31/05/2009

Tabac au Sénégal

Le Sénégal «couve» les industries du tabac:
A l’origine, les 22 milliards de francs de taxes annuelles
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Le tabacologue et professeur à l’Ucad, Pr Samb, était inconsolable hier, tellement la «recherche de profits» et «l’insouciance» totale des autorités du pays sont sidérantes. Au moment où les industries du tabac perdent du terrain en Occident, des pays comme le Sénégal leur tendent les bras grands ouverts. Même la Côte d’Ivoire a su dire non à l’implantation sur ses terres de la firme de cigarettes, Philippe Morris international, grâce à des associations de lutte contre le tabac très puissantes qui ont su opposer des arguments…..nationalistes, pour la protection des jeunes générations.
Mais ici, l’enjeu financier est tellement énorme qu’il n’était pas question de cracher sur les dividendes que procurent les recettes fiscales. 22 milliards de francs Cfa par an sont estimés comme étant la contrepartie de la présence de deux puissantes entreprises du tabac au Sénégal.
Pr Samb de commenter ce «deal» par le «manque de civisme» des autorités et la «non prise en compte» des jeunes générations. «Nous ne réfléchissons pas assez, contrairement aux pays riches. Ce qui nous intéresse, c’est l’argent et tout de suite, l’avenir ce n’est pas important», se désole encore Pr Samb, qui a présenté une communication relative aux aspects épidémiologiques et une genèse de l’intoxication tabagique.
Les représentants des associations de lutte contre le tabac, eux, n’ont pas cessé d’indexer l’inertie des autorités. Car, même avec les mesures d’augmentation de 10 % de la taxe sur la cigarette, son application pose énormément problème. Ils sont formels, l’Etat va continuer à s’enrichir et les consommateurs vont continuer à trinquer.

30/05/2009

17 millions d'Euros du Japon au Sénégal

Sénégal: le Japon donne 17 millions d'euros pour la santé et les transports
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 Le Japon a accordé vendredi au Sénégal deux aides non remboursables d'un montant total de 17,7 millions d'euros (11,6 milliards FCFA), pour la construction de centres de santé et d'un pont, ont annoncé l'ambassade du Japon à Dakar et le ministère sénégalais de l'Economie.
Un montant de 12,7 millions d'euros (8,3 milliards de FCFA) sera consacré à "l'aménagement d'infrastructures sanitaires dans les régions de Tambacounda (est) et Kédougou (sud-est)", a précisé l'ambassadeur du Japon Takashi Saito dans un communiqué, après avoir signé les accords de dons.
Il s'agit en particulier "de construire et d'équiper trois centres de santé".
Près de 5 millions d'euros (3,2 milliards de FCFA) doivent permettre "la construction d'un pont sur le corridor du sud, entre la République du Mali et la République du Sénégal, dans la vallée de la Falémé", a ajouté le diplomate japonais.
Selon le ministre sénégalais de l'Economie et des Finances, Abdoulaye Diop, cet ouvrage "permettra une accélération des échanges entre le Mali et le Sénégal et une exploitation rentable des richesses minières et agricoles dans la zone sud".
M. Diop a salué un "nouvel élan" dans la coopération sénégalo-japonaise.

Rapport d'Amnesty international sur le Sénégal

Rapport d'Amnesty international sur le Sénégal 
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La liberté d'expression étouffée, les orientations sexuelles réprimées
L'Ong international de défense des droits de l'homme commence, dans son rapport 2008, a étalé ‘les nombreuses manœuvres ayant pour objectif d'étouffer la liberté d'expression et les critiques visant le président Abdoulaye Wade’.Et ce, non sans rappeler la politique de répression et d'intimidation dont ont fait l’objet certains médias au cours de l’année passée. Il s'agit, entre autres, ‘de la descente de la police dans les locaux d'une chaîne de télévision nationale pour une récupération d'images’, le saccage des locaux de deux organes de presse de la place, sans compter la condamnation des mois durant du directeur de publication du journal 24 Heures Chrono, El Malick Seck. Amnesty international incite ainsi l'Etat du Sénégal à faire encore plus d'efforts afin de permettre un exercice libre de la transmission d'informations. Il faut dire que le chef de l'Etat avait pourtant émis sa volonté de dépénaliser le délit de presse afin d'éliminer l'épée de Damoclès qui s'est installée sur la tête du journaliste, depuis quelque temps.
L'autre aspect évoqué par le rapport demeure les contraintes qui persistent autour de la liberté d'orientation sexuelle au Sénégal. Il s'agit de la ’discrimination qui concerne les lesbiennes, les gays, les personnes bisexuelles et les trans-genres’, souligne le document. L'Ong international rappelle que ‘des personnes soupçonnées d'avoir eu des relations homosexuelles consenties ont été la cible d'arrestations arbitraires, de manœuvres de harcèlement et de discrimination’. C'est le cas du fameux dossier des neufs homosexuels, dont la libération avait suscité beaucoup de contestations dans les différents segments religieux du pays. Ce dossier avait eu un retentissement international au point que la France y jouera un rôle essentiel pour la libération des homosexuels. Amnesty international considère ces personnes d'une orientation particulière comme ‘des prisonniers d'opinion’. L’Ong pour le respect des droits de l’homme rappelle que ‘plusieurs personnes ont dû fuir le pays’ pour aller vers d'autres horizons.
Sur un autre registre, la situation en Casamance a été étudiée avec les nombreuses exactions commises par des ‘supposés membres du Mfdc’. Le rapport évoque ainsi les ‘difficultés de l'autorité à mettre un terme à la crise’. Mais, aujourd’hui, de manière globale, résume le rapport, qui constate encore plusieurs manquements en matière de droits de l'homme, ‘de plus en plus, les populations réclament la justice, la liberté et l'égalité’.

29/05/2009

Chute du tourisme au Sénégal

Sénégal: le tourisme touché par la crise économique mondiale
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Baisse de la fréquentation, destination trop chère, avions d'Air Sénégal cloués au sol, effets de la récession en Europe: le secteur du tourisme de loisir au Sénégal, une des principales richesses du pays, traverse une période de crise.
"Le nombre de touristes au Sénégal a baissé de 20 à 30% depuis mars 2009", a expliqué à l'AFP le secrétaire permanent du syndicat patronal de l'industrie hôtelière au Sénégal, M. Moustapha Kane.
La bonne santé du tourisme sénégalais dépend pour beaucoup de la venue des vacanciers français, qui représentent la moitié des arrivées de touristes au Sénégal, au total 918.300 personnes en 2008. Le président de l'association des Tours-Opérateurs français, René-Marc Chikli, a récemment déploré à Dakar une diminution de "15% du trafic (nombre de touristes de la France vers le Sénégal), du 1er novembre à fin mars 2009", en haute saison.
En Casamance, région rurale du sud du Sénégal très prisée des touristes, "il n'y a pas d'activité économique, tout est mort. Plus d'une dizaine d'hôtels ont fermés à Cap Skirring (station balnéaire) et Ziguinchor (principale ville de Casamance)", regrette Jean-Pascal Ehemba, président du syndicat d'initiative de Ziguinchor. Une seule compagnie aérienne, Air Sénégal International, actuellement en procédure de dépôt de bilan, desservait régulièrement et toute l'année la Casamance. Ses avions sont cloués au sol depuis le 24 avril, perturbant la saison touristique.
Les vols charters en partance de Paris et affrétés par les tours-opérateurs atterrissent en Casamance jusque fin avril.
"Les conséquences de la crise économique sont à attendre pour la saison prochaine et les professionnels du tourisme ne sont pas optimistes", a ajouté Tekheye Faye, le chef de service régional du tourisme de Ziguinchor, joint par téléphone. Sur la petite côte, zone balnéaire et touristique au sud de Dakar, le nombre de vacanciers a diminué de "20 à 25% depuis novembre 2008", selon une estimation du président du syndicat d'initiative de la région de Thiès (70 km de la capitale), M. Boubacar Sabaly.
"Nous n'avons pas de visibilité, nous sommes à l'écoute des tours opérateurs. Des circuits ont été annulés. Selon les tours-opérateurs, ils sont devenus trop chers et plus assez rentables", ajoute Boubacar Sabaly. A Saly, plus importante station balnéaire de la petite côte, des commerçants parlent d'une baisse de 30 à 40% de leur chiffre d'affaire par rapport à la saison touristique 2007-8.
Dans le collimateur des professionnels du tourisme, il y a surtout des "taxes d'aéroports trop chères", selon M. Chikli, président de l'association des Tours-Opérateurs français. "Les taxes aériennes sont un goulot d'étranglement pour le secteur du tourisme", a regretté le président du syndicat des agences de voyages et de tourisme au Sénégal, Mamadou Sow.
"Il faut faire des efforts sur les taxes aériennes quand vos propres compétiteurs (Maroc, Tunisie, Egypte) sont en train d'annuler ou de baisser de 50% les taxes d'aéroports", a martelé M. Chikli à l'attention de ses partenaires sénégalais lors d'une récente rencontre à Dakar. Mais face à un tourisme de loisir en berne, le tourisme d'affaire "est en plein essor", a assuré le secrétaire permanent du syndicat patronal de l'industrie hôtelière au Sénégal.
"En avril et mai, les grands hôtels de Dakar ont eu un taux d'occupation d'au moins 90%. Dakar se positionne comme une destination de tourisme d'affaires et de congrès", a-t-il conclu.

Nouvelles d'Air Sénégal

Air Sénégal: accord entre Dakar et RAM pour créer une nouvelle compagnie
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L'Etat sénégalais et Royal Air Maroc, actionnaires d'Air Sénégal international, en cessation de paiements, ont signé vendredi un accord portant sur la création d'une nouvelle compagnie, a-t-on appris auprès de l'Agence nationale de l'aviation civile du Sénégal.

"Nous avons signé en début d'après-midi (...) un accord avec la Royal Air Maroc, qui porte sur la mise en place d'une nouvelle compagnie dont le capital sera détenu en majorité par des privés sénégalais", a annoncé à l'AFP le directeur général de l'Agence nationale de l'aviation civile du Sénégal, Mathiaco Bessane.

"La RAM n'est plus dans le capital, mais reste en support opérationnel" a-t-il ajouté.

Le PDG de Royal Air Maroc (RAM), Driss Benhima, était à Dakar pour signer cet accord, selon M. Bessane.

Les avions d'Air Sénégal international sont cloués au sol depuis le 24 avril et la compagnie est en cessation de paiement, du fait du conflit entre la RAM, actionnaire majoritaire (51%) et l'Etat du Sénégal (49%).

Début avril, la justice sénégalaise avait interdit à Royal Air Maroc de se retirer de la gestion de l'entreprise, aggravant la crise entre les deux actionnaires.

"La réunion de vendredi a eu lieu sous l'autorité du ministre d'Etat Karim Wade", le fils du président sénégalais Abdoulaye Wade. "C'est lui qui a mené les négociations de bout en bout" a relevé M. Bessane.

Au début du mois, le président Abdoulaye Wade avait nommé son fils Karim au poste de ministre d'Etat chargé de la Coopération internationale, de l'aménagement du territoire, des transports aériens et des infrastructures.

28/05/2009

Dakar: une exciseuse condamnée

Dakar: une exciseuse condamnée à six mois de prison ferme
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Un tribunal régional sénégalais a condamné jeudi à six mois de prison ferme une exciseuse traditionnelle pour avoir mutilé une enfant de 16 mois, dans le nord du Sénégal, a-t-on appris auprès d'une organisation de défense des droits de l'Homme.

Les parents et la grand-mère de la fillette ont été condamnés à une peine de six mois d'emprisonnement assortie du sursis par le tribunal de Matam (680 km de Dakar), a déclaré à l'AFP un représentant de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Raddho) dans la région.

Après l'énoncé du jugement, des "talibés" (disciples des marabouts) ont violemment affronté les forces de l'ordre à Matam, selon la radio privée RFM. Les manifestants jetaient des pierres sur les policiers qui faisaient usage de grenades lacrymogènes.

L'excision - terme le plus utilisé pour parler des "mutilations génitales féminines" - est interdite par la loi depuis dix ans au Sénégal.

Mais cette action en justice a été vivement contestée par des chefs religieux de la région de Matam, défendant cette pratique au nom de la tradition.

Le 14 mai, une foule de manifestants avait déjà fait le siège du tribunal pour exiger la relaxe des accusés, selon la presse locale.

L'excision de la fillette, du village d'Ourossogui proche de Matam, avait été dénoncée à la gendarmerie par un représentant de la Raddho. L'exciseuse et trois membres de la famille de l'enfant avaient été écroués.

"La Raddho voulait donner un signe fort d'avertissement, pour signifier que l'excision est bannie, interdite", a expliqué son représentant régional, David Diagne. "Nous allons poursuivre la sensibilisation dans toute la région de Matam pour faire valoir que l'excision fait beaucoup de mal, notamment du point de vue de la santé, avec tous les risques d'infection pour les fillettes".

Une autre ONG, Tostan, dont les programmes sont soutenus par le gouvernement sénégalais, estime que le Sénégal connaît depuis une dizaine d'années un "abandon massif de l'excision". Selon un responsable de cette ONG interrogé jeudi par l'AFP, "3.548 villages ont collectivement abandonné l'excision depuis 1997" dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

l’industrie automobile sénégalaise

l’industrie automobile sénégalaise à petits pas
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Inde, Iran et Chine sont les partenaires de l’industrie automobile sénégalaise, qui roule encore au pas.
Le parc automobile sénégalais, jusqu’ici exclusivement constitué de véhicules importés.
Le parc automobile sénégalais, jusqu’ici exclusivement constitué de véhicules importés, s’ouvre petit à petit aux voitures assemblées dans le pays. L’Inde s’est manifestée dans le segment minibus pour le transport en commun. Le partenariat avec la firme indienne Tata Motors a permis de livrer de 2005 à 2008, 505 minibus, selon des responsables de Senbus Industrie, la société sénégalaise associée aux Indiens. C’est une société à capitaux 100% sénégalais, avec une participation minoritaire de l’Etat sénégalais.
Cette première opération va se poursuivre pour le remplacement des cars rapides et Ndiaga-Ndiaye, des véhicules de transports en commun dont l’âge dépasse parfois cinquante ans, et qui constituent l’essentiel du parc des transports à Dakar. Un peu moins de 3000 Ndiaga-Ndiaye sont destinés à la casse.
Une convention signée en février dernier, lors de la visite à Dakar du président chinois Hu Jintao, prévoit un financement d’un peu plus de 11 milliards de francs CFA pour un premier lot de 400 voitures, mais à terme, l’objectif est de 6000.
Ce projet de renouvellement du parc de transport sénégalais a bénéficié d’un appui de 8 milliards de francs CFA, soit 12 millions d’euros, de la Banque mondiale. Chaque véhicule a coûté 21,2 millions de FCFA, dont les 75% (15,9 millions de francs CFA) ont été prêtés à un taux confessionnel sous forme de crédit-bail, d’une durée de cinq ans. Le bénéficiaire apporte le solde.
« Nous avons commencé le renouvellement du parc depuis 2002. Nous avons un taux de remboursement de 99% », précise un responsable du Ministère des transports. « Tata Motors apporte les kits (les composants) du véhicule et Senbus fait le montage. Tata forme en même temps le personnel de Senbus sur la technique de montage », explique Aminata Diagne Seck, directrice commerciale et marketing de Senbus. Des entreprises locales fabriquent aussi des composantes comme le marchepied et les sièges.
L’usine a été inaugurée en septembre 2003 en présence de plusieurs chefs d’Etat ouest-africains, révélant l’ambition de conquérir la sous-région. Senbus Industrie a déjà vendu des minibus au Mali, au Niger et à São Tomé et Principe, révèle la société.
Taxis iraniens
Avec l’Iran, le partenariat est noué avec la firme iranienne Khodro. Pour le sommet de l’Organisation de la conférence islamique à Dakar, en mars 2008, 300 taxis ont été importés d’Iran. Le financement a été permis par des lignes de crédit de banques et sociétés d’assurances. Depuis lors, des voitures pour des particuliers notamment sont sorties de l’usine de Thiès.
« Tout est importé. On ne fabrique rien au Sénégal. Les voitures sont assemblées par des Sénégalais sous la direction d’ingénieurs iraniens », affirme-t-on de source proche de SenIran Auto, une société anonyme avec participation des deux Etats et de privés sénégalais. L’Iran détient 60% des parts et le Sénégal 40% (20% pour l’Etat et 20% pour les privés sénégalais).
A terme, l’usine de Thiès devrait employer 500 personnes pour une production de 10 000 voitures.
Chinois
Les Chinois vont prochainement prendre le relais de Tata Motors, dont le contrat a expiré. Une convention signée en février dernier, lors de la visite à Dakar du président chinois Hu Jintao, prévoit un financement d’un peu plus de 11 milliards de francs CFA pour un premier lot de 400 voitures, mais à terme, l’objectif est de 6000.
Autre projeten cours, une usine de production de gros porteurs ont révélé récemment les autorités sénégalaises. C’est le résultat d’un partenariat entre le Sénégal et la société soudanaise Giad. La Sénégalaise de gros porteurs Industries (SGPI), nom de l’usine d’assemblage, prévoit un investissement de 50 millions de dollars pour un capital d’un montant de 500 millions de francs CFA, répartis entre le groupe soudanais Giad (51%), un groupe industriel privé sénégalais (34%) et l’Etat sénégalais (15%). La SGPI envisage de produire des camions-bennes, des pick-up et des tracteurs à partir de 2010 et prévoit quelque 500 emplois en moyenne.
Voitures neuves
Rénovation du parc, promotions, facilités bancaires, offres d’entretien et d’assurances gratuites pendant un an : le marché de l’automobile sénégalais est en expansion. Les concessionnaires indiquent que le marché connaît une croissance de 20% par an depuis cinq ans environ.
De plus de 3300 véhicules vendus en 2004, tous concessionnaires confondus, le chiffre est passé à quelque 8000 unités fin 2008.
Plusieurs raisons expliquent cette explosion, à commencer par l’interdiction depuis 2002 de l’importation des véhicules de plus de cinq ans.
Cette progression s’explique aussi par « le fait que les concessionnaires ont baissé leur coûts pour offrir des produits à des prix raisonnables », expliquait récemment le Bulletin économique de la Chambre de commerce de Dakar. « L’achat à crédit et le relèvement du pouvoir d’achat d’une certaine catégorie (de la population) ont également permis d’améliorer les ventes » de véhicules neufs, selon des spécialistes du secteur.
Cette expansion est constatée dans toutes les gammes de véhicules : particuliers, utilitaires, camions, bus et autobus. Elle a aussi diversifié les marques de voitures. Aux Européennes (Françaises surtout), Japonaises, Coréennes et Américaines, sont venues s’ajouter les Chinoises à bas prix. Cette expansion résistera-t-elle à la crise financière mondiale, s’interrogent les concessionnaires locaux. Les ventes de voitures neuves ont connu un ralentissement durant le dernier trimestre de 2008, dans une proportion non encore précisée.
Gaïndé
Le montage de camions n’est pas une première au Sénégal. Une première expérience de véhicules appelés Gaïndé, le lion, animal totem du Sénégal, avait échoué. Qu’en sera-t-il de la nouvelle ?
Avec 8000 voitures achetées en 2008, le marché des véhicules au Sénégal est réduit, estiment de nombreux spécialistes. L’augmentation du nombre de véhicules importés est perçue comme un frein à l’industrie automobile naissante.
« Il y a un manque de cohérence. Dans tous les pays du monde, les industries automobiles se sont développées avec l’aide de la puissance publique. Je ne comprends pas qu’on permette des importations », affirme David Sagna, du Ministère chargé des transports terrestres. « Il faut protéger les industries qui sont en train de naître ».

27/05/2009

Sénégal: de l'eau à...allo

Kirène lance sa marque de téléphonie mobile au Sénégal grâce à Transatel, leader des MVNE
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Dès le 26 mai prochain, Kirène, première marque d‘eau minérale du Sénégal proposera en collaboration avec Orange Sénégal son offre de téléphonie mobile, Kirène Mobile avec Orange. Transatel est fier d‘avoir accompagné Kirène de bout en bout dans la négociation et la mise en place de cet accord.
Après avoir conquis le marché agroalimentaire sénégalais, Kirène s‘attaque au marché de la téléphonie mobile en lançant Kirène Mobile avec Orange. Pour le lancement de sa nouvelle offre, le groupe sénégalais a choisi de faire confiance à Transatel, le MVNE (Mobile Virtual Network Enabler) qui, depuis 9 ans, développe une expertise européenne en matière de développement et d‘intégration d‘offres MVNO ou accords de marque. L‘expérience de Transatel a permis à Kirène de conclure un partenariat avec le groupe Orange, l‘opérateur leader au Sénégal. Kirène Mobile avec Orange sera une offre parfaitement intégrée à la gamme de produits d‘Orange Sénégal et fonctionnant grâce à ses infrastructures.
Le rapprochement de ces deux grands groupes a été assuré par Philippe Vigneau, directeur du Business Development chez Transatel. « Ce projet nous tenait réellement à coeur », précise-t-il, « D‘autant que c‘est une double première mondiale pour les deux sociétés. Tout d‘abord parce que c‘est le premier partenariat conclu en Afrique sur un accord de marque (avec Orange). D‘autre part, car c‘est la première fois qu‘une marque d‘agroalimentaire s‘adosse à un opérateur mondial pour développer son offre de téléphonie mobile ».
Transatel a participé de bout en bout à l‘élaboration du projet. La société travaille depuis deux ans avec Kirène. Elle l‘oriente et la conseille dans ses choix stratégiques et technologiques. Si Kirène gère elle-même sa distribution, Transatel a participé à la mise en place de la stratégie commerciale et du marketing de l‘offre.
Une fois l‘offre Kirène Mobile avec Orange déployée, Transatel continuera à accompagner le groupe agroalimentaire sénégalais dans ses orientations stratégiques télécoms.
Ce nouveau service souligne la place qu‘a pris la marque Kirène au Sénégal. Les valeurs de sénégalité, de citoyenneté, d‘écologie et de qualité que la marque promeut, démontrent la complémentarité des réseaux GSM africains avec les grandes marques nationales, quel que soit leur domaine d‘activités. Outre l‘eau minérale Kirène, l‘entreprise sénégalaise possède d‘ores et déjà plusieurs marques dont Candia, Jip, Présséa. Pour Transatel et Philippe Vigneau, cette collaboration était une véritable opportunité : « Le marché africain est très intéressant et présage un avenir prometteur. Kirène fait partie de ces entreprises qui sont assez solides techniquement et financièrement pour assurer ce genre de service. Ça a été une vraie joie de travailler avec ce groupe qui véhicule des valeurs éthiques et professionnelles rares ».
Le lancement de Kirène Mobile avec Orange est prévu le 26 mai prochain.
A propos de Transatel
TRANSATEL est une société européenne de téléphonie mobile créée en 2000, qui a des filiales au Royaume-Uni, en Belgique, au Luxembourg et aux Pays-Bas. Transatel occupe aujourd’hui une position unique sur le marché : il dispose d‘une infrastructure MVNO (Mobile Virtual Network Operator) complète, connectée à 7 grands opérateurs de téléphonie mobile en Europe (Bouygues Telecom, Orange France, Orange UK, Base en Belgique, Mobistar en Belgique, Telfort aux Pays-Bas et Tango au Luxembourg) qu‘il met à disposition de ses clients.
Initialement connu en tant que MVNO (www.transatel-mobile.com), Transatel est également leader européen en tant que MVNE (Mobile Virtual Network Enabler) dont l‘activité est d‘apporter son expertise aux acteurs souhaitant devenir MVNO (www.transatel-solutions.com). Transatel propose également ces services en tant que MVNE Agrégateur en offrant à ses clients la possibilité de bénéficier d‘une offre MVNO « clef en main », qui comprend une offre d‘achat de minutes associée à la fourniture de services techniques d‘opérateur mobile virtuel. Après avoir lancé plus 30 MVNO en Europe, « Transatel solutions » tient désormais une place incontournable dans le monde des MVNE.
Pour en savoir plus : www.transatel.com - www.transatel-solutions.com - www.transatel-mobile.com

 

Les ruines de St Louis du Sénégal

La ville de Saint-Louis lance un inventaire de ses bâtiments en ruine
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La commune de Saint-Louis, au Sénégal, va engager un inventaire exhaustif de ses bâtiments les plus en ruines. Ville inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, elle possède de nombreux bâtiments toujours occupés par des familles et qui risquent de s’effondrer.
Suite à l’effondrement lundi d’un balcon dans la cité historique, le maire de Saint-Louis, Cheikh Bamba Dièye, a demandé à ce que soit engagé un inventaire des bâtiments les plus en ruines de la ville. Il a déclaré que la restauration des maisons de sa communauté était une «urgence nationale». Sollicitant l'Etat et le ministre de la Culture, il a ajouté, «il faut prendre des mesures afin d'aider les familles propriétaires et les occupants à restaurer le patrimoine en péril».
L'effondrement du balcon d'une maison, lundi à la mi-journée, n'a fait aucun blessé parmi la quinzaine de personnes présentes au premier étage et au rez-de-chaussée. Construite en 1916 dans le nord de l'île, cette demeure avait été rénovée pour la dernière fois en 1960, selon son copropriétaire, l'écrivain Louis Camara.
Saint-Louis fête cette année le 350e anniversaire de sa fondation par les colons français. En 2008, le comité du Patrimoine mondial de l'Unesco avait menacé de la placer dans la catégorie «patrimoine en péril» si des efforts n'étaient pas faits pour sa réhabilitation. Un décret avait ensuite été signé pour appliquer son «plan de sauvegarde et de mise en valeur».

24/05/2009

Sur M6 ce dimanche

Les vendeurs Sénégalais
Enquête exclusive sur M6
Magazine d'information
boutique du sculpteur

Paris, Rome, New York, les grande villes touristiques voient toutes les abords des monuments investis de vendeurs à la sauvette proposant des gadgets en tous genres, tours Eiffel, portes-clefs ou masques exotiques. La plupart d'entre eux sont sénégalais et font partie d'un véritable réseau qui, depuis plus de trente ans, organise leur venue en Europe, sélectionne les produits et les emplacements les plus rentables. Il semble que cette étonnante organisation soit aux mains d'individus mystérieux et fortunés qui, grâce aux bénéfices récupérés, font construire au Sénégal des écoles religieuses et des mosquées. Enquête.
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DIFFUSIONS
M6 DIMANCHE 24 MAI 2009 DE 22H45 À 0H05 (80')

Rediffusions :
Jeudi 28 mai 2009 : M6 00h15
Jeudi 28 mai 2009 : M6 HD 00h15

23/05/2009

BLANCHIMENT D’ARGENT AU SENEGAL

BLANCHIMENT D’ARGENT AU SENEGAL
Ça sent vraiment mauvais
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Entre schtroumpfage, complicité bancaire, transferts électroniques, raffinage, le fléau du blanchiment d’argent sale sent de plus en mauvais au Sénégal. En épinglant dans son rapport 2008 le secteur de l’immobilier principalement, le Giaba (Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’ouest), devrait tout de même insister sur la responsabilité même des banques de la place de même que sur la collaboration des acteurs non financiers.
Ça sent comme les odeurs d’ordures qui pullulent actuellement dans la capitale sénégalaise. De mieux en mieux débusqué dans les pays déjà rompus aux techniques de lutte, le blanchiment d’argent fait le tour de la planète à la recherche de territoires moins bien armés ou carrément pas regardants. Le fléau a atterrit au Sénégal où ça sent de plus en mauvais depuis des années.
En 2006, soixante (60) déclarations de soupçon auraient été reçues par la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (Centif) du Sénégal dont la mission est de recueillir et de traiter les informations financières transmises par les assujettis sous forme de déclarations de soupçon. En 2007, le nombre serait passé à soixante (72) déclarations. La Centif avait alors révélé que les valeurs relatives aux dossiers transmis s’établissaient à un peu plus de 88 milliards FCfa dont seulement 459 millions qui avaient fait l’objet d’une opposition par ladite cellule et confirmée par le Juge d’instruction.
L’édition 2008 du rapport annuel du Giaba(Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’ouest) épingle, encore une fois, le secteur de l’immobilier principalement et touche aussi du doigt la nécessité d’une culture bancaire dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent.
Cette culture serait ainsi le moyen le plus sûr pour la conduite d’affaires en proposant des produits attractifs et flexibles sur le marché. Aussi, le rapport suggère-t-il que le défi à relever est celui d’attirer le plus grand nombre de clients et d’accroître les services afin de les étendre au-delà de la capitale.
Certes le rapport 2008 du Giaba salue les efforts accomplis par le secteur bancaire dans l’amélioration de la bancarisation et appelle à plus de dynamisme de la part des établissements bancaires dont le manque mènerait à ce qui est perçu comme étant un « blocage institutionnel » qui, en retour, encouragerait des pratiques bancaires parallèles et constitueraient une importante source de blanchiment de capitaux. Cependant une chose est sûre, en investissant beaucoup dans l’immobilier et les marchés des titres plutôt que d’innover dans de nouveaux produits et encourager ainsi une augmentation du pourcentage de l’utilisation des services bancaires dans le pays, la plupart des banques ne contribuent pas à réduire la prévalence du blanchiment d’argent au Sénégal.
En fait, si l’on se réfère au rapport 2007 du Giaba, c’est tout le système financier au Sénégal qui constitue le lit des crimes économiques et financiers et cela va aussi du secteur bancaire au secteur des assurances en passant par celui du change, des transferts, avec une grande prévalence au niveau des circuits informels, ou encore des Infd dont une surveillance institutionnelle apparaît absolument nécessaire pour enrayer le mal.
En se décloisonnant et s’internationalisant le système financier a permis à l’argent sale de mieux se cacher, mieux se mouvoir et mieux se mettre en valeur, parfois loin de son lieu géographique et social de genèse. Par ailleurs, dans l’exercice de leur fonction, les acteurs non financiers peuvent être appelés à réaliser, contrôler, conseiller sur des opérations entraînant des mouvements de capitaux. Ils sont avocats, notaires, commissaires aux comptes dont la responsabilité n’est pas moins importante que celle des assujettis non financiers dans la lutte contre le blanchiment d’argent.
En partenariat avec l’Association des barreaux de l’Afrique de l’Ouest, le Giaba avait d’ailleurs ouvert, le lundi 31 mars 2008 à Dakar, un séminaire de deux jours à l’endroit des avocats. Une rencontre qui entrait dans le cadre d’un Plan commun de formation et de sensibilisation des membres des barreaux de l’Afrique de l’Ouest sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
L’ouverture de ces assises avait été une opportunité pour les acteurs non financiers de s’impliquer davantage dans la lutte contre ce fléau qui représente une véritable menace pour l’économie convalescente des pays de la sous-région. Il apparaît que ces acteurs doivent faire face à une obligation de vigilance et diligence, une obligation de déclaration de soupçon, une de conservation et de communication des documents et une obligation de mise en place d’un système de contrôle interne.
En tout état de cause, lever le secret bancaire individuel des gestionnaires pourrait permettre la manifestation de la vérité, et cela ne peut qu’être un avantage pour la promotion de la bonne gouvernance. Il s’agit d’une exigence de modernité dans la gestion du patrimoine public qui devrait, autant que faire se peut, diminuer des atteintes récurrentes à la fortune publique, comme c’est souvent le cas en Afrique.
La transparence en matière bancaire signifie d’une part l’impossibilité pour la banque de masquer l’identité du titulaire du compte, et d’autre part la faculté pour les tiers d’accéder à l’information sur les comptes. La question paraît assez délicate dans la mesure où elle va à l’encontre des droits et des libertés individuelles. Les avoirs dont dispose une personne sur son compte sont le prolongement de son patrimoine. Il n’y a pas de raison que certains biens soient plus exposés que d’autres à l’examen des tiers. Le secret bancaire est alors un moyen de protection des titulaires de compte.
Toutefois, en dépit du droit au secret bancaire, il peut arriver, lorsque certaines circonstances l’exigent, que le secret bancaire soit levé. C’est le cas lors de contrôles ou d’enquêtes menés par certains organes publics, à l’instar du contrôle d’Etat ou des enquêtes policières. Dans ce contexte, ces structures exercent des prérogatives de puissance publique vis-à-vis des établissements de crédit. De même, des facteurs tels que l’internationalisation de la lutte contre le terrorisme et le blanchiment de l’argent ont contribué à porter atteinte à la confidentialité des comptes.
Comment font les blanchisseurs
Avec la lutte de plus en plus importante contre le blanchiment d’argent auprès des banques et des paradis fiscaux, ainsi que la levée du secret bancaire sur ordre de la Justice, les criminels sont obligés de se tourner vers d’autres intermédiaires pour blanchir leur argent. Il semblerait que les commerces comme les bijouteries et les entreprises d’import-export sont les premières cibles pour blanchir l’argent. L’établissement de plusieurs fausses factures entre des sociétés écran permet également de faire croire que cet argent est tout à fait propre. Il existe en fait 3 phases complémentaires ou indépendantes pour blanchir des capitaux : le prélavage, le lavage et le recyclage. Mais dans ce contexte, l’imagination des criminels dans ce cas est presque sans limite :
Le schtroumpfage
C’est probablement la méthode la plus courante de blanchiment d’argent. Cette méthode nécessite l’implication de nombreuses personnes dont le rôle consiste à déposer des sommes en espèces dans des comptes bancaires ou à se procurer des traites bancaires de moins de 10 000 de la monnaie du pays afin d’éviter le seuil de déclaration.
La complicité bancaire
Il y a complicité bancaire lorsqu’un employé de la banque s’est impliqué criminellement afin de faciliter le processus du blanchiment d’argent. Toutefois, les criminels ont de plus en plus de difficulté à utiliser cette méthode en raison des principes directeurs, des pratiques et des procédés de formation préconisés.
Transfert de fonds et bureaux de change
Les entreprises de transfert de fonds et les bureaux de change mettent à la disposition de leurs clients des services qui leur permettent de se procurer des devises étrangères qui peuvent être emportées outre-frontière. On peut aussi, par l’entremise de ces bureaux, télégraphier des fonds à des comptes ouverts dans des banques étrangères. De même, il est possible de se procurer des mandats, des chèques bancaires ainsi que des chèques de voyage à travers ces entreprises.
Achat de biens au comptant
Les blanchisseurs achètent et paient en espèces des biens de grande valeur tels que des automobiles, des bateaux ou certains biens de luxe tels que des bijoux ou de l’équipement électronique. Ils utiliseront ces articles, mais ils s’en distancieront en les enregistrant ou en les achetant au nom d’un associé.
Mandats-poste
Cette technique consiste à échanger des sommes en espèces contre des mandats- poste, lesquels sont ensuite transmis à l’étranger pour fin de dépôt bancaire.
Cartes de crédit
Les malfaiteurs paient en trop le solde de leurs cartes de crédit et conservent un solde créditeur élevé pouvant être utilisé de nombreuses façons telles que l’achat de biens de valeur ou la conversion du solde créditeur en chèque bancaire.
Casinos
Les blanchisseurs se rendent au casino, où ils se procurent des jetons en échange d’argent comptant pour ensuite encaisser leurs jetons sous forme de chèque.
Arnaque à la loterie : Les trafiquants sont amenés à acheter un ticket de type PMU, jeu à gratter ou bulletin de loto gagnant au prix de la somme remportée, pour blanchir une somme moyenne d’argent sale.
Raffinage : Cette technique consiste à échanger de petites coupures contre des grosses dans le but d’en diminuer le volume. Pour ce faire, le blanchisseur échange des sommes d’argent d’une banque à l’autre afin d’éviter d’éveiller les soupçons. Cela sert à diminuer les grandes sommes d’argent.
Amalgamation de fonds dans des entreprises honnêtes : Les organisations criminelles ainsi que les individus qui y sont impliqués peuvent blanchir des fonds en investissant dans des entreprises qui affichent normalement un volume élevé de transactions au comptant afin d’incorporer des produits de la criminalité aux activités commerciales légitimes brassées par l’entreprise. Enfin, il arrive que des criminels achètent des commerces qui génèrent des recettes brutes par des ventes au comptant. C’est le cas des restaurants, bars, boîtes de nuit, hôtels, bureaux de change et compagnies de distributrices automatiques. Ils investissent ensuite ces fonds obtenus par des moyens frauduleux en les amalgamant à un revenu qui ne suffirait pas autrement à soutenir une entreprise honnête.
Altération des valeurs : Un blanchisseur peut acheter un bien immobilier d’une personne disposée à déclarer un prix de vente sensiblement inférieur à la valeur réelle du bien et se faire payer la différence en argent comptant « en cachette ». Le blanchisseur peut acheter, par exemple, une maison d’une valeur de deux millions de dollars pour seulement un million et transmettre en secret au vendeur le reste de l’argent qu’il lui doit. Après une certaine période de rétention du bien immobilier, le blanchisseur la vend à son prix réel, soit deux millions de dollars.
Auto-prêt : Pour les besoins de cette technique, le trafiquant remet à un complice une somme d’argent illicite. Ce complice lui « prête » une somme équivalente, documents de prêt à l’appui, pour créer l’illusion que l’argent du criminel est légitime. Le calendrier de remboursement de l’emprunt par le criminel ajoute à l’apparence de légitimité de cette combine, et procure encore un autre moyen de transférer des fonds
Assurance-Vie : Comme étape de placement d’argent, il est possible de souscrire des contrats d’assurance-vie avec des primes très élevés et les faire annuler plus tard pour toucher que la moitié.
Pas si simple
L’expérience Centif en matière de lutte anti-blanchiment est encore très jeune, mais c’est en cela qu’elle est intéressante car faisant apparaître à l’intention des territoires non encore dotés d’instruments de lutte anti-blanchiment mais qui ne sauraient tarder à y procéder, les obstacles à surmonter pour traduire en réalités quotidiennes, les stratégies de lutte telles que définies sur la base des Conventions internationales, et conformément aux recommandations du GAFI articulées autour de 4 axes que sont la prévention du blanchiment, la détection du fait de blanchiment, l’incrimination et la répression, la coopération internationale.
La première difficulté rencontrée par la CENTIF Sénégal lors de ses premiers contacts avec les assujettis, était relative à la notion de lutte contre le blanchiment de capitaux illicites. A l’exception des établissements financiers, filiales de grands groupes internationaux qui avaient déjà acquis une certaine pratique en la matière, l’ensemble des autres assujettis, et plus particulièrement les professions juridiques indépendantes (notaires, avocats, etc…), certaines banques locales, les organismes de micro crédit et autre ONG, ont eu du mal à définir la frontière entre leurs intérêts privés, et l’infiltration par leur biais, dans les circuits monétaires légaux, d’éventuels capitaux illicites.
Les nouveaux comportements imposés ainsi que la suspicion prescrite par la nouvelle loi semblaient antinomiques des intérêts privés de l’entreprise, et plus généralement des politiques d’ouverture, pour des raisons d’émergence économique, à l’investissement privé.
En réponse à ce constat, la CENTIF a, au cours des 6 à 8 premiers mois de son existence, multiplié séminaires et forums de formation, information, sensibilisation en direction des assujettis.
Cette activité aurait porté ses fruits. L’ensemble des assujettis au Sénégal semble avoir perçu la nécessité de se protéger des capitaux illicites qui, par leurs instabilité, leurs origines amorales et destructeurs du tissu social, sont nuisibles au pays en général mais aussi à l’entreprise privé de quelque type ou dimension qu’elle puisse être.
Autre particularité rencontrée : bien qu’ayant une relative connaissance de la matière, les filiales sénégalaises des grandes banques internationales, ont dû, dans le cadre de la définition des programmes internes, déterminer des politiques internes de lutte en fonction des réalités sénégalaises. Ainsi par exemple, le faible taux de bancarisation au Sénégal (entre 6 et 7%), et son pendant direct qu’est le grand usage en Afrique du paiement en espèces, n’est pas en phase avec les seuils définis par la loi. De ce point de vue, une politique sous régionale d’incitation à l’usage du compte et des instruments bancaires est mise en oeuvre par les autorités monétaires. L’autre résistance rencontrée par la Centif dans l’accomplissement de sa prérogative de sensibilisation des assujettis à leurs nouvelles obligations est relative aux déclarations d’opérations suspectes.
Instrument fondamental de détection du blanchiment, la DOS incombe aux assujettis qui, au Sénégal, ont rencontré les difficultés suivantes de mise en pratique.
Pour ce qui concerne les établissements financiers, outre qu’il a fallu définir en fonction des réalités du pays la notion d’opération suspecte, il fallait également former les employés en contact avec les clients à percevoir les anomalies tout en intégrant la particularité du grand usage d’espèces.
Dis-moi… Blanchiment
L’expression « blanchiment d’argent » (money laundering en anglais) vient du fait que l’argent acquis illégalement est appelé de l’argent sale (finance noire). Cet argent est souvent issu de trafics d’armes, de drogue, d’êtres humains ou d’autres activités mafieuses. Le blanchiment permet à cet argent de passer pour propre, c’est-à-dire de prendre une apparence honnête.
Une autre origine peu vraisemblable est souvent avancée : l’expression « blanchiment d’argent » viendrait du fait qu’Al Capone (chef d’une famille mafieuse) aurait racheté en 1928, à Chicago, une chaîne de blanchisseries : les Sanitary Cleaning Shops. Cette façade légale lui permettait ainsi de recycler les ressources tirées de ses nombreuses activités illicites. En réalité, l’expression n’apparaît qu’au cours des années 1970 autour du Watergate et il faut attendre 1982 pour qu’elle soit utilisée dans une affaire judiciaire.
Toutefois l’arrestation d’Al Capone pour fraude fiscale, et non pour les crimes commis, montre l’importance et la difficulté du blanchiment d’argent dans la lutte contre les organisations criminelles. Le mafioso Lucky Luciano et son bras droit Meyer Lansky comprirent dès 1932, l’importance d’inventer de nouvelles techniques de blanchiment de fonds, notamment grâce au réseau d’îles politiquement indépendantes, dit pays offshores.

Formation pour le tourisme au Sénégal

TOURISME-FORMATION : PARTENARIAT ENTRE PROFESSIONNELS SÉNÉGALAIS ET FRANÇAIS POUR LA RELANCE
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Les organisations professionnelles sénégalaises de l’hôtellerie (Spihs, Savts, Onits) et leurs homologues françaises ont signé, ce lundi 18 mai, un protocole d’accord en vue de mettre en place un centre de formation en hôtellerie et restauration. Ce projet, financé par l’Agence française de développement (Afd) est l’aboutissement d’un long processus de concertation entre les acteurs du tourisme sénégalais et les groupes opérateurs français qui font 50% des arrivées sur la destination Sénégal. Selon René Marc Chikli, président de l’association des Tours opérateur français (Cto), elle vise « à faire acquérir aux professionnels sénégalais le même type de service dans toutes les destinations de tourisme ». Mamadou Racine Sy, le président de la coordination patronale des industries touristiques, affirme qu’il s’agit d’une réponse aux besoins des entreprises du tourisme, vu « l’insuffisance des ressources humaines qualifiées, le manque de productivité dans le travail qui a des incidences négatives sur le résultat d’exploitation et sur la fidélisation de la clientèle ». Selon lui, « le Sénégal doit se doter d’un dispositif de formation performant pour gagner davantage de parts de marchés dans un contexte économique et concurrentielle extrêmement difficile ».

Dangerosité des crèmes éclaircissantes au Sénégal

Ruée sur les crèmes éclaircissantes, dangereuses et en vente libre
11 Young women, Senegal

 Les crèmes éclaircissantes pour la peau, à base de corticoïdes et d'agents dépigmentants très puissants, n'ont jamais eu autant de succès sur les marchés du Sénégal où elles s'exposent en vente libre, malgré leur dangerosité avérée.

Dans son cabinet de l'hôpital Aristide Le Dantec, à Dakar, la dermatologue Suzanne Oumou Niang s'alarme de voir que "leur utilisation est en augmentation constante depuis une dizaine d'années".

"Ces crèmes sont en vente libre alors qu'elles ne devraient être livrées que par ordonnance et pour des affections dermatologiques! Certains corticoïdes n'ont même pas l'autorisation de vente dans les pharmacies", souligne le Pr. Niang.

Dans le service où elle exerce, "60% des cas d'infections sévères et profondes de la peau sont liés à l'application de produits de dépigmentation".

Pour elle comme pour bien d'autres médecins dakarois, cette vogue est devenue "un vrai problème de santé publique".

Dans les échoppes du marché Sandaga, en plein centre de la capitale sénégalaise, ce sont des cartons entiers de crèmes "Clair and White", "X-White" ou "L'Abidjannaise" que les marchands disent écouler quotidiennement.

Les flacons se vendent de 500 CFA à 25.000 CFA (0,75 à 38 euros), les moins chers étant importés de Côte d'Ivoire, du Mali ou fabriqués au Sénégal.

Sur les étiquettes, le taux d'hydroquinone - dépigmentant interdit dans l'Union Européenne depuis 2001 - est officiellement de 2%.

En vérité, confesse un vendeur, "sur beaucoup de produits, le taux indiqué n'est pas le bon. Il est plutôt de 5%".

Depuis quatre mois, Mounass, 21 ans, s'enduit de ces produits deux fois par jour.

Parce qu'elle estime que "les hommes préfèrent les femmes à la peau claire", elle peut dépenser 40.000 FCFA (61 euros) par mois pour sa dépigmentation, soit l'équivalent du salaire minimum.

En dépit de tous les avertissements, la jeune femme assure ignorer les dangers de ces produits.

Les patientes que le Pr. Niang voit défiler à l'hôpital ont de l'acné, des tâches noires, des vergetures, des abcès. Deux cas de cancers de la peau spécifiquement dus à l'utilisation de crèmes éclaircissantes ont même été recensés ces quatre dernières années.

"Le risque de décès est surtout lié aux infections sévères de la peau, principalement dues au corticoïdes, qui peuvent se généraliser" (septicémie), explique la dermatologue.

L'utilisation de corticoïdes peut également engendrer hypertension et diabète.

Et une étude effectuée en 2006 à la maternité de l'Institut d'hygiène sociale de Dakar a montré que les femmes utilisant des corticoïdes à outrance accouchaient d'enfants d'un poids plus faible que la moyenne des bébés, selon la dermatologue Fatimata Ly, présidente de l'Association internationale d'information sur la dépigmentation artificielle (Aiida) créée en 2002.

Chaque soir, pendant 20 ans, Mme Diop s'est appliquée de tels produits éclaircissants, jusqu'au jour où des taches noires sont apparues sur sa peau. "Pour pouvoir arrêter, j'ai été aidée par un ami qui m'a soutenue. Sans lui cela aurait été difficile", raconte cette femme de 50 ans.

Selon les médecins, l'utilisation des produits de dépigmentation finit par provoquer une sorte de "dépendance psychologique". "Les femmes ont l'impression que si elles ne s'en servent plus, elles ne seront plus les mêmes", constate le Pr. Niang.

Durant l'été, l'Aiida organisera à Dakar une journée de consultations gratuites et des séances de prévention.

22/05/2009

Maladie de Whipple au Sénégal

Maladie de Whipple : Le Sénégal face à un nouveau problème de santé publique
maladie

La moitié des enfants sénégalais pourrait être porteuse d'une bactérie appelée Tropheryma whipplei, responsable de la maladie de Whipple. Une étude réalisée au Sénégal par l’Institut de recherche pour le développement et l’université de la Méditerranée révèle la présence de cette pathologie au Sénégal.

Après le paludisme, le Sida, la tuberculose, entre autres, une pathologie jusque-là méconnue en Afrique noire apparaît dans les résultats de recherche des scientifiques. La maladie de Whipple est une infection grave qui peut affecter tous les organes du corps. Elle se déclare par des douleurs articulaires, des diarrhées chroniques, un amaigrissement et laisse, parfois, des séquelles neurologiques. Whipple entraîne une inflammation de la membrane qui tapisse l'intérieur du cœur, une inflammation du tissu cérébral et des méninges. En l’absence de traitement antibiotique, elle peut entraîner la mort. Une récente étude, réalisée dans deux villages du Sénégal, Ndiop et Dielmo, a permis aux chercheurs de l’Institut de recherche pour le développement (Ird) et à leurs partenaires de l’Université de la Méditerranée, de découvrir un fort taux de prévalence du pathogène. L'analyse des échantillons fécaux de 150 enfants bien portants révèle un taux de prévalence de 44 % chez des enfants âgés de 2 à 10 ans, de 37 % chez les enfants de huit mois à deux ans. Chez les bébés de moins de huit mois, la prévalence est de 11 %. Les chercheurs ont découvert une nouvelle souche de la bactérie au Sénégal. Il s'agit de dix nouveaux génotypes du pathogène, répartis dans trois groupes indépendants et tous spécifiques à ce pays.

Le pathogène se transmet par voie fécale-orale et d'homme à homme. Des tests sont entrain d'être faits pour pister la présence de la bactérie dans la salive. D'ici quelques années, les scientifiques craignent que la maladie de Whipple ne devienne un problème de santé publique en Afrique subsaharienne.

Les études se poursuivent au Sénégal et les scientifiques s’attendent à des taux de prévalence aussi importants que ceux des deux villages. L'étude prouve que près de la moitié des enfants vivant en zone rurale au Sénégal et en Afrique sub-saharienne, en général, sont des porteurs sains. Cependant, toutes les personnes porteuses du pathogène ne contractent pas forcément d’infection. Les taux de prévalence au Sénégal sont, selon les scientifiques, très largement supérieurs à ceux observés en Europe, en Asie ou en Amérique. Dans les pays du nord, peu d’enfants de moins de deux ans sont porteurs du pathogène. Mais la bactérie est présente dans les selles de beaucoup d’enfants de deux à quatre ans, atteints de gastroentérite.

Aussi, 1 à 11 % des adultes en Europe seraient-ils porteurs de la bactérie. Les hommes blancs, d’environ 50 ans, seraient plus touchés par la maladie. A ce jour, mille cas de Whipple ont été découverts. 12 à 26 % des ouvriers, travaillant dans la collecte des eaux usées et l’assainissement, seraient des ‘porteurs sains’ de la bactérie.

Khady BAKHOUM

Nouveau livre d'Omar Ba (+ vidéo)

Omar Ba : "l'Europe n'est pas la solution aux problèmes de l'Afrique"

(Pour regarder et écouter l'interview, coupez la musique de fond sonore en cliquant sur le lecteur "Deeze" tout au bas de la colonne de droite)



Après "Soif d'Europe : témoignage d'un clandestin", dans lequel il racontait son périple de trois ans pour émigrer en Europe, Omar Ba publie un nouveau récit. Dans "Je suis venu, j'ai vu, je n'y crois plus", il exprime ses désillusions face à une Europe qui se révèle loin du paradis imaginé, et dénonce ouvertement le mythe tenace d'un eldorado européen. Touteleurope l'a rencontré à l'occasion de la sortie de son livre.
Omar Ba est né à Thiès au Sénégal. Arrivé en France en 2003 au terme d'un périple de 3 ans, il vit aujourd'hui en Ile-de-France. Dans "Soif d'Europe", il relatait son voyage, de Dakar à Paris, balloté de pirogues en camions frigorifiques, refoulé plusieurs fois vers l'Afrique mais persistant à accomplir son voyage vers l'"eldorado" européen.
 
"Aujourd'hui, je veux que mes amis entendent raison, qu'ils rêvent d'Afrique au lieu de fantasmer sur une Europe qui n'est pas comme ils l'imaginent"
Aujourd'hui, bénéficiant d'un titre de séjour en tant qu'étudiant, il constate avec amertume que son périple n'est pas terminé. Loin de goûter aux avantages promis, il apprend à vivre la dure condition d'immigré, faite de précarité et de désenchantements, sans logement décent, sans travail et parfois sans titre de séjour valable. Rentrer au pays ? Impossible sans faire honte à la famille et perdre son honneur : il faut penser aux proches restés au village et virer régulièrement une partie de ses maigres revenus.
A travers son témoignage, Omar Ba souhaite surtout dénoncer un tabou : l'effet dévastateur du mythe de l'eldorado européen, qui jette à la mer chaque année des milliers d'Africains portés par la promesse d'une vie dorée, et parfois les tue. Encore tiraillé par l'envie pressante de repartir et la nécessité de rester, il plaide pour que cesse ce mensonge meutrier et pour que ses amis et sa famille encore au pays "rêvent d'Afrique". Enfin, l'auteur remet en cause l'école publique africaine, qui tournée vers l'Europe, dédaigne les réalités africaines et incite in fine la jeunesse diplômée à déguerpir.
Omar Ba défend ainsi l'idée d'une meilleure gestion des flux migratoires et fustige les politiques économiques qui favorisent l'expatriation des siens vers les pays les plus riches : "J'accuse ce discours de la poussée migratoire qui s'intensifie et qui, surtout, assassine."
Omar Ba, qui êtes-vous ?
J'ai 29 ans, je suis Sénégalais. Je suis venu en France en 2003 pour faire des études, mais auparavant j'ai essayé de venir en Europe par des voies illégales, parce que je n'avais pas la possibilité de venir légalement. Aujourd'hui je suis en France, après être passé par l'Espagne pendant près d'un an. Je suis étudiant en sociologie et j'ai dernièrement travaillé pour une ONG, ce que j'ai justement suspendu pour faire la promotion de ce livre, pour transmettre le message que j'ai à transmettre aux Africains et aux gens qui s'occupent de l'immigration.
Quel est ce message ?
Le message, de façon très claire, c'est que j'ai eu l'impression de m'être trompé d'Europe quand je suis arrivé. Je me pose encore la question de savoir si c'est la même Europe qu'on me présentait quand j'étais dans mon pays, au Sénégal. Ce que j'essaie de faire passer, c'est que l'Europe n'est pas le paradis qu'on imagine de l'autre côté de l'Afrique.
Donc l'immigration tous azimuts n'est pas la solution aux maux de l'Afrique. En une phrase, c'est ça. On a beau demander à l'Europe d'ouvrir ses frontières pour les Africains, j'estime qu'à un moment donné, ce sont les Africains eux-mêmes qui doivent prendre en charge leur destinée, et que cette immigration massive vers l'Europe est une odieuse fuite en avant. Je pense qu'on retarde l'échéance, qu'on retarde les choses, qu'on n'essaie pas de voir la réalité en face, et que quand tout un continent a envie de déguerpir parce que sur place il ne pense pas avoir d'avenir possible, c'est très inquiétant.
C'est même aussi inquiétant que tous les maux dont souffre l'Afrique par ailleurs, notamment les dictatures et les guerres, si on a plus envie, si on a plus la possibilité de rêver en Afrique et de rêver d'Afrique, de rester en Afrique pour réussir en Afrique (parcequ'il y en a qui réussissent en Afrique et qui ne sont jamais venus ici !). Moi j'ai du venir en Europe et y passer quelques années pour me rendre compte que j'avais des tonnes de possibilités que je pouvais saisir dans mon pays, et que je ne les voyais pas ! Qu'est-ce que je voyais ? Je voyais l'Europe, je voyais l'exil, je voyais simplement l'émigration comme solution à mes problèmes. Et comment venir, tout simplement.
Comment êtes-vous arrivé en Europe ?
J'ai d'abord essayé de venir légalement, comme tout le monde, sauf que quand on veut venir légalement, il faut à la fois des moyens, il faut justifier de ressources suffisantes pour pouvoir vivre en Europe et un dossier solide à donner au service consulaire pour avoir un visa (or je n'étais pas excellent à l'école). De plus nous n'étions pas suffisamment informés sur la procédure légale, mais surtout sur la procédure illégale, il faut vraiment le savoir ! Parce qu'on estime que c'est plus simple et moins cher d'y aller illégalement ! Evidemment on entend dire qu'il y a des pirogues qui s'échouent et des gens qui meurent, mais on se dit que ce sont là des exceptions et que, de toute façon, il y a des gens qui y arrivent.
Je suis parti en pirogue le 5 Septembre 2000, après avoir fait le tour de toutes les procédures légales supposées pouvoir m'ouvrir les portes de l'Europe. Et mon seul objectif c'était de partir… j'ai constitué un poids pour ma famille, pour mes proches, pour tout le monde. Je me sentais de trop, en fait, parce que quelqu'un qui ne part pas et qui ne réussit pas au pays, c'est quelqu'un qui a raté sa vie.
J'ai subi une pression sociale, psychologique, éducative aussi : parce que l'école participe beaucoup à forger l'image de cette Europe où tout va bien… Ce que nous apprenons à l'école, c'est ce qui marche en Europe et dans les pays du Nord... sans qu'on en voie les coulisses : on ne s'appesantit pas sur la dureté des batailles économiques, les récessions, les mauvaises passes de ces pays là, on ne voit que leur stade de développement avancé. De toute façon, à l'école, dans la société, dans les familles, on n'a pas de contre-information sur l'Europe. On n'a qu'une parole qui nous est transmise, selon laquelle l'Europe c'est l'avenir.
Donc à l'école par exemple, on apprend l'Union européenne, on apprend l'Alena, on apprend les institutions de tous ces pays-là. Moi je connaissais parfaitement comment fonctionnait le Parlement européen, la Commission, les eurodéputés… alors que dans mon propre pays, d'abord je ne votais pas, mais je connaissais également mal le fonctionnement des institutions.
Et cette façon-là de nous apprendre les choses était aussi une façon de nous dire que finalement, ce qui se passe se passe là-bas et pas ici. J'ai bien conscience qu'en nous apprenant ça, l'objectif des autorités est de nous faire comprendre que, ce que d'autres ont réussi à faire est aussi possible ici. Sauf que quand on peut aller en Europe, on ne perd pas son temps à rester en Afrique pour faire comme eux en Afrique ! Si tout marche là-bas et qu'on peut en profiter…
Que diriez-vous à ceux qui souhaitent émigrer en Europe?
De toute façon on continuera à venir, mais quelqu'un qui veut venir en Europe doit d'abord réfléchir ! Moi je n'ai pas réfléchi quand je venais, mais je suis suffisamment averti aujourd'hui pour dire à une personne qui veut venir d'y réfléchir à deux fois. Légalement ou illégalement. Même quand on vient légalement, c'est une déchirure profonde, parcequ'on laisse une famille, on laisse des amis, on laisse une vie derrière soi. Et en plus on vient sur la base d'une fausse image qu'on se fait de l'Europe.
Moi je suis là depuis plusieurs années, et je sais que 90% de ce qu'on me racontait sur l'Europe (notamment sur le plein-emploi, sur la luxure, sur la fête, sur la possibilité d'avoir tout de suite un logement, de s'insérer très vite, de trouver tout de suite de l'argent et de pouvoir rentrer au pays)... est totalement faux ! Parce que je dois déployer 3 fois plus d'efforts qu'un autre… je ne dis même pas pour réussir, mais simplement pour m'installer en France. Là j'en suis encore à chercher à m'installer en France. Ca fait quand même quelques années que je suis là, mais je suis encore dans une situation précaire.
Et je veux partager cette expérience pour que les jeunes qui viennent ne perdent pas leur temps. Moi j'ai perdu 3 années clandestinement, 3 années de ma vie. Aujourd'hui j'ai le sentiment de perdre encore des années parce que je dois déployer 3 fois plus d'efforts qu'un autre. C'est cette perte de temps là que je veux éviter à tous ces gens qui ont envie de venir, et la déchirure de quitter sa famille aussi. Enfin, c'est aussi par amour pour l'Afrique que je dis aux jeunes de réfléchir ou même de rester en Afrique.
En quoi l'Europe que vous avez trouvée est-elle différente de celle que vous imaginiez ?
Je vais vous raconter une anecdote. Quand j'étais à Saint-Etienne avant de venir à Paris, j'étais étudiant et j'étais parti chercher du travail chez un primeur. Je lui donne un CV farfelu, et il me dit : "Est-ce que vous avez un projet professionnel?" Je suis tombé des nues ! Parceque mon seul projet de vie c'était de venir en Europe. Si je savais que je devais encore avoir un projet professionnel après être venu… j'y aurais réfléchi à deux fois.
Ce que j'étais venu chercher, c'était déjà un avenir, c'est-à-dire du travail, pouvoir entretenir ma famille… Je suis parti de mon pays par altruisme. Si cela ne tenait qu'à moi, je pourrais supporter ce que je vivais dans mon pays. Mais je devais soulager ma famille, mes proches (je suis le deuxième d'une famille de 9 enfants).
Quand je suis arrivé en Europe, je me suis pris une grosse claque, parce que ce n'était pas du tout ce que j'imaginais. Déjà je tombe sur des gens qui font la manche… et qui s'adressent à moi, en plus (j'étais relativement bien habillé, avec une chemise). Ca m'a déstabilisé !
Aujourd'hui je pense que j'ai eu la chance d'avoir ce déclic assez tôt, pour être parfaitement lucide. Je suis très vite devenu lucide quand je suis arrivé en Europe. Je me suis rendu compte qu'ici, comme en Afrique, c'est la vie. C'est différent mais c'est la vie. Des fois ça va, des fois ça ne va pas, et pour des gens comme moi, des fois ça ne va pas du tout ! Parceque je ne suis pas dans mon pays, parceque je suis un immigré, tout simplement. Et que je dois chercher les bases d'une nouvelle vie.
C'est ce que j'essaie d'expliquer dans ce livre (et là je me situe à un autre niveau par rapport aux polémiques sur l'immigration, les sans-papiers, les régularisations…), c'est, d'abord, pour tous ces gens qui ont envie de venir en Europe, que l'Europe n'est pas la solution à vos problèmes. Tous les développements du livre démontrent ça.
L'Europe n'est pas la solution aux problèmes des familles africaines, de l'Afrique, des pays africains. Il faut savoir que 80% de l'argent des immigrés va dans la consommation privée. Donc on fantasme sur le poids des immigrés et tout l'argent qu'ils envoient. On compare même avec l'aide au développement qui serait trois fois moindre que cet argent là, mais c'est de la rigolade !
On est face à un problème et on l'évite, et dans 20 ans, dans 30 ans, peut-être qu'on sera encore là à se dire qu'on s'est trompés. Je pense que les solutions à nos problèmes en Afrique, c'est à nous Africains de les trouver. Ce n'est pas en venant massivement ou en voulant venir massivement en Europe, ou en attendant de l'Europe qu'elle se bouge (bien qu'elle doive se bouger). Je pense qu'il y a un minimum qui nous incombe, mais ce n'est pas en déguerpissant tous que quoi que ce soit va s'enclencher.
N'est-ce pas aussi à cause de l'Europe si les conditions d'entrée et de vie des migrants y sont si difficiles ?
L'Europe est en train de faire une chose qui me semble tout à fait contre-productive, vis-à-vis même de l'Europe. Si je dois donner un conseil à l'Europe, c'est d'arrêter de construire cette Europe forteresse, qui a les mêmes effets que l'ouverture des frontières : on dit que c'est en ouvrant les frontières qu'on va créer un appel d'air et que tous les Africains, les pauvres, les miséreux du monde vont venir. Eh bien, le problème est que si on les ferme, même hermétiquement ou partiellement, c'est un autre appel d'air. Parceque si on ferme les frontières, l'Europe aura l'air d'une chasse gardée, et on aura encore des discours de plus en plus présents en Afrique sur le fait que l'Europe c'est le paradis, l'eldorado.
Ce que j'attends surtout de l'Europe, et je le demande solennellement, c'est qu'elle apporte son aide, dans le cadre d'une campagne de sensibilisation… je pense qu'il faut même une éducation nouvelle des candidats à l'émigration, notamment en Afrique, sur la vraie Europe. Et là l'Europe devra contribuer à casser son propre mythe, pour qu'on cesse d'y voir le paradis ! Vous voyez un peu la difficulté ?
Malgré les politiques d'immigration légale, l'immigration illégale continue à progresser. Donc la solution n'est pas de fermer les frontières. La solution est ailleurs : en Afrique.
Une autre chose que j'attends de l'Europe c'est qu'elle soit plus claire dans sa politique d'immigration, qui est vue en Afrique comme une politique anti-immigration (et pas seulement illégale). Et ça c'est un malentendu entre l'Afrique et l'Europe qu'il faut résorber par une plus grande discussion. Et, je m'attaque aussi aux responsables africains, qui doivent s'impliquer davantage dans cette gestion des flux migratoires. Je suis persuadé qu'il faut une gestion des flux migratoires. Mais ce qui me sidère c'est l'absence des responsables africains dans cette gestion. Quand on débat de l'immigration, c'est toujours en Europe, dans les pays du Nord, que le problème inquiète ou qu'il tracasse. Mais j'ai l'impression que ça n'intéresse pas les pays en voie de développement dont les gens partent. Le mutisme et le silence des pays africains, je les dénonce aussi dans ce livre.
Une gestion des flux migratoires n'est pas forcément une politique anti-immigration. De toute façon l'immigration on ne pourra jamais l'arrêter, ça fait partie du monde. Mais il faut une immigration organisée, basée sur la vérité, par sur des mirages, pas sur des mensonges, pas sur une conception des pays d'accueil comme des paradis, comme des sociétés nanties à tout point de vue.
Je veux que quelqu'un vienne en Europe en connaissance de cause… et légalement!
Quelqu'un qui comme moi va prendre une pirogue pour venir en Europe, et qui peut-être va rester au fond des océans… je suis pour qu'on lutte contre cette immigration là, de la façon la plus ferme possible. Et lutter contre cette immigration là ne veut pas dire s'attaquer aux migrants, qui sont des victimes. Je pense qu'il faut démanteler les réseaux de passeurs qui sont devenus sous-régionaux, régionaux, transafricains même. Car j'ai l'impression que l'Europe travaille surtout à se barricader. Alors que les solutions à ce problème là se trouvent surtout en Afrique.
Donc il faut des gens qui puissent décider à notre place, et interdisent de faire ça. Il n' y a pas de sot moyen pour empêcher quelqu'un de mourir. C'est ça que j'essaie de faire passer.
Ne vous attendez-vous pas à des critiques de la part des Africains ?
En fait, je donne des mauvaises nouvelles, concernant l'Europe qui encore fait rêver des millions d'Africains. Mais j'ai le sentiment de faire ce que je dois faire. Je pense que je n'ai pas le droit de me taire, de ne pas partager ce que j'ai vécu avec des millions de jeunes qui peut-être vont rester au fond des océans. Parce qu'il faut savoir que personne n'en parle. Les médias en parlent pendant quelques temps, au creux de l'actualité, et après on passe à autre chose. Sauf que tous les jours il y a des jeunes qui risquent leur vie dans des embarcations de fortune pour venir en Europe. Je ne suis pas irresponable au point de me taire, même si je vais me faire jeter en Afrique. Je ne me fais pas d'illusions, je sais qu'il y aura une grande hostilité de la part de beaucoup d'Africains qui vont me prendre pour quelqu'un qui fait la politique d'immigration de l'Europe. Mais cette accusation ne peut pas tenir, parceque je ne suis pas Européen !
Mon pays c'est le Sénégal, ce n'est ni la France ni l'Espagne ni l'Italie ! Je suis africain, j'aime profondément l'Afrique, et je ne veux pas même qu'un seul Africain meure en mer parce qu'on lui a raconté des conneries sur l'Europe. Si j'ai réussi à convaincre un seul Africain de ne pas risquer sa vie ou de ne pas prendre un billet d'avion pour venir sur la base de cette fausse image de l'Europe, j'aurai accompli ma mission.
Evidemment, je ne me fais pas d'illusions : les donneurs de mauvaises nouvelles ne sont pas très bien vus ! Mais le fait est que c'est la vérité. J'aurais bien aimé dire aux Africains, après quelques années, que l'Europe, c'est le paradis. Mais je ne peux pas donner cette bonne nouvelle là. Il faut arrêter de raconter des bobards aux Africains en leur racontant que l'avenir c'est ailleurs. Et c'est tellement ancré que personne n'a plus envie de réussir en Afrique, personne n'a plus envie d'entreprendre quoi que ce soit en Afrique. On dirait que l'Afrique hérisse les Africains !
Ils se diront : celui-là il a réussi, mais c'est tout à fait faux ! Aujourd'hui j'ai encore un titre de séjour qui ne me permet pas de travailler dans tous les domaines. Donc je suis encore un étranger, un immigré. Et je suis tout à fait fondé pour dire à d'autres immigrés ou à d'autres immigrés potentiel qu'il faut agir en connaissance de cause, et qu'il faut arrêter de jeter la faute sur l'Europe. Tout ce qui ne va pas en Afrique n'est pas la faute des pays du Nord, même s'ils en ont une grande responsabilité.
De toute façon les pays du Nord auront toujours une politique d'immigration. Ca a toujours été le cas, qu'on soit de droite ou de gauche. Il n'y a jamais eu des frontières ouvertes à tout le monde. Il faut arrêter cette hypocrisie aussi entre la droite et la gauche.
Il faut arrêter de rêver, et de penser qu'à un moment les pays du Nord vont ouvrir leurs frontières, et que tous les Africains vont venir s'installer. Ce serait le chaos ici comme là-bas, et c'est déjà le chaos là-bas parce que plus personne n'a envie d'y faire sa vie.
Quand je dis que je n'y crois plus, ça veut dire que je crois en l'Afrique. Je suis venu, j'ai vu et je n'y crois plus, car cela fait quand même plusieurs années que je suis là, et certains sont là depuis 30 ou 40 ans, et ces gens-là je les côtoie tous les jours, et ils me disent qu'en venant ici ils avaient tous envie de rester en France quelques années et de rentrer au pays. Sauf que l'échéance est retardée à chaque fois, parce qu'il faut prendre des crédits, s'installer, se marier… du coup, c'est l'"enlisement", c'est le mot qu'ils utilisent. Ils ont encore aller vivre en Afrique, aux côtés des leurs, parce qu'on n'est jamais mieux que chez soi ! Mas ils ne peuvent pas.
Et moi je suis en train de comprendre ce qu'ils ont essayé de me dire. J'ai toute ma famille au pays : mon père, ma mère, mes frères et sœurs, et je n'ai qu'une envie : c'est de vivre avec ces gens-là. Alors qu'ils ne peuvent pas venir, et ils ne veulent même pas. Parce que je les ai convaincus de vraiment faire leur vie là-bas, et de ne pas risquer leur vie pour venir en Europe, pour finalement vivre dans la nostalgie, la frustration, la discrimination, l'instabilité et la précarité.
Aujourd'hui mon titre de séjour peut être supprimé par une autorité compétente sans qu'elle aie à m'en donner les raisons. Donc tous ces gens qui me regardent, m'écoutent, doivent savoir, si ce sont des immigrés, que moi je suis un immigré. Je suis Africain, j'aime profondément l'Afrique. Si j'avais le minimum chez moi, je ne serais pas venu en Europe. Mais quand on vient en Europe, on a une vie à construire, on a une stabilité à chercher, au moins pour sa famille. Parce que si je ne travaillais pas en Europe, si j'en étais resté à ma frustration du début, je ne serais pas là aujourd'hui. Parceque je me serais fait expulser, et donc je n'aurais servi à rien. Je reste aussi pour ma famille. Si je rentre, ce sera aussi pour ma famille.
Quels sont vos projets pour les années à venir ?
Pour vous dire... cela corrobore absolument tout ce que je défends : je ne sais pas ! C'est complètement fou, mais encore aujourd'hui je ne peux pas dire ce que j'ai envie de faire. J'ai fait des études de sociologie, j'avais pour ambition d'enseigner un jour la sociologie au Sénégal. Mais j'ai suspendu la thèse parce qu'il me fallait travailler, pour vivre et pour payer mes études. Là j'ai suspendu cette thèse, que je vais reprendre de toute façon, mais mon objectif, qui a été bousculé quelques fois mais qui est resté, c'est vraiment d'enseigner la sociologie dans une Université d'Afrique. notamment au Sénégal. Ce qui me permettra d'avoir la possibilité de bouger un peu, avec des partenariats avec d'autres universités…
Cela aussi je le développe dans le livre : je veux que vraiment les étudiants en Afrique n'aient plus cette nécessité de quitter l'Afrique pour faire des études. Plusieurs dispositifs ont été mis en place sans fonctionner, mais il y a encore moyen de trouver des partenariats qui permettent aux étudiants de rester en Afrique et d'avoir accès à une éducation de qualité, notamment par l'Université virtuelle africaine qui est encore en cours…
De mon côté je prépare encore mon départ, même si je ne sais pas encore quand je vais partir, mais cette envie de faire ma vie en Afrique est constante chez moi. Je suis là en ce moment pour faire passer ce message, et je suis plus entendu en étant en France qu'en Afrique !
Parce que ce qui fait rêver, ce sont les médias, généralement occidentaux, qui montrent une image mirobolante de l'Europe, c'est Internet surtout (j'en parle dans le livre). Donc l'Europe est plus proche de nous virtuellement en Afrique, mais très éloignée en fait. Du coup on vit dans la frustration permanente de voir l'Europe tous les jours, dans les séries télévisées, dans les médias et sur Internet, sans pouvoir profiter de cette Europe qu'on nous monte. Cette façon là de présenter les choses est complètement orientée pour faire croire aux Africains que c'est la belle vie. Je ne sais pas si c'est conscient ou inconscient, mais c'est comme ça. Et dès qu'on parle de l'Afrique, c'est l'inverse ! Du coup, quand ici je regarde les médias, je me dis: de quelle Afrique parle-t-on ? Et desfois je doute même de mon envie de rentrer en Afrique, tellement on me présente ce continent avec un catastrophisme terrible.
La manipulation mentale passe par des canons médiatiques, virtuels, que moi-même j'ai envie d'utiliser pour justement dire autre chose, pour rétablir l'équilibre entre ce qui est vrai de ce qu'on dit de l'Europe et ce qui est faux, et montrer la vraie Europe : celle qui contient des SDF, des gens fauchés par la vie, des gens logés dans des conditions insalubres. Si je suis en Afrique, j'aurai beaucoup plus de mal à me faire entendre.
 
Omar Ba est l'auteur de "Soif d'Europe", aux éditions du Cygne, et de "Je suis venu, j'ai vu, je n'y crois plus", aux éditions Max Milo. Diplômé de sociologie, il a du interrompre sa thèse pour travailler à plein temps dans une ONG qui favorise la mise en place de politiques éducatives adaptées dans 23 pays. Il est devenu un intervenant régulier dans les débats sur l'immigration.

Autoroute et politique au Sénégal

Sénégal: La politique et le premier tronçon de l’autoroute en vedette
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 La politique occupe une place importante dans les quotidiens dakarois parvenus vendredi à l’APS, même si certains journaux mettent l’accent sur la visite du président Abdoulaye Wade effectuée mercredi sur le premier tronçon de l’autoroute à péage.

Le Soleil annonce à ce propos que l’ouverture de cet axe à la circulation est prévue au mois de juillet 2009.

Sur le même sujet, Le Messager qui rapporte les propos du chef de l’Etat, écrit : ‘’Nous allons faire un prolongement jusqu’à Mbour et plus tard Thiès’’.

Selon le journal, Abdoulaye Wade qui s’exprimait à la fin de sa visite des chantiers du premier tronçon de l’autoroute à péage, s’est dit ‘’agréablement surpris par les édifices’’, estimant ‘’qu’un vieux rêve se réalise’’.

‘’Quand j’étais député en 1978, on discutait du projet d’autoroute Dakar-Thiès. Cela n’avait jamais bougé et lorsque je suis arrivé à la tête du Sénégal, j’ai réalisé les grands travaux avec l’APIX (…)’’, rapporte encore Le Messager.

Dans la même veine, Express News indique que ‘’le président Wade (est) impressionné par l’autoroute à péage’’.

‘’Nous ne sommes pas le premier pays à avoir une autoroute à péage, il y en a beaucoup dans le monde, en Afrique, mais celle-ci qui a bénéficié des dernières technologies les plus récentes, est en avance sur les autres’’, ajoute le journal, citant le chef de l’Etat.

Sur un tout autre plan, Sud Quotidien titre : ‘’Restitution des travaux des assises nationales dimanche au Méridien-Président : le Sénégal dessine la carte de ses priorités’’.

Le journal précise que ‘’cette cérémonie de restitution du 24 mai sera précédée de celle de la signature officielle de la Charte, dite +Charte de gouvernance démocratique+, par les parties prenantes, le vendredi 22 mai à 16 heures, au siège des assises nationales (…)’’.

‘’Déclaration de patrimoine devant un jury d’honneur : Khalifa Sall viole la loi du silence’’, ironise Le Quotidien, parlant de l’engagement à la probité morale du nouveau maire de la ville de Dakar.

Le journal précise que ‘’c’est ce matin à l’Hôtel de ville que le maire de la capitale livre à l’opinion publique et internationale le contenu de sa déclaration officielle de patrimoine’’.

Le Quotidien poursuit : ‘’Devant un +jury d’honneur+ dont les membres ont été triés sur le volet, cette opération, inédite au Sénégal, est coordonnée par le Forum civil, branche sénégalaise de l’organisation Transparency international’’.

Rewmi indique que pour sa part que ‘’le nouveau maire de Dakar, Khalifa Sall a démarré une opération de nettoyage de l’Hôtel de ville’’. Le journal précisé qu’il a ‘’mis fin aux fonctions de plus d’une vingtaine d’agents de la Mairie de Dakar nommés par le maire sortant’’.

‘’Ousmane Masseck Ndiaye, Ablaye Faye… : les non-dits d’un retour en zone’’, affirme pour sa part Walfadjri. Pour le journal, ‘’de solides arguments doivent avoir convaincu le président de la République à reprendre par la fenêtre toutes les personnes à qui il avait désigné la porte de sortie’’. ‘’Selon des sources, s’il en a été ainsi, c’est que Wade a voulu éviter les +deux poids, deux mesures+’’, croit savoir Walfadjri.

Parlant du départ de Moustapha Diakhaté du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir) pour l’Alliance pour la République (APR, opposition), Thiey-le journal se demande si un c’est un ‘’coup de sang ou un coup de bluff’’.

Comme le sport, les faits divers occupent des colonnes à l’instar de celles de l’Observateur qui signale une ‘’tentative d’agression contre l’ex-miss Sénégal’’, précisant que ‘’trois hommes armés débarquent chez Fabienne (NDRL : Féliho)’’.

‘’Yékini/Gris Bordeaux et Baboye/Lac de Guiers II, le même jour, la même heure : la +guerre+ des promoteurs des télés et des sponsors’’, écrit titre de son côté Le Matin. Sunu Lamb parle à ce propos de ‘’guerre meurtrière entre Gaston (Mbengue) et Luc (Nicolaï)’’, les deux plus grands promoteurs de lutte du moment.

‘’Marseille prépare ses transferts’’, annonce Walf Sports qui note que ‘’quatre Lions’’ sont ‘’au cœur des priorités de l’OM’’. Le journal souligne que le club phocéen entend ‘’retenir Mamadou Niang et renforcer sa défense’’ en faisant appel à Souleymane Diawara, Malickou Diakhaté et Aly Cissokho.
De son côté, Stades croit savoir qu’avec ‘’la fin imminente des différents championnats européens, plusieurs Sénégalais pourraient changer d’air. Souleymane Diawara (Bordeaux) serait sur les petits papiers de José Mourinho à l’Inter de Milan et Demba Bâ en partance pour Manchester United’’.

19/05/2009

Près de 12 millions de capotes pour le Sénégal

Besoins en préservatifs en 2009 :
Une capote anglaise par Sénégalais en moyenne
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Jusqu'à ce jour, l'Etat du Sénégal n'a jamais acheté de préservatif masculin ou féminin. Il se limite à faire part de ses besoins aux partenaires au développement que sont l’Usaid, l’Unfpa et Kwf qui paient la facture. Ces besoins ont été estimés, pour l’année 2009, à 11 millions 730 mille préservatifs masculins, soit un condom par Sénégalais en moyenne, et les commandes ont été déjà passées. Pour le condom féminin, par contre, il n’y a pas eu de nouvelles commandes pour l’année en cours puisque le stock existant est encore important. Cela s’explique par le peu d’intérêt que suscite le Fémidon chez les Sénégalaises malgré son introduction dans le pays depuis douze ans. D’ailleurs, le désintérêt porté sur cette méthode de contraception se traduit par une quasi-absence du produit dans les rayons des officines de pharmacie. Un désintérêt qui n’est, sans doute, pas pour déplaire au directeur du Centre de promotion de la santé Hyacinthe Thiandoum où on continue de prôner, urbi et orbi, l’abstinence et la fidélité.
 Le Sénégal passe des commandes pour 11 millions 730 mille condoms
Aucune commande de préservatif féminin n’a été faite par le Sénégal pour l’année 2009, puisqu’il existe un stock de 6 mille condoms féminins, d’après la Division des Ist/Sida. Par contre, pour le préservatif masculin, il y a bien eu des commandes avec des besoins qui se sont élevés à 11 millions 700 mille, selon le Docteur Pape Baba Lissa Ndaw, conseiller logistique à Intra Health.

Pour l'année 2009, les besoins en préservatif masculin pour tout le Sénégal s'élèvent à 11 millions 730 mille. La révélation est du Docteur Pape Baba Lissa Ndaw, conseiller logistique à Intra Health. Selon le Dr Ndaw, la plus grande partie est destinée au marketing social et l'autre au secteur public.

L'estimation des besoins se fait par des exercices de planification appelés tableau d'acquisition des contraceptifs pour le pays. Ces exercices consistent, selon le pharmacien, à faire la revue de toutes les données de consommation de préservatifs des programmes utilisateurs. Ces programmes utilisateurs sont la Division de la santé de la reproduction, la Division des Ist/Sida et l’Agence pour le développement du marketing social (Ademas).

Ensuite, les équipes procèdent à des projections en fonction des objectifs spécifiques à chaque programme par année. ‘Et c'est sur cette base que les planifications se feront en tenant compte des stocks restants à l'inventaire physique, les pertes enregistrées et les éventuels transferts entre programmes et aussi des commandes déjà planifiées en cours de livraison’, explique le Dr Ndaw, ajoutant que les prévisions ainsi faites en début d'année ‘feront l'objet de mise à jour en milieu d'année avec les données réelles de consommation du premier semestre de l'année en cours’.

Au Sénégal, les préservatifs masculins sont gérés aussi bien dans le secteur public que dans le privé. Au niveau du public, ils sont destinés à la lutte contre les Ist/Sida par le biais de la Division sida, à la contraception et à la double protection par la Division de la santé de reproduction (Dsr) dans le cadre de la planification familiale. Par contre, il existe aussi au Sénégal des préservatifs qui sont utilisés dans le secteur privé pharmaceutique via les grossistes privés et qui ne sont pas du marketing social.

Pour le secteur privé, l’Agence pour le développement du marketing social joue sa partition dans le cadre du marketing social pour une meilleure accessibilité de ce condom. Œuvrant pour le bien-être de la population en général, l’Ademas se charge de livrer la bonne information et de faire en sorte que le produit soit disponible. C’est ainsi que des études ont été réalisées pour connaître la perception qu’ont les Sénégalais de ce produit. ‘Ces études ont permis de cerner toutes les considérations socioculturelles et religieuses. La sexualité est un domaine tabou dans notre pays avec son lot de susceptibilités socioculturelles’, explique le Docteur Cheikh Saadbou Sarr, chargé de programme à l’Ademas.

C’est ainsi que des stratégies de communication sont élaborées en tenant compte de ces pesanteurs. Munis d’une approche de proximité, des promoteurs sont déployés sur le terrain pour attirer l’attention des populations sur la perception du risque. Une communication de masse est également menée à travers des spots télé et radio. Des activités de sponsoring sont, en outre, menées pour faire connaître les produits. ‘Si on prend l’exemple de Protec et Fagaru Jeune, ici, la marque renseigne sur le produit avec le nom qui met l’accent sur le danger et les risques encourus’, explique le Dr Sarr.

En ce qui concerne le préservatif féminin, seule la Division Sida s’occupe de ce volet. C’est ainsi que pour l’année 2009, aucune commande n’a été faite puisqu’il existe un stock de 6 mille préservatifs, nous dit-on à la Division Sida. Mais, nous y informe-t-on, les sorties pour le condom féminin sont très faibles. ‘Le besoin est là, car il permet une autonomie de la femme, mais nous éprouvons beaucoup de difficultés à le faire accepter par les femmes. D’abord, ce n’est pas très connu. Ensuite, certaines femmes ont des problèmes de prise de décision’, explique une sage-femme d’Etat à la Dsr.

Pour sa part, la Dsr travaille à assurer la disponibilité du produit aux utilisateurs au niveau de toutes les régions. ‘Pas une seule fois, une rupture de stock n’a été enregistrée au niveau des points de distribution comme les centres conseils adolescents et les services de l’éducation pour la santé, même dans les coins les plus reculés du pays’, assure Aïssatou Sano Coly de la Dsr. Selon elle, la sécurité contraceptive passe inévitablement par un travail au niveau des adolescents. Ces derniers, explique la technicienne supérieure en santé, chargée de la Planification familiale, sont sexuellement actifs et, face à cette précocité sexuelle, ne bénéficient pas d’une grande expérience dans ce domaine. D’où l’intérêt de mettre un accent particulier sur cette tranche d’âge qui a le goût de la découverte.

APPROVISIONNEMENT EN CAPOTES ANGLAISES : L’Etat du Sénégal s’accroche au guichet des bailleurs

Si jamais les bailleurs venaient à se retirer de l’approvisionnement en préservatifs, aussi bien masculins que féminins, l’Etat du Sénégal devra se déployer pour satisfaire la demande des populations. Jusqu'à ce jour, l'Etat du Sénégal n'a jamais acheté de préservatif masculin. Tous les préservatifs sont achetés par les partenaires, exclusivement l’Usaid, l’Unfpa et Kwf… Il en est de même pour le condom féminin. Une situation qui risque de bouleverser tous les programmes une fois ces bailleurs partis. La lutte contre le Sida et les Ist, ainsi que la lutte contre les grossesses précoces non désirées, toutes ces stratégies risquent de tomber à l’eau à cause d’un Etat qui observe les opérations derrière les grilles.

Issa NIANG

18/05/2009

Les Talibés du Sénégal

Sénégal – les talibés : esclavage des temps modernes
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L’enseignement coranique pose problème au Sénégal. Il donne l'impression d'être un monde à part où anarchie et impunité sont érigées en règle. Les marabouts exploitent les mômes alors que l'Etat est implicitement leur complice. En cette journée nationale de l'Enfance, PressAfrik s'intéresse aux conditions de vie des talibés et s'intéresse à la prolifération des écoles coraniques qui ressemblent plus à des Groupements d'intérêts économiques au profit exclusif du marabout.

Sénégal – les talibés : esclavage des temps modernes
Le Sénégal est un pays dont sa population est à 95% musulmane. Une tendance qui explique peut être l'existence d’écoles coraniques à tout bout de champ. Leur prolifération est tellement inquiétante qu'aussi bien l'Etat, les maîtres coraniques que les ONG n’arrivent pas à maîtriser le nombre exact de ces daaras. Les fidèles ne cessent de dénoncer cette profusion d’écoles coraniques. On en voit partout et à n’importe quelle occasion. Dans une mosquée de la Médina, située sur l’avenue Blaise Diagne près du domicile de Serigne Abdoul Aziz Sy, des musulmans ruent dans les brancards.

Dans cette résidence, c’est la piété qui fait foi. Même les dimanches, des gens s’adonnent à une lecture du saint Coran. En effet, des adolescents et une dame ne dérogent pas à la règle. Au moment où ils récitent des versets du Coran, un monsieur qui frôle la cinquantaine les supervise. Très concentré, il semble ne même pas entendre les salamalecs. Après moult questions sur l’objet de notre visite, il accepte enfin de nous parler dans l'anonymat, arguant qu’il n’est pas le maître des lieux. Il dit réprouver le nombre croissant des daaras. «Si on pouvait trouver un seul daara dans chaque quartier ce serait mieux, mais on en trouve trois à quatre dans un patelin. Tout est désordonné. Malheureusement, on y peut rien parce que c’est un problème social. Personne n’ose toucher aux daaras» se désole-t-il. La dame interrompt sa lecture et s’immisce dans le débat. Ndéye Dièye s’indigne et interpelle l’Etat.

Ces taudis qui servent de daaras

Cependant, la dame demeurant à Pikine est favorable à la mendicité. Elle estime que cela inculque les valeurs d’humilité aux enfants. Un avis que partage largement Samba, un ancien talibé. Rencontré dans le même quartier à la Rue 8 X 10 de la Médina, il crèche dans une très grande maison qui ne peut passer inaperçue. Le mur qui fait face à la rue a plusieurs mètres de hauteur et n’a aucune fenêtre. L'entrée est située à l’extrémité droite collée à un autre mur de la même hauteur. Là non plus, il n’y a pas de fenêtre. Tout laisse croire que c’est un entrepôt.

Mais cette maison sinistre et lugubre est bien compartimentée à l’intérieur. On voit plusieurs concessions faites en bois, seules quelques unes tiennent encore leurs formes initiales. Les autres sont complètement inclinées, érodées. Un coup de vent pourrait bien les mettre à terre. Les chambres visitées sont remplies de poussière et certainement de punaises. Les bagages rangés pêle-mêle, tandis que les nattes s’effilochent et sont couvertes de sable. Un piteux décor qui ne semble aucunement déranger ses occupants composés de talibés et leurs maîtres.

10h dans ce taudis. C'est un calme de cimetière qui y règne. Les rares personnes trouvées sur place ont l'air éberlué de voir des visiteurs. «Tous les talibés sont allés mendier, quand au maître il est sorti» nous dit Samba. Il soutient que cela fait partie de la formation. «Chaque matin après les séances de récital de Coran, ils vont à la recherche de leur pain quotidien parce qu’ils ne payent rien pour apprendre et leur maître coranique n’a pas d’activités génératrices de revenus» explique-t-il.

Des "loques" humaines en errance

Deux talibés âgés entre sept et neuf ans avouent qu’ils «versent 200 ou 300 francs CFA par jour selon l’âge ou du riz qu’on leur donne en aumône». Ces mômes errent à longueur de journée. Ils nagent dans l’insouciance et l’inconscience.

Au rond pont de Castors, les véhicules viennent de tous les sens. A 18h, ils se disputent la chaussée, les gens sont pressés de retrouver leur famille après une journée de dur labeur. De petits enfants se faufilent entre les voitures. Ils ne se préoccupent point du danger qui les guette. Ces talibés sont vêtus tout deux de tee-shirt et d’une culotte rafistolés. Ces habits sont tellement pâles que leurs couleurs sont devenues méconnaissables. Les chaussures sont bricolées. Comble de malheur, tous les deux leur corps sont recouverts de saletés. Ils sont peut-être restés des jours sans prendre de bain. Chacun d’eux porte à la main gauche un pot graisseux. Ce récipient contient leur «butin» ou encore leur pitance (riz, biscuits, sucre, cola, bonbon etc).

Ils semble recevoir l’ordre de ne jamais parler aux autres. Il faut insister, les supplier ou leur offrir une pièce de monnaie pour qu’ils se confient. «Après avoir versé le montant exigé au maître, nous gardons le reste pour acheter des chaussures ou pour l'offrir à nos maman une fois de retour au village", confesse enfin le plus âgé.

Le deal des parents avec les marabouts

Ce supplice des enfants est dénoncé un peu partout. Mohamed Chérif Diop ex-coordonnateur du programme talibé de l’ONG Tostan et coordonnateur du cadre d’appui à l’initiative nationale en faveur des talibés s’insurge contre cet état de fait. Il propose «l’établissement d’une structure qui veille sur la régularité des daaras dans chaque collectivité locale» tout en dénonçant la mendicité des talibés. Il soutient que «c’est souvent un deal entre le marabout et les parents du talibé qui utilisent ce dernier pour se nourrir». C’est pour cela que, poursuit-il, «les enfants ne quittent jamais les villes vers les campagnes ou vers les zones défavorisées. Ils quittent toujours les zones défavorisées vers les grandes villes. Et leurs maîtres sont des soi-disant marabouts sénégalais ou de la sous région qui n’hésitent pas à fixer des quotas quotidiens aux talibés» s’indigne-t-il. Ce flux migratoire des talibés vers les zones les plus fructueuses explique clairement, selon Mohamed Chérif Diop, la motivation de certains maîtres coraniques.

La complicité de l’Etat indexée

Comme pour confirmer les propos de Chérif Diop, Hamdy Rabi Bâ n’y va pas par quatre chemins pour expliquer comment les daaras sont utilisés par des «véreux» pour des intérêts économiques. «Dès fois, on voit une personne qui ne sait même pas réciter la Fatiha créer un daara, ou encore un chômeur endurci qui regroupe des enfants quelque part et se proclamer maître coranique. C’est parce qu’il n’y pas de moyen de contrôle de leurs aptitudes» s’insurge Hamdy Rabi Bâ maître coranique à Yeumbeul Sud.

La maîtresse coranique Ndéye Diop Sarr embouche la même trompette. Elle tient un daara, depuis plusieurs années, chez elle à la Rue 6 X 31 à quelques encablures de la maison des talibés. Elle dénonce les conditions pénibles dans lesquelles certains talibés apprennent les enseignements du Saint Coran tout en évoquant la responsabilité des autorités étatiques. Elle pense que "c’est l’Etat qui laisse faire parce qu'il doit fixer des règles pour la création des daaras".

Des daaras à califourchon entre deux ministères

Son opinion est largement partagée par le coordonnateur du cadre d’appui à l’initiative nationale en faveur des talibés. Mieux, Mohamed Chérif Diop dénonce «la fuite de responsabilité et l’indécision de l’Etat qui ne sait pas où loger les daaras». En effet, les daaras sont gérés par deux ministères. Le ministère de l’Education qui est en charge de l’aspect éducation et le ministère de la Famille pour le volet social. C’est "incompréhensible" d’autant plus que les écoles classiques "ont des problèmes sociaux mais elles sont logées uniquement au ministère de l’Education" se désole Mohamed Chérif Diop. Il suggère un engagement sincère de l’Etat et des autorités religieuses pour mettre les talibés dans de meilleures conditions d’apprentissage du Saint Coran.

Au ministère de la Famille, de l’Entreprenariat féminin et de la Microfinance on considère la mendicité des talibés comme un abus envers les enfants. Car «la place de l’enfant est dans la maison, dans sa communauté et dans le daara s’il est talibé et non pas dans la rue» s’offusque Ndéye Lissa Diop N’Diaye directrice de la Protection des droits de l’enfant. A travers son projet EVF (Education à la Vie Familiale), le ministère de la Famille veut offrir aux «apprenants des daaras de meilleures conditions de vie» poursuit-elle. Toutefois, le ministère de la Famille veut être clair à ce propos, il ne considère pas les «talibés-mendiants» comme des talibés mais comme «des enfants de la rue». Au niveau du ministère de l’Education, il n’y a pas encore de cahier de charge pour la création des daaras. Mais, l’Etat aurait nommé en 2008 un inspecteur des daaras.

Awa Diédhiou

17/05/2009

L'hivernage a commencé au Sénégal

TAMBACOUNDA ET KEDOUGOU : PREMIÈRES PLUIES ENREGISTRÉES
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21 et 15 mm de pluies ont été enregistrés à Tambacounda dans la nuit du 14 au 15 mai. Ce sont les premières pluies de la saison. Il faut noter que des traces ont été enregistrées les 12 (0,6 mm), le 13 (1,6 mm) ainsi qu’une forte pluviométrie le 14 mai (30,2 mm) dans la capitale régionale de Kédougou.

Balla a bénéficié de 30 mm, Bakel 1,5 mm et 3,5 mm. Ces précipitations, qui ont atténué la forte canicule, ne sont pas suffisantes pour démarrer les semis mais sonnent la mobilisation chez les agriculteurs. Se réjouissant de ces premières précipitations, le président du Cadre régional de concertation des ruraux, Doudou Diagne, a rappelé que la Novasen a stocké 500 tonnes de semence coque dans les « secco » des coopératives agricoles et qu’il faut ajouter aux 400 tonnes de la Suneor. Sédar Ngom, de la direction régionale du Développement rural, a annoncé la mise en place des semences dès ce jour.

15/05/2009

Tabagisme au Sénégal

Tabagisme au Sénégal
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Les femmes et les jeunes très fortement ciblés
Chez les jeunes garçons âgés de 13 à 15 ans, la prévalence tourne autour de 20 %, alors qu’elle est d’environ 10 % chez les jeunes filles de la même tranche d’âge. Des chiffres alarmants qui posent, selon Mamadou Ndaw, point focal du Programme de lutte contre le tabagisme au ministère de la Santé, l’urgence de doter le Sénégal d’une loi assez forte, capable de faire face efficacement à l’évolution du tabagisme.
‘Le Sénégal vit un phénomène très grave qui se trouve être le transfert de l’épidémie tabagique des pays les plus riches vers ceux plus pauvres’. Tel est le sentiment de Mamadou Ndaw, point focal du Programme de lutte contre le tabagisme au ministère de la Santé. Il présidait, à l’occasion, un atelier de partage et de validation du projet de loi portant modification de la législation antitabac au Sénégal. Lequel projet de loi se veut, selon lui, une réaffirmation de l’Etat sénégalais d’aller dans le sens de la mise en œuvre des dispositions de la loi-cadre de l’Organisation mondiale de la santé qu’il avait ratifiée. Selon M. Ndaw, cette modification est d’autant plus opportune que le constat est qu’il y a une très forte présence de l’industrie du tabac ainsi qu’une publicité et des activités de parrainage fortement orientées vers les principales cibles que sont les jeunes et les femmes. La conséquence en a été que le tabagisme progresse rapidement au Sénégal avec des taux de prévalence alarmants. ‘Pour les jeunes garçons allant de 13 à 15 ans, la prévalence tourne autour de 20 %, pour les jeunes filles de la même tranche d’âge, elle tourne autour de 10 %’, fait savoir Mamadou Ndaw qui est d’avis que c’est ce taux de prévalence qui conditionne l’option de l’Etat de développer des stratégies sexo-spécifiques. Car il est aujourd’hui évident que les femmes sont fort ciblées. D’où, poursuit-il, l’urgence de penser à doter le pays d’une loi assez forte, capable de faire face efficacement à l’évolution du tabagisme.
Pour le point focal du Programme de lutte contre le tabagisme, ce projet de loi trouve toute sa pertinence dans le fait que le tabac est aujourd’hui le seul produit légal de consommation dont l’usage, dans les conditions dites normales, tue. Car il est à l’origine de beaucoup de maladies, comme le cancer, les maladies cardiovasculaires ou respiratoires entre autres qui connaissent actuellement une explosion extraordinaire dans le pays. Pour dire que le tabac est devenu un fléau. Puisqu’au niveau mondial, les statistiques font état de cinq millions de morts par an dus au tabac. Ce qui en fait la première cause de décès évitable. Et poursuit M. Ndaw, si rien n’est fait, selon les projections de l’Organisation mondiale de la santé, à partir des années 2020, dix millions de morts seront enregistrés par an, dont 70 % dans les pays pauvres.
Pire, soutient le point focal du Programme de lutte contre le tabagisme, le tabac ne fait pas que tuer. Citant les institutions de Bretton Woods, il rappelle que le tabac fait subir à l’économie mondiale des pertes estimées à plus de 200 millions de dollars. Pertes en termes de prise en charge des malades victimes du tabagisme, en termes de morbidité et de mortalité, mais en termes d’externalité sur les grands agrégats macro-économiques comme les balances commerciales perpétuellement déficitaires. Tous éléments qui nous incitent à affirmer que le tabac est un véritable fléau contre lequel il urge de faire face. Et le projet de loi dont la validation par le Programme de lutte contre le tabagisme a réuni une quarantaine de participants au Centre de capacitation de Thiès, porte sur la réglementation de la production, de la commercialisation et de la consommation du tabac et de ses produits dérivés.
Sidy DIENG

Prostitution masculine au Sénégal

PROSTITUTION MASCULINE AU SENEGAL
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Une journée à Saly : Ici garçons comme filles se livrent au vieux métier
Notre reporter a séjourné, le temps d’un séminaire à Saly Portudal et nous raconte les choses vues et entendues sur la Petite Côte, lieu par excellence du tourisme sexuel. Plus besoin d’indexer seulement les femmes dans l’exercice du plus vieux métier au monde, parce que justement, les hommes s’y adonnent aussi en y tirant un grand profit qui pourra, aux jours aux lendemains, changer leur situation sociale. Saly Portudal, station balnéaire. Situé à une cinquantaine de kilomètres de Dakar, Saly reçoit chaque année des milliers de touristes qui affluent vers ce lieu qui compte plusieurs hôtels et autres résidences chics. Il est 10 h du matin lorsque nous prenions notre courage à deux mains pour longer seule ce boulevard qui mènent au centre. Deux jeunes garçons, alignés séparément le long de la route, discutent paisiblement. Ils sont habillés tous les deux de body et de jean, fumant tranquillement leur cigarette. « Hello Miss, do you want company » lance dans un anglais approximatif, le premier à notre encontre. Ils pensaient sûrement que j’étais une de ces touristes américaines pleine aux as qui recherche de la bonne compagnie. Entrant dans leurs jeux, je lance avec un accent plus que américain un « thanks you, thanks you » et presse les pas avant qu’ils n’enchaînent sur autre chose. Au cœur de Saly, aux abords de la plage, je décide d’interroger un jeune antiquaire, qui expose non loin des lieux. « Ces jeunes sans pudeur n’habitent presque pas à Mbour et environs. Ils viennent pour la plupart de Dakar ou de Thiès et autres. Ils sont là jour et nuit à guetter leur proie. C’est-à-dire une dame qui voudrait bien sortir avec eux avant qu’ils ne la maraboutent pour que cette dernière épouse l’un d’entre eux et l’ammène en Europe ou au USA. Ce que je déplore dans tout cela, c’est qu’ils se présentent tous comme des antiquaires, polluant ainsi notre métier » s’offusque-t-il. « Mais de plus en plus, les vielles dames comprennent le jeu et ne viennent aussi que pour s’amuser et repartir les mains vides, sans amant collé à leurs basques » conclut-il. La cause principale donc reste la même que pour les filles qui s’adonnent à ce jeux : la pauvreté. De nombreux jeunes trouvent ce recours excitant et parviennent toujours à leurs fins. Dans un village non loin de la station balnéaire, M.N a engrossé une jeune fille de son quartier. A la naissance du bébé, M.N n’entend pas épouser la pauvre de peur que sa compagne « toubab », avec qui il vit depuis 6 mois, ne débarque de Suisse et apprenne le mariage. « Je ne peux pas l’épouser tout de suite bien que je l’aime. Je prend un risque fou, je préfère attend J.B, ma femme toubab, pour m’assurer de ma situation d’abord avant de prendre une décision ». Tel est le quotidien de ces jeunes qui ne rêvent que d’aller en Europe, quitte à se prostituer, à tromper l’autre sur leurs intentions. L’essentiel pour beaucoup de ces jeunes, c’est d’avoir des papiers et émigrer.

 

14/05/2009

Procès du crash de tambacounda

Crash de Tambacounda (Sénégal): un mécanicien d'Air Sénégal condamné à 15 mois ferme
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Douze ans après la catastrophe aérienne de Tambacounda au Sénégal (23 morts dont 18 Français), un mécanicien a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Paris à 30 mois de prison, dont 15 avec sursis, pour homicides et blessures involontaires.
L'ancien mécanicien ayant déjà passé 15 mois en détention provisoire, il n'aura pas à retourner en prison. Les magistrates de la 14e chambre lui ont également interdit d'exercer à nouveau la profession de mécanicien en aéronautique.
Le ministère public avait requis trois ans de prison, dont un avec sursis.
Le 1er février 1997, le Casamance, un Hawker Siddeley 748 d'Air Sénégal, s'était écrasé au sol trente secondes après son décollage de l'aéroport de Tambacounda, à 400 kilomètres au sud-est de Dakar.
Vingt-trois personnes avaient péri carbonisées. Parmi elles 18 Français qui revenaient d'un safari, les trois membres d'équipage, un passager italien et un Suisse.
Vingt-neuf Français avait survécu mais avec de graves blessures. L'un des rescapés était décédé à son retour en France.
Pour l'accusation, la catastrophe a été provoquée par l'arrêt du moteur gauche de l'avion du fait de la fermeture de la valve d'alimentation en carburant que le mécanicien au sol, Moustapha Diagne, aurait oublié de rouvrir avant le départ.
Les avocats de la défense, de même que ceux des parties civiles, estiment que M. Diagne n'est qu'un lampiste et qu'Air Sénégal, devenue depuis Air Sénégal International, aurait dû être poursuivie.
"On ne voulait pas une tête mais les vrais coupables", a déclaré jeudi avec amertume l'avocat des familles des victimes, Me Jérôme Rousselle.

Sénégal: 10% de touristes en moins

Sénégal: 10% de touristes en moins depuis l'arrêt d'Air Sénégal, pour un syndicat
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Le nombre de touristes au Sénégal a diminué de "10% au moins", suite à l'arrêt des vols de la compagnie Air Sénégal International il y a trois semaines, a affirmé jeudi le président du syndicat des agences de voyages et de tourisme au Sénégal (SAVT) interrogé par l'AFP.

L'arrêt de ces vols "se fait ressentir lourdement dans le développement du tourisme au Sénégal. C'est un malheur pour nous", a déclaré le président du SAVT, Mamadou Sow, joint par téléphone.

"Air Sénégal International occupe 50% de l'axe Sénégal/France. Ne plus avoir ces vols est un handicap très lourd", a-t-il ajouté.

Selon M. Sow, le secteur pâtissait déjà de la crise mondiale et il y avait "20 à 30% de touristes en moins depuis le début de la crise en septembre".

"Les autorités s'atellent à résoudre le problème mais il faut être très optimiste pour espérer que les vols redémarrent dans un ou deux mois. Nous espérons une reprise pour l'hiver prochain", a indiqué M. Sow.

En Casamance, région rurale du sud du Sénégal très prisée des étrangers, la saison touristique a pris fin prématurément, alors qu'elle se termine habituellement début juin.

Air Sénégal était la seule compagnie aérienne à desservir la Casamance.

"Une dizaine d'hôtels à Ziguinchor et à Cap Skirring ont dû fermer" selon le président du syndicat patronal de l'industrie hôtelière au Sénégal, Moustapha Kane.

Désormais, pour gagner la Casamance à partir de Dakar, "il faut soit passer par la route en traversant par la Gambie, et c'est 12 heures de trajet, soit par la mer et c'est 15 heures de voyage", a précisé M. Kane.

Air Sénégal est en procédure de dépôt de bilan et ses appareils sont cloués au sol depuis le 24 avril.

Karim Wade, fils du président sénégalais Abdoulaye Wade et tout nouveau ministre des Transports aériens, s'est engagé le 6 mai à faire redémarrer les activités de la compagnie "le plus rapidement possible".

le train Bamako-Dakar se renverse

le train Bamako-Dakar se renverse, au moins 5 morts
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Au moins cinq personnes ont été tuées et 37 blessées mercredi soir dans l'est du Sénégal lorsque le train Bamako-Dakar a déraillé, près de la frontière malienne, selon un bilan provisoire communiqué à l'AFP par les pompiers.

"Le train qui venait de Bamako, à destination de Dakar, a déraillé et quatre wagons se sont couchés. Le bilan provisoire est de cinq morts et 37 blessés", a déclaré à l'AFP le porte-parole du groupement national des sapeurs-pompiers, colonel Senghane Diagne.

L'accident s'est produit entre 23H00 et 23H30 (locales et GMT), entre les localités de Bala et de Goudiry, dans la région de Tambacounda, à plus de 500 kilomètres de Dakar, selon le colonel Diagne.

Ce train de voyageurs relie plusieurs fois par semaine les capitales sénégalaise et malienne.

Les pompiers n'ont pas indiqué quelles pouvaient être les causes de cet accident de nuit. Mais une source à la gendarmerie de Goudiry a souligné le "mauvais état des rails" dans cette partie du Sénégal.

13/05/2009

Remaniement ministériel au Sénégal

le président Wade retouche à nouveau le gouvernement
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 La composition du gouvernement sénégalais formé le 1er mai a de nouveau évolué avec le départ, annoncé mercredi, de la ministre chargée de la Transformation alimentaire des produits agricoles, après que le président Wade eut limogé puis repris plusieurs ministres et collaborateurs.

Le dernier acte du remaniement, en cours depuis deux semaines, est la "démission" du gouvernement de Mme Aïda Mbodj, députée-maire d'une commune du centre du pays et influente responsable du parti au pouvoir.

"J'ai présenté ma démission et elle a été acceptée" a simplement déclaré à l'AFP Mme Mbodj, quittant le tout nouveau ministère de la Transformation alimentaire des produits agricoles, créé 12 jours auparavant.

Le ministère dont l'utilité avait été contestée, aurait finalement été rattaché, selon des médias locaux, au ministère de l'Industrie, des mines et des Petites et moyennes entreprises.

La presse privée s'est beaucoup interrogée, ces deux dernières semaines, sur ces nombreuses retouches du gouvernement. Le quotidien privé L'Observateur a fustigé ce qu'il a appelé des "cafouillages au sommet". Et Le Quotidien s'est étonné qu'"après avoir limogé des collaborateurs", le président les ait "quasiment tous réinstallés quelques jours plus tard".

Moins de trois jours après avoir été remercié, le ministre des Mines et des l'Industrie Ousmane Ngom avait retrouvé son poste dans la nouvelle équipe de Souleymane Ndéné Ndiaye.

Le ministre sortant de la Culture, Mame Birame Diouf, avait également été rappelé pour diriger un nouveau ministère d'Etat chargé de la coordination du troisième Festival mondial des arts nègres, prévu en décembre au Sénégal.

Par ailleurs, une source officielle a confirmé à l'AFP que le président avait nommé un ministre conseiller spécialement "chargé des relations avec la Chine".

Cette nomination intervient trois mois après la visite au Sénégal du président chinois Hu Jintao, marquée par la signature de plusieurs accords de coopération entre le Sénégal et la Chine.

Bras de fer judiciaire sur le naufrage du Joola

Bras de fer judiciaire sur le naufrage du Joola
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C’était il y a sept ans et  le Sénégal n’oubliera jamais le drame dont il a été victime lorsque le Joola, le navire qui assurait la liaison Ziguinchor-Dakar, a fait naufrage au large de la Gambie faisant plus de 1 800 morts dont 22 français. Une terrible affaire qui revient sur la scène internationale. La Cour d’appel de Paris a examiné, ce mercredi, la validité des mandats d’arrêt lancés par un juge français contre l’ancien Premier ministre sénégalais, Mame Madior Boye, et d’autres personnalités de ce pays. Il y a eu un véritable bras de fer judiciaire entre les associations de victimes franco-sénégalaises et les avocats du Sénégal. La justice a mis en délibéré au 16 juin sa décision en appel au sujet de la responsabilité des dignitaires sénégalais pour leur responsabilité présumée dans ce naufrage. La justice sénégalaise avait classé l’affaire concluant à la responsabilité exclusive de l’équipage du navire.
Le Joola lors de son naufrage le 27 septembre 2002 avait causé la mort de plus de 1800 personnes et dont 64 seulement étaient rescapées.
L’audience a duré près de quatre heures devant la chambre de l’instruction. Le collectif d’avocats, chargé de défendre les intérêts du Sénégal, s’est appuyé sur une importante jurisprudence pour remettre en cause la validité des mandats d’arrêt délivrés par le juge Jean-Wilfrid Noël.

Ainsi, l’ancien bâtonnier de Paris Jean-René Fartouat a rappelé que la Cour internationale de justice a toujours estimé qu’un mandat d’arrêt lancé par un pays tiers à l’encontre d’un ministre pour des faits commis pendant l’exercice de ses fonctions constituait une « méconnaissance de l’immunité et de l’inviolabilité dont ce ministre jouit ». Et surtout que cette immunité « restait acquise après la cessation de ses fonctions ».

En résumé : ce n’est pas à la justice française de juger des ministres sénégalais. Cette analyse d’ailleurs avait déjà conduit le procureur de la République d’Evry à requérir la mainlevée des mandats d’arrêt, une mesure rejetée par l’ordonnance du juge Noël.
Bien sûr, les parties civiles représentant les familles des victimes franco-sénégalaises ont une toute autre lecture des textes et souhaitent ardemment que ces mandats d’arrêt soient exécutés. C’est désormais à la chambre de l’instruction de trancher. Le jugement sera rendu le 16 juin prochain.

12/05/2009

Air Sénégal sous séquestre

Air Sénégal : le Snav obtient la mise sous séquestre
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Le Snav a obtenu du Tribunal d'Instance de Paris que le montant des billets émis mais non volés de la compagnie Air Sénégal (ASI) soit conservé par Iata. Cette mesure s'applique aux billets non utilisés depuis le 24 avril et concernés par le BSP du 18 juin.
Air Sénégal a dû suspendre ses opérations le 24 avril, après qu'un conflit avec la RAM, son principal actionnaire, l'a placé dans une situation financière critique. Et la reprise des vols pourrait tarder.
Les dernières discussions entre les deux transporteurs, fin avril, semblent en effet avoir débouché sur une impasse. La RAM jugeant "inacceptable" que Air Sénégal lui "demande de rester dans sa gestion au delà de 2009" et veuille la "contraindre à subventionner le redémarrage de ses activités".

11/05/2009

Bob Marley commémoré, Diagne oublié

11 mai au Sénégal : Bob Marley commémoré, Blaise Diagne oublié
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Au moment où le monde en général et le Sénégal en particulier sont en train de pleurer ou de commémorer Nesta Robert Marley, dit Bob Marley qui était un auteur-compositeur-interprète jamaïcain de reggae, né à Nine Miles, paroisse de Saint Ann (Jamaïque) le 6 février 1945 et décédé d’un cancer à Miami (Floride, États-Unis) le 11 mai 1981, l’homme politique sénégalais Blaise Diagne, né le 13 octobre 1872 à Gorée, tombe dans l’oubli. Pourtant, lui aussi est décédé à Cambo-les-Bains, le 11 mai 1934, en France. Il est le premier député africain élu à l’Assemblée nationale française. Il est également le premier ministre noir des colonies. Né d’un père sérère, cuisinier et marin, et d’une mère manjaque originaire de Guinée-Bissau, Galaye Mbaye Diagne est très tôt adopté par la famille Crespin qui lui donne le prénom de Blaise. Marié en 1909 avec Marie Odette Villain, rencontrée à Madagascar, il a eu quatre enfants. Flash-back sur la vie du citoyen des quatre communes et premier africain à siéger au palais Bourbon.
L’homme dont un lycée de Dakar et le nouvel aéroport du Sénégal portent le nom apprend très tôt à lire, à écrire et bénéficie d’une éducation solide qui s’appuie sur d’incontestables qualités intellectuelles. Il figure ainsi au palmarès de la distribution des prix de l’école laïque de Saint-Louis en août 1884. Boursier du gouvernement, le jeune Diagne va poursuivre ses études en France à Aix-en-Provence. Malade, il revient à Saint-Louis pour suivre les cours de l’école secondaire Duval où il sera major de sa promotion en 1890. Il entreprend avec succès le concours de fonctionnaire des douanes en 1891.
Dans les autres colonies...
Entré dans cette administration en 1892, il est d’abord nommé au Dahomey (actuel Bénin) en 1892, puis au Congo français en 1897, à la Réunion en 1898 et enfin à Madagascar en 1902, dernier poste où ses opinions avancées déplaisent à Gallieni. Envoyé en Guyane en 1910, ses liens avec le gouverneur sont facilités par son appartenance au Grand Orient de France.
En métropole...
Blaise Diagne est élu en 1914 député du Sénégal, bénéficiant du statut des « quatre vieilles » communes (Rufisque, Gorée, Saint-Louis et Dakar). Il est le premier Africain de l’histoire française à siéger au palais Bourbon, il y est surnommé "la Voix de l’Afrique". Il obtient pour les habitants des quatre communes la citoyenneté en échange de leur conscription en 1916. Membre du groupe Union républicaine-socialiste animé par Maurice Viollette, franc-maçon lui aussi, il est réélu sans interruption jusqu’à sa mort, malgré des campagnes systématiquement hostiles de ses adversaires colonialistes, qui n’aiment pas voir un Noir à l’Assemblée, d’autant que celui-ci est aussi le maire de Dakar.
Blaise Diagne adhère à la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) en décembre 1917, mais il y reste moins d’une année et demi. Il est alors nommé par Clemenceau commissaire général chargé du recrutement indigène en Afrique, en même temps que deux autres socialistes, Compère-Morel, à l’Agriculture, et Fernand Bouisson, à la Marine marchande. Mais Blaise Diagne démissionne du parti et du groupe socialistes début mai 1919, refusant de quitter ses fonctions de commissaire du gouvernement après la répression de la manifestation du 1er mai 1919. Il reste commissaire jusqu’en octobre 1921 (gouvernements Clemenceau, Millerand, Leygues et Briand).
Il revient ensuite au Parti républicain-socialiste puis passe chez les indépendants de Georges Mandel. Il devient officiellement le premier ministre africain de la République française comme sous-secrétaire d’Etat aux Colonies de janvier 1931 à février 1932, dans les trois premiers gouvernements de Pierre Laval.
...En AOF
« M. Diagne, député du Sénégal, haut commissaire du gouvernement pour le recrutement des troupes noires, vient d’arriver à Dakar où la population indigène lui a fait un accueil enthousiaste ». (Mars 1918)
Blaise Diagne devient en janvier 1918 commissaire général chargé du recrutement indigène, qui, sans le titre, lui donne des responsabilités de nature gouvernementale. Il mène avec succès des missions en Afrique occidentale française pour organiser le recrutement militaire en cette période de guerre. De février à août 1918 et de Dakar à Bamako, il essaye de convaincre ses compatriotes de venir se battre en France tout en leur promettant des médailles militaires, un certificat de bien manger, un habillement neuf et surtout la citoyenneté française aux combattants après la guerre. Les primes aux recruteurs sont aussi fortement augmentées. Il réussit à mobiliser 63 000 soldats en AOF et 14 000 en AEF.
Diagne profita des conditions spéciales du conflit pour arracher au Parlement la loi du 29 septembre 1916 qui reconnaissait définitivement la citoyenneté française aux originaires des « quatre communes », sans les soumettre au Code Civil ni leur faire perdre leur statut personnel.
Franc-maçonnerie
En septembre 1899, à Saint-Denis, Diagne est devenu franc-maçon.
Il est le premier noir à siéger, dès 1922, au Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France.
Il bénéficie de ce parrainage jusqu’à sa mort en 1934, tout en étant largement soutenu par les milieux parlementaires auxquels il renvoie, par effet de miroir, l’image du parfait assimilé. En revanche, les nationalistes sénégalais (surtout les communistes de l’UIC comme Lamine Senghor) le prennent pour cible.
L’appartenance de Diagne à la franc-maçonnerie explique sans doute qu’il ait été enterré avant l’entrée du cimetière musulman de Soumbédioune à Dakar, les Musulmans ayant refusé qu’un franc-maçon puisse reposer à l’intérieur du cimetière.
Postérité
Le souvenir du premier ministre noir de la République française reste vivace. Son nom est porté par plusieurs endroits comme l’Avenue Blaise Diagne, une des plus grandes de Dakar, le lycée Blaise Diagne de Dakar et, récemment, le Président Abdoulaye Wade a donné au nouvel aéroport international en construction à une quarantaine de kilomètres de Dakar le nom d’aéroport international Blaise Diagne.
Legs
Alors que l’Afrique était encore majoritairement colonisée, Blaise Diagne défendait la participation des Africains à la politique du pays colonisateur. Il demandait aussi un traitement équitable des minorités ethniques au sein de l’armée française. Il a mené pendant toute sa carrière une action en faveur des colonisés d’Afrique et des Antilles pour les aider à s’insérer dans la société française. À l’assemblée, Blaise Diagne, proteste contre le « massacre » de ses compatriotes lors de la première guerre mondiale.
Ferloo

10/05/2009

Série de meurtres au Sénégal

Série de meurtres au Sénégal
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Khalifa Ndiaye, Fama Niane, Souleymane Mané, Mously Lô, Ndeye Selbé Diouf, Pape Ibrahima Diagne et Awa Samb. Au Sénégal, le meurtre est devenu un phénomène familier. Il ne se passe plus un jour sans que l’on parle d’homme ou de femme tués. Cette fois-ci, c’est un jeune homme, rasta man qui a été retrouvé mort dans la voix publique.
C’était la consternation jeudi dernier au quartier de Tiléne Kadior à Ziguinchor, situé non loin de la grande mosquée mouride .Le corps sans vie d’un homme d’environ 25 ans a été retrouvé sur la voie publique vers 21 heures. Selon Jubert Sagna témoin oculaire des faits, cet homme aurait craché du sang avant de rendre l’âme. Il n’avait aucun document par devers lui pouvant permettre aux enquêteurs et aux Sapeurs pompiers de l’identifier. Selon une source, ce garçon aurait pris de la drogue. Une enquête aurait été ouverte pour déterminer les causes réelles de cette mort. Jusque tard dans la nuit, l’homme n’a pu être identifié.
Dakar est devenue une ville où le manque de sécurité est plus qu’une réalité. Il y a quelques mois, à Guédiawaye, c’est un gars rapatrié d’Italie qui a tué Ndeye Sembé Diouf, une fillette de 7 ans avant de la déchiqueter puis de l’enterrer dans un terrain abandonné. Ce dernier trouvera la mort à son tour à la suite d’une bastonnade. Il sera enterré et les parents de la victime n’auront que leurs yeux pour pleurer. Khalifa Ndiaye est un haut Fonctionnaire du Pnud habitant Niarry Tally. C’est un vendredi qu’il avait quitté son domicile laissant dernière lui une petite famille. Il sera retrouvé mort sur la Corniche. Une enquête aurait été ouverte au niveau de la Police de Grand Dakar.
Fama Niane, on en parle tous les jours. Elle a été retrouvée morte sur la Corniche Ouest, le corps amputé. D’aucuns parlaient d’un sacrifice. Son époux a été interpellé par la Police pour les besoins de l’enquête. Finalement, c’est un certain Kandé qui a été cité comme présumé meurtrier de la dame. L’enquête suit toujours son cours au niveau de la Dic. Souleymane Mané, c’est ce jeune habitant des Hlm qui a été tué par un jeune drogué à suite d’une petite altercation.
Mously Lô, elle, a été assassinée à coups de marteau par Serigne Zale Mbacké à Touba. C’est mardi dernier que le marabout a été déféré. Il pourrait être jugé par une Cour d’Assises. Puis il y a le meurtre d’Awa Samb dans cette série de morts sans meurtrier. Cette dame, selon les informations publiées dans la presse, a été retrouvée morte devant son domicile à Yoff.
Pape Ibrahima Diagne est mort à Thiès. Il a été mortellement battu par des talibés de Serigne Khadim
Lo Gaydél habitant Cité Bagdad. Les deux présumés meurtriers ont été arrêtés puis jugés au Tribunal régional de Thiès.
Beaucoup d'assassins réussiraient à échapper aux enquêteurs.
Source: rewmi

 

08/05/2009

L'école au Sénégal

Taux de réussite scolaire : Le Sénégal en queue du classement mondial
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Le Sénégal occupe la 75e position du classement mondial du rapport 2009 sur le taux de réussite scolaire. Il est derrière le Cap-Vert (40e) et devant la Guinée-Bissau (97e).

Le Sénégal se retrouve au bas du classement de l’index de réussite scolaire pour les pays développés, selon le dixième rapport annuel, l’Etat des mères du monde, rendu public mardi par l'organisation humanitaire indépendante Save the Children. ‘Près de la moitié des 15 pays, situés en queue de classement, se trouvent en Afrique de l’Ouest. Le pays ouest africain le mieux placé est le Cap-Vert (40e position) et le dernier la Guinée-Bissau (97e). Quant au Sénégal, il occupe la 75e position de ce classement mondial’, souligne ce document qui établit le classement des pays du monde. Le rapport impute cette situation à un niveau de pauvreté plus élevé, un système de santé peu performant et à un système scolaire inapproprié. L'index de réussite scolaire pour les pays développés, note-t-on, se base sur l'analyse des critères principaux de croissance et de développement de l'enfant qui, une fois regroupés, permettent d'établir avec précision le taux d'achèvement de l'école primaire. Les indicateurs considérés sont le taux de survie des enfants de moins de cinq ans, le taux de redoublement de la première année d'école primaire, le taux d'alphabétisation des femmes et celui de fertilité pour un pays donné. Ces critères prennent aussi en considération le taux de pauvreté infantile, les congés parentaux, la planification gouvernementale ainsi que l'offre et la qualité des services de garde d'enfants, de l'éducation précoce et des soins de santé pour les enfants. De manière générale, le rapport corrobore les recherches démontrant le lien entre le développement de la petite enfance et le bien-être mais aussi entre la réussite scolaire et la productivité économique. La Suède est en tête des pays les plus riches pour son engagement envers le développement de la petite enfance, tandis que Cuba et l'Arménie mènent la course des 100 premiers pays du monde en développement dans la préparation des jeunes enfants à la réussite scolaire. Ce nouveau rapport présente, pour la première fois, un classement sur la préparation des enfants à la réussite scolaire des 100 pays du monde en développement. En haut du classement, on retrouve Chypre, le Chili et l'Azerbaïdjan qui complètent le groupe des premiers de la classe, juste derrière Cuba et l'Arménie. C’est au Tchad, suivi de l'Afghanistan, du Burundi, de la Guinée-Bissau et du Mali où les enfants rencontrent le plus d'obstacles pour réussir à l'école, selon la même source. Le rapport compare également quelque 25 pays développés d'après leurs capacités à satisfaire dix critères essentiels au développement de la petite enfance. Alors que la Suède répond à tous les critères de référence, le Canada et l'Irlande n'en satisfont qu'un seul. ’Des programmes holistiques de développement de la petite enfance, offerts dès le plus jeune âge, peuvent mettre des millions d'enfants dans le monde sur la voie de la réussite scolaire’, explique le Président directeur général de Save the Children, Charles MacCormak. Selon lui, il existe des mesures très simples que les parents et les éducateurs, même les plus démunis, peuvent mettre en œuvre pour aider les bébés et les tout-petits à améliorer leur santé, réussir à l'école et atteindre leur potentiel. Parmi les meilleurs de la classe, après la Suède, on retrouve l'Islande qui satisfait neuf des dix critères ; viennent ensuite le Danemark, la Finlande, la France et la Norvège avec huit critères. Les derniers de la classe, au-delà du Canada et de l'Irlande, sont l'Australie et le Mexique qui ne satisfont que deux critères. L'Espagne, la Suisse et les Etats-unis se signalent avec seulement trois critères.

RECETTE POUR BOOSTER LE TAUX DE REUSSITE A L’ECOLE : Investir dans les soins de santé pour les mères

Pour permettre à plus d'enfants de réussir à l'école, Save the Children propose un certain nombre de recommandations. Parmi celles-ci, on note en premier l’idée d'investir dans les soins de santé pour les mères et les jeunes enfants. ‘Les liens, qui existent entre la nutrition, la santé et le développement cérébral, ne sont plus à prouver. De bons soins de santé pour les nourrissons commencent avec les soins disponibles pour les femmes enceintes. Les stratégies de sensibilisation aux soins de santé et le financement doivent mieux cibler les mères et les enfants les plus pauvres et les plus marginalisées de chaque pays’, indique l'organisation suédoise. L'Ong propose aussi d'offrir un accompagnement et de l'information pour aider les mères et les pères à donner à leurs bébés toutes les chances de réussite. Elle estime que ‘les parents sont les personnes avec le plus d'influence dans la vie des jeunes enfants. Et lorsqu'ils sont équipés des outils et des techniques d'éducation adéquats, ils peuvent souvent accomplir des miracles’. D'autres propositions comme l'amélioration de la qualité de la formation et de l'aide offerte aux pourvoyeurs de services de garderie, aux enseignants préscolaires et le développement des opportunités d'apprentissage précoce pour les enfants affectés par le Sida, les conflits et les catastrophes naturels sont préconisées.En plus de chercher de l'aide pour l'éducation préscolaire, Save the Children demande aussi aux chefs d'Etat de débloquer des ressources supplémentaires pour réduire le taux de mortalité infantile et offrir l'éducation primaire à tous les enfants en âge d'être scolarisés.

‘Ce rapport montre la différence que peut faire un investissement responsable dans la petite enfance ; et qu'un engagement envers les mères et les jeunes enfants peut changer le visage d'un pays. Il montre également tout ce qu'il reste à faire dans de nombreux pays pour offrir aux jeunes enfants un bon départ dans la vie. Mais tout ce que propose ce rapport est réalisable’, explique Charles MacCormack. Save the Children travaille dans plus de 30 pays dans le monde en partenariat avec les gouvernements, les communautés et le secteur privé pour offrir des programmes de développement novateurs de la petite enfance et aux enfants de zéro à huit ans.

Ndakhté M. GAYE