30/09/2009

Joli parallèle France/Sénégal

Investigation à la sénégalaise
journaux_garnd

Or donc, le président sénégalais, Abdoulaye Wade, décida un jour de partir en vacances. Son choix se porta sur la riante cité de Biarritz. Il y séjourna quelques jours à l’hôtel du Palais. Et sacrilège : il advint qu’un journal sénégalais, le Quotidien, publia les notes d’hôtel du Président et de sa suite, avec une précision confondante. «Le Président et sa suite occupent onze chambres dont une suite impériale, révéla l’impertinent organe. Ce sont les numéros 119, 318, 319, 320, 337, 343, 348, 404, 407, 421 et 422. Nous avons pu savoir que, pour les cinq premiers jours, la délégation présidentielle avait décaissé 63 484,52 euros. Ce qui représente environ 41 582 360 francs CFA. Et les montants cités ne prennent pas en compte les repas, ni autres extras. Sur ce dernier point, il est indiqué que le président Wade en était déjà hier, à 984,30 euros en extras.»
Résultat : le journaliste signataire de cette enquête fut interrogé, six heures durant, par la police sénégalaise, désireuse de savoir comment il était au courant en temps réel, et à la décimale près, du montant des extras présidentiels. Ayant tenu bon, il fut relâché. Le Quotidien, qui ne lâchait pas l’affaire, en profita pour titrer : «L’Etat harcèle la presse». Comment le savons-nous ? Par une jeune blogueuse française, Justine Brabant, par ailleurs journaliste stagiaire au Quotidien, et qui vient d’ouvrir, sur le site de Libération, un blog intitulé «Dakar entre quatre yeux».
L’épisode jette une lumière intéressante sur les rapports entre médias et pouvoir, dans une démocratie comme le Sénégal. Il est communément admis que la presse est plus libre, tellement plus libre, dans les pays développés, que dans les républiques bananières africaines. Mais dans quel pays les journalistes ont-ils longtemps bataillé, en vain, pour connaître le montant de l’augmentation de salaire présidentielle ? Dans quel pays un candidat à la présidentielle a-t-il pu promettre, devant toute la presse, de publier le montant de son patrimoine, avant de n’en rien faire (et d’être élu tout de même) ? Dans quel pays un (ancien) président a-t-il pu, des années durant, passer ses vacances en toute discrétion dans un palace de Haute-Egypte ? Dans quel pays une totale opacité entoure-t-elle les notes de frais des parlementaires ? Relisons bien le paragraphe du Quotidien : ce luxe de détails, cette impertinence, seraient-ils imaginables dans un quotidien français ?
Quelles leçons en tirer ? Que la presse sénégalaise est mieux informée, avec davantage de précision, que la presse française, sur les loisirs des dirigeants, et leur coût. Que la police sénégalaise est certes à la disposition du pouvoir, et réagit promptement à ses états d’âme, mais pas vraiment davantage que la justice française, telle qu’elle apparaît ces jours-ci, instrumentalisée par le président en exercice, pour servir sa vendetta contre un ancien concurrent.
Sans même parler d’un étrange épisode, que l’on voit en ce moment se développer dans l’édition et dans la presse : une campagne souterraine, toute en insinuations et en sous-entendus, contre un dirigeant de premier plan.
«Il ne tiendrait pas une semaine. On a des photos, elles existent ! On les fera circuler, ça ne plaira pas aux Français !» Qui parle ainsi ? Le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre. De qui parle-t-il ? De Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, et candidat socialiste possible à l’élection présidentielle. A qui s’adresse-t-il ? A deux journalistes (l’un travaille à Canal +, l’autre à Europe 1), auteurs d’un livre, Hold-uPS, arnaques et trahisons (éd. du Moment) consacré aux mille turpitudes socialistes. Croit-on que ces journalistes demandent des précisions à M. Lefebvre sur ces «photos» qu’il détiendrait contre DSK ? Non. Ils prennent note, et impriment. Et ils ne sont pas les premiers. Quelques semaines plus tôt, le directeur de l’un des principaux hebdomadaires français, Christophe Barbier (l’Express), assurait dans un éditorial qu’en cas de candidature DSK, alors «la droite se déchaînerait et débloquerait tous les dossiers qui peuvent exister dans ses cartons sur l’ami Dominique Strauss-Kahn».
Quels «dossiers» ? Christophe Barbier les a-t-il vus ? Sait-il ce qu’ils contiennent ? Et si oui, pourquoi ne les a-t-il pas publiés dans son journal ? Tout cela passe tranquillement, et s’imprime dans les mémoires. Il faut qu’un journaliste, Bruno Roger-Petit, sur son blog, pointe ces petites manigances, pour que Lefebvre démente avoir dit ce qu’il a dit (mais qui restera imprimé dans le livre à succès).
Tant qu’à faire, on préfère l’investigation à la sénégalaise.
DANIEL SCHNEIDERMANN/Libé

29/09/2009

Interview du ministre Sénégalais du tourisme

Interview du ministre du tourisme Sénégalais
IMG_3643

 Le département du Tourisme mis en veilleuse au lendemain de l’alternance, peine encore à trouver ses marques. C’est pourtant la tâche confiée à Thierno Lô, Ministre du Tourisme, de l’Artisanat et des Relations avec le Secteur privé et le Secteur informel. A l’heure de la commémoration de la Journée mondiale qui suit le salon TopResa de Deauville, il revient dans cette interview sur les grands axes de la politique touristique du Sénégal.
Monsieur le ministre, quelle est la portée de cette Journée du tourisme du 28 septembre ?
La Journée mondiale du tourisme est la trentième de cette année. Elle se teint au Ghana sur le thème : « Consécration de la diversité ». La diversité, c’est très important. Car, dans ce contexte de la mondialisation, le tourisme est un élément dynamique dans la matérialisation de la diversité parce que permettant le brassage des peuples, la rencontre de différentes nations qui permettent de vivre dans l’échange, la connaissance, la découverte, à travers ce qu’ils renferment comme traditions, aires marines protégés, zones d’expression de culture. C’est cette même diversité qui permet aujourd’hui aux nations de se mettre ensemble pour lutter contre le réchauffement climatique. Au Sénégal, nous envisageons de partager avec l’ensemble des acteurs pour parler du tourisme et de cette diversité. Pour voir comment nous la vivons au Sénégal et comment le secteur se porte, comment il permet de réduire la pauvreté, en quoi il est un facteur d’échange culturel, comment permet-il aux nations de se découvrir, de partager des espoirs, des ressources pour qu’il y ait plus d’humanité, plus de possibilité de vivre en paix.
Vous parliez tantôt de tourisme profitable aux populations, concrètement, qu’est ce qui est fait pour y arriver ?
Vous reprenez exactement la vision du chef de l’Etat qui dit que le tourisme sénégalais doit être profitable aux Sénégalais, parce qu’il considère qu’on ne peut pas prendre nos terres, prendre notre argent et le mettre à la disposition des étrangers. Il s’agit pour lui de favoriser une préférence nationale, bien qu’il soit un libéral et qu’il croit à l’ouverture des frontières, au brassage des peuples. Il veut que les nationaux, les privés sénégalais soient associés au tourisme pour être des acteurs de développement. Deuxième volet de la vision du président Wade : il croit à un tourisme sain. Cela veut dire qu’à la place du tourisme considéré comme source de pédophilie, de proxénétisme, de prostitution, de toutes les tares et déviances, il veut un tourisme sain, un tourisme haut de gamme, un tourisme qui permet de découvrir ce que le Sénégal a comme potentialités, ce que le Sénégal a comme patrimoine historique, culturel et religieux, les merveilles que le Sénégal peut vendre comme les pyramides d’Egypte, les reliques de la Grèce antique, etc. A l’image des sites culturels comme Touba, Tivaouane, des zones comme les chutes de Déndifélo, les mégalithes du Sine Saloum, des sites historiques comme Dékheulé, la case des tout petits, etc. Il en est autant des aires marines protégées et des réserves, cette nature extraordinaire que nous pouvons vendre grâce à de bons supports de communication touristique. Nous y travaillons au niveau du ministère pour essayer, avec l’ensemble des acteurs, de démontrer toutes les facettes capables de susciter la curiosité, autres que le balnéaire que nous devons quand même préserver. Nous savons que, parlant d’hôtels et de belles plages, nous ne sommes pas les premiers de la classe. Mais nous avons autre chose à montrer : c’est la beauté de notre terroir, la richesse du patrimoine historique, de notre tradition, notre « Teranga » qui est à la porte de l’Afrique, l’effervescence intellectuelle, culturelle, le legs d’hommes de valeur comme Cheikh Anta Diop, Léopold Sédar Senghor, Blaise Diagne, Lamine Guèye, Me Abdoulaye Wade…
Le potentiel touristique du Sénégal reste donc encore largement inexploré. Qu’est ce qui est concrètement fait au niveau du département pour vendre la destination ?
Concrètement, nous essayons de mettre en pratique l’idée que président de la République a du tourisme. Si vous vous souvenez, il a récemment parlé de la nécessité de prendre des architectes pour conserver la case traditionnelle sénégalaise, la case en paille. C’est un patrimoine culturel, comme ces maisons en argile, ces formes de vie que les gens ne retrouvent pas ailleurs. Lorsque nous parlons de patrimoine culturel, historique, nous visons ces choses-là qui font notre tradition et qui ont résisté aux nouvelles technologies, aux différentes agressions de cette implacable machine d’urbanisation. C’est vers ces choses-là que nous devons orienter les nouveaux investisseurs, en les incitant à utiliser les matériaux locaux pour nous créer des projets futuristes et écologiques. Je pense que c’est ce qui nous permettra de conserver notre diversité, ce qu’il y a de plus exotique et de plus naturel par rapport au autres. C’est ça notre rôle, notre intention. Je vous ai aussi parlé des supports de communication. Nous allons, ensemble, en créant un lien entre le ministère de la Culture et celui du Tourisme, travailler sur ces supports qui sont du reste très dynamique, qui vont permettre au Sénégal d’être mieux vendu.
La diversification de l’offre est aussi un de vos chantiers. Qu’en est-il ?
Nous avons, à travers la Sapco, procédé à l’aménagement de zones comme dans le delta du Saloum. Dans la région de Saint Louis où la Sapco a d’importants projets, les études sont en cours. Il s’agit aussi de permettre à ces villes qui ont à la fois une vocation de balnéaire et de tourisme durable, de développer un cachet culturel. C’est le but des aménagements de la Sapco au niveau de ces zones telles que Fatick, Tambacounda, Kédougou, Koungheul, Joal Finio, Pointe Sarène et autres. Ce qui va permettre de développer d’autres destinations que le balnéaire. Nous envisageons aussi de créer une caravane à travers le pays, avec des privés et des journalistes, pour aller montrer les différentes facettes du Sénégal, les merveilles du pays profond ; pour permettre aux Sénégalais de connaître d’abord leur pays et développer ce que nous appelons le tourisme intérieur. Nous avons d’autres leviers comme le tourisme rural que nous allons essayer de développer. Et, il y a une chance inouïe, parce que nos collectivités sont actuellement dirigées par des cadres qui s’intéressent au développement local et qui sont conscients qu’au lieu d’aller vers des zones d’amodiation, il vaut mieux créer des sites touristiques. Le ministère va les motiver pour voir dans chaque contrée, quelles sont les potentialités culturelles, historiques et animalières afin de les encadrer pour en faire des sites à visiter et qui seront gérés par les collectivités locales. C’est çà que nous appelons le tourisme durable et que nous allons développer, en y associant l’ensemble des acteurs.
En matière de promotion de la destination Sénégal, comment évolue la politique de vente à l’étranger, surtout dans un contexte de crise financière et économique ?
Cela me donne l’occasion de parler du TopResa (le 29è salon professionnels du tourisme de Deauville – du 22 au 27 septembre derniers -ndlr), où la destination Sénégal était présente à travers aussi bien les tours operators, les agences de voyages, les syndicats d’initiatives que les privés sénégalais. Nous nous sommes retrouvés et toutes les concertations ont tourné autour du problème de la communication, à travers l’événementiel. Il s’agit d’essayer de mettre ensemble nos maigres moyens pour arriver à des budgets consistants afin d’asseoir la promotion des supports dont j’ai parlé, en plus de l’affichage grandeur nature, des insertions dans la presse spécialisée et des représentations à l’extérieur, autres que les bureaux qui sont très difficiles à gérer avec le peu de ressources dont nous disposons. Il y a des Sénégalais dont l’expérience des milieux professionnels est connue. Nous allons essayer d’en faire des ambassadeurs pour utiliser leurs carnets d’adresses et nous aider à développer le tourisme (…) Il y a un autre évènement qui est la pêche sportive collée au ministère des Sports, mais qui est une activité touristique que nous devons pouvoir développer au Sénégal. Il faut aussi créer des évènementiels au niveau national comme par exemple un festival à l’image de celui de Rio. Nous y travaillons. On est en train de faire en sorte que les standings de nos hôtels soient maintenus en essayant d’étudier les modalités de mise en place d’un fonds de crédit hôtelier, qui permettrait la réhabilitation des hôtels, mais aussi au privé sénégalais d’investir dans le tourisme. Je pense qu’il y a de l’espoir pour la destination Sénégal. Par rapport même à la crise internationale, notre tourisme a pu se maintenir comparativement à des pays comme le Maroc. Nous avons reculé de 2,5 points pour le premier semestre. Néanmoins, tous les professionnels ont reconnu que malgré cette bourrasque, la destination Sénégal a pu résister et qu’il y a de l’espoir pour encore booster le secteur du tourisme qui est le deuxième poumon de notre économie et qui devrait être le secteur d’avenir.
Les acteurs réclament toujours la baisse de la Tva. Où en est-on après les dispositions prises au niveau de l’Uemoa ?
Ça a toujours été une doléance des acteurs. J’ai annoncé récemment aux privés que mon homologue, le ministre d’Etat Abdoulaye Diop m’a dit qua la Tva connaîtra une baisse à partir de la date de mise en application de janvier 2010. Donc, ça va passer avec le projet des finances rectificatives à l’Assemblée nationale et je pense que cette doléance des privés va connaitre une solution à partir de janvier 2010. La nouvelle Tva devrait être de l’ordre de 9 à 10%. Ce qui devrait alléger un peu la cherté de la destination Sénégal. Nous allons avoir un léger mieux dans le secteur. En plus des infrastructures nouvelles, notamment les routes, les hôtels, les investissements qui vont se faire aussi bien à Saly qu’à Ziguinchor, je pense que le Sénégal va être une destination avec un standing « High class » pour happer les nouveaux flux touristiques attendus de la reprise vers 2010.
Source: le Soleil

28/09/2009

Nauvrage d'une pirogue à Dagana (fleuve sénégal)

Une pirogue se renverse sur le fleuve Sénégal faisant un mort et trois disparus
Dagana2

Une pirogue mauritanienne assurant le transport entre la ville de Dagana au Sénégal, et Salama dans le département de Teikane dans le Traraza, sud de la Mauritanie, s’est renversée vendredi au moment où il assurait sa navette régulière, a appris APA dimanche auprès des autorités administratives locales.
Sur les neuf passagers à bord, tous Mauritaniens, cinq ont été sauvés, le corps sans vie d’un passager a été récupéré plus tard dans la nuit et les trois autres, dont une femme et son bébé, de même qu’un homme âgé, sont toujours portés disparus.
Pour le moment les causes de l’accident n’ont pas été élucidés par les autres régionales mais il est probable qu’elles soient liées à une défaillance technique de l’embarcation ou à des conditions climatiques défavorables.
Le transport par pirogue, largement utilisé par les riverains du fleuve Sénégal, est souvent source d’accidents parce que les embarcations, fabriquées en bois, sont généralement surchargées.

27/09/2009

Le zoo de Dakar en piteux état

Le zoo de Dakar en piteux état
dsc03485

Des singes capucins enfermés dans un espace minuscule, des hyènes apathiques dans un carré de béton, un tigre qui glisse sur le carrelage de sa cage: le zoo de Dakar, ouvert en 1935, non conforme aux standards internationaux, veut se moderniser.
Dans ce parc zoologique de 7 hectares situé dans la forêt de Hann, seul poumon vert de Dakar, chacals ou lionnes sont parqués sur une dalle nue, sans aménagements ni verdure.
"Ce que nous avons ici, c'était passable dans les années 1950 ou 1960. Aujourd'hui, c'est dépassé, mais c'est une subvention de l'Etat qui fait vivre le zoo; nous n'avons pas assez de moyens", se désole le commandant Lamine Guèye, directeur des parcs zoologique et forestier de Hann.
Un projet de développement chiffré à 2 milliards de FCFA (plus de 3 millions d'euros), étalé sur cinq ans et qui pourrait être financé par le Sénégal mais aussi la France ou les Pays-Bas, est en préparation, souligne-t-il.
S'il aboutit, les animaux dangereux (lions, tigre, hyènes) auront de plus vastes cages et tous les autres (singes, chèvres, etc.) seront laissés en semi-liberté dans le parc.
A terme, Dakar compte rejoindre le réseau zoologique africain Paazab (Association africaine des zoos), ce qui lui permettrait d'échanger des animaux avec d'autres membres mais il doit d'abord se mettre aux normes de l'association.
Des experts de Paazab viendront prochainement inspecter le zoo de Hann pour épingler les manquements mais aussi proposer des pistes pour une remise à niveau.
A deux pas d'une allée jonchée de branches mortes, les ânes aux côtes saillantes font grise mine : "C'est triste à voir. Ca ne remonte pas le moral avant de quitter le Sénégal", glisse une infirmière française sur le départ.
En dépit d'un prix d'entrée dérisoire (350 FCFA, soit 0.53 euro), touristes ou locaux ne se pressent pas aux grilles du parc, dont l'accès est mal indiqué et qui ne figure pas dans les circuits touristiques de la capitale.
"Regardez les lions et le phacochère: avec les eaux de pluie, leurs enclos sont à moitié inondés", commente Moussa Ndao, agent des Parcs nationaux.
Depuis janvier, un canal évacue pourtant une partie du trop-plein d'eau vers la mer, évitant que l'eau ne touche trop les 203 pensionnaires du zoo.
En 2005 et 2008, de nombreux arbres avaient été déracinés suite aux inondations et des animaux avaient été tués par des parasites qui s'étaient développés.
"Les ouvriers du parc ne savent pas qu'un tigre a besoin de marcher ou un singe de grimper et pensent qu'il suffit de nourrir les animaux, mais ils se trompent; il faudrait les emmener au Kenya ou en Afrique du Sud, pour discuter avec des Africains qui font les choses bien", lâche le commandant.
Pour lui, le problème d'argent se double surtout d'un problème de mentalités: "un pays sous-développé ne peut pas avoir les mêmes zoos qu'en Europe, mais il faut que nous parvenions à gérer ce parc autrement."

Inondations de Dakar

Quand l’eau dépeuple des quartiers de Dakar
inondations

Dans la banlieue, plusieurs quartiers inondés donnent l’impression d’être rayés de la carte géographique sous l’effet du sinistre. En effet, l’une des conséquences des inondations reste le dépeuplement progressif de ces quartiers avec comme corollaire, le ralentissement de l’activité économique. Reportage.

Il est 13h. Nous sommes à Thiaroye. Devant une maison, un véhicule hippomobile (charrette) immobilisé charge les bagages. Il s’agit de lits, ustensiles de cuisine, vêtements. Déménagement obligatoire. L’eau est passée par là. Des hommes portant des bottes en caoutchouc font la navette entre la chambre de Seynabou et la charrette. La cour de la maison est pleine d’eau. De même que les chambres. Seynabou vient d’obtenir une chambre à louer à Malika. Grâce à son frère, qui, ne supportant plus de voir sa sœur dans une telle situation, a pu lui dénicher la chambre. Un soulagement pour cette dernière qui souffrait le martyr depuis que la maison voire tout le quartier est sous les eaux stagnantes. La nuit précédente, c’est sa voisine Mame qui avait plié bagages. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui ont été contraints à vider les lieux. Mame a pris en location une maison entière où elle loge avec d’autres femmes ainsi que les enfants.

Les hommes, quant à eux, continuent à affronter l’eau. Quoiqu’il en soit, Mame ne compte plus revenir à Thiaroye. « Même si les eaux seront pompées, je ne souhaite pas revenir dans la mesure où de manière cyclique c’est le même problème, les mêmes souffrances », a-t-elle affirmé. Après Mame, Seynabou et une autre famille, c’est Salimata qui s’apprête à quitter. Elle s’était rendue à Malika dans l’espoir de trouver une chambre à louer. Depuis Malika, elle téléphone à son mari pour l’informer avoir trouvé une chambre avec toilettes incorporées à 20.000 F Cfa par mois. Mais son mari est encore dubitatif quant à sa capacité à payer mensuellement cette somme. Son travail ne marche pas et ses charges sont trop lourdes. « Dans des situations pareilles, les femmes perdent leur lucidité, c’est pourquoi elles s’engagent à payer un loyer dont leur mari n’a pas les moyens », a murmuré Babacar Sarr. Dans tous les cas Saly est déterminée à partir et rien ne semble l’en empêcher.

Séparation douloureuse

Malgré la situation, la séparation semble douloureuse pour certains. Une séparation parfois accompagnée de pleurs notamment chez les femmes. C’est le cas de la petite Ami qui se plaint déjà d’être obligée de vivre désormais loin du petit Khadim qu’elle aimait et portait en permanence dans ses bras. La mère de Khadim est une co-locataire. Ami n’est pas la seule à souffrir de cette séparation. Mame aussi. Dès lors, toutes les deux ont individuellement noué un bout de tissu autour du poignet de Khadim. Une pratique traditionnelle.

A longueur de journées, les charrettes défilent entre la route principale et les maisons inondées et les prix dépendent de la distance. Les charretiers se frottent les mains tant ils sont sollicités puisque les véhicules ne pouvaient accéder dans ces quartiers.

« Le service que nous rendons en ces moments vaut plus que ce qu’on nous paie », a déclaré le charretier Ndongo.

Ainsi, Thiaroye se dépeuple progressivement au fil des déménagements massifs opérés par les sinistrés. Malgré tout, il existe des femmes qui n’ont autre solution que la résignation puisque n’arrivant pas à trouver des chambres ou maisons à Malika, Keur Massar...

« Je suis déboussolée », nous a lancé Mary, une jeune femme. Et d’ajouter : « J’ai passé toute la journée à chercher une chambre à louer. Le propriétaire de l’unique chambre que j’ai trouvée ne compte pas la louer à un couple, encore moins, un couple ayant des enfants. Un autre m’a demandé 100.000 F Cfa en guise d’avance, avant de me remettre les clés, je suis perdue », s’est-elle lamenté.

En effet, Mary, qui vit avec son mari, a en charge quatre enfants. Elle ne cherchait qu’une seule chambre et moins cher. Son mari ne peut faire mieux.

Tels des insulaires, ceux qui sont restés sont entourés d’eau de toutes parts, devenant prisonniers des eaux aux couleurs parfois verdâtres. Pourtant, les enfants, envoyés à longueur de journée, y pataugent régulièrement.

« Heureusement que j’ai des bottes que j’amène avec moi à chaque fois que je dois traverser une rue trop inondée », a indiqué M. Diallo. Des grenouilles ont aussi élu domicile dans ces sites. Et la nuit, c’est un concert de croassements continuels très dérangeants. Des alevins se font voir çà et là. Les gamins prennent le plaisir d’en pêcher quelques-uns qu’ils mettent dans des pots.
Abdou DIOP

26/09/2009

Attaque d'un groupe de presse à Dakar

Sénégal: groupe de presse attaqué par disciples d'un marabout: 3 blessés

 

Une vingtaine de talibés (disciples de marabouts) ont attaqué vendredi à coups de barres de fer, gourdins et pierres le siège du groupe de presse privé Walfadjri, faisant au moins trois blessés et des dégâts matériels, a-t-on appris auprès de l'organe de presse.
Les talibés d'un influent marabout "sont venus à 14H30 (locales et GMT)", a raconté à l'AFP le directeur de publication du quotidien Walfadjri, Abdourahmane Camara.
"Ils se sont attaqué au service commercial, aux deux premiers étages du bâtiment, ont saccagé nos locaux et blessé un gardien et deux vigiles", a-t-il ajouté.
D'après le directeur de publication du quotidien, "cette attaque fait suite à la parution vendredi en première page d'un article critique vis-à vis du marabout".
Selon le responsable, "les populations riveraines sont sorties dans la rue pour s'opposer aux jeunes (talibés)" et des forces de l'ordre ont été dépêchées dans l'après-midi au siège de Walfadjri et au domicile du directeur du groupe.
Peu après l'incident, plusieurs hommes politiques sénégalais, syndicalistes et journalistes se sont rendus sur les lieux "pour exprimer leur soutien", a indiqué M. Camara, citant notamment l'ex-Premier ministre Macky Sall, le directeur de la radio privée Sud FM Babacar Touré.
Dans un communiqué, le Syndicat des professionnels de l'information et de la communication du Sénégal (Synpics) a exprimé "sa profonde indignation et sa vive préoccupation devant cette attaque sauvage et totalement injustifiée".
Il demande "aux autorités de faire toute la lumière sur cette agression intolérable dans un Etat de droit" et "espère surtout que cette agression ne restera pas impunie et qu'elle sera la dernière d'une série de violations de la liberté de la presse et d'expression au Sénégal".

25/09/2009

SEPT ANS APRES LE NAUFRAGE DU JOOLA

SEPT ANS APRES LE NAUFRAGE DU JOOLA :
Les familles des victimes réclament toujours justice   
le_joola

«On veut enfin connaître les responsables du naufrage», souligne Nadine Verschatse, une Fran­çaise qui a perdu sa fille de 21 ans dans la catastrophe, il y a 7 ans. «On doute de la volonté des autorités d’aller jusqu’au bout avec cette affaire. Mais nous en avons tous besoin pour la reconstruction et notre deuil», dit-elle.
Le Comité d’initiatives pour le Mémorial-musée/Le Joola a mis à profit son point de presse tenu au Just 4 U hier sous le thème : Que justice soit faite ! Nas­sar­dine Aïdara, porte-parole du Comité, explique : «L’Etat du Sénégal n’a tenu aucun de ses engagements premiers : justice n’est pas rendue, le bateau n’est pas renfloué, le Mémorial-musée est oublié.»
Plusieurs rapports et enquêtes, tel que le rapport Madani Sy sur le naufrage, ont montré que «les autorités civiles et militaires n’ont rien fait pour prévenir la catastrophe “programmée”» ou pour sauver un maximum de passagers. Néanmoins, le dossier a été classé sans suite «sous prétexte que le commandant disparu est le seul res­ponsable», même si le rapport Madani Sy montre que des fautes ont été commises à plusieurs niveaux.
C’est pour cela que M. Aïdara fait appel à l’Etat sénégalais : «Laissez la procédure se poursuivre pour enfin connaître toute la vérité sur le naufrage.» En ce mo­ment, une plainte est déposée devant la Jus­tice française. «Cette plainte ne traite pas seulement des cas de 22 victimes françaises, mais c’est une démarche collective», explique Alain Vers­chat­se, président de l’Asso­ciation française des familles des victimes.
Pour ne pas oublier la catastrophe, le comité organise de­main, le jour du septième anniversaire du naufrage, une cérémonie de dépôt de gerbes de fleurs à 14 h à la Place du souvenir sur la Corniche avec une séance d’exposition photos. C’est à ce lieu-là que le comité souhaite construire un Musée-mémorial, pour que les générations futures n’oublient pas Le Joola.
Sandra KOESSLER

24/09/2009

Le 6ème est gratuit

Just for fun!

(pour couper le son du lecteur musical: aller tout en bas de la colonne de droite et stoppez le lecteur)

20/09/2009

Vidéo sur le littoral Sénégalais

L'érosion côtière au Sénégal
Le littoral Sénégalais se dégrade. L'océan mange villes et villages, inexorablement. Voici le lien vers un reportage (partie 1) de TV5/Thalassa 
(pour couper le son du lecteur musical: aller tout en bas de la colonne de droite et stoppez le lecteur)

 

18/09/2009

Le président du Sénégal se représentera en 2012

Sénégal: le président Wade annonce qu'il se représentera en 2012
2008-05-09T160650Z_01_NOOTR_RTRIDSP_2_OFRWR-ALIMENTATION-CRISE-WADE-FAO-20080509
Le président sénégalais Abdoulaye Wade, âgé de 83 ans et au pouvoir depuis 2000, a annoncé jeudi qu'il se représenterait pour un troisième mandat à l'élection présidentielle de 2012.
"J'ai le droit d'être président. Je crois qu'il y a des gens qui réclament la démocratie et qui ne sont pas des démocrates. Il faut laisser la voix au peuple sénégalais.", a-t-il dit dans un entretien diffusé jeudi soir par le service français de la Voix de l'Amérique (VOA).
"Que chacun se présente et que le jeu soit ouvert, qu'il n'y ait pas de tricherie", a-t-il ajouté.
Au journaliste lui demandant s'il était "partant" en 2012, le chef de l'Etat répond très clairement: "Absolument. Je suis candidat en 2012, Inch Allah (si Dieu le veut), si Dieu me laisse longue vie, me laisse mon cerveau et ma santé, je serai candidat".
L'entretien a été réalisé aux termes d'une visite du président sénégalais aux Etats-Unis.
Ces derniers jours, des proches du président Wade avaient multiplié les appels pour une candidature en 2012, estimant qu'il était le seul à pouvoir rassembler son camp, actuellement profondément divisé.
Elu en 2000 après quarante ans de pouvoir socialiste, le libéral Abdoulaye Wade, avocat de profession, a été réélu dès le premier tour en 2007 lors d'un scrutin contesté par les principaux partis de l'opposition qui dénonçaient des fraudes.
Il n'avait jamais évoqué une candidature en 2012. Ces deux dernières années, c'est au contraire son fils, Karim, 40 ans, actuellement ministre, qui avait été mentionné par de nombreux observateurs pour représenter la famille libérale en 2012.
"Je n'ai pas dit, personne ne m'a entendu dire que je voudrais que mon fils soit au pouvoir. Pour l'instant, je le fais travailler parce que je connais ses compétences, je connais ses capacités, ses compétences prouvées", a-t-il poursuivi.
"Je ne mettrai jamais quelqu'un au pouvoir. Si un jour je dois me retirer, j'organiserai des élections libres et démocratiques. Si à ce moment là, Karim ou quelqu'un d'autre veut se présenter, c'est un autre problème".
"Karim est un citoyen comme tout le monde, s'il veut se présenter, il se présentera", a précisé le chef de l'Etat. "Pas contre vous, quand même", a questionné le journaliste. "Ahhhh, je ne sais pas. Je ne lui ai pas posé la question", a répondu le président Wade en souriant.
"Ce serait drôle d'ailleurs s'il se présentait contre moi et qu'on se retrouve au deuxième tour. Cela serait intéressant et inédit d'ailleurs. Il n'y a que des choses inédites qui se font dans ce Sénégal", a-t-il ajouté dans un rire.

17/09/2009

Réguler les banabanas au Sénégal

3 milliards de cfa pour fixer les marchands ambulants  de Dakar      
vendeur

Le ministre du Commerce, Amadou Niang qui était hier, devant le Conseil économique et social (Ces), a indiqué que le gouvernement a pu mobiliser un financement de trois milliards de francs Cfa pour le recasement des marchands ambulants qui squattent les différentes artères de la capitale.

Après avoir reculé sur le dé­guerpissement des marchands ambulants, le gouvernement re­vient avec une nouvelle approche. Interpellé hier, sur la question, par le Conseil économique et social, Amadou Niang, ministre du Com­merce a indiqué que le gouvernement a réussi à mobiliser un montant de trois milliards de francs Cfa pour financer le recasement des 8 700 marchands ambulants qui ont été recensés à travers les rues de Dakar. Cela, grâce au système mutualiste du ministère de la Famille et du ministère de la Jeunesse à travers le Fonds national de promotion de la jeunesse (Fnpj). Différents établissements commerciaux ont été ainsi ciblés pour abriter les marchands ambulants. «Nous avons obtenu des quotas au niveau des promoteurs qui construisent des établissements commerciaux à Dakar. La question est cette fois-ci, très bien prise en charge. L’appro­che est bonne, parce qu’elle est consensuelle», assure Ama­dou Niang. Le ministre précise que «les marchands sont d’accord pour bénéficier de ce financement et payer in fine, aux promoteurs leur argent. Nous sommes d’accord sur les prix et les modalités de paiement. Et les mutualistes sont d’accord de financer l’opération.»
Le prix d’une cantine équipée d’une table est arrêté à 3,2 millions de francs Cfa. La cantine à 3 millions de francs Cfa, et la table, à 250 000 francs Cfa. Le ministre du Commerce a été également interpellé, entre autres, sur la qualité des produits importés. A ce propos, il souligne que de gros efforts ont été fournis pour disposer d’un laboratoire de référence, qui a coûté plus de 2 milliards de francs Cfa au Sénégal. Mais il reste à conférer au laboratoire une autonomie afin qu’il puisse satisfaire les Sénégalais.
M. Niang indique aussi, qu’à l’entrée, les produits importés font l’objet d’un contrôle de quanvité des conseillers.
Après le contrôle à l’importation, le ministre informe que les agents du service du commerce se déplacent dans les boutiques pour vérifier la date limite de consommation. «Je reconnaîs que nos mo­yens sont limités», avoue M. Niang. Mais, souligne-t-il, «des mesures de renforcement des capacités humaines et matérielles sont prises. Des véhicules ont été mis à la disposition des différents services de commerce. Au moins, chaque service est maintenant doté d’un véhicule».
Auparavant, le ministre du Commerce est largement revenu sur la politique de la maîtrise de l’inflation au Sénégal. Sur les mesures prises par le gouvernement pour faire face à la hausse des prix des denrées de premières nécessités, Amadou Niang rappelle la suspension des droits de douane sur le riz, le lait, le blé. Pour les produits alimentaires, dit-il, le gouvernement avait consenti environ un montant de 28 mil-liards de francs Cfa. Entre 2006 et 2007, le gouvernement a dépensé en matière de subvention une somme totale de 374 milliards de francs Cfa.
Dialigué FAYE

16/09/2009

Mourir au Sénégal

Le Sénégal, pays de la « teranga » : Eldorado et mouroir des Étrangers
senegal_nt

Comme les imprudents qui quittent la plage pour aller répondre à l’appel des Sirènes, des étrangers, venus au Sénégal par amour ou affaire, n’en repartent pas vivants. Hélas, leur nombre augmente.

Dans la nuit du 27 au 28 août dernier, un Français a été assassiné dans son voilier. Sa copine sénégalaise sera violée et ses biens emportés. Handicapé, il n’en était pas moins fortuné.
Samedi dernier, c’est le Président directeur général d’une société de la place qui s’immolait au feu. Son entreprise, qui fabriquait des matelas, était menacée d’expulsion du site qu’il occupait. Philip Norguard, c’était son nom, s’est suicidé à domicile. Il vivait avec ses deux chiens. Il avait un gardien et une cuisinière. Bien avant, une étrangère était trouvée morte à Grand Dakar, une autre à Thiadiaye. Crimes ou suicides, les enquêtes n’ont, encore, rien révélé. Suite à la dernière élection présidentielle, l’assistante d’un des candidats à ce scrutin, Louis-Philippe Senghor, a été retrouvée morte dans son domicile.. Elle était de nationalité française. Elle était l’amante du candidat, qui se disait être un neveu du président Léopold Sédar Senghor, ayant fait des études en théologie. La liste des étrangers morts chez nous par suicide, assassinat ou dans des conditions « suspectes » non élucidées est loin d’être exhaustive. Récemment une commerçante chinoise a été assassinée. Dernièrement, c’était un médecin tchadien. C’est dire que l’insécurité n’est pas que le lot des populations autochtones et des pauvres. Or, de par leur nombre, les forces de police ne peuvent protéger le maximum de personnes et leurs biens. C’est ce qui fait que ceux-là qui en ont les moyens risquent de prendre la même résolution que l’ancienne miss Sénégal, Fabienne Féliho : se disant être l’objet de menaces de mort, elle a recruté sa garde rapprochée pour répondre à la violence par la violence. C’est dire que l’insécurité va enrichir les milices privées, qui font flores. Pourtant un projet de loi les interdisant avait été voté par l’Assemblée nationale.

15/09/2009

Sénégal : Les cybercafés en déclin

Sénégal : Les cybercafés en déclin
cyber2

Monopole sous la guise de la concurrence
Les cybercafés sont en déclin au Sénégal. Malgré la forte demande, les prix restent hors de portée pour le Sénégalais moyen, ce qui a ont provoqué la disparition de plusieurs de ces points d’accès à l’information et la communication, disponibles jour et nuit dans les rue de Dakar il n’y a pas si longtemps. L’arrivée d’un nouvel opérateur, Expresso, a déçu les consommateurs – l’opérateur s’est lancé dans le marché de la téléphonie mobile, plutôt que dans le secteur de la téléphonie fixe et l’internet en demande. Si bien que l’opérateur étatique continue de contrôler l’infrastructure, créant ainsi une façade de compétition parmi les opérateurs.
                            
Les cafés internet sont en déclin au Sénégal. Ces points d’accès au savoir et à la communication qui se trouvaient à tous les coins de rue à Dakar et auxquels on pouvait facilement accéder à toute heure de la journée ne sont plus aussi disponibles. Pourtant, grâce aux infrastructures et au développement de la bande passante mises en place par Sonatel, les prix excessifs d’internet on chuté rapidement : on est passé de 1500 (2,15 dollars US) ou 2000 Fcfa (3,25 dollars US) l’heure à 300 (0,65 dollars US) ou 200 Fcfa (0,43 dollars US) l’heure de connexion, permettant ainsi aux étudiants, travailleurs ambulants ou consultants de surfer sur le net à un prix relativement bas, et de plus en plus à partir de la maison (pour ceux qui peuvent se le permettre). Et subitement, les dits cybercafés et les fournisseurs d’accès internet ont commencé à fermer car le marché n’était plus florissant – tout à coup, il y a eu trop de compétition et rares sont ceux qui ont pu résister à la crise du secteur !
Malgré l’arrivée de l’ADSL, les promotions lancées par l’opérateur historique et la politique des prix mise en place ont permis à Sonatel de gagner d’importants revenus tandis que les propriétaires de cybercafés ne pouvaient même pas rentrer dans leurs fonds, au regard des parts qu’ils devaient reverser à Sonatel et des autres charges de fonctionnement comme le loyer, l’électricité, le crédit matériel et le personnel. Car même si les prix ont baissé pour les usagers, ils restent toujours élevés par rapport au revenu mensuel moyen. En réponse à ceci, un nouvel opérateur est apparu : Expresso. Celui-ci devait « induire une baisse des coûts pour les usagers du téléphone et de l’internet au Sénégal », tel que promis par son Directeur général Emmanuel Hamez, mais deux ans après l’acquisition de sa licence globale, les prix sont toujours dépendants du monopole de Sonatel.
Pourtant, en ce qui concerne les TIC au Sénégal, la réforme des années 1990 s’est relativement bien passée et les prix des services de télécommunications sont plus ou moins modérés en comparaison avec des pays comme l’Ouganda, le Kenya ou l’Afrique du Sud, et les services eux-mêmes sont de relativement bonne qualité. Après plus de dix ans de réformes et de libéralisation, le secteur avance bien…du moins en surface. Alors quel est le problème ?
Le problème se trouve au niveau de la nature anti-compétitive du système en place dans le secteur des télécommunications et du monopole étatique. Le pouvoir de l’autorité de régulation, l’ARTP, est limité car l’opérateur historique Sonatel, dont l’État détient des parts d’actions importantes et ambitionne depuis quelques temps de vendre une mineure partie, reste dominant dans l’environnement des télécommunications. Puisque c’est l’opérateur historique qui possède l’infrastructure de base, il donne l’impression que tout projet relatif aux télécommunications au Sénégal doit passer par lui, créant ainsi une situation de fausse compétition malgré la présence de trois opérateurs de téléphonie mobile (Orange, Tigo et Expresso). La concurrence ne se fait donc pas sentir et ce manque de concurrence se répercute au niveau de la population, qui attend toujours des prix abordables pour le téléphone fixe et l’internet, surtout dans les zones rurales. Sonatel continue de gagner presque seule les parts de ce segment de marché, et le monopole est loin d’être terminé. L’opérateur historique étant très dominant, la question qui se pose est celle de savoir quand cette position dominante ne sera plus exercée.
Expresso : La promesse manquée de la concurrence
En 2008, l’arrivée d’un nouvel opérateur global, Expresso, apporta l’espoir aux Sénégalais que le monopole de Sonatel se terminerait enfin. Mais, plutôt que d’offrir une concurrence au niveau du téléphone fixe, de l’international ou de l’internet où le véritable besoin continue d’exister, celui-ci s’est rapidement lancé dans la téléphonie mobile sous prétexte qu’il s’agit du service le plus utilisé et attendu par les populations. Certes, la demande pour les services mobiles est évidente, mais avec deux autres opérateurs sur ce terrain, ce sont des prix compétitifs sur les services outre que la téléphonie mobile que veut la population. Entre temps, Sonatel continue d’être le seul opérateur dans les segments de marché les plus attendus : le fixe, l’international et l’internet.
Le Sieur Jacques Iyok, consultant en communication et Président de la Commission de communication et plaidoyer de GOREeTIC, affirme que « les Sénégalais, qui croyaient que le monopole serait terminé avec l’arrivée d’Expresso et la libéralisation des services de télécommunications, ont vite déchanté. Les opérateurs alternatifs ne peuvent toujours pas exercer et aucune autre entreprise ne peut offrir un accès public au réseau transitant par les technologies sans fil, comme le satellite ou la boucle locale radio (BLR). La concurrence est mentionnée sur les documents, mais en pratique c’est autre chose. Les petits fournisseurs internet restent dans l’incapacité de proposer des tarifs compétitifs et sont obligés d’accepter les conditions tarifaires de l’opérateur historique. (…) Toutes les technologies alternatives moins onéreuses telles que la téléphonie sur IP, le Wimax, ou le sans fil sont interdites d’utilisation publique ».
Selon M. Iyok, nombreux sont ceux qui pensent que malgré son innovation technologique et l’implémentation au compte-gouttes de ses services, Expresso a fait une entrée assez timide dans le marché des télécommunications sénégalais. Il estime que ce marché est prêt pour des opérateurs offrant des services plus modernes à des coûts compétitifs : « L’offre en téléphonie fixe et internet est vierge au Sénégal et …Expresso est encore attendue sur ce segment. Son déploiement créera, on l’espère, une forte concurrence dans le marché et permettra aux consommateurs de se libérer du monopole nuisible de Sonatel ». La lenteur dans le déploiement de ses actions peut donc être considérée comme une sorte de complicité entre les opérateurs, et bien sûr, ce sont les patients consommateurs qui en paient le prix. L’ARTP, le gendarme des télécommunications, ferait bien d’accélérer les choses, puisqu’elle prétend travailler pour les intérêts de la population.
Mauvais juge, mauvaise partie
Une séparation fonctionnelle entre les activités de gestion et de commercialisation des services pourrait permettre aux prix de baisser. Comme Tigo et Expresso sont tributaires des prix fixés par Sonatel, c’est elle qui détermine le comportement des autres opérateurs qui eux aussi cherchent à réaliser des profits, et c’est cette dépendance qui semble éliminer la concurrence. Une indépendance totale entre l’organe de régulation et l’opérateur historique règlerait donc ce conflit d’intérêts.
Selon l’économiste Moubarak Lô, l’ARTP devrait obliger les opérateurs à suivre des « règles saines » et faire pression sur la Sonatel pour qu’elle baisse ses prix. Comme les opérateurs Tigo et Expresso ne peuvent pas donner un prix minimal inférieur à celui fixé par celle-ci, la réduction des tarifs dépend encore largement du catalogue d’interconnexion proposé par Sonatel et approuvé par l’ARTP.
Mais le pouvoir ne repose pas uniquement entre les mains de l’ARTP. Une politique cohérente des TIC au Sénégal est aussi importante que la réduction des prix et l’amélioration des infrastructures. Comme l’explique M. Iyok : « Il faudrait une stratégie nationale sur les TIC, ce qui n’existe pas encore. L’ARTP a déjà proposé un document qui est considéré comme une politique nationale, mais celui-ci est en attente de validation ». L’ARTP, qui représente l’État du Sénégal et qui devrait encourager le développement du secteur des TIC, est très lente dans la mise en œuvre d’une politique de motivation.
Un manque de parties prenantes
Le gouvernement du Sénégal semble reconnaître la valeur des TIC dans le progrès économique du pays. Il a créé l’Agence de l’informatique de l’État (ADIE), chargée d’améliorer la disponibilité et l’utilisation des TIC au sein des organisations gouvernementales. L’ADIE a fait ratifier quatre lois qui ont fait entrer le Sénégal dans la société de l’information (une loi définissant les grandes orientations de la société de l’information au Sénégal en complétant la législation actuelle en matière de TIC, une loi sur la cybercriminalité, une loi sur la protection des données à caractère personnel, et enfin une loi relative aux transactions électroniques), mais il est urgent de placer les TIC au centre du développement économique du pays. Dans le cadre de sa Stratégie de Croissance Accélérée (SCA), les TIC ont été identifiées comme élément important de développement afin d’accomplir les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Il ne reste plus qu’à faire avancer le processus.
Du fait du manque de motivation dans le secteur des TIC, le pays, malgré ses succès initiaux reconnus dans le domaine, semble être resté stagnant : les jeunes diplômés trouvent difficilement du travail et il n’y a pas de structures visibles spécialisées dans le financement des projets liés aux TIC.
Aujourd’hui, avec la crise économique mondiale, les entreprises qui devaient acheter les services TIC décommandent, ce qui occasionne la fermeture des entreprises orientées TIC qui ne peuvent supporter les lourdes charges de fonctionnement. Il est donc tout à fait évident que la fermeture des cybercafés n’est qu’un symptôme d’un mal beaucoup plus important au Sénégal. Les réformes des TIC et télécommunications restent donc un énorme chantier au Sénégal, même si le pays de la téranga n’est pas un mauvais élève dans ce domaine clé de l’économie nationale, régionale et internationale.
Note : Cet article a été écrit dans le cadre du projet Communiquer pour influer en Afrique Centrale, de l’Est et de l’Ouest par APC, afin de promouvoir le plaidoyer pour un accès abordable aux TICs pour tous. CICEWA cherche à définir les obstacles politiques qui préviennent un accès abordable à l’infrastructure des TIC en Afrique et à demander leur élimination afin de créer une plateforme solide pour la connectivité sous-régionale en Afrique de l’Est, de l’Ouest et Centrale.

13/09/2009

260.000 sénégalais sous eau

Statistiques des Nations-Unies : Plus de 260 mille Sénégalais sont affectés par les inondations
bczposdd

Les inondations ont affecté plus de 260 000 Sénégalais sur toute l’étendue du territoire national, d’après les Nations-Unies dont le bureau à Genève a donné hier son aval pour le transfert d’équipement et de matériel d’évacuation d’eau des zones inondées du Sénégal.
Selon l’Organisation des Nations Unies, plus de 260 000 Sénégalais sont actuellement affectés par les inondations. L’Etat du Sénégal a déclenché le Plan Orsec (Organisation des secours) à l’échelle nationale pour faire face à ces inondations qui affectent essentiellement la zone péri-urbaine dakaroise et les villes de Mbour, Thiès, Kaffrine et Louga. Ces populations endurent aussi, en pleine période de chaleur humide, des coupures de courant quotidiennes et intempestives.
Face à cette situation, le Bureau des Nations Unies pour les affaires humanitaires (Ocha) s’active sur le terrain, ainsi que d’autres organismes humanitaires comme la Fédération internationale de Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (Ficr). En réaction à cette situation de crise, la Ficr a aussitôt puisé des matériels de secours dans ses stocks d’urgence prépositionnés dans différents pays, dans le cadre de son approche ‘Alerte précoce, action anticipée’ pour offrir une assistance immédiate aux populations sinistrées.
C’est ainsi que l’organisme humanitaire a débloqué 422 917 104 F Cfa, soit 997 446 francs suisses de son Fonds d’urgence, pour les secours en cas de catastrophe afin d’aider les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à répondre aux besoins des populations les plus pressants. Pour sa part, le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) a remis hier un don en nature d’une valeur de 250 millions de francs au gouvernement du Sénégal pour l’aider à mieux exécuter son plan Orsec. Ce don est composé de médicaments, de produits d’hygiène, de bons de carburant et de matériels divers (bâches, couvertures, jerricanes, nattes, etc.). La Cedeao n’est pas en reste qui a dégagé 75 millions en appui à l’Etat du Sénégal dans la prise en charge des sinistrés et dans la lutte contre les inondations.
Les pluies diluviennes qui se sont abattues en Afrique de l'Ouest et du Centre ont causé des dégâts matériels importants et détruit ou endommagé des habitations, causant des milliers de sans abris et de populations déplacées. Au total, plus de 400 mille personnes sont affectées, selon un communiqué de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-rouge et du Croissant-rouge (Ficr) parvenu à notre rédaction. Ces fortes pluies ont également engendré des pertes en vies humaines, notamment dans des pays comme la Guinée, le Tchad, le Ghana, le Bénin, le Niger, la Sierra Leone et le Burkina Faso. Les fortes pluies qui se sont abattues en Afrique de l’Ouest et du Centre depuis le mois de juin ont provoqué de graves inondations dans de nombreux pays de la région.
Sur le terrain, ‘des opérations de distribution d’articles de première nécessité ont eu lieu dans la banlieue de Dakar, au Sénégal, depuis les premières fortes pluies et sont en train d’être étendues dans toutes les régions touchées, avec la Croix-Rouge sénégalaise’, souligne le communiqué de la Ficr. Ces opérations visent à offrir une assistance à cinq mille familles. Les lots sont composés de moustiquaires imprégnées, de bâches, de couvertures, de jerrican, de nattes, de pastilles de purification d’eau, de savon et de produits phytosanitaires.
Issa NIANG

Tourisme sexuel au Sénégal

Tourisme sexuel : le Sénégal, une destination gratuite et courue
1581805-2120021

Les touristes qui couraient, hier, après le sexe du côté des Philippines atterrissent, maintenant, en masse au
Sénégal. Les lois y sont moins sévères et les prix presque minables.
Loin le temps où Epicure se prélassait entre Manille ou Bangkok, de l’autre côté. Parce que là-bas et ailleurs, les
touristes sont avertis avant de débarquer qu’en cas d’entorses aux mœurs, ils seront juridiquement poursuivis,
jusque dans leurs propres pays. Pour ne pas courir ce risque, les chasseurs de plaisir ont mis cap sur le Sénégal.
Après des « mises en train » à Dakar, ils s’en vont installer leurs « quartiers généraux » dans la Petite Côte. Les
plages y sont accueillantes, tout comme les populations. Le Soleil, qui darde ses rayons dans la mer à longueur de
journée, y est à gogo. Sur place, ils sont presque racolés. Les vieilles dames ont l’embarras du choix. Elles sont
abordées par des jeunes aux torses velus et aux muscles saillants. Pour quelques euros, ils sont prêts à tout. Ceux
qui sont choisis se donnent à fond. Ils se comportent comme des esclaves, prompts à servir leurs « princesses » en
tout ; dans l’espoir de décrocher un « mariage », qui les conduira loin de leur pays : en Europe. La pauvreté et le
chômage sont leurs excuses. Les touristes mâles sont également courus par des filles aux seins fermes, que presque
rien ne cache. Il suffit de lever le petit doigt pour qu’elles accourent, prêtes à tout. Si elles peuvent avoir de
quoi snober leur entourage, à plus forte raison un séjour à l’Hexagone, qu’à cela ne tienne. Les principes religieux
sont un luxe, quitte à ce que leurs partenaires ne se soumettent à l’Islam que de façade. Ainsi, dans la Petite
Côte, le vin coule à flot. Ses prix font sourire les touristes européens. C’est de la petite monnaie. Les boîtes de
nuit sont partout. Les cabanons, hôtels et villas meublés également. Mieux, les touristes peuvent acquérir un
terrain ou une villa pour venir s’y prélasser, en maîtres ou maîtresses, une fois par an. À l’âge de la retraite,
ils viennent y couler leurs vieux jours. Les touristes ont mis main basse sur la Petite Côte, parce qu’également les
forces de police ferment les yeux, il suffit de leur fourguer quelques euros et de ne pas commettre « trop d’excès
». Une situation qui a engendré la dépravation des mœurs, qui n’épargne même pas les mineurs et adolescentes. La
Petite Côte est également devenue une plaque tournante de toutes les drogues et combines, comme en témoignent les
faits-divers relatés au quotidien par la presse. Les autorités sont au courant de tout. Les parlementaires doivent
édicter des mesures fermes. Dame justice doit s’évertuer à les exécuter en toute indépendance. C’est le devenir du
Sénégal qui se joue. Il faut agir. La société civile sera complice, si elle ne s’implique pas dans le combat.

12/09/2009

Sénégal : les inondations de trop

Sénégal : les inondations de trop
011092009143440000000inondation

Pour le président sénégalais Abdoulaye Wade, c’est une nouvelle épreuve. Guédiawaye, Thiaroye, Diameguene, Fass Mbao…presque tous les quartiers de la banlieue de Dakar se sont retrouvés sous les eaux après les pluies diluviennes tombées fin août-début septembre.

Des milliers de personnes, envahies par les eaux jusque dans leurs habitations, se sont retrouvées sans abri. L’exaspération a dégénéré en manifestations et occupations de la voie publique. Les affrontements entre insurgés et forces de l’ordre qui se sont ensuivis ont fait des blessés, des dégradations sur la voirie et des destructions de biens privés.

Le Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye, qui envisageait de se rendre le 23 août sur les zones touchées, en a été dissuadé par les renseignements généraux. Le chef de l’Etat, Abdoulaye Wade, qui avait annoncé pour le 4 septembre son retour d’un mois de congés, a dû reporter son arrivée au 7 pour laisser tomber la fièvre. Et pour donner plus de temps aux forces de l’ordre chargées de sécuriser son trajet de l’aéroport au palais.

Le plan Orsec discrédité

Le Plan Orsec (Organisation des secours) lancé pour faire face à la catastrophe s’est révélé très tôt inefficace aux yeux des sinistrés. Doté d’une enveloppe de 2 milliards de franc CFA, ce plan, régulièrement mis en œuvre en cas de fortes intempéries, a perdu toute crédibilité pour n’avoir pas réussi les années passées à améliorer la situation.

La colère des populations s’est exacerbée car elles sont livrées à elles-mêmes. Elles critiquent également la mauvaise gestion des sinistres climatiques récurrents par l’Etat. D’autant que 67 milliards de francs CFA sont censés avoir été dépensés dans le Plan Jaxaay destiné par le passé à recaser dans de nouvelles habitations les populations installées sur des zones inondables.

Près de trois ans après le déclenchement de ce Plan, qui avait servi de prétexte à Abdoulaye Wade pour repousser les élections législatives de 2006 à 2007, le problème reste donc entier. Pour pomper les eaux nauséabondes qui l’envahissent, le pays en est aujourd’hui réduit à accepter une aide de…75 millions de francs CFA de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

10/09/2009

L'autre Saly au Sénégal

SALY PORTUDAL ET VILLAGES TRADITIONNELS.
senegal-marche

Difficile cohabitation entre tourisme et traditions
La station balnéaire de Saly Portudal présente plusieurs visages dont certains sont peu
connus du grand public. Si l’on parle de Saly, c’est bien sûr le développement du tourisme
avec ses commodités (hôtels de luxe, bars restaurants, night clubs, résidences, etc.) qui ont fini par dominer et rythmer la vie des villageois de la contrée jadis haut lieu d’agriculture et de pêche. Implantée au coeur de ces villages traditionnels sur une superficie de 620 ha, la station balnéaire de Saly a connu une cohabitation plus ou moins harmonieuse avec ses voisins.
Aujourd’hui, après près de quarante ans d’existence de la station balnéaire avec la création de la Société d’aménagement de la Petite côte (Sapco), les villages traditionnels de Saly Tapée, Koulang, Joseph, Niakh Niakhal, Bambara, Vélingara et Carrefour connaissent des fortunes diverses avec les retombées du tourisme. Saly Joseph, au Nord Est de la Station, et Niakh Niakhal au sud Ouest offrent éloquemment une idée des disparités qui existent entre ces villages qui ceinturent la station touristique. Un tour à Saly Joseph, du nom de son fondateur, fait croire qu’onest dans un village ordinaire du Baol ou du Ndiambour. A prioririen ne distingue Saly Joseph des
autres villages du Sénégal. D’abord son calme. En cette matinée
de la première quinzaine du
mois d’août, la nature commence à se couvrir de son tapi herbacé, les champs commencent à recevoirles premiers semis après quelques pluies. Saly Joseph s’est vidé de la plupart de ses hommespartis aux champs. Ses ruelles
quasi désertes, fréquentées par les enfants en vacances scolaires, en disent long sur la chance de trouver un interlocuteur pour parler du village. Après un petit tour surune rue qui menait finalement hors du village, nous rebroussons chemin sur recommandation d’un passant qui indique la bonne voie menant à la demeure du chef de village. Arrivée dans la grande concession familiale, un homme, torse nu et assis sur un petit banc, se présente. Salamalecs et présentations d’usage évacués, notre interlocuteur nous fait savoir que le chef de village est absent. Il nous recommande de revenir non sans nous donner sonnuméro de téléphone.  Sur le point de prendre congé, une vieille dame, très optimiste, nous interpelle en sollicitant de notre part un appui pour l’alimentation du village en eau courante. Sollicitation qui augure des difficultés insoupçonnées que vit ce village paisible perdu dans non loin d’une oasis touristique. A notre retour dans l’après-midi, nous avons eu la chance de retrouver le chef du village. Thomas Ndour, un jeune d’une quarantaine d’années, moniteur de golf dans un hôtel de la place qui accepte, sans détour, de nous parler de son patelin. Selon lui, à ses débuts, le village ignorait complètement les retombées du tourisme ». Thomas Ndour d’ajouter que « depuis quelques années et grâce à la prise de conscience des jeunes qui se sont organisés en
association, Saly Joseph commence petit à petit à cueillir les fruits du tourisme ». L’agriculture a résisté face au tourisme à Joseph Presque toutes les infrastructures et autres commodités (électricité, téléphone, éclairage publique, etc.) sont àmettre au compte de la communauté rurale de Malicounda et des partenaires du village. L’un des tout jeunes chefs de villages de la zone indique que « la Sapco n’a rien apporté directement à notre village. Bien au contraire, notre village a su tisser un réseau de relation avec des partenaires pour la construction d’une case de santé équipée avec don de médicaments, la prise en charge de l’infirmier, etc., grâce au dynamisme de l’association des jeunes ».
Avec ce balbutiement de son intégration à l’image des autres villages de Saly, Joseph, créé depuis 1958, n’a pas tourné le dos à ses activités traditionnelles. Cette année encore, les treize quartiers du village ont investi les champs, « la culture vivrière surtout ». Le village ne connait pas certains problèmes que vivent le reste des villages qui ont pour nom prostitution, drogue, litige foncier, envahissement par les hôtels, auberges, bars, restaurants,
etc.
Thomas Ndour reconnaît que la chance de Saly Joseph réside dans sa position excentrée qui le
place assez loin du coeur de la station, contrairement à Tapée ou Koulang. Ce petit village de plus d’un millier d’âmes, garde aussi son aspect traditionnel avec ses cases ou huttes qui se dressent face aux quelques constructions en dur et les rares hôtels.
Néanmoins, Thomas Ndour déplore le développement des bars clandestins. Niakh Niakhal : un no man’s land touristique Par contre, si l’avenir de Saly Joseph, dans les trois prochaines années, est assez prometteur, son voisin de l’autre coté, Saly Niakh Niakhal, ne trouve plus le sommeil parce qu’envahi au point d’être étouffé. Situé à la frontière Sud de la Station, Niakh Niakhal ou ce qui en reste vraiment est envahi par des hôtels, bars, restaurants et autres structures touristiques
installés sauvagement, sans aucune harmonie ni contrôle. Niakh Niakhal, village traditionnel de Saly est, depuis quelques années, à l’image de Saly Tapée et Saly Koulang implanté au coeur de la station, fortement agressé par des implantations anarchiques et sauvages de structures touristiques.
Au fil des années, le village a vu tous ses champs rachetés par des promoteurs privés venus d’ailleurs. Ce qui a fini de transformer cet ancien village en une zone très remuante à causes de ses activités touristiques. Paradoxalement, les populations ne se reconnaissent pas dans cette atmosphère de vacance. « Tous ces hôtels et autres sont pour les
étrangers, les villageois ne savent même pas comment ils ont obtenu leur autorisation », précise un jeune de Niakh Niakhal qui regrette qu’ils ne puissent pas avoir un emploi dans ces structures.
« Nous sommes envahis par les touristes et autres promoteurs. Tout le monde croit que nous sommes riches », ajoute son compagnon. Pour ce dernier, aucun partenaire ne veut aider le village qui présente avec ses réceptifs un aspect de quartier huppé, alors qu’en réalité ce sont des gens pauvres qui y vivent. Saly Niakh Niakhal n’a pas aussi bénéficié, à l’image de la station, d’un plan d’aménagement touristique cohérent.
Les promoteurs privés sénégalais comme étrangers se sont installés au gré des acquisitions de maison ou parcelles. Les structures
hôtelières ont poussé de manière anarchique et certains, bien implanté au milieu des habitations, créent bien des nuisances empêchant ainsi les habitants de dormir. « Nous ne sommes pas informés des projets privés montés dans le village. Les hôtels bars et restaurant appartiennent tous aux étrangers », confirme le chef de village. Mamadou Pouye explique qu’ils sont « interpellés en tant que chef de village que lors qu’il y a des problèmes pour jouer aux sapeurspompiers ». Pour ce septuagénaire, il n’est pas exagéré de dire que « le tourisme n’apporte rien au village qui a fini par se replier sur luimême ». Il rappelle avec amertume que l’agriculture dans leur village a commencé à décliner depuis 1989 avec la Sapco qui a récupéré toutes leurs terres. « Moi, j’avais 15 ha de culture, mais actuellement, bien que dédommagé trois ans après, j’ai tout perdu. A l’époque, on nous avait promis des emplois pour nos enfants,mais en lieu et place, ce sont des étrangers qui occupent les postes », ajoute Mamadou Pouye Son fils aîné reconnaît que le problème de l’emploi est aussi lié au manque de qualification professionnelle des fils du terroir. « Parce que la Sapco n’avait pas investi dans la formation des jeunes d’ici en ce sens ». Terres de culture bradées
Demba Pouye souligne que le tourisme n’a pas seulement tué l’agriculture dans leur village. L’autre secteur d’activité, « la pêche, qui aurait pu bénéficier du tourisme, a été lui aussi tué ». Il fait remarquer que « non seulement les hôtels n’achètent pas nos prises, mais leur implantation sauvage nous a privés de la plupart de nos aires de débarquement ». Aujourd’hui, le peu de prises en mer est revendu à Mbour. Demba pointe du doigt certains villageois en disant que « c’est aussi la faute de certains de nos parents qui ont bradé leurs terres aux plus offrants ». Au plan des infrastructures collectives, Saly Niakh Niakhal ne dispose que d’une école primaire et d’une case de santé. Les populations réclament en priorité de l’éclairage public, des routes et une bonne réglementation du secteur touristique. Il y a quelques années, Saly Niakh Niakhal était la zone par excellence de l’insécurité de la Station. La plupart des actes criminels et de vandalisme étaient perpétrés dans cette zone, du fait de sa configuration anarchique. Mais les populations de Niakh Niakhal se frottent les mains depuis l’installation de la brigade de gendarmerie qui
traque les malfrats qui avaient élu domicile dans le village.
LE FORT DE SALY

Un vestige méconnu et abandonné La station balnéaire de Saly abrite un fort, peut-être que les gens ne savaient pas l’utilité de ce bâtiment. Pour la simple raison que partout où nous nous sommes rendus pour en savoir un brin sur sa date de création ou ses premiers occupants, nous n’avons rencontré que mutisme ou balancements de bras comme pour dire « je ne sais pas vraiment ».
Ce fort existe bel et bien avant que la station balnéaire ne prenne l’espace et a toutes les caractéristiques d’un fort digne de nom. A cette époque, il n’existait que des villages alentours. Ngaparou, Saly Portudal, Saly Niakh-Niakhal, Saly- Joseph, Ngueurigne, Thiékesse, Keur Gondé, etc. Il est situé à quelques encablures de l’école qui abrite maintenant les bureaux de l’actuelle municipalité de Saly. Il semblerait même que le village de Saly aurait trouvé ledit fort sur place. Le bâtiment n’est plus visible parce qu’entouré de maison et bloqué du côté de la route par une auberge. Pour le reconnaître, il faut faire le tour, passer par une petite ruelle et y accéder. Mais aussi, arrivé là, il faut s’armer de patience et d’imagination pour déceler qu’effectivement, l’on a en face de soi une vieille bâtisse coloniale.
A proximité, un puits creusé à la même date et qui continue de fournir de l’eau potable au voisinage immédiat.
 l y a également un baobab à deux troncs qui se trouvait sur le toit du fort et que l’actuel gardien bénévole du « Temple » est parvenu à replanter au sol.
Ce gardien n’est autre que le vieux Babacar Ndiaye qui a accepté de nous fournir quelques renseignements sur ce fort, même s’il avoue n’en savoir pas beaucoup sur son histoire. Babacar Ndiaye faisait partie de l’équipe d’une entreprise chargée de restaurer le fort. Il a même oublié le nom de cette entreprise dans laquelle il travaillait pourtant ! Peu importe, mais il nous dit que c’est l’ancien ministre d’Etat feu Jean Collin, qui avait eu l’idée de restaurer tous monuments historiques du Sénégal, dont celui de Saly ».
Le vieux poursuit pour dire qu’à leur arrivée sur les lieux, le fort ressemblait étrangement à celui de Gorée : « Nous y avions trouvé des chaînes destinés à enchaîner les esclaves, une grande cave creusée à plus de trois mètres sous le bâtiment et qui était connectée à un tunnel qui débouchait sur la mer ». De nos jours, se plaint Babacar Ndiaye, force est de reconnaître que faute d’entretien « ou par manque de considération, ce tunnel a été bouché, le bâtiment a perdu de son lustre au point de devenir une vulgaire demeure ».
Et il aura raison le vieux qui est resté au village après le contrat qui l’avait lié à la fameuse entreprise de restauration. Sur la base de ce qu’ils (les travailleurs de la société) avaient trouvé sur les lieux, Babacar Ndiaye avance tout de go que ce fort a été érigé par les Portugais. « Dans notre travail de fouille, il nous arrivait de ramasser des pièces d’or, de l’argent portugais surtout et d’autres choses qui n’était pas de chez nous. D’ailleurs, au vu des chaînes bien enfouies dans les murs du fort fait en roc, nous n’avions pas hésité longtemps pour dire que les Portugais étaient passé par là ». Le vieux Babacar ne cesse de se plaindre quand il avance que les Français qui ont pris la relève des Portugais ont construit deux autres pièces pour agrandir le fort. « Et cela n’a fait que faire perdre au monument son histoire et c’est dommage, car vous constatez vous-même que la bâtiment atout sauf l’aspect d’un fort » (et il n’a pas tort de le dire, car ce n’est vraiment pas un fort devant nous). D’autant qu’il aurait été sous-loué en bail à un Européen qui l’aurait rétrocédé à des artistes peintres qui y exposent leurs oeuvres artistiques. Selon toujours lui, le puits qui se trouve près du bâtiment y a été creusé par les colons. Pour quelle raison ? « Franchement, je ne sais pas. Ah peut-être pour obtenir de l’eau à boire pour leurs esclaves. Car en fait, il m’a été raconté par je ne sais qui encore que les esclaves capturés un peu partout dans le Continent africain transitaient ici avant d’être acheminés à Gorée pour d’autres destinations ». Toujours est-il que si le fort a perdu de son lustre, il n'en demeure pas moins que le puits, fait dans le roc, continue de fournir aux populations proches de l’eau pure et limpide. Mais, le vieux Babacar
Ndiaye tend la main pour ajouter qu’un mystère entoure ce puits, « car il m’arrive d’entendre nuitamment desvoix autour de ce puits ». Et dire qu’il loge dans une vieille demeure qu’il s’est confectionnéelui-même, à proximité dudit puits et du baobab !

Coup de gueule d'artistes Sénégalais

Le coup de gueule de Youssou N’Dour et Didier Awadi
grande-502882-643364

Deux artistes sénégalais élèvent la voix contre les délestages et les inondations dans leur pays. La star populaire
Youssou N’Dour et le rappeur Didier Awadi sortent, le même jour, chacun de son côté, des disques engagés,
disponibles en téléchargement et laissés à la libre disposition des radios. Et, dès hier la diffusion des chansons a
Une ritournelle empruntée à « Obladi, Oblada » des Beatles, les paroles en wolof n’ont pourtant rien d’une histoire
d’amour : « Le peuple est fatigué d’être dans les ténèbres chante Youssou N’Dour, ça coupe le matin, ça coupe le
soir ».
Dans cette chanson littéralement «Leep mo Lendem» littéralement « tout est dans l’obscurité » Youssou N’Dour dénonce
les délestages et s’en prend à ceux qui sont chargés de gérer le secteur de l’énergie, « Vous nous cachez la vérité
et vous nous faites souffrir lance t-il plus loin, nous en avons marre des paroles maintenant nous voulons des
solutions ».
Youssou N’Dour renoue, par ce disque, avec des textes engagés. Il arrive sur les ondes en même temps qu’un autre
artiste plus habitué à la contestation, le rappeur Didier Awadi qui sort le titre « Dafa Doy » ; « Y’en a marre ».
Signe qu’il s’agit de bien de morceaux engagés, ces deux « single » sont diffusés en dehors du circuit commercial et
distribué aux radios et sur internet.

09/09/2009

Crime à Dakar

Crime à Dakar
10582472

Le crime a été commis à Dakar par un trio de voleurs qui se sont introduits dans le voilier de la victime
Un Angloy de 57 ans, assassiné au Sénégal
Gérard Gallais, 57 ans, a été tué dans son voilier, près de Dakar, dans la nuit du 27 au 28 août. Le crime aurait
pour mobile le vol : trois hommes sont montés à bord du bateau qui était au mouillage, entre 3 et 4 heures du matin.
Ils ont tenté de subtiliser ce qui pouvait l'être, ont violé la compagne sénégalaise de Gérard Gallois et étouffé
celui-ci avec des coussins. Ils se sont enfuis à bord de l'annexe du bateau qui a été retrouvée sur la grève avec
quelques effets.
« Il est mort pour une télé ! » lâche, dépité, un ami de longue date de Gérard Gallais. Comme les frères, enfants et
proches du défunt, il est dans l'attente du rapatriement du corps au pays Basque qui pourrait intervenir cette
semaine.
Gérard Gallais était né en Tunisie et a grandi à Anglet où sa famille s'est installée alors qu'il était encore
enfant. Il avait fait carrière dans le commerce de la moto et s'était fait un nom dans ce milieu où son handicap ne
passait pas inaperçu.
Gérard Gallais avait en effet perdu l'usage d'une jambe après avoir contracté la poliomyélite. Il avait malgré tout
réussi à adapter des motos pour pouvoir piloter. Durant de longues années, il s'était aussi impliqué dans des clubs
de motards et dans l'organisation de courses.
Avant de devenir cofondateur de l'enseigne Chrono, il avait monté des magasins dans le secteur du boulevard du BAB,
à Anglet. Il s'était désengagé du dernier d'entre eux, derrière le magasin Castorama, qui porte toujours le nom de
Chrono.
Dans les années 80, Gérard Gallais s'était mis avec assiduité à la voile. Là encore, il avait fait fi de son
handicap pour apprendre à naviguer. Il consacrait son temps libre et ses vacances à cette passion et avait acquis un
premier bateau à bord duquel il avait effectué sa première traversée de l'Atlantique, jusqu'aux Antilles.
Il y a une dizaine d'années, Gérard Gallais avait choisi de prendre sa retraite : il avait du même coup décidé de
changer de vie et de partir autour du monde en voilier.
Il avait d'abord navigué au large de l'Afrique, entre Sénégal et Cap Vert. Il y a deux ans, ses longs séjours dans
le port de Hann, près de Dakar, l'avaient amené à prendre la présidence du Club de voile de Dakar (CVD), l'une des
structures qui accueillent les voiliers qui séjournent dans ce secteur.
Il y a six mois environ, il s'était offert un nouveau bateau de 14 mètres avec lequel il avait l'intention de partir
au Brésil.
« Il aimait la chaleur et se trouvait très bien au Sénégal. C'était un épicurien, qui aimait les copains. Il était
rarement solitaire, sauf pour naviguer », raconte son ami angloy.
Son dernier défi avait été, en juin dernier, de participer à une régate à bord de son voilier. Il y avait embarqué
l'équipe nationale féminine du Sénégal et avait, avec ces dames, remporté la course dans sa catégorie.
Pas une zone d'insécurité
Olivier Hecquet, vice-président du Club de voile de Dakar, décrit son président comme un « bon marin, sympa,
souriant et qui avait toujours le bon mot. Il avait su dynamiser l'activité économique née de la voile dans ce petit
port de pêcheurs ». Pour lui, cet acte est isolé est un larcin qui a mal tourné et ne traduit pas d'insécurité pour
les plaisanciers dans la région. « Hann ne figure pas sur les sites répertoriés comme dangereux », note Olivier
Hecquet.
La gendarmerie sénégalaise est chargée de l'enquête. Jusqu'ici, aucune nouvelle n'a filtré dans la presse de ce pays
et il semblait hier qu'aucune interpellation n'ait encore eu lieu.
(Auteur : véronique fourcade)

08/09/2009

Comment se rendre en Casamance ?

Comment se rendre en Casamance ?
aline01-3

Aller en Casamance en avion de Paris ou de Dakar depuis l’arrêt des vols d’Air Sénégal (Paris-Cap Skirring) et la fermeture du Club Méd pour travaux pour la saison 2009/2010 semble relever de l’impossible si on n’a pas la bonne information. En partenariat avec l’hôtel « Les alizés », nous vous proposons quelques solutions pour atteindre cette magnifique région.
Paris-Cap Skirring
Tous les vendredis, à partir du 23 octobre 2009 et jusqu’à fin avril 2010, un vol hebdomadaire de Roissy à 08H15 au Cap Skirring. Effectué par la compagnie aérienne XL Airways.
Renseignements
• Agence de voyage AIR CM
geraldine@aircm.com - www.capcasamance.com - Tél + 33 8 92 05 50 56, 01.53.41.00.50
Tous les samedis, partir du 19 décembre 2009, un vol de Paris au Cap Skirring, départ Roissy CDG, à 06 h00. Effectué par la compagnie aérienne Air Méditerranée
Renseignements
• Go Voyages Billets d’avion
Dakar-Cap Skirring
Les lundi, mercredi et vendredi, soit 3 fois par semaine, mais avec un décollage de Dakar à 07h00 du matin (convocation à 06h30), ce qui n’est pas très facile en connexion avec les vols en provenance d’Europe (obligation de passer une nuit à Dakar), vous pouvez prendre un avion taxi (Cessna 208-HF) de 12 places.
Renseignements
• Agence de voyage Diambone Voyage Contact Salif Badji
www.voyagerencasamance.com/Diambone..., diambone@orange.sn
Tél : +221 33 991 67 74 /+221 77 641 51 32
• Réserver un avion privé, via deux prestataires locaux :
Dakar-Banjul
Tous les lundi, jeudi et dimanche, un vol régulier de Brussels Airlines effectue le vol intérieur Dakar-Banjul (Gambie). Décollage de Dakar vers 18h00, rrivée à Banjul vers 18h30. L’aéroport de Banjul se trouve à 40 minutes de la frontière avec la Casamance soit une heure des villages côtiers de Kafountine et Abéné.
Transfert exclusif par minibus climatisé par l’hôtel les « Résidences les Alizées ».
Renseignements
http://senegal.brusselsairlines.com/
Au départ de différents pays européens, dont la France, la Belgique (Bruxelles), la Suisse, les Pays-Bas, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, mais aussi les Usa et l’Angleterre, d’autres compagnies aériennes proposent des vols vers Banjul (Gambie). Parmi elles, la compagnie aérienne « Royal Air Maroc ».
En bateau
Les mardi et les vendredi vers 20h00 (enregistrement vers 17h00), départ de Dakar avec le tout nouveau bateau « Aline Sitoe Diatta », arrivée à Ziguinchor (situé à 50 minutes de route, en taxi, de Cap Skirring) le lendemain matin vers 10h00.
Renseignements
• Le "Aline Sitoé Diatta" débute ses rotations
(Source info: www.au-senegal.com)

06/09/2009

42 villas saisies à Saly (Sénégal)

Saly (Sénégal) 42 villas confisquées
saly

VERDICT SUR L'AFFAIRE DE FRAUDE DOUANIERE A SALY : La dame Collin Picard doit payer une amende de 6 milliards

Le verdict sur l'affaire de fraude douanière opposant la dame Collin Picard à la douane sénégalaise est finalement tombé. L'hôtelière basée dans la station balnéaire de Saly Portudal, reconnue coupable de détournement de destination privilégiée et d'intérêt à la fraude par le juge pénal, a été condamnée à un mois de prison ferme. Elle devra payer la somme de 6 milliards 935 millions de francs Cfa à la douane. Le tribunal a également ordonné la confiscation des 42 villas dont elle est la gérante avec la société de promotion immobilière. L'exception de nullité soulevée par le conseil de la défense a été rejetée et l'action publique déclarée recevable par le juge pénal.

La dame reconnue coupable procédait à des ventes de villas des résidences touristiques à Saly, sans s'acquitter du pourcentage du produit de la vente qu'elle doit aux soldats de l'économie, comme le prévoit le Code de la douane. L'opération de ventes des résidences hôtelières a été entamée depuis 2002. Mais les autorités douanières ne seront mises au parfum qu'en 2008.

05/09/2009

Météo désastreuse en Afrique de l'Ouest

INONDATIONS, TEMPETES, EBOULEMENT, SINISTRES… 
cnes5

Le Sénégal en zone de turbulence
On connaissait de loin le Tsunami en Asie du sud-est et les cyclones tropicaux dans le pot-au-noir aux environs de l’équateur, et voici venu l’heure des orages et tempêtes dévastatrices en Afrique de l’ouest. Niger, Burkina Faso, Mali, Sénégal, aucun pays de cette partie de l’Afrique n’est aujourd’hui épargné par la montée continue des eaux issues des orages du côté d’Agadès, de Bamako, de Niamey, encore de Dakar et des autres régions du Sénégal.    |    
Après un mois d’aout de tous les dangers, septembre arrive ici avec autant de questions que de réponses. Autant de risques de voir la situation empirer jusqu’en octobre que de prises réelles sur les vraies réponses à donner. Dans ce contexte marqué par la montée des périls climatiques comme les feux de brousse en Europe, aux Etats-Unis autour de la Californie, l’Afrique, elle, est sous la prise d’une pluviométrie qui monte en puissance avec des pics de plus de 200 mm d’eau tombées dans des zones désertiques et sahélo-soudaniennes comme Ouagadougou, capitale du Burkina Faso.
Aujourd’hui que tout le monde pleure au Burkina Faso, du fait du nombre croissant de sans abri dans la ville, Dakar ne fait pas exception. La banlieue, au bord de l’implosion, est sens dessous sens dessus. Et, il tombe encore beaucoup d’eau dans les villes sénégalaises ; avec la foudre qui ajoute son lot de victimes aux nombreuses populations sinistrées de Guédiawaye, Thiaroye, du côté de Médina Gounass, des anciens marigots de Keur Mbaye Fall, Mbao, jusqu’à Rufisque. Et ce n’est pas tout.
Dans ce contexte, les prévisions de l’Agence nationale de la météorologie, n’annoncent rien d’encourageant en ce moment ; et des averses accompagnées de vents très violents sont encore attendues dans toutes ces zones aujourd’hui, demain et encore…
Ville bâtie sur la vase, Rufisque n’est pas mieux lotie. Dans les quartiers de Mérina, à Diokoul, Keuri Kaw, enfants et vieilles personnes, passent leur temps à côté des eaux sales. Les vieilles maisons de commerce tiennent encore dans le vieux Rufisque ; mais pourquoi combien de temps ?
De l’autre côté de la ville à Castors, les eaux sales se mélangent à l’eau de pluie et en face de la nationale et de part et d’autre, les petites concessions sont franchies à l’aide pierres qui servent d’ouvrages de fortune avec le risque de tomber sur le poto-poto. Mbour, situé à quelque 80 km de Dakar, n’est pas mieux lotie. Dans les anciens quartiers comme Thiocé, Santassou, 11 novembre, Téfess, Château d’eau, la situation est encore maîtrisable. Par contre dans le centre ville, autour du grand marché, Mbour est une cité fantôme. Sans route, ni autres voie d’accès, cette partie de la ville est tout le temps sinistrée. Mais, le pire est à craindre dans les nouvelles résidences non assainies comme Bey deuk, Keur Samba Laobé où les sinistrés sont légion faute d’une bonne organisation du terrain.
Rufisque et Mbour sont des cas sensibles, mais Fatick en est un autre. Capitale régionale de région, Fatick ne dispose pas, à vrai dire, d’un plan d’assainissement. Ce qui fait d’elle, une ville très sensible aux inondations dans tous ces quartiers. Dans la cartographie des risques encourus par les villes sénégalaises élaborées il ya une dizaine d’années, la ville occupe une place non enviable, de cité à risques, avec les éboulements de terrain, les inondations, la chute de vieilles bâtisses. Et, la situation ne s’est pas améliorée malgré le signal d’alarme. Fatick a du mal à faire peau neuve en dépit des efforts de son maire actuel, l’ancien Premier ministre Macky Sall.
Autre ville à risque, Kaolack. Construite sur des tannes, (d’anciennes rivières), la ville du centre ouest, est l’une de celles qui résistent difficilement à de fortes pluies. A Ndangane, sur la route de Nioro en allant en direction de la Casamance, la ville n’a plus les moyens de résister à la moindre montée des eaux. Elle étouffe sous les eaux sales, les ordures, les saletés en tout genre. Et le pire, est qu’au moment où le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye, natif de la région, fait le tour de la banlieue de Dakar, Kaolack attend encore des solutions plus énergiques du côté du centre ville, comme dans certains quartiers, pour sortir des eaux. Le temps est compté à Médina Baye, à Ndangane depuis toujours et un peu partout du côté de Kaznack, Sibassor etc.
Toutes les villes sur liste rouge
Face à la multiplication des périls, les réponses données par le gouvernement sont encore timides. Et, il semble qu’au-delà de 2 milliards de francs promis par l’Etat, il faudra plusieurs dizaines de milliards de francs, pour résoudre l’équation des inondations. Kaolack et ses populations n’attendent que cela. Mais encore toute sa région, comme Nioro et Ndoffane.
Ces villes sont quasiment bâties sur des bas fonds et d’anciennes voies de bolongs avec des zones basses et plus faiblement des zones plus hautes. Plus au nord de Kaolack, Bambey et Diourbel et Gossas sont des villes habituées aux sinistres. A la moindre alerte pluviale, Bambey, dans les quartiers de Wahal Diam, Dvf, Léona est envahie par les eaux qui la rendent et inaccessible de partout. Le marché qui est situé un peu plus haut dans les vieilles maisons de commerce libano-syriennes est encore plus vulnérable. Ville de ferrailles, Bambey est une véritable décharge publique pendant l’hivernage. Or que la ville dispose d’atouts pour être belle.
Un peu plus loin, Tambacounda. Ville la plus vaste et l’une des mieux aménagées au Sénégal, Tambacounda est une cité pauvre en matière d’infrastructures d’assainissement. Depuis l’époque coloniale, la ville de l’est du Sénégal n’a connu aucun projet d’aménagement d’envergure. Situé en pleine cité, le Niériko, qui est un bras du fleuve Gambie, n’arrête pas de gonfler en période hivernale. Et chaque année, il inonde toute la ville d’août à septembre menaçant le grand marché de Tambacounda.
La liste rouge peut se gonfler de la situation dramatique que vivent d’autres villes comme Kolda, Sédhiou, Ziguinchor, Bakel, Matam, Podor, Dagana, Saint-Louis. Ces quatre dernières villes situées sur le profil en long du fleuve Sénégal ne connaissent pas d’années d’exception, pour ce qui est des inondations. A partir du mois d’août, avec la montée des eaux en amont du fleuve, ces villes sont sous la menace de la crue. Bakel est la première victime dès août.
Suivent dans l’ordre Matam en fin août, Podor au cours du mois de septembre, Dagana, Richard Toll et Saint-Louis en septembre et octobre. Si on a sorti deux milliards pour la banlieue de Dakar, il faut des dizaines de milliards de francs pour offrir à Podor, Dagana, Matam, Bakel et Saint-Louis, un plan d’assainissement correct et durable.
L’Etat n’a plus la solution
Inondées et envahies par les eaux, ces villes du nord Sénégal et les villages agricoles limitrophes de la frontière avec la Mauritanie, sont aujourd’hui sur le qui vive, comme pour dire dans un élan commun, « Au secours, la crue arrive ». Que font donc les autorités pour éradiquer ces fléaux à répétition ? Peu de choses, serait-on tenté de dire. Que faire d’ailleurs avec seulement 2 milliards de francs. S’il s’agit d’utiliser des motopompes, pour tirer l’eau des maisons, il faut dire que la méthode a atteint ses limites. Et si le Plan Jaxaay a permis de loger un certain nombre de populations, son mode de financement, ne peut pas être la solution. Il n’est pas durable et ne s’adapte aux critères d’une bonne gestion de la cité, de ses quartiers et ses habitants. Jaxaay, souffre d’une forme d’improvisation qui méprise l’organisation, les normes de sécurité liées à la restructuration et la rénovation urbaine. A la vision tout simplement.
Pour aller au fond dans cette idée majeure, il faut argumenter simplement que l’Etat, à travers le Plan d’Organisation des secours communément appelé « Orsec », ne peut et ne doit plus se limiter à des soins palliatifs. Il a pour mission, d’imposer autant dans les plans directeurs d’urbanisme (Pdu), que dans les plans d’urbanisme de détails, des normes d’occupation de l’espace et de construction plus adaptées au contexte et aux réalités du terrain. De la ville africaine moderne pour dire encore.
Face au sabotage organisé sur les terrains communaux depuis la promulgation de la loi du 22 mars 1996 relative à la décentration, beaucoup de maires sont devenus des courtiers ambulants avec dans leur gibecière, des portions de terres à vendre. Pour eux, gouvernance locale rime avec l’accaparement des terres, au su et au vu de l’Etat et de services déconcentrés parfois, complices d’un hold up sur le bien public pour des raisons politiciennes.
Jusqu’à la dernière affaire de Mbane, dans la région de Saint-Louis, on aura tout vu. On se partage les terres, bonnes ou mauvaises ; l’essentiel étant d’en avoir comme tout le monde, quand on est élu ou dans le besoin de se faire de l’argent. A Mbour, sur toute la Petite Côte, à Kayar sur la Grande, les parties utiles du pays sont envahies et occupées soit par les dignitaires du régime actuel au pouvoir ou par les élus et leurs amis. A quoi servent donc tous ces discours de l’Etat et de ses démembrements, pour faire face aux inondations ?
Jusqu’ici, la vérité est que la lutte contre les inondations ne semble pas être la priorité de l’Etat. Le cri du cœur des Sénégalais est certes un souci, mais a du mal à être perçu. Les images sorties dans les écrans de télévisions ont ému certains et sans plus. Parce qu’à les en croire, dès qu’on entend ce genre de cri, le Plan Orsec est proposé. Mais, un plan de cette nature, n’a-t-il pas atteint ses limites ? Ne faudrait-il pas inventer un nouveau plan dont l’objectif principal serait pour de bon, de repenser la ville africaine dans son ensemble, avec ses propres outils, ses méthodes de gestion, une vision plus adaptée des besoins, pour les milliers de gens qui ont fait de plus en plus, le choix de vivre en ville. Le temps presse et la météo n’attend plus les hésitations et les atermoiements d’autorités publiques et municipales à l’incompétence avérée jusque là sur la question des sinistres, des inondations et périls en tout genre qui sapent la stabilité des grandes villes d’Afrique. Cela, en dépit de l’appui des pays riches, de la coopération décentralisée, des propositions des organisations du système des Nations Unies comme Un-Habitat. En dépit également du travail d’approche fait par les associations, projets et organisations non gouvernementales très actives sur le terrain dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement etc.

Mame Aly KONTE

Heurs en Casamance

Sud-Sénégal: un soldat tué jeudi, l'armée pilonne des positions des rebelles
3676_vignette_reportagecasamance1

Un avion de l'armée sénégalaise a largué vendredi matin "des bombes et des obus" sur des cantonnements de la rébellion indépendantiste en Casamance (sud), après le décès jeudi d'un soldat blessé au cours d'une attaque, a-t-on affirmé de source militaire à l'AFP.
Selon ce responsable militaire, requérant l'anonymat, l'avion a pilonné des positions du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) à Diabir et Kassana, à la périphérie de Ziguinchor.
Les détonations ont été entendues jusqu'à Baghagha et Aniak, des villages situés à plus de 15 km de Ziguinchor, principale ville de la région.
De même source militaire, on assurait que l'armée avait ainsi réagi à une "incursion" de rebelles vendredi matin.
"Ce matin, au niveau de Diabir, l'armée sénégalaise a été confrontée à une incursion d'une colonne du MFDC, elle a réagi promptement en mettant en place le dispositif nécessaire et l'avion de reconnaissance, le Rallye guerrier", a déclaré l'officier.
"Toutefois, nous avons eu deux éléments qui ont été blessés par balles sur la riposte de l'adversaire", a-t-il ajouté. Ces deux militaires ont été admis à l'hôpital régional de Ziguinchor.
Contacté par l'AFP, un dirigeant du maquis a affirmé que les combattants "n'avaient pas attaqué mais avaient riposté".
Jeudi, un militaire sénégalais est décédé à l'hôpital après avoir été grièvement blessé lors d'une attaque attribuée à au MDFC à Diabir, selon la même source.
Ces violences surviennent dans un contexte de reprises des hostilités entre rebelles présumés et armée en Casamance, cinq ans après la signature d'un "accord général de paix" entre le gouvernement et le MFDC à l'origine en 1982 d'une rébellion indépendantiste.
Ce regain de violence inquiète beaucoup les populations de la "verte Casamance", belle région séparée du nord du Sénégal par la Gambie, qui vit depuis des années dans un état de "ni guerre ni paix".
Le 21 août, des accrochages entre rebelles et militaires s'étaient produits dans la zone de Kassana, donnant lieu à d'intenses échanges de tirs. Puis, le 26 août, des éléments armés avaient affronté des militaires dans le quartier de Diabir. Une roquette était alors tombée dans l'enceinte de l'université de Ziguinchor, y causant des dégâts matériels.
La branche armée - baptisée "Atika" - du MFDC a diffusé ces derniers jours un communiqué signé de César Atoute Badiate, commandant du front sud du maquis. Il y est souligné que la rébellion ne fait que "riposter aux multiples provocations et attaques que lui inflige le gouvernement sénégalais".
Atika affirme que "les évènements du 21 août" constituaient une "riposte à une attaque des forces du Sénégal qui avaient tiré sur ses éléments venus vendre leurs fruits à Kassana".
"Atika a cessé ses activités guerrières pour prétendre trouver une solution négociée à la crise casamançaise, contrairement à la décision du Sénégal qui opte pour la résolution de la crise par la force", assurent encore les rebelles.

03/09/2009

Les Sénégalais, entre délestages et inondations

Les Sénégalais, entre délestages et inondations
inondation3

Au Sénégal les habitants de plusieurs quartiers de Dakar ont manifesté, ce lundi soir, pour protester contre les coupures de courant. L’approvisionnement en électricité est actuellement fortement perturbé. Les populations sont d’autant plus en colère que la saison des pluies (l’hivernage) a mis, cette année encore, nombre d’entre elles les pieds dans l’eau.


Niari Talli, le quartier aux deux routes. Les voitures circulent à nouveau de part et d’autre du long terre-plein central. Mais lundi 31 août, la colère des habitants a conduit au blocage de la voie : « Hier, aux environs de 18h00, les gosses ont commencé à manifester au niveau de la mosquée, explique un habitant. Ils ont remonté la route. Ils ont commencé à crier ‘le courant !’, ‘le courant !’ et la police est intervenue pour les disperser ».

L’un des jeunes manifestants accepte de témoigner. Il raconte qu’après une journée sans électricité, les esprits se sont échauffés : « On a barré la route. Les policiers sont venus. Ils ont lancé des lacrymogènes. Beaucoup de jeunes ont fui et il y a eu des jets de pierres. ».

A Niari Talli comme dans d’autres quartiers de Dakar, les délestages ont poussé à bout la population. « C’est tout le temps, c’est chaque jour, s’emporte un habitant. Les gens sont fatigués ! » L’électricité part… et revient sans avertissement. « On ne peut pas travailler avec ces coupures de courant à longueur de journées, témoigne un artisan. C’est pour ça qu’on en a marre. Si je pouvais manifester, je ferais la même chose. »

Une population excédée

Si la colère a éclaté lundi soir, c’est aussi parce que ces coupures répétées de courant tombent au plus mal. Elles viennent d’abord gâcher les moments de fête du ramadan. Plongés dans le noir à la nuit tombée, ou privés de moyens de réfrigération, beaucoup de Sénégalais ont l’impression de ne pas pouvoir vivre le mois sacré dans de bonnes conditions.

Il y a aussi la polémique qui fait rage sur la gestion de l’ANOCI, l’Agence Nationale pour l’Organisation de la Conférence Islamique. Le journaliste d’investigation Abdou Latif Coulibaly vient de publier un ouvrage (« Contes et mécomptes de l’ANOCI ») qui critique la gestion du président de l’ANOCI, Karim Wade, le fils du chef de l’Etat. Le texte décrit ce qu’il considère comme un « gaspillage d’argent public sans précédent dans le pays. » Ce texte a nourri la rancœur d’une population qui se voit privée d’électricité.

La banlieue sous les eaux

Les inondations de l’hivernage ont à leur tour alimenté le mécontentement. La banlieue et quelques villes du pays ont en effet une nouvelle fois les pieds dans l’eau. Il suffit de parcourir les villes de Thiaroye, Pikine ou Guediawaye pour s’en convaincre. On y voit des rues inondées qui se sont parfois transformées en larges étendues d’eau. Des voitures à moitié immergées. Des cours de maison ou des mosquées envahies. Dans certaines communes, les bassins de rétention chargés de collecter les pluies ont même débordé.

Des milliers de personnes sinistrées ont dû quitter leur maison en emmenant ce qui pouvait l’être. Alioune Badara Diouck, le maire (d’opposition) de Djidda-Thiaroye-Kao ne cachait pas ses craintes dans les heures qui ont suivi les inondations : « C’est la catastrophe. La commune s’étend sur 66 quartiers, 60 sont déjà dans l’eau. Il y a des milliers d’habitants aujourd’hui avec leur baluchon, d’autres avec leur matelas, et ces populations ne savent plus où donner de la tête. » Alioune Badara Diouck, comme d’autres maires, réclamait alors le déclenchement du plan orsec (organisation des secours).

Scepticisme sur le plan orsec

Les élus locaux ont finalement été entendus. Les autorités ont annoncé que deux milliards de francs CFA étaient mobilisés pour venir en aide aux sinistrés. Le jour du lancement du plan orsec, le premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye est allé sur place juger des dégâts et il a voulu rassurer les populations sur la détermination des autorités : « le gouvernement ne ménagera aucun moyen pour continuer à lutter contre les inondations, et pour continuer aussi à soulager les populations. J’ai compris le sens de leur courroux. »

Cinq jours après ce lancement et cette visite, certains responsables de la banlieue commencent à déclarer publiquement leur scepticisme. « On ne sent pas encore le plan orsec sur le terrain, lance Babacar Mbaye Ngaraf, président de l’ONG SABA, Synergie des Acteurs pour l’assainissement de la Banlieue. Il y a trop peu de camions de pompage et beaucoup de machines positionnées sont en panne. Il ne suffit pas de déclencher le plan orsec, il faut le rendre opérationnel ! »
Laurent Correau