30/09/2012

Mame Faguèye Bâ privée de sol Français

La célèbre costumière Faguèye Bâ interdite de visa français !

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Les fonctionnaires des Consulats français implantés sur le continent noir ont de moins en moins d’égard pour les acteurs de la Culture africaine. Dernière illustration en date de cette inconduite qui a encore de longs jours devant elle, le visa refusé à la costumière et couturière sénégalaise Mame Faguèye Bâ, alors même qu’elle remplissait toutes les conditions pour voyager sur la France, dans un cadre strictement professionnel (prendre part au « Black Fashion Week de Paris ») !

Le service Communication de ce talent de la mode sénégalaise a vertement réagi devant ce refus de délivrance de visa dans une note (intitulée « Lettre ouverte au Consulat de France de Dakar, Sénégal, Critères d’exigibilité ») dont nous vous proposons l’intégralité…

« Après le refus de visa à Thione Seck, chanteur, et au Pr Oumar Sankharé, écrivain, deuxième africain agrégé en Grammaire française après Léopold Sédar Senghor, l’Ambassade de France (au Sénégal) décide de refuser le visa à Mame Faguèye Bâ. Est-ce une signature anodine d’un représentant du premier Consul ou est-ce le Consul lui-même qui ne pouvait pas ignorer à qui il refusait ce visa ?

Est-ce l’ignorance d’un fonctionnaire ou une volonté délibérée, voire politique ? Ou est-ce le talent ou bien encore la modestie et la discrétion de cette grande couturière et costumière qui motivent cette décision ? Ou encore plus grave, est-ce une équipe qui n’aurait aucune considération pour leur pays hôte ? Est-ce une équipe qui n’a rien à envier à l’esprit français de la période coloniale ?...

Après la tragédie de son kidnapping qu’a subi Mame Faguèye Bâ au mois de mai 2010 (Ndlr : au Togo), la styliste de renommée internationale serait « interdite de séjour » sur le territoire de Schengen par le Consulat de France, sous le prétexte que la Chevalière des Arts et des lettres du Sénégal, reconnue comme première styliste d’Afrique en 2002 et premier Prix des costumes pour "Tableau Ferraille" de Moussa Sène Absa, ne correspondrait plus « aux critères d’exigibilité » du Consulat de France de Dakar. Alors qu’elle a tout ce qu’il faut pour ce voyage et a fourni les preuves (invitation, prise en charge de son séjour par l’organisateur du « Black Fashion Week de Paris », billet aller/retour Dakar/Paris, carte bancaire et enfin une assurance maladie avec rapatriement).

Qu’est-ce qui a bien pu changer aujourd’hui pour ce Consulat ? Alors qu’au mois d’août dernier, Mame Faguèye a été en Italie et en France et que depuis des années, elle entre régulièrement sur le territoire de Schengen, surtout d’ailleurs par le même Consulat qui lui a toujours octroyé le visa Schengen sans difficulté ! Elle représente la création sénégalaise au Japon, Etats-Unis, Canada, etc… Et revient toujours naturellement à son domicile de Dakar... après ses prestations de costumière ou de styliste, sans aucune intention d’obtenir un visa long séjour...

Elle a toujours voulu rester au Sénégal avec la volonté de contribuer à développer son pays, malgré différentes propositions pour son talent reconnu. Mame Faguèye Bâ devait participer au « Black Fashion Week » à Paris comme elle a participé d’ailleurs au « Black Fashion Week » à Prague en novembre 2011, événement organisé par sa collègue Adama Paris ; déjà que la démarche d’obtention du visa Schengen à l’Ambassade de France relève du parcours du combattant. Un ticket est acheté 5.000 Fcfa à ECOBANK pour avoir le droit d’appeler la société « Africatel AVS » pour un rendez-vous téléphonique de 12 mn qui vous trouve enfin un autre rendez-vous avec un(e) fonctionnaire du Consulat de France à qui vous donnez les arrhes de 40.000 Fcfa pour le visa, quelle que soit la décision (finale) du Consulat (sur le traitement de votre dossier).

Mame Faguèye Bâ, styliste et costumière reçoit ce refus de visa comme une double peine de sa tragédie d’il y a deux ans. La France à travers son consulat à Dakar lui refuse de représenter dignement son pays le Sénégal par ses créations dans un grand événement à Paris. L’année 2011 pour elle, a été une année de reconstruction. Cela ne l’a pas empêchée de créer et de participer à des événements majeurs dans son métier. Comme le FESMAN 2010 (fin décembre 2010), mais aussi à des défilés à travers le monde comme à Prague (territoire Schengen avec un court séjour en France en novembre 2011), le FIMA 2011 en décembre dernier.

Cette année, l’Italie (territoire Schengen) l’avait accueillie juillet/août 2012 dernier avec un séjour à Paris. Je considère que si le Consulat de France persiste dans son refus, il empêcherait le travail d’ambassadrice de la mode que représente Mame Faguèye Bâ et la priverait de ses moyens de subsistance. Je suis certain que ses paires à travers le monde et son public vont réagir vivement contre cette décision inacceptable de ce Consulat qui n’a aucune considération pour l’œuvre de cette artiste et sa personne ».

AfriSCOOP

29/09/2012

Casamance oubliée

En Casamance, un conflit de trente ans oublié

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Cette région séparée du reste du Sénégal par la Gambie connaît une rébellion indépendantiste depuis 1982. C'est l'un des plus vieux conflits d'Afrique contemporaine.

On les appelle les « artisans rebelles ». Retranchés dans la brousse à la frontière bissau-guinéenne, les indépendantistes de Casamance portent des sandales en plastique et recyclent de grands sacs de riz pour y glisser leurs munitions. Elle n'a pas de gros moyens financiers, cette rébellion qui dure depuis trente ans. Les gouvernements successifs, à Dakar, n'ont pas réussi à venir à bout de ces rebelles retranchés dans ce bout de Sénégal coupé du reste du territoire par la Gambie.

Depuis 2009, les braquages routiers imputés aux rebelles et les combats avec les militaires se sont même intensifiés.

5 000 morts, 8 otages

« Je suis dans le maquis depuis 1983. Nous voulons nous séparer complètement d'avec le Sénégal, nous cherchons uniquement l'indépendance », martèle César Atoute Badiate, un des trois chefs de guerre, adossé à un tronc d'arbre, devant le drapeau du « Territoire libre de Casamance ». Autour de lui, ses soldats armés acquiescent.

Une indépendance impossible, même si les jeunes maquisards assurent « qu'ils se battront jusqu'à la mort pour l'obtenir ». Les autorités restent fermes sur ce point délicat de l'histoire sénégalaise. « Tout ce que je peux faire, c'est d'engager l'état du Sénégal dans la voie du dialogue, dans la voie de la paix. Évidemment, il s'agit de défendre l'intégrité territoriale », avait indiqué, le 27 juin, le président Macky Sall lors d'un conseil des ministres décentralisé à Ziguinchor, la principale ville de Casamance.

Echec de l'accord de paix

L'accord de paix de 2004, entre l'État et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), a été un échec. Cette année, les différentes factions du MFDC ont proposé une négociation hors d'Afrique avec, comme médiateur, la communauté catholique Sant'Egidio, qui est déjà intervenue dans d'autres crises (Mozambique, Algérie, Liberia) et qui est prête à s'engager sur la Casamance.

« La partition du Sénégal en deux républiques n'est pas viable, mais il est important d'envisager un statut politique et juridique à la Casamance qui lui confère suffisamment d'autonomie », décrypte Nouha Cissé, historien spécialiste du conflit.

Pas d'enjeu économique

Ce conflit de basse intensité (environ 5 000 morts, 751 victimes de mines, huit otages) et qui intéresse peu la communauté internationale, puisqu'il n'y a pas d'enjeux économiques, lasse une partie de la population. Sécurité, tourisme et agriculture pâtissent de cette situation.

Et sur les routes de la région, les patrouilles de militaires lourdement armés rappellent constamment cet état de « ni paix ni guerre ».

Aurélie FONTAINE

Les 16 milliards d'Habré

Hissène Habré a investi 16 milliards de F CFA au Sénégal

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Selon « la Lettre du continent » repris par Enquête, en arrivant au Sénégal le 1er décembre 1990, Hissène Habré a emporté avec lui une somme de 16 milliards.

Une fois au Sénégal, l’ancien chef de l’Etat a placé les fonds dans un compte ouvert à la compagnie bancaire de l’Afrique occidental (Cbao). « Le tribunal spécial chargé de juger Hissène Habré sera d’autant plus motivé pour questionner l’actuel chef du gouvernement sénégalais que le père de ce dernier, décédé en 2007, le juge Kéba Mbaye, ex-président de la Cour internationale de justice, avait également affiché sa proximité avec Hissène Habré, n’hésitant pas à intercéder en sa faveur auprès des présidents Abdou Diouf et Abdoulaye Wade» informe « le lettre du continent ».

Mamadou Gaye

Les talibes de Saly

LUTTE CONTRE LA MALTRAITANCE DES ENFANTS: Les élèves des écoles coraniques à l'expérience d'une journée sans mendicité

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La randonnée d'une caravane de sensibilisation a mis fin à la journée de solidarité, de partage et de marmites du cœur pour les talibés de Saly-Portudal. Plusieurs pensionnaires des écoles coraniques ont eu droit hier jeudi à une journée sans mendicité. Dans le cadre de la lutte contre la maltraitance des enfants, le grand Jaraaf de Saly en relation avec la colonie de vacances de Dubaï Port Word, a assuré des repas gratuits et des séquences de sensibilisation pour une meilleure prise en charge des enfants de l'éducation informelle.

El Hadji Djal de Guèye le grand Jaraaf de Saly a insisté sur le sens de l’événement d’hier pour le situer au niveau de la lutte contre la maltraitance des enfants .Chef coutumier, il trouve essentielle la démarche consistant à attirer l’attention sur la nécessité de bien former les enfants et de les traiter avec écart, car ils sont les espoirs de demain. Son implication s’allie à une peur ambiante Il a mis en avant plusieurs aspects de l’éducation au niveau du Sénégal. Les enfants sont encadrés au sein des foyers, éduqués à l’école, influencés dans la rue et exposés aux attraits de l’internet avec ses points positifs et négatifs. Son invite est  à une vigilance aux agressions morales et sexuelles faites aux enfants dans un contexte où la station balnéaire constitue une source de problèmes.

Des actes de pédophilie, des transmissions de maladies sexuellement transmissibles ont fait des effets déplorables  et constituent des menaces pour les enfants. Les enfants sont vite tentés par l’appât du gain facile. Le Djaraf s’interroge aussi  sur le legs des ancêtres dont ils sont les dépositaires aujourd’hui. Pour lui, les enfants vont bénéficier de l’héritage qui leur revient de droit ?

Mame Libasse Diop le directeur de la colonie de vacances de Dubaï Port Word a abordé de la maltraitance des enfants synonyme d’un manque de présence, la négligence. La solution à la maltraitance repose sur des stratégies qu’il série en plusieurs points pour éradiquer le fléau. La Journée de solidarité et de partage est une des voie définies pour les enfants en situation de rupture que sont les talibés, les enfants dans la rue ,enfants de la rue et tous les  enfants d’une manière générale. Les colons et les talibés habillés mis ensemble sous la direction coutumière constituent un pas dans la sensibilisation des parents et des maîtres et les acteurs sociaux qui les oppriment.

Le clou du projet éducatif se résume en une validation de la démarche par l’imam de Saly en vue d’une pérennisation en fin de semaine. Les maîtres coraniques sensibilisés sont invités à s’inscrire dans une dynamique de ne plus négliger les enfants et de ne plus les maltraiter.

Sudonline

Journée mondiale du tourisme à Saly

Le secteur piétine

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La journée mondiale du tourisme célébrée hier jeudi 27 septembre 2012 n’a pas connu de grands moments ou d’animation dans la station balnéaire de Saly-Portudal. A l’image d’un secteur au ralenti ou en léthargie, l’activité touristique peine à se faire une place au soleil en cette période estivale où la totalité des réceptifs sont au plus bas taux de remplissage. La saisonnalité de l’activité est passée par là. La promotion de l’activité artistique, une des soupapes du tourisme, connaît des impairs avec une commercialisation difficile et une concurrence jugée déloyale.

Les facteurs qui ont concouru aux périodes fastes du tourisme dans sa phase d’exploration et d’exploitation compromettent le bon fonctionnement du secteur. Le tourisme balnéaire bat de l’aile avec l’érosion côtière et l’avancée de la mer avec son cortège de désagréments. Les plages disparaissent. Le produit touristique se déprécie et la diversification s’impose avec l’exploration de nouveaux créneaux à côté du balnéaire. Le tourisme de découverte est de plus en plus un élément à promouvoir pour la connaissance de l’arrière pays des sites littoraux abritant les réceptifs. En plus, le patrimoine offre des alternatives insoupçonnées aussi bien sur le plan naturel que humain.

La promotion du tourisme local représente l’éclaircie qui a sauvé certaines installations qui, en baissant les tarifs de moitié, favorisent la connaissance et l’accès aux nationaux qui en profitent dans le pays des profondeurs. Sur le plan gastronomique, le manque de promotion d’une cuisine sénégalaise et d’ingéniosité des cordons bleus éloigne les amateurs de l’art culinaire original.  La gestion des catastrophes montre encore des limites dans la prise en charge de la protection des hôtels. Des pertes sont évaluées en termes de milliards de francs au niveau du Lamantin Beach et des Résidences, après le passage des flammes. Des incendies ravageurs en deux ans ont mis en cause la nature des matériaux de construction qui s’embrasent à la moindre incartade.  La cherté de la destination Sénégal ne facilite pas non plus les choses.

En plus, le manque de fluidité et de retombées nuit aux relations jadis prolifiques entre les agences de voyages et les compagnies aériennes. Les petites structures peinent à se faire voir tandis que les géants se confrontent aux vicissitudes de la crise financière internationale. Un observatoire a été le souhait des professionnels pour voir exploitées les différentes potentialités. Pourtant  des efforts sont entrepris pour un tourisme durable protégeant nos coutumes et nos mœurs d’une part et promouvant nos valeurs sociales. Les amateurs d’actes de pédophilie et autres amateurs de tourisme sexuel ont déchanté ces dernières années à la faveur des mesures drastiques qui ont été prises.

Les acteurs sont aux abois et si les employeurs déplorent la baisse drastique de la clientèle, les employés, eux, regrettent encore le manque de scrupule de certains patrons qui trainent les pieds pour l’application de la convention collective de l’hôtellerie et de la restauration.

Samba Niébé BA

27/09/2012

Le fleuve Sénégal en alerte

Après 58 millimètres de pluie : Le fleuve Sénégal atteint sa cote d’alerte

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Le fleuve Sénégal a atteint sa côte d’alerte en plusieurs endroits. L’information a été donnée lors de la dernière réunion du comité régional chargé de gérer les  inondations.
La région de Saint-Louis, qui a reçu 58 mm de pluie le week-end dernier, a vu les efforts déployés par le comité de gestion des inondations réduits à néant. Actuellement, 5 familles sont recasées à l’école Boubacar Diop. Mais, elles vont bientôt repartir car les techniciens s’affairent à sortir l’eau de leurs maisons. Par ailleurs, on signale une arrivée de serpents à Saint-Louis dérivés par le courant. L’île de Kharé (Dagana) est directement sous la menace des eaux, de même que le campement touristique Océan Savane (sur la langue de Barbarie). La digue de protection du village de Guidakhar a cédé en plusieurs points. Les villages de Ngaye et Mbenguène sont privés d’eau. La crainte des serpents empêche les populations d’aller chercher l’eau au fleuve.
Le gouverneur Léopold Wade a encore mis l’accent sur l’assainissement, la salubrité et la lutte contre les inondations et les eaux stagnantes. Il a indiqué que, dans le cadre du programme d’urgence, les travaux à exécuter ont été déjà répertoriés par le préfet, surtout en ce qui concerne le gros des travaux. « Les menaces du fleuve posent plus de problèmes que les inondations dans la région. Avec un travail d’assainissement efficient dans les communes, les risques pourraient être amoindris. La maîtrise des eaux du fleuve demande la réalisation d’innombrables digues de protection », a-t-il dit. Les sapeurs pompiers ont d’ores et déjà évacué 61.826 m3 d’eau à travers les 9 camions hydro-cureurs et les 12 motopompes. Léopold Wade a demandé que les 7 motopompes de la mairie soient insérées dans le dispositif. 146 maisons ont été traitées et délarvées par le service d’hygiène, soit 442 pièces, tout comme 222 flaques d’eaux et 6.666 ha de dépôt d’ordures. Le représentant du service d’hygiène a noté que le refoulement du réseau de drainage des eaux de Darou pose problème.
Habitations menacées
Abordant l’épineuse question de la « disparition » de Doune Baba Dièye devant le comité, M. Ndiongue, le sous-préfet de Rao, a rendu compte de sa visite d’inspection dans cette zone jusqu’à Pilote Bar, où quelques habitations sont menacées par les eaux du fleuve. Rétablissant la vérité des faits sur le sort de Doune Baba Dièye, le sous-préfet de Rao a précisé que sur 65 familles qui habitaient l’île et à qui il a été affecté des terrains aux fins de recasement, seuls 4 s’obstinent à rester sur place pour des raisons « historiques ». Les 61 familles ont été recasées à Dièle Mbame et à Keur Barka.
Quant au préfet de Saint-Louis, Serigne Mbaye, il a affirmé que Doune Baba Dièye comptait une population de 542 personnes vivant dans 65 maisons. Face à la menace de la mer, il a été arrêté, en 2010, de les recaser. « Pour le site de Mbambara, qui est retenu et terrassé, le dossier se trouve devant le ministre, et ce sera une deuxième attribution. Car, dans l’urgence, les populations avaient été réparties entre Keur Barka et Dièle Mbame », a-t-il expliqué. Le préfet dit avoir suggéré la destruction de ce qui reste du village et d’en faire un site de recherche lié aux questions climatiques.
Oumar Dia, le sous-préfet de Mbane (Dagana), a fait part de la situation qui prévaut à Guidakhar et dans l’île de Kharé menacée aussi par les eaux du fleuve.
Saliou Fatma LO

26/09/2012

Inondations à Mbour

472 familles touchées par les inondations dans le département de Mbour

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Au total, 472 familles, soit 3189 personnes sont victimes des inondations dans le département de Mbour (ouest) depuis le début de l’hivernage, a indiqué le préfet, Alyoune Badara Diop, en marge de la cérémonie de la remise de dons aux sinistrés par la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale.
Dans la commune de Mbour, 157 familles sinistrées ont été enregistrées, à Nguékokh 107 familles, à Joal-Fadiouth 195 familles, à Thiadiaye 2 familles et 11 familles sinistrées ont été recensées dans le village de Guéréo (arrondissement de Sindia).
Dans la nuit de vendredi à samedi, selon le service départemental de météorologie, Mbour a enregistré 83,5 mm de pluies. Ce qui a occasionné des dégâts dans certains quartiers de la commune.
‘’A Joal-Fadiouth aussi, c’est presque la même quantité que celle reçue à Mbour qui a été enregistrée. Nous sommes en train de faire le point avec les services compétents (...). Nous avons rendu compte aux autorités centrales et un appui en hydrocureurs va être fait pour renforcer le dispositif déjà mis en place’’, a expliqué Alyoune Badara Diop.
Il a ajouté : ‘’Nous avons demandé un renfort de cinq hydrocureurs, nous en avions déjà 13 qui sont disponibles dans le département pour permettre, en dehors des pompes qui sont installées au niveau des postes stratégiques.
La Délégation générale à la solidarité nationale a remis au préfet un don destinés aux sinistrés. Celui-ci est composé de quatre tonnes de riz, de 800 kg de sucre, de 800 litres d’huile, de 800 kg de lait, des nattes, des matelas et des draps, ainsi qu’une enveloppe financière de 300 mille francs CFA.
APS

Baissez les taxes!

REDEVANCES AEROPORTUAIRES AU SENEGAL : L’Oaci crash sur le trop-plein de taxes

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Si le problème le plus urgent pour l’aviation africaine est la sécurité, sa trop forte taxation menace davantage sa capacité de servir de catalyseur économique. C’est en substance le message lancé Tony Tyler, directeur général et chef de la direction de l’IATA, s’adressant particulièrement au Sénégal, dans son discours d’ouverture, lundi 03 septembre 2012 à Dakar, de la Journée de l’aviation.
Le directeur général et chef de la direction de l’IATA(Association du transport aérien international), Tony Tyler n’y est pas allé avec le manche en parlant hier, lundi 03 septembre 2012, du financement nécessaire des infrastructures aéroportuaires. Mais c’est pour mieux dénoncer la kyrielle de taxes et autres redevances appliquées sur les billets d’avion notamment par le Sénégal ainsi que le caractère nébuleux de la gestion de leurs produits. S’exprimant à l’ouverture de la Journée de l’aviation organisée depuis hier par l’IATA à Dakar, M. Tyler n’a pas raté l’occasion de rappeler pour le regretter que, contrairement au gel des tarifs consenti par l’ASECNA, l’Agence des aéroports du Sénégal (Ads) « a augmenté les frais d’atterrissage internationaux de 13 % à compter de janvier 2012. » Après l’annonce de la hausse et malgré le retard de deux mois de la mise en œuvre de la mesure, « les consultations n’ont pas abouti à une meilleure compréhension des raisons motivant cette hausse », a-t-il expliqué.
Restant toujours sur la problématique des taxes aéroportuaires, M. Tyler de déclarer en sus que « la taxe de développement aéroportuaire est maintenant d’environ 68 $ (34 000 FCfa) par passager, soit la plus élevée d’Afrique. » Pire, « il n’y a guère de transparence quant à la gestion de ces fonds, qui sont perçus à l’encontre des principes de l’OACI », a-t-il renchéri avant d’estimer que, « même si l’aéroport doit ouvrir l’an prochain, il n’y a pas eu de réelle participation des compagnies aériennes – les usagers éventuels de l’aéroport – pour s’assurer qu’il répondra à leurs besoins. »
Le décor est ainsi campé et s’il considère l’exemple du Sénégal « comme une occasion de travailler ensemble, d’apporter des améliorations et d’aider les États de cette région à mieux comprendre que l’aviation n’est pas une vache à lait », il n’en indique pas moins que le Bénin, le Cameroun, la République démocratique du Congo, la Gambie, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, la Sierre Leone et le Togo « ont tous imposé des frais allant de 9 dollars par passager à plus de 50 dollars » tandis que la République centrafricaine envisagerait de suivre le même modèle.
Principes non respectés
Si tous ces pays, à commencer par le Sénégal, se sont abrités derrière le prétexte du financement des infrastructures aéroportuaires, il n’empêche, l’OACI a énoncé des principes qui comprennent la transparence, la consultation des usagers et les liens entre les coûts et les redevances, comme l’a rappelé le directeur général de l’Iata. Principes non respectés notamment par le Sénégal puisque, pour que les bénéfices reviennent à ceux qui paient, le préfinancement n’est pas autorisé en l'absence de mesures de protection spécifiques pour les usagers.
L’enjeu est tel qu’aux yeux de l’Oaci, les politiques publiques devraient être conçues pour tirer parti de la capacité unique de l’aviation d’être un catalyseur de la croissance économique. Or, si cet outil puissant qu’est l’aviation est trop taxé, « sa capacité de servir de catalyseur économique est menacée », fait valoir le directeur général de l’Iata. De plus, de tous les continents, ce serait en Afrique que l’aviation a le plus grand potentiel de contribuer davantage au développement.
Aussi, il ressort de la première Journée de l’Aviation qu’en améliorant la sécurité (25% des accidents seraient causés par des problèmes liés aux pistes d’atterrissage), en créant une approche commune conforme aux normes mondiales et en finançant les infrastructures de façon appropriée, l'aviation pourra avoir un impact encore plus positif sur le développement de l’Afrique.
DakarActu

Il y a dix ans: le Joola

il y a dix ans, le naufrage du «Joola»

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Le Sénégal commémore, ce mercredi 26 septembre, le dixième anniversaire du naufrage du Joola. Le 26 septembre 2002, ce ferry sénégalais, qui reliait Dakar à Ziguinchor, en Casamance, au sud-ouest du Sénégal, sombrait au large de la Gambie. Officiellement, la tragédie a fait au moins 1 863 morts et disparus, plus de 2 000 morts selon les associations des familles des victimes, et 64 rescapés. Dix ans après, les familles réclament toujours un procès des responsables, le renflouement de l’épave et l’édification d’un mémorial.

Année après année, les familles demandent la réouverture du dossier judiciaire au Sénégal. Dès 2003, la justice l’avait classé, concluant à la seule responsabilité du commandant de bord, disparu dans le naufrage. Depuis l’élection de Macky Sall à la présidence, en mars dernier, certains responsables d’associations sénégalaises se mettent à espérer en voulant croire que le nouveau pouvoir « remettra sur la table » tout le dossier Joola.

Les familles en attente de justice

Cela fait dix ans que les familles se battent pour trouver réponse à leurs questions. Quelles sont les causes véritables du naufrage alors que le navire sortait des ateliers, après un an d’immobilisation pour réfection ? Pourquoi transportait-il près de 2 000 passagers, ce qui représente quatre fois plus que sa capacité ? Pourquoi les secours ont-ils mis dix huit heures avant d’arriver quand tant de vies auraient pu être sauvées ? Jusqu’où remonte la chaîne de responsabilités ? Et que faut-il faire pour qu'à l'avenir pareille catastrophe ne se reproduise plus ?

Suite au classement du dossier par la justice sénégalaise, ce sont les familles des 22 victimes françaises qui ont porté plainte, en France. Une information judiciaire a été ouverte pour homicides involontaires et défaut d’assistance à personnes en danger. En 2008, neuf hauts responsables sénégalais de l'époque, civils et militaires, ont été visés par des mandats d'arrêt internationaux. Le régime d’Abdoulaye Wade avait alors menacé la France de représailles judicaires. En 2009, la Cour d'appel de Paris a annulé deux mandats d'arrêt pour cause d’immunité mais la procédure continue. La Cour de cassation doit se prononcer sur un éventuel procès en novembre prochain.

Diminuer le traumatisme et faire le deuil

Le renflouement de l’épave, localisée dans les eaux gambiennes, selon le Collectif des familles, avait été promis par les autorités, sous le régime d’Abdoulaye Wade. Cependant, l’opération n’a jamais été lancée.

Dix ans après, le traumatisme est toujours là et les familles des victimes ne peuvent toujours pas faire leur deuil. Elles n’ont de cesse de réclamer le renflouement du navire afin d’offrir une sépulture digne à leurs proches disparus.

Bineta Diagne s’est rendue pour RFI en Casamance d’où étaient originaires la majorité des victimes. Dans un quartier populaire de Ziguinchor, elle a recueilli le témoignage de Marie-Hélène Mendy, veuve, au chômage et élevant seule ses deux enfants. Elle a reçu les indemnisations proposées par l’Etat sénégalais – 10 millions de francs CFA (15 244 euros) par famille – mais elle réclame surtout, comme tant d’autres familles, du nouveau gouvernement sénégalais, le renflouement de l’épave.

Marie-Hélène Mendy 

25/09/2012

Le nouvel aéroport en 2014 inch Allah

De nombreux projets d’infrastructures en cours d’exécution
De l’aéroport Léopold Sédar Senghor à celui de Diass, le Sénégal est en train de développer un certain nombre de projets dans le secteur de l’aviation.

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« Au Sénégal, plusieurs projets visant à renforcer le secteur du transport aérien sont actuellement en cours de réalisation, avec notamment une initiative de rénovation des infrastructures des aéroports de province et un effort pour rendre opérationnelle la gare de fret périssable à l’aéroport de Dakar, ce qui devrait créer de nouvelles opportunités pour les secteurs de l’agriculture et du commerce extérieur. La date de livraison du nouvel Aéroport International Blaise Diagne (AIBD), qui constitue le principal projet d’infrastructure du secteur, a toutefois été repoussée à la fin de l’année 2013 », c’est le constat noté depuis quelques années maintenant. Selon un communiqué dont copie nous est parvenue, cette volonté de renforcer les infrastructures dans ce secteur obéit à la nécessité impérieuse de développer la capacité du transport aérien et de réduire les prix des billets d’avion dans le but de stimuler l’industrie du tourisme et d’accéder au potentiel économique de régions plus isolées. « Si le retard dans les travaux du nouvel aéroport international représente peut-être un contretemps pour la croissance du secteur sur le court terme, une fois opérationnel, début 2014, l’AIBD devrait fortement accroitre la capacité du Sénégal, que ce soit en termes de fret ou de transport de passagers », explique-t-on dans le document.
En plus de l’aéroport international Léopold Sédar Senghor, l’AIBD devrait être opérationnel très bientôt, à partir de début 2014, selon le directeur général de l’AIBD, Abdoul Mamadou Wane. Avec une superficie de 4500 hectares, l’AIBD sera bien plus grand que l’aéroport Léopold Sédar Senghor, qui se trouve lui sur un site de 800 hectares. Avec un terminal de 42 000 m², un terminal de fret et un terminal Hadj, l’aéroport aura une capacité annuelle de 3 millions de passagers, soit près de deux fois plus que l’aéroport actuel, qui ne peut en accueillir qu’1,7 million. Elle sera à même d’accueillir des Boeing 747- 400. Du fait de sa situation géographique à Diass, à environ 47 kms de Dakar et desservi par la nouvelle autoroute à péage Est-Ouest actuellement en cours de construction, l’AIBD devrait également contribuer à la diminution des embouteillages dans la capitale.

Réussir

Prix fantoche pour Wade

Wade reçoit le prix (bidon) du leadership africain

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L'ex-président du Sénégal, Abdoulaye Wade frétille à nouveau de joie. Six mois après son éviction du pouvoir et loin des tumultes de la politique, Abdoulaye Wade vient d’être distinguée à Paris, ce 23 septembre par le premier prix du leadership africain décerné par le Forum de la Renaissance Africaine (Fora), présidé par le Sénégalais Souleye Anta Ndiaye, apprend-on sur le site du journal Le Quotidien.
Une journée dénommée «Wade, l'Africain» au cours de laquelle l’ancien président sénégalais a été honoré pour son engagement en faveur du panafricanisme. Les militants du Parti démocratique sénégalais (PDS) ont tenu à faire le déplacement à Paris et à rendre particulièrement chaleureux ce moment de grande fête de retrouvailles dans le Trianon Palace à Versailles qui a abrité la cérémonie de remise du prix.
Le Quotidien renseigne que pour l’occasion Me Wade n’a pas lésiné sur les moyens pour faire déplacer tous ses sympathisants et les loger dans le huppé hôtel du Radisson de la cité des rois de France. La grande famille libérale sénégalaise était réunie presque au complet. Si le fils de Abdoulaye Wade, Karim Wade, est arrivé à la fin de la cérémonie, l'absence de sa fille Sindiély a été très remarquée. Autre absence de marque, le dernier Premier ministre du gouvernement de Wade, Souleymane Ndéné Ndiaye, qui a toutefois tenu à s' expliquer.
«J’ai refusé de participer à la cérémonie qui est une mascarade. C’est un simulacre de décoration, un prix bidon décerné par des gens qui ne représentent rien sinon que leur propre personne. Je ne participe pas à une telle mascarade», a souligné l’ancien directeur de campagne de Wade.
Le sieur Ndiaye précise toutefois qu’il s’en est ouvert à l’organisateur principal de l’évènement pour lui faire part de sa désapprobation. 
«Il faut arrêter de berner le Président Wade qui n’a pas besoin de ce genre de prix. Il a plutôt besoin de se reposer et de penser à faire autre chose que d’être entre les mains de manipulateurs qui ne cherchent qu’à lui pomper son argent. Je ne suis pas d’accord avec cela et on ne m’y verra jamais. Allez demander à ces gens pourquoi l’Unesco a tenu à se démarquer de ce prix», a-t-il noté.
Précisons que le Fora est inconnu du gotha des institutions panafricanistes.
Slate Afrique

24/09/2012

Un million de touristes en 2013...

Salon de Paris : Youssou Ndour mise sur un objectif d’un million de touristes pour 2013

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A Paris pour vendre la destination Sénégal, Youssou Ndour a mis son costume de Vrp pour ses fonctions de ministre de Tourisme. Son objectif est d’attirer visiteurs et tours operators au Sénégal.
Alors que le refrain entraînant « Sama rew lay diay » (“Je vends la destination de mon pays”, tiré de sa chanson “Tourista”) terminait la projection d’un documentaire mettant à l’honneur la destination Sénégal, Youssou Ndour s’est limité à sa casquette de ministre au Salon du Tourisme de Paris pour faire de la destination Sénégal une attraction pour les visiteurs, les tours operators et la diaspora sénégalaise. Il est revenu sur le nouveau cap qu’il compte donner au secteur touristique. « Le gouvernement a fait du tourisme une priorité, ce qui n’était pas le cas de nos prédécesseurs », a-t-il déclaré.
Une priorité qui passe par des objectifs chiffrés. « A mon arrivée dans ce département, le Sénégal accueillait 450.000 touristes par an. Mon objectif est d’attirer un million de visiteurs pour la saison touristique 2013 », souhaite-t-il. M. Ndour compte aller au delà des trois mois pour un secteur aussi porteur pour l’économie sénégalaise. « Nous avons des plages disponibles durant toute l’année. Je veux que la saison touristique s’étale sur les 12 mois de l’année », déclare-t-il. Il a tenu à lever les inquiétudes concernant les obstacles au développement du secteur dans le sud du pays, marqué par le conflit casamançais.
Le ministre de la Culture et du Tourisme a vanté la proximité de Dakar et de la station balnéaire de Saly Portudal grâce à la nouvelle autoroute. Il a également annoncé que l’Etat, en collaboration avec la Banque mondiale, veut trouver des solutions au problème de l’érosion côtière. Profitant de la présence d’Abdoul Wone, directeur de l’Aéroport international Blaise Diagne, il a donné des gages d’un accueil professionnel, cordial et marqué par la téranga (hospitalité) pour les futurs visiteurs du Sénégal. Le ministre a vanté les mérites du festival de jazz de Saint-Louis, une ville où le pont Faidherbe, nouvellement restauré, peut contribuer à attirer les touristes.
Quid du Tourisme sexuel ? « C’est une réalité », a-t-il reconnu, tout en concédant que c’est un risque et un danger. Selon lui, il faut miser sur la sensibilisation des populations concernées. En compagnie de Pascal de Izaguirre, Pdg de Corsair, Youssou Ndour s’est félicité du prix de 499 euros pour les billets d’avion Paris-Dakar et Dakar-Paris que cette compagnie aérienne française compte mettre en place dès le 1er novembre.
Moussa DIOP

L'Unesco et le Sénégal oriental

Les paysages culturels Bassari, Peul et Bédik classés par l’UNESCO

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Les paysages culturels Bassari, Peul et Bédik, situés dans la région de Kédougou, viennent d’être inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.
Situé dans le sud-ouest du pays, la zone classée comprend trois régions géographiques différentes : celle des Bassari – zone de Salémata, celle de Bédik - zone de Bandafassi et celle des Peul – zone de Dindéfello, présentant chacune des traits morphologiques particuliers.
Les peuples Bassari, Peul et Bédik se sont installés entre le 11e et le 19e siècle et ont développé des cultures spécifiques, vivant en symbiose avec l’environnement naturel.
Le paysage Bassari est organisé en terrasses et en rizières, entrecoupés de villages et de hameaux. Ces villages des Bédik sont formés de denses groupes de huttes aux toits pentus faits de chaume. Les expressions culturelles de ses habitants manifestent des traits originaux dans leurs pratiques agro-pastorales, sociales, rituelles et spirituelles et représentent une réponse exceptionnelle et originale aux contraintes imposées par l’environnement et aux pressions anthropiques. Le site est un paysage multiculturel extrêmement bien conservé abritant des cultures autochtones originales et toujours vivantes.
L’UNESCO rappelle que l’inscription de ce site sénégalais sur cette liste intervient un an après celle du Delta du Saloum, dans le centre-ouest du Sénégal.
Le Parc national de Niokolo Koba, l’île de Saint-Louis, l’île de Gorée, les Mégalithes de Sénégambie sont également inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l’humanité.
Bassari – Zone de Salémata
La zone de Salémata occupe 242 km² au sud de Salémata et est entourée d’une zone tampon de 1 634 km². Le paysage vallonné est protégé par les monts Ané, qui s’étendent sur 20 km du sud-ouest au nord-est.
On ne peut accéder à la zone que par des pistes et des routes à peine praticables. En dépit de l’importance de l’agriculture pour les habitants, seules 10 % des terres sont cultivées et la forêt reste largement préservée dans la zone. Les champs sont organisés en terrasses et en rizières, entrecoupés de villages et de hameaux. La zone est également riche en sites archéologiques et grottes. Le nom Bassari vient des Peul, mais eux-mêmes se dénomment Beliyan, et leur langue l’oniyan.
Jusqu’au siècle dernier, les villages étaient regroupés et situés sur des hauteurs afin de contrôler les plaines, et consistaient en huttes circulaires en chaume rassemblées autour d’un espace central. Aujourd’hui, la dispersion et le caractère éphémère sont les principaux traits des établissements Bassari, les populations choisissant de vivre près des champs. Les anciens villages ne servent plus que périodiquement, pour des cérémonies rituelles ou des festivals.
Au centre de chaque village se trouvait une hutte plus grande, l’ambofor, où les jeunes – hommes et femmes – vivaient ensemble et où sont conservés plusieurs objets rituels. Une vingtaine de ces villages subsistent dans la zone.
Bédik – zone de Bandafassi
La zone de Bandafassi englobe 181 km², enclose dans une zone tampon de 657 km². Elle comprend de petites montagnes et des vallées formant un réseau hydrographique fossile. Neuf villages Bédik sont situés en altitude.
Ces villages, ou i-kon, sont formés de denses groupes de huttes aux toits pentus faits de chaume. Du fait de leur rôle central dans la vie Bédik, les villages présentent une stricte organisation de l’espace et chacun est divisé en deux parties distinctes : la partie haute et la partie basse du village.
Tous les habitants doivent respecter cette division. L’organisation des huttes dans le village reflète l’unité familiale, qui est basée sur l’iyanga (concession) dans laquelle, autour de chaque chef de famille, se rassemblent ses épouses, leurs frères, ses enfants et leurs épouses. La vie quotidienne Bédik, cependant, se déroule dans des hameaux et des groupes de huttes provisoires dispersés, mobiles en fonction de la nécessité, tandis que le i-kon est réservé aux fêtes et aux rites et ne peut être abandonné. En conséquence, les huttes construites dans les villages rituels ont des murs en terre ; par contraste, les huttes à l’extérieur des villages sont en bambou.
Peul – Zone de Dindéfello
La zone culturelle proposée pour inscription (79 km²) comprend une zone montagneuse avec un large plateau au sommet, occupé par cinq villages, et une zone tampon complémentaire de 116 km² de terres vallonnées.
La nature du sol a engendré des formations géomorphologiques telles que falaises, chutes d’eau et éperons rocheux couverts d’une végétation luxuriante.
Philippe Laura

Le car rapide

Le car rapide : tout passe, Dieu merci

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Le car rapide, symbole incontournable du transport urbain, est une version modifiée de la Renault 1 000 kg et de la Renault Estafette. Deux modèles d’anthologie du véhicule utilitaire de la marque française qui continue de desservir la banlieue dakaroise et certaines villes de l’intérieur du Sénégal.
Le car rapide est un pur produit de l’expertise locale. Bricolé, rafistolé, ressoudé, décoré, le véhicule s’empreigne et prend les couleurs de sa nouvelle mission. Transport en commun public de voyageurs arbore-t-il fièrement.
D’une longueur de 4,35 m, largeur 1,82 m et 2,12 m de hauteur, la version sénégalaise s’offre des ouvertures des deux côtés et propose une vingtaine de places assises, dont trois à côté du conducteur, dix dans la cabine intermédiaire appelée parfois « le salon » et dix autres des deux côtés de la longueur du véhicule en arrière. L’apprenti, debout sur le marchepied incarne le panneau de direction et déroule l’itinéraire souvent avec une multitude de petites étapes pour faire payer le client plusieurs fois. « Passe » dit-il d’une voix nasillarde en claquant des doigts, exhibant sa trousse garnie de pièces.
Décoration intérieure et extérieure
L’intérieur est souvent un espace d’exposition des photos des stars du moment et de plusieurs autres centres d’intérêts du Sénégalais qui prend ce bus tous les jours de 5h du matin jusqu’aux environs de minuit. On y découvre ainsi des photos des footballeurs, des chanteurs, des lutteurs, des chefs religieux, des messages issus du Coran, « Alhamdoulilah ». Il n’est pas rare de voir se cotoyer un portrait de Madona et de Cheikh Amadou Bamba.
Bien entendu, des avertissements aussi inutiles que décalés mettent en garde les passagers : « Défense de cracher » ou « Défense de parler au chauffeur »… Qui s’en soucie ?
A l’origine, le car rapide est soit une Renault 1000 kg soit une Estafette. Ces deux modèles de véhicule utilitaire d’anthologie de Renault sont respectivement commercialisés de 1945 à 1965 et de 1959 à 1980. Si le premier fourgon, lancé en 1945, est synonyme de renouveau pour bien des Français car avait pour mission d’aider les artisans et les commerçants à retrouver le chemin des marchés et contribuer aussi activement à la reconstruction d’après-guerre, au Sénégal il est le transport en commun qui a servi le trafic urbain depuis une cinquantaine d’année et il est le plus accessible. Costaud et endurant, il disposait d’une boîte 3 vitesses et 4 cylindres de 2 383 cm3 offrant une vitesse maxi de 85 km/h.
Les collectionneurs y retrouvent ici une bonne partie des 124 570 exemplaires de la 1 000 kg et 533 209 de l’Estafette version modifiée et colorée bleu jaune.
Youssouf Diatta

Diouf blanchi

Levée de la suspension du « Bad Boy Sénégalais » : La Fsf déroule le tapis rouge pour le retour de Diouf

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Peu après la sortie fracassante d’El Hadji Diouf, exigeant son retour en équipe nationale, la Fsf a décidé de lever sa suspension. Mise devant ses responsabilités, l’instance dirigeante du Football Sénégalais qui, certainement, ne veut pas porter la responsabilité d’une élimination des Lions à la Can 2013, n’a pas hésité, une seule fois, à faire du bad boy Sénégalais, un joueur sélectionnable. Une mesure prise à deux semaines seulement du match retour contre la Côte d’Ivoire, qui pourrait marquer le grand come back de Diouf dans la tanière.
El Hadj Diouf s’en frotte les mains. Peu après sa sortie au vitriol pour réclamer son retour en équipe nationale, le soir même de la défaite des Lions devant les Elephants, le bad boy a vu sa requête trouver un écho favorable auprès des dirigeants de la Fédération Sénégalaise de Football.
A l’arrivée, l’appel lancé par l’ex-capitaine de l’équipe nationale pour intégrer à nouveau la tanière, n’est pas tombé dans l’oreille de sourds. Augustin Senghor et compagnie ont décidé de lever la suspension de cinq ans qui était infligée à l’ancien attaquant de Bolton.
Une réhabilitation pour le bad boy du football Sénégalais qui a finalement réussi à tordre les bras des fédéraux, suite à un intense lobbying qui aura duré des années.
Car, depuis sa mise à l’écart par Amara Traoré, au lendemain des éliminatoires de la Can et du Mondial 2010, El Hadji Diouf n’a cessé de ruer dans les brancards pour s’autoproclamer « homme Providentiel », capable de porter la résurrection de l’équipe nationale.
Avec la même verve, le Saint Louisien ne s’est jamais privé de dénoncer « l’amateurisme » des fédéraux qui sont, selon lui, contraints de revoir leur position.
Du coup, avec cette levée de suspension, l’ex-attaquant de Liverpool redevient sélectionnable en équipe nationale, où son retour n’est plus qu’une question de formalités, pour ne pas dire inévitable.
Maintenant que la levée de sa suspension a été consacrée, aucun autre obstacle ne se présente pour le grand retour de Dioufy. En effet, cette décision intervient à quelques semaines d’un match crucial contre la côte d’Ivoire, décisif pour la qualification à la Can 2013. Le moment choisi pour la bande à Augustin Senghor n’est pas fortuit, surtout qu’il fait suite à l’avertissement aux allures de mise en garde d’El Hadj pour mettre la Fsf devant ses responsabilités, en cas d’élimination du Sénégal.
« Toute le monde sait celui qui manque à cette équipe », avait grondé Dioufy qui semble tenir sa revanche sur ses détracteurs.
Il ne reste plus qu’a voir coucher son nom sur la liste des Lions qui seront retenus pour décrocher la qualification. Une mission que le « bad boy » se voit déjà porter sur ses épaules.
Amadou Lamine MBAYE

Mbour à la croisée des chemins

MBOUR: Une agglomération au cœur de la tourmente

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Prise au dépourvue, la municipalité de Mbour qui  devait tirer des ressources du développement touristique pour aider les populations à se sortir de la pauvreté ne compte plus de réserve foncière. Tout a été laissé aux mains de la communauté rurale de Malicounda et de la nouvelle commune de Saly. Et  l’erreur de l’ancien président Abdoulaye Wade consistant à ériger cette zone en commune alors qu’il ne devait s’agir que d’un quartier de la ville a été fortement subie et dénoncée par les populations.
L’agglomération de Mbour qui attirait toute cette population avec ses campements touristiques, un véritable port d’accueil et de plaisance, croule aujourd’hui sous le poids des déficits d’investissements en infrastructures adaptées. La ville est laide, et son prolongement dans les anciens champs de mil et d’arachide s’est fait dans un désordre qui a fait naître des quartiers « graves » comme Bey deuk, Aldiabel, Keur Samba Laobé.
Et cette boulimie foncière qui a bien profité aux autorités municipales et avant eux aux préfets n’a fait qu’aggraver la situation. Le marché central est un espace sans contrôle. Le centre ville n’existe plus. La moindre pluie est sujette à des inondations terribles dans le centre comme sur les marges de la cité. Aucun nouveau quartier n’a été assaini ni ne compte de voiries. De Grand Mbour à Saly, jusqu’à une date récente, il y avait une piste qui reliait la station à la ville.
Dans l’indifférence…
Pour une population de près de 300.000 habitants, un seul hôpital peu digne de ce nom a été érigé sur place, sans équipements, sans aucun des outillages électroniques ou mécaniques qui font la force et la fierté de la médecine moderne. La maternité est un mouroir, les salles de soins sont loin du confort qu’on connaissait dans les années 1960 avec le centre des grandes endémies de la Trypano et le dispensaire municipal. Le tout sur un fond d’anarchie et de manque de personnel qui en disent long sur la situation de cette ville appauvrie par la décentralisation. L’histoire de cette ville littorale est simple : sans projet, sans avenir, la vie se déroule dans la bourgade de Saly avec une flopée de jeunes « antiquaires » au chômage face au manque de touristes.
Dans le vieux centre ville, aucune route n’existe. L’anarchie règne en maître  et les voies de passage sont encombrées de saletés en tout genre. Ici la vie se déroule ailleurs : à Warang, Nianing, Mbodiène et Joal qui reçoivent des clients venus d’un peu partout à la recherche d’une terre d’habitation pour réserver leurs vieux os de la canicule et de la pauvreté en France, en Belgique, Italie, Espagne etc. Laissés aux seuls possesseurs d’un chéquier fourni, occupés par des riches et des étrangers en mal d’exotisme, les espaces du bord de mer sont un lieu de bradage et de spéculations.  
Partout, on construit et le boom immobilier est aujourd’hui dans le même ordre de croissance qu’à Dakar et son agglomération. Dans les villages pauvres d’hier, à Warang, Mbodiène, Malicounda, Saly, le seul moyen de se faire de l’argent est de brader les dernières terres d’agriculture à des étrangers, ruinant comme le disent les jeunes eux-mêmes, l’avenir de la génération présente et  à venir. A Nianing,  Joal , à Warang, Saly et Gandigal, le discours est le même.
Mame Aly KONTE

23/09/2012

Mbour, il y a du déguerpissement dans l'air

Le préfet annonce le désencombrement du marché central de'Mbour

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Le marché central de Mbour sera prochainement désencombré, a annoncé, jeudi, Alyoune Badara Diop, le préfet du département, affirmant que cette opération est devenue « inéluctable ».
« Quoi qu’il advienne, nous n’indiquerons pas les dates retenues pour passer à l’action. Nous sommes persuadés que l’action de l’Etat pour sécuriser le marché central de Mbour est une nécessité absolue. Et cette nécessité là fait que nous nous sommes engagés, avec le soutien des services de sécurité, pour mener à bien cette opération de désencombrement des principaux axes », a insisté M. Diop.
Les membres de la Commission départementale de protection civile (CDCP), sous la direction du Préfet du département, Alyoune Badara Diop, ont visité jeudi le marché central de Mbour et ses environs, pour constater de visu la situation qui y prévaut.
« La préfecture, le Trésor, la Poste, la Maison d’arrêt et de correction, la Brigade de gendarmerie, le service des pêches, celui de l’Elevage, entre autres services déconcentrés de l’Etat, sont tous obstrués et sont, du coup, devenus inaccessibles. Si aucun effort n’est fait, cette situation va empirer », a encore dit M. Diop, estimant qu’il faut « agir vite et avec efficacité ».
D’après Alyoune Badara Diop, « il ne s’agira pas seulement de désencombrer pour désencombrer, pour que les gens qui occupent anarchiquement la voie publique soient déguerpis et qu’ils aient demain la possibilité de revenir ». Il a dit que « des mesures adéquates doivent être prises permettant à ces derniers de dégager les voies et que la situation soit maintenue pour ne bonne fluidité de la circulation ».
« Dans ce marché, les bouches d’incendie sont occupées par des marchands. Si par malheur il arrivait qu’il y ait du feu dans ce marché, c’est une catastrophe. Nous allons prendre des mesures pour sécuriser les commerçants et autres usagers de ce marché, afin que les conditions idoines de fonctionnement de ce marché soient possibles », a indiqué le préfet du département de Mbour.
Il a précisé que ceux qui sont régulièrement installés, parce que détenant des papiers leur permettant d’avoir des cantines, vont être recasés. « Mais ceux qui occupent la voie publique où on doit permettre une bonne circulation des personnes et des biens, il n’est pas envisagé de les recaser. Sinon cela ressemblerait à encourager une situation anormale », a-t-il estimé.
APS

Hollande à Dakar

Hollande à Dakar le 12 septembre, avant le sommet de la Francophonie en RDC

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Le président français

François Hollande, sera le 12 octobre,
à Dakar où il s'exprimera devant l'Assemblée nationale sénégalaise, avant de se rendre ensuite au sommet de la francophonie à Kinshasa (RDC).
Le président français, dont ce sera le premier déplacement en Afrique, se rendra également sur l'île de Gorée, lieu de mémoire de la traite négrière, a-t-on ajouté de même source.
Cette étape à Dakar avant le sommet de la francophonie du 12 au 14 octobre devrait donner l'occasion à François Hollande de marquer sa différence avec son prédécesseur.
En juillet 2007, à Dakar, pour son premier voyage de chef d'Etat en Afrique, Nicolas Sarkozy avait déploré que "l'homme africain" ne soit "pas assez entré dans l'Histoire".
JeuneAfrique

22/09/2012

L'oignon au Sénégal

L'oignon au Sénégal, directement du champ à l'assiette

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L’oignon occupe le premier rang des cultures maraîchères au Sénégal. Il est cultivé dans les régions des Niayes, bande côtière s’étendant de Dakar à Saint-Louis, et dans la Vallée du fleuve Sénégal.
Le poulet Yassa est la recette à base d'oignons la plus populaire du Sénégal. Pour 6 personnes, comptez un poulet d'1,5kg et 8 à 10 oignons pour la préparation de la sauce qui se dégustera avec du riz. Marinés dans les épices, de la moutarde et du vinaigre, les oignons confits et fondants sont intégrés après cuisson à une sauce relevée au piment et au bouillon cube, l'autre « épice » incontournable de la cuisine d’Afrique de l’Ouest.
En 2003, le gouvernement sénégalais restreint les importations d'oignons (principalement hollandais, belge et français) durant la période de production sénégalaise qui s'étale sur deux saisons « d'abondance » de mars à mai et de juillet à septembre. A partir de 2005, la période de suspension des importations court d’avril à septembre, elle est précédée de février à mars d'une restriction des importations à 2000 tonnes par mois.
Depuis les mesures de restriction du gouvernement, la production est en constante augmentation avec 120 000 tonnes (2009), 177 000 tonnes (2010) et 235 000 tonnes (2011). Le Sénégal dépasse désormais les besoins annuels de son marché intérieur estimés à 15 000 tonnes par mois soit 15kg par habitant et par an. Pour couvrir les besoins hors saison, le pays reste tout de même le plus gros importateur d’oignons en Afrique de l’Ouest, drainant 43 % des flux d’importation de la région, soit 128 000 tonnes/an.
Marie-Monique Robin

21/09/2012

Être homosexuel au Sénégal

Être homosexuel au Sénégal

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Djamil Bangoura sait qu'il est gay depuis l'enfance. Ayant grandi à Pikine, une banlieue de la capitale tentaculaire du Sénégal, Dakar, il a gardé secrète son orientation sexuelle par crainte de la violence, de l'emprisonnement, et de l'éloignement de sa famille, qui est au cœur de la vie sénégalaise.
Mais un jour en 2002, des collègues du studio d'enregistrement où il travaillait ont entendu des rumeurs selon lesquelles Djamil pourrait être "goorjigeen", une insulte en Wolof qui signifie "homo", et ont alors averti son supérieur. Djamil, qui avait 24 ans à l'époque, a été renvoyé sur-le-champ. La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre dans sa communauté, et Djamil a été rapidement mis à la porte de la maison familiale. Parents, frères, sœurs et voisins, tous ont coupé les ponts avec lui et Djamil s'est retrouvé très vite sans aucun moyen de subsistance, ni famille, ni sécurité. Face aux menaces de ses amis et des voisins, il a passé les trois années suivantes dans la clandestinité, louant une chambre minuscule avec ce qui lui restait d'économies. Il n'a jamais osé quitter son logement exig et il s'est appuyé sur les quelques amis qui restait pour lui apporter de la nourriture et de l'eau.
Alors que les États-Unis et d'autres pays essayent de venir à bout de la question du mariage homosexuel, considéré par beaucoup comme le dernier obstacle à relever par le mouvement des droits des homosexuels, le Sénégal et le reste de l'Afrique occidentale continuent à faire face au défi initial de la décriminalisation de l'homosexualité.
L'article 319-3 du code pénal sénégalais criminalise les actes sexuels "contre nature" par cinq ans d'emprisonnement et une amende, une peine relativement légère en comparaison de la peine de mort en Mauritanie, son voisin du Nord. Bien que sa formulation porte plus sur le comportement que le caractère, la loi a été utilisée par les autorités sénégalaises pour cibler les membres de la communauté LGBT. Comme il n'existe presque aucun lieu au Sénégal permettant aux gays de se retrouver, la loi repose principalement sur l'apparence et la suspicion. Ce fut le cas pour les neuf membres d'une association contre le VIH/Sida, tous des hommes, qui ont été arrêtés par la police en décembre 2008, seulement quelques jours après que le Sénégal ait accueilli une conférence internationale sur la maladie. En toute absence de preuve de comportement homosexuel, un tribunal les a condamnés à huit ans de prison, parce que la police les avait trouvés en possession de préservatifs et de lubrifiant. Aux yeux de la loi sénégalaise, la possession de matériaux utilisés en prévention du VIH est synonyme d'homosexualité et par conséquent entraîne sa pénalisation. Bien qu'ils aient été libérés en avril 2009 sous la pression internationale, la plupart ont perdu leurs emplois et ont été coupés de leurs familles et communautés.
Djamil décrit l'an 2008 comme "catastrophique" pour les droits des homosexuels au Sénégal: en plus de l'arrestation de ces neuf hommes en décembre, un magazine people a publié des photos d'une fête qu'il a appelée "un mariage homosexuel". D'autres médias ont publié de nouveau les photos, provoquant la condamnation de ces faits par les dirigeants politiques et religieux, ce qui a entraîné l'arrestation de six hommes. L'un d'eux, Madièye Diallo, a fui au Mali suite aux menaces de mort de ses voisins. Il était séropositif et est décédé l'année suivante, du fait de son incapacité à rentrer au Sénégal pour recevoir son traitement antirétroviral. Lorsque sa famille l'a enterré dans le cimetière local, des voyous du quartier ont déterré son corps par deux fois et l'ont jeté devant la maison de ses parents. Deux autres exhumations d'hommes présumés homosexuels ont été signalées dans la même année.
Les expériences de Djamil et Madièye sont malheureusement fréquentes dans un pays qui est présenté comme un modèle de paix et de démocratie dans une région caractérisée par son instabilité. Naître homosexuel et sénégalais, c'est naître dans un pays dont le gouvernement vous considère comme un criminel et dont les chefs religieux veulent votre mort. Soi-disant une république laïque, le Sénégal et sa politique sont fortement influencés par les leaders islamiques comme Serigne Bara Mbacké, le Khalife général de la confrérie mouride, qui est la confrérie musulmane la plus puissante au Sénégal. En 2009, dans une interview au journal sénégalais Le Quotidien, Mbacké a dit des homosexuels, "Nous devons chercher ces criminels et les tuer publiquement, et je serai au premier plan!" Alors que de telles déclarations par des dirigeants religieux sont largement rejetées aux Etats-Unis, l'approbation d'une confrérie peut faire ou défaire la candidature d'un politicien. Macky Sall, qui a récemment été élu président du Sénégal dans une victoire écrasante sur le président titulaire, a déclaré lors de la campagne que «l'homosexualité est un problème de société» qui doit être géré.
En dépit des obstacles vertigineux, la petite communauté LGBT du Sénégal reste imperturbable dans sa marche vers la reconnaissance. Après des années de solitude, Djamil a été présenté à une association informelle d'hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), traitant de l'éducation sur le VIH. Djamil a été rapidement adopté par sa nouvelle famille et a utilisé son réseau pour étendre la portée de l'association au-delà de la capitale dans des zones plus reculées. Après avoir pris les rênes, Djamil a demandé avec succès au gouvernement de reconnaître Prudence en tant qu'organisation VIH/Sida.
Bien sûr, le gouvernement du Sénégal ne reconnaît pas le cœur du sujet de la communauté HSH, mais a choisi de fermer les yeux en reconnaissant qu'un tel ciblage était nécessaire pour prévenir la propagation de la maladie. Prudence est maintenant forte de 479 membres et en croissance rapide.
« Je suis optimiste » a déclaré Djamil. «Mais sans la solidarité de la communauté internationale, rien ne changera." Cependant, Djamil a de bonnes raisons de croire que la vie peut s'améliorer pour certains des plus jeunes membres de Prudence: en décembre 2011, la Secrétaire d'État américain Hillary Clinton a lancé la Global Equality Fund pour "soutenir les groupes de la société civile à travers le monde qui travaillent pour protéger les droits de l'homme des personnes LGBT". En effet, le plaidoyer continu des États-Unis et des autres partenaires du Sénégal pour les droits et la dignité des minorités sexuelles peut s'avérer décisif pour la problématique contemporaine des droits humains.
Joseph Vellone
Écrivain, engagé dans l'humanitaire

20/09/2012

Les tapisseries de Thies

Les tapisseries de Thiès, des fresques du Sénégal aux quatre coins du monde

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Des ouvriers de la manufacture de Thiès, au Sénégal, devant une tapisserie destinée au siège des Nations unies, le 4 septembre 2012

Fleuron de la politique culturelle de Léopold Sédar Senghor, mais asphyxiée peu à peu sous le recul des subventions, les tapisseries de Thiès au Sénégal retrouvent une nouvelle vigueur avec une création monumentale destinée à orner le siège des Nations unies.
Cette tapisserie de 24 mètres carrés, en laine et coton, baptisée "Le Magal de Touba", domine une salle d'exposition de la Manufacture sénégalaise des arts décoratifs (MSAD) à Thiès, à 70 km à l'est de Dakar.
"C'est la plus grande oeuvre fabriquée par la MSAD. Le président Macky Sall va l'offrir à l'ONU", affirme à l'AFP son directeur, Sidy Seck.
Il a fallu 33 mois pour confectionner cette fresque murale, commandée en 2008, pour un coût non précisé, par le prédécesseur du président Sall, Abdoulaye Wade.
"Un art nouveau pour une nation nouvelle": désireux de doter son pays d'un industrie culturelle, le premier président du Sénégal indépendant (1960-1980), Léopold Sédar Senghor, formé en France où il a été ministre, avait créé en 1966 une manufacture de tapisserie, art jusque là inconnu au Sénégal.
Le poète-président avait envoyé les artisans se former en France dans les manufactures des Gobelins et d'Aubusson, dont les oeuvres, qui ont orné les palais de l'aristocratie européenne, sont classées au patrimoine immatériel de l'Unesco.
La manufacture sénégalaise fonctionnait sous contrôle étroit de l'Etat, qui choisissait les modèles et en achetait la production.
Tissée à la main en 24 couleurs par deux artistes sénégalais, "Le Magal de Touba" doit remplacer celle qui orne la grande salle de conférence au siège des Nations Unis, à New York.
"On s'est plaint de la vétusté de la pièce" à New York, les autorités sénégalaises m'ont suggéré de la reproduire à l'identique, explique Pape Ibra Tall, ex-directeur de la MSAD et auteur de la maquette.
"La première édition avait été réalisée en France dans un atelier de tapisserie privé du village d'Aubusson. Mais pour cette deuxième, on avait la possibilité de la faire" à la MSAD, dit M. Tall, qui, comme premier directeur de la Manufacture, avait supervisé la première réalisation, il y a un demi-siècle.
Senghor voulait "vers 1964/65 offrir (un cadeau) à l'ONU. Ca devait être une oeuvre de 24m2 au minimum, typiquement sénégalaise et qui unissait tout le pays. J'ai proposé le Magal de Touba", raconte ce diplômé de l'Ecole des Beaux-arts de Paris.
Touba est une ville sainte du centre du Sénégal. Le magal est une fête religieuse célébrée chaque année par les mourides, très influents dans le pays, pour commémorer le départ en exil au Gabon, en 1895, du fondateur de cette confrérie soufie, Cheikh Ahmadou Bamba.
Complexe "unique en son genre en Afrique"
La manufacture de Thiès est "unique en son genre en Afrique", s'enorgueillit Sidy Seck.
Elle contribue au rayonnement du Sénégal dans le monde par "ses oeuvres sublimes de beauté", déclare le ministre sénégalais de la Culture, le chanteur Youssou Ndour.
Ses fresques sont présentes au Sénégal dans beaucoup institutions et à l'étranger dans des palais des chefs d'Etat et de rois, des sièges d'organisations internationales comme l'Union africaine, l'Unesco, la Banque mondiale, le FMI et des lieux comme l'aéroport d'Atlanta (Etats-Unis), expliquent ses responsables.
Le mètre carré de tapisserie coûte entre 500.000 et un million de FCFA (762 et 1.524 euros) dans un pays où le salaire minimum garanti est de 35.000 FCFA (53 euros).
"Les manufactures n’ont jamais pu s’affranchir de leur dépendance à l'Etat. Et quand les subventions de l’Etat se sont réduites et raréfiées, suite à la crise économique intervenue au début des années 80, elles n’ont pas pu s’adapter. Elles connaissent depuis de nombreuses années une situation difficile", souligne un article de la revue Ethiopiques.
La MSAD connaît des problèmes d'approvisionnement en matières premières premières, "le coton et la laine importée principalement de Belgique. Pour le coton, on peut attendre pendant deux à trois mois une commande du Mali", dit Makha Cissokho, chef de son centre de formation.
Son activité principale est la tapisserie, mais la MSAD veut "diversifier ses produits avec le batik, le sous-verre, la sérigraphie et le pagne tissé", dit M. Seck. Tapis de prière, cartes de voeux font partie des nouvelles productions.
Libé

Le Royal Saly est en vente

Mauvais temps pour Racine Sy : vente aux enchères du Royal Saly

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Attijari wafa Bank a publié une annonce légale indiquant que le complexe hôtelier Royal Saly sera mise en vente aux enchères  le 10 octobre prochain devant le tribunal hors-classe de Thiès. La mise à prix de départ est fixée à 930 millions de francs Cfa. A noter que le propriétaire de cet établissement hôtelier n'est autre que Mamadou Racine Sy, repreneur du King Fahd Palace (ex-Méridien).
dakaractu.com

Bataille des télécoms

Télécoms : la bataille pour la portabilité lancée au Sénégal

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Les autorités en charge des télécommunications au Sénégal doivent exiger des opérateurs la « portabilité » afin de permettre, entre autres, l’accès universel aux télécommunications, a plaidé Amadou Kanouté le Directeur exécutif de Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement (Cicodev, Africa) basé à Dakar.
La portabilité est une pratique consistant à offrir au consommateur la possibilité de changer d’opérateur de téléphone tout en conservant son numéro de téléphone mobile.
Ainsi l’usager « ne sent plus prisonnier d’un seul opérateur à cause de son numéro de téléphone qui est comme une carte d’identité pour lui et par lequel il est connu de tous ses correspondants », a expliqué M. Kanouté dans un entretien à Ouestafnews.
Depuis le 7 septembre 2012, Cicodev mène une campagne pour l’adoption de ce mécanisme au Sénégal car « il nous faut impulser beaucoup plus de concurrence dans le secteur de la téléphonie mobile », selon ses responsables.
Sur la base d’une pré-enquête menée au Sénégal, Cicodev souligne que la portabilité va permettre aux consommateurs d’avoir un meilleur captage des avantages de la concurrence. Afin de bénéficier de l’offre des différents opérateurs, les usagers sont pour la plupart contraints à l’achat de plusieurs puces ou de téléphones double puces.
En plus de la flexibilité qu’elle procure, la portabilité offre de nombreux avantages notamment « des prix plus bas, une meilleure qualité de services, une accessibilité accrue des consommateurs à la téléphonie et un maillage plus dense et plus profond du pays », selon la pré-enquête de Cicodev.
Ce mécanisme bien que prévu par l’article 87 du code des télécommunication au Sénégal, reste assez méconnu des usagers, il est actuellement appliqué dans des pays ouest africains comme le Ghana et le Nigéria ou encore au Kenya en Afrique de l’est.
Le Sénégal dispose de trois opérateurs de téléphonie mobile, Orange, filiale de France Télécom, Tigo, du luxembourgeois Millicom et le dernier venu, le Soudanais, Sudatel. Malgré la concurrence, les griefs de l’opinion porte toujours sur la cherté des prix et la mauvaise qualité du service, surtout chez « Orange » qui domine largement le marché.
Ouestaf News

19/09/2012

Un escroc sévit dans les hôtels du Sénégal

Un escroc sévit dans les hôtels

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Un individu organise depuis près de 2 ans, une escroquerie à grande échelle dans les hôtels dans tout le Sénégal.
Après enquête auprès d’autres victimes, son mode opératoire est toujours le même.Il a déjà sévi dans le Saloum à plusieurs reprises, sur Saint-Louis, Ngaparou, la Somone, Saly, etc...
Ce Monsieur Sénégalais téléphone pour réserver pour 15 jours en expliquant qu’il vient tout seul pour les 3 ou 4 premiers jours et qu’il doit aller chercher le lundi suivant à l’aéroport sa femme et son fils. Il demande qu’on lui organise le transfert aéroport. Il  déclare vivre en France  et explique avoir de gros projets d’investissement au Sénégal.
Il arrive par ses propres moyens, demande des explications sur les excursions pour faire découvrir la région à sa petite famille. Il est très avenant, parle très bien, discute beaucoup avec le personnel, leur offre des verres……..
Après avoir organisé son programme d’excursion, il propose de payer l’intégralité du séjour d’avance. Arrivé comme chaque fois en milieu de semaine, il attend le samedi après-midi pour faire un chèque, comme çà, aucune chance de contacter sa banque.
Il demande le transfert pour le lundi matin tôt, vers 7h30, comme çà,  aucune chance de contacter sa banque. Il prétexte son départ matinal au motif d’un RDV professionnel à 9h. Après le petit déjeuner et il laisse ses affaires dans la chambre. (Sac de sport avec un short et 2 ou 3 tee-shirts).
Dès qu'il quitte l'hôtel, son portable n’est plus joignable. En recontactant alors sa banque , le compte est à 0 (mais le chéquier n’a ni été volé, et le compte n’est pas clôturé).
Gendarmerie pour porter plainte.
Description de l’individu : Sénégalais, la quarantaine, teint foncé, court sur pattes, bien portant, petite moustache, bouton noir sur la lèvre supérieure gauche, petite plaie sur la lèvre supérieure droite, cheveux courts
Il répondait au nom de Moussa Cissé et a fait un chèque ECO BANK, mais ça ne veut rien dire, pour d’autres victimes, c’était Monsieur Keita, et bien d’autres noms. Il a plusieurs banques et plusieurs pièces d’identité. Une victime s’est même faite avoir avec un chèque de société. Son téléphone était 77 124 30 49, mais là encore ça ne veut rien dire, parce que depuis son départ, il a changé de puce.
Il ne s’arrêtera pas et procède toujours de la même manière. Au vu de ces éléments, s’il se présente chez vous, vous ne pourrez pas le manquer.
Il n’y a aucun espoir de récupérer de l’argent, mais il doit être mis hors d’état de nuire.
Si vous voulez coopérer, s’il réserve chez vous, laissez le venir, appelez la brigade la plus proche de chez vous pour le faire interpeller et prévenez Lionel Lopez qui centralise les plaintes et à déjà déposé un dossier à Fimela.
Dernière précision, il est depuis le jour de son départ, fin août 2012, signalé à l’aéroport, donc est toujours au Sénégal.
Lionel Lopez
77 403 80 56
Sarl Blue Pearl
Hôtel Les Cordons Bleus
Ndangane

18/09/2012

C'est enfin la fin du Sénat

L'Assemblée nationale adopte en deuxième lecture le projet de suppression du Sénat

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L'Assemblée nationale adopte en deuxième lecture le projet de suppression du Sénat

La majorité des députés a adopté mardi, en deuxième lecture, le projet de loi portant suppression du Sénat, a constaté un journaliste de l’APS.

Des députés de l’opposition, des membres du Groupe libéraux et démocrates notamment, ont rejeté le projet de loi.

Le Congrès --- l’Assemblée nationale et le Sénat réunis --- est convoqué mercredi à l’hôtel King Fahd Palace de Dakar, pour examiner ce projet de loi. Ce dernier a été adopté par la majorité des députés la semaine dernière, en première lecture, tandis que la majorité des sénateurs l’a rejeté.

Le président Macky Sall a décidé, fin août, de soumettre au Parlement ce projet de loi, afin de réaffecter le budget alloué au Sénat à la lutte contre les inondations, à la suite des fortes pluies ayant fait des milliers de sans-abri et une vingtaine de morts dans le pays.

Piccmi.com

Recette du Siné Saloum

« Gnéling Siff » : La saveur du Sine Saloum revisitée

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Ce plat traditionnel fait à base de brisures de mil «Gnéling», est connu pour ses vertus nutritives. Très prisé dans le temps, le «Gnéling» ou  brisures de mil étuvé, a fini de faire  ses preuves. Aminata Diagne, une restauratrice établie au marché de Pikine Tally boubess, nous rappelle les bienfaits de ce plat bien de chez nous, plus particulièrement dans le Sine Saloum. «Le Gnéling procure la santé, la vigueur et la longévité grâce aux nombreuses protéines qui s’y trouvent», a dit la cuisinière qui précise que sa préparation se fait à l’étuvage. Pour faire un bon «Gnéling» traditionnel, il vous faut du mil (selon le nombre de personnes) à décortiquer pour en faire des brisures, de la patte d’arachide (Tigadégué), du kétiakh, du Guedj tambadian (chinchard séché), de la tomate fraiche, de l’oignon, du piment, du Yet (mollusque), du sel et du pain de singe à mettre dans la sauce.

Les techniques de préparation

Une fois que les brisures de mil sont mélangées avec de l’eau et  un peu de sel à l’aide d’une calebasse ou d’un récipient, cet ensemble est mis sous l’étuve pour une durée de 20 minutes. Ensuite, le contenu de l’étuve est versé dans un récipient pour un mélange avant d’être soumis encore à l’étuvage pour d’autres séances jusqu’à cuisson.

La sauce traditionnelle

Mettre deux voir trois litre d’eau dans une marmite, y ajouter de la patte d’arachide et laisser bouillir pendant quelques minutes. A côté, piler  le Guédji tambadian (chinchard séché), le Kétiakh (poisson fumé), le piment et l’oignon coupé en dé, ajouter cet ensemble d’ingrédients dans la marmite couverte à moitié et laisser mijoter sur le feu. Au bout de quelques minutes, on  ajoute le jus du pain de singe bien mélangé et filtré dans la marmite contenant la sauce. Le «Gnéling» peut être servi.

NB : Nos mamans préparaient le Gnéling avec du bois de chauffe. Cela donnait plus de goût. «Aujourd’hui, avec la modernisation, le fourneau et le gaz tendent à remplacer le bois de chauffe. Il faut dire que la saveur n’est plus la même», a fait savoir Aminata Diagne.

Tata SANÉ

Mbour est trop sale!

Les commerçants de Mbour engagent un bras de fer avec les autorités de la ville

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Tas d’immondices, eaux stagnantes, odeur pestilentielle, étals encombrants, tel est le décor qu’offre le marché central de Mbour. Cet atmosphère de travail a finit par installé le malaise entre les commerçants du marché central de Mbour et le maire de la ville. Ainsi, lasse d’attendre les réactions des autorités de la ville, les commerçants ont décidés d’allé à la vitesse supérieur. En assemblée générale au marché, hier, ils ont décidés de ne plus payer la patente municipale, tant que cette situation n’est pas réglée. A en croire, Alassane Sèye, un des responsables du marché, cette situation relève de l’incapacité du préfet et du maire de la ville : « c’est inadmissible, un marché comme le nôtre, avec sa dimension, personne ne peut entrer et sortir comme il le veut, à cause des ordures. C’est nous qui faisons tout ici, aucune autorité ne nous aide, pendant les fêtes on souffre. En cas d’incendie, aucun commerçant ne va s’en sortir.» Des dires corroborés par Ndèye Diène, une autre délégué du marché, pour elle ce marché comparable à une bombe écologique d’où se « se dégage une mauvaise odeur peut nuire à la santé des gens qui le fréquentent ». « La situation est vraiment déplorable et pourtant nous déboursons de l’argent, on s’acquitte de nos droits. Et pourtant, le marché est vide, les gens qui sont dans les rues ne payent rien alors que la mairie et les impôts nous traquent pour payer la patente et les impôts, mais en retour ils ne font rien pour nous. Mais nous n’allons pas nous laisser faire.». Et c’est El hadji Dieng, le président des délégués des marchés de Mbour qui a annoncé la décision : «II y a plus de mille cantines ici et les prix des patentes qu’on paie à la municipalité varient entre 4 000 et 5 500 francs, les impôts tournent autour de 1 000 jusqu’à 25 000 francs. Ce n’est pas tout, depuis 2009, le marché n’a plus de poste de police. Pas l’ombre de policiers pour régler des problèmes, il n’y a pas de bouche d’incendie, non plus. S’il y avait un incendie, le marché serait réduit en cendres. Nous vivons dans une insécurité totale.»

El Hadji Fallou Sylla, le maire de la ville, de son coté, invite les commerçants à se soucier de la vétusté du marché. « Le marché central n’obéit plus aux normes de sécurité et de circulation, il est vétuste. On pense le démolir pour en reconstruire un autre. Concernant, le ramassage des ordures mes partenaires m’ont offert deux camions de ramassage, qui seront mis en circulation bientôt. Nous aurons également un appui de la Sapco qui a mis à notre disposition des camions de ramassage».

REWMI

Le billet Dakar Paris désormais à 300.000 fcfa

ACCORD SENEGAL AIRLINES-CORSAIR 

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Ce n’est pas de la publicité encore moins une grosse farce. A partir du 1ier novembre, les billets Dakar Paris vont couter 499 € en classe eco (327344 F Cfa) et 860 € en business (564160 F Cfa) a appris Piccmi.com . Selon notre source, cela fait suite à un accord commercial signé entre Sénégal Airlines et Corsair. A partir du 1er Novembre, la compagnie française pourra lancer jusqu’à 5 vols réguliers entre Paris et Dakar soit une capacité de 2500 à 3500 places hebdomadaires.

Au delà des capacités mises à disposition par Corsair sur l’axe Dakar-Paris, La compagnie française offre une réduction drastique des tarifs sur les vols réguliers, c’est à dire jusqu’à 52% de réduction (moins de 300 € (196800 F Cfa) en classe éco et moins 1000 € (656 000 F Cfa) en classe Affaire). Ainsi à partir de Novembre 2012, Corsair facturera ses billets à 499 € en eco et 860 € en business. En contrepartie, Sénégal Airlines concède ses fréquences de vol entre les deux capitales. A travers cet accord, c’est une autre promesse de campagne du Président Macky Sall, qui vient d’être respectée. Mor Ngom, ministre des Infrastructures et des Transports a visité le lundi 17 Septembre 2012, les installations de Corsair à l’Aéroport Paris-Orly.

Après avoir été reçu par le Président de Corsair, M. Pascal Izaguierre, le ministre Mor Ngom a déclaré que ces accords encadrés par son département, répondent aux promesses électorales du Président de la République, M. Macky Sall. En effet, le Chef de l’Etat, s’était engagé devant la diaspora sénégalaise à réduire les tarifs entre Paris et Dakar.

Pour le Ministre des Infrastructures et des Transports, Cet acte matérialise la 3e promesse tenue par le chef de l’Etat Macky Sall après l’augmentation de l’âge des véhicules importés et la suppression des taxes sur les appels entrants.

Entre autres, l’accord commercial permettra aussi à Sénégal Airlines de disposer d’agences à Paris et à Dakar pour vendre des billets Corsair à destination du Sénégal et de la France à des tarifs préférentiels. La compagnie sénégalaise profitera aussi d’un avion de Corsair pour le Haj 2012. 

PiccmiCom

Le Sénat demeure

Revers politique pour Macky Sall, le Sénat ne sera pas supprimé, pour le moment

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Les sénateurs de l’opposition ont fait avorter le projet de suppression du Sénat et de la vice-présidence

Le Parti démocratique sénégalais (PDS), l’ancien parti au pouvoir d’Abdoulaye Wade vient de s’illustrer en usant de sa majorité pour rejeter le projet de loi relatif à la suppression du Sénat et du poste de vice-président. Un revers pour l’actuel régime de Macky Sall qui veut à tout prix supprimer la chambre haute.

Dans la soirée de jeudi, le président du Sénat Pape Diop, dit constater le rejet du projet de loi portant suppression du Sénat par la Commission des lois de la chambre haute. Mais Pape Diop, qui avait été reçu par le chef de l’Etat, dans la perspective de lui témoigner sa volonté d’adhérer au projet de dissolution du Sénat, estime que ce n’est pas une bataille perdue puisque si le plénière vote en faveur du texte, le rejet de la commission des lois demeurera nul. Ce vendredi, le président Pape Diop, par ailleurs le chef des dissident du PDS, a subi un revers de fortune, en effet, sur les cent sénateurs que compte la chambre haute, 44 ont voté contre le projet de loi, 28 sénateurs en faveur de la suppression et deux se sont abstenus.

Cheikh Kane du groupe libéral, s’est opposé à cette loi et pense que le président Maky Sall a une stratégie purement politique et non patriotique, « une action politique des réponses politiques, ce que le président Sall fait, c’est de la politique. Les inondations existent avant 2000 et le Sénat est né dans les inondations et l’actuel président fait parti des co-créateurs de cette chambre », a révélé M.Kane.

Le président Pape Diop n’a néanmoins pas apprécié le comportement de ses collègues qui se sont opposés à cette loi « quand la nation a besoin de nous, nous devons mettre de coté nos positions partisanes pour essayer au règlement de cette crise née des inondations », conseille M. Diop.

Le combat continue pour le gouvernement

La ministre de la Justice, Aminata Touré, représentante du gouvernement a encore une fois rappelé l’urgence de supprimer cette haute chambre, « le Sénat est une institution qui coûte à l’état 7 milliards de FCFA (presque 11 millions d’euros, ndlr). Sept milliards, c’est énorme. Nous comptons poursuivre la procédure de la suppression de cette chambre qui est impopulaire », a fait savoir la ministre de la Justice aux sénateurs qui criaient victoire.

« Le rejet du projet de loi par les sénateurs n’a aucune incidence. Ça ne perturbe pas la procédure, ça n’empêche pas la procédure de se poursuivre », a indiqué le constitutionnaliste Abdoulaye Dièye. Selon ses explications, « il est prévu dans la Constitution que, si l’Assemblée nationale et le Sénat ne sont pas d’accord sur un projet, le dernier mot appartiendra à l’Assemblée nationale. Même si le Sénat vote contre, ça n’empêchera pas la procédure de se poursuivre, parce qu’il appartiendra à l’Assemblée nationale de voter définitivement. Donc, on dépassera la deuxième étape, pour aller vers la troisième étape ».

En ce qui concerne la troisième étape c’est-à-dire la convocation du Congrès, le Pr Dièye soutient que, « c’est le président de la République qui choisit, soit de passer par le référendum, soit de convoquer le Parlement en Congrès. Et dans ce cas, les députés et les sénateurs vont adopter ensemble le projet. On considèrera que le projet est approuvé, si la majorité des 3/5 est acquise ».

Il faut rappeler que les députés ont adopté mercredi, à une large majorité, le projet de loi portant suppression du Sénat et de la vice-présidence de la République, d’une part, et, d’autre part, la création du Conseil économique, social et environnemental (CESE) en remplacement du Conseil économique et social (CES). Reste donc à savoir si le rejet sénatorial relève de la défense de l’intérêt général ou de l’instinct de survie des parlementaires.

Afrikcom

17/09/2012

L'histoire de Dakar

L’HISTOIRE DE LA CAPITALE DU SENEGAL : Dakar ou «dëk raw», la cité refuge

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La civilisation africaine dispose d'un certain nombre de mythes et de récits légendaires de création des villes qui renseignent, par-delà la réalité historique, sur le sens même donné à de tels établissements construits de toutes pièces par les hommes. Ainsi, une petite incursion dans l’histoire du Sénégal nous fait voyager dans la dimension symbolique de la création de la ville de Dakar. De ses origines (dans ce premier jet), à l’histoire des Lébous et de leurs 12 «Penc», en passant par les lieux mythiques chargés de mysticismes, c’est à une véritable immersion dans Dakar ou «dëk raw» (la cité refuge en Wolof), que nous vous invitons, cette semaine, dans notre rubrique détente.

IMMERSION DANS L’HISTOIRE DE LA CAPITALE DU SENEGAL : Dakar ou «dëk raw», la cité refuge

Ancien village de pêcheurs lébous, Dakar est devenue une grande capitale cosmopolite.Dakar, ce nom donné à la capitale du Sénégal pourrait être la version francisée de «Ndakaaru», l'appellation locale, dont l'étymologie reste incertaine, peut-être dérivée de l'expression wolof «dëk raw» (la cité refuge en Wolof) ou encore de «daxar» (le tamarinier en wolof), sans doute parce qu’il y avait un grand tamarinier sous lequel palabraient des anciens. Mais la théorie qui sied le plus, selon certains chercheurs, c’est le nom étymologique «dëk raw», la cité refuge. Car, explique Abdou Khadre Gaye, président de l’Entente des mouvements et associations de développement (Emad) (Ndlr : structure initiatrice du Fespenc qui fait des recherches sur la société léboue) : «en ces temps, cet endroit était le refuge de ceux (les lébous) qui fuyaient les brimades des Bourba. Progressivement, des personnes appartenant à toutes les ethnies du Sénégal venaient s’y installer».

Ndëk Daour Mbaye, génie protecteur de Dakar

Dakar, la ville refuge, était protégée (elle l’est toujours précisent d’aucuns) par Ndëk Daour Mbaye (l’habitant de Wër, c'est-à-dire «ku dëk wër») et non «Lëk Daour». Ce génie protecteur, mi-homme, micheval, selon la croyance populaire, protégeait Dakar et tous ceux qui y posaient leurs pied. Quand ce génie protecteur faisait le tour de la ville, la nuit, partout où il passait, on entendait des bruits comme des sabots d’un cheval, il faisait «cok cok». Selon les anciens, Dakar était en sécurité et il n’y avait ni vol ni viol, encore moins de mensonge. C’étaient des comportements inouïs dans la presqu’île du Cap- Vert. «Aujourd’hui, le vol et même les agressions sont devenues monnaie courante à Dakar», se désole Abdou Khadre. «Le pacte a peut-être été rompu et Dakar a changé. Elle est devenue une terre sans visage, avec une urbanisation anarchique. Elle n’est plus un ‘Cap Vert’, mais un ‘Cap Béton’, comme dit le Ndey Ji Rew, Alioune Diagne Mbor», renchérit-il.

Les 5 îles du bouclier mystique qui protège Dakar

Cette presqu’île du Cap-vert qui constitue l’extrême ouest du continent africain est entourée par 5 îles dont l’île de «Wër» et de «Lar» qui constituent l’île des Madeleines, l’île Sarpan qui porte le nom d’un ancien militaire français qui y a été exilé, «Béer» qui est appelé actuellement l’île de Gorée et les îles dites «Teunguene» (Teungueni Yoff et Teungueni Ngor). Ces 5 îles, d’après les dignitaires lébous, constituent un bouclier mystique qui protège Dakar. Sans ces 5 îles, qui sont en quelque sorte des brise-lames, explique Abdou Khadre Gaye, Dakar disparaîtrait. À côté de ces îles, on compte 2 côtes dans Dakar. La première est la grande côte Nord qui s’étend du Cap Manuel à Kayar. C’est la mer chantante «Guedj Gala Waye», selon les lébous. D’où la dérivation de Guédiawaye. La légende dit que c’est une mer de sexe masculin. La petite côte située au Sud de la presqu’île qui est la deuxième est appelée la Mer calme «Guedj Gui Reuw», (village de Guéreuw). C’est une mer de sexe féminin. Abdou Khadre raconte : «En langage imagé, s’il y a une tempête, on dit ‘Guedj gou goore gi dala doxansi Guedj gou djiguen gi’ (la mer du sexe masculin fait la cour à la mer du sexe féminin). Les anciens disaient alors aux jeunes de ne pas aller en mer, car c’était dangereux». «Et le jour où les deux mers se rencontreront, pensent les lébous, ce sera la fin de Dakar. C’est une manière d’appeler à la lutte contre l’érosion maritime. Ce sont des symboles très forts, très intéressants», ajoute-t-il.

Sanda, l’arbre qui donna naissance à Sandaga

Cela montre, selon le Président de l’Emad, l’importance que les Lébous accordent à leur environnement et surtout à l’arbre. Ils avaient une attention particulière pour la nature. D’ailleurs, les noms de beaucoup d’endroits très fréquentés, actuellement dans Dakar, sont dérivés des noms d’arbres. C’est le cas de Sandaga. Ce nom vient de «Sanda», un arbre qui ressemble un peu au baobab et qui produit des fruits. Aujourd’hui, cet arbre est très rare, voire inexistant. Il se trouvait à la place où est installé le marché de l’or à Sandaga (Lalou Wourous qui signifie littéralement lit d’or). En cette période, raconte M. Gaye, les Lébous disaient : «Da may dem sa Sanda ga» (je vais là où se trouve l’arbre Sanda). C’est ce qui a donné le nom de Sandaga».

Les 12 plages sacrées qui cohabitent avec les 12 «Pencs»

À Dakar, on distingue 12 «Pencs».Et à côté de ces «Pencs, il y a 12 plages. Ces plages, relate, le Pr Oumar Ndao, Directeur de la culture et du tourisme de la ville de Dakar dans son livre intitulé «Dakar, l’Ineffable», sont des plages sacrées. Les Lébous, d’après lui, confèrent une sacralité absolue à ces 12 plages qui sont la limite côtière de Dakar. Parmi elles, il y a «Terrou Baye Sogui» qui porte le nom de Baye Sogui Ndoye. Ce dernier, selon un de ses petits-fils Matar Siby, chef du «Penc» de «Gouye Salan», y vivait et y pratiquait certaines activités comme la pêche et l’agriculture. Il y avait ses champs qui se trouvaient dans l’emplacement actuel du Building administratif et du Palais de la République. Les anciens racontent que Baye Sogui Ndoye avait fait sortir 3 séries de 21 vaches de la mer, leurs bergers y compris. Il avait demandé à ce qu’on laisse les vaches dans le village. Personne n’avait le droit de vendre ni les vaches ni le lait de ces vaches. Ces animaux servaient à nourrir les populations qui habitaient dans ce village. C’est quelques années plus tard, à la mort du «Ndey Dji Rew» Tahir (le Premier ministre dans la société léboue), que tout a changé. C’est au 8e jour que mystérieusement les vaches ont disparues. Parce que le pacte de Baye Sogui Ndoye venait d’être violé.

Anse Bernard, la plage qui a abrité les rescapés du plus grand naufrage de l’époque

À côté de «Terrou Baye Sogui», il y a la plage Boussereu qui est une déformation de Boucherie. Cette plage se trouve derrière le Palais de la République. Elle abritait à l’époque les boucheries de Dakar. Il y a aussi celle d’Anse Bernard. Cette plage est celle qui avait accueilli les naufragés de «La Méduse» (un bateau français) en 1816. Ce naufrage, le premier à l’époque, a fait 147 victimes qui durent se maintenir à la surface de l'eau sur un radeau de fortune. Pendant 7 mois, les survivants ont occupé cet espace. Un camp leur a été alloué en ces circonstances. C’est par la suite que cet endroit a pris le nom du commandant du bateau «La Méduse», Bernard d’où le nom d’Anse Bernard.

La plage «Ngadié» fait aussi partie de ces 12 plages qui longent Dakar. Cette plage renferme comme celle de «Terrou Baye Sogui» beaucoup de mysticisme. C’est là d’où provient l’eau qui sert de bain matinal au Grand Serigne Ndakaaru (Président en société léboue) lors de son intronisation. Elle se trouve au niveau de l’ancien tribunal de Dakar. La plage «Père Gora» que le commun des Sénégalais appelle Pergola, est située entre «Terrou Baye Sogui» et Anse Bernard. Quant à la plage de Kussum, elle se trouve au niveau de la porte du Troisième millénaire. Soumbedioune qui est dans la vaste baie, «Ndaali» qui fait face à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Ponton appelé également «Kotou» à hauteur du Petit Palais, le Cap Manuel qui abrite l’ancien tribunal de Dakar et «Bègne» sur la baie de Hann sont les autres plages qui constituent les 12 baies de Dakar.

De «Bayé» à la Place de l’indépendance

Dans la communauté léboue toutes les grandes places étaient appelées «Bayé». A l’époque, il y avait dans Dakar, une grande place qui était considérée comme étant la place publique. Cette place s’appelait place «Bayé». C’est là où se regroupaient les Lébous pour prier. C’est dans cet endroit aussi que les décisions les plus importantes étaient prises. C’est ainsi qu’explique le grand Jaraaf de Dakar, chef du

«Penc» de «Mbot», Jaraaf Ibra Guèye Paye, «la structure de la Place de l’indépendance en dit long. Il y a des secrets qui y sont enfouis et qui y sont toujours. En général, une telle configuration montre que c’est une place où le mysticisme était de rigueur». Les dignitaires racontent que les Blancs sont arrivés à Dakar le jour de la Korité en 1857. Et là, ils ont trouvé les autochtones en train de prier à la place «Bayé». Ils ont assisté à leur prière. Depuis lors, durant toute leur présence à Dakar, ils assistaient du haut d’une tribune à la prière de Tabaski et de Korité des autochtones. C’est par la suite que cette place a pris le nom de Protêt. C’est de cette place mythique que De Gaulle avait lancé aux porteurs de pancartes un 26 août 1958 : «Vous voulez l'indépendance, prenez-la». C’est suite à cela que cette place est devenue la Place de l'Indépendance.

Par ailleurs, le site qui abrite l’hôtel de ville de Dakar est le premier que les Français ont occupé. Elimane Diol, grand Serigne de Ndakaaru de l’époque, leur en avait donné 3 hectares pour qu’ils y construisent une mission catholique.

De petits villages de pêcheurs et d’agriculteurs à une grande capitale cosmopolite

En remontant l’histoire de Dakar, il ressort qu’avant l’installation française, la presqu’île était constituée de petits villages habités par les Lébous. Cette communauté, suite à leur moult pérégrinations, s’installa au Cap-Vert et y érigea, selon Abdou Khadre Gaye, des groupes de villages dotés d’une organisation sociale, administrative et politique qui a fasciné tous ces visiteurs. En entrant en contact avec elle, les Français ont parlé, et à juste titre, de la République théocratique léboue.

Sandaga acheté à 64 000 francs par les Français aux Lébous en 1925

Lors de la prise officielle de Dakar en 1857, les Français apportèrent avec eux une civilisation urbaine. La localité entra en profonde mutation. La presqu’île s’accroît et devient un centre commercial d’envergure, grâce notamment au port et au chemin de fer. Ainsi, les colons ont réorganisé l’espace avec les officiers du génie civil français. De belles architectures sont sorties de terre. Le port de Dakar en 1910, la gare ferroviaire construite en 1918, Sandaga acheté à 64 000 francs par les Français aux Lébous en 1925, l’hôpital Aristide Le Dantec érigé en 1912, entre autres, ont donné une nouvelle configuration à Dakar. Mais le tribut payé par les «Pencs» et leurs habitants ne fut pas mince. Cependant, pour honorer leurs valeureux citoyens, les colons ont baptisé les rues de Dakar à leur nom. La place Protêt porte aujourd’hui le nom de la Place de l’Indépendance. L’avenue Gambetta est débaptisée et s’appelle Lamine Guèye du nom du 1er président de l’Assemblée nationale du Sénégal. L’avenue Albert Sarrault porte dorénavant le nom de l’ancien roi du Maroc Hassan II, etc. Aujourd’hui, Dakar est surpeuplé et étouffe. Plus qu’hier, elle mérite son nom : «Dëk Raw, la cité refuge».

Mously NDIAYE & Mamadou L. CAMARA