30/04/2010

Youssou N'Dour président?

Youssou N'Dour, une alternative au régime actuel ?
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Le chanteur sénégalais Youssou N'Dour, qui jouit d'une popularité internationale, s'intéresse depuis longtemps à la vie politique de son pays. Le 27 avril, il a franchi un nouveau cap en associant le mouvement Fekke maci boole, qu'il préside, au mouvement du guide religieux Mansour Sy Djamil, opposant déclaré de l'actuel président sénagalais. A l'issue d'une rencontre, les deux hommes ont décidé d'"une stratégie commune pour venir à bout du régime", rapporte le quotidien Wal Fadjri. Ils se sont mis d'accord pour créer une plate-forme de réflexion sur les nombreux points de convergence qui les unissent, à commencer par la défense de la Constitution, que le président Wade envisage de modifier afin de se maintenir au pouvoir. Youssou N'Dour n'a pas pour autant dévoilé ses intentions au sujet de l'éventualité de sa candidature au scrutin présidentiel de 2012.

28/04/2010

Sites internet au Sénégal pour OVH

OVH ouvre une succursale au Sénégal
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Le leader de l’hébergement web en France vient d’annoncer l’ouverture de sa filiale sénégalaise. Cette filiale va commercialiser les services d’OVH à partir de Dakar et les paiements s’effectueront en devise local (FCFA).
La société OVH est l’un des leaders de l’hébergement web dans le monde, deuxième en Europe et numéro 1 en France avec plus de 70 000 serveurs dédiés et 7 600 000 sites hébergés.
Hébergement gratuit pour les 100 premiers clients
Pour son arrivée sur le marché sénégalais, OVH offre gratuitement pour ses premiers abonnés 100 hébergements mutualisés ainsi que 100 serveurs dédiés pour les essayer pendant une année complète. Le service offert est accompagné d’un nom de domaine en com, net, org, mobi, name, etc.
En échange, OVH demande à ces premiers clients de tester le service, de profiter de sa capacité, d’utiliser la bande passante disponible, de tester l’ensemble des options disponibles et de remonter les informations concernant l’utilisation du service, les problèmes rencontrés…
OVH qui va également vendre des noms de domaine trouvera sur ce marché des fournisseurs déjà établis. Les extensions génériques (com, net, org, biz, …) coutent 4 000 FCFA au lieu de 5000 FCFA chez l’hébergeur français tandis que le domaine .SN reste à 30 000 FCFA.
Les clients peuvent aussi souscrire à une offre d’hébergement mutualisé à 24 000 FCFA par an ou de serveur dédié à partir de 8 000 FCFA par mois.
C’est peut-être la fin du parcours du combattant pour certains webmasters sénégalais et entrepreneurs du web qui rencontrent d’énormes difficultés pour passer des commandes chez l’hébergeur français. Les procédures de paiement sont parfois contraignantes. Un site web est déjà mis en place pour les clients sénégalais :
www.ovh.sn
Pour l’instant aucune annonce n’a été faite quant à l’installation d’un data center qui pourra héberger les serveurs d’OVH en local. Le stockage du contenu en local aura pour conséquence la diminution de la consommation de la bande passante internationale et ceci aura comme effet une baisse du coût de la connectivité vers l’extérieur.

Une enfant meurt à Saly

SALY : Une fillette de deux ans meurt dans un puits
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Une fillette de deux ans a trouvé la mort en tombant dans un puits à Saly Niakh Niakhal, dans une maison inachevée où vit un gardien. Portée disparue depuis une semaine, son corps vient d’être repêché par les sapeurs-pompiers. Elle a été inhumée sur place à cause de l’état de putréfaction très avancé du corps.
Les habitants de Saly Niakh Niakhal se sont réveillés samedi dernier dans la consternation après la découverte du corps sans vie d’une fillette de deux ans dans un puits. Alors que l’enfant était portée disparue depuis une semaine, le corps a été découvert samedi. C’est un voisin, qui, après avoir constaté une odeur nauséabonde provenant du puits, a alerté l’occupant de la maison. Ce dernier a remarqué une présence étrange dans le puits qui dégageait à mille lieues à la ronde une odeur nauséabonde. Aussitôt, il a alerté les pandores et les sapeurs-pompiers qui vont procéder à l’enlèvement du corps ; il se trouve être l’enfant qui avait disparu depuis une semaine du domicile familial, restée introuvable malgré les communiqués de disparition diffusés dans les radios locales. Le corps en état de putréfaction très avancé a motivé son inhumation sur place. Tout le monde se demande comment la fille est parvenue à monter sur la margelle haute de six mètres pour se retrouver au fond du puits d’une profondeur de vingt mètres. Selon ses proches, ce jour-là, l’enfant a échappé à la surveillance de ses parents, mais les plus sceptiques y voient une main assassine. À en croire certains, la fillette a eu une crise, ce qui explique sa chute.
Pour l’heure, si l’enquête a été ouverte par les pandores de Saly, elle sera confrontée à des écueils, notamment l’absence d’autopsie du corps. Et malgré les mises en garde, les puits continuent d’emporter les enfants. La semaine dernière, une fille de 10 ans était tombée dans un puits à Mbourokh, dans la périphérie de Mbour.

27/04/2010

Revue de presse Sénégalaise

Revue de presse Sénégalaise
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La paix en Casamance et Abdoulaye Wade à la Une.
Les journaux de ce début de semaine reviennent largement sur la visite du Président en Côte d’Ivoire, mais surtout sur les derniers rebondissements du processus de paix en Casamance.
« On veut la paix » s’époumone le numéro 2 du camp de Salif Sadio à la Une du journal Sud. Il s’agit cependant « d’un oui-mais » comme l’explique le canard en citant Ibrahima Sané qui dit : « nous, on veut la paix, mais le premier ministre n’a pas cité une seule fois notre nom dans l’appel qu’il a lancé pour les négociations. César n’est pas véridique ». Elle semble encore éloignée cette paix pour la partie sud du pays. Dans sa livraison du jour Walfadjri rapporte « qu’après une attaque rebelle qui a fait un blessé, le premier ministre a été bloqué pendant des heures à Ziguinchor ». Une incidence qui pousse le journal à s’interroger « sur les réelles motivations des rebelles ». D’autant que Thièy informe que la même attaque sur l’axe Ziguinchor/Cap Skiring a véritablement « menacé un convoi du ministre des forces armées qui en vérité, n'a évité que de justesse une embuscade ». La Voix également consacre sa manchette au conflit casamançais. Et c’est pour nous parler « d’une tentative de récupération du processus de paix ». Selon la Voix « une délégation cardinal Théodore Adrien Sarr a été éconduite par le leader d’attiqua, la branche armée du Mfdc, César Atoute Badiate ». Le journal rapporte par ailleurs que « le maquis doute de la sincérité du gouvernement ». Un autre sénégalais qui ne s’entend pas avec le régime, Youssou ndour qui à la Une du Populaire « s’en prend aux ‘’incapables’’ du pouvoir. Et c’est Walf Grand ‘Place qui reprend les propos du lead vocal du Super étoile en Ouolof « …Ku tékiwul dara di dirigé » avant de les traduire en écrivant que « Youssou Ndour sur l’attribution des postes de responsabilités au Sénégal ‘’parle’’ d’ignorants qui sont devenus rois ». Un autre chanteur dans les journaux, Alioune Mbaye Nder qui dit « craindre pour sa famille et qui va porter plainte contre x pour attaque de son véhicule ». De son côté Wade conseille aux hommes politiques « persévérance et patience ». En côte d’Ivoire où il a effectué un voyage le week-end le Président a beaucoup parler « du comportement que doit avoir un homme politique même s’il a l’opportinuté d’allier la population à sa cause ». A travers les colonnes du journal le Matin on peut même lire le Chef de l’Etat qui affirme « qu’il pouvait déstabiliser Diouf parce qu’il avait les forces populaires avec lui ». Brouille avec Obasanjo, relation avec Simon Gbagbo, Abdou Diouf, Benno… l’As trouve que Wade a soldé ses comptes » à Abidjan. Dans ses développements, le journal reprend le Président qui affirme que « des gens sont venus lui dire que Simone Gbagbo ne veut pas le voir, même en peinture ; qu’Obasanjo le connaissait mal ». Wade à l’étranger intéresse aussi l’Observateur « depuis qu’il est au pouvoir, le Président de la République n’a jamais supporté l’idée de voir ceux qu’il considère comme ses adversaires politiques briller au niveau des instances africaines et internationales ». A sa Une le journal parle de « lobbying tous azimuts contre des sénégalais à l’étranger et de comment Wade procède pour casser ses compatriotes à l’étranger ». En sport le lutteur homonyme du Président Abdoulaye Wade « a battu mitrailleuse à l’usure ». Pour dire que le combat a été pénible comme la compétition pour nos athlètes au meeting international de Dakar. Sud écrit que « c’est Ndiss Kaba Badji qui sauve l’honneur ». Heureusement qu’elle était là comme l’année dernière, le nouveau chef de fil de l’athlétisme sénégalais ». « Deux médailles pour quinze athlètes sénégalais en piste » c’est le « maigre bilan » donné par l’Observateur.

26/04/2010

Les prisons du Sénégal

Dans l’enfer des prisons du Sénégal
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Les autorités lancent une vaste réforme de l’administration pénitentiaire
Violence et promiscuité sont le quotidien des prisonniers sénégalais. La faim et les épidémies ont parfois raison d’eux avant même qu’ils ne soient jugés. Pour améliorer leurs conditions de détention, les autorités sénégalaises engagent une vaste réforme qui doit se dérouler jusqu’en 2013.
« Être dans une prison au Sénégal relève du combat », raconte Oumar Diallo, chargé de l’assistance juridique et de l’alerte d’urgence de la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO), basée à Dakar. De nombreux exemples révèlent les effroyables conditions de détention et les violations des droits de l’homme dans les prisons du pays. L’institution carcérale n’a pas suivi les évolutions de la société. En dépit de l’explosion démographique et d’une forte augmentation de la délinquance, aucun centre pénitentiaire n’a été construit depuis l’Indépendance du pays en 1960. Le Sénégal compte 37 lieux de détention (dont 32 maisons d’arrêt et de correction (MAC), deux camps pénaux, une maison centrale d’arrêt et un pavillon spécial) qui accueillent environ 17 000 prisonniers.
Selon un communiqué de la Commission africaine des droits de l’homme et du peuple (DDHP), « beaucoup de personnes en détention préventive passent illégalement trop de temps dans les lieux de privation en attendant leur jugement ». En 2008, la DDHP a recensé 31 personnes ayant passé dix ans de détention provisoire avant d’être acquittées. Des étrangers, aussi, croupiraient souvent dans les cellules du Commissariat Central de Dakar des mois durant, en attendant leur reconduction à la frontière.
« Les victimes de la double peine »
« Les détenus sont souvent des victimes de la double peine », ajoute Oumar Diallo. En plus de l’enfermement qu’ils subissent, les conditions sanitaires précaires causent de récurrentes épidémies (VIH, Tuberculose, Malaria). Face à ces problèmes, peu de visites médicales sont assurées et les médicaments manquent indéniablement. « Diriger une prison est un métier complexe. Il faut tout faire fonctionner, que ce soit en matière de droits humains, d’hygiène, de santé ou de réinsertion professionnelle », explique Cheikh Sadibou Doucouré, chef du service communication de l’Administration pénitentiaire. « Il arrive donc que sur certains sujets, notre connaissance soit partielle ».
Les prisons sont très souvent surpeuplées. Avec 1500 détenus, celle de Rebeuss compterait quatre fois plus de détenus qu’elle n’en devrait. Les cellules collectives réunissent parfois jusqu’à 180 personnes. « Les conséquences du surpeuplement des prisons sont physiques, sociales et économiques, parce qu’elles causent le stress, l’énervement, les maladies de la peau, l’aggravation ou la complication de certaines maladies qu’elle occasionne sur la population carcérale » dénonce un communiqué de la RADDHO. Surnombre oblige, la malnutrition sévit, « les prisons sénégalaises ne pouvant parfois pas distribuer plus d’un repas par jour », a dit Oumar Diallo. « Elle est d’une si mauvaise qualité qu’on peine à la manger », a-t-il ajouté.
Selon l’Administration pénitentiaire, les conditions des femmes sont plus satisfaisantes dans la mesure où cette catégorie de la population carcérale vit dans des unités moins pénibles. Celles qui ont des enfants peuvent les garder jusqu’à l’âge de sevrage (3 ans au plus). « Elles sont suivies avec leurs enfants dans des conditions comparables à celles qui sont offertes dans le monde libre », affirme Cheikh Sadibou Doucouré. Des quartiers pour mineurs existent aussi même s’il semble courant de voir des jeunes de 13 ans aux côtés des adultes.
Un meilleur futur pour les détenus ?
Pour remédier aux lacunes que connaît le milieu carcéral du Sénégal, les autorités sénégalaises s’engagent dans une réforme visant à améliorer les conditions de détention. Cheikh Tidiane Diallo, directeur de l’Administration pénitentiaire, promet d’améliorer et de moderniser les prisons à travers un programme d’infrastructures et de réhabilitation.
Pour cela, la délégation régionale du Comité internationale de la Croix-Rouge (CICR) et le ministère de la Justice ont organisé du 4 au 6 novembre 2009 un séminaire « sur les droits des détenus, l’hygiène et la santé ». « Nous espérons qu’il permettra de renforcer les capacités des participants tout en leur offrant un forum pour partager leurs expériences », a expliqué Sophie Orr, coordinatrice de la Protection de la délégation régionale du CICR. A l’issue du séminaire, les cadres ont fait une évaluation sur la situation des prisons et ont formulé des recommandations, sur la nécessité de respecter les règles d’hygiène dans les établissements et de préserver le droit à la santé des détenus, pouvant servir de trame à la vaste réforme du secteur pénitentiaire qui doit se dérouler jusqu’en 2013.
D’après l’Administration pénitentiaire, la réforme devrait prendre en compte l’augmentation du nombre de places et l’amélioration du cadre de détention. De nouvelles constructions sont dès lors prévues avec la délocalisation de la prison de la maison d’arrêt de Dakar à Sébikotane, localisée à 40 km de la capitale. La date de début d’exécution n’est pas encore déterminée. Les recrutements et formations devraient être d’autre part renforcés. Comme le précise Cheik Sadibou Doucoure, « tous les agents de l’administration pénitentiaire ont subi une formation initiale à l’école nationale de police et de la formation permanente (ENPFP). S’y ajoute désormais un programme de formation continue pour le renforcement des capacités ».
Les autorités sénégalaises sont optimistes quant à la réussite de la réforme en cours. « Nous espérons rester un modèle de référence pour les autres pays africains dans la mesure où les responsables pénitentiaires effectuent de plus en plus de visites de partage, d’échanges ou viennent pour s’imprégner des pratiques sénégalaises dans le domaine pénitentiaire », déclare Cheikh Tidiane Diallo.
La définition d’une véritable politique en terme de réinsertion sociale des détenus est essentielle pour que le système fonctionne. « En sortant, les détenus sont rarement vus comme des citoyens mais comme des personnes marginalisées », déplore Oumar Diallo . D’ici la fin 2010, une commission devrait être créée pour indemniser les dommages liés à la détention. Longues à mettre en forme, les réformes suscitent de grands espoirs parmi les détenus du Sénégal.

25/04/2010

Journée mondiale contre le paludisme

Un médecin de Dakar établit un lien entre paludisme et changements climatiques
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Le médecin-colonel Cheikh Fall, spécialiste en santé publique, a soutenu mercredi à Dakar l'existence d'un lien entre le paludisme et les changements climatiques, affirmant le climat influence considérablement la répartition géographique et l'épidémiologie de la maladie.
"Le climat c'est la température, c'est l'eau, c'est le vent et tout cela a un impact sur l'insecte vecteur du paludisme et la connexion entre climat et paludisme a été établi depuis longtemps par sa première appellation, malaria (mal air) depuis Hippocrate au 5-ème ère avant Jésus Christ", a-t-il expliqué à l'entame d'une conférence.
L'exemple des inondations vécues par les populations de la banlieue dakaroise reste "le meilleure exemple avec des études dans les zones touchées qui montrent que chaque fois qu'il y a inondations, il y a une recrudescence des cas de paludisme", a dit le médecin Colonel Cheikh Fall, également spécialiste en médecine environnementale et développement durable.
Il a rappelé la croyance selon laquelle "le moustique responsable évolue seulement dans des eaux propres, mais il est maintenant confirmé que l'anophèle femelle peut évoluer maintenant dans des eaux troubles".
D'où, selon le conférencier, "l'importance d'intégrer cette dimension pour ne pas installer une certaine négligence après les succès réalisés par le Programme national de lutte contre la paludisme en termes de couverture sanitaire".
"Il est clairement établi que c'est une maladie liée à l'environnement et les recherches ont aussi montré que la température influe sur le paludisme", a-t-il ajouté, pour dire que l'environnement est un facteur important à l'éradication de la maladie.
Toutefois, il a souligné que les variables du climat ne suffisent pas à cerner les risques météorologiques en général et les incidences sur le paludisme en particulier. C'est pourquoi, il a suggéré l'élargissement de la coalition pour la lutte contre la maladie en impliquant de nouveaux acteurs.
"Pour éradiquer le paludisme, il faudra une approche multidisciplinaire avec l'apport des climatologues, environnementalistes et autres experts de la santé en plaçant la sécurité sanitaire au centre de la riposte contre les impacts de changements climatiques", a-t-il aussi plaidé.
Bien que le programme Paludisme réalise "d'importants résultats avec une baisse de la mortalité à des niveaux extrêmement importants, c'est maintenant que la lutte devient plus difficile", a dit le conférencier.
Mais, le débat sur changements climatiques et maladies à transmission vectorielle continue encore à diviser la communauté scientifique, avec une frange qui ne trouve aucun lien entre les deux, selon le conférencier, qui est sûr que le "danger c'est d'ignorer aujourd'hui les changements climatiques".
Les changements climatiques se manifestent par une augmentation de la température moyenne globale, l'élévation du niveau moyen de la mer, la diminution de la couverture de neige de l'hémisphère Nord, entre autres.
C'est pourquoi, le coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), le docteur Moussa Thior, qui s'est penché sur "changements environnementaux", a dit que les "deux concepts restent très liés".
"Je ne sais pas si on s'est trompé en libellant le thème, mais aujourd'hui il était intéressant de confier la problématique à un médecin spécialiste pour mieux comprendre les enjeux de la lutte", a-t-il expliqué.
La conférence organisée à l'initiative du PNLP, entre dans le cadre de la célébration ce dimanche de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme.

Revue de presse Sénégalaise

REVUE DE PRESSE
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Le dossier casamançais reste d’actualité aux côtés de divers sujets.
Extravagant ! Cette sortie de Omar Diatta dans le journal Sud sur la crise casamançaise : « la déclaration du premier ministre n’aboutira à rien ». Dans un entretien qu’il a accordé à Sud quotidien, l’auteur du livre : « La Casamance : essai sur le destin tumultueux d’une région », paru en 2008 et interdit de vente au Sénégal affirme que « l’homme de la situation pour régler la question casamançaise c’est Nkrumah et l’aile extérieur ». A travers les colonnes de Sud Omar Diatta se veut formel, le gouvernement « ne peut éviter de poser sur la table la question de l’indépendance, trouvant aussi que le Mfdc n’acceptera pas des négociations dans le territoire national ». Dans son analyse de la volonté de l’Etat d’aller en négociation Omar Diatta dira même que « contrairement à une idée répandue dans les médias, César Atoute Badiane n’est pas le patron du Mouvement séparatiste ».
Toujours la région sud du Sénégal en première ligne grâce notamment au Zig’fest, le festival international de Ziguinchor. En assistant à la cérémonie d’ouverture de l’évènement Walf Grand’Place nous apprend que Karim Wade en a profité pour « draguer la Casamance en lui promettant une reconstruction du pont Emile Badiane, qui est dans un état de dégradation très avancée, et des infrastructures modernes pour Ziguinchor ». Un autre Sénégalais qui cherche à séduire ses compatriotes, Bar Tall qui fait la Une du journal Populaire. Et cest pour « s’expliquer sur les raisons de son engagement citoyen ». Bara Tall, patron de l’entreprise Jean lefebvre en conflit avec l’Etat se déchaîne et martèle que « ce pays "le Sénégal" n’appartien pas à un clan, à un père ou à un fils ». L’opérateur économique finira même par dire que « s’il restait les bras croisés après ce qu’il a vécu » cela "étonnerait plus d’un". D’autres mécontents dans le Populaire les commerçants de Touba Sandaga « qui ne veulent plus des marchands ambulants devant leur centre commercial ». Ces commerçants l’ont fait savoir à la municipalité et à la tutelle, le département du commerce, «ils finirons par retrouver leurs concurrents sur les trottoirs si l’Etat ne parvient pas à jouer son rôle d’arbitre ». C’est aussi la grogne au sein de la société de transport Dakar Dem DIKK. « Avec 130 bus tombés en panne et une baisse de 50% des recettes, les syndicalistes exigent une hausse de 25 f sur le prix du billet ». A propos de cette « maladie de Dakar Dem Dikk » le directeur Christian Salvy préfère se taire laissant les syndicalistes occuper le terrain des medias. Tension encore plus vive à Nger Malal, localité située dans le département de Louga, où « Peuls et Wolofs dorment avec des fusils et armes blanches ». A l’origine du conflit « un litige foncier » et on a failli « assister hier à un carnage à Boudi, dans la communauté rurale de Nger Malal » écrit l’As. Restons avec ce canard qui consacre sa manchette « au blanchiment d’argent ». Pas moins de « 40 dossiers sont présentement en instruction dans les cabinets » et le journal souligne que « Eximport développement » est au cœur du scandale ». Autre violation des lois et règlements au Sénégal à la Une du journal Quotidien qui informe que « Babacar Gaye viole la loi sur le cumul de fonctions en étant Président du Conseil régional de Kaffrine et Ministre d’Etat ». Avant de se pronocer sur cette affaire le Quotidien affirme avoir « interpellé » l’accusé qui leur a répondu « écrivez,je réagirai après ». En sport tous les journaux sont revenu sur la 6e édition du meeting de Dakar qui démarre ce samedi au stade Léopold Sédar Senghor avec comme « attraction l’épreuve du 800 m où le champion du monde sud-africain Mbulaeni Mulaudzi » ne manquera certainement pas de se faire remarquer.

24/04/2010

Emirates Airlines s'envole au Sénégal

Emirates Airlines démarre ses activités et menace davantage la future Sénégal Airlines.
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Emirates Airlines démarre ses activités et menace davantage la future Sénégal Airlines.
Au moment où Sénégal Airlines peine à décoller, problème de fonds oblige, son partenaire stratégique, Emirates Airlines se décide à prendre les airs au Sénégal. Selon nos confrères de l’Obs, cette compagnie démarre ses activités au mois de septembre prochain au Sénégal, sans, bien entendu, Sénégal Airlines.
D’ailleurs, informent nos confrères, la compagnie a commencé le recrutement de son personnel dont certains sont de l’ex Air Sénégal international, notamment le personnel technique navigant.

Un tel démarrage avant Sénégal Airlines n’est pas pour arranger les choses. Les sources de nos confrères indiquent que même si Emirates est plus partenaire que concurrente, elle va, certainement, fidéliser certains clients dans son portefeuille. Surtout que cette compagnie n’avait donné que son accord de principe au moment où on la déclarait comme partenaire de Sénégal Airlines.

A en croire les sources de nos confrères, les autorités de Emirates se sont rendues compte après une étude du marché sénégalais qu’elles pouvaient faire des affaires à Dakar.
Accepteront-elles de respecter un accord de principe après avoir conquis le marché en réussissant à fidéliser une bonne clientèle ?
Les Sénégalais, eux, certainement, ne souhaitent qu’une chose : avoir des avions qui puissent desservir leurs différentes fréquentations.

22/04/2010

On décolle à nouveau de Dakar

Sénégal: timide reprise du trafic aérien
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L'éruption du volcan islandais a perturbé les transports aériens
Près de trois mille voyageurs étaient bloqués dans la capitale sénégalaise après la fermeture des plusieurs aéroports d'Europe, eux-mêmes affectés par un nuage émis par un volcan islandais. Mais le retour à la normale semble désormais s'être amorcé.
Quelques avions se rendant en Europe ont décollé de Dakar mardi.
Des appareils en provenance du vieux continent ont également atterri à l'aéroport international Léopold Sédard Senghor.
Cette reprise devrait s'amplifier mercredi et ce jeudi
Elle mettrait fin au calvaire de plus de 2.800 passagers, selon les chiffres fournis par l'aéroport Léopold Sédard Senghor.
Ces voyageurs sont obligés de prolonger leur séjour dans la capitale sénégalaise.
Beaucoup d'entre eux sont restés dans leur hôtel.
Ceux qui sont à bout de ressources ou tout simplement révoltés par la situation ne veulent pas ou ne peuvent pas régler ce séjour supplémentaire.
Les hoteliers s'en plaignent et cherchent une voie de règlement avec les compagnies.
En fait, c'est le tourisme dans son ensemble qui se trouve affecté par la perturbation du trafic aérien consécutive à l'émission d'un nuage de cendres par un volcan islandais en éruption.
Beaucoup de clients qui avaient fait des réservations sont bloqués en Europe.
L'une des zones les plus affectées est la station balnéaire de Saly, à 90 km au sud de Dakar.
Les hoteliers se demandent si ces touristes, qui ont perdu trois ou quatre jours de vacances jugeront nécessaire d'effectuer le voyage pour juste deux ou trois jours au soleil.
Certains voyageurs qui ne pouvaient pas prolonger l'attente à Dakar ont dû changer leur billet d'avion et tenter de rallier le sud de l'Europe en passant par le Maroc et l'Egypte.

20/04/2010

Les petits esclaves du Sénégal

Les petits esclaves du Sénégal
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Quand on débarque à Dakar pour la première fois, la vue de ces enfants mendiants, pieds nus, souvent couverts de gale, prend à la gorge. Plus qu'un choc culturel, c'est une gifle. L'image de ces petits « poqués » de la vie, qui n'ont parfois que trois ou quatre ans, nous hante, nous poursuit, car ils sont partout.
 
Des enfants talibés du Sénégal
 
Que la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, en visite officielle au Sénégal en fin de semaine, ait dénoncé le sort de ces « esclaves » va de soi, direz-vous. Détrompez-vous. C'est un formidable pied de nez au président sénégalais, Abdoulaye Wade, debout juste à côté d'elle, qui a longtemps toléré les abus des marabouts qui exploitent ces enfants.
 
Au Sénégal, c'est une tradition séculaire. Des parents pauvres confient leurs garçons à des marabouts, ces maîtres coraniques censés leur enseigner le Coran. Mais la tradition a depuis longtemps été pervertie par de mauvais marabouts, qui font plutôt mendier leurs « protégés » du matin au soir. Certains « maîtres » collectent ainsi jusqu'à 60 000 $ par année. Et si un talibé (mot arabe signifiant élève) ne rapporte pas son versement quotidien, il préfère souvent dormir dans la rue, pour éviter de se faire battre.
 
Le travail de « Madame Talibé »
 
Christiane Pelchat, la présidente du Conseil du statut de la femme du Québec, est connue et reconnue dans les rues de Saint-Louis, au Sénégal, comme « Madame Talibé ». Elle et son conjoint Serge Marcil, décédé lors du séisme à Port-au-Prince le 12 janvier, avaient « adopté » neuf talibés quand ils vivaient là-bas, à la fin des années 1990. Pendant deux ans, chaque matin, Christiane et Serge les accueillaient dans leur maison pour les doucher, les nourrir, les soigner et les alphabétiser (mission reprise depuis par la Fondation Paul Gérin-Lajoie, à Saint-Louis). 
 
Contrairement à bien des travailleurs humanitaires, qui abandonnent leur « cause » une fois de retour au pays, Christiane et Serge ont continué d'aider leurs talibés, de loin, depuis 10 ans. La fondation qu'ils ont créée, Contre l'indifférence pour l'aide à l'enfance, finance leur scolarité et des stages de travail. Mais les marabouts ont le bras long. Souleymane, un des petits que Christiane avait « sauvés » des griffes de leur maître, vient d'être repris de force. « Dans certains pays, les enfants servent de chair à canon. Au Sénégal, ce sont des machines à sous », dit Mme Pelchat, qui accompagne la gouverneure générale en Afrique cette semaine. 
 
Selon Human Rights Watch, plus de 50 000 enfants sont ainsi abusés par de « faux » marabouts au Sénégal. L'exploitation de ces petits esclaves est un problème gigantesque que l'État sénégalais refusait de reconnaître jusqu'à récemment. La première fois que j'ai voulu faire un reportage sur le phénomène, il y a trois ans, c'était encore un sujet tabou. Personne au gouvernement n'acceptait d'en parler. Même l'UNICEF disait ne pas soutenir les ONG qui leur venaient en aide, sous prétexte qu'officiellement, le problème des talibés n'existait pas. 
 
En qualifiant les talibés d'esclaves, Michaëlle Jean pose un baume d'une douceur infinie sur les plaies béantes de ces petits écorchés vifs. Et elle force tout le monde, pas seulement les hommes de pouvoir, mais tous les Sénégalais, à enfin ouvrir les yeux sur une réalité trop longtemps tolérée. 
Regardez le reportage vidéo: http://publique.radio-canada.ca/audio-video/GUI/_player/1.0/asx.asp?aSrc=http://ms.radio-canada.ca/2008/medianet/RDI2/TelejournalSurRdi200804032100_1.wmv*0*null

Les hôtels de Saly affectés

Les économies africaines affectées par les perturbations du trafic aérien mondial
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Les perturbations du trafic aérien mondial, causées par l'immense nuage de cendres échappé du volcan islandais Eyjafjöll en éruption, entraînent des conséquences sur les économies africaines. C'est notamment le cas pour le secteur du tourisme au Sénégal, où des vacanciers sont bloqués dans leurs hôtels alors que ceux qui doivent arriver dans le pays sont, eux, coincés en Europe. En revanche, au Nigeria, un avion de la compagnie Air France a pu décoller à destination de Toulouse.
 Au Sénégal, les hôteliers de la Petite Côte, la principale zone balnéaire du pays, sont inquiets. Les touristes qui viennent de passer une semaine chez eux sont bloqués dans leurs hôtels. Et ceux qui devaient venir les remplacer sont coincés en Europe. Or, la plupart des tour-opérateurs refusent de régler cette prolongation forcée du séjour, et les clients refusent de payer de leur poche.
« Nous sommes dans la confusion [...] Les clients ne veulent pas du tout payer », explique Boubacar Sabaly, patron d’un hôtel dans la localité balnéaire de Saly et président du syndicat d’initiative de la région de Thiès. Il a indiqué que "les clients doivent rester sur place jusqu’à au moins lundi […] Nous risquons d'avoir des pertes énormes si personne ne prend en charge [les surcoûts occasionnés]. Nous avons un autre problème : la clientèle, qui devait arriver vendredi et qui ne pourra être là que lundi, ne viendra pas. Un client qui perd trois jours de vacances sur sept, je ne vois pas pourquoi il viendrait. Nous perdons une semaine de ceux qui devaient arriver".

19/04/2010

Hausse du prix des carburants au Sénégal

Hausse du prix des carburants au Sénégal
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Les prix des produits pétroliers ont enregistré des hausses à la pompe d’au moins 3%, tandis que les prix au consommateur du gaz ont fléchi reflétant une tendance globale.
Selon ces mesures entrées en vigueur depuis samedi, le litre de supercarburant est passé à 746 FCFA contre 724 FCFA le 20 mars dernier, alors que l’essence ordinaire est à 711 FCFA, soit plus 21 FCFA sur le litre.
Pour la navigation, l’essence pirogue se vend à 564 F (+22 F), tandis que pour les ménages, le pétrole lampant est acheté à 488 F (+18 F).
Ce produit enregistre la deuxième plus forte hausse en valeur relative (+4,1%), après le gasoil qui prend +4,2% en se vendant à 620 FCFA, soit une hausse de 25 F.
’’Au cours des quatre dernières semaines, à l’exception du gaz butane et du fuel 380, nous avons assisté à une hausse des cours internationaux de tous les produits pétroliers’’, indique le ministère sénégalais de l’Energie.
Les cours du super et du gasoil ont augmenté de +6%, suivant ainsi le cours du pétrole brut. Sur la période de calcul (20 mars-17 avril), il est passé de 77 à 83 dollars américains le baril, soit une hausse de 8%.
’’Ces hausses ont été cependant atténuées par le fret maritime qui a connu une baisse de -6% sur la période de calcul’’, précise souligne le ministère.
Cependant, les officiels sénégalais relèvent ’’une baisse significative’’ des prix au consommateur du gaz butane.
L’emballage de 38 kg se situe à 20.090 F (-390 F), celui de 12,5 kg à 6.610 F (-125 F), alors que la bouteille de 9 kg est à 4.580 F (-90 F), celle de 6 kg à 3.055 F (-60 F) et celle de 2,7 kg à 1.370 F (-25 F).
‘’N’eût été les mesures de suppression de la subvention/stabilisation et de suspension de la TVA et des droits de douane sur tous les emballages, les prix des emballages de 6 kg et ceux de 2,7 kg (...) seraient respectivement à 3.700 F et 1.660 F’’, affirme le ministère.
Ces bouteilles représentent 95% de la consommation en butane.

18/04/2010

Gorée, la porte du non retour

La porte du non retour
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Quand on entre dans l'ancienne maison des esclaves de l'île de Gorée, au large de Dakar, la première chose que l'on aperçoit, c'est la mer.
Le mur de pierre qui délimite la pièce est percé d'une ouverture qui donne directement sur l'océan. On n'y voit ni la berge ni l'horizon, seulement de l'eau qui scintille au soleil.
Cette ouverture désigne la «porte du non-retour», que les esclaves capturés un peu partout sur le continent africain devaient traverser avant de monter sur le bateau qui allait les amener vers l'Europe ou l'Amérique.
Ce lieu de transit a été transformé en musée où la gouverneure générale, Michaëlle Jean, a prit part à une visite guidée, hier. «C'est difficile de faire face à l'océan, ça ramène quelque chose à ma mémoire», a-t-elle dit en quittant les lieux. Elle faisait bien sûr allusion à ses ancêtres qui ont, peut-être, transité par l'île.
Mais on n'a pas besoin d'avoir des ancêtres africains pour ressentir la charge émotive de ce musée. Un peu comme à Auschwitz, ce qui frappe surtout, ici, ce sont les détails qui révèlent la méthodologie d'un système répondant uniquement à des impératifs commerciaux.
En voici quelques-uns. La prison de Gorée pouvait abriter jusqu'à 200 hommes, femmes et enfants à la fois. Au lieu de leur nom, on les désignait par un numéro de matricule.
Chacun avait son prix. Au sommet de l'échelle: les jeunes filles vierges et les hommes de plus de 60 kg, qui pouvaient rapporter un baril de rhum.
Mais les hommes qui débarquaient dans les cachots humides de l'île de Gorée n'étaient pas toujours aussi costauds. Alors, on les engraissait en les gavant de fèves des marais, une légumineuse locale. Après trois mois de ce régime, les plus robustes étaient embarqués sur les bateaux. Ils aboutissaient à Bordeaux, en Louisiane ou en Haïti. Certains ont même abouti en Nouvelle-France.
Quant à ceux qui n'atteignaient pas le seuil requis, ils étaient vendus au rabais, sur le sol africain.
Visiblement émue, Michaëlle Jean a voulu tirer une leçon positive de ce lourd passé. La vie a fini par triompher de toute cette dépossession et de cette «ignominie», s'est-elle réjouie.
Sans doute. Mais des femmes qu'elle a rencontrées après la visite du musée sont venues lui rappeler, probablement sans le vouloir, à quel point l'histoire peut être ironique.
«Nous voulons que nos enfants puissent étudier et travailler au Canada», lui a lancé l'une de ces femmes. «Nous voulons pouvoir sortir du Sénégal», a dit une autre.
Cette dernière s'appelle Kenebougoul Haby Sall. Elle a 37 ans, deux enfants et un bac en économie décroché en 1996. Mais dans ce pays où le taux de chômage est estimé à 48%, Kenebougoul n'a jamais trouvé de boulot dans son domaine. Alors, elle fabrique des bijoux et voyage quatre heures par jour pour pouvoir les vendre aux touristes qui arrivent dans l'île de Gorée.
«Les femmes, on les envoie à l'école, mais, après, on ne les case pas, et elles sont obligées de retourner au secteur informel», a-t-elle dit avec amertume - tout en vantant les qualités de ses colliers aux membres de la délégation canadienne.
Alors, les femmes, mais aussi les hommes, qui ont de l'instruction et qui ne veulent pas vendre des babioles dans la rue font des pieds et des mains pour partir vers l'Europe ou l'Amérique. Plus de 250 ans après que la France eut abolit l'esclavage, vidant les cageots du centre de transit de l'île de Gorée, des milliers d'Africains traversent de leur propre gré, et sans chaînes aux pieds, la porte du non-retour.
Agnès Gruda

SENEGAL-REVUE DE PRESSE

SENEGAL-REVUE DE PRESSE
La révolte de Youssou Ndour à la Une.
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Les journaux de Dakar mettent en vedette la rentrée politique de Youssou Ndour qui annonce «sa participation à la prochaine présidentielle ».
Dans le journal Quotidien qui relaie les propos, le lead vocal du Super étoile précise «qu’il ne sera pas candidat, mais sa participation est évidente ». Plus menaçant dans Walf Grand ’Place, le chanteur martèle à l’égard du pouvoir que » personne ne peut l’humilier » faisant allusion à la non autorisation de sa télé, la Télévision Futurs Médias (Tfm). A propos de cette chaîne et de sa licence, le président du groupe Futurs média va jusqu’à s’emporter et défier le pouvoir en place : « qu’il pleuve ou qu’il neige, Tfm verra le jour » dit-il à la Une du journal Quotidien.
Youssou Ndour qui a déjà lancé un mouvement dénommé ‘’Fékké ma thi bollé’’ avec l’entrepreneur Barra Tall et le marabout Mansour Sy Djamil a utilisé la tribune de Sorano et le lancement de son dernier album "Dakar Kingston" pour dénoncer « la célébration de manière sectorielle du monument de la renaissance africaine » et dira que cela témoigne que « ces gens (les tenants du pouvoir) n’ont rien compris». Pendant ce temps, à travers les colonnes de l’As, « Wade oppose son veto à une hausse ‘’nécessaire’’ des factures d’eau et d’électricité ». Des propos tenus lors du conseil des ministres de ce jeudi et au même moment les sénégalais constataient « une nouvelle hausse des prix des hydrocarbures, les nouveaux prix entrent en vigueur ce samedi à 18 heures ».
Wade et son ancien Premier ministre Idrissa Seck à la première page de l’Observateur qui informe que « les retrouvailles » entre les deux hommes « sont bloqués par le leader du Pds » pour la bonne et simple raison que le maire de Thiès « a snobé Karim Wade ». Dans ses explications le journal fait savoir que Idrissa Seck continue d’ignorer « le nouvel homme fort du régime » Wade-fils et « considère que c’est Wade-père, le maître du jeu, qui est son seul interlocuteur ».
« L’actuel Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye, et sa délégation snobés par les autorités religieuses de Médina Gounass en colère ». Cela fait le titre du Matin. Après « trois heures d’attente », le chef du gouvernement et sa délégation ont pu tout de même « assisté à la cérémonie de clôture officielle du Dakka édition 2010 » sous une atmosphère de deuil provoquée par la mort de trois fidèles dans l’incendie d’avant-hier. Ce n’est rien par rapport à ce qui attend Souleymane Ndéné Ndiaye si on se réfère aux écrits de 24 Heures qui affirme que « Madicke Niang est pressenti à la primature ». Le Populaire qui fait bande à part fait état de « pratiques peu orthodoxes des concessionnaires du ramassage ». C’est claire pour le Populaire, «il y a magouilles dans les ordures ». Dans ses investigations le journal révèle que « pour gonfler leurs tonnages, des concessionnaires vont même ramasser dans des quartiers plus sales hors de leurs zones ; d’autres achètent les ordures aux charretiers ; et des complicités jusqu’au pont-bascule de la décharge de Mbeubeuss ». Quant à Thièy ce matin, il s’intéresse à la « françafrique ». Pour le journal « ce n’est maintenant un secret pour personne, les français ont Maître Abdoulaye Wade dans leur viseur ». Thièy qui dit avoir constaté « des attaques régulières contre le Sénégal » se demande « si Wade ne doit pas se méfier de la françafrique ». D’autres sénégalais qui devraient redoubler de vigilance ce sont certainement les soldats qui exercent en Casamance dans la partie Sud du pays. 24 Heures nous informe que l'un d’eux « un caporal de l’armée a sauté sur une mine ». Le bonhomme risque tout simplement de perdre une jambe. Le Sénégal qui souhaite plus de chance à ses « lions du foot » qui « disputent la finale de la coupe de l’Ufoa contre le Nigéria chez lui ». Dans ce tournoi de l’Ufoa « l’équipe nationale locale du Sénégal a corrigé le Ghana (3-1) pour participer à l’ultime confrontation ». Football toujours, « les lionceaux appelés à maintenir le flambeau ». Le football sénégalais engagé sur tous les fronts africains va vers une importante bataille ce samedi. Sénégal vs Tunisie pour les préliminaires de la Can 2011 des juniors c’est à partir de 18 Heures Temps universel et heure de Dakar.
NF.

Ressources minières au Sénégal

Ressources minières au Sénégal
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Le Sénégal veut doper son secteur minier où les investissements ont atteint depuis quelques années un volume important, mais l'opposition et la société civile dénoncent une gestion opaque et le bradage des ressources minières à des privés étrangers.
Dakar a accueilli du 12 au 15 avril son premier salon international des mines (SIM).
Le ministre des Mines, Ousmane Ngom, a alors annoncé que le Sénégal attirait "un important flux d'investissements privés, tant dans l'exploration que dans l'exploitation, dans les domaines de l'or, du fer, du zircon, du titane, de l'uranium, des phosphates et de la cimenterie, avec un montant cumulé de près de 4 milliards de dollars pour 2005- 2013".
Les principales ressources du pays ont longtemps été la pêche, le tourisme et l'arachide, des secteurs aujourd'hui en difficultés. Et, en 2003, le pays a adopté un nouveau code minier plus incitatif pour attirer les investisseurs.
Au cours d'une récente visite à Pékin, le ministre de la Coopération internationale, Karim Wade, fils du chef de l'Etat, a invité les entreprises chinoises à venir participer à l'exploitation du secteur minier dans son pays, selon l'agence de presse sénégalaise (APS).
Quant au numéro un mondial de l'industrie sidérurgique, ArcelorMittal, il reste présent au Sénégal, même si son départ avait été annoncé en 2009. "Nous ne sommes jamais partis du Sénégal", a affirmé à l'AFP une responsable du groupe, sur un stand du SIM.
ArcelorMittal avait signé en 2007 avec Dakar un accord pour des investissements de 2,2 milliards de dollars pour exploiter le fer dans le sud-est, construire un chemin de fer de 750 km ainsi qu'un port minéralier près de la capitale.
"Le projet d'exploitation a été ralenti en 2009 à cause de la crise économique et financière. ArcelorMittal avait maintenu ses engagements sociaux. Mais l'exploration, les travaux de pré-exploitation et les études complémentaires avaient été stoppés", explique le directeur des mines du Sénégal, Moussa Sylla.
ArcelorMittal "a réaffirmé son engagement à réaliser le projet et à créer les synergies nécessaires pour cela. Et un accord de coopération doit être signé prochainement entre le Mali et le Sénégal" pour une exploitation commune du fer situé de part et d'autre de leur frontière, ajoute-t-il.
Un accord similaire est en vue avec Nouakchott pour l'exploitation des phosphates situés à cheval entre Sénégal et Mauritanie, selon la même source.
En 2010, le Sénégal est aussi devenu officiellement producteur d'or, avec l'exploitation d'une mine par la société australienne Mineral deposits limited, dans la région de Kédougou (sud-est). Un responsable d'Oromin, société canadienne, a affirmé à l'APS que "près de 300 tonnes d'or" avaient été découvertes ces trois dernières années dans le pays.
Mais, dans l'opposition, Ibrahima Sène accuse le président Wade de "brader les ressources minières à des privés étrangers et de gérer le secteur dans une opacité totale".
En décembre 2008, deux personnes avaient été tuées à Kédougou, quand des jeunes s'étaient révoltés pour dénoncer la pauvreté de leur région et réclamer une meilleure gestion des emplois dans le secteur minier.
Membre de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho), Iba Sarr juge que "le problème des populations autour des mines reste entier. On leur fait perdre des terres, on détruit leur environnement et elles restent toujours très pauvres".
Au SIM, le président Wade a annoncé avoir "décidé de donner 20% des ressources (tirées de l'exploitation minière) aux collectivités locales" voisines des mines pour des investissements sociaux.

Malick Rokhy BA

Passagers bloqués à Dakar

Sénégal: plus de 1.600 passagers bloqués à Dakar par le nuage de cendres
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Plus de mille six cents passagers en partance pour l'Europe sont bloqués depuis jeudi à Dakar en raison de la fermeture de l'espace aérien européen touché par un nuage de cendres volcaniques, a-t-on appris samedi auprès de la direction des Aéroports du Sénégal (ADS).
Le nombre de "passagers prévus et qui ne sont pas partis" jeudi et vendredi en Europe est de "1634", selon un chiffre communiqué à l'AFP par la direction des ADS, qui dépend du ministère sénégalais des Transports aériens.
Les huit vols de compagnies européennes devant acheminer ces passagers ont tous été "annulés", a indiqué la même source.
La situation de samedi n'a pas été précisée.
"Des passagers (qui devaient quitter Dakar) ont été acheminés dans des hôtels" de la capitale sénégalaise en attendant que la situation change dans le ciel européen, avait indiqué à l'AFP un responsable des aéroports du Sénégal.
La paralysie du transport aérien due à l'immense nuage de cendres craché par un volcan islandais s'est aggravée samedi en Europe, plusieurs pays prolongeant la fermeture de leur espace, et l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) a estimé que les dommages causés au trafic dépassaient ceux du 11-Septembre.
Depuis jeudi, les compagnies aériennes ont été contraintes d'annuler près de 36.000 vols (18.600 vendredi et 17.000 samedi), selon Eurocontrol, l'organisme européen pour la sécurité de la navigation aérienne.
Les uns après les autres, les gouvernements ont fermé leurs espaces aériens et leurs aéroports, bloquant des dizaines de milliers de voyageurs.

17/04/2010

Talibés du Sénégal (suite)

Les Talibés du Sénégal : Dans de nombreuses écoles coraniques, les garçons subissent de graves abus
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Le gouvernement devrait traduire les professeurs en justice et réglementer ces écoles
« Le gouvernement sénégalais ne devrait pas rester les bras croisés pendant que des dizaines de milliers d'enfants talibés sont soumis chaque jour à des violences physiques, une négligence totale et, en fait, à des conditions s'apparentant à de l'esclavage. »
    Georgette Gagnon, directrice de la division Afrique à Human Rights Watch
Des dizaines de milliers d'enfants fréquentant des internats coraniques au Sénégal sont soumis à des conditions qui s'apparentent à de l'esclavage et sont victimes de graves abus, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui. Human Rights Watch a exhorté les autorités sénégalaises à réglementer toutes les écoles coraniques et à entreprendre une action immédiate et concertée pour traduire en justice les professeurs qui violent les lois sénégalaises contre la mendicité forcée et la maltraitance des enfants.
Le rapport de 126 pages, « ‘Sur le dos des enfants' : Mendicité forcée et autres mauvais traitements à l'encontre des talibés au Sénégal », documente le système d'exploitation et de maltraitance dans le cadre duquel au moins 50 000 garçons appelés talibés - dont la grande majorité a moins de 12 ans, et beaucoup n'ont pas plus de quatre ans - sont forcés de mendier dans les rues du Sénégal pendant de longues heures, sept jours par semaine, par des professeurs appelés marabouts dont plusieurs exhibent des comportements abusives et brutaux. Le rapport indique que les garçons sont souvent soumis par leurs professeurs à des formes extrêmes de maltraitance, de négligence et d'exploitation. Il s'appuie sur des entretiens menés auprès de 175 talibés ou anciens talibés, ainsi qu'auprès d'environ 120 autres personnes, dont des marabouts, des familles qui ont envoyé leurs enfants dans ces écoles, des spécialistes de l'islam, des représentants gouvernementaux et des travailleurs humanitaires.
« Le gouvernement sénégalais ne devrait pas rester les bras croisés pendant que des dizaines de milliers d'enfants talibés sont soumis chaque jour à des violences physiques, une négligence totale et, en fait, à des conditions s'apparentant à de l'esclavage », a remarqué Georgette Gagnon, directrice de la division Afrique à Human Rights Watch. « Le gouvernement devrait saisir l'occasion de la Journée nationale des Talibés, le 20 avril, pour s'engager à réglementer toutes les écoles coraniques et à exiger des comptes aux marabouts responsables de maltraitance. »
Dans la société sénégalaise essentiellement musulmane, où les chefs religieux exercent un pouvoir social et politique immense, les enfants ont depuis longtemps été confiés à des marabouts qui les éduquent dans ces internats coraniques, appelés daaras. Nombre de marabouts, qui servent de tuteurs de facto, remplissent consciencieusement la tradition importante de fournir aux jeunes garçons une éducation religieuse et morale.
Toutefois les recherches menées par Human Rights Watch montrent qu'actuellement, dans de nombreux daaras urbains fonctionnant en internats, d'autres marabouts se servent de l'éducation comme couverture pour l'exploitation économique des enfants à leur charge. Nombre de marabouts dans les daaras urbains exigent que les enfants leur remettent quotidiennement le produit de leur mendicité, et infligent de graves violences physiques et psychologiques aux enfants qui ne peuvent respecter le quota exigé. Human Rights Watch a documenté de nombreux cas de sévices corporels, et plusieurs cas où les enfants ont été enchaînés, attachés et forcés de rester dans des positions pénibles pendant qu'ils étaient battus.
Dans plus de 100 daaras dont Human Rights Watch a interrogé des talibés actuels ou passés, le marabout recueille en général de 20 000 à 60 000 dollars US par an grâce à la mendicité des garçons - une somme substantielle dans un pays où la plupart des gens vivent avec moins de 2 dollars par jour. Certains entretiens laissent supposer que des marabouts peuvent amasser jusqu'à 100 000 dollars par an en exploitant les enfants qui leur sont confiés.
Une tendance généralisée à la maltraitance
Un garçon de 11 ans envoyé par ses parents à l'âge de sept ans à un marabout de Dakar, capitale du Sénégal, a expliqué à Human Rights Watch :
    Chaque jour je devais rapporter au marabout 600 CFA (1,30 dollar US), du riz et du sucre. Chaque fois que je ne pouvais pas, le marabout me frappait à coups de câble électrique. Il me frappait tant de fois sur le dos et le cou ; trop pour les compter.... Chaque fois que j'étais battu, je pensais à ma famille qui n'avait jamais levé la main sur moi. Je me rappelais du temps où j'étais à la maison. J'ai fini par m'enfuir, je ne pouvais plus le supporter.
Human Rights Watch a en outre documenté les conditions extrêmement précaires dans lesquelles vivent ces garçons. Les montants substantiels d'argent, de riz et de sucre ramenés collectivement par les talibés mendiants ne sont pas utilisés pour nourrir, vêtir, abriter ou de quelqu'autre façon subvenir aux besoins des enfants. Nombre d'entre eux souffrent de malnutrition sévère cependant que les longues heures passées dans la rue les exposent au danger d'être blessés dans des accidents de voiture, de sévices corporels et sexuels, et de maladies.
Un daara typique est un bâtiment abandonné ou dont la construction est inachevée, et qui offre peu de protection contre la pluie, la chaleur ou le froid. Il est courant que les enfants dorment à 30 dans une petite pièce. Les maladies se répandent rapidement et les enfants tombent souvent malades - de maladies de peau, de paludisme et de parasites intestinaux - mais les marabouts les soignent rarement. Au lieu de cela, beaucoup d'enfants sont forcés de mendier encore plus longtemps pour payer leurs propres médicaments.
La plupart des talibés interrogés par Human Rights Watch ont indiqué qu'ils n'avaient qu'une tenue de rechange et plus de 40 pour cent d'entre eux ne possédaient pas une seule paire de chaussures, et donc ils doivent mendier pieds nus. Certains talibés ont expliqué que lorsqu'ils économisaient un peu d'argent en mendiant de plus longues heures et s'achetaient une nouvelle chemise ou des pantalons, leur marabout prenait les vêtements pour les donner à ses propres enfants.
« Au lieu de s'assurer que les garçons qui leur sont confiés disposent de nourriture, d'éducation et d'un abri correct, bien trop souvent les marabouts se servent de ces jeunes garçons comme source de revenus pour eux et leurs familles », s'est indignée Georgette Gagnon. « C'est honteux. »
Épuisés par les abus continuels et les privations, plus de 1 000 garçons s'enfuient des daaras chaque année. Les centaines d'enfants vivant dans les rues des principales villes du Sénégal représentent l'un des héritages caractéristiques des internats coraniques les plus coupables d'exploitation.
Une inaction persistante
Le gouvernement sénégalais a décrété en 2005 une loi qui pénalise le fait de forcer autrui à mendier en vue d'en tirer personnellement profit. Toutefois les autorités se sont abstenues de prendre des mesures concrètes pour mettre la loi en application et pour mettre un terme à l'exploitation et aux abus contre les talibés. Pas un seul marabout n'a été accusé ou jugé seulement pour le crime de mendicité forcée, bien que l'on puisse voir un grand nombre de ces enfants dans les rues n'importe quel jour de la semaine. Sauf dans de rares cas, de graves sévices corporels commis contre des talibés sont restés pareillement impunis.
À l'exception de quelques daaras « modernes » sponsorisés par l'État - qui combinent les programmes des écoles publiques et coraniques - aucune des écoles coraniques du Sénégal n'est soumises à une réglementation gouvernementale. C'est ce qui a conduit en partie à la prolifération de marabouts peu scrupuleux qui s'intéressent peu à l'éducation des enfants qui leur sont confiés ou à subvenir à leurs besoins.
Bien que nombre des enfants se trouvant dans les daaras du Sénégal viennent de la Guinée-Bissau voisine, son gouvernement n'a pas traduit les marabouts en justice, même dans des cas manifestes de traite d'enfants. La Guinée-Bissau court aussi le risque que la pratique de la mendicité forcée se répande chez elle si elle ne tire pas les leçons des décennies d'inaction au Sénégal.
Les parents envoient leurs enfants dans des daaras surtout par souci de leur assurer une éducation religieuse ; nombre d'entre eux sont aussi influencés par le manque de moyens financiers pour les entretenir à la maison. La plupart des parents ne fournissent aucun soutien financier ou affectif lorsqu'ils envoient l'enfant à un marabout. Si certains ignorent les abus - du fait en partie de la dissimulation délibérée de la part du marabout - d'autres envoient ou renvoient délibérément leurs enfants vers une situation qu'ils savent entachée d'abus.
Les agences d'aide humanitaire qui tentent noblement de combler le manque de protection laissé par le gouvernement, se retrouvent parfois impliquées dans les abus. En mettant l'accent de l'assistance sur les daaras urbains, et en négligeant les écoles rurales, de nombreuses organisations humanitaires nationales et internationales incitent les daaras à se déplacer depuis les zones rurales vers les zones urbaines, où la mendicité forcée est répandue. Dans certains cas, les efforts de ces organisations augmentent les marges bénéficiaires de marabouts peu scrupuleux en leur versant directement l'aide et en ne contrôlant pas la façon dont l'argent est utilisé. De telles agences omettent souvent de signaler les abus ou de remettre en question le laisser-faire de l'État, entre autres pour maintenir de bonnes relations avec le marabout et les autorités.
« Des millions de dollars sont déversés dans des programmes humanitaires et gouvernementaux pour aider les talibés et empêcher les abus, pourtant la prévalence de la mendicité forcée des enfants dans les daaras continue de s'aggraver », a conclu Georgette Gagnon. « La maltraitance endémique de ces enfants ne pourra être éradiquée que lorsque le gouvernement exigera des comptes aux marabouts coupables de ces abus. »
L'inaction du gouvernement à cet égard constitue un manquement à ses responsabilités au regard de la Convention relative aux droits de l'enfant et de la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant, ainsi que d'autres conventions sur la traite, sur les conditions s'apparentant à l'esclavage, et sur les pires formes de travail des enfants.
Human Rights Watch a par ailleurs appelé l'Organisation de la Conférence islamique à dénoncer la pratique de la mendicité forcée comme étant contraire aux obligations en matière de droits humains au regard de la Déclaration du Caire sur les droits de l'homme en Islam, et a demandé au Rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines d'esclavage d'entreprendre une enquête sur la situation des talibés.

Le Sénégal et les Talibés

Le Sénégal et les Talibés
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Une ONG dénonce la passivité des autorités pour lutter contre les abus des écoles coraniques.
L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a accusé jeudi les autorités sénégalaises de fermer les yeux sur les conditions de vie de dizaines de milliers d'enfants, appelés "Talibés", qui fréquentent les écoles coraniques.
Le rapport, intitulé "Sur le dos des enfants: mendicité forcée et autres mauvais traitements à l'encontre des Talibés au Sénégal", dévoile qu'environ 50.000 enfants sénégalais, dans un pays qui compte près de 14 millions d'habitants, sont soumis à l'exploitation et à des mauvais traitements dans les écoles coraniques, appelés "daaras".
Selon l'ONG, nombre de parents sénégalais envoient leurs enfants dans des daaras pour leur assurer une éducation religieuse ou bien parce qu'ils manquent de moyens financier pour subvenir aux besoins de leurs enfants.
"Les Talibés sont forcés de mendier dans les rues du Sénégal pendant de longues heures, sept jours par semaine, par des professeurs appelés Marabouts, dont plusieurs exhibent des comportements abusifs et brutaux", explique le rapport. "Le gouvernement sénégalais ne devrait pas rester les bras croisés pendant que des dizaines de milliers d'enfants talibés sont soumis chaque jour à des violences physiques, à une négligence totale et, de fait, à des conditions s'apparentant à de l'esclavage" estime Georgette Gagnon, directrice du service Afrique au sein de l'ONG américaine.
"Dans la société sénégalaise essentiellement musulmane, où les chefs religieux exercent un pouvoir social et politique immense, les enfants ont depuis longtemps été confiés à des marabouts qui les éduquent dans ces internats coraniques. Nombre de marabouts dans les daaras urbains exigent que les enfants leur remettent quotidiennement le produit de leur mendicité, et infligent de graves violences physiques et psychologiques aux enfants qui ne peuvent respecter le quota exigé", poursuit le rapport.
L'organisation de défense des droits de l'homme précise qu'elle a mené son enquête dans 100 daaras, interrogant quelque 175 ex ou actuels Talibés, ainsi que 120 autres personnes (marabouts, familles, travailleurs humanitaires, spécialistes de l'islam, représentants gouvernementaux).
Selon les Talbibés interrogés, un marabout pourrait recueillir en un an de 20.000 à 60.000 dollars (15.000 à 44.000 euros), dans un pays où la plupart des habitants vivent avec moins de 2 dollars par jour.
Human Rights watch a demandé à l'organisation de la conférence islamique de dénoncer la pratique de la mendicité forcée comme étant "contraire aux obligations en matière de droits humains au regard de la déclaration du Caire sur les droits de l'homme en islam", et a prié le rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines d'esclavage d'entreprendre une enquête sur la situation des Talibés.

16/04/2010

Enfants mendiants au Sénégal

Enfants mendiants au Sénégal
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Poursuivre les marabouts n'est pas la solution
L'Etat sénégalais "veut éradiquer le phénomène" des enfants mendiants mais estime que généraliser les poursuites pénales contre les marabouts accusés d'exploiter leurs élèves n'est "pas la solution", a déclaré jeudi le porte-parole de la présidence, dans un entretien avec l'AFP.
"Un marabout a été emprisonné 10 ans pour avoir fait des sévices sur un enfant, viol et autres. C'était il y a moins d'un an à Mbacké", a dit Mamadou Bamba Ndiaye, également ministre conseiller chargé des affaires religieuses.
"Et à Kaolack, il y en a eu (une peine de prison contre un marabout auteur d'une agression, en 2008, ndlr). Mais ce sont des cas isolés. Tu ne peux pas pour le moment généraliser cela, car tu risques d'avoir toute la religion contre toi", a-t-il affirmé.
M. Ndiaye réagissait à la publication jeudi d'un rapport de l'ONG Human Rights Watch, qui a reproché au gouvernement de "rester les bras croisés pendant que des dizaines de milliers d'enfants talibés sont soumis chaque jour à des violences physiques, une négligence totale et, en fait, à des conditions s'apparentant à de l'esclavage". HRW avait exhorté les autorités à faire traduire en justice les "marabouts qui violent les lois" en forçant leurs élèves à mendier et en les maltraitant.
"L'Etat veut éradiquer le phénomène (de la mendicité des enfants). Il n'est pas resté les bras croisés, il a créé des daaras (écoles coraniques) modernes et encouragé la création d'écoles coraniques (...) modernes par les privés", a rétorqué M. Ndiaye. "Il a introduit l'enseignement religieux à l'école" publique, pour éviter que les parents confient leurs enfants à des marabouts, a-t-il aussi expliqué.
"Ce phénomène (de la mendicité des enfants) nécessite une sensibilisation et une information. C'est ça la solution, pas les sanctions pénales", a-t-il affirmé.

Dakar: Taxis d'Iran y rament

Taxis Iraniens en panne à Dakar
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Rutilantes et en bon état, les Samand iraniennes ont fière allure au milieu du flot des taxis jaunes déglingués qui se traînent dans les embouteillages dakarois. Ces berlines d'allure cossue devaient faire la fierté du Sénégal puisqu'elles sortent depuis 2008 de l'usine de montage de Thiès. Une première du genre dans le pays et une rareté en Afrique.
Le pur-sang, emblème de la marque, qui orne leur calandre, était de bon augure. Et Seniran, le nom retenu pour la joint-venture entre le constructeur automobile iranien Khodro, l'Etat sénégalais et des investisseurs locaux symbolise bien l'alliance des deux pays. Surtout, l'usine automobile et sa centaine d'emplois constituent le premier dividende perçu par le Sénégal pour la bienveillance militante de sa diplomatie à l'égard de Téhéran.
L'opération était astucieuse : non seulement des taxis neufs allaient surgir sur le bitume dakarois, mais leurs chauffeurs devaient exprimer auprès de la clientèle, leur satisfaction à l'égard de la mécanique iranienne. Mais cette "diplomatie du taxi" est en train de produire des contre-effets. Au lieu de diffuser des échos favorables à l'Iran, les chauffeurs des taxis Samand font part de leur colère. "Je suis fatigué de cette auto iranienne, peste Cora Sarr, l'un d'eux. Elles consomment 12 litres au 100 au lieu des 6 promis. Et de l'essence en plus !" Un autre "taximan", comme on dit en Afrique, raille : "Je croyais avoir acheté une gazelle, je me retrouve avec un tank."
Nombre des chauffeurs ne parviennent pas à rembourser les mensualités de 271 000 francs CFA (413 euros) dues pendant trois ans. Par solidarité avec leurs collègues visés par des saisies, ils ont manifesté à la fin du mois de mars à Dakar, devant le siège d'une banque créancière, jetant une ombre sur une opération présentée par le président Wade comme exemplaire.

15/04/2010

Fait divers à Saly

La prostituée de Vandenbroucke à nouveau écrouée

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Seynabou Diop, la prostituée sénégalaise avec qui Frank Vandenbroucke a passé sa dernière nuit a de nouveau été écrouée. Selon plusieurs sources, la jeune femme a été arrêtée dans la station balnéaire de Saly pour avoir mordu l'oreille de l'une de ses "condisciples" à la suite d'une altercation dans un bar. Diop avait déjà été interpellée pour le vol du GSM et de l'argent du cycliste belge décédé, mais avait été relâchée peu de temps après...

11/04/2010

Mamadou Diop

Mamadou Diop

Superbe chanson, "Sénégal", de Mamadou Diop, artiste Sénégalais vivant aux Etats Unis. Extrait de son album "Djiby"

(Pour couper l'illustration musicale de ce clog et écouter la chanson, coupez le lecteur musical tout en bas de la colonne de droite)

L'illustration de ce clip est réalisée à partir de photos du site www.salysenegal.net

Portes ouvertes au golf de Saly

Osez le golf !
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Invitation à la découverte du Golf de Saly
Au cœur de la station, l’un des plus beaux golfs d’Afrique Occidentale.
Un sport que l’on découvre à tout âge et que l’on pratique toute sa vie.

SAMEDI 24 et DIMANCHE 25 avril 2010 (De 8 heures à 13 heures et de 16 heures à 19 heures. Pas de réservation nécessaire)

Visite guidée du site, découverte de la faune et de la flore par les caddies du golf.
Les moniteurs, Thomas, Kaïnack et Abdou, vous initieront gratuitement à ce sport, l’un des plus pratiqués au monde (environ 61 millions de joueurs !) et vous ferons oublier toutes ces fausses idées concernant le golf : activité élitiste réservée aux snobs ? matériel très onéreux ?  droit d’entrée exorbitant ?
Vous repartirez ensuite en comprenant mieux la passion qui anime les golfeurs, et peut-être serez vous aussi contaminé par le virus du golf !
Le jeu de golf  ne requiert aucun vêtement spécifique, proscrivez toutefois le port de jeans, les shorts courts, les tee-shirts et autres tenues de plage. Munissez-vous de bonnes chaussures de sport ou de marche et d’un chapeau.
Renseignements et autres infos sur http://www.golfsaly.com

10/04/2010

Visites vidéo de Dakar, Sénégal

Visitez Dakar Senegal
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Arte a réalisé un super boulot en mettant en ligne une foule de reportages vidéo sur le Sénégal. Dont ceux consacrés à Dakar. A vous de choisir votre centre d'intérêt et, une jolie taxi-sister vous emmène sur le lien de votre choix.
http://afrique.arte.tv/#/trip/SEN/1320/
(Pour couper le son de ce blog et écouter la vidéo, cliquer sur le lecteur musical tout en bas de la colonne de droite)

Cartoon made in Sénégal

Sénégal : Cartoon « made in Africa »
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Face aux mastodontes américains et japonais du dessin animé, le continent noir compte lui aussi un studio d’animation où se fabriquent les héros africains de demain
Loin, très loin des studios Disney ou Pixar la société Pictoon a fait le pari de dessins animés « 100% made in Africa ». Installée depuis 1998 à Dakar elle a déjà réalisé un feuilleton télévisé, de nombreuses publicités et des spots institutionnels.
Les productions s’enchaînent à rythme certes irrégulier mais suffisant pour maintenir l’activité depuis 12 ans.
Aujourd’hui Pictoon se lance dans la création d’un long métrage intitulé « Les lions invincibles » on y parle de football, de sorciers, d’amitié et de lutte de pouvoir en suivant un petit héros plongé au cœur d’une Afrique moderne et sans clichés.
A voir sur: http://www.arte.tv/fr/3111866.html
(Pour couper le son de ce blog et regarder la vidéo: cliquer sur le lexteur musical tout en bas de la colonne de droite)

09/04/2010

Enfants mendiants au Sénégal

Enfants de la rue
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Un chercheur sénégalais met à l’index le marché de l’aumône
Le phénomène des enfants de la rue constitue un véritable business au Sénégal. Ses causes n’ont plus rien à voir avec la pauvreté. Elles sont liées à l’émergence du marché de l’aumône. La démonstration en a été faite par le Sénégalais Amadou Lamine Ndoye en soutenant sur le sujet une thèse de doctorat à l’Université de Lausanne, en Suisse.
Dans sa thèse de doctorat intitulée : ‘La société sénégalaise et les enfants de la rue : approche socio-anthropologique des dynamiques d'exclusion et de survie. Etude de cas à Dakar’ soutenue à l’Université de Lausanne (Unil-Suisse), le Sénégalais Amadou Lamine Ndoye (37 ans), ancien élève du Lycée Abdoulaye Sadji de Rufisque et diplômé de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, est allé à l’encontre des thèses faisant de la pauvreté le facteur principal du phénomène des enfants de la rue à Dakar.
Ce phénomène qui est d'actualité, préoccupe autant les institutions internationales (Unicef, Bit, Unicef), les hommes politiques, les Ong que les chercheurs. On en parle notamment en Amérique Latine et en Afrique. Les arguments qui sont le plus souvent avancés, considèrent la pauvreté comme l'un des facteurs déterminants dans le processus de production des enfants de la rue. L'intérêt de la thèse du Sénégalais est qu’elle tente de démontrer le caractère réducteur de ces points de vue dans le contexte de la société sénégalaise. En réalité, soutient Amadou Lamine Ndoye, ‘si la pauvreté était l'unique déterminant essentiel du phénomène des enfants de la rue au Sénégal, pourquoi un tel phénomène se caractérise-t-il par sa nature strictement urbaine ?’. Le chercheur renchérit : ‘Pourquoi ne concerne-t-il pas aussi le milieu rural qui est plus touché par le phénomène de la pauvreté ?’.
Pour le Dr Ndoye, ‘la complexité de la société sénégalaise nous amène à dépasser l'argument de la pauvreté et à essayer d'analyser le phénomène des enfants de la rue dans une approche socio-anthropologique, en mettant en exergue le rôle et la place de l'imaginaire social, des croyances traditionnelles et des représentations sociales dans la vie des Sénégalais’. Imaginaire, croyances et représentations qui favorisent, ce que le sociologue a appelé ‘le business talibé’ ou le marché de l'aumône qui sont des phénomènes spécifiques à la société sénégalaise qui permettent de mieux comprendre le processus de production des enfants de la rue dans cette société.
Le Docteur Amadou Lamine Ndoye a soutenu sa thèse de doctorat, le 11 mars 2010, devant un jury présidé par le Pr Alain Clémence, doyen la Faculté des Sciences sociales et Politiques (Ssp), avec le Pr François-Xavier Merrien, directeur de thèse et comprenant en qualité de membres le Pr Ilario Rossi, le Pr Makita Kasongo (faculté Ssp, Unil), le Pr Gora Mbodj de l’Université Gaston Berger qui n'a pas pu assister physiquement à la soutenance publique pour des raisons de santé, mais a fait parvenir son rapport qui a été lu. Dans le système particulier de l'Université de Lausanne en Suisse, on ne délivre pas de mention, mais le Docteur Amadou Lamine Ndoye pouvait se réjouir d’avoir ‘reçu les félicitations du jury et le grade de Docteur ès sciences sociales’.
El Hadji Gorgui Wade NDOYE/Walfadjri

Bilan de 50 ans d'indépendance au Sénégal

PORTRAIT D’UN QUINQUAGÉNAIRE : Le nouveau visage du Sénégal
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Le Sénégal dans sa nouvelle peau. Un pays qui s’épanouit ou qui se pare de ses laideurs ? Cinquante années après les indépendances, nos reporters vous proposent une promenade dans les grandes villes de ce pays. Commençons part la capitale. Dakar s’est taillée une robe en ciment, fer, béton et bitume pour offrir, à ses habitants et aux nombreux étrangers qui y vivent et y travaillent, un cadre de vie plus attrayant, de la Patte d’Oie à l’Avenue Léopold Sédar Senghor et du Boulevard de la République à l’Aéroport Sédar Senghor en passant par les Almadies, les Mamelles et la Corniche Ouest. A une dizaine de kilomètres, il suffit d’emprunter le tapis de la nouvelle Autoroute à Péage pour se retrouver, en une dizaine de minutes, à Pikine. Cité grouillante, ville dortoir qui polarise des quartiers à très forte demande sociale : assainissement, inondations, emploi, routes... Une facture sociale que l’Etat est appelé à prendre en charge dans le cadre des différentes initiatives en faveur de la jeunesse. Des réalisations et des attentes... Sortons de Dakar. A soixante-dix kilomètres de la Place de l’Indépendance, le Programme... Spécial Indépendance de 2004 a changé le visage de Thiès, la cité du Rail... sur les rails de la modernisation. Une porte ouverte sur Saint-Louis, le centre du bon goût qui baigne dans les acquis et formule de nouveaux besoins. Plus loin, Podor creuse les sillons du renouveau économique et social pendant que Tambacounda et Kédougou tirent du sous-sol les nouveaux éclats d’un quotidien. Fatick, cœur du Sine, bat au rythme de ses infrastructures modernes. Enfin, la Casamance cultive le champ de la reconstruction. Restez dans les pas de nos reporters sur les routes du Sénégal.

INFRASTRUCTURES : Dakar, la mue capitale

Par la magie de son statut d’ancienne capitale de l’Afrique occidentale française (Aof) et de tous les avantages hérités ainsi que sa position géographique privilégiée, Dakar a toujours fait figure de capitale mythique. Cependant, au fil du temps, pression démographique sauvage, étroitesse, obsolescence des infrastructures routières, pollution, anarchie, indiscipline... ont fini de lui coller au visage telles de vilaines verrues. Mais en l’espace de dix ans, grâce à la volonté démiurgique du président Wade de hisser Dakar à la hauteur de sa réputation, le visage de la capitale sénégalaise en est sorti transfiguré. Pour le meilleur.
Des échangeurs surgis d’on ne sait où et tels de miraculeux aiguilleurs du sol, rendent fluides les interminables théories de voitures. Des chaussées à doubles voies filant jusqu’à l’ivresse vers l’inconnue. Des tunnels forés dans les entrailles de la corniche et procurant la saveur de l’ivresse de la vitesse tel un rider chevauchant sa Harley Davidson sur le Highway 44.
Une autoroute à péage, tel un énorme boa constricteur, serpentant sur une cinquantaine de kilomètres, dans les dédales de la bruyante banlieue dakaroise, s’efforce de relier, telle une veine jugulaire, Dakar à la nouvelle plate-forme économique de Diamniadio...
A l’évidence, la capitale sénégalaise s’est littéralement transmuée. Vous suffit-il de vous éloigner de Dakar pendant quelques années, que vous ne le reconnaîtriez plus !
Assurément, entre le visage de Dakar d’hier et celui d’aujourd’hui, c’est comme entre la nuit et le jour ! Suffoquée, congestionnée -au point que ses embouteillages monstres n’avaient plus rien à envier aux tristement célèbres go-slow de Lagos-, populeuse, crasseuse, polluée, obscure, anarchique..., l’ancienne capitale de l’ex-Afrique occidentale française (Aof), métropole le plus à l’ouest du continent africain et qui lui a valu le titre prestigieux et envié de porte océane du continent noir, ne tenait plus son rang de grande capitale internationale.
Mais diantre ! Où a-t-elle donc acquis cette réputation de capitale prestigieuse ?
Cosmopolite, historique, politique, intellectuelle, culturelle, universitaire..., elle fut le centre névralgique de l’Afrique occidentale française dès 1902.
Mais au fil des années, elle s’est peu à peu décrépie, défraîchie, décatie, telle une vieille fille, perdant de son verni colonial sous les assauts impitoyables du temps.
Ne pouvant toutefois plus souffrir l’offense qui lui était infligée, elle décida de se transmuer grâce à la volonté d’un bâtisseur, tel un pharaon, à travers la maîtresse d’œuvre, l’Apix, l’agence chargée de donner corps à la vision présidentielle.
Il paraît, tout de même, que la transmutation prenait, jadis, au travers de formules alchimiques jalousement consignées dans le grimoire.
Mais ici, l’alchimie, s’il y en a eue, s’est opérée entre la vision et la volonté d’un chef, de faire de Dakar une ville digne de son rang, et la compétence et détermination d’hommes et de femmes, nourris par le soutien sans faille de bailleurs de fonds, autant publics que privés.
Cependant, pour en arriver là, que de travail, de sueur, de persévérance et de foi !
Des engins aux mains préhensiles forent sans arrêt, à longueur de journée, à longueur de nuit, les entrailles du sol dakarois
Les ouvriers, sous le cagnard qui écrase souvent la capitale sénégalaise, se lancent, à corps perdu, dans une lutte épique, armés de perceuses, de piques, de burins... : ils soudent, tirent, raccordent. Le tout dans un ronronnement d’engins dantesque. En bien des endroits, la capitale sénégalaise s’apparente à une immense fourmilière poussiéreuse.
D’une part, articulé autour de la réalisation de l’Autoroute à péage (de l’échangeur de Malick Sy à l’aéroport international Blaise Diagne) long de 45km, le réaménagement et la remise à niveau des infrastructures routières de la ville de Dakar pour une meilleure mobilité urbaine, ont permis à la ville de respirer.
D’abord, on commença par trancher le nœud gordien, pour ainsi dire, l’antique pont de Hann. Après une cinquantaine d’années de bons et loyaux services (il fut construit en 1951), le vénérable quinquagénaire s’écroule dans un tonnerre de fracas, dynamité en mars 2006.
Véritable goulot d’étranglement, il rendait infernale la circulation, aux centaines de milliers d’automobilistes qui empruntaient quotidiennement le sens banlieue-Dakar centre-ville et vice-versa.
Aujourd’hui, il y est érigé à la place, un échangeur ultra moderne de grande envergure, en forme de trèfle. Et en lieu et place d’embouteillages monstres, a succédé une distribution fluide de la circulation.
L’ancienne autoroute El Hadji Malick Sy qui remonte à 1951, a été entièrement relookée et élargie : ainsi le tronçon Malick Sy-Patte d’Oie, long de 7 km a été élargi en 2 x 3 voies.
De même qu’un échangeur moderne, fonctionnel et de grand gabarit, faisant figure de porte d’entrée à l’autoroute, y a été implanté. Donnant, ainsi, tout son sens à la notion de mobilité urbaine pour des milliers d’automobilistes.
En dehors de quelques embarras, Ibrahima, conducteur de bus sur la desserte Dakar-Bamako, confirme « même si la circulation est souvent congestionnée aux alentours de l’échangeur du carrefour de Pompiers dû à l’important flux de véhicules se dirigeant vers Malick Sy et la Rts d’une part. Et de l’autre, les véhicules en provenance de Yarakh qui empruntent l’échangeur pour repartir vers Malick Sy, ainsi que ceux venant de la gare routière Petersen qui prennent l’échangeur pour reprendre l’autoroute vers Colobane. Ces bouchons surviennent entre 9 h et 10 h du matin. Mais en dehors de ces bouchons, la mobilité des automobilistes est maintenant impressionnante ! »
Dans la même veine, le pont de Colobane, lui aussi quinquagénaire, a cédé la place à une infrastructure ultramoderne surplombant l’autoroute.
Du coup, elle aiguille admirablement les flux interminables de véhicules en provenance du centre-ville, de la vétuste route de Rufisque (Yarakh) mais aussi et surtout de la gare routière flambant neuve de Colobane dont le trafic voyageur journalier se chiffre à plusieurs dizaines de milliers de personnes.
A l’autre bout, l’échangeur de la Patte-d’oie, l’un des plus modernes de la sous-région ouest-africaine, selon les spécialistes, fait figure de véritable plaque tournante. Muni de onze bretelles et de trois dénivellations supérieures, les automobilistes ont ainsi maintenant le loisir de filer à toute vitesse vers Yoff, Pikine ou le centre-ville de la capitale sans encombre.
Ce premier dispositif qui sert de tête de pont à l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio, est accueilli avec un grand soulagement de tous les usagers pour plusieurs raisons.
Unique voie de sortie de la capitale, ce tronçon -courant de Dakar à Rufisque- d’après les spécialistes, « contribue pour près de 50 pour cent aux externalités négatives générées par la congestion de la circulation urbaine (ralentissement, accidents, pollution, etc.) (Le Soleil Investissement et Entreprise, N.2. Mars 2006). En effet, selon les calculs des spécialistes, soixante dix mille véhiculent empruntent quotidiennement, dans les deux sens le centre-ville de Dakar et sa banlieue (Parcelles assainies, Guédiawaye, Pikine, Thiaroye, Mbao, Keur Massar...). Outre le gain de temps, d’énergie et la réduction de la pollution impliqués par ces aménagements, les économies réalisées seront importantes : les embouteillages coûtaient 108 milliards de francs Cfa annuellement à l’économie sénégalaise et par conséquent des points de croissance.
Comme pour compléter la panoplie, l’échangeur du Cyrnos, de l’Ecole normale supérieure, les doubles voies de l’ancienne piste, la Vdn ainsi que l’autoroute Patte d’Oie-aéroport Léopold Sédar Senghor jouent admirablement leur rôle dans le bon fonctionnement du dispositif routier dans la capitale.
A présent, cap sur la Corniche est. L’autre bout de la presqu’île qui, en dépit de ses poussières de 0,5 pour cent du territoire sénégalais qu’elle occupe, renferme en son sein, 3 millions d’habitants (soit le quart du total national), concentre 80 pour cent des activités industrielles et commerciales de tout le Sénégal !
Autant dire que la métropole est une vraie étuve ! Ouverte aux alizés et autres Açores de l’Atlantique sur une trentaine de kilomètres, la corniche constitue les voies respiratoires de Dakar. A la faveur de l’organisation du sommet de l’Organisation de la conférence islamique (Oci) en mars 2008, les responsables de l’agence chargée de l’organisation de la rencontre, avaient émis le vœu de faire de cette corniche l’une des plus belles d’Afrique !
En tout cas, à l’épreuve de la réalité, le vœu s’est réalisé : le visage de la vitrine atlantique de la capitale en est sorti complètement transformé.
A la place de l’ancienne route qui épousait la corniche de l’ancien site du Tribunal régional de Dakar à l’aéroport Léopold Sédar Senghor, est sortie une superbe autoroute ponctuée de tunnels et divers ouvrages d’arts qui est en passe de terminer sa course à l’aéroport Léopold Senghor en passant par le parc culturel dont l’imposant monument de la Renaissance africaine constitue le vaisseau amiral.
Emprunté par des dizaines de milliers d’automobilistes en provenance du plateau administratif ou des quartiers résidentiels de Dakar (Mermoz, Sacré cœur, Foire, Diamalaye...), le tronçon était en proie, par endroits, à d’exaspérants bouchons, aux différentes heures de pointe.
Aujourd’hui, toutes ces plaintes et complaintes d’automobilistes sont rangées aux registres de mauvais souvenirs. Selon un automobiliste interrogé, « les embouteillages étaient vraiment le casse-tête des usagers de la corniche mais maintenant, c’est vraiment que de lointains mauvais souvenirs. C’est fluide.
« Avant, pour rentrer chez moi ou aller travailler, je faisais trente minutes. Alors que maintenant, je fais vingt ou même quinze minutes souvent. »
Un autre automobiliste, Mamadou Sagna, mécanicien de son état, rencontré devant l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan-Cheikh Anta Diop) lui fait chorus « entre la situation d’avant et maintenant, c’est vraiment sans commune mesure ! En matière de fluidité de la circulation, nous ne nous plaignons de rien vraiment. » Le seul hic, à l’en croire, est « l’ensoleillement qui nous éblouit souvent à l’entrée des tunnels. Ce serait une bonne chose que la voirie pense à installer des parasoleils à l’entrée des tunnels. Sinon, cela peut nous réserver de mauvaises surprises. »
Outre les nouveaux équipements routiers, l’aménagement de jardins, parcs culturels, places et autres commodités urbaines, a beaucoup contribué à ce nouveau visage plus reluisant de Dakar.
Si la Porte du Millénaire et la Place du Souvenir africain constituent aujourd’hui autant de passages incontournables sur la Corniche, le Monument de la renaissance africaine de 60 mètres qui trône sur l’une des deux mamelles de 100 mètres de haut et son complexe, sera sans doute, l’une des principales attractions de la capitale sénégalaise ainsi que son identité de métropole internationale. A l’instar de la tour Eiffel à Paris, de la Statue de la liberté « éclairant le monde » à New York ou encore la célèbre Sirène dans le port de Copenhague (œuvre d’Eriksen), Dakar sera dorénavant l’un des porte-étendards de la Renaissance africaine, ne fût-ce que symboliquement, à travers cette statue.
Même si Dakar ne dispose pas encore de grands jardins d’agrément comme Hyde Park à Londres, Bois de Boulogne à Paris ou Manhattan à New York -de véritables poumons verts dans l’Urban Concrete Jungle (ou l’enfer du béton que pourfendait Marley)- les riverains de la corniche se contente, en attendant, des aménagements le long de la corniche.
Chaque après-midi, ils sont des milliers de joggers à maintenir la forme en inspirant à pleins poumons la brise de l’Atlantique.
Avec tous ces aménagements, Dakar vient de se doter d’une corniche qui fait honneur à son rang de métropole internationale.
Quant à l’aménagement culturel de la ville, elle suit son cours, lentement mais sûrement. Ainsi, sur l’ancien site de la gare de Dakar, même si le projet de la Bibliothèque et des Archives nationales sont encore dans les cartons, le monumental Théâtre national est en train de sortir de terre. Une manière de rendre hommage à un peuple friand de dramaturgie et dont les maîtres ont noms : Douta Seck, Lucien Lemoine, Omar Seck, Makhourédia Guèye, Babou Faye...
L’embellissement, la mise à niveau du mobilier urbain, la réfection de la voirie ainsi que l’électrification de la capitale sont autant de réalisations emblématiques des volontés des autorités gouvernementales et des collectivités locales de faire de Dakar une cité moderne dans le troisième millénaire.
Il faut, toutefois hélas, se rendre à l’évidence : la capitale est surpeuplée et l’indiscipline dont font souvent montre ses habitants, n’aide pas à une amélioration rapide de leur environnement et conditions de vie.
A moins d’une réelle prise de conscience des citoyens faisant de la salubrité et l’embellissement de la ville l’affaire de tous, toute politique d’aménagement urbain sera un tonneau des Danaïdes.
Volonté, patience et discipline sont les maîtres-mots de la réussite de ce dessein.
Comme si Paris ne s’est pas fait en un jour, alors en quelle vertu Dakar échapperait-il à cette règle inscrite dans nul manuel, mais bien au cœur même de la réalité des choses.
Amadou Oury DIALLO

08/04/2010

L'érosion côtière menace le Sénégal

L'érosion côtière menace le Sénégal
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Extraction de sable et constructions anarchiques ont érodéle littoral. Les habitants et les touristes en pâtissent.
Sur la plage de Malika, près de Dakar, Mamadou Sow pointe l'océan Atlantique. Il y a quelques années, le bar de son campement a été englouti par les flots. Il estime qu'en cinq ans, la mer est montée de 200 m. L'homme a reconstruit plus loin, mais, la semaine dernière, l'eau a quand même pénétré dans ses cases. « Les touristes ne viennent plus.
La baignade est interdite et il n'y a plus de place pour bronzer. Je n'ai plus le courage de tout reconstruire. Et l'État ne fait rien pour nous. »
Pendant vingt-quatre ans, chaque jour, 400 camions ont chargé, à raison de 15 tonnes par cargaison, le sable marin extrait de Malika. Si les poids lourds ont déserté la carrière, des charretiers continuent, illégalement, de ramasser ce sable la nuit. Comme sur bon nombre de plages.
À Saly, la plus grande station balnéaire de l'Afrique de l'Ouest ¯, les hôtels sont les plus touchés par l'érosion.
Une dizaine n'a tout simplement plus de plages. « Sur tout le littoral, pour faire des zones de débarquement de pirogues pour touristes, on a construit des 'épis'. Ce qui provoque des perturbations un à deux kilomètres plus loin », explique le géologue Pape Goumba Lô. Le tourisme est la principale ressource du pays. Régulièrement, de Saint- Louis, au nord, en Casamance, au sud, l'océan se déchaîne, détruisant bâtiments et routes.
L'environnement, aussi, est touché. Dans le Saloum, la mer entre dans les rivières, salinisant les terres et contaminant les nappes phréatiques. 70 % des Sénégalais vivent de l'agriculture. En soixante ans, la côte a perdu 100 à 150 m de plage.
Aurélie FONTAINE

03/04/2010

Manifestation à Dakar

Sénégal: l'opposition manifeste, le monument de la Renaissance inauguré
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Des centaines d'opposants au régime du président sénégalais Abdoulaye Wade ont manifesté samedi à Dakar juste avant l'inauguration du monument controversé de la Renaissance africaine, plus haute que la statue de la Liberté de New York.
Plusieurs centaines de manifestants réclamant notamment le départ du chef de l'Etat, 84 ans, au pouvoir depuis 2000, ont entamé leur marche peu avant 12H00 (locales et GMT) sur l'avenue Bourguiba, à environ 3 km de la statue, a constaté un journaliste de l'AFP.
Cette dernière doit être inaugurée en fin d'après-midi en présence de plusieurs chefs d'Etat africains lors d'une cérémonie constituant le point d'orgue du cinquantenaire de l'indépendance de cette ancienne colonie française d'Afrique de l'Ouest, réputée pour sa stabilité politique.
"Signons le départ de Wade", "Le peuple exige une éthique de gouvernance et rejette la gestion mafieuse du clan Wade", pouvait-on lire sur des banderoles.
La marche avait dans un premier temps été interdite par les autorités avant d'être finalement autorisée samedi matin. Les opposants, dont de nombreux jeunes, continuaient d'affluer à la mi-journée. Des policiers encadraient la foule et aucun incident n'avait été signalé.
Plusieurs leaders de l'opposition étaient présents, notamment le chef du Parti socialiste (PS, parti ayant dirigé le Sénégal de 1960 à 2000) Ousmane Tanor Dieng, ainsi que d'anciens Premiers ministres du chef de l'Etat passés à l'opposition comme Moustapha Niasse et Macky Sall.
Pour M. Niasse, leader de l'Alliance des forces du progrès (AFP), "les raisons de cette marche dépassent le monument", évoquant notamment la cherté de la vie et les entraves à la liberté de la presse.
De plus, le monument en bronze représentant un couple et un enfant, construit par des Nord-Coréens dans un style vaguement soviétique, "n'a rien d'africain et le président Wade cherche à l'imposer au Sénégal et aux Africains", selon lui.
Pour la députée de l'opposition, Ndèye Fatou Touré, il s'agit d'"un monstre économique et d'un scandale financier dans le contexte de crise" actuel, dans un pays où la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté.
Le coût de cette statue monumentale qui domine la capitale est estimé à plus de 15 millions d?euros mais c'est surtout l'idée qu'un tiers des recettes puisse revenir au président Wade au titre de droits d'auteur comme concepteur de la statue qui a été vivement critiquée.
Des chefs musulmans sénégalais y ont même vu un symbole d'idôlatrie, dans un pays majoritairement musulman.
Pour les promoteurs de la statue, il s'agit au contraire du symbole d'une Afrique émergente sur le plan mondial, forte de son milliard d'habitants et d'une économie en pleine croissance malgré une pauvreté endémique.
Cette imposante structure haute de 52 mètres montrant "une Afrique sortant des entrailles de la terre, quittant l'obscurantisme pour aller vers la lumière" est ainsi comparé par ses promoteurs à la Tour Eiffel à Paris, la Statue de la liberté à New York, ou le Christ Rédempteur à Rio de Janeiro.
Cette statue particulièrement choyée par le président Wade devait être inaugurée en fin d'après-midi. Plusieurs chefs d'Etat africains ont fait le déplacement.
Par contre, le président de la France, ancienne puissance coloniale, Nicolas Sarkozy sera absent et a envoyé un message écrit à son homologue sénégalais.
Paris sera donc représenté à l'inauguration par son ambassadeur à Dakar, l'écrivain Jean-Christophe Rufin. Le ministre français de l'Intérieur Brice Hortefeux est attendu samedi soir pour participer aux défilés marquant le jour officiel de l'indépendance, le 4 avril.
Malick Rokhy BA

50 ans d'indépendance du Sénégal

Le Sénégal grave son indépendance dans le bronze
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Le monument de la Renaissance africaine, inauguré dimanche à Dakar, fait polémique.
Difficile de ne pas la voir. La statue de la Renaissance africaine, officiellement inaugurée dimanche, surplombe désormais Dakar de ses 50 mètres de bronze. Insensibles à la hauteur, les rues restent étonnamment apathiques, imperméables à l'ouvrage comme aux fêtes du cinquantenaire de l'indépendance que le pays célèbre aujourd'hui.

Le président, Abdoulaye Wade, n'a pourtant pas ménagé ses efforts pour «vendre» avec emphase la grande cérémonie et «son idée» aux Sénégalais. «L'ouvrage est digne du continent africain et montre une Afrique quittant les entrailles de la Terre, l'obscurantisme, pour aller vers la lumière», insiste-t-il. Le plaidoyer de l'ancien avocat n'a pas totalement convaincu. S'il domine, le monument de la Renaissance africaine divise aussi. Le style stalino-africain agace certains. Des associations s'émeuvent que sa construction ait été confiée à une société de Corée du Nord. Le coût, plus de 24 millions d'euros, fait grincer des dents. Abdoulaye Wade rappelle que le financement s'est fait grâce à un échange de terrains. «Le montage est bien légal mais il n'est pas transparent», affirme Mohammed Bodje, représentant de l'ONG Transparency International. L'annonce par le président qu'il réservait 35 % des revenus de l'ouvrage pour sa fondation au titre de la propriété intellectuelle a achevé d'enflammer la polémique.
 Même les imans s'en sont mêlés, reprochant cette fois au couple statufié, en particulier à la femme laissant voir son sein, d'être impies. Mais c'est l'opposition qui lance les critiques les plus acérées. «Cette statue représente-t-elle la Renaissance africaine ou la gloire de Wade ? Elle a été construite sans consulter aucun des autres pays africains qu'elle prétend incarner», affirme Aïssata Tall, porte-parole du Parti socialiste.
«Finalement, toutes ces tensions démontrent que le Sénégal est devenu une démocratie», sourit Seydou Madani Sy, l'ancien recteur de l'université de Dakar. À 76 ans, il se souvient des premiers jours de l'indépendance comme d'un rêve. «Nous étions très jeunes et rejoindre notre nouvelle patrie était comme une évidence», souligne celui qui quitta, sans hésiter, le confort de la faculté de Grenoble pour le gouvernement en formation. Mbaye Jacques Diop, alors responsable des jeunes dans le parti de Léopold Sédar Senghor, le premier président sénégalais, n'a rien oublié. «La première fois que nous avons vu le drapeau sur le palais, entendu l'hymne, nous avons su que nous avions gagné.»

Alternance démocratique

Ni l'un ni l'autre ne sont assez angéliques pour oublier les débuts difficiles et le régime parfois musclé de Senghor. «Mais il a su construire un État. C'est à lui que nous devons la solidité des institutions», souligne Seydou Madani Sy. Comme tous les Sénégalais, il met en avant la stabilité du pays, un cas unique sur le continent. Il rappelle le départ sans drame de Senghor en 1980 et l'alternance démocratique qui vit arriver l'opposant Abdoulaye Wade à la présidence en 2000, autre spécificité du pays. L'ancien ministre Assane Seck, du haut de ses 91 ans, regrette toutefois que le cinquantenaire ne soit pas assez «l'occasion d'une introspection sur le passé» et les raisons qui maintiennent le Sénégal dans la pauvreté.

À Pikine, on est bien loin de ces débats. Cette banlieue, fondée en 1952 pour agrandir la capitale, s'est muée en zone tampon pour accueillir un demi-siècle d'exode rural. Aujourd'hui, elle compte un million d'habitants. Dix fois plus que le Dakar de 1960. Et, dans ses rues ensablées, bordées de maisons construites à la hâte, le souvenir de l'indépendance n'est pas une priorité. «C'est important pour l'histoire mais nous, ce qu'on veut, c'est du travail pour manger», lâche Fatou Diop. Cette enseignante a son seul salaire pour faire vivre cinq adultes et dix-huit enfants. Les voisins ne sont pas mieux lotis.
Assise près de sa mère, Mariatou, 10 ans, s'interroge sur cette Renaissance, qu'elle aimerait voir un jour. Mais le ticket de bus pour couvrir les 10 km qui la séparent de l'œuvre est un trop grand luxe.
Tanguy Berthemet