31/01/2009

Boutiques au Sénégal

10.000 boutiques de référence prévues au Sénégal
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Dix mille boutiques de référence ! C’est que projette de lancer Mamadou Diop « Decroix » pour couvrir toute l’étendue du territoire. Il précédait hier au lancement de 20 « easy boutiques » et à 150 véhicules tricycles aux jeunes de Pikine.
Le ministre du Commerce Mamadou Diop « Decroix » ambitionne d’installer 10.000 magasins de référence dans le pays. « Le président de la République veut installer une boutique dans chaque Communauté rurale, mais nous voulons en créer dix mille au Sénégal », a-t-il indiqué hier aux jeunes de Pikine, lors de l’inauguration de 20 « easy boutiques ».
Ces magasins de référence, initiés par le chef de l’Etat, sont bénéfiques à plus d’un titre. Ils vont permettre, selon le ministre, d’appliquer « le juste prix, l’amélioration de la qualité des produits vendus et l’écoulement de la production locale ». En outre, estime Mamadou Diop « Decroix », l’arrivée de ces boutiques de référence signe comme une révolution dans le département du Commerce.
L’événement du jour est le fruit d’un partenariat entre la ville de Pikine, le Forum banlieue avenir (Foba) et le Groupe Ccbm de Serigne Mboup. Ce dernier prévoit d’installer 600 « easy boutiques » durant la période 2009-2010, pour une valeur de 15 milliards.
A raison de quatre employés par boutique, ce projet va permettre, à terme, la création de 2.400 emplois.
En plus de ces « easy boutiques », un premier lot de 150 tricycles a été remis aux jeunes de Pikine. Le riche partenariat entre Pikine, le Foba et Ccbm prévoit d’en accorder 300 aux jeunes de la banlieue.
Pour Amadou Sy, coordonnateur du Foba, ces tricycles vont leur permettre de participer à la modernisation et à la concrétisation du transport de marchandises en banlieue. « C’est le début d’une ère pour les jeunes de la banlieue », a-t-il ajouté. Et le ministre du Commerce d’indiquer que ces tricycles et ces « easy boutiques » sont le prolongement de la politique du chef de l’Etat, qui avait indiqué lors du Foba, les 18 et 19 novembre derniers, que l’emploi des jeunes de la banlieue constituait l’une de ses grandes préoccupations, ajoute Mamadou Diop, du chef de l’Etat, , .
Serigne Mboup, le patron du Ccbm a, quant lui, rappelé aux bénéficiaires de boutiques de référence qu’ils doivent désormais tout faire pour sauvegarder leur outil de travail.
« Ce ne sera guère une sinécure, a-t-il prévenu. Une seule boutique peut toutefois donner 100 à 200 autres. Mais cela suppose qu’on rembourse régulièrement ».
Il a en outre demandé à tous les Pikinois de soutenir ces jeunes qui pourront bénéficier des « taxis-banlieue », un autre projet qu’il compte lancer.


Maguette NDONG

30/01/2009

Revue de presse Sénégalaise

Revue de la presse sénégalaise
revue de presse
     
     LE SOLEIL : Le fichier électoral sera audité le 10 février  prochain. La décision a été prise hier au cours d'une rencontre  entre les techniciens du ministère de l'Intérieur et les  mandataires du "Front Siggil Sénégal". Les travaux dureront deux  jours. 

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     CYBERPRESSE : L'ancien Premier ministre sénégalais Macky Sall,  mis en cause par le gouvernement dans une affaire de blanchiment,  a affirmé n'avoir "jamais re?u un franc du président (gabonais  Omar) Bongo" mais a admis lui avoir écrit pour demander des  "conseils" et un "soutien". 

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     LE QUOTIDIEN : Les 174 milliards de francs Cfa débloqués par  l'Etat sont presque épuisés, mais les arriérés de la dette  enregistrés ne semblent pas avoir été entamés. Dans sa volonté de  liquider ce qui peut l'être tout en satisfaisant ses partenaires  du Fmi, le gouvernement veut trouver 65 milliards de francs. Mais, personne ne s'empresse de les lui avancer. Et le temps passe. 

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     SUD QUOTIDIEN : La recrudescence des manifestations et autres  agissements dans les milieux scolaire et universitaire n'est autre qu'une manipulation politique orchestrée par l'opposition  sénégalaise. En substance, c'est ce que relève le communiqué du  Conseil des ministres parvenu hier, jeudi 29 janvier à la  Rédaction de Sud quotidien. 

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     L'OBSERVATEUR : Le représentant régional de l'Office des  nations unies contre la drogue et le crime pour l'Afrique de  l'Ouest et l'Afrique Centrale (UNUDC), Antonio Matzitelli révèle,  dans cet entretien, le mécanisme des trafiquants de drogue au  Sénégal et en Afrique. Il démonte aussi les procédés du  blanchiment de l'argent sale dans les 23 pays d'Afrique de l'Ouest et du centre couverts par l'organisation basée à Dakar.

La Chine finance le Sénégal

La Chine accorde un prêt de 27,5 milliards de FCFA au Sénégal
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La Chine et le Sénégal ont convenu, jeudi, d'un accord de coopération technique et économie d'un montant de 80 millions de yuans (environ 11.689.000 dollars US) pour la réhabilitation de 11 stades régionaux, ainsi que la construction d'un Musée des civilisations noires, du Grand théâtre national du Sénégal et d'un hôpital pédiatrique à Pikine, dans la banlieue de Dakar, a-t- on appris de source officielle.

L'accord de financement, non-remboursable, a été signé par le ministre d'Etat, ministre de l'Economie et des Finances du Sénégal, Abdoulaye Diop et l'ambassadeur de Chine à Dakar, Lu Shaye.

Ce nouveau financement porte à 390 millions de yuans, soit près de 56.982.000 dollars US, la contribution totale de la Chine à la réalisation de ces quatre projets d'équipements et d'infrastructures qui entrent dans le cadre du programme destiné à la jeunesse et à la culture au Sénégal.

Dans le cadre de leur coopération bilatérale, la Chine et le Sénégal, ont conclu en novembre dernier, un accord d'aide non remboursable de 70 millions de yuans, soit 10.227.000 dollars US et le 06 janvier courant, deux autres accords cadres de prêt ont été signés pour la construction du réseau national de sécurité et celui de renouvellement d'une partie d'un parc d'autobus.

Précédemment, quatre subventions respectivement de, 30, 60, 80 et 70 millions de yuans soit au total près de 35.066.000 dollars US, ont été signées en janvier et juin 2006 et en juillet et décembre 2007.

Selon Lu Shaye, la Chine va respecter fermement ses engagements d'aide et de coopération à l'égard d'autres pays en voie de développement notamment, africains, bien qu'étant le plus grand pays en voie de développement et subissant présentement les énormes difficultés liées au choc de la crise financière et économique mondiale.

Hommage à Mermoz à Dakar

Hommage à Jean Mermoz à Dakar
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Un hommage au célèbre pilote français Jean Mermoz a été rendu aujourd'hui à Dakar par les autorités françaises et sénégalaises à la base de Bel Air, d'où l'aviateur de légende était parti en 1936 avant de s'écraser dans l'Atlantique, a constaté un journaliste de l'AFP.

Une stèle représentant l'avant de son hydravion, la "Croix du Sud, a été inaugurée sur le site de la base, qui accueille aujourd'hui le 23e bataillon d'infanterie de marine (Bima) de l'armée française.

"Sur ce site plane toujours et pour longtemps, un homme de légende, Jean Mermoz" qui "est entré dans la geste des hommes d'exception", a souligné dans un discours le général Olivier Paulus, commandant des forces françaises au Sénégal.

Une exposition avec des photos parfois inédites a été présentée à cette occasion. Elle sera ensuite visible dans plusieurs écoles et centres culturels du Sénégal.

Des toiles inspirées de l'aventure de l'Aéropostale, de l'artiste belge Maya Van Bellinghen, ont été exposées dans le "hangar des hydravions", un bâtiment d'époque, témoin du dernier voyage de Jean Mermoz, surnommé "l'Archange".

A Dakar, une stèle rend déjà hommage au célèbre pilote dans le quartier Ouakam et le lycée français porte son nom. Un musée consacrée à l'Aéropostale existe aussi à Saint-Louis (nord).

29/01/2009

Faire croître le tourisme au Sénégal

Abdoulaye NDIAYE, expert en commerce des services :‘Il faudra être agressif pour développer le tourisme au Sénégal’
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L'Afrique de l'Ouest peut tirer beaucoup de profit de l'inclusion du commerce des services dans les Accords de partenariat économique (Ape) avec l'Union européenne (Ue). Expert dans ce secteur, Abdoulaye Ndiaye explique dans l'entretien qu'il nous a accordé pourquoi les Africains devraient saisir cette opportunité. Le consultant international regrette toutefois l'exploitation insuffisante des potentialités touristiques du Sénégal. Pour le directeur général du cabinet ’Agir et Promouvoir’, le Sénégal aurait pu rivaliser avec ses concurrents comme le Maroc, la Tunisie ou le Kenya si toutes ses potentialités avaient été exploitées.
Wal Fadjri : Qu'est-ce que l'Afrique de l'Ouest peut gagner en acceptant de libéraliser le commerce des services dans le cadre des Accords de partenariat économique (Ape) ?
Abdoulaye Ndiaye : Le commerce des services est un secteur important pour nos économies. Pour vous donner juste une idée, au Sénégal, ce secteur, comparé à celui de l'industrie et de l'agriculture, représente 63 % du produit intérieur brut (Pib). C'est-à-dire que 63 % de la création des richesses sont réalisés par ce secteur. Il reste au Sénégal d’avoir une politique cohérente et dynamique de développement du secteur des services qui est générateur d'emplois. Pour saisir l’importance du secteur des services dans l’économie, il faut raisonner en termes de grappe. A titre d'exemple, le secteur des télécommunications crée des milliers d'emplois directs et indirects à travers les fournisseurs d'accès, les cybercafés et même des revendeurs de cartes de crédit dans les rues, etc. Si nous prenons le secteur du tourisme, il fait fonctionner de nombreuses entreprises telles que les hôtels, les restaurants, les transports, l'artisanat, dont l’importance dans l’économie n’est plus à démontrer. Il y a, bien entendu, d’autres grappes importantes comme le secteur du Btp qui fait fonctionner les entreprises de construction, les différents corps de métiers (plomberie, électricité, peinture, étanchéité, etc.), le transport, les carrières, les cimenteries, etc. Le Sénégal dispose d’un potentiel d’exportation important dans tous ces secteurs qui sont à haute intensité de main-d’œuvre.
Le commerce des services nous donne deux types d'opportunités. Il nous permet, à travers l'Ape, d'exporter nos services vers l'Europe qui reste notre principal partenaire commercial. Il nous donne aussi l’opportunité de développer des services qui sont essentiels pour notre développement grâce aux investissements directs étrangers (Ide). Concernant le premier type d’opportunités, à l'heure où nous parlons, il y a des sociétés qui exportent des services non seulement dans l'espace de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), mais également vers l'Union européenne. Pour illustrer cela, prenons le cas des centres d'appel. A partir du Sénégal, les opérateurs de ces centres vendent des services à des clients européens en émettant des appels (cas du télémarketing) ou en recevant des appels (prise de rendez-vous ou fourniture d’informations). Si nous prenons le secteur touristique, les touristes qui arrivent au Sénégal dépensent des devises au profit des structures qui les accueillent. Je peux citer beaucoup d'exemples du genre comme les nombreux étudiants qui viennent étudier chez nous. Cette exportation des services est multiforme. Pour le second type d’opportunités, on peut noter le développement fulgurant de la téléphonie mobile grâce à l’ouverture de ce secteur à la concurrence. Aujourd’hui, le Sénégal est l’un des pays africains où le tarif de communications internationales est le moins cher.
Wal Fadjri : Quelles sont les modalités d'exportation des services ?
Abdoulaye Ndiaye : L'exportation des services se fait selon les quatre modes définis par l'Organisation mondiale du commerce (Omc). Le mode 1, c'est quand les services quittent le Sénégal pour aller vers l'extérieur comme les centres d'appel ou un expert sénégalais qui fait une étude pour un client étranger. Le mode 2, c'est quand un client étranger quitte son pays pour venir consommer des services au Sénégal comme le tourisme ou bien des étudiants qui viennent au Sénégal pour se faire former. Le mode 3, c'est lorsque le prestataire sénégalais va s'installer quelque part en Afrique ou en Europe pour faire des prestations, en ouvrant une succursale ou une filiale (comme une agence de voyage qui souhaite prospecter et capter les touristes européens). Et le mode 4, c'est lorsque le prestataire se déplace lui-même à l'étranger pour faire ses prestations et revient au Sénégal (ce mode est bien connu de nos artistes). C'est une définition qui est mondialement reconnue par tous les pays membres de l'Omc et qui leur permet de parler le même langage dans les négociations commerciales.
Wal Fadjri : Concernant le tourisme, quelles sont les conditions pour réussir l'exportation de services ?
Abdoulaye Ndiaye : Pour réussir dans l'exportation des services du tourisme, il faut réunir deux conditions majeures (mais il y en a d'autres). La première, c'est d'avoir de bonnes infrastructures et la seconde est de disposer de ressources humaines qualifiées et le tout doit être compétitif. Il y a des pays qui n'ont pas une capacité importante d'accueil des touristes. Au Sénégal, on avait investi dans le tourisme balnéaire. Nous connaissons tous la station balnéaire de Saly Portudal à Mbour avec le taux de croissance qu'il a connu au cours des trente dernières années. Il y a aussi le tourisme d'affaires avec l'organisation de séminaires et autres rencontres internationales que le Sénégal abrite. Nous pouvons aussi en citer d'autres comme le tourisme de découverte (en milieu rural ou villageois). Ce que je veux dire, c'est que, pour chacun de ces différents types de tourisme, on peut offrir un package de services aux touristes. Ce package comprend l'hébergement, le transport, la restauration, la visite de sites, car le touriste raisonne de manière globale et compare la destination Sénégal avec d’autres destinations. Aujourd’hui, des hôtels sont en train d'être construits. Et nous devons continuer dans cette dynamique, malgré la crise que nous vivons, car il s’agit d’un investissement qui s’inscrit dans le long terme.
Actuellement, nous accueillons moins d'un million de touristes alors que nous aurions dû en accueillir ou recevoir deux à trois millions, c'est-à-dire trois fois plus. Je donne l'exemple de Singapour qui, avec ses trois millions d'habitants, reçoit trois millions de touristes. Cela veut dire que nous aurions pu faire plus. Autrement dit, nous n'avons pas encore exploité toutes les potentielles touristiques du Sénégal. On devrait faire un marketing beaucoup plus agressif auprès des marchés émetteurs. Notamment la France où nous pouvons démultiplier le nombre d'arrivées de touristes. On peut aussi citer l’Espagne, l’Italie et les Etats-Unis où les Sénégalais sont fortement implantés depuis de nombreuses années. Pour une bonne politique commerciale touristique, il faut s'appuyer, en matière de macro-marketing, sur la diaspora. Ces Sénégalais de l'extérieur ont des connaissances, des relations et peuvent nous aider à mieux vendre la destination Sénégal. Il faut simplement les motiver, les intéresser. Un seul hôtel ou une agence touristique peut travailler pour le compte de l'ensemble de la profession. Si les professionnels du tourisme, qui sont regroupés dans un syndicat, travaillent avec l'Etat et définissent les conditions pour vendre la destination, ces Sénégalais de l'extérieur qui cherchent du travail dans leurs pays d'accueil respectifs pourront utiliser leurs connaissances, leurs relations et leur main-d’œuvre pour faire venir des touristes en jouant le rôle de Tour operator (To). Car ces Sénégalais de la diaspora sont mieux placés pour vendre la destination. Ils connaissent nos réalités socioculturelles et ils ont suffisamment d'arguments marketing pour le faire. Il suffit de les former un peu sur les techniques marketing, sur la connaissance du secteur touristique. En dynamisant le marketing touristique, nous pouvons arriver à vendre la destination Sénégal.
Wal Fadjri : Pourtant, les autorités politiques sont dans cette dynamique avec l'ouverture d'un bureau à New York et d'autres qui sont envisagés en Europe. Ces bureaux ne pourront-ils pas faire l'affaire ?
Abdoulaye Ndiaye : Je ne parle pas de bureaux qui sont ouverts en Europe ou aux Etats-Unis où les touristes viennent demander des renseignements. Je parle des personnes qui vont créer leur société pour se lancer sur les marchés émetteurs parce qu'ils savent que, pour chaque touriste qu'ils emmènent au Sénégal, ils auront une commission. Nous sommes dans le domaine du business. Si nous le faisons, ce sera bénéfique aussi bien pour l’Etat et l’industrie touristique que pour la diaspora. Il faut aussi changer de formule et faire preuve d’innovation. C'est-à-dire que le touriste peut venir au Sénégal et s'intéresser en même temps au Mali. Dans ce cas, rien ne nous interdit de nous associer avec le Mali pour vendre le tourisme régional. Ce qui est vrai pour le Mali, l’est également pour la Guinée et la Guinée-Bissau. Ce sont là des produits d'innovation que nous pouvons mettre sur le marché pour nous distinguer et rendre notre destination plus attractive. Enfin, il faut jouer sur les infrastructures et les ressources humaines qui sont des facteurs-clés de succès. Il est important de mettre l'accent sur la formation. Il faut qu'on cesse de comparer le Sénégal avec le reste de la sous-région. Il faut nous comparer avec des pays comme la Tunisie ou le Kenya. C'est à ce moment qu'on saura si notre main-d'œuvre est qualifiée ou pas, si elle est de dimension internationale ou pas. Et à ce niveau, il y a des efforts à faire pour rendre encore plus professionnelle notre main-d'œuvre qui est déjà qualifiée certes, mais cela ne suffit pas.
Wal Fadjri : Mais le problème, c'est aussi l'instabilité gouvernementale. A ce rythme de changement fréquent du ministre du Tourisme, peut-on avoir de bons résultats ?
Abdoulaye Ndiaye : Pour développer un secteur comme celui du tourisme, il faut avoir une vision à long terme. L'un des inconvénients des gouvernements africains, c'est que très souvent, on met en place des équipes qui ont des mandats limités. Les gouvernants essayent de faire le maximum pour avoir des résultats visibles et palpables dans l'immédiat. Il faut se mettre en tête qu'il est possible que les actions qu'on mène maintenant ne puissent avoir d'effets ou d'impacts positifs que dans le moyen ou long terme. En effet, le caractère éphémère d’une fonction ministérielle met les personnes qui les occupent dans une pression telle qu’elles arrivent souvent à perdre toute perspective à long terme. Mais il faut changer d'optique, c'est-à-dire changer la manière dont on évalue nos politiciens. On peut ainsi fixer au ministre un objectif clair qu'il doit atteindre dans un délai de dix ans par exemple. Et d'ici là, il peut avoir un plan cohérent ou une stratégie cohérente pour au moins commencer le travail. Même s'il ne termine pas son mandat à cause d'un changement de gouvernement, son remplaçant pourra continuer le travail. Dans la plupart des cas en Afrique, quand un nouveau ministre arrive, c'est un éternel recommencement. Il change d'équipe. Mais nos pays ont besoin d’une administration stable, qui s'inscrit dans la durée. Quand il y a une stratégie cohérente, il ne faut pas qu'on la change sous prétexte que le régime ou le ministre a changé.
Wal Fadjri : La Stratégie de croissance accélérée (Sca) qui a choisi le tourisme comme tête de grappe peut-elle régler ce problème d'instabilité ?
Abdoulaye Ndiaye : Absolument. Quand on parle de stratégie, on s'inscrit dans le long terme. Nous devons donc prendre des dispositions de façon durable afin que, dans le moyen et long terme, on puisse avoir un secteur touristique dynamique, compétitif pour démultiplier son chiffre d’affaires et surtout sa contribution dans le Pib. Cela signifie qu’il faudra rendre professionnelle toute la filière. Mais si nous avons des hôtels de quatre étoiles et que nous trouvons de vieux taxis devant leurs portes, cela pose un problème d'image et même de sécurité. Heureusement que le parc commence à rajeunir. Il faut une cohérence dans toute la filière.
A propos de la sécurité d'ailleurs, il y avait une police touristique. Je ne la vois plus. Je ne sais pas si elle existe toujours, mais c'est sécurisant pour les touristes de voir une voiture sur laquelle on écrit police touristique. Peut-être qu’elle fait son travail dans la discrétion… Dans tous les cas, c'est un signal très fort pour les touristes qui débarquent au Sénégal de voir qu’on se soucie de leur sécurité. Cela les met en confiance.
La Sca peut régler ce problème à condition d'avoir une vision, des objectifs à long terme, des plans d'action opérationnels où chaque acteur aura sa responsabilité. Sur cette base, il faut mettre en place un meilleur cadre juridique et réglementaire qui permettra à l’Etat de jouer le rôle d'accompagnement. J'ai l'habitude de dire que la dimension juridique est un instrument d'accompagnement. Elle n'est pas une finalité, c'est un moyen. Il faut d'abord définir ce qu'on veut faire et mettre en place un cadre juridique approprié. Mais on ne doit pas commencer par mettre en place un cadre juridique et dire ensuite que ça va marcher. Cela ne marchera pas.
Wal Fadjri : Quelle doit être l'attitude des gouvernants face à la crise financière et économique dont les effets se sont fait sentir sur le secteur touristique ?
Abdoulaye Ndiaye : Il est établi qu'en cas de crise financière de dimension internationale, les voyageurs qui n'ont pas de pouvoir d'achat assez élevé ont tendance à rester chez eux. Ils vont d’abord penser à se nourrir et se loger, avant de songer aux loisirs. Donc, il y aura forcément un effet négatif sur le secteur du tourisme. Mais je ne sais pas si l'impact sera important. Il faut analyser la situation pour voir quelle stratégie mettre en œuvre pour y faire face. Nous pouvons par exemple offrir un package touristique et des conditions d'hébergement compétitifs par rapport à la Tunisie, au Maroc et au Kenya. Si nous sommes compétitifs au niveau du tarif d’hébergement et du coût du transport aérien, on pourrait y arriver.
Wal Fadjri : Mais le transport aérien pose problème…
Abdoulaye Ndiaye : Le transport aérien est un élément important du secteur du tourisme. Et le gouvernement en est conscient. A un certain moment donné, le Sénégal avait même créé un ministère du Tourisme et du Transport aérien. C'était un ministère pertinent. Si le tourisme est un secteur important, il faut l'accompagner par le transport aérien. Si le transport aérien est cher, il devient un goulot d’étranglement majeur et il y aura moins de touristes. Alors que de nombreux touristes d’affaires viennent de la sous-région (participants aux séminaires, étudiants, etc.) qui fait partie des zones les plus chères au monde. Le tarif Dakar-Abidjan par exemple est plus cher que Paris-New York. Il faut donc réduire le coût du transport. L'Etat doit régler cette question pour aider les professionnels qui ont beaucoup de charges. Ils ne doivent pas vendre à perte. L'Etat doit faire quelque chose pour leur alléger la fiscalité, réduire certaines taxes.
Wal Fadjri : Revenons au débat relatif à l'inclusion du commerce des services dans les Ape. Les Africains de la sous-région sont-ils prêts pour faire face aux Européens qui semblent maîtriser les rouages des négociations ?
Abdoulaye Ndiaye : Je ne peux pas le dire. Quand on parle des Africains, il faut savoir à qui on s'adresse. Dans ces négociations, les gouvernements sont fortement impliqués à travers les ministères du Commerce. Malheureusement, ce n’est pas le cas du secteur privé en général. Il ne faut pas perdre de vue que lorsqu’on négocie un accord commercial, on le fait pour son secteur privé qui reste le moteur du développement. Le gouvernement ne peut pas aller négocier en ignorant le secteur privé. Au Sénégal, ce n'est heureusement pas le cas. Le patronat est impliqué et certaines réunions de concertation ont d’ailleurs lieu chez lui. Mais au sein du patronat, tout le monde n'est pas impliqué. Dans les réunions de concertation en Afrique de l’Ouest, on retrouve à peu près les mêmes personnes, qu’elles soient du public ou du privé. Mais force est de constater que l’information n’est pas suffisamment répercutée auprès des autres acteurs au niveau national. Les gens seront toujours sceptiques parce que quand quelqu'un ne comprend pas, il se met sur la défensive en dressant des barrières. C'est ce qui s'est passé, en partie, l'année dernière avec l'échec de la signature des Ape.
Wal Fadjri : Et l'obstacle des visas, comment il va se résoudre ?
Abdoulaye Ndiaye : L'installation en Europe coûte cher pour les exportateurs de services. Pour pénétrer le marché européen, il est nécessaire de maîtriser la réglementation. Malheureusement, ce n'est pas souvent le cas. Le problème se pose surtout pour les Sénégalais qui doivent se rendre en Europe pour faire leurs prestations de service. Nous savons que quand vous êtes un professionnel et que vous prévoyez de faire un séminaire dans une ville européenne comme Paris, d'ici trois mois, il y a beaucoup d'exigences. Cela demande que vous puissiez réserver à l'avance la salle du séminaire, que vous puissiez faire des lettres d'invitation, envoyer des prospectus, etc. En résumé, vous engagez un certain nombre de dépenses. Mais au moment où vous vous rendez à l'ambassade pour demander un visa, les autorités consulaires peuvent vous le refuser. Souvent ce refus, dans la plupart des cas, est basé sur un pouvoir discrétionnaire, c'est-à-dire sur le bon vouloir de la personne qui s’occupe de l’octroi du visa. Même si vous avez tous les documents, vous ne pouvez rien faire. C'est ce pouvoir discrétionnaire qu'il faut lever. Ce que nous revendiquons, c'est de faire en sorte que les professionnels qui veulent voyager pour des besoins de leur métier puissent avoir la garantie d'obtention d'un visa professionnel. C'est ça qui donne la prévisibilité dans le domaine des affaires, des services. Cette prévisibilité est une notion chère à l'Organisation mondiale du commerce (Omc) et est même défendue par l'Union européenne. L'Ue exige la prévisibilité pour ses investissements. Alors, pourquoi pas l’Afrique de l’Ouest ?
Wal Fadjri : Pourtant, les Européens s'installent facilement au Sénégal. N’est-il pas temps d’appliquer la règle de la réciprocité ?
Abdoulaye Ndiaye : Ce n'est pas si évident que ça. Nous sommes un pays en développement. Nous avons besoin de l'investissement direct étranger (Ide) pour nous développer. Nous n'avons pas toutes les compétences, ni toute la technologie dont nous avons besoin et encore moins les moyens financiers nécessaires à la réalisation des investissements. Nous avons donc intérêt à les accueillir et non les repousser ou les faire fuir. C'est pourquoi l'Etat a créé l'Agence chargée des grands travaux et de la promotion des investissements (Apix) pour faciliter l'installation des investisseurs étrangers. Par contre eux, ils n'ont pas tellement besoin de nous chez eux. Il nous appartient donc d’être proactif en constituant un dossier solide bien argumenté et en faisant aussi du lobbying car dans ce monde, frappé par la crise, tout s’obtient à l’arraché.
Wal Fadjri : Mais beaucoup de professionnels déplorent ce qu'ils appellent l'inégalité dans l'attribution des marchés européens.
Abdoulaye Ndiaye : Il y a une méconnaissance des procédures de l'Union européenne de la part des consultants et des bureaux d'études africains. Il est possible d'avoir des contrats avec l'Ue. Il nous est, en effet, arrivé de soumissionner des appels d'offres de l'Ue que nous avons remportés face à des concurrents européens. Par contre, ce que nous constatons, la Commission européenne a tendance à présélectionner des cabinets européens au détriment des cabinets africains. La présélection a comme effet d’éliminer de la compétition tous les cabinets qui ne sont pas sur la liste. S’agit-il d’une situation délibérée ou d’une méconnaissance des compétences africaines ? Dans tous les cas, la balle est dans le camp des Africains et l’Ape leur donne une opportunité pour lever toutes ces contraintes.


Propos recueillis par Ndakhté M. GAYE

28/01/2009

Revue de la presse sénégalaise

Revue de la presse sénégalaise
presse
     

     LE SOLEIL : Macky Sall, ancien président de l'Assemblée  nationale et un autre Sénégalais du nom d'Abdoulaye Sall, résident au Gabon, ont été cités dans une affaire de "blanchiment d'argent  sale", par le ministère de l'Intérieur. Mais son camp parle "  d'agression de plus "et prend à témoin l'opinion nationale et  internationale. 

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     LE QUOTIDIEN : Hier, jusqu'à une heure du matin, la maison de  Macky Sall refusait du monde. Ses avocats et son parti politique y tenaient un point de presse pour dénoncer "les tentatives de  liquidation" et la calomnie. Ils appellent aussi à la mobilisation contre "l'autoritarisme". C'était le premier épisode d'un  feuilleton politico-judiciaire qui s'annonce.  

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     SUD QUOTIDIEN : Des fourgonnettes de la Police nationale  étaient stationnées hier, lundi 26 janvier, devant le domicile de  Macky Sall, ancien Président de l'Assemblée qu'un communiqué du  ministère de l'Intérieur accuse d'appartenir à un "réseau de  blanchiment d'argent sale", de même qu'un autre Sénégalais vivant  au Gabon, du nom d' Abdoulaye Salli Sall. Ce dernier, de retour au Sénégal, est cueilli par la police et déféré au Parquet. On  l'accuse de "délit de défaut de permis". Il passe ce mardi devant  le juge. 

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     REWMI : L'ancien président de l'Assemblée nationale, Macky Sall, serait impliqué dans un réseau de blanchiment d'argent sale en  compagnie d'un autre Sénégalais résident au Gabon et d'un chef  d'Etat africain, d'après le ministère de l'Intérieur.  

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     L'OBSERVATEUR : L'ancien président du gouvernement du Sénégal  (équivalent d'un Premier ministre), Mamadou Dia, est décédé le 25  janvier dernier presque centenaire, à 99 ans. Ainsi prend fin  définitivement l'histoire entre deux hommes (Senghor et Dia) aux  égos semblables qui étaient au sommet de l'Etat sénégalais et dont les conflits ont secoué la République.

Bignona (Casamance) attaque d'une bande armée

Attaque d’une bande armée à Karong
Bignona plus que 8 km

Une bande armée de 15 personnes a opéré un braquage lundi vers 17 heures à hauteur du village de Karong (département de Bignona), a appris mardi de source militaire à Ziguinchor le correspondant permanent de l’APS dans la capitale du sud.
Selon le Lieutenant Mamadou Lamine Camara, officier de communication de la Zone militaire 5, l’attaque est intervenue quinze minutes après le départ des militaires qui patrouillaient dans la zone.
’’En 15 minutes, a-t-il indiqué, une bande de 15 personnes s’est attaquée à 5 véhicules et emporté des portables’’.
Selon une radio locale, les assaillants ont particulièrement ciblé une boutique de vente de produits ‘’Orange’’ où ils se sont emparés d’importantes cartes de crédit.
Alertés, les militaires sont immédiatement revenus sur lieux et ont eu ‘’des échanges de coups de feu avec les bandits’’, a ajouté Mamadou Lamine Camara signalant que les assaillants habillés en civils se mélangés à la population.
D’habitude, selon le militaire, il y a dans cette zone une patrouille qui fait la ronde toutes les 15 minutes. Et depuis l’attaque d’hier, ‘’l’armée a bouclé tout le secteur’, a-t-il indiqué.
Lors d’une conférence de presse le 17 janvier, le Commandant de la Zone militaire 5 Paul Ndiaye se félicitait de l’absence de braquages depuis quelques temps dans la région.
Le même jour, l’armée sénégalaise lançait une opération de sécurisation fluviale dans la région de Ziguinchor. Cette opération venait s’ajouter à l’installation d’un poste de cantonnement sur l’île de Djiogué où étaient notés des pillages de boutiques.
Depuis lors, des hélicoptères survolent quotidiennement la ville de Ziguinchor.
L’opération appuyée par des moyens aérien et naval consiste à sécuriser le fleuve Casamance et ses affluents, les bolongs ‘’où se développe un trafic de tout genre’’, avait expliqué le Commandant de la Zone militaire 5.
Le Colonel Paul Ndiaye qui faisait ’’une évaluation’’ de la situation sécuritaire dans la région de Ziguinchor, ’’relativement calme’’, selon lui, avait soutenu qu’il ’’faut assurer la sécurité des personnes et des biens quel qu’en soit le prix’’.
Paul Ndiaye avait déploré la ’’complicité’’ de certaines populations dont des ’’jeunes’’ dans des opérations de braquage.


APS

27/01/2009

La presse Sénégalaise muselée

Sénégal : Le directeur de publication emprisonné El Malick Seck à nouveau condamné pour diffamation
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Pour la troisième fois en quatre mois, El Malick Seck, directeur de publication de "24 Heures Chrono", un journal indépendant basé à Dakar, a été condamné pour diffamation contre certains responsables importants du gouvernement sénégalais.
Le 12 septembre 2008, il a été condamné à trois ans de prison pour diffamation contre le Président Abdoulaye Wade et son fils. Le journal "24 Heures Chrono" a également été suspendu pour une période de trois mois pour le même délit. Après avoir purgé sa suspension, le journal est à nouveau dans les kiosques.
Le 23 décembre 2008, Seck a été condamné à une peine supplémentaire de six mois pour diffamation contre Cheikh Tidiane Sy, ministre de l’Intérieur. En plus de ce verdict, le directeur de publication a été condamné à payer une amende de FCFA 250 000 (environ 560 $US) ainsi que la somme de FCFA 20 millions (environ 66 600 $US) au ministre à titre de dommages-intérêts.
Cette dernière condamnation fait suite à la publication d’un article dans le numéro du 14 juillet 2008 du journal prétendant que Sy était impliqué dans le meurtre d’un juge français à Djibouti. Selon la publication, un document de l’Agence américaine de Développement International (USAID) a confirmé que Sy avait travaillé pour des assassins à Washington.
Par ailleurs, dans un autre procès en diffamation institué contre Seck et Maké Dagnokho, reporter de "24 Heures Chrono", les deux ont été condamnés à un an de prison avec sursis pour avoir diffamé Pape Massène Sène, secrétaire-général du ministère de la Culture. Les deux ont également été condamnés à verser chacun une amende de FCFA 250 000, ainsi que FCFA 20 millions à titre de dommages-intérêts à Sène.
MFWA est inquiète des verdicts extrêmement sévères et des amendes exorbitantes infligés aux journalistes et aux médias du Sénégal. Ces décisions ont tendance à toucher la liberté des médias.
MFWA exhorte vivement les autorités sénégalaises à abroger toutes les législations répressives.

Argent Français pour les migrants Sénégalais

CO-DÉVELOPPEMENT FRANCE-SENEGAL : 7,2 milliards pour accompagner les migrants
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Deux conventions de financement d’un montant global de 7, 2 milliards de Fcfa ont été signées hier entre le ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Diop et Jean-Christophe Rufin, ambassadeur de France au Sénégal.
Voici une action de plus qui s’inscrit dans le compagnonnage entre le Sénégal et la France pour appuyer les initiatives de développement des ressortissants sénégalais établis en France. Les conventions de 7,2 milliards de Fcfa signées hier, sous forme de subventions, constituent en effet un prolongement des actions conclues par les deux pays afin de soutenir le projet « Initiatives de co-développement » et dont les résultats ont été jugés très satisfaisants.
La première, qui est de 1,3 milliard de Fcfa va permettre d’appuyer les initiatives pour la réalisation d’infrastructures socio-économiques dans les régions d’origines des initiateurs. Les résultats de la première phase portant sur des secteurs aussi sensibles que l’Education, la Santé et l’Hydraulique rurale, ont été menés par les migrants dans les régions de Matam, Tambacounda, Saint-Louis et Louga, en 2005, ont été jugés très positifs, avec un taux de 95 % de réalisation. Et, à en croire, Abdoulaye Diop, elles sont en parfaite adéquation avec le Dsrp.
La seconde convention de 5,9 milliards de Fcfa est destinée au Programme d’appui aux initiatives de solidarité pour le développement (Paisd) qui s’étale sur la période 2009-2011, avec pour ambition de renforcer les initiatives de la communauté sénégalaise établis à l’étranger, afin de les assister dans les actions de développement au profit de leur pays d’origine. Cinq axes sont retenus, notamment l’accompagnement des initiatives économiques, la mobilisation de la diaspora qualifiée, l’appui au développement local, le volontariat pour le développement et le désenclavement numérique des régions périphériques du Sénégal.


Adama MBODJ

L'ex 1er ministre Sénégalais a des ennuis...


Des ennuis judiciaires pour l'ex-Premier ministre Macky Sall
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 A moins de deux mois d'importantes élections locales au Sénégal, le gouvernement a mis en cause un ancien Premier ministre récemment tombé en disgrâce, Macky Sall, dans une affaire de blanchiment d'argent pour laquelle il a été convoqué mardi par la police.

L'entourage de M. Sall, également ancien président de l'Assemblée nationale et ex-numéro 2 du parti présidentiel, a immédiatement dénoncé une "pure calomnie" et une "vaine tentative de liquidation" d'un concurrent politique et éventuel candidat à la présidence.

"Il s'agit d'une +criminalisation+ des opposants qui sont des présidentiables", a affirmé Alioune Tine, responsable de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Raddho), basée à Dakar et considérée comme une des principales ONG de ce type en Afrique.

"Cela permet de tenir Macky Sall en laisse car il constitue une menace pour Karim Wade", fils du président Abdoulaye Wade, 82 ans, au pouvoir depuis 2000, a-t-il ajouté.

"Tout le monde est abasourdi par ce qui se passe au Sénégal. Nous lançons un appel à la communauté nationale et internationale face aux menaces pesant sur les libertés politiques", a-t-il poursuivi.

Agé de 40 ans, Karim Wade, conseiller de son père à la présidence, est entré officiellement dans l'arène politique la semaine dernière comme candidat aux élections municipales du 22 mars à Dakar sur une liste de la coalition Sopi (au pouvoir).

Karim Wade n'a jamais évoqué publiquement d'autres ambitions politiques mais la presse privée sénégalaise ne cesse de le présenter comme le dauphin du chef de l'Etat, en vue du scrutin présidentiel de 2012.

"En moins de deux mois", l'Alliance pour la République (APR-Yakaar), créée par Macky Sall début décembre, s'est alliée à l'opposition "et pu présenter des listes sur toutes l'étendue du territoire", a souligné le porte-parole du parti Seydou Gueye.

"En terme de menace politique, c'est un candidat sérieux. Mais à chaque fois qu'un adversaire sérieux est un prétendant à la succession (du président Wade), il ne dort plus tranquillement", a-t-il assuré.

Le ministère sénégalais de l'Intérieur avait fait état lundi soir dans un communiqué de "l'existence d'un réseau de blanchiment d'argent sale impliquant Macky Sall (...) et Abdoulaye Sall, de nationalité sénégalaise résidant au Gabon".


"Dans le cadre de l'enquête ouverte, les services compétents ont alors intercepté des correspondances avec un chef d'Etat africain tendant à avaliser l'idée que les fonds incriminés proviendraient de ce dernier", selon le texte, qui ne précise pas l'identité du chef d'Etat en question.

Selon l'APR, Abdoulaye Sall, qui était en provenance de Libreville, a été minutieusement fouillé samedi à l'aéroport de Dakar avant d'être arrêté lundi car il avait un permis de conduire gabonais mais pas sénégalais.

Responsable du Forum civil, branche sénégalaise de l'ONG spécialisée dans la lutte contre la corruption Transparency International, Mohamadou Mbodj "reste très dubitatif" sur cette affaire de blanchiment: "on est allé trop vite en besogne, l'enquête doit être longue, ce n'est pas du flagrant délit".
"On a l'impression que c'est la réédition de l'affaire Idrissa Seck", ex-Premier ministre (2002-2004), accusé de malversation et emprisonné pendant près de sept mois en 2005-06, a-t-il conclu.
AFP

26/01/2009

Nouveau portail pour les migrants sénégalais

Un nouveau portail pour les migrants sénégalais : Tukki.info, la destination virtuelle des migrants
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Après lerufisquois.com, septième portail d’informations générales du pays, La Convergence technologique lance un nouveau site dénommé tukki.info. La date du 7 février 2009 est retenue pour son lancement officiel à Rufisque. C’est Youssou Ndour qui sera le parrain de ce site. ‘Ayant remarqué les efforts et actes du chanteur pour un meilleur essor des migrants sénégalais et du tourisme national, La Convergence technologique a décidé de faire de lui le parrain officiel de ce portail’, a déclaré Alioune Mbengue administrateur général du site.
Tukki.info veut à la fois servir de barrière contre l’émigration clandestine et être une vitrine au tourisme sénégalais. La Convergence technologique, dans la mise en œuvre de son programme dénommé ‘Rufisque capitale des tics au Sénégal’, a jugé opportun de mettre en place cet outil de communication de troisième génération en faveur des migrants sénégalais et d’un secteur pourvoyeur de devises pour le Sénégal. ‘Ce portail d’informations, premier du genre au Sénégal, vise à mieux informer les migrants sénégalais, à contribuer à l’éradication de l’émigration clandestine, à favoriser les échanges entre eux, d’une part et, d’autre part, à vendre la destination Sénégal’ soutient son administrateur général.
Tout en encourageant l’investissement au Sénégal, Tukki.info se veut un dispositif clé dans la sensibilisation contre l’émigration clandestine. En plus des informations pratiques, le site fournira des reportages dans les principaux pays d’accueil des migrants sénégalais.
Tukki.info permettra aussi aux représentations diplomatiques étrangères présentes au Sénégal d’exposer les potentiels et opportunités qu’offrent leurs pays respectifs aux candidats à l’émigration légale.


Najib SAGNA

Match amical: Gambie-Sénégal(1-2)

Match amical Gambie-Sénégal(1-2) : Koto ramène un résultat plus que positif de Banjul
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Après la performance assurée en terre gambienne, les poulains de Joseph Koto vont successivement affronter les équipes du Cap-Vert et de la Libye en match amical, avant le grand rendez-vous de la Côte d’Ivoire pour le premier Championnat d’Afrique des nations.
L’équipe nationale locale du Sénégal a battu, hier, en match amical, la Gambie, par la marque de (2-1). Les deux buts sénégalais ont été marqués en première période par Alpha Oumar Sow et Moustapha Diallo. Pourtant, ce n’est que le samedi que les ‘Lions’ ont rallié la Gambie à bord d’un bus. Par conséquent, malgré la fatigue endurée et le manque de récupération, c’est un résultat plus que positif que le sélectionneur national, Joseph Koto, ramène de Banjul. Avec cette victoire acquise en terre gambienne, les ‘Lions’ locaux ont pris la revanche de leurs aînés qui avaient été tenus, deux fois en échec, (0-0) à Banjul et (1-1) à Dakar, par les ‘Scorpions’ de la Gambie lors des éliminatoires combinées de la Can et du mondial 2010.
Qualifiés au premier Championnat d’Afrique des nations (Chan), uniquement réservé aux joueurs locaux évoluant dans le continent africain, les poulains de Joseph Koto sont entrés en regroupement fermé au Centre national d’éducation populaire et sportive (Cneps) de Thiès, depuis deux semaines. Avant de faire face, hier, à la Gambie, ils avaient livré et perdu (0-1) un premier match amical devant l’As Douanes, triple championne d’affilée du Sénégal.
De retour aujourd’hui de la Gambie, ils retourneront au Cneps pour leur troisième stage qui va déboucher sur un autre match amical. Les ‘Lions’ se rendront à Praia pour affronter l’équipe nationale du Cap-Vert. Avant de rallier la Côte d’Ivoire où se jouera le premier Chan, du 22 février au 8 mars, ils feront un tour à Tripoli pour y affronter les ‘Verts’ de la Libye en match amical. Pour se qualifier à ce Chan, le Sénégal a, tour à tour, éliminé le Mali et la Guinée Conakry.


M. N. SONKO

Les spahis Sénégalais

LES SPAHIS SENEGALAIS  Une cavalerie africaine
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Spahi : En Afrique du Nord, cavalier appartenant à un corps créé en 1834, dont le recrutement était en principe à base d’autochtones (Petit Larousse). On ignore généralement qu’il a existé aussi une unité de spahis en Afrique noire, plus précisément au Sénégal. Créé en 1834 à partir d’éléments venus d’Algérie, ce corps de Saphis sénégalais a rapidement incorporé des personnels indigènes, ceux-ci percevant la même solde que les Européens. Basé à Saint-Louis, l’escadron a été de tous les combats qui ont progressivement étendu l’influence française à ce qui allait devenir la colonie du Sénégal puis l’Afrique Occidentale Française. L’étude présentée par Guy Thilmans (1922-2001), anthropologue, archéologue et historien et Pierre Rosière, spécialiste des questions équestres au Sénégal, concerne l’histoire, jusqu’aux années 1880, de ce corps dissous en 1927. Un accent particulier est mis sur le compagnon indissociable du spahi : son cheval. On apprend ainsi que la remonte se faisait principalement à partir des races nord-africaines, et que la nourriture des bêtes, souvent importée, était complétée en utilisant les ressources locales. La carrière de quelques officiers est évoquée, comme celle d’Alioune Sall, premier officier français d’origine sénégalaise, ou Henry Canard, arrivé simple cavalier et quittant le Sénégal après en avoir été le gouverneur. Dans son étude sur les spahis sénégalais (1843-1880), Guy Thilmans examine les nombreux problèmes liés à la création de ce corps spécial.
Le projet de l’envoi des spahis au Sénégal semble avoir pour auteur ce gouverneur intérimaire, Edouard Pageot-Desnoutières. C’est lui qui, en juillet 1842, va suggérer au ministre de la Marine que les spahis soient utilisés contre les Maures qui créent l’insécurité sur la rive nord du Fleuve. Le ministre discute de cette proposition avec son collègue le maréchal, Soult, ministre de la Guerre et des affaires d’Algérie. Arès avoir effectué une tournée sur le Fleuve, Pageot-Desnoutières rend compte au ministère, faisant observer qu’il estime indispensable les mesures suivantes : l’envoi de deux bateaux à vapeur en tôle, à faible tirant d’eau, l’envoi d’une compagnie [sic] de cavalerie, d’une centaine d’hommes qui constituerait le noyau d‘un corps de cavaliers indigènes montés des chevaux du pays et le rétablissement d’un poste à Podor.
Avant son départ, comme le capitaine de frégate Louis Edouard Bouët et ancien gouverneur du Sénégal, le ministre a résolu de doter le gouvernement de cette colonie de moyens d’action lui permettant de tenir tête aux populations souvent turbulentes du Fleuve. Les dits moyens sont au nombre de trois : envoi de bateaux en fer, envoi d’un corps de cavalerie, accroissement des effectifs de soldats noirs.
Une ordonnance du 25 novembre 1842 porte formation d’un corps de cavalerie africaine destinée au Sénégal. C’est le premier acte officiel relatif aux spahis. Le roi Louis-Philippe y stipule qu’un crédit extraordinaire de 92.00 va être ouvert en 1843 afin de pourvoir aux dépenses de formation et d’entretien d’un corps africain de cavalerie à employer au Sénégal.
Avant de rejoindre son poste, le gouverneur Bouët est chargé de se rendre au préalable en Algérie pour s’occuper du recrutement du premier peloton de spahis. A l‘époque, une cavalerie indigène répartie en plusieurs escadrons existe dans ce pays.
De 1843 à 1844, on assiste à l‘arrivée des premiers spahis au Sénégal. Durant la période allant de 1845à 1847, on envoie un escadron et on installe les premiers spahis noirs. Le capitaine Petit prend le commandement et démissionne en 1848.
Redevenu gouverneur peu après (le 23 novembre 1848) le contre-amiral Baudin se désolidarise d’avec Bertin-Duchateau, réaffirmant la nécessité de conserver l’escadron. Le capitaine Geenen commande l’escadron, mais il y a des débats sur son utilité (1849-1851). L’escadron est commandé par le capitaine Henry de 1852 à 1854.
Faidherbe déploie les spahis de 1855 à 1857. Apparaissent des défaillances chez les chefs de corps. Le capitaine Guillaume Henry en possession de 600 F de valeurs Il passe devant le conseil de guerre pour détournement de deniers publics.
Dans les dernières années, les plaintes contre le mauvais recrutement des spahis européens deviennent fréquentes. Il persiste dans l’escadron quelques éléments indésirables comme le spahi Villette qui, après avoir été par deux fois condamné dans la colonie pour escroquerie, passe de l’escadron dans les compagnies disciplinaires.
Dans Les chevaux des spahis sénégalais, Pierre Rosière nous trace une large fresque, totalement inédite, concernant la remonte de la cavalerie sénégalaise et les modalités de l’approvisionnement en nourriture des chevaux de l’escadron.
Pour les non-spécialistes le terme remonte signifie en son sens militaire : action de pourvoir en chevaux une unité (Petit Larousse). Au départ, l’escadron dispose de trois sources possibles de remonte : les chevaux du pays, les chevaux français, les chevaux d’Afrique du Nord. Arès une période d’hésitation le choix va se fixer sur les chevaux d’Algérie. Dès l’arrivée au Sénégal en 1843 du premier peloton de spahis, Bouët a fait acheter quelques chevaux du pays. Un an plus tard à la demande du capitaine Petit, premier chef de corps, le maréchal de logis Pilhes s’est procuré trente bons chevaux pour l’escadron sur le Fleuve.
Protet, gouverneur de 1850 à 1854, se range aux idées du capitaine Greenen, le successeur de Petit : en 185, tous deux affirment au ministre, que la remonte est praticable pour des chevaux maures, qu‘on peut acquérir sur la rive droite du Fleuve. Le gouverneur projette la création d’un haras avec deux étalons d’Algérie et des poulinières du pays, ce qui rendra l’escadron autonome. Faidherbe se montre un partisan résolu de l’emploi de chevaux d’Algérie. S’il utilise les chevaux pour transporter le courrier entre Saint-Louis et Dakar, il s’opposera absolument à leur emploi dans l’escadron même, leur préférant nettement les chevaux « arabes » qui résistent parfaitement. Ceux du Cayor et du Futa, écrit-il au ministre, ne valent certainement pas un bon baudet de France. En 1857, lorsque des mulets arrivent par le transport l’Yonne, Faidherbe fait vendre une dizaine de petits chevaux achetés un an auparavant alors qu’on ne disposait pas de mulet pour l’artillerie.
Outre les mulets, l’Yonne a amené 50 chevaux pour la remonte de l’escadron. Le gouverneur Baudin nous apprend, dans un écrit de 1853, que les chevaux français résistent parfaitement et sont moins chers que les chevaux sénégalais. Les chevaux algériens sont de grande taille, peu chers et résistants. L’Algérie est la première source de la remonte sénégalaise. Des précisions sont données sur la remonte des années 1876-1880. La nourriture de ces herbivores comporte deux éléments : les céréales (appelées grains à l’époque) et le fourrage.
En ce qui concerne les grains, les autorités locales préférèrent l‘orge et s’efforceront d’obtenir que celle-ci constitue l’apport exclusif de la nourriture des chevaux en céréales, en dépit des efforts de la métropole pour que ces animaux soient nourris, au moins partiellement, au mil local.
Quant au fourrage, les décisions locales citent fréquemment la paille d’arachide ; vient ensuite le foin du pays. Le foin de France est le moins fréquemment nommé. La métropole a d’ailleurs insisté pour que du fourrage du pays soit utilisé. En 1857, le ministre Hamelin rappelle à Faidherbe que la colonie n’a pas encore trouvé le moyen de se passer des fourrages d’Europe, alors que le gouverneur lui avait espéré l’inverse.
En général, les montures de spahis sont de très grande taille. Lors de l’embuscade de Mecké (juillet 1869) plusieurs chevaux avaient été capturés par les hommes de Lat Dior. Lors du combat de Louga deux mois après, les Français ont identifié immédiatement les guerriers wolofs utilisant ces chevaux à la taille élevée de leurs montures.
Pierre Rosière situe les spahis sénégalais dans leur environnement. Il examine les problèmes relatifs au casernement, à l’uniforme, au harnachement et à l’armement.
Dans les débuts de l’existence de l’escadron, le recrutement de spahis noirs n’a pas été sans difficultés, car il s‘agissait en majorité d’esclaves rachetés et non d’hommes libres. D’ailleurs, Faidherbe, dans un premier temps, aura beaucoup de mal à recruter des hommes de valeur pour son bataillon de tirailleurs sénégalais.
Les victoires et les défaites des spahis du Sénégal sont évoqués : le combat de Nder (1855), le combat de Ngolgol (863), le combat de Paouos (1865), le combat de Mekhé (1869), etc.
Ce livre contient des informations fort intéressantes sur les spahis, instrument de la conquête coloniale française.

Amady Aly Dieng
SUD BOUQUIN

25/01/2009

Mort de mamadou Dia, premier premier ministre du Sénégal indépendant

Mort de Mamadou Dia
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Le premier Premier ministre du Sénégal indépendant, Mamadou Dia s'est éteint à l'âge de 99 ans. Cet irréductible a représenté, durant des années, la voix de la conscience du Sénégal, a joué le rôle de l'autorité morale et passé 12 ans en résidence surveillée après une brouille avec le président sénégalais Léopold Sédar Senghor.
Mamadou Dia est né en juillet 1911 à Khombole. Instituteur, il entre en politique chez les socialistes de la SFIO (Section française de l’internationale ouvrière), parrainé par Léopold Sédar Senghor. Les deux hommes sont alors en rébellion contre la direction du parti au Sénégal et finissent par créer leur propre formation qu’ils conduisent au pouvoir au fil des années et des mutations.
Mamadou Dia va véritablement accompagner l’Etat sénégalais pendant ces années de décolonisation. Il est vice-président du Conseil de gouvernement du Sénégal en 56. Chef du gouvernement de la République en 1958, puis président du Conseil après l’indépendance du Sénégal en septembre 1960.
Compagnon politique de Senghor, Mamadou Dia connaît également de profonds désaccords avec lui, sur l’indépendance par exemple. Quand le général de Gaulle propose le référendum de 1958, les deux hommes s’opposent dans un débat d’idées de plusieurs heures à Gonneville-sur-Mer en Normandie. Senghor veut le maintien dans la communauté, Dia souhaite mettre fin à la présence française. L’approfondissement de ces désaccords conduit Senghor, alors président, à faire jeter Mamadou Dia en prison en décembre 1962 sur une accusation de tentative de coup d’Etat. Dia sera libéré douze ans plus tard, en 1974. Sans jamais retrouvé l’importance politique qu’il avait lors de l’indépendance, il a continué à jouer depuis le rôle d’intellectuel et de figure morale.

Laurent Correau

24/01/2009

Femmes garagistes au Sénégal

L'intégration professionnelle des femmes progresse lentement au Sénégal
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Dans un faubourg de Dakar, le garage Femme auto est l'un des deux seuls au Sénégal à être gérés par une femme. Malgré les stéréotypes, les femmes diplômées en mécanique automobile sortent au compte goutte.
Sipres 2,  un faubourg de Dakar, depuis 2006 le garage Femme auto est l'un des deux seuls au Sénégal à être gérés par une femme. Au milieu du cambouis et des boulons, 6 femmes mécanos travaillent à temps plein dans cette entreprise qui compte 15 salariés. Avec les 5 millions de francs CFA (7623 Euros), que Ndeye a réunis pour lancer son activité, elle compte aujourd'hui parmi ses clients les plus fidèles des véhicules de sociétés. Ndeye Coumba Mboup, gérante du garage Femme Auto : "Je ne recevais que des promesses, je n'ai rien reçu de l'Etat. Finalement je me suis dit que j'allais essayer de me battre et essayer de voir comment je peux faire. Parce que ce que je voulais le plus, c'était de venir en aide aux mécaniciens qui sont au chômage. Surtout aux mécaniciennes qui suivent des formations et qui n'ont pas d'embauches au niveau des sociétés."
 
D'autres diplômées rencontrent des difficultés à s'insérer sur le marché de l'emploi dans des catégories socioprofessionnelles d'ordinaire réservées aux hommes. Ainsi les Taxi Sisters sont lancées en 2007,  avec l'appui du Fond National pour la promotion de l'entrepreneuriat féminin. 70 millions de francs CFA (106 700 euros) ont été injectés dans 10 taxis. Leur recette moyenne quotidienne de 8 000 francs CFA (12 Euros), devrait leur permettre de racheter leurs véhicules dans 5 ans. Mabelle Aissata Gueye des « Taxi Sisters » : "Moi j'ai toujours aimé faire du taxi de toute façon. J'avais envie de le  faire quand j'avais 18 ans mais ma mère s'y était opposée." La même année que Coumba la garagiste, Mabelle est diplômée en électrotechnique. Après 3 ans de chômage, elle a été sélectionnée pour se reconvertir en Taxi Sisters. Tous les jours de 7h à 19h, elle sillonne la ville et se heurte parfois encore à des collègues masculins sceptiques : " Ils nous créaient des problèmes sur la route, ils nous coinçaient... Bon, ils ont tout fait, ils ont même dit des mots que l'on a entendu, ils nous on traités de tous les noms, mais ce n’est pas tout le monde quand même."
 
Pour lutter contre les stéréotypes auxquels sont confrontées les femmes actives,  plusieurs institutions ont pris les choses en main, c'est l'exemple de la Direction de l'Entrepreneuriat Féminin. Dr Marème Cisse Thiam, directrice de l'Entrepreneuriat Féminin au Sénégal : "Nous allons lancer un programme de la promotion de l'esprit d'entreprise au niveau des différents établissements. Nous l'avions déjà commencé, mais nous allons encore insister, parce que nous sentons que jusqu'ici les blocages persistent et il faut la sensibilisation." Malgré les discours et les encouragements, les exemples cités dans ce reportage restent isolés.

Le sculpteur sénégalais Ousmane Sow lauréat du prix Prince Claus 2008

Le sculpteur sénégalais Ousmane Sow lauréat du prix Prince Claus 2008
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 Le sculpteur sénégalais Ousmane Sow s'est vu decerner le Prix Prince Claus 2008 par le jury de la  Fondation néerlandaise du même nom pour ses oeuvres " impressionnantes et engagées", selon un communiqué rendu public  jeudi.
     La distinction "prestigieuse de renommée internationale" lui  est remise jeudi à la résidence de l'ambassadeur des Pays-Bas à  Dakar, la capitale sénégalaise, précise le communiqué.
     Le sculpteur sénégalais a été ainsi récompensé pour "sa façon de célébrer le corps africain, le défi qu'il a lancé à la  communauté artistique internationale ainsi que son influence sur une nouvelle génération d'artistes".
     Cette année, souligne le communiqué, les prix s'inscrivent dans la thématique de la culture et du corps humain. Deux éléments que  le sculpteur maîtrise à la perfection, précise la même source,  soulignant que "l'être humain reste au centre de ses  préoccupations artistiques avec des sculptures inspirées de  différentes ethnies africaines et d'Amérique Latine".
     Ousmane Sow est l'auteur d'une série de sculptures sur les  lutteurs et guerriers Nouba, une ethnie du Soudan, exposée pour la première fois en 1997 au Centre Culturel Français de Dakar.
     Plusieurs expositions au Sénégal et en Europe ont succédé à  cette première manifestation culturelle dont la grande  rétrospective montée à Paris sur le pont des Arts en 1999.
     Les Prix Prince Claus sont décernés annuellement à des artistes, des intellectuels et des organisations culturelles en Afrique, en  Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes.

23/01/2009

Lèpre au Sénégal

 L'unique léproserie du Sénégal soigne gratuitement des malades marginalisés
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A l'écart des bâtisses fraîchement rénovées du centre hospitalier et universitaire Fann, un chemin défoncé mène à l'institut de léproserie appliquée de Dakar (Ilad), unique centre du Sénégal où l'on soigne, opère et rééduque - gratuitement - plusieurs dizaines de lépreux.
Dans ce lieu retiré, une vingtaine de médecins traitent, avec dévouement, des hommes et des femmes de tous âges, souvent stigmatisés en raison des tâches et des lésions qui affectent leur peau.
Cheikh, 8 ans, le visage bouffi et l'air timoré, est venu de Touba pour sa visite médicale au service de consultation générale de l'Ilad. "Nous avons découvert sa maladie au moment de l'inscrire à l'école", se souvient la mère de l'enfant qui, depuis, n'a pas été scolarisé.
"Cheikh suit une polychimiothérapie sur douze mois. Ce traitement associe trois antibiotiques", explique son médecin, le dr Omar Sané, à la veille de la 56e journée mondiale des lépreux. La cure permet de tuer le bacille à l'origine de la lèpre et de contenir la contagion.
Ici, les consultations, tout comme les médicaments, sont gratuits.
"Les malades viennent spontanément dès qu'ils s'aperçoivent qu'ils ont des lésions cutanées. Certains nous sont envoyés des hôpitaux", explique le physiothérapeute Malick Seck.
L'établissement, créé dans les années 60 par l'Ordre de Malte France, et qui dispose à présent de son propre laboratoire et de sa pharmacie, peut accueillir jusqu'à 46 malades, hospitalisés en moyenne pendant deux mois.
Les interventions chirurgicales sont effectuées sur place, dans le bloc opératoire de l'institut.
Au milieu des allées fleuries, des patients venus de Dakar et de diverses régions du Sénégal, sortent, l'air enjoué, d'une séance de physiothérapie.
Dans une pièce, plusieurs adolescents ayant perdu la sensibilité d'un de leurs membres tâtent des coussins et s'essaient, à coeur joie, à l'ergothérapie.
Grâce à ces exercices "nous prévenons et entretenons les déficits neurologiques liés à la lèpre. Ces patients souffrent de déficits sensitifs et moteurs liés à l'agression de leurs nerfs", explique Mohamadou Faye Mar, physiothérapeute, en massant le poignée inerte d'un adolescent.
Les séances de massage et d'exercices neuromusculaires ont lieu chaque jour.
"Nous +entretenons+ ainsi ces paralysies parce que les déficits sont définitifs, explique le dr Mar. Une chirurgie réparatrice est ensuite prévue pour réanimer les muscles, afin qu'ils retrouvent leur motricité".
Dans la salle de "trempage", des bassines d'eau sont alignées. Les patients s'y baignent les pieds deux fois par jour durant trente minutes, pour "humidifier et assouplir leur peau".
Sur les murs de la même salle, plusieurs dessins illustrent des gestes quotidiens (cuisine, marche, etc.) pouvant se révéler dangereux pour des personnes ayant perdu la sensibilité d'un pied ou d'une main.
Quelques mètres plus loin, le centre abrite une cordonnerie: dans un bureau garni d'outils (scies, marteaux, etc.), de machines à coudre et de divers objets en plastiques, René Badji conçoit depuis cinq ans des chaussures à semelles adaptées à chaque type de handicap des lépreux.
"En dehors du centre, la paire de chaussure leur reviendrait à 15.000 francs CFA (23 euros), sans la main-d'oeuvre, dit-il. Ici, nous les leur offrons à 500 francs Cfa (0,76 euros)".
En 2007, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dénombrait 353 nouveaux cas de lèpre au Sénégal.

AFP

Aide humanitaire détournée au Sénégal

Des associations de développement accusent : L’aide humanitaire est détournée au Sénégal
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Jamais les humanitaires n’avaient été aussi sollicités au Sénégal. Mais comme des abeilles autour d’une ruche, les agents de l’Etat en ont fait un fonds de commerce, d’après deux humanitaires sénégalais. Et c’est ainsi que cette aide sert, dans une large mesure, à cimenter des alliances politiques et non à financer le développement.
L’aide humanitaire n’arrive pas toujours à leurs destinataires au Sénégal. Elle est souvent détournée de son objectif. L’accusation est du président de l’Association africaine de développement (A3d), Mamadou Diop, et d’Oumou Khaïry Sow qui est à la tête du Réseau des associations africaines pour le bien-être communautaire (Rabec). Et ils ont pointé un index accusateur sur les agents de l’Etat, coupables à leurs yeux de ce détournement d’objectif de l’aide humanitaire. Ils l’ont soutenu lors de la remise de dons à l’école de l’Association pour l’entr’aide et le développement communautaire (ex-Franco-arabe de Point E). Une cérémonie au cours de laquelle ils ont révélé que l’aide sert, dans une large mesure, à cimenter des alliances politiques et non à financer le développement.
Ces humanitaires sénégalais réclament plus de liberté et de transparence pour mener à bien leur démarche. Constat de Mamadou Diop : la situation n’a jamais été aussi difficile pour les organisations humanitaires au Sénégal que durant ces trois dernières années. Et les difficultés résident en particulier dans la sécurité et l’acheminement des aides matérielles ou alimentaires vers les personnes démunies. Et les organisations n’ont jamais été aussi ‘incapables’ de se rendre auprès des populations dans le besoin. Les humanitaires sont ainsi toujours confrontés aux ‘taxes douanières’, alors que l’accès des personnes nécessiteuses à cette aide humanitaire n’est toujours pas assuré, sans compter les attaques en règle contre les actions des humanitaires. Selon M. Diop, bien que le gouvernement sénégalais ait promis de faciliter les entrées des produits de l’aide humanitaire au niveau des taxes, de telles promesses ne se sont pas encore matérialisées. Les envois de marchandises par bateau devant payer moins de taxes pour sortir du port, sont encore taxés au prix fort.
‘Le gouvernement sénégalais ne peut pas à lui seul satisfaire les besoins matériels, alimentaires et financiers de sa population. D’où l’intérêt de s’ouvrir et de faciliter aux personnes de bonne volonté, le transport de leurs bagages destinés à la contribution de l’épanouissement de leur peuple’, plaidera Mamadou Diop. Avant de rappeler que, ‘depuis la généralisation de l’aide, les indicateurs de pauvreté ont reculé dans certains pays où l’aide humanitaire entre sans condition, et les indicateurs de santé et d’éducation ont progressé plus rapidement que durant toute autre période de même durée de l’histoire humaine’. C’est le cas dans les régions de Dakar, de Podor, de Ziguinchor. Seulement, dans d’autres régions, la portée de l’aide humanitaire a été réduite ou totalement suspendue en raison d’une mal-gérance.


Paule Kadja TRAORE

Les mélodies de Saint-Louis du Sénégal

Les mélodies de Saint-Louis du Sénégal
Une ville, des voix
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A l’ombre de leurs compatriotes de Dakar ou des stars internationales qui débarquent chaque printemps dans la ville pour le festival de jazz, les musiciens de Saint-Louis du Sénégal peinent à se faire reconnaître. Certains valent pourtant sacrément le détour. Balade à leur rencontre dans les cafés concerts et les rues sablonneuses de l’ancienne capitale de l’Afrique occidentale française.
En décembre, impossible d’échapper à la musique à Saint-Louis. Entre les fanals (ces défilés qui racontent en chant et en costumes, l’histoire de la ville), les sabars (ces tam-tams frénétiques qui célèbrent mariages et anniversaires) et tous les cafés-concerts qui montent le son pour attirer les clients, il y a du rythme !
Ou plutôt des rythmes. Ici, contrairement à la réputation de la ville - très liée au festival de jazz et à toutes les pointures qu’il a charriées- il y a de tout. Du rap, du m’balax, de la pop, du reggae, de la musique traditionnelle et même de la chanson française quand l’Orchestre Teranga reprend Aline de Christophe !
"Saint-Louis a vu passer des Portugais, des Hollandais, des Français, des Anglais, des Américains… La scène musicale est le reflet de ces métissages successifs", dit Samba Diarra, guitariste de Teranga. Composé de huit musiciens, le groupe mélange m’balax et afro jazz. A part une maquette écoulée à un millier d’exemplaires, il n’a pas de disque "officiel". Mais, avec la voix magnétique du chanteur Assan - sorte de sosie vocal d’Ismaël Lô – et les fréquents concerts, Teranga est connu aux quatre coins de la ville. Reste que les temps sont durs. Jouer à huit, c’est partager les cachets à huit… Et dépenser plus. "Il faut payer les factures d’électricité des répétitions, les déplacements, les affiches pour faire nous-mêmes notre promo", raconte Assan.
Mama Sadio comprend bien le problème. Cette Dakaroise d’origine a aussi du mal à trouver des lieux de répétition, des sponsors et même des musiciens pour accompagner sa gouaille et ses chansons mandingues. Appuyée par l’Institut culturel, elle apprend le français et a déjà donné un concert dans le Nord de la France. A Saint-Louis, elle joue comme les autres dans les bars et hôtels ou sur la scène en plein air, chargée de bougainvilliers de l’Institut culturel. Jeune et très active, elle veut croire qu’un jour elle ira loin… et sortira un disque. "Inch Allah", lâche-t-elle dans un large sourire.
Un attachement à la cité
Sortir un album, les Saint-Louis Soldiers l’ont fait. Lauréats en 2007 du prix Yakaar ("espoir", en wolof), ils ont pu signer un contrat avec Optimiste Productions, à Dakar. Une sacrée veine pour ces quatre rappeurs qui ont grandi ensemble à Sor, un coin populaire de la ville. Au milieu des chèvres et au son de Kool Shen, 2Pac et Afrika Bambaataa, ils ont aiguisé leur style, leur plume, leur flow. Dans les beatboxes, la synchronisation, les harmonies des voix, le travail s’entend ce soir-là au Flamingo, un bar adossé au fleuve et au pont Faidherbe. Il y a pire comme décor... On comprend l’attachement de ces "soldats" (qui se sont baptisés ainsi en référence au prytanée militaire érigé ici par les Français pour en faire le Saint-Cyr du Sénégal) à leur ville.
Même attachement dans la bouche et dans le cœur du joueur de kora Ablaye Cissokho : "Moi qui viens de Kolda, dans le sud du pays, je suis tombé sous le charme de cette ville, de son île, de sa population si généreuse." Dans les chants du griot, le fleuve est souvent évoqué : "C’est les pieds dedans que j’ai composé pratiquement tous mes morceaux". Arrivé ici en 1985 et lancé par le festival de jazz, Ablaye Cissokho est l’artiste qui a le plus sûrement dépassé les difficultés : il a trois albums à son actif et tourne dans toute l’Europe. Cela ne l’empêche pas de rester concerné par le sort de ses pairs. Il les incite à se regrouper et à résister aux cachets trop faibles ou aux exigences parfois indécentes des tenants de salles. "C’est en n’acceptant pas tout et n’importe quoi qu’ils se feront respecter et reconnaître."

Dépénalisation de l'homosexualité au Sénégal

La dépénalisation de l'homosexualité au Sénégal
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À l’heure actuelle, au Sénégal, l’homosexualité est encore considérée comme étant criminelle. Cependant, certaines agitations provenant de la France exercent des pressions pour dépénaliser l’homosexualité. En tant qu’occidentaux, la plupart d’entre nous serions portés à croire que la dépénalisation serait un grand pas en avant pour la population sénégalaise, mais ce n’est pas l’avis de tout le monde, les sénégalais en particulier. Le fait que ce soit la France qui ait apporté l’idée et non le Sénégal lui-même démontre bien qu’ils ne sont pas en accord avec ce monde de vie. Peut-être aussi est-ce une question d’orgueil, puisque le Sénégal est une ancienne colonie française. Plusieurs voient en l’acte de la France une indiscrétion, une volonté à se mêler de choses qui ne la regarde pas. Montesquieu disait « Les mœurs gouvernent l’homme. Les mœurs des Nations doivent être laissées aux nationaux, aux discussions et aux controverses internes à chaque Nation. » Je ressens cependant un certain malaise face à cette situation. Pour moi, voir l’homosexualité comme un crime est tout à fait illogique. Mais d’un autre côté, je me demande si c’est en s’ingérant dans les lois d’un autre pays qu’on l’aide vraiment. Comme le dit le proverbe « Donnez du poisson à un affamé c’est le tuer. Montrez lui plutôt à pêcher. » Ce ne serait donc pas aider les Sénégalais que de leur imposer un idéal qui n’est pas le leur. Le sociologue Malik NDiaye voit en cette situation une volonté occidentale de déconstruire les cultures dans les pays non Européens. Donc que devrait-on faire? Imposer une loi pour faire avancer les droits de l’homme ou laisser les pays diriger les leurs comme bon leur semble, même si cela restreint la liberté de leurs citoyens? Y a-t-il vraiment une culture qui détient la vérité?

Catsim

Le procès de Hissène Habré à Dakar

Le procès de Hissène Habré lié aux bailleurs de fonds
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Selon le directeur des Affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice sénégalais, le procès de l'ancien président tchadien Hissène Habré (photo) coûtera 18 milliards de francs CFA.(Photo : AFP)
Selon le directeur des Affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice sénégalais, le procès de l'ancien président tchadien Hissène Habré (photo) coûtera 18 milliards de francs CFA.
(Photo : AFP)
Le directeur des Affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice sénégalais a réaffirmé hier, la volonté du Sénégal de juger l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré. Demba Kandji a toutefois indiqué que le procès ne pourrait démarrer « qu’une fois que les fonds nécessaires seraient rassemblés pour la tenue du procès ». Le Sénégal où Habré vit en exil, a été mandaté par l'Union africaine pour organiser son procès pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de torture.
Julie Vandal
« Nous sommes bien décidés à juger Hissène Habré. Nous avons réformé notre code pénal, nous n’attendons que les moyens financiers pour démarrer le procès ». C’est en substance, ce qu’a déclaré ce mercredi, Demba Kandji.
Selon le directeur des Affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice sénégalais, les réformes judiciaires sont bouclées. Le droit du pays est donc conforme aux instruments juridiques internationaux, ce qui permet la tenue du procès de l’ex-dictateur tchadien.
Un début du procès pour 2009 ?
En ce qui concerne le financement du procès : « La position du Sénégal n’a pas varié », a dit Demba Kandji. « La somme nécessaire pour un procès juste et équitable, c’est 18 milliards de francs CFA ».
Monsieur Kandji a indiqué qu’une requête détaillée allait être soumise aux bailleurs de fonds, et notamment à l’Union européenne. Mais, il a martelé : « Pas question que le procès ne commence sans que la totalité des financements ne soit obtenue ».
« Le Sénégal n’entend pas s’immiscer dans la gestion de ces fonds », a précisé le directeur des Affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice sénégalais.
« Tout ce que nous voulons, c’est que cet argent soit mobilisé pour permettre la tenue du procès de bout en bout. On ne voudrait pas se retrouver avec le bec dans l’eau à mi-parcours ». Et, de conclure : « Nous espérons un début du procès pour 2009, mais s’il n’y a pas de volonté de financer, nous n’y pouvons rien ».
e procès de Hissène Habré lié aux bailleurs de fonds
Article publié le 22/01/2009 Dernière mise à jour le 22/01/2009 à 06:18 TU
Selon le directeur des Affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice sénégalais, le procès de l'ancien président tchadien Hissène Habré (photo) coûtera 18 milliards de francs CFA.(Photo : AFP)
Selon le directeur des Affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice sénégalais, le procès de l'ancien président tchadien Hissène Habré (photo) coûtera 18 milliards de francs CFA.
(Photo : AFP)
Le directeur des Affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice sénégalais a réaffirmé hier, la volonté du Sénégal de juger l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré. Demba Kandji a toutefois indiqué que le procès ne pourrait démarrer « qu’une fois que les fonds nécessaires seraient rassemblés pour la tenue du procès ». Le Sénégal où Habré vit en exil, a été mandaté par l'Union africaine pour organiser son procès pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de torture.
« Nous sommes bien décidés à juger Hissène Habré. Nous avons réformé notre code pénal, nous n’attendons que les moyens financiers pour démarrer le procès ». C’est en substance, ce qu’a déclaré ce mercredi, Demba Kandji.
Selon le directeur des Affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice sénégalais, les réformes judiciaires sont bouclées. Le droit du pays est donc conforme aux instruments juridiques internationaux, ce qui permet la tenue du procès de l’ex-dictateur tchadien.
Un début du procès pour 2009 ?
En ce qui concerne le financement du procès : « La position du Sénégal n’a pas varié », a dit Demba Kandji. « La somme nécessaire pour un procès juste et équitable, c’est 18 milliards de francs CFA ».
Monsieur Kandji a indiqué qu’une requête détaillée allait être soumise aux bailleurs de fonds, et notamment à l’Union européenne. Mais, il a martelé : « Pas question que le procès ne commence sans que la totalité des financements ne soit obtenue ».
« Le Sénégal n’entend pas s’immiscer dans la gestion de ces fonds », a précisé le directeur des Affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice sénégalais.
« Tout ce que nous voulons, c’est que cet argent soit mobilisé pour permettre la tenue du procès de bout en bout. On ne voudrait pas se retrouver avec le bec dans l’eau à mi-parcours ». Et, de conclure : « Nous espérons un début du procès pour 2009, mais s’il n’y a pas de volonté de financer, nous n’y pouvons rien ».

Julie Vandal

Electrification à Dakar

Electrification à Dakar: Le Sénégal et la Chine lancent le projet
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Le gouvernement du Sénégal a lancé ce mercredi un projet d'alimentation en électricité de la ville de Dakar, dénommé "la boucle 90 kilovots de Dakar", d’un montant de 28,6 milliards de FCFA, financé par la République populaire de Chine, a constaté sur place la PANA.
Selon le directeur général de la Société nationale d’électricité (SENELEC), Seydina Kane, qui présentait le projet en présence de l’ambassadeur de Chine au Sénégal, Lu Shaye, le projet comporte la mise en place d’un réseau de 26 km de lignes souterraines de câbles électriques en 90 kilovots reliant des postes d’alimentation tout autour de la ville de Dakar.
Une autre phase concerne la mise en place de câbles de garde à fibre optique d’une longueur de 29,5 km et desservant plusieurs agences commerciales de la société d’électricité.
La réalisation de ce projet, qui prévoit aussi la construction de postes de transformation, va permettre d’éviter les coûts supplémentaires liés au développement du réseau de 30 kilovots existant actuellement, selon toujours M. Kane.
Il a ajouté que le projet va permettre aussi de réduire l’énergie non distribuée et les pertes techniques sur le réseau de distribution, mais également de sécuriser l’alimentation en énergie de la capitale sénégalaise et d’améliorer la qualité du service.
M. Kane a révélé que durant ces dernières années, une bonne partie de l’activité de la SENELEC a été consacrée au dépannage du réseau, principalement dans la zone de Dakar et ses quartiers environnants qui connaissent un accroissement important de la demande en énergie.
Pour le ministre de l’Energie, Samuel Amète Sarr, ce projet financé à 95% par la République populaire de Chine, vient "renforcer le programme engagé sur la période 2008-2015 d’un montant de 520 milliards FCFA pour la réalisation de centrales de production électrique et la construction de réseaux de haute et moyenne tension".
Il a soutenu que le gouvernement du Sénégal a réalisé des investissements de l’ordre de 80 milliards depuis 2000 dans le réseau de transport de l’électricité, sans pour autant assurer la disponibilité permanente du courant électrique à Dakar, notamment dans ses banlieues, où des délestages sont observés périodiquement et donnent lieu parfois, à des mouvements de protestation populaires.

22/01/2009

Obama, espoir du Sénégal

Le président sénégalais prédit la levée des barrières raciales  avec l'arrivée au pouvoir d'Obama
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Le président sénégalais,  Abdoulaye Wade, a prédit mercredi l'écroulement "des barrières  raciales", avec l'avènement du nouveau président des Etats-Unis,  Barack Obama.
De retour d'un voyage qui l'a conduit notamment au Qatar, le  chef de l'Etat dont les propos ont été recueillis par la  télévision publique, la RTS, a rappelé que le nouveau locataire de la Maison  Blanche a "été installé dans l'enthousiasme".
Mais, a-t-il fait remarquer, "le monde est l'objet d'une crise  économique extrêmement profonde que nous ne ressentons pas  tellement".
"Cette crise constitue un virage (...) économique et financier, mais l'élection de Barack Obama, aussi", a dit le président Wade.  A ce propos, il a prédit que "les barrières raciales vont sauter"  avec l'avènement de Barack Obama au pouvoir.
Pour Abdoulaye Wade, "désormais ce qui sera important, ce n'est pas la couleur de la peau, mais la compétence, la vertu,  l'expertise, la rapidité".
"Nous arrivons dans un monde nouveau" et "il faut en être  conscient", a indiqué le président Wade, avertissant que "les  lents vont disparaître".
Il s'est cependant montré rassurant sur le cas du Sénégal :  "Nous au Sénégal, nous fonctionnons très vite (...). C'est vrai,  nous fonctionnons très vite mais pas assez vite comme je l'aurais  souhaité".

Militaires Français au Sénégal

Fermer Dakar ou Libreville ? Regarder les cartes...
militaires

Alors que la France s'apprête à réduire ses implantations militaires en Afrique, l'avenir de deux sites est en discussion : Dakar au Sénégal et Libreville au Gabon. Au delà des impératifs politiques, la carte de ces deux villes permet de comprendre vers quelle décision on s'oriente.
En Afrique, l'impératif militaire absolu pour la France est de pouvoir contrôler un aéroport international, par lequel on peut évacuer des ressortissants et amener des renforts. A Libreville, le camp de Gaulle, qui abrite le 6ème BIMa, est situé juste à côté de l'aéroport Léon Mba, au nord de la capitale gabonaise. C'est le scénario idéal. En revanche, à Dakar, le 23 ème BIMa est implanté au camp de Bel-Air à plus de dix kilomètres de l'aéroport Léopold Sédar Senghor. Problème : pour aller du BIMa jusqu'à l'aéroport, il faut traverser une vaste zone urbanisée, ce qui serait très inconfortable en cas de troubles graves dans la capitale du Sénégal.
Conclusion : la France devrait garder Libreville et fermer Dakar.

 

Revue de la presse sénégalaise

Revue de la presse sénégalaise
presse
 
     LE SOLEIL : Depuis mardi à minuit, les partis et coalitions de  partis ont déposé leurs listes de candidats aux élections rurales, municipales et régionales du 22 mars prochain. Dans différentes  localités du pays, on va vers des chocs entre ténors.   
     ---  
     L'OFFICE : Les élections locales, qui devaient avoir lieu au  mois de mai de l'année dernière, sont prévues en mars prochain.  Mais, tous les ingrédients semblent réunis pour un second report ; chaque camp ahanant déjà. Un énième remaniement ministériel serait même dans l'air.  
     ---  
     SUD QUOTIDIEN : Pour la proposition de prolongement du délai de dépôt des listes électorales faite par l'opposition dite  significative, réunie au sein de la Coalition Benno Siggil  Senegaal, le Président Wade a indiqué la voie à suivre : s'ouvrir  à la majorité qui décidera en dernier ressort de la conduite à  tenir.  
     ---  
     NETTALI : Le président de la République, Me Abdoulaye Wade ne  rejette pas l'idée d'un prolongement du délai de dépôt des listes  de candidats pour les élections locales de mars prochain. Le  président de la République l'a déclaré à la Rts. Toutefois les  partis d'opposition qui ont fait la demande, doivent s'adresser à  la majorité, selon Me Abdoulaye Wade.
      
     ---  
     REWMI : Hier, lors du dépôt des listes électorales, tous les  partis politiques et les coalitions ont été à la bonne heure sur  les lieux sauf "And Liggéyal Sénégal" qui a été forclos. Par la  volonté, dit-on, de celui qui était proposé au dépôt de ses  listes.  
     ---  
     LE QUOTIDIEN : Les (trois) sapeurs-pompiers qui ont perdu leurs vies dans un batiment qui s'est effondré à la Médina rue 37X32  suite à un incendie, ont été accompagnés à leurs dernières  demeures, hier. Ce n'est pas encore la fin du deuil, car le 4e  sapeur pompier qui était blessé lors de cette mission de vendredi  dernier, a succombé à ses blessures, selon la radio Rfm.

Le fils du président Sénégalais succédera t'il à son père?

Sénégal: le fils du président Wade entre dans l'arène politique
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Abdoulaye Wade, 82 ans, à la présidence du Sénégal et son fils de 40 ans à la mairie de Dakar en attendant de lui succéder éventuellement: ce scénario a désormais des chances de se concrétiser avec l'entrée de Karim Wade dans l'arène politique comme candidat aux municipales.
"Karim Wade a été investi à Dakar-Ville sur la liste (de la coalition Sopi, au pouvoir) dirigée par Pape Diop", maire sortant de la capitale et président du Sénat, a déclaré mercredi à l'AFP Farba Senghor, membre de la direction du Parti démocratique sénégalais (PDS), principale formation de cette coalition.
"Karim candidat à la mairie de Dakar est dans l'ordre du possible, voire du normal, compte tenu de tout ce qu'il a fait et de tout ce qu'il envisage pour la capitale", a affirmé de son côté Latif Aïdara, conseiller à la présidence de la République et proche du fils du chef de l'Etat.
Le quotidien privé Le Populaire titrait d'ailleurs mercredi en une, au sujet de Karim Wade: "Il affiche son ambition de succéder à Pape Diop".
Karim Wade n'a jamais évoqué publiquement ses intentions, mais la presse privée sénégalaise ne cesse de le présenter comme le dauphin du chef de l'Etat, en vue du scrutin présidentiel de 2012.
Analyste financier de profession, réputé très libéral, il préside la Génération du concret, mouvement politique créé en 2006 avec des proches du président Wade.
Alternant costumes gris à la coupe soignée et boubous, ce Sénégalais né à Paris en 1968 et formé à l'étranger est présent depuis 2001 au palais présidentiel comme conseiller influent de son père. Et il dirige l'Agence nationale pour l'organisation de la conférence islamique (Anoci), chargée de la réalisation d'infrastructures pour le sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) qui s'est tenu l'an dernier à Dakar.
Des fonctions qui lui ont permis d'apparaître régulièrement aux côtés de dirigeants étrangers, tels le roi du Maroc Mohammed VI, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad à Téhéran en 2007 ou le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy à Paris en 2008...
Pour le journaliste et écrivain Abdoulaye Latif Coulibaly, critique virulent du régime, l'investiture de Karim Wade aux municipales est "un jalon pour le positionner sur l'échiquier politique". "La mairie de Dakar est une étape vers la présidentielle de 2012", dit-il à l'AFP.
Pour l'écrivain Mody Niang, également critique envers le pouvoir, Karim Wade a "comme seul mérite d'être le fils du président". "On prend ce raccourci indécent (sa candidature aux municipales, ndlr) pour en faire le maire de Dakar, ce qui sera le tremplin pour le projeter à la tête du pays", a-t-il accusé sur les ondes de la radio privée RFM.
Aux attaques récurrentes de la presse privée, Latif Aïdara, membre de la Génération du concret, rétorque: "on ne peut pas reprocher à quelqu'un d'être le fils, le frère ou la nièce du président. La démocratie dans le monde a produit +démocratiquement+ beaucoup de cas de figure" où des membres d'une même famille se sont succédés, fait-il valoir, citant l'Argentine ou les Etats-Unis.
Le président Wade, réélu en 2007 pour cinq ans, s'était lui-même défendu fin décembre de promouvoir son fils pour sa succession: "Personne ne m'a entendu dire que je veux me faire remplacer par Karim Wade. Je ne crois pas aussi que Karim l'ait dit; peut-être, mais moi je ne l'ai pas entendu", avait-il déclaré. "Maintenant, c'est un citoyen comme un autre", avait-il ajouté, avant d'affirmer: "Ce n'est pas à Abdoulaye Wade de choisir son remplaçant, c'est au peuple sénégalais".

AFP

Mortalité maternelle et infantile au Sénégal

Mortalité maternelle et infantile : L’initiative «Bajjenu Goxx» pour atteindre les objectifs 
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Les craintes du Sénégal d’atteindre les Objectifs du millénaire 4 et 5 sont de plus en plus manifestes. Car, la mortalité maternelle et néonatale reste toujours préoccupante avec 401 décès sur 100 000 naissances et 36 décès néonatals sur 1 000.
Cependant, les initiatives ne manquent pas pour honorer les engagements vis-à-vis de la Communauté internationale. A cet effet, le Sénégal a initié le programme communautaire pour la promotion de la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant intitulé «initiative Bajjenu Goxx» dont le lancement est prévu, lundi prochain, à Kolda. En prélude à cette cérémonie, une rencontre avec la presse a été organisée, hier, pour décliner les grandes lignes de cet «ambitieux programme.» Il s’agira pour le ministre de la Santé et de Prévention de «responsabiliser, dans chaque quartier ou village, une femme dont la mission sera de sensibiliser ses consœurs et leur montrer comment elles peuvent éviter les accidents de grossesse, de l’accouchement, de suivre les femmes enceintes pour les familiariser avec les consultations prénatales, le suivi alimentaire et la vaccination».
Safiatou Thiam estime que ce programme qui sera d’abord exécuté à Kolda, puis Sédhiou avant d’être vulgarisé à l’échelle nationale, exprime la volonté du Sénégal d’être au rendez-vous de 2015. A cette date, explique-t-elle, dans les pays où les dirigeants avaient donné des engagements en 2000, il ne doit plus y avoir de décès fréquents de femmes liés à la maternité ou de mort-né. Car, un pays qui prétend au développement ne doit pas traîner ces indicateurs révélateurs d’un système de santé défaillant. C’est dire que la charge est lourde pour le Sénégal au regard de la situation actuelle des structures sanitaires.
Aussi, relever un tel défi suppose l’implication d’autres secteurs comme celui de l’Education ou de l’Alphabétisation. D’où le choix porté sur la région du Fouladou pour lancer cette initiative. Selon Mme Thiam, Kolda est dépourvue d’infrastructures sanitaires adéquates, la zone est enclavée, n’ayant pratiquement pas de routes praticables en plus d’abriter une forte population étranglée par la pauvreté. Pis, déplore t-elle, les femmes de la localité sont confrontées aux problèmes de grossesses rapprochées, de mariages précoces, d’un pouvoir de prise de décision très réduit.
Ainsi, avec cette initiative, il sera question «d’organiser les femmes leaders en un système de parrainage à partir des groupements et associations de femmes pour le suivi de la mère avant la conception, pendant la grossesse, durant l’accouchement, dans le post-partum et celui du nouveau-né et de l’enfant, contribuant ainsi, à l’amélioration de la santé maternelle, néo-natale et infanto juvénile à Kolda et Sédhiou par l’utilisation des services au moment opportun».     

alyfall

21/01/2009

Stop aux médicaments Français au Sénégal

Sénégal: soins "plus difficiles" sans les médicaments envoyés de France
medoc

L'arrêt de l'envoi des médicaments non utilisés en France vers les pays en voie de développement va rendre "plus difficile" le traitement de certaines maladies au Sénégal, a déploré mercredi un responsable de l'institut de léproserie appliquée de Dakar (Ilad).
La France a arrêté, en janvier, la redistribution à des organisations humanitaires des médicaments non utilisés mais encore utilisables, qui doivent désormais être incinérés.
"Cela va surtout affecter les soeurs, qui dans les dispensaires, soignent tout un champ de maladies grâce à ces dons. Les maladies rares seront plus difficiles à prendre en charge", a déclaré le directeur adjoint de l'Ilad, Alain Legendre, à quelques journalistes.
Au Sénégal, "18 tonnes de médicaments et de matériel médical (...) sont envoyées deux fois par an", selon M. Legendre, qui dit coordonner leur distribution "dans 25 dispensaires et centre de santé" du pays.
"Désormais nous ne recevons que des médicaments neufs", et cela ne permet plus aux bénévoles "de prendre en charge" certaines maladies, a-t-il ajouté.
L'envoi au Sénégal de médicaments non utilisés en France "était une grande aide pour les malades du VIH/sida", selon soeur Xawiere, du dispensaire Notre-Dame à Thiaroye, en banlieue de Dakar.
"Nous prenons en charge gratuitement 400 malades du sida. Désormais, les antirétroviraux ne figurent plus sur les listes de médicaments des dons et nous sommes obligés de les acheter nous-mêmes", a déploré la religieuse.
L'Ordre de Malte France, organisme caritatif collectant des médicaments non utilisés pour des centres de santé, avait expédié en 2007 56 tonnes de médicaments vers 14 pays, selon son service de communication.
Cet organisme "espère collecter 2 millions d'euros en 2009 afin de poursuivre son aide aux pays en voie de développement", a déclaré Bertille Champenois, chargée des relations presse à l'Ordre de Malte.
La redistribution à des organisations humanitaires des médicaments non utilisés mais encore utilisables a cessé en France à la suite de problèmes mis au jour, comme le détournement des médicaments par des pharmaciens qui les revendaient ou encore l'inadaptation des médicaments récupérés aux besoins des populations du Sud.

AFP

Crise alimentaire au Sénégal

Sénégal - Crise alimentaire : les paysans prennent leur destin en main.
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Le secteur agricole du monde paysan est confronté à plusieurs difficultés. Le Conseil Nationale de Concertation et de Coopération des Ruraux (CNCR) qui l’a affirmé veut mettre en place une politique agricole durable en concertation avec les paysans. Pour ce faire, il a initié un atelier international de trois jours sur «la crise alimentaire et les stratégies paysannes pour la souveraineté alimentaire». Le CNCR a approuvé la Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance (GOANA) lancée par le chef de l’Etat pour atteindre l’autosuffisance alimentaire, mais il a émis des réserves car c’est «une campagne à très court terme décidée sans concertation».
L’atelier international sur «la crise alimentaire et les stratégies paysannes pour la souveraineté alimentaire» s’est ouvert ce mercredi 21 janvier à Dakar. Organisé par le Conseil National de Concertation et de Coopération des Ruraux (CNCR), il vise à «cerner tous les problèmes liés à l’agriculture dans le monde et notamment au Sénégal pour promouvoir une agriculture saine et durable» a indiqué le président du CNCR Samba Guèye. C’est parce que, a-t-il expliqué, «nous avons constaté plusieurs difficultés dans le monde paysan. Ces problèmes sont liés à l’augmentation des prix, à la mauvaise récolte, au manque de moyens, de matériel agricole, d’intrants, de semence certifiée».
La GOANA initiée par le chef de l’Etat et lancée en avril 2008, pour atteindre l’autosuffisance alimentaire ne peut pas régler le problème de l’avis du président du CNCR. «Tout n’est pas négatif dans la GOANA car il a permis au sénégalais de retourner à la terre. Elle s’est caractérisée par un rush, vers la terre, de personnes qui dans le passé n’avaient rien à voir avec l’agriculture. Elle a été lancée sans aucune concertation. Beaucoup de voix, sauf celles des paysans, se sont faites entendre sur la crise alimentaire» s’est offusqué Samba Guèye. Au cours de la rencontre, le CNCR a estimé que les autorités de l’Etat, malgré les engagements pris dans le cadre de la loi d’orientation agro-sylvo-pastorale votée en 2004, n’ont pas jugé utile de se concerter avec les principaux acteurs que sont les organisations agricoles.
L’autre imperfection de la GOANA notée par le CNCR est le fait qu’elle soit initiée uniquement pour la campagne 2008/2009. «Chaque année quand la campagne approche, nous (Sénégal) essayons de mettre en place une campagne pour l’agriculture. Je pense que nous devons avoir une politique agricole dans la durabilité comme le font les pays développés tels que l’Europe où il y a des politiques durables de dix à vingt ans. Il faut qu’on puisse échanger davantage avec les autorités pour bâtir ensemble une vraie politique agricole» a estimé le président du CNCR.
Abordant la commercialisation des produits agricoles, le président du CNCR a fait savoir que c’est le principal problème des agriculteurs à cause de l’absence d’une véritable politique agricole. «Il faut avoir une commission qui travaille sur les prix, savoir les prix sur le marché mondial, mobiliser les fonds pour que le paysan puisse choisir le produit qu’il veut cultiver avant même la campagne agricole » a-t-il suggéré.
Ainsi, cet atelier de trois jours doit aboutir sur une définition d’une stratégie paysanne pour la souveraineté alimentaire. En amont, les participants vont échanger sur les causes de la crise alimentaire et les moyens pour prévenir ce type de fléau.


Awa DIEDHIOU

exposition du peintre sénégalais Kara Ndiaye à Dakar

Exposition du peintre sénégalais Kara Ndiaye à
Dakar
peintre

Le peintre sénégalais Kara Ndiaye, "Le Kara", a décroché jeudi ses œuvres des cimaises de la Galerie nationale d'art de Dakar où l'artiste a procédé à l'exposition de 41 oeuvres faites en acrylique sur toile ou sur kraft du 2 au 15 janvier.
Préférant toujours intituler ses manifestation, "Le Kara" a placé sa dernière exposition sous le signe du "Reflet".
"J'intitule toujours mes expositions. Je considère que je suis en ascension vers l'idée pure, la perfection. Alors, mes œuvres sont des sommes de sensations. Ainsi, je cherche aussi à classifier mes expositions", a-t-il confié à la PANA, lors d'un entretien peu après la clôture de son exposition.
"J'ai commencé à partir de ma première exposition individuelle tenue en 1991, sous le signe du "Fragment". Pour moi, l'œuvre d'art est un fragment d'éternité. Puis, je suis passé aux signes du "Vertige" et du "Délire", a poursuivi l'artiste qui dit être passé par la suite l'"Onirique", la "Contemplation", le "Ravissement" et de la "Quiétude".
"Le Kara", qui travaille sur beaucoup de choses, dit exploiter "notre fonds culturel, à l'exemple des "Dames du Boundou" avec leur talent musical, "Les marchandages nocturnes" qui ne sont pas toujours clairs, etc., sur le sort de l'homme. En somme, sur toute la condition humaine".
Pour la technique, Kara Ndiaye travaille sur le papier et la toile, mais surtout le kraft froissé.
"Depuis 20 ans, je suis le seul Sénégalais à travailler sur le kraft froissé. Mes personnages sont toujours des contrastes entre la lumière et l'ombre, entre les formes chaudes (arrondies) et froides (coupantes comme le carré et autres. Ce qui donne l'effet de volumes", explique l'artiste-peintre, natif de Dakar qui, outre le Sénégal, a exposé dans plusieurs pays, notamment la Russie, l'Allemagne, l'Italie et la Grèce.