11/12/2009

Baisse du tourisme à Saly Sénégal

Une chute notable des nuitées à Saly
dkr_ftera_01

Si l’on en croit les premières estimations des professionnels du secteur qui évoquent une chute des taux de fréquentation de l’ordre de 15 à 20%, le tourisme sénégalais est en pleine crise. Le Soleil a mené l’enquête.
C’est Boubacar Sabaly, Directeur de l’hôtel Les Bougainvillées de Saly, qui donne le ton : « La plupart des réceptifs ont enregistré une baisse cette année. De l’ordre de 15 à 20%. Et c’est le mois de juin qui a été le plus difficile pour les hôteliers » annonce t-il. Comme pour se donner bonne conscience, les hôteliers évoquent en premier lieu, la crise économique internationale comme première cause des contre-performances. Sans oublier la crise du secteur aérien sénégalais née de l’arrêt des activités d’Air Sénégal International (ASI). Un évènement « grave », selon un hôtelier de Saly. « Nous avons toujours travaillé en parfaite intelligence avec les vols réguliers d’Asi et la disparition de la compagnie nous a fait perdre 20% de notre chiffre d’affaires » peste celui-ci. Dans la même veine, les professionnels du tourisme fustigent les tarifs aériens jugés « impraticables » au Sénégal. En effet, rien qu’avec le prix du billet d’avion pour rallier le Sénégal (700 euros), un touriste peut se payer un séjour avec pension complète pendant une semaine à Marrakech au Maroc. Ce qui représente un avantage comparativement non négligeable aux pays maghrébins. Autre explication fournie pour expliquer cette désaffection de la destination Sénégal, c’est la faiblesse de l’Agence nationale pour la promotion touristique (ANPT). C’est une agence dépourvue de moyens pour communiquer valablement sur le label qualité Sénégal au sein des marchés émetteurs, fulminent les acteurs du tourisme. Au moment où l’ANPT peine à mobiliser 1 milliard de francs CFA pour la promotion de la destination, le budget d’une structure comme l’Office national du tourisme marocain culmine à plus de 20 milliards de francs CFA. En fait, renseigne Doudou Gnagna Diop, Président de l’Organisation nationale pour l’intégration du tourisme sénégalais (ONITS), la promotion touristique a évolué de nos jours. L’heure est plutôt au packaging direct avec notamment des réservations online, le touriste pouvant, à partir de son domicile, visiter les hôtels et faire sa réservation via Internet. Résultat, les Tours opérateurs (TO) s’adaptent et se regroupent pour ne pas disparaître. En réalité, la crise du secteur touristique est plus aiguë encore. Ses signes cliniques sont apparus depuis quelques années avec à la clé des fermetures d’hôtels tous azimuts. C’est le cas du Club Aldiana (Mbour) ou même de l’Hôtel Baobabs de la Somone fermé pendant une bonne année avant de rouvrir ses portes grâce à de nouveaux investissements.
Diversifier l’offre de produits
Mor Diop, professionnel du secteur à la Somone, estime que l’Etat doit davantage appuyer les promoteurs en procédant à une réduction drastique des taxes aéroportuaires car, poursuit-il, le tourisme participe activement à la lutte contre la pauvreté. De son côté, Boubacar Sabaly, le président du Syndicat d’initiative et du tourisme régional, croit savoir qu’il faut renforcer l’option de l’Etat de miser sur les deux segments porteurs que sont le tourisme d’affaires (conférences, colloques, séminaires, etc.) et le tourisme balnéaire basé sur les loisirs. Il faut insister sur l’événementiel pour compléter cette offre.
Autrement dit, le Sénégal doit davantage organiser de grandes manifestations culturelles, valoriser son patrimoine bâti et mieux organiser l’artisanat, pour apporter une certaine dose de diversité sur la destination. Notre interlocuteur est d’avis que les grands hôtels doivent continuer de cohabiter en symbiose avec les petites et moyennes structures ou Lodges pour capter différents niveaux de clientèle. Par ailleurs, la réduction de la TVA de 18% à 10% est aussi souhaitée par les acteurs touristiques qui déplorent, en outre, le fait que le Sénégal connaisse l’un des taux de retour (fidélisation) les plus faibles en Afrique de l’ouest.
Par contre, du côté des petites et moyennes structures hôtelières, l’on ne se fait pas trop de soucis par rapport à la crise du secteur. « Vous savez, c’est la crise des riches » ironise le directeur de l’ONITS, l’entité qui regroupe les petites et moyennes structures qui se seraient démarquées du tourisme de masse en misant beaucoup sur la qualité de leurs services. Aujourd’hui, ces lodges comme on les appelle dans les milieux touristiques, fonctionnent avec 50 % de clientèle locale. Et ça marche, surtout pendant le week-end. Leur stratégie est basée sur l’éco-tourisme, le tourisme de découvertes. Selon M. Diop, on a très tôt compris qu’il fallait séduire la clientèle locale pour passer cette période de crise généralisée. « J’adore travailler avec les nationaux en mettant à leur disposition, ma salle pour les séminaires et en organisant des excursions sur la lagune. Vous savez, il faut toujours innover dans ce secteur », insiste-t-il. Même son de cloche chez ce gérant de campement qui applique des prix jugés « attractifs » surtout en cette période de basse saison. Les grands groupes hôteliers semblent avoir compris le message et appliquent des tarifs résidents du 1er janvier au 31 décembre. Cependant, les professionnels disent en chœur que malgré ces efforts déployés pour avoir les faveurs de la clientèle locale, il y a plus de charges au cours de la basse saison, avec la cherté des coûts de l’électricité ou des fruits et légumes. S’y ajoute la sempiternelle question du bail que les petites et moyennent structures continuent de considérer comme la doléance majeure. « Les demandes de baux dorment dans les tiroirs de l’administration. Tant qu’on n’a pas nos papiers, on n’est pas en sécurité pour exercer en toute quiétude. Sans bail, point de prêts bancaires, donc, point de développement du secteur », ajoute-t-on. Autant dire que les acteurs touristiques ne sont pas encore au bout de leurs peines. D’autant plus que le défaut de professionnalisme a engendré le développement d’un tourisme « parasite » symbolisé par la floraison de résidences privées.

Commentaires

baisse du tourisme et voilà ! on l'avait annoncé... oui, il y a des "excuses" mais le plus important probléme est la mentalité des Sénégalais... et j'y suis venu 8 fois au sénégal, pour y travailler et y vivre...

Maintenant, je vais au Mali, au Burkina... ils sont moins collants ...

Écrit par : Thierry | 16/12/2009

Répondre à ce commentaire

Vas te faire #### Thierry !

Écrit par : Kunta Kinté | 17/06/2011

Répondre à ce commentaire

Vous avez tout dit.... Les touristes commencent à connaître le Sénégal et son cortège de Bana bana qui embêtent systématiquement les touristes affolés par ces vendeurs qui ne respectent pas l'humanité. Les touristes se font traités de racistes s'il n'achètent rien, ou encore de colianistes etc... Quel erreurs, résultats, ils parlent de leur mesaventures à leurs amis quand ils reviennent dans leur pays. Quel dommage car le peuple sénégalais est un peuple de grande qualité.

Écrit par : armgoe | 21/07/2011

Répondre à ce commentaire

Vous avez tout dit.... Les touristes commencent à connaître le Sénégal et son cortège de Bana bana qui embêtent systématiquement les touristes affolés par ces vendeurs qui ne respectent pas l'humanité. Les touristes se font traités de racistes s'il n'achètent rien, ou encore de colianistes etc... Quel erreurs, résultats, ils parlent de leur mesaventures à leurs amis quand ils reviennent dans leur pays. Quel dommage car le peuple sénégalais est un peuple de grande qualité.

Écrit par : armgoe | 21/07/2011

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire