31/08/2010

Ramadan, on fait semblant

Au Sénégal, les fraudeurs du ramadan font semblant

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Dans un pays musulman à 95%, il ne fait pas bon avouer qu'on ne jeûne pas, et les recettes pour feinter sont nombreuses.
C'est un phénomène bien étrange. En ce moment, à l'heure du déjeuner, dans les gargotes et autres restaurants populaires de Dakar, tout le monde se dit soudainement catholique ou souffrant -l'islam autorise malades, femmes enceintes ou en période de règles à ne pas suivre le jeûne du ramadan, cinquième pilier de l'islam.
D'ailleurs, les gargotes ne désemplissent presque pas. En plein centre de Dakar, à Sandaga, Fatou Binta Mbaye, tient l'une d'entre elles : le restaurant Kher Khady. Si elle reconnaît une baisse des clients, elle ne l'estime qu'à 8%. Pour justifier le rush de ce mardi midi, elle adopte l'excuse consacrée : « Nous, on a des clients chrétiens. »
Pas de loi contre les « dé-jeûneurs », juste la pression sociale
Tous catholiques, donc ? Mais oui, mais oui… En réalité, le pays est à 95% musulman et ne pas faire le ramadan est considéré comme une faute inadmissible.
Contrairement au Maroc cependant, être dé-jeûneur pour un Sénégalais n'est pas une affaire d'Etat et de loi. Personne ne sera jamais non plus tabassé, comme cet homme à Lyon, pour avoir mangé pendant le ramadan.
A la télévision, Sanex, un humoriste très populaire, ne cesse d'ailleurs de se représenter en fraudeur du ramadan, ce qui fait mourir de rire les Sénégalais. Les dé-jeûneurs sont donc seulement confrontés au regard des autres. Seulement ? Ici, ce n'est pas rien. C'est tout.
Djibril Diakhate est sociologue des religions à l'université Cheick Anta Diop de Dakar. Il rappelle combien au Sénégal, le regard des autres est important, organisant la pratique religieuse.
« L'islam, ici, fonctionne plus comme une convention, une contrainte sociale que comme une réalité spirituelle. Beaucoup de personnes jeûnent parce qu'il ne pourrait pas en être autrement dans un milieu où tout le monde fait le carême. C'est une sorte de suivisme. »
La pratique religieuse est de plus ostentatoire.
« Un individu peut sacrifier certains besoins vitaux au profit d'une bonne appréciation de la part du public. On veut se faire voir. Il faut avoir une longue barbe, il faut avoir un long chapelet, il faut avoir une natte à la main, c'est une façon de dire aux autres que je suis vraiment quelqu'un de pieux.
Nous sommes dans une société où le jeu de la simulation et de la dissimulation ont atteint des proportions très très élevées, du fait notamment du regard des autres. »
Il évoque enfin la citation de Sartre (« L'enfer, c'est les autres »), concluant :
« Les autres me font mener une vie infernale parce qu'ils me regardent. »
Comédiens du ramadan
Alors certains préfèrent jouer la comédie, rentrer dans leur famille le soir et se déclarer « é-pui-sé », se plaindre de la faim qui torture le ventre et le corps, se lamenter de l'eau qui manque tant à la bouche et à l'esprit.
Ici, on les appelle les « wooru gale » (prononcer « worou galé »). En wolof, le mot « wor » signifie le ramadan, tandis qu'en pulaar « gale » désigne « la maison ». Un « wooru gale », c'est donc celui qui jeûne à la maison… Mais pas dehors.
Ada, taximan à Dakar depuis plus de dix ans, me l'a expliqué.

Il est difficile d'obtenir un témoignage de « wooru gale ». Sa cuillère plongée dans un « tieboudien » (plat national sénégalais), Lamine a cependant accepté de parler, mais non d'être filmé ou pris en photo. Les yeux baissés sur son plat, il parle doucement pour ne pas être entendu des autres clients.
« Je travaille en Italie comme agent de sécurité, et je n'ai pas l'habitude de faire le ramadan. J'ai un frère qui fait la morale.
Si je rentre à la maison, je ne dis donc rien à personne, et s'il me questionne je dis que j'ai fait le ramadan, que je suis fatigué et que j'ai faim. Si mon frère savait que je viens ici le midi, il ne me respecterait plus, il serait fâché contre moi. »

Société patriarcale
Les jeunes, comme Aboul Aziz, s'autorisent plus facilement d'évoquer le sujet. (Voir la vidéo)
Si Abdoul Aziz parle plus facilement, c'est aussi parce qu'il est encore adolescent. Or chez les enfants, le « wooru gale » est complètement toléré. Il est même considéré comme faisant partie de l'apprentissage évolutif du ramadan. Le jeûne ne devient obligatoire qu'à l'arrivée de la puberté.
Mamadou, un lycéen du quartier des Hann Maristes, à Dakar, a pratiqué cette fraude sur laquelle les adultes posent un regard bienveillant. Aujourd'hui, il en parle… Tout en refusant que l'on montre son visage.
La pression sociale épargne également beaucoup plus les femmes. Et pourquoi donc ? « Société patriarcale », répond Djibril Diakhate.
« On tolère le “wooru gale” beaucoup plus chez les enfants et chez les femmes parce que nous avons une société patriarcale qui acorde beaucoup de privilèges à l'homme et qui considère aussi qu'un homme doit être courageux.
Il doit pouvoir faire face à la soif, à la faim, à l'hostilité, à l'adversité. C'est lui qui doit défendre la femme, il ne doit pas pleurer, il doit être robuste, voilà quoi il doit être comme un lion. »
Renée Greusard ( voir vidéos sur http://www.rue89.com/2010/08/30/au-senegal-les-fraudeurs-... )

27/08/2010

Soutenir la Sonatel

Soutenir la SONATEL

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La soif inextinguible de richesses du régime de l'alternance s'accentue à mesure qu'il prend conscience de sa chute imminente. La nouvelle trouvaille- la taxation des appels téléphoniques entrants- pour s'enrichir et enrichir une société étrangère (Global Voice) au détriment d'une société nationale suscite déjà de nombreuses récriminations de la part des Sénégalais de l'extérieur et principalement des syndicalistes de la SONATEL, qui craignent pour la survie de leur entreprise qui ne tarderait guère à subir le sort des ICS, de la SONACOS et de la SENELEC.
Ces derniers jours, la SONATEL a tenu à préciser de manière insistante que" le contrôle des communications entrantes dévolu à Global Voice peut être fait à un coût (investissement et maintenance) inférieur à 2 milliards sur cinq ans, en lieu et place des 150 milliards annoncés". La différence est énorme. Un gouvernement patriotique, soucieux des intérêts de son pays, aurait sursis à l'application de cette mesure tant décriée et mis la SONATEL à l'épreuve ; mais le paradoxe de ce régime est qu'il n'aime pas la transparence et préfère toujours pêcher en eau trouble. La préférence nationale est un vain mot chez les "alternoceurs".Depuis le 1er août 2010, des Sénégalais de la diaspora paient leurs communications vers le Sénégal presque trois fois plus cher du fait des faveurs accordées à Global Voice: aux Etats-Unis, la carte prépayée qui donnait droit à 13 minutes de communication à ses utilisateurs ne leur donne plus que 5 minutes. Quand on pense aux efforts et investissements des émigrés dans notre pays, on trouve injuste de leur faire payer encore plus pour communiquer avec leurs parents restés au pays. On  a même dit que certaines communications à partir du Sénégal vers certains pays qui appliquent la réciprocité sont devenues plus chères. Soutenir la SONATEL dans son combat est une exigence nationale, au lieu de faire comme ces consuméristes d'opérette qui ont choisi de mener un combat à rebours et de hurler avec les loups de la mafia. Vous vous souvenez de l'un d'eux, celui-là qui avait détalé comme un lapin au lendemain de l'ouverture des Assises nationales après les premières menaces ; l'autre, politicien voltigeur, est revenu au parti au pouvoir après avoir cherché fortune ailleurs sans succès ; ces gens-là ne peuvent défendre aucun consommateur. Au surplus, il y a fort à craindre que les taxes générées ne serviront qu'à faire le tour du monde et à loger dans des hôtels de rêve au bord du Léman aux frais du contribuable sénégalais. Le syndrome du paradis perdu a donné lieu à une course contre la montre dans l'accumulation des richesses. Ce n'est pas étonnant de la part de gens dont la première réaction dès la prise de service a été d'esquisser des pas de danse dans le secret d'un bureau devant un coffre-fort rempli (à propos de coffre-fort, on raconte qu'il y a pénurie sur le marché) Les travailleurs de la SONATEL ont raison de se battre : dans un pays où les scandales sur les sociétés se succèdent au rythme de la parution de l'hebdomadaire "La Gazette", il est légitime de s'inquiéter.
Il serait suicidaire pour un pays pauvre très endetté comme le Sénégal de confier un nouveau mandat à des gens qui ont un goût immodéré de l'argent. Ils tiennent coûte que coûte à présenter leur candidat; le chemin est déjà balisé pour la recevabilité de sa candidature mais qu'à cela ne tienne, qu'il se présente et l'humiliation n'en sera que plus grande. Il est révélateur qu'après 26 ans d'existence un parti politique s'accroche désespérément à la candidature d'un nonagénaire comme bouée de sauvetage, à moins qu'on ne veuille tirer les marrons du feu pour un dauphin.
Yatma DIEYE

26/08/2010

Les mendiants de Dakar interdits

Les mendiants de Dakar sommés de se replier dans les lieux de culte

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Le gouvernement sénégalais a sommé les mendiants de Dakar de libérer les voies publiques et d'aller demander l'aumône dans les lieux de culte, pour lutter contre la mendicité de plus en plus importante dans la capitale, rapporte mercredi l'Agence de presse sénégalaise (APS, publique).

"Dès les prochains jours, le gouvernement va entreprendre une lutte efficace contre la mendicité qui est interdite", a déclaré le Premier ministre sénégalais, Souleymane Ndéné Ndiaye, cité par l'APS.

"Je voudrais leur dire que la police passera leur donner une mise en demeure" pour que, dès jeudi, "ces personnes" quittent la voie publique pour aller "recevoir l'aumône et la charité" dans les lieux de culte, a ajouté M. Ndiaye.

Il s'exprimait mardi soir après une réunion gouvernementale sur la traite des êtres humains, en présence de représentants d'organisations internationales, de la société civile et de l'association des imams et oulémas du Sénégal.

"Le Sénégal est sous la menace de ses partenaires qui estiment que nous ne luttons pas de façon efficace contre la traite des personnes. La mendicité organisée par des réseaux qui font mendier des jeunes qui leur retournent l'argent qu'ils utilisent à d'autres fins, est assimilée à une traite" des êtres humains, a dit M. Ndiaye.

La mendicité a pris de l'ampleur à Dakar où de plus en plus de mendiants, en particulier de jeunes "talibés" (élèves d'écoles coraniques), âgés de 2 à 17 ans, sont présents en nombre dans les rues de la capitale sénégalaise.

Il y a deux ans, l'Unicef avait estimé à 8.000 le nombre d'enfants des rues à Dakar.

En avril, l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) avait dénoncé la situation au Sénégal où des "dizaines de milliers d?enfants (sont) astreints à la mendicité", trop souvent "exploités et maltraités, soi-disant au nom de la religion".

Le 15 avril à Dakar, la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, avait également demandé au Sénégal d'agir pour régler le problème des "milliers d'enfants livrés à la mendicité" dans le pays, assimilant leur sort à de "l'esclavage".

Le Kankourang

La fête des circoncis Mandingues

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Quand le Kankourang envahit la ville de Mbour, de nombreux Mandingues y sont installés depuis la fin du 19ème siècle. Dans leur tradition le Kankourang, personnage mythique recouvert d’écorces rouges d’un arbre appelé fara, parcourt les rues en terrorisant la population pour protéger les jeunes circoncis pendant leur initiation. Le Kankourang représente un protecteur contre les mauvais esprits.
Pendant l’initiation traditionnelle Mandingue, qui avait lieu de la mi-juin à la mi-septembre, les non initiés étaient isolés et pris en charge par les initiés, Kingtang. La sortie et le retour au village étaient accompagnée par la danse des feuilles, le Djambaadong. Pendant leur retraite, trois mois sous la protection du Kankourang, avait lieu la circoncision et le rituel du Samaso, activité éducative qui avait pour but la transmission des valeurs, le respect des anciens, l’humilité, le courage ..

PRÉPARATIFS DU « KANKOURANG » A MBOUR : 600 enfants participeront aux rites d’initiation
 
A quelques semaines du démarrage du « kankourang », une réunion du comité départemental de développement (Cdd) s’est tenue, hier, sous la présidence du préfet de Mbour, Mamadou Dia. Des membres du comité d’organisation mandingue et les responsables des services techniques concernés ont pris part à la rencontre.
La cérémonie du « kankourang », marquée par des rites initiatiques, occupe dans la communauté mandingue et l’espace communal de Mbour, une place centrale qui a fini de s’inscrire dans l’agenda culturel local. Cette année, l’évènement va se dérouler du 11 septembre au 10 octobre. Pendant presque 30 jours, 600 enfants vont être initiés aux substrats culturels et cultuels de la communauté mandingue
Répartis dans six sites d’accueil dont un à Mboulème, dans la communauté rurale de Malicounda, toutes les facettes de la culture mandingue en matière de gestion de circoncis seront revisitées au profit des enfants. Malgré ce désir profond de s’ancrer dans l’authenticité d’une communauté assez conservatrice, le volet de la santé et de l’hygiène cadre parfaitement avec les normes les plus modernes. Ainsi, tout un dispositif médical devant assurer une exécution sans risque des opérations de circoncision et du suivi médical, a été mis en place. Cela, en relation avec le district sanitaire de Mbour.
En outre, des mesures préventives, comme le traitement des sites par le service d’hygiène avant et après la période, l’approvisionnement correct en eau potable, sont aussi prises pour éviter d’exposer circoncis et encadreurs aux maladies. Le « kakourang », consistant en des moments intenses de mouvements de foule, surtout pendant le week-end, la police, la gendarmerie et les membres du comité d’organisation mandingue entendent prendre des mesures idoines préventives pour éviter tout débordement. A ce propos, organisateurs, autorités administratives et locales invitent les populations à adopter un comportement participatif pour que tout se passe dans la paix, la fraternité et la concorde. Cette année, l’inauguration de « l’Espace kankourang », par le ministre de la Culture, Serigne Modou Bousso Lèye, durant les journées culturelles (23-25 septembre), constituera l’un des temps forts de ce mois du « kankourang ». Les responsables de la collectivité mandingue, par la voix de Cheikhou Dabo, ont révélé que « le « kankourang » est classé patrimoine immatériel et oral de l’humanité par l’Unesco ». Une distinction qui leur a permis de bénéficier d’un financement de 39 millions Fcfa pour la réalisation de « l’Espace Kankourang », sis au quartier Thiocé-Est.

23/08/2010

Inondations au Sénégal

Maisons, écoles et mosquées inondées au Sénégal

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Depuis 2005, l’hivernage rime avec inondation dans la banlieue dakaroise. Les quartiers construits, souvent irrégulièrement, dans les bas-fonds asséchés après plusieurs années de sécheresse, sont sous les eaux. Maisons, écoles, mosquées, rien n’est épargné.
Le pagne relevé jusqu’aux genoux, Marème Guèye se fraye un chemin dans l’eau verdâtre pour accéder à sa chambre. Cette année encore, la pluie a englouti une bonne partie de sa maison. Mère de six enfants et épouse d’un handicapé, cette résidente du quartier Sam Sam III, raconte son quotidien difficile de sinistré.
"Je me lève chaque fois qu’il pleut pour évacuer l’eau jusqu’à ce que la pluie arrête. Je n’ose pas dormir quand il pleut par peur d’être envahie par l’eau. Mon époux est un handicapé et j’ai des jeunes enfants", déclare Marème Guèye.
Pour aller faire ses courses, Marème Guèye enferme ses gamins dans sa chambre pour, dit-elle, "éviter qu’ils ne se noient" dans sa cours inondée.
"On superpose des briques jusqu’à une certaine hauteur pour pouvoir faire la cuisine et pour accéder à nos chambres", confie-t- elle.
A une centaine de mètres de la maison de Marème Guèye, l’école primaire du quartier flotte dans l’eau.
"L’école est inondée chaque année et la situation s’aggrave d’ année en année. Nous avons beaucoup d’élèves dans cette école mais présentement, il n’y a que six classes qui sont fonctionnelle sur 17", explique Moussa Mbaye, président du comité de gestion de l’école.
Les enseignants instaurent un système de rotation pour pouvoir satisfaire tous les élèves.
"C’est une école qui roule à 100% parce qu’il n’y a pas assez de classe et on ne peut pas laisser les enfants dans la rue. Il y a une équipe d’élève qui travaille le matin, d’autre monte le soir et le samedi et le dimanche sont réservés à un autre groupe . C’ est le système de rotation que nous avons mis en place", renseigne Abou Sow, vice-président du comité de gestion.
Au milieu des ruelles défoncées par les eaux, plusieurs ré sidents de Sam Sam III nettoient leurs meubles abîmés par la pluie.
Une vaste étendue d’eau, un véritable lac, sépare Sam Sam III de Sam Sam I. Tout autour traine des tas d’immondices auprès de maisons inondées, abandonnées par leurs propriétaires.
Plus loin, Abdoulaye Ndiaye, habitant de Sam Sam I, explique les difficiles conditions de vie. "Dans ce quartier, tout fonctionne au ralenti à cause des inondations. L’eau a envahi nos maisons, nos écoles et a rendu nos routes impraticables. On ne peut plus rien faire correctement ici à cause de l’eau. Nous abandonnons nos maisons le jour à cause des odeurs nauséabondes". Ici, même la mosquée est envahie par les eaux.
"C’est en ce début de Ramadan que la mosquée a été inondée. Nous avons tout essayé mais on n’a pas pu évacuer l’eau. Alors on a décidé d’abandonner la mosquée jusque après l’hivernage", se dé sole l’imam Mady Mbaye.
Entre eau verdâtre et nauséabonde, tas d’immondices, les habitants de Sam Sam sont exposés à plusieurs sortes de maladie.
Wagane Guèye, chef du poste de santé, note déjà beaucoup de cas de paludisme et de maladie dermique.
"Actuellement la pathologie dominante c’est le paludisme à cause des inondations. Il y a aussi les maladies dermiques parce que les enfants jouent à côtés des flaques d’eau. Nous avons déjà enregistré 622 malades et la plupart des malades ont le paludisme", indique-t-il.
De son côté, le gouvernement se veut rassurant. D’après Mansour Ndoye, qui préside le comité national de lutte contre les inondations, les sinistrés seront logés sur un site viabilisé de 50 hectares.
Le ministère de l’Habitat est en charge de ces opérations de relogement des victimes des inondations. Face aux députés, le 23 juillet, le ministre Oumar Sarr avait annoncé la construction de six cents maisons préfabriquées qui seront disponibles au mois de septembre.
Le dernier Conseil des ministres du mois de juillet (jeudi 29 juillet) a annoncé le lancement "imminent" d’un programme de 100 000 logements sociaux, en partenariat avec les Saoudiens et les Chinois.
Au niveau du ministère de l’Intérieur, un programme d’é radication définitive des inondations a été arrêté au mois d’avril dernier.
Ce programme d’un montant global de 167 milliards de francs Cfa, est destiné à la « réalisation de bassins de rétention, à la réhabilitation et à la revitalisation des lacs, des mares et des marigots et à la réalisation d’ouvrages de connexion et d’ interconnexion ».
En attendant la réalisation de ces projets, les inondations continuent de causer d’énormes dégâts.
Depuis 2005, ces inondations ont condamné 493 quartiers sous les eaux et causé 45 décès ainsi que 320 000 sinistrés, selon les chiffres officiels. Ce bilan est provisoire car la saison de pluie a commencé et les eaux qui avaient envahi les quartiers n’ont pas encore été totalement évacuées.
Nicolas Ly (Xinhua)

22/08/2010

A Dakar, le marché Kermel agonise

Entre poubelles, marchands ambulants et talibés: Kermel agonise !

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Visiter les marchés est sans doute le meilleur moyen de s’imprégner de l’ambiance d’une ville. A Dakar, Kermel était le lieu prisé par une certaine clientèle. Principalement les européens. Mais depuis quelques années, surtout après l’incendie de 1994, ce marché, pourtant classé patrimoine mondial de l’Unesco a perdu son lustre d’antan. Il offre désormais un décor désolant avec sa bâtisse qui risque de s’écrouler sur des produits qui peinent à trouver preneur.

De tous les marchés du Sénégal, Kermel est le plus touristique. Niché au cœur de Dakar, entre l’avenue Sarrault et le Port, ce petit marché se singularise par sa taille mais aussi par sa construction architecturale. Dans ce très beau bâtiment qui date de 1910, on y trouvait tous les produits alimentaires de type européen. Ce, avant bien qu’il ne soit ravagé par les flammes d’un incendie en 1994 et reconstruit en 1997.

Sur ces alentours, des vendeuses de fleurs circulent avec des bouquets (fleur), à côté de boutiques d’artisanat (vannerie, sculpture sur bois, maroquinerie) et de magasins modernes. Des boucheries, épiceries, rivalisent avec les marchands ambulants et autres talibés qui y ont élu domicile. C’est le nouveau décor qu’offre tristement Kermel, pourtant classé patrimoine mondial de l’Unesco.

Mais le plus triste c’est que Kermel semble laisser à son propre sort en cette période d’hivernage où les eaux ont fini par “submerger“ la capitale sénégalaise. Aujourd’hui, Kermel agonise au vu et au su de tout le monde. Malgré les coups de gueule des architectes, ce marché est en train de mourir de sa belle mort.

“Avant le marché Kermel, il y avait rien. On vendait juste des produits surtout pour les européens. On amenait la viande du port autonome de Dakar. Parce qu’il y avait même pas des frigos. Le lendemain, on récupère la viande et on l’amène ici au marché Kermel pour la vendre. C’était comme ça“, raconte, très nostalgique, Mamadou Diallo, boucher de son état. D’origine guinéenne, il travaille au marché Kermel depuis des années. Mais, avec le nouveau décor qu’offre ce lieu qu’il considère comme “sa vie“,

Le temps des regrets

il ne peut pas s’empêcher de nourrir des regrets. “Il faut mettre des sacs de poubelles pour rendre propre le marché parce que y a beaucoup d’ordures“, souligne sans trop insister sur les montagnes de saletés qui jalonnent à quelques mètres du bâtiment.

Quid de la mise en place du marché de l’art ? Il confie : “C’est la mairie qui a mis en place ce marché. Ce sont eux qui savent comment faire. Depuis que le marché a pris feu (1994, Ndlr), il a beaucoup changé ; parce qu’avant y avait beaucoup de cantines et de boucherie“, rappelle-t-il.

Du côté du délégué des commerçants, on se refuse à tout commentaire, même si visiblement, on ne semble pas apprécier la situation. Mieux, on nous confie que certaines personnes avaient même reçu des pressions de toute part après avoir fait des témoignages sur une radio étrangère. “Depuis cette affaire, je ne veux plus parler“, confie un délégué cherchant vainement à nous trouver un interlocuteur.

Finalement c’est Omar Pam qui accepte volontier à dire tout haut ce que ses autres camarades pensent très bas.

“Nous avons trois problèmes ici. D’abord, c’est la sécurité, ensuite nous sommes envahis par des talibés et les marchands ambulants qui empêchent les clients de faire correctement leur achat. Finalement, la clientèle, surtout européenne qui faisait nos affaires, a fui. Troisièmement, c’est la pluie. Vous constatez de vous-mêmes. La toiture ne tient plus. Pendant la période hivernale, on perdait beaucoup de produits à cause des inondations. Parce que l’eau entre à l’intérieur du marché. C’est une situation assez délicate pour nous“, martèle ce commerçant ulcéré par la dégradation du marché Kermel.

“Nous sommes abandonnés à nous-mêmes”

Et d’ajouter : “il se pose aussi un problème d’étanchéité au niveau du marché. D’ailleurs, il y a des magasins qui se sont gâtés. Des canaux sont bouchés même si le comité de gestion est en train de faire tout son possible. Mais souvent, ça nous dépasse“.

“Pour la sécurité, au début, il y avait des policiers. Maintenant, nous sommes abandonnés à nous-mêmes. Nous sommes obligés de payer la garde à des gardiens en civile“. Toutefois, s’empresse-t-il de préciser : “la mairie de Dakar nous a envoyé des surveillants. Le maire essaie de nous apporter sa contribution. Parce que c’est la mairie qui doit gérer les ordures, veiller sur la propreté et la sécurité du marché en engageant des gardiens.

Malheureusement, c’est nous qui les payons à la fin de chaque mois“. “C’est pourquoi, le seul appel que je lance appel aux autorités c’est qu’elles nous aident sur le problème d’étanchéité et de sécurité“, conclut M. Pam. Son camarade renchérit en listant les différentes ethnies et autres nationalités qui travaillent au marché Kermel. “Il y a des Sénégalais, des Guinéens et des Maliens. Au début, le marché grouillait de monde et de clients. A 10 heures, on pliait bagages et on rentrait chez nous. Malheureusement, maintenant les gens restent toute la journée sans rien vendre à moins que vous soyez un fournisseur“, indique Lamine Diatta. Chez les dames, c’est le même son de cloche. Yandé N’diaye confie : “Avant, il y avait beaucoup de clients, mais maintenant nous ne les voyons que rarement parce que les produits sont chers. Nous restons toute la journée sans clients. Mais, nous rendons grâce à Dieu“.

Fête du 15 août sur la petite côte

FETE DU 15 AOUT SUR LA PETITE COTE
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La fête de l’Assomption dédiée à la vierge Marie la mère du Christ a été célébrée le Dimanche 15 Aout dernier un peu partout à travers le monde. A Mbour sur la petite cote une zone réputée pour sa bonne ambiance en ce jour, tout a été chamboulé par le ramadan comme à Saly ou la quasi-totalité des boites de nuit étaient fermées. Ailleurs, à Joal- Fadiouth notamment on a vibré au rythme de l’ambiance festive. Cela malgré la pluie qui faisait des siennes par moments.

20/08/2010

La pluie tue au Sénégal

De fortes pluies endeuillent le Sénégal
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Les fortes pluies qui se sont abattues sur le Sénégal  les 15, 16 et 17 août dernier continuent de causer des morts. Après celles de Dakar et Kolda, ce sont trois membres d’une même famille qui ont péri à Bakel, dans l’effondrement d’un immeuble. 
Selon l’agence de presse sénégalaise (APS), trois enfants d’une même famille ont trouvé la mort dans l’effondrement d’une terrasse, suite à une pluie de 54 mm qui s’est abattue sur le village de Gandé dans le département de Bakel, non loin du Mali, dans la nuit de mardi à mercredi. Les victimes sont âgées de 11 ans, 5 ans et 6 ans. L’accident a également fait trois blessés graves qui ont été évacués au centre de santé de Bakel, nous révèle la même source.

19/08/2010

Toute la lumière sera-elle faite?

La justice va départager le Sénégal et la société pétrolière suisse Oryx   
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Nouvel épisode qui montre que l’électricité au Sénégal n’est pas un long fleuve tranquille. Que cache donc la rupture du contrat liant l’Etat du Sénégal à Oryx ? 

Le ministre sénégalais de l’énergie a le premier jeté un pavé dans la mare en annonçant publiquement la rupture du contrat liant l’Etat du Sénégal à Oryx, filiale de la société pétrolière suisse Addax& Oryx Group (AOG) dans le cadre de la livraison du fuel nécessaire à la production de l’électricité. Interpellée par Les Afriques, la direction générale d’Oryx reste zen et estime que l’enquête sur son supposé « mauvais fuel » est menée par la justice et qu’à ce jour elle n’a reçu aucune notification officielle de rupture de contrat de la part des autorités sénégalaises.
 
Tout est parti d’une plainte des responsables de la société sénégalaise d’électricité (SENELEC) qui ont accusé Oryx de leur avoir livré le « mauvais fuel », responsable de la dégradation des machines et, par ricochet, de l’important déficit énergétique constaté dans le pays. Précision de taille, la plainte a été déposée contre x. Résultat, l’Etat annonce que toutes les importations de produits pétroliers seront désormais assurées par la société africaine de raffinage (SAR). Les autorités sénégalaises ont, à ce sujet, obtenu une ligne de la Banque islamique de développement (BID) permettant à la SAR d’acheter avec un crédit revolving de 25 millions de dollars en attendant l’arrivée de la fameuse turbine à gaz annoncée avec le soutien de la coopération chinoise. Cependant Serigne Momar Dièye, directeur général d’Oryx Sénégal annonce aux Afriques qu’ « il y a beaucoup d’amalgames, de non-dits et de silences dans cette affaire ». Pourtant les clauses du contrat liant l’Etat du Sénégal au groupe pétrolier suisse, précisent que l’accord peut-être dénoncé à tout moment moyennant un préavis de 2 mois par lettre recommandée avec accusé de réception. Ce qui n’est pas le cas actuellement, malgré les déclarations du ministre de l’Energie, selon les responsables de la société pétrolière. Le Sénégal et Oryx sont à ce jour liés par un contrat dit de passage de produits pétroliers. Cela veut dire que la société pétrolière a l’obligation de veiller à la qualité du produit, du début à la fin du processus. Mieux, un laboratoire permet d’effectuer des analyses sur les produits reçus, stockés et livrés. En fait précisent les responsables de la filiale d’AOG, ce n’est pas Oryx qui a vendu le produit à la SENELEC. Le tanker qui a déchargé le produit chez le pétrolier a aussi déchargé dans d’autres dépôts. Ce qui est constant pour l’heure, c’est qu’Oryx détient encore plus de 60% de parts de marchés au Sénégal dans le secteur du soutage de navires car elle livre du gaz oil, du fuel et des lubrifiants dans le Port ou au large de Dakar. C’est un véritable régulateur dans le secteur des hydrocarbures, en ce sens qu’elle occupe une position de courroie de transmission entre la SAR, les majors (Total, Shell, Elton…) et les distributeurs indépendants. Elle exporte des produits pétroliers en Gambie, au Mali et en Guinée-Bissau.

Oryx a été créée en 1989 suite au rachat et à la réhabilitation du dépôt Esso à Dakar par le groupe suisse Addax & Oryx Group qui détient actuellement 98,4% du capital ; le reste du capital étant détenu par des privés sénégalais. AOG est résolument tourné vers l’Afrique dont il demeure un acteur remarquable du secteur de l’énergie. Il évolue dans le stockage et la distribution de produits pétroliers dans 15 pays africains et a réalisé un chiffre d’affaires de 700 millions de dollars. AOG est présent, outre au Sénégal, au Bénin, au Burkina, en Côte-d’Ivoire, au Mali, au Niger, au Nigeria, en Sierra-Léone, au Togo et récemment en Guinée-Conakry. Le groupe développe aussi un projet de production de bioéthanol d’un coût de 250 millions de dollars en Sierra-Léone. 
Mohamed Ndiaye

17/08/2010

Obama contre Wade?

Des sénateurs américains demandent à l'administration Obama d'annuler le MCA pour le Sénégal et accusent Wade
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L’argent du MCA, 540 millions de dollars, revient sur le devant de la scène avec les premiers décaissements qui doivent être effectués. Washington Times, un autre quotidien de la capitale fédérale américaine, dans un long article, donne la parole au sénateur républicain, Ed Royce qui déclare sans ambages que le MCA accordé au Sénégal est «une erreur. Ed Royce est outré par le monument de la Renaissance du président Wade et a indiqué que « l’aide américaine va permettre au président sénégalais d’engager une entreprise de la Corée du Nord ». Royce qui a du mal à contenir sa colère face à un pays pauvre qui finance un statut parle même de «dépense exaspérante ».

Un autre officiel américain, toujours interrogé par le journal, Peter Pham, membre et vice président du comité de la politique étrangère américaine, indique qu’il doute de l’engagement du Sénégal pour la bonne gouvernance. Puis, dit : « Je m’étonne d’un pays qui a besoin de notre aide mais qui dépense de l’argent d’une manière dont la majorité de ses citoyens ne veulent pas ».

Et Mr Pham d’asséner : «la statue doit constituer à elle seule un motif pour arrêter l’aide américaine. Si vous avez 70 millions de dollars à perdre dans une statue alors que la plupart de vos citoyens ne sont pas d’accords, alors pourquoi devriez vous même recevoir 10 millions de dollars d’aide». Mais la statue n’est pas la seule critique des américains. Le cadeau de Wade à Alex Segura, cette fameuse mallette contenant 200 000 dollars l’est également. Aussi, les fonctions de Karim Wade au sein du gouvernement indisposent les américains. Selon l’officiel Pham, le fils du président a été critiqué « pour des dépassements de coûts et accusé de corruption ». Le sénateur Royce, qui a écrit au mois de septembre 2009 à Hillary Clinton avait indiqué dans sa missive qu’il « trouve troublant que le président Wade nomme son fils à un poste important où il pourrait être amené à gérer les fonds du MCA ».
Washington Times qui donne aussi la parole à Mr Moss, ancien assistant au département d’Etat plus précisément au bureau chargé des affaires africaines au temps de l’administration Bush, indique que le « le Sénégal déraille. Pour lui, la démocratie y est « sérieusement menacé ». Toutes ces raisons qui font par ailleurs que les officiels américains interrogés par le journal demande « purement et simplement » l’annulation du MCA envers le Sénégal.

"L'argent du MCA n'ira pas dans les poches de Karim, ni de Wade, ni de moi..", déclare l'ambassadrice du Sénégal aux USA

Selon l’ambassadrice du Sénégal aux Etats Unis, Fatou Daniel Diagne, interrogée par Washington Times, l’argent du MCA sera utilisé à bon escient. « L’argent n’ira pas à Karim Wade, ni au Président, ni encore à moi. Les décaissements du MCA devront passer par une équipe qui comprend également des américains », a dit la diplomate. Pour cette dernière, «il n’ y a rien à craindre que le Sénégal est reconnaissant vis à vis des Etats Unis et que cette aide va permettre d’améliorer les conditions de vie des populations. Fatou Dianelle Seck précise que si le Sénégal a bénéficié du MCA c’est parce que justement notre pays n’est pas corrompu. Lundi, le Washington Times a publié un article dans lequel de nombreux officiels américains élèvent la voix contre le Sénégal et la gestion future du MCA.

15/08/2010

Baisse de tva au Sénégal

Tva touristique de 18 A 10 % : Le Sénégal s’inspire de l’Afrique du nord

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Deuxième secteur pourvoyeur de devises après la pêche, le tourisme sénégalais est aujourd’hui au creux de la vague avec une forte baisse des taux d’occupation des hôtels. La réforme de la Tva suffira-t-elle à redresser la tendance ?

De concert avec les professionnels du secteur, l’Etat sénégalais s’engage à faire baisser la Taxe sur la valeur ajoutée (Tva) pour prétendre au standing du Maroc ou de l’Ile Maurice. C’est ainsi que pour relancer un secteur fortement sinistré par une baisse drastique des arrivées et un faible taux de retour, les responsables du ministère de l’Economie et des Finances ont pris l’engagement de baisser la Tva qui passe ainsi de 18 à 10 %. La mesure entre en vigueur dans la loi de finances 2011, selon Mamadou Racine Sy, le président de la Fédération des organisations patronales de l’industrie touristique du Sénégal (Fopits).

Cette nouvelle Tva sur le tourisme est une vieille revendication des professionnels. Elle devait entrer en vigueur depuis belle lurette, mais il fallait que le Sénégal en informe les responsables de l’Uemoa. A un tel niveau de la taxe sur la valeur ajoutée, le Sénégal ne pouvait être compétitif. Ses principaux concurrents nord africains comme le Maroc appliquent une Tva tournant autour de 7 %. Actuellement, avec le prix du billet d’avion pour rallier Dakar (environ 900 euros), le touriste européen peut se payer de belles vacances en bordure de mer et dans un réceptif haut de gamme à Agadir au Maroc ou à Gammarth en Tunisie. C’est dire que les professionnels sénégalais du tourisme sont désormais conscients qu’ils perdent énormément de parts de marchés parce que les transports aériens coûtent cher.

Comme si cela ne suffisait pas, le Maroc est encore offert en exemple dans le volet promotion car au moment où l’Agence sénégalaise de promotion touristique (Anpt) peine à mobiliser 1 milliard de francs Cfa pour vendre la destination Sénégal, une structure comme l’Office marocain du tourisme culmine à plus de 20 milliards de francs Cfa de budget. C’est dire… Par ailleurs, l’absence d’un crédit hôtelier de même que la fermeture du bureau sénégalais du tourisme de Paris sont fortement décriées. Surtout que Paris est la capitale du premier pays émetteur de touristes au Sénégal.

14/08/2010

Magouilles aéroportuaires au Sénégal

Magouilles aéroportuaires au Sénégal
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FACTURES ANNULEES, CHEQUES NON REVERSES, ABSENCE DE PIECES PHYSIQUES ET DE CONTROLE…: UNE MAFIA HAPPE LES MILLIARDS DE LA REDEVANCE AEROPORTUAIRE

Le rapport d’audit produit par un cabinet indépendant sur la gestion de Redevance de développement des infrastructures aéroportuaires (Rdia) met à nu des bizarreries dans le processus de collecte, de tarification et de reversement de cette taxe qui produit des milliards. Mais dont la gestion fait perdre des milliards à l’Etat.

Pour financer le projet de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) et renflouer ses caisses, l’Etat du Sénégal avait instauré en février 2005 une Redevance de développement des infrastructures aéroportuaires (Rdia). C’est une taxe prélevée par les compagnies aériennes sur les billets des passagers au départ de tout aérodrome du Sénégal. Mais, cinq ans après l’application de cette taxe, on relève nombre de contusions administratives et financières dans la gestion de cette manne financière. C’est ce qui ressort d’un rapport sur la Revue du processus de facturation et de collecte de la Rdia, à la suite d’un audit effectué par un cabinet privé bouclé en septembre 2008 et portant sur la période du 1er septembre 2006 au 31 décembre 2007.

En effet, le rapport étale des écarts considérables et des fuites de recettes inestimables entre les sommes collectées et celles reversées. Cette pratique est plus fréquente dans le paiement de la Rdia au comptant où les auditeurs disent avoir constaté une «absence d’états de suivi périodiques». Dans le contrôle des données, il est noté un écart entre les montants saisis dans le fichier de suivi des factures et les sommes figurant sur les factures. C’est le cas avec l’écart de 35,5 millions entre le fichier de suivi de la facturation de la Rdia et les factures physiques allant de la période du 1er septembre au 31 décembre 2006.

Globalement, l’écart net constaté sur la Rdia au comptant sur la période couvrant l’audit s’élève à 412,009 millions de francs Cfa. Car le rapport relève que sur les 3,709 milliards de francs facturés au comptant, seuls 3,297 milliards de francs Cfa ont été reversés dans les livres de la Cbao. Ces écarts inexplicables concernent aussi la collecte de la Rdia à terme. Le document révèle que le montant collecté par l’International air transport association (Iata) sur la période sous revue s’élève à plus de 14 milliards de francs Cfa, alors que les travaux des auditeurs font ressortir une Rdia de 20,040 milliards de francs Cfa, soit un écart de plus de 6,6 milliards de francs Cfa. L’on précise que «cet écart correspond à la Rdia prélevée en mars 2007 et doublement facturée au cours du mois d’avril 2007 et pour laquelle la collecte a été reportée deux fois sur les rapports mensuels d’une part, à la Rdia collectée sur la période sous revue, mais facturée antérieurement à la date du 31 août d’autre part».

Après l’équation des écarts, le défaut de traitement des factures annulées est une des difficultés de la gestion des dizaines de milliards que génère la Rdia. Le rapport d’audit fait constater «des doublons relatifs à certaines factures annulées pour un montant total de 8,717 millions de francs». Par ailleurs, il est noté que les factures qui ont fait l’objet d’annulation continuent de figurer sur le fichier de facturation. Ces pratiques sont encouragées par «l’absence de contrôle de la facturation» relevée par les auditeurs : «L’agent de facturation établit la facture, encaisse le règlement qu’il conserve dans son coffre et a la latitude d’annuler une facture sans validation préalable d’un supérieur.» Il s’y ajoute que l’annulation des factures n’étant pas retracée sur les bordereaux de versement, il y a donc un risque d’écart entre le total du bordereau de versement et l’«encaisse réelle».

17 chèques sans trace

En outre, le festin financier sur la Rdia s’étend jusqu’au défaut de reversement de la taxe. En effet, il ressort des investigations menées par les auditeurs que des chèques, au nombre de 17, d’un montant total de plus de 63 millions, représentant le règlement de la Rdia au comptant, n’ont pas été déposés à la banque. D’ailleurs, le rapport indique que «pour certains de ces chèques, les bénéficiaires ne sont pas renseignés». Parmi ces chèques, on cite celui de la compagnie «Air Méditerranée» de 16,648 millions émis par la Bicis, un autre de «Aigle Azur» d’un montant de 5,992 millions émis par la Cbao. À la longue liste des libertés financières prises dans la gestion de la Rdia, s’ajoute «l’absence de pièces physiques» comme pour un lot de cinq factures de plus de 3,6 millions de francs Cfa. De plus, le rapport d’audit précise que «les factures n°40312, 40313, 40314 et 40315 ne suivent pas la logique de numérotation des factures».

La Rdia en chiffres et en lettres

La Rdia est prélevée par l’entreprise de transport aérien public. Elle est assise sur le nombre de passagers embarqués sur les aérodromes du Sénégal. Mais cette taxe n’est pas appliquée sur le personnel de navigation, les bébés et les officiels étrangers. Le taux de la taxe applicable pour chaque passager dépend de la catégorie dont il relève. Il s’élève à 30 euros (19.650 francs Cfa) pour les passagers internationaux et 1 euro (655 francs Cfa) pour les passagers nationaux. Depuis le 1er octobre 2007, cette redevance est passée à 45 euros (environ 30 000 francs Cfa) pour les passagers internationaux et à 2 euros (1350 francs Cfa) pour les passagers nationaux.

La Rdia obéit au régime de la facturation à terme, de la facturation au comptant et au régime spécial du déposit. Cette dernière facilité est accordée à certaines compagnies qui effectuent des opérations régulières sur la plateforme de Dakar. Pour la collecte, il s’agit du paiement de la Rdia par les exploitants. Pour le comptant, la collecte est faite avant le décollage de l’aéronef ; pour la Rdia à terme, le paiement se fait soit par chèque ou virement directement à l’Iata, soit via la chambre de compensation de l’Iata. Les montants collectés sont reversés dans un compte ouvert par Bnp Paribas dans ses livres à son nom.

12/08/2010

Sale temps pour Saly et le tourisme Sénégalais

Sale temps pour le tourisme sénégalais :
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Entre baisse de fréquentations et fermeture de réceptifs

Le secteur touristique sénégalais s’enfonce dans la crise. Aujourd’hui, cette morosité se manifeste par la baisse des fréquentations. Certains hôteliers ont même baissé leurs rideaux, fautes de clients. Ils attirent l’attention de l’Etat sur la gravité de la situation.

Le directeur de l’hôtel Savana Dakar, Samba Diallo, a annoncé hier une baisse de la fréquentation des touristes dans les réceptifs hôteliers, c’est-à-dire le taux d’occupation. ‘Nous avons noté une baisse des fréquentations dans les hôtels ces trois dernières années’, a-t-il déclaré au cours d’un point de presse organisé par la Fédération des organisations patronales de l’industrie touristique du Sénégal (Fopits). Cependant, Samba Diallo s’est gardé de donner des chiffres illustratifs de ses propos. ‘Malheureusement, je n’ai pas de chiffre. Les hôteliers refusent de communiquer leurs chiffres annuels peut-être pour des stratégies de marketing. Et je n’ai pas encore eu connaissance des chiffres du ministère du Tourisme’, s’est-t-il désolé. Il s’est juste contenté de donner les statistiques de son établissement pour justifier cette tendance baissière. ‘Il n’y a pas de collecte globale de données sur l’ensemble des réceptifs hôteliers du pays. Mais, je peux vous donner celles que nous avons. Pour dire qu’en 2008, le taux d’occupation était de 57 %. En 2009, ce taux est passé à 50 %, donc une baisse de 7 %. En 2010, ce taux est de 45 %, soit une baisse de 5 %’, a-t-il noté soulignant que le pire est à venir.

L’hôtelier a qualifié ce taux de ‘catastrophique’ parce que synonyme de régression conduisant vers la fermeture. Il sera conforté dans ses propos par le président de la Fopits qui a poussé le pion plus loin. ‘Aujourd’hui, la tendance est plus à la fermeture des hôtels qu’à leur ouverture. Je donne mon exemple. Sur 5 hôtels que je détiens en Casamance, j’en ai fermé 3 parce que je ne peux continuer à supporter des pertes de milliards’, a signalé Amadou Racine Sy.

Le pire est à venir !

Sur les raisons de cette crise du secteur touristique, les mêmes problèmes ont été évoqués de manière générale. Il s’agit des questions de la taxe sur la valeur ajoutée (Tva), de la cherté de la destination Sénégal par rapport aux concurrents de la zone Afrique, de l’insuffisance des ressources allouées à la promotion touristique, de la cherté du coût des facteurs de production, de l’absence d’un crédit hôtelier, entres autres difficultés.

Le directeur de l’hôtel Savana Dakar a, quant à lui, évoqué des problèmes d’ordre concurrentiel pour justifier la tendance baissière du taux d’occupation de son établissement. Il a ainsi cité l’arrivée de deux nouveaux hôtels de luxe sur le marché sénégalais, en l’occurrence Terou-Bi et Radison Blu au moment où son vieux réceptif tarde à se faire une seconde vie pour résister à cette domination.

Comme proposition, les professionnels du tourisme demandent, outre une amnistie fiscale de 5 ans, la réouverture immédiate du bureau de Paris. Car, pour eux, c’est une aberration de vouloir faire la promotion de la destination Sénégal dans le premier pays émetteur qu’est la France sans y avoir un correspondant.


Impact des délestages sur le tourisme : Une perte sèche de 35 millions en un mois pour les hôteliers

Le vice-président du syndicat des agences de voyage et de tourisme du Sénégal (Savts) Mamadou Diallo a révélé, mercredi à Dakar, que les délestages notés ces dernières semaines ont obligé les hôtels à dépenser 35 millions de francs Cfa en un mois pour faire fonctionner les groupes électrogènes. ‘Les hôtels ont dépensé 35 millions de francs Cfa de surcoût pour faire fonctionner les groupes électrogènes en un mois’, a-t-il dit lors de la conférence de presse de la Fédération des organisations patronales de l’industrie du tourisme du Sénégal (Fopits).

Au cours de cette rencontre avec la presse, Mamadou Diallo a, par ailleurs, déploré la faiblesse des sommes allouées à la promotion de la destination Sénégal à travers le Fonds national de promotion du tourisme. Depuis des années, les ressources de ce Fonds ne dépassent pas un milliard de francs Cfa, là où des pays concurrents du Sénégal en sont à 3 ou 5 milliards de francs Cfa. ‘Il ne suffit pas d’avoir un beau pays pour que les gens viennent, il faut faire des investissements’, a ajouté le vice-président de la Savts.

11/08/2010

Nouveau roman de Fatou Diome

« CELLES QUI ATTENDENT » DE FATOU DIOME : Dans le quotidien des mères et femmes d’émigrés

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L’écrivaine sénégalaise, Fatou Diome va publier le 25 août prochain un nouveau roman. « Celles qui attendent » parle de l’émigration sous un visage féminin en essayant de dépeindre la vie des femmes, restées aux pays et qui attendent leurs époux ou leurs enfants.

« Celles qui attendent ». C’est le titre du nouvel ouvrage de Fatou Diome qui va paraître le 25 août prochain. Installée à Strasbourg en France, la femme de lettres sénégalaise, est à son quatrième roman après « Le Ventre de l’Atlantique » (2003), « Kétala » (2006) et « Inassouvies nos vies » (2008). Comme son premier roman, « Ventre de l’Atlantique », « Celles qui attendent » parle aussi de l’émigration mais sous un visage très féminin. Paru aux Editions Flammarion, le roman parle de la vie d’Arame et Bougna et de Coumba et Daba. « Arame et Bougna, mères, respectivement, de Lamine et Issa, deux émigrés clandestins. Elles ne comptaient plus leurs printemps, mais chacune était la sentinelle vouée et dévouée à la sauvegarde des siens, le pilier qui devait tenir la demeure sur les galeries creusées par l’absence. Mais comment dépeindre la peine d’une mère qui attend son enfant, sans jamais être certaine de le revoir  ?
Coumba et Daba, quant à elles, humaient leurs premières roses : jeunes, belles, elles rêvaient d’un destin autre que celui de leurs aînées du village. Assoiffées d’amour, d’avenir et de modernité, elles s’étaient lancées, sans réserve, sur une piste du bonheur devenue peu à peu leur chemin de croix. Mariées, respectivement à Issa et Lamine, l’Europe est leur plus grande rivale. Esseulées, elles peuvent rester fidèles à leur chambre vide ou succomber à la tentation. Mais la vie n’attend pas les absents, derrière les émigrés, les amours varient, les secrets de famille affleurent ; les petites et grandes trahisons vont alimenter la chronique sociale du village et déterminer la nature des retrouvailles » explique la note de présentation du livre.

Ce livre est un hymne à ces femmes. L’émigration décrite du point de vue des femmes qui restent au pays et attendent leurs époux et enfants. Ce roman aborde aussi la question de la polygamie. « Celles qui attendent », Fatou Diome nous fait partager l’intimité, le quotidien de ces femmes. Femmes courageuses, femmes de caractères et « parce qu’elles savent tout de l’attente, elles connaissent le prix de l’amour ». Un prix élevé fait de sacrifice. Elle essaie de dépeindre la peine d’une mère qui attend son enfant, sans jamais être certaine de le revoir. Celle d’une épouse dans la même situation par rapport à son mari.

Présentée comme une valeur sure de la littérature sénégalaise, Fatou Diome, c’est d’abord une écriture exceptionnelle. « Chantante comme le fleuve Sénégal, véhiculant un phrasé riche comme une belle musique. Musique dont le tempo s’accorde, se modifie selon la vie des îles du Sénégal. Une écriture qui a la force de l’Atlantique en colère pour s’indigner ou dénoncer ». Fatou Diome est née au Sénégal. Elle arrive en France en 1994 et vit depuis à Strasbourg. Elle est également l’auteur d’un recueil de nouvelles « La Préférence nationale » (2001).

ndlr: Fatou Diome est l'un de mes auteur préféré. Un vrai régal de mots!

10/08/2010

Saloum et Bassari au patrimoine mondial de l'Unesco

Le Sénégal veut ‘vendre’ le Delta du Saloum et le pays Bassari
Propositions d’inscription au patrimoine mondial :
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Le Sénégal proposera en 2011 et 2012 deux sites à inscrire au patrimoine mondial de l’Unesco : le Delta du Saloum et le Pays Bassari.

En Afrique de l’ouest, le Sénégal reste le pays qui a le plus de sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Notre pays en compte cinq. Pour les sites naturels, on a les Parcs de Djoudj et de Niokolo koba ; les sites culturels comptent la région de Saint-Louis, l’île de Gorée et les Cercles mégalithiques de la Sénégambie.

Hamady Bocoum, directeur du patrimoine a indiqué hier, lors de la clôture des journées nationales du patrimoine, organisées du 6 au 8 août que le Sénégal proposera en 2011 et 2012 deux autres sites pour la liste du patrimoine mondial. Selon Bocoum, deux dossiers sont prêts, le Delta du Saloum et le pays Bassari. ‘Nous pensons qu’ils vont passer parce qu’ils sont bien faits’, s’assure le directeur du Patrimoine.

En 2010, 21 biens ont été ajoutés à la liste du patrimoine mondial de l’humanité établie par l’Unesco. La zone de conservation de Ngorongoro de la Tanzanie figure parmi les sites. Cette année deux sites africains sont dans les biens en périls, les Tombes du roi de Buganda à Kasubi, en Ouganda et les Forêts humides de l’Atsinanana, à Madagascar. Selon Hamady Bocoum, cela montre que la place de l’Afrique dans le patrimoine universel est faible sur le plan qualitatif et quantitatif. L’Afrique est aujourd’hui autour de 8 % sur la liste des biens universels. Le continent a 50 % du patrimoine en péril. Pour le directeur du Patrimoine plusieurs raisons expliquent cet état de fait. La liste au début privilégiait les antiquités classiques en Europe. Aujourd’hui les critères ont évolué et mettent l’accent sur le paysage culturel et naturel. Ce qui donne une opportunité au continent noir.

Selon l’expert, l’Afrique a deux problèmes pour capitaliser ces acquis. D’abord, les Africains sont confrontés à des problèmes de gestion. Des sites classés sont mal gérés et se retrouvent sur la liste des biens en péril. Le manque de ressources financières et intellectuelles ne facilitent pas les propositions d’inscriptions des pays sur la liste mondiale. Un dossier d’inscription peut coûter jusqu’à 200 millions Cfa, sans la garantie d'être retenu par l'Unesco.
Au total, le nombre de sites classés au patrimoine mondial de l’humanité est de 904.
Le Sénégal a célébré les 6,7 et 8 août les journées nationales du patrimoine sur le thème de la ‘Renaissance africaine’.


Fatou K. SENE

Nouvel ambassadeur de France à Dakar

Nicolas Normand, nouvel ambassadeur de France au Sénégal : Retour vers l’orthodoxie diplomatique entre les deux pays

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Contrairement à son prédécesseur Jean Christophe Rufin, médecin de profession, le nouvel ambassadeur de France au Sénégal est un diplomate sorti de l’Ecole nationale d’administration. Cette différence suscite l’espoir de lendemains meilleurs à la diplomatie franco-sénégalaise qui a connu ces six dernières années des incongruités dues aux sorties de l’ex- ambassadeur de France, jugées souvent inopportunes.

L‘arrivée de l’ambassadeur Nicolas Normand marquera peut-être un nouveau départ dans les relations diplomatiques entre la France et le Sénégal. Des relations qui ont souvent été heurtées, suite aux sorties considérées souvent inopportunes de son prédécesseur. Jean Christophe Rufin aura certainement été un hôte encombrant pour le régime de l’alternance avec lequel il n’était toujours pas en odeur de sainteté. Ses remarques aux allures d’attaques envers les Sénégalais qu’il a traités de ‘bavards’ et ses prises de position à l’encontre des pratiques du régime de l’alternance ont fini de faire de lui une personne très controversée. Pour certains observateurs Jean Christophe Rufin, médecin de son état, n’a pu se départir d’un franc-parler qui l’aura perdu dans un milieu où on fait souvent dans la dentelle. Il lui a souvent été reproché son manque de sens de la diplomatie. Une critique qui ne saurait être appliquée à son successeur Nicolas Normand qui est sorti de l’Ecole nationale d’administration, promotion ‘Léonard de Vinci’ en 1985.

Arrivé au Sénégal il y a seulement trois jours, M. Normand né le 5 décembre 1950, est par ailleurs diplômé de l’Institut national agronomique de Paris-Grignon, souligne un communiqué. Il dispose également de diplômes d’ingénieur agronome et d’ingénieur du génie rural des Eaux et forêts. Cet ancien élève de l’Ecole normale supérieure de Saint-Cloud est un conseiller des affaires étrangères hors classe. Il a occupé plusieurs postes tout au long de sa carrière. De 1974 à 1981, il a officié aux services du ministère de l’Agriculture. Entre 1981 et 1982, il fut stagiaire du cycle préparatoire au concours d'entrée à l'Ecole nationale d'administration de 1983-1985. Nicolas Normand sera ensuite à l'administration centrale (Affaires africaines et malgaches) de 1985 à 1987 puis au ministère de l'Economie, des finances et de la privatisation (Secrétariat général du Club de Paris) de 1987 à 1988. Il a également été conseiller technique au cabinet du ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères de 1988 à 1991.

A cette date le nouvel ambassadeur de France au Sénégal sera nommé deuxième conseiller à Washington, jusqu’en 1994 et à Pretoria de 1994 à 1997. A l'administration centrale (Nations unies et organisations internationales), il sera délégué dans les fonctions de sous-directeur des affaires politiques de 1997 à 2000. M. Normand se retrouve au ministère de l'Intérieur comme conseiller diplomatique de 2000 à 2002. A partir de cette date jusqu’en 2006 l’homme est pour la première fois nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire à Bamako. Une fonction qu’il a occupée de 2006 à 2009 à Brazzaville. Le troisième poste d’ambassadeur pour cet homme titulaire des distinctions de Chevalier de l’ordre national du Mérite et de la Légion d’honneur est aujourd’hui Dakar.

En dehors du français, Nicolas Normand parle l’anglais et l’italien. Il procédera dans les jours à venir à la présentation de ses lettres de créance, afin de prendra fonction officiellement.

09/08/2010

Prostitution au Sénégal

La prostitution en plein essor au Sénégal

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Tous les jours à 19 heures, Rama* (23 ans), après avoir mis ses produits de beauté dans son sac à main, se rend dans un bar populaire de Dakar, la capitale sénégalaise.

Le bar est un lieu fréquenté par de riches Sénégalais et des expats aux comptes en banque probablement bien fournis. Le travail de Rama consiste à attirer dans son lit le plus grand nombre d’hommes possible pour pas moins de 50 euros pour dix minutes :

''La plupart du temps, les hommes vous donnent une fortune, l’équivalent d’un salaire de nombreux fonctionnaires. On fait des affaires et personne n’y perd.''

Rama est l’une des milliers de jeunes travailleuses sexuelles qui prospèrent dans les rues, les bars et les night-clubs de Dakar. La plupart d’entre elles disent avoir été entraînées à faire ce travail à cause de la pauvreté et du chômage mais aussi par manque d’occasions de réussir dans la vie.

Bilkisu est une Nigériane de 31 ans qui s’est installée en 2008 à Dakar après que des amies lui eurent parlé de l’industrie florissante du sexe dans la capitale sénégalaise :

''Je me sens chez moi au Sénégal. Ici, j’ai beaucoup plus de chances qu’au Nigeria. Les hommes s’intéressent aux prostituées et en général ils payent ce que vous demandez.''

Au Sénégal, la prostitution est légale et réglée depuis trois décennies. Et ce, officiellement, afin de suivre le statut de santé des prostituées, dont un grand nombre se font régulièrement contrôler dans les centres de santé publics. Mais pour certains, la légalisation de la prostitution est un moyen d’attirer les touristes au Sénégal à la recherche de relations sexuelles.

Peut devenir prostituée toute femme ayant 21 ans ou plus, à condition toutefois d’être enregistrée en tant que telle par la police, de se faire régulièrement contrôler dans des centres de santé officiels, de faire preuve de discrétion et d’avoir une carte sanitaire valide montrant des tests négatifs concernant les maladies sexuellement transmissibles. Cependant, un grand nombre de prostituées de Dakar ne répondent pas à ces conditions. Rama, par exemple, considère comme une perte de temps le fait de se faire enregistrer à la police :

''Pourquoi me faire enregistrer à la police quand je sais que je vais me retrouver dans une situation compliquée ? Un grand nombre de mes amies ont été discriminées en le faisant. La police les harcelait, les appelait et les traitait comme les dernières des dernières.''

Dès son arrive à Dakar, Bilkisu, sur les conseils d’une collègue, s’est fait enregistrer. Résultat : un véritable cauchemar :

''J’ai été arrêtée et menacée d’expulsion, même si une heure après ils m’ont relâchée. Ils s’en sont pris à moi pour avoir quitté mon pays et être venue au Sénégal pour, comme ils disaient, apporter des maladies et une conduite immorale.''

Les organisations pour la défense des droits de l’homme et les ONG s’inquiètent de l’exploitation des travailleuses sexuelles par leurs clients. Selon certains, les travailleuses sexuelles sont régulièrement victimes d’attaques physiques par leurs clients, qui refusent de les payer après avoir eu avec elles de relations sexuelles. C’est le cas notamment de Rama, qui montre les cicatrices de ses blessures. Certains clients, dit-elle, déchirent les préservatifs qu’ils ne supportent pas durant les relations, la mettant ainsi en danger mais aussi eux-mêmes.

Pour Bilkiusu, ce ne sont pas les clients mais les agents chargés de faire respecter la loi qui constituent le problème :

''Parfois ils vous obligent à leur donner des pots de vin. Si vous n’avez pas de chance, ils vous prennent tout ce que vous avez ce soir-là et vous avertissent de n’en parler à personne.''

Alors que l’industrie du sexe est en plein essor, les services médicaux s’inquiètent du nombre de travailleuses sexuelles qui ne se font pas régulièrement contrôler.

Absa Ndoye travaille dans un centre de santé de la banlieue de Dakar. Selon elle, le problème principal est que l’on ignore le nombre de travailleuses sexuelles non enregistrées et si elles prennent des précautions.
Il n’existe pas de chiffres officiels sur le nombre actuel de travailleuses sexuelles au Sénégal, mais selon certains rapports Dakar est l’une des capitales de l’industrie du sexe en Afrique, avec des travailleuses sexuelles provenant de l’Afrique sub-saharienne, mais aussi de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient.
Le gouvernement de Dakar n’a pas changé sa politique en matière de prostitution et jusqu'à présent n’a pas l’intention de bannir la prostitution du Sénégal.

Et pour Rama, Bilkisu et bien d’autres de leurs collègues, leurs clients sont disposés à montrer leur argent et aucune somme ni risque ni exploitation les éloignera de ce commerce sexuel tant lucratif.

Enfants mendiants

SANCTION PENALE CONTRE LA MENDICITE DES ENFANTS : Entre ignorance et indifférence
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Un dispositif juridique contre la mendicité des enfants existe au Sénégal, mais la plupart des personnes qui s’adonnent à cette pratique l’ignorent. Mais d’autres s’en accommodent encore, faute de trouver mieux.

Il est 13H au premier rond-point du Boulevard du Général De Gaulle, à un jet de pierres de la Bceao. A l’angle, trône majestueusement un grand panneau publicitaire. L’affiche qui y est collée attire l’attention des passants. «La place de l’enfant n’est pas dans la rue…» On aperçoit une affiche du Partenariat pour le retrait et la réinsertion des enfants de la rue (Parer). Là, il est écrit : «La place de l’enfant n’est pas dans la rue. L’article 3 de la loi n°2005-96 prévoit une amende allant de 500 mille à 2 millions de FCfa et 2 à 5 ans d’emprisonnement ferme» à ceux qui envoient les enfants mendier dans la rue. Le message est clair, mais pourtant, à quelque 300 m de cette affiche, à côté de la Grande Mosquée de Dakar, des mendiants sont assis sous les arbres, profitant de l’air pur. Il y en a de toutes les catégories. De l’enfant de 5 ans à la femme de 40 ans, en passant par les hommes parfois frappés par un handicap, ils cherchent tous la dépense quotidienne. Pour cela, tous les moyens sont bons pour faire cette quête perpétuelle. Ceux qui en souffrent sont les enfants. Ils sont tenus de collecter des sommes d’argent qu’ils doivent remettre à leurs parents qui devisent tranquillement sous les arbres. Pas de souci pour leur éducation.

Interrogée sur la question, Bineta Diallo, la trentaine bien sonnée, ignore l’existence de cette loi. «C’est vous qui me l’apprenez. Je n’étais pas au courant.» Elle commence à raconter son calvaire. «Je n’ai rien à faire à part mendier. J’ai quatre enfants à entretenir. Mon mari n’a pas les moyens de subvenir à mes besoins. Pour cela, je quitte chaque matin Colobane, vers 6h du matin, en compagnie de mes enfants. Je suis obligée de les amener, parce que ce sont eux qui m’aident dans le travail», confesse-t-elle.

De son côté, Adama Hawa, âgée de 25 ans et mère de 3 enfants, ne trouve pas non plus de solution. Cette dame logée à Guédiawaye, ignore aussi cette loi. «Je n’en suis pas informée. En ce moment, mes enfants sont encore jeunes. J’attends un peu, le temps qu’ils grandissent, pour les ramener au Mali.»

Demba Niarhé, un aveugle trouvé sur l’autre allée, marche en toute tranquillité. Cet homme accompagné de sa fille ainée âgée de 8 ans dit le contraire. «Je suis au courant de cette loi. Seulement, je ne peux pas tout abandonner subitement. C’est ma femme qui m’aidait auparavant. Mais aujourd’hui, elle vient d’avoir un bébé et n’a plus ce temps», regrette-t-il. Et d’ajouter : «Si on m’aide, je retourne définitivement au pays, le Mali.»

Du côté du Parer, «la campagne d’affichage s’inscrit dans une démarche globale de diffusion de la loi. Car, il y a des gens qui ignorent l’existence de ce dispositif juridique sur la mendicité des enfants», explique le chargé des programmes, Bamba Diaw. Outre l’affichage, il confie que d’autres moyens de communication sont aussi prévus, comme les sketchs, les émissions de radio. Cela est complété par une campagne de sensibilisation dans les régions pourvoyeuses d’enfants mendiants. Les localités les plus touchées sont Kolda, Ziguinchor, Thiès et Kaolack. Au sujet des affichages badigeonnés, M. Diaw déplore la méthode et invite tout le monde à la discussion.

SOUHAIT DE ALPHA DIALLO, ENFANT DE LA RUE : «Je veux aller à l’école»

Alpha Diallo est un jeune garçon, visage crispé, cheveux roux et crasseux. De teint clair, vêtu d’un pull-over jaunâtre bien serré, son pantalon gris est noirci par des taches. Il est à côté de ses parents, en face la Grande Mosquée de Dakar en train de mendier. A toutes les questions posées en langue nationale, c’est lui qui traduit en bambara, sa langue maternelle. Et pourtant, ses parents sont les premiers à être installés à Dakar. Très curieux de sa part, l’adaptation a été une chose facile. Son unique souhait, c’est d’aller à l’école tout comme les autres enfants de la ville. «Mon vœu le plus ardent, c’est de partir à l’école comme tous les enfants de mon âge. J’interpelle chaque fois ma mère, mais elle ne me répond pas. Cela n’empêche, si quelqu’un m’aide, je suis prêt à abandonner cette pratique.»
NDIAGA NDIAYE & MAIMOUNA NDIAYE

Gaz au Sénégal

Un important gisement de gaz découvert au Sénégal
2272725-3176170.jpgLe Sénégal aurait découvert un potentiel gazier de 167 000m3 qui devrait être stocké à partir d’octobre prochain, selon le secrétaire général du ministère de l’Energie qui s’est confié aux Afriques. Un tournant ?

Tout est parti de la création de la société Senstock, avec un investissement de 35 milliards Cfa supporté à hauteur de 66 % par l’Etat du Sénégal et à 34 % par un privé sénégalais du nom d’Amadou Moustapha Sèye. Le reste du capital étant détenu par Total (11 %) et la Sar (20%). En annonçant la découverte de 167 000 mètres cubes à 80 km au nord de Dakar, cette société a sans doute multiplié sa valorisation. Ce gisement est une bouffée d’air pour le pays dépourvu de stock de sécurité et à la merci du moindre incident ou retard des tankers. Le potentiel gazier devrait permettre d’alimenter les turbines à gaz de la Senelec qui fonctionne essentiellement au fuel si l’on en croit le secrétaire général du ministère de l’Energie. Ces découvertes qualifiées de ‘majeures’ doivent à terme permettre de modifier la structure des turbines de la Senelec pour les alimenter en produits gaziers.

Mairies dans le noir au Sénégal

Vaste opération de délestage au Sénégal : La Senelec coupe le courant dans les mairies

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Nouvel épisode dans le feuilleton des coupures d'électricité au Sénégal:
Pour recouvrer les 15,8 milliards de FCFA qu'elle réclame aux collectivités locales, la Senelec a entamé le 4 août une vaste opération de délestage des mauvais payeurs sur le territoire national. L'opération a commencé par Dakar, puisque la Senelec a plongé dans le noir le building communal, les mairies du Plateau, des Parcelles, de Sacré-Cœur, de Biscuiterie…Des sources proches de la Senelec renseignent que les coupures concernent les bâtiments et «maisons de maires». L'éclairage public a été épargné, pour des raisons de «sécurité nationale». Les délestages se sont poursuivis, hier et aujourd'hui. Plusieurs collectivités locales seront ainsi dans le noir dans les prochaines quarante-huit heures. La direction de la Senelec a ordonné à ses agents de plonger dans le noir Pikine (557 millions FCFA), Rufisque (232 millions de FCFA), Guédiawaye (270 millions de FCFA), Bargny (60 millions de FCFA), Sangalcam (44 millions de FCFA), Ziguinchor (257 millions FCFA), Mbacké (122 millions FCFA), Joal (42 millions FCFA), Louga (145 millions FCFA)… «Tout le monde sera délesté, sans coloration politique. Même le Premier ministre ou le ministre de l'Intérieur, maire de Kolda», confie une source autorisée de la Senelec. Les mêmes sources renseignent que le ministre de l'Energie a donné des directives fermes pour que les foyers religieux, qui traînent une ardoise de 200 millions de F CFA, soient épargnés par ces délestages. Il s'agit principalement de Touba, Tivaouane et Ndiassane. Par ailleurs, les universités et établissements de santé, qui étaient sous la menace de délestages ne sont plus concernés, puisque l'Etat s'est engagé auprès de la Senelec pour 3 milliards de FCFA.

Nouvelle mairie à Saly

 

Une nouvelle mairie à Saly

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L'article ci-dessous est édifiant quand on sait que le nouveau maire avait déjà viré tous les écoliers pour s'approprier les batiments et en faire sa mairie...
Quand aux priorités de ce nouvel élu: d'abord une belle mairie bien chère et ensuite, inch Allah, un centre de santé et autres promesses sur la sable. Quand aux écoliers...?

"La commune de Saly-Portudal a signé une convention avec l’agence des travaux d’intérêt public du Sénégal pour la construction d’un hôtel de ville d’une valeur de 550 millions de francs sur le site de l’ex école élémentaire de la nouvelle collectivité locale.

Mamadou Dia, le préfet du département de Mbour a fait part du contrôle de l égalité dans le cadre du respect des lois et règlements surtout en ce qui concerne la marche des choses des collectivités locales comme le vote et l’exécution du budget. Il en a fait un bréviaire selon ses propos pour donner son approbation sur les demandes au niveau de son bureau. Il a salué l’engagement de l’équipement municipal de Saly-Portudal qui suit les orientations et la volonté du président de la république Abdoulaye Wade voulant que les collectivités locales consacrent une bonne partie de leur budget à l’investissement. Il a loué la présence du maire de Mbour El Hadji Fallou Sylla, des présidents de conseil rural de Ndiaganiao et Sindia, Amadou Niadiar Sène et Ousmane Lo. Il les a invités à se pencher sur les compétences transférées dans le cadre d’échanges divers pour trouver des voies et des solutions à certaines questions.

Moussa Diarra le directeur de l’Agetip voit la signature de la convention avec la commune de Saly comme un grand symbole .Il justifie cela par un long partenariat noué avec ce qui est à la tête de la mairie de Saly en la personne de Ousmane Guèye. L’agetip a fait de nombreuses réalisations du temps où il était à la tête du conseil rural de Malicounda (un hôtel communautaire et une route …) Il a pris l’engagement de faire la réalisation de la mairie au plus au premier trimestre de l’année 2011 en respectant les normes d’un label de qualité en mettant à disposition un hôtel de ville digne de ce nom. Il a invité les populations de Saly à suivre

Avec les prochaines réalisations qu’il compte faire (centre de santé, centre aéré et stade municipal).

Ousmane Guèye le maire Saly a plutôt invité les gens à savoir que seul le travail paie .Il a salué la cordialité et la solidarité des conseillers municipaux qui ont accepté de se lancer dans la mise en place ou la construction d’un hôtel de ville de cette dimension. Quant au secrétaire municipal, les actes posés traduisent en termes concrets la volonté et l’engagement manifestes de se lancer dans la voie de la construction de routes à l’intérieur de la commune et de régler les problèmes d’assainissement et de développement local"

08/08/2010

Propriétés de personnalités à Saly

MAISONS DES PERSONNALITES A SALY : Wade a son ranch, Macky son palace, Ndéné sa villa…

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Il n’y a pas que les étrangers qui ont des villas à Saly. Des personnalités  politiques du pays ont également des résidences secondaires dans la station balnéaire. Le président de la République, Me Abdoulaye Wade, le Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye, le président du Sénat, Pape Diop, le chef de cabinet de Me Wade, Papa Samba Mboup, l’ancien Premier ministre Macky Sall, les anciens ministres Abdourahim Agne et Assane Diagne sont tous servis.

Le ranch du président de la République

Le président Abdoulaye Wade est propriétaire d’un domaine qui s’étend sur près d’1 hectare. Un ranch qui va des berges de la plage à la route qui mène à Ngaparou. Clôturé avec des pierres de Rufisque et des briques cimentées, il abrite une villa qui accueille des visiteurs, des invités du chef de l’Etat et sa famille. La maison est souvent inoccupée. Mais lorsqu’elle est habitée, les gendarmes de Saly y montent la garde.

Le palace de Macky Sall

L’ex-Premier ministre Macky Sall, lui, est propriétaire d’une somptueuse villa R+1. Une  maison qui fait face à l’hôtel Savana de Saly. Peinte en blanche, avec des fleurs tout autour, cette maison en tuile est gardée comme un château. Des gardiens veillent au grain et les rôdeurs sont invités à débarrasser le plancher. Gare à celui qui veut prendre des vues.

La villa du député Assane Diagne

La villa du député Assane Diagne, ancien président de l’Ordre des architectes du Sénégal, ancien Directeur général de la Sicap, ancien ministre de l’Urbanisme, n’a rien à envier aux maisons des autres personnalités. Avec une porte noire imposante, un mur de clôture protégé par des tessons de bouteille, le domicile d’Assane Diagne est très attrayant avec ses arbres, ses cocotiers, ses cases et son imposante bâtisse. Le coin est calme et les arbres attirent même des oiseaux qui y installent leurs nids, berçant les vacanciers par leurs gazouillis.

Les appartements de Souleymane Ndéné Ndiaye, Pape Diop et Abdourahim Agne

Le président du Sénat, Pape Diop, le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye,  l’ex-ministre des Télécommunications, des Technologies de l’information et de la communication (Tic), des Transports terrestres et des Transports ferroviaires, par ailleurs leader du Parti de la Réforme (Pr), Abdourahim Agne, et le président du Sénat, Pape Diop, ont eux préféré se payer des appartements.

Pape Diop est propriétaire à la résidence Emeraude, Abdourahim Agne à la résidence du Golf et Souleymane Ndéné Ndiaye à la résidence Safari de Saly.

Les deux résidences d’Ahmed Khalifa Niasse

Le leader du Front de l’alliance patriotique (Fap), Ahmed Khalifa Niasse est lui propriétaire d’une villa et d’un appartement à Saly. Il a racheté l’appartement que l’ex-leader de Rewmi et ancien Premier ministre, Idrissa Seck, possédait à la résidence «les Cristallines». Il est également propriétaire d’une majestueuse villa, peinte en beige, située à un jet de pierre des résidences «Safari». C’est une R+1 imposante avec des filaos tout autour, des cocotiers et d’autres arbres d’embellissement.

La maison de «campagne» de Papa Samba Mboup

Le chef de cabinet du président de la République, Pape Samba Mboup n’habite pas la station balnéaire. Il s’est choisi «une maison de campagne» à Saly Niakh niakhal. Dans ladite maison, on compte deux bâtiments : un R+1 en dur de couleur marron et un autre en paille dont les travaux ne sont pas encore achevés.

La «chapelle» de la Sapco

Paradoxalement, au moment où les maisons des autorités rivalisent de beauté, le siège de la Sapco, lui, ressemble à une chapelle du Moyen-âge. Le toit en zinc est gagné par la rouille. Les fenêtres en bois commencent à se démonter pièce par pièce. Et les bureaux sont vétustes, poussant les travailleurs à classer leurs dossiers à l’emporte-pièce. Le matériel est rudimentaire. Ce qui donne une idée des efforts que les travailleurs de la Sapco fournissent pour mener à bien leur boulot.

Ce siège jure avec le luxe de la station de Saly qui, pourtant, est gérée par cette même Sapco.

Saly...la jungle

SPÉCULATION, BATAILLE AUTOUR DE 620 HA, DÉPRAVATION DES MŒURS, ...: SALY, LA JUNGLE !

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Avec sa plage, ses bungalows et ses touristes bienheureux, Saly présente, durant la journée, le visage rassurant de l'insouciance. Impression trompeuse. Quand s’éteignent les lumières du jour, loin du tumulte des plages, la vie s’anime à Saly. Rapidement, les touristes prennent d’assaut les buvettes et les restaurants. Et les prostituées partent à la pêche. Une pêche très souvent fructueuse, car des clients pour une partie de partouse, il y en a à gogo à Saly, une station balnéaire de 620 hectares.

«L’étage». Un restaurant-bar situé sur la terrasse du dancing «le King Karaoké». Un samedi du mois de juillet. Vers 23 heures 30. Cet endroit est très connu à Saly. Le fréquenter suffit pour se faire une opinion sur la dépravation des mœurs à Saly. Il est un lieu de non-droit. Il suffit de payer 1 000 FCfa et d’être admis au club. Les bodyguards, musclés jusqu’aux orteils, ne sont pas intéressés à ce qui se passe à l’intérieur. Ils veillent au grain à l’entrée. On paie, on a carte blanche. On ne paie pas, on débarrasse le plancher. Les voyeurs ne sont pas admis. On y entre et on joue le jeu.

A l’intérieur, il n’y a pas de place pour les âmes sensibles et les chastes. Ici, le sexe n’est pas tabou. Les homosexuels, qui s’embrassent goulument au vu et au su de tout le monde, sont tolérés. Les couples mixtes, avec une différence d’âge de plus de 50 ans et qui se donnent du plaisir sans gêne, sous une lumière tamisée, ne font pas sourire. Les prostituées, qui se frottent à leurs éventuels clients pour les aguicher, ne heurtent pas les consciences. Les gens y viennent pour des buts différents. Chacun est tenu de s’occuper de ses affaires. Prendre son repas, déguster sa boisson, danser, flirter et partir. Pas de commentaires, ni de récriminations. Il n’y a qu’une seule loi : il est interdit d’interdire.

Invite au «viol»

Dans un coin de ce lieu à ciel ouvert, certains tirent rageusement sur leurs cigarettes. D’autres se trémoussent sur la piste. D’autres encore roucoulent et flirtent à renfort de caresses et d’attouchements.

Les filles sont habillées et maquillées comme des dessins, pour attirer davantage les regards. Elles sont de tous acabits. Des sveltes à la poitrine nourrie clair ou noir. Des tailles «coca-cola» aux yeux de biche et au rouge à lèvre très vif. Des «fessues» à la démarche lascive. Il y en a pour tous les goûts. Jupes courtes laissant entrevoir le slip au moindre mouvement. Fentes hautes jusqu’au mont de Venus. Accoutrements serrés épousant les contours du devant et du derrière, les filles aguichent sans gène. Une invite au «viol», moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. C’est la mode à Saly. A bas les parangons de la vertu. Les couples mixtes sont légion. Il est habituel de voir des retraités européens, hommes ou femmes, lézarder au bras d'autochtones tout juste sortis de l'adolescence.

Sur la piste de danse, un homme blanc, la cinquantaine révolue, danse avec une nymphette d’à peine 18 ans. Les gestes sont osés. Ils s’embrassent en dansant. L’homme tripote le derrière de la jeune fille qui répond en introduisant sa main sous son pantalon. L’invite est claire. Le message est décrypté. Le couple s’éclipse pour un autre terrain, loin des regards indiscrets.

«L’étage» est juste un échantillon, certes très représentatif, de Saly by night. Dans les dancings, les restaurant-bars…, on y retrouve la même ambiance.

A quelques mètres de là, se trouve le restaurant «Rdc». Ce samedi, le propriétaire s’est attaché les services d’un chanteur de variétés qui, avec son orchestre, égayent les clients. Tout autour des tables, on y trouve des blancs. En majorité. Juste quelques noirs venus se payer une pizza ou déguster une bière. Il y a peu de couples blancs.  On y voit quelques mémés avec leurs amants d’un jour qui pourraient être leurs petits-fils. Mais surtout des mâles blancs, souvent seuls. Flairant des clients potentiels, une prostituée (appelons-la Bijou), noirceur d’ébène accentuée par un haut et une jupe assortie noirs, le greffage laissé en friche, débarque d’un taxi clando. Elle semble bien connaître le chauffeur. «Je te donne 2 000 FCfa. Tu reviens me prendre dans 30 minutes. Après, je te donnerais 4 000 FCfa», dit-elle au chauffeur qui lui répond par un  «Ok». «Trente minutes», c’est le temps qui lui est nécessaire pour convaincre un client de partager son lit, moyennant une contrepartie financière.

Elle pose les pieds à terre, enfouie ses doigts dans son greffage, entre dans la véranda aménagée en salle à manger et scrute les tables. Son choix se porte sur un blanc attablé seul, sirotant une bouteille de flag, attendant sa commande pour dîner. Sans se faire inviter, elle s’assoit et balance tout de go : «Tu ne m’offres pas à boire ?» Le blanc, surpris, pose sa bouteille et se rend automatiquement auprès du barman pour commander une autre bière. Test réussi pour la prostituée. Elle tient son homme. Tout en sirotant sa bière, elle entame une conversation. L’homme ne tarde pas à être charmé. Il est tombé dans le panneau. Trente minutes plus tard, lorsque le taxi clando est revenu, la prostituée et son client avaient fini de dîner au frais du «toubab» avant de sortir bras dessus bras dessous pour s’engouffrer dans le siège arrière de la voiture. La prostituée vient ainsi de gagner sa nuit.

50 000 FCfa pour une nuit entière

C’est que, à Saly, les soirées sont érotiques. Dès la tombée de la nuit, des touristes vont à la découverte de sensations exotiques dans ces endroits où le bonheur se trouve sous un réverbère mal éclairé et ne coûte que quelques euros. Adieu la pudeur.

Le marché n’existant que grâce à l’offre, de jeunes prostituées, la nuit tombée, envahissent tous les coins de la ville et proposent leurs services à des expatriés qui ont l’embarras du choix. La réalisation des fantasmes ne dépendant que de l’épaisseur du portefeuille, les «clients» n’hésitent pas à débourser de fortes sommes d’argent pour s’offrir une nuit avec des filles. Des péripatéticiennes qui monnayent leur chair à 50 000 FCfa pour la nuit entière et qui évitent scrupuleusement les hôtels de luxe. Dès qu’elles ont des clients, elles les conduisent dans des maisons de passe où les prix varient entre 5 000 et 15 000 FCfa. Tout dépend de la climatisation.

Prolifération d’auberges clandestines

Le boom de la prostitution à Saly a poussé certaines personnes à édifier des auberges clandestines, non pas sur le périmètre de la station balnéaire d’une superficie de 620 hectares gérée par la Sapco, mais sur le périmètre communal.

C’est dans ces auberges clandestins qui échappent à tout contrôle, car n’étant pas répertoriés, que les prostituées attirent leurs clients. Les cris des hôteliers et aubergistes en règle pour obliger les autorités à sévir contre ces «clandos» n’y a rien changé.

Une enquête sur le terrain nous a permis de savoir que des Européens établis en Métropole et qui ont des maisons privées à Saly envoient des clients y habiter. Un manque à gagner pour les hôtels et l’Etat qui voient ainsi des sommes d’argent leur filer sous le nez. Surtout que ces clandestins ne contribuent pas à régler le problème de l’emploi, car l’unique gardien sert également de concierge, le jardinier de proxénète et une domestique suffit pour la restauration des clients.

En revanche, ces maisons privées accentuent la prostitution clandestine et favorisent la pédophilie, car les forces de l’ordre ne peuvent pas accéder à ces maisons privées pour faire un contrôle. Témoignage d’un commandant de brigade ayant servi à Saly : «Il n'est pas aisé de prendre les auteurs de pédophilie en flagrant délit. De plus en plus, les pédophiles délaissent les hôtels pour s'établir dans des maisons de location, plus difficiles à surveiller.»

Malgré tout, quatre Français purgent actuellement des peines de prison allant de deux à dix ans. L'un d'eux avait attiré chez lui une vendeuse de cacahuètes de Saly, âgé de 10 ans, à l'aide d'un billet de 1 000 FCfa, avant de la déflorer.

Les hôteliers refusent de coopérer

Face aux cas multiples de pédophilie, une Ong dénommée «Avenir de l’enfant» a vu le jour à Saly. Une Ong qui a mis en place un observatoire de la pédophilie.  Un membre de cet Ong que nous avons rencontré à l’hôtel «La Médina», nous a confié, au détour d’une conversation, que l’Ong a assuré le suivi psychologique de 22 mineurs et recueilli 60 dénonciations de pédophilie crédibles.

«Nous avions demandé l’implication de tous les hôteliers et aubergistes de la station balnéaire pour qu’ils contrôlent l'âge des visiteurs et d'interdire aux mineurs l'accès de leurs établissements. Nous leur avons également demandé d'accrocher dans chaque chambre un écriteau avertissant les clients que tout geste, attouchement ou caresse à caractère sexuel sur un enfant de moins de 16 ans constitue un acte pédophile réprimé par le Code pénal sénégalais. Mais sur la totalité des responsables d’hôtel, de résidence et d’auberge (une cinquantaine), il n’y a qu’une femme qui nous a répondu positivement», déclare notre interlocuteur pour le déplorer.

Ce qui lui fait dire qu’à ce rythme, la pédophilie a encore de beaux jours devant elle à Saly.

LE FONCIER A SALY : Les terres, pomme de discorde entre la Sapco et la mairie



Du fait de sa station balnéaire, Saly est très couru par les promoteurs immobiliers et les investisseurs étrangers. La Sapco, créé par décret présidentiel dans les années 75 et qui gère les 620 ha que l’Etat lui a confiés, n’est pas en odeur de sainteté avec la mairie qui a autorité sur les villages traditionnels. On accuse la Société d’aménagement et de promotion de la Petite Côte (Sapco) de s’être accaparé des lettres des villageois. La Sapco se défend de n’inscrire ses actions que dans la stricte limite de ses prérogatives.

Saly est composée d’une station balnéaire de 620 ha implantée dans le Titre foncier (Tf) 3405 appartenant à l’Etat du Sénégal et dont la gestion est confiée à la Sapco pour la promotion du tourisme. Cette station est entourée par des villages traditionnels (Saly Tapée, Coulang, Joseph, Niakh Niakhal, Bambara, Vélingara et Carrefour) qui se sont agrandis, donnant naissance à d’autres villages. Officiellement, Saly compte, outre la station balnéaire, 10 villages administrés par une mairie créée récemment et gérée par le socialiste Ousmane Guèye, anciennement président de la communauté rurale de Malicounda. Le problème est que la mairie n’a plus de terre à distribuer à ses administrés. Et les terres de la Sapco sont destinées à la promotion du tourisme.

Ce manque de terre est ainsi un facteur d’incompréhension entre la Sapco et les populations. L’on accuse la Sapco de privilégier les étrangers au détriment des autochtones. C’est ainsi qu’une partie de la population s’était levée pour demander à l’Etat de déterminer les limites de la mairie et celles de la Sapco. Babou Diom, un chef de village, était l’initiateur de ce mouvement d’humeur. Il avait accusé la Sapco d’être un frein pour le développement de Saly et de bloquer la réalisation des projets de la commune.

La Sapco au banc des accusés

Younousse Guèye de Coulang et Papa Guèye de Saly Tapée avaient ajouté que le maire Ousmane Guèye doit avoir les coudés franches pour prendre en charge les préoccupations des populations. «Le 22 mars dernier, Ousmane Guèye a été porté à la tête de la commune avec son conseil municipal. Si donc, depuis lors, il ne peut pas travailler, les populations qui l’ont élu doivent se lever comme un seul homme pour défendre leur propre cause», avaient-ils soutenu. «Même le Sénégal a ses limites propres, à plus forte raison la commune ou la Sapco. Il faut que le pouvoir central fasse vite pour départager l’institution qu’est la commune et la société qu’est la Sapco», affirmera Négué Cama de Saly Carrefour.

La Sapco se défend en soutenant que cette question de délimitation est un faux débat, car la Sapco gère 620 ha destinés à la promotion du tourisme et contenus dans un Titre foncier appartenant à l’Etat. Malgré cela, à chaque fois que les villages ont eu besoin d’extension, la Sapco s’est exécutée pour faire des lotissements et offrir des terres aux populations autochtones. La Sapco soutient que les attaques de la mairie ne reposent que sur des soubassements politiques (voir interview de Babacar Sy, le chef de station de la Sapco de Saly).

Des personnes rencontrées à Saly nous ont appris que la Sapco a effectivement donné 1 224 parcelles aux populations autochtones de Saly, pour les besoins de l’extension de leurs villages. Six cent quatre-vingt-onze (691) parcelles ont été données au village de Saly Tapée. Quatre vingt-treize (93) à Saly Golf. Cent (100) à Saly Extension 3. Trois cents (300) à Cité Saly. Et quarante (40) pour le personnel de la Sapco. Aussi, 2 500 m2 ont été remis à la mairie pour construire son hôtel de ville. En attendant sa construction, la Sapco a loué un local pour la mairie, nous dit-on.

Malgré tout ceci, le problème demeure. La mairie continue d’accuser la Sapco de tous les maux dont souffrent Saly.

Autre problème favorisé par le manque de terres dans les villages, c’est la spéculation foncière. Tous les emplacements réservés à des infrastructures publics (mosquées, écoles, terrains…) dans le plan d’aménagement, ont été vendus. Des titres fictifs sont  également délaissés à des acquéreurs. Et des plaintes et procès pour escroquerie foncière font foison aux brigades de gendarmerie de Saly et de Mbour, au commissariat de Mbour, au parquet départemental de Mbour et au tribunal de Thiès.

BABACAR SY, DIRECTEUR D’EXPLOITATION DE LA  STATION BALNEAIRE DE SALY : «C’est la politique qui oppose la Sapco et la mairie»

Anciennement Société d’aménagement de la Petite côte, devenue depuis 2004 Société d’aménagement des côtes et zones touristiques du Sénégal, la Sapco a maintenant compétence sur l’ensemble du territoire national, c'est-à-dire sur toutes les zones à vocation touristique du pays. C’est elle qui gère la station balnéaire de Saly. Son directeur d’exploitation, Babacar Sy, nous a accordé une interview. Selon lui, les accusations proférées par la municipalité de Saly envers la Sapco n’ont que des soubassements politiques.

Compétence Sapco

Saly c’est la station balnéaire qui a été aménagée depuis les années 70 dans un programme de 6 stations qui devaient être aménagé sur la Petite côte. Mais seule la station de Saly a été réalisée sur un titre foncier de l’Etat du Sénégal. C’est le Tf 3405 devenu Tf 636 Mb qui fait 620 ha immatriculé au nom de l’Etat du Sénégal et mis en gestion par la Sapco au niveau de Saly. Notre mission c’est d’identifier des sites à vocation touristique, de faire les études d’aménagement, de réaliser les aménagements, de trouver des investisseurs, de les installer et de gérer les sites sur lesquels on installe des promoteurs.

Le premier hôtel à Saly a été ouvert au début des années 80. C’est le Palm Beach et aujourd’hui on en est à 16 hôtels à Saly, dont 14 fonctionnent effectivement. On a également un certain nombre de résidences para-hôtelières qui sont des produits complémentaires dans le plateau technique touristique.

Les compétences de la Sapco s’arrêtent tout simplement au niveau de cette station balnéaire qui couvre 620 ha.

Pourquoi la Sapco gère les terres à Saly

Le tourisme ne fait pas partie des 9 domaines de compétence transférés aux Collectivités locales. Il est géré au niveau central par l’Etat. La Sapco est aujourd’hui mandatée par l’Etat pour gérer l’activité touristique sur ce titre foncier qui n’appartient pas à la Sapco, mais à l’Etat du Sénégal. Donc, nous ne pouvons intervenir que sur cet espace qui englobe la station balnéaire de Saly. Tout le reste dépend de la commune de Saly qui, je crois, exerce son droit sur cette zone.

Les Collectivités locales doivent expliquer aux populations qu’ici, c’est un titre foncier de l’Etat et, par conséquent, elles ne peuvent pas le gérer.

Coopération avec les populations autochtones

Dans la convention signée entre l’Etat du Sénégal et la Sapco, il était dit qu’à chaque fois que les villages traditionnels de Saly, c'est-à-dire Coulang et Saly Tapée, voulaient faire une extension, la Sapco est tenue de faire cette extension et de la mettre à la disposition des populations. Je crois qu’aujourd’hui, on a fait l’inventaire récemment, on est à 1 200 parcelles qui ont été loties par la Sapco et affectées aux populations de Saly. L’extension la plus récente date de 2009. Et si vous faites, aujourd’hui, le recensement de ces deux villages, je suis sûr et certain que vous n’aurez pas plus de 1 200 habitants. Ce qui veut dire que nous avons dépassé très largement le ratio par population. A ce jour, la mairie n’a pas encore géré des lotissements. La commission de distribution qui a été mise en place était composée de notables, de jeunes et d’autres populations des quartiers concernés. Et dans ces commissions, la Sapco n’a jamais siégé. Ce sont les populations elles-mêmes qui font leurs distributions selon leurs règles, selon leurs normes. Nous attendons que ces commissions finissent leur travail et nous donnent la liste des personnes attributaires et nous entérinons.

Mésentente entre la Sapco et la mairie

Les raisons de la mésentente entre la Sapco et la mairie sont purement politiques. La mairie est gérée par Benno. La Sapco est sous le contrôle du régime libéral. Les tensions se trouvent à ce niveau. Normalement, dans la collaboration entre institutions étatiques que sont la mairie et la Sapco, le dialogue doit être permanent. Au niveau de la Sapco, nous sommes ouverts. Nous avons, d’ailleurs,  remis à la mairie un protocole d’accord dans lequel  la mairie liste tous les axes de coopération qu’elle souhaite qu’on travaille avec elle. Et ce protocole, on le met sur la table, on discute, on tombe d’accord sur certains points et on les applique. Jusqu’à aujourd’hui, la mairie n’a pas réagi.

Lors de leur Assemblée générale qu’ils ont tenu au quartier de Saly, il y a certain nombre de participants qui ont dit qu’il faut qu’on se débarrasse de la Sapco parce que c’est le neveu du président de la République qui gère la Sapco. Ça n’a rien à voir avec des problèmes de dysfonctionnements liés à une collaboration qui doit exister entre deux entités étatiques.

J’appelle les responsables locales pour qu’ils comprennent que la mairie ce n’est pas une personne, c’est une institution de l’Etat. Tout comme la Sapco. La preuve, beaucoup de directeurs généraux sont passés et la Sapco est restée. Je leur demande de venir travailler en toute intelligence et dans l’intérêt de la station touristique, dans l’intérêt de la commune de Saly. Dans le budget de la commune de Saly qui est de 1,400 milliard de FCfa, le tourisme contribue à hauteur de 900 millions de FCfa par an. Et celà, c’est grâce aux aménagements de la Sapco. Donc, entre la mairie et la Sapco, il ne peut y avoir qu’une collaboration entre institutions de l’Etat pour pouvoir avancer. Si des tensions subsistent, c’est le budget de la mairie qui baisse et ce sont les populations qui vont le ressentir automatiquement. On n’a pas le droit d’entretenir cette confusion autour de problèmes politiques au détriment de la population.

Agressions et insécurité

Saly est un mirage pour certains qui pensent que, dès qu’ils arrivent, ils peuvent rapidement se faire de l’argent et partir. Très souvent, ces personnes sont déçues parce que ce n’est pas trop évident. Cette déception entraîne souvent des comportements violents, soit contre des touristes, soit contre des résidents, soit contre des populations de passages dans la station. C’est vrai que de temps en temps, il y a des problèmes. Pour parer à cela, la Sapco, avec le comité de station (qui regroupe les professionnels), avait demandé la mise en place d’une brigade spéciale de gendarmerie qui devrait s’occuper du volet sécurité de la station uniquement et de la mise en place d’une caserne des Sapeurs-pompiers. Vous savez, ici, le cahier des charges architectural avait suggéré qu’on ne fasse pas des bâtiments en béton, mais qu’on reproduise l’architecture nationale, c'est-à-dire les cases en paille. Ce qui fait qu’en cas d’incendie, si les secours ne sont pas en place, le feu peut se propager très vite. Nous avons obtenu tout cela et les Sapeurs-pompiers jouent pleinement leur rôle.

Concernant la gendarmerie, c’était nécessaire. La ville de Saly commençait à grandir. Les problèmes de sécurité ont alors commencé à augmenter. Nous avons donc demandé et obtenu cette brigade de gendarmerie qui tourne avec 60 éléments en permanence. Ce qui est unique au Sénégal, parce qu’une brigade, c’est d’habitude 8 à 10 éléments. La Sapco a également une cellule de sécurité qui tourne entre 80 et 120 agents. Ça dépend de la saisie.

Par rapport à la logistique, la gendarmerie est prise en charge par la Sapco et le comité de station. En tant que fonctionnaires, ils sont payés par l’Etat. Toutefois, la Sapco donne 1 million de francs Cfa par mois pour la nourriture des gendarmes et les chevaux qui participent à la mission de sécurisation. On donne une dotation en carburant de 200 litres de Super. La facture de téléphone est prise en charge intégralement par la Sapco.

Concernant les Sapeurs-pompiers également, la Sapco et le comité de station contribuent pour la popote des agents,  le carburant des véhicules, l’eau et le téléphone.

Je pense que ce ne sont pas des efforts vains. De moins en moins, on a des agressions dans le périmètre de la station. Les pharmacies cambriolées dont on parle ne se situent pas dans la station. Elles sont situées dans les quartiers de Saly Carrefour ou Saly Niakh Niakhal. Les deux pharmacies qui sont dans la station n’ont jamais fait l’objet de braquage.

 

Violences à l'univ' de St Louis

Violences à l'université de Saint-Louis : vingt-trois étudiants sous les verrous

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Le bilan des heurts entre les forces de la gendarmerie et les étudiants de l’université Gaston Berger de Saint-Louis (UGB) fait état de nombreux blessés. Quelque soixante-trois jeunes ont été arrêtés depuis le début des affrontements dont vingt trois ont été déférés devant le parquet.

Le campus de l’université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis est en émoi. Après de nouveaux heurts avec la gendarmerie, dans lesquels seize personnes ont été blessées, vingt-trois étudiants ont été arrêtés et placés en détention (sous mandat de dépôt), jeudi 5 août.

Ils sont inculpés d’ « acte de vandalisme, participation à un regroupement interdit, destruction de biens appartenant à l'Etat et autrui et rébellion contre les forces de l'ordre », a déclaré vendredi une source judiciaire à Saint-Louis, au nord de Dakar.

Ces jeunes, emprisonnés depuis jeudi à la maison d'arrêt et de correction (Mac) de Saint-Louis, seront jugés le 19 août. Quarante étudiants ont déjà arrêtés mardi, au début des affrontements, ce qui porte à soixante-trois le nombre d'étudiants interpellés.

Saint-Louis, qui abrite la deuxième université publique du pays, est depuis plusieurs jours en proie à une vive agitation. Le soulèvement des étudiants a été organisé en réaction à l’exclusion « perpétuelle » de trois de leurs camarades, décidée le 29 juillet dernier. Le conseil de discipline de l'Université les accuse d'avoir saboté entre juin et juillet les examens se déroulant dans leur unité de formation et de recherche (UFR).

Le recteur de l'université de Saint-Louis, Mary Teuw Niane, a annoncé en début de semaine avoir eu recours aux forces de l’ordre pour mettre fin aux débordements occasionnés par les étudiants. Selon ces dernières, « des édifices et institutions de l'Université ont été attaqués par des étudiants fous furieux qui ont détruit des biens publics et privés dont des véhicules, cassé des vitres du rectorat » et d'autres bureaux. (avec AFP)

Une grève qui coûte cher au Sénégal

Grève de la SONATEL : L'économie du Sénégal perd 50 milliards

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Après la polémique, place aux chiffres. En effet, la grève des syndicalistes de la société nationale d’électricité (SONATEL) qui a coupé le Sénégal du reste du monde, jeudi dernier, pour fustiger l’entrée de Global voice group, a coûté très cher l’économie.

Selon le journal « Le Populaire », dans son édition du jour, l’économie sénégalaise a perdu cinquante (50) milliards de francs. «Ce chiffre a été avancé par les responsables de l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (Artp) sur la base d’estimations très fiables», ont appris nos confrères de la Médina. Car, les banques, les agences de voyages, les services des douanes, le port, l’aéroport, les télécommunications, tous ces secteurs ont connu des pertes substantielles les sources de nos confrères.


Rappelons que vendredi, il y a eu une véritable levée de bouclier des associations de consommateurs contre la SONATEL. Elles ont menacé de lui faire payer « ses fautes » en demandant au chef de l’Etat de lui retirer sa licence. L’agence de régulation de postes et télécommunications avaient avancé une amende de huit (8) millions de francs.