29/09/2012

Casamance oubliée

En Casamance, un conflit de trente ans oublié

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Cette région séparée du reste du Sénégal par la Gambie connaît une rébellion indépendantiste depuis 1982. C'est l'un des plus vieux conflits d'Afrique contemporaine.

On les appelle les « artisans rebelles ». Retranchés dans la brousse à la frontière bissau-guinéenne, les indépendantistes de Casamance portent des sandales en plastique et recyclent de grands sacs de riz pour y glisser leurs munitions. Elle n'a pas de gros moyens financiers, cette rébellion qui dure depuis trente ans. Les gouvernements successifs, à Dakar, n'ont pas réussi à venir à bout de ces rebelles retranchés dans ce bout de Sénégal coupé du reste du territoire par la Gambie.

Depuis 2009, les braquages routiers imputés aux rebelles et les combats avec les militaires se sont même intensifiés.

5 000 morts, 8 otages

« Je suis dans le maquis depuis 1983. Nous voulons nous séparer complètement d'avec le Sénégal, nous cherchons uniquement l'indépendance », martèle César Atoute Badiate, un des trois chefs de guerre, adossé à un tronc d'arbre, devant le drapeau du « Territoire libre de Casamance ». Autour de lui, ses soldats armés acquiescent.

Une indépendance impossible, même si les jeunes maquisards assurent « qu'ils se battront jusqu'à la mort pour l'obtenir ». Les autorités restent fermes sur ce point délicat de l'histoire sénégalaise. « Tout ce que je peux faire, c'est d'engager l'état du Sénégal dans la voie du dialogue, dans la voie de la paix. Évidemment, il s'agit de défendre l'intégrité territoriale », avait indiqué, le 27 juin, le président Macky Sall lors d'un conseil des ministres décentralisé à Ziguinchor, la principale ville de Casamance.

Echec de l'accord de paix

L'accord de paix de 2004, entre l'État et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), a été un échec. Cette année, les différentes factions du MFDC ont proposé une négociation hors d'Afrique avec, comme médiateur, la communauté catholique Sant'Egidio, qui est déjà intervenue dans d'autres crises (Mozambique, Algérie, Liberia) et qui est prête à s'engager sur la Casamance.

« La partition du Sénégal en deux républiques n'est pas viable, mais il est important d'envisager un statut politique et juridique à la Casamance qui lui confère suffisamment d'autonomie », décrypte Nouha Cissé, historien spécialiste du conflit.

Pas d'enjeu économique

Ce conflit de basse intensité (environ 5 000 morts, 751 victimes de mines, huit otages) et qui intéresse peu la communauté internationale, puisqu'il n'y a pas d'enjeux économiques, lasse une partie de la population. Sécurité, tourisme et agriculture pâtissent de cette situation.

Et sur les routes de la région, les patrouilles de militaires lourdement armés rappellent constamment cet état de « ni paix ni guerre ».

Aurélie FONTAINE

Commentaires

Quand le MFDC demande simplement un Referendum on fait la sourde oreille .. Demandez donc des informations aupres de Ansounama Badji, secretaire du MFDC ...

Écrit par : eric | 01/10/2012

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Bonjour,
Le référendum peut ouvrir un début de solution .
La partition de la casamance me parait peu possible économiquement ,mais un statut de région autonome ou l'état SENEGALAIS ne pourrait se contenter que de donner de l'argent sans contre partie est tout aussi peu possible...

Écrit par : oyster | 12/10/2012

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C'est en effet l'un des plus vieux conflits d'Afrique, les combattants sont vraiment prêt à tout c'est impressionnant ..

Écrit par : société didier delmer | 25/01/2013

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