30/06/2011

Autoroute à péage dès septembre

CIRCULATION SUR L'AUTOROUTE À PÉAGE PATTE D'OIE-PIKINE : Fin de la gratuité à partir du 1er septembre 2011
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L'obligation de payer pour pouvoir emprunter le premier tronçon de l'autoroute à péage Patte d'oie-Pikine va entrer en vigueur le 1er septembre 2011. Et le sésame va varier entre 200 francs et 800 francs, selon le type de véhicule.
Payer pour pouvoir emprunter l'autoroute à péage et circuler rapidement ou se contenter de perdre du temps dans les embouteillages en empruntant la route nationale N°1. Telle est l’alternative qui s’offrira aux automobilistes à partir du 1er septembre 2011 avec l'entrée en vigueur du péage à cette date. Une information rendue publique, hier, par les dirigeants de la société Senac Eiffage, le concessionnaire de Eiffage qui faisait face à la presse en compagnie des responsables de l'Agence de promotion et d'investissements des grands travaux (Apix).
Le système retenu pour le péage est de type «péage ouvert». Le paiement est lié à l'emplacement de la gare de péage traversée et à la catégorie du véhicule. Il s'établit ainsi : 200 francs pour les motos, 400 francs pour les véhicules particuliers, taxis urbains et interurbains, 600 francs pour les camionnettes et 800 francs pour les poids lourds.
Il est prévu, selon les gérants de ce marché, des senseurs dans la chaussée afin de pouvoir mesurer, en mouvement, le poids des transporteurs arrivant sur l'autoroute. Les camions en surcharge ne sont pas bienvenus sur l'autoroute. Ils devront payer une somme de 100 000 francs par tonne supplémentaire mesurée au-delà des limites autorisées. Selon les simulations de Senac Sa, sur le tronçon Patte d'oie-Pikine long de 5 km, le surcoût de consommation est de 1578 francs pour les voitures et 3845 francs pour les camions. Soit une économie en prenant l'autoroute, à chaque passage, de 1078 francs pour les voitures et 3145 francs pour les camions.
Les camions en surcharge payeront 100 000 francs par tonne supplémentaire
Garantissant toutes les conditions de sécurité pour les usagers, l'Administrateur général de Senac Sa, Gérard Senac, parle de recrutement de 120 à 130 personnes chargés de nettoyer et de sensibiliser, dont des hôtesses. D'ailleurs, pour éviter les accidents, la section urbaine et la gendarmerie seront mises à contribution. Il table sur 35 000 véhicules par jour quand le projet atteindra sa vitesse de croisière.
Insistant sur la rentabilité du projet, la Dg de Apix Aminata Niane soutient que «l'entreprise en sortira enrichie». Elle précise toutefois : «Nous lui avons imposé certaines contraintes tout en lui permettant de garantir sa rentabilité. Nous avons pensé au pouvoir d'achat des Sénégalais. C'est une autoroute urbaine, on ne va pas laisser le concessionnaire fixer les prix qu'il veut. Le péage va être payé par le Ndiaga Ndiaye et ça va être répercuté sur les 20 personnes qui occupent la voiture». Elle ajoute, «pour lui permettre de trouver sa rentabilité tout en respectant les contraintes, il fallait donner une subvention». Une contribution qui s'élève à 87 milliards de francs Cfa. Rappelant que le partenariat dure 30 ans, Mme Niane martèle : «on ne veut pas qu'il y ait des trous, que ça soit sale, qu'il y ait des accidents. Ce sont ses engagements et il est obligé de les respecter. Sinon il est en défaut». Ne doutant pas de l'adhésion des populations, elle fonde son optimisme sur une enquête dont les résultats révèlent un taux d'acceptation du péage de l'ordre de 80%.
Quant au récurrent problème de l'impraticabilité de la route nationale en période d'hivernage avec les eaux qui stagnent sur la chaussée, coïncidant avec le début du péage, Mme Niane soutient que «la liberté de choix des automobilistes sera respectée. La route nationale ne sera pas dans les conditions où elle était il y a quelques années». Elle assure qu’elle sera «élargie, assainie, mise hors d'eau».
Intervenant sur un autre registre, Aminata Niane annonce l'extension de l'autoroute à péage jusqu'à Diass.

Wade junior communique...

Karim Wade annonce un retour à la normale ‘’dans quelques jours’’ (communiqué)
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Le ministre de la Coopération internationale, des Transports aériens, des Infrastructures et de l’Energie, Karim Wade a lancé mercredi ‘’un appel à la sérénité’’, en assurant que la fourniture d’électricité ‘’va s’améliorer et retourner à la normale dans quelques jours’’, indique son service de presse dans un communiqué transmis à l’APS. M. Wade a lancé cet appel en marge de la signature de concession entre l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), Electricité de France (EDF) et Matefroce pour l’électrification de 18.000 ménages dans les régions de Kaffrine (centre), Tambacounda (est) et Kédougou (Sud-est), précise la même source.
‘’Nous lançons un appel à la sérénité, car lorsque l’on casse une agence de la SENELEC et lorsqu’un travailleur de la SENELEC a peur de se rendre dans une agence commerciale pour pouvoir encaisser les factures, cela a un impact (négatif) important sur le fonctionnement de la SENELEC’’, a notamment dit le ministre d’Etat Karim Wade cité par la même source. Regrettant les perturbations dans la fourniture de l’électricité, il a dit mesurer ‘’parfaitement les conséquences dramatiques des délestages pour les ménages, les entreprises, les mécaniciens, les tailleurs, les menuisiers, les coiffeurs, etc.’’. ‘’Nous mesurons combien les délestages perturbent l’activité économique et le fonctionnement de nos familles’’, a-t-il dit, ajoutant toutefois : ‘’mais c’est un défi. Nous devons tous nous sacrifier pour pouvoir reconstruire ce secteur dans la transparence, tout en le gérant de manière économique’’. Il a rappelé, à cet égard, ‘’les retombées positives’’ du début d’exécution du Plan Takkal, marqué par un appel d’offres de la Société africaine de raffinage (SAR) sur le fuel sur les trois prochains mois, permettant à la SENELEC de faire 2 milliards d’économie, mentionne le document. Il ajoute que sur la même lancée, il a indiqué que l’opérationnalité du Fonds de soutien à l’énergie (FSE)
‘’nous permettre de donner de la visibilité en matière de combustible’’. Le document rapporte que Karim Wade a annoncé que ‘’la plupart des investissements du Plan Takkal sont financés’’. L’AFD ‘’va nous accompagner sur la réhabilitation de toutes les centrales de SENELEC’’, a-t-il rappelé. Il a aussi annoncé l’injection dans le réseau début juillet de 50 MW fournis par la location, le financement de la Banque islamique de développement (BID) pour l’acquisition de deux barges et le soutien de la Banque ouest africaine de développement (BOAD) pour le déploiement d’unités conteneurisées. Tous ces financements ‘’ont été mobilisés dans des délais record’’, a-t-il dit, réitérant ‘’toute sa détermination à régler le problème de l’électricité au Sénégal’’. Cette réaction intervient au lendemain des mouvements de protestation organisés par des jeunes, contre les coupures intempestives de l’électricité à Dakar et dans certaines localités du pays. Ces mouvements de protestation ont provoqué d’importants dégâts avec notamment le saccage d’agences de la SENELEC et de plusieurs édifices publics
APS/Seneweb

Autoroute et aéroport...oui ou non!?!

L’autoroute à péage sera prolongée jusqu’à Ndiass, selon Aminata Niane
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Alors que l'on annonce que les investissements aéroportuaires et autoroutiers vont être retardés pour privilégier la réélectrification correcte du pays, Aminata Niane, directrice générale de l’Agence pour la promotion de l’investissement et des grands travaux de l’Etat (APIX), a annoncé mercredi que l’autoroute à péage, qui devait relier Dakar et Diamniadio, sera prolongée jusqu’à Ndiass.
‘’L’Etat a décidé de prolonger l’autoroute jusqu’à Ndiass et même au-delà, en le menant à Mbour et, éventuellement, à Thiès’’, a dit Mme Niane lors d’une conférence de presse, en marge d’une visite du chantier aux côtés du constructeur, le groupe français du BTP, Eiffage.
‘’A l’APIX, a-t-elle indiqué, on nous a confié la partie du prolongement jusqu’à Ndiass. Nous sommes en train d’y travailler et sommes en pleine phase d’étude de faisabilité pour bien apprécier le coût et le format sous lequel nous allons mettre en œuvre ce prolongement jusqu’à Ndiass.’’
L’option choisie pour le moment consiste à ‘’associer’’ ce prolongement à la concession actuelle, en raison d’‘’intérêts évidents de cohérence’’. ‘’On ne peut pas avoir un concessionnaire [qui va travailler] jusqu’à Diamniadio et un autre [qui ira] jusqu’à Ndiass’’, a-t-elle fait valoir.
‘’Nous sommes en train d’étudier [cette possibilité] et sommes en négociation pour voir si les conditions seront pertinentes et intéressantes pour l’Etat. Sinon, nous allons voir des options alternatives‘’, a ajouté le directrice générale de l’APIX.
Etendre l’autoroute à péage à Ndiass aura l’avantage de la relier à l’aéroport actuellement en construction dans cette localité, a-t-elle expliqué. Si ce projet se réalise, l’aéroport de Dakar sera fermé et les usagers de celui de Ndiass emprunteront l’autoroute à péage, a-t-elle indiqué.
‘’Les autorités sénégalaises souhaitent, lorsque l’aéroport de Dakar sera fermé et celui de Ndiass opérationnel, que les passagers qui y atterrissent puissent emprunter l’autoroute à péage.’’
L’Etat du Sénégal a signé un contrat de performance de 30 ans avec Eiffage, qui se charge de la construction, puis de l’exploitation de l’autoroute à péage jusqu’en 2039. A partir de cette date, l’Etat du Sénégal prendra le relais de l’exploitation de l’ouvrage.
APS/Seneweb

Le "Y'en a marre" de la jeunesse sénégalaise

Le "Y'en a marre" de la jeunesse sénégalaise
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Le Sénégal serait-il sur le point de s'embraser ? Mercredi, l'armée sénégalaise a annoncé avoir déployé des soldats aux points stratégiques de Dakar et a menacé de "réprimer avec la dernière énergie" tout acte de "pillage" et de "vandalisme". Plusieurs bâtiments publics ont, en effet, été incendiés lundi par des habitants furieux, qui ont essentiellement pris pour cible les locaux de la société nationale d'électricité (Senelec), après une nouvelle coupure d'électricité, mal récurrent au Sénégal. L'État explique être obligé de pratiquer des "délestages" en raison d'une production d'électricité trop faible, mais la réaction de la population met en relief les inégalités de classe grandissantes depuis la première élection du président Abdoulaye Wade en 2000.
"En 11 ans de présidence, Abdoulaye Wade n'a fait que décevoir et a principalement oeuvré à renforcer le clientélisme de manière assez ostentatoire", estime Fabienne Samson, anthropologue et directrice adjointe du Centre d'études africaines. Symbole de cette injustice, la nomination au super-portefeuille de ministre de la Coopération internationale, des Transports aériens, des Infrastructures et de l'Énergie de Karim Wade, 42 ans, fils d'Abdoulaye et de mère française. Prochaine étape naturelle pour celui que de nombreux spécialistes considèrent déjà comme le nouvel homme fort du pays : la présidence de la République. Or Karim n'est pas aimé de son peuple, qui lui a donné les surnoms de "ministre de la terre et du ciel" ou encore d'"étranger" et lui a infligé une cuisante défaite lors des municipales de 2009 à Dakar.
Pour contourner l'écueil, le camp Wade a tenté de modifier la Constitution afin de permettre l'élection au premier tour d'un président associé à un vice-président, posté nouvellement créé, avec une majorité nécessaire de seulement 25 % des voix. Autrement dit, permettre au président Wade, 85 ans et qui ne peut théoriquement briguer un troisième mandat, de désigner son fils Karim comme candidat à la vice-présidence, avant de lui céder le pouvoir une fois réélu.
"Y'en a marre"
Mais la donne a changé le jeudi 23 juin dernier. Fait sans précédent dans le pays, des milliers de Sénégalais, dont une majorité de jeunes, sont descendus dans la rue, forçant le président Abdoulaye Wade à reculer et à abandonner son projet. "Y'en a marre" : tel est le nouveau mot d'ordre scandé par toute une génération se considérant comme "sacrifiée". C'est également le nom du collectif à l'origine des rassemblements, qui a favorisé la création du "Mouvement du 23 juin", coalition de plus de 60 partis d'opposition et d'organisations de la société civile sénégalaise. Le collectif "Y'en a marre" a été cofondé par le populaire groupe sénégalais Keurgui de Kaolack, précurseur du rap dans le pays, ainsi que par des journalistes militants.
"Y'en a marre des politiques, gouvernement comme opposition, qui ont échoué au Sénégal, s'insurge Fadel Barro, journaliste et coordinateur du collectif. Ce mouvement apolitique traduit un profond mal-être et cristallise l'ensemble des frustrations d'une population oubliée des politiques. Nous agissons pour rompre avec le fatalisme qui ravage le pays depuis tant d'années." Lancé officiellement le 12 janvier, "l'esprit y'en a marre" a vite conquis l'ensemble du territoire sénégalais, grâce aux "Y'en a marristes", de jeunes rappeurs amateurs pratiquant "l'urban guerrilla poetry", des miniconcerts de rap entonnés de porte à porte afin de sensibiliser la population.
"Vous n'êtes pas citoyen si vous n'avez pas de carte électorale", est l'un des couplets favoris. "La population la moins éduquée comprend aisément ce langage", explique Thiat Kaolack, rappeur et porte-parole du groupe, dont la cause a séduit jusqu'à de grands artistes tels Youssou N'dour ou Didier Awadi. "Et il est urgent d'agir, près de deux millions de jeunes ne sont toujours pas inscrits sur les listes, alors que la prochaine présidentielle a lieu en février 2012." Vous l'aurez compris, nous sommes loin d'un "Wade, dégage", hypothétique héritier du printemps arabe au Sénégal. "Le peuple sénégalais n'est pas arrivé au niveau de prise de conscience d'un pays comme la Tunisie, et n'atteindra pas de si tôt une mobilisation semblable", estime Landing Dieme, journaliste sénégalais correspondant à Paris de l'Agence de presse africaine APA. Un printemps arabe qui, pour Fadel Barro, ne fait de toute façon pas office de modèle.
Spectre de la Côte d'Ivoire
"Cela ne sert à rien de déstabiliser le système pour que le pouvoir revienne aux militaires, explique le coordinateur des Y'en a marre. Nous nous positionnons uniquement en sentinelles de la République et de la démocratie. Selon la Constitution, le président Wade, que l'on a démocratiquement élu en 2000, doit aller au bout de son second mandat." Mais tous les membres du Mouvement du 23 juin ne l'entendent pas de cette oreille. Ainsi, les ténors des principaux partis d'opposition verraient bien le président quitter immédiatement le pouvoir pour ensuite se porter candidat à sa succession. Or la majorité d'entre eux ne sont autres que d'anciens hommes forts des gouvernements précédents.
Face à l'intransigeance du président sénégalais et au manque d'organisation de ses adversaires, le journaliste Landing Dieme agite le spectre d'un scénario à l'ivoirienne, à moins que Wade n'annonce publiquement son intention de ne pas se représenter. Et pour les "Y'en a marristes", la clé de ce revirement ne se trouve pas au Sénégal, mais en France. Ils en veulent pour preuve cette vidéo tournée par France 24 durant le G8, où le président français Nicolas Sarkozy, après un entretien avec son homologue sénégalais, présente personnellement Karim Wade à Barack Obama. "Il est indéniable qu'il existe des liens forts entre la France et le Sénégal, déclare Fabienne Samson. La France n'a pas réagi aux manifestations, alors que les États-Unis se sont inquiétés de voir Wade pousser son fils sur le devant de la scène." Des liens qui ont le don d'inquiéter Fadel Barro : "Il ne faut pas que la France cautionne Abdoulaye Wade et son fils dans leur projet de monarchisation du pouvoir. C'est le soutien indéfectible à Wade qui fait qu'il peut encore résister. Or, s'il continue, le pays explose."

Le point

Karim Wade au cœur du conflit

Karim Wade au cœur du conflit
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Le fils du président et ses manœuvres cristallisent le mécontement des Sénégalais            
Karim Wade, le fils prodige d’Abdoulaye Wade est au centre des revendications de l’opposition sénégalaise. Lui qui devait être le successeur de son père, longtemps présenté comme le fils parfait mêlant les cultures africaines et occidentales, lui qui devait être la gloire de la famille, se retrouve aujourd’hui être celui contre qui le Sénégal se soulève risquant d’entraîner Abdoulaye dans sa chute.
Karim Wade est au centre de la contestation au Sénégal où il cristallise une grande partie de l’animosité populaire. Mardi, depuis le domicile du porte-parole du gouvernement, Serigne Mbacké Ndiaye dont la maison a été saccagée dans la nuit précédente, il a évoqué dans un reportage de la 2STV des "opérations programmées et armées par l’opposition" et parle même de "tentative d’assassinat". Par ailleurs, d’après Pressafrik, il accuse le syndicat unique des travailleurs de l’électricité (Sutelec) d’être à l’origine des coupures de courant contre lesquelles les Sénégalais manifestant. Le fuel serait disponible, mais les syndicalistes refuseraient de le décharger et réclameraient une indemnité de 900 millions. Enième tentative de se décharger de la responsabilité des troubles qui secouent le pays de la Teranga.
Affolé par les émeutes, Karim Wade aurait aussi tenté dans la nuit de lundi à mardi, en joignant l’un de ses proches, de convaincre Nicolas Sarkozy de faire intervenir l’armée française, a révélé une source bien informée à Afrik.com. Une demande restée sans suite, les ressortissants français n’étant nullement menacés. Un comportement et des déclarations qui ne sont donc pas à l’apaisement. Mais si Karim Wade est si paniqué, c’est qu’il cristallise toute la haine des Sénégalais.
Karim, talon d’Achille d’Abdoulaye
Après avoir dirigé l’Anoci, Agence nationale pour l’organisation de la conférence islamique en mars 2008, avec des moyens financiers particulièrement importants pour améliorer l’hôtellerie et les infrastructures routières du pays mais des résultats plus que mitigés et une gestion financière critiquée, Karim Wade est devenu, malgré une cuisante défaite aux élections municipales de Dakar, Ministre d’Etat chargé des Transports aériens et des Infrastructures, ainsi que Ministre de la Coopération internationale. Puis, en octobre dernier, il a récupéré en plus le dossier de l’énergie, dossier clé au Sénégal ou les coupures de courant sont monnaie courante. Mais une nouvelle fois le bilan est plus que mitigé. Le courant ne passe toujours pas malgré les investissements importants de l’Agence Française de Développement (AFD), et des questions de gabegie financière sont encore sans réponse.
Aujourd’hui, le Mouvement du 23 juin [1] annonce qu’il y aura de nouvelles manifestations. Objectifs principaux, faire déclarer à Abdoulaye Wade qu’il ne se représentera pas en 2012 et obtenir le départ immédiat de Karim du gouvernement. Alors que depuis des années Abdoulaye Wade maintient et promeut Karim contre vents et marées, malgré les revers électoraux, en dépit des accusations d’affairisme qui touchent ce banquier de formation à qui les mauvaises langues reprochent d’être un génie pour la gestion de ses finances personnelles au dépends ce celle du Sénégal, voila maintenant que ce père qui rêvait pour son fils d’un destin plus grand que le sien va devoir le sacrifier s’il veut pouvoir finir son mandat. Comme quoi, la politique et la famille ne font jamais bon ménage.

les recommandations du Quai d'Orsay

les recommandations du Quai d'Orsay après les émeutes
Sénégal
La situation stridente au Sénégal semble préoccuper le gouvernement français. Il surveille les évènements et les manifestations qui depuis le 23 juin dernier ont fini par plonger le pays dans une quasi instabilité et fait des recommandations à ses ressortissants et touristes. Les restrictions sur la Casamance se sont maintenant presque étendues sur l’ensemble du territoire selon plusieurs sites touristiques.
Le Sénégal est depuis quelques jours devenu une destination à risque pour des touristes ou des Etats. En tout cas tout semble l’indiquer si l’on parcourt certains sites touristiques comme simplyvoyage.com. Revenant sur les évènements du 27 juin relatifs à des manifestations qui ont dégénéré à Dakar et sa banlieue, ainsi que dans les principales villes du pays, suite à des délestages de courant, de plus en plus longs et fréquents, il est fait mention des mesures ou recommandations du quai d’Orsay. . Le ministère des Affaires Étrangères recommande « à chacun de se tenir informé de l’évolution de la situation avant tout déplacement ». Il est recommandé d'éviter les rassemblements et les mouvements de foule. Il est par ailleurs toujours « formellement déconseillé » de se déplacer dans la zone septentrionale de Casamance, en raison de la fréquence des accrochages entre militaires et rebelles.

29/06/2011

Sénégal, attention danger

Sénégal, attention danger
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Au point E à Dakar, la maison de Wade sous très haute sécurité
La maison du Président Abdoulaye Wade au quartier Point E de Dakar a été bloquée ce matin par deux engins des travailleurs de l'entreprise Jean Lefevre. Les travailleurs qui revendiquent pour le paiement de 10 milliards de francs CFA que l'Etat du Sénégal leur doit.
123dakar.com s'est rendu sur les lieux  pour s'enquérir de la situation. Un impressionnant dispositif de sécurité devant la maison et dans les parages. Impossible de circuler tranquillement. Les éléments de la garde personnelle du président Abdoulaye Wade ont été dépêchés sur les lieux pour sécuriser la maison.
Lamine Faye le garde du corps personnel du Président commande l'opération de sécurisation de la maison.
La surenchère de griefs contre le président et sa gestion de l'état enfle dans tout le pays. Outre les blessés des manifestations, de nombreux édifices publics et privés sont attaqués, incendiés, pillés. Même si le gouvernement a retiré la proposition d'A.Wade de présenter un vice président aux prochaines élections présidentielles de février 2012, la rue réclame son départ immédiat. Les plus modérés exigent le retrait de sa candidature, de celle de son fils.
Les coupures et autres délestages dus à l'état de délabrement des centrales électriques et à la difficulté de payer le fuel nécessaire à leur fonctionnement deviennent insupportables. Jusqu'à 20heures de coupure/jour. 48h d'affiliée dans certaines régions! D'où l'amalgame de manifestations, de casseurs, de pilleurs. L'armée Française refuse de protéger la présidence et assurer le calme dans le pays tant que les ressortissants Français ne seront pas en danger.
Si Dakar est le centre, le départ de toutes les manifestations, partout dans le pays on assiste à des exactions. Jets de pierre sur des blancs, menaces, incendies de mairies, bureaux de Sénelec, propriétés de dignitaires de l'état et autres. Des viols ont été commis par des bandes de jeune à Dieuppeul 3.
Sur la petite côte, vers Mbour et Saly, là où le tourisme fait vivre une grande partie de la population Sénégalaise, les blancs commencent à s'inquiéter réellement pour leur sécurité. Sans eau et sans électricité, les rares touristes en cette période d'hivernage sont confrontés à la même pression que tous les investisseurs dans le domaine du tourisme, propriétaires de magasins, hôtels, restaurants,...
Les artisans ne peuvent plus travailler faute d'électricité, les denrées alimentaires se jettent pas tonnes depuis que les frigos ne savent plus assurer la chaîne du froid. Ce ne sont que quelques exemples de l'atmosphère invivable qui règne désormais au Sénégal.
Le secteur du tourisme qui espérait un éclaircie avec la création, entre-autres, d'autoroutes et d'un tout nouvel aéroport sait désormais que l'argent de ces chantiers va aller prioritairement à la solution des problèmes électrique du pays. Les chantiers vont encore prendre plusieurs années de retard.
Associé à la réputation désastreuse que se donne ce pays actuellement et la perspective d'élections houleuses, voire dangereuses dans moins de 8 mois, il n'est pas certain que le Sénégal sorte indemne de tout ce gâchis.

Après les émeutes...

le gouvernement met en garde après des émeutes des coupures de courant
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Le gouvernement sénégalais a mis en garde mardi soir contre tout nouvel acte de pillage et de vandalisme, près de 24 heures après des émeutes à Dakar où des habitants excédés par les coupures d'électricité ont incendié plusieurs bâtiments publics.
Au moins quatre personnes ont été blessées dans les violences survenues dans la nuit de lundi à mardi, selon des témoignages diffusés sur la télévision publique RTS: un groupement privé de transporté a annoncé avoir enregistré trois agents blessés et 44 bus cassés, un témoin a raconté que le gardien d'une résidence privée a été blessé par des pilleurs.
Les forces de défense et de sécurité ont été instruites de se déployer partout où besoin sera pour rétablir l'ordre et réprimer avec la dernière énergie et tous les moyens nécessaires ces actes de pillage et de vandalisme, a déclaré le ministre de l'Intérieur, Ousmane Ngom, dans un communiqué diffusé mardi soir.
Selon lui, des enquêtes sont déjà ouvertes pour identifier les auteurs et les mettre hors d'état de nuire et le gouvernement a pris toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des personnes et des biens et le maintien de l'ordre public.
Circulation bloquée par des barrages de fortune, des feux de pneus ou de branchages, interventions de forces de l'ordre à coups de grenades lacrymogènes ou courses-poursuites dans les rues ont marqué la nuit de lundi à mardi à Dakar, où des manifestants ont aussi saccagé des locaux de la société nationale d'électricité (Sénélec) et des bâtiments publics.
Depuis cinq jours, dix des agences de la Sénélec ont été détruites à Dakar et ses banlieues, ainsi qu'à Keur Massar, Mbour et Thiès (est de la capitale), a précisé à l'AFP un responsable de la société.
Des scènes d'émeutes similaires s'étaient produites lundi après-midi à Mbour où les habitants ont affirmé être restés 48 heures sans électricité. Selon des médias privés, des émeutes des délestages ont également eu lieu lundi à Thiès (ouest), Mbacké et Kaolack (centre).
Le Sénégal est en proie à des coupures régulières d'électricité depuis des mois, qui se sont aggravées ces dernières semaines et touchent la plupart des villes.
Dans un communiqué transmis mardi à l'AFP, la Sénélec explique faire face depuis quelques jours à un déficit de production important qui entraîne de nombreux délestages, et présente ses excuses, se disant consciente des nombreux désagréments occasionnés par la situation actuelle.
Ces émeutes interviennent après des manifestations dans tout le pays, le 23 juin, provoquées par un projet de loi du président Abdoulaye Wade visant à permettre, dès février 2012, l'élection simultanée d'un président et d'un vice-président avec un minimum de 25% des voix au premier tour.
A Dakar, alors que ce projet de loi controversé était discuté à l'Assemblée nationale, ces manifestations avaient tourné à l'émeute, faisant au total 102 blessés, dont 13 policiers selon la police.
Le président Wade, 85 ans, au pouvoir depuis 2000 et candidat à sa propre succession en 2012, avait finalement renoncé à faire voter le texte.
L'opposition et la société civile, y compris les chanteurs Youssou Ndour et Didier Awadi, exigent désormais qu'il ne se représente pas en 2012. Et mardi soir, le Mouvement du 23 juin, coalition de partis d'opposition et d'organisations de la société civile, a appelé à la poursuite des manifestations contre cette candidature.
Le président Wade n'a fait aucune déclaration publique depuis les derniers évènements, qui devraient le retenir à Dakar alors que débute jeudi un sommet de l'Union africaine (UA) en Guinée équatoriale auquel il ne participera pas, selon des sources concordantes à Malabo.
Joint par l'AFP, un responsable à la présidence sénégalaise a indiqué que rien n'était encore arrêté à ce sujet.
AFP

L’immobilier, otage du Sénégal ?

L’immobilier, otage du Sénégal ?
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Communiqué du Collectif de défense des propriétaires de Mar y Sol à Saly, Sénégal
La Cour d'Appel de Dakar rend sa décision : 42 retraités Français, légalement titrés dont les villas ont été confisquées à leur insu n'ont pas le droit à la parole.
Dans des conditions surprenantes et pour le moins opaques, défiant les plus élémentaires règles de droit et conventions internationales, l'Etat Sénégalais, par le biais des Douanes, a obtenu par un jugement du 4 septembre 2009 statuant en correctionnelle prononcé par le Tribunal Hors Classe de Dakar la confiscation des 42 villas de la Résidence Mar Y sol à Saly, appartenant à des propriétaires Français et retraités, lesquels ont appris ... par voie de presse locale la spoliation à leur insu de leurs biens ...En effet, seule Corinne Picard, rentrée définitivement en France et associée de la SARL RVI, promoteur, qui a vendu les villas avait fait l'objet de poursuites de la part du Parquet en 2009 !
Depuis 2 ans, ces victimes collatérales multiplient les recours sur le plan judiciaire, politique et diplomatique, puisque seul le délinquant peut faire l'objet d'une peine.
En vain pour l'instant.
En effet, la 1ère Chambre de la Cour d'appel de Dakar vient de confirmer par arrêt du 20 juin le jugement précité : le Président de la Cour d'Appel de Dakar a non seulement déclaré irrecevable l'intervention à la procédure des propriétaires dès les premières minutes de l'audience de plaidoirie du 11 avril dernier mais de plus, n'a pas tenu compte des réquisitions du Parquet qui avait pourtant demandé la restitution des villas conformément aux conclusions argumentées de leurs avocats Maître Zeitoun, Avocat au Barreau de Versailles, Membre de l'Union Internationale des Avocats et Fondateur du site « investisseursansfrontiere.com » d'une part et Maître Yahya, Avocat au Barreau du Sénégal d'autre part.
Pour l'heure, leur objectif est de surseoir dans les plus brefs délais à la saisie de leurs villas car il y a tout lieu de craindre que dès que l'arrêt sera publié, des confiscations auront lieu en juillet ou en août, période à laquelle la majorité des propriétaires de la résidence sont absents du Sénégal.
Les propriétaires spoliés en appellent aux Chefs d'Etats Français et Sénégalais pour qu'ils  fassent respecter les Droits essentiels rappelés dans les Conventions Bilatérales signées par leur pays respectif, en particulier que la cause de chacun soit entendue devant toute juridiction et le droit de propriété, puisqu'en vertu de la Constitution du Sénégal, les Conventions Internationales sont au-dessus du droit interne Sénégalais, pourtant seul appliqué par la Cour d'appel de Dakar.
A défaut, cela ouvrirait la voie à une crise sans précédent entre la France et le Sénégal, avec des préjudices certains sur le plan diplomatique et politique, alors que le Sénégal vient d'annoncer de nombreuses mesures pour relancer le tourisme et attirer les retraités...

28/06/2011

Youssou Ndour demande à Wade de s'en aller

Youssou Ndour à Wade:'' il faut retirer votre candidature''
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Abdoulaye Wade et le leader de Super étoile, Youssou Ndour se sont rencontrés hier, lundi 27 juin au palais présidentiel. La rencontre ferait suite aux déclarations de l'artiste musicien relativement aux évènements du 23 juin 2011 qui ont presque fait vaciller le régime libéral. Youssou Ndour de l'étranger où il était avait demandé que le chef de l'Etat renonce à sa candidature à la présidentielle de février 2012 pour que le pays renoue avec le calme et la stabilité.
Il a ainsi réitéré les mêmes propos face au chef de l'Etat. Youssou Ndour n'a, selon le quotidien l'As regardé Abdoulaye Wade les yeux dans les yeux pour lui demander de renoncer à sa candidature et que la stabilité du pays en dépens. Le président de la République accuse par ailleurs le groupe de presse du chanteur et entrepreneur de jeter de l'huile dans le feu et servir de tribune à ses opposants et adversaires. Ce que le lead vocal de Super Etoile a réfute en se glorifiant du professionnalisme de ses agents qui ne font qu'informer.
Selon nos sources qui sont catégoriques, Abdoulaye Wade a été demandeur de la rencontre. Il aurait même insister pour faire comprendre à Youssou Ndour ses griefs.
Le chef de l'Etat a, en outre, réitéré sa candidature et reste catégorique. Il maintient sa position de se présenter à la présidentielle de février 2012.

Emeutes et pillage au Sénégal

Pillage des Impôts et domaines, agences Senelec, domiciles de ministre, mairies: la furie des jeunes détruit tout sur son passage
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Les conséquences des émeutes ou guérilla urbaine de l’électricité sont énormes. Les jeunes n’ont rien épargné dans leur furie. Des édifices publics, municipaux et des domiciles d’autorités tout a été saccagé, détruit et mis à sac. Les locaux des impôts et domaines de Mbour et de Pikine-Guédiawaye, les agences Senelec de Yeumbeul, Ouakam, Patte d’oie, Guédiawaye et certains domiciles de ministres sont attaqués et vandalisés.
Les dégâts sont énormes des émeutes des jeunes contre les longues et récurrentes coupures d’électricité. Durant toute la soirée d’hier, lundi 27 juin la capitale sénégalaise et sa banlieue sont en feu. Des rues barrées, des pneus, troncs d’arbres, des ordures et autres sont brûlés en plein milieu des chaussées. Des véhicules sont cassés. Les forces de l’ordre sont intervenues mais elles ont été débordées par les manifestations.
Les édifices saccagés se comptent par dizaine. De Mbour en passant par Malika, Yeumbeul, Guédiawaye, Patte d’oie, Yoff et Ouakam. En effet, A Mbour, les jeunes ont pris à partie les locaux des impôts et domaines et l’agence Senelec de la localité qu’ils ont pillés. Des papiers et des ordinateurs sont sortis et brûlés dans la rue.
Même cas de figure à Malika où la mairie et la maison des femmes sont aussi saccagées. Les jeunes en furie n’ont rien laissé sur les lieux. A quelques kilomètres à Yeumbeul, les jeunes ont détruit l’agence Senelec de la localité. Ils ont mis en minorité les policiers et ont assiégé les rues, la Senelec et tout à fait début le poste police où une arme et des casques anti émeutes ont été confisqués par les assaillants.
Seneweb/Pressafrik.com

Servics secrets Israëliens au Sénégal

Les servics secrets Israëliens au Sénégal
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Les ficelles des services secrets israéliens, le "Mossad"au secours de Wade    
La reculade du président sénégalais, Abdoulaye Wade- qui a ordonné le retrait du projet de loi instituant le ticket de vice-présidence face à l'insurrection populaire le 23 juin dernier à Dakar et à l'intérieur du pays,  commence à révéler ses secrets. Le Mossad et les services secrets sénégalais ont joué leur partition dans l'ombre.
Le locataire de Roume s'est finalement plié aux notes des services secrets sénégalais et particulièrement à celles du Mossad. Après seulement quelques heures du début du soulèvement populaire dans la matinée du 23 juin.
Selon une source sécuritaire, contactée par Les Afriques, ce sont les services sénégalais de renseignement,  sur le qui-vive depuis des jours,  qui ont briefé le président Abdoulaye Wade de retirer son projet de loi et non les chefs religieux comme annoncé par le ministre sénégalais de la Justice, Cheïkh Tidiane Sy. « Nous étions en face d’une situation grave et ces mouvements de contestation étaient déterminés à aller jusqu’au bout, quitte à brûler le palais. Nous l’avions dit au président. Il y avait deux logiques : éviter le pire ou l’abîme.»,  commente notre source.
 Le chef de l’Etat sénégalais, qui tenait à diversifier ses canaux de renseignements s’est appuyé sur le Mosad (services secrets israéliens) via leur succursale à Dakar. Laquelle a joué aussi sa partition en surveillant de très près le corridor du palais et les chancelleries diplomatiques. Des agents du Mossad ont échangé avec le président sénégalais  sur les graves risques de ce projet de réforme, nous a révélé une source diplomatique.
Sur un autre registre, le chef de l'Etat sénégalais a poussé les pions jusqu'à faire intervenir des missi dominici bien introduits dans la sphère médiatique parisienne.
Selon des informations parvenues à Les Afriques,  alertés à la veille par leurs hautes hiérarchies, les médias français proches du Quai d’Orsay et de l’Elysée,  respectivement RFI et France 24, ont opté de tout faire pour ne pas saper l’image du président Wade. Un casting forcé qui leur est tombé là dessus dit-on.
Seule la chaine en continu France 24, au fil des événements,  s’est résolument décider d’ouvrir une brève sur le Sénégal.
Pour rappel, ce mouvement de contestation populaire qui a mûri -en dehors des cercles politiques classiques- a été porté par le mouvement social « Y’en a marre », déterminé à lutter contre l’arrogance Wadienne et l’oligarchie politico-affairiste. Les Sénégalais découvrent subitement à travers « Y 'en a marre », un nouveau faiseur roi des politiques.
Ismaël Aidara

Sénélec suite...sans fin

Manifestations contre des coupures
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Des Sénégalais excédés par les coupures d'électricité ont exprimé leur colère lors de manifestations spontanées lundi dans plusieurs quartiers de Dakar et à Mbour à l'ouest du pays, ville où des locaux de la société d'électricité ont été saccagés, a-t-on appris de sources concordantes. La plus forte mobilisation a été enregistrée à Mbour, à 80 km au sud de Dakar, où, selon des témoins, des milliers d'habitants sont descendus dans les rues pour protester contre l'absence d'électricité depuis 48 heures.
Des forces de l'ordre sont intervenues pour les disperser à coups de grenades lacrymogènes. Les protestataires se sont disséminés dans les quartiers, bloquant des voies, brûlant des pneus, et ont saccagé les locaux de la Société nationale d'électricité (Sénélec). "Tout est cassé à la Sénélec", ordinateurs et véhicules, a raconté un témoin en ajoutant que "les 27 quartiers de Mbour ont chacun" leur foyer de tension. Il a parlé d'"émeutes des délestages".
Le Sénégal est en proie à des coupures régulières d'électricité qui se sont aggravées ces dernières semaines, durant parfois deux jours d'affilée dans certaines zones.
Europe1.fr/AFP

27/06/2011

Aéroport et autoroutes ou électricité, il fallait choisir!

Aéroport et autoroutes retardés
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Le Plan Takkal va beaucoup retarder les autoroutes et l'aéroport
Le nouvel aéroport sera retardé. C'est une décision de bon sens. Des dizaines de millards ont été puisés dans les crédits prévus pour réaliser les autoroutes afin de mettre en œuvre le Plan Takkal qui doit moderniser le secteur de l'énergie électrique au Sénégal.
La réalisation de l'AIBD est conditionnée par celle des autoroutes et il sera donc retardé. On parle de 2014/2015, mais ici, c'est Sénégal. Il s'agit de fournir d'abord du courant à tous les Sénégalais plutôt que d'offrir un bel aéroport à quelques privilégiés. Un juste retour des vraies priorités.
Ce Plan est géré par Karim Wade surnommé Monsieur 15%. Espérons que cet argent frais soit réellement employé pour cet usage et bien employé.
L'aéroport international Blaise Diagne est donc renvoyé… aux calendes grecques
Sur les 92,5 milliards de FCfa qui ont été prévus à la fois pour financer l'autoroute à péage de Diamniadio-Aibd(Aéroport international Blaise Diagne), mais aussi de Aibd-Mbour et de Aibd à Thiès, quelque 62,5 milliards de FCfa ont été puisés pour les besoins du Plan « Takkal » du Ministre en charge de l'Energie. Ce n'est pas demain que l'activité de l'Aéroport international Léopold-Sédar-Senghor (AILSS) va cesser. Y a plus urgent ! Le pays est dans le noir pour cause de ruptures intempestives de courant communément appelées « délestages », alors une nouvelle infrastructure aéroportuaire, fut-elle futuriste… Pfff !
C'est la version caricaturée mais non moins réaliste de l'adoption par les parlementaires, du projet de loi n°12/2011 relatif à la première Loi de finances rectificative (Lfr) pour l'année 2011, autorisant l'argentier de l'Etat de revoir à la hausse le budget que le gouvernement doit consacrer au secteur de l'énergie. Un projet de loi qui avait, entre autres, pour but de mobiliser des ressources pour la mise en œuvre, dans sa première année, du plan d'urgence pour le secteur de l'électricité dénommé « Plan Takkal ».
Pour une mobilisation de ressources, le gouvernement et sa majorité parlementaire qui a donné son blanc-seing, n'y sont pas allés avec les doigts. 62,5 milliards de FCfa vont ainsi être ponctionnés sur les 92,5 milliards de FCfa qui ont été prévus à la fois pour financer l'autoroute à péage de Diamniadio-Aibd, mais aussi le tronçon Aibd-Mbour et de celui de Aibd à Thiès, pour renforcer « Takkal ».
Autant dire que la livraison de l'Aibd, initialement prévue pour 2010 avant que l'échéance n'ait été portée à 2011 puis 2012, a de fortes chances de ne pas intervenir avant 2014, si l'on se réfère à un cadre expatrié du groupement Studi International-Sofreavia-Saci, sélectionné pour assurer la mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage, interpellé sur la question dans les colonnes de l'hebdomadaire Jeune Afrique (édition avril 2011), qui émettait d'ailleurs cette réserve : « si rien ne vient retarder sa réalisation… » Comme on le constate, c'était avant l'avènement de la nouvelle donne qui, forcément, viendra retarder ainsi la poursuite de la réalisation de l'autoroute à péage qui devra mener à l'Aibd. L'aéroport LSS qui attend l'ouverture de l'Aibd pour muer en une grande « Cité des affaires », semble ainsi avoir encore de beaux jours devant lui.
Notons que l'Etat du Sénégal a récemment (au mois de mai dernier) récolté sur le marché financier international, un pactole de 230 milliards de FCfa (500 millions de dollars) à travers le lancement d'un emprunt obligataire. Des fonds destinés « aux secteurs porteurs de croissance » tels que l'Energie et les Infrastructures, notamment l'autoroute à péages. Rappelons également que pour autofinancer partiellement le projet, l'État a mis en place une nouvelle taxe, la Redevance de développement des infra¬structures aéroportuaires (RDIA), qu'il perçoit depuis le 1er avril 2005.
D'un coût global de 350 millions d'euros (près de 300 milliards de FCfa), l'Aibd a pour concepteur et constructeur le Groupe Saudi Bin Ladin, celui-là même qui préside aux destinées de la Société africaine de raffinage(Sar) depuis qu'elle contrôle son capital à 34%. En revanche, c'est l'entreprise allemande Fraport AG qui a la charge de la gestion de l'Aibd.
Or, sans « autoroute à péage », pas d'Aibd. Ce projet d'autoroute à péage cher à Wade qui en avait une priorité et qui avait été présenté comme le plus grand défi de son second mandat, visait les objectifs d'assurer un déplacement rapide des personnes et des marchandises vers et depuis Dakar en améliorant la mobilité dans l'agglomération ; de connecter le centre-ville, le futur aéroport de Diass et la future Cité des affaires (prévue sur le site de l'aéroport actuel) ; servir de fer de lance à la mise en œuvre d'une politique de développement urbain à l'extérieur des zones saturées de la presqu'île du cap Vert.
Le premier tronçon (Malick Sy-Pikine, long de 12 km) est ouvert à la circulation depuis août 2009. Celui restant (Pikine-Diamniadio, 22 km) devait être achevé en deux phases (Diamniadio-Keur Massar puis Keur Massar-Pikine) d'ici fin 2013.
C'est du moins ce qui était prévu jusqu'à ce qu'une autre priorité qui au demeurant n'a jamais cessé de l'être, mais de plus en plus prioritaire à leurs yeux marqués 2012, vienne se rappeler au bon souvenir des autorités.
Sudquot/TAK2

Wade sent la fin venir

« Je ne marcherai pas sur des cadavres pour sortir du palais »
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Le président Wade a évoqué pour la première fois sa sortie. Il la souhaite pacifique. Il est dans l’inconfort après la dure journée qu’il a vécu jeudi passé marquée par une révolte des populations qui l’a contraint à retirer son projet de loi qui devait instaurer une vice présidence et supprimer le minimum bloquant à l’élection présidentielle
« Je ne marcherai pas sur des cadavres pour sortir du palais. » C’est la principale réaction du président sénégalais selon le journal l’Observateur sur les manifestations de jeudi dernier dans presque toutes les grandes villes du pays. Avant son élection il disait qu’il ne marcherait jamais sur des cadavres pour entrer au palais. Au-delà de sa disposition à privilégier le dialogue et les solutions pacifiques, la phrase trahit une certaine confiance affichée par le président Wade. Il a récemment dit qu’il ne parlait plus de 2012 mais de 2019, considérant que la prochaine présidentielle était pliée. Pour la première fois le président Wade évoque son départ.
Les manifestations de jeudi, qui ont dicté le retrait du projet de loi, ont plongé le président et son camp dans un grand embarras. Il a demandé à son Premier ministre ce qu’il pensait de la démission du gouvernement réclamée par certains dont des membres de la majorité. Le Premier ministre lui aurait dit qu’ « une démission nous affaiblirait » selon la presse. Cet après midi, il a consulté plusieurs membres de son parti et va poursuivre les réunions avec ses alliés ce dimanche. Il avait déjà dit qu’il ne subirait pas seul une telle déconvenue.
Plusieurs personnalités de son camp ont dénoncé son attitude sur le projet de loi qu’il leur a caché jusqu’à la dernière minute pour le leur envoyer en procédure d’urgence. Le président de la commission des lois de l’assemblée nationale dont le domicile et le véhicule ont été incendiés a dit que désormais « les députés ne vont plus voter les yeux fermés. » Il a déploré le manque de respect du président qui ne les consulte pas assez. Il a indiqué que Wade a depuis jeudi une « majorité éclatée et frustrée. »
L’opposition a exploité le contexte pour faire de la lutte du peuple un « mouvement du 23 juin 2011 » dès le lendemain du retrait du projet de loi controversé. L’opposition et la société civile qui se retrouvent dans le mouvement met la pression sur Wade pour qu’il retire sa candidature.
Les responsables du mouvement exigent aussi le départ des ministres de la Justice, de l’Intérieur et des infrastructures, de la coopération internationale, des transports aériens et de l’énergie, qui est le fils du chef de l’état Karim Wade. Un membre de l’opposition et ancien collaborateur de Wade lui a demandé de ne plus engager la nation dans une décision importante et se borner à gérer les affaires courantes du pays pour les huit mois avant la présidentielle. Il demande que cela soit notifié par l’opposition aux bailleurs et partenaires du Sénégal.
Depuis son élection, Abdoulaye Wade n’a jamais été dans une aussi inconfortable position. Beaucoup dans son parti réfléchissent déjà sur ce qui va se passer après lui. Dans leurs interventions on sent des libertés et critiques qui n’ont jamais été exprimées pendant qu’il avait le choix sur toutes les décisions. Beaucoup de sénégalais qui souhaitent qu’il s’exprime devant la nation ne se doutent plus que son crépuscule est arrivé mais se demandent seulement comment le vieux lion va poser genou sur terre.
Macoumba BEYE

26/06/2011

Le Sénégal "en a marre"

Au Sénégal, "Y’en a marre", et pas seulement du "ticket présidentiel"
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À l’appel de l’opposition, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de la capitale sénégalaise pour dire non au projet de réforme du code électoral dit du "ticket présidentiel", voulu par le président Abdoulaye Wade. Ses détracteurs reprochent à ce dernier, entre autres, de vouloir installer son fils au pouvoir. Nos Observateurs, qui ont assisté à la manifestation, expliquent pourquoi "y’en a marre".
Le texte du "ticket présidentiel" enflamme la rue sénégalaise depuis qu’il a été adopté, il y a une semaine, par le Conseil des ministres.
Aujourd'hui, c’est aux cris de "Wade go", "Wade dégage" et "Touche pas à ma Constitution" que les manifestants s’étaient donnés rendez-vous sur la place de l’Indépendance et devant l’Assemblée nationale, où les députés devaient examiner en séance plénière le texte de la réforme électorale
Face aux protestations, le gouvernement a décidé en fin de journée de revenir sur la mesure à l’origine du soulèvement et la séance parlementaire qui examinait ce texte a été ajournée.
La réforme d’origine prévoyait qu’en 2012, date de la prochaine élection présidentielle, les électeurs voteraient pour un "ticket présidentiel", c'est-à-dire un seul vote pour élire à la fois un président et un vice-président, sur le modèle américain. Le seuil minimum des voix nécessaires pour élire dès le premier tour ce ticket présidentiel était abaissé à 25%, au lieu de la majorité qualifiée (50% plus une voix) requise aujourd’hui. Pour ses opposants, cette réforme électorale était un moyen pour le président Wade de transmettre le pouvoir à son fils Karim, actuellement ministre de la Coopération internationale, des Transports aériens, des Infrastructures et de l'Énergie. Chargé du quart du budget de l’Etat, ce dernier est déjà surnommé le "super ministre". Le président a annoncé jeudi qu’il renonçait au seuil de 25% pour que le ticket soit élu dès le premier tour, tout en maintenant semble-t-il sa volonté de créer un poste de vice-président.
Depuis qu’il est au pouvoir, Abdoulaye Wade a soumis dix-sept projets de loi visant à modifier la Constitution sénégalaise. Candidat à sa propre succession en 2012, le chef d’Etat de 85 ans semble avoir déçu ses électeurs, et notamment la jeunesse qui avait en partie contribué à sa première victoire en 2000. Plusieurs facteurs expliquent l’impopularité du vieux président, comme la crise énergétique qui conduit à de nombreuses coupures de courant, la hausse du prix des denrées alimentaires et le chômage qui frappe de plus en plus de jeunes.
Lamine Mbengue a assisté aux manifestations à Dakar.
J’ai vu des scènes de guérilla urbaines aujourd’hui à Dakar. Les jeunes jetaient des pierres sur les forces de l’ordre, ils brûlaient des pneus, des voitures, des immeubles. Même si Wade a fait une concession, ils sont déterminés à en découdre. Je me suis retrouvé dans une foule qui répondait aux ordres de quelques leaders. J’ai même entendu l’un d’entre eux crier "On se retire !", comme dans un vrai combat.
La police a répliqué à l’aide de gaz lacrymogènes et j’ai personnellement été visé ! J’ai entendu des coups de feu aussi, mais je crois que c’était des tirs en l’air. Le cri de guerre, c’était "Y’en a marre", du nom du mouvement citoyen créé par un groupe de rappeurs du pays. Depuis le 19 mars dernier, ces rappeurs sont devenus très populaires, parce qu’ils symbolisent la jeunesse sénégalaise et ses revendications. [Le 19 juin dernier, entre 4000 et 5000 personne se sont rassemblées place de l’Indépendance à Dakar pour manifester leur colère, à l’occasion du 11ème anniversaire de l’accession au pouvoir d’Abdoulaye Wade].
Le Sénégal vit un moment historique. Wade a beaucoup déçu et l’exaspération des Sénégalais a atteint son pic. Les problèmes sont multiples, à commencer par les coupures de courant incessantes qui paralysent les affaires de nombreux commerçants et d’artisans. Les jeunes ne trouvent pas de travail [selon les dernières statiques officielles de l’ANDS, l’Agence nationale des statistiques et de la démographie, 48% de la population est au chômage, la grande majorité sont des jeunes ; selon le ministère de la Fonction publique et de l’Emploi, 400 000 jeunes diplômés sont sans emploi aujourd’hui]. Le Sénégal aussi veut sa révolution."
"Nous voulons bien supporter la faim, la soif, mais pas l’esclavage"
Guejopaal Gnane est professeur de philosophie dans la capitale sénégalaise
Ce projet de loi aurait été un retour en arrière, une négation de la conscience populaire et de la démocratie. Il aurait suffi à Abdoulaye Wade d’empocher un quart des suffrages pour être élu président. Qu’auraient représenté les 75% de la population restante ? C’était un devoir pour le peuple de se lever.
Il est vrai, Abdoulaye Wade a beaucoup œuvré pour la démocratie au Sénégal. Mais les Sénégalais ne sont pas dupes. Depuis son arrivée à la tête du pays, en 2000, on sait qu’il veut mettre son fils au pouvoir. Ce n’est pas acceptable, nous ne voulons pas de son fils !
Le Sénégal traverse une période très sombre. Au début, on se cachait derrière la crise économique mondiale. Mais aujourd’hui, les Sénégalais sont mûrs. Ils savent que si les disfonctionnements touchent tous les secteurs, économiques et sociaux, c’est à cause de la mauvaise gouvernance de notre pays. Les jeunes ne trouvent pas d’emploi, les paysans n’ont plus les moyens d’acheter des semences pour leur culture.
Le plus grave encore est l’achat de terres par le président Wade avec des deniers publics [en 2010, Abdoulaye Wade a acheté, en liquide, un terrain à 1.3 milliards de francs CFA (2 millions d’euros). La presse d’opposition du pays parle d’une "opération suspecte et douteuse". Le porte-parole de la présidence a confirmé l’utilisation de fonds publics pour l’achat du terrain, provoquant l’indignation de l’opinion publique sénégalaise].
Le projet de réforme électorale est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Nous voulons bien supporter la faim, la soif, mais pas l’esclavage. Je ne suis pas devin, mais il y une véritable menace que le pays bascule dans l’insurrection générale. Même certains marabouts, en général proches du pouvoir, ont appelé à se rendre à la marche."

25/06/2011

Wade ne doit pas se représenter!

Wade doit renoncer à sa candidature en 2012, selon les opposants
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Plus de 60 partis politiques et organisations de la société civile du Sénégal ont formé un mouvement qui demande au président Abdoulaye Wade de renoncer à sa candidature à l'élection présidentielle de 2012, ont indiqué samedi des opposants membres de la coalition.
"Nous sommes largement plus de 60" partis, associations, ONG de la société civile à avoir créé vendredi "le Mouvement du 23 juin" 2011, "notre première exigence, c'est que Wade déclare publiquement qu'il renonce à sa candidature" à la présidentielle, a déclaré à l'AFP Me Aissata Tall Sall, porte-parole du Parti socialiste (PS, opposition). La date fait référence à la journée de jeudi, marquée par des manifestations d'ampleur dans le pays, ayant tourné à l'émeute à Dakar contre un projet de réforme constitutionnelle sur un "ticket présidentiel" -comprenant un président et un vice-président- susceptible d'être élu au premier tour avec seulement 25% des suffrages. Cette disposition était l'une des plus décriées du projet de loi. Le président Wade a finalement renoncé à la réforme, et le calme est revenu dans le pays. Le Mouvement du 23 juin regroupe "toutes les composantes actives du pays qui veulent le changement dans la paix, dans le calme", a déclaré samedi sur la radio privée sénégalaise RFM l'ex-Premier ministre Moustapha Niasse, chef de l'Alliance des forces de progrès (AFP, opposition). (MPK)

Bilan des manifestations à Dakar

102 blessés dont 13 policiers dans les manifestations
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Cent deux personnes dont 13 policiers ont été blessées jeudi à Dakar dans les heurts entre forces de l'ordre et manifestants opposés à un projet de réforme constitutionnelle instaurant un "ticket" pour l'élection présidentielle, a-t-on appris vendredi de source policière.
"Nous avons recensé 102 blessés dont 13 policiers au cours de la journée d'hier (jeudi). A part deux manifestants qui ont reçu une balle, les autres sont des blessés légers", a déclaré à l'AFP un responsable de la police.
Les 13 policiers ont été blessés après avoir "reçu des pierres à la figure", a indiqué la même source.
Le président sénégalais Abdoulaye Wade a renoncé jeudi à faire voter le projet de loi controversé qui prévoyait l'élection simultanée d'un président et d'un vice-président à la prochaine présidentielle prévue en février 2012 au Sénégal.
Le texte a été retiré après des manifestations ayant tourné à l'émeute à Dakar, avec des attaques et incendies d'édifices publics et de domiciles de responsables du pouvoir. Des manifestations avaient aussi été organisées à travers le pays.
AFP

Elections présidentielles

Séverine Awenengo Dalberto, historienne au Centre d'études des mondes africains
"Si Wade gagne en 2012, les Sénégalais descendront dans la rue pour le faire partir"
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Plusieurs milliers de Sénégalais ont manifesté, jeudi 23 juin, pour protester contre le projet de réforme constitutionnelle voulue par le président Abdoulaye Wade, obligeant ce dernier à reculer. A huit mois de l'élection présidentielle, Séverine Awenengo Dalberto, historienne au Centre d'études des mondes africains, décrypte "l'une des manifestations les plus importantes de ces dix dernières années" au Sénégal.
Est-ce que les manifestations de jeudi vous ont surpris ?
Non. Depuis quelques années, il y a de plus en plus de mobilisations au Sénégal, principalement pour des questions de conditions de vie, comme le coût de la vie et les coupures d'électricité. Depuis un an, il y a également une structuration de mouvements citoyens, avec notamment le mouvement "Y en a marre", qui s'était déjà manifesté au forum social mondial qui s'est tenu à Dakar en 2011.
Mais l'ampleur de la manifestation était surprenante. Il y avait des jeunes, mais également des Sénégalais lambdas, des femmes, des jeunes filles, des gens de 50 ans. Les manifestations précédentes étaient essentiellement menées par des jeunes. Là, ce n'était pas uniquement le cas. De fait, c'est l'une des manifestations les plus importantes qui se soient déroulées ces dix dernières années, et elle a porté sur une question éminemment politique : le changement de la Constitution et la peur d'un hold-up électoral avec une dévolution monarchique du pouvoir à Karim Wade, le fils du président. La remise en cause de la légitimité de Karim Wade est importante depuis plusieurs années. Il n'a jamais réussi à se faire élire et le président Wade l'a intégré à l'appareil politique par voie ministérielle. Il en a fait un ministre d'Etat alors même qu'il avait perdu des élections locales.
Abdoulaye Wade a retiré le projet de réforme contesté. Malgré tout, peut-on s'attendre à de nouvelles manifestations avant l'élection présidentielle de 2012 ?
Cela va dépendre de la manière dont Abdoulaye Wade continue sa préparation électorale. On peut considérer que cette réforme retirée était une tentative de mettre en place des dispositifs pour faciliter sa victoire ou celle de son fils lors des élections de 2012, alors même qu'il sait être contesté et qu'il sait ne plus être porté par la majorité de la population sénégalaise. Il met donc en place des dispositifs, avec le soucis de l'apparat démocratique, par le moyen de lois. Pour retirer cette loi, il a pris comme argument l'intervention de chefs religieux, de manière à disqualifier la rue. Au moment du retrait, le garde des sceaux a bien souligné que les députés étaient les représentants du peuple et que ceux qui étaient dans la rue étaient des terroristes.
Wade a déjà essayé de modifier les dispositifs électoraux. Au mois de mai, il a voulu scinder les collectivités locales qui ne lui étaient pas favorables et nommer à la place des élus des délégations spéciales. Cela a donné lieu à des mobilisations fortes, notamment dans la région de Rufisque.
La fraude ne se fera pas forcément le jour de l'élection, mais peut-être dans la mise en place de dispositif en amont. Mais si Wade recule comme hier, il est fort probable que les Sénégalais attendent le jour de l'élection. Je ne pense pas qu'il y aura une mobilisation pour le faire partir avant. Au Sénégal, il y a un système d'expression plus démocratique, avec une certaine liberté de la presse et des régulateurs sociaux. Mais si Abdoulaye Wade gagne en 2012, il est probable que les Sénégalais descendent dans la rue pour le faire partir.
Vous paraît-il possible que M. Wade gagne les élections de manière honnête en 2012 ?
Cela me paraît assez improbable. L'élection de 2007 a été une surprise pour beaucoup, parce que nous sentions une contestation du pouvoir présidentiel et nous n'imaginions pas qu'ils allaient massivement voter pour M. Wade dès le premier tour. Il y a eu certainement quelques fraudes électorales, mais il jouissait encore d'une certaine légitimité populaire et bénéficiait d'un contexte économique favorable. Ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui. Il y a à la fois de la lassitude et de la contestation. Même s'il est difficile de faire des pronostics, cela me paraît improbable qu'il gagne les élections.
Après, le scrutin reste tout de même incertain. Il faut prendre en compte la dispersion de l'opposition, qui a des difficultés à mettre en place une candidature unique. Il y a bien l'ancien premier ministre Macky Sall, passé dans l'opposition, qui recueille un certain nombre de soutiens, mais pour l'instant, il n'y a pas d'entente sur une candidature unique. Enfin, il ne faut pas oublier que Wade a l'appareil d'Etat entre les mains et qu'il peut jouer de la redistribution juste avant les élections.
Propos recueillis par Thomas Baïetto

Enfants des rues de Saly

Centre d'accueil des enfants des rues de Saly et camp chantier dans 2 pays d'afrique de l'ouest
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l'association Freedom T.S. est une association Française
Nous organisons des camps chantiers au Sénégal à Saly et dans un autre pays d'Afrique de l'ouest
Notre site http://freedom-ts.asso-web.com
Notre blog http://freedom-ts.skyrock.com
Notre centre d'accueil à Saly au Sénégal est ouvert du lundi au vendredi les matins de 8 h à 12h30 , toute l'année, il est situé sur le chemin de la nouvelle école primaire publique de Saly, continuez tout droit , c'est le batiment couleur Bordeaux au fond du chemin
Nous denons un petit déjeuné entre 35 et 80 enfants des rues à chaque jour d'ouverture
Un infirnier de l'association "pour une enfance" soigne les enfants des rues du lundi au vendredi les matins également
Merci aux personnes qui se rendent à saly de nous aider en apportent des vétements pour garçons de 6 à 16 ans, serviettes de toilettes, savons, gel douche, draps, couvertures légéres, compresses, desinfectent, coton, bandes, sparadrap,livres, livres petites classes, crayons, stylos, colle, papier et cahiers, léssive, lait en poudre 1er age et vétements bébés (surtout garçons), riz, sucre, lait etc.....
Vous pouvez nous contacter au 00332 35 80 55 70 ou 00336 74 71 71 90
Ou sur place Ibou 77 544 90 96 ou Amadou au             (00221) 76 654 95 36      
Ibou ou Amadou peuvent venir vous chercher à votre l'hotel ou à votre résidence, nous pouvons également vous héberger dans notre maison
Merci d'avance pour votre aide!
Petites annonces Humanitaire
Attention, suite à de nombreuses arnaques, nous vous rappellons que vous ne devez en aucun cas envoyer de l'argent à une association avant votre départ. De nombreuses arnaques sont basées sur l'envoi de soit-disants "frais d'inscription" de la part de pseudo associations dont vous n'aurez plus de nouvelles une fois votre argent envoyé. Soyez donc prudents et renseignez-vous bien sur l'association avant de la contacter !

Des cfa pour la Sénélec

La BOAD vole au secours de la Sénélec
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La Sénélec à travers son Plan Takkal vient d’enregistrer un soutien de taille de la part de la BOAD (Banque ouest africaine de développement).
C’est un soutien de taille que vient d’enregistrer la Sénélec. En effet, La Banque ouest africaine de développement (BOAD) vient d’accorder au Sénégal un prêt de 12 milliards de francs CFA pour la location et l’exploitation d’une centrale 50 MW. Mieux, ladite centrale peut être fonctionnelle dans deux mois. C’est ce qu’a déclaré le ministère de l’Energie, M. Karim Wade. « Une centrale constituée de groupes conteneurisés fonctionnant au fuel lourd de puissance unitaire de 1,5 MW, en plus des 50 MW de location », dit-il dans un communiqué.
Le soutien ne s’est pas arrêté là. Pour cause, la BOAD a apporté un gros coup de pouce au plan Takkal qui peine à décoller notamment à cause des problèmes de financements. Il s’agit d’un prêt de 10 milliards de Fcfa à la Sénélec, pour le volet transport-boucle 225 KV du Plan TAKKAL.
Par ailleurs, le communiqué précise que le Sénégal devrait obtenir un financement de 35 milliards de FCFA du Fonds de développement de l’énergie (FDE), un fonds qui a été créé par la Bceao, l’Uemoa et la Bad. Il a pour vocation de soutenir le redressement du secteur de l’énergie des pays membres.
Ainsi, pour renforcer rapidement ses capacités de production électrique, le Sénégal a demandé au fonds une réaffectation de ce financement pour réaliser l’acquisition d’une centrale conteneurisée de 70 MW d’où la nécessité de l’aval du conseil d’administration d’aujourd’hui.
Les 10 milliards qui restent sont accordés au Sénégal dans le cadre du soutien du FDE pour l’année 2011. Ils sont destinés à financer la boucle 225 KV. Pour rappel, le Plan TAKKAL avait bénéficié d’une première enveloppe de 40,5 milliards de FCFA accordé par le conseil d’administration de l’Agence française de développement (AFD) pour la mise à niveau des capacités énergétiques au Sénégal.

24/06/2011

Le Sénégal se calme

Le Sénégal retrouve le calme après l'abandon d'une révision contestée de la Constitution
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Heurts entre policiers anti-émeutes et manifestants près du parlement à Dakar, le 23 juin 2011
Le calme était revenu jeudi soir au Sénégal après l'annonce de la décision du président Abdoulaye Wade d'abandonner son projet controversé de révision constitutionnelle sur un "ticket présidentiel", à huit mois du scrutin, qui a mis son régime face à une violente contestation.
Le retrait du texte a été annoncé aux députés en fin de journée par le ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, après des échanges souvent houleux entre les députés et de longues heures de heurts entre manifestants opposés au projet et forces de l'ordre à travers Dakar.
Le président Wade "a pris en considération vos préoccupations", il "a pris bonne note" de toutes les réactions et "il m'a chargé de retirer ce projet de loi", a déclaré le ministre Sy, suscitant des applaudissements nourris dans l'hémicycle où les parlementaires étaient réunis depuis le matin en séance plénière.
Il avait aussi "reçu des messages de partis et de chefs religieux", a précisé Cheikh Tidiane Sy.
Le projet de loi avait été adopté en Conseil des ministres le 16 juin, à huit mois de l'élection présidentielle de février 2012, à laquelle Abdoulaye Wade, 85 ans, est candidat.
Dans sa version initiale, le texte visait à modifier la Constitution pour permettre aux Sénégalais d'élire simultanément, dès 2012, un président et un vice-président sur la base d'un "ticket" qui, pour l'emporter, pouvait ne recueillir au premier tour que 25% des suffrages exprimés.
Ce minimum de voix pour une victoire au premier au premier tour était parmi les dispositions les plus décriées par les opposants au projet. Jeudi matin, le ministre Sy a annoncé que M. Wade avait décidé d'abandonner cette disposition pour conserver dans le projet la majorité absolue (50% plus une voix) comme minimum pour la victoire au premier tour.
Pour ses détracteurs, à travers cette initiative, Abdoulaye Wade, arrivé au pouvoir en 2000, entendait se faire réélire avec peu de voix pour ensuite céder le fauteuil à son fils et "super" ministre, Karim, 42 ans. Des allégations régulièrement rejetées par son entourage.
Le texte sur le "ticket présidentiel" a mis le régime de M. Wade face à une contestation d'ampleur jamais égalée en onze ans, jusque dans le camp du Parti démocratique sénégalais (PDS), sa formation, et de ses alliés.
Les protestataires se sont fait entendre jusque dans le camp du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir) et de ses alliés. Des députés de la majorité avaient clairement indiqué leur refus de voter pour le texte.
Le calme était revenu jeudi soir au Sénégal après plusieurs manifestations, dont certaines ont été marquées par des violences ces dernières 48 heures.
Les manifestations de jeudi ont fait plusieurs blessés, au moins huit rien qu'aux abords de l'Assemblée nationale, selon le comptage de journalistes de l'AFP. Dans la matinée, l'Agence de presse sénégalaise (APS, officielle) a évoqué dix blessés sur les mêmes lieux, mais il n'était pas pour le moment possible d'obtenir un bilan global de sources autorisées.
Un haut responsable de la police joint par l'AFP a toutefois indiqué qu'aucun mort n'avait été enregistré dans les violences.
Parmi les blessés, figure une des voix de la société civile sénégalaise, Alioune Tine, président de la Rencontre africaine des droits de l'Homme (Raddho), à la pointe de la contestation contre le projet de révision constitutionnelle.
Il se trouvait en compagnie d'un autre militant de la Raddho, Oumar Diallo, et de l'ex-ministre des Affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio lorsqu'il a été attaqué par des présumés hommes de main d'un responsable du parti présidentiel à hauteur de l'Assemblée, d'après la Raddho et le porte-parole de M. Gadio.
Il a été admis inconscient aux urgences dans un hôpital, mais il avait repris conscience jeudi soir et sa vie n'était pas en danger, a dit à l'AFP Iba Sarr, de la Raddho. Selon la même source, Oumar Diallo, blessé, a pu sortir d'hôpital et Cheikh Tidiane Gadio en est sorti indemne.
Dans la journée de jeudi, des manifestants en colère ont pris pour cibles des édifices publics ou symboles du pouvoir, des domiciles de responsables de la majorité présidentielle. Manifestations et interventions de forces de l'ordre ont fait ressembler Dakar par endroits à une ville morte.
La France, les Etats-Unis et l'Union européenne avaient émis des réserves sur le projet de révision, évoquant l'absence de concertation et le court délai entre son adoption par le gouvernement et la présidentielle.
Washington, par son ambassade à Dakar, s'en était déclaré "préoccupé". Paris avait préconisé d'engager "une large concertation".

rtbf

23/06/2011

Dakar gronde

bilan des manifestations à l heure actuelle
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-4 morts annoncés dont une victime chez Farba Senghor
-Alioune Tine blessé et transporté à l'hôpital
-Farba Senghor tabassé se refugie au commissariat du Plateau
-Wade recule sur le quart bloquant, il faut désormais 51% pour passer au premier tour
-La maison et la voiture de Me Babou incendiés
-Les fenêtres de la RTS subissent la furie des manifestants
-Deux véhicules du ministère des Mines incendiés
-Deux véhicules du ministère des Mines, de l’Industrie, de l’Agro-industrie et des PME incendiés
-Thiès : Les avenues Caen et Malick Sy en flamme
-Paris : 31 manifestants arrêtés et gardés à vue sur plainte du Consul général
-Thiès :le domicile de Mbaye Diouf incendié
-L’hôtel Des Députés Saccagé Et Incendié Par Des Manifestants
-Alioune Tine De La Radhho, Grièvement Blessé Et évacué à L’hôpital Principal De Dakar
-Le Concours D'entrée En 6ème Perturbé
-Le Constitutionnaliste Ameth Ndiaye Blessé, Des Bus Et Voitures De L'administrations Saccagés

L'heure est grave au Sénégal

L'heure est grave au Sénégal

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Ce jeudi, le Sénégal renonce à modifier la constitution permettant une vice-présidence, un "ticket Wade père et fils" pour l'élection présidentielle de février 2012.
C'est la rue qui a gagné entend-on à Dakar. Mais, les manifestations enflent partout dans le pays, réclamant désormais la démission du président. Il y aurait 4 morts à Dakar lors de l'incendie de la maison et des voitures de Farba Senghor. Les forces de l'ordre tirant à balles réelles sur les manifestants. Ceux-ci ont également bouté le feu à la RTS, au parlement et autres lieux symboliques de la capitale. En province également, de nombreux manifestants brûlent et pillent les batiments publics. Plusieurs organisations de jeunes réclament la tête du président Wade et attisent à une révolution similaire à ce que l'on a connu en Egypte et dans différents pays arabes dernièrement. Le soulèvement du peuple sénégalais, pourtant réputé "doux et digne" semble désormais lancé.

La rue a gagné

Face aux protestations, le gouvernement sénégalais renonce à sa réforme constitutionnelle
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Le projet de révision de la Constitution que les députés devaient examiner ce 23 juin a suscité la colère au Sénégal, à huit mois de la prochaine élection présidentielle. Selon le texte, un « ticket » président-vice-président pouvait être élu dès le premier tour en ne recueillant que 25% des voix. Après une matinée d'incidents devant l'Assemblée nationale, un amendement gouvernemental a finalement proposé de revenir à la majorité absolue des suffrages pour l’emporter.
Face aux protestations de la rue mais aussi de l’opposition et d’une partie de la société civile, le gouvernement sénégalais a renoncé à l’essentiel de la réforme constitutionnelle.
Ce jeudi 23 juin 2011, près d’un millier de manifestants se sont rendus aux abords de l’Assemblée nationale, à Dakar, pour exprimer leur opposition au projet de réforme. Tous portaient des pancartes exprimant leur rejet du texte et de son instigateur, le président Abdoulaye Wade : « Wade go », « Wade dégage », « Touche pas à ma Constitution ».
Au cours de la matinée, chaque député arrivant à l’Assemblée était hué par les manifestants. Les leaders des principales formations de l’opposition ont suivi, avec à leur tête Ousmane Tanor Dieng (Parti socialiste), Abdoulaye Bathily (Ligue démocratique), Amath Dansokho (Parti pour l’indépendance et le travail) et Moustapha Niasse (Alliance des forces du progrès).
Des leaders religieux et des entrepreneurs les ont rejoints. Le ton est alors monté d’un cran. Les manifestants ont soudainement jeté des pierres sur les policiers. Ceux-ci ont répondu par des jets de bombes lacrymogènes. Il y a eu des affrontements directs entre policiers et manifestants.
Retour à la majorité absolue
L’Assemblée nationale a ensuite été clôturée et n’était plus accessible aux députés ou aux journalistes. A l’intérieur du bâtiment, peu après l’ouverture de la séance consacrée à l’examen du projet de loi, Cheikh Tidiane Sy, ministre de la Justice, annonçait que le président Wade lui avait demandé d’introduire des amendements portant sur les conditions d’éligibilité des tickets lors de l’élection présidentielle.
Le principal de ces amendements porte sur le maintien des dispositions de l’article 33 de l’actuelle Constitution, lequel stipule que « nul n’est élu au premier tour s’il n’a obtenu la majorité des suffrages exprimés », et que « si aucun candidat n’a obtenu la majorité requise, il est procédé à un second tour de scrutin ». Le projet proposant d'abaisser à 25% le seuil requis pour être élu dès le premier tour est donc abandonné.
RFI

Djourou à Ngaparou

JOHAN DJOUROU, D'ARSENAL AU SÉNÉGAL
Sénégal
Le défenseur de l’équipe de Suisse s’est rendu au Sénégal avec l’association qu’il soutient. Un voyage durant lequel il a beaucoup donné et plus encore reçu.
L’énorme valise rose tourne sur le tapis roulant de l’aéroport de Dakar. On ne voit qu’elle. Inutile de chercher, Johan Djourou a compris: c’est un coup de son agent, Costa Bonato. Midépité mi-amusé, il se saisit de l’énorme et voyant bagage, effectivement enregistré à son nom. A l’intérieur, ordinateurs, T-shirts, ballons. Du matériel humanitaire que Djourou et Bonato, respectivement ambassadeur et fondateur de la Fondation suisse Kemi-Malaïka, apportent aux projets qu’ils supportent et financent au Sénégal.
Bavard, débordant d’énergie – et plus encore dès qu’il foule le sol africain -, Costa Bonato est fier de sa blague… et de son jœuur. Pour venir à Dakar, Johan Djourou a sacrifié l’une de ses quatre seules semaines de vacances de l’année. Le footballeur d’Arsenal a laissé sa petite famille à Genève, payé son billet, voyagé en classe éco. Il avait aussi convaincu d’autres jœuurs de l’accompagner: ses coéquipiers Sagna et Diaby, son compatriote Gelson Fernandes. Las, le jour J, les deux premiers ont été rappelés en équipe de France, alors que Gelson vole pour Kiev où l’attend un contrat… qu’il ne signera jamais. Alors Johan est seul. Seul avec sa grosse valise rose. Et son agent qui se marre.
La veille, le Genevois était sur la pelouse de Wembley avec l’équipe de Suisse. Dans un milieu où vous ne portez même pas votre sac de sport, la transition est brutale. Djourou, suivi par une douzaine de journalistes et de caméramans anglais, est d’abord là pour mettre sa notoriété au service d’une noble cause, mais aussi un peu pour se replonger dans la vie réelle. Né à Abidjan, arrivé en Suisse à l’âge de 17 mois, il n’a pas de liens personnels avec le Sénégal. «Ici, c’est calme, on peut travailler sur le long terme», justifie Costa Bonato. Et d’autant mieux lorsqu’on peut compter sur place sur l’appui de Mamadou Mansour Seck, que la petite délégation retrouve au contrôle des passeports. Etonnant personnage que cet ancien chef d’état-major au regard rieur et à l’autorité sereine. Ex-ambassadeur à Washington, il reste pour tout le pays «le général». «Il jouit d’une excellente réputation au Sénégal, confirme Muriel Berset Kohen, ambassadrice de Suisse en poste à Dakar. Sa présence est un gage de probité.» La star, l’agent et le général. L’histoire peut commencer.
GORÉE, LE CHOC
Mais, avant, détour par Gorée. Il n’est plus un visiteur de passage à Dakar qui ne fasse un crochet par cette petite île à vingt minutes de «chaloupe» (en fait un ferry très moderne). Au temps de l’esclavage, sa «captiverie» n’était qu’une parmi des dizaines d’autres sur la côte œust-africaine. Elle est aujourd’hui un symbole. Bill Clinton et Nelson Mandela, notamment, sont venus se recueillir dans cet Auschwitz de la traite négrière. «Cette maison des esclaves, construite en 1776, pouvait accueillir 200 prisonniers, hommes, femmes, enfants, jetés à même le sol dans des cellules exiguës et insalubres, raconte le conservateur, Eloi Coly, d’une voix grave et solennelle. Ils attendaient jusqu’à trois mois le bateau qui les expédiait en Inde, au Brésil ou en Louisiane. Quinze à vingt millions d’Africains ont ainsi été déportés mais, pour un Noir sur un bateau, six ont péri ou ont été faits prisonniers.»
Johan Djourou écoute, encaisse le choc. Dans la «cellule des récalcitrants», il tente d’imaginer l’inimaginable… Profondément marqué, il écrit sur le livre d’or: «Très grand moment dans ma vie de jeune homme. Je suis fier de mon continent.» Plus tard, il avœura être «en colère» contre lui-même. Il savait si peu de l’esclavage… «A mon retour, je vais acheter des livres…»
«LE MONDE QUE NOUS VOULONS POUR DEMAIN»
Mais le voyage ne fait que commencer. Direction Saly, le Saint-Trop’ local, 80 kilomètres plus au sud. Ou plus exactement à Ngaparou, petite commune qui se méfie des dérives du tourisme mais où les gens de Kemi-Malaïka ont été accueillis à bras ouverts. «Je peux citer chaque nom, parce que je les connais personnellement depuis cinq ans, se félicite le maire, Mamadou Mbengue. Cette association, qui agit de façon désintéressée et en totale transparence, a réellement servi Ngaparou.» Devant le conseil communal, les délégués de quartier, les représentantes des associations féminines, Johan Djourou trouve les mots justes. «Pour moi, il est important de montrer que l’Afrique n’est pas si en retard que ça. Il y a ici des compétences et une volonté d’avancer qui n’ont besoin que d’un coup de pouce.» Kemi-Malaïka a équipé la mairie en matériel de bureau, financé des salles de classe et la réparation du toit de l’école, distribué des habits, offert des ballons de foot, soutenu le centre de santé, payé l’éclairage public pour que les touristes se sentent en sécurité.
Costa Bonato veut faire davantage. «Cet homme a un hobby: ouvrir des écoles», ironise le général Seck. Il en a ouvert deux au Zaïre, qui fonctionnent désormais en totale autonomie, et une à Ngaparou, baptisée Kalan. Elle éduque, à l’ombre des manguiers, 200 élèves, dont 190 boursiers. Les standards sont suffisamment élevés pour que les Blancs de la région osent y inscrire leurs enfants. «Réunir enfants de pêcheurs et enfants d’Européens, c’est le monde dont nous voulons pour demain», lance le général.
Afin que tous soient scolarisés, Costa Bonato rêve d’une nouvelle école, plus grande, capable d’accueillir 900 enfants, riches et pauvres mélangés. Après sept ans de lutte, il a obtenu un terrain de 10 hectares pour bâtir son utopie. Pour financer son grand projet, ce drôle d’agent, qui déclare ne pas aimer le football, a repris son métier d’intermédiaire et jongle au téléphone entre Gênes, Servette, Londres et sa famille, restée à Montreux.
«JE REVIENDRAI»
Johan Djourou l’observe, amusé, admiratif, confiant. Prêt à se trimballer d’autres valises roses s’il le faut. «Venir ici m’apporte énormément. J’y prends beaucoup de bonnes énergies.» Il n’oubliera pas les élèves de l’école ménagère, qui confectionnent des gâteaux et apprennent la couture sur de vieilles Singer à pédale, ni les pêcheuses d’huîtres de la lagune de Somone, qui marchent chaque soir une heure à travers eaux et forêt mais qui ont encore la force de danser avec lui sur la rive. Il n’oubliera pas les permanents de l’association sur place. La gentillesse de Binta, la jeune enseignante, le sourire d’Alle, l’ancien gestionnaire de stocks chez Rolex, les proverbes improbables de Lamine («Celui qui épouse une vieille femme doit aller chercher du bois pour se réchauffer l’hiver»), les souvenirs de Jean, l’ancien pro, l’efficacité discrète d’El-Hadj. A tous, il a dit: «Je reviendrai bientôt.» Partout, il a promis: «Vous me verrez souvent.» A nous, Européens, Blancs, Suisses, il demande «que les gens fassent des dons, mais aussi qu’ils prennent conscience que l’Afrique est un continent qui peut leur apporter beaucoup».
Participer: Fondation Kemi-Malaïka, pl. d’Armes 19, 1227 Carouge, tél.             078 909 65 36      , IBAN: CH72 0900 0000 1266 1411 4 info@kemimalaika.com, www.kemimalaika.com
Laurent Favre

22/06/2011

Pas d'ingérence au Sénégal...

Les Etats Unis pas d'accord pour le vote de la loi sur la vice-présidence
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Les Etats-Unis sont constants sur leurs positions de principe. Et ce n’est pas Marcia Bernicat son ambassadeur au Sénégal qui dira le contraire. Elle a en effet tenu à le faire savoir au journal "EnQête" dans son édition du mercredi, en des termes très clairs : "je dis ce que dit le peuple". Si la France est soupçonnée de vouloir donner un coup de pouce au projet de Me Wade à qui l’on prête l’intention de vouloir se faire succéder par son fils, ce même soupçon ne pèse sur les Etats-Unis.
Le pays de l’oncle Sam semble être plus sur une ligne constante qui est de défendre des principes de démocratie. Son ambassadeur au Sénégal, Marcia Bernicat qui a eu dans un passé très récent, des relations heurtées avec le Président Wade, avec notamment ses coups de gueule sur des questions de bonne gouvernance, n’est donc pas restée muette, fidèle à sa ligne de conduite, surtout lorsqu’il s’agit de s’opposer au ticket président-vice président que Me Wade veut faire voter et qui est assimilé par l’opposition et la société civile au Sénégal à une forfaiture. Un "ticket à l’américaine" comme pour comparer et qui n’agrée pas du tout les Etats-Unis, puisque ne reposant ni sur les mêmes fondements que le ticket véritable, encore moins que sur les mêmes principes de démocratie, si on en croit les termes de Mme Bernicat : "ce qui émane du peuple". Un soupçon vis-à-vis de la France tellement grand que Macky Sall, le président de l’Alliance pour la République (Apr), avait appelé, lundi dernier, en marge d’une tournée à Mbour, les autorités françaises à garder la neutralité dans les affaires intérieures du Sénégal et à se mettre du côté de la République et du peuple sénégalais plutôt que de soutenir un clan.

4ème opérateur téléphone au Sénégal

Téléphonie : Bientôt un quatrième opérateur au Sénégal
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Le gouvernement sénégalais se prépare à ouvrir le marché à un quatrième opérateur téléphonique. Le dossier d'appel d'offres sera lancé sous peu et c'est toujours des conseillers spéciaux de Wade qui devrait s'occuper du dossier. Les trois précédents opérateurs en sont déjà informés et ne craignent pas une nouvelle conférence. On ignore pour le moment quel sera le niveau d'implication de l'Agence de régulation des télécoms et postes

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Le port de St Louis réhabilité

Le port de Saint-Louis bientôt réhabilité
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Le port de Saint-Louis sera bientôt réhabilité. Ce, grâce à un projet financé par l’Agence française de développement (Afd) et qui touche également les domaines du tourisme et de la pêche.
Quatre milliards de francs Cfa ! C’est la somme que va injecter l’Agence française de développement (Afd) à Saint-Louis. Cet investissement concerne, outre la réhabilitation du port de Saint-Louis, le tourisme et la pêche. L’information est donnée par le ministre de l’Economie maritime. Khoureychi Thiam rencontrait, hier, le président de la chambre de commerce de Saint-Louis. Le problème est donc réglé, dit le ministre. ‘Quelques difficultés ont failli opposer l’Agence nationale des affaires maritimes (Anam) qui relève du ministère de l’Economie maritime et la Chambre de commerce. Nous avons trouvé une solution’, selon Khoureychi Thiam. A en croire ce dernier, d’ici la fin du mois, tout va rentrer dans l’ordre. Les opérations de déguerpissement et les suspensions de contrats seront effectuées afin de permettre le démarrage des travaux.
La gestion du port de Saint-Louis est un combat longtemps mené par le bureau de la Chambre de commerce. Un contrat de concession a lié le ministère chargé de l’Equipement et la Chambre de commerce, pendant 20 ans (de 1981 à 2001). ‘Depuis l’expiration du contrat de concession, pour la gestion du port de Saint-Louis, le renouvellement ne s’est pas effectué entre la Chambre de commerce et l’Anam, structure héritière des ports secondaires, dont celui de Saint-Louis’ explique Moussa Ndiaye, secrétaire général de la Chambre de commerce.
Khoureychi Thiam a profité de sa visite pour rencontrer les acteurs de la pêche. Professionnels de la pêche, femmes transformatrices et mareyeurs ont répondu présents. Les difficultés liées aux licences de pêche ont été au cœur des discussions. ‘Les difficultés qu’ils ont eues dans le passé avec les licences se sont aplanies dans le temps’, dixit le ministre de l’Economie maritime. Selon qui, les dernières seront résolues définitivement. L’arraisonnement de neuf pirogues saint-louisiennes, en début de ce mois de juin, en fait partie. Cependant, Khoureychi Thiam a tenu à préciser que ce n’est que par des démarches que le Sénégal parviendra à les récupérer. ‘La Mauritanie est un pays souverain. Elle a ses lois et règlements. Si elle décide qu’une pirogue arraisonnée tombe dans le patrimoine du pays, on n’y peut rien. Cela appartient à l’Etat mauritanien qui peut les restituer comme il peut les vendre. Mais, il s’agit de Sénégalais. Par amitié, ils laissent les pirogues de côté, c’est à nous d’effectuer des démarches pour pouvoir les récupérer’, souligne-t-il. Cependant, Khoureychi Thiam sollicite une grande tolérance, da la part de la Mauritanie, devant certaines fautes commises. Cette question sera, d’ailleurs, prochainement, au menu d’une discussion avec l’Etat mauritanien. Une forte délégation de Saint-Louis partira pour Nouackchott, souligne le ministre. Celle-ci soumettra des sollicitations au gouvernement mauritanien. L’approfondissement du protocole a sa place dans la liste les requêtes. Il devra donner plus de liberté aux pêcheurs. Qui pourront ainsi pêcher plusieurs variétés de poissons. ‘Les Sénégalais veulent pouvoir, en plus du débarquement des 15 %, revenir à Saint-Louis avec du poisson noble qu’ils peuvent commercialiser’.
Ce protocole qui lie les pêcheurs sénégalais et le gouvernement de la Mauritanie arrive à terme en fin juin, après trois mois de pêche accordée. La délégation ministérielle qui se rendra en Mauritanie, se chargera de négocier la reconduite du protocole. Une augmentation de l’effectif des licences de pêche accordées qui est de 300 sera, également, demandée. ‘Si nous obtenons cela du gouvernement mauritanien, les relations seront plus agréables entre les pêcheurs sénégalais et mauritaniens’, a déclaré le ministre.
Aïda Coumba DIOP

18/06/2011

Viols et engrossements en Casamance

A Ziguinchor les militaires oublient les armes et engrossent les filles
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 La situation de conflit qui prévaut dans la région sud cause des dommages collatéraux à l’endroit des jeunes filles. En classe de Cm1 ou Cm2, plusieurs jeunes filles à la porte de la puberté sont souvent victimes de grossesses non désirées causées par nos vaillants et solides « Diambar ».
Outre les abus sexuels, la maltraitance des enfants, la mendicité, les enfants restent de plus en plus vulnérables dans un contexte caractérisé par des conditions de vie difficiles particulièrement chez les jeunes filles de la région du sud.
La présence des militaires est un facteur d’augmentation du taux de natalité à Ziguinchor avec des grossesses non désirées causée par la fréquentation des cantonnements militaires. Selon Moussa Diallo coordonnateur de Child Fund dans la zone sud, des stratégies et des solutions sont en train d’être mises en place pour éradiquer ce fléau qui inquiète les parents de cette localité. Toutefois, ils entendent saisir les autorités militaires pour trouver solution à ce mal.