29/09/2010

Toute la lumière sur les coupures d'éléctricité...

Les vraies raisons de la recrudescence des coupures d'électricité au Sénégal

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Les responsables de la Senelec sont sortis de leur mutisme pour expliquer la situation caractérisée par un retour des coupures d’électricité. Face à la presse hier, mardi 28 septembre à leur siège située à la rue Vincent à Dakar, ils ont pointé du doigt les deux plus vieux groupes de la centrale de Cap des Biches qui sont tombés en panne.
Les Sénégalais doivent encore prendre leur mal en patience pour au moins espérer retrouver l’équilibre précaire de la fourniture d’électricité. Les responsables de la Senelec ont tenu une conférence de presse hier, mardi 28 septembre, pour expliquer cette situation de retour des coupures intempestives d’électricité.
Evitant de s’avancer sur échéance pour un retour à la normale, ils ont donné les raisons de cette perturbation notée sur la fourniture d’électricité par la Senelec.
Le directeur du transport, M. Abdoulaye Dia a expliqué que la période actuelle (septembre-novembre) marque la phase ascendante de la demande en électricité. A l’en croire, c’est en mettant en œuvre le programme habituel de maintenance qui amène à mettre deux groupes de 15 Mégawatts à l’arrêt, qu’un incident est survenu à la centrale de Cap des Biches. D’après lui, deux groupes qui font ensemble 50 Mégawatts sont tombés en panne. « Ce sont les machines les plus vieilles et qui datent de 1966 et 1978 qui sont tombés en panne », a confié Abdoulaye Dia.
Sur ce point, le directeur de la production, Bacary Diop a souligné que « ce sont deux vieilles unités fortes mais leur faiblesse c’est que ce sont des chaudières ». En plus de cela, a-t-il poursuivi, « ces machines sont trop sollicitées malgré leur obsolescence ». Le directeur de la production de Senelec a informé que « l’incidence financière de la panne n’est pas évaluée mais les pertes financières causées ne sont pas énormes et nous maîtrisons ces défauts ». Il a expliqué que « faire revenir une chaudière peut prendre un mois mais je pense que ce n’est pas le cas ».
Face à la demande pressante des consommateurs qui exigent le retour à la normale, Bacary Diop a souligné qu’il est difficile de donner des dates parce que « les pannes sont importantes ». Mais, a-t-il ajouté, pour calmer les ardeurs, « tout est mis en œuvre pour que la situation soit rétablie ».
La situation est plus sévère à Boutoute, zone touristique située à moins d’une dizaine de kilomètres de Ziguinchor. Sur la situation qui prévaut dans cette localité, le directeur de la production de Senelec a affirmé que c’est « la quasi totalité des groupes qui y sont installés qui sont tombés en panne ». A l’en croire, « des efforts sont déployés pour au moins faire revenir le plus rapidement le groupe le plus important de la centrale ». En attendant l’extension de cette centrale qui va se dérouler sur 12 mois, a ajouté Bacary Diop, « nous allons augmenter sa capacité ».
Compte tenu de cette situation inconfortable, la Senelec a déroulé un plan prévisionnel pour au moins retrouver le niveau d’équilibre précaire. Le directeur du transport, Abdoulaye Dia a confié que quatre unités vont revenir en exploitation d’ici mi-octobre. Ce qui, à l’en croire, fera un apport de 50 Mégawatts dans le réseau de Senelec. Sans beaucoup de conviction, M. Dia a estimé que « vers la mi-octobre, Senelec va retrouver l’équilibre précaire offre-demande ».
Lors de cette conférence de presse, la Senelec a été également interpelée sur les conséquences du carburant contaminé. A en croire, Bacary Diop, « tous les groupes qui étaient à l’arrêt à cause de ce carburant sont revenus dans le réseau ». Selon lui, « il n’y a qu’à la centrale C4 où il y a quelques séquelles avec un groupe qui est affecté et mis hors service ».
Bacary Dabo

28/09/2010

Chères inondations...

Dégâts des Pluies
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Le Sénégal a perdu 44.3 milliards de FCFA dans les inondations de 2009
44.3 Milliards de francs CFA, c'est la somme que le Sénégal a perdue dans les inondations urbaines de l’année dernière (2009) en termes de pertes et dommages. Révélation faite par le Ministre de l’intérieur, Me Ousmane Ngom à l’occasion d’un atelier de renforcement des capacités des membres du Réseau pour la communication sur les Risques et Catastrophes au Sénégal (RECOREC) sur la réduction des risques et catastrophes.
Dégâts des Pluies: Le Sénégal a perdu 44.3 milliards de FCFA dans les inondations de 2009
Les inondations ont causé beaucoup de dégâts matériels et financiers l’année dernière (2009). En termes de pertes et dommages subis lors des inondations de 2009, l’Etat du Sénégal estime la somme à plus de quarante quatre milliards de francs Cfa (44.3 milliards de FCFA). «Avec des dizaines de millions de victimes et les lots de dégâts enregistrés chaque année, les inondations constituent une préoccupation majeure pour le gouvernement» a soutenu le Ministre de l’intérieur, Me Ousmane Ngom. Pour lui, les inondations, les pluies hors saisons, les invasions acridiennes, et l’érosion côtière affectent les populations et compromettent les efforts de développement de notre pays.
Me Ousmane Ngom de confier: «les expériences passées (inondations, naufrage du Bateau le Joola) ont fini de prouver à quel point ces catastrophes constituent une menace pour les populations, la stabilité économique et le développement du pays».
De l’avis du Président du RECOREC, Marcel Mendy, ces catastrophes naturelles trouvent certes leurs origines dans les aspects climatiques (changement climatique notamment) mais elles sont aggravées en tout genre par des pratiques pourvoyeuses de risques de catastrophe, conséquence d’un manque de culture du risque de la part des politiques et des populations.
Papa Mamadou Diéry Diallo

Le Sénégal broie du noir

Les délestages s'intensifient, les Sénégalais broient du noir
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Les rares sénégalais qui croyaient que la pause observée au début du mois de Ramadan ou durant la Coupe du Monde football en Afrique du Sud allait durer, ont vite déchanté, en dépit des nombreuses promesses des autorités.
Les délestages ont repris de plus belle avec une cadence qui rappelle l'expérience amère des années 2005 et 2006, lorsque le courant électrique était presque rationné.
Intervenant durant l'hivernage, la saison des fortes chaleurs en Afrique de l'Ouest, ces coupures sapent fortement le moral des ménages et aggravent leur mal-vivre.
Structurelle, la crise est difficile à gérer et les autorités n'y peuvent rien en réalité.
Après avoir fait longtemps exception en Afrique de l'Ouest, le Sénégal a été "contaminé" par le phénomène des délestages à cause d'un manque d'investissement dans le secteur et d'une mauvaise gestion de la société nationale d'électricité du Sénégal (Senelec-publique), qui continue d'assurer la production et la distribution de l'électricité avec des installations datant de plus de 40 ans.
Mais si plusieurs pays ont réussi à résorber progressivement ce problème, la situation traine encore au Sénégal avec ses conséquences désastreuses sur tous les segments de l'économie.
Après avoir subi de plein fouet la hausse vertigineuse des cours du pétrole, en voyant ses achats de combustibles tripler en quelques années, la SENELEC invoque désormais des problèmes liés à l'utilisation d'un combustible défectueux, ayant entraîné l'immobilisation de 13 turbines, pour expliquer ces délestages.
Les autorités, incapables de gérer cette situation, multiplie les promesses pour calmer la colère des citoyens.
Après avoir annoncé un retour à la normale le 15 août dernier, elles avancent désormais l'échéance de février 2011.
"On avait toujours dit que la fin des délestages serait pour fin 2011 et début 2012. Mais le président de la République a ramené ce délai à fin février 2011", a promis récemment le ministre de l'Energie, Samuel Sarr.
Habitués à ce genre de promesses, les Sénégalais ne croient guère en la capacité d'une entreprise vieillissante et sous perfusion de l'Etat, comme la SENELEC, à résoudre cette grave crise énergétique.
Marches d'artisans, brassards rouges, refus de paiement des factures : ils ont démontré récemment qu'ils sont à bout de leur patience et qu'ils sont prêts à en découdre avec les autorités, surtout que les enjeux sont importants à quelques mois de l'élection présidentielle pour laquelle le président Abdoulaye Wade a annoncé sa candidature.
Le coût pour l'économie est énorme et aucun secteur ou service n'est épargné par ces interruptions brusques de courant qui ont atteint samedi par exemple plus de 14 heures dans le centre même de Dakar. . "Un pays à sec", titra un jour le journal "Le Quotidien" qui relève, à juste titre d'ailleurs, que Dakar est devenue comme Conakry, la capitale guinéenne, où les étudiants révisent leurs cours sous les réverbères de l'aéroport, l'un des rares endroits éclairés la nuit.
Au-delà de leurs répercussions catastrophiques sur l'économie, ces délestages récurrents ont eu comme fâcheuse conséquence une ausse généralisée des prix, à cause des charges inhérentes à l'achat et au fonctionnement des groupes électrogènes.
Les Sénégalais, qui croyaient il n'y a pas si longtemps que ces groupes étaient uniquement l'apanage des rues de Bissau, Banjul ou Conakary, ont appris à leurs dépens que ces engins font désormais partie du décor de leur capitale.
On en voit à chaque coin de rue, posés sur le trottoir ou sur les balcons des appartements, et leur ronronnement supplante les décibels des tubes de Youssou Ndour ou de Coumba Gawlo Seck distillés à longueur de journée dans les quartiers populeux de Dakar.
Les coupures font aussi l'affaire des marchands de bougies dont les prix ont sensiblement augmenté ces derniers mois.
Mais de toutes les personnes lésées par cette crise énergétique, ce sont les ménagères qui en souffrent le plus, car elles sont obligées de faire le marché quotidiennement faute de courant pour pouvoir conserver les aliments dans les réfrigérateurs ou les congélateurs.
Mohamed Touzani

26/09/2010

Les trois "coûts" du théâtre de Dakar

Le grand théâtre national de Dakar n'est pas prêt d'ouvrir ses portes
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Le Grand théâtre national de Dakar ne sera pas livré au mois de mars 2011, conformément aux accords signés avec la Chine. La partie sénégalaise n’a pas encore respecté ses engagements, malgré la lettre adressée au ministre d’Etat Karim Wade, il y a quelques mois par l’ambassadeur de Chine au Sénégal. Aujourd’hui, c’est la société Complant, maître d’œuvre, qui tire à nouveau la sonnette d’alarme à travers une lettre en date du 16 septembre dernier.

Entamé en décembre 2008, après la signature du contrat de lancement des chantiers, précisément le 7 décembre 2007, en raison des retards accumulés dans le délogement de certains bâtiments qui étaient encore sur l’emplacement, le projet de construction du Grand théâtre national doit être normalement achevé au mois de mars 2011. Certes, il ne sera plus fonctionnel pour l’organisation du Festival mondial des arts nègres, prévu en décembre, mais, si l’on n’y prend garde, le Grand théâtre ne sera pas opérationnel après 2011. Et pour cause, la partie sénégalaise jusque-là, ne respecte pas ses engagements.

Au mois de juin dernier, l’ambassadeur de Chine au Sénégal, Gong Yuanxing, s’en est ouvert par courrier officiel au ministre d’Etat Karim Wade, en sa qualité de ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures. Il souhaitait que ce dernier intervienne pour faire bouger les choses, car indiquait-t-il dans sa correspondance : «… Il ne reste que 9 mois pour boucler l’ensemble du projet… Conformément aux clauses du contrat d’exécution du projet, les travaux annexes tels que la pose de tuyaux pour l’alimentation en eau et l’évacuation des eaux usées, l’installation des câbles de communication, le branchement de l’électricité de haute tension, l’aménagement de voirie à l’extérieur de la ligne rouge du site du projet, devront être réalisés par la partie sénégalaise.» (Voir Le Quotidien du 29 juin 2010).

Las d’attendre, c’est la société chinoise en charge des travaux qui interpelle aujourd’hui directement les autorités sénégalaises avec ampliation à la Représentation diplomatique chinoise au Sénégal. C’est parce que 3 mois après la première interpellation, aucune évolution n’a été notée. Pis, les Chinois se trouvent bloqués dans l’accomplissement de leur mission.

IMPOSSIBLE DE LIVRER L’OUVRAGE EN MARS 2011

Dans une correspondance datant du 14 septembre dernier et adressée aux autorités sénégalaises compétentes, la Mission technique chinoise renseigne que les nombreux facteurs de blocage du chantier relèvent des structures sénégalaises devant effectuer des travaux sur le site. «Pour le raccordement de l’ouvrage au réseau électrique, la Senelec avait sélectionné à travers l’appel d’offres, la Direction centrale des marché publics… Mais la date de démarrage de ses travaux n’est pas fixée», informent les coopérants chinois. Qui précisent : «Si ces travaux ne sont pas terminés au mois de novembre, il y aura des incidences sur la régulation des équipements du Théâtre.» Aussi, préviennent-ils que l’ouvrage ne peut être achevé au mois de mars 2011, tel que stipulé dans l’accord de livraison, puisque l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) «n’a même pas encore lancé un appel d’offres pour effectuer les travaux d’assainissement».

Rappelant que la Mission chinoise exécute strictement son planning, la correspondance adressée aux ministères en charge de ce chantier, regrette aussi le ralentissement noté dans l’installation de la téléphonie, de la télévision et  du réseau, qui devrait aller de paire avec la décoration de l’intérieur du bâtiment qu’elle effectue actuellement. De manière générale, «jusqu’à maintenant, l’exécution des travaux relevant de la partie sénégalaise n’a pas encore démarré».

Pourtant, lors d’une récente visite du ministre de la Culture sur le chantier, Mamadou Bousso Lèye assurait que «le Sénégal s’acquittera entièrement de sa contrepartie pour que le délai de livraison soit respecté». Que nenni.  A l’en croire, «la contrepartie sénégalaise concerne l’exonération des taxes sur le matériel de ce chantier et la réalisation d’un système d’intégration de l’ouvrage comme les infrastructures de raccordement routières, l’eau, l’assainissement». Des données confirmées par le courrier de la société chinoise qui ne manque cependant pas de détailler les blocages, tout en affirmant espérer «que les services compétents sénégalais élaboreront un calendrier pour ces travaux et donneront une réponse explicite et rapide».

«CE CHANTIER : NE FAIT PAS PARTIE  DE NOS PREROGATIVES»

Interpelé hier en marge du point de presse sur les travaux de rénovation et de construction de chantiers relatifs à l’organisation de la troisième édition du Festival mondial des arts nègres, Abdoul Aziz Sow, le délégué général, dit ne pas pouvoir apporter d’éléments de réponse à la question de savoir si c’est parce que le Grand théâtre n’abritera plus des activités du festival prévu en décembre prochain, que les autorités sénégalaises ne s’empressent plus pour diligenter les travaux. «Une chose est sûre, ce chantier ne fait pas partie de ceux que nous devons réhabiliter, rénover ou construire avant le festival… Il ne fait d’ailleurs pas partie de nos prérogatives… Vous me donnez là, des informations que je ne maîtrise pas. Et pour ne pas dire des bêtises, je préfère ne pas réagir sur le sujet», répond M. Sow après une brève hésitation due à une intervention du directeur du patrimoine, Hamady Bocoum, qui l’a subtilement invité à ne pas s’engager dans ce dossier. D’ailleurs, ce dernier promet de réagir sur le sujet, dès la semaine prochaine, après avoir fait ses propres investigations. «La partie sénégalaise a démarré déjà les travaux d’assainissement de l’environnement. Je vous dirai, de manière précise, dès la semaine prochaine, tout ce qui se fait sur le chantier», a voulu rassurer M. Bocoum.

Le Grand théâtre, en construction derrière la gare de Dakar, est une composante du Parc culturel financé par la Chine et qui devrait regrouper les Archives nationales, un Musée des civilisations noires, une école d’architecture, une bibliothèque nationale et un espace dédié à la musique. C’est le plus grand projet d’aide entrepris par la Chine au Sénégal, après la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays en 2005. Un don de plus de 233 millions de Yuan, soit environ 14 milliards de francs Cfa.

New York, New York...

Alors que le Sénégal est en proie à des difficultés financières énormes, que rien n'est fait depuis des années contre les inondations répétées, que l'on construit des statues, que l'on bâtit des immeubles de prestige inadéquats, que quelques nantis s'offrent des jets privés, des villas à St Tropez... alors que les populations se battent dans des conditions de vie bien précaires...Le président Wade révèle : "L'Etat du Sénégal vient d'acheter un terrain à 10 milliards à New Yok et va construire un immeuble de 14 étages

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Lors de sa rencontre avec la presse ce vendredi à New York, le président Wade a révélé que le Sénégal vient d'acheter un terrain pour un montant de 10 milliards dans la capitale économique américaine. Voici ce que le président Wade a déclaré: «Comme nous parlons de terrain, l’Etat du Sénégal vient d’acheter un terrain à 10 milliards de FCfa ici à New York. Nous allons construire un immeuble de 14 étages sur le site. Le coût de la construction revient à 30 milliards de Fcfa. Cet immeuble permettra à l’Etat du Sénégal d’économiser et de gagner de l’argent. Les missions et les officiels sénégalais logent dans des hôtels et paient beaucoup d’argent. Nous avons décidé de construire un immeuble où habiteront tous les Ambassadeurs, les Consuls et les Ministres en visite aux Usa. Le reste de l’immeuble sera mis en location. C’est ce qu’ont fait le Nigéria, le Ghana et l’Ouganda. Les banques qui nous prêtent de l’argent vont encaisser les premières années de logements pour recouvrer leur argent»

Inondations à Podor

Niveau d’eau du fleuve Sénégal : La situation est alarmante !
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Niveau d’eau du fleuve Sénégal : La situation est alarmante !
Menacées par le niveau de l’eau du fleuve Sénégal qui ne cesse de monter, les populations de Podor ne savent plus où donnaient de la tête. Ils tirent la sonnette d’alarme. Selon le correspondant de la Rfm à Podor, les inquiétudes suivent dans tous les villages riverains, quasiment menacés. Car Vendredi dernier, à 18 heures, le niveau de l’eau a atteint 4.80 mètres à l’échelle de Podor. Notre confrère de relever que «dans la plupart des localités, les digues, où ceux qu’ils en restent encore, vieilles de plus de 50 années sans aucune réhabilitation depuis leurs constructions, n’offrent plus de sécurité. Elles risquent même de céder sous la pression de la pluie».

D’importantes pertes sont enregistrées avec les débordements au fleuve Sénégal et ses affluents c’est le cas à Djambo et à Daddo où des dizaines d’hectares de riz sont sous les eaux. «A cela s’ajoute le dégât occasionné par les inondations pluviales notamment avec l’effondrement de maisons faisant de nombreux blessés et un mort» a indiqué le correspondant de la Rfm.

24/09/2010

Inondations dévastatrices au Sénégal

Inondations dévastatrices au Sénégal
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Les fortes pluies tombées ces derniers jours dans certaines régions du Sénégal ont fait deux victimes dans la région de Kaffrine au centre du pays après l’effondrement de bâtiments. Cet excédent de pluviométrie a aussi affecté les cultures dévastant notamment plusieurs bananeraies et des rizières.
Les chiffres de l’ANAMS, l’Agence de météorologie du Sénégal sont formels. Depuis le début de l’hivernage, les pluies ont été beaucoup plus fortes que la normale. A Saint-Louis, Dakar, Linguère ou Nioro, elles ont même quasiment atteint deux fois leur niveau habituel.
Pour les agriculteurs, cet excès d’eau est parfois un problème. Dans la région de Tambacounda à l’est du pays, plusieurs bananeraies ont ainsi été dévastées ces derniers jours explique Adama Ndao, secrétaire général du CORPROBAT le Collectif des producteurs de bananes de Tambacounda : « Nous avons visité 676 hectares et il y a 276 qui sont rentrés dans l’eau. Les producteurs sont découragés. Quand l’eau entre au niveau de la bananeraie durant 112 heures, on peut dire que la production est complètement perdue »
Au Nord, dans la zone du fleuve Sénégal, certaines rizières souffrent elles aussi de ces pluies abondantes estime Ndiawar Diop, président de la fédération des périmètres autogérés : « Il ya deux périmètres qui sont vraiment les plus touchés, ceux de Kassak -nord et de Kassak-sud. La presque totalité de leur superficie a été submergée par l’eau. Une superficie autour de 784 hectares. »
Dans ces deux périmètres, les dégâts seront très importants. Ils semblent moindres ailleurs dans la vallée du fleuve Sénégal. L’évaluation est toujours en cours.

20/09/2010

Voyage en Casamance

Découvrir la Casamance
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Région enclavée du Sénégal? Oui, sans doute mais, c'est la plus belle!
Voici deux liens qui vous permettront de disposer de tous les renseignements sur cette région magnifique. Comment y aller, les vols directs, les routes, les navettes, les bateaux. Et, aussi, où loger, que visiter et toute une foule de renseignements mis à jour quasi quotidiennement.
http://www.les-alizes-hotel.com/1_3acces.html
http://www.voyagerencasamance.com/

19/09/2010

Goggle en Wolof

Google en Wolof

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C'est désormais possible, il était bon de le rappeler...

http://www.google.sn/

16/09/2010

Révélation!

Révélation

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"La Lettre du continent" fait une révélation fracassante : "Nouveau riche à Saint-Trop : Quel homme d'affaires franco-sénégalais vient de s'offrir une villa de plus de 10 millions € à Saint-Tropez ? L'Afrique est riche…". Plus 10 millions d'euros égalent : 6, 5 milliards de francs CFA, au moins. Une grosse fortune. Saint Tropez, c'est un peu le nec le plus ultra. C'est une station balnéaire internationalement connue grâce à l'engouement des artistes de la Nouvelle Vague puis des Yéyés et enfin, un lieu de villégiature de la Jet set européenne et américaine comme des touristes en quête d'authenticité provençale ou de célébrités. Situé au Sud de la France, dans le département du Var, Saint Tropez a la vie chère.
Qui est donc ce sénégalais ? Politicosn.com a pu savoir que l'homme qui s'est payé cette maison serait également un métis et autre information : C'est une autorité bien connue sur place de Dakar...C'est le fils de, le fils de...

Prisons Sénégalaises montrées du doigt

Les détenus sont victimes de mauvais traitements dans les prisons sénégalaises, selon Amnesty International
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Les personnes détenues dans les prisons sénégalaises sont régulièrement soumises à des mauvais traitements, dénonce un rapport publié mercredi par Amnesty International.

L'association de défense des droits de l'Homme y décrit des passages à tabac et des électrocutions qui ont provoqué la mort de plusieurs détenus. Dans certains cas, les rapports d'autopsie remis aux familles font état de côtes cassées et de blessures faciales provoqués par objets contondants. La police a parfois dit aux familles de certains prisonniers qu'ils s'étaient suicidés dans leur cellule.
"Ils nous ont traités d'une manière si violente, c'était comme si nous ne pouvions pas être considérés comme des êtres humains", a déclaré mercredi à Dakar Boubacar Diop, lui-même victime de mauvais traitements. Il s'exprimait lors d'une conférence de presse où étaient également présents les proches de personnes mortes en détention. "Je n'ai jamais vu de tortures aussi graves", a-t-il ajouté.
Au Sénégal, des policiers sont souvent blanchis dans des affaires de violences qui seraient considérées comme des violations des droits de l'homme par la justice internationale, selon le rapport.
Les familles des victimes, souvent pauvres, et qui connaissent peu le système judiciaire, ont du mal à intenter des procès aux auteurs de ces violences.
"Imaginez au Sénégal si un citoyen moyen a tué quelqu'un d'autre", note Assane Dioma Ndiaye, un avocat de plusieurs familles de victimes. "Il serait arrêtés. Mais si un policier tue quelqu'un d'autre, il ne se passe rien."
Le porte-parole présidentiel, Serigne Mbacke Ndiaye, n'a pas confirmé ni démenti les détails du rapport. Il a assuré que le Sénégal était un pays démocratique engagé à respecter les droits de l'homme. "Si ces droits son violés, alors les auteurs seront traduits devant la justice", a-t-il souligné.

15/09/2010

La grande muraille verte

Reportage sur la Grande Muraille Verte au Sénégal
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Le Sahel tient-il avec «La Grande Muraille Verte» un projet susceptible de l'aider à relever les gigantesques défi de la pauvreté, d'un climat rude et changeant ? Pour en savoir plus sur ce vaste mais vague projet, avancé par les chefs d'États du Sahel, je me suis rendu au Sénégal au mois d'août. Pour un reportage publié hier dans Libération (lire ci-dessous), effectué dans la région du Ferlo.

Le nom de baptême de La Grande Muraille Verte est dû à Abdoulaye Wade, président du Sénégal. Sa présentation varie selon les interlocuteurs. Vendue ici comme le moyen de "lutter contre le désert", et là comme un vaste programme de développement rural et agricole, organisé autour d'une reforestation nécessaire ( ici un article paru dans Libé sur une recherche de Guillaume Favreau (IRD) sur cette reforestation). Cette deuxième version est celle des responsables scientifiques et technique sénégalais que j'ai rencontré. Tant Abdoulaye Dia, le secrétaire exécutif du programme pour l'Agence pan-africaine. Que chez les cadres des Eaux et Forêts (les colonels Pape Sarr et Matar Cissé).

Ce projet a fait l'objet d'une polémique en France, avec des critiques avancées par Marc Bied-Charreton, contre un "barrage" de 7000 km de long et de 15 km de large, inutile et inefficace contre le désert. La riposte assez vive de Matar Cissé montre que la discussion suppose de mettre de côté quelques préjugés si l'on veut la conduire correctement. Pour ma part, je suis allé voir sur le terrain, afin de confronter les mots des uns et des autres à la réalité. Ce reportage, effectué avec des chercheurs du CNRS implantés à Dakar dans le cadre Carte sénégal reportage de l'Unité mixte internationale Environnement santé société, dirigée par Gilles Boetsch, m'a permis d'observer les tous débuts de l'opération, menée avec les seuls moyens du Sénégal. Je me IMG_2307 suis rendu sur place avec les étudiants de l'UCAD (Université Cheikh Anta Diop) qui participent à des activités citoyennes. En clair, ils se mobilisent durant l'été pour aller dans des communautés rurales participer à des actions sanitaires, d'éducation et de  reboisement. Une action menée cette année par 800 étudiants, organisée avec une grande détermination par le recteur de l'UCAD, Abdou Salam Sall et des enseignants comme le médecin Lamine Gueye ou l'écologue Aliou Guissé. (photo meeting de lancement à l'UCAD, le recteur Abdou Salam Sall est au micro).

De retour, je peux affirmer que l'idée d'un nouvel et inutile "barrage végétal" contre le sable n'est pas IMG_2647 vraiment le problème. Si la Grande Muraille Verte n'est encore qu'un projet, les scientifiques et cadres techniques africains que j'ai rencontré n'ont pas du tout une telle idée en tête, mais - comme l'explique dans l'article publié hier Abdoulaye Dia : «Ce projet est certes centré sur la restauration de sols dégradés par la reforestation et des ouvrages de rétention d’eau. Mais il vise un développement global –économique, social, avec des volets éducatifs, sanitaires, la construction d’infrastructures de base– pour stopper l’exode rural, fixer les populations en augmentant leurs revenus et leurs productions. C’est un projet pour plusieurs générations qui concerne l’ensemble de la zone aride du Sahel, pas un tracé de 15 kilomètres.» (Photo, je rencontre Matar Cissé).

Voici le reportage pbublié dans Libération :

Accoudé à la clôture de barbelés, le sergent Faye des eaux et forêts de Tessékéré, ruisselle sous la pluie. Derrière, des jeunes s’activent. Ils creusent des trous dans la terre sablonneuse et y déposent des plants Widou parcelle plant d’arbres.Dans cette parcelle de près de 600 hectares, solidement protégée, ils densifient un couvert végétal trop rare. Opération isolée? Non, élément parmi d’autres de ce qui pourrait devenir un des programmes de développement les plus ambitieux du siècle: la Grande Muraille verte. Avec des majuscules s’il vous plaît. Photo, un plant dans une parcelle clôturée.

Une idée lancée en 2005, puis baptisée ainsi par Abdoulaye Wade, le président sénégalais jamais à court de formules chocs. Encore une machine à capter des milliards (le Fond mondial pour l’environnement a déjà promis 119 millions de dollars) au nom de la lutte contre la désertification et la pauvreté?

Le soupçon d’une simple opération marketing est monté, alimenté par les résultats mitigés ou les échecs des «barrières vertes» des pays circumsahariens depuis quarante ans. L’évocation d’une ligne de 15 km de large à travers le Sahel, de Dakar à Djibouti, comme si une palissade d’arbres devait lutter contre une hypothétique avancée du désert, n’est pas pour rien dans la critique des spécialistes européens. Ce soupçon, Abdoulaye Dia, un géologue nommé à la tête de l’Agence panafricaine de la Grande Muraille verte, l’écoute en souriant. «Toutes les critiques sont acceptables… à condition de porter sur ce Pépinère2 que nous faisons réellement et non sur une idée préconçue : les Africains seraient incapables de concevoir un programme sérieux.» Et de tendre au journaliste un ouvrage de 400 pages (1), sur le projet. L'un des articles de ce livre consiste justement en une analyse critique des "barrières vertes" au Maghreb.

Pour lui, «la réussite dépendra plus de la mobilisation des populations locales que de l’aide internationale. Le Sénégal s’est lancé dans l’action avant d’avoir touché un seul centime. Ce projet est certes centré sur la restauration de sols dégradés par la reforestation (photo pépinière à Widou)  et des ouvrages de rétention d’eau.Mais il vise un développement global –économique, social, avec des volets éducatifs, sanitaires, la construction d’infrastructures de base – pour stopper l’exode rural, fixer les populations en augmentant leurs revenus et leurs productions. C’est un projet pour plusieurs générations qui concerne l’ensemble de la zone aride du Sahel, pas un tracé de 15 kilomètres.»

Des scientifiques et cadres techniques africains peuvent-ils transformer une idée un peu fumeuse de dirigeants politiques en programme efficace? L’hypothèse se vérifie à Widou Thiengoly, au coeur du Ferlo (voir carte), au nord du Sénégal. Ici vivent près de 5000 personnes, pour la plupart des éleveurs peuls, dispersés dans des concessions familiales. Ils se retrouvent ce jour demarché, ralliant Widou en charrettes Saison des pluies tractées par ânes ou chevaux. «Nous avons replanté 5000 hectares chaque année depuis 2008, avec un taux de succès de 70% en moyenne», explique le colonel Pape Sarr, des eaux et forêts. Des parcelles clôturées, de 400 à 2000 hectares, montrent des résultats spectaculaires. Même les plants quin’avaient pas bien pris l’an dernier repartent grâce à la mousson, très bonne cette année, qui a gorgé les sols d’eau. Le sergent Omar Faye (un homonyme), chef de poste des eaux et forêts de Widou, tient la liste des pluies depuis le 24 juin. En six épisodes, pas moins de 340 mm sont déjà tombés, près du double de la moyenne climatique. La photo ci-contre, prise à Widou par Axel Ducourneau (Cnrs) montre les "vertes prairies" du Sahel... lorsqu'il pleut. Dans les parcelles clôturées, la strate herbacée monte à un demi-mètre. «D’ici cinq ans, promet Faye, on verra surgir dans ces parcelles des densités d’arbres maintenant inconnues dans le Ferlo.»

Même hors des parcelles clôturées, l’herbe couvre le sol, le feuillage des arbres est opulent. Bovins, Saison sèche chèvres et moutons ont le ventre rond et les petits gambadent en nombre. Difficile d’imaginer les neuf mois de saison sèche, lorsque l’herbe ne cache plus un sol sableux, parcouru par des vaches efflanquées. La photo ci-contre montre les environs de Widou durant la saison sèche.

Ce paysage, aux apparences édéniques, est trompeur, explique Aliou Guissé, professeur d’écologie végétale à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). L’herbe est verte mais rase, tondue par les troupeaux. Les arbres? Il n’y a presque pas de jeunes pousses, éradiquées à coups de dents. Aliou Guissé retrace l’évolution fatale de la région. «L’écosystème est aujourd’hui hors d’état de se maintenir. Même de bonnes moussons –rompant avec les grandes sécheresses des années 1970 et 1980 – ne peuvent contrebalancer la pression anthropique trop forte.» Une pression qui s’exerce par un «surpâturage de troupeaux trop nombreux, des feux de brousse pour favoriser les herbes au détriment des arbres, la coupe brutale de branches pour nourrir le bétail en saison sèche. »

  Bovins saison seche Paradoxe: les six forages profonds (photo, pompe de WIdou) de la zone sylvo-pastorale du Ferlo ont aggravé la situation. Ils ont été creusés dans les années 50 et 60 pour fixer les Peuls, éleveurs à l’époque nomades et confrontés à des conflits de plus en plus violents avec les agriculteurs lors des migrations dans le sud du pays durant les saisons sèches. Ils ont permis l’augmentation de la taille du cheptel – près de 400 000 bovins et deux millions d’ovins et caprins (2) – au-delà de la capacité de charge à l’hectare, raisonnerait un éleveur du Massif Central. Lequel déciderait de vendre une partie de son troupeau.

Mais, explique Aliou Guissé, «le Peul veut posséder le maximum de bétail, source de son prestige. De nombreuses bêtes meurent durant la saison sèche. Il y a un conflit entre une vision rationnelle, qui serait de calculer la charge à l’hectare possible, vendre les bêtes lorsqu’elles sont grasses, et la tradition». Des blocages anthropologiques à la mutation vers une exploitation efficace des ressources naturelles, dont les Peuls du Ferlo offrent un exemple extrême, peuvent- ils faire échouer la stratégie de développement agricole et rural qui se cache derrière la Grande Muraille verte ? A l’optimisme du colonel Pape Sarr répond l’avertissement de l’anthropologue Gilles Boetsch, directeur de l’unité mixte internationale Environnement, santé, sociétés  (CNRS, universités de Dakar et Bamako, CNRST du Burkina Faso): «Transformer rapidement les Peuls en agriculteurs, au moins en éleveurs optimisant la gestion de leur troupeau ne sera pas facile.» C’est pourtant un objectif des responsables sénégalais de la Grande Muraille verte, qui y voient une ressource de viande et de lait pour un pays qui en importe.

Du recteur de l’université de Dakar, Abdou Salam Sall, au sergent Faye, tous sont conscients des difficultés sociologiques et culturelles de leur entreprise. Mais considèrent avec optimisme leur dépassement grâce à la démonstration concrète qu’une «meilleure vie» est possible. Elle commence par l’implication de la population locale à toutes les étapes de la Grande Muraille verte. Le sergent Faye l’assure: «Les parcelles ont été dessinées avec l’accord de la Communauté rurale dont le président est l’éleveur ayant le plus de bêtes. Nous faisons appel en priorité à la population locale, rémunérée pour l’entretien des pépinières, la réalisation des plantations, la pose des clôtures. »

Le choix d’arbres locaux aux usages multiples (fruits, fourrage, médecine…), connus ou à développer comme la fabrication d’huile à partir des graines de sump (Balanites aegyptiaca), veut persuader les populations qu’elles profiteront directement du reboisement. Malin, le sergent fait surveiller les parcelles par les populations les plus proches qui peuvent y faucher l’herbe pour les bêtes lors de la saison sèche, et pourront y implanter de premières cultures, à l’abri du pâturage.

A Widou, de premiers jardins collectifs utilisant l’eau du forage ont produit une petite révolution Widou concession économique, culturelle et alimentaire: la production de légumes, par des groupes de femmes qui ont investi l’argent récolté. Des signes évident de "modernité" sont pointés par Pape Sarr. Devant la maison du président de la Communauté rurale, en dur parmi des cases traditionnelles, trônent deux voitures puissantes, une antenne parabolique orne le toit. Le recteur de l’université de Dakar note avec un sourire :«Sa fille a débuté des études de droit.» Or tout cela ne peut provenir que de la vente d’une partie d’un troupeau trop grand.

Cette approche fondée sur l’amélioration des conditions de vie prend aussi la forme des activités citoyennes organisées par l’Ucad, permises par l’enthousiasme de 800 étudiants, mobilisés durant les vacances d’été sur une douzaine de sites ruraux. A Widou, sous la direction de Maïmouna Touré, ils consultent les patients, de futurs IMG_2411 IMG_2375 pharmaciens distribuent des médicaments (photo à droite), d’autres plantent des arbres, alphabétisent, donnent des cours d’informatique dans des conditions pour lemoins rudes.

En santé, des résultats parfois spectaculaires sont au rendez-vous. L’infirmier de Widou, Fary M’Baye Sow s’en vante: «La population utilise les moustiquaires imprégnées d’insecticide et distribuées depuis trois ans. Résultat : je n’ai enregistré qu’un seul cas de paludisme depuis le début de la saison des pluies, identifié par diagnostic du Plasmodium falciparum.» L’information élargit le sourire du médecin Lamine Gueye, professeur à l’Ucad, responsable du volet santé des «activités citoyennes». (photo, étudiants de l'UCAD à Widou)

Ces premières réalisations inclinent à l’optimisme, mais la Grande Muraille verte tiendra-t-elle ses promesses sur le long terme? Pour le savoir, l’Institut écologie environnement du CNRS vient de créer un Observatoire dédié à cette opération. Dirigé par Gilles Boetsch et Aliou Guissé, il ambitionne d’installer une structure permanente à Widou, sur trois hectares offerts par la Communauté rurale. Objectif : mesurer sur la longue durée les transformations du milieu naturel et de la société, les impacts, succès et échecs de la Muraille verte au Ferlo, et impulser la réflexion sur l’usage innovant de ressources existantes ou créées par les plantations (gomme arabique, fruits, huile,médicaments). Déjà, 18 projets de recherche ont été lancés, de la botanique à l’anthropologie.

La Grande Muraille verte concerne onze pays. La plupart en sont aux balbutiements, admet Dia, comme le révèlent les curieuses variations de son tracé sur les cartes. Mais les débuts sénégalais semblent montrer que le projet mérite plus qu’une simple observation scientifique.•
(1) Le Projet majeur africain de laGrande Muraille verte, (Ed.IRD).
(2) Zones Louga, Linguère et Kebémer.

14/09/2010

Fatou Diome: littérature merveilleuse

Fatou Diome: « Une Sénégalaise qui se prend pour Simone de Beauvoir ? »
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Fillette, au Sénégal, Fatou Diome faussait compagnie à sa grand-mère pour aller à l’école. Aujourd’hui, elle fait partie des écrivains les plus en vue en Alsace
La tentation est forte d’y voir un conte de fée. La petite Africaine qui fréquente l’école en cachette, fait des ménages en France et devient auteur à succès : il y aurait de quoi tourner un film… Mais la vie est plus nuancée qu’un conte hollywoodien. « Ils veulent Cosette tout le temps !» s’énerve gentiment Fatou, en lâchant ce petit rire qui ponctue régulièrement ses phrases. «Je n’étais pas une femme de ménage devenue écrivain, j’étais une étudiante qui faisait des petits boulots. »
Il y eut de la chance, sans doute, mais pas de baguette magique. Quand Fatou est arrivée à Strasbourg, ses connaissances universitaires avaient déjà de quoi complexer certains de ses camarades d’amphi. Et sa consécration littéraire vient de loin : elle écrit depuis toujours. Ou presque : au moins depuis ses 13 ans. C’est un don, comme d’autres sont peintres ou matheux. Et un besoin, la nuit. « J’ai commencé à écrire pour dire ce que les adultes ne veulent pas entendre. Pour poser des questions indécentes, essayer de comprendre. Quand on me demande pourquoi j’écris, je réponds : pour apprendre à vivre. C’est toujours ça »
Écrire sauve de tout. Écrire permet tout. « C’est simple, ma vie : si j’écris, je peux tout faire. C’est mon bol d’oxygène ».
Il est aussi permis de penser que cette nécessité d’écrire naît d’une histoire singulière : celle d’une enfant de l’amour et du scandale. « Mes parents avaient 18 ans, ils s’adoraient et n’étaient pas mariés… » Dans la communauté musulmane de l’île de Niodior, au Sénégal, ça suscite forcément des « guéguerres ». Fatou est élevée par ses grands-parents maternels. Loin de sa mère et de sa fratrie, mais près d’Aminata, sa grand-mère, son « héroïne », sa « philosophe de référence ». « Si elle avait su lire, elle aurait écrit des livres avant moi ». Plus tard, Fatou lui traduira, avant parution, ses propres livres en sérère, la langue de son peuple. Aminata est décédée en mai, « mais il ne faut pas le dire ! Je n’accepte pas. C’est une pensée magique : si je ne le dis pas, ça n’arrive pas… »
Arrive une des scènes majeures d’un futur biopic. Fatou a 7 ou 8 ans. L’école de Niodior est au fond du jardin. La fillette n’est pas inscrite : « La priorité, c’était de me nourrir, me soigner… » Elle accompagne Aminata pour arroser les carottes et les oignons, et s’éclipse dès que la grand-mère a le dos tourné. « Je restais au fond de la classe, mais l’instituteur me renvoyait… » L’année suivante, on l’inscrit. Elle apprend sa future langue d’écriture : le français. Pour le collège, elle doit partir en ville et loger dans des familles d’accueil. « J’étais leur bête de somme. On me disait : aujourd’hui, tu ne vas pas en classe, tu fais le linge ! Alors, à 14 ans, j’ai pris ma chambre, que je payais avec des petits boulots "

« Une Sénégalaise qui se prend pour Simone de Beauvoir ? »

Quand elle s’absentait pour travailler, les notes baissaient. Quand elle avait amassé un pécule, elles remontaient… De quoi forger un caractère. Et noircir des ramettes de pages blanches.
Fatou débarque à Strasbourg en 94. Elle y suit son mari, un Alsacien qui avait travaillé à Dakar. « Je ne voulais pas partir, je n’avais pas le rêve de l’immigration. À la bibliothèque universitaire, je lisais Libé et Le Monde, j’étais renseignée ». L’histoire d’amour finit mal, sur fond de racisme familial : « Je répète souvent cette boutade : ils attendaient Blanche Neige, mais ce n’était pas moi… »
Le couple se sépare, Fatou se remet aux petits boulots ( « Jusqu’à 45 heures par semaine ») pour financer ses études. Au début de sa carrière d’écrivain, il lui est arrivé de devoir boucler en vitesse une interview à France 3 parce qu’un ménage l’attendait.
Et les feuilles blanches se noircissent… Un ami la pousse à contacter un éditeur. Elle appelle Présence africaine. « L’éditrice m’a demandé de lui envoyer mon manuscrit. J’ai répondu : Vous connaissez une maman qui envoie son bébé par La Poste ? ! » Fatou va à Paris, l’éditrice lit devant elle les premières pages de ce qui sera La préférence nationale. Elle est séduite d’emblée. « Quand elle m’a parlé de contrat, je pensais que c’était pour travailler dans sa société ! Je lui avais dit que je cherchais des petits boulots… J’ai traîné avant de signer. J’avais peur que les autres rentrent dans ma tête et se disent : elle est folle ! »
Ils y sont entrés, et ils ont dit : elle est drôle ! Voici encore une scène digne d’un biopic : un journaliste du « Canard enchaîné » repère le livre dans une librairie, sans doute séduit par la malice du titre ; il en rédige une critique enthousiaste. Et ce qui devait être confidentiel ne l’est plus du tout. « Une copine m’a résumé l’article, car je n’osais pas le lire… Même dans mes rêves les plus fous, je ne pensais pas que ça marcherait : une Sénégalaise, femme de ménage, divorcée en Alsace et qui se prend pour Simone de Beauvoir ? Vas-y ! »
Allons-y… Le phénomène Diome est lancé. L’auteur monte en gamme au niveau des éditeurs et des ventes. Le bouquin suivant, Le ventre de l’Atlantique, roman très autobiographique, est pris par Anne Carrière et se vend à plus de 200 000 exemplaires. Aujourd’hui, elle est un auteur Flammarion, et participe à l’avalanche éditoriale de la rentrée littéraire 2010 (voir ci-contre).
À Strasbourg, où elle a décidé de vivre et travailler, une femme l’accoste : « Vous ressemblez à Fatou Diome ! » Fatou s’étonne : « Vous trouvez ? » Après le racisme infligé à ceux qui ne sont rien, les ronds de jambes adressés à ceux qui sont devenus quelqu’un. « Je ne peux pas attraper la grosse tête, promet l’auteur. Car ma grand-mère voulait toujours pouvoir reconnaître sa petite-fille ». Et Aminata est toujours là, à veiller, quelque part…
Hervé de Chalendar

13/09/2010

La pêche se meurt au Sénégal

Pêcheur au Sénégal, une profession sans avenir ?
Un secteur d’activité qui s’essouffle
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C’est la bérézina pour les pêcheurs sénégalais. Leur secteur d’activité prend l’eau de toute part. Mais leur détermination ne faiblit pas. Rassemblés en associations et comités, ils prennent les choses en main pour que la pêche reste une profession d’avenir. Un avenir pour l’instant compromis par de nombreuses difficultés écologiques, économiques et sociales. Focus sur le quotidien des travailleurs de la mer.
Les pêcheurs sénégalais font naufrage. Malgré les efforts fournis par bon nombre d’entre eux pour sauvegarder leur gagne-pain, le secteur de la pêche s’essouffle. CNPS (Comité national des pêcheurs artisanaux du Sénégal), FENAGIE (Fédération nationale des groupements d’intérêts économique de pêche du Sénégal), ADEPA (Association ouest-africaine pour le développement de la pêche artisanale) tentent de s’allier pour répondre aux besoins de leur profession, non sans difficultés. « Nous souffrons d’un gros manque de communication entre les diverses organisations. L’information ne circule pas comme nous le souhaitons et il est indispensable qu’il y ait une cohérence entre nos actions », raconte Samba Gueye, directeur du CNPS et secrétaire général de la FENAGIE.
Or, dans un pays comme le Sénégal où l’on produit prés de 500 000 tonnes de poisson par an et en exporte en moyenne 115 000, sauvegarder le secteur de la pêche est fondamental. Les produits halieutiques constituent la première branche exportatrice du pays avec 185, 5 milliards de FCFA de recettes. Mais ces chiffres vont-ils résister à la conjoncture actuelle ?
Premier obstacle rencontré par les pêcheurs, la baisse des ressources halieutiques. « La cherté de la vie, la rareté du poisson et la surexploitation industrielle et artisanale sont fatales à notre profession », explique Samba Gueye.
Un gros manque à gagner
Autre problématique, le coût du carburant. « Il n’est plus à la portée des pêcheurs. Il faut un bidon de 60 litres pour partir en pêche et à plus de 500 Fcfa, le litre, de nombreux pêcheurs n’ont plus les moyens de se le payer », explique Mamadou Diop Thioum, porte parole du forum national du Sénégal, mis en place par l’ADEPA. Prix de l’essence donc, mais aussi manque de matériel sur les quais de pêche. Souvent mal équipés, ils manquent de chambres frigorifiques, pourtant nécessaires à la conservation du poisson lors de son débarquement. « Les quais de pêche devraient posséder des frigos capables de tout contenir. Or, là, quand les pêcheurs reviennent tous en même temps, le poisson ne rentre pas et nous sommes obligés de rejeter les sardinelles à la mer. Cela représentes d’énormes pertes », s’insurge Samba Gueye. Dans un pays où le poisson vient à manquer, cette absence de matériel interpelle.
Pour les pêcheurs sénégalais, un seul responsable, l’Etat. « L’Etat instrumentalise la pêche et les pêcheurs. Les politiques ne sont pas impliqués dans nos problématiques. Ils s’enrichissent et prétendent ne disposer d’aucun moyen pour nous aider », affirme Adama Sall, pêcheur dans la ville de M’bour, située à quelques kilomètres au sud de Dakar. Un budget trop restreint et personnel trop peu nombreux, deux éléments qui nuisent gravement au secteur professionnel de la pêche.
Pas de moyens, pas d’avenir ?
A la question, quel avenir pour la profession ? Mamadou Diop Thioum répond : « Je suis un peu confus quant à l’avenir de notre profession. Elle existera toujours en tant que tradition et activité commerciale, mais nous sommes en train de demander à la mer ce qu’elle ne peut nous fournir ». Depuis toujours, la profession de pêcheur se transmet de père en fils. Mais le processus tend à s’essouffler.
Désireux d’offrir un avenir brillant à leurs enfants, de plus en plus de parents s’opposent à la transmission du flambeau. « Nous voulons procurer une chance de s’en sortir à nos enfants. Une chance d’être éduqués, d’avoir d’autres alternatives que la pêche. D’ici quelques années, il n’y aura plus de poisson si nous ne faisons rien. Je ne souhaite pas que mes enfants y soient confrontés », explique Mamadou Diop Thioum. Un désir d’autant plus justifié que, chaque année, des centaines de jeunes pêcheurs fuient leur destin et risquent leur vie en migrant vers l’Europe à bord de leur pirogue. « S’il n’y a pas moyen d’aider nos enfants à améliorer les conditions du secteur de la pêche, leur demander de reprendre notre profession, ce serait les tuer ! », déplore Samba Gueye. Un appel au secours malheureusement peu entendu.

10/09/2010

Fin du Ramadan

Fin du Ramadan
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Korité 2010 au marché Hlm : Toutes les bourses y trouvent leurs comptes
La Korité, communément appelée Aid El Fitr, est à quelques encablures. Etant un évènement important dans la vie des musulmans, l’on ne s’étonne pas de constater cette bousculade des pères de familles, des femmes qui entendent cerner tous les paramètres pour bien la passer.

La fête de la Korité sera célébrée au Sénégal dans quelques heures. Aujourd’hui, personne ne veut se laisser prendre au dépourvu, malgré la conjoncture. Ainsi, ne s’étonne-t-on pas de constater une bousculade sans nom devant les magasins, échoppes et autres lieux de vente de moutons, de tissus ou de chaussures ou de condiments.
Le marché, qui polarise le plus de monde en cette période de préparation de l’Aid El Fitr est sans nul doute celui des Hlm. Il est réputé être un lieu où se ravitaillent les dames en tissus pour les habits de fête. A côté, des vendeurs de tissus, se trouvent les couturiers qui finalisent les habits à mettre. Il y règne une cacophonie indescriptible. Au niveau de chaque stand, d’énormes baffles diffusent de la musique ou des chants religieux. Les jeunes vendeurs ne se gênent guère de rompre prématurément le jeûne pour la circonstance. Pour justifier cet acte, ils arguent : ‘Le fait d’observer le jeûne nous empêche d’avoir suffisamment de force pour attirer les clientes’.
Bathie est un jeune vendeur établi au marché Hlm et est visiblement sollicité. Il bouge beaucoup, suivant les interminables interpellations de ses clientes qui le hèlent par des ‘Hé Bathie, combien vaut ce tissu ?’ et c’est le coup d’envoi d’un long marchandage. C’est cela la vie au marché Hlm, à l’approche des grandes fêtes. A la question de savoir comment il s’en sort, Bathie rétorque : ‘Quand je rentre chez moi le soir, je suis exténué et je me couche tout de suite’.
Au marché Hlm, on y trouve toutes les gammes de tissus. Les Cüup (tissus teintés) sont très prisés en cette période malgré la chaleur, ‘parce qu’ils dégagent une certaine classe’, affirme Thiaba Sèye, une vendeuse. Pour elle, les prix des Cüup varient suivant leur qualité. ‘Ils vont de 30 mille à 100 mille Fcfa’. Les tissus en vogue, sont de couleur rouge, rose ou bleue. Ils sont dévorés des yeux, frôlés par les doigts des femmes qui scrutent les étals à la recherche de la bonne affaire. Outre les tissus, les chaussures et les sacs complètent le tableau. Des prix différents mais avec une seule constante : la domination des produits chinois. Un vendeur déclare se procurer des marchandises à vil prix chez les Chinois pour les revendre plus chères. ‘Il m’arrive d’acheter les chaussures à 1 200 Fcfa pièce pour les revendre après à 3 000 Fcfa. Cependant, au fur et à mesure que le jour de la fête approche, je casse les prix’. Rencontrée dans le marché, Fatim Sy estime qu’’il est facile de s’acheter un tissu mais les prix fixés par les tailleurs sont des fois exorbitants’.
Du côté des tailleurs justement, le temps est précieux, compte tenu des engagements pris envers la clientèle. ‘J’ai commencé à veiller depuis un mois à cause des nombreuses commandes’, nous glisse Modou Fall. Ses yeux rougis certainement par le manque de sommeil. Sur les coûts que certains clients jugent élevés, il précise : ‘Chacun peut trouver son compte chez nous. Il y a des modèles variant entre cinq mille, 10 mille et même 40 mille Fcfa. Cela dépend de la qualité et du nombre d’heures de travail que cela doit prendre’.
Paule Kadja TRAORE

Mendicité interdite au Sénégal

Sept maîtres coraniques condamnés pour incitation à la mendicité
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Sept maîtres coraniques sénégalais ont été condamnés mercredi par le tribunal de Dakar à six mois de prison avec sursis et à une amende individuelle de 100.000 FCFA pour incitation de leurs jeunes talibés (élèves) à la mendicité, a-t-on appris de source judiciaire.
Il leur reproche d’avoir transgressé la loi interdisant la mendicité des talibés sur la voie publique.
La mendicité est interdite sur la voie publique au Sénégal par les autorités depuis quelques semaines.
Devant l’ampleur du phénomène de la mendicité, surtout des enfants de 2 à 15 ans dont 8.000 ont été dénombrés dans les rues de Dakar, les bailleurs de fonds avaient exprimé des doutes sur la volonté du Sénégal d’appliquer une loi interdisant la mendicité votée depuis 2005.
Les enfants mendiants sont pour la plupart des élèves des écoles coraniques, appelés talibés, que leurs maîtres ont fait venir des régions sénégalaises ou des pays voisins.
Cette traite des enfants obligés chaque jour de rapporter au maître près d’un euro, et qui passent plus de temps dans la rue que dans les écoles, n’a pas cessé d’être dénoncée depuis les années par les organisations humanitaires et des droits de l’homme. C’est sous leur pression que les nouvelles mesures ont été prises.

06/09/2010

Un centre de santé pour Saly

A Saly, on attend le feu vert du gouvernement pour construire le centre de santé
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La commune de Saly Portudal attend le feu vert du minisère de la Santé et de la Prévention pour démarrer la construction de son centre de santé, a annoncé samedi son maire Ousmane Guèye.
"Nous attendons l’autorisation du ministère de la Santé et de la Prévention pour démarrer les travaux’’, a affirmé Guèye lors de la cérémonie de remise d’une subvention de cinq millions de francs CFA aux structures de santé et cases des tout-petits de la Saly Portudal.
Selon le maire, les partenaires engagés dans la construction du centre de santé sont déjà ‘’prêts’’ pour l’ouverture du chantier.
Le conseil municipal a décidé de faire construire un centre de santé dont le coût est estimé à près d’un milliard de francs CFA.
La construction de cette infrastructure est une nécessité car "le centre de santé de Mbour, qui accueille la plupart des patients du département, est enclavé par rapport à nous", a expliqué Guèye.
Le conseil municipal veut aussi achever la construction de deux postes de santé, dont celui de Saly Carrefour et d’un site d’hébergement destiné à un agent de santé.
‘’La santé des populations est la priorité de nos priorités. C’est pourquoi nous ne ménagerons aucun effort pour que ce secteur-là ne souffre d’aucun problème", a dit le maire Ousmane Guèye.
Il a annoncé le démarrage de la construction d’un lycée dans la commune, afin de ‘’réduire les effectifs déjà pléthoriques’’ du lycée Demba Diop de Mbour.

05/09/2010

Le marché automobile au Sénégal

L'Effet devastateur de la Loi sur l'importation des véhicules de moins de 5 ans au Sénégal
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La semaine dernière, je discutais avec une ancienne connaissance qui posséde une petite entreprise de transport. Cette dernière, plus connues sous le nom Taxi-Clandos ou Taxi-Brousses a commencé son activité en 1992 avec une voiture Renault R4. Il travaillait au volant de sa voiture entre Pikine, Guédiawaye, Malika, Thiaroye dans la région de "Cap-Vert". En 8 années de fonctionnement, son entreprise de transport a augmenté en une flotte de 8 véhicules avec 7 nouveaux employés. Il a été en mesure d'acheter 7 voitures d'occasion au prix trés modestes avant 2003, l'année, à laquelle, est entrée en viguere cette loi banissant l'importation de véhicules de plus de 5 ans.
Mon ami n'est pas heureux ces jours-ci car il vu comment son chiffre d’affaire a baissé dangereusement de plus 60%, suite à l'application de cette loi. 
Cette histoire ne surprend guére, je ne peux imaginer combien d'autres entreprises de transport sont détruites aujourd'hui par cette loi malheureuse, qui était en fait introduite au Sénégal par les lobbyists et aventuriers étrangers tels l'homme d'affaires, M. Jérôme de Villar d'Alios Finance Sénégal et d’autres concessionnaires pour voitures ventes-location et quelques autres investisseurs comme les autobus Tata. Ils voulaient faire de l'argent rapidement et envoyer leurs profits en Europe; en Chine ou en Inde. Ces investisseurs étrangers ont pu convaincre le gouvernement que c'était une excellente stratégie d'obtenir de l'argent des émigrés, mais au detriment des investisseurs sénégalais issus de familles modestes.
La blessure infligée à l'industrie du transport et la société est horrible! Voici quelques-unes des pires conséquences:
Augmentation dramatique des dépenses d'entreprise:
En raison des coûts élevés de maintenance pour les véhicules anciens grâce à une plus grande consommation de carburant, devenus trés chers, des pannes fréquentes du faite d’un manque des pièces de rechange, les abus policiers, les exigences de visites techniques et d'autres violations imaginaires, conduisant à la corruption à une grande échelle des agents de la circulation.
Toutes ces difficultés se traduiront en d’énormes pertes pour ces entreprises gérées par les investisseurs locaux pas trés bien armés de connaissance en matiéres de gestion. Si l'on regarde l'histoire de cette industrie, l’on se rend compte du nombre impressionnant d'investisseurs de renom, qui ont, jadis démarré cette industrie avec leur maigre épargne de vie, et qui, aujourd’hui sont au bord du gouffre où ont complétement déposé leur bilan d’affaire.
Parmi cette liste, on peut citer l’auguste “Ndiaga Ndiaye”, le légendaire Fall Lobat, El Hadji Ibrahima Diop, etc .... la liste est longue! Tous ont commencé presque avec rien, "Ndiaga Ndiaye", lui a pu même imposer son propre nom d’entreprise de transport public dans tout le pays, car en ce moment des voitures d’occasion étaient suffisamment abordables et en quantité sur le marché .
Hausse des prix des vieilles voitures et des embouteillages monstres:
L'approvisionnement du marché s'est tari, alors, les Prix des voitures anciennes sont devenus hors de portée des gens aux revenues modestes.
Ceci s’explique par le concept simple de la loi de l'offre et la demande, lorsque de petites quantités sont fournies, les prix sont plus élevés, quand de plus grandes quantités de voitures sont fournies, c’est l'opposé qui se produit, en ce moment les prix baissent.
Étant donné que les voitures trés âgées ne sont pas jetées, forcément elles sont restées en activité dans la circulation, même si leurs propriétaires subissent de lourdes pertes. La chérete et la rareté des pieces de rechange  ne sont pas étrangéres aux embouteillages monstres avec l’arrivée quantité de nouvelles voitures, aidée par le blanchissement de l’argent et l’émigration massive.
Pollution et Détérioration de la Santé des populations:
Le plus grave dans le pays, c’est cette contamination de l’air atmosphériques avec ce que cela comporte en conséquence pour la santé des populations. Avec cette pollution dangereuse, du fait du nombre élevé de voitures hors normes, agées de plus 20 années et au-delà, je pense que une étude sérieuse est nécessaire pour determiner les coûts réels et l’augmentation des maladies respiratoires ainsi que les effets de climats sur le pays.
Prise de contrôle par des étrangers du transport inter-états:
Les transporteurs et camionneurs sénégalais sont en difficulté du fait que les camions et autres véhicules sont assez bon marché et l'approvisionnement est facile dans les pays environnants comme la Mauritanie, la Guinée, le Mali et la Gambie. Ces pays n'ont pas une telle loi limitante et ils peuvent introduire librement des biens et services au Sénégal, car ils font partie du même marché économique commun qu’est la CDEAO. Les camionneurs et autres porteurs pour passagers sénégalais ne peuvent plus concurrencer les autres car leurs vehicules sont importés à bas prix avec frais de dédouanement trés modestes.
Comment est-il possible de payer un autobus Tata pour 30 millions ou un camion tout neuf coutant même plus cher et être competitif dans ces conditions?
Les transporteurs des autres pays, en grand nombre se précipitent dans le marché sénégalais, bien rentable pour eux.
D’autres facteurs qui contribuent, souvent à l’insécurité rampante, c’est ces véhicules anciens, avec l’arrivée massive de chauffeurs mal formés dans les pays limitrophes. Ces derniers ne dorment pas assez, d’où le nombre élevé d’accidents avec leurs longs trajects, l’étroitesse des routes, pas prévues pour gérer cet énorme trafic entre états voisins. Non seulement cela crée des routes dangereuses, mais aussi contribue à une plus grande perte de temps pour tout le monde spécialement pour les transporteurs locaux qui ont beaucoup plus à perdre à cause des capitaux énormes enjeux du fait de la chéreté des véhicles moins agés utilisés.
Dommages à l'image propre du pays
L'image bien respectée du Sénégal, à travers le monde est détruite à cause des vols de voitures par un petit nombre de ressortissants sénégalais qui veulent introduire des modèles derniers cri dans le pays, mais ils n'ont pas les fonds nécessaires pour payer les opérations coûteuses impliquant les voitures neuves. Aujourd'hui, il devient de plus en plus frustrant d'introduire la plus petite voiture au Sénégal, car de nombreux pays, des cargos et des agents maritimes sont sceptiques et ils ont perdu confiance dans le caractère licite de l'origine des voitures qui ont le Sénégal comme destination d'envoi.
Et, cela engendre naturellement des frais nouveaux à cause des risques encourus par les transitaires. Plus de papiers qui n’étaient pas nécessaires et des taux de dédouanement forts qui sont imposés sur les citoyens sénégalais à travers le monde et tout cela est dû à cette loi abjecte
La destruction de l'économie familiale:
L’économie familiale est détruite par des choix d'investissements médiocres, en raison de la nature comparative d’une bonne majorité des familles Sénégalaises qui souvent, quand ils voient un voisin conduire un modèle dernier cri, porter un bijou nouveau, construire une maison, veulent aussitot faire une imitation de ce dernier,  même si c’est peu judicieux.
Aujourd'hui, beaucoup sont surpris de trouver autant de modèles derniers cri, et voitures de luxe au Sénégal comparativement aux pays voisins. Ainsi, de nombreuses ressources investies dans ce luxe a peu de sens, mais engendre une grande perte pour l'économie et cela ne contribue pas beaucoup en création d'emplois et le bien-être du peuple. Cette attitude conduit même un autre cycle de destruction et de corruption au plus haut niveau, dans le gouvernement et les travailleurs de la douane qui veulent eux aussi conduire ces derniers modèles. Cela va sûrement créer une nouvelle race d’individus corrompus, corrupteurs et contrefaçons pour les documents des véhicles importées.
Conclusion:
Je suis étonné.Combien de travail faudra-il accomplir pour guérir ces blessures et ces dommages terribles que cette loi a infligé à l'industrie du transport, à l'économie en géneral et à la société pour le simple plaisir d'enrichir un peu d'investisseurs étrangers et des membres du gouvernement sénégalais.
Takha Soda Diop

Ziguinchor veut de l'électricité

Un millier de marcheurs contre les coupures de courant à Ziguinchor
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Plus d'un millier de Sénégalais ont marché samedi matin dans les rues de Ziguinchor, principale ville de Casamance (464 km au sud de Dakar) pour protester contre les coupures d'électricité récurrentes et intempestives subies depuis juin, a constaté l'AFP.
Les Casamançais de tous âges étaient un millier selon la police, 1.500 selon les organisateurs, à marcher pendant plusieurs heures dans la ville. Certains brandissaient des bougies ou des lampes pour exprimer leur "ras-le-bol" d'être privés de courant.
"Nous vous payons en intégralité, donnez-nous l'électricité 24 heures sur 24", pouvait-on lire sur une pancarte à l'attention de la Société nationale d'électricité (Senelec, contrôlée par l'Etat).
Le gouverneur de région, Cheikh Tidiane Dieng, a reçu une délégation de manifestants et a souligné que leur marche - autorisée - avait été "empreinte de civisme et de respect", contrairement aux mouvements spontanés des jours précédents.
Selon les médias locaux, des manifestants avaient "assiégé" vendredi la Senelec à Ziguinchor, brûlant des pneus et bloquant des accès.
Ces nouvelles coupures d'électricité surviennent en pleine saison chaude et à l'époque du jeûne du ramadan, dans un pays essentiellement musulman.
Les "tailleurs" (couturiers) de Ziguinchor se plaignent de ne pas pouvoir répondre aux commandes de vêtements pour la fête musulmane de la semaine prochaine.
Le gouvernement sénégalais avait promis un retour à la normale le 15 août après des semaines de coupures de courant longues et fréquentes dans toutes les régions. Le ministère de l'Energie avait évoqué les "difficultés techniques et financières de la Senelec", en affirmant cependant que les délestages actuels étaient surtout dus à "l'utilisation accidentelle" d'un fuel contaminé ayant endommagé des machines

Un hôtel de Saly Niakh Niakhal cambriolé

SALY : L’hôtel «Donjon Lodge» appartenant à Assane Diagne cambriolé
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L’hôtel «Donjon Lodge» appartenant à Assane Diagne cambriolé
Situé dans le quartier de Ñiakh Niakhal, l’hôtel « Donjon Lodge » pieds dans l’eau (à côté de l'auberge "Au Treizeguy") a fait l’objet d’un cambriolage samedi dernier, aux environs de 21 heures. Les voleurs ont eu le temps d’emporter un réfrigérateur et divers objets à bord d’une charrette.

Pieds dans l’eau, l’hôtel « Donjon Lodge », ex-« les Tambours », a reçu la visite de cabrioleurs qui ont emporté le grand réfrigérateur installé dans la cuisine et divers objets. Selon des témoignages, le butin a été transporté à bord d’une calèche. Ce cambriolage qui a eu lieu samedi dernier continue toujours d’alimenter les discussions tellement le vol a été bien planifié. Cette nuit, selon le gardien, il devait monter la garde à 21 heures. Lorsqu’il s’est présenté, il n’a trouvé personne et après avoir attendu plus de 35 minutes, il s’en est allé, laissant la porte fermée et l’électricité éteinte. Toujours d’après le gardien, c’est le lendemain qu’il a appris le vol. Pour le frère de l’ancien ministre Assane Diagne, le gardien raconte des histoires. Recruté deux jours avant comme vigile de nuit pour veiller sur le restaurant à 19 heures, le gardien devrait rester sur place. Et lorsqu’il dit qu’il s’est présenté à 21 heures, il était censé retrouver le garde du corps d’Assane Diagne qui lui apportait la somme de 3000 Fcfa pour son dîner. Mais hélas, le gardien était absent et il a fallu l’attendre toute la nuit en vain. Poursuivant, il a révélé qu’à l’arrivée du bodyguard, le vol avait été constaté avant 21 heures, selon ce dernier qui affirme l’avoir attendu toute la nuit. Ce qui est certain, plusieurs personnes ont vu le charretier transporter le butin. Selon des sources émanant des gardiens environnants, des vols ont eu toujours lieu dans l’hôtel, surtout du côté du restaurant. Une plainte a été déposée à la brigade pour élucider ce cambriolage suspect aux yeux des gens.

03/09/2010

Le ramadan fait souffrir la prostitution

LES FILLES DE JOIE FACE A LA RARETE DES CLIENTS DURANT LE RAMADAN : Le loyer, le manger et le transport, de véritables casse-tête

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La rareté des clients durant ce mois béni de ramadan pousse certaines prostituées qui réclamaient des sommes faramineuses, il y a peu, à se contenter de sommes dérisoires, 5000 francs et même moins. Pour pouvoir payer le loyer, le taxi et le manger, c’est la solution pour certaines de ces femmes qui ont choisi d’exercer le plus vieux métier du monde.
Tous les travailleurs sont payés à la fin de chaque mois. Et ils parviennent à payer leurs loyers. Ce qui n’est pas le cas des filles qui ont préféré embrasser le métier de prostituée. Ces dernières sont obligées de changer de partenaires le plus souvent possible pour gagner le maximum de sous et faire face aux nombreuses dépenses. Mais durant le mois de ramadan, les potentiels clients qui fréquentaient les filles de joie préfèrent s’abstenir. Ce qui ne fait pas l’affaire des prostituées qui sont obligées de «casser» les prix pour une passe afin de mettre de côté un peu d’économies. Ce qui permettra de payer le loyer, de s’acheter des fringues pour être plus «appétissante» aux yeux des hommes. Ces économies permettent surtout de payer le taxi pour assurer les nombreux déplacements d’un point chaud de Dakar à un autre. Aux Almadies, lieux de prédilection des filles de joie, les boîtes de nuit sont certes ouvertes mais moins fréquentées que d’habitude. Les bars restos qui grouillaient de monde sont également moins fréquentés. Du coup, les filles de joie quittent ces endroits où elles avaient l’embarras du choix. Elles étaient souvent massées sur les trottoirs pour «alpaguer» un potentiel client. «Généralement les clients qui squattent les abords des bars ou autres night-clubs et sillonnent la rue nous proposent 5000 francs ou moins. Et ils sont incapables de prendre un hôtel. Face à cette situation, nous sommes obligées de prendre en charge les frais d’hôtel ou d’aller chez nous. Le ramadan est une période où nous sommes confrontées à des difficultés énormes, car nous ne pouvons pas prendre congé. Nous devons payer le loyer, nous nourrir. C’est le minimum. Les clients qui nous paient des prix appréciables sont des jeûneurs. Et même s’ils viennent de temps à autre, ils s’abstiennent de nous proposer une passe », confesse Charlotte, une jeune prostituée trouvée aux abords du Virage, aux Almadies. D’après cette fille, beaucoup de ses collègues qui n’avaient pas mis de l’argent de côté avant le ramadan risquent d’avoir des problèmes avec leurs logeurs en cette fin du mois d’août.

La télé de Youssou Ndour est allumée

Youssou Ndour lance sa télévision privée



ALeqM5iRpYVQV1W6r0spt8u4Ae9cXOEKKQ.jpgLe chanteur sénégalais Youssou Ndour, qui dirige déjà un important groupe de presse privé à Dakar, a lancé sa télévision privée, après un conflit avec les autorités sénégalaises sur le mode de financement de cette chaîne.
Le lancement de la TFM (télévision futurs médias), une chaîne culturelle, a réuni mercredi soir autour d'un "ndogou" (repas de rupture du jeûne) officiels, diplomates, opérateurs économiques, musiciens et hommes politiques.
"La télévision est un instrument qui sert à diffuser des informations, elle peut être un instrument de propagande mais peut être dangereuse", a déclaré le Premier ministre sénégalais Souleymane Ndéné Ndiaye qui a félicité Youssou Ndour pour son initiative.
"Je n'ai jamais douté parce que j'ai toujours crû que TFM émettrait, tôt ou tard", a déclaré Youssou Ndour.
La star de la musique sénégalaise avait annoncé en mai à Dakar avoir obtenu l'autorisation d'émission pour sa télévision privée que l'Etat sénégalais refusait de lui accorder depuis 2008.
Youssou Ndour, âgé 50 ans, possède au Sénégal son groupe de presse, Futurs Médias, qui comprend la radio RFM (radio futurs médias) et le quotidien L'Observateur, souvent critiques envers le régime d'Abdoulaye Wade.
Le lancement de TFM intervient après un conflit avec les autorités qui portait, officiellement, sur le mode de financement de la chaîne que le chanteur voulait lancer coûte que coûte.
Le 1er mai, le président Abdoulaye Wade avait lié le refus d?accorder une autorisation d?émettre à la TFM à la volonté de l?Etat d?échapper à tout conditionnement de sa politique par "des étrangers".
Youssou Ndour l'avait ensuite convaincu que le financement n'était pas lié à l'étranger, en apportant des "preuves", avait déclaré le ministre de la Communication, Moustapha Guirassy.
TFM est la cinquième télévision privée sénégalaise

02/09/2010

Haut lieu de la fraude au Sénégal

DIAMA - Comment la fraude fait vivre les populations des villages environnants

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Haut lieu de la fraude des denrées de première nécessité, le village de Diama, à la frontière avec la Mauritanie, à 30 km de Saint-Louis, vit de ce commerce. Les affaires liées à la fraude sont si florissantes dans la zone qu’elles ont fini par faire des millionnaires. Quant à la douane, elle est presque désarmée face à l’ampleur du phénomène.

Située à 30 km de la ville de Saint-Louis, la Communauté rurale de Diama est un haut lieu de trafic illégal de denrées de première nécessité. Ce commerce frauduleux est d’ailleurs la principale source de revenus des populations des villages environnants. Les trafiquants se sont constitués en de vastes réseaux que même les soldats de l'économie résidents n'arrivent pas à démanteler. L'essentiel des villageois de Maka Diama, Amoura, Démizine, Gade, Daré Salam, Mbéraye, Téresse, Rome et quelques villages à côté du parc de Djoudj vit de ce commerce frauduleux.

Les eldorados : Maka Diama, Amoura, Démizine, Gade, Daré Salam, Mbéraye, Téresse, Rome

Du sucre au blé, en passant par la farine, l’huile, les biscuits, mais aussi les meubles, les appareils électroménagers comme les téléviseurs, les réfrigérateurs, les antennes paraboliques, les téléphones cellulaires, c’est tout un système qui s’est mis en place dans la zone. Une activité commerciale prospère basée sur la fraude que la douane a du mal à juguler et qui a produit de nouveaux riches dans la zone.
En effet, les douaniers donnent des autorisations aux villageois désireux de se ravitailler en produits de base afin qu’elles puissent traverser le barrage de Diama et faire leurs achats sans risque majeur. Mais, une fois dans les boutiques des Maures, de l’autre côté de la frontière, en Mauritanie, villageois comme commerçants et fraudeurs se livrent à un jeu de cache-cache avec les douaniers pour tenter d’introduire frauduleusement des denrées en territoire sénégalais.
Beaucoup de trafiquants ruinés reprennent les travaux champêtres

Et dans le cadre de ces activités délictueuses, les denrées les plus prisées, car étant les plus faciles à écouler, sont le sucre en poudre, les biscuits, le lait en poudre, la farine, le blé et l'huile. Des produits achetés en Mauritanie deux à trois fois moins cher que leurs prix au Sénégal. Ce qui favorise la fraude car les populations environnantes de Diama ne se contentent pas simplement de faire des courses pour leur propre consommation, mais elles font de cette activité un fonds de commerce en menant des affaires florissantes, bien que la qualité de ces produits venants de la Mauritanie laisse à désirer. En effet, le kilogramme de sucre mauritanien coûtait avant la crise mondiale 300 F Cfa. Le sac de 50 kg de ce sucre en poudre est vendu à 19 000 F Cfa, là où le litre d'huile venant de l’autre côté de la frontière revient à 600 F Cfa, contre 1 000 F Cfa pour le litre d’huile locale.
Aussi, une fois de retour en terre sénégalaise, les villageois qui sont traqués par les soldats de l'économie usent de tous les artifices pour passer entre les mailles des filets en utilisant la plupart du temps des charrettes pour transporter leur «butin» à travers la brousse avant d’aller placer les produits frauduleux auprès des boutiquiers des villages environnants.

Les barons du trafic devenus des intouchables mènent grand train

Ces trafiquants sont des Maures, des Wolofs, des Peulhs et font l’effort de kilomètres de détours, pour ne pas tomber entre les mains des douaniers. Ces derniers qui sont assez bien équipés font des patrouilles nocturnes pour traquer les fraudeurs. Et parfois, ils sont aidés par des villageois reconvertis en «indics». Il n'est ainsi pas rare de voir des trafiquants, parce que «balancés» aux douaniers par les «indicateurs», être pris en flagrant délit et ainsi dépouillés de tous leurs biens. Du coup, ils sont ruinés et reprennent les travaux champêtres.
Il n’est toutefois pas rare de voir des villageois qui sont parvenus à passer à travers les contrôles de la douane se retrouver avec des commerces si florissants qu’ils écoulent leurs produits au-delà des environs de Diama. Et pour la plupart, ces grands fraudeurs ont un niveau de vie impressionnant. Souvent millionnaires, ils mènent la vie à grandes guides : épouses, belles villas, cars de transport, commerces et important cheptel. Ils deviennent même des «intouchables» dans la zone. Car très fortunés. Une richesse qui a pour origine la fraude sur les denrées de première nécessité, durant de longues années au détriment de l’économie nationale.

«Bayaal Tendjiguène», le haut lieu de la fraude
Le système de fraude sur les produits venant de la Mauritanie voisine n’est pas basé que sur les charretiers, du côté de Diama. Les transporteurs y trouvent aussi leur compte. En effet, c’est très tôt le matin qu’ils se mettent en route pour rallier le garage Dakar-Bango, bien avant que les soldats de l'économie ne commencent leur contrôle. C'est là que les grands grossistes, les détaillants, pères de famille et revendeurs les attendent pour procéder aux échanges. Le trafic est si intense dans la zone, avec les cars et taxis qui font des va-et-vient incessants pour acheminer des denrées et produits frauduleux que les soldats de l'économie ont baptisé certains cars ou taxis «Sucré».
Mais de tout Diama, c’est la place publique dénommée «Bayaal Tendjiguène», plus connue sous le nom garage Dakar-Bango, qui est le symbole du trafic. Cet endroit est le point de ralliement de tous les fraudeurs de la zone. Trafiquants comme passagers qui quittent les villages situés à plusieurs kilomètres à la ronde s’y retrouvent pour faire des affaires. Et cela en plein jour, au vu et au su de tout le monde, même de la douane qui semble désarmée face à l’ampleur du phénomène. Chauffeurs de taxis et de cars, vendeuses de poisson, éleveurs, bergers, fraudeurs, en provenance de la Mauritanie et du Sénégal se côtoient quotidiennement dans ce haut lieu de la fraude. La majeure partie des gens qui viennent de Saint-Louis pour faire leurs emplettes se donne aussi rendez-vous au garage «Bayaal Tendjiguène» pour s’approvisionner à moindre coût.

La douane comme dépassée par le phénomène
À Diama, la population qui s’adonne à la fraude fait la loi. Cela, au grand dam de la douane qui est presque dépassée par l’ampleur du phénomène, en dépit des moyens qu’elle déploie et de l’arsenal d’astuces dont usent les hommes sur le terrain pour contrecarrer les plans des fraudeurs. Seulement, les soldats de l’économie se heurtent à la population. Il est ainsi souvent arrivé que les villageois récusent la nomination d'un chef de brigade de contrôle. Une manière pour la population de démontrer que tous les moyens sont bons pour décourager les soldats de l’économie en les empêchant de faire leur travail. D’ailleurs, les populations se livrent parfois à des pratiques occultes pour pousser les douaniers réputés durs à cuire, notamment les chefs de poste les plus zélés et qui se montrent intransigeants, à quitter leur patelin.
Sur un autre plan, les accrochages ne manquent pas. Des affrontements entre les fraudeurs et les soldats de l'économie virent ainsi souvent au drame. Un fraudeur du nom de Omar Diallo, habitant au village de Mbéraye, père de trois enfants, a été d’ailleurs abattu récemment par les douaniers pour refus d’obtempérer.