31/03/2012

Ce que les Sénégalais attendent de Macky Sall

Ce que les Sénégalais attendent de Macky Sall

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Le 2 avril, Macky Sall sera officiellement installé dans ses fonctions de président de la République. Une nouvelle ère que les Sénégalais espèrent riches en 

Sans crier gare, la pluie est tombée ce matin (dans la nuit du 27 au 28 mars) sur Dakar. Le bruit du tonnerre et les éclairs ont réveillé les Sénégalais à l’aurore. Il s’agit d’un phénomène assez rare sous le ciel dakarois. L’explication est simple pour les météorologues: c’est une pluie hors saison appelée «Eugue» due à un conflit d’air froid et d’air chaud. Mais, il y a belle lurette que «dame pluie» ne nous a pas fait honneur en cette période. Sa dernière visite date de janvier 2000. A quelques jours seulement de l’accession au pouvoir de Wade. Etrange coïncidence!

A y voir de plus près, la pluie est un étonnant mélange de joie et peine. Mais pour bon nombre de Sénégalais fort superstitieux, cette pluie annonce de bons présages pour le président nouvellement élu, Macky Sall. Pour les internautes des réseaux sociaux, c'est tout sauf le fruit du hasard. Cette pluie symbolise une nouvelle ère de prospérité après des années de disette, d'après eux. Cet événement insolite cristallise l'ampleur des espoirs que suscite l'arrivée au pouvoir de Macky Sall. Mais l'homme est-il capable de relever le Sénégal rapidement?

Pas d'état de grâce

L’euphorie de la victoire passée, Macky Sall, qui prend officiellement fonction ce lundi 2 avril, doit répondre aux nombreuses attentes des gorgoorlous (débrouillards en wolof, la langue plus parlée à Dakar), qui croupissent depuis 2000 dans la misère et la pauvreté. Avec son équipe, il est bien conscient de l’immensité des chantiers qui l’attendent. Les Sénégalais l'attendent sur «des dossiers très concrets», comme l’a indiqué au soir de la victoire Cheikh Tidiane Gadio, ancien ministre sous le régime libéral, candidat malheureux à la présidentielle et membre de la Coalition Benno Bok Yaakar (Unis par un espoir commun).

Macky Sall a promis de trouver des époux aux jeunes femmes célibataires

L’éducation, l'augmentation du pouvoir d’achat, l’électricité, la relance de l'agriculture, sont des dossiers sur lesquels il doit immédiatement apporter des solutions concrètes. Le candidat Macky Sall a d'ailleurs fait beaucoup de promesses pour espérer loger dans le palais situé sur l'avenue Léopold Sédar Senghor. Il a même promis de trouver des époux aux jeunes femmes célibataires.

Du coup, les Sénégalais, échaudés par les espoirs déçus de son prédécesseur, demandent au plus vite des mesures urgentes. Si les populations sont conscientes de l'ampleur de la tâche, ils n'en restent pas moins impatients.

Les jeunes dans l'attente

Assis dans la cour de sa maison familiale, située aux Parcelles Assainies, dans la banlieue de Dakar, Adama, 27 ans, tire machinalement sur sa cigarette entre deux gorgées de Ataya (thé sénégalais). Autour du barada (théière), il retrouve chaque après midi sa bande de copains.  Et quand ils discutent, c’est pour pester contre cette «bande de politiques assoiffés de pouvoir» (Ndlr: le régime libéral) qui dirigeaient le pays. Etudiant en master à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), Adama fait partie de cette grande masse de Sénégalais déçus par les douze années d' Abdoulaye Wade. Bien que la victoire de Macky Sall ne l'ait pas enthousiasmé, il attend néanmoins beaucoup de cette nouvelle alternance démocratique :

«Je l'attends sur le terrain des valeurs plus que tout. J'attends qu'il remette de l'ordre dans ce pays après une dizaine d'années d'anarchie. J'attends de lui qu'il traduise en actes concrets la bonne gouvernance, qu'il lutte fermement contre la corruption. Il a beaucoup parlé de gouvernance sobre, j'espère qu'il l'appliquera. Je l'exhorte à  mette fin à la république des mallettes et des échanges de bons procédés entre amis. J'attends surtout de lui qu'il relève l'éducation nationale». 

A l’en croire, Macky Sall ne bénéficiera en aucune manière d’un état de grâce, car avance-t-il, les «Sénégalais sont fatigués et seront naturellement impatients». Bien qu’il soit conscient qu’il «faudra de longues années pour réhabiliter le Sénégal», il croit fermement que «les premières mesures qu'il prendra dicteront le tempo de son premier quinquennat».

«Il doit d'emblée montrer son volontarisme et son sens de l'éthique. Il ne faut pas qu'il déçoive les attentes des Sénégalais. Il a promis une vie moins chère, de ne nommer que 25 ministres et même de trouver des époux aux femmes célibataires», ajoute-t-il sur un ton railleur.

A côté de lui, Ndella 25 ans, balaie la grande cour de la maison et tamise le sable. Depuis son plus jeune âge (elle-même ne sait pas quand elle a commencé à pratiquer le métier), elle travaille comme femme de ménage à raison de 25.000 francs cfa [environ 40 euros] par mois.

Les vicissitudes de la vie l’ont conduit à faire ce boulot pour aider ses parents dans la dépense quotidienne. Selon elle, la première mesure sur laquelle devra se pencher Macky Sall est la baisse de prix des denrées de première nécessité.

«On est trop fatigués. Rien que le sac de riz nous coûte 25.000 francs cfa (équivalent de son salaire). On n’arrive plus à vivre correctement. On cuisine une fois dans la journée et on met un peu de côté pour le soir. La vie est trop dure pour nous», peste-t-elle. Son délai est sans appel: «Nous lui donnons deux mois pas plus pour régler ce problème. On ne peut plus continuer à vivre dans cette misère». 

L'espoir renaît

Sous un soleil de plomb, Alioune, 26 ans, marche au pas de course. Il se hâte, car explique-t-il, «J’ai accusé une bonne demi heure de retard au boulot». Le maître de chantier va m’étriper». Le jeune maçon a dû très tôt abandonner les études pour faire face aux difficultés de la vie.

«Mon père est décédé et je suis le seul homme de la famille. J’ai  quatre petites sœurs en charge en plus de ma mère», confie-t-il. Tout comme ses camarades, Alioune attend des mesures urgentes du nouveau président. «Il doit nous trouver de l’emploi. Il a promis d’en créer 500.000 par an. On l’attend de pied ferme», lance-t-il tout de go.

Rencontrée sur l’avenue Bourguiba, située dans la moyenne banlieue, Marie, 27 ans, une des 4 millions de jeunes chômeurs du Sénégal (Sur une population de 12 millions d'habitants),  est encore sous le coup de l’émotion du dimanche dernier.

«Je n’arrive pas à croire que Wade et son clan vont dégager. Je ne sais pas si c’est une coïncidence ou pas mais, les douze années de règne de Wade ont été les pires années de ma vie sur le plan personnel. J’avais 16 ans en 2000, aujourd’hui j’en ai 27. Entre temps, mes parents sont allés à la retraite, je n’ai pas de boulot et la vie est devenue extrêmement dure pour nous. J’ai un master en management et je suis au chômage», se plaint-elle. 

Mais, ajoute-elle, «Depuis que Macky est arrivé au pouvoir c’est comme un souffle nouveau pour moi. J’ai l’impression qu’il nous apportera  que du bonheur. Mais j’espère surtout qu’il ne nous décevra pas». Pour sa petite sœur, Aissata, 23 ans, étudiante en gestion, qui l’accompagne au marché, il faut rester vigilant et ne pas trop se laisser aveugler par l’euphorie de la victoire. Car, prévient-elle «Macky Sall c’est du Pds (parti démocratique sénégalais ndlr) sans Wade». 

Dakar à un siècle de retard de Paris

«En 2000 je n’avais que 11 ans. Je ne maitrisai pas vraiment la vie politique. J’entendais seulement mes parents dire qu’ils étaient fatigués et qu’ils voulaient un changement donc je me disais que forcement avec Wade les choses iraient mieux. Et que Dakar serait comme Paris», se rappelle-t-elle. 

Douze ans plus tard, la désillusion est grande et le réveil est brutal. «Dakar à un siècle de retard de Paris», constate-t-elle.

«Wade nous a imposé du wax waxeet (dire et se dédire en wolof) et des ministres arrogants. Cette année, j’ai voté pour la première fois et je n’ai pas hésité une seconde à le faire dégager. J’ai voté pour Macky et j’espère vraiment qu’il fera mieux que Wade. Et que surtout il va respecter ses promesses. On lui donne le bénéfice du doute pour son premier mandat, affirme-t-elle. On n’acceptera plus de subir ce qu’on a vécu sous le régime de Wade. C’est fini» .

Lala Ndiaye

30/03/2012

L'héritage miné de Wade

L’héritage miné de Wade

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Pour un docteur en sciences économiques, il faut dire que Abdoulaye Wade a eu une gestion peu orthodoxe du Sénégal. Son héritage fut son boulet et conduisit à sa perte. Mais ces douze années de « wadisme » sont aussi un sujet d’angoisse pour le nouveau locataire du palais de Dakar, tant le pillage des ressources de l’Etat fut érigé en règle de gouvernance. Ce qui a frustré le peuple sénégalais désormais décidé à exercer une surveillance étroite sur la gestion de la chose publique. Comment rétablir la confiance entre le citoyen et l’Etat ? C’est un gros travail de moralisation de la vie publique qui attend Macky Sall, et qui pourrait occuper une bonne partie de son mandat. Du reste, il en est pleinement conscient, lui dont la rupture avec le père spirituel est partie justement d’une affaire de gestion, celle des comptes du sommet de l’OCI (Organisation de la conférence islamique). Un duel sur l’éthique et la morale dans la gestion des deniers publics, dont le dénouement fut ce parricide politique du 25 mars dernier, avec la victoire de l’élève sur le maître. C’est dire que la remise en ordre de la maison Sénégal, du point de vue du train de vie de l’Etat, sera une des priorités du président élu. Le mot « audit » est d’ailleurs toujours revenu dans la bouche de Macky, pendant sa campagne électorale et après son élection. C’est un passage obligé, pour faire l’état des lieux des années dont la description par le journaliste d’investigation Abdou Latif Coulibaly, fait froid dans le dos. Pas un secteur de la vie économique qui ne soit affecté par des affaires de détournement, de surfacturations ou de gabegie. L’heure est venue enfin d’en savoir davantage sur les pratiques passées, d’en tirer les leçons pour repartir d’un bon pied. La grande question est de savoir si cet audit sera assorti de poursuites judiciaires en cas de découvertes de malversations. En tout cas, en chassant Wade, les Sénégalais ont exprimé aussi leur rejet de sa gouvernance économique. Ils attendent de Macky Sall qu’il fasse le ménage. La clique au pouvoir s’est immensément enrichie alors que la majorité du peuple croupit dans la misère. Cette injustice sociale est difficile à supporter par les Sénégalais. Désormais, ils n’entendent plus ployer sous le joug de dirigeants assoiffés d’honneur et de gains. En principe, Abdoulaye Wade devrait être le premier à applaudir à l’audit proposé par son successeur, si tant est qu’il n’ait rien à se reprocher. Du reste, s’il sort blanchi des différentes investigations, ce ne sera qu’à son honneur. Mais on sait bien que le gaspillage des deniers publics pèse lourd dans le bilan de Wade. La difficulté pour Macky Sall sera de rendre justice sans pour autant s’adonner à une chasse aux sorcières. Laisser le droit s’exprimer et trancher, voilà ce qu’on attend de lui. En tout état de cause, la priorité est de réduire, de façon drastique, le train de vie de l’Etat. Il y va de la restauration de la confiance entre la classe dirigeante et les populations, en vue de s’attaquer aux grands chantiers prioritaires, dont celui de la lutte contre la vie chère.

Mahorou KANAZOE

Mr Le ministre Youssou Ndour?

Youssou Ndour sur son entrée dans le gouvernement : "Je suis disponible"

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Dans cette interview accordée à La Croix, Youssou N’Dour explique ce qu’il attend du Président Sénégalais nouvellement élu, Macky Sall. Mais en même temps, le chanteur dont la candidature à l’élection présidentielle sénégalaise avait été rejetée en janvier dévoile ses ambitions politiques et lance un appel pour que la France soulage la dette du pays.

 

Pensez-vous avoir un rôle à jouer aux côtés de nouveau président?

Écoutez, nous avons participé à une victoire historique. Je suis en train de discuter avec lui. Vu la situation du Sénégal, je me dois d’aider mon pays. Des décisions doivent être prises d’ici à la fin de la semaine. Je vais écouter et prendre note.

 

Si Macky Sall vous proposait d’entrer dans son gouvernement, accepteriez-vous?

Cela dépend de ce que l’on me propose. Je ne suis pas entré en politique en pensant à occuper un poste ministériel. J’avais d’autres ambitions (1). Cela n’a pas pu aboutir. Pour l’heure, je préfère attendre la fin de discussion pour prendre une décision. Je n’attends rien de particulier. La seule chose qui m’importe est de voir le Sénégal libre, que les gens mangent bien, qu’ils s’amusent, rigolent et bossent. Je peux contribuer à atteindre ce but, par mes idées, mes relations, mes connexions. Je ne suis pas vieux: donc, je suis disponible.

 

Allez-vous présenter des députés aux législatives de juin?

Ah oui! Nous devons étudier la question si ce sera sur l’ensemble du territoire sénégalais, seuls ou dans une coalition. Attendons que le président nomme son gouvernement, que l’on soit fixé sur le calendrier électoral. Mais je pense que mon mouvement doit devenir un parti.

 

N’est-ce pas un problème de s’engager en politique et de posséder par ailleurs une chaîne de télévision, une station de radio et un quotidien national?

Être à la fois un patron de presse et exercer des responsabilités politiques, ce n’est pas, moralement, possible à mes yeux. Si cela se présente, j’en tirerai les conclusions qui s’imposent. Par ailleurs, je n’ai pas renoncé à la musique mais pour l’heure, je n’ai pas beaucoup de temps pour y penser. Je dois trouver dans l’avenir une combinaison acceptable afin de pouvoir aussi continuer cette passion.

 

Dans cette nouvelle ère qui s’ouvre pour le Sénégal, qu’attendez-vous de la France?

Je pense que la France doit être fière du Sénégal. Nous méritons son attention, son aide, son soutien et sa coopération. Elle doit nous aider à consolider le changement. Wade a endetté notre pays. Cela va être un obstacle pour notre développement. En 2000, avec mon ami Bono (chanteur de U2, NDLR.), nous avions demandé à Jacques Chirac et à Lionel Jospin d’effacer la dette du Sénégal.

Ils l’ont fait. Ce qu’on a pu faire pour Wade, Macky Sall le mérite. J’appelle la France à effacer la dette que Wade nous a léguée, ou au moins à l’alléger : cela aidera la nouvelle équipe au pouvoir à relever notre pays. Il y a urgence.

xibar.net

29/03/2012

Wade aurait-il tenté un putsch?

Wade aurait été empêché de faire un hold up électoral

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Si Wade est parti encensé par le monde entier, la tête haute, drapé dans la légitimité démocratique, la vérité serait toute autre.

2e tour. Les généraux ont-ils neutralisé un putsch ?

Le Général de Corps d’Armée, le Général Abdoulaye Fall, chef d’état-major général des Forces armées et son collège le Général de Division, Haut commandant de la Gendarmerie nationale, Directeur de la Justice militaire, le Général Abdoulaye Fall ont-ils tué dans l’œuf les velléités libérales de confiscation du pouvoir? En obligeant le chef de l’Etat sortant, à reconnaître dès le dimanche 25 mars en début de soirée, sa défaite, ils ont aidé grandement à mettre fin à un suspense gros d’incertitude.

Le président sortant, Abdoulaye Wade a reconnu dimanche 25 mars aux environs de 21heures, sa défaite en appelant son challenger, Macky Sall candidat de la coalition Benno Bokk Yakaar. Ce faisant il a refait un geste inscrit désormais dans la tradition républicaine. A la suite de Abdou Diouf, battu en 2000, il s’est incliné devant son tombeur du dimanche. Du moins en apparence, une apparence que l’on cherche à imposer à la mémoire collective nationale depuis. La vérité semble tout autre.

Le chaos pour provoquer un état d'urgence

En fait, il semblerait plutôt que des éléments des Forces alliées (Fal2012) avaient nourri la secrète ambition de forcer le destin le 25 mars dernier. On leur a prêté en tout cas l’intention, de créer le même jour, un chaos dans le dessein de fournir aux autorités l’alibi d’un état d’urgence à Dakar d’abord et sur le reste du pays, si la situation empirait. Un état d’urgence qui comme en 1988, aurait suspendu la démocratie et mis sous coupe militaire, avec la restriction des libertés, l’’encadrement stricte de celle d’expression, notamment la diffusion par l’écrit, l’image et la parole avec une censure d’Etat. Avec le concours des forces de l’ordre, les principaux candidats et dirigeants de l’opposition et/ou leaders d’opinion mal pensant seraient mis aux arrêts et l’on se donnerait ainsi les moyens d’une négociation pour un gouvernement de majorité présidentielle élargie, voire d’union nationale que des partenaires au développement mis devant le fait accompli, avaliseraient même la mort dans l’âme. Et le tour était joué.

En invitant en effet, les militants à jubiler et à manifester notamment devant la permanence du Parti démocratique sénégalais (Pds) sur la VDN et ailleurs, alors que tous les résultats égrenés par les radios les donnaient perdants, les Fal 2012, cherchaient assurément à créer des troubles de nature à pouvoir décréter l’état d’urgence, confient des sources généralement bien informées.

Des velléités qui ont été vite décryptées par la haute hiérarchie militaire et de la Gendarmerie, d’autant plus facilement qu’elle avait été, entre les deux tours, «consultée» au plus haut niveau pour connaître de sa réaction en cas de troubles de l’ordre public si d’aventure, Macky Sall perdait l’élection et que la rue s’embrasait et/ou si le pouvoir en place forçait un peu le destin s’il perdait avec un écart minimum. Les officiers généraux auraient répondu à la hiérarchie civile consultante, qu’ils n’étaient pas compétents au premier chef du maintien d’ordre, leurs troupes venant en deuxième et troisième position en la matière après la police première force à ce niveau et qu’en suite, la situation en Casamance sollicitait plus leur préoccupation qu’un maintien de l’ordre tendant à pérenniser un pouvoir décrié. Le tout dit avec la courtoisie et l’élégance nécessaires.

Le coup de téléphone précipité de Wade

Poliment, mais fermement. Ils étaient d’autant plus fondés à le dire à leurs chefs civils qu’ils les avaient avertis au sortir des élections locales de 2009 sur le désamour des populations et l’impopularité du fils, rapportés par leurs services de renseignement. Les officiers généraux avaient en effet, sollicité à l’occasion d’une réunion de sécurité après la débâcle de mars 2009 de parler en privé avec leur commandant en chef, le président de la République pour l’informer de vive voix et l’inviter à tirer les conséquences politiques qu’une telle situation exigeait.

C’est ainsi qu’avisés de certaines velléités le dimanche dernier, les deux Abdoulaye Fall, le chef d’état-major général des Armées et le Haut commandant de la gendarmerie se sont précipités au palais de la République. Leur audience avec le président Wade n’est assurément pas étrangère comme nous l’écrivions dans notre édition du lundi 26 dernier à la promptitude du candidat Wade à reconnaître sa défaite. La rapidité de son coup de fil à Macky Sall tient davantage de la démarche de deux chefs des Armées qu’à autre chose ainsi que l’on tente de l’accréditer depuis.

Une caution recherchée auprès des Khalifes généraux ?

Forts des informations à bonnes sources, tirées des Services de renseignements qui dès 18h30, ce dimanche avaient alerté sur le revers cuisant du président sortant en indiquant que 62% de l’électorat, sur la base des bureaux tests compilés, venaient de sanctionner sa gouvernance et sa quête d’un troisième mandat, nos deux généraux lui avaient fermement demandé de se rendre à l’évidence pour épargner au pays des soubresauts préjudiciables à sa stabilité. Les deux officiers généraux que des membres de l’entourage du président dont un ministre d’Etat, ont cherché à torpiller l’audience, ont été encouragés par les partenaires au développement à briefer Abdoulaye Wade et l’amener ainsi à mettre fin à un suspense gros d’incertitude. D’autant plus que ces derniers, notamment la France et les Usa qui avaient pesé de tout leur poids au premier tour pour que les Fal 2012 n’exécutent l’holdup projeté avec la publication de leurs propres résultats,-il faut dire que Farba Senghor, le chargé de la propagande du Pds et Serigne Mbacké Ndiaye ont tous les deux, diffusé le dimanche 26 février des résultats fantaisistes qui donnaient leur candidat gagnant dès le premier tour,- se sont voulus plus discrets et se sont rabattu conséquemment sur nos deux généraux, apprend-on de sources dignes de foi pour dire aux Wade leur fait. Et les Wade de s’incliner devant les chefs des Armées et de saluer Macky Sall.

Par ailleurs, Wade père cherche-t-il à absoudre Wade fils en cherchant onction auprès des chefs religieux qu’il visite depuis lundi dernier. A Tivaouane hier, mardi 27 mars, le désormais ancien président de la République a affirmé que son fils Karim n’avait géré aucun sou de l’Etat depuis qu’il est aux affaires. On peut bien se demander par quelle alchimie ? Il nous revient de sources généralement bien informées, qu’on était en train de faire disparaître depuis dimanche des dossiers au palais pour effacer toutes traces.

Toujours est-il que le président Wade qui ne fait que revenir à la charge absout sa famille pourtant installée au cœur des affaires de la République depuis 2000. C’est ainsi que le fils devenu ministre d’Etat à particules, tant les départements rassemblés en un sont nombreux, s’est occupé auparavant de l’organisation de la Conférence islamique au Sénégal en étant à la tête de l’Anoci avec son « jumeau » Abdoulaye Baldé l’encore ministre des Mines, maire de Ziguinchor, directeur exécutif à l’époque de l’Agence. Etait-il le seul qui signait et par conséquent le seul à devoir rendre compte aujourd’hui? Il en est de même certainement pour le Fesman. Là également, est-ce seul Abdoul Aziz Sow le délégué général qui signait en lieu et place de la fille conseillère, Sindiély ?

Amnistie ?

Le nouveau président, Macky Sall est attendu sur tous ces dossiers. Il se rapporte que des négociations sont entreprises sur toutes ces questions et sur d’autres dans le souci « d’amnistier » le chef de l’Etat sortant et sa famille. Toute tentative de connivence à ce niveau, sera assurément considérée comme un casus belli par le peuple. Les comptes de la Nation ainsi que les deniers publics ne sauraient souffrir d’un quelconque deal préjudiciable à leur tenue. Tout comme les électeurs de dimanche dernier ne sauraient inscrire à perte et profit, les crimes économiques de ces dix dernières années. Ils demandent éclaircissement et justice sur les bradages de la Sonacos, de Transrail, des Ics, du Port autonome de Dakar et de bien d’autres affaires louches qui ont mis à genoux l’économie nationale et vendangé les joyaux de la République.

L’évocation urbi et orbi en outre du président sortant des élections législatives et la tentative d’innocenter son fils à Tivaouane à la suite de sa visite la veille à Touba ainsi que sa décision de rester au Sénégal ne sont pas gratuites. D’autant plus qu’il semble signifier ainsi à Macky Sall qu’il sera là pour lui mettre des bâtons dans les roues en se servant des immenses ressources dont il disposerait et en s’appuyant sur l’appareil du Pds et des débris des Fal dans le but de faire exploser la coalition hétéroclite Benno Bokk Yakaar.

La menace suspendue sur la tête de Macky Sall par le vieux redevenu opposant, rôle dans lequel il excelle, apparait ainsi comme l’arme fatale pour neutraliser toute tentative contre lui et les siens de la part du nouveau pouvoir. Le premier test à ce sujet se fera autour de la question du report éventuel des élections législatives inscrit à l’ordre du jour à la foi par le délai trop court pour le dépôt des listes (le 7 avril), par la loi sur la parité inapplicable et les réformes constitutionnelle (au singulier) et institutionnelles indispensables pour la gouvernabilité et la gouvernance post-Wade. Les généraux ont-ils eux, neutralisé des velléités de putsch ?

Sud Quotidien (sudonline)

Passation de service entre Wade et Macky Sall

Les préalables de la Passation de service entre Wade et Macky Sall

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Le président de la République, Macky Sall, devrait prendre fonction le 02 avril prochain. Cette prise de fonction, précédée par une passation de service entre le nouveau locataire du Palais et son prédécesseur, au-delà du cérémonial, exige des règles d’usage pratique.

Selon un inspecteur général d’Etat (IGE) contacté par le journal « Enquête », le président sortant, avant de quitter ses fonctions, doit faire l’état des lieux des grands projets de l’Etat à l’intention de son successeur.

D’après ce haut fonctionnaire, l’exercice consiste à « exposer l’état d’avancement des travaux et ce qui reste à terminer ». En outre, Abdoulaye

Wade doit mettre à la disposition de Macky Sall tous les numéros de compte bancaire de l’Etat, y compris les documents de signature.

L’Etat disposant d’un patrimoine immobilier, le nouveau président doit avoir en sa possession la liste complète des logements de fonction.

Egalement,  il est exigé des fonctionnaires de l’Etat, selon toujours notre interlocuteur, de mettre à la disposition de Macky Sall l’état financier du pays. En d’autres termes, « rendre compte au président élu sur le niveau de dépenses de l’année en cours et les engagements pris » par le président sortant pour le compte du Sénégal.

Abdoulaye Wilane, porte-parole du Parti socialiste, d’ajouter que le président devra aussi recevoir des « consignes » et des « recommandations » de la part des agents de l’Etat. Ce qu’on appelle dans le jargon des initiés les « affaires signalées ». En outre, le nouveau locataire du Palais aura accès à « tous les renseignements liés à la sécurité nationale », renseigne le maire de Kaffrine.

Source « Enquête ».Gata DORE

28/03/2012

Sall sent le pétrole

Macky Sall : nouveau Président du Sénégal et nouveau roi du pétrole ?

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Bizarre que personne n'ait encore fait la relation .... et que ce soit une « toubab » qui s'y attelle, certes une toubab dont le grand « dada » est le pétrole et la « diplomatie » pétrolière ... et qui sait qu'il n'y a - fort heureusement - pas que Saly au Sénégal ...

Car l'information est pour le moins intéressante ...

Alors que le presse sénégalaise et internationale dans son ensemble nous annonce l'élection de Macky Sall à la Présidence du Sénégal, .... un petit tour sur Wikipedia nous rappelle que le nouvel homme fort du pays, géologue de formation, est lié au secteur pétrolier. Un autre petit tour sur le Web nous apprenant qu'en novembre 2011, AFRICAN Petroleum a signé avec l'Etat du Sénégal  deux contrats de recherche et de partage de production.

Espérons que la malédiction du pétrole ne frappe pas le pays, et que l'un des grands gagnants soit le peuple sénégalais ...et non pas les requins qui pourraient s' y précipiter .... à moins que cela ne soit déjà fait ....

Le site de Petrosen (Société des Pétroles du Sénégal), nous précise ainsi que AFRICAN Petroleum a signé avec l'Etat du Sénégal  deux Contrats portant sur les blocs de Rufisque Offshore profond et Sénégal Offshore Sud profond.

En "fouillant" sur le site, nous apprenons également que TULLOW Oil (UK), en partenariat avec DANA et PETROSEN, a acquit 620 km² de données sismiques 3D, au large de Saint Louis (ancienne capitale de l'AOF Afrique Occidentale Française) , entre le mois de mars et mai 2008.

Plus encore, nous apprenons,  en analysant la carte du potentiel et opportunités pétrolières au Sénégal,  que sont d'ores et déjà présents sur les lieux : les sociétés Fortesa (basée  à Huston USA) (permis de Thiès), Maurel et Prom, Energy Africa, Hunt Oil (USA), Edison, Al Tani et Kampac Oil, lesquelles détiennent d'ores et déjà des permis d'exploration.

En juin 2010,  le DG de la société PETROSEN, Amadou Djibril Kanouté, avait déclaré en présentant le Plan stratégique 2008-2012, que les compagnies pétrolières présentes dans le bassin sédimentaire du Sénégal avaient globalement dépensé plus de 125 millions de dollars depuis 2000. Certaines compagnies comme Fortesa, Hunt Oil, Far, Edison ou Tullow Oïl ayant à cette date injecté chacun des montants variant entre 37 et 21 millions de dollars.

Et que vient faire Macky Sall la dedans me direz-vous ?

Le site Wikipedia, nous rappelle - notamment  -  que de décembre 2000 à juillet 2001, il a été directeur général ... de la Société des pétroles du Sénégal (PETROSEN), dans laquelle il a occupé pendant plusieurs années le poste de chef de la division Banque de données.
Il  fut également  d'avril 2000 à mai 2001 Conseiller spécial chargé de l'Énergie et des Mines de l'ancien Président de la République, Abdoulaye Wade.

De mai 2001 à novembre 2002, il est ministre des Mines, de l'Énergie et de l'Hydraulique.
De novembre 2002 à août 2003, il est ministre d'État, ministre des Mines, de l'Énergie et de l'Hydraulique dans le gouvernement dirigé par Mame Madior Boye.


Sa formation ? Ses relations ? Macky Sall est ingénieur géologue, géophysicien formé à l'Institut des sciences de la terre (IST) de Dakar, puis à l'École nationale supérieure du pétrole et des moteurs (ENSPM) de l'Institut français du pétrole (IFP) de Paris basé à Rueil-Malmaison. Chose qui n'a pu m'échapper .... puisque c'est ma ville natale, et que, l'Histoire aidant, c'est le pétrole de l'Algérie (autre ancienne colonie française) et la présence même de l'IFP qui m'y fit naître.

A noter par ailleurs que Macky Sall est membre de plusieurs associations nationales et internationales de géologues et géophysiciens.

Donc, en résumé, un géologue, formé l'Institut français du pétrole, ancien ministre des Mines, ancien directeur général de Petrosen est désormais à la tête d'un pays doté de nouveaux potentiels pétroliers et gaziers, lesquels ont d'ores et déjà attiré moult compagnies ...

Souhaitons bonne chance au peuple sénégalais.

Sources :
Petrosen, SenegalTribune, Wikipedia, gas and oil,
Pesse internationale secteur pétrole et gazier, Presse sénégalaise
Elisabeth Studer

DEBUT DRAMATIQUE DE L’HIVERNAGE A TOUBA

Les rafales de vent tuent 4 personnes et emportent 150 maisons

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Terrible ! Ce qui est arrivé à Ndinfy Aafé, samedi, est, tout, simplement cauchemardesque. Des rafales de vent, accompagnées d’une forte tornade ont ôté la vie à 4 personnes, dont une femme enceinte. Cette dernière, avait, auparavant, réussi à sauver deux de ses enfants. 150 maisons ont été, aussi, détruites. Le cauchemar a débuté, samedi, aux environs de 17 H. Un terrible vent est, subitement, survenu, dévastant tout un quartier. En effet, à Touba, les stigmates de ce drame sont, encore, visibles, 24 heures après le sinistre. Des maisons, complètement, détruites. 

 

Cela se passe à Ndindy Aafé, un quartier périphérique de Touba, situé au sud de la capitale mouride. 150 maisons ne font plus partie du décor. Selon le délégué de quartier, tout est allé si vite que nul ne pouvait, d’emblée prendre les dispositions idoines. « Nous n’avions que nos yeux que pour constater les dégâts. En plus des demeures démolies, on peut signaler que rien de ce qui était, dans ces concessions, n’a pu être sauvé. 

Tout, vraiment tout, a été perdu ». Pire, mis à part ces pertes matérielles, quatre personnes y ont, aussi, laissé la vie. Il s’agit de trois vieils hommes et d’une femme enceinte. Arame Touré, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a perdu la vie juste après avoir sauvé celle à ses deux enfants. Sa maison s’est effondrée sur elle, alors qu’elle était revenue chercher certains objets. Malheureusement, la chambre qui ne tenait plus face à la force du vent, s’est affaissée sur elle. Elle perdra la vie sur le coup malgré la prompte réaction de ses voisins. La peur de voir le même drame se reproduire est, encore, de mise, car l’hivernage ne fait que commencer.

Loffice

Sall à Saly

Présidentielle 2012 Mbour : L a station balnéaire de Saly Portudal choisit Macky Sall.

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La station balnéaire de Saly Portudal a voté pour le candidat Macky avec une très forte majorité des voix. La commune compte 9892 inscrits pour 5243 votants 08 bulletins nuls et 5235 suffrages valablement exprimés. A l’arrivée Macky Sall a obtenu 4165 voix contre 1067 pour le tout nouveau futur ex président de la république. Le candidat des Fal 2012 engrange 20,38% des suffrages contre 79,5% de voix pour l’ancien président de l’assemblée nationale. La communauté rurale de Saly Portudal est un fief du parti socialiste dont un des membres les plus influents assure la présidence du conseil municipal.

Kanelnaajo

Sall s'installe

Macky Sall, élu avec 65% des voix, prépare sa prise de fonction

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Le nouveau président sénégalais Macky Sall, tombeur du sortant Abdoulaye Wade avec plus de 65% des suffrages, se prépare à s'installer au palais présidentiel à Dakar la semaine prochaine, tandis que le camp Wade, après la défaite, met le cap sur les législatives prévues en juin.

Macky Sall a gagné le second tour de la présidentielle de dimanche avec 65,80% des voix contre 34,20% au chef de l'Etat sortant, selon les résultats officiels annoncés mardi par la Commission nationale de recensement des votes.

Le taux de participation a été de 55%, légèrement supérieur à celui du premier tour du 26 février (51,58%). Le président Wade avait reconnu sa défaite et félicité son adversaire dès dimanche soir après publication des premiers résultats qui montraient qu'il était largement battu.

Macky Sall, avec 1.909.244 voix sur 2.901.800 suffrages exprimés, explose son score du premier tour (26,58%) grâce au bon report de voix de l'ensemble des douze candidats éliminés qui avaient appelé à voter pour lui.

Avec 992.556 voix, Abdoulaye Wade obtient un pourcentage légèrement inférieur à celui du premier tour (34,81%).

Ces résultats officiels et provisoires vont être transmis au Conseil constitutionnel qui annoncera les chiffres définitifs à une date non précisée.

La passation de pouvoir entre Macky Sall, 50 ans, et Abdoulaye Wade, 85 ans, au pouvoir depuis douze ans, doit avoir lieu lundi 2 avril, suivie de la prestation de serment du nouveau chef de l'Etat le 3. Il sera alors en fonction pour présider le lendemain la fête de l'indépendance du 4 avril.

Macky Sall, ancien ministre et ex-Premier ministre de Wade, passe depuis dimanche soir "une bonne partie de son temps à s'entretenir au téléphone avec des dirigeants étrangers", qui continuent de le féliciter pour sa victoire, selon son entourage.

--"Nombreux cas d'achat de voix"--

L'élection a été saluée comme une alternance pacifique exemplaire dans le monde.

Le président gabonais Ali Bongo Odimba a rendu hommage au peuple sénégalais pour sa "maturité politique", et à M. Wade, qu'il a qualifié de "grand sage".

Thijs Berman, chef des observateurs de l'Union européenne (UE) a salué mardi un scrutin crédible dont l'issue est acceptée par tous". En votant "dans le calme et la sérénité", les électeurs sénégalais ont "démenti les rumeurs persistantes" de préparations de fraude à grande échelle, a-t-il dit.

Les observateurs européens ont cependant déploré "de nombreux cas d'achat de voix le jour du scrutin", ainsi que "l'utilisation inappropriée des biens publics" pendant la campagne, essentiellement par le camp du président sortant.

Le président Wade a de son côté renoncé à participer mardi au sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) à Abidjan pour discuter du coup d'Etat militaire qui a renversé le président Amadou Toumani Touré, a indiqué une source à présidence sénégalaise.

"Le président (ivoirien) Alassane Ouattara (président de la Cédéao) a beaucoup insisté, mais il y a un nouveau président élu et nous ne voulons poser aucun acte pouvant le gêner", selon elle.

Le chef de l'Etat sortant a poursuivi sa tournée d'adieu auprès des chefs religieux.

Après Touba, capitale de la confrérie musulmane des Mourides, il s'est rendu à Tivaouane, ville sainte d'une autre confrérie, les Tidianes.

Abdoulaye Wade a annoncé qu'il se rendrait ensuite "en Arabie saoudite pour la Oumra (petit pèlerinage)", avant d'aller se reposer au Maroc à l'invitation du roi Mohamed VI.

Après le choc de la présidentielle, sa formation, le Parti démocratique sénégalais (PDS), se concentre désormais sur les prochaines législatives prévues en juin en exigeant du nouveau président "le respect du calendrier républicain".

AFP 

27/03/2012

Nouveau géant industriel

Naissance d'un géant, au nord de Diogo

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D'ici à septembre, pour la phase de construction, le site emploiera jusqu'à 1 000 personnes. D'ici à septembre, pour la phase de construction, le site emploiera jusqu'à 1 000 personnes. © CGO SA

Le Sénégal s'apprête à donner naissance à la troisième mine de zircon et d'ilménite au monde. Située au nord de Dakar, près de Diogo, elle entrera en exploitation en 2013 et devrait représenter 7 % de la production mondiale.

Le mastodonte de 6 000 tonnes n'arrivera qu'à la fin de l'année, mais son emplacement est déjà délimité. Entre deux dunes de sable fin, des bulldozers s'activent pour réaliser le bassin (alimenté par une nappe d'eau souterraine) à partir duquel une barge extraira 48 millions de tonnes de sable par an dès 2013. La scène se passe à deux heures de route au nord de Dakar au Sénégal, près de la commune de Diogo.

Le village se prépare aussi à ce qui s'annonce comme l'une des plus grandes aventures minières du pays, après celles des phosphates, exploités par les Industries chimiques du Sénégal (ICS) dont le site n'est qu'à quelques kilomètres. On ne peut d'ailleurs guère ignorer les monticules anarchiques laissés par cette industrie. « À notre arrivée, il a fallu convaincre les populations que nous, nous laisserions le paysage dans un état compatible avec leurs activités agropastorales », explique Daour Dieng, chef du département social et communautaire de Grande Côte Opération SA (GCO).

La société de droit sénégalais exploitera la troisième plus grande mine au monde de zircon et d'ilménite. GCO est contrôlé à 90 % par la coentreprise Tizir, propriété du français Eramet (50 %) et de l'australien Mineral Deposits Ltd (MDL, 50 %). Les 10 % restants ont été cédés gratuitement à l'État, conformément au code minier. L'exploitation des réserves, estimées à 3,2 milliards de tonnes, devrait fournir 7 % de la production mondiale pendant au moins vingt ans.

La zone concédée en 2007 (pour une durée de vingt-cinq ans) est une plage léchée par l'océan Atlantique, large de 4,5 km et longue de 107 km : elle débute à 50 km au nord de Dakar, se termine non loin de Saint-Louis et longe principalement Fass Boye, Mboro et Lompoul, en plus de Diogo. Le projet aura mobilisé 550 millions de dollars (environ 420 millions d'euros) sur deux ans, entièrement pris en charge sur capitaux propres.

Faux départ

Identifié à la fin des années 1980 par le groupe chimique américain DuPont de Nemours, le gisement n'avait pas été exploité. Avec la demande mondiale croissante, alimentée notamment par l'Asie, l'intérêt pour le zircon s'est accentué, poussant les sociétés minières spécialisées à trouver de nouvelles ressources. Parmi ces groupes (ils sont brésiliens, australiens et sud-africains principalement) figure MDL, producteur de zircon depuis les années 1960 en Australie. Arrivé au Sénégal en 2004, il signe un an plus tard deux conventions d'exploration avec les autorités, l'une pour le site aurifère de Sabodala, l'autre pour Diogo. L'État sénégalais le pousse à lancer d'abord l'extraction d'or (démarrée en 2009), mais il mène simultanément l'exploration de sa mine de zircon afin de préciser les données de DuPont de Nemours.

Quatre années, 13 000 forages et 80 millions de dollars plus tard, le projet, évalué initialement à 150 millions de dollars, atteint un demi-milliard avec la découverte d'ilménite. Incapable de se financer seul, MDL cherche alors un nouveau partenaire : le français Eramet fait son entrée fin 2011. « Pour la transformation de l'ilménite, il fournit ses usines, situées en Norvège, tandis que nous apportons la ressource, précise Bruno Delanoue, directeur général adjoint de GCO. Il est un investisseur, un partenaire industriel, et en définitive un client. »

À l'entrée du site, fermé par une grille, des candidats à une journée de travail font le pied de grue tous les matins. « D'ici à septembre, nous emploierons jusqu'à 1 000 personnes pour la phase de construction, poursuit Bruno Delanoue, puis 300 en permanence durant l'exploitation. » Derrière le portail, c'est un autre monde : la base de vie ressemble à un village propret (bureaux, cantine, logements). De larges routes en sable rougi par un arrosage quotidien (destiné à éviter la poussière) serpentent entre les bâtiments et des parterres de gazon. Sur la zone de production, il ne manque plus que la barge et l'usine de traitement.

Formation

Du haut des dunes apparaissent des dizaines de jardins maraîchers situés en dehors du site, dans la zone des Niayes. « L'eau y est à une faible profondeur ; c'est ce qui explique qu'il y a ici une forte activité maraîchère », raconte Clever Fonseca, directeur général de Tizir, et Brésilien tombé amoureux du pays. Selon lui, aucun de ces jardins n'est menacé. S'il aime détailler l'ampleur du projet, il préfère lister les actions sociales mises en place par GCO. « Nous dépensons 500 000 dollars par an dans l'éducation, l'électrification rurale, la santé, l'hygiène, l'environnement, assure-t-il. Mon ambition est de faire sur le site une grande production de noix de cajou, dont l'arbre est parfaitement adapté au climat et au type de sol... Vous verrez, j'y arriverai ! »

Pourtant, des protestations s'élèvent déjà à Dakar. On dénonce la vente de terres à prix bradés au minier et on s'inquiète des pollutions possibles. Accusations rejetées par les intéressés, qui préfèrent mettre en avant l'impact socio­économique de GCO, la formation des employés par la société et le bon niveau de rémunération - un technicien est payé en moyenne 400 000 F CFA (610 euros) par mois, soit environ dix fois le salaire minimum. Ils soulignent aussi la réhabilitation du site : le sable aspiré par la barge est rejeté derrière elle une fois le minerai extrait ; au fur et à mesure que celle-ci progresse, la dune se reconstitue avec un sable plus blanc, « lavé », disent-ils. La végétation, replantée, parachève le travail.

Nerf de la guerre

Surtout, la mine ne sera pas le seul chantier. Afin d'évacuer le zircon et l'ilménite, GCO construira 22 km de lignes de chemin de fer pour rejoindre le réseau national. Les 100 km de voies existantes jusqu'au port de Dakar seront, de plus, réhabilités et exploités par la firme dans le cadre d'une concession avec l'État. « Nous utiliserons quatre sillons horaires de nuit, détaille Bruno Delanoue. Les ICS pourraient en utiliser autant. Le reste est à la disposition du train de banlieue notamment, moyennant un péage. » Le port sera également aménagé pour charger le minerai. « Dans cette activité, le transport reste le nerf de la guerre, estime le directeur général adjoint de GCO. L'avantage du Sénégal est d'avoir un port de qualité et d'être situé à proximité des principaux marchés que nous visons », à savoir l'Europe du Sud et l'Amérique du Nord.

Enfin, la centrale au diesel de 36 MW construite par le finlandais Wärtsilä (la première tranche est déjà achevée) pour produire l'énergie nécessaire à l'activité pourrait être connectée au réseau en cas de surplus. La mine éclairera-t-elle l'avenir de Diogo et des communes avoisinantes ? Les salariés comme les villageois y croient. À GCO de réussir. 

Michael Pauron

Bravo le Sénégal!

Élections au Sénégal : satisfaction internationale

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Unanimement, les dirigeants africains et européens félicitent Macky Sall pour sa victoire à l'élection présidentielle du Sénégal, voyant dans cette alternance pacifique au pouvoir un exemple pour le continent africain.

Le Sénégal a été un « modèle de démocratie », a déclaré le président français Nicolas Sarkozy, ajoutant qu'il s'agissait d'un « facteur d'espérance pour toute l'Afrique », alors qu'un coup d'État vient de se produire au Mali.

Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest, Said Djinnit, a déclaré : « Cette alternance pacifique doit être une source d'inspiration en Afrique de l'Ouest et sur le continent africain. »

De son côté, l'Union africaine s'est félicitée du déroulement de cette élection et y voit « la preuve que l'Afrique, malgré les difficultés, continue à enregistrer des progrès significatifs sur la voie de la démocratisation et de la transparence électorale ».

L'Union européenne (UE) a salué pour sa part « une grande victoire pour la démocratie au Sénégal et en Afrique ».

Le gouvernement allemand estime que cette élection est « un signe de la maturité démocratique du pays ».

Le chef de l'État nigérian, Goodluck Jonathan, a recommandé à « tous les autres dirigeants africains de suivre l'exemple » du dirigeant sénégalais sortant, qui a « reconnu avec grâce sa défaite, faisant preuve d'une grande maturité ».

Wade reconnaît sa défaite

Le président sortant du Sénégal, Abdoulaye Wade, a concédé la victoire à son rival Macky Sall au terme du deuxième tour de la présidentielle dimanche. La radio télévision nationale a rapporté qu'Abdoulaye Wade a appelé Macky Sall pour le féliciter.

À Dakar, l'annonce a déclenché des manifestations de joie. Les résultats complets ne sont pas attendus avant lundi, voire mardi.

« Ce soir, un résultat est sorti des urnes, le grand vainqueur reste le peuple sénégalais », a déclaré M. Sall lors d'une conférence de presse en présence de nombreux journalistes et partisans.

Âgé de 85 ans, M. Wade avait obtenu 35 % des suffrages lors du premier tour fin février contre 27 % à M. Sall, 50 ans. Mais ce dernier bénéficiait du soutien de tous les autres candidats de l'opposition qui étaient en lice lors du premier tour.

L'opposition réclamait le départ du président sortant, qui réclamait un troisième mandat et contestait un article de la Constitution les limitant à deux.

Plus de 5 millions de Sénégalais étaient appelés aux urnes pour ce second tour.

RTC

26/03/2012

Sall a battu Wade!

Présidentielle au Sénégal: Wade reconnaît sa défaite, félicite Sall

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Le président sénégalais sortant Abdoulaye Wade a reconnu dimanche soir sa défaite à la présidentielle et félicité son rival et ex-Premier ministre Macky Sall, a annoncé la télévision publique sénégalaise (RTS).

Le président Wade "a appelé dimanche à 21h30 (locales et GMT) son rival Macky Sall (...) pour le féliciter après les premières tendances qui le donnent vainqueur du second tour de la présidentielle", selon la RTS rerpise par l'Agence de presse sénégalaise (APS, publique).

Cette information a été confirmée par Moussa Diop, un proche conseiller de Macky Sall qui a déclaré: "La victoire est officielle, Wade a reconnu sa défaite".

Les premiers résultats officiels ne sont pas attendus avant mardi ou mercredi, mais les chiffres bureau par bureau égrenés depuis la fermeture des bureaux de vote à 18H00 (locales et GMT) par les médias sénégalais, dont l'agence de presse publique APS, donnaient M. Sall, 50 ans, en tête dans la plupart d'entre eux.

Avant même l'annonce de vistoire, des milliers de personnes se sont rassemblées dimanche soir devant le siège de campagne à Dakar de Macky Sall.

Aux cris de "Macky président", "Cette fois ça y est!" ou "On a gagné", ces partisans dansaient au son d'une musique rythmée poussée à fond par une puissante sonorisation.

AFP 

25/03/2012

Sall temps en prévision pour Wade...

Présidentielle au Sénégal : le scrutin du second tour est clos

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Près de 5,3 millions d'électeurs étaient appelés à voter dans quelque 11 900 bureaux à travers le pays, qui ont fermé à 18 heures (20 heures, heure de Paris).

Le Sénégal est souvent cité comme l'un des rares exemples de démocratie en Afrique, en particulier en Afrique de l'Ouest régulièrement secouée par des violences politico-militaires, comme en témoigne le coup d'Etat qui a renversé jeudi au Mali voisin le président Amadou Toumani Touré.

Wade avait oublié son bulletin dans l'isoloir

Candidat à sa propre succession, le président sortant Abdoulaye Wade, 85 ans, au pouvoir depuis 2000, aborde ce second tour dans une position relativement délicate. S'il est arrivé en tête du premier tour du 26 février avec 34,81% des voix, c'est Macky Sall (26,58%) qui semble rassembler le plus largement. Alors qu'il avait été hué dans son bureau de vote au premier tour, Wade, venu voter en famille, dans son quartier du «point E» à Dakar, a été accueilli sous les acclamations de 200 à 300 de ses partisans : les services de sécurité avaient pris leurs précautions. Il avait oublié son bulletin dans l'isoloir et est allé le rechercher pour le glisser dans l'urne, selon un photographe de l'AFP. 

Abdoulaye Wade a assuré dimanche que des «militants et responsables» de l'opposition étaient d'ores-et-déjà «d'accord pour venir dans un gouvernement que je vais former».

Sall espère rallier toute l'opposition

Agé de 50 ans, Macky Sall a obtenu le ralliement des douze candidats éliminés au premier tour qui ont appelé à voter pour lui afin de barrer la route à  Wade dont ils ont jugé la candidature «anticonstitutionnelle» après deux mandats. Accompagné de son épouse, il a voté dans une école de sa ville de Fatick (centre) où étaient rassemblées des centaines de personnes, électeurs et partisans. Il a salué «la mobilisation» des Sénégalais jusqu'ici constatée un peu partout dans le pays.

Sur le papier, si les appels à voter pour lui des douze candidats éliminés au premier tour sont suivis, Macky Sall peut l'emporter avec plus de 60% des voix. Samedi, il disait croire à un score «autour de 70%», appelant cependant à la «vigilance» par crainte de fraudes organisées par le camp du président sortant. Ce dernier compte quant à lui sur les abstentionnistes du premier tour (48,42%) et a affirmé que «l'élection sera transparente et exemplaire».

Appels au calme

Macky Sall dispose du soutien de nombreuses organisations de la société civile, de mouvements de jeunes comme «Y'en a marre» et de personnalités telles que le célèbre chanteur populaire Youssou Ndour.

La campagne a donné lieu à quelques incidents violents entre partisans des deux candidats, sans commune mesure toutefois avec les manifestations et les violences qui avaient précédé le premier tour du 26 février et avaient fait de six à 15 morts et au moins 150 blessés. A la veille du vote, plusieurs acteurs de la vie politique et les observateurs ont appelé à ce que le scrutin se déroule pacifiquement. «Les Sénégalais sont capables d'organiser des élections dans la transparence, dans la paix et la dignité. C'est ce à quoi nous les appelons», a ainsi déclaré El Hadj Amadou Sall, un des responsables de campagne d'Abdoulaye Wade.

Au total, quelque 300 observateurs étrangers surveillent le vote, notamment de l'Union africaine (UA), de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et de l'Union européenne (UE). Le ministre français à la Coopération, Henri de Raincourt, a déclaré que La France a «confiance» dans le peuple sénégalais pour accepter le résultat de la présidentielle, notant qu'Abdoulaye Wade n'a fait aucune déclaration dans un sens contraire.

En Ile-de-France, la diaspora sénégalaise vote Sall

L'ex-Premier ministre Macky Sall est le favori des Sénégalais d'Ile-de-France qui se sont massivement mobilisés dimanche à la Plaine-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), au nord de Paris, pour voter au second tour de l'élection présidentielle. Les abords du Dock Eiffel, un des trois anciens magasins généraux de la ville de Paris,  faisaient penser à un quartier de Dakar. Les électeurs enthousiastes se prêtaient de bonne grâce à des questions des journalistes et n'hésitaient pas à se prononcer «pour la rupture», alors que d'autres, plutôt discrets, prônaient la continuité.

Quelque 30 300 électeurs y avaient voté au premier tour, ce qui représente le plus grand contingent d'électeurs en France, selon le consulat du Sénégal à Paris qui organise les élections. Ils avaient placé Macky Sall en tête. D'autres bureaux sont ouverts au Havre, à Marseille et à Lyon.

S'il est propulsé à la tête du Sénégal, l'ancien Premier ministre est attendu par la diaspora sur deux points clefs. «La levée de l'interdiction d'importation des voitures de plus de 5 ans et l'abolition de la surtaxe qui frappe aujourd'hui nos coûts téléphoniques qui n'est rien qu'une façon d'enrichir quelques proches du président», juge Mamadou Souané de l'Alliance pour la République.

LeParisien.fr

Calme avant le vote

Sénégal : appels au calme avant le vote

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Du calme et de la transparence. C'est le message lancé par les responsables politiques à la veille du second tour de la présidentielle de dimanche au Sénégal qui oppose le chef de l'Etat sortant, Abdoulaye Wade et son ex-Premier ministre, Macky Sall. Ce dernier est favori après avoir reçu le soutien de l'ensemble de l'opposition et notamment celui du chanteur, Youssou Ndour.

Quelques incidents violents ont émaillé la campagne du second tour entre partisans des deux camps mais sans commune mesure avec les violences qui ont précédé le premier tour. "Les violences enregistrées durant la campagne électorale du second tour sont des alertes qu'il ne faut pas minimiser", a affirmé à la presse Doudou Ndir, président de la Commission électorale nationale autonome (Céna). D'où la nécessité selon lui de faire preuve "de la plus grande fermeté à l'égard de toute menace à l'ordre public qui surviendrait" dimanche.

Pas de déclaration avant "les résultats"

Sur le terrain, 18.000 membres de la Céna seront déployés dans le pays pour veiller au bon déroulement du scrutin. Le président de la Céna a en outre invité "les deux camps à s'abstenir de faire une quelconque déclaration prématurée sur les résultats".

L'ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo, chef de la mission des observateurs de l'Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), a rencontré tous les acteurs impliqués dans le processus électoral, dont Macky Sall. Selon ses services, il a insisté auprès d'eux "pour qu'ils préservent la tradition et l'héritage démocratiques du Sénégal".

"Défaite inévitable"

Au total, quelque 300 observateurs étrangers, Africains et Européens, vont surveiller le vote, ce qui n'a pas empêché Macky Sall (26,5% au premier tour) d'appeler "à la vigilance" par crainte de fraudes organisées par son adversaire qu'il soupçonne de vouloir passer en force."La défaite du président Wade est inévitable, nous n'accepterons pas qu'il confisque les suffrages des Sénégalais", a-t-il déclaré vendredi au cours de son dernier meeting en banlieue de Dakar.

Lors de sa dernière tournée dans les quartiers de Dakar le même jour, Abdoulaye Wade, au pouvoir depuis 2000 et en tête au premier tour (34,81%) a, de son côté, affirmé que "l'élection sera transparente et exemplaire".

Sur le papier, si les appels à voter pour Macky Sall sont suivis, il peut l'emporter avec environ 60% des voix. Mais Abdoulaye Wade compte sur les abstentionnistes du premier tour (48,42%) qui avaient "eu peur de sortir" après des violences, mais sont "nos militants et sympathisants". Il a affirmé qu'il lui fallait encore "trois ans" pour achever ses "projets", alors que le nouveau mandat présidentiel est de sept ans.

Europe1

La Casamance et les élections

Au Sénégal, la Casamance observe de loin le second tour de l'élection présidentielle

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Forêts et rivières, sable fin et cocotiers. Poisson, riz, mangue, marijuana et noix de cajou à foison. Au sud-ouest du Sénégal, la Casamance a tout pour faire rêver les touristes et faire prospérer les populations locales. Derrière la carte postale, c'est là que Stéphanie Mallak, une Casamançaise née en 1970, a perdu sa jambe droite en marchant sur une mine antipersonnel. Depuis trente ans, la Casamance est le théâtre d'un conflit de basse intensité qui oppose l'Etat central à quelques centaines de combattants indépendantistes du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Du coup, la région végète, loin de Dakar. Et les habitants, assis sur un trésor qu'ils ne peuvent exploiter et las des promesses non tenues, n'attendent plus grand-chose du scrutin présidentiel du 25 mars.

En 2000, Abdoulaye Wade, le président sortant, candidat, dimanche, à un troisième mandat, s'était engagé à régler le conflit "en cent jours". Douze ans plus tard, MmeMallak ne compte plus sur grand monde et survit tant bien que mal en faisant de la couture. Sa vie a basculé un jour de 1998 sur une piste de son village situé près du bourg de Boutout, à une encablure de la frontière du Sénégal avec la Guinée-Bissau, alors qu'elle allait cueillir des citrons.

"Nous avions quitté nos maisons quelques semaines avant et nous étions réfugiés à Boutout à cause des rebelles qui venaient au village nous demander de les nourrir, se rappelle-t-elle. Mais nous retournions aux vergers de temps en temps, seule façon pour nous, agriculteurs, de survivre. Aujourd'hui encore, ceux qui reviennent dans le village pour la cueillette croisent des rebelles. L'armée ne vient pas, la sécurité n'est pas là. On ne rentrera pas chez nous", confie cette mère d'une fille de 20 ans.

90 000 VICTIMES

Bacary Diédhiou, le président de l'Association sénégalaise des victimes de mines (ASVM), a connu le même drame dans le nord de la Casamance proche de la Gambie. "Les personnes déplacées par les combats se réfugient dans les villes et n'ont pas d'autres moyens de subsistance que de retourner faire la cueillette de mangues ou de noix de cajou dans leur verger. Elles sont les principales victimes des mines", dit-il en s'appuyant sur des béquilles.

Souleymane Diallo, lui, fuyait son village à la veille d'une attaque rebelle. En bordure d'une rizière, alors âgé de 11 ans, il a marché sur un engin explosif posé avant l'offensive et perdu la jambe droite. Soigné et sommairement appareillé, il a repris à Ziguinchor, la capitale régionale, les chemins de l'école, jusqu'à obtenir un diplôme d'informatique et de gestion alors qu'avant son accident, il avait dû déserter les bancs de l'école primaire pour aider sa famille dans les champs. "Mais maintenant, je ne trouve pas de travail."

La fin des années 1990 fut particulièrement sanglante : plusieurs centaines de personnes mutilées, fauchées par les engins posés par la rébellion ou l'armée. "Le Sénégal a signé le traité contre l'utilisation des mines, mais ne l'a pas réellement appliqué, notamment le volet d'aide aux victimes", regrette Bacary Diédhiou, 57 ans, deux femmes et douze enfants à nourrir.

Selon une enquête réalisée en 2006 par l'organisation non gouvernementale française Handicap International, quelque 90 000 personnes, déplacées, blessées ou tuées, ont été victimes de ce conflit rythmé par des accords de cessez-le-feu violés par leurs signataires avant même que l'encre ne sèche.

"Ces dernières années, le régime d'Abdoulaye Wade a surtout cherché à semer la zizanie au sein du MFDC à coups de valises d'argent, provoquant la division et la suspicion entre les différents commandants de zone, sans gagner la bataille de la paix", constate Nouah Cissé, historien casamançais. "Depuis le début de l'année, trois militaires ont été tués par les mines", comptabilise Sény Diop, du Centre national antimines du Sénégal (Cnams).

"LA CASAMANCE, C'EST UNE SOUPE KANDJA"

Dans ce pays où la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, les handicapés ne sont pas la priorité. Surtout pour les victimes d'une guerre dont Dakar répugne à reconnaître l'existence. "Pourtant, la présence des mines est un frein à l'activité économique de ce qui fut le grenier du Sénégal", déplore M.Diop. "C'est une psychose permanente pour les gens de la campagne", ajoute-t-il.

"Cette guerre a détruit le tissu économique et social. Le tourisme, les activités de pêche, l'agriculture, tous les secteurs sont touchés, et cela se traduit par une augmentation du chômage et de la pauvreté", remarque Jean-Pascal Ehemba, le président de la chambre de commerce de la région de Ziguinchor et le patron d'un hôtel situé sur les rives du fleuve Casamance. Au loin, on devine l'activité de l'usine de collecte des arachides, seul employeur privé de poids dans la région.

En cette période électorale, la plupart des candidats ont fait le déplacement en Casamance, un bassin de 1,5 million d'habitants dans un pays qui en compte 12,8 millions, une région intimement mélangée sur le plan ethnique et religieux. "La Casamance, c'est une soupe kandja, comme dans une macédoine, on mélange tout un tas d'ingrédients et c'est bon", rigole Gustave Sambou, professeur de français dans un lycée de Ziguinchor. Tous les candidats ont donc promis la paix et de mettre fin au conflit, que ce soit par la force, en distribuant des sacs de riz aux chefs de quartier ou en promettant le développement d'une région qui se sent oubliée par Dakar, la capitale sénégalaise, distante de 400km par une route traversant la Gambie, pays qui coupe pratiquement le Sénégal en deux.

A la frontière, les chauffeurs routiers sénégalais attendent pendant des jours une place sur le bac traversant le fleuve Gambie afin de poursuivre leur route vers le sud de leur pays. "La guerre et le manque d'infrastructures nous pénalisent", déplore Jean-Pascal Ehemba. "Mais c'est aussi à nous, habitants de la Casamance, de lutter pacifiquement pour nous en sortir sans attendre que cela vienne de Dakar. Dieu nous aidera", conclut-il.

Le Monde

Les boules puantes de la campagne

Franc-maçonnerie, homosexualité, polygamie … les coups bas de la fin de campagne

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Entre attaques sous la ceinture et pseudo-révélations, passons en revue les boules puantes qui ont fait les choux gras de la presse sénégalaise pendant l’entre-deux tours. Une campagne qui a trop souvent sombré dans le caniveau.

Au lendemain du premier tour, le 25 février dernier, le camp Wade a dégainé le premier pour justifier les faibles scores du président sortant dans certaines régions. Aminata Lo Dieng, sa ministre de la Solidarité, a accusé Macky Sall d’avoir bénéficié d’un « vote ethnique », celui des Haalpulaar ( Peuls), deuxième groupe ethnique du Sénégal après les Wolofs. Macky Sall lui a aussitôt renvoyé la balle en évoquant sa campagne commune, avec Abdoulaye Wade, en 2007. Il affirme en effet que lors d’une tournée au Fouta (région du nord, peuplée à majorité par des Peuls) son ancien mentor et allié l’avait alors félicité d’être un « fils du terroir ». Une qualité qui semble aujourd’hui devenue un défaut…  Bref, ce débat a réveillé un vieux démon sénégalais : l’instrumentalisation politique des ethnies et le « péril peul ».

Après les ethnies, les marabouts, un sujet brûlant au Sénégal. Dans un discours mi-mars, Macky Sall a déclaré vouloir traiter les marabouts comme des « citoyens ordinaires ». Levée de boucliers chez l’adversaire. Pour Wade, soutenu officiellement par Cheikh Béthio Thioune, l’un des chefs religieux des Mourides, l’occasion était trop bonne d’accuser son ancien dauphin d’être à la solde… des Francs-maçons (considérés par certains imams comme des “disciples de Satan”). Bien sûr, Macky Sall a démenti et revendiqué sa croyance en Allah. Un de ses soutiens, l’avocat El Hadji Diouf, a retourné l’attaque contre le président sortant. « Franc-maçon un jour, Franc-maçon pour toujours », a-t-il rétorqué, rappelant le passé maçonnique du “Vieux” et son monument de la Renaissance, une œuvre maçonnique selon certains.

La proposition de Macky Sall de gérer de façon “moderne et responsable” l’homosexualité, un autre sujet tabou au Sénégal, a continué de régaler le camp Wade. Très vite, le candidat de l’APR (Alliance pour la république) est accusé de rouler pour des lobbies gays. La presse nationale  affirme même que les partisans de Fal 2012 (coalition de Wade) iraient jusqu’à payer des homosexuels pour qu’ils investissent les meetings de Sall et brandissent des banderoles « Les homosexuels soutiennent Macky ».

Boule puante contre boule puante. De nouveau, les alliés de Sall contre-attaquent, par la voix menaçante de l’avocat El Hadji Diouf : « Les vrais homosexuels sont à l’avenue Léopold Senghor [où se situent les sièges du gouvernement et de l’Assemblée nationale]. Et s’ils ne font pas attention, nous allons donner des noms ». Un autre lieutenant de Macky, Jean-Paul Diaz, va plus loin : «Il n’y a que Abdoulaye Wade qui a un fils ayant perdu sa femme et qui refuse d’en prendre une autre, alors qu’il a volé suffisamment de milliards pour prendre quatre femmes. Essayez de voir ce qui se cache derrière ».

Quelques jours avant le vote, la campagne a définitivement atteint son niveau le plus bas. Mardi, lors d’une émission radio populaire, le politique Ahmed Khalifa Niasse, proche de Wade, a lâché sans vergogne « Macky Sall a une deuxième femme. Et je mets au défi quiconque essaierait de le nier ».

Ce dimanche, les citoyens sénégalais sont appelés aux urnes pour élire leur prochain président. Espérons qu’ils auront su aller au-delà de ces accusations sordides pour s’intéresser aux programmes des candidats.

RFI

Religion et politique

les confréries religieuses dans le jeu électoral

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Les puissants marabouts sénégalais mourides et tijaanes peuvent-ils influencer le vote au second tour de la présidentielle au Sénégal qui se déroule ce dimanche ?

Alors qu'Abdoulaye Wade, le président sortant, surnommé le talibé (disciple), courtise les confréries religieuses, son adversaire Macky Sall a choisi de prendre publiquement ses distances en affirmant qu'« il n'y aura pas de statut particulier pour les marabouts ».

Marie Brossier, chercheuse sur le Sénégal, nous explique quel rôle les confréries tiennent dans le jeu électoral.

Rue89 : Quelle est la part des Sénégalais qui sont affiliés à une confrérie ?

Marie Brossier : 95% des Sénégalais sont musulmans et une très grande majorité d'entre eux appartiennent à une confrérie. La plupart ont prêté allégeance à l'une des deux confréries majeures, la Mouridiyya ou la Tijaaniyaa.

Les Tijaanes sont arrivés par la voie du Sahel, par l'Afrique du Nord. La confrérie des Mourides a elle été fondée au Sénégal par Cheikh Ahmadou Bamba, une figure de proue de la mobilisation contre la colonisation française.

Quelle attitude les confréries adoptent-elles dans la campagne présidentielle de 2012 ?

Avant le premier tour, les Khalifes généraux, à la tête des confréries, sont restés à l'écart. Ils ont vu l'aspiration des citoyens au changement et ils ne se sont pas prononcés pour un candidat. Ils attendent de voir comment la population évolue. Seuls les seconds couteaux, les marabouts qui leur sont affiliés, ont pris la parole.

Les grands chefs religieux ont surtout été pragmatiques. Il essayent d'abord de voir qui va leur permettre de négocier et de conserver leurs positions de pouvoir. Ils cherchent à se repositionner par rapport à celui qu'ils pensent être le futur vainqueur. Cela fait partie des tractations en cours entre les deux tours.

Quelle relation les confréries entretiennent avec le monde politique ?

Il y a toujours eu une collusion d'intérêt entre les autorités religieuses, les autorités politiques et les disciples. C'est ce qu'on appelle le contrat social sénégalais. Les hommes politiques financent les autorités religieuses en échange du vote de leurs disciples.

Le marabout peut en effet demander à son disciple de voter pour tel ou tel homme politique. C'est le « nidggël », la recommandation, un des devoirs du disciple qui a prêté allégeance à un marabout.

Les disciples votent-ils systématiquement pour le candidat choisi par leur marabout ?

Depuis l'indépendance jusqu'aux présidences d'Abdou Diouf, c'était le cas. Les disciples respectaient le nidggël (la recommandation) du marabout. Mais en 2000, on a observé que l'achat de conscience ne fonctionne plus.

A l'époque, les leaders des confréries ne s'étaient pas prononcés clairement mais les seconds couteaux avaient appelé à voter Abdou Diouf. Pourtant, Abdoulaye Wade a gagné.

Comment expliquer cette évolution ?

La relation entre les disciples, les autorités religieuses et les autorités politiques est en train de changer, notamment parce qu'il y a eu une transformation du leadership dans les confréries.

En 2007, il y a eu des conflits au moment de décider qui reprendrait le pouvoir après la mort de Serin Saliou Mbacké, le dernier fils direct de Cheikh Ahmadou Bamba.

On est alors entré dans l'ère des petits-fils. Ces successeurs sont moins légitimes religieusement et donc politiquement.

Est-ce que le résultat des élections peut faire évoluer les liens entre monde religieux et monde politique ?

Quoi qu'il arrive, le religieux et le politique resteront imbriqués. Les deux fonctionnent main dans la main. C'est un système bien établi. Les confréries auront toujours un rôle économique et un rôle social, via un fort réseau d'entraide. Il n'est pas envisageable qu'il y ait une rupture.

Si Macky Sall dit qu'il veut prendre ses distances avec les confréries, cela ne veut pas dire qu'il appelle à une nouvelle forme de gouvernance. C'est surtout pour montrer marquer la rupture avec Abdoulaye Wade, qui a été le premier président à mettre en scène son obédience à la confrérie mouride.

Julie Gonnet

24/03/2012

Wade fraude!

Confection d’ un million de cartes d’ électeur, distribution du stock restant : La fraude angoisse Benno Bokk Yaakaar

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Un million de cartes confectionnées pour des non-inscrits à Thiès, Mbour, Kaolack et Louga. Distribution du stock restant à des talibés de Béthio Thioune sans cartes. Tout ceci n’est que quelques exemples de la puissante machine de fraude mise en marche par le camp au pouvoir. La révélation est faite hier, lors d’un point de presse des partisans de Macky Sall qui promettent la riposte.

A quarante-huit heures de la Présidentielle, c’est le temps des suspicions et des mises en garde. Chez Benno Bokk Yaakaar, on craint la fraude et on révèle qu’une vaste machine de fraude électorale serait mise en branle par le camp des Fal2012. C’est du moins ce que rapportent les alliés de Macky Sall. En conférence de presse hier, le Pôle de communication de la coalition Macky2012 a révélé un certain nombre de pratiques qui entre dans le cadre d’une entreprise de détournement du suffrage réel au second tour. D’après le coordonnateur adjoint de Clarté, Alla Dieng, membre de l’équipe de communication de Macky, le stock des cartes d’électeur non retirées est en train d’être distribué aux disciples de Béthio Thioune qu’il n’a pas voulu nommé. «Un marabout a donné des consignes de vote en faveur de Wade. Or, beaucoup de ses talibés n’ont pas de cartes. Nous avons des informations sûres faisant état de distribution des cartes non retirées à ces talibés», regrette-t-il.

Il s’y ajoute, si l’on en croit toujours Alla Dieng, un million de cartes sont confectionnées au ministère de l’Intérieur. Elles sont destinées aux départements de Kaolack, Thiès, Mbour et Louga. «Ces cartes sont faites pour des gens qui n’en ont pas. L’objectif est de contrecarrer les responsables politiques maîtres dans leur localité qui ont appelé à voter pour Macky», se désole-t-il. Une autre tactique prévue, révèle El Hadji Kassé, chef de l’équipe de la communication, c’est d’envoyer des messages à un million de jeunes le jour du vote, pour leur dire que si vous venez avec un bulletin de Macky, vous aurez un ordinateur.

Autant de manœuvres en gestation parmi tant d’autres qui poussent M. Kassé à avertir. «Nous avons pris toutes les dispositions nécessaires. Toutes les tentatives trouveront une résistance insoupçonnée. Et aucune concession ne sera faite. Car, la souveraineté populaire n’est pas négociable», prévient-il.

Ainsi, pense-t-il, c’est faute d’un programme bien défini à proposer à la population que le camp d’en face verse dans la propagande et la menace. A son avis, les informations relatives à un désaccord entre Macky Sall et ses soutiens issus des Assises ne sont que «propagande fausse et honteuse». Idem des menaces proférées par Wade à l’encontre de la population de Matam et Podor. «C’est la première fois dans l’histoire du Sénégal qu’un Président sortant dit à son peuple, je vais vous sanctionner parce que vous n’avez pas voté pour moi. C’est du chantage éhonté», assène-t-il. Et il termine en rappelant à Wade que quels que soient ses moyens et sa ruse, il aura en face un peuple qui en a plus que lui.

lequotidien.sn/Astou DIOP ( Leral.net )

23/03/2012

La France est prête à intervenir

La France prête à intervenir en cas de confiscation de la volonté populaire

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La communauté internationale suit de très prêt le scrutin de dimanche prochain. La France n’ est pas en reste dans cette supervision internationale. C’ est ainsi que les gaulois se disent prêts à intervenir en cas de confiscation de la volonté populaire par Abdoulaye Wade, ce qui rassure son adversaire Macky SALL

« Si la situation l’exigeait, nous interviendrons » l’assurance est d’un officiel Français. En effet, la France prend très au sérieux les menaces de « coup de forces des tenants du pouvoir en cas de défaite au soir du 25 mars.» Et l’officiel Français d’affirmer que « si la volonté populaire venait à être confisquée à l’issue du scrutin du 25 mars, une intervention armée de la France pour aider à restaurer la légitimité serait envisagée.»

L’on se souvient de la proposition de Cheikh Tidiane Gadio d’un Conseil National de Transition ou d’une formule similaire en cas de coup de force de Wade, une proposition reprise après par l’adversaire d’Abdoulaye Wade au second tour. La France a pris en compte tous les éléments du vote du 25 mars. Une source digne de foi, fait savoir que « les autorités Françaises n’excluent aucune action allant dans le sens de contraindre le Président Abdoulaye Wade à renoncer au pouvoir si la situation l’exigeait. » Désormais, il faudrait sérieusement tenir en compte « une intervention armée de la France en cas de confiscation de la volonté populaire » dimanche prochain. Une attitude de la France qui, selon nos sources, rassure Macky Sall qui ne souhaite nullement « être privé du choix de la majorité des Sénégalais en sa faveur le 25 mars.»

L’attitude de la France à 3 jours du vote semble bien comprise par l’ambassadeur Abdel Kader Fall, par ailleurs responsable libéral à Saint Louis. Ce membre de la coalition Fal 2012 a laissé entendre hier que « Wade n’est pas dans la logique d’un coup de force.» De l’avis de l’ambassadeur, « les valeurs politiques qui fondent son action interdisent au Président Abdoulaye Wade de perpétrer un quelconque coup de force.» Se voulant rassurant, le responsable libéral à Saint Louis dira que « le Sénégal n’est ni la Libye ni la Côte d’Ivoire, le premier tour s’est bien déroulé, il en sera de même pour le second tour, il n’y a pas de possibilité de coup de force avec les observateurs étrangers, les partis politiques qui seront dans les bureaux de vote, les procès verbaux signés par tout le monde, les résultats donnés en direct à la radio…»

Du côté des États Unis aussi, la vigilance est de mise quant au second tour, des informations font même état d’une « suspension du financement du Millénium Challenge Account en cas de victoire d’Abdoulaye Wade au second tour.»

Rewmi.com 

Grève scolaire, année foutue!

Une longue grève des enseignants compromet l'année scolaire

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Une grève des enseignants sénégalais depuis décembre pour de meilleures conditions de vie et de travail menace le système éducatif d'une année perdue.

Les parents d'élèves s'en inquiètent et le gouvernement met en cause une "surenchère" liée à l'élection présidentielle.

"Les parents d'élèves sont inquiets. Nous risquons d'aller vers une année blanche (nulle et sans examen). Ce serait une catastrophe pour tout le monde", déclare le président de la Fédération nationale des associations de parents d'élèves (Fenapes), Bakary Badiane.

"Passée cette semaine, nous ne voulons pas d'une année blanche mais nous ne pourrons plus rattraper le temps perdu. Nous n'allons pas sacrifier les élèves en leur demandant de faire les examens en étant sûrs qu'ils vont échouer", a déclaré à la presse Mohamed Kouyaté, coordonnateur du Collectif des lycées de Dakar.

Depuis décembre, les principaux syndicats d'instituteurs, de professeurs de collèges et de lycées, sont en arrêt de travail pour diverses revendications liées à l'augmentation d'indemnités de logement et de documentation notamment.

Les enseignants du supérieur, ayant déclenché une grève à la même période avec un syndicat et des mots d'ordre différents, exigent la construction de salles de cours et de logements, l'augmentation des budgets des cinq universités publiques du pays et le réajustement de l'indemnité de logement.

Le ministre chargé de l'Enseignement élémentaire et secondaire, Kalidou Diallo, se veut rassurant: la grève n'a pas véritablement affecté les enseignements. Pour cette raison, "une année blanche est exclue. Des rattrapages et les examens peuvent être organisés à temps si le mot d'ordre est levé".

Plusieurs manifestations ont été organisées ces derniers mois par les élèves et les étudiants à Dakar et en province pour exiger la reprise des cours. "Nous voulons étudier", ont-ils scandé régulièrement.

La Fenapes a "demandé aux enseignants de suspendre le mot d'ordre afin de sauver l'année. Nous ne comprenons pas qu'ils exigent que tous les problèmes soient entièrement réglés", a affirmé son président Badiane.

"Surenchère" politique

Le ministre Kalidou Diallo estime que "les prétentions financières des enseignants ne sont pas supportables par le budget national. Par éthique, le président (Abdoulaye) Wade n'a pas signé n'importe quoi pour être réélu et créer des problèmes après".

Il met en cause une "politisation du syndicalisme qui, ajoutée au contexte (de la présidentielle) fait de surenchère, a débouché sur une impasse". Une situation à laquelle contribue également, selon lui, la dispersion des "48 organisations" syndicales qui ne facilite pas les négociations.

"Nous sommes à équidistance des partis politiques", rétorque Abdoulaye Ndoye, un porte-parole des enseignants du moyen-secondaire.

"Nos revendications sont déposées depuis novembre 2009. La grève n'est pas liée à un problème d'argent mais à une générosité sélective du gouvernement au détriment de l'école", avec des corps de l'Etat comme les hauts magistrats qui "ont bénéficié d'augmentation de salaires", estime-t-il.

Pour le syndicat des enseignants du supérieur, "le gouvernement est plus préoccupé par sa survie qu'autre chose" et ne prête attention qu'à la présidentielle, dont un second tour opposera dimanche le président sortant Wade et son ex-Premier ministre Macky Sall, après un premier tour le 26 février.

Depuis 2000, année de son arrivée au pouvoir, le président Wade "a beaucoup fait" pour l'éducation en augmentant le budget alloué au secteur, ce qui a permis une hausse des salaires et la construction de nouvelles salles de classes, affirme le ministre Diallo.

Malick Rokhy BÂ (AFP)

Interview de Macky Sall

Ce que fera Macky Sall s'il est élu président

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Il a été ministre, Premier ministre, directeur de campagne et président de l’Assemblée nationale sous la présidence d'Abdoulaye Wade. A 50 ans, Macky Sall affronte dimanche, pour le second tour de la présidentielle, son ancien mentor de plus de 85 ans. Interview.

Etes-vous confiant dans vos chances de victoire ?

- Vous savez, il se passe une chose inédite au Sénégal : je n’avais jamais vu auparavant la totalité des candidats de l’opposition se ranger derrière un seul d’entre eux. Pour non seulement me soutenir, mais battre campagne avec moi. Aujourd’hui, nous représentons 65% des suffrages exprimés au premier tour. Avec de surcroît les démissions très importantes qui ont lieu au sein du parti au pouvoir, il y a de quoi être confiant.

Ne craignez-vous pas que bien que les autres candidats de l’opposition aient appelé à voter pour vous les électeurs ne suivent pas ce mot d’ordre ?

- Non, il n’y a aucun risque. La fusion entre tous les candidats a été quasi parfaite : nous avons ensemble défini une coalition nouvelle et les militants se sont aussitôt engagés sur le terrain en son nom. C’est la synthèse qui cristallise tous les espoirs, et je suis le candidat de ce vaste rassemblement. Il inquiète une composante du pouvoir, qui tend à dire qu’il y aurait quelques militants de l’opposition qui ne vont pas suivre. Mais c’est de la propagande électorale.

On vous présente comme l’élève tombé en disgrâce qui défie son maître…

- Cette image est trompeuse. C'est vrai que j'ai passé 19 ans au côté de Wade, dont 11 dans l’opposition et 8 au pouvoir. Ce long chemin que j’ai fait avec lui, je l'assume, comme j'ai assumé aussi notre rupture, en 2008, en créant mon parti et en parcourant tout le pays pour bâtir un projet qui propose vraiment des solutions aux problèmes des Sénégalais. C'est de l'histoire ancienne.

Aujourd'hui, je pense que Wade a pu faire ce qu’il pouvait. Sur certains plans, on peut apprécier son action, sur d'autres non. Je pense qu'en briguant un troisième mandat après 12 ans de pouvoir, il a engagé le combat de trop. C’est ce que les Sénégalais sont en train de lui dire. Ils ne veulent pas de troisième mandat, ils veulent le changement, ils veulent tourner la page. Il n'y a pas de revanche dans ma démarche, seulement la conviction que je peux apporter cette alternance démocratique et générationnelle que demande la majorité des Sénégalais.

Vous adhérez comme lui aux thèses libérales… certains craignent que vous meniez la même politique que lui si vous êtes élu. En quoi serait-elle différente ?

- Il est vrai que je crois, comme lui, dans le libéralisme. Mais je prône un libéralisme social. Je faire la différence en montrant vraiment que le libéralisme n'est pas antinomique de l'action sociale et de la solidarité et que c'est de cette combinaison dont le Sénégal a besoin. Je vais renforcer la création de richesse, promouvoir la productivité, la créativité, tout en travaillant à gommer les inégalités majeures. Dans un pays comme le nôtre, où la majorité de la population est sans travail et sans couverture médicale, il faut que l’Etat apporte des solutions.

Mais la différence la plus fondamentale entre Wade et moi, c’est que je suis le candidat d’un bloc alternatif qui regroupe toute l’opposition. Je me suis engagé à bâtir mon action sur la base des conclusions des Assises nationales. Pendant plus d'un an, des représentants de partis politiques et de la société civile ont fait un état des lieux des problèmes du Sénégal qui a débouché sur un vrai projet de société.

Nous proposons une refondation de la république à partir des principes de séparation des pouvoirs, de justice sociale, d’une gouvernance sobre, efficace et vertueuse et de l’état de droit. C’est tout l’inverse de ce qui se passe aujourd’hui. Il n’y a qu’à voir à quel point la corruption a été érigée en système dans cette campagne pour essayer à tout prix de m’empêcher d'en sortir victorieux.

Comptez-vous poursuivre en justice ceux qui ont participé à ce système ?

- Il n'y aura pas de chasse aux sorcières. Je vais faire un état des lieux de la manière dont ce pays a été dirigé, je vais commanditer des audits pour que la lumière soit faite sur l’état réel de l’économie. On jugera sur pièce, et s’il y a eu des malversations, la justice se saisira des dossiers.

Vous pourriez donc enfin lancer un audit sur la gestion des fonds publics par le fils du président, Karim ? [C’est parce qu’il avait convoqué Karim Wade à l’Assemblée, en 2007, pour que celui-ci s’explique sur les comptes de l’Agence nationale de l’Organisation de la conférence islamique dont il avait la charge, que Macky Sall s’était attiré les foudres de Wade, ndlr.]

- (Rires) C’est vous qui le citez. Ce que je dis est valable pour tout le monde.

Quelle serait votre politique à l'égard de la France ?

- Je vais conserver les relations privilégiées qui existent entre le Sénégal et la France. La France est notre premier partenaire, en raison de l’histoire qui nous lie depuis plusieurs siècles. Je compte poursuivre notre coopération privilégiée également avec l’Union européenne et les Etats-Unis, qui sont des alliés traditionnels. Et en parallèle, nous continuerons à nous ouvrir vers d’autres destinations : l’Arabie saoudite, l’Amérique du sud…

Sarah Halifa-Legrand

22/03/2012

Revue de presse

Revue de presse : "Macky Sall demande à Wade de préparer ses bagages car le peuple n’acceptera pas autre chose que sa victoire le 25 mars’’

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Les quotidiens parvenus mercredi à l’APS scrutent déjà l’horizon immédiat de l’après présidentielle et prient pour que le résultat du scrutin ne soit pas contesté par l’un ou l’autre des deux candidats dont certaines des déclarations et positions sont opportunément rappelées.

Pour ce qui les concerne, les Forces alliées pour la victoire (FAL 12012), soutiens du président-candidat, comptent respecter ‘’le résultat des urnes, quel qu’il soit’’, rapporte Direct Info, citant Youssoupha Diallo, membre de la commission de la communication de la coalition réunie autour de la candidature de Me Wade.

‘’Le président sortant et candidat à sa propre succession, Abdoulaye Wade, +ne fera pas moins que Diouf en matière de transmission du pouvoir, en cas d’échec’’, dit M. Diallo, en réaction ‘’à tous ceux qui pensent que le candidat des Forces alliées 2012 (FAL) est dans une logique de confiscation du pouvoir’’.

N'empêche que selon Walfadji, le challenger du président sortant craint ‘’des lendemains électoraux émaillés de violences". ‘’La peur qui habite Macky’’, titre en effet ce journal, avec à l’appui des propos de l’ancien Premier ministre selon lesquels ‘’des milices privées auraient été recrutées pour agresser et cela lui paraît inquiétant’’.

L’AS rapporte que le candidat de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar ‘’a une nouvelle fois averti le régime en place’’, à l’occasion d’un déplacement dans la banlieue dakaroise. ‘’Convaincu’’ qu’il battra le président sortant ‘’à plate couture, Macky Sall demande à Wade de préparer ses bagages car le peuple n’acceptera pas autre chose que sa victoire le 25 mars’’.

De toutes les manières, pour Sud Quotidien, le président-candidat se trouverait actuellement ‘’sous haute surveillance’’. ‘’Le président sortant, candidat controversé est quasiment mis en demeure par les pays amis et partenaires au développement qui ont (…) indiqué qu’ils ne sauraient rester indifférents devant +toute tentative de saper le vote+ (…)’’ du 25 mars, écrit le journal.

Cela dit, la situation financière du Sénégal n’en est pas moins critique, selon Le Quotidien. Le journal titre ainsi sur ‘’La tactique de la caisse brûlée’’ que le président Wade appliquerait. ‘’Sans moi, les fonctionnaires seront sans salaire après deux mois’’, dit-il, cité à sa une par le journal du groupe Avenir Communication.

‘’Le président Wade annonce une cessation de paiement des fonctionnaires, si seulement les Sénégalais venaient à élire Macky Sall. La raison : les capitaux ont fui le pays à cause de la campagne du M23, et, par conséquent, une situation financière morose’’, écrit Le Quotidien.

Par conséquent, ‘’Wade renvoie les +chasseurs de sous du Palais’’ de la République, annonce Rewmi quotidien. ‘’Ses collaborateurs (sont) dans la tourmente’’, ajoute ce journal. ‘’Il s’est défoulé sur des responsables et autres alliés qui faisaient le pied de grue au Palais, écrit-il, pour bénéficier des fonds de campagne’’.

Pendant ce temps, L’Observateur annonce ‘’les premières fissures’’ entre Macky Sall et la coalition Bennoo Bokk Yaakaar, constituée notamment des 12 candidats recalés à l’issue du premier tour de scrutin de la présidentielle. ‘’Contrairement aux recommandations des Assises nationales, Macky veut maintenir le Sénat et rester chef de parti’’, précise-t-il.

Les quotidiens sportifs dont Sunu Lamb spéculent sur la chute du lutteur Lac 2 lors du premier face-à-face qui l’a opposé à son adversaire du 8 avril Eumeu Sène. ‘’Bon ou mauvais augure ?’’, se demande le journal. Il cite notamment Mohamed Ali, un des encadreurs du lutteur : ‘’Il n’y a rien de mystique dans cette chute’’.

‘’Le fait pourrait relever de l’anecdote, mais dans un milieu où le mystique est recherché derrière chaque fait symbolique, cet incident fait du bruit’’, écrit pour sa part Walf Sports, rapportant à l’appui le commentaire du même Ali. ‘’Cela ne peut rien signifier, mais nous restons sur nos gardes’’.

‘’L’axe des Lions a mal’’, estime Stades dans sa manchette en allusion aux blessures contractées par les deux défenseurs de l’équipe nationale Kader Mangane et Pape Malickou Diakhaté. ‘’La saison 2011-2012 est terminée pour Malickou et Mangane’’, tranche le quotidien spécialisé.

APS

21/03/2012

Si Wade perdait...

Si Wade perdait...

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En cas de victoire de Macky Sall lors du second tour de l'élection présidentielle sénégalaise, fixé au 25 mars, le camp d'Abdoulaye Wade doit s'attendre à rendre des comptes. L'ancien Premier ministre a promis des audits, même s'il exclut toute "chasse aux sorcières".

C'est le porte-parole de la présidence, Serigne Mbacké Ndiaye, qui l'affirme : « Si Wade perd, on ira tous en prison. » La première fois qu'il l'a dit, c'était en privé, lors d'un séminaire du Parti démocratique sénégalais (PDS). Puis il l'a répété devant des journalistes, dans le but d'expliquer le fond de sa pensée : « Je veux dire par là que l'opposition a tellement parlé de malversations et de corruption qu'elle fera tout pour nous mettre en prison si elle arrive au pouvoir. »

Dans cette perspective peu réjouissante pour les cadres du parti, Macky Sall semble être un moindre mal. L'ancien Premier ministre de Wade n'a cessé de le clamer : « Il n'y aura pas de chasse aux sorcières. » Il l'a dit presque tous les jours de la semaine qui a suivi le premier tour de la présidentielle sénégalaise, tout en affirmant qu'il commanderait des audits pour savoir où en sont les caisses de l'État. « Il n'est pas question de se venger de quoi que ce soit, explique-t-il à Jeune Afrique. Mais l'une des premières mesures sera de faire un état des lieux sur les comptes de la nation et sur les grands chantiers. » Et d'ajouter : « Pas question de transiger avec la loi. »

"Meilleur gouvernance"

Longtemps mises sous le tapis, les affaires de corruption, de détournement de fonds et d'accaparement de terres évoquées par la presse ces dernières années pourraient ressurgir à la faveur d'une alternance. Macky Sall, qui promet « une meilleure gouvernance » et plus de « transparence », aurait bien du mal à protéger ses anciens alliés. Il y a fort à parier cependant que la famille Wade échappera à d'éventuelles poursuites. « On ne va tout de même pas mettre le "Vieux" en prison », glisse un conseiller de Sall.

C'est au moment où le camp Wade vacille que la menace la plus sérieuse vient de Paris. Récemment interrogé par le quotidien français Le Parisien, Me William Bourdon, président de l'association Sherpa et avocat de l'ONG Transparency International, a révélé que la plainte concernant les « biens mal acquis pourrait être élargie au président sénégalais » et aux membres de sa famille. « Plusieurs éléments liés au climat de corruption du deuxième mandat du président font l'objet de vérifications et devraient déboucher sur cette procédure judiciaire », indique-t-il. 

Jeuneafrique.com

20/03/2012

Le Joola: rien n'est fini

Naufrage du Joola: au Sénégal, des familles de victimes soutiennent l'enquête en France
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L'air grave devant les tombes blanches de naufragés du Joola, à Ziguinchor, dans le sud du Sénégal, Eli Jean-Bernard Diatta "remercie les familles des victimes françaises" qui s'opposent aux responsables sénégalais cherchant à faire annuler l'enquête en France.

"Le dossier du Joola ne restera pas impuni malgré les acrobaties au Sénégal pour l'enterrer", affirme t-il, debout dans le cimetière de Kantène, lieu perdu dans la végétation dense, à la périphérie de Ziguinchor, principale ville de Casamance.

Une quarantaine de victimes du Joola sont inhumées dans ce cimetière dont la plupart des sépultures, en forme rectangulaire et cernées de coquillages, ne sont pas identifiées.

Kantène fait parie avec Kabadio (Casamance), Bassore (Gambie) et Mbao, près de Dakar, des quatre cimetières des victimes du Joola dont le naufrage, le 26 septembre 2002 au large de la Gambie, a officiellement fait 1.863 morts dont 22 Français. Les familles des victimes parlent de plus de 2.000 morts.

La Casamance est la région sénégalaise qui a payé le plus lourd tribut à ce naufrage avec "1.340 victimes", affirme Boubacar Bâ, porte-parole de l'Association nationale des familles des victimes.

"On devrait tisser les enseignements du Joola au lieu de l'étouffer. Que tous ceux qui sont responsables dans ce dossier soient sanctionnés", affirme M. Diatta qui a perdu dans le drame son "grand-frère qui convoyait 26 enfants d'une école de football", tous morts.

La justice sénégalaise a classé le dossier en 2003 après avoir conclu à la seule responsabilité du commandant de bord, disparu dans le naufrage.

Mais la justice française a ouvert en avril de la même année une enquête dans le cadre d'une information judiciaire pour, notamment, homicides involontaires et défaut d'assitance à personnes en danger.

En juin 2009, une première requête en nullité, déposée par un collectif d'avocats mandatés par Dakar, avait été rejetée.

"J'irai chercher mon père en mer"

En janvier 2010, la justice française avait en revanche définitivement annulé, pour immunité liée à leurs fonctions au moment des faits, deux mandats d'arrêt délivrés par un juge d'instruction d'Evry, près de Paris, visant l'ex-Premier ministre sénégalais, Mame Madior Boye, et l'ex-ministre des forces armées, Youba Sambou.

Fin septembre, les avocats de sept responsables sénégalais, civils et militaires, toujours poursuivis en France, ont déposé une requête en nullité examinée par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris.

Un de ses responsables, arrêté en octobre 2010 à Paris, a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire.

Dans la cour de sa maison de Ziguinchor, Marie Hélène Mendy, veuve d'une victime du Joola qui lui a laissé deux enfants, dit attendre "la vérité" au procès qui s'ouvre lundi à Paris.

"L'Etat a classé le dossier mais pas les familles. Si on ne juge pas cette affaire, nos enfants s'en occuperont. Un de mes fils me disait, +maman, quand je serai grand, j'irai chercher mon père en mer+, ce n'est pas lui qui va oublier".

"Je suis content que le dossier du Joola soit encore d'actualité en France contrairement au Sénégal où on cherche à l'étouffer", dit de son côté Pierre Coly, un des 64 rescapés du naufrage.

"S'il y avait une possibilité d'ouvrir au Sénégal une procédure similaire à celle en cours en France, ce serait bien", affirme ce transporteur de 32 ans.

Boubacar Bâ dit qu'il aurait "préféré un procès au Sénégal car la majorité des victimes sont sénégalaises. C'est ridicule de dire que seul le commandant de bord est responsable. La justice au Sénégal devait s'auto-saisir".
RTL/TVI

Drogue à Dakar

TRAFIC INTENSE DE DROGUE DURE A DAKAR : La baronne Coumba Diakhaté, 45 ans, tombe avec un important stock de cocaïne et d’héroïne
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Joli coup de filet à l’actif des limiers de la sûreté urbaine de Dakar, qui ont alpagué samedi dernier, à Dieuppeul 2, la principale baronne du trafic de drogue dure à Dakar. Coumba Diakhaté est tombée avec un important stock de cocaïne et d’héroïne qu’elle conditionnait dans son salon. Les acolytes de la baronne sont activement recherchés.
Encore un membre de la famille Diakhaté établi à la rue 5 de la Médina qui échoue entre les mailles des filets de la police. En sus du père de cette famille, Aly Diakhaté, baron de la drogue dure à la Médina au milieu des années 90, qui purge une peine ferme en prison, certains de ses fils, également en détention pour trafic de drogue dure, c’est au tour d’un autre membre de cette fratrie, Coumba Diakhaté, 45 ans, de connaître le même sort. Elle a été alpaguée samedi dernier, en flagrant délit, par les hommes du commissaire Djibril Camara, qui l’ont surprise au salon de l’appartement qu’elle a pris en location à l’immeuble (R+1) à Dieuppeul 2.

Pour venir à bout de cette dame rompue à ce trafic de drogue dure, les limiers de la sûreté urbaine sont partis d’une suite d’informations explicitant le modus opérandi de Coumba Diakhaté pour écouler en toute tranquillité sa came. La première précaution prise par la baronne est de quitter le domicile familial sis à la rue 5 et constamment surveillé par la police, pour aménager à Dieuppeul 2. S’étant ainsi éloignée de sa base naturelle, Coumba Diakhaté pensait brouiller les pistes face aux éléments de la brigade de recherches de la sûreté urbaine de Dakar. Et pour sécuriser écouler sa came qu’elle recevait de fournisseur locaux et de l’étranger, elle procédait elle-même au conditionnement de l’héroïne et de la cocaïne dans l’intimité de son salon. Elle livre ensuite la drogue aux dealers établis à la rue 5, lesquels se chargent de l’écoulement dans le marché noir. Tout ce mode opératoire minutieusement noté dans les petits papiers, les hommes du commissaire Camara sont entrés en action samedi dernier en procédant à des planques aux abords immédiats de l’appartement de Coumba Diakhaté.

Au bout de sept tours d’horloges, les policiers ont fait irruption dans l’appartement de la baronne. Elle est prise en flagrant délit en train de conditionner un important stock de cocaïne et d’héroïne. Il s’agit de 2 boulettes de 8 grammes de cocaïne chacun, soit 16 grammes de cocaïne. De 5 autres boulettes de 8,3 grammes de cocaïne, soit 41,5 grammes, 2 sachets de 5 grammes de cocaïne chacun, soit 10 grammes et 11 pierres de cocaïne. Les limiers ont également mis la main sur 18 képas d’héroïne, le tout estimé à plusieurs millions de francs. Les stocks de drogue dure ont été placés sous scellés, alors que Coumba Diakhaté qui a été admise au violon du commissariat central, devrait être présentée ce matin devant le procureur de la République. En attendant, le commissaire Camara a lâché dans la nature les éléments de sa brigade de recherches, avec pour mission d’interpeller les autres membres de ce réseau de trafic de drogue dure.

Abdoulaye DIEDHIOU

Le bêtisier de la campagne électorale

La campagne pour l'élection présidentielle sénégalaise a été riche en évènements pittoresques et rocambolesques. Petit florilège.

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Une drôle de campagne. C’est le moins qui l’on puisse dire de l’élection présidentielle du Sénégal. Entre manifestations pour le retrait de la candidature du président sortant, scission de l’opposition et débat autour du report de la présidentielle. On aura vécu une campagne électorale à la fois violente et vide. A l’exception de quelques candidats, aucun programme n’a été proposé aux citoyens sénégalais. Autant, les Sénégalais auront vécu une période lourde de tension, mais aussi une campagne riche en surprises. Les politiciens nous ont offert le meilleur comme le pire. Retour sur les lapsus et autre petites phrases qui nous ont fait tordre de rire.

10- La candidate qui se perd en brousse:

Amsatou Sow Sidibé, leader de Car lennen, et candidate à la présidentielle a eu sa part de mésaventure lors cette campagne électorale. Voulant se rendre meeting dans la région de Fatick, la dame s’est égarée en brousse. Après quelques détours dans la localité, elle a retrouvé son chemin grâce à un villageois. Seulement, arrivée très en retard au village où elle devait tenir son rassemblement, elle ne trouvera à peine que 10 militants sur les lieux, venus l’accueillir. Las d’attendre sous le vent et la poussière, les autres militants ont préféré regagner leur domicile. Pis encore, la candidate à la présidentielle s’est emmêlée les pinceaux sur les difficultés auxquelles font face les populations de la localité et a été sauvée in-extrémis par un journaliste.

9- Cette directrice de campagne qui n’a pas de carte d’électeur:

La directrice de campagne du candidat de Idrissa Seck, Léna Sène n’a pas voté lors du scrutin du dimanche 26 février dernier. L’hebdomadaire Nouvel Horizon révèle, dans sa livraison du 2 mars que la belle Léna Sène ne s’est pas acquittée de son devoir citoyen, car ne disposant pas de carte d’électeur. Raison pour laquelle, elle n’a été aperçue dans aucun bureau de vote par la presse.

8- Les gourdins dans l’air du temps:

A Dakar, on se promène désormais avec un pilon dans le sac. Le marabout Cheikh Béthio Thioune a demandé à ses «11 millions» de disciples de tous se munir de cet objet pour se protéger d’éventuelles agressions. Hommes et femmes sont venus à son « thiant » (cérémonie de chant religieux) du 3 mars armés de leur gourdin pour lui faire acte d'allégeance et lui promettre de voter en faveur du président sortant. De quoi donner du fil à retordre aux Laobés (caste spécialisée dans la fabrication du bois), qui en ce moment ont un agenda surbooké.

7- Difficile de voter quand on a 97 ans:

La mère du candidat de la coalition Bennoo Siggil Senegaal, Moustapha Niasse, âgée de 97 ans, n’a pas voulu manquer le rendez-vous du 26 février dernier. Arrivée à son centre de vote à Keur Madiabel, la vieille dame a eu toutes les difficultés à sortir de son véhicule pour accomplir son devoir citoyen. Au vu de son âge, le président du bureau du centre où elle devait voter a décidé, après concertation avec ses collègues, que l’urne aille vers la vieille citoyenne et non le contraire. Ainsi, c’est à partir de son véhicule que la vieille femme a voté, après qu’on lui a apporté sur place les bulletins, l’enveloppe, l’encre et une urne.

6 - La chute du membre du protocole de Wade:

En Afrique, les chutes sont signes d’un prochain malheur. Et pour bon nombre de Sénégalais aujourd’hui, la chute de Massamba Sarr, membre du protocole de Wade, n’augure rien de bon. Déstabilisé par les cris et hués des manifestants anti-Wade venus l’accueillir devant son bureau de vote, Massamba Sarr a fait une chute magistrale .

5 - Des bœufs noirs immolés pour faire gagner Wade

C’est un secret de polichinelle. Wade ne supporterait pas de perdre l’élection présidentielle. Et il remue ciel et terre pour arriver à ses fins. Et ne manque pas de s’attacher les bons services de gourous. Rien que pour le premier tour de cette présidentielle, le quotidien l’Observateur révèle que 87 bœufs ont été sacrifiés et jetés en mer. Idem pour ce second tour où six bœufs noirs ont été immolés, a en croire Dakaractu.

4 - La consigne de vote du défunt Khalife

On aura tout vu dans cette campagne électorale. Même les morts se sont invités dans les débats. Ne se contentant pas uniquement de donner des consignes de vote à ses disciples, le guide religieux des thiantacounes a révélé que le défunt Serigne Saliou Mbacké, mort depuis 5 ans, lui ait apparu pour lui signifier qu’il fallait absolument voter en faveur du candidat Wade au second tour. Ce n’est pas tout. Une chanson a même été entonnée par ses disciples en l’honneur du président sortant.

3 - Diouma Dieng, une candidate atypique

S’il y a bien une candidature que les Sénégalais ne sont pas près d’oublier c’est bien celle de la styliste Diouma Dieng. Non seulement la couturière s’est illustrée lors du scrutin par son ignorance totale en matière de vote, en confondant la poubelle avec l’urne, mais elle continue de faire l’actualité avec des déclarations fracassantes. Classée dernière, selon les premiers résultats de ce scrutin, avec 0,12% des suffrages, elle s’est néanmoins réjouie de son score, qui selon elle est «satisfaisant». A l’en croire, il s’agit d’un bon score auquel elle ne s’attendait pas pour une première participation.

2 - Wade perd le nord

Sans aucun doute, Abdoulaye Wade a vécu sa pire campagne électorale. En plus des scènes de violences qui ont émaillé ce scrutin, sans oublier son véhicule qui a été saccagé à Nguèniène dans la région de Kaolack, le candidat des Fal 2012 a été copieusement hué dans son bureau de vote au point de perdre les pédales et d’oublier sur place sa carte d’électeur et sa pièce d’identité.

1 - Election Ou Erection

Le candidat à la présidentielle, Oumar Khassimou Dia, a d’énormes difficultés de prononciation. Et confond souvent le son «l» au « r ». Ce qui fait qu’à chaque fois qu’il voulait dire élection, il évoquait à la place l'«érection». Ainsi, se prononçant dans le débat  du report de la présidentielle, il  a soutenu que le «26 février sera le jour des érections». La vidéo de la déclaration du candidat a fait le buzz sur le net. Après avoir entendu son appel, un célèbre urologue d’un hôpital de Dakar, a demandé à ses épouses de ne pas y aller, car le jour des «érections» tout peut arriver, a rapporté un quotidien de la place, Direct Info.

Lala Ndiaye

19/03/2012

1 7 jours du second tour

Présidentielle au Sénégal: à sept jours du second tour, la campagne bat son plein

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A une semaine dimanche du second tour de la présidentielle entre le sortant Abdoulaye Wade et son ex-Premier ministre Macky Sall, la campagne bat son plein au Sénégal, parfois émaillée d'incidents, sans commune mesure avec les violences ayant précédé le premier tour du 26 février.

Depuis le 6 mars, jour de validation des résultats du premier tour par le Conseil constitutionnel les plaçant en tête, les deux candidats sillonnent inlassablement le pays, attirant chacun des milliers de partisans, multipliant les rencontres et les promesses.

Leurs principaux soutiens, tels le célèbre chanteur populaire Youssou Ndour pour Macky Sall, ou un leader de l'influente confrérie musulmane des Mourides, Cheikh Béthio Thioune pour Abdoulaye Wade, se mobilisent également.

Youssou Ndour a passé la journée de samedi en Casamance (sud), affirmant devant des milliers de personnes à Ziguinchor que M. Sall était selon lui le mieux placé pour ramener la paix dans cette région en proie à une rébellion indépendantiste armée depuis trente ans.

Cheikh Béthio Thioune a fait lui venir ses fidèles à Dakar, sur la Place de l'Obélisque - généralement plus habituée à accueillir les partisans de l'opposition - pour leur demander de voter Wade. Il est l'un des rares leaders religieux à avoir publiquement donné une consigne de vote, les autres, bien que très courtisés par les candidats, ayant préféré s'en abstenir.

Ces deux rassemblements se sont déroulés pacifiquement, mais la campagne a été marquée par divers incidents.

La caravane de Macky Sall a été "caillassée", à deux reprises au moins, dans le nord à Kébémer, région natale du chef de l'Etat sortant, et à Saint-Louis. Des affrontements ont également eu lieu il y a deux semaines à Dakar entre partisans des deux candidats.

"Vigilance"

La Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH) a exprimé le 14 mars "ses plus vives inquiétudes face à l'exacerbation de la violence politique" pendant la campagne du second tour, et appelé "au bannissement de la violence sous toutes ses formes".

Ces incidents sont restés pour l'instant limités - la campagne s'achève vendredi soir - et n'ont rien de comparable aux violences meurtrières liées à la contestation de la candidature de M. Wade qui avaient fait au moins six morts et 150 blessés pendant les quatre semaines précédant le premier tour.

Le président, 85 ans, élu en 2000, réélu en 2007 et dont la candidature a été jugée anticonstitutionnelle par ses opposants, s'est dit sûr de l'emporter "avec un score écrasant", en dépit du front commun de tous les candidats d'opposition éliminés au premier tour qui s'est créé autour de son adversaire.

Arrivé en tête le 26 février avec 34,81% des voix contre 26,58% à Macky Sall, il compte sur les abstentionnistes du premier tour (48,42%) qui avaient "eu peur de sortir" après les violences, mais sont "nos militants et sympathisants".

Il a affirmé qu'il lui fallait encore "trois ans" pour achever ses "projets". Le nouveau mandat présidentiel est de 7 ans.

Macky Sall qui, sur le papier, peut l'emporter avec environ 60% des voix si les appels à voter pour lui des 12 candidats éliminés sont suivis, a demandé à ses partisans de rester "vigilants", craignant un passage en force d'Abdoulaye Wade par la fraude.

La mise en garde du gouvernement aux 90 observateurs de l'Union européenne (UE) accusés par le gouvernement "d'ingérence", est restée sans suite et ils surveilleront normalement le second tour, pour lequel quelque 23.000 militaires et paramilitaires ont voté ce week-end dans le calme.

Une rencontre entre le chef des observateurs de l'UE, Thijs Berman, et le ministre sénégalais aux élections, Cheikh Guèye, a permis, "dans un cadre cordial et apaisé", de lever les malentendus, a déclaré dimanche Tommaso Caprioglio, adjoint de M. Berman.

Stéphane BARBIER (AFP)

18/03/2012

Hot Saly by night

Les chaudes soirées des adeptes du Saly by night

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Saly Portudal est connu pour son tourisme balnéaire. Mais, le développement de ce secteur économique rime avec l’existence de lieux mal famés où règnent en maître l’alcool, le sexe et même la drogue. Ce libertinage ne cesse d’indigner les populations.

L’endroit, à Saly, est surtout cet endroit incontournable pour tous les disciples de Bacchus et des nuits chaudes, faites d’alcool et de libertinage. Il est également ce haut lieu mal famé, un îlot de plaisir où la morale et la conscience sont reléguées au second plan. C’est un lieu de rencontres privilégiées des épicuriens, étale sa plaie béate à Saly Portudal où se mélangent, dans une harmonie destructive, l’alcool et le sexe.

Assise sur un tabouret, les jambées croisées, sa beauté rayonnante sous la lumière des lampadaires de la salle, le corps moullé dans une tenue laissant entrevoir seins et poitrine potelée, Anta semble rêvasser. Bien que dépigmenté, son corps attire plus d’un homme. Cigarette à la bouche, elle semble quasi indifférente à l’ambiance surchauffée de la salle. A côté d’elle, des couples mixtes se donnent à cœur joie à des embrassades, bouteilles de bière en main.

Les couples sont d’âges avancés ou très jeunes. Mais la plupart sont de vieilles femmes blanches qui frisent la cinquantaine, dépourvues de toute retenue, qui se laissent entrainer à la découverte du plaisir charnel dans les bras de jeunes hommes qui peuvent avoir l’âge de leurs fils. Ayant constaté que nous l’observons, Anta se présente devant nous et, d’un ton autoritaire, nous balance : «vous avez un problème ou quoi ?». Il s’en suit une conversation au terme de laquelle nous lui faisons croire que nous étions des novices et que nous voudrions nous «défouler». Elle dit tout de go : «fii le rail bii terré» (vous êtes arrivés à bon port). Elle nous montre, d’un doigt discret, quelques unes de ses copines mariées à des Européens d’âge très avancés. Aujourd’hui, dit-elle, elles sont «sorties de la pauvreté ambiante».

Des prostituées venant de partout

Pour Anta, il ne faut jamais chercher à émettre des critiques acerbes sur les choix des filles noires qui se marient à des vieux toubabs ou de jeunes hommes qui jettent leur dévolu sur les vieilles dames blanches.

A l’en croire, «tous ces gens ont vécu de graves situations sociales dans leurs familles, des situations que vous ne pouvez pas imaginer». En ce qui la concerne, elle est originaire de Thiocé, un grand quartier de Mbour. Elle exerce le métier de prostituée «parce que, depuis la disparition de mon père, je n’arrive plus à joindre les deux bouts».

Obligée d’aider sa maman, elle a  commencé à fréquenter la station balnéaire de Saly. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée dans ce vieux métier, espérant un jour y rencontrer un époux blanc qui la sortira des affres de la vie dans lesquelles elle se trouve plongée.

Elle renseigne que bon nombre de prostituées viennent d’autres régions, notamment Thiès, Kaolack, Diourbel  et de Dakar, etc. «Etant souvent oisives et ne pouvant plus supporter leur misère, elles n’ont pas hésité à rappliquer à Saly où elles comptent s’épanouir». L’ambiance dans la salle devient de plus en plus électrique du fait de l’affluence massive. Des couples disparaissent après marchandages du prix de la passe. Ils rejoignent les auberges clandestines, éparpillées dans la ville de Saly ou se retrouvent dans l’une des chambres que loue la prostituée.

Couples mixtes dans la ville

Le Saly Portudal by night n’est plus ce phénomène nouveau qui faisait saliver les citadins, touristes et autres épicuriens, il s’encastre comme une épine sur les réalités quotidiennes des populations de la ville qui regardent avec résignation la situation délétère qui détériore le climat social qui faisait la fierté de Saly. Les jeunes filles sénégalaises ou d’autres ressortissantes du Mali, de la Gambie, du Ghana et de la Côte-Ivoire viennent aussi se mélanger à leurs collègues Sénégalaises à Saly Portudal. Les Européens ont baptisée la plus grande avenue de Saly  «Champs Elysées. C’est une grande artère qui mène vers les autres villages balnéaires (Ngaparou et Somone). On y rencontre de jeunes filles noires habillées de tenues osées accrochées aux bras de leurs petits amis ou maris.  Saly Portudal n’est plus alors ce petit village lové sur le long de l’océan atlantique, jadis passage obligé des princes et Damels du Cayor qui  prenaient leur bain rituel sur le petit marigot qui délimitait sa frontière avec Ngaparou, raconte Cheikhou Diome, un vieux natif du village…

Yathé Nara NDOYE/Le Soleil

Nouvel avion pour Sénégal Airlines

Senegal Airlines : Arrivée d’un nouvel Appareil ATR-72 en remplacement de l’ATR-42

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Senegal Airlines annonce l’arrivée d’un nouvel appareil : Un ATR-72 configuré en 66 sièges en remplacement de son ATR-42 de 46 sièges.

Un appareil d’une plus grande capacité qui permettra à la compagnie de répondre à une demande croissante de son marché sur le court courrier.

En effet, l’important trafic enregistré notamment sur la Casamance justifie le renforcement de l’offre particulièrement sur la ligne Dakar-Ziguinchor.

Le dit appareil entrera ainsi en service ce Mercredi 21 Mars 2012 et permettra la desserte des lignes domestiques tels que Ziguinchor et Cap-Skirring ainsi que les destinations de voisinage notamment Banjul, Praia, Bissau et Nouakchott.

Pour tout renseignement supplémentaire, les passagers sont priés de contacter le service Client de Senegal Airlines au 800 800 888 (Appel gratuit) ou de consulter le site internet www.senegalairlines.aero.

Pour rappel, Senegal Airlines est le fruit d’un partenariat innovant entre l’Etat du Sénégal et le secteur privé national. Des partenariats technique et stratégique ont été également scellés avec le constructeur aéronautique européen Airbus en matière de flotte, ainsi qu’avec la compagnie Emirates, pour la mise en place opérationnelle.

Basée à Dakar, La compagnie dispose aujourd’hui de 4 Appareils (3 Airbus A-320 et 1 ATR) et opère des vols vers 15 destinations en Afrique : Abidjan, Bamako, Banjul, Bissau, Conakry, Cap-Skirring, Cotonou, Douala, Libreville Niamey, Nouakchott, Ouagadougou, Praia et Ziguinchor.

Information / Réservations : www.senegalairlines.aero

LeralNet

La famine menace le Sénégal

850 000 ruraux menacés de famine

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Une mauvaise distribution de la pluviométrie a entraîné une baisse de productivité de 25% de l'agriculture au Sénégal. S'y ajoute à la mauvaise pluviométrie, un faible niveau d'équipement, une mauvaise maîtrise des ressources en eau ou encore l'insuffisance de la fourniture en intrants. ce qui a eu pour conséquence une chute de 2% de la croissance de l'agriculture, un repli de 12,6% de la valeur ajoutée du Pib, entaînant un fléchissement de sa croissance (celle du Pib) qui, attendue à 4,3% pour 2012, n'atteindra que 4%, selon les chiffres de l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) citée par le magazine La Gazette dans son édition du 15 au 22 mars courants. Quand on sait que l'agriculture sénégalaise a contribué à hauteur de 58% de la croissance du Pib en 2010, on peut comprendre que l'économie sénégalaise, déjà plombée par le renchérissement du prix du pétrole et des produits alimentaires, doive faire face à ces contraintes internes et externes. Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (Fao), on estime à 15 millions de personnes dans le Sahel, dont 850 000 Sénégalais, " sont à risque d'insécurité alimentaire ". L'organisation onusienne estme que le Sénégal, à l'instar des autres pays du Sahel, a besoin " d'une aide d'urgence pour conjurer une crise de sécurité alimentaire et nutritionnelle de grande envergure ".

Le déficit budgétaire, de 6,9% actuellement, ne laisse guère de marge de manoeuvre au gouvernement sénégalais face à cette crise alimentaire. Devant un tel déficit, les bailleurs de fonds sont opposés à toute subvention des produits alimentaires, comme ce fut le cas en 2008, au plus fort de la crise alimentire mondiale, ce qui ne ferait qu'accentuer le déficit budgétaire du pays qui a atteint la zone rouge. La Grande Offensive agricole pour la Nourriture et l'Abondance, la fameuse Goana de Wade initiée en 2008, est bien loin derrière nous, au grand dam de nos pauvres hères rurales.

Seneweb