21/08/2009

L"érosion côtière au Sénégal

L'érosion côtière sur la Petite-Côte : La polémique grignote sur le concret
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Le ministre d’Etat, Djibo Leïty Kâ, ministre de l’Environnement, de la protection de la Nature, des Bassins de rétention et des Lacs artificiels a présidé le mardi dernier, à Saly, une réunion de concertation sur l’érosion côtière de la Petite-Côte. Pour lui et pour le directeur de la Sapco, il faut aller vite, avec des solutions concrètes, pour la résolution définitive de ce problème qui risque de nuire au tourisme sénégalais.
Invités à apporter leur expertise pour la résolution du problème de l’érosion côtière qui fait beaucoup de dégâts sur la Petite-Côte, les techniciens se sont livrés à une véritable polémique autour de la «bonne» solution. Faisant même dire à certains que ces experts-là ne sont mus que par le souci de se faire octroyer le marché de la réalisation des infrastructures destinées à régler le problème.
Chargé de réaliser les travaux au niveau de la plage de Téranga Saly, Boubacar Mbodji, directeur de l’Institut Sahel Energie-environnement a proposé, entre autres solutions, l’immersion de pneus dans les zones en danger, alors que d’autres, comme le Pr Pape Goumba Lô proposaient l’installation de brise-lames, après étude d’impact environnemental.
«On ne peut pas critiquer tant que ce que nous faisons n’est pas terminé. Le principe de précaution voudrait qu’on termine et que le donneur d’ordre évalue par rapport au cahier des charges», déclare M. Mbodji, selon qui, «les pneus ne sont qu’une partie de la solution. On immerge, à 300 mètres de la côte, des pneus de Caterpillar. C’est une technique qui est utilisée en Asie du Sud-est depuis très longtemps, et qui sert à atténuer la force des vagues.» Il pense qu’il «peut y avoir d’autres solutions beaucoup plus élaborées, que nous ne rejetons pas. Mais, en plus des pneus, il y a des épis qui sont posés aux deux côtés de Téranga Saly. L’un des épis sert à protéger l’hôtel et le village et c’est un épi en V pour éviter les effets de bord. Parce que quand vous posez un épi, si à gauche ça engraisse, à droite il y a de l’afflouement. Et vice versa».
Pathé Dia, le directeur de l’hôtel Téranga Saly, l’un des réceptifs les plus touchés par l’érosion côtière, dit être en phase avec le ministre de l’Environnement qui, dans son introduction à cette réunion de concertation, soulignait que ce phénomène de l’érosion côtière est un problème urgent. «Et nous, nous essayons d’accompagner l’Etat, parce que cela relève du domaine public maritime. Si on accepte de nous y investir, c’est pour encourager l’Etat à établir ce partenariat public-privé. Mais on se rend compte que ce partenariat s’arrête au privé, parce que les 150 millions dont on parle ont été dégagés par le secteur privé.»
Pathé Dia estime que l’heure est à la reconstruction de la plage. Parce que «ce sont des milliers d’emplois qui sont en jeu. Je ne parle pas de Téranga seulement, mais la bombe sociale que représente le village de Saly, si jamais il est englouti par les eaux de la mer. C’est le tourisme national qui va en pâtir, parce que Saly est une zone internationale. Si jamais il y a des troubles à ce niveau, avec les tours opérators, c’est le Sénégal entier qui est mis en zone rouge. Et je ne pense pas que pour des investissements qui vont tourner de 200 à 300 millions de francs Cfa, qu’on puisse, depuis trois mois, se mettre autour de table, discuter pour ne pas encore arriver à une solution. Théoriquement, les premiers travaux qui sont en train d’être faits devaient être livrés le 06 juin et on est aujourd’hui le 04 août. On est au stade des études, alors qu’on avait déjà commencé à préfinancer», déplore le directeur de Téranga Saly.
Le ministre d’Etat, Djibo Ka indique qu’on ne peut rien faire «s’il n’y a pas de loi sur le littoral. Face à cette situation catastrophique causée par l’érosion côtière, il faut une solution d’urgence pour sauver les hôtels, les habitations, la pêche, le tourisme et toute chose qui font la richesse de notre pays. Nous avons mis en place un comité scientifique qui sera coordonné par la direction de l’environnement, en rapport avec la Sapco». M. Kâ déclare avoir réparti les tâches entre les différentes parties prenantes et leur a demandé d’indiquer, techniquement, aujourd’hui au plus tard, ce qu’il faut faire pour faire face à l’érosion côtière. «Je leur ai demandé d’évaluer cela financièrement et me proposer une clef de répartition sur la base d’un partenariat public-privé. Le privé a déjà fait un effort grâce à l’imagination de la Sapco en mettant en place un fonds de 150 millions de francs Cfa.»

 

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