29/02/2012

Omar Sy: "Il ne faut pas que Wade reste"

Omar Sy, comédien français d'origine sénégalaise : "Il ne faut pas que Wade reste"

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Omar Sy a connu un vibrant succès avec le film Intouchables. Il est devenu la 3e personnalité préférée des Français depuis. Interrogé par le journal Lexpress, il aborde la situation politique de son pays d'origine, le Sénégal.

Omar Sy sur la situation du Sénégal : « Je n'ai pas eu le temps d'y aller depuis dix mois, mais je m'y rends régulièrement. Et, malgré la misère encore trop présente, il y avait assez peu d'abus politiques jusqu'à présent. Tout au plus quelques petites entorses que les gens acceptaient bon an mal an. Disons que la démocratie évoluait lentement mais sûrement. Et là, parce qu'un mec de 85 ans [Abdoulaye Wade] abuse ouvertement en voulant s'accrocher au pouvoir, le pays risque de partir en vrille. J'espère sincèrement me tromper. En attendant, pour le bien du pays, il ne faut pas que Wade reste. »

Bineta Kane (Leral.net)

En route pour le second tour

Tractations en cours avant le second tour de la présidentielle

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Avant même la publication définitive des résultats du premier tour du 26 février, le camp du président sénégalaisAbdoulaye Wade a admis qu'un second tour aurait lieu en mars contre son ex-Premier ministre Macky Sall et va devoir entamer de difficiles pourparlers pour trouver des soutiens.

"Tractations d'entre-deux-tours", titre mercredi le quotidien le Pop, qui évoque les appels au rassemblement de l'opposition lancés par l'entourage de Macky Sall, devancé de près de 9 points par Wade, mais qui dispose d'une confortable réserve de voix parmi les candidats d'opposition éliminés au premier tour.

Les commissions de recensement des votes des 45 départements du pays ont publié leurs résultats lundi et mardi, mais aucune annonce officielle au plan national n'est prévue avant jeudi ou vendredi.

La date la plus probable du second tour entre Abdoulaye Wade et Macky Sall, qu'il avait fait roi avant de s'en séparer sans ménagement en 2008, est le 18 mars.

Mis en ballottage, Abdoulaye Wade, 85 ans dont 12 au pouvoir, se voit obligé de changer de stratégie dans l'urgence, alors que durant toute la campagne et jusqu'à la veille du scrutin il s'était déclaré "sûr" de l'emporter au premier tour, comme en 2007, avec plus de 50% des voix.

Il a d'ailleurs expliqué dès lundi que "dans la perspective d'un second tour", il allait "explorer toutes les possibilités d'entente avec d'autres forces politiques selon des modalités à convenir ensemble".

Macky Sall devait de son côté tenir sa première conférence de presse depuis l'élection.

"Wade dégage"

Abdoulaye Wade ne dispose guère de réserve de voix, hormis celles puisées dans les quelque 40% d'abstentionnistes du premier tour ou venant d'hypothétiques ralliements.

Théoriquement Macky Sall peut, lui, compter sur les reports de voix de la plupart des autres candidats, membres comme lui du Mouvement du 23 juin (M23, coalition de partis d'opposition et d'organisations de la société civile).

"Le message qui continue pour le M23, c'est +Wade dégage+", soulignait d'ailleurs mercredi le coordonnateur du M23, Alioune Thine, dans les colonnes du Quotidien.

Pour le M23, la candidature du président sortant, élu en 2000 et réélu en 2007, est anticonstitutionnelle.

Mathématiquement, Macky Sall pourrait recueillir 60% des suffrages au second tour. Mais certains candidats d'opposition pourraient toutefois être tentés de parier sur une victoire du sortant, préférant "trois ans de Wade à 14 ans de Macky" (deux septennats), comme l'écrit mercredi le site d'informations en ligne leral.net.

Abdoulaye Wade avait laissé entendre durant la campagne qu'il n'avait besoin que de deux à trois années pour "boucler" les chantiers engagés, tandis que la victoire de Macky Sall marque la fin d'une génération, selon cette analyse.

Le premier tour a vu la récompense des candidats qui ont fait campagne à travers le pays, comme Macky Sall dont les militants expliquaient au soir du scrutin qu'il avait "sillonné le terrain", contre ceux qui se sont cantonnés à Dakar dans une logique d'affrontement avec le pouvoir, autour de la place de l'Indépendance, où les manifestations étaient interdites, comme Idrissa Seck.

Si la campagne a été marquée par des violences lors de manifestations contre la candidature d'Abdoulaye Wade, de 6 à 15 morts selon les sources, le premier tour s'est déroulé dans le calme dimanche.

La presse sénégalaise relate toutefois abondamment mercredi un bref affrontement entre des membres de la sécurité de Macky Sall et une poignée de "fauteurs de trouble", identifiés comme des partisans d'Abdoulaye Wade.

Le Nouvel Obs

130.000 morts dans le fichier électoral

Second Tour Du Scrutin Présidentiel: Le vote Aura Lieu Le 18 Mars Prochain

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La Moe-Ue révèle qu’environ 130 mille électeurs décédés sont enregistrés sur le fichier électoral. C’est le chef de la mission, Thijs Berman qui donne l’information à la presse nationale et étrangère. ‘Le fichier n’est pas bien mise à jour. Il faut le nettoyer. Dans ce cas, il y a peu de probabilité d’un vote multiple’, déclare-t-il. Et d’ajouter : ‘Si des personnes décédées figurent encore sur le fichier électoral, cela baisse le taux de participation lors des élections’.

Berman invite les autorités sénégalaises chargées de la question de procéder à la mise à jour du fichier électoral. Cela va permettre, selon le chef de mission, à relever le taux de participation. Les observateurs européens indiquent dans leur déclaration qu’’à l’issue de la révision exceptionnelle des listes électorales, le nombre d’inscrits s’élève à 5 307 962, inclus les Sénégalais de l’étranger, les corps militaires et paramilitaires’. Parmi ses recommandations, la Moe Ue exige en cas de second tour de la présidentielle, le contrôle systématique de l’encre indélébile sur le doigt des électeurs.

La mission européenne constate aussi que la sous représentativité de l’électorat âgé de 18 à 23 ans, déjà révélée par les résultats de l’audit du fichier électoral et estimée à plus d’un million d’électeurs potentiels persiste. Elle regrette que cette partie potentielle de l’électorat n’ait pas suscité un grand intérêt des parties prenantes. Par contre, la Moe Ue estime que le ministère des Elections et la Cena sont restés muets sur l’évolution des états de distribution des cartes. Une étape qui s’inscrit, selon elle, dans le cadre des bonnes pratiques internationales pour plus de transparence. La Moe Ue se dit être une instance indépendante de l’Union européenne, du parlement européen et du Conseil des ministres.

Wal Fadjri

Tanor reste maître de Mbour

Mbour : Tanor garde son bien dans le département, Macky surprend dans trois communes

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Ousmane Tanor Dieng, candidat de la Coalition ‘Bennoo Ak Tanor’, est arrivé en tête du scrutin présidentiel du dimanche dernier dans le département de Mbour. Le Premier secrétaire du Parti socialiste (Ps) devance ses concurrents dans 10 des 16 collectivités locales que compte le département. Il gagne les communes de Saly Portudal, Ngaparou, Poponguine-Ndayane, et les communautés rurales de Nguéniène, Malicounda, Fissel, Ndiaganiao, Diass, Sindia, Sandiara. Il totalise 1 734 voix à Saly Portudal sur 6 694 suffrages valablement exprimés, 1 845 voix sur 6 694 suffrages valablement exprimés à Diass, 2 791 voix sur 6 279 votes valables à Sindia, 3 223 voix sur 7 706 votants à Ndiaganiao, 5 559 voix sur les 7 751votants à Nguéniène.

Dans les autres localités, on a connu d’autres schémas favorables à Macky Sall et à Abdoulaye Wade. Ainsi, Macky Sall remporte le vote dans la commune de Mbour avec 12 739 voix devant Abdoulaye Wade qui en totalise 10 448 et Ousmane Tanor Dieng avec 9 141 voix, sur un total de 44 849 suffrages exprimés. Le candidat de la coalition ‘Macky 2012’, l’emporte dans 14 des 18 centres de vote. Il se paie le luxe de briser les espoirs de hauts responsables libéraux au centre Omar Guèye, le plus grand centre 4 974 suffrages valablement exprimés pour 9 571 inscrits. Ici, il coiffe au poteau son ‘maître’, Wade, avec 1 220 voix contre 1 205.

Le Pape du Sopi, dans cette même commune de Mbour, a fait de la résistance en gagnant au Lycée Cheikh Ahmadou Lamine Dabo, avec 466 voix devant 399 à Macky Sall son suivant immédiat, sur un total de 1 558 suffrages exprimés. Il a connu la même fortune à l’école Badara Sarr en devançant Sall de 15 voix, soit 139 contre 124, sur un cumul de 560 suffrages valablement exprimés pour 795 inscrits. Un même bonheur aussi pour ‘le Vieux’ à l’école Tafsir Demba Sall, autre grand centre ayant enregistré 3 171 suffrages exprimés pour 5 795 inscrits. Avec 907 voix, il devance ici Macky Sall qui récolte 777 voix là où Ousmane Tanor Dieng en enregistre 776.

Pape Mbar FAYE 

Qui est Sall?

Sall, le disciple de Wade devenu opposant

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Macky Sall a fait sa carrière au sein du régime en place, avant de devenir le challenger d'Abdoulaye Wade à l'élection présidentielle. Il est tombé en disgrâce quand il s'est opposé à l'ascension du fils du président sortant.

Macky Sall

C'est un homme du sérail qui affrontera le président sortant Abdoulaye Wade au deuxième tour de la présidentielle au Sénégal, si on en croit les résultats provisoires du premier tour. Et c'est au nom du "vote utile", sans beaucoup d'enthousiasme, que nombre d'électeurs se prononceront sans doute pour lui; avant tout pour "sortir le sortant", selon Bouba Benjelloun, membre de l'Assemblée des Sénégalais de l'extérieur.

Ex-homme de confiance du président Wade, Macky Sall, ingénieur géologue passé par l'Institut français du pétrole, est son ministre des Mines de 2001 à 2003, puis de l'Intérieur en 2003 et 2004.

Lorsqu'il est Premier ministre entre 2004 et 2007, il confie à Jeune Afrique qu'il côtoie le Gorgui -le "vieux", surnom d'Abdoulaye Wade- depuis 1988, quand ce dernier était encore dans l'opposition. Il le trouve alors "en avance sur son temps". Le disciple à la carrière éclair devient directeur de campagne de Wade lors de la présidentielle de 2007, mais après la réélection, il n'est pas reconduit à la tête du gouvernement et se voit attribuer la présidence de l'Assemblée nationale.

Une erreur politique "grave"

"Vous avez commis l'erreur politique d'avoir convoqué mon fils. C'est une erreur grave que vous allez payer" aurait déclaré le "Vieux", racontait Cheikh Yérim Seck dans Jeune Afrique en novembre 2007. Il a eu le tort, un mois plus tôt, de convoquer Karim Wade, le fils et conseiller du chef de l'Etat que ce dernier prépare pour lui succéder, afin que les députés l'entendent sur des travaux publics effectués sous sa tutelle.

Outre les accusations de mauvaise gestion, le camp Wade y voit un autre piège: le fils du président serait interrogé en Wolof, langue nationale qu'il ne parle pas, ce qui nuirait à son ambition présidentielle. Le camp Wade organise alors une campagne contre l'ancien protégé. Il perd d'abord son poste de numéro 2 du parti, et en novembre 2008, il est destitué de son poste de Président de l'Assemblée nationale. Abdoulaye Wade fait -déjà- changer la Constitution pour se débarrasser de son ancien premier ministre en réduisant la durée du mandat du président de l'Assemblée. Et enfin, comme il l'avait fait pour un autre gêneur, le gouvernement poursuit Macky Sall pour blanchiment d'argent.

Un soutien par défaut

Il crée alors son parti politique Alliance pour la République (APR) qui, lors des élections locales de 2009, remporte plusieurs villes, ainsi que les grandes villes du pays dans le cadre d'une coalition formée avec d'autres partis. Maire de Fatick à 140 km de Dakar où il est né, Macky Sall maîtrise, outre le français, trois langues locales.

Le soutien de la diaspora

Macky Sall a obtenu le soutien de la diaspora et est largement en tête en France, avec 39% des voix à Paris selon des résultats partiels, loin devant le président sortant (18%) selon le site de l'Assemblée des sénégalais de l'extérieur. Mais pour Bouba Benjelloun, c’est surtout au sein de sa communauté (les Haalpulaar ou toucouleurs) que les électeurs de la diaspora se sont déplacés, et en partie parce qu'il a eu les moyens financiers pour mobiliser ses partisans et organiser leur déplacement. D'ailleurs le taux de participation à Paris n'a été que de 37%.

Macky Sall a bénéficié du ras-le-bol des Sénégalais vis-à-vis de Wade, selon Bouba Benjelloun, qui reste dans l'expectative: "Il y a de tout dans son programme; Il aura beaucoup à faire, entre les deux tours, pour le clarifier". Il rappelle que le candidat de l'opposition n'avait pas soutenu le projet des Assises nationales organisées en 2008-2009 par la société civile et de nombreux acteurs de la vie publique sénégalaise, qui prévoyait, entre autres un rééquilibrage des pouvoirs du président; Macky Sall s'est aussi opposé à la démarche participative qui a été le propre de ces Assises nationales. "Macky Sall se place surtout dans une logique technicienne", observe Bouba Benjelloun qui pense que les opposants se rallieront, bon gré mal gré à sa candidature, pour faire échec à la candidature d'Abdoulaye Wade, mais sans beaucoup d'illusions.

LeVif/L'express

27/02/2012

Wade rêve encore

"victoire ou second tour, tout est encore possible", affirme le président Abdoulaye Wade

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Le président sortant Abdoulaye Wade, candidat contesté à sa propre succession au Sénégal, a estimé lundi au lendemain du scrutin, sur la base de résultats provisoires, que "tout est encore possible", sa victoire dès le premier tour ou la nécessité d'en disputer un second.

"Le recensement qui à l'heure actuelle porte sur 282 collectivités locales sur 551, soit la moitié, nous classe en tête avec 32,17%, et 25,24% pour mon suivant. Tout est donc encore possible, victoire ou second tour", a déclaré M. Wade dans une déclaration à la presse. M. Wade n'a pas nommé le "suivant".

"Dans la perspective d'un second tour, le Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir) et ses alliés dont le candidat arrive en tête de la compétition vont naturellement explorer toutes les possibilités d'entente avec d'autres forces politiques selon des modalités à convenir ensemble", a ajouté Abdoulaye Wade.

"Ensemble nous relèverons ce défi, vous avez ma confiance et je sais pouvoir compter sur la vôtre", a assuré le président sortant, qui avait martelé pendant sa campagne qu'il était "sûr" de l'emporter dès le premier tour de la présidentielle, en recueillant plus de 50% des suffrages.

Son ancien Premier ministre Macky Sall, l'un des principaux candidats d'opposition, a affirmé qu'un second tour était "inévitable", assurant l'avoir emporté dans les principaux départements du Sénégal, dont l'agglomération de Dakar.

Un des responsables de sa campagne a assuré que M. Sall était au "coude-à-coude avec le président Abdoulaye Wade".

Les résultats provisoires officiels devraient être communiqués mardi au niveau départemental et vendredi au niveau national, selon la Commission électorale nationale autonome (Céna).

Le président Wade a salué un "scrutin transparent, démocratique et pacifique" et rendu "hommage à la maturité, à l'esprit de tolérance et au civisme" des Sénégalais.

Les électeurs se sont mobilisés dans le calme dimanche après des violences préélectorales qui avaient fait en un mois de 6 à 15 morts selon les sources, suscitant la crainte de nouveaux incidents le jour du vote.

Agé de 85 ans, M. Wade, élu en 2000 et réélu en 2007, sollicite un nouveau mandat de sept ans, mais sa candidature a été jugée anticonstitutionnelle par ses opposants.

Le nouvel Obs

Sall temps pour Wade

Vers un second tour de la présidentielle

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Le Sénégal s'achemine vers un second tour de la présidentielle après le vote du dimanche 26 février qui s'est déroulé dans le calme. 

Au lendemain de l'élection, le camp du président sortant Abdoulaye Wade, qui était opposé à 13 candidats, a estimé qu'il n'y avait pas encore de "tendance lourde" permettant de tirer une conclusion concernant un éventuel second tour."Les chiffres en notre possession indiquent qu'un second tour est inévitable. Nous avons gagné les plus grands départements du Sénégal ", a déclaré Macky Sall, l'un des principaux candidats d'opposition et ancien Premier ministre du président sortant Abdoulaye Wade.

Un des responsables de sa campagne, Jean-Paul Dias, avait auparavant déclaré que M. Sall était au "coude-à-coude avec le président Abdoulaye Wade", ce dernier étant "autour de 34 à 36%" et Macky Sall autour de "32 à 34%."On est en train de collecter les résultats et rien ne permet de dire qu'il y aura un deuxième tour", a toutefois déclaré à l'AFP El Hadj Amadou Sall, un des responsables de la campagne du président Wade.

"Pas de tendance lourde"

Selon lui, les derniers résultats en sa possession portaient sur "8% à 9%" des votes et "il n'y a pas de tendance lourde". Après des violences préélectorales qui avaient fait de 6 à 15 morts selon les sources, le premier tour de la présidentielle s'est déroulé dans le calme et a mobilisé les électeurs. Le taux de partcipation tourne autour de 60%, selon un chiffre encore provisoire la Commission électorale nationale autonome (Céna), en baisse par rapport au taux de 70% de la présidentielle de 2007.

Observateurs électoraux et journalistes avaient noté une forte affluence dans les bureaux de vote, tant à Dakar que dans les provinces. Les candidats se sont déclarés "fiers" de l'attitude de leurs concitoyens. "Ils ont donné une leçon de démocratie aux porteurs de violence", a dit M. Sall.

Il semble qu'un second tour soit, d'ores et déjà quasi acquit. Normalement le 18 mars. Logiquement, si les voix anti-Wade se reportent tout naturellement sur Sall, on assisterait à une écrasante victoire de celui-ci face à un Wade qui ne doit pas compter de trop sur un quelconque report de voix.

AFP/BRB

Un second tour?

"coude-à-coude" Wade-Sall

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Le directoire de campagne de l'opposant Macky Sall a communiqué à la presse à Dakar des estimations basées sur des résultats partiels de la présidentielle d'hier au Sénégal, selon lesquelles leur candidat est "au coude-à-coude" avec le président sortant Abdoulaye Wade.

"A l'heure où je vous parle, tout nous indique que nous sommes au coude-à-coude avec le président Abdoulaye Wade", ce dernier étant "autour de 34 à 36%" et M. Sall autour de "32 à 34%, a déclaré Jean-Paul Dias, un des responsables de la campagne de Macky Sall, à la presse tard hier soir à son quartier général de campagne. Il a indiqué que ces chiffres étaient basés sur des résultats partiels, sans en préciser le pourcentage.

"Le second tour pourrait avoir donc lieu entre Abdoulaye Wade et Macky Sall. (...) Nous sommes au coude-à-coude avec le président Wade autour de 1 à 3 points, il est encore devant mais nous espérons passer devant", a-t-il ajouté. Selon lui, Macky Sall a remporté le scrutin notamment dans la région de Dakar, qui compte un nombre important des électeurs inscrits. "Nous ne sommes pas surpris par ces résultats, nous avons travaillé pour", s'est exclamé Jean-Paul Dias.

Sall se félicite de l'atmosphère de "sérénité"

L'entourage de Macky Sall s'est félicité de l'atmosphère de "sérénité" dans laquelle s'est déroulé le scrutin, après les violences meurtrières de la campagne, qui avaient fait de 6 à 15 morts selon les sources. Près de 200 personnes s'étaient réunies devant le siège de campagne de Macky Sall, acclamant leur candidat et dansant de joie, tandis qu'un animateur saluait au micro "Son Excellence Macky Sall, le président de la République". "Cela fait quatre ans que Macky Sall sillonne le Sénégal et travaille sur le terrain. On va tourner la page Wade, les Sénégalais ont envie de sauver la République, de retrouver la stabilité et la cohésion sociale détruits par le président Wade", a témoigné Pape Sow, un militant. "Certains prétendaient parler au nom du peuple, nous, nous avons été à la rencontre du peuple. Macky, c'est le candidat qui redonne espoir", a approuvé à ses côtés un autre militant.

Quelque 5,3 millions de Sénégalais étaient appelés à élire leur président parmi 14 candidats au total, dont le chef de l'Etat sortant Abdoulaye Wade, élu en 2000 et réélu en 2007. Outre Macky Sall, un ex-premier ministre d'Abdoulaye Wade devenu son opposant, les principaux adversaires du président sortant étaient Idrissa Seck et Moustapha Niasse, deux autres de ses ex-premiers ministres, ainsi qu'Ousmane Tanor Dieng, chef du parti socialiste qui a dirigé le pays pendant 40 ans, de 1960 à 2000. Selon la Commission nationale électorale autonome (Céna), qui contrôle et supervise les élections dans le pays, le taux de participation au scrutin de dimanche tournait autour de 60% selon des chiffres provisoires susceptibles d'"évoluer".

AFP/Le Parisien

26/02/2012

L'après élection

Les Sénégalais redoutent déjà l'après-présidentielle

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En l'absence de sondages, certains candidats cèdent à la surenchère verbale et les électeurs ne savent trop à quel saint se vouer.

Le plus étonnant, c'est le silence. À l'approche de l'école Thiam de Pikine, on n'entend aucun des bruits habituels de cette banlieue populaire de Dakar. Ce n'est pas l'appréhension qui explique ce calme étrange mais l'importance du moment et les questions que tout le monde se pose. Ici, comme partout en ce dimanche au Sénégal, on a pris le vote pour l'élection présidentielle au sérieux. Dans la cour de sable jaune, les femmes, en robes élégantes, sont sagement alignées entre les hommes aux polos fraîchement repassés. Dans les bureaux, le matériel est là. Le Sénégal a une tradition démocratique qui se lit dans la logistique. Pourtant, malgré tout, cette année les électeurs se sentent un peu perdus.

La décision d'Abdoulaye Wade de se présenter pour un troisième mandat, jugée illégale par l'opposition mais entérinée par le Conseil constitutionnel, a déboussolé un pays qui se considérait comme exemplaire. La stratégie obscure de ses rivaux, rassemblés au sein du M23, n'a rien arrangé. Accrochés à leur refus de voir Wade concourir, les leaders de l'opposition n'ont jamais donné de consignes claires, refusant d'appeler à voter ou au contraire à boycotter le scrutin, avant de se perdre dans leurs divisions. Aucun des ténors anti-Wade n'a su réunir sur son nom les déçus du régime. Pikine, ex-fief wadiste, reste à prendre. Certes, le vieux président y conserve malgré tout des fidèles, comme Amara, qui explique: «Tout n'est pas parfait, mais Wade a travaillé. Il faut lui laisser le temps de finir.»

Déjà un plan de «sortie de crise»

C'est la petite classe moyenne, celle des commerçants et des fonction­naires, qui a tourné le dos au président. «On ne veut plus de Wade. Il est trop vieux. Mais pour qui voter?» s'inter­roge Souleyman Antia. Bakary, son ami, résume les options sans enthousiasme: «On peut choisir des radicaux, comme Idrissa Seck ou Moustapha Niasse, qui ont manifesté tous les jours contre Wade à Dakar, ou parmi les plus calmes qui ont fait campagne. Macky Sall, par exemple.» En ce jour de vote où il faut trancher, Bakary se sent l'âme radi­cale. Souleyman, lui, penche plutôt pour un candidat «sérieux».

«La participation constituera une donnée clé de cette élection. Un faible taux offrirait un avantage certain à Wade», rappelle un diplomate travaillant pour une mission d'observation. Ces observateurs, nationaux ou internationaux, sont des milliers à être répartis dans les 12.000 bureaux de vote, pour endiguer une éventuelle fraude et rassurer. «Les problèmes viendront à l'heure des résultats, qui s'annoncent serrés», pronostique Moktar Diallo.

Abdoulaye Wade, lui, se dit serein. «Ma majorité est si écrasante que je pense être élu avec un fort pourcentage dès le premier tour», a-t-il réaffirmé au Journal du dimanche. Samedi, Macky Sall, considéré comme le principal rival du président sortant, s'insurge contre cette sérénité. «Il est tout simplement impossible qu'il n'y ait pas de second tour.» Ces discours radicalement opposés inquiètent les Sénégalais comme les observateurs. Pour prévenir d'éventuelles tensions à venir, Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigeria et chef de la mission d'observation de l'Union africaine, a dévoilé curieusement dès samedi un plan «de sortie de crise». Le texte, qui prévoit de laisser Wade au pouvoir pour deux ans, a immédiatement été rejeté tant par le président que par ses opposants et tous les Sénégalais, pour une fois unis.

Le Figaro International

Un dimanche électoral au Sénégal

Wade a voté

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Le président sortant a voté sous les huées ce dimanche dans le quartier Point E de Dakar. Troublé par cet accueil, il en a oublié ses cartes d'identité et d'électeur.

Dans l'ensemble, jusque 17h, la situation semblait calme sur tout le territoire. 

En toute din d'après midi, on signale un très gros incident à Touba, cinq personnes seraient dans le coma après un accident de la circulation impliquant un véhicule rempli de nervis à la solde du président.. Dans un bureau de vote de Touba, toujours, des coups de feu ont été signalés, sans faire de victime. Les nervis, des hommes cagoulés semblent circuler autour des bureaux de vote. On s'inquiète de possibles exhactions à la fermeture et au dépouillement des urnes.

On signale une très importante participation électorale dans quasi tout le pays où l'on constate de nombreux cas de fraude, d'impression de bulletins de vote mal imprimés entre-autres...

Elections au Sénégal ce dimanche

En banlieue de Dakar, la carte d'électeur comme "arme contre la vie chère"

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"Ma carte d'électeur est mon arme contre la vie chère", lance Balla Gaye, dans une longue file d'électeurs attendant de voter dimanche à la présidentielle dans une des banlieues de Dakar où les habitants vivent dans des conditions très précaires.

"Comment vivre correctement avec un sac de riz (de 50 kg) à 25.000 FCFA (38 euros). Cette élection est le moment de manifester ma colère contre Abdoulaye Wade", dit cet homme d'une cinquantaine d'années, plombier, marié et père de plusieurs enfants.

"Pourquoi le pouvoir a augmenté les prix des produits?" comme le riz et l'huile, s'interroge un jeune homme debout devant le portail d'un centre de vote de Grand-Médine, quartier d'une des banlieues populaires de Dakar où de longues files d'électeurs se sont formées.

"D'habitude, ça se passe comme ça. C'est quartier chaud et très politique à cause du mal-vivre des habitants", affirme l'un d'eux, Maodo Mbaye.

L'ex-président sud-africain Nelson "Mandela est sorti par la grande porte. Abdoulaye Wade sortira par une fenêtre. Sur dix de ses promesses, une seule a été respectée. Il nous parle d'infrastructures alors que les gens n'ont rien à manger", fulmine Ibrahima Diallo, dans un centre de vote voisin des Parcelles Assainies, autre quartier de banlieue.

La route en direction de Guédiawaye, grande banlieue déshéritée, est inondée d'eaux usées rejetées d'un canal menant à la mer.

Ces eaux usées ont provoqué la colère des populations et des émeutes pendant la campagne électorale, dans un contexte de violences qui a fait au moins six morts depuis fin janvier, après la validation de la candidature du président Abdoulaye, contestée comme "illégale" par l'opposition.

"Electeurs tranférés"

Ibrahima Guèye, chauffeur de taxi de Guédiawaye, estime qu'"on ne peut pas dire qu'il n'a pas travaillé. Toutes ces routes, avec ces lampes, ont été faites par le vieux", comme est souvent appelé le président Wade, au pouvoir depuis douze ans, et qui brigue un nouveau mandat face à treize concurrents.

Mamadou Ndiaye, sur le point de voter à Pikine, autre commune de l'agglomération dakaroise, ajoute: "Que ce soit Wade ou un opposant éventuellement au pouvoir, tous auront intérêt à diminuer le coût de la vie. C'est très dur ici".

Mais, reconnaît-il, "Wade est un bon président. C'est lui qui a construit routes, postes de santé et hôpitaux dans la banlieue".

A "l'école 13" de Guédiawaye, Mamadou Diop, la vingtaine, attend de voter dans la vaste cour sablonneuse. Il affirme que "samedi soir, des centaines de jeunes de Guédiawaye ont quitté Dakar pour Fatick (centre, fief de Macky Sall, un des principaux candidats) Ce sont des électeurs qui ont été transférés illégalement dans cette ville pour voter pour Wade".

"On m'a promis 10.000 FCFA (15 euros) pour y participer. Je me suis ravisé. Ma mère m'a dit que ça peut être dangereux. Que voulez-vous? Je chôme malgré mon diplôme en maintenance industrielle. Je n'ai même pas de stage", confirme un jeune de 25 ans qui dit s'appeler Leuz.

Ibrahima Diawara, un responsable du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir) dans cette zone, dément: "Pourquoi les transporter à Fatick alors que nous avons besoin d'eux pour gagner" à Guédiawaye, commune acquise à l'opposition depuis 2009.

Dans le centre de vote voisin de Pikine, Aminata Sèye, la quarantaine, dit avoir choisi "de voter tardivement pour prévenir d'éventuels troubles".

A côté une autre femme ameute la foule: "Si chacun rentre après avoir voté, il y aura la paix. Nous voulons tous la paix dans ce pays"

AFP

Wade persuadé d'obtenir «une majorité écrasante»

Elections au Sénégal : Wade persuadé d'obtenir «une majorité écrasante»

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Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, en visite au Burkina Faso, a souhaité samedi la tenue d'élections «loyales et transparentes» au Sénégal, à la veille du premier tour de la présidentielle.

«Nous n'avons pas à intervenir dans les élections mais nous souhaitons que ces élections (au Sénégal) soient transparentes et loyales», a déclaré M.Juppé, lors d'une conférence de presse à Ouagadougou, appelant au calme.

«Les élections vraisemblablement vont se dérouler (...) Nous appelons sans cesse à la retenue, pas de violence. Ce n'est pas dans la violence d'où qu'elle vienne qu'on va trouver la solution» a-t-il ajouté, plaidant pour la liberté de manifester conforme à "la tradition démocratique" du Sénégal.

"La liberté de manifestation est une liberté fondamentale en démocratie, mais sans violence", a souligné M. Juppé.

Abdoulaye Wade persuadé d'avoir une majorité écrasante

«Ce n'est pas aux Européens de décider», affirme encore le président sénégalais Abdoulaye Wade dans un entretien au JDD. «Mais je sais que les Français et les Américains cherchent à m'embêter, parce que je ne suis pas docile. Je répondrai comme (l'ancien président Leopold Sedar) Senghor : +Je ne suis pas le nègre de service+».

Quant au président français Nicolas Sarkozy, il «n'est pas mon adversaire, enfin, je crois. Je pense qu'il ne partage pas le point de vue de M. Juppé», estime le président..

Dans cet entretien, Abdoulaye Wade se dit à nouveau persuadé d'avoir une "majorité écrasante" dès le premier tour dimanche de la présidentielle. Interrogé sur des risques de débordements de la part de l'opposition qui s'oppose à sa candidature pour un troisième mandat, il affirme que «l'opposition est incapable d'organiser de telles choses. Une révolte des Sénégalais contre moi n'est pas pensable».

Les manifestants qui réclament son départ «sont manipulés par des politiciens machiavéliques qui n'oseront jamais mettre leurs propres enfants dans la rue», assure-t-il, tout en se disant "meurtri" par les six morts survenues lors de manifestations.

L'opposition sénéglaise a proposé samedi, l'organisation d'un nouveau scrutin sans lui «dans un délai de six à neuf mois», et la mission d'observation de l'Union africaine a appelé à une limitation à deux ans de son éventuel troisième mandat afin d'"échapper au chaos".

«Il n'y aura pas d'état d'urgence, sauf si des mercenaires sortent dans la rue pour tirer sur les gens. À ce moment-là, je déclarerai l'état de siège. Mais cela n'arrivera pas», affirme le président sénégalais, âgé de 85 ans.

La campagne jusqu'à l'élection présidentielle au Sénégal a été marquée par de violentes protestations à la suite de la décision de la plus haute instance judicaire du pays de valider la candidature d'Abdoulaye Wade, 85 ans. Celui-ci a déjà exercé deux mandats présidentiels mais ses partisans affirment que les changements constitutionnels de 2001 et 2008 lui donnent le droit de se représenter.

Le Parisien

Wade très très très optimiste!

Wade : "Une révolte contre moi n'est pas pensable !"

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Le président sénégalais Abdoulaye Wade se dit à nouveau persuadé d'avoir une "majorité écrasante" dès le premier tour dimanche de la présidentielle, assurant qu'une révolte des Sénégalais contre lui n'est pas possible, dans un entretien à l'hebdomadaire français le Journal du Dimanche.

"Ma majorité est si écrasante que je pense être élu avec un fort pourcentage dès le premier tour", assure M. Wade.

Interrogé sur des risques de débordements de la part de l'opposition qui s'oppose à sa candidature pour un troisième mandat, il affirme que "l'opposition est incapable d'organiser de telles choses. Une révolte des Sénégalais contre moi n'est pas pensable".

Les manifestants qui réclament son départ "sont manipulés par des politiciens machiavéliques qui n'oseront jamais mettre leurs propres enfants dans la rue", assure-t-il, tout en se disant "meurtri" par les six morts survenues lors de manifestations.

L'opposition sénéglaise a proposé samedi, l'organisation d'un nouveau scrutin sans lui "dans un délai de six à neuf mois", et la mission d'observation de l'Union africaine a appelé à une limitation à deux ans de son éventuel troisième mandat afin d'"échapper au chaos".

"Il n'y aura pas d'état d'urgence, sauf si des mercenaires sortent dans la rue pour tirer sur les gens. À ce moment-là, je déclarerai l'état de siège. Mais cela n'arrivera pas", affirme le président sénégalais, âgé de 85 ans.

"Ce n'est pas aux Européens de décider", affirme encore le président sénégalais, alors que le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a jugé dans un entretien à Jeune Afrique que "la durée excessive de l'exercice du pouvoir peut poser problème".

"Mais je sais que les Français et les Américains cherchent à m'embêter, parce que je ne suis pas docile. Je répondrai comme (l'ancien président Leopold Sedar) Senghor : +Je ne suis pas le nègre de service+. "

Quant au président français Nicolas Sarkozy, il "n'est pas mon adversaire, enfin, je crois. Je pense qu'il ne partage pas le point de vue de M. Juppé".

AFP

25/02/2012

Les Sénégalais de Paris inquiets

Les Sénégalais de Paris inquiets pour leur pays à la veille du scrutin

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Ils sont coiffeurs, restaurateurs ou financiers: à des milliers de kilomètres de leur pays natal, des Sénégalais vivant à Paris scrutent avec inquiétude la situation politique à Dakar, redoutant des violences à la veille du scrutin controversé de dimanche.

"Nous sommes très inquiets pour le pays, pour nos familles", explique Cheikh Ba, porte-parole du collectif Grand rassemblement des Sénégalais de l'Extérieur.

"La situation est assez tendue, notamment à Dakar", ajoute-t-il: "il y a eu des morts et le pire est à craindre parce que la population est excédée".

Environ 5,3 millions de Sénégalais sont appelés à voter dimanche au premier tour de la présidentielle, précédée par des violences liées à la contestation de la candidature du président sortant Abdoulaye Wade, 86 ans, dont 12 au pouvoir.

Au moins six personnes ont été tuées, une vingtaine blessées et de nombreuses autres arrêtées à Dakar et en province lors de manifestations pour exiger le retrait de sa candidature.

"Je vois passer beaucoup de compatriotes, on vit cette situation très difficilement parce qu'étant à l'étranger on craint pour sa famille", témoigne Habib Gning, patron de La linguère, un restaurant du centre de Paris fréquenté par la diaspora sénégalaise.

"C'est vraiment dramatique de voir que nos concitoyens se déchirent pour arriver au pouvoir, bien qu'il y ait des raisons pour pousser les gens à la révolte puisque la situation économique est catastrophique dans le pays", ajoute-t-il.

Dans les milieux intellectuels, on ne pardonne pas au président sortant, dont l'élection en 2000 avait suscité un immense espoir après des décennies de pouvoir socialiste, une gestion clanique du pouvoir.

"un immense gâchis" "Wade nous a vraiment déçus, à son arrivée on croyait que l'alternance démocratique allait tout changer avec son fameux sopi (changement, ndlr), mais avec son régime, il n'y a que ses proches qui se sont enrichis, des gens qui n'avaient rien, qui maintenant sont milliardaires", dénonce Mamadou Djiby Sall, 29 ans.

Ingénieur dans la finance, ce lauréat d'un concours organisé à l'initiative du gouvernement français pour promouvoir les talents des jeunes habitants des cités populaires, pointe "un immense gâchis".

L'âge du prétendant dérange également: "A 86 ans, l'idéal serait qu'Abdoulaye Wade, après 12 ans de mandat, lui qui s'est dit très attaché au Sénégal, se ressaisisse et renonce à sa candidature dans l'intérêt du peuple sénégalais, de l'Afrique, au lieu de s'obstiner (à concourir) pour un nouveau mandat", analyse Mamadou Fall.

La hantise des violences post-électorales à l'instar de ce qui s'est produit en Côte d'Ivoire inquiète ces Sénégalais dont la plupart vivent en France depuis des dizaines d'années. C'est le cas d'Aminata Camara, coiffeuse, dont la famille vit en grande partie dans la Médina de Dakar: "avec ces élections il y a beaucoup de risques", dit-elle.

"Chaque jour qui nous rapproche de la date du 26 février nous rapproche du précipice (...) le pays risque de sombrer dans le chaos", prédit encore Cheikh Ba.

De son côté, Lo Absa, gérante des Saveurs du Sénégal, un restaurant chic du 17e arrondissement de Paris, renvoie dos à dos opposition et pouvoir: "les gens sont manipulés par les politiciens avides de pouvoir, j'aurais souhaité qu'on reporte les élections, qu'on donne une chance à la paix, que les opposants et le pouvoir puissent discuter".

Plusieurs centaines de Sénégalais ont manifesté samedi place de la Bastille à Paris derrière une grande banderole proclamant: "Wade dégage! Le peuple sénégalais en a marre", pour appeler le président à céder le pouvoir.

RTL/AFP

un compromis à la veille de la présidentielle?

l'Union africaine propose un compromis à la veille de la présidentielle

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L'Union africaine a proposé une "feuille de route" prévoyant que le président sortant Abdoulaye Wade, 85 ans, à la candidature contestée, quitte le pouvoir dans deux ans s'il est réélu, pour mettre fin aux violences au Sénégal, à la veille du premier tour de la présidentielle.

Cette proposition survient alors que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est dit samedi "inquiet" de la situation au Sénégal, espérant que l'élection serait "pacifique et transparente".

Elle a été faite par l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, chef de la mission d'observation de l'UA et de la Communauté économique et monétaire des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), selon le Mouvement du 23 juin (M23), coalition de partis d'opposition et d'organisations de la société civile.

"Le président Obasanjo a introduit un élément nouveau, une feuille de route selon laquelle Abdoulaye Wade ne resterait que deux ans seulement au pouvoir s'il gagne la présidentielle dimanche", a déclaré à l'AFP Abdoul Aziz Diop, un responsable du M23.

La durée du nouveau mandat présidentiel est de sept ans.

"Reste à savoir quelles garanties nous aurons pour qu'il parte effectivement dans deux ans. C'est sur ces garanties que vont porter les négociations à venir avec le président Obasanjo", a ajouté Abdoul Aziz Diop.

La mission d'observation de l'UA n'était pas en mesure de confirmer ces informations, mais Olusegun Obasanjo devait s'exprimer lors d'une conférence de presse samedi soir.

"Nous avons toujours dit que nous étions prêts à la discussion pour qu'il y ait des élections libres et transparentes (...). Nous sommes disposés à discuter de toutes les questions", a répondu le porte-parole de la présidence sénégalaise, Serigne Mbacké Ndiaye, interrogé sur la radio sénégalaise RFM.

A Paris, le chef de la diplomatie française Alain Juppé a estimé que "la durée excessive de l'exercice du pouvoir peut poser problème" au Sénégal, où Abdoulaye Wade est au pouvoir depuis douze ans, dans un entretien au magazine Jeune Afrique à paraître lundi.

"Il y a dans toute démocratie des moments où il faut bien organiser un passage de générations", a-t-il souligné, précisant que "la décision appartenait au peuple sénégalais".

"Tout sauf Wade" Le M23 n'a pas encore donné de réponse officielle à cette "feuille de route", dans l'attente de consulter ses nombreuses composantes.

"Notre souhait demeure que Abdoulaye Wade perde la présidentielle dimanche. La consigne du M23, c'est que les Sénégalais aillent voter massivement", a souligné Abdoul Aziz Diop.

Le collectif de jeunes "Y'en a marre" a aussi appelé de son côté à voter massivement, sans donner d'autre consigne que "tout sauf Wade".

La nouvelle candidature de M. Wade est jugée "illégale" par l'opposition, pour qui il a épuisé ses deux mandats légaux après son élection en 2000 et sa réélection en 2007. Ses partisans soulignent que des réformes de la Constitution en 2001 et 2008 lui donnent le droit de se représenter.

Les violences liées à sa candidature ont fait depuis fin janvier au moins six morts et des dizaines de blessés. Le M23 a parlé de "15 morts, 539 blessés".

Plusieurs candidats, dont le socialiste Ousmane Tanor Dieng et l'ex-Premier ministre Macky Sall, ont demandé à leurs militants de "sécuriser" leur vote pour éviter toute fraude avant la publication des résultats, faisant craindre des troubles autour des bureaux de vote.

Le président Wade lui-même a demandé aux jeunes de son parti de "protéger" ses bulletins pour que l'opposition ne puisse pas "saboter le scrutin", pour lequel 5,3 millions de Sénégalais sont appelés aux urnes.

Le camp présidentiel semble convaincu de l'emporter dès le premier tour dimanche, une perspective jugée "mathématiquement impossible" par l'opposition et qui pourrait enflammer les jeunes militants opposés à "Gorgui" (le vieux en wolof).

Le Nouvel Obs

Demain on vote

Le Sénégal se prépare à un scrutin présidentiel tendu

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Le Sénégal s'apprête à vivre dimanche l'élection présidentielle la plus contestée de son histoire récente dans l'ombre des violences qui ont suivi la validation de la candidature du président sortant, Abdoulaye Wade, en quête d'un troisième mandat.

Face à Wade, qui semble disposer d'une confortable avance sur une opposition divisée, treize autres candidats briguent également la magistrature suprême, dont deux de ses anciens Premiers ministres, Macky Sall et Idrissa Seck.

Les opposants du président sortant affirment que sa candidature viole le principe constitutionnel limitant à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs. Wade répond que cette disposition ayant été introduite durant son premier mandat, elle ne rentre pas en ligne de compte.

Cet argument n'a pas suffi à apaiser les opposants, dont les manifestations ont été violemment réprimées, tandis que la France et les Etats-Unis, importants partenaires commerciaux du Sénégal, ont critiqué la candidature de Wade, 85 ans.

Au moins six personnes ont péri dans les heurts entre opposants et policiers depuis fin janvier et la décision de la Cour suprême d'autoriser Wade à se présenter.

"Je pense qu'il s'agit d'une élection cruciale pour le Sénégal (...) qui soit consolidera le processus électoral démocratique du pays, soit, si cela tourne mal, pourrait marquer un (...) retour en arrière pour les progrès démocratiques du Sénégal et de la région en général", souligne Gilles Yabi, responsable de l'Afrique occidentale au sein du groupe de réflexion International Crisis Group.

"JAMAIS RIEN VÉCU DE TEL"

La mission d'observation envoyée par l'Union européenne s'est dite préoccupée par le retard pris dans la distribution de plusieurs centaines de milliers de cartes électorales, par le manque de transparence du processus et par la répression des opposants.

"Nous voulons vraiment que le Sénégal reste stable et continue d'être un modèle pour la région, ce qu'il est aujourd'hui", a déclaré Thijs Berman, le chef de la délégation européenne, lors d'un déplacement à Touba, la deuxième ville la plus peuplée du Sénégal et la capitale religieuse de ce pays très majoritairement musulman.

Selon Berman, des questions subsistent encore concernant la décision du Conseil constitutionnel d'autoriser Wade à concourir. La police, a-t-il estimé, a utilisé une "violence disproportionnée" face aux manifestants qui dénonçaient cette décision.

Les opposants du groupe M-23, nommé en référence à une émeute contre Wade le 23 juin 2011, ont organisé des manifestations quasi-quotidiennes, qui ont souvent dégénéré en heurts avec la police.

"Il suffit de battre Wade dans les urnes. Nous verrons alors que tout cela n'en valait pas la peine. Les gens se font tuer, blesser, le Sénégal n'a jamais rien vécu de tel", déplore Salimata Sy, qui travaille dans la banque à Dakar.

Le Sénégal est le seul Etat d'Afrique occidentale, îles exceptées, à ne pas avoir subi de coup d'Etat depuis son indépendance, en 1960.

Les précédents scrutins se sont déroulés dans le calme et ces deux éléments ont contribué à faire du pays un exemple régional.

Wade est arrivé au pouvoir en 2000 après une longue carrière d'opposant. Il met en avant son bilan de grands chantiers d'infrastructures, notamment des routes et un aéroport.

Il est en revanche critiqué pour ne pas avoir suffisamment accru le niveau de vie des Sénégalais, qui sont nombreux à subsister avec l'équivalent de quelques euros par jour.

Plus récemment, la construction à sa demande d'une statue colossale symbolisant la Renaissance africaine, pour un coût de 27 millions de dollars, lui a valu d'être taxé de mégalomanie et de mauvais usage de fonds publics dans cette période d'inflation des prix des produits alimentaires.

Richard Valdmanis/Diadie Ba/Pascal Fletcher, Gregory Schwartz édité par Tangi Salaün

22/02/2012

Wade prêt à partir...

FACE AUX PRESSIONS ET AUX MORTS : Wade prêt à négocier son départ

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Sous pression internationale et face à une situation quasi-insurrectionnelle au Sénégal, le Président Wade qui veut laisser un legs aussi honorable que celui de Nelson Mandela après sa carrière politique serait ouvert à un compromis pour son départ de la tête du Sénégal. Un ambassadeur accrédité à Dakar en a fait la révélation à L’Observateur.

NEGOCIATION. Wade est un vieil ambigu, un presque nonagénaire à la personnalité hybride. Le pape du Sopi qui a la carapace dure mais le cœur humain est aussi un adepte du double discours. Le candidat des Forces alliées pour la victoire en 2012 (Fal 2012) ne dit pas ce qu’il pense et ne pense pas ce qu’il dit. Après sa sortie malheureuse, jugée odieuse par l’opposition sénégalaise, qualifiant le vent de violence qui secoue le pays avec son lot de morts (9 au total) de « simple brise », le président sortant, que les chancelleries étrangères interpellent quotidiennement sur la situation quasi-insurrectionnelle qui prévaut au Sénégal, avoue en coulisses, via son téléphone satellitaire, « être profondément touché par ces pertes en vie humaine ». Selon un diplomate accrédité à Dakar qui a choisi de prendre contact avec L’Observateur, Me Wade chercherait même aujourd’hui une porte de sortie honorable. Une échappatoire qui lui épargnerait de sortir du palais de l’avenue Roume la tête haute.

Ces derniers jours, Me Wade a clamé la nécessité d’un dialogue à Washington, Londres et Paris, sans qu’on sache toutefois jusqu’où sa volonté affichée d’ouverture pourra se traduire dans les faits. « Il a dit qu’il est ouvert au dialogue, soutient l’ambassadeur qui a contacté L’Observateur. Mais si le Président Wade l’a accepté, ce n’est pas parce qu’il estime être le responsable de cette violence qui a fait des morts ou bien parce qu’il a cédé aux pressions de l’opposition. Il dit l’accepter parce qu’il a toujours été proche de son peuple et ce peuple est manipulé par des gens qui veulent créer un massacre et le mettre sur son dos. D’ailleurs, il demande que l’opposition appelle d’abord à l’ouverture d’un dialogue qui pourra débaucher sur son possible départ, mais lui ne fera jamais l’appel. »

L'Observateur 

Grande nouvelle!

Wade atterrit à l’aéroport international de Diass demain, jeudi 23 février 2012 à 11 heures

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Le président sortant, candidat à sa propre succession, se hâte de montrer à la face du monde et à ses détracteurs qu’un de ses plus grands projet s’est réalisé (ou est en passe de l'être). Aujourd’hui, le pape du sopi exhibe fièrement son « éléphant bleu », selon la formule de nos confrères de l’Observateur. C’est ce jeudi 22 fevrier que le président de la République (sortant) va atterrir sur la piste déjà achevée de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd), même si l’infrastructure est encore en cours d'exécution. Demain donc, à 11h, le tarmac de l'Aibd va sentir le poids du train d’atterrissage d’un avion. La décision a été prise la semaine dernière, et tenue dans la plus grande discrétion. Toutes les mesures ont été prises par le directeur général de l’Aibd pour garantir un atterrissage parfait au chef de l’Etat.

Bien que ce nouvel aéroport, tant promis, tant attendu, devenu au fil des ans l'Arlésienne du président et de son fils, peut enfin offrir - si la taxation diminue enfin - un outil indispensable au développement touristique du pays, il est fort à parier que bon nombre d'anti Wade prient pour que l'avion s'écrase à l'attérissage de ce vol "inaugural"...

Wade, l'homme qui aimait trop le pouvoir

Wade, l'homme qui aimait trop le pouvoir!

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En briguant un troisième présidentiel, Wade ne s'applique pas à lui-même les leçons qu'il donne aux autres. La détermination du président à rester à la tête du pays ternit l'image du Sénégal à l'international.

«Le bon maçon se voit au pied du mur», a-t-on coutume de dire. Le bon démocrate se voit à l’épreuve du pouvoir, peut-on renchérir. Le président sénégalais, Abdoulaye Wade, arrivé au pouvoir grâce à une envie de changement manifeste au sein de la jeunesse, est en passe d’écrire une page sombre de l’histoire de son pays.

Bénéficiaire de l’alternance au sommet de son pays, il s’érige aujourd’hui en bourreau de cette valeur démocratique éprouvée. On a souvenance du vieux sage qui ne manquait aucune occasion pour prodiguer des conseils, des recettes de démocratie et de bonne gouvernance. Aujourd’hui, on peine à reconnaître en Abdoulaye Wade cet homme qui, au plus fort des récentes crises ivoirienne et libyenne, s’est érigé en donneur de leçons.

En effet, il avait conseillé à l’ex-président Gbagbo, alors largement contesté, d’avoir l’élégance de l’ex-président Diouf en se retirant des affaires. Elégance pour élégance, Wade devrait en toute sagesse s’appliquer, à lui-même, ses propres conseils. Car, comme il l’avait si bien dit, droit dans les yeux, à Mouammar Kadhafi au moment du conflit libyen, on pourra retourner à Wade son invité:

«Plus tôt tu partiras, mieux ça vaudra».

Le président-candidat Wade doit comprendre que les conseils, surtout s’ils sont sages comme ceux qu’il avait prodigués à ses pairs en difficulté, ne sont pas faits que pour les autres. Les leçons de démocratie et d’alternance ne valent pas que pour ses pairs. Il devrait savoir donner l’exemple. A l’épreuve de la tentation du pouvoir, Wade a plus que jamais l’occasion d’appliquer ses préceptes, de démentir ceux qui l’ont, jusque-là, pris pour un rigolo.

La jeunesse se soulève

Il ne devra pas se réfugier derrière ce juridisme étroit si cher aux dirigeants sous nos cieux, juridisme qui ne s’embarrasse pas de désacraliser nos constitutions au gré de leurs humeurs. Du reste, le passé récent de certains pays africains confirme, si besoin en était encore, que ce qui est légal n’est pas forcément légitime. Ce qui doit prévaloir dans une loi, surtout quand son interprétation fait l’objet de contestations, c’est l’esprit qui la sous-tend. Cela est notoire.

Le juriste Wade le sait sans aucun doute. Il se souvient de ses leçons de droit comme probablement des engagements qu’il a pris devant les Sénégalais et qui sont restées lettre morte à l’instar de sa promesse de ne pas s’accrocher au pouvoir. De toute façon, la grandeur consiste aussi à pouvoir renoncer à des avantages même si on estime y avoir droit, si cela sème le trouble et la mort d’innocentes personnes.

En Afrique, vieillesse rime le plus souvent avec sagesse. Et on y croit volontiers, et, en paraphrasant Jean de la Fontaine, on peut dire qu’a beaucoup appris, quiconque a beaucoup vu. Mais tel ne semble pas le cas chez Gorgui.

En réponse à ses contempteurs et à tous ceux qui lui demandent d’une manière ou d’une autre de ne pas mettre à mal la démocratie de son pays, il n’hésite pas à brandir, entre autres, le fait d’avoir de nombreux partisans.

Comme si Kadhafi, Gbagbo et bien d’autres dirigeants qu’il n’a eu de cesse de décrier lui-même, n’en avaient pas eu. Triste aveuglement. A présent, le Sénégal tangue comme un bateau ivre, conséquence de l’attitude d’un donneur de leçons pris à défaut. Les jeunes qui avaient fait le succès de Wade en 2000 contestent pour une large part son envie de rempiler pour un autre mandat à la tête de l’Etat.

Le collectif «Y en a marre» en est le porte-drapeau. Le pays n’est pas habitué à ces violences de rue auxquelles on assiste. Les Sénégalais n’ont pas une culture politique violente et c’est l’un des rares motifs d’espoir face à cet engrenage dans lequel Wade et son camp ont poussé le pays.

Wade salit l'image du Sénégal

L’image de la démocratie sénégalaise, et partant du Sénégal, est écornée. En tout état de cause, ce qui se passe actuellement ne fait pas honneur à Wade, encore moins à son régime. Et pourtant, ce ne sont pas les modèles de sagesse qui lui manquent.

A l’autre bout du continent, Nelson Mandela, affectueusement appelé Madiba, a donné une leçon à l’humanité malgré tout le mal qu’il a enduré au plus fort de l’apartheid. Il aurait pu régner sur la République sud-africaine à vie. Il y a renoncé et ce faisant, il a ouvert largement le chemin de la démocratie et de la stabilité à son pays. C’est cela la sagesse au sens le plus noble du terme.

A l’intérieur même du Sénégal, Senghor a quitté le pouvoir à un moment où rien ne l’y obligeait et Diouf, n’eût été sa sagesse, aurait pu s’y accrocher. Avec la tension qui monte et la liste des morts qui s’allonge, on ne peut plus être serein sur l’avenir du pays.

Qu’il y ait élection ou pas, la quiétude n’est plus de mise. Quand on pense qu’il aurait suffi d’un brin de sagesse à ce donneur de leçons pour éviter tout cela… Virus du pouvoir, quand tu nous tiens!

Source: Le Pays

Y'en a marre devant les juges

Des membres de "Y'en a marre" devant la justice

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Sept membres du mouvement de jeunes sénégalais Y'en a marre devaient comparaître mercredi à Dakar pour "participation à une manifestation interdite", jour où l'opposition a appelé à un nouveau rassemblement contre le président Abdoulaye Wade interdit par les autorités.

Les dernières tentatives des opposants rassemblés au sein de Mouvement du 23 juin (M23, partis et organisations de la société civile) de participer au centre-ville de Dakar à des manifestations interdites se sont soldées par des violences entre manifestants et policiers, qui ont fait deux morts depuis le 17 janvier.

Au moins six personnes sont mortes et des dizaines ont été blessées ou arrêtées depuis fin janvier dans tout le Sénégal lors de violences liées à la contestation de la nouvelle candidature du président Wade, 85 ans dont douze au pouvoir, à la présidentielle de dimanche.

Parmi les personnes arrêtées, figurent des membres du collectif citoyen de jeunes Y'en a marre, dont sept devaient comparaître mercredi pour avoir voulu organiser le 16 février un sit-in permanent jusqu'au retrait de la candidature du chef de l'Etat, sur la Place de l'Obélisque à Dakar, interdit par les autorités.

Leur comparution prévue le matin n'avait toujours pas commencé en début d'après-midi et aucun de leurs partisans n'était visible aux alentours du tribunal de Dakar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le M23, comme il le fait presque quotidiennement depuis une semaine, a appelé à un nouveau rassemblement sur la Place de l'Indépendance (centre-ville), où les manifestations sont prohibées depuis juillet 2011.

A chaque fois, le scénario est le même: les accès à la Place sont bouclées par un nombre imposant de policiers anti-émeutes, les manifestants, essentiellement des jeunes accompagnés de candidats d'opposition à la présidentielle tentent de passer, lancent des pierres vers les forces de l'ordre qui les en empêchent et ripostent à coups de gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc, canons à eau. S'en suivent des courses-poursuites et des scènes d'émeutes dans les rues adjacentes.

Obasanjo consulte

Mardi, le célèbre chanteur Youssou Ndour, farouche opposant au président Wade et dont la candidature à la présidentielle a été rejetée par le Conseil constitutionnel, a été légèrement blessé à la jambe alors, qu'entouré de centaines de jeunes, il s'approchait des policiers qui lui barraient le passage.

La France a exprimé "sa solidarité et ses voeux de rétablissement" au chanteur et à tous les blessés de ces derniers jours, en regrettant les violences et les morts.

C'est dans ce contexte que l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo est arrivé mardi à Dakar pour diriger la mission des observateurs de l'Union africaine (UA) à la présidentielle, ce qui n'exclut pas qu'il joue un rôle de "médiateur" pour tenter de faire baisser les tensions.

Mercredi, il a commencé à rencontrer plusieurs candidats d'opposition, parmi lesquels deux anciens Premiers ministres de M. Wade, Idrissa Seck et Moustapha Niasse. Aucune indication n'a été donnée concernant une prochaine rencontre avec le président Wade.

Ce dernier poursuit, impassible, sa campagne électorale entamée le 5 février et qui l'a mené dans la quasi-totalité des provinces du pays. Mercredi, jeudi et vendredi, il tiendra ses derniers meetings à Dakar et ses banlieues, a précisé à l'AFP El Hadj Amadou Sall, un des responsables de sa campagne.

La nouvelle candidature de M. Wade est jugée "illégale" par l'opposition, pour qui il a épuisé ses deux mandats légaux après son élection en 2000 et sa réélection en 2007. Ses partisans soulignent que des réformes de la Constitution en 2001 et 2008 lui donnent le droit de se représenter.

AFP

Youssou Ndour blessé

Youssou Ndour blessé à une jambe lors d'une manifestation à Dakar

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Le chanteur et opposant sénégalais Youssou Ndour a été blessé à une jambe mardi lors de la dispersion d'une foule qui entendait participer à un rassemblement dans le centre-ville de Dakar, interdit par les autorités, a affirmé à l'AFP son entourage.

"Youssou Ndour a été blessé à la jambe gauche, il a été examiné par un médecin, mais il ne souhaite pas en faire une affaire d'Etat et nous ne commenterons pas plus cette information", a déclaré Charles Faye, conseiller en communication de son mouvement citoyen "Fekké ma ci boolé" (Concernés).

M. Faye n'a pas souhaité préciser le type de projectile ayant touché le chanteur qui, a-t-il simplement indiqué, a été blessé "dans le feu de l'action" lors de la dispersion de la foule rassemblée sur une avenue menant Place de l'Indépendance, dont l'accès était interdit par des policiers anti-émeutes.

Les incidents ont éclaté mardi soir lorsque, juché sur le toit d'une voiture, Youssou Ndour, farouche opposant au président Abdoulaye Wade, s'est approché très près d'un cordon de policiers anti-émeutes sur l'avenue Georges Pompidou, à quelques pas de la Place de l'Indépendance. Des pierres sont alors parties depuis la foule qui entourait son véhicule en direction de la police, qui a riposté par des tirs de gaz lacrymogènes.

Youssou Ndour avait très rapidement quitté les lieux après le début de la dispersion de la police, au cours de laquelle au moins une personne, évacuée par des secouristes, a été blessée à la jambe, selon un journaliste de l'AFP présent sur l'avenue.

Après la dispersion, des jeunes se sont éparpillés par petits groupes dans des rues adjacentes, y érigeant des barricades de fortune.

Près d'un millier de personnes étaient sur l'avenue Pompidou (ex-William Ponty) pour tenter d'accéder sur la Place de l'Indépendance, rassemblés autour de Youssou Ndour, mais également de trois autres opposants et candidats à la présidentielle du 26 février: l'ex-Premier ministre Idrissa Seck, l'ex-ministre des Affaires étrangères Ibrahima Fall et le député-maire Cheikh Bamba Dièye.

Pendant près de deux heures, les manifestants, face aux policiers, ont scandé des slogans et chanté des refrains d'une chanson hostile au président Abdoulaye Wade, également en lice et dont ils contestent la candidature, estimant qu'il doit quitter le pouvoir après deux mandats (élu en 2000, réélu en 2007).

Avant la dispersion de la foule, Youssou Ndour, dont la candidature à la présidentielle a été rejetée par le Conseil constitutionnel, avait répété que M. Wade doit renoncer à se présenter.

"Depuis quelques jours, la population sénégalaise, dans tous ses compartiments (...) lui a montré qu'elle ne veut plus de ce troisième mandat. Il n'a qu'à reconsidérer sa position", avait déclaré à l'AFP M. Ndour.

Youssou Ndour, Idrissa Seck, Ibrahima Fall et Cheikh Bamba Dièye sont tous membres du Mouvement du 23 juin (M23), coalition de partis d'opposition et d'organisations de la société civile réclamant le retrait de la course de M. Wade.

De précédents appels de cette coalition à se rassembler Place de l'Indépendance ont entraîné des violences entre manifestants, en grande partie des jeunes qui tentaient de s'y rendre, et les forces de l'ordre.

AFP

Manifestations jusqu'aux élections

Sénégal: appel à des manifestations jusqu'à la fin de la campagne

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L'opposition sénégalaise a appelé à manifester jusqu'à la fin de la campagne électorale vendredi soir contre la candidature du président Abdoulaye Wade à la présidentielle de dimanche, a annoncé mardi un de ses porte-parole. "Nous appelons à manifester les 22, 23 et 24 (février) sur la Place de l'Indépendance (à Dakar) pour respecter un droit constitutionnel et pour que le président Wade ne soit pas candidat", a déclaré au cours d'un point de presse, Thierno Boucoum, un responsable des jeunes du Mouvement du 23 juin (opposition et société civile). "Nous viendrons massivement pour une manifestation pacifique. Nous savons que le pouvoir a prévu d'infiltrer les manifestants", a averti M. Bocoum.

"Aucune élection ne se tiendra avec la participation de Abdoulaye Wade", a indiqué un autre représentant du M23, Dialo Diop, sans préciser ce que le mouvement prévoit de faire.

Les manifestations sur la Place de l'Indépendance, près du palais présidentiel, sont interdites par le pouvoir.

Selon des sources concordantes, six personnes sont mortes à Dakar et en province dans des violences liées à la contestation depuis fin janvier de la candidature de M. Wade, 85 ans, qui brigue un troisième mandat après 12 ans au pouvoir.

Amnesty International Sénégal (AIS) et la Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH) ont évoqué "neuf morts et des dizaine de blessés" pendant cette période.

TF1

Tourisme et élections

le Quai d'Orsay appelle les Français sur place à une "vigilance accrue"

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Les manifestations restent concentrées à Dakar

A moins d'une semaine du premier tour des élections présidentielles, le Sénégal voit les manifestations d'opposants au président Abdoulaye Wade se multiplier. Mardi 21 février 2012, un rassemblement a été empêché par la police, dans les rues de Dakar. Une situation instable qui pourrait entraîner de nouvelles violences et qui pousse le Quai d'Orsay à appeler les Français sur place à faire preuve d'une grande vigilance.

Alors que le premier tour des élections présidentielles aura lieu le 26 février 2012 au Sénégal, les rues de Dakar sont à l'heure actuelle le théâtre de nombreuses manifestations.

Ce mardi 21 février 2012, la police a de nouveau empêché un rassemblement d'opposants au président Abdoulaye Wade dans la ville. Ce qui pourrait entraîner de nouvelles violences.

Selon un décompte opéré par Amnesty International Sénégal et la Ligue Sénégalaise des droits humains, neuf personnes auraient trouvé la mort depuis le début de la contestation fin janvier 2012.

Une situation qui pousse le ministère français des Affaires Etrangères à mettre à jour la fiche du pays dans les Conseils aux Voyageurs de son site Internet.

"Entré dans une période pré-électorale agitée, le Sénégal, et notamment sa capitale, peut être sujet à des manifestations plus ou moins maîtrisées", peut-on y lire.

Des quartiers à éviter mais pas de risque pour les touristes

Le Quai d'Orsay invite les Français qui se trouvent sur place à "une vigilance accrue et à s'informer sur l'évolution de la situation" avant d'effectuer des déplacements.

Sur son site, l'ambassade de France à Dakar précise les quartiers et les axes qu'il convient d'éviter : Dakar Plateau, Médina, Colobane, les avenues Lamine Guèye, Malick Sy, Peytavin, Jean-Jaurès, Cheikh Anta Diop et Blaise Diagne ainsi que les villes de Rufisque, Kaolack et Diourbel.

Du leur côté, les tour-opérateurs campent sur leurs positions. "Les voyagistes travaillent depuis longtemps sur la destination, martèle le secrétariat général du CETO. Ils savent apprécier la situation.

Les touristes ne se trouvent pas là où se déroulent les événements liés aux élections présidentielles qui auront lieu le 26 février 2012." Méthode Coué ou non, pour les producteurs, les touristes présents au Sénégal n'ont aucune raison de subir des désagréments liés à ces manifestations.

Témoignage de pro sur place : "Les manifestations sont concentrées à Dakar"

Sur place, les professionnels du tourisme envisagent surtout de jouer la carte de la prévention ce dimanche, "principalement afin d'éviter les probables embouteillages causés par les manifestations et qui pourraient retarder ou empêcher les transferts des touristes jusqu'à l'aéroport, témoigne Blandine Leguichaoua, consultante en tourisme et spécialiste du Sénégal.

Les agences du Sénégal se sont regroupées et veillent à la route en postant des éclaireurs le long du chemin et s'il y a un barrage, attendent ou empruntent un autre chemin.

Je parlais à midi avec des clients du Lamantin et ils revenaient d'excursion sans avoir jamais rencontré de manifestants.

J'ai moi-même quitté Dakar hier midi et lorsqu'on arrive à Saly ou dans le Saloum personne ne se rend compte de rien.

Les manifestations sont concentrées à Dakar et si parfois cela touche la province, ce sont surtout des jeunes qui en profitent pour couper les routes en faisant brûler des pneus. Je revenais dimanche soir du Lac Rose vers Dakar et je les ai croisés.

Par contre, les agences évitent les excursions dans le centre-ville de Dakar, pour éviter que les touristes ne se trouvent dans une manifestation, ce qui est valable pour tous les pays du monde.

Nous sommes mardi et des négociations ont commencées. Elles ont été confiées à l'ancien président du Nigéria et nous attendons les résultats.

Les élections doivent se tenir dimanche et les préfectures ont interdit la circulation sauf aux acteurs du tourisme, qui ont tous des laisser-passer pour effectuer les transferts et les circuits.

Le Sénégal possède de solides institutions et des hauts fonctionnaires très brillants, donc le pays fonctionne malgré la campagne électorale difficile qui ébranle quelque peu cette démocratie exemplaire d'un jeune pays de 50 ans d'existence".

Tourmag.com

21/02/2012

Wade est sourd, muet et aveugle

"Abdoulaye Wade est sourd, muet et aveugle"

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Des jeunes bravent encore l'interdiction de manifester à Dakar pour exiger le retrait de la candidature d'Abdoulaye Wade à six jours de l'élection. Le bras de fer a fait six morts en trois jours.

La tension est très vive au Sénégal à six jours de l'élection présidentielle de dimanche et, depuis près d'une semaine des violences ont lieu dans le centre de Dakar entre les forces de l'ordre et des opposants, essentiellement des jeunes, qui tentent de participer à des manifestations interdites.

L'opposition sénégalaise a appelé à une manifestation interdite ce lundi après-midi à Dakar contre la candidature du chef de l'Etat Abdoulaye Wade à la présidentielle de dimanche. Alioune Tine, coordinateur du Mouvement du 23 juin (M23), coalition de partis d'opposition et d'organisations de la société civile, fixe le rendez-vous à 15h sur la place de l'Indépendance. Selon lui, Abdoulaye Wade est devenu, "dans sa volonté de rester au pouvoir, sourd, muet et aveugle".

De précédents appels du M23 à se rassembler sur la place de l'Indépendance, située dans le quartier des affaires et administratif du Plateau, à proximité du Palais présidentiel, ont entraîné des violences entre manifestants, en grande partie des jeunes qui tentaient de rallier la place, et les forces de l'ordre. Ces manifestations ont pour but d'exiger le retrait de la candidature de Wade que le M23 juge anti-constitutionnelle.

Ce nouvel appel fait craindre des violences similaires à celles des trois derniers jours. Le décès d'un jeune homme des suites de ses blessures après avoir reçu une pierre sur la tête, dimanche soir, porte à six le nombre de morts dans ces violences. La répression par des policiers qui tirent des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc, utilisent des canons à eau et occasionnellement des pierres comme les manifestants, ont fait au moins une vingtaine de blessés depuis vendredi.

AFP 

20/02/2012

Violences au Sénégal

Violences à Dakar : "la police ne se contente pas de casser du manifestant"

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"Etat d'urgence", "le Sénégal s'embrase", "Dakar à feu et à sang". A une semaine du 1er tour de la présidentielle, la presse sénégalaise déplore, lundi 20 février, un week-end de violences. Tout a commencé vendredi quand, en marge d'une manifestation, des policiers lancent une grenade lacrymogène sur la mosquée Zawiya El Hadji Malick-Sy, haut lieu de la confrérie Tidjane, blessant un fidèle. La presse sénégalaise dans son ensemble condamne lundi la profanation du lieu. Mais plus ou moins vigoureusement, selon son orientation politique.

Le Soleil, quotidien pro-gouvernemental, se contente de relater brièvement les faits. "Alors que la situation semblait se tasser avec l'entrée en action de la police d'élite sénégalaise, un groupe de manifestants se signale à quelques jets de pierres de la Zawiya d'Elhadji Malick Sy. Pendant des minutes, ils crient leur colère. Ils deviennent de plus en plus nombreux devant l'inaction de la police. Ce sera de courte durée puisque la charge ne tarde pas. Les manifestants se dispersent. Deux grenades lacrymogènes cassent les vitres d'une fenêtre de la mosquée et laissent échapper leur contenu dans la salle de prière."

A l'inverse, Le Quotidien, journal à ligne éditoriale très critique vis-à-vis du président Abdoulaye Wade, adopte un ton beaucoup plus accusateur, en parlant "d'attaque de fidèles". "La police ne s'est pas contentée de casser du manifestant. Elle a aussi vandalisé des maisons et profané des lieux de culte", rapporte le journaliste Omar Seydou Ba. Ce dernier livre un récit plus détaillé des événements : "Pris au piège, les fidèles tentent de se dégager comme ils peuvent. Mais c'est peine perdue. Certains sont asphyxiés, d'autres piétinés. Ils toussotent. Ils pleurent. Dehors, l'ambiance est indescriptible. (...) Des grenades tonnent. Pour effacer toute trace, les policiers ramassent leurs douilles."

MASSACRE, EMBRASEMENT, APOCALYPSE

Même constat de chaos pour le quotidien en ligne, Nettali.net ("raconter" en wolof) : "La situation dégénère à grande vitesse dans quasiment toutes les villes du Sénégal, embrasant un pays qui n'avait jamais connu pareille apocalypse. Depuis vendredi, c'est un Sénégal sans pilote que l'on voit à la une des journaux étrangers, donnant une piètre image de notre pays que l'on commence à désormais comparer aux pires dictatures du monde."

Une inquiétude partagée par Sud Quotidien, qui consacre sa une à "l'état d'urgence". Dans son éditorial, "Arrêtons le massacre", Madior Fall demande l'interruption des violences et l'ouverture d'un dialogue : "Il n'est pas trop tard. Il n'est jamais trop tard, pour un dialogue inclusif, franc, sincère, dénué d'arrière-pensées, d'esprit de ruse ou d'une quelconque fourberie entre tous les fils d'un pays. Le seul souci devant être de préserver le Sénégal, confronté aujourd'hui aux heures les plus troubles de son histoire postindépendance."

Pour le site d'information indépendant Rewmi ("le pays" en wolof), l'attaque de la mosquée est signée des mains des officiers des forces de sécurité. "L'attaque contre la Zawiya n'est pas le fait d'incultes agents de maintien de l'ordre. L'homme, que toutes les images désignent comme ayant dirigé l'opération, est un officier, le colonel Abdoulaye Diop. Il ne peut et ne saurait avoir l'excuse de l'ignorance de ce principe sacro-saint de l'inviolabilité des lieux de culte." Mais les accusations des journalistes vont plus loin : "Des jeunes ont été torturés, (...) des femmes tabassées dans leurs maisons où même des gaz lacrymogènes ont été jetés. Le colonel Harona Sy, à la tête du commissariat central où des manifestants sont retenus, dont les jeunes de "Y en a marre", aurait fait subir des actes de tortures à ces derniers."

FRONDE CONTRE LE MINISTRE DE L'INTÉRIEUR

Tout en haut de la hiérarchie, Ousmane Ngom, le ministre de l'intérieur, est lui aussi directement mis en cause. Samedi, il a été dépêché à Tivaouane, la ville sainte des Tidjanes, pour implorer le pardon des guides religieux. Un comité d'accueil l'y attendait. "Le scénario qui s'est déroulé à partir de ce moment est digne du siège de la Bastille. Durant près de quinze bonnes heures, la demeure (...) a été encerclée par des foules déchaînées et déterminées, criant "A mort Ousmane Ngom" ! La situation a pris des proportions telles que le ministre et ses hôtes ont trouvé plus sage de ne pas mettre le nez dehors", rapporte Malick Ndaw de Sud Quotidien. Le ministre Ngom a finalement dû être exfiltré par le GIGN.

Agé de 56 ans, Ousmane Ngom a été nommé ministre pour la première fois en 1991. Membre du camps Wade, il le déserte en 1998 pour monter son propre mouvement, le Parti libéral, avant de rentrer dans le rang en 2003. Un retournement de veste que rappelle Nettali.net, qui demande par ailleurs sa démission. "Ngom est bien l'homme de la situation. Viré, puis mis au ban du festin libéral après son retour piteux et confus dans l'antichambre du PDS [Parti démocratique sénégalais de Wade], Ousmane Ngom est le préposé aux nobles œuvres, aux tâches difficiles à assumer sauf par des hommes qui doivent prouver qu'ils sont dignes de regagner la table où l'on festoie."

Enfin, le quotidien Walf Fadjiri relaye les accusations du candidat de l'opposition Moustapha Niasse. Ce dernier affirme que le régime aurait recruté des mercenaires libériens au sein des forces de sécurité chargées du maintien de l'ordre à Dakar. "Il y a de fortes chances ou de forts risques que ceux qui, masqués, tirent sur les Sénégalais ne parlent aucune langue de notre pays, soient des mercenaires qui sont venus de l'extérieur. (...) Il y en a qui sont arrivés le lundi soir par le vol en provenance du Liberia, de Monrovia, avec escale à Banjul. Comme ils sont masqués, on ne peut pas les reconnaître", ajoute le candidat de la coalition Unité et Rassemblement.

Dimanche après-midi, les violences se sont poursuivies autour de la mosquée. Dans la soirée, un jeune homme est mort à Rufisque dans la banlieue de Dakar, après avoir été blessé à la tête par une pierre lors d'affrontements. Ce décès porte à six le nombre de morts dans des violences liées à la candidature controversée du chef de l'Etat Abdoulaye Wade.

Pauline Pellissier/LEMONDE.FR

Pauvre Sénégal!

Désormais, les jours se comptent en morts au Sénégal.

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Quand un pays compte plus de 60% de jeunes de moins de 20 ans, il ne peut plus être géré par un vieillard!
Cette jeunesse naïve, manipulée par des congrégations religieuses, abandonnée par des familles à la précarité grandissante commence à découvrir, à goûter au sang de la révolte.
Le danger était latent et le vieil Arpagon a cru que son peuple était encore naïf, candide. Il a encore cru à l'obscurantisme d'un peuple docile. Fatale erreur!
L'euphorie de la décolonisation aura mis près d'un demi siècle avant de retomber dans la réalité. Les erreurs de gouvernance, l’appât du gain des dirigeants d'un pays qui n'avait d'autre richesse que sa démocratie est en train de prendre l'eau de toutes parts avec les feux de la révolte qui s'allument de quartiers en quartiers, de villes en villes.
Le bon peuple sénégalais à la téranga légendaire...
La téranga n'est plus qu'une légende! Il faut en faire des kilomètres pour y trouver encore une trace prequ'ensevelie par la poussière des Hanomags de troupeaux dégraissés de touristes en goguette ou en naïve croisade du coeur...
En brousse, très loin en brousse!
Là où subsistent encore des pères qui retournent la pauvre terre du Sénégal. Des fils qui frappent le cul des ânes pour que la charrue trace son sillon. Des femmes et des filles qui portent sur leur tête des bassines de 20 litres d'eau pour tenter d'abreuver les graines qui donneront à manger. Leur cou est douloureux, la récolte sera maigre alors qu'en ville, d'autres frères rabattent les touristes et gagnent en un soir le labeur d'un mois. Alors qu'en ville, d'autres soeurs qui "travaillent dans des réceptifs" gagnent en un soir le labeur de deux mois, de six mois...
Alors, le vieux paysan ferme les yeux et prie.
Alors la mère pleure et compte.
On ne lit pas les journaux, on n'écoute pas la radio, il n'y a pas de télévision. Et, si on l'avait, on regarderait les feuilletons, pas les infos...
Là, en brousse, en travaille, on parle, on écoute le chef du village, le vieux, le marabout. Les enfants se taisent alors qu'en ville, en banlieue, on chahute, on lance des pierres, on se bat, on meurt.
Le Sénégal ne sera plus jamais le Sénégal d'avant les élections de février 2012.
Le président Wade et sa sopi ont aveuglé un peuple aux oeillères. Ce peuple vient de s'arracher œillères, licol et muselière!
On avait de belles autoroutes à Dakar, une grande statue, des congrès fastueux, des hôpitaux luxueux...mais pas d'électricité! Pas de travail, pas de propreté, pas d'hygiène. Plus de poisson! Plus de touristes!
Aujourd'hui, les feux de la colère illuminent les rues mieux que la Sénélec...
L’indécence d'un chef et de son administration ont saccagé le brave et fier pays Sénégalais. Les chômeurs, les désœuvrés sont dans la rue et cassent avec la jeunesse d'un état qui a oublié qu'elle existant, qu'elle allait émerger un jour avec des armes nouvelles: internet, la soif de consommer, l'envie de vivre comme le leurre du vieux continent, de l’Amérique...
Aujourd'hui, le Sénégalais est en colère. Il est aussi triste et malheureux de ce qui arrive. Lui, si fier de son pays.
Nous qui aimons profondément le Sénégal et ses gens, nous qui sommes toubabs, cartésiens et souvent athées, nous prions pour que ce pays ne s'abîme pas.
On peut encore y croire un peu...

19/02/2012

Dimanche mortel au Sénégal

Séries de manifestations sanglantes pour diverses causes

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La violence a atteint ce dimanche son paroxysme au Sénégal. En plus du centre ville qui, depuis la validité de la candidature d'Abdoulaye Wade par le Conseil Constitutionnel, ne cesse d'offrir un décor de violence, toutes les artères de la capitale sénégalaise et même les régions ont renoué avec les flammes.

La situation est plus que jamais alarmante au Sénégal. Les manifestations sont notées dans quasiment tous les coins de l'étendue du territoire national. La tension a débuté ce dimanche matin avec une rude confrontation entre talibés tidianes et forces de l'odre qui s'est soldée par 08 blessés dont un grave, suite à la profanation de la zawiya El Hadj Malick Sy de Dakar.

Les populations de la banlieue  n'ont pas attendu la fin de ces échauffourées sur l'avenue Lamine Guèye pour se mêler à la danse. Au croisement Cambérène comme au rond-point de la Case des Parcelles Assainies, malgré un imposant dispositif des gendarmes anti-émeute, les manifestants du village de Cambérène contre l'implantation de la Station d'épuration ont réussi à acculer les gendarmes, soutenus par les jeunes de la cité Fadia et de Hamo 2. 03 personnes ont été blessées par les gendarmes.

A Rufisque, le pire s'est produit avec la mort par balle d'un jeune homme du nom d'El Hadj Thiam. Dans cette localité, la manifestation est tellement violente que les jeunes ont fini par assiéger la police et le gendarmerie qu'ils n'ont pas hésité de saccager. Néanmoins, le danger est réel dans cette zone car la police est en court de munitions et pourraient utiliser ses armes. Ce qui aurait même occasionné la mort  du jeune au quartier de Colobane.

Par ailleurs Médina, HLM, Soumbédione, Benn Tally, Castors et même des régions comme Diourbel qui n'ont jamais connu de telles manifestations, sont secoués par les flammes. La tombée de la nuit n'a pas incité les gens à se retirer de la rue et les manifestations continuent de s'intensifier dans les différentes artères de Dakar et dans les régions.

Mamadou Sakhir Ndiaye

Les paysans sénégalais en ont marre!

Des paysans en survie lassés des "promesses électorales"

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"Je ne crois plus aux promesses électorales. On nous trompe depuis des années", affirme Ndiaga Faye d'un village du centre du Sénégal plongé dans la torpeur, loin du tumulte de la campagne pour l'élection présidentielle du 26 février.

"Les candidats font des promesses uniquement pour être élus mais personne, à commencer par (le président) Abdoulaye Wade, ne s'occupe vraiment de nous. Mon matériel agricole date du temps de (Léopold Sédar) Senghor", premier président du Sénégal (1960-1980), dit Ndiaga Faye, producteur d'arachide, de mil et de maïs.

"Je ne sais pas encore pour qui je vais voter", ajoute-t-il, assis sur un lit picot, dans la cour de sa maison du village Diaglé, entouré de ses trois épouses et de nombreux enfants, à côté de volailles picorant sur un sol dur et sec.

Des fagots de bois de chauffe sont posés devant les cases en torchis recouverts de chaume dans cette bourgade cernée par la broussaille.

Aucune affiche ou signe ne rappelle la campagne pour l'élection présidentielle qui a fait monter la fièvre à Dakar et d'autres villes du pays.

Quatorze candidats dont le président sortant Abdoulaye Wade, se présentent à ce scrutin qui a plongé le Sénégal dans des violences ayant fait au moins cinq morts depuis le 27 janvier quand le Conseil constitutionnel a validé la candidature de Wade, jugée "illégale" par l'opposition.

"Un candidat à la présidentielle, c'est comme le conducteur d'une voiture qu'on aide à démarrer et qui refuse de vous embarquer après", indique Mbaye Kébé du village voisin de Ndoffane Mady, qui préfère ne pas dire pour qui il va voter.

"On ne voit les politiciens que pendant la campagne électorale, à commencer par mon candidat Abdoulaye Wade", dit Aladji Guèye du village de Ndoffane en égrenant un chapelet.

Babacar Cissé de Thandé Cissé, autre village du centre, va voter "Wade qui fait de bonnes choses en dotant les paysans d'engrais et de semences".

"Nous comptons sur Dieu"

Un avis que ne partage pas Aladji Diakhaté Gaye: "Wade ne nous donne pas d'engrais et n'achète pas comptant notre arachide", principal produit cultivé au Sénégal.

Pour Kabou Cissé, originaire de Kaffrine, dans la même région, "beaucoup de gens risquent de ne pas voter. Pour retirer sa carte d'électeur, il faut faire 35 kilomètres".

Penda Sow, femme d'une cinquantaine d'années de Mboss (centre), dit suivre la campagne électorale à la radio faute de télévision dans son village dépourvu d'électricité. "Que Dieu fasse partir Wade. Tout coûte cher".

Dans le monde rural, les soucis sont avant tout d'ordre alimentaires après de mauvaises récoltes dues à la sécheresse, alors qu'il faut tenir jusqu'à la prochaine saison des pluies en juin, selon le Comité national de concertation des ruraux (CNCR), une des principales organisations de producteurs.

"J'aimerais faire comme ça", dit Mbaye Kébé, en admirant une ferme agricole, îlot de verdure dans un environnement sec, où poussent des choux, piments et tomates irrigués, dans un pays où l'agriculture est principalement pluviale.

Les prix des principales céréales ont augmenté. Le kilo de mil qui coûtait habituellement 100 FCFA (15 centimes d'euros) à pareille époque est passé à 195 FCFA, celui du maïs à 225 FCFA.

"Nous n'espérons pas de vivres du gouvernement, mais nous comptons sur Dieu", se résigne Kéba Diané, paysan d'un village du centre.

Le ministre de l'Agriculture Amath Sall tente de rassurer: "il n'y aura pas un seul endroit où des populations en difficultés alimentaires ne bénéficieront pas de l'assistance du gouvernement".

afreeknews.com

Elections truquées au Sénégal?

Fichier électoral : Ces doublons qui inquiètent

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Plusieurs intervenants dans les émissions interactives des radios Fm privées ont fait part de leur surprise de voir qu’ils se trouvaient aussi bien sur le fichier électoral national qu’étranger avec des numéros de carte d’électeur différents, en allant sur les moteurs de recherche sur le site http://www.elections2012.sn. Est-ce à dire que le système permet de cloner des électeurs ou doubles inscriptions au pays et à l’étranger?

A la suite de l’expert Babacar Ndiaye qui a réaffirmé encore hier dans les colonnes de certains confrères qu’il n’a donné que des indications et des précisions techniques sur un fichier électoral qui ne serait pas fiable à ses yeux, d’autres observateurs s’inquiètent aussi de certaines « bizarreries » qu’ils y ont constatées. C’est ainsi que, souligne l’un deux, on pouvait trouver dans les deux fichiers électoraux, (national et étranger)  des personnes qui sont nés le même jour, ayant les mêmes parents, mais de visages différents (voir fac similé), un numéro de carte d’électeur différent également, mais avec le même numéro d’identification nationale (NIN).  Est-ce à dire que le système permet de cloner des électeurs ?  Jusqu’à quel niveau ?

Autre curiosité, l’exemple du certain Serigne Fall né le 20 octobre 1978, inscrit sur le fichier électoral national sous le numéro 12511425 et dont le bureau de vote n° 8 se trouve à l’école japonaise  à Hann Maristes. La même personne se trouve également inscrite sous le numéro de carte d’électeur 60109731 à Anvers en Belgique.  On note en outre que son numéro d’identification nationale 1668198300312 n’est pas conforme à la date de naissance portée sur sa carte d’identité et d’électeur aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger (20 octobre 1978).

En effet, si le premier chiffre du numéro d’identification nationale indique le sexe, 1 pour homme.  Les trois chiffres suivants  donnent le n° de code de l’état civil. Les quatre chiffres qui suivent après, correspondent à l’année de déclaration de naissance de l’intéressé. Les cinq derniers chiffres, le numéro  de l’acte de naissance. Or, on constate ici que le sieur Fall est né le 20 10 1978. Comment se fait-il que son numéro d’identification soit donc 1. 668. 1983. 00312 ? Est-ce à dire que même le fichier des cartes d’identité n’est pas fiable ?

Toujours est-il que les informations fournies par ces observateurs ont été corroborées par plusieurs intervenants dans les émissions interactives « wax sa xalat » (libre opinion) des radios Fm privées. Ceux-ci ont fait part de leur surprise de découvrir leurs clones ou ceux de connaissances en allant sur le site des élections de la Direction de l’automatisation des fichiers (Daf) désormais logée en ce qui concerne sa partie élection certainement, une autre bizarrerie assurément, au ministère chargé des Elections, les autres fichiers devant relevés du ministère de l’Intérieur indubitablement. S’agit-il là de simples doublons résultants d’inscriptions multiples ? Si oui comment ? Est-ce à dire que la biométrie supposée supprimer tout doublon, et qui a coûté les yeux de la tête au trésor public n’est pas fiable ? Il s’y ajoute que certains informent sur le fait qu’ils n’arrivent plus à vérifier leur inscription sur le net. Au fait qu’ils ne se sont pas adressé au bon site, celui de 2010 renvoyant systématiquement comme vérifié hier, soit à fatale erreur ou électeur inconnu, ils se demandent pourquoi un lien renvoyant au bon site n’est pas établi.

Veut-on décourager déjà les électeurs qui penseraient ainsi qu’ils ont été omis ou radiés purement et simplement?  Les abris provisoires dont le nombre est relativement important et dont la localisation n’est pas évidente sur le fichier contenu dans le net ajoute également à la confusion. Ces informations en tout cas risquent de grossir le contentieux préélectoral déjà suffisamment fourni.

Madior FALL/Sudonline

18/02/2012

Dakar à nouveau troublé

Nouveaux affrontements à Dakar où l'opposition manifeste

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Des affrontements se sont à nouveau produits samedi dans le centre de Dakar entre des policiers et des jeunes qui tentaient comme la veille d'accéder à une place où devait se tenir une manifestation interdite de l'opposition contre le président Abdoulaye Wade, a constaté l'AFP.

Une centaine de jeunes étaient rassemblés au bout d'une avenue menant à la Place de l'Indépendance et ont jeté des pierres sur des policiers qui leur barraient l'accès et ont riposté à coups de gaz lacrymogènes.

A Kaolack, dans l'ouest du pays, un jeune homme est décédé après avoir été blessé vendredi soir lors d'une manifestation organisée pour protester contre "la profanation" d'une mosquée de Dakar par la police, a appris samedi l'AFP de source policière.

Appel à manifester maintenu

C'est dans ce climat de vive tension que quelque 23 000 militaires et paramilitaires ont commencé à voter, jusqu'à dimanche, à l'élection présidentielle à laquelle les autres Sénégalais prendront part le 26 février.

"Nous maintenons notre appel à manifester à 15h (16h heure belge) sur la Place de l'Indépendance", avait déclaré à l'AFP Abdoul Aziz Diop, un des responsables du Mouvement du 23 juin (M23, coalition de partis d'opposition et d'organisations de la société civile). "Nous réitérons le caractère pacifique du M23, mais tant que les manifestations seront interdites, il faut s'attendre à des affrontements", avait-il ajouté.

Gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc de la police contre les pierres des manifestants

Le M23 avait appelé vendredi à une manifestation sur cette même place située dans le centre-ville, près du Palais présidentiel, pour exiger le retrait de la candidature du chef de l'Etat sortant Abdoulaye Wade, 85 ans et au pouvoir depuis douze ans, à ce scrutin. La tentative des manifestants, dont de nombreux jeunes, d'accéder à la place bouclée par d'imposantes forces de sécurité, a dégénéré en violences avec les policiers, donnant lieu à des scènes de guérilla urbaine.

Gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc et canons à eau des policiers - un a tiré à balle réelle - ont répondu pendant plusieurs heures aux volées de pierres et projectiles divers de centaines de jeunes, qui ont également mis le feu à des barricades de fortune dans de nombreuses rues et avenues du centre-ville.

Ces violences ont été exacerbées par le geste d'un officier de police qui a lancé des grenades lacrymogènes à l'intérieur de la Zawiya (mosquée) El Hadj Malick Sy, de la confrérie des Tidianes, située dans l'une de ces avenues.

"Sacrilège", "Profanation", ont aussitôt hurlé les fidèles, les jeunes et les badauds qui se trouvaient là et qui ont redoublé d'acharnement contre les policiers aux cris de "Allahou Akhbar" (Dieu est grand).

Plusieurs centaines de fidèles ont aussitôt organisé un sit-in devant la mosquée, plus tard dispersé sans ménagement par la police.

Mosquée profanée: "le pays s'embrase"

Bilan de ces violences, une dizaine de blessés dont un policier, selon un décompte de l'AFP, et des actions de vengeance à Tivaouane, une des villes saintes des Tidianes, située à moins de cent kilomètres au nord-est de Dakar, où la mairie a été saccagée et incendiée.

Le député-maire de Tivaouane, El-Hadj Malick Diop, de la mouvance libérale du président Wade, a déploré les incidents à la mosquée de Dakar, ajoutant que "cela ne doit pas être utilisé comme alibi pour mener une vendetta contre les symboles de l'Etat". Il a accusé "des jeunes, certainement manipulés par des politiciens en perte de vitesse", d'être à l'origine des violences contre la mairie avant, selon lui, d'aller s'en prendre à des biens appartenant à des responsables du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir), dont sa propre maison.

Un leader des Tidianes, Serigne Mansour Jamil, membre du M23, a accusé le gouvernement d'avoir "profané une des principales mosquées tidianes" et, à travers elle, "toute une communauté", estimant que le président Wade devait "dégager".

C'est la première fois qu'une mosquée est prise à partie par des policiers pendant les manifestations anti-Wade qui se sont intensifiées depuis la validation, fin janvier, par le Conseil constitutionnel de la candidature du chef de l'Etat au scrutin du 26 février.

"La Zawiya attaquée, les Tidianes se révoltent", "La Zawihia profanée, le pays s'embrase", titraient samedi des journaux sénégalais, signe d'un tournant dans la contestation, tant l'influence des confréries des Tidianes et des Mourides est grande sur les Sénégalais, musulmans à 95%.

AFP