente d’énergie électrique et dont les responsables ont tenu, hier, a en expliqué la problématique, au cours d’une conférence de presse.Malgré la flambée record des prix du baril du pétrole et qui devrait être répercutée depuis très longtemps sur les consommateurs, « l’Etat soucieux de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs, a compensé Senelec pour 21,7 milliards FCfa en 2005 et 33,7 milliards FCfa en 2006 ; soit un total de 71,185 milliards FCfa », dira d’emblée Ibrahima Thiam, président de ladite Commission.Les conditions tarifaires pour la période 2005-2009, fixées par la commission en août 2005 et modifiées en janvier 2007 et l’application de la formule actuelle de calcul du revenu maximum autorisé à la Senelec ont fait subir à celle-ci « des pénalités de 3, 146 milliards FCfa au profit des consommateurs ». Aussi, la persistance de l’envolée des cours mondiaux du pétrole qui ont atteint des niveaux jamais égalés de 94 dollars « ne laissait que trois options », a expliqué M. Thiam.Il s’agissait soit de répercuter intégralement le manque à gagner de Sénelec par une hausse conséquente des tarifs, ou alors que l’Etat compense totalement le gap pour maintenir les tarifs d’électricité à leur niveau actuel soit que l’Etat le compense partiellement en vue d’atténuer leur augmentation, dira le Président de la commission. C’est la troisième option qui sera finalement retenue par le gouvernement qui a décidé, « à compter du jeudi 1er novembre 2007 (NDLR : Hier), d’appliquer la vérité des prix par un ajustement moyen des tarifs de l’électricité limitée à 6 % en veillant à préserver les consommateurs », a encore précisé M. Thiam.C’est ainsi que prenant acte de cette décision qu’elle a inclus dans la nouvelle grille tarifaire arrêtée, il poursuit que « la commission a déterminé la compensation de l’Etat en soutien aux tarifs de l’électricité, qui s’élève à 15 milliards FCfa aux conditions économiques du 1er octobre ».Avec cette nouvelle donne et dans son souci de protéger le consommateur, il annoncera des mesures d’accompagnement « qui sont en cours de finalisation pour juguler les effets de la flambée des prix du baril du pétrole qui caracole vers les 100 dollars ». Celles-ci se résument à des mesures d’économie d’énergie et d’efficacité énergétique, de redressement interne et de l’évolution institutionnelle de Senelec, de la promotion et de l’utilisation d’énergies alternatives (charbon, solaire, éolienne, biocarburants) et du développement de la coopération sous-régionale.Mamadou Lamine DIEYE | SUD QUOTIDIEN 

02/11/2007

Encore un journaliste arrêté

Arrestation du directeur d'un quotidien privé

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 Le directeur de publication du quotidien privé sénégalais, "Le Courrier", a été arrêté jeudi et son journal fermé par la police pour des raisons encore inconnues, a-t-on appris vendredi auprès de sa rédaction. "Six éléments de la DIC (Division des investigations criminelles, police judiciaire) sont venus hier soir (jeudi) à la rédaction et ont dit avoir reçu instruction d'arrêter notre directeur de publication", Pape Amadou Gaye, a déclaré à l'AFP le rédacteur en chef du quotidien "Le Courrier", Sékou Diatta.Selon M. Diatta, M. Gaye a été emmené vers une destination inconnue et les portes du journal ont été fermée par la police, qui n'a pas précisé immédiatement les raisons de cette interpellation.Pape Amadou Gaye avait rédigé mardi un article critique envers le gouvernement autour de la hausse des prix et des problèmes de soudure du monde rural au Sénégal, selon M. Diatta.Joint vendredi par l'AFP, le bureau des relations publiques de la police a affirmé "ne pas être au courant de cette affaire".

Cette arrestation survient dans la foulée de l'incarcération en octobre de deux autres journalistes, le directeur de publication du quotidien privé sénégalais L'Exclusif, Moussa Guèye, et un de ses employés.

AFP/Le monde

L'or du Sénégal

Le Sénégal pour la création d'un comptoir d'or sous-régional 

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 Le Sénégal veut constituer un  comptoir sous-régional de l'or et métaux précieux, a indiqué jeudi le ministre des Mines et de l'Industrie, Me Madické Niang. 

 

     Les impacts évidents de l'exploitation de l'or sur la  croissance économique et le Produit intérieur brut (PIB) au  Sénégal et dans les autres pays exploitant d'importants gisements  aurifères invitent à réaliser une telle démarche, a précisé le  ministre. 

 

     Il y va des intérêts de tous, a-t-il ajouté, poursuivant que  l'Afrique du Sud, qui est un pionnier en matière de comptoir de  l'or, est disposé à accompagner le Sénégal dans ce projet. 

 

     "Nous travaillons en tout cas dans ce sens et nous allons  inviter le Mali, la Guinée-Bissau, la Guinée-Conakry a réfléchir  sur la question et à nous accompagner", a-t-il dit. 

 

     M. Niang a réitéré son appel à l'endroit des banques,  soulignant que les institutions financières de développement  doivent accompagner les efforts de développement déployés par les  pays dans le secteur de l'or, qui connaît actuellement un réel  essor.  

 

     Selon les experts, les dernières estimations de réserves d'or  du Sénégal avoisinent les 500 tonnes. La présentation du premier  lingot d'or venant du nouvel exploitant est annoncée pour  septembre 2008.

 

 XINHUA