16/07/2008

Break vacances

baobab en brousse copier

15/07/2008

Scolarisation au Sénégal

Au Sénégal, malgré un taux de scolarisation satisfaisant (82,5% en 2005), la proportion d’enfants qui achève le primaire reste insuffisante.

 classe

Pour y remédier, l’Etat sénégalais a mis en place en juin 2006 le « Programme décennal pour l’éducation et la formation » (PEDF), auquel l’AFD contribue à hauteur de 14 M€.

 

Ce programme vise à faciliter l’accès à l’école à travers le renforcement des infrastructures et le recrutement des nouveaux enseignants.

 

Il prévoit d’améliorer la qualité des enseignements grâce à la mise en place d’outils pédagogiques et la formation continue des enseignants.

 

Les moyens de fonctionnement seront également renforcés pour une meilleure gestion du système éducatif. L’objectif est de scolariser 1,44 millions d’enfants dans le primaire et 312 000 enfants dans le secondaire d’ici 2015.

13/07/2008

Touba, ville sainte et chère...

le Khalife général de Touba satisfait de l'exécution du programme de modernisation de sa ville

senegal_mosquee_touba_1

Le khalife général des mourides  El Hadji Mouhamadou Lamine Bara Mbacké a qualifié, samedi, de " satisfaisantes" les conditions d'exécution technique et financière du programme prioritaire de modernisation de la ville de Touba.

     Au terme de la tournée de deux jours effectuée par les  représentants de la mission de contrôle CIMA, de l'entreprise  titulaire: HENAN CHINE /SVTP-GC et les journalistes dans les  différents chantiers et réalisations, Serigne Bara Mbacké qui  s'est entretenu avec la presse a dit que le programme se déroule  de manière satisfaisante et qu'un travail important a été fait.

     Il s'est également réjoui de l'engagement du président  sénégalais Abdoulaye Wade qui, selon lui, est "déterminé à faire  de Touba une ville du futur".

     "L'estime que le président de la République porte pour Touba  n'est plus à démontrer. Il a l'ambition de réaliser des  infrastructures dignes de la capitale du mouridisme", a dit le  guide la communauté mouride.

     "Les abattoirs de la ville sainte témoigne encore, s'il en  était besoin, de l'importance particulière qu'il accorde à la  ville", a estimé le khalife.

     Ces chantiers de la vile de Touba ont été initiés par le défunt khalife Serigne Saliou Mbacké et financés à hauteur de 100  milliards de francs CFA (environ 200 millions de dollars). Ce  financement s'inscrit dans le cadre d'un programme prioritaire  étalé sur cinq ans.

     Il prend en charge des travaux de réhabilitation,  d'élargissement et de construction de routes, d'aménagements  paysagers et de trottoirs. A ce niveau, il est prévu la  réalisation de 115 km de routes dans la ville. Certaines routes  existantes seront réhabilitées et élargies en 2 fois 2 voies avec  la réalisation de trottoirs.

     Ainsi, l'autoroute Mbacké-Touba sera élargie et prolongée  jusqu'à la grande mosquée, avec la mise en place de trottoirs, de  contre-allées, de terre plein central. La rocade actuelle sera  élargie en 2 fois 2 voies ainsi que la corniche qui sera liée à  l'autoroute Mbacké-Touba.

     La construction de la route Ngabou-Touba en 2 fois 2 voies, en  cours de finition, sera reliée à la route de Dianatou Mahwa. Les  routes allant de la grande mosquée vers Darou Mousty, celles  allant vers Touba Belel et la R 163, longue de 4 km, devront  constituer l'ossature principale pour la mise en place d'un réseau routier structurant pour la vile sainte".

     Le volet assainissement des eaux pluviales sera réalisé avec la construction de 43.500 ml de canaux et de dalots avec des  ouvertures. L'assainissement des eaux pluviales est connecté à  celui des eaux de ruissellement du programme routier avec la  réalisation d'environ 5.500 ml de dalots et conduite PVC, et 343. 000 ml de caniveau de bordure.

     Pour le draînage et l'évacuation des eaux usées, il sera  construit un système de canalisation à écoulement gravitaire et un système à écoulement sous pression.

     Concernant l'approvisionnement en eau potable de la ville  deTouba, il sera réalisé deux réservoirs au sol en béton armé de 6. 000 m3, deux chateaux d'eau de 1.000 m3, un château d'eau de 500  m3, 6 forages de production à gros débit, 12 cabines de pompage  avec logement, 10 électropompes, 5 groupes électrogènes, 250 Km de conduite de différents diamètres variant de 63 à 600 mm.

     Les travaux d'électrification de la vile sainte sont  essentiellement relatifs à la dépose de réseau existant, le  passage en souterrain de réseau en moyenne et basse tension dans  le centre ville dans un rayon de 1 km et dans la limite de la  première rocade du centre ville.

     Il sera mis en passage souterrain, 75 km de cables nécessitant  l'ouverture de 65 km de tranchées, la mise en place de 27 km de  buse, la réalisation de postes préfabriqués de 30 KV, des  déplacements de compteurs.

     Touba va également être dotée d'un éclairage public moderne  notamment au niveau de la voirie du centre-ville sur la route qui  sera élargie entre la fin de l'autoroute Mbacké-Touba et la grande mosquée. Il sera mis des candélabres avec des luminaires équipés  de lampe de 400 watts.

     "Ce que nous avons constaté sur le terrain nous conforte dans  notre élan. Il y a énormément de choses qui ont été faites en très peu de temps et la déclaration du khalife est très encourageante", a dit le directeur général de l'Agence autonome des travaux  routiers, Ibrahima Ndiaye, qui a dirigé la visite des chantiers de Touba.

     Dans son entretien avec la presse, M. Ndiaye a mis l'accent sur la disponibilité en eau potable de la ville indiquant que " l'alimentation en eau de Touba depuis le lac de Guiers est un  projet dont le président de la République a lui-même pris le  dossier pour chercher le financement".

     "Ce projet va permettre non seulement de donner de l'eau de  très bonne qualité mais aussi créer des emplois par l'implantation d'usines de production de béton armé", a expliqué le directeur  général de l'AATR.

     Ibrahima Ndiaye a relevé que "Touba est l'une des rares villes  au monde à bénéficier aujourd'hui d'un Plan de Déplacement Urbain  (PDU)", ajoutant que ce projet permettra de penser le  développement de la ville.

     "Ce que nous voulons dans ce projet, a-t-il souligné, c'est  qu'autour de la mosquée il y ait un espace apaisé. Peut-être va-t- on interdire la circulation, avec la bénédiction du Khalife, pour  avoir un espace destiné au culte."

10/07/2008

Le Sénégal contre le pacte Européen

Le Sénégal va combattre le pacte européen sur la migration

 immigration

Le gouvernement sénégalais s'oppose au pacte européen contre la migration que veut proposer la France dans le cadre de sa présidence de l'Union européenne, a déclaré ce mercredi à Dakar, le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio.

 

"Le Sénégal est très surpris par les annonces qui ont été faites avant-hier et hier", a lancé M. Gadio, en référence à la déclaration faite par le gouvernement français annonçant les grandes lignes de sa politique à la tête de l'Union européenne pendant les six prochains mois.

 

Cheikh Tidiane Gadio s'exprimait au cours de l'ouverture officielle d'une réunion des experts sur migration et développement préparatoire à la 8e conférence ministérielle euro-africaine sur la migration et le développement en octobre prochain à Paris.

 

Cette rencontre est organisée par le gouvernement sénégalais et son homologue espagnol.

 

Le chef de la diplomatie sénégalaise a expliqué que pendant que des discussions sont en cours entre l'Europe et l'Afrique dans le cadre du processus de Rabat sur la migration, "on se retrouve avec l'annonce d'un pacte européen sur la migration qui repose essentiellement sur le retour de la migration choisie, les obstacles au regroupement familial et le refus des régularisations massives".

 

"Cela nous pose problème et nous disons non à cette approche répressive et tout sécuritaire" de la question de la migration et le traitement des sans papiers comme "des criminels", a dit M. Gadio.

 

Pour lui, c'est une façon de "ramener par la fenêtre le concept de migration choisie". C'est pourquoi, il a demandé aux Etats africains de "prendre leurs responsabilités" par rapport au processus de Rabat au cas où l'Europe venait à adopter ce pacte.

 

"Si nos amis européens s'engagent dans une double activité de partenariat avec l'Afrique et en même temps une activité unilatérale pour disposer de leur propre vision de la migration, la conséquence devrait être pour les Africains, d'engager une concertation afro- africaine qui va déboucher sur notre propre plan", a-t-il mis en garde.

 

Selon Cheikh Tidiane Gadio, il est révolu le temps où l'Europe décidait seule et l'Afrique s'alignait derrière. Il a ainsi invité les experts africains à engager la réflexion pour proposer des réponses adéquates à l'attitude européenne.

 

"Il nous faut prendre nos responsabilités, nous concerter politiquement", a-t-il ajouté, avant de préciser que quelle que soit la qualité du document qui sera produit par l'Europe, "il restera un document européen qui ne nous engagera pas".

 

Le chef de la diplomatie sénégalaise a indiqué que le Sénégal allait prendre des initiatives pour que l'Afrique soit prête à apporter une réponse à la démarche unilatérale de l'Europe.

problèmes de robinet au Sénégal

Les autorités sénégalaises se résoudront-elles à fermer le robinet des importations d’hydrocarbures du Mali voisin, qui transitent par Dakar ?

1188497527-camion-citerne

On le craint fort dans les milieux avisés où l’on constate un dérèglement notoire et un laxisme criard sur l’axe Dakar-Bamako comme dans d’autres en ce qui concerne les opérations de ravitaillement en hydrocarbures du Mali. Entre 2003 à 2006, selon un rapport du Vérificateur général du Mali, dont Sud Quotidien détient copie, le manque à gagner en termes de recettes fiscales pour le Mali se chiffrerait à pas moins de 15 milliards de Fcfa. Une situation qui est également préjudiciable au Sénégal. Par ailleurs, le gouvernement sénégalais échaudé par les pénuries des produits à grande consommation qu’accentue la porosité des frontières a décidé de mettre sur place un comité de veille depuis le mercredi 9 juillet.

  

HYDROCARBURES

 

650 tonnes de gaz butane ont traversé entre la mi-juin et les premiers jours de ce juillet des « Flamboyants encore en fleurs », nos frontières pour se retrouver dans les marchés de Banjul, Sérékounda, Pakao etc. en République de Gambie, en Guinée-Bissau, ou encore à Bamako au Mali si ce n’est en Guinée Conakry. Peut-être même au Sierra Leone ou au Libéria qui sait ? Toujours est-il que ces bombonnes de gaz subventionnées chez nous, ont gagné les voisins « pour un double voir triple profit », tandis que la recherche du même produit occupe l’ordinaire des ménages sénégalais et les oblige à descendre dans la rue pour pester, prenant à partie des gouvernants incapables de leur garantir approvisionnement en quantité suffisante.

 

On peut cependant s’étonner de la « passivité » des soldats de l’Economie dont la vigilance à ce niveau semble avoir été prise à défaut. On peut en dire de même de leurs collègues, gendarmes, qui, d’habitude, trouvaient un point d’honneur à réaliser des opérations de protection de l’économie nationale. Ont-ils, tous, la tête ailleurs en ces périodes de canicules hivernales et de diètes populaires ? Possible.

 

Le gouvernement quant à lui, échaudé par les pénuries des produits à grande consommation, les rétentions de stocks de la part de commerçants qui veulent le contraindre certainement à débourser à temps les subventions étatiques promises, la colère des populations qui enfle et la fuite…des produits vers les pays voisins, a décidé de mettre sur pied depuis hier, mercredi 9 juillet un comité de veille. Comité sous la tutelle du Premier ministre et comprenant le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, son collègue des Forces armées, le ministre de l’Energie, celui Chargé du Budget, le Haut Commandant de la Gendarmerie, Directeur de la justice militaire, le Directeur général de la sûreté nationale et le Directeur général de la Douane… Le Comité est chargé de mettre le holà sur la fuite des produits subventionnés vers les pays voisins au détriment des Sénégalais. En ces moments de crise généralisée, la solidarité semble d’abord interne.

 

Hydrocarbures, le Mali fausse le jeu

 

La flambée des prix des hydrocarbures obsède aujourd’hui les Sénégalais. Et cela d’autant plus qu’ils sont informés de coûts moindres à la pompe pour le précieux liquide au Mali voisin et dans certains autres pays de l’Union économique monétaire ouest africaine (Uemoa), même si la tendance est de revenir à la norme (cas de la Côte d’Ivoire qui s’est quasiment alignée sur le Sénégal en la matière).

 

Simplement parce que si au Sénégal, on s’évertue à respecter les prescriptions de l’Union en matière de fiscalité, prescriptions qui datent même de 1998, dans ces pays, l’on semble moins regardant.

 

C’est ainsi qu’aux termes du rapport annuel du Vérificateur général du Mali d’une cinquantaine de pages et dont Sud détient copie, s’intéressant à la période 2003-2006 sur les produits pétroliers et dérivés, les voisins d’Est ont dû se priver de plus de 15 milliards de Fcfa de recettes fiscales « sur la base de la tarification d’août 2006 appliquée au Mali », précise le rapport, sur le ravitaillement de leur pays en hydrocarbures.

 

Des camions qui s’évanouissent comme par enchantement dans la nature. Recensés pourtant dans les pays fournisseurs comme le Sénégal, le Togo ou le Bénin, ils ne laissent aucune trace dans les fichiers de l’Onap et de la Société de contrôle des importations (Cotecna). Des déperditions d’une valeur marchande de plus de 62. 568.328.446 FCfa. De multiples violations des dispositions légales et réglementaires en transport d’hydrocarbures ; ce sont là des éléments qui accréditent la non transparence qui caractérise, selon le Vérificateur général du Mali (Vgm) l’environnement des importations d’hydrocarbures de ce pays.

 

A l’issue d’une mission au Sénégal, au Togo et au Bénin, en vue de collecter et d’analyser de données statistiques relatives à l’importation d’hydrocarbures pour la période 2003-2005, pour son rapport le Bureau du Vérificateur général du Mali avait constaté, l’absence de traçabilité des camions-citernes sur les différents passages. « Un nombre important de camions recensés dans les pays fournisseurs comme étant chargés de carburant à destination du Mali, n’ont pas pu être retracés dans les fichiers Onap-Cotecna », lit-on en effet dans le rapport. C’est là, une des premières conséquences des dysfonctionnements. A noter cependant que ces derniers et leurs ampleurs varient d’un pays à un autre.

 

La douane malienne « dépouillée » à Dakar

 

Au Sénégal, il a été relevé « une exclusion formelle de la douane malienne, par le Protocole d’accord Mali-Sénégal sur le transit, de toutes les opérations relatives aux hydrocarbures, contrairement aux marchandises solides ». On peut donc s’interroger sur l’utilité de la présence des douaniers maliens aux Entrepôts maliens du Sénégal (Emase). Pour les enquêteurs de Vgm, « ils assistent, sans voix prépondérante avec la Cotecna et les douanes sénégalaises, aux opérations de vérification, de chargement et de levée des documents R400 servant de documents de transit ».

 

On observe en outre, fait remarquer le rapport que les chargements sont abandonnés « aux mains des chauffeurs à la sortie du Sénégal, sans remise effective de documents de transit aux douanes maliennes, avec tout ce que cela recouvre comme risques ».

 

En tout état de cause, le Bureau de douane du pétrole de Dakar déclare ne pas recevoir « les acquits supposés être apurés et aucune opération de décharge des acquits n’est ainsi effectuée par aucune autorité de quelque ordre que ce soit au Sénégal. D’où l’impossibilité, de faire la part de ce qui est effectivement sorti du Sénégal », rapporte Vgm.

 

Il fait également observer que des camions sénégalais chargent des hydrocarbures à destination du Mali, en violation du protocole d’entente sur les transports qui réserve cette activité aux seuls camionneurs maliens.

 

Refuse de s’impliquer au Togo

 

Au Togo, il a été constaté que les Entrepôts maliens au Togo (Emato) ne s’impliquent pas dans les opérations de contrôle du fret liquide comme ils le font pour les marchandises solides corrélativement avec la douane et la Cotecna. Alors que, contrairement au Sénégal, il n’y a aucune disposition qui les en empêche. Ce qui fait qu’à Lomé, aucun contrôle n’est effectué sur les camions maliens qui viennent à vide au Port de Faure Eydéma. La douane malienne a même fourni des données pour les vérificateurs ne provenant pas de son système Sydonia. Un système qui est certainement le pendant du « Gaïndé » sénégalais.

 

Quand déperdition rime avec détournement

 

Des données qu’elle est partie chercher à Shell-Togo qui gère en réalité l’approvisionnement du Mali à partir de ponctions effectuées sur le stock de manœuvre du Togo. Alors qu’à Lomé les Emato n’ont aucun rapport avec Shell-Togo. Ce qui amène les enquêteurs à dire « qu’un grand risque de déperdition et de détournement de destination persistent, puisque ces chargements doivent traverser le Burkina Faso, avant d’atteindre le premier poste malien, pour accomplir les formalités…et lever le Trie malien ». Au Port de Cotonou, l’absence de coopération en matière de transit et de commerce entre le Mali et le Bénin, à cela s’ajoute le fait que l’antenne des Emato qui y exerçait n’étant plus fonctionnelle, empêchent tout contrôle sérieux des opérations de ravitaillement à partir du Bénin.

 

En définitive, les différents constats effectués sur les trois corridors incitent bien à la réflexion, en vue de trouver des solutions urgentes. Les conclusions du Vgm ne doivent pas rester lettres mortes : « Sur les trois axes Dakar, Lomé, Cotonou, les déperditions de 2003-2005 ont porté sur 2.641 chargements d’un volume de 119.697.117 litres pour une valeur marchande de 62.568.328.446 Fcfa. Cela correspond à un manque à gagner de 15.053.185.829 Fcfa sur la base de la tarification d’août 2006 appliquée au Mali ».

 

Cette situation décriée par le Vérificateur général du Mali qui recommande entre autres suggestions dans son rapport, la promotion d’un cadre de concertation sous régionale sur l’assainissement du marché des produits pétroliers, est tout aussi préjudiciable au Sénégal notamment. Dans les milieux avisés, on se plaint en effet, du laxisme du fisc malien et surtout du peu de transparence dans le cadre des opérations de ravitaillement des hydrocarbures.

 

Ce qui dans le cadre des produits pétroliers sous douane peut se retrouver dans les marchés parallèles sénégalais. Lui occasionnant en ces temps de disettes et de flambées de l’or noir un manque à gagner fiscale notoire et perturbation dans son approvisionnement propre. C’est la raison pour laquelle, assure-t-on dans lesdits milieux, « qu’ il ne sera pas étonnant de voire les autorités sénégalaises geler sinon arrêter tout bonnement les importations maliennes qui transitaient par son port, ne serait-ce que pour corriger les distorsions observées à ce niveau ». On n’en est pas encore là. Mais c’est tout comme.

 

09/07/2008

Crise au Sénégal

DUR DE FAIRE BOUILLIR LA MARMITE AU SENEGAL

 marmite
Le Sénégal est un des pays les plus pauvres du monde. Si les populations parviennent à survivre c'est uniquement grâce aux transferts financiers des très nombreux immigrés. Il est difficile de chiffrer le montant réel de cette manne puisqu'une grande partie de ces transactions s'effectuent de manière informelle, mais le FMI l'évaluait à, au moins, 600 milliards de f cfa (environ 1 milliard d'euros). Ne produisant pas grand-chose, hormis des immigrés et des politiciens, le Sénégal se trouve frappé de plein fouet par l'augmentation du prix du pétrole et de la nourriture. Le riz, nourriture de base du Sénégal est passé en quelques mois de 250 f cfa à 4 voire 500 f cfa ces derniers temps. Le gouvernement a bien essayé de limiter la hausse du prix en subventionnant les importateurs et en imposant un prix maximum. La subvention, qui devait être réglée mensuellement, ne l'ayant pas été, les importateurs ne vendent pas le riz aux grossistes. D'où une augmentation des prix du fait de la spéculation opérée par tous les commerçants. Le lait en poudre, le café, la farine... Toute l'alimentation importée est touchée par de phénoménales hausses de prix. Il n'est d'ailleurs pas totalement certain que ces augmentations spectaculaires ne camouflent pas, en plus de la hausse des prix à l'importation, de somptueuses augmentations de marges bénéficiaires, tant les explications données sont confuses et peu crédibles. A commencer par l'état qui se plaint de l'augmentation du prix du pétrole mais qui, en réalité, remplit ses caisses grâce aux taxes les plus importantes de la région. Les carburants vendus au Mali sont beaucoup moins chers qu'au Sénégal, alors qu'ils sont débarqués à Dakar et transportés sur 1200 km ! Le gaz domestique est introuvable en ce moment sur le Sénégal, l'électricité va augmenter, entre 10 et 40% selon les consommations. Les prix des transports a grimpé d'au moins 30%. Les effets de l'augmentation générale des prix à la consommation et des facteurs de production ne se sont pas encore fait sentir au niveau de l'activité des entreprises. Cela ne saurait tarder... Malgré quelques rares émeutes sporadiques, comme ce week-end, où des jeunes excités par une totale pénurie d'eau pendant 4 jours ont affrontés la police, le pays est relativement calme. Mais la tension est palpable. Le moindre incident déclenchera des troubles. 

La population n'attend plus rien du gouvernement manifestement dépassé et plus soucieux de propulser le fils présidentiel sur le fauteuil de son père que de se pencher sur les difficultés de la population.

06/07/2008

Stage de danse et percussions sénégalaises

Voyage Sénégal Stage De Danse Africaine,sabar Et Percussions Avec Makou Kunda

du 21/02/2009 au 07/03/2009:

sen2

Voyage Sénégal Stage De Danse Africaine,sabar Et Percussions Avec Makou Kundadu 21/02/2009 au 07/03/2009

L'association Makou Kunda vous accueille à Toubab Dialaw, au Sénégal, du 21/02/2009 au 07/03/2009 pour un stage de danse africaine, sabar et percussions animé par des artistes professionnels originaires de Casamance et de Dakar.

Stagiaires et artistes partagent la vie en communauté au sein d'une maison au bord de l'océan, ambiance ryhtmée et chaleureuse!

 

4h cours/jour du lundi au vendredi ,2 formules au choix, tout niveau:

DONABA:2h danse africaine, 1h danse sabar, 1h initiation djembé

DJEMBEFOLA: 1h30 percu sabar, 1h30 percu djembé, 1h répétition groupe

 

Tarif:(hébergement,repas, cours et transfert aéroport A/R)

550€/personne/2 semaines

500€/personne/2 semaines pour un groupe (min.5 personnes)

250€/accompagnateur (sans cours)


Soyez les bienvenus!!

Contactez nous pour plus d'infos!!!

 Voyage Sénégal Stage De Danse Africaine,sabar Et Percussions Avec Makou Kunda

Renseignements :

http://www.afrolatino.net/9514-Voyage-

Senegal-Stage-De-Danse-Africaine-sabar-Et-

Percussions-Avec-Makou-Kunda.htm

05/07/2008

Mbour est sale

HIVERNAGE 2008

Mbour renoue avec la saleté

mbour

Les premières pluies de l’hivernage 2008 ont fini par ramener sur la table dans la commune de Mbour l’épineuse équation de l’insalubrité et de l’assainissement du centre ville. Les quelques gouttes d’eau tombées au cours de la semaine ont transformé le centre de la ville ou quartier Escale en pataugeoire par endroits. Les faits sont récurrents et reviennent à chaque saison des pluies.

Un tour de ville permet de faire le constat aux alentours du marché central où l’insalubre règne. Les ruelles qui y mènent dans leur globalité sont envahies par le sable et la poussière en saison et le poto-poto en hivernage. Pis encore, flaques d’eau et mares aux canards dégagent des odeurs fétides. Des automobilistes qui s’y déplacent causent des désagréments multiples aux usagers de la circulation. Il n’est pas rare de voir dans le centre ville des piétons portant des tenues claires salies par des charrettes ou des taxis.

 

Le comble, l’occupation anarchique de la voie publique ne facilite pas les déplacements. Certains magasiniers ont transformé une partie de la chaussée en lieu de stockage de marchandises. A leurs abords, on trouve des charrettes, des taxis clandos qui se disputent la route ou du peu qui en reste. Les ruelles et artères du centre ville qui convergent vers le marché central restent encore sous la coupole de la saleté et des eaux de ruissellement.

 

Des personnes interrogées reconnaissent les efforts accomplis dans la mise en place sectorielle d’un réseau d’assainissement intéressant certains quartiers de la ville. En partie, les eaux pluviales sont en partie évacuées ou drainées dans des canaux vers la mer de même les eaux usagées des ménages. Au niveau de l’avenue Demba Diop, un point bas entre deux stations d’essence et d’une banque reste un lieu de collecte des eaux de pluie qui mettent des heures à s’infiltrer dans des canards qui les évacuent.

 

Celles-ci louent les efforts de la délégation municipale mise en place qui a fait depuis quelques jours, une ville éclairée. Elles pensent que la reprise correcte des artères du centre ville reste la solution idoine pour rompre avec l’ensablement et l’insalubrité.

Samba Niébé BA

Injustice au Sénégal

L’injustice au Sénégal : Quelles explications ?

 arton354-c57f7
 

De plus en plus, au Sénégal, des comportements d’une révoltante injustice en recrudescence, se manifestant sous diverses formes dans tous les secteurs et domaines d’activités, sont condamnés avec hargne et énergie, fustigés avec dédain par presque tout le monde. Par des agressions physiques, des violences verbales, l’injustice se manifeste, s’éternise et installe une situation de crise sociale dont les explications ne découlent que de plusieurs facteurs d’ordre économique et socioculturel.

La hausse du baril du pétrole n’est pas sans conséquences graves sur les économies des pays africains, dont les populations semblent plus que jamais aspirées dans une spirale de pauvreté croissante. A l’instar des autres pays sous-développés, le nôtre dont les politiques souffrent d’incohérences et de failles compromettantes, n’échappe pas à cette situation de carences généralisées. Résultat : partout, le manque de quelque chose ou du minimum nécessaire se signale avec acuité et pousse ainsi les populations à de subites réactions comportementales en guise de réponse et en désespoir de cause. Tout comme un animal en proie à la faim pour la satisfaction de laquelle il suit son instinct, les gens, vivant des minima sociaux et se sentant pousser jusqu’à leurs derniers retranchements, moments où la nécessité n’a pas de loi et pousse même le citoyen le plus poli à des barbarismes de conduites, s’en viennent pour un rien aux mains. C’est le spectacle quotidien auquel on assiste à bord des transports en commun, dans les maisons, dans les lieux de travail, bref partout où le cosmos social se réunit. Une telle conjoncture génère des troubles sociaux traduisibles en actes qui, pour la plupart, laissent voir une iniquité en toile de fond dans la manière de les poser.

 

Du point de vue social, il est digne d’intérêt, pour une meilleure compréhension de l’ampleur de l’injustice, de convoquer Bourdieu qui interprète les relations sociales en termes de conflits perpétuels entre dominant et dominé. En effet, dans l’espace social, nous dit-il, les individus se diffèrent de par la position occupée. Ceux qui sont de niveau inférieur, cherchent toujours à atteindre le pinacle sur lequel se sont juchés ceux de niveau supérieur, pendant que ces derniers s’emploient à s’y maintenir via le capital dont ils disposent (moyens financiers, matériels, charisme…). D’où le rapport de force qu’on observe souvent au sein des instances politiques ou autres.

 

Par ailleurs, la peur éternelle de se voir porter ombrage par manque de confiance en soi eu égard à l’arrivée de l’autre, fait que certains sont facilement pris d’affolements toutes les fois qu’il est question de parler des postes qu’ils occupent. C’est pourquoi, en mauvaise posture éthique parce que ce dont ils disposent ne répond pas au dogme du méritoire, les gens n’aiment pas que quelqu’un taille à coups de serpe leur œuvre. Est ennemi tout homme auquel ils ne se sentent pas d’affinités profondes. Sont capables de tels comportements insensés les personnes qui passent le gros de leur temps à faire une contemplation euphorique de leur puissance et de leur importance. Lit-on sous la plume d’Albert Memmi dans Portrait du colonisé que ‘toutes les fois quelqu’un est vaincu par la ruse ou étourdi par la démagogie, il prend de subites colères’. L’injustice est fonction de troubles psychiques et reste la loi qui régit la conduite de bien des hommes qui se déshumanisent à travers l’agression physique ou verbale qu’ils perpétuent contre la personne d’honnêtes gens. Pour porter remède à cette iniquité, il y a alors lieu de s’interroger sur le mode d’accès aux postes prisés, nœud de la guerre.

 

Souleymane LO

Transports en commun Mbour + 25%

MBOUR /HAUSSE SUR LE TRANSPORT

UNE MESURE DECRIEE PAR LES USAGERS

bus

La hausse de 25 % opérée sur les tarifs des transports urbains et inter urbains est source de polémique à Mbour. La mesure est décriée par les clients qui la considèrent comme prise de manière unilatérale. Pierre Mbakhane Gomis, Secrétaire général du syndicat des transports routiers de la région soutient qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat.

A l’en croire, la hausse est une décision prise au niveau du ministère de l’équipement et devant la direction des transports routiers en accord avec l’intersyndicale. A qui veut l’entendre. Il campe sur sa position pour dire que la mesure est effective. Le préfet du département de Mbour saisi de la question confirme n’avoir reçu aucun acte administratif pouvant confirmer une hausse des transports. Il a fait comprendre son intention de convoquer le responsable syndical pour lui demander des explications. Interrogé Pierre Mbakhane Gomis continue à demander l’application de la mesure.

 

Le responsable syndical des transporteurs de Thiès met les manquements sur le dos de l’administration. Pour lui, si la tarification n’est pas sortie ; ceci n’incombe pas aux transporteurs. Il a avancé que la hausse est appliquée pour ne pas bloquer les déplacements, source de malaise et de désagréments. Dans le cas contraire, il défend que les transporteurs puissent rester chers et priver tout le monde de déplacements d’un point à un autre de la ville.

 

Les faits se sont traduits hier par des disputes et tiraillements sur la hausse de 25 et 50 francs opérés sur les tarifs pour les courses à l’intérieur de la commune et vers Saly. Un confrère d’un journal de la place a préféré par fermeté s’expliquer devant la police pour dénoncer le caractère non officiel de cette hausse.

Samba Niébé BA 

04/07/2008

L'inde et le Sénégal

POUR CONQUÉRIR LE MARCHÉ EUROPÉEN

L’Inde veut utiliser le Sénégal comme raccourci

4ème économie mondiale et premier partenaire du Sénégal par les exportations, l’Inde veut conquérir le marché européen voir mondial. Un but qu’elle compte atteindre à partir de pays de l’Afrique de l’Ouest comme le Sénégal.

W020050512566512036409

 

Le neuvième conclave régional sur le « Projet de partenariat Inde-Afrique 2008-2009 » s’est ouvert, ce jeudi 3 juillet, à Dakar. Cette rencontre qui se tient à la suite de celle organisée à New Delhi, du 19 au 21 mars 2008, a été une opportunité pour la partie indienne de dérouler les ambitions qu’elle nourrit sur les pays de la sous-région et particulièrement le Sénégal.

 

Le président de Kirloskar Brothers Ltd, M. Sanjay Kirloskar, a indiqué que : « le Sénégal peut être la porte d’entrée pour les hommes d’affaires indiens de gagner le marché Européen et Américain ». Un défi qu’il compte relever à travers des secteurs comme les services, l’agriculture, les affaires, le tourisme… Il a indiqué que des sociétés indiennes sont en train de chercher à installer des unités au Sénégal pour attirer les Européens et autres sur le plus international.

 

La volonté de faire du Sénégal un hub sous-régional s’appuie sur un diagnostic de la coopération entre les deux pays surtout pendant ces dernières années. Selon lui, l’Inde est l’un des premier partenaire du Sénégal, après la France. Le Président de Kirloskar Brothers Ltd a affirmé que les relations entre les deux pays ont été renforcées à travers des secteurs de développement au niveau local. Une situation qu’il a relié au dynamisme du commerce bilatéral entre l’Inde et l’Afrique qui, d’après lui, a enregistré une hausse de 10 % ces dernières années, 220 millions de dollars en 2006, plus de 46 % sur le développement commercial.

 

A en croire, M. Sanjay Kirloskar, la dernière visite du président de la république, Me Abdoulaye Wade, a été soldée par une ligne de crédit de 15 millions de dollars destinée aux Petites et moyennes entreprises (Pme). Selon lui, des investisseurs indiens, suite à un accord signé avec l’Agence pour la promotion de l’investissement et des grands travaux (Apix), ont mis leur disposition avec l’installation d’une unité de montage automobile (Ifco), des projets de développement de produits pharmaceutiques, la relance des Industries chimiques du Sénégal, des projets dans la Vallée du fleuve Sénégal… A cela, le ministre délégué aux affaires étrangères de l’Inde, M. Anand Sharma, y a ajouté qu’il y’a plus deux milliards de dollars de ligne de crédit que l’Inde avait gracieusement offert au Sénégal.

 

M. Sanjay Kirloskar a rappelé que les deux pays ont initié beaucoup de projets qui impliquent l’Afrique de l’Ouest. Pour lui, le conclave régional a été un point culminant entre la coopération sud-sud. Avant de faire savoir que les entrepreneurs indiens ont été invités à nouer des partenariats à long terme et de contribuer au renforcement de capacité des acteurs africains. Sur cette lancée, il pense au renforcement des investissements sur les services entre l’Inde et le Sénégal.

 

Renforcer le partenariat dans l’agriculture

 

Compte tenu des exigences de la globalisation, le ministre délégué aux affaires étrangères de l’Inde, M. Anand Sharma, pense qu’il est plus important pour l’Inde et les entreprises africaine à nouer un partenariat fort. A l’en croire, des mesures ont été prises dans ce sens avec un plan d’action mis en place en rapport avec l’Union africaine. M. Anand Sharma pense que la technologie indienne peut être bénéfique aux entreprises africaines grâce à son accessibilité. Il a fait savoir que le projet panafricain qui vise à assurer la connectivité entre l’Inde et l’Afrique intéresse beaucoup le secteur privé indien. Avec la crise alimentaire, le ministre délégué aux affaires étrangères indiennes a réévalué les besoins pour les deux pays de renforcer leur partenariat dans le secteur de l’agriculture. « Tout ce que nous pouvons faire pour aider le Sénégal à résoudre la crise alimentaire, nous le ferons ». Par ailleurs, il a invité les autorités à donner à l’agriculture la place qu’elle mérite. Avant de lancer : « la crise alimentaire ne va pas s’arrêter de si-tôt ». Le ministre délégué aux affaires étrangères de l’Inde pense qu’il faut développer de nouvelles technologies pour faire face à la crise alimentaire.

Bakary DABO

Entre fleuve Sénégal et Mauritanie

Coincées entre le fleuve Sénégal et la frontière mauritanienne : Les populations de Cas Cas et de Saldé refusent l'oubli

fleuve-senegal

Situés dans les arrondissements de Saldé et de Cas-Cas, ils sont une quarantaine de villages qui, malgré l’enclavement dont ils souffrent ainsi que le manque d'infrastructures sanitaires et d’eau potable, refusent l’oubli. Avec un secteur agricole qui se cherche encore, malgré les nombreuses potentialités dont ils disposent dans ce domaine.

 

Les populations de Thioubalel, Wassétacké, Wallah, Barobé Diackel, Walaldé, localités situées dans les arrondissements de Saldé et de Cas-Cas, veulent changer le visage de cette partie enclavée du Nord du Sénégal. Pour cela, elles en appellent à l'appui de l'Etat, mais surtout à celui des organisations non gouvernementales qui foisonnent dans leur région. Jadis très riches en potentialités agricoles, ces deux sous-préfectures ne sont plus l'ombre que d'elles-mêmes. La pauvreté a même atteint dans certains hameaux des sommets inquiétants. Aujourd'hui, même si ces insulaires continuent de s'adonner à leurs activités agricoles, leurs capacités économiques ont été considérablement réduites pendant ces dix dernières années. Ce terroir de plusieurs milliers d'âmes qui a été, pendant longtemps, considéré comme le futur grenier du Sénégal, voit la pauvreté s’accentuer de jour en jour. Les maux dont souffre l'île à Morphile, ont nom chômage chronique, difficultés d'accès à l'eau potable, manque d'espace jeunes, pas d’accès aux financements, analphabétisme, exode rural, vol de bétail….

Les rares infrastructures sanitaires qui existent dans cette zone enclavée, ne le sont que de nom, puisque le personnel qualifié fait défaut et est insuffisant. D’où un fort taux de mortalité et de morbidité maternelle et infantile. D’ailleurs, reconnaît le conseiller rural de Pété, Mamadou Anne, ‘les problèmes de santé constituent notre principal casse-tête. La création de postes de santé dans chaque village, c'est le minimum que nous souhaitons puisque les déplacements posent problème, surtout en cette période d'hivernage où le fleuve va bientôt commencer à déborder de son lit’. Notre interlocuteur continue de se demander ce qui motive le retard dans l'achèvement du poste de santé de Cas-Cas où les travaux sont suspendus depuis quatre ans maintenant après que plus de cent millions y ont été investis.

 

Dans l'île à Morphile, les insulaires sont également confrontés aux difficultés d'accès à l'eau potable. Ainsi, à Siwré, Bito, Gourel Dijiby Samba Gawlo, Abdallah, il faut creuser jusqu’à 30 mètres de profondeur pour atteindre la nappe pratique et se procurer le liquide précieux. Et ces puits tarissent vite sous l'effet de la sécheresse, explique Mamadou Sow du village de Bito.

 

Au plan économique, les populations de ces arrondissements de Saldé et de Cas-Cas, terre de tradition agricole, se sentent oubliées par les services du ministère de l’Agriculture. ‘Nous avons des terres, beaucoup d'eau. Mais l’assistance nous fait défaut. Nous n'avons ni semences, ni subventions, pas accès aux lignes de crédits. Pire, le matériel agricole dont on parle tant, on n’en voit pas’, soutient Yéro Sy, responsable de l'organisation paysanne de Thioubalel. Pourtant, explique-t-il, ‘quand la Banque africaine de développement nous avait octroyé un financement de 3 milliards, nous avions enregistré d'importantes productions dans la cuvette de Saldé Wallah où nous avions exploité 600 hectares de riz. Même cas de figure pour les populations de Cas Cas où les Hollandais avaient financé une exploitation de plus de 400 hectares. Mais, depuis lors, nous sommes laissés à nous-mêmes’. Ainsi, pour travailler la terre, les moyens utilisés sont modestes.

 

Abou KANE

Le sexe au Sénégal

Les sénégalais et le sexe : au nom du plaisir et de la procréation

401582334_small

La difficulté de cerner la (nouvelle) relation que les sénégalais entretiennent avec le sexe, voire la sexualité, n’a d’équivalent que la position centrale et intime qu’elle occupe dans le corps humain. De la lointaine fiction sentimentale d’hier, les sénégalais d’aujourd’hui semblent lui opposer la réalité immédiate du corps. Ici, le sexe, au-delà de son caractère sacré, parce qu’appareil de procréation, est aussi, le royaume de tous les plaisirs.

 

Les sénégalais et le sexe ou les sénégalais et la sexualité ? Au-delà de la sémantique, le sujet reste très chatouilleux. Dans toutes les religions révélées, le sexe revêt un caractère sacré. « Procréer, dispersez vous et peupler la terre » enseigne la Bible, là où la religion musulmane permet aux hommes de prendre jusqu’au 4 épouses. L’activité sexuelle, s’il est fait dans les conditions normales de pression et de température, c’est-à-dire dans les liens sacrés du mariage, est érigée au rang de culte.

 

Il ne se passe pas un jour sans que les « faits divers » ne proposent pas aux lecteurs, le sexe et ses produits dérivés (sodomie, fellations, adultères, viols etc…). Même le très sérieux journaliste et essayiste, Abdou Latif Coulibaly, plus connu dans l’investigation, avait tué le sexe dans ses essais politico-juridiques pour la ressusciter dans le genre romanesque à travers « La Ressuscitée ».Même si l’auteur s’est défendu de ne pas faire de la pornographique, en affirmant que ce fut juste « ses délires personnels » ( voir Week–end n ° 31 du 14 au 27 décembre 2007).Bon bref…..

 

Chez les ados et des jeunes, la notion d’abstinence semble être remplacée par celle de précaution, tant il est vrai que le sexe est devenu banal, à la limite, un jeu d’enfant. « Dakar life », qui se veut un magazine urbain a révélé dans son premier numéro que « les dakaroises se moquent de la virginité ». Si on en croit toujours ce journal, « 71% des filles à Dakar ne sont plus vierges.

 

Chez les célibataires, au masculin comme au féminin, si on peut parler de sexe à l’état brut de A ( comme aphrodisiaque) à Z ( comme zone érogène), par contre, il est permis de parler, au niveau de la « cour des grands », d’une véritable sexualité verbale et visuelle (tout l’arsenal du jeu de la séduction) doublé d’une activité sexuelle digne de l’époque de Balzac.

 

Aujourd’hui, les jeunes cadres, qui n’avaient pas « beaucoup joué » durant leur jeunesse sont devenus les plus grands coureurs de jupons. On a tendance à dire que plus le niveau intellectuel est élevé moins l’activité sexuelle est dense et intense, plus on est pauvre plus on va ….à Ngaye Mékhé ? En tout cas le sexe, comme une actualité éternelle, intéresse tout le monde. Mieux, il gouverne le monde.

 

Quand le sexe gouverne le monde

 

Le sexe gouverne le monde depuis la nuit des temps. Au Walo, c’est à travers le mariage que la Reine Yéri Madj Mbodj s’est unie avec le Roi maure pour faire la paix avec le Trarza. Si Pâris a enlevé Hélène dans la « Guerre de Troie n’aura pas lieu », qui a finalement eu lieu, c’était pour le sexe. Clovis s’est converti parce que Clotilde lui faisait un malin chantage sexuel. Charlemagne a fondé l’Empire carolingien pour abuser de son droit de cuissage. Et on oublie souvent de dire que le Prince Charmant de la Belle au Bois Dormant ne l’a pas réveillée que d’un simple baiser…..

 

Mohamadou SY « Siré »

03/07/2008

Saison des pluies au Sénégal

Sénégal Hivernage 2008 : Vers une saison très pluvieuse

 509,04_senegal

Prévisions météorologiques assez favorables, beaucoup de pluies en perspective. Le Sénégal peut espérer une bonne production agricole. Mais les inondations risquent encore de revenir, avec des conséquences néfastes

 

La saison des pluies, cette année, a démarré beaucoup plutôt que d’habitude. Elle est aussi moins timide comparée à celle de l’année passée. La première pluie, au niveau de Dakar, a été enregistrée dans la deuxième décade du mois de juin avec 0,3 mm. La seconde pluie notée le 1er juillet a enregistré 7,5 mm. La dernière pluie du 2 juillet a enregistré 0, 7 mm. Et selon les dernières prévisions recueillies au niveau de la Direction de la météorologie nationale (pour la perspective du 3 au jeudi 19 juillet), la situation reste toujours favorable sur l’ensemble du pays. Cependant, sur les régions Centre –Nord, on pourrait noter une pause à partir de ce vendredi au lundi prochain. Cette situation est due au Front intertropical (Fit) assez élevé. Ce dernier se situe sur l’axe Saint Louis-Podor-Matam et continue sa progression vers le Nord, amenant la mousson qui annonce la pluie. Ainsi des foyers pluvio-orageux pourraient intéresser l’ensemble du pays et devraient aboutir à une pluviométrie excédentaire. En clair, la saison des pluies pourrait être longue et les pluies plus importantes. Cette bonne météorologie annoncée devra avoir une répercussion favorable sur le comportement des cultures, ce qui pourrait entraîner, au plan socio économique, une bonne production agricole. Mais, la Direction de la météorologie nationale sonne déjà l’alerte du risque d’inondations. En plus, il faut s’attendre à ce que les spécialistes appellent la biométéorologie. Il s’agit de l’impact des fortes pluies sur les organismes humains. En puis les eaux stagnantes pourraient amener beaucoup de moustiques, principaux vecteurs de paludisme.

 

Khalifa Ababacar DIOP

étude sur l'échouage de baleines à Dakar

Suite aux posts de mai dernier et des photos prises par Marie Pierre à Yoff, voici un éclairage sur cet échouage:

Eclairages sur l'échouage de cétacés survenu en mai 2008 au Sénégal

showimagefromdb

Globicéphale, photo de M. Fall, CRODT

 

Cet article, contribution collective entre le CRODT, le WWF-WAMER et Wetlands International-Dakar, fait le point sur le récent échouage de Globicéphales survenu en mai 2008 à Yoff Tonghor à Dakar au Sénégal. Nous en présentons quelques extraits ci-dessous compte tenu des images et tableaux mais il est téléchargeable en entier.

Quelques Extraits de l'article  téléchargeable :

'' ARISTOTE, dès le IVe siècle avant Jésus-Christ, s’interrogeait déjà sur l’échouage des  cétacés. C’est dire qu’il ne s’agit pas d’un phénomène récent… En fait, il s’est amplifié de nos jours en raison de l’augmentation des effectifs échoués et de l’existence de zones assimilées à des « cimetières » pour cétacés (côtes australiennes, brésiliennes, américaines, cap verdiennes, néo zélandaises, etc.). ''

'' Tout échouage est d’abord et avant tout, un drame écologique, surtout lorsqu’il est massif. Paradoxalement, certaines populations, non soumises à des interdits (alimentaires, culturels ou réglementaires), y voient plutôt une « manne céleste» en raison des impressionnantes quantités de viande et huile qu’ils peuvent en tirer. Enfin, c’est aussi une mine d’informations scientifiques aux plans de la biométrie (longueurs et poids à déterminer), de la systématique (détermination d’espèces connues ou nouvelles), de l’anatomie (reconstitution de squelettes, comparaison avec ceux des mammifères terrestres, etc.), du  régime alimentaire (proies encore intactes ou vestigiales : otolithes, becs, etc.), de la reproduction (sexage, gestation, mise bas, allaitement, etc.), de la nature des stocks (identité, différences, etc.), des causes de la mort (lésions macroscopiques non équivoques, recherche de pathogènes, etc.). "

'' Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer les échouages. Certains spécialistes estiment, qu’à l’instar des éléphants, les cétacés « sentent » venir leur mort… Ils auraient même une certaine conscience de la mort qu’ils pourraient accélérer, à défaut de pouvoir  se…suicider ! Ces hypothèses un peu trop anthropomorphiques sont contrebalancées par l’influence magnétique qui est particulièrement citée. En effet, les cétacés, dotés d’un sonar, s’orientent par écholocation. Or, ce système serait très sensible aux fluctuations des ondes émises par d’autres sources susceptibles de les perturber profondément : orages, trafic maritime, manœuvres navales, recherches sismiques, etc. Parmi les autres causes, citons la mortalité naturelle ou provoquée (pour diverses raisons : vieillesse, blessure, maladie telle que la brucellose, pollution, etc.), les dystocies, les collisions avec les engins de pêche (ex : filets dérivants) et les navires (ex : bateaux ultrarapides croisant dans des zones à fortes densités de cétacés). La pleine lune est souvent notée aussi lors de l’échouage de baleineaux égarés ou de baleines prises de panique. ''

L'article aborde les points suivants :

1. Définition du Cétacé

2. L'espèce ayant échoué

3. Ce que l'onsait des Globicéphales

4 Prélèvements et mesures effectués

5. Ce que l'on sait des échouages

6. Les causes probables de l'échouage

7. Les cétacés dans le code de la pêche

8. Les cétacés et les conventions internationales

9. Mesures sécuritaires et de secourisme

10. Mesures sanitaires

11. Ce qu'on a fait des cétacés échoués ?

12. Leçons à tirer

Auteurs et contacts :

Dr Massal FALL, Centre de Recherches Océanographiques de Dakar – Thiaroye, Dakar, Sénégal, Email : massal_fall@yahoo.com

Dr Ibrahima NIAMADIO, World Wild Fund (WWF-WAMER), Dakar, Sénégal, Email : Niamadio@wwfsenegal.orgDr Mamadou Diallo, World Wild Fund (WWF-WAMER), Dakar, Sénégal, Email :mdiallo@wwfsenegal.org

Charles Bèye, Wetlands International, Bureau de Dakar, Sénégal, Email : charleswet@gmail.com

Lien : http://www.wetlands.org/Africa/fr/news.aspx?ID=46a5e2fa-8516-4e49-aebd-fd2dfa69f3c0

 Merci à Charleswet

Le Sénégal en 5 visages (2)

Le Sénégal en 5 visages (2)

 

Abdoulaye Wade et la politique du difficile consensus

wade

Le chef de l’Etat sénégalais fait face à une farouche opposition politique dont les leaders, hier, étaient pourtant ses alliés politiques.

 

« Vous savez au Sénégal, la politique est désormais un jeu de chat et de souris. Abdoulaye Wade et le Parti démocratique sénégalais (Pds), d’un côté, et de l’autre le reste de l’opposition. On a un pouvoir qui a en face de lui un contre-pouvoir. Très souvent, le jeu apparaît électrique. Mais cela reste un jeu de politiciens ». Baba Diop, l’auteur de ces propos est un journaliste bien connu au Sénégal. Billettiste au quotidien gouvernemental Le Soleil, il faut partie des hommes de médias sénégalais qui observent au quotidien la scène politique. « Il faut absolument privilégier le dialogue. Il s’agit là d’un point de vue. Les hommes politiques n’aiment généralement pas qu’on leur face la morale. Hélas ! »

Au Sénégal, le pouvoir actuel et l’opposition ont des liens historiques irréfutables. Sans l’opposition, Me Abdoulaye Wade n’aurait peut être pas pu accéder à la magistrature suprême de son pays en 2000. On se souvient que c’est grâce à une coalition formée avec l’Alliance des forces de progrès (Afp) de Moustapha Niasse, et la Ligue démocratique (Ld) de Abdoulaye Batili que Abdoulaye Wade avait pu vaincre le candidat du Parti socialiste sénégalais, Abdou Diouf. Au premier tour du scrutin, l’actuel président sénégalais avait totalisé 31% des suffrages, alors que Moustapha Niasse avait réussi à atteindre les 17%. Au 2è tour, la victoire est revenue à Me Abdoulaye Wade. Grâce à la coalition autour du slogan « Sopi », qui en Wolof (une des langues locales les plus parlées) signifie « changement ».

En son temps, l’enthousiasme soulevé par cette victoire était débordant au Sénégal. Le président Abdou Diouf, au pouvoir depuis près de 20 ans, avait reconnu sa défaite et s’était retiré dignement. Un exemple assez rare en Afrique. Moustapha Niasse, l’un des grands acteurs de la victoire du « Sopi » était devenu Premier ministre, projeté à la tête d’un gouvernement dont Abdoulaye Batili faisait également partie. Mais la cohabitation entre les acteurs du « Sopi » n’avait pas duré plus de 3 ans. Moustapha Niasse exigeait un exercice collégial du pouvoir. Ce que Abdoulaye Wade avait évidemment refusé. Le divorce, devenu inéluctable, a ainsi été consommé. Abdoulaye Wade était donc réduit à gouverner le pays avec son seul Pds. Ses alliés d’hier sont devenus ses opposants les plus farouches. Les querelles politiques et politiciennes vont alors devenir permanentes. Et même, se transformer en animosité. Surtout lorsque les opposants au président Wade vont lui prêter l’intention de vouloir se faire succéder à la tête du pays par son fils aîné, Karim Wade. Celui-là même qui a géré de main de maître le récent sommet de l’Organisation de la conférence islamique (Oci), qui a eu lieu à Dakar au mois de mars denier.

 

Pommes de discorde

En tout cas, Abdoulaye Wade a été réélu en 2007 pour un mandat de 5 ans. A l’Assemblée nationale son parti, le Pds a toujours la majorité. Mais la plus grande discorde de ces derniers mois entre le pouvoir et l’opposition au Sénégal a porté sur le report des élections législatives. Celle-ci étaient normalement prévues en 2007. Mais Abdoulaye Wade les reportées à deux reprises. Sans consulter l’opposition. Le prétexte de ces reports, supprimer ce qu’on appelle dans le système électoral sénégalais « le quart votant ». En fait, le mode de scrutin en vigueur au Sénégal prévoyait que le candidat qui arrive en tête, pour être déclaré élu, doit nécessairement avoir plus du quart des voix des électeurs inscrits. Abdoulaye Wade a donc annulé ce principe. Le rendant plus simple. Maintenant, le candidat arrivé en tête est déclaré élu, tout à fait naturellement. Il a par la suite augmenté le nombre de députés à l’Assemblée nationale. En le faisant passer de 120 à 150. Avec comme seule explication, la démographie galopante au Sénégal. Ceci contrairement à un principe arrêté de manière consensuelle et qui disait que l’Etat du Sénégal ne pouvait pas dépasser le cap de 120 députés. Le président sénégalais a aussi réintroduit le Sénat qui avait été dissout quelques années avant. Et dans la souche de sa composition, il s’est octroyé la latitude de nommer 65 sénateurs sur les 100 que compte ladite Chambre. De plus, le Conseil économique et social dont la clase politique de manière unanime n’en voulait plus, a été réintroduit. Tout ceci sans consulter l’opposition. D’où le tollé général des opposants sénégalais, et qui constitue aujourd’hui le point essentiel de mésentente au sein de toute la classe politique sénégalaise. Ce d’autant plus que, dans ses autres reformes, Abdoulaye Wade a également, toujours sans concertation avec la classe politique, selon les dires des opposants, redécoupé les régions du Sénégal. Il y en avait dix. Aujourd’hui, le Sénégal en compte 14. Avec l’érection de certains départements en régions. Toutes ces reformes ont été voté par une Assemblée nationale complètement acquise à la cause du chef de l’Etat sénégalais. C’est ainsi que la plupart des opposants sénégalais, au rang desquels se trouve le très bouillant Abdoulaye Batili, affirment à tort ou à raison, que le report des élections législatives était lié à ces reformes engagées par Abdoulaye Wade. Il voulait absolument les faire passer dans la configuration actuelle du Parlement sénégalais, dont la majorité absolue lui est acquise.

 

Retour à la case départ ?

L’autre pomme de discorde entre le régime du président Wade et les opposants réside sur la forme du mandat présidentiel. Après avoir été élu à la magistrature suprême en 2000, Abdoulaye Wade a fait appliquer un accord arrêté avec la coalition politique qui l’avait amené au pouvoir. A savoir, ramener le mandat présidentiel de 7 ans à 5 ans, renouvelable une seule fois. Avec le principe selon lequel un président de la République devrait mettre au plus 10 ans au pouvoir. Selon le même consensus arrêté avec la coalition, il était question que Abdoulaye Wade achève son mandat de 7 ans. Et que après, il puisse modifier la Constitution pour ramener le mandat présidentiel à 5 ans. Ce qui lui ferait d’abord un mandat de 7 ans, plus un autre mandat de 5 ans qu’il est actuellement en train de consommer. Au total donc deux mandats. Wade est actuellement élu pour 5 ans. En principe, en 2012, année de la prochaine élection présidentielle au Sénégal, selon les prévisions d’une certaine classe politique sénégalaise, Abdoulaye Wade ne devrait plus être candidat. Mais il s’agit la d’un débat qui a effectivement eu lieu au pays de la Terranga. Il y en a qui estiment qu’il ne doit plus se représenter parce qu’il aura totalisé deux mandats. Un de 7ans, et un autre de 5 ans. Ceux-là se basent sur l’esprit du référendum constitutionnel de 2001, qui parle d’un mandat présidentiel de 5 ans, renouvelable une seule fois. Par contre, il y en a qui soutiennent le contraire en affirmant que l’actuel président du Sénégal peut bien se représenter. Ils évoquent le principe juridique de la non rétroactivité de la loi.

Pendant que ce débat s’animait, le 10 mai 2008, Abdoulaye Wade, au cours d’un conseil ministériel qu’il a l’habitude de présider personnellement chaque vendredi, a fait la déclaration selon laquelle en 5 ans, un président de la République ne peut rien réaliser de fort dans un pays comme le Sénégal. Il propose donc qu’on revienne à la case départ. A savoir un mandat de 7 ans. La plupart des ministres qui ont assisté à ce conseil, pris de court, on alors constaté la difficulté qu’il y aura à entériner une telle proposition pour qu’elle soit validée par le peuple. Le débat est ouvert depuis un mois environ entre constitutionnalistes sénégalais. Le camp présidentiel soutient que pour faire aboutir la proposition du retour à un mandat de 7 ans, il faut passer par la voie parlementaire. Par contre, plus de la moitié des constitutionnalistes de l’Université Cheikh Anta Diop maintiennent que le référendum constitutionnel de 2001 a verrouillé le principe d’une autre modification constitutionnelle. En ce sens que si elle doit avoir lieu, elle doit nécessairement passer par la voie référendaire. Le débat est posé au Sénégal. Il n’est pas encore tranché. Même si on sait que le camp opposé à Wade lui fait, de plus en plus, à tort ou à raison, le procès de ne pas respecté le consensus. C’est ainsi que l’opposition a décidé depuis quelques semaines de se mobiliser contre ce que Abdoulaye Batili appelle « les dérives dictatoriales de Abdoulaye Wade ». 

Jean François CHANNON

02/07/2008

Sénélec

L’Afp sur la crise énergétique au Sénégal : ‘La Senelec a été victime de mains inexpertes’


sam%20senelec
La situation d’entreprise sous perfusion financière que traverse actuellement la Senelec découle de la gestion de mains inexpertes et d’un système fermé qu’un audit ne manquera pas d’élucider. L’Afp en est convaincue. Niasse et ses camarades s’étonnent par la même occasion que les 40 milliards injectés par la Banque mondiale soient présentés comme un don alors qu’il s’agit d’un prêt que les Sénégalais devront rembourser.

L’Afp et son secrétaire général ont affirmé hier en bureau politique leur option de poursuivre avec détermination le combat dont l’axe se situe dans la défense de l’intérêt général, quoiqu’il en coûte. Une option ‘définitive et non négociable qu’aucun thuriféraire ne pourra remettre en question’, avertit le parti de Moustapha Niasse. Car, s’interrogent les progressistes, ‘comment ne pas exprimer son indignation face à la duplicité d’un gouvernement qui fait semblant de diminuer un train de vie manifestement en porte-à-faux avec la misère ambiante ?’ L’Afp d’affirmer qu’au moment où l’on distille dans les médias le montant de 15 milliards d’économie dans le fonctionnement des ministères, ‘le gaspillage des maigres ressources du pays se poursuit allègrement, avec le maintien d’une cinquantaine d’Agences aussi inutiles que budgétivores, d’un Sénat qui ne l’est que de nom et des nombreuses dépenses de prestige engagées par la Présidence de la République et la Primature ’. Le plus grave, accusent les progressistes, ‘c’est que malgré la gestion nébuleuse des fonds publics, comme cela a été le cas à l’Anoci et en dépit des dénonciations faites par le peuple, l’impunité totale reste de rigueur’.
C’est ainsi, poursuit le bureau politique de l’Afp, qu’une société nationale ‘aussi stratégique’ que la Senelec ‘a été victime de mains inexpertes et d’un système fermé qu’un audit ultérieur ne manquera pas d’élucider’. En effet, estiment Niasse et ses camarades, ‘la vérité des prix qui est prônée aujourd’hui est déjà précédée par la vérité des délestages et des surfacturations qui accablent les entreprises et les ménages’. Le Bureau politique de l’Afp met donc en garde les tenants du pouvoir ‘dont la fuite en avant pourrait aggraver la misère d’un peuple exsangue qui n’acceptera pas éternellement l’inacceptable’. Le parti de Niasse trouve d’ailleurs ‘bien curieux’ qu’encore une fois, un prêt accordé par la Banque mondiale, pour un montant de 40 milliards Cfa, pour la Senelec, ait été présenté comme un don, alors que ce sont les contribuables sénégalais qui le rembourseront. Par ailleurs, avec les premières pluies ‘importantes’ dans certaines zones, l’Afp constate que les préoccupations des Sénégalais ne sont guère la priorité du régime des pseudo-libéraux. Les progressistes de citer en exemple les inondations de Malhem Hodar, il y a juste une semaine avec leur cortège de dégâts matériels importants. Pour l’Afp, ces inondations ne sont pas un cas isolé alors qu’une politique hardie en la matière, avec une programmation à court, moyen et long terme, pourrait venir à bout de ce fléau généralisé et récurrent. C’est pourquoi le Bureau politique de l’Afp exige des tenants du pouvoir, des mesures immédiates à la hauteur du désastre subi par les populations sinistrées, pour faire face aux urgences. Concomitamment, le bureau politique de l’Afp estime qu’il appartient au gouvernement de gérer ‘avec plus de sérieux et de suivi’ le dossier de la santé publique en traitant réellement les volets prévention et thérapie. ‘A cet égard, il est incompréhensible que le détournement des eaux usées provenant des fosses septiques serve à arroser des plans de légumes consommés par les populations’, fustigent les progressistes. Il est tout aussi incompréhensible pour eux que l’activité économique constitue un danger pour les populations, comme c’est le cas des wagons citernes des Ics transportant des produits toxiques ou le plomb de Ngagne Diaw (un quartier de Thiaroye Sur Mer, Ndlr) qui a gravement endommagé la santé des résidents de cette localité, tout particulièrement celle des enfants. ‘A propos de ce dernier dossier, la réaction officielle du gouvernement, qui avoue son impuissance est tout simplement renversante’, ajoutent Niasse et ses camarades . Situation au Zimbabwé : ‘Me Wade et son parti devraient adopter le profil bas’, estime l’Afp Le Bureau politique de l’Afp a déploré hier la mascarade électorale qui a permis de confirmer Robert Mugabe à la tête de ce pays avec son cortège de crimes et de violences. A cet égard, indiquent les progressistes, ‘Me Wade et son parti-Etat devraient adopter un profil bas, parce que dans le Sénégal d’aujourd’hui, le narcissisme, la violence, l’impunité, le réflexe dictatorial et la fraude électorale sont dans l’air du temps, pas très loin des dérives de Mugabé’. Au sujet des assises nationales, l’Afp constate que chaque semaine le gouvernement de Me Wade confirme ‘par son insouciance et son impéritie caractérisées’, l’opportunité et la pertinence des Assises nationales dont le chronogramme continue de se dérouler conformément aux prévisions du Comité national préparatoire et du bureau. ‘Il est heureux que la deuxième session de cet organe de direction ait pu, sous la présidence de M. Amadou Makhtar Mbow, effectuer les réglages qui s’imposent, avant le démarrage des travaux relatifs aux consultations citoyennes et aux commissions’, souligne le parti de Niasse. ‘Plus que jamais, il se confirme que ces Assises sont celles du peuple, décidé à réfléchir sur ses problèmes et préoccupations’, renchérissent les progressistes.

Georges Nesta DIOP

La presse Sénégalaise se fâche...

La presse sénégalaise durcit le ton, suite aux violences policières contre deux journalistes 

presse_senegalaise
 

Le Comité pour la défense et la protection des journalistes sénégalais (CPDJ), a durci le ton trois jours après sa marche pour protester contre les violences policières dont ont été victimes le 21 juin, deux journalistes à l’issue du match Sénégal-Liberia. - [ 7/2/2008 ]

Le comité compte rencontrer les ambassadeurs accrédités au Sénégal pour expliquer la situation de la liberté d’expression dans le pays.

 

Dans le plan d’actions, la cérémonie officielle du Lion d’Or qui célèbre chaque année les meilleurs sportifs et qui est généralement présidée par le Chef de l’Etat, sera aussi boycottée mercredi par la presse sénégalaise qui réclame que justice soit faite dans l’affaire de l’agression des deux journalistes sportifs.

 

Le porte-parole du Comité, le journaliste Yakham Mbaye invite au boycott total par la presse nationale de la cérémonie du Lion d’or, estimant qu’il s’agit là de « première mesure qui entre dans la consolidation du plan d’actions ».

 

Le port d’un brassard noir est aussi demandé aux professionnels de l’information et de la communication mercredi et jeudi ainsi qu’à tous ceux qui sont épris de liberté, pour protester contre l’impunité.

 

Un bandeau noir devra également apparaître à la Une des journaux à partir de mercredi avec l’inscription : « Contre l’impunité, les journalistes demandent justice ».

 

L'argent sale au Sénégal

Blanchiment d'argent sale au Sénégal : Le secteur de l'immobilier dans le collimateur de la justice

transfert_argent

Le blanchiment d’argent est en train de devenir un phénomène majeur dans le monde en général et au Sénégal en particulier. Avec le boom immobilier noté à Dakar, des soupçons légitimes pèsent sur ce secteur.

 

‘D’où provient l’argent de l’immobilier à Dakar ?’. Cette question que tout le monde se pose souvent, le magistrat français, Eric Legrand, actuellement conseiller du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, se l’est posée tout haut, hier. ‘D’où vient l’argent qui permet de financer les immeubles que nous voyons à Dakar ? Je me suis posé la question. Une chose est sûre : ce n’est pas le père de famille sénégalais qui finance cela. Les énormes immeubles, qui sont construits aux Almadies, sont loués à trois millions cinq. Qui va les occuper ? On me dit les coopérants. Aucun coopérant n’est fou pour louer cela’, laisse entendre Eric Legrand, magistrat pénaliste français. D’après lui, en France, s’il y a une grosse acquisition immobilière, le parquet mène une enquête pour voir d’où vient l’argent. ‘Il faut se poser la question’, invite-t-il.

Le magistrat Eric Legrand, qui intervenait hier au cours du séminaire de formation sur ‘la criminalité transnationale, la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme’, estime que les délinquants qui blanchissent l’argent, utilisent tous les secteurs d’activités. Mais à son avis, le secteur immobilier est le plus ‘facile’. ‘L’argent sale, c’est l’argent qui n’est pas inscrit dans le circuit légal. Le meilleur moyen de le blanchir, c’est d’acheter un bien immobilier, par exemple, à 500 millions de francs Cfa en prenant le soin d’aller chez un notaire en payant cash et de le revendre aussitôt. A la fin, on a un bien légal et votre argent reste intact. On peut faire plein de choses’, explique Eric Legrand.

 

D’où la nécessité de mettre en place, de l’avis du magistrat français, ‘un dispositif de lutte’ et une ‘stratégie de lutte’ qui permettent d’identifier les méthodes des trafiquants. C’est dans cette perspective que s’inscrit le séminaire de quatre jours ouvert hier, au Centre de formation judiciaire (Cfj) à l’intention des professionnels de la justice : magistrats instructeurs, policiers, gendarmes, douaniers. D’après la directrice- adjointe du Cfj et maîtresse d’œuvre du séminaire, Aïssatou Diallo Bâ, l’objectif est ‘de renforcer les capacités des magistrats et des enquêteurs dans les dossiers économiques et financiers qui traitent du blanchiment et du financement du terrorisme’. Pour Eric Legrand, conseiller technique du ministre de la Justice, il faut aller au-delà des groupes thématiques en dotant les policiers, les douaniers et les gendarmes des outils dont ils ont besoin.

 

Au cours de ces quatre jours de séminaire, les participants, qui sont pris en charge par des magistrats français, seront initiés sur les stratégies de collecte et d’exploitation des renseignements à travers une méthode d’enquête. Ainsi, des cas pratiques leur seront soumis. Ces échanges déboucheront sur une stratégie de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

 

Mamadou SARR

Une Canadienne au Sénégal

Sur la route du Sénégal

 untitled

Emprunter un chemin à l’écart des sentiers battus et vivre intensément le choc des cultures. L’Outremontaise (Canada/Mont Royal) Catherine Paré prendra part en mai 2009 à un stage de coopération internationale au Sénégal. Une belle occasion d’aller à la rencontre de l’autre et de soi. «C’est toute une expérience de vie. C’est d’abord la rencontre d’autres cultures et ensuite un apprentissage sur soi-même en allant là-bas», mentionne celle qui a participé à ce type de stage à Cuba alors qu’elle était en 4e secondaire.

«C’est important de s’impliquer pour faire de ces jeunes de meilleures personnes et de meilleurs adultes. Cela leur permet d’aller à la rencontre d’une nouvelle culture, qui est bien différente de celle d’où on vit. Ce n’est pas tout le monde sur la planète qui vit dans les conditions que l’on a ici», mentionne Nicolas Beauchemin, l’un des accompagnateurs du groupe Sénégal 2009.

 

Formé de deux accompagnateurs et d’une dizaine d’étudiants au programme Sciences, lettres et arts au collège de Bois-de-Boulogne, le projet Sénégal 2009 se fait en collaboration avec l’organisme Mer et Monde. Les jeunes séjourneront trois semaines dans des familles d’accueil sénégalaises. Le lieu du projet et le type de travail qu’ils auront à effectuer seront déterminés au moment du départ. «Nous travaillerons avec les partenaires locaux de Mer et Monde. On va contribuer à un projet qui est déjà en marche, c’est pour cela qu’on ne sait pas encore ce que l’on va faire puisque cela dépend des besoins au moment du stage. Ce sera un projet initié par les Sénégalais et appuyé par Mer et Monde», souffle M. Beauchemin.

 

Tous deux professeurs de mathématiques au collège Bois-de-Boulogne, les accompagnateurs Nicolas Beauchemin et Julie Picard ont la tâche d’encadrer les jeunes du groupe. Pourquoi avoir choisi d’effectuer un stage de coopération internationale au Sénégal? «Nous étions tous intéressés à aller en Afrique. On souhaite rencontrer et apprendre avec les gens là-bas parce que leur réalité est loin de la nôtre», avance la participante.

Des ambassadeurs au Québec

«Il y a une grande différence entre l’aide humanitaire et un stage de coopération internationale. L’aide humanitaire apporte une aide ponctuelle aux besoins primaires. On pense à la Croix-Rouge par exemple. Avec un stage de coopération internationale, ce n’est pas nécessairement sur place que tu fais une différence, mais plutôt quand tu reviens», explique M. Beauchemin, qui revenait tout juste au moment de l’entrevue d’un stage de coopération internationale au Honduras avec un autre groupe du Collège.

À leur retour, les participants donneront notamment des conférences et participeront à des activités de Mer et Monde. «Il n’en tient qu’à nous de parler de notre expérience et de devenir des ambassadeurs», dit l’accompagnateur.

 

En vue du départ, les membres du groupe se rencontrent hebdomadairement afin de préparer leurs activités de financement et prendront part à trois fins de semaine de formation données par Mer et Monde.

 

Une préparation au choc culturel et à la situation socio-économique du Sénégal est aussi de mise. «C’est un style de vie frugal complètement différent d’ici», conçoit Catherine. «La notion du temps est bien différente!», renchérit M. Beauchemin.

 

Un stage de coopération internationale, c’est aussi une vie de groupe trépidante et remplie de défis. «Ils vont apprendre beaucoup sur eux et leurs valeurs personnelles. La vie de groupe c’est aussi très formateur!», signale-t-il.

Levée de fonds

Les participants souhaitent couvrir la moitié du coût de leur voyage en réalisant des activités de financement. Catherine Paré estime qu’elle doit donc amasser 1600$. «Ce projet représente de gros sous pour un jeune de 18 ans qui travaille au salaire minimum. C’est long à ramasser!», souligne en riant M. Beauchemin.

Emballage de denrées alimentaires dans les épiceries, souper spaghetti, vente de produits équitables et de t-shirts constituent quelques-unes de leurs activités.

 

Pour en savoir plus: catherine.pare@hotmail.fr ou nicolas.beauchemin@bdeb.qc.ca

Julie Charette

Le Sénégal en 5 visages (1)

Le Sénégal en 5 visages

 

Dakar : la ville qui affiche ses ambitions

dak

A la faveur des préparatifs du 9e sommet de l’Organisation de la conférence islamique (Oci) qui s’est tenue du 7 au 14 mars 2008, la capitale sénégalaise s’est donné en trois ans un nouveau visage.

 

Aéroport international Léopold Sédar Senghor de Yoff Dakar. Samedi 10 mai 2008. Il est 4h du matin. L’avion de la compagnie Virgin Nigeria vient de se poser. Les passagers dont certains occupent l’appareil depuis la veille, à partir de Douala, via Accra après une longue escale à Lagos, se précipitent dans le bus qui les dirige vers l’aérogare. Dieng Amadou Baye, l’inspecteur de police qui procède au contrôle des passeports semble quelque peu intrigué. « Vous êtes journalistes au Cameroun ? » nous lance-t-il en prenant en main notre passeport. « Mais dites-moi donc… Qu’est ce que j’entends sur Rfi ? Le gouvernement de votre pays ferme les radios et télévisions privées? Mais c’est bien dommage ça... Il faut que les dirigeants africains comprennent que pour faire fonctionner la démocratie il faut absolument laisser travailler les journalistes en toute liberté. Cela fait mal à nous autres Africains d’entendre qu’il y a encore des choses pareilles en Afrique !» La fatigue qui nous tenaille nous empêche de lui répondre. Juste un geste de la tête. Un peu comme pour lui dire en langage bien camerounais : « On va faire comment ? »

Dans le hall de débarquement, un gros portrait de Me Abdoulaye Wade, le président de la République du Sénégal, est ostentatoirement affiché – même si beaucoup de gens n’y font pas attention – avec comme écriteau en dessous « Soyez heureux au Sénégal ». Il est presque 6h du matin quand nous quittons l’aéroport. Mais l’obscurité de la nuit persiste. L’éclat des lumières électriques, mêlé à l’air frais matinal, donne à Dakar que l’on aperçoit de loin un aspect de ville éveillée. Les gens sont debouts ; la circulation paraît intense. Il y a encore 4 ans, lors de notre dernier séjour au pays de la Terrenga, le trajet entre l’aéroport International Léopold Sédar Senghor et le centre ville de Dakar semblait harassant à cause des embouteillages permanents. Mais cette fois, l’impression que donne le trajet est qu’il dégagé. Nous sommes sur une autoroute de trois voies, éclairé de part et d’autre. Pas encore remis de la surprise, malgré le sommeil qui pince. C’est la voix de Alphonse Faye, le chauffeur du bus qui nous conduit au quartier du Plateau, qui nous tranquillise : « Dakar a changé depuis trois ans. Avant, pour passer ici, c’était la mer à boire. Même au petit matin. Vous savez, les Dakarois se lèvent tôt. Mais vous avez vu, les choses ont changé. Comme on dit ici au Sénégal, Wade a beaucoup travaillé ».

Toute la zone du quartier Yoff où est localisé l’aéroport est désormais dégagée. Il s’agit d’une vaste plateforme baptisée VDM (Voie de désenclavement Nord). On y aperçoit des autoroutes entrecoupées d’échangeurs, de tunnels et de ponts. L’autoroute que nous empruntons, et qui côtoie les luxueux quartiers Mermoz et des Almorides, est d’un attrait impressionnant. Les vives lumières des lampadaires publics ingérées par l’éclat du lever du jour finissent de séduire complètement le visiteur qui découvre un nouveau Dakar. Alphonse Faye explique : « Les citoyens de Dakar ont trimé pendant trois ans. Le temps de ces travaux. Il a fallu du courage aux autorités pour les engager. Mais aujourd’hui nous pouvons nous réjouir des résultats. Tout n’est pas encore totalement achevé. Mais depuis 40 ans, on avait pas encore vu autant d’investissements dans le domaine des infrastructures routières dans notre capitale ».

 

Tunnels, ponts et échangeurs

A l’entrée de l’un des grands tunnels nouvellement construits, se dresse une immense photographie. Placardée sur l’édifice, celle-ci présente Me Abdoulaye Wade, debout au milieu de quelques trois cents ouvriers. « Ils ont travaillé dans les différents chantiers ; le président a voulu s’immortaliser avec eux », commente notre chauffeur. De manière unanime au pays de la Terranga, tout le monde s’accorde à dire que le changement que la capitale sénégalaise vient d’enregistrer dans le domaine des infrastructures routières est le fait du président Wade. Ndiaye Diop, journaliste au groupe de presse Sud Quotidien, est de cet avis : « Me Abdoulaye Wade a voulu mettre à profit le sommet de l’Organisation de la conférence Islamique pour changer Dakar. Vous pouvez visiter cette capitale, elle a subi des embellissements remarquables. Au point que Dakar est de nos jours une ville considérablement agréable à vivre. On peut circuler aisément. Du moins, mieux qu’avant. »

Parmi les principales autoroutes construites ou refaites, il y a celle dite de la Corniche, qui débouche sur l’aéroport Léopold Sédar Senghor. Cette autoroute côtoie la mer sur près de 20 km, avec au passage une vue lointaine de l’île de Gorée. Elle dessert également les routes qui vont dans les régions. « En fait, il s’agit d’une route nationale qui constitue la seule porte d’entée et de sortie de Dakar », explique le journaliste Ndiaye Diop. Les ponts qui dataient de l’époque coloniale ont ainsi été détruits et reconstruits. Au point qu’à Dakar, beaucoup de spécialistes n’hésitent pas à dire que pendant au moins 50 ans, la capitale du pays de la Terranga n’aura pas de souci à ce sujet. Ces principaux ponts sont, entre autres, le pont de Yarakh, dans la banlieue de la capitale, le pont de Colobane situé à l’entrée sud de Dakar, le pont de Malexi, vers la base des Sapeurs pompiers, le pont Cyrnos localisé vers le port de Dakar. A cela, on ajoute le grand échangeur de Patte, encore appelé le Pont VDM, avec ses deux points qui débouchent sur l’Aéroport international Léopold Sédar Senghor. Et enfin, il y a le dernier pont, situé sur l’avenue Cheikh Anta Diop près de l’Université du même nom.

 

Le bijou de Wade

Les routes secondaires ont été suffisamment élargies, avec comme embellissements des cocotiers et des dattiers. Les trottoirs ont également été refaits. Mais parmi toutes ces infrastructures, ce que Abdoulaye Wade considère comme étant son bijou, et où il a l’habitude d’amener ses hôtes de marque, est le tunnel de Sombedjoun. Situé face à la mer, sur la Corniche, cette réalisation a coûté au moins 9 milliards de Fcfa. Même si les spécialistes ne sont pas d’accord sur les chiffres. Etant donné les dépassements liés au fait qu’il fallait, dans la réalisation des travaux, combattre l’humidité provenant de la mer. Pour faire entier, les routes des banlieues de Dakar ont également profité des appendices de ces grands travaux. C’est le cas des dessertes de Pekine, Guédiawaye, … toutes situées à 20 km de la capitale sénégalaise. Il en est de même de la route de Rufisque, qui mène vers l’intérieur du pays. Ce sont des routes qui ont été bitumées, avec éclairage sur tous les tronçons. Et pour faciliter la mobilité urbaine des Dakarois à travers la ville, il a fallu penser au mode de transport urbain.

Depuis à peu près 10 ans, la société publique de transport urbain, baptisée Sotrac, a fait faillite et a été liquidée. Au début du règne de Abdoulaye Wade, une nouvelle société publique a été mise en place, la « Dakar Dim Dik». Ce qui signifie en Wolof, « Dakar va et vient ». Il s’agit d’un mode de transport populaire. Pour les fonctionnaires de catégorie inférieure, Abdoulaye Wade et son gouvernement ont suscité à Dakar ce qu’on appelle le Groupement d’Intérêt Economique (GIE). Grâce à l’appui du gouvernement, cette structure à capitaux privés a réussi à remplacer le parc automobile vieillissant des véhicules de transport privé, par l’obtention des minibus de fabrication indienne de marque TATA. Ce sont ces véhicules qui transportent à la fois le bas peuple et les petits fonctionnaires. « A l’origine, il fallait lutter contre les embouteillages. Mais à la fin, avec les nouvelles routes, ces véhicules font l’affaire », commente le journaliste sénégalais Assane Dia. Les véhicules qui constituaient les taxis dakarois eux aussi dévoilaient des états de sénescences. Le gouvernement a aussi pensé à une politique de renouvellement des véhicules, à travers des prêts à des chauffeurs particuliers, pour un montant de 5 millions de Fcfa par personne. Après remboursement, au bout de trois ans, chaque chauffeur ayant bénéficié de ce prêt peut devenir propriétaire. A condition de procéder à des versements mensuels réguliers.

En fait, ce sont des banques qui achètent les véhicules et les replacent à ces chauffeurs particuliers. Les vieux véhicules sont remplacés avec cautionnement. Ce qui fait qu’aujourd’hui, contrairement à un passé récent, les taxis dakarois, sans pour autant avoir les dignes allures des taxis parisiens par exemple, ont une certaine esthétique. On peut donc y circuler dans cette ville aux multiples richesses. Visiter les pittoresques restaurants au bord de la mer. Ou alors aller à la rue Ponty déguster un bon plat de Tsep (riz sénégalais), ou de poulet Nyassa. Le tout sous les regards intrigués des belles Sénégalaises dont le maquillage du corps est généralement envoûtant.

Abdoulaye Wade traîne probablement des casseroles politiques. On se rappelle les critiques acerbes des journalistes sénégalais et même étrangers, sur le fait qu’il ait pris certaines décisions au mépris des principes démocratiques. Mais les Dakarois s’accordent à reconnaître qu’il est en train de réussir le « désenclavement » de la capitale. Une performance que n’arrivent pas à atteindre des chefs d’Etats qui ont pourtant fait un quart de siècle au pouvoir. Le plus intéressant, sans doute, c’est que les autorités n’ont pas commencé par faire le malheur des populations en détruisant leurs baraques, mais elles se sont attaquées d’abord aux grandes infrastructures prioritaires. Elles ont d’entrée de jeu cherché à améliorer le service public avant d’aller fouiller dans les cuisines. Une manière pour eux d’être humanistes d’abord, citoyens ensuite, et professionnels enfin.

Au final, quand on quitte Dakar, de nuit comme de jour, et que l’avion s’élève sur le ciel de cette ville que tutoient les quelques grattes ciel, on a dans l’esprit une certaine nostalgie d’avoir visité une cité en mouvement, et tourné vers un réel changement. Comment ne pas alors avoir, en pensée, l’écriteau porté sur les tricots que tiennent en main à longueur des journées les vendeurs ambulants au quartier Plateau: « Si vous m’énervez, je retourne à Dakar.»

 

Jean François CHANNON

01/07/2008

Lutte anti drogue

Lutte contre la toxicomanie : Le Sénégal s’inspire de l’expérience belge


toxico

Le Sénégal veut s’inspirer de l’expérience belge en matière de lutte contre la toxicomanie. Un fléau qui fait beaucoup de ravages dans le milieu des jeunes. Il est vrai que dans la croisade contre le trafic et la consommation de la drogue, le Sénégal a enregistré de bons résultats avec à la clef d’importantes prises effectuées par les services de sécurité, mais les dealers et autres trafiquants réussissent toujours à déjouer la vigilance des policiers, gendarmes et douaniers pour écouler leurs marchandises avec toutes les conséquences qui en découlent. Beaucoup de jeunes s’adonnent à l’usage de stupéfiants et finissent par devenir des toxicomanes. Des études montrent que la tendance observée est à la hausse. L’usage de la drogue touche toutes les classes sociales.
Face à l’ampleur du phénomène, les autorités sénégalaises tentent de s’opposer en mettant en place des stratégies. C’est ainsi que cette lutte est au centre d’un voyage de stage d’assistants sociaux sénégalais en Belgique pour une durée d’un mois. La mission dirigée par Mandiaye Ndiaye se met à l’école des Belges pour combattre la toxicomanie. Un domaine dans lequel les Belges ont acquis une grande expérience, selon nos interlocuteurs sénégalais. Raison pour laquelle ‘on est venu voir cette expérience pour essayer de l’adapter à nos réalités’, a expliqué Mandiaye Ndiaye. Il s’agit, durant leur séjour, ‘de tirer les enseignements de l’expérience engrangée par nos partenaires’, ajoute-t-il. Cette formation entre dans le cadre d’un accord de coopération entre la Belgique (Wallonie Bruxelles) et le Sénégal, axée sur plusieurs projets, dont celui en faveur de la Direction de l’action sociale et des 42 centres de promotion et de réinsertion sous la tutelle du ministère de la Famille. En matière de lutte contre la toxicomanie, les autorités belges privilégient l’aide aux toxicomanes et leur réinsertion sociale. C’est ainsi qu’elles ont mis en place un cadre appelé : Réseau d’aide aux toxicomanes. Cette structure financée par la Commission de la communauté francophone de la région de Bruxelles-capitale, accompagne les toxicomanes recensés. Le réseau est dirigé par un spécialiste, le Dr Claire Remy. La partie sénégalaise projette de créer la même structure au sein laquelle on retrouve les acteurs impliqués dans la croisade contre la toxicomanie. L’objectif est de faire reculer le fléau et d’assurer une prise en charge correcte des toxicomanes. Karim LO