31/01/2012

Manif à Dakar ce mardi

Manifestations d'ampleur à Dakar contre Wade

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Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées mardi à Dakar pour contester la candidature du chef de l'État Abdoulaye Wade à la présidentielle de février, faisant craindre des dérapages après des violences qui ont déjà fait trois morts en trois jours, ont constaté des journalistes de l'Agence France-Presse. Ce rassemblement de l'opposition et de la société civile, regroupées au sein du Mouvement du 23 juin (M23), a été autorisé à la dernière minute par les autorités, celles-ci affirmant que ses organisateurs n'avaient déposé que tardivement la déclaration de manifestation exigée par la loi.

Le M23 a appelé à cette manifestation pour exiger le retrait de la candidature d'Abdoulaye Wade, 85 ans, dont 12 au pouvoir, candidature dont la validité a été confirmée dimanche par le Conseil constitutionnel. Les opposants réunis sur la place de l'Obélisque, grande esplanade de Dakar, portaient diverses banderoles sur lesquelles on pouvait lire : "La Constitution n'est pas un brouillon", "Wade dégage", ou encore, en référence aux cinq "sages" du Conseil constitutionnel : "Cinq singes + un babouin = un pays en feu".

"Coup d'État constitutionnel"

À environ 300 mètres de la place, quelque 150 policiers antiémeute, quatre véhicules de police, dont un blindé, ainsi qu'un camion surmonté d'un canon à eau, surveillent la place où l'ambiance reste détendue. Ni estrade, ni musique pour ce rassemblement : "Aujourd'hui, ce n'est pas la fête, c'est le combat", a affirmé un des manifestants. Plusieurs leaders du M23, dont Macky Sall et Moustapha Niasse, ex-Premiers ministres du président Wade devenus opposants et candidats à la présidentielle, sont là.

Ce rassemblement se tient après des violences qui ont éclaté le 27 janvier à Dakar et dans d'autres villes à l'annonce de la validation de la candidature Wade. Un policier avait été tué, plusieurs personnes blessées, des bâtiments incendiés. Lundi, deux personnes ont été tuées et plusieurs blessées lors d'une marche du M23 à Podor (nord). Pour le M23, la candidature de Wade est un "coup d'État constitutionnel", arguant qu'il a épuisé ses deux mandats légaux (élection en 2000, réélection en 2007), ce que récusent ses partisans, selon qui il est en droit de se représenter après des modifications de la Constitution.

La candidature de Youssou N'Dour rejetée

Cette formule de "coup d'État constitutionnel" a également été utilisée mardi par le célèbre chanteur Youssou N'Dour, dont la candidature a été rejetée par le Conseil constitutionnel : il a appelé "à manifester dans la paix" contre ce "coup d'État" et a réclamé la démission du Conseil. "Il y aura des initiatives qui vont bloquer le pays", a-t-il dit sans toutefois dire lesquelles, ajoutant : "Nous avons une stratégie autour du refus du coup d'État civil qu'on ne voit pas, mais qu'on vit". Les violences du 27 janvier à Dakar ont été suivies par des dizaines d'arrestations, selon le M23.

Alioune Tine, coordonnateur du mouvement et figure respectée au Sénégal ainsi qu'en Afrique de l'Ouest pour son action en faveur de la défense des droits de l'homme, a été libéré lundi soir après plus de 48 heures de garde à vue pendant laquelle il a été interrogé sur son rôle présumé dans ces violences. Aucune charge n'a finalement été retenue contre lui.

La candidature du chef de l'État n'est pas seulement contestée par ses opposants, les États-Unis l'ayant invité à "laisser la place à la prochaine génération". L'Union européenne a "condamné dans les termes les plus forts tous les actes de violence" et appelé "toutes les parties à faire preuve de retenue et à opter pour le dialogue, dans l'intérêt de la tenue d'élections pacifiques, libres et équitables".

Emmanuel Derville/LePoint

Le Sénégal n'est pas l'Egypte

Au Sénégal, une opposition hétéroclite cherche à mobiliser contre M. Wade

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Le Mouvement du 23-juin (le M23) est-il mort? Créé dans l'objectif d'empêcher le président Abdoulaye Wade (86 ans officiellement, au pouvoir depuis 2000) de se présenter au scrutin du 26 février pour un troisième mandat, le M23 devait rassembler ses troupes, mardi 31 janvier, à Dakar, quatre jours après un précédent meeting sèchement dispersé par les forces de sécurité.

Depuis, le Conseil constitutionnel a brisé les derniers espoirs de l'opposition. Elle ne dispose plus d'aucun recours légal pour contester la validité de la candidature de M. Wade, mise en doute par de nombreux juristes. Reste la rue. Mais large et divisé, le front contestataire cherche une stratégie pour contrer un président vieillissant mais toujours expert en chausse-trape, à tel point que certains n'hésitent plus à enterrer le M23, y compris en son sein.

"TAHRIR SÉNÉGALAIS"

A ce titre, la manifestation de mardi à Dakar devait être un test. Dans une ville de plus d'un million d'habitants qui lui est politiquement acquise, le M23 n'avait réuni, vendredi, que quelque milliers de manifestants. Insuffisant pour faire reculer un président au cuir durci par vingt-six années d'opposition. D'autant que les rodomontades des chefs du M23, qui, sur l'estrade, promettaient de transformer la place de l'Obélisque en "Tahrir sénégalais", en référence au foyer de la contestation égyptienne, s'évanouirent d'un seul tir de gaz lacrymogène de la police. En moins d'une demi-heure et quelques jets de pierre, la place avait été "nettoyée".

Le M23 va-t-il parvenir à mobiliser ? Cheikh Bamba Dieye (47 ans) n'est guère optimiste. Le benjamin des candidats à la présidentielle, maire de Saint-Louis et membre du M23 ne cache plus son exaspération. "Le M23 est divisé entre les partisans d'une confrontation directe avec le pouvoir, dont je fais partie, et ceux qui ne défendent que leurs propres intérêts, se voient déjà présidents ou bien sont prêts à virer de bord à la première occasion, s'insurge-t-il. Notre génération à des comptes à régler avec tous ceux qui se sont payés notre tête depuis l'indépendance." Y compris donc, sans les nommer, avec des membres influents du M23 tels que les anciens ministres de M. Wade (Idrissa Seck, Macky Sall, Cheikh Tidiane Gadio…) passés dans l'opposition après leur disgrâce présidentielle.

C'est vrai aussi vis-à-vis des "mammouths" Ousmane Tanor Dieng et Moustapha Niasse, qui se disputent l'héritage socialiste de Léopold Sédar-Senghor, le père de l'indépendance sénégalaise, au pouvoir de 1960 à 1980.

LE POUVOIR SE FROTTE LES MAINS

La composante politique du M23 est donc écartelée entre, d'une part, les transfuges dont la fidélité pose question – au-delà de leurs ressentiments partagés envers Abdoulaye Wade, l'homme qui les a faits avant de les rejeter – et, d'autre part, les opposants idéologiques au président libéral qui s'entre-tuent. Entre les deux : les jeunes et la société civile, plus radicaux mais inorganisés.

"La position des membres politiques du M23 relève de la schizophrénie", regrette Cheikh Bamba Dieye. Alliés au sein du M23, beaucoup seront concurrents, parfois ennemis déjà, dès que la campagne sera officiellement lancée, le 5 février. "Le M23 ne participe pas à la campagne électorale, son but est d'empêcher la candidature de Wade", défend le socialiste Moustapha Niasse (72 ans). "Les politiques traditionnels torpillent le M23 en le noyant dans des discussions sans fin, stériles en terme de mobilisation", confie un membre important du mouvement.

En face, le pouvoir se frotte les mains malgré un front social agité et une conjonction d'insatisfactions individuelles qui irrigue un fleuve anti-Wade. "Treize candidats contre Wade, cela facilite le travail ", savoure le porte-parole de la présidence, Souleymane Ndéné Ndiaye, qui feint de s'étonner "de ne pas voir les leaders à la pointe du combat dans la rue mais d'y envoyer les enfants d'autrui affronter les forces de l'ordre ".

Retranché derrière la décision du Conseil constitutionnel, il avertit que le pouvoir ne tolèrera pas de dérapages "insurrectionnels". Le coordonateur du M23, Alioune Tine, n'est pas un révolutionnaire. Pourtant, il a passé deux jours à la direction des investigations criminelles (DIC), convoqué comme témoin dans la mort d'un policier en marge du meeting du 27 janvier. Les autres organisateurs savent que la colère d'Abdoulaye Wade pourra s'abattre sur eux. Oseront-ils ?

Christophe Châtelot/Le Monde

30/01/2012

"Paris doit dire à Abdoulaye Wade de partir"

Sénégal-opposition : "Paris doit dire à Abdoulaye Wade de partir"

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Fadel Barro, coordinateur du mouvement sénégalais Y'en a marre, lance un cri d'alarme contre un président qui veut "embraser le pays".

La décision d'Abdoulaye Wade de briguer un troisième mandat présidentiel, contraire à la Constitution, a provoqué la colère des Sénégalais.

La décision d'Abdoulaye Wade de briguer un troisième mandat présidentiel, contraire à la Constitution, a provoqué la colère des Sénégalais. Le Sénégal est-il la nouvelle Côte d'Ivoire ? Trois jours après l'annonce de la validation de la candidature d'Abdoulaye Wade à la prochaine présidentielle, deux opposants ont été tués à Podor (nord), lors de manifestations. Convaincus que le chef de l'État sénégalais a provoqué un "coup d'État constitutionnel", les partis d'opposition et organisations de la société civile, réunis au sein du Mouvement du 23 juin (M23), ont décidé d'entrer en "résistance active". Un grand rassemblement est prévu mardi à Dakar. Coordinateur du mouvement apolitique Y'en a marre, qui a favorisé la création du M23, Fadel Barro lance au Point.fr un véritable cri d'alarme pour que son pays ne s'embrase pas.

Le collectif Y'en a marre va-t-il participer aux manifestations de l'opposition annoncées pour mardi ?

Fadel Barro : Bien sûr. Le M23, c'est avant tout Y'en a marre. C'est pourquoi nous appelons à ce rassemblement pacifique. Mais ce n'est qu'un début. Nous ne nous arrêterons pas là. Y'en a marre est en train de travailler à créer les conditions de grandes manifestations non violentes dans les jours à venir. Nous continuons dans cette logique de citoyenneté active, pour que le passage en force d'Abdoulaye Wade et de ses juges ne se fasse pas.

Justement, certains membres du M23 ont tout de même vu leur candidature à la présidentielle validée...

Nous étions tous membres du M23 avant que ces candidatures ne soient validées. Le combat que nous menons ne sert aucun parti politique ou homme. Nous nous battons pour des principes, pour notre démocratie, pour que la loi soit respectée. Nous ne sommes pas opposés personnellement à Abdoulaye Wade. Nous appelons tout le peuple sénégalais à venir manifester pour le respect de la Constitution. Au moment où je vous parle, on me signale qu'un autre jeune qui manifestait dans la ville de Podor est décédé. C'est le deuxième depuis ce matin. Il y a trois autres blessés. Parce que les manifestations ne se passent pas qu'à Dakar, mais dans tout le pays. En face, les policiers tirent à bout portant.

Ne craignez-vous pas, en appelant à un rassemblement mardi, une répression féroce ?

Nous essayons de l'éviter à tout prix. Dans le troisième couplet de notre hymne national, il est écrit : "La mort, oui, la mort, mais pas la honte". Aujourd'hui, Abdoulaye Wade veut nous imposer la honte, mais nous ne l'accepterons pas. Nous l'avons dit il y a un an : s'il faut prendre une balle, nous la prendrons pour notre pays. Mais nous n'en tirerons pas, pour notre justice, notre démocratie. Évidemment, nous ne demandons pas aux gens de se faire tuer, mais ce n'est pas parce qu'ils tirent sur nous que nous reculerons. Nous sommes déterminés à vivre dans un pays résolu à changer. Et non pas dans un État où des politiciens jouent avec la loi à tout moment pour nous imposer leurs désirs.

Un changement de la Constitution de 2001 prévoit qu'un président ne peut remplir que deux mandats. Le camp du président Wade, élu en 2000 et 2007, estime qu'il n'a rempli qu'un seul mandat depuis ce changement...

C'est une blague ! C'est nous qui avons élu Wade en 2000, quand il nous faisait rêver. C'est nous qui l'avons réélu en 2007. Combien cela fait-il ? Deux mandats. Et quand on l'a porté au pouvoir il y a douze ans, notre conviction était qu'il devait apporter ce changement à la Constitution, de sorte que plus personne ne puisse rester indéfiniment au pouvoir, pour que notre démocratie respire. En jouant ainsi avec la loi, il trahit les raisons pour lesquelles il a été élu. D'autant qu'après sa seconde victoire en 2007, il avait lui-même annoncé qu'il ne pourrait plus se représenter. Or il s'est permis de revenir sur ses propos, affirmant que "la promesse n'engage que ceux qui y croient". Comment peut-on ainsi manquer de respect à son peuple ?

Pensez-vous que Wade pousse son pays vers le chaos ?

C'est ce qu'il cherche. Ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire est un bel exemple : le Conseil constitutionnel a proclamé la victoire de Laurent Gbagbo, menant les Ivoiriens à se soulever. C'est exactement la même chose. Wade fait subir aujourd'hui à son peuple ce qu'il avait pourtant condamné en Côte d'Ivoire. Les membres du Conseil constitutionnel, qu'il a lui-même nommés, n'ont jamais inspiré la confiance du peuple et ont, à l'inverse, beaucoup participé à fragiliser notre appareil judiciaire.

Un autre candidat a évoqué un sentiment de "honte". Il s'agit du chanteur Youssou N'Dour, dont la candidature a été rejetée par le Conseil constitutionnel.

Nous n'avons que du mépris et du dégoût pour ce Conseil qui n'est que politicien. Il invalide la candidature de Youssou N'Dour en la jugeant contraire à la loi, alors qu'il accepte celle de Wade, pourtant beaucoup plus sujette à caution. Dans quel pays veulent-ils nous faire vivre ? Nous ne sommes pas chez Mobutu. Nous ne sommes ni en 1960 ni en 1972. Où, dans le monde, voit-on un homme de 86 ans briguer un troisième mandat ? On nous prend pour des Africains des Républiques bananières à qui on veut faire tout "gober". Mais détrompez-vous, nous avons déjà prouvé notre maturité.

Comment jugez-vous la réaction de la France, qui s'est contentée de regretter que "toutes les sensibilités politiques ne puissent être représentées" à la présidentielle ?

Au lieu de jouer les sapeurs-pompiers, on peut travailler à prévenir l'incendie. Il est contradictoire de demander au Sénégal de respecter toutes les pluralités au moment où est exclue de fait la candidature de Youssou N'Dour. La France doit prendre ses responsabilités en disant à Abdoulaye Wade de partir. Elle l'a fait en Côte d'Ivoire avec Gbagbo, en Libye avec Kadhafi et, qu'on le veuille ou non, elle influence notre pays. Pourquoi est-elle si mesurée dans le cas du Sénégal ?

Le Point

Deux morts à Podor

Deux personnes tuées lors d'une manifestation anti-Wade

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Des heurts ont opposé la police aux détracteurs d'une candidature du président sortant à la présidentielle de février à Podor.

Deux personnes ont été tuées lundi 30 janvier à Podor, dans la région de Saint-Louis, dans le nord du Sénégal, et cinq blessés, dans des violences lors d'une manifestation contre la candidature du président Abdoulaye Wade à la présidentielle de février, a-t-on appris de sources concordantes.

Des échauffourées ont opposé des partisans du Mouvement du 23 juin (M23, opposition politique et société civile) qui protestaient contre la candidature d'Abdoulaye Wade et des forces de l'ordre intervenues pour les disperser, faisant sept blessés, dont deux sont décédés à l'hôpital, ont indiqué des témoins, une source policière et une source hospitalière joints depuis la ville de Saint-Louis.

Les morts sont un manifestant de 17 ans, et une sexagénaire qui est tombée sur la manifestation alors qu'elle "revenait du marché", a affirmé un des témoins. Leurs identités ont été confirmée par une source policière, qui a indiqué que le jeune manifestant décédé "a été atteint au thorax", sans préciser la nature du projectile. Il est décédé à l'hôpital de Ndioum (environ 40 km à l'est de Podor), où il avait été évacué. La sexagénaire, elle, "faisait partie des blessés évacués au district sanitaire (petit hôpital) de Podor. Elle (y) a rendu l'âme", a précisé le policier, faisant état de cinq blessés toujours admis à l'hôpital.

Les deux décès et cinq blessés ont également été confirmés par une source hospitalière, selon laquelle "les blessés sont sous contrôle médical".

Une troisième candidature 

Aucune des sources n'a précisé la nature des blessures des victimes.

Le Mouvement du 23 juin a par ailleurs appelé "à un rassemblement pacifique" mardi 31 janvier à Dakar contre la candidature d'Abdoulaye Wade. "Le M23 appelle tous les citoyens à prendre part au rassemblement pacifique qu'il organise à la Place de l'Obélisque pour exiger le retrait de la candidature de Wade", indique un communiqué transmis lundi et signé du secrétariat permanent du mouvement. Il précise que la manifestation aura lieu à partir de 15h (locales et GMT).

Cet appel est lancé au lendemain de la confirmation par le Conseil constitutionnel de la candidature du président Wade, 85 ans, au pouvoir depuis douze ans et qui se présente pour la troisième fois.

Pas de bilan

Le M23 a appelé à la "résistance active" contre cette candidature, qu'il qualifie de "coup d'Etat constitutionnel".

La manifestation de mardi est prévue sur la place d'où était partie le soir du 27 janvier une vague de violences qui avait suivi l'annonce par le Conseil constitutionnel de la validation de la candidature de Abdoulaye Wade et de l'invalidation de celle du chanteur vedette Youssou Ndour.

Un policier a été tué et plusieurs personnes blessées au cours de ces violences marquées par des émeutes à Dakar et dans d'autres villes du pays. Aucun bilan précis n'était pour l'heure disponible.

Après avoir examiné plusieurs recours d'opposants, le Conseil constitutionnel a confirmé sa validation de la candidature du président sortant et l'invalidation de celle de Youssou Ndour.

AFP

29/01/2012

Aucune victoire pour les lions de la téranga

Le Sénégal encore battu

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Déjà éliminé de la compétition, le Sénégal a subi une troisième défaite de rang en chutant face à la Libye (2-1) ce dimanche lors du dernier match du premier tour de la CAN 2012.

Le Sénégal n’y était décidément pas. En s’inclinant pour la troisième fois  dans cette CAN 2012 face à la Libye (2-1), les Lions de la Teranga achèvent de la pire des manières leur parcours. Dimanche, dans un stade quasi-vide, le match à enjeu n’était certainement pas du côté de Bata. Pourtant, les rares spectateurs ont eu droit à une mise en bouche rapide. Après cinq minutes de jeu à peine, Al Boussifi poignardait des Sénégalais, qui voyaient leur calvaire dans cette compétition se poursuivre. Profitant d’un service d’Ahmed Osman, le remplaçant d’El Kathroushi, blessé à la cuisse, mettait en lumière tout le laxisme de la défense des Lions (5e, 1-0). Des félins loin d’être abattus. Quelques minutes à peine suffisaient pour que Démé N’Diaye, d’une tête rageuse, ne remettent les siens dans le sens de la marche (11e, 1-1).

Les minutes filant, les coéquipiers de Mamadou Niang perdaient peu à peu leur football. Les quelques tentatives d’attaques placées étant vaines, les Lions s’enfonçaient dans le doute. Papiss Cissé ratait ainsi son lob (71e) alors que Moussa Sow annihilait une occasion par manque d’application (80e). La défense sénégalaise brillait quant à elle par son absence. Déjà mise à mal par El Sherif (66e) et Zuway (67e), elle craquait sur une remise de ce dernier pour un Al Boussifi qui s’offrait le doublé (84e, 2-1). Une victoire insuffisante pour les Chevaliers de la Méditerranée qui sortent toutefois de cette CAN avec honneur. Impeccable en éliminatoires, le Sénégal ne respirait décidément pas la sérénité malgré la présence indéniable de talents. Avec trois défaites en autant de matches, c’est une véritable claque pour les hommes d’Amara Traoré.

L'autre match du groupe :

Ne pas affronter la Côte d’Ivoire en quarts, tel était sans doute les ambitions de la Guinée Equatoriale et de la Zambie. Glaner la première place était donc l’objectif pour le pays hôte, déjà qualifié avant le coup d’envoi, et les Chilopolos, qui n’avaient besoin que d’un seul point. Très longtemps dos à dos, les deux formations ont finalement été départagées par Christopher Katongo (67e). Comme en 2010, les hommes d’Hervé Renard seront au rendez-vous des quarts en terminant en tête de ce groupe A grâce à ce court succès (1-0).

Philippe Givelet

L'union européenne réagit

L'Union européenne appelle à clarifier les règles électorales au Sénégal

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Une mission de l'Union européenne chargée d'observer les élections au Sénégal a demandé dimanche à la plus haute instance juridique du pays d'expliquer pourquoi elle avait accepté certaines candidatures à la présidentielle et en avait rejeté d'autres. Le Conseil constitutionnel a validé vendredi la candidature du président Abdoulaye Wade, 85 ans, et de 13 rivaux pour le vote du 26 février, mais a refusé celle de Youssou N'Dour, vedette internationale de la chanson, au motif qu'il n'avait pas réuni les 10.000 signatures de soutien requises. Cette décision a déclenché de violentes émeutes dans la nuit de vendredi à samedi et un policier a succombé à des blessures à la tête.

Le pays «ingouvernable»?

Thijs Berman, le chef de la mission d'observation des élections de l'UE, a appelé le Conseil, qui se réunit dimanche pour entendre les recours en appel, à rendre publiques les raisons de ses décisions, tant pour les candidatures validées que pour celles qui ont été refusées. «Un candidat comme Youssou N'Dour, dont la candidature refusée avait pourtant été soutenue par des milliers de signatures, devrait avoir accès aux dossiers afin de pouvoir examiner de près pourquoi elle a été rejetée, c'est important», a déclaré Thijs Berman au micro de RFI. «Je pense que non seulement chaque candidat mais aussi chaque citoyen sénégalais a le droit de savoir, a t-il ajouté. C'est seulement en comprenant les raisons qui ont motivé la décision du Conseil constitutionnel que celle-ci pourra être acceptée.» La décision finale du Conseil constitutionnel est attendue d'ici quelques jours.

L'opposition a menacé samedi de rendre le pays «ingouvernable» si Wade persistait dans sa volonté de briguer un troisième mandat en février. Elle ne lui reconnaît pas le droit de se représenter en vertu de la Constitution, qui interdit d'effectuer plus de deux mandats présidentiels consécutifs.  

«Abdoulaye Wade a déclaré la guerre au peuple», a déclaré samedi Amath Dansakho, membre du Parti de l'Indépendance et du travail (PIT) et du M23, un front d'opposants au chef de l'Etat. «La décision que nous venons de prendre prouvera à Wade que nous sommes dans un pays où les gens sont libres. Nous allons rendre ce pays ingouvernable», a-t-il ajouté.

Ambiance toujours tendue

Après les violentes émeutes de vendredi, le calme est revenu durant le week-end dans la capitale sénégalaise, mais la sécurité a été renforcée autour du palais présidentiel. Armés de grenades lacrymogènes, des policiers en tenue anti-émeutes patrouillaient à bord de camions dans la capitale.

Youssou N'Dour a accusé les autorités sénégalaises d'utiliser les forces de sécurité pour intimider la population après que la police l'a bousculé et interdit ses spectacles alors qu'il tentait de rendre visite samedi au défenseur des droits de l'homme et adversaire déclaré de Wade, Alioune Tine. «Nous sommes de plus en plus dans un état policier. Ils placent même les téléphones sur écoute», a déclaré Youssou N'Dour lors d'une conférence de presse samedi. «Ma réponse sera politique, même si les menaces sont physiques, comme c'est le cas aujourd'hui.» Le M23 a estimé samedi dans un communiqué que la décision du Conseil était un putsch constitutionnel, et le prélude à ce qui sera un «putsch électoral».

Agé de 85 ans, Abdoulaye Wade, arrivé au pouvoir en 2000 puis réélu en 2007, répond à l'opposition que son premier mandat ne compte pas, car il a été entamé avant l'introduction de cet amendement constitutionnel, en 2001. Epargné par les coups d'Etat depuis la fin de l'ère coloniale, le Sénégal s'avance vers l'élection présidentielle dans un climat de plus en plus tendu. Ses détracteurs reprochent à Abdoulaye Wade, opposant pendant 26 ans, de ne pas avoir suffisamment lutté contre la pauvreté et la corruption au cours de ses 12 années au pouvoir. Le camp présidentiel met en revanche en avant les dépenses dans l'éducation et dans les infrastructures engagées sous Abdoulaye Wade comme le signe de sa volonté de modernisation du pays.

Reuters

Mbour: retour au calme

APRES LA VALIDATION DE LA CANDIDATURE DE WADE

Folle nuit à Mbour

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Une contestation musclée a fait suite à la validation de la candidature de Maître Abdoulaye Wade, à Mbour. Tout est parti aux environs de 21 heures 30. Des manifestants ont pris d’assaut la nationale, au niveau du point débutant l’avenue Demba Diop, la rocade menant vers Kaolack.

Plusieurs brasiers sont alors allumés le long de la route.  En face des stations locales Dounya et Sud FM, les contestataires brûlent des pneus, avant l’arrivée des forces  de l’ordre. Les premiers pick up de la police, arrivés sur les lieux, ont été vite submergés.

Des jeunes ont profité alors de l’obscurité pour frapper et disparaître. Ils se terraient alors dans les ruelles pour revenir quelques instants après. Des renforts de police ont provoqué des courses-poursuites. Des jets et détonations de lacrymogènes lancés par les forces de l’ordre ont provoqué des éternuements chez les manifestants. Les flammes visibles, à plusieurs centaines de mètres, dénotent de l’intensité du feu.

Les automobilistes très passifs au début des manifestations crient leur ras le bol pour contester les réactions des jeunes. Certains ont essuyé des jets de pierre et des bris de pare-brise. L’intervention des forces de l’ordre a pu rétablir la circulation aux environs de 23 heures. La fluidité du trafic est retrouvée vers 23 heures30.

Ce dimanche, ne subsistent que les traces de ces manifestations, le calme semble revenu et les forces de l'ordre se font distraites. Sur la station de Saly règne un grand calme. Peu de monde, les Dakarois ne sont pas monté en week-end dans la station et les toubabs sont rares à déambuler dans les rues de Saly.

Samba Niébé BA/BR/sudonline

28/01/2012

Coup de gueule d'Allain Jules

Abdoulaye Wade ou l’archétype de l’inconsistance africaine

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C’est simplement scandaleux ! Abdoulaye Wade, le président sénégalais sortant, va donc concourir, le 26 février prochain, à 85 ans déclaré, à l’élection présidentielle. Au delà du fait qu’une loi ne serait rétroactive, la question de l’âge du “Pape du Sopi” se pose avec acuité. Ne peut-il pas s’inspirer de Léopold Sédar Senghor ? Ce dernier, premier président sénégalais (1960-1980), avait volontairement quitter ses fonctions, à 74 ans, simplement pour se reposer.

Les Africains, à toutes les échelles, pas seulement au niveau de leurs élites, prennent la retraite comme une sanction. C’est ainsi qu’on voit ce grabataire faire du forcing. Mais pourquoi papy fait-il ainsi de la résistance alors qu’il pouvait lancer un poulain de son parti ? Ses partisans que j’ai rencontré me disent qu’en 10 ans à la tête du Sénégal, il a fait mieux que Senghor et Diouf réunis, comme si c’était le débat. 

Pire, manipulant à son compte la Conseil constitutionnel, selon Seneweb, l’homme s’apprêterait à faire invalider à leur tour, les candidatures “de Macky Sall, d’Idrissa Seck et de Cheikh Tidiane Gadio, tous des fils putatifs du leader du PDS ( parti de Wade ndrl) et reniés finalement. Quant à Youssou Ndour qui a déposé un recours, il a annoncé avoir 100 000 signatures alors que le Conseil constitutionnel lui reproche d’avoir fourni une liste de 12.936 électeurs appuyant sa candidature dont seuls 8.911 ont pu être identifiés et leurs signatures validées

Avec la même condescendance habituelle, le Département d’Etat américain, par la voix de son ambassadeur à Dakar au Sénégal, demande aux Sénégalais de respecter la décision du Conseil constitutionnel. Wade se fout royalement des Sénégalais et ne pense qu’à sa petite personne. Quand on sait que ce clown était allé pérorer à Benghazi pour demander le départ de Kadhafi alors que la Libye était agressée, il est étonnant que lui, s’accroche au pouvoir avec le silence assourdissant de la soi-disant “communauté internationale”. Il avait enfin promis, de ne pas se représenter. Cet homme a tué la démocratie sénégalaise !

Allain Jules

Youssou Ndour bousculé va se battre

Youssou Ndour se radicalise et promet de faire des révélations

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Youssou Ndour s'est radicalisé et ne contrôle plus rien. Il a chargé le régime avant de promettre des révélations qui pourraient faire trembler certaines autorités du pouvoir. Il a fait face à la presse ce samedi à son siège pour revenir sur la décision du Conseil constitutionnel et l'interpellation d'Alioune Tine.

Le leader du Mouvement "Féké macci bolé", Youssou Ndour est amer. Il compte désormais appliquer la formule "coup pour coup" . Pour la première fois, il a apporté une réplique aux attaques du Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye. "Je fais une sortie, le Premier ministre m'attaque, de même que tout le monde. Ce pays n'appartient pas à Abdoulaye Wade. Ils se sont attaqués à moi, on verra bien", a-t-il déclaré. C'est dans la foulée que Youssou Ndour a promis de faire des révélations troublantes dans les jours à venir.

Sur un autre registre, l'artiste musicien de renom d'appeler ses militants à la mobilisation. "Nos militants doivent être mobilisés et prêts à débattre, à manifester à marcher si la situation le recommande", a martelé le lead vocal du Super étoile.

Youssou Ndour refuse de commenter l'invalidation de sa candidature. Il a dit laisser le soin à ses avocats. "Nous ferons le point chaque jour, nous sommes en alerte comme les militants aussi", a-t-il ajouté.

Le PDG du groupe de presse Futurs Médias a clamé haut et fort : "je n'ai jamais appelé à la violence mais aujourd'hui je ne contrôle plus mes militants, je ne contrôle plus les citoyens. Il y a des menaces, mais ils ne vont pas m'empêcher de continuer mon agenda. Demain, je vais aller visiter mes militants à Guédiawaye". Et de fulminer: "Ce pays ne les appartient pas. Je suis beaucoup plus légitime que Wade, il faut bouger maintenant. Le temps est à l'action plus à la parole".

Ibrahima Lissa FAYE

Youssou Ndour et des journalistes malmenés devant la DIC

Les forces de l'ordre commencent à user de la force devant la Division des Investigations Criminelles Elles se déchainent sur les journalistes et les autorités qui viennent à la DIC soutenir le coordonnateur du M23. La police n'y est pas allée du dos de la cuillère pour évacuer le leader du Mouvement "Feke macci bolé" par ailleurs star de renommée internationale. Outré par les actes des forces de l'ordre, le Président Directeur Général du groupe de presse Futurs Médias a vitupéré: "Trêve de discussion ou de négociation. C'est le temps de l'action. Cette bousculade ne me fait rien. Ils ont intérêt à penser à la population Sénégalais au lieu de nous faire vivre un Etat policier".

Il n'a pas fini de tenir ces propos, les policiers reviennent à la charge et s'en prennent violemment aux journalistes et à Youssou Ndour. Du ministère de l’Économie et des Finances qui fait face à la DIC, les gens sont bousculés, brutalisés jusque vers l'ancienne maison de la RTS située à plus de 500 mètres.

Youssou Ndour échange des propos assez durs avec les policiers qui ont tenté de le faire évacuer. "On est dans un Etat policier. Je suis ici en tant que candidat du peuple. Alioune Tine est un homme important", a-t-il déclaré. Et de marteler: "On a longuement négocié, discuté et cela n'a servi à rien. On passe à l'action. Je suis venu ici lui témoigner ma solidarité. Il est un homme responsable qui ne se soucie que de la démocratie".

Le candidat à la présidentielle de février 2012 recalé et qui a déposé un recours est très irrité. Il a du mal à contenir sa colère. "Les gens doivent se tenir debout. Les citoyens sénégalais sont éveillés et le monde entier nous regarde. Ce combat est pour la patrie sénégalaise. cela ne fait que commencer. J'appelle la population Sénégalaise à se mobiliser".

Pressafrik

Alioune Tine arrêté à Dakar

Un des principaux responsables de l'opposition arrêté

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Alioune Tine, l'un des dirigeants du Mouvement du 23 juin (M23), a été conduit samedi dans les locaux de la police à Dakar.

Un des principaux responsables du Mouvement du 23 juin (M23, opposition), Alioune Tine, a été conduit samedi dans les locaux de la police à Dakar, a annoncé à la presse le Mouvement, ce qu'a confirmé son avocat. "Nous venons d'apprendre qu'Alioune Tine est à la DIC", la division des investigations criminelles (police judiciaire), a déclaré Amath Dansokho, un autre responsable du M23, ajoutant : "Tout à l'heure, nous irons tous ensemble à la DIC pour lui témoigner notre solidarité et nous exigeons sa libération immédiate."

Amath Dansokho n'a pas fourni de détails sur les circonstances dans lesquelles Alioune Tine avait été conduit à la police judiciaire, s'il était simplement entendu ou arrêté. Un des avocats d'Alioune Tine, Me Boucounta Diallo, a confirmé sa présence à la DIC, indiquant l'y avoir lui-même "déposé" samedi après-midi. Les axes conduisant aux locaux de la police étaient interdits d'accès au public par un dispositif de la police anti-émeute, qui a bloqué les dirigeants du M23 qui tentaient de s'y rendre, a constaté un photographe sur place.

Autres arrestations

Devant la presse, Amath Dansokho a aussi fait état d'autres arrestations, sans préciser leur nombre : "Nous avons appris qu'il y a à travers le Sénégal aujourd'hui des dizaines de citoyens arrêtés" à la suite de la protestation contre la validation par le Conseil constitutionnel de la candidature du président Abdoulaye Wade pour l'élection présidentielle du 26 février. Macky Sall, autre leader membre du M23 et candidat à la présidentielle, a confirmé les arrestations, sans indiquer non plus de chiffres.

"Nous n'avons pas encore exactement le nombre (de personnes) arrêtées puisque c'est dans tout le pays. Nous sommes en train de l'évaluer, puisque partout il y a eu des manifestations, jusqu'à 4 heures ou 5 heures du matin (locales et GMT) dans certaines localités", a déclaré Macky Sall à la presse. "Ce matin encore, ces manifestations ont repris. Il y a des arrestations dont nous sommes au courant, il y en a d'autres, le comité mis en place à cet effet devra, d'ici ce soir, nous donner une idée exacte de l'ensemble des personnes interpellées", a-t-il affirmé.

Le Point.fr

Obama ne veut plus de Wade

Washington conseille au président sénégalais de renoncer à briguer un nouveau mandat

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Les Etats-Unis ont déclaré vendredi que la décision du président sénégalais Abdoulaye Wade de briguer un troisième mandat risquait de "compromettre" les nombreuses réalisations qu'il avait lui-même accomplies au cours de ses deux derniers mandats.

La porte-parole du Département d'Etat américain, Victoria Nuland, a tenu ces propos alors que le Conseil constitutionnel du Sénégal statuait sur la candidature controversée du président Wade à l'élection présidentielle de février. Le Conseil constitutionnel devrait rendre son verdict plus tard dans la même journée.

"Bien entendu, nous respectons le processus politique et juridique du Sénégal, nous n'allons évidemment pas prendre une décision à la place de la Cour constitutionnelle sénégalaise", a déclaré Mme Nuland au cours d'un point de presse quotidien.

"Cependant, nous continuons à penser que la decision du président sénégalais de briguer un troisième mandat est une erreur qui risque de compromettre les nombreux acquis qu'il a lui-même réalisés au cours de sa présidence, y compris la disposition qu'il a lui-même introduite dans la nouvelle Constitution, limitant à deux le nombre des mandats présidentiels. Nous préférons voir en lui un dirigeant qui prépare le terrain et cède la place à une nouvelle génération de leaders africains, en agissant en accord avec ses propres principes démocratiques", a ajouté la porte-parole.

M. Wade, âgé de 85 ans, a été élu à la présidence en 2000, puis réélu en 2007. Il a décidé de se porter candidat à l'élection présidentielle de février, arguant que sa troisième candidature était valide dans la mesure où la limite sur les mandats présidentiels a été modifiée alors qu'il était lui-même à la tête de l'Etat.

Toutefois, sa décision de briguer un nouveau mandat a provoqué une levée de boucliers au sein des partis d'opposition et d'une frange de la société civile, qui ont promis de tout faire pour empêcher M. Wade de remporter un troisième mandat.

Le ministère sénégalais de l'Intérieur a interdit toute manifestation publique dans le pays du 26 au 30 janvier, période pendant laquelle le Conseil constitutionnel doit statuer sur la recevabilité des candidatures à l'élection présidentielle.

"Le Sénégal est une démocratie pleine de vitalité, pourvu d'une société civile dynamique, et nous appelons tout le monde à participer de manière pacifique à ce processus", a conclu Victoria Nuland.

Le secrétaire adjoint du département d'Etat américain aux affaires africaines, William Fitzgerald, a quant à lui qualifié lundi de "regrettable" la candidature de M. Wade à un troisième mandat présidentiel, et a invité ce dernier à prendre sa retraite.

CRI Online

Youssou Ndour veut continuer à se battre contre Wade

Youssou Ndour veut continuer à se battre contre Wade

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"Je suis candidat et je le reste". La star de la chanson Youssou Ndour, dont la candidature à la présidentielle de février au Sénégal a été rejetée par le Conseil constitutionnel, veut continuer à se battre contre Abdoulaye Wade, le président sortant candidat à sa réélection.

Le rejet de sa candidature annoncée vendredi en même temps que la validation de celle, fortement controversée, du chef de l'Etat âgé 85 ans candidat à un troisième mandat, est "un coup de force", a affirmé Youssou Ndour, ajoutant: "Abdoulaye Wade n'aurait même pas dû déposer sa candidature, car la loi fondamentale dit qu'il n'en a pas le droit".

L'opposition, à laquelle il appartient, juge illégale la nouvelle et troisième candidate de Wade, en soulignant que la Constitution ne prévoit que deux mandats présidentiels. Mais le camp Wade rétorque qu'à la suite de diverses réformes, c'est bien à un second mandat qu'il se présente.

Le Conseil constitutionnel a motivé son refus de valider la candidature de Youssou Ndour en constatant qu'il "a produit une liste de 12.936 électeurs appuyant sa candidature, dont seulement 8.911 ont pu être identifiés et leurs signatures validées", alors qu'il en faut 10.000 au minimum.

"You", comme on l'appelle au Sénégal où il est très populaire, avait participé juste avant à un rassemblement de l'opposition sur une place de Dakar qui s'est enflammée à l'annonce de la décision du Conseil, provoquant des violences qui se sont propagées à plusieurs quartiers et à d'autres villes du Sénégal.

"Je m'adresse à nos partenaires et à nos amis occidentaux, mettez vous derrière ce peuple qui va se libérer ce soir", avait-il dit, très applaudi.

Agir "étape par étape"

Le rejet de sa candidature est "une injustice", a déclaré samedi à l'AFP Doudou Sarr, un de ses porte-paroles. "Il compte se battre jusqu'au bout contre Wade", a-t-il ajouté. D'abord par la voie légale. "Ce matin, avec ses avocats, il a fait appel de son invalidation" auprès du Conseil", selon Doudou Sarra.

"Il va déterminer un plan d'action" en cas de confirmation du rejet de sa candidature, a ajouté le porte-parole, agir "étape par étape".

Agé de 52 ans, Yousso Ndour, très impliqué dans la vie économique et sociale de son pays, a, comme tous les opposants, des mots très durs à l'encontre du chef de l'Etat qui, après une élection triomphale en 2000, a profondément déçu nombre de Sénégalais dont une majorité continue à vivre dans la pauvreté.

Dans un entretien accordé début janvier à l'AFP, il avait affirmé que Wade n'est pas un "roi". "Il n'est plus majoritaire dans ce pays, il n'est plus populaire, il utilise aujourd'hui l'appareil de l'Etat qu'on lui a délégué pour essayer de dire qu'il est populaire", disait-il, ajoutant: "Il a fini aujourd'hui ce qu'il devait faire. Il a échoué. Merci".

Il avait prédit les violences qui ont éclaté vendredi soir: "Moi je suis non violent, mais on ne maîtrise pas les Sénégalais. A partir du moment où il n'y a pas de justice, la paix n'est pas possible. Justice rime avec paix, paix avec justice".

Il avait également appelé les dirigeants du monde à dire "clairement" au président Wade qu'il devait renoncer à se représenter.

Issu d'un milieu modeste du quartier populaire de la Médina à Dakar, Youssou Ndour n'a pas fait d'études supérieures, mais met en avant sa notoriété internationale et ses relation pour favoriser le développement du Sénégal.

AFP

Dernières infos de la nuit

Dernières infos

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L’Union européenne demande aux candidats d’user des voies de recours

La décision du Conseil constitutionnel n’a pas seulement préoccupée les sénégalais. L’Union européenne aussi était sur l’expectative. Elle a souligné, à travers un communiqué reçu à la rédaction qu’elle avec attention le déroulement du processus électoral et a pris acte de la publication, par le Conseil Constitutionnel, de la liste des candidats au scrutin présidentiel.

«L'Union Européenne invite tous les candidats contestant le bien-fondé de cette décision à user des voies de recours prévues par la législation électorale et appelle toutes les forces politiques à éviter toute décision et acte de violence de nature à nuire à l'exercice du droit de vote des citoyens sénégalais dans le respect des échéances prévues, et à maintenir un climat de paix», a mentionné le communiqué.

Dans le même sillage, l'Union Européenne souligne la nécessité absolue que «le scrutin reflète la volonté du peuple sénégalais. L'UE a déployé, à l'invitation des autorités sénégalaises, une mission d’observation électorale qui analyse l’ensemble du processus électoral au regard de la législation sénégalaise et des obligations internationales auxquelles le Sénégal adhère." 

L'ambassadeur des USA à Dakar, Lewis Lukens appelle à l'apaisement

L’Ambassadeur des Etats unis d’Amérique (USA), M. Lewis Lukens appelle les jeunes à l’apaisement après les émeutes qui ont éclaté à Dakar à la suite de la publication de la liste des candidats à l’élection présidentiel du 26 février 2012. Dans un communiqué reçu vendredi tard dans la nuit, «l'ambassade des Etats-Unis en appelle à l'appaisement.

Manifestations à Tambacounda : Pneus brulés, barricades érigées sur les routes

La violence entre les forces de l’ordre et les jeunes manifestants contre la candidature de Me Abdoulaye Wade a progressé partout dans les différentes artères de la commune de Tambacounda où des jeunes jusque tard dans la nuit (00h42mn) ont brulé des pneus et érigé des barricades sur les avenues. 

Le chef de la police de Dakar confirme la mort d'un agent et d'un blessé

Tout le pays est en train de s'embraser. Les jeunes contestent avec véhémence la décision du Conseil constitutionnel qui a validé la candidature du chef de l'Etat ce vendredi 27 juin. Ces manifestations ont fait une première victime. Il s'agit d'un agent du Groupement Mobile d'Intervention (GMI).

Nuit d'émeutes à Dakar

La candidature de Wade validée pour la présidentielle, un policier tué dans des violences

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La validation vendredi soir par le Conseil constitutionnel de la candidature du chef de l'Etat sénégalais Abdoulaye Wade à la présidentielle de février a provoqué une vague de violences dans plusieurs villes du Sénégal, dont sa capitale, Dakar, où un policier a tué.

L'opposition a appelé pour sa part à "marcher sur le palais présidentiel dans les prochains jours" afin d'en "sortir Wade".

Dès l'annonce de la validation de la candidature du président Wade et du rejet de celle du chanteur Youssou Ndour, des jeunes rassemblés depuis des heures Place de l'Obélisque, à Dakar, à l'appel de l'opposition ont jeté des pierres sur les policiers qui ont riposté à coups de gaz lacrymogène et de matraque.

Les jeunes, armés de barres de fer, ont également mis le feu à des pneus et des courses-poursuites entre eux et les policiers se sont engagées dans les rues adjacentes au lieu de rassemblement.

"Ils ont tué un policier", a déclaré à l'AFP le commissaire de police Arona Sy, du commissariat central de Dakar, sans donner les circonstances de cette mort qui s'est produite dans une rue du quartier de Colobane, près de la Place de l'Obélisque.

Les violences se poursuivaient dans la nuit de vendredi à samedi dans plusieurs autres quartiers de Dakar.

"Je vois des feux, impossible de passer. Ca brûle à Sacré-Coeur (centre), sur la VDN", une route menant au nord de la ville, a déclaré à l'AFP un témoin circulant en voiture.

Les télévisions privées montraient des jeunes érigeant des barricades, brûlant des pneus et des planches sur plusieurs artères, ainsi que des échanges de projectiles et gaz lacrymogènes entre des manifestants, essentiellement des jeunes, et les forces de l'ordre anti-émeutes de police et de gendarmerie.

Des manifestations de colère étaient en cours également dans les provinces, d'après les médias locaux: notamment à Thiès selon l'Agence de presse sénégalaise (APS, officielle), et à Kaolack (centre), Matam et Ourossogui (nord) selon la Télévision Futurs médias (TFM, privée).

"Marcher sur le Palais"

Le Mouvement du 23 juin (M23), coalition de partis politiques d'opposition et d'organisations de la société civile contestant la candidature du président Wade, a appelé samedi les Sénégalais à "marcher sur le palais" présidentiel pour l'en "déloger".

Abdoul Aziz Diop, un des responsables du M23, a exhorté les Sénégalais "à se joindre au Mouvement pour organiser la reprise du territoire occupé par Abdoulaye Wade et ses sbires". "C'est la seule direction prise à partir de ce soir", a-t-il dit à l'issue d'une réunion de la direction du M23.

M. Wade a demandé à ses opposants d'arrêter "les manifestations d'humeur qui ne conduisent à rien", les accusant de contester la validité de sa candidature "sur des bases légères".

Youssou Ndour a, lui, dénoncé un "coup de force" du président Wade, ajoutant: "Je suis candidat et je le reste", et précisant qu'il avait "48 heures pour un recours" contre la décision du Conseil.

Le rassemblement à partir de la mi-journée de milliers d'opposants sur la Place de l'Obélisque, à l'appel du M23, s'était déroulé sans incidents.

Initialement interdit par le gouvernement, il avait finalement été toléré à la suite d'une "médiation" de l'Union européenne (UE).

La décision du Conseil constitutionnel sur la nouvelle candidature du président Wade, 85 ans, jugée anticonstitutionnelle par l'opposition, avait fait craindre de violentes réactions.

Elu en 2000, réélu en 2007 pour cinq ans après une révision constitutionnelle en 2001 instituant un quinquennat renouvelable une fois, M. Wade se représente pour sept ans après le rétablissement du septennat en 2008, à la suite d'une nouvelle révision constitutionnelle.

Pour ses opposants, il se présente à un troisième mandat illégal, mais ses partisans affirment que le comptage doit se faire à partir de la première révision constitutionnelle de 2001 instituant le quinquennat et qu'il s'agit donc d'un second mandat conforme à la Constitution.

AFP

27/01/2012

Dakar en colère

Sénégal : Wade en lice, Ndour écarté, violences à Dakar

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Le Conseil constitutionnel a validé vendredi la candidature du président sénégalais Abdoulaye Wade, mais jugé irrecevable celle de la star internationale de la chanson Youssou Ndour, selon une liste affichée au greffe du Conseil vue par un journaliste de l'AFP.

Coup de théâtre à Dakar. A un mois de l'élection présidentielle, le Conseil constitutionnel a validé vendredi la candidature du président sénégalais Abdoulaye Wade, mais jugé irrecevable celle de la star internationale de la chanson Youssou Ndour. La candidature des trois anciens Premier ministres du président Wade, devenus opposants, Idrissa Seck, Macky Sall et Moustapha Niasse, ainsi que celle du dirigeant du Parti socialiste (PS, opposition), Ousmane Tanor Dieng, ont été validées.

Violences à Dakar

Cette validation de la candidature du président Wade, contestée par l'opposition et la société civile, a déclenché une flambée de violence à Dakar. Dès l'annonce de la décision, des jeunes rassemblés depuis des heures sur une place de Dakar à l'appel de l'opposition ont jeté des pierres sur les policiers qui ont riposté à coups de gaz lacrymogène et de matraque. Les jeunes ont également mis le feu à des pneus et des courses-poursuites entre eux et les policiers se sont engagées dans les rues adjacentes à la Place de l'Obélisque.

Agé de 85 ans, élu une première fois en 2000 pour sept ans et réélu en 2007 pour cinq ans, Abdoulaye Wade est candidat à un nouveau mandat de sept ans après modification de la Constitution. Mais ses opposants, parmi lesquels Youssou Ndour, jugent sa candidature anticonstitutionnelle.

Youssou Ndour ne pourra pas être candidat

La grande surprise vient du rejet de la candidature du chanteur, annoncée le 3 janvier au nom d'un «devoir patriotique suprême» et des sollicitations de nombreux Sénégalais. «Je pense que je vais créer la surprise, je pense qu'il y a une évolution silencieuse, les gens vont voter Youssou Ndour», avait-il déclaré quelques jours plus tard, se disant certain de l'emporter dès le premier tour.

Le gouvernement sénégalais avait lâché du lest en tolérant vendredi une manifestation de milliers d'opposants, initialement interdite. Le gouvernement avait en effet décrété une interdiction de manifester du 26 au 30 janvier pour éviter «des pressions» sur le Conseil constitutionnel mais l'opposition, au nom de la liberté d'expression garantie par la Constitution sénégalaise, avait décidé de défier cette interdiction.

LeParisien.fr

Wade: candidature validée

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Le Conseil constitutionnel a validé vendredi la candidature du président sénégalais sortant Abdoulaye Wade. Les opposants à Abdoulaye Wade considèrent pourtant que ce dernier ne peut tenter d'obtenir un troisième mandat présidentiel en raison de la limitation à deux mandats imposée désormais par la Constitution. Les partisans du pouvoir soulignent en revanche que cette modification constitutionnelle étant intervenue durant le premier mandat d'Abdoulaye Wade, le président peut à nouveau concourir.
Le Conseil constitutionnel a en revanche jugé irrecevable celle de la star internationale de la chanson Youssou Ndour, selon une liste affichée au greffe.
La candidature des trois anciens Premier ministres du président Wade devenus opposants, Idrissa Seck, Macky Sall et Moustapha Niasse, ainsi que celle du dirigeant du Parti socialiste (PS, opposition), Ousmane Tanor Dieng, ont été validées.

AFP/Europe1

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Le pouvoir lâche du lest avant une décision sur la candidature de Wade

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Le gouvernement sénégalais a lâché du lest en tolérant vendredi une manifestation d'opposants, initialement interdite, avant une décision du Conseil constitutionnel sur la recevabilité de la nouvelle candidature du président Abdoulaye Wade contestée par l'opposition.

La décision de laisser les opposants manifester à Dakar a été prise par les autorités à la suite d'une "médiation" de l'Union européenne (UE), ont précisé des sources à l'UE, au gouvernement et au sein de l'opposition.

"Le pouvoir a reculé", a affirmé une source au Mouvement du 23 juin (M23), regroupant des partis politiques et des organisations de la société civile, qui a appelé à un rassemblement en fin de matinée sur la Place de l'Obélisque à Dakar contre la nouvelle candidature de M. Wade.

Le gouvernement avait décrété une interdiction de manifester du 26 au 30 janvier pour éviter "des pressions" sur le Conseil constitutionnel qui doit rendre publique vendredi la liste des candidats qui pourront se présenter à la présidentielle. Le premier tour est prévu le 26 février.

L'opposition, au nom de la liberté d'expression garantie par la Constitution sénégalaise, avait décidé de défier cette interdiction, critiquée par la France et l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty international.

La France a estimé que "la liberté d'expression et de manifestation doit être partout garantie" et que "la volonté du peuple sénégalais doit être respectée".

Selon Amnesty International, l'interdiction de manifester est "des plus inquiétantes" et "le potentiel de déstabilisation est immense".

La décision du Conseil constitutionnel concernant la nouvelle et troisième candidature du président Wade, 85 ans, jugée anticonstitutionnelle par l'opposition, fait craindre des réactions violentes.

Présence policière

Des gendarmes et policiers étaient positionnés dans le centre-ville de Dakar et plusieurs dizaines de policiers anti-émeutes se trouvaient sur la place de l'Obélisque, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Sur cette dernière, des policiers ont discuté avec des responsables du M23 pour leur dire qu'ils étaient seulement là pour "encadrer" le rassemblement.

Elu en 2000, réélu en 2007 pour cinq ans après une réforme constitutionnelle en 2001 instituant un quinquennat renouvelable une fois, M. Wade se représente pour sept ans après le rétablissement du septennat en 2008, à la suite d'une nouvelle réforme constitutionnelle.

Pour ses opposants, il se présente à un troisième mandat illégal, mais ses partisans affirment que le décompte doit se faire à partir de la première réforme constitutionnelle de 2001 instituant le quinquennat et qu'il s'agit donc d'un second mandat conforme à la Constitution.

Dans des déclarations apparaissant comme une provocation, le chef de l'Etat a affirmé jeudi qu'il pouvait "légalement" se présenter non seulement en 2012, mais également en 2019, risquent d'exacerber les tensions.

L'ONU a appelé à un scrutin "apaisé" et les Etats-Unis ont jugé "regrettable" que M. Wade se représente au lieu de prendre sa "retraite".

Parmi les principaux candidats, figurent trois ex-Premiers ministres de M. Wade devenus opposants: Moustapha Niasse, Idrissa Seck et Macky Sall, ainsi qu'Ousmane Tanor Dieng, leader du Parti socialiste (PS).

Egalement en lice, la star de la chanson et homme d'affaires Youssou Ndour, lui aussi opposé à la nouvelle candidature d'Abdoulaye Wade.

AFP

Vive tension à Dakar

Au Sénégal, une jeunesse révoltée contre le président Wade

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Pour une fois, les rappeurs et meneurs du collectif d'opposition Y'en a marre sont restés muets sur scène. Les bras croisés, ils se sont alignés, mardi 24 janvier, sur le devant de l'estrade dressée sur la place sablonneuse de la mairie de Guediawaye, dans la banlieue de Dakar. Le message est inscrit en grosses lettres rouges sur leurs tee-shirts noirs : "Y'en a marre" ou "Faux ! Pas forcé". Leur mutisme signifie : fini le temps du rap saccadé, place à l'action contre la candidature d'Abdoulaye Wade, au pouvoir depuis douze ans.

Le vieux président (au moins 86 ans, selon un état civil approximatif) est sur les rangs pour un troisième mandat malgré une promesse oubliée de se retirer des affaires, malgré les débats acharnés sur la légalité de cette candidature qui agitent la rue, les débits de boisson autant que les bureaux feutrés des juristes.

Vendredi, le Conseil constitutionnel devrait publier la liste des candidats retenus à la présidentielle du 26 février. L'opposition refuse d'y voir le nom d'Abdoulaye Wade, en s'appuyant sur l'article de la Constitution qui, depuis 2001, limite à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs. Le pouvoir rappelle, quant à lui, que cette modification a été adoptée durant le premier mandat de M. Wade, ce qui l'exclurait du champ de la réforme.

Jamais, au Sénégal, une décision du Conseil constitutionnel n'a porté en elle une telle charge explosive. L'opposition promet de transformer en enfer le jour où sera publiée la liste si jamais les cinq juges, tous nommés par le président, valident la candidature du chef de l'Etat. Un enfer dont les flammes pourraient être attisées par des jeunes désespérés dont la conscience politique renaît, malgré la défiance que nombre d'entre eux entretiennent envers les dirigeants des partis traditionnels, pour certains trop vite et impunément enrichis, qui occupent la scène politique depuis tant d'années.

"Les jeunes ont mesuré leurs forces le 23 juin 2011", explique Keyti, militant au sein de Y'en a marre, et rappeur "historique" de ce mouvement musical sénégalais un temps avant-gardiste en Afrique et toujours très politisé. "Ici, le rap a changé les consciences", affirme le trentenaire Keyti. Et il a parfois infléchi le cours de l'histoire, comme lors de la défaite d'Abdou Diouf en 2000 qui mettait fin à quarante ans de pouvoir socialiste au bénéfice d'Abdoulaye Wade, le libéral. Les temps ont changé. "Wade est la source de tous les problèmes", explique aujourd'hui Keyti.

Ce 23 juin, ils ont fait reculer cet inégalable renard de la politique sénégalaise, dont les multiples faits d'armes remontent au temps de son opposition à Léopold Sédar Senghor (président de 1960 à 1980), le père du Sénégal indépendant, puis dans les geôles de son successeur Abdou Diouf.

Sous la pression d'une coalition de militants de la société civile et de l'opposition, Abdoulaye Wade, le pape autoproclamé du sopi (le changement, en wolof) avait fini par retirer un projet de loi iconoclaste qui lui aurait permis, par un tour de passe-passe législatif, d'être réélu avec seulement 25 % des voix. Le président a jeté l'éponge. Trop tard. Il a dressé face à lui une large coalition contestataire regroupée sous la bannière du M23 (Mouvement du 23-juin).

Daouda Thiam, étudiant en licence de sciences politiques à l'université Cheikh Anta-Diop de Dakar (UCAD), était alors en première ligne avec ses amis de l'UCAD devant le Parlement où était débattu le projet de loi. Avec une calvitie précoce pour ses 24 ans, vêtu d'une chemise en coton bordeaux, Daouda n'a pas un look de rappeur.

Chômage endémique

Mais il se reconnaît dans leur discours. "Y'en a marre pousse les jeunes à prendre leur destin en main pacifiquement, à s'inscrire sur les listes électorales et à nous engager", avance-t-il, assis dans sa chambre universitaire où ils s'entassent à 6 dans 15 m2, et où le jeune homme ronge son frein en attendant la fin de la grève des enseignants qui paralyse l'établissement depuis trois mois. "Il y a 70 000 étudiants pour 20 000 places dans les cités, les conditions d'études sont indignes, le pouvoir en est responsable", accuse-t-il.

Personnel médical, transporteurs, éducation nationale... le front social bouillonne. S'y ajoute la pression d'une jeunesse diplômée déprimée par un chômage endémique qui les contraint à l'inaction, aux petits boulots, voire à monter dans des pirogues pour l'Europe. "Le Sénégal n'est pas la Tunisie. C'est une démocratie mais les printemps arabes sont dans les têtes", observe Keyti. "Dans ce pays très organisé politiquement et structuré par les influentes confréries soufies, tolérantes et pacifistes, ils sortent en partie du cadre. Ils peuvent devenir incontrôlables", ajoute Babacar Gueye, le directeur de l'université privée de sciences sociales de Dakar.

Et toute cette colère rentrée se concentre sur la candidature du président Wade. "Il ne doit pas se présenter et nous y arriverons", affirme Daouda en se rappelant la victoire du 23 juin.

Le M23 est coordonné par Alioune Tine, le président de la Raddho (Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme). On y trouve aussi bien des socialistes que d'ex-ministres libéraux de M. Wade tombés en disgrâce et, bien sûr, les jeunes inspirés par les rappeurs de Y'en a marre, auteurs du tonitruant morceau "Abdoulaye. Faux ! Pas forcé" dénonçant la volonté du président de s'accrocher au pouvoir et d'y promouvoir son fils.

A partir de vendredi, Daouda espère donc reproduire le miracle de juin. En face, on minimise le risque. "Il ne faut pas surestimer leur force", avertit Amadou Sall, porte-parole du candidat Wade. "Quelques milliers de personnes ne prendront pas en otage 12 millions de Sénégalais", dit-il, persuadé que la candidature de son chef sera retenue et, mieux, que le 26 février, "il sera élu au premier tour". En attendant, la préfecture de Dakar vient d'interdire toutes les manifestations dans les prochains jours. Le campus de l'UCAD s'en moque.

Christophe Châtelot/Le Monde

On va s'éclairer au charbon

Construction d'une centrale à charbon au Sénégal

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Une centrale à charbon de 250 mégawatts sera construite au Sénégal par la société sud-coréenne Kepco Engineering & Construction Company (KEC), annonce-t-on de source officielle. L'accord a été signé mercredi à Dakar entre le directeur général de la Société nationale d'électricité (SENELEC) du Sénégal et le président de la KEC. La construction de cette centrale à Sendou, dans la région de Dakar, va permettre de réduire de moitié le prix de l'électricité et protéger le Sénégal de "la dictature du pétrole", a indiqué le ministre sénégalais de l'Energie. Le coût de la centrale est de 300 milliards de francs CFA et sera financé par KEC et la Korean Development Bank. La fin des travaux est prévue pour 2015. 

Sanata Konseibo 

26/01/2012

Opération propreté à Mbour

L’opération "Mbour département propre" démarre le 10 février

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Le préfet du département de Mbour, Alioune Badara Diop, a présidé, mardi, une réunion préparatoire de l’organisation de journées de propreté intitulées "Mbour département propre" prévues les 10, 11 et 12 février prochains sur tout le département.

Selon Ibrahima Diagne, coordonnateur de l’unité de coordination de la gestion des déchets solides, c’est une initiative qui s’inscrit dans le cadre du déploiement des activités du ministère de la Culture, du Genre et du Cadre de vie sur le territoire national, conformément à la loi portant création de la Société pour la propreté du Sénégal.

Le préfet a présidé la réunion préparatoire qui a enregistré la participation des maires et présidents de communauté rurale du département de Mbour.

A cette occasion il a rappelé que c’est à la suite de l’opération de nettoiement qui a été menée récemment à Dakar qu’il avait sollicité le ministrezAwa Ndiaye, pour que le département de Mbour puisse également, avec son appui, accueillir des journées de propreté.

"Mme le ministre d’Etat a répondu spontanément à la requête et en a donné une suite favorable. Et l’ensemble des acteurs locaux concernés ont donné leur entière adhésion pour une parfaite réussite de ces journées", s’est félicité Alyoune Badara Diop.

Les élus locaux et autres acteurs qui se sont prononcés au cours de la rencontre ont magnifié l’initiative, parce que même s’ils reconnaissent avoir la responsabilité de veiller sur l’hygiène et la salubrité de leurs collectivités locales, il n’en demeure pas moins que les moyens à leurs dispositions sont insuffisants pour la gestion correcte des déchets.

Durant ces journées de propreté, il sera procédé à des désencombrements, du nettoiement de grandes envergures, des désherbages, des désensablements, entre autres, au niveau de toutes les seize collectivités locales du département de Mbour, a expliqué le préfet.

Au cours de la rencontre préparatoire, le principe qui a été retenu que chaque collectivité locale fasse l’expression des besoins pour la réussite de cette opération, pour que les services du ministère de la Culture, du Genre et du Cadre de vie sachent à quoi s’en tenir.

"Nous allons mettre en place un dispositif de prise en charge de la propreté du département de Mbour, avec le centre d’enfouissement technique de Sindia, entre autres installations qui permettront de faire des avancées significatives dans le cadre de la gestion des ordures sur tout le territoire national", a annoncé le coordonnateur de l’unité de coordination de la gestion des déchets solides.

Au-delà de l’opération "Mbour département propre", révèle Ibrahima Diagne, le ministre d’Etat Awa Ndiaye envisage de mettre en place une antenne départementale qui va se charger de coordonner les activités de son ministère en matière de gestion des déchets.

"Nous attendons des collectivités locales une totale mobilisation des populations et des acteurs locaux, notamment ceux qui sont intéressés par les questions environnementales", a dit M. Diagne.

diallo/APS

Wade: J'y suis, j'y reste!

Wade : ‘’Mon premier mandat démarre en 2012’

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Le chef de l’Etat sénégalais Me Abdoulaye Wade, dont la candidature à l’élection présidentielle du 26 février prochain est vivement contestée par l’opposition et par des juristes, affirme qu’au-delà de 2012, il peut même ‘’légalement’’ se présenter en 2019.

‘’Mon premier mandat sous l’empire de ce nouveau texte est celui qui démarre en 2012. Je peux même légalement me présenter pour une autre fois en 2019. Les juristes sérieux le savent et l’ont écrit’’, a soutenu le président Wade, dans une interview avec le site d’information dakaractu.com.

Il a souligné que les articles 27 et 104 qui limitent le nombre de mandats à deux, c’est lui-même qui l’a rédigé. ‘’Sa nouvelle version date de 2008 et dit que le président est élu pour un mandat de 7 ans renouvelable une fois. J’ai été élu en 2000 sur la base de la Loi fondamentale de 1963’’, a dit Abdoulaye Wade.

‘’ Après mon élection, j’ai fait adopter une nouvelle Constitution. Tout le monde sait que la loi régit le présent et l’avenir mais ne rétroagit pas. C’est un principe général de droit. Depuis que l’article 27 instituant le septennat a été adopté en 2008, il n’y a pas eu d’élection’’, a expliqué Me Wade.

‘’La Constitution, c’est moi qui l’ai rédigée. Tout seul. Nul ne la connaît mieux que moi. Tous ceux qui prétendent l’avoir rédigée racontent du faux. C’est moi qui l’ai écrite’’, a-t-il rappelé.

‘’J’ai tout au plus sollicité des avis de juristes quand j’ai terminé la rédaction. Je l’ai fait lire à Serigne Diop, Amsatou Sow Sidibé et quelques autres pour recueillir des points de vue, des amendements, des suggestions..’’, a encore dit Abdoulaye Wade..

Selon lui, ‘’ceux qui prétendent le contraire racontent des contre-vérités, à l’image de ceux qui disent avoir appartenu à une commission de rédaction’’. ‘’Il n’y a pas eu de commission de rédaction. La Constitution est mon œuvre. Nul ne peut l’interpréter mieux que moi-même’’, a dit le chef de l’Etat.

En outre, il a relevé que ‘’l’argument facile’’ consistant à invoquer sa déclaration de 2007 quand il disait qu’il ne pouvait plus se présenter au lieu d’interroger le texte constitutionnel lui-même.

‘’Ma déclaration n’a pas de valeur juridique. La Constitution, si. Mes adversaires le savent mais ils sont de mauvaise foi. Leur problème, ce n’est d’ailleurs pas tout ce qu’ils racontent sur l’article 27 et les autres. Ils ont la hantise de me voir candidat’’.

‘’Et pour une raison simple : ils savent que je vais les battre. Ils ne peuvent pas gagner s’ils m’ont en face. C’est cela le fond de toute cette agitation autour du thème de l’illégalité de ma candidature’’, a-t-il ajouté.

La candidature d’Abdoulaye Wade à nouveau est contestée par le Mouvement du 23 juin (M23) qui la juge anticonstitutionnelle. Le M23 réunit des partis politiques et des organisations de la société civile.

Le Conseil constitutionnel doit se prononcer sur cette question à la fin de cette semaine, en publiant la liste des candidatures retenues.

Le Sénégal éliminé de la CAN

Le Sénégal prend la porte

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Kader Mangane et le Sénégal sont éliminés de la CAN - Panoramic

Battu par la Guinée Equatoriale (2-1), le Sénégal sort dès la phase de groupes de la CAN. Les Guinéens seront accompagnés par la Zambie en quarts de finale. 

Guinée Equatoriale-Sénégal 2-1

Guinée Equatoriale : Randy (62e), Kily (90e+4)

Sénégal : Sow (90e)

Coup de tonnerre sur la CAN. Le Lion est mort, abattu par un novice de la compétition, la Guinée Equatoriale. Une élimination du Sénégal que personne n’attendait véritablement mais qui s’est construite petit à petit mercredi à Bata. Revenu au score à la 90e par Sow après l’ouverture du score de Randy (62e), les Lions de la Teranga, favoris, se sont fait abattre dans les ultimes secondes par Kily (90e+4). Pourtant, suite aux nombreuses lacunes dans le jeu aperçues contre la Zambie, Amara Traoré avait choisi de laisser son capitaine Mamadou Niang sur le banc et de faire confiance aux trois entrants, Dia, N’Doye et Cissé, alignés cette fois d’entrée. Un choix payant, tant le trio se montrait remuant. Ainsi, Dame N’Doye trouvait parfaitement Papiss Cissé dans la surface. L’enchainement contrôle poitrine-frappe du gauche était repoussé par un Danilo vigilent (16e). Demba Ba gâchait à son tour une énorme occasion, seul au point de penalty, ouvrant trop son pied gauche pour espérer cadrer sa frappe (19e). Profitant d’un énième débordement d’Issiar Dia, rayonnant, N’Daw s’essayait lui aussi à la frappe mais son tir, puissant, terminait encore dans les gants de Danilo (30e).

Dominateurs mais pas assez réalistes, les Sénégalais plongeaient alors en plein doute. Sentant l’exploit venir, le public du stade Nkoantoma de Bata poussait alors comme un seul homme son équipe. Parfaitement servi par Kily, Randy déposait le cuir de la tête au fond des filets (62e,1-0) déclenchant ainsi la joie générale. Privés du début de match, les deux bannis, Niang (74e, 78e) et Sow (83e) apportaient un peu d’espoir. Le désormais ex-lillois égalisait même, avec un peu de chance certes, pour éviter une élimination précoce (90e, 1-1). Un soulagement qui n’allait pas durer. Après une occasion manquée de Balboa (90e+3), Kily décochait une lourde frappe à l’extérieur de la surface que ne pouvait repousser Coundoul (90e+4, 2-1). Un but synonyme de qualification pour un pays qui réalise là son plus bel exploit. En s’imposant, la Guinée Equatoriale assure sa qualification et pousse des Sénégalais, bien décevants, à faire leurs valises.

L'autre match du groupe :

Jouera ? Jouera pas ? Longtemps, la tenue du premier match de ce groupe A de ce mercredi a été indécise, la faute à une pluie torrentielle. Finalement, c’est sur un terrain ressemblant plus à une piscine qu’à un terrain de football, et avec plus d’une heure de retard, que la Libye et la Zambie se sont affrontées. Dans des conditions difficiles, sur un terrain à la limite du praticable, les deux équipes sont parvenu à offrir du spectacle avant de se quitter sur un nul logique (2-2). Emmanuel Mayuka (29e) et Chris Katongo (54e) pour la Zambie, Ahmed Saad Osman (5e, 47e) pour la Libye, sont les buteurs de ce match, le premier nul dans cette CAN2012 mais aussi le plus prolifique. Equipe joueuse, la Zambie a de quoi pester sur les conditions de jeu défavorables. Une contre-performance qui n’empêche pas les hommes d’Hervé Renard de se qualifier en compagnie de la Guinée-Equatoriale avant même le dernier match de ce groupe A.

Philippe Givelet

l'opposition rejette l'interdiction des manifestations

l'opposition rejette l'interdiction des manifestations

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L'opposition sénégalaise a rejeté mercredi l'interdiction des manifestations décrétée de jeudi à lundi par le gouvernement, période pendant laquelle le Conseil constitutionnel doit recevoir et décider de la validité des candidatures à l'élection présidentielle du 26 février.

Les principaux leaders de l'opposition ont dénoncé dans une déclaration "l'illégalité" de l'arrêté du ministre de l'Intérieur Ousmane Ngom décrétant cette interdiction "qui viole les libertés des citoyens" et ils ont appelé "le peuple sénégalais à une résistance active".

"L'arrêté du ministre interdisant les manifestations est nul et non avenu et de nul effet", selon ces dirigeants rassemblés au sein du Mouvement du 23 juin (M23) qui regroupe partis politiques et organisations de la société civile.

Ils "réaffirment le rejet de la candidature" du président Abdoulaye Wade, et "leur détermination à s'opposer à toute forfaiture et à tout coup d'Etat constitutionnel", se disant "prêts à poursuivre le combat jusqu'à son terme".

Les candidats à la présidentielle ont jusqu'à jeudi soir pour déposer leur candidature au Conseil constitutionnel, qui doit publier vendredi la liste de celles qui ont été retenues.

La décision du Conseil concernant la candidature du président Wade, contestée par l'opposition, fait craindre des violences politiques, raison invoquée par le ministre de l'Intérieur pour interdire les manifestations.

"Nous ne souhaitons pas de pression à l'endroit des membres du Conseil constitutionnel et de tous ceux qui doivent participer à la prise de décision", avait déclaré mardi M. Ngom, également un des responsables du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir).

Elu en 2000, réélu en 2007 pour cinq ans après une réforme constitutionnelle en 2001 qui a institué un quinquennat renouvelable une fois, M. Wade se représente cette fois pour sept ans après le rétablissement du septennat en 2008, à la suite d'une nouvelle réforme constitutionnelle.

Pour ses opposants, il est évident que M. Wade se présente à un troisième mandat non conforme, mais ses partisans affirment que le décompte doit se faire à partir de la première réforme constitutionnelle de 2001 instituant le quinquennat et qu'il s'agit donc d'un second mandat conforme à la Constitution.

Le scrutin sera observé par une délégation de 90 observateurs de l'Union européenne (UE) déjà arrivés au Sénégal, la première de cette importance dans ce pays jusqu'alors considéré comme un modèle de démocratie en Afrique, signe de l'inquiétude quant à des dérapages violents avant, pendant et après l'élection.

Parmi les principaux candidats, figurent trois anciens Premiers ministres de M. Wade devenus opposants, Moustapha Niasse, Idrissa Seck et Macky Sall, ainsi qu'Ousmane Tanor Dieng, responsable du Parti socialiste (PS, opposition) qui a dirigé le Sénégal pendant quarante ans, de 1960 à 2000. Tous sont membres du M23.

Egalement en lice, la star de la chanson Youssou Ndour, qui a également estimé que la nouvelle candidature d'Abdoulaye Wade était contraire à la Constitution.

AFP

25/01/2012

Extension du réseau routier de Dakar

Financements pour l’extension du réseau routier de Dakar

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9,7 milliards de FCFA de la BOAD pour l’extension du réseau routier de Dakar - La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a accordé à la ville de Dakar un prêt d’environ 9,7 milliards de FCFA, soit environ 19,4 millions de dollars américains, destiné, en partie à l’extension du réseau routier et à la modernisation du parc de stationnement payant de la capitale sénégalaise, annonce un communiqué de la mairie de la capitale sénégalaise.

La cérémonie de signature s’est tenue lundi après-midi au siège de la BOAD à Lomé, au Togo, en présence du maire de Dakar, Khalifa Sall, à la tête d’une délégation de la municipalité.

'Ce prêt a été accordé à des conditions concessionnelles avec un taux de 5,5 pour cent, pour une durée de 13 ans dont 3 ans de différé, servira au financement partiel du Projet de renforcement et d’extension du réseau routier revêtu non classé et de modernisation du parc de stationnement payant de la ville de Dakar', indique le communiqué.

'Le montant global concernera, pour 8,5 milliards de F CFA, soit 17 millions de dollars, la réfection et l’extension du réseau de la voirie communale, et pour 1,2 milliard de F CFA, soit 2,4 millions de dollars, l’équipement de la ville de Dakar en matériel moderne pour le parc de stationnement payant', ajoute le communiqué.

'Ce prêt direct de la BOAD est le premier à être accordé à une collectivité locale et devrait lancer la mise en place effective du Guichet Collectivités locales de la BOAD', précise le communiqué.

Pana

Manifestations interdites

Sénégal: manifestations interdites de jeudi à lundi

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Toutes les manifestations seront interdites de jeudi à lundi au Sénégal, période pendant laquelle le Conseil constitutionnel doit recevoir et décider de la validité des candidatures à l'élection présidentielle du 26 février, a annoncé mardi le ministre de l'Intérieur.

Du 26 au 30 (janvier), il y aura une interdiction des manifestations sur l'ensemble du territoire pour préserver la sérénité et la paix dans le pays, a déclaré le ministre, Ousmane Ngom, à une radio privée locale Futurs médias (RFM).

Nous ne souhaitons pas de pression à l'endroit des membres du Conseil constitutionnel et de tous ce qui doivent participer à la prise de décision, a dit M. Ngom, également un des responsables du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir).

La vingtaine de candidats annoncés ont jusqu'à jeudi minuit pour déposer leurs candidatures devant le Conseil constitutionnel qui doit ensuite publier vendredi la liste de ceux qui seront autorisés à se présenter.

Sa décision concernant la candidature du président Abdoulaye Wade, contestée par l'opposition et la société civile, fait craindre des violences.

Agé de 85 ans, élu une première fois en 2000 pour sept ans et réélu en 2007 pour cinq ans, M. Wade est candidat à un nouveau mandat de sept ans après modification de la Constitution.

Cette candidature provoque une vive polémique et alimente les tensions depuis plusieurs mois au Sénégal: partisans et opposants du chef de l'Etat divergent sur l'interprétation de la Constitution, l'article relatif au mandat présidentiel ayant été modifié deux fois depuis 2001.

AFP

24/01/2012

Bulletin du MAE Français

Dernier bulletin du ministère des affaires étrangères Français concernant le Sénégal

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Fièvre jaune
Le bulletin épidémiologique hebdomadaire du Sénégal (2 - 8 janvier 2012) mentionne la découverte fin 2011 de 7 cas de Fièvre Jaune confirmés, ayant engendré 3 décès, dans les régions de Kédougou et de Kolda. La saison sèche n’est pas propice au démarrage d’une épidémie généralisée, mais il peut exister des foyers de transmission.
Au vu de l’existence d’une circulation active du virus amarile et la présence de vecteurs capables d’activer une transmission, il est très fortement recommandé d’être à jour à l’égard de la vaccination Fièvre Jaune, qui a un effet protecteur pendant 10 ans.

Election présidentielle
Une élection présidentielle est prévue au Sénégal dans les prochaines semaines (1er tour le 26 février). La liste des candidats devrait être officiellement arrêtée le 27 janvier. Cette période électorale est susceptible d’engendrer des mouvements de foule ou des rassemblements à risque. Une vigilance accrue de la part des Français résidents ou de passage est recommandée. Il est prudent de s’informer avant tout déplacement sur l’évolution de la situation.

Casamance
De récents évènements liés à une attaque meurtrière d’un groupe armé aux alentours de Ziguinchor incitent à faire preuve de la plus grande prudence quant à des voyages dans cette région. Il convient d’être extrêmement prudent et d’éviter tout déplacement hors de l’axe routier entre Ziguinchor et Cap Skiring, qui devra s’effectuer exclusivement dans la journée et, si possible, en convoi. Il est par ailleurs vivement recommandé, en cas de braquage, de garder son calme et de ne manifester aucune velléité de passage en force.

Hillary Clinton menace Wade

Hillary Clinton menace Wade: "Ne vous présentez pas sinon..."

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Ses dernières foucades visant les Etats-Unis n’y font rien. L’administration du président Obama n’a pas fléchi sa position concernant la candidature d’Abdoulaye Wade à un troisième mandat controversé. Enquête a appris de sources dignes de foi que c’est la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton qui l’a rappelé avec fermeté à Wade, le 16 janvier à Monrovia, en marge de la cérémonie d’investiture de la présidente du Libéria Ellen Johnson Sirleaf réélue récemment pour un deuxième mandat de six ans.

A en croire nos informations, Mme Clinton a pris Wade en aparté – et pas en audience- pour lui marteler qu’ « il n’a pas le droit de se présenter, que les Etats-Unis s’opposent à sa candidature et que, s’il passe outre, l’administration Obama en tirerait toutes les conséquences ». En outre, confient nos interlocuteurs qui relèvent le ton ferme et sec du chef de la Diplomatie américaine, Washington a aussitôt informé Paris de sa position. Dans son édition du week-end dernier, Enquête rapportait à ce propos que le président Nicolas Sarkozy s’est entretenu par téléphone avec son homologue de Washington et la chancelière allemande, Angela Merkel, d’après le site d’information La Lettre du continent. Laquelle écrit que « le chef de l’Etat français multiplie les critiques envers son homologue sénégalais ». La même source ajoute que Paris est « inquiète des éventuels débordements de la Présidentielle », prévue le 26 février prochain. Plusieurs lettres venant de leaders d’opinion, du Congrès américain, de parlementaires européens sont tombées ces derniers mois sur la table de du Président, l’invitant à prendre de la hauteur, dans le contexte actuel, lourd de tous les dangers.

Wade a-t-il pris l’exacte mesure de tous ces avertissements ? En tout cas, des questions demeurent, aujourd’hui : pourquoi, depuis l’ouverture de la phase de dépôt des candidatures, le 26 décembre, et à 3 jours de la clôture, Abdoulaye Wade n’a pas daigné encore déposer sa candidature ? Que craint-il ? Pourquoi avoir attendu tout ce temps alors que sa coalition (FAL 2012) l’a investi depuis un mois, jour pour jour : c’était le 23 décembre 2011, à l’hôtel des Almadies. 

la ruée vers l'or: violence et prostitution

Au Sénégal aussi, la ruée vers l'or c'est violence et prostitution

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Depuis deux ans, c'est au tour du Sénégal de connaître une ruée vers l'or. La direction des mines estime à 300 tonnes la quantité d'or dans le sous-sol sénégalais. Résultat : sociétés minières et orpailleurs de toute l'Afrique de l'Ouest affluent au Sénégal oriental, cette région enclavée à plus de 800 km au sud-est de Dakar, la capitale.

Diabougou, petit village de cultivateurs dont le sol est riche de ce métal précieux, est rapidement devenu un lieu surpeuplé, sans accès à l'eau, à la santé, à la justice ni à l'éducation.

C'est un endroit complètement improbable, perdu dans la brousse et isolé de tout, à quatre heures de piste de Kédougou, la principale ville du Sénégal oriental. Pourtant, vivent ici des milliers de personnes, dans le bruit des motos importées de Guinée, des moteurs des machines nettoyant l'or et des coups de maillet brisant les pierres et laissant découvrir des particules de ce métal précieux.

Un gros nuage de poussière flotte constamment au-dessus des habitations construites à la va-vite, à l'aide de bois et de bâches en plastique bleu et noir.

A l'origine, Diabougou est un petit village de cultivateurs, situé à quelques kilomètres de la frontière malienne. Entre l'agitation des chercheurs d'or, les vendeurs ambulants, le marché, les cuisiniers et les charretiers poussant sans cesse de gros bidons jaune remplis d'eau, on trouve les cases de ce village, où le vieux chef est tranquillement assis sur sa chaise en bois, satisfait des retombées économiques qu'apporte cette ruée vers l'or.

A Diabougou, chacun a son rôle. Il y a les casseurs de pierre, les acheteurs d'or, qui planquent leurs pépites dans leurs sacoches en attendant d'aller les revendre à Bamako, au Mali, et à Dakar. Il y a aussi les laveurs de terre, qui récupèrent pépites et poussière d'or des pierres broyées et qui amalgament le métal avec du mercure qu'ils prennent à main nue.

Et bien sûr il y a les mineurs, qui descendent à une dizaine de mètres de profondeur pour récupérer des blocs de pierre de plusieurs kilos. On appelle ce lieu le « placer ». Alignés en d'innombrables rangées, des Ghanéens, Guinéens, Sénégalais mais surtout Maliens descendent toute la journée sans aucune protection dans ces trous étroits, simplement consolidés avec de grosses branches. Fadéla Keita, un mineur malien, raconte :

« C'est très dangereux mais nous n'avons pas le choix, on doit gagner de l'argent, même si la terre risque de nous blesser. J'ai appris le métier ici, je descends avec une corde et une lampe torche, je reste au fond trois heures, six heures, ça dépend de ma fatigue ».

Un peu plus loin, un autre mineur dit avoir gagné 500 000 francs CFA (760 euros) en neuf mois. Ici, le gramme d'or se vend 22 000 francs CFA (34 euros).

Prostitution : 1,50 euro la passe

Et là où il y a de l'argent, il y a souvent de la prostitution. La région de Kédougou est une des zones du Sénégal où le taux de prévalence du VIH est le plus fort, 1,7%, contre 0,7% dans le reste du pays et 1,3% dans les zones aurifères, selon les ONG et le gouvernement.

Devant un des bars de fortune se tient une dizaine de prostituées ghanéennes, nigérianes et maliennes. Un client insiste auprès d'une des filles, dont certaines sont mineures, pour qu'il lui « donne un moment ». La jeune femme refuse car il veut avoir des rapports non-protégés. La passe est à 1 000 francs CFA (1,50 euro) et malgré l'insistance de l'homme, jeune lui aussi, elle refuse.

Tous les soirs, les « travailleuses du sexe » sont postées ici, à alpaguer le client en remuant leurs lampes de poche et en murmurant « 1 000 francs, 1 000 francs ».

Dans ces villages aurifères, la sensibilisation aux maladies sexuellement transmissibles est inexistante. De plus, la persistance en des croyances traditionnelles ne facilite pas le règlement du problème, comme l'explique Gaston Pierre Coly, responsable de l'antenne du Conseil national de lutte contre le sida à Kédougou :

« On essaye de mettre en place un battage médiatique pour faire comprendre à la population que le sida existe. Dans les milieux aurifères, il y a une croyance qui dit que si tu as des rapports sexuels avec une femme, tu auras plus de chance de trouver de l'or. Heureusement, l'usage du préservatif se répand. »

Katy (prénom d'emprunt) est l'une de ces prostituées. A 21 ans, étudiante en art et éducation mais sans le sou, la belle jeune femme a débarqué à Diabougou, croyant pouvoir tenir un petit commerce. C'est du moins ce qu'on lui a promis au Nigéria, son pays d'origine :

« Arrivée ici, on m'a confisqué mes papiers d'identité. Je dois encore 230 000 francs CFA [350 euros] à l'homme qui m'a fait venir avant de pouvoir repartir chez moi. »

Pas de gendarmes mais des justiciers armés

Ici, pas de représentations de l'Etat. Pas de case de santé, un accès à l'eau restrictif, une école qui fonctionne quelques mois dans l'année – les instituteurs ne tiennent pas longtemps dans ce lieu reculé – et pas de poste de gendarmerie.

Ce sont donc les villageois et les chercheurs d'or qui organisent eux-mêmes la justice. Près du bâtiment de l'école, sale et délabré, les 38 Toumboulouman, comme on appelle ces justiciers armés, ont établi leur quartier. Dès l'aube, chacun vient défendre sa cause et les palabres peuvent durer des heures. Dans leur hangar en bois, vélos et motos s'entassent. A partir de 18 heures, à la tombée de la nuit, plus de le droit de circuler avec des deux roues, précise Karim Cissé, un des chefs des Toumboulouman :

« On fait cela pour éviter les accidents et qu'il n'y ait pas trop de poussière. Pour les récupérer, c'est 3 000 francs CFA [4,60 euros] pour un vélo, 10 000 francs CFA [15 euros] pour une moto. »

Quant aux personnes arrêtées, elles sont placées dans une des classes de l'école, en attendant que les gendarmes viennent les chercher. Karim Cissé ajoute :

« Si ça ne va pas, on t'attache tant que tu paies ton amende, et après tu quittes Diabougou. Il y a beaucoup de problèmes ici, notamment des vols, car il y a beaucoup de monde. Les jugements sont faits par quatre ou cinq Toumboulouman. »

Dans les allées du marché, un griot reconverti en Toumboulouman, mégaphone au poing, rappelle aux habitants que les feux servant à cuisiner doivent être éteints deux fois par jour, sous peine d'une amende de 50 000 francs CFA (76 euros). L'objectif : éviter les départs de feux de brousse dans cette région très sèche.

Autre conséquence de cette arrivée massive de chercheurs d'or : le problème de l'accès à l''eau. Il n'y a qu'un seul forage pour toute la population. Des pompes ont ainsi été installées dans le fleuve tout proche. Une eau non potable qui pourtant est bue par les habitants de Diabougou. 

Fontaine Aurélie

60% de la production agricole perdues

FAUTE D’INDUSTRIES DE TRANSFORMATION APPROPRIEES ET COMPETITIVES: Plus 60% de la production agricole perdues

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Le secrétaire général du ministère des Mines, de l’industrie et des Petites et moyennes entreprises (Pme), M. Samba Mané Diakhaté a fait cette révélation hier, lundi 23 janvier à Dakar, à l’ouverture de l’atelier de formation des «Systèmes de management de la sécurité des denrées alimentaires» (Iso 22000). Il impute cette situation, entre autres, à l’absence d’industries de transformation appropriées et compétitives, mais aussi un déficit chronique de la qualité de nos produits alimentaires. 

«Plus de 60% de la production agricole sont perdues faute d’une part, de l’existence d’industries de transformation appropriées et compétitives et d’autre part, un déficit chronique de la qualité de nos produits alimentaires qui ne satisfont pas au respect des normes et standards internationaux requis pour l’accès aux marchés ». Cette déclaration a été faite par le secrétaire général du ministère des Mines, de l’industrie et des Petites et moyennes entreprises (Pme), M. Samba Mané Diakhaté.

C’était hier, lundi 23 janvier à Dakar, à l’ouverture de l’atelier de formation de formateurs à la norme internationale Iso 22000 intitulée «sSystèmes de management de la sécurité des denrées alimentaires-exigences pour tout organisme appartenant à la chaine alimentaire». Ce tableau montre à quel niveau la sécurité alimentaire est menacée du moment que 70% de la population sénégalaise qui est rurale vit essentiellement de produits agricoles. Les possibilités d’exporter les produits locaux sont de plus en plus compromises.

Malgré cela, M. Diakhaté relève que le secteur agro-alimentaire est le premier secteur d’importance de l’économie, de par la valeur de ses produits, sa contribution à la croissance du Pib et le nombre d’emplois qu’il génère. A son avis, cette situation devrait s’amplifier si des efforts conséquents d’investissements sont faits dans la production et les infrastructures de transformation et d’accès au marché mondial des produits agro-industriels. En effet, fait-il remarquer, «entre 1990 et 2008, les produits agro-industriels importés d’Afrique par la Chine se sont multipliés par 10, passant de 188 millions de dollars à 2 milliards de dollars, ce qui correspond à un taux de croissance moyen annuel de 14,1%». Sur la même période, a-t-il ajouté, les produits agro-idustriels importés d’Afrique par l’Inde ont augmenté à un taux plus élevé, leur volume s’étant multiplié par 16, passant de 82,4 millions de dollars à près de 1,4 milliard de dollars soit un taux de croissance moyen annuel de 16,8%. Dans ce contexte, l’Afrique, le Sénégal en particulier, devrait intensifier sa coopération avec la Chine et l’Inde en vue d’augmenter les exportations de produits agro-alimentaires.

D’où l’importance de cette rencontre nationale de sensibilisation et de formation des formateurs sur la norme Iso 22 000 relative à la gestion de la sécurité alimentaire, organisée dans le cadre de l’initiative conjointe de l’Organisation Internationale de la Francophonie (Oif) et du Centre du commerce international (Itc) visant à l’expansion des échanges commerciaux entre les Etats membres de la Cemac, de l’Uemoa et des pays francophones du Mékong (Cambodge, Laos, Vietnam). Une manière pour ces organismes internationaux d’aider les pays de la sous-région à surmonter l’obstacle de la qualité auquel sont confrontés leurs produits locaux.

La représentante résidente de la Commission de l’Uemoa à Dakar, Mme Congo-Kaboré Adèle, a souligné la nécessité pour chaque pays de l’union de disposer d’experts capables d’accompagner les entreprises à la démarche, selon la norme internationale Iso 22000, qui prescrit des exigences à respecter par tout organisme appartenant à la chaine alimentaire, pour promouvoir l’exportation des produits alimentaires. Selon elle, c’est la raison pour laquelle « la Commission de l’Uemoa a initié cette formation pour permettre aux bénéficiaires, issus d’entreprises privées et de services d’appui au secteur privé, de comprendre, maîtriser et acquérir les différents outils du Système de management de la sécurité des denrées alimentaires».

L’Administrateur principal de programme à la Division d’appui aux entreprises et institutions d e l’Itc, M. Imamo Ben Mohamed Imamo, pour sa part, a fait savoir que « les études des marchés menées dans le cadre de ce projet conjoint Oif/Itc, il y a quelques années, ont révélé que les Etats membres de l’Uemoa, comme ceux de la Cemac, disposent d’un fort potentiel à l’exportation en produits alimentaires». Mais, a-t-il précisé, «pour que cette offre soit effectivement exportable, il faudrait que les entreprises puissent intégrer la démarche qualité dans leurs activités de production et se mettent en conformité avec les exigences des marchés régional et international»

Bacary DABO

23/01/2012

Wade: marche pour la paix

Pour inviter les Sénégalais à la paix : Me Abdoulaye Wade appelle à une marche, lundi

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A l’opposé du M23 qui entend, par tous les moyens, s’opposer à sa candidature, Me Wade invite les Sénégalais à la paix. A cet effet, il initie une marche le 23 janvier prochain.

Pour inviter les Sénégalais à la paix : Me Abdoulaye Wade appelle à une marche, lundi

« Je vais inviter les populations à porter des foulards, tee-shirts ou autres mouchoirs blancs et marcher, le 23 janvier prochain, pour la paix à travers les artères de Guédiawaye et à la Place de l’Obélisque ». C’est en ces termes que le président Abdoulaye Wade a exprimé hier son attachement à la paix au Sénégal. « J’ai toujours milité pour la paix et si ce n’était pas le cas, j’aurais été président de la République depuis 20 ans », a souligné Me Wade d’après qui, les opposants qui veulent mettre le feu au Sénégal sont surveillés de très près. « Personne ne pourra mettre le feu dans ce pays et les opposants qui ne cessent d’œuvrer que pour ça ne sont pas écoutés parce que les capitaux continuent de rentrer au Sénégal », a-t-il soutenu hier à Médina Baye sur invitation du Khalife général de la famille Niassène, Cheikh Ahmed Tidiane Ibrahima Niasse.

Dans le même sillage, le Chef de l’Etat a appelé au respect strict de la Constitution, afin qu’il n’y ait aucun problème. « Personne ne peut se lever et être président de la République par des ruses, il faut respecter son pays. Ce qui se passe ici n’existe qu’au Sénégal et nulle part ailleurs. Chacun est libre de battre campagne mais personne ne peut décider d’empêcher à un autre d’en faire autant. Il faut respecter la charte fondamentale de notre pays qui règle la question », s’est offusqué Me Wade.

Par ailleurs, le chef de l’Etat a émis son souhait d’améliorer qualitativement la voirie urbaine, l’éclairage et l’assainissement de la ville, à l’image de ce qu’il a fait à Ziguinchor. « Laissez-moi changer la ville, régler le problème de Kaolack parce que je sais par où passer », a-t-il soutenu.

Evoquant le chantier de la maison des hôtes à Médina Baye, le président Wade a demandé au Khalife général de la famille Niassène de lui laisser continuer les travaux parce que, dit-il, ce projet est l’affaire de tout le monde. Et ce serait à l’honneur du Sénégal, une fierté nationale que des hôtes et autres nombreux talibés de Cheikh Al Islam Ibrahima Baye Niasse séjournent dans un cadre d’accueil agréable à Médina Baye. « Je suis musulman et mouride, mais je n’oublie pas les autres confréries dans mes actions. Si une église tombe quelque part, je réagis. C’est comme ça que j’ai entièrement aidé à la rénovation de la Cathédrale », a tenu à rappeler le président de la République. Le Khalife Cheikh Ahmed Tidiane Ibrahima Niasse a prié pour la paix et pour le chef de l’Etat, qui a toujours été présent aux grands rendez-vous de Médina Baye, notamment à l’inauguration de la grande mosquée et à la disparition du défunt Khalife général Serigne Dame Ibrahima Niasse et Serigne Mamoune Niasse.

Ibrahima DIAW