21/02/2008

Viols et abus sexuels au Sénégal

RECRUDESCENCE DES CAS DE VIOL ET D’ABUS SEXUELS AU SÉNÉGAL 400 cas enregistrés en 2007 Dakar, Mbour et Tamba plus touchés

 gosses
 

Au Sénégal, les abus contre les enfants sont devenus ces dernières années un phénomène récurrent. Il n’y a pas un seul jour sans que la presse quotidienne ne soit inondée de comptes-rendus de procès et des récits d’abus sexuels. C’est pourquoi l’Ong «Grave» a crevé l’abcès en faisant l’état des lieux du viol au Sénégal. Ainsi près de 400 cas de viols et d’agressions sexuelles ont été enregistrés dans notre pays. L’enquête de «Grave» a montré que les régions de Dakar, Kolda, Diourbel, Louga, Matam et Tambacounda sont les endroits où l’on viole le plus.

Le nombre exact de cas de viol n’est pas encore connu au Sénégal, mais ceux relatés par-ci par-là montrent l’ampleur du phénomène. L’Ong GRAVE qui a fait l’état des lieux a enregistré près de 400 cas de viol et d’agressions sexuelles au Sénégal rien qu’en 2OO7. Mais ce chiffre, selon M. Adama Sow, le président de «Grave», est largement en deçà du phénomène quand on sait que les études ont montré que les 2/3 des cas de viols et d’inceste ne parviennent pas au tribunal, du fait des considérations socioculturelles, car la majorité des victimes de viols ont du mal à briser le silence. Ce qui l’amène à dire que les populations sénégalaises, du fait de la «sutura» (pudeur), assistent impuissantes à ce fléau pernicieux qui gagne chaque jour du terrain. Il se demande même si le Sénégal n’est pas devenu un havre pour détraqués sexuels.

 

Dakar, Saint-Louis, Kolda, Tamba et Mbour : fiefs des violeurs

 

Ces maniaques sont plus présents, d’après le président de «Grave», à Keur Massar, Yeumbeul, Thiaroye, Pikine, Parcelles assainies, Grand Dakar, Colobane, Nord foire, Yoff, Médina, Kolda, Vélingara, Diourbel, Louga, Saint-Louis, Bakel, Matam, Kaolack et Mbour où il y a une débauche organisée - sous le sceau du tourisme sexuel - qui reste impunie. Mais force est de reconnaître que les nouvelles technologies sont venues rendre plus complexe le phénomène, selon le président de «Grave» qui n’a pas manqué de dénoncer dans son exposé les contenus pédopornographiques du réseau Internet. Selon M. Sow, les jeunes téléchargent ces contenus pour être en contact avec certains prédateurs et autres personnes mal intentionnées qui ternissent l’image de marque de ceux qui ont mis en place ce moyen de communication international. M.Sow révèle qu’en 2007, 12.700 jeunes filles et garçons sénégalais sont actifs dans les sites pédopornographiques. Ce qui, selon lui, met fin au temps où l’on pointait du doigt accusateur l’habillement des jeunes filles comme invite au viol. À l’en croire, avec les nouvelles technologies, personne n’est à l’abri de ce fléau des temps modernes et les maniaques sexuels rôdent partout. « Le plus difficile à concevoir est que les auteurs sont proches des victimes et les côtoient tous les jours. La précocité des jeunes filles a été avancée comme une des causes mais ne nous voilons pas la face : il y a des détraqués sexuels en liberté au Sénégal qui ne font plus de différence entre une femme et une petite fille. Sinon, comment expliquer que les abords des écoles de jeunes filles ou des centres de formation, qui pullulent dans la capitale, soient pris d’assaut à l’heure de la descente par des «demi Paa’» ou carrément des «Paa’» (vieux) qui attendent les petites midinettes. Et on connaît la suite, ce sont des histoires de viols ou d’abus sexuels qui atterrissent à la barre», a dénoncé M. Sow, rappelant l’absence de données fiables. Et d’interpeller la justice à être plus ferme dans l’application des peines pour plus de dissuasion.

 

Le traitement des médias indexé

 

Selon El Bachir Sow, journaliste-consultant, qui a servi un exposé sur les sources et techniques de collecte de données, les journalistes doivent « éviter de verser dans la stigmatisation des victimes ». Mais ils ont le « devoir d’aller plus loin dans la relation des faits en étant sur le terrain » et « d’éviter d’avoir une position partisane ». À l’en croire, cette attitude est extrêmement grave pour un professionnel de la communication. D’ailleurs, il estime qu’il est important pour les journalistes de travailler avec les différents compartiments de la société pour ne pas léser une partie car souvent, dit-il, les faits tels que décrits dans les procès-verbaux d’enquête préliminaires peuvent ne pas refléter la réalité de l’affaire. Ce qui, à ses yeux, constitue un manquement par rapport au travail du journaliste qui doit fouiner davantage avant de publier son article. Face à cette situation, le doyen El Bachir Sow appelle la nouvelle génération de journalistes à ne ménager aucun effort pour recueillir le maximum d’informations dans le cadre de la collecte, de la vérification et du recoupement des données. Dans la foulée, il précise que les journalistes doivent tout mettre en oeuvre pour avoir des informations fiables et bien «sourcées» afin de relater correctement les faits. Ceci pour lever un certain nombre d’équivoques, notamment du côté des populations dont bon nombre sont souvent dubitatifs. C’est pourquoi il a tenu à sensibiliser les journalistes sur l’approche rédactionnelle en vue d’une meilleure prise de conscience des populations sur la situation des enfants victimes d’abus et d’exploitation sexuelle. Ce qui contribue à éradiquer ce fléau aux conséquences incommensurables.

 

El Hadji TALL

 

Commentaires

bjr. je voudrai just connaitre ou se trouve votre siège sui étudiante à lécole nationale des travailleurs sociaux spécialisés et j'écris un mémoire sur ce phénomène.merci

Écrit par : dady | 07/11/2008

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