31/08/2013

Bertrand Touly est blanchi

Scandale de la drogue à l’Hotel Lamantin Beach : Bertrand Touly bénéficie d'un non-lieu

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Dans l'affaire de la drogue dure trouvée à l'hôtel Lamantin Beach, c'est le prévenu Bertrand Touly et sa famille qui vont se réjouir. Ce dernier pousse un ouf de soulagement, dans la mesure où, emprisonné à Thiès puis libéré provisoirement, il est aujourd’hui un homme libre.

Selon L'Observateur, le Doyen des juges, Mahawa Sémou Diouf a, avant-hier jeudi 29 août 2013, rendu l’arrêt de non-lieu. Cet arrêt qui le blanchit de toute implication dans cette sale affaire.

Après avoir bouclé son enquête, le Doyen des juges a décidé de l’écarter de cette sombre histoire, voilée de mystères, qui maintient depuis dix mois maintenant dans les liens de la détention, le promoteur de lutte Luc Nicolaï, ainsi que le douanier Abdou Khadre Kébé et les employés de l’hôtel.

Bertrand libre, Luc Nicolaï peine pour sa part à voir le bout du tunnel...

Seneweb

LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Je fais suivre  et publie cette supplique d'un inconnu au Président Macky Sall pour multiplier les chances qu'elle soit lue. Faire suivre si cette lettre vous parle.

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«M. le Président, ne nous décevez pas»

Monsieur le Président de la République, nous vous demandons de ne pas nous décevoir.

La majorité de Sénégalais qui vous a fait confiance et accordé ses voix lors du dernier scrutin présidentiel se félicite sans doute, et à juste titre, des nombreux changements positifs intervenus dans notre pays depuis votre accès à la fonction suprême. Nous ne citerons pas ces changements, tant ils sont nombreux et tant ils se manifestent aux yeux de chacun dans la vie quotidienne. Ce « sopi », vaine promesse de votre prédécesseur, est d’autant plus méritoire que vous avez hérité d’un pays dont les caisses étaient vides et dont l’économie était gangrenée par une prévarication de la part de certains agents de l’Etat, préjudiciable au bien public, à l’intérêt du citoyen comme à son bien-être, à l’épanouissement de la nation.

Vous avez commencé à y mettre bon ordre, sans rien concéder, manifestant ainsi un rare courage politique que nous mesurons à sa juste valeur. Cependant, la tâche qui reste à accomplir n’en demeure pas moins colossale, et si certains secteurs d’activité peuvent encore imaginer être laissés pour compte, c’est seulement parce que les priorités sont si nombreuses, dans tant de domaines variés, qu’il faut bien procéder avec un ordre qui favorisera temporairement les uns au détriment des autres, on ne peut échapper à cette inflexible règle.

Si certains grognent, les gens avisés savent fort bien qu’il faut d’abord se concentrer sur les secteurs qui suscitent davantage d’activité économique, d’emplois, de retombées fiscales, tous facteurs de développement et de paix sociale.

Cependant, ces mêmes gens avisés sont aujourd’hui décontenancés par une attitude inexplicable de la part d’un gouvernement qui a déjà prouvé à maintes reprises sa capacité à bien gérer les finances publiques et à faire évoluer le Sénégal vers une modernité à laquelle tous ses citoyens aspirent.

Nous voulons aujourd’hui vous parler de la situation du tourisme au Sénégal. Il s’agit encore à ce jour du deuxième secteur économique du pays, lequel secteur génère, directement ou indirectement, plus de deux millions d’emplois. C’est donc près de vingt pour cent de la population sénégalaise qui est directement concernée par les activités liées au tourisme, davantage si l’on tient compte des familles que les acteurs du tourisme font vivre.

Depuis quinze ans le tourisme au Sénégal ne cesse de chuter d’année en année. Les statistiques font état de près de huit cent mille touristes par an au milieu des années 90. Nous sommes tombés à trois cent soixante quinze mille en 2012, soit un effondrement d’un peu plus de 50%, alors que le tourisme est en progression partout sur la planète. L’année 2013 sera pire encore. Les dernières statistiques font état d’une nouvelle chute de 35% par rapport à l’an dernier. La situation s’est tellement dégradée que le ministère du Tourisme n’ose plus envoyer les mauvais chiffres à la DPPE (Direction des Etudes Economiques et Statistiques), depuis cinq mois. Cette politique peu glorieuse de l’autruche nous édifie sur l’état d’esprit qui règne au ministère du Tourisme et sur le degré d’implication et de responsabilité de notre ministre de tutelle.

Ne recherchons pas les raisons de cette débâcle : elle ne peut qu’être le fruit et la combinaison d’une incompétence totale, d’un manque de vision, de l’abandon du secteur, d’une gestion criminelle, depuis des années. Criminelle avons-nous dit. Le mot est fort, mais il est juste. Comment les gouvernements successifs ont-ils pu négliger à ce point un secteur d’activité qui, ayant chuté de 50% reste encore la seconde source de richesse de notre pays ?

Aujourd’hui le constat est amer. La situation internationale n’a jamais été aussi favorable au développement du tourisme sénégalais. L’Egypte, la Tunisie, le Mali sont devenus des destinations problématiques. Tout au contraire, le Sénégal vient de prouver au monde la solidité de ses institutions et de ses valeurs républicaines. Il aurait suffi de peu de choses pour récupérer un grand nombre de ces touristes qui se trouvent dans l’obligation de changer leurs habitudes.

Au lieu de cela, l’instauration d’un visa, au pire moment de l’année, qui vient compliquer les choses, tant sur le plan pratique que financier. Soit, à une époque de risque d’infiltration terroriste, c’était peut-être une option incontournable. Mais alors pourquoi une si mauvaise communication ? Comment un état responsable peut-il mettre en avant une « réciprocité » qui fait apparaître la mesure comme une vengeance mesquine digne d’une république bananière ? Pourquoi n’avoir pas parlé de « mesure sécuritaire », ce qui aurait conforté les touristes hésitants et donné une image forte et responsable de notre pays ? Pourquoi n’avoir pas baissé les taxes d’aéroport pour compenser, au moins en partie, le coût du visa biométrique ? Nous ne doutons pas que la presse internationale eût fait état de cette sage décision de façon élogieuse, formidable campagne publicitaire gratuite. En effet, l’instauration du visa était une occasion unique pour entamer une vaste campagne de communication, réamorcer le secteur touristique, et accessoirement faire rentrer des devises. Comment n’avoir pas pensé à cette évidence, cela reste un mystère… Au lieu de cela, la publicité faite autour de la réciprocité nous fait passer pour des gens amers et revanchards aux yeux des pays européens. Toute la communication sur le sujet, évoqué dans toute la presse internationale, est négative : quelle piètre image et quel piètre résultat en matière de communication ! Et quelle belle occasion ratée…

Ceci n’est qu’un exemple – nous pourrions en citer des dizaines – de la gestion déplorable du secteur touristique, mais ce n’est pas le sujet principal de notre propos. Nous nous contenterons de vous dire que les hôtels et campements sont déserts, que les restaurants licencient du personnel lorsqu’ils ne ferment pas, que les guides et piroguiers du Sine Saloum sont affamés, que les vendeurs d’artisanat à Saint Louis sont découragés, que les tours opérateurs installés à Saly vendent les séjours à perte pour honorer leurs engagements auprès des banques et des compagnies aériennes. C’est toute l’activité liée au tourisme qui est moribonde. Faute de moyens, les hôtels ne sont plus entretenus, les moteurs des pirogues ne sont pas révisés, les voitures de louage tombent en panne, les guides professionnels abandonnent le terrain à des rabatteurs véreux, l’hébergement chez l’habitant, « oreiller garni », se développe. Les rares touristes qui viennent encore au Sénégal en subissent les conséquences directes et ils emportent de notre pays une image qui se dégrade davantage à chaque séjour.

Nous voulons vous dire, Monsieur le Président de la République, que dans un pays qui offre un potentiel d’au moins un million et demi de touristes - selon les estimations du précédent gouvernement - si vous n’être pas capable de dépasser le chiffre de quatre cent mille visiteurs, et si ce chiffre continue de chuter d’une année sur l’autre, il faudra bien se résoudre à constater qu’il s’agit d’incompétence notoire. Ou de gestion criminelle. Car toutes les études réalisées depuis dix ans, et elles sont nombreuses, arrivent à la même conclusion : le Sénégal est le pays le plus favorisé d’Afrique de l’Ouest en tant que destination touristique et il est totalement sous-exploité en la matière.

Au nom du peuple sénégalais, vous n’avez pas le droit de négliger un secteur économique qui pourrait contribuer de façon significative au redressement des économies locales et nationales. Au nom du peuple sénégalais, vous n’avez pas le droit de condamner des familles à la misère, des investisseurs à la ruine. Vous n’avez pas le droit d’inciter à la débauche, à la corruption, à la délinquance, toutes trois filles de la pauvreté à laquelle votre politique en matière de tourisme nous condamne. Vous n’avez pas le droit de laisser se dégrader l’image de notre pays auprès des touristes et des nations.

Que dirait-on d’une famille qui subirait la disette au prétexte que son chef refuserait d’ensemencer ses champs, nombreux, vastes et fertiles, où le maïs, le mil, l’arachide pousseraient avec un moindre effort ? Le village le pointerait du doigt et le condamnerait, à n’en point douter. Le Sénégal se trouve aujourd’hui dans la même situation que cette famille : les richesses sont à portée de main, tout le monde est prêt à travailler, chacun attend les graines. Et les graines pourrissent dans leur sac parce que le chef ne fait rien.

Monsieur le Président de la République, nous vous demandons de nommer un professionnel du tourisme à la tête du ministère. Nous n’avons que faire d’un saltimbanque, fut-il adulé par la population. Nous avons besoin de compétences, d’un technicien qui ait une vision, un projet, de la rigueur. Nous avons besoin d’un ministre qualifié qui rompe avec les mauvaises habitudes. D’un ministre assez courageux pour s’opposer au concept en vigueur depuis vingt ans, qui n’envisage le développement du secteur touristique que sous l’aspect d’un levier de spéculation foncière, souvent réservée aux proches du pouvoir. Car c’est bien cela le cœur du problème : faire venir des touristes au Sénégal n’a jamais été la préoccupation des précédents ministères : les études, les chiffres, les promesses, les statistiques ne sont là que pour faire monter le prix des terrains et gagner gros et vite. La promotion du tourisme au Sénégal n’a jamais été envisagée autrement que pour enrichir un petit nombre de spéculateurs et de promoteurs immobiliers.

Monsieur le Président de la République, le deuxième secteur économique du pays mérite d’être enfin géré avec rigueur. S’acquitter de leur mission n’empêchera pas les mêmes d’amasser des fortunes, mais cela évitera au moins que les autres ne s’appauvrissent. C’est cela que nous vous demandons aujourd’hui. Rien que cela.

Monsieur le Président de la République, nous vous demandons de nommer un ministre compétent et de dégager les moyens financiers indispensables pour dynamiser ce secteur. Nous vous demandons de faire en sorte que le Sénégal soit représenté dignement dans les salons internationaux. Nous vous demandons de considérer le tourisme comme une priorité parmi les priorités. Le Sénégal a un potentiel d’un million et demi de touristes par an, ce qui représenterait, sur les bases actuelles, un accroissement des recettes du secteur de six cent milliards cfa, pour l’essentiel en devises : vous devez partir à leur conquête, c’est un devoir !

Négliger un secteur d’activité qui représente de l’emploi, des devises, de l’activité industrielle et commerciale, des rentrées fiscales, et le bien-être pour au moins deux millions de Sénégalais constituerait certainement une erreur impardonnable dans le domaine économique. Mais ce serait une plus grosse erreur encore sur le plan politique.

Car ne rien faire pour que la situation s’inverse reviendrait à entériner la politique touristique du précédent régime. Nous avons voté pour vous dans l’espoir que les choses changeraient, que la politique obscurantiste d’un régime principalement préoccupé de ses affaires personnelles serait rapidement contrebalancée par quelques mesures simples et efficaces. Au lieu de cela, les seules actions entreprises jusqu’à maintenant ont eu un effet dévastateur.

Une rumeur circule, qui prétend que la situation catastrophique du tourisme au Sénégal est le fruit d’une manœuvre programmée et concertée, destinée à ruiner les opérateurs touristiques afin de permettre aux spéculateurs de racheter campements et hôtels à vil prix. À ce jour, tout porte à croire que cette rumeur est fondée, car c’est la seule façon rationnelle dont on peut expliquer l’indifférence des pouvoirs publics devant l’effondrement d’un secteur d’activité si prometteur.

Nul doute que les acteurs du tourisme ont voté en masse pour vous, tant ils attendaient un renversement de la situation pour améliorer leur sort et celui de leur famille.

Monsieur le Président de la République, nous vous demandons encore une fois de ne pas nous décevoir.

Car nous ne souhaitons pas devenir malheureux au point de regretter d’avoir voté pour vous.

Sénégal dream

L'autoroute du Sénégal

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Adepte des latérites rouge et ocre, bordées de baobabs et de palmiers, fréquentées par les zébus, chèvres, ânes et mille typiqueries locales, je dois pourtant reconnaître que la nouvelle autoroute reliant Dakar à Diamnadio, dans un premier temps, est une merveille!

S'il faut encore s'extirper de la circulation dantesque de la capitale, il faut bien admettre que, dès la Patte d'Oie franchie, un quart d'heure suffit pour rejoindre Diamnadio par un bel ouvrage. S'il y a polémique sur le coût, 1400 cfa, prenons en compte une économie énorme de temps et de consommation de carburant. En effet, auparavant, rien que de traverser, entre-autres, Mbao et Rufisque pouvait prendre deux heures.

Les zones de péage sont larges et rapides, l'environnement du tracé se plante de végétations. Évidemment, des murs et treillis ont été dressés pour isoler le tronçon routier et l'habitat, Le confort des zones traversées s'en ressent malgré les passerelles et autres aménagements pratiques pour les populations riveraines peu heureuses de ce nouveau voisin "goudron"...

Le progrès, les financements, les expropriations, les "ombres" Africaines feront toujours débat. Sinon qu'au niveau pratique, cette nouvelle autoroute représente une colonne vertébrale tendue vers un futur que le Sénégal ne peut pas refuser. Le transport plus sûr, le succès du futur aéroport de Diass dépendent de cette double bande de roulage. Sa prolongation sur Thiès et Mbour est vitale pour le commerce, l'industrie mais aussi le tourisme!

A l'heure où on commémore le cinquantième anniversaire du discours de Martin Luther King, on peut aussi avoir un rêve! Celui d'effacer le cauchemar de certaines catégories de touristes et d'hommes d'affaire qui, dès l'arrivée sur le tarmac de Yoff n'ont qu'une envie...fuir avant même de connaître les affres de la sortie...

Ayons ce rêve, en partie déjà concrétisé: Arriver à Blaise Diagne, aéroport ultra moderne, convivial, rapide, efficace. Prendre un taxi et se retrouver au bar de son hôtel, à Saly ou aux Almadies en une petite demi heure... Décharger son fret dédouané illico-presto et acheminé sur St Louis, Tamba ou Bamako en un temps record...

Je sais, le rêve est lourd, encore utopique. Il faudra aussi changer les mentalités, nettoyer le pays, à tous niveaux... Réparer les nationales, les digues, les plages, les infrastructures, la réputation aussi!

King n'aurait jamais osé rêver d'Obama à la Maison Blanche. Pourtant...

Alors, "Yes we can!" Le Sénégal peut le faire!

Dakar-Bamako, une formalité...

Corridor routier DAKAR-BAMAKO "allégé"

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Le transit routier inter-Etats (Trie) sur le corridor Dakar-Bamako démarre dimanche prochain après plusieurs reports.

Le Transit routier inter-Etats (Trie) va apporter un gain de temps considérable au profit des transporteurs de la zone Cedeao, à en croire le vice-président de la Chambre de commerce de Dakar, docteur Daouda Thiam. Les véhicules agréés effectuent le trajet sans rupture de charge, le délai de route étant de sept jours. Le moyen de transport utilisé, en l’occurrence le véhicule ou le conteneur, doit être préalablement agréé par la direction des Transports routiers et sera matérialisé par la délivrance d’un macaron unique et d’un

certificat d’agrément. Ce régime douanier permet de transporter toute marchandise en suspension des droits et taxes, d’un bureau de douane d’un Etat membre de la Cedeao à un bureau de destination d’un autre Etat membre, sous le couvert d’un document unique appelé carnet Trie.

Selon le commandant Abdou Faye, chef du bureau de la Coopération internationale à la Direction générale des douanes, sa mise en œuvre appelle l’intervention de plusieurs acteurs comme la direction des Transports terrestres, la Chambre de commerce de Dakar, les transporteurs, etc. Les marchandises, en transit, importées et destinées au Sénégal ou au Mali sont régies par le Trie. Par contre, le bétail, le coton et les marchandises qui empruntent la voie ferroviaire, sont exclus du régime Trie. Le plombage et le scellement électronique du véhicule sont obligatoires. Les formalités en cours de route sont réduites au strict minimum après scellement du véhicule.

Le long du corridor Dakar-Bamako, seuls deux points de contrôle par pays sont désormais reconnus. Ces points sont à Diamniadio et Kaffrine au Sénégal et à Kayes et Kati au Mali. La police, la gendarmerie, la douane et les eaux et forêts sont appelées à se regrouper à ces deux endroits pour effectuer leurs opérations de routine. Les deux axes routiers du corridor sont le tronçon Dakar-Diamniadio-Kaffrine-Tambacounda, Kidira-Diboli-Kayes-Kati-Bamako et la route du sud Dakar-Tambacounda-Kédougou-Saraya-Kéniéba-Kati-Bamako. Par ailleurs, l’escorte douanière est obligatoire pour des produits sensibles à la fraude comme le sucre, les huiles végétales, le double concentré de tomates, les cigarettes, les produits pétroliers, les piles électriques, etc.

Mamadou Lamine DIATTA

Les îles de Casamance se noient

CASAMANCE : L’avancée de la mer menace les îles de Diogué et de Carabane

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C’est un secret de polichinelle de souligner que de réelles menaces pèsent sur les îles en Casamance. A l’instar des localités qui jalonnent les côtes sénégalaises, l’érosion maritime a pris des proportions inquiétantes dans cette région.

A Diogué, une des plus vastes îles de la région, depuis plusieurs années, le danger s’accentue de jour en jour sur des dizaines de mètres, le long de la plage, installant ainsi une véritable hantise dans l’esprit des insulaires. Si rien n’est fait, on peut, sans se tromper, souligner que cette île, pourtant promise à un bel avenir, du fait des activités florissantes qui s’y développent en pêche et en transformation des ressources halieutiques, pourrait bientôt disparaître. Toutes les alertes menées par des Ong sont restées sans suites. Parlant de la région méridionale du Sénégal, l’un des atouts qui fondent sa réputation de belle et paisible Casamance, est à mettre en relief sans doute, avec les plages fabuleuses enfermant des bandes de terres pittoresques qui réinventent le paradis terrestre. Mais cette beauté hallucinante, qui en fait une des destinations paradisiaques les plus courues du pays, est en train, peu à peu, de se perdre entre les vagues impétueuses de l’océan peu soucieux des jérémiades des populations insulaires. Aussi, les insulaires ne ratent-ils aucune occasion pour tirer la sonnette d’alarme sur ce phénomène qui a fini de prendre une ampleur inquiétante dans les îles du « Kassa».

En cette après-midi d’été, aux couleurs éclatantes de la Casamance, en compagnie du coordonnateur de l’Ong Justice et Développement, Ibrahima Diédhiou qui, pour la circonstance, s’est transformé en guide, l’équipe du Soleil embarquée à bord d’une péniche, à partir d’Elinkine, s’engage dans un labyrinthe de Bolongs (bras de fleuve) pour être en contact de la réalité qui sévit en ce moment dans les îles mirifiques, du « Kassa ». Ici, le paysage est d’une beauté hallucinante. Sa somptuosité, comme dans un conte de fée, subjugue la pensée insatiable des passagers qui s’en délectent surtout notre reporter photographe qui vivait cela pour une première fois. On se laisse volontiers bercer par la splendeur exquise d’une nature exceptionnellement généreuse qui s’offre à perte de vue à nos regards. Elle est surtout faite de mangroves, de cocotiers et de rôneraies, tout le long du parcours.

DES DIZAINES DE METRES ENGLOUTIS PAR LES EAUX

Dans cette partie de l’estuaire du fleuve Casamance, les Bolongs se faufilent dans la mangrove. La belle végétation de mangroves et ses huîtres d’eaux saumâtres accrochées aux racines de palétuviers éblouissent les yeux dévorants des aventuriers que nous sommes, au point de faire oublier ce soleil d’été qui s’abattait sur l’océan en ce jour de ramadan.

Une seule pensée semblait occuper les esprits : comment faire pour revenir très souvent dans ce milieu débonnaire qui donne à la Casamance tout son lustre naturel. Gnikine, la première île poitant aux larges, incarnait déjà l’expression de cette splendeur qui cache pourtant des difficultés insoupçonnées.

Il s’agit principalement des menaces de disparition qui pèsent sur les berges de l’ensemble des îles de cette partie de la Casamance. Dans les îles du « Kassa », le phénomène a fini de prendre des proportions inquiétantes. Plusieurs dizaines de mètres ont déjà été engloutis par les eaux sous l’œil impuissant des populations.

A l’embouchure du fleuve Casamance, sur la rive Nord, se trouve Diogué. De Diogué jusqu’à Carabane, la nature est magnifique. La végétation est luxuriante et est faite de palétuviers, de baobabs, de rôniers et de cocotiers.

Le village vit essentiellement de pêche. Sur la plage, les femmes se rivalisent pour les pirogues, toute l’année, afin de se taper la bonne partie de pêche et de la transformer en poisson séchés. Comme à Elinkine ou bien encore Kafountine, principaux sites d’embarquement et de débarquement de la région, à Diogué beaucoup de Ghanéens se sont installés pour la pêche et le commerce de l’or gris, plus connu sous le nom de ailerons de requins. En dépit des multiples attaques rebelles qu’elle a connues dans le passé, au plus fort de la crise en Casamance, l’île de Diogué garde encore jalousement le cosmopolitisme qui a fini de faire son charme sur le plan ethnologique.

A l’image des principaux sites de débarquement de la Casamance, à Diogué, les autochtones vivent en parfaite harmonie avec les étrangers venus d’ailleurs.

ZONE DE MIGRATION

Ils sont ghanéens, Bissau-guinéens ou guinéens de Conakry mais aussi gambiens et sierra léonais entre autres peuplades de l’Afrique occidentale. La quiétude renforcée ces dernières années grâce à l’implantation du cantonnement militaire à l’entrée du village, à proximité du quai de d’accostage, a fini de rassurer les habitants. Ils vaquent aujourd’hui en toute tranquillité à leurs occupations. Outre le conflit armé qui a marqué les esprits dans ce village, l’île de Diogué est devenue aussi tristement célèbre à cause des migrants clandestins qui y prenaient départ à bord des fameuses embarcations de fortune en direction des îles canari. Ce phénomène des temps modernes revient encore à l’esprit des jeunes du village qui ont choisi de rester au bercail pour faire face aux dures réalités qui assaillent leur environnement. La marrée basse qui sévissait en ce jour à notre arrivée sur l’île, dévoile sur son passage la triste réalité qui a fini de planter le décor tout le long de la côte. Diogué perd de jour en jour une bonne partie des superficies de la terre ferme. Il n’est point besoin d’être un spécialiste de l’environnement pour appréhender, à sa juste dimension, l’ampleur du phénomène dans le secteur. La férue des vagues a fini de prendre le dessus sur les efforts inlassables que mènent les insulaires pour sauvegarder leur espace vital. Tout au long de la berge, rien ne résiste aux vagues de l’océan. Le phare qui servait de repère pour les navires à hauteur de l’embouchure, se trouve aujourd’hui en plein milieu de l’océan, parce que englouti par les eaux. En fait, c’est toute la façade occidentale de l’île qui est en train de disparaître. L’avancée de la mer emporte tout sur son passage. Même l’école élémentaire du village n’a pu résister au phénomène. Les populations ont été contraintes de la délocaliser en profondeur, nous renseigne Ibrahima Diédhiou, coordonnateur de l’Ong Justice et développement. Bien introduit dans le secteur à grâce aux activités de sa structure, M. Diédhiou vit avec amertume cette réalité au même titre que les populations de la zone.

« Je mettrai fin à mes activités dans la zone, le jour où le problème de l’érosion trouvera une réponse définitive dans les îles », lance-t-il à qui veut l’entendre. « Par année, c’est par dizaine de mètres que l’océan avance sur la terre ferme », se désole Justin Diatta. Il estime que si ailleurs au Sénégal le phénomène de l’érosion maritime n’est apprécié que par deux ou trois mètres environ par an, à Diogué, par contre, c’est par dizaine de mètres qu’il doit être appréhendé. Notre interlocuteur se rappelle, avec nostalgie, ce passé récent où les populations de Diogué pouvaient communiquer avec leurs voisins de l’autre rive à Gnikine, sans effectuer la traversée. Les inquiétudes des populations est d’autant plus grande que les interpellations effectuées à l’endroit des pouvoirs publics et des partenaires au développement n’ont encore bénéficié d’un écho favorable. A part quelques actions sporadiques menées par les populations comme le reboisement de filaos sur une partie de la côte, aucune action d’envergure n’est enregistrée dans le village pour venir à bout ce phénomène.  

Non loin de Diogué, Carabane vit également la même réalité. Dans cette île, c’est la partie Nord qui est la plus menacée.

Le souvenir du paysage de cocotiers et de palmiers qui s’entremêle aux filaos géants bordant les plages au sable fin de l’île risque, si rien n’est fait, d’être bientôt classé aux calendes grecques.

L’on comprend, dès lors, aisément la hantise des populations des côtes de la Casamance.

Comme dans un concert de cris de détresse, ces dernières, visiblement dépassées par l’ampleur du phénomène, interpellent, à la moindre occasion, les pouvoirs publics, les invitant à se rendre sur place pour constater de visu le phénomène afin de prendre les mesures idoines qui s’imposent à la situation.

UNE NAPPE PHREATIQUE ENVAHIE PAR LE SEL

En sus du phénomène de l’érosion maritime, l’eau potable est devenue une source de préoccupation pour les îliens de Diogué et de Carabane. La nappe phréatique qui affleure, se mêle aujourd’hui aux eaux saumâtres charriées par les vagues. Ce qui a fini de mettre à nu toute la problématique de l’eau potable chez les insulaires du Sud. L’érosion côtière, le long des îles du « Kassa » a eu également comme corollaire, la remontée de la langue salée sur la terre ferme et la réduction des surfaces arables. Du côté de la communauté rurale de Djimbéring, le président du conseil, M. Tombon Guèye, compte poursuivre les actions, de concert avec les populations, pour renforcer les opérations de reboisement de palétuviers et autres espèces arboricoles, le long des côtes afin d’atténuer le phénomène.

Déjà du Cap à Gnikine, des milliers de filaos ont été plantés par les populations durant l’hivernage dernier. La même opération a été initiée à Diogué par les populations en synergie avec une Ong de la place, Justice et développement dans le cadre d’un appui du Programme alimentaire mondial. Les populations ont été unanimes à saluer l’action d’Ibrahima Diédhiou, coordonnateur de l’Ong et son équipe en ce qui concerne les actions de développement dans la zone, en particulier dans les îles du « Kassa ». Plusieurs initiatives ont été développées pour fixer les dunes de sable mais elles n’ont pas réussi à donner les résultats escomptés jusque-là. Diogué étant retenue parmi les quatre sites pilotes du Projet de gestion intégrée des zones côtières du Sénégal, les populations demandent au ministère de l’Environnement de mesurer l’acuité du phénomène afin de prendre en urgence les mesures appropriées.

En attendant de voir le bout du tunnel, les populations de Diogué refusent la fatalité et prennent à bras le corps leur destin en main à travers plusieurs actions de développement socio-économique. On peut citer, entre autres, la transformation des produits de pêche, principale activité des femmes de la contrée ainsi que l’agriculture qui, selon Casimir Diatta, conseiller du chef du village, reste une activité exclusivement pratiquée par les autochtones.

A Diogué, les populations refusent de céder à la fatalité de la crise

L’île de Diogué fait face à celle de Carabane comme pour montrer qu’elle veut suivre le bon exemple donné par le premier comptoir français de la Casamance. A Diogué, on constate de visu les stigmates de la crise casamançaise mais les populations font de l’exploitation des ressources halieutiques une bouée de sauvetage. Le brassage entre les multiples communautés issues des quatre coins de l’Afrique a fait de Diogué un endroit où il fait bon vivre.

A 5 km de l’île mythique de Carabane, une autre île, Diogué, en l’occurrence, s’offre à la vue du visiteur. Dès qu’on débarque de la péniche affrétée à Elinkine, on fait face à un cantonnement militaire. Les commandos-marins de l’armée sénégalaise qui assurent la sécurité des lieux, réclament les documents d’identification. Oui, il faut montrer patte blanche pour avoir le privilège de visiter Diogué. Une île qui, au plus fort de la crise casamançaise, a subi pas moins trois attaques mémorables.

Aujourd’hui, Diogué essaie de panser ses blessures et caresse le secret espoir de connaître désormais une paix durable. Sur cet important site de débarquement des produits de lamer, l’habitat est précaire dans la zone aménagée à la suite d’un afflux massif de populations de la sous-région ouest africaine. «C’est le fief des Lébous, des Guet-Ndariens, des Ghanéens, des Guinéens, des Bissau-guinéens, des Sierra-léonais, etc., venus faire fortune avec l’exploitation des produits halieutiques », informe Casimir Diatta, un habitant de l’île.

Il y a aussi le Vieux Diogué, situé plus en profondeur et habité essentiellement par les populations autochtones qui s’adonnent plutôt aux activités agricoles comme la culture du riz. A en croire Amy Guèye Ndiaye, présidente des femmes transformatrices, les populations vivent en parfaite harmonie, la cohabitation entre autochtones et pêcheurs se faisant sans aucune anicroche. Des propos qu’illustrent Cheikh Anta Diagne, un mareyeur venu de son Gandiol natal et qui passe « 9 mois sur 12 à Diogué ».

L’histoire de Souhaïbou Khassim, un Ghanéen installé dans l’île depuis 1983, renseigne à suffisance sur l’intégration des populations ouest-africaines. L’homme a épousé une Bissau-guinéenne et s’adonne au séchage et à la vente de requins et de raies. Le produit emprunte ainsi le circuit Elinkine, Mali et Burkina en profitant d’énormes marges bénéficiaires. La situation insulaire de Diogué est loin d’être un avantage pour les mareyeurs et les femmes transformatrices qui ne bénéficient pas d’installations de conservation des produits. Ce qui n’est pas le cas des pêcheurs de Kafountine qui jouissent ainsi d’un avantage comparatif non négligeable. Mais à Diogué, on se gargarise d’avoir « le meilleur poisson » de la côte casamançaise parce que le produit est, à l’origine bien, traité, selon Abdou Sèye un des pêcheurs rencontrés sur les lieux. L’existence d’une usine de glace fonctionnelle à Elinkine constitue aussi un motif de satisfaction pour les professionnels de la pêche. Seul bémol, les fréquentes ruptures dans l’approvisionnement en essence pirogue dont le prix subventionné est aujourd’hui estimé à 685 frs Cfa la litre. Les pénuries d’essence et autres ruptures de stocks entraînent des pertes de temps car il faut aller chercher le produit à Ziguinchor.

Le Soleil

30/08/2013

Mon chien s'appelle "Dakar"

Mon chien s'appelle "Dakar"

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C"était au temps où le "Paris-Dakar" avait l'âme Africaine. Le cœur aussi!

Bruxelles, l'esplanade du Cinquantenaire. Pré-départ Belge du rallye-raid. Les bolides sont alignés; autos, motos, camions. Pilotes, co-pilotes, assistances, sponsors, hôtesses, journalistes...badauds. Je rêve encore, à l'époque, de "faire le Dakar". Il faut des khalis mais pas encore ces sommes folles qui vont faire, plus tard, tourner la tête aux écuries, aux préparateurs,... Un peu privilégié par mes relations, je me retrouve barbe à barbe avec Thierry Sabine. On prend un verre et malgré les sollicitations et l'effervescence ambiantes, le Boss de TSO et moi taillons une bavette sympa. De ma vie, je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui dégage un tel charisme!

Je lui parle de l'Afrique, que je ne connais pas. Il me parle de son Afrique, qu'il connaît et aime avec une ardeur, une passion, une lucidité étonnantes. Sabine ne me parle pas du "Dakar", il me parle de l'Afrique!

Je lui explique, candide, que j'ai toujours rêvé d'y aller. Sans raison, sans réflexion, sans méthode. Que mon chien, un immense chien des Pyrénées immaculé s'appelle "Dakar". Sabine rit. Et, avant de s'éclipser, il me serre la main, me fait un clin d’œil inoubliable, sourit et me dit: "Vas-y, tu verras, c'est fantastique!"

Je connais le mot "fantastique". Ferré a recourt, souvent, à ce mot. - Qui est né de l'imagination. Synonymes: bizarre, chimérique, épique, extraordinaire, fabuleux, féerique, formidable, grandiose, homérique, incroyable, inouï, irréel, magique, merveilleux, miraculeux, mirifique, prodigieux, renversant, stupéfiant, surnaturel, terrible -

Toute l'Afrique est quasi résumée dans ce mot, dans ces synonymes...

Au fil des années, des voyages, des rencontres, des évènements, je penserai à chacun de ces mots parfois si paradoxaux...

Parce-que, j'y suis finalement allé, en Afrique! Évidemment!

Une autre personne, une autre rencontre, d'abord littéraire m'y décidera: Pierre Vassiliu. J'aime l'artiste et l'homme, déjà. Après le succès de "qui c'est celui-là", Pierre embarque femme et enfants dans un drôle de camion, quitte le showbiz en pleine gloire et disparaît littéralement. Destination: la Casamance! Il vivra sur une plage, du côté de Cap avant de bourlinguer et ouvrir des boites sur Mbour puis Dakar. Une épopée qu'il raconte savoureusement et honnêtement dans son bouquin "La vie à rien faire".

Je dévore le livre...et m'envole pour Yoff. Direction le Club Aldiana de Nianing, en famille. Irrésistible! Dès le premier jour, je comprends que le Sénégal est ailleurs et je pars avec ma cadette, embarqués par un saï-saï dans sa Citroën qui avait du être construite, à Poissy, dans les années '60... Le grand plongeon typiquement typique dans les entrailles merveilleuses et terribles du Sénégal...

Quinze malheureux jours de vacances qui me laissent une soif, une faim indescriptibles!

Malgré les contraintes familiales, professionnelles et budgétaires, j'y retournerai seul trois mois plus tard. Je dois en être à mon 54ème aller-retour...

Deux rencontres extraordinaires m'offriront la chance de découvrir le pays. Deux chauffeurs, deux guides, deux amis, deux frères! Le premier a été emporté par ce salaud de palu; l'autre est encore et toujours à mes côtés, inébranlable. Pourtant, après avoir ratissé le pays de part en part, d'est en ouest, du nord au sud avec mes potes et mon bon vieux Patrol, j'ai continué à bourlinguer, parfois seul, jamais mal accompagné, pour découvrir encore et toujours le pays. Incursions en Gambie, en Mauritanie mais surtout LE Sénégal! Casamance, Pays Bassari et Bédik, Siné Saloum, vallées des fleuves Casamance, Gambie et Sénégal. Remontée vers la frontière Malienne, descente par le Fouta,... Que ce Sénégal là est beau, intéressant, émouvant, confondant, terrible, terriblement attachant!

Et, je n'ai aucune honte à parfois me perdre à Saly! J'y ai des potes attachants. Toubabs et locaux! J'ai mes adresses, mes "bonnes têtes", très très rarement une mauvaise rencontre, une situation pourrie. "Tout dépend de soi!"

Sabine s'est envolé pour une planète où l'arbre du Ténéré côtoie les baobabs du Petit Prince, Pedro Vassiliu, fragile désormais, est devenu un ami proche, je continue ma piste...

Inondations dans le Saloum

Après la pluie, la désolation à Fatick : une nouvelle digue cède à Dionewar, des champs de mil ravagés à Palmarin

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La pluie diluvienne (Plus de 200 millimètres) qui s’est abattue ce vendredi 30 août au matin dans la région de Fatick a fait des malheurs. Si tous les efforts des populations sont anéantis à Dionewar où une nouvelle digue a cédé, le village de Palmarin est inondé et des champs de mil sont ravagés.

Les efforts des populations insulaires de Niodior et Dionewar qui ont réuni leurs forces pour empêcher l’eau d’envahir leurs villages ont été vains. La rivière qui se trouve au nord-est a atteint son niveau et une nouvelle digue vient de céder ce matin, nous informe la radio Sud FM.

Toutefois, malgré les dégâts, les populations impuissantes restent déterminées et mobilisées.

Mamadou Sakhir Ndiaye

Toubab Dialaw

Terre de refuge

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Toubab Dialaw, terre de culture, zone touristique. Le village offre aux visiteurs une vue paradisiaque. Implanté dans une zone montagneuse, la verdure et la mer font de Touba Dialaw un site incontournable pour les touristes. Un tour dans ce village de pêcheurs habité avant par des «Socès» (les mandingues), permet d'admirer la beauté du site. Reportage.
«Toubab Dialaw» ! La seule évocation de ce nom est une invite à l’exil. Un site paradisiaque où il fait bon vivre. Ce village de pêcheurs est situé sur la Petite-Côte, au sud de Dakar, entre Bargny et Popenguine, à 53 km de Dakar.  Avec l’autoroute à péage, se rendre à Touba Dialaw se fait en moins d’une heure. Un village très accessible et où la population est accueillante. Zone touristique, Touba Dialaw est aussi un village de vacances avec ses plages paradisiaques de sable blanc et de formations rocheuses, avec ses hôtels et  ses résidences huppées.
Des personnes d’un certain standing s’y rendent très souvent pour des moments de détente et de distraction après des heures de travail. Sur le long de la route, de belles maisons se dévoilent. Les terrains vagues sont presqu’introuvables dans certains milieux. Zone montagneuse, l’environnement est constitué d’une savane, avec des baobabs, de belles collines et une magnifique lagune, avec vue sur la mer. L’air pur y est «consommé»  sans modération.  Dans le village, la réalité est tout autre. Des maisons couvertes de zinc se côtoient.
L’accès est difficile et la misère vécue. La jeunesse est sans emploi et vit de pêche et tourisme. Des voitures s’y rendent au compte-gouttes. Ce sont des cars «Ndiaga Ndiaye» ou encore des «clandos» qui assurent le transport. Sans eau potable, presque sans électricité. Des enfants mal fagotés et des parents, perdus dans ce taudis, guettent la moindre occasion pour proposer leur produit afin d’assurer le repas quotidien.
Village de pêcheurs
Le village de Toubab Dialaw est habité par des lébous. Ils sont, entre autres, des pêcheurs. Dans les dix villages qui forment Touba Dialaw, sept sont occupés par ces derniers.  La pêche demeure la principale activité de la zone et le tourisme occupe la seconde occupation. Touba Dialaw est aussi connu pour son quai  de pêche, le poisson y est abondant. Au bord de la mer le poisson grillé fait saliver les visiteurs. Une gamme de choix y est proposée par les pêcheurs. D’autres sont acheminés dans les marchés de Dakar. «Nous sommes un village de pêcheurs. Nous menons cette activité depuis plusieurs décennies.
C’est un travail difficile mais qui nous permet de subvenir à nos besoins. Avec la proximité des hôtels, des gérants viennent se ravitailler chez nous», a expliqué Modibo Ndiaye, habitant de Toubab Dialaw. Le tourisme quant à lui, est très rentable dans cette zone et c’est des jeunes qui viennent de Dakar qui occupent le secteur.   « Nous aidons les touristes à se retrouver à Touba Dialaw. Nous les orientons dans des hôtels ou encore, nous les faisons découvrir les sites stratégiques du village.  Nous venons de Dakar et nous faisons la navette, tous les jours pour ce travail et on s’en sort », a indiqué Cheikh Mbodj. Et son camarade, Meissa Ngom, de reconnaître que « Toubab Dialaw sera bientôt un site de convergence de tous les touristes grâce à ses atouts environnementaux. »
Les pères fondateurs
D’après les notables du village de Touba Dialaw, les premiers habitants du site furent des Mandingues, communément appelé «socès», ethnie séculaire. C’est une ethnie que l’on retrouve présentement dans le Sud du Sénégal, en Casamance.  Selon ces notables, ces derniers y sont installés vers le 15ème siècle pendant la période de la traite négrière. Les « socès » considéraient ce milieu comme une terre de refuge et s’étaient installés au bord de la mer, guettant l’arrivée du blanc qui venait «pêcher» des esclaves sur la zone.  Pour M. Fall qui s’occupe des questions historiques du terroir, « d’après les ancêtres, le nom de Toubab Dialaw serait venu tout simplement du langage mandingue qui signifierait «le blanc arrive» comme pour prévenir ses compatriotes afin de ne pas être pris par le blanc, et c’est ainsi que le village fut appelé Toubab Dialaw». 
Pour une superficie de 50 km, Toubab Dialaw fut peuplé par les lébous après le départ des socès qui étaient plutôt nomades, selon les notables. La population est aujourd’hui estimée à plus de 30 000 personnes contre  2 210 habitants en 2003.  A coté des Lébous, on y retrouve presque toutes les ethnies vivant au Sénégal. « Nous enregistrons, depuis un certain temps, le retour de certaines familles qui viennent reprendre la propriété de leurs parents. Des investissements des fils du terroir, séjournant dans d’autres lieux, sont aussi notés », a expliqué le notable Fall. Pour ces habitants, l’appui aux femmes qui s’adonnent à l’agriculture fait la force du village.
A la recherche d’eau potable
Chaque maison abrite un puits d’où jaillit une source de vie abondante, douce et fraîche. L’œuvre est du marabout  El Hadj Omar Tall, figure inspiratrice des Toucouleurs qui, selon la légende, serait venu dans ce village et aurait fait jaillir sur la plage une source d'eau douce aux vertus mystérieuses. Cependant la population a du mal avoir l’eau fourni par la Société des eaux du Sénégal (Sde). Selon les habitants, les installations sont bien en place, mais la pression de l’eau est faible à cause de la zone qui est montagneuse. La solution serait de mettre en place des forages pour leur permettre de se ravitailler en eau potable.
Infrastructures et contraintes
Toubab Dialaw a beaucoup évolué ces derniers temps. Hormis les hôtels qui sont construits pour vendre la destination, d’autres infrastructures sont bien présentes. Dans le domaine de l’éducation, Toubab Dialaw qui comptait deux classes pendant la période des colons, est aujourd’hui à 10 écoles dont des primaires, collèges et lycée. Le village est aussi doté d’infrastructures sanitaires pour prendre bien soin de la santé des populations. Toutefois, la population plaide pour des infrastructures routières et appelle le gouvernement à des investissements pour la jeunesse. Pour les notables : « la sécurisation de la forêt demeure l’une de nos grandes préoccupations. Après avoir cultivé nos champs, les animaux dévorent ou piétinent tout ce qu’ils trouvent sur leur passage. Cela pose énormément de problème pour ceux qui s’adonnent à l’agriculture. Il faut que les autorités nous aident pour sécuriser la forêt.»
Au niveau de la jeunesse, elle demande des investissements pour monter des projets qui pourraient être rentables pour le village. «  Aucun soutien, aucune formation, les autorités étatiques ont concentré leurs activités à Dakar et oublient ceux qui sont à l’intérieur du pays. Il suffit d’un petit appui pour permettre aux jeunes de voler de leurs propres ailes. L’endroit est propice, mais c’e sont les moyens qui nous manquent », a souligné  Cheikh Mbodji.
Terre de culture
Toubab Dialaw est aussi une terre de culture. Le village abrite l’une des grandes  écoles de danses traditionnelles et contemporaines d'Afrique : «l'école des sables». Il est à la fois une école d’enseignement théorique et pratique, un laboratoire de recherches, et un lieu de rencontres et d’échanges, de conférences et de résidences artistiques, animée par la chorégraphe Germaine Acogny. Aujourd’hui, ce centre accueille des danseurs du monde entier pour des stages. L’artisanat y est propice avec des œuvres d’art sculptées et exposées dans des zones visitées. Des colliers de perles présentés pour vendre l’image de l’Afrique partout dans le monde. Pour Ndiarka Diop, vendeur et fabriquant des objets d’art: «je fais de la sculpture. Je fabrique de petites choses, des objets d’art représentant des animaux. C’est facile à transporter et ce n’est pas cher. Les touristes adorent et je m’en sors bien.» Ayant capitalisé vingt ans dans le métier, M. Diop souligne ne jamais recevoir de subvention : «Je travaille toujours avec mes propres moyens, comme la plupart de mes camarades» ; a-t-il ajouté.
SudOnLine - Denise ZAROUR MEDANG

29/08/2013

Tourisme au lac rose

LE TOURISME AU LAC ROSE : Un autre secteur essentiel de l’économie locale, mais à croissance périodique

 

lac rose 29.jpgDerrière l’île de Gorée, le Lac Rose est le site touristique le plus visité du Sénégal. 50% des touristes venus au Sénégal y ont déjà effectué un tour. Mais ni l’exploitation du sel, qui est le socle des activités, ni les touristes, qui y déambulent parfois, n’ont encore aidé ce site à être une destination de première choix.

Le Lac rose a un pied désormais dans le tourisme grâce à sa couleur rose, unique au monde, qui attire des milliers de visiteurs, chaque année. Une véritable découverte pour le Sénégal. Il faut y être au coucher du soleil où le lac devient mauve ou rose, à ce moment qui est le plus indiqué pour contempler la beauté naturelle du site. Les exploitants du sel et les touristes se faufilent entre eux au milieu des campements touristiques. Plusieurs constructions en paille, style case de village, regorgent de monde dans l’esplanade qui abrite plusieurs hôtels, tout autour du lac.

Pourtant, dans les années 90, le Lac n’avait que 3 hôtels. Aujourd’hui, il dispose une capacité de près de 1000 chambres aux alentours, avec une dizaine d’hôtels qui répondent aux normes internationales. Mais l’inquiétude est que certains récepteurs ne se conforment pas aux normes touristiques. Raison pour laquelle les professionnels du secteur qui sont au bord du gouffre n’ont pas tardé à réagir. Hôteliers, guides touristiques et résidents du Lac, tous s’activent à rendre l’endroit plus attractif, permettant ainsi aux touristes d’accéder à la vue du Lac. A ce titre, l’objectif est de massifier le taux de remplissage qui ne dépasse jamais les 20%.

En effet, sur ce site qui est pourtant très attractif, pour ces hôteliers, le premier problème est celui de la rareté des clients. «Présentement, on se contente du peu de clients qu’on voit, mais nos hôtels sont en partie vides», confie le gérant de l’hôtel «Les Cristaux Rose». «D’ailleurs, le taux de remplissage dépasse rarement les 20% pendant la courte période que dure la saison touristique au Lac rose. La majeur partie des clients séjournent le temps d’une journée, ensuite ils regagnent Dakar ou Saly», explique-t-il.

Ces hôteliers pensent que l’Etat a une part de responsabilité dans ce problème. Pour eux, le Lac rose n’a jamais été valorisé dans la politique de promotion du tourisme au Sénégal. «Le tourisme est privilégié dans la Petite Côte et au sud du pays. Il n’y a aucune initiative de promotion du Lac rose. Les touristes ignorent royalement cette destination qui était tant convoitée et qui est si attractive», souligne un hôtelier, mais les Sénégalais n’y affluent guère, faute d'une bonne promotion du tourisme local.

«Et là, espère Magaye Diop, avec la proximité de l’autoroute à péage et bientôt de l’aéroport de Diass, il peut y avoir des retombées significatives, si l’Etat met en place une bonne politique de promotion de ce site qui peut attirer chaque année des milliers et des milliers de touristes et même de Sénégalais. Il suffit juste qu’il soit valorisé».

L’autre difficulté que les acteurs évoquent, ce sont les spéculations foncières et l’occupation anarchique. Ce sont des personnes venues d’ailleurs qui se sucrent sur le dos des populations locales, selon ces dernières. «L’Etat doit appuyer les jeunes, étant donné que le rallye Paris-Dakar qui était un bon vecteur de promotion du site et de mobilisation de ressources, s’est arrêté depuis 2007. Ce qui a plongé les jeunes dans un chômage terrible», indique Ibrahima Mbaye, président des guides locaux. Selon qui, le rétrécissement du lac qui est passé en 30 ans de 32 km carrés à moins de 8 km carrés est aussi une pesanteur majeure. Car le risque qu’il disparaisse dans un avenir pas si lointain est réel.

Les balades payantes pour combler le gap

Ayant des difficultés pour remplir leurs réceptifs, les hôteliers se rabattent sur les balades payantes qui marchent bien au Lac rose. En effet, 80% des touristes du lac ont une fois effectué une balade en pirogue, en dromadaire, en quade, en voiture 4x4 ou à travers un baptême de l’air. Ce qui fait que tous les hôtels disposent de leur arsenal en termes d’équipements de promenade. Les prix varient selon les préférences.

Si vous désirez visiter le lac lentement et sans complaisance, les dromadaires sont les plus recommandés par les guides. Encore que c’est moins cher et plus sûr comme le renseigne cette touriste italienne. «Je paye 15 000 francs Cfa pour 1 heure de balade. Mais je sais que pour 15 minutes, c’est 5 000 francs et 30 minutes 8000 francs», précise-t-elle en confiant que ce n’est pas la première fois qu’elle vient sur ce site.

Mais les balades en quade sont les plus convoitées au lac. Il s’agit des motos adaptées au sable qui vous permettent d’effectuer en une courte durée le tour du lac. Et malgré le coût élevé, à savoir 25 000 francs Cfa par heure, c’est la ruée des touristes italiens, français, belges, parmi tant d’autres, sur ces engins, renseigne encore notre guide. Par contre, pour les balades en pirogue, les touristes préfèrent les faire les premiers jours de leur arrivée, mais aussi quand le lac devient rose au coucher du soleil. En ce moment, la vue est magnifique. Toutefois, pour cela, il faut débourser 5 000 francs pour 30 minutes d’excursion, et 8000 francs pour une heure.

«Nous sommes au Sénégal pour une visite de quinze jours. Un ami nous a parlé du Lac rose et nous sommes venus voir. Notre balade en pirogue était magnifique», dit ce couple de Français croisé sur les lieux qui soutient que le point culminant de ces balades, c’est la promenade aérienne pour un baptême de l’air. Et là, note notre guide, c’est pour les «hauts d’en haut là». C’est, en effet, 100 euros soit 65 000 francs Cfa qu’il faut décaisser pour une escapade de 30 minutes. Le départ se fait à l’aéroport Léopold Sédar Senghor jusqu’à Kayar avec un survol du Lac rose donnant une vue imprenable, selon ce couple qui a tenté l’expérience.

IBRAHIMA MBAYE, PRESIDENT DES GUIDES DU LAC ROSE : «Ici, c’est le cœur qui paye au détriment du tarif fixe»

L’histoire du lac, il la récite comme un élève de CM2 le ferait de sa leçon. Dans son fief, dit-il, c’est le cœur qui paye et non un tarif pour les touristes. Lui c’est Ibrahima Mbaye, président des guides locaux du Lac rose. Un homme du sérail de 38 ans qui a passé 12 années au service de l’information touristique.

Ils sont au total 12 guides sous sa responsabilité. Tôt le matin, Ibrahima Mbaye dit Ibou et sa bande quittent le village de Niague et environnant pour venir gagner leur vie au Lac rose, au service de l’information touristique. Leur travail consiste à guider les touristes dans leurs visites, à les orienter dans les hôtels et à les informer sur l’histoire du lac. «Nous sommes les ambassadeurs de l’histoire du Sénégal au Lac rose. Et cette histoire, il faut la maîtriser pour capter l’attention du touriste en lui fournissant autant d’informations sur l’actualité du pays. Ce travail nous le faisons avec cœur sans contrepartie», explique Ibou Mbaye qui pense que leur prestations sont appréciées par les touristes. «Ici, on leur explique pourquoi le Lac est rose et les différentes activités autour du lac. Les touristes, surtout les Français, préfèrent les guides locaux. Parce qu’on exprime ce qu’on a vécu et ce que l’on a senti pendant ces longues années de vie ici», ajoute Ibou.

Concernant les rares moments de tarification, Ibrahima Mbaye a affirmé que cela dépend des contextes. «Quand un touriste prend un guide pendant toute une journée dans ses démarches, le tarif est compris entre 10 et 15 euro, soit 6500 à 9750 francs Cfa, après marchandage toujours dans la pure téranga sénégalaise», renseigne-t-il, tout en notant que «les visites de travail sont épargnées de ces tarifs. Souvent, les journalistes et les professionnels du secteur font des descentes sur le Lac rose. Les élèves également viennent ici en sortie pédagogique ou en vacances. On se dit que ce sont des citoyens sénégalais et qu’ils ont le droit de connaître l’histoire de leur lac. Et pour ce cas, c’est le cœur qui paye. Oui, ici, c’est le cœur qui paye au détriment du tarif fixe».

Toutefois, les guides ont déploré l’attitude de certains malfaiteurs recherchés dans la ville et qui viennent trouver refuge au Lac, tout en semant le doute dans leur métier et aussi en déplumant les touristes.

Karamba NDIAYE

28/08/2013

Mbour veut s'en sortir!

Le tourisme bat de l’aile et Mbour se "ghettoïse"

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La ville de Mbour a connu ces 30 dernières années une forte croissance démographique, économique et culturelle. Une croissance portée par le tourisme qui s’est vite développé dans les années 80 et 90 avec l’avènement de la SAPCO et la mise en valeur de la baie de Saly. L’affluence massive des touristes vers la petite côte à fait de Mbour et de ses environs, une des zones des plus attrayantes et économiquement viable du Sénégal. Le commerce y était florissant, les artisans, les pêcheurs, les cultivateurs de la zone voyaient leurs activités se développer de jour en jour. L’état du Sénégal avait réalisé là, une des plus grandes réussites économiques. Malheureusement il n’a pas pu maintenir le cap et persévérer dans sa politique de promotion du tourisme. Nous, Mbourois espérons que les nouvelles autorités et notre bouillant ministre du tourisme pourront remettre les pendules à l’heure.

Aujourd’hui les populations continuent d’affluer à Mbour, cependant l’activité décline, les quartiers se remplissent de chômeurs. La plupart des jeunes mbourois ont perdu leurs emplois qui étaient essentiellement liés au tourisme. Toutes les activités économiques agonisent. La demande sociale explose. Ce qui explique en partie que Mbour est devenu la ville la plus contestataire du Sénégal. Les faits divers constatés ces derniers temps révèlent un grand malaise dans la société mbouroise.

Dans les années 80 et 90 on croisait dans les rues de Mbour plusieurs nationalités, Française, Allemande, Italienne, Suisse, Belge, Espagnole. Aujourd’hui c’est le désert.

La crise est profonde, les professionnel du tourisme ne savent plus à quel saint se vouer. Les restaurants, les Boutiques, les hôtels baissent les rideaux. C’est tout le tissu économique qui risque de s’écrouler.

Les professionnels accusent l’état et la SAPCO de mauvaise gestion. L’insalubrité des lieux, les constructions anarchiques, la dégradation des routes, l’érosion côtière, la destruction des espaces verts, le harcèlement des touristes par des bandes de badaud incontrôlés, l’envahissement des lieux par les mendiants, le manque d’organisation du transport, le déficit de promotion à l’étranger donnent du grain à moudre aux nouvelles autorités.

Il faut que notre fleuron du tourisme qu’est Saly retrouve sont lustre d’antan avant d’envisager des perspectives ailleurs.

Cependant, certaines mesures prisent sont à saluer, notamment la baisse de la TVA, la possibilité pour les hôteliers de disposer de titre foncier leur permettant de lever plus facilement des fonds au niveau des bailleurs. Les nouveaux projets de la SAPCO, notamment Point Sarène, Mbodiène et Joal Fadiouth. Mais, mais, il faut le dire ! et le répéter !! si Saly ne marche pas le reste non plus ne marchera pas !!!

Il faut que le nouveau ministre prenne le taureau par les cornes, le suivi dans l’aménagement de Saly, la salubrité, la sécurité, la réglementation des nouvelles implantations doivent être prises très au sérieux, revues et corrigées au plus vite. L’état doit aussi clarifier les rôles entre la commune de Saly et la SAPCO pour une bonne gestion des lieux touristique. Remettre de l’ordre dans ce bazar qui tue le tourisme. Il faut impliquer tous les acteurs pour redonner à la petite côte son lustre d’antan

Bocar ly, CCR Mbour

Grandeurs du maire de Saly...

Saly : des conseillers municipaux demandent la diminution des dépenses de prestige

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Le conseil municipal de la commune de Saly Portudal a été convoqué en session ordinaire jeudi dernier pour notamment se pencher sur une ‘’première autorisation spéciale de recettes et de dépenses’’. Au cours des débats, certains conseillers municipaux ont demandé la diminution des dépenses de prestige pour une bonne gestion des finances locales.

A l’occasion de cette session ordinaire, les débats se sont portés sur la gestion des ressources et la priorité des dépenses. A cet effet, le conseiller municipal Ismaïla Diouf a soulevé le problème des budgets alloués à l’électricité, l’eau, la santé et l’assainissement «sans aucune réalisation significative par rapport aux montants importants de prévisions sans aucun rapport annuel des réalisations». D’où, selon lui leur difficulté, en tant que conseillers à servir aux populations des réponses précises sur cette question.

Le conseiller municipal Aliou Sarr a saisi la balle au rebond pour dénoncer ‘’les prélèvements faits sur des secteurs prioritaires et réaffectés aux dépenses futiles de fonctionnement’’.

Pour sa part, Ibou Sakho Thiandoum a expliqué que les frais de mission ne se justifiés pas eu égard au fait que les présidents de commissions n’ont, à ce jour, « jamais eu d’ordre de mission ni à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays’’. En outre, M. Thiandoum, par ailleurs membre du mouvement « Yokkuté Saly ak Sakho Thiandoum », a soulevé le débat sur les frais d’études d’assistance technique et de formation dont les conseillers municipaux n’ont jamais bénéficiés pour mieux comprendre les règles élémentaires de gestion municipales. Car, dit-il, de 2009 à aujourd’hui un seul séminaire a été organisé pour une nouvelle commune qui se veut performante.

Dans la même lancée, la conseillère Aïssata Bâ a demandé de faire la situation sur les cantines du marché central car les groupements ont déjà versé leur caution. Elle est aussi revenue sur le fait que ‘’le Maire donne des subventions aux pêcheurs et pas aux éleveurs et agriculteurs.’’

De même, le conseiller Pape Cissé a demandé des justifications sur les montants de location de véhicules jugés « élevés ».

La santé a été aussi au cœur des préoccupations des conseillers municipaux.

« La santé est revenue dans les débats car la commune ne dispose pas de centre de santé, mais d’un poste de santé sans équipements techniques, sans ambulance pour une commune dont le budget avoisine les deux milliards de francs qui doit avoir un centre de santé de référence avec un plateau technique relevé », estime M. Thiandoum.

L’autre point sur lequel le conseil municipal de la commune de Saly Portudal s’est penché lors de cette session ordinaire est le projet de virement de crédits, n°1 Gestion 2013.

Le premier projet de virement de crédit de la gestion 2013, d’un montant total de quarante et un millions six cent (41 000 600) francs s’opère aussi bien sur les crédits de fonctionnement que sur ceux d’investissement.

La première autorisation spéciale de recettes et de dépenses s’équilibre en recettes et en dépenses à la somme de vingt neuf millions de francs (29.000.000). Le Fonds de dotation de la décentralisation 2013 se retrouve avec 14 000 000 Frs. Et le Fonds de concours 2013 est de 15.000 000 Frs

Il convient de rappeler que les fonds de dotation de la décentralisation sont destinés à la prise en charge, autant que possible, des compétences transférées, tandis que les fonds de concours sont exclusivement réservés aux dépenses d’investissement et ne peuvent, en aucun cas, financer des dépenses de fonctionnement.

« Pour une bonne gestion des finances locales sobre et vertueuses il est recommandé de diminuer les dépenses de prestige, éviter de gaspiller nos ressources et se pencher sur les priorités des populations qui nous ont élus à savoir la santé, l’éducation, l’assainissement, l’eau, l’électricité et un cadre de vie sain pour l’le développement et l’épanouissement de nos populations », suggèrent ces conseillers municipaux.

MbourInfo

Les Wade en tandem

La machine judiciaire s’emballe, Me Wade prêt à comparaître à côté de son fils Karim

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Alors que la machine judiciaire a mis la main sur l’accélérateur ces derniers jours, koaci.com apprend de sources sûres que l’ex-président sénégalais, Me Abdoulaye Wade est prêt à comparaître à côté de son fils Karim, en détention depuis le 17 avril 2013 pour enrichissement illicite portant sur 694 milliards F CFA.

«Fidèle à son courage et à son souhait de tirer d’affaires son fils, Me Wade est disposé à comparaître à ses côtés. Il l’a promis et il le fera», confie un proche collaborateur de l’ex-chef d’Etat.

Me Wade donne ainsi une réponse favorable à la requête des juges et des avocats de Karim qui souhaitent sa comparution à ce procès qui doit faire suite à l’instruction en cours.

La semaine dernière, la commission d’instruction de la cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) avait saisi cinq véhicules de l’ancien ministre du «Ciel et de la Terre».

Lundi, l’ancien Dg du cadastre, Tahibou Ndiaye, arrêté samedi dans le cadre de la traque des biens mal acquis a bénéficié d’un retour de parquet car, le procureur spécial près de la CREI était occupé par le dossier de Karim Wade.

Tahibou Ndiaye est accusé d’une fortune évaluée à 7,9 milliards, mais il ne reconnaît que les 2,1 milliards, alors que sa femme pèse 1,4 milliard et ses trois filles adoptives 884 millions F CFA.

De source judiciaire, koaci.com apprend aussi que cinq ténors libéraux, Ousmane Ngom, Samuel Sarr, Abdoulaye Baldé, Madické Niang et Oumar Sarr recevront incessamment leur mise en demeure.

Ndiack FAYE

L'économie repart à la hausse

Indicateurs conjoncturels du Sénégal au 1er trimestre 2013 

Le Ministère de l'Economie et des Finances livre ses chiffres

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L’activité économique s’est redressée au second trimestre 2013. En effet, informe le ministère de l’Economie et des Finances dans un communiqué de presse reçu à Leral, "l’indice général d’activité (Iga), proxy du PIB hors agriculture, a enregistré une croissance de 2,1% par rapport au premier trimestre et de 5,2% en glissement annuel". Cette évolution est imputable notamment au "dynamisme de l’activité dans le secteur tertiaire". En moyenne, sur le premier semestre, "l’activité économique interne a progressé de 3,6%, en dépit d’un secteur secondaire qui continue d’enregistrer des contreperformances".

"Les prix à la consommation ont enregistré un repli de 0,8%, en variation trimestrielle, consécutif à la baisse des prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisées (-2,2%)", Informe-t-on. En moyenne, sur le premier semestre 2013, souligne le document, "l’inflation est ressortie à 0,5%. En termes d’origine, l’indice des prix des produits locaux a enregistré une baisse de 1,6%, au deuxième trimestre, contre une hausse de 0,9% pour celui des produits importés".

Au chapitre des échanges extérieurs, le texte rappelle que le deuxième trimestre est marqué, comparativement au trimestre précédent, par un accroissement de 3,3% des exportations contre 10,1% pour les importations. En moyenne sur le premier semestre 2013, les importations ont accusé une légère baisse (-0,2 milliard), imputable aux achats à l’étranger des produits pétroliers (-65,2 milliards), des produits alimentaires (-4,2 milliards) et des "véhicules, matériels de transport et pièces détachées automobiles" (-7,4 milliards). En revanche, les exportations ont progressé de 13,5%, en raison notamment de l’augmentation des exportations de produits alimentaires (+14,9 milliards), de produits pétroliers (+35,3 milliards) et d’or brut (+22,6 milliards).

Au titre des finances publiques, le communiqué rappelle également que "l’exécution budgétaire au cours de la période sous-revue a été caractérisée un déficit public sous contrôle, à la faveur d’une maîtrise des dépenses publiques, les recettes budgétaires s’étant inscrits en retrait. En effet, les recouvrements de recettes budgétaires se sont établis à 727,5 milliards contre 734 milliards à la même période de l’année précédente, soit un léger repli de 0,9%". Toutefois, "compte non tenu des redevances sur les appels perçus en 2012, le recouvrement des recettes budgétaires, à fin juin 2013, laisse apparaître une progression de 21,1 milliards, soit une hausse de 3%. Les dépenses totales et prêts nets ont enregistré une progression de 2,7% pour se situer à 941,6 milliards. Au total, le solde budgétaire global est ressorti déficitaire de119,3 milliards contre un déficit de 82,3 milliards au premier semestre de 2012 et un objectif à fin juin fixé à 203 milliards".

La situation provisoire des institutions monétaires à fin juin 2013, "comparativement à la même période en 2012, fait ressortir une baisse de 16,7 milliards des avoirs extérieurs nets, un renforcement du crédit intérieur de 4,9% et une progression de la masse monétaire de 1,4%. Sur la même période, les systèmes financiers décentralisés enregistrent une augmentation de leurs clients/membres (+6,6%), de l’encours des dépôts (+10,2%), de l’encours des crédits (+4,6%) et un accroissement du taux des créances en souffrance de 5,1% à 6,4%". Les transferts rapides de fonds reçus "s’établissent à 173,8 milliards au deuxième trimestre 2013, soit en hausse de 6,3 milliards ou 3,8% par rapport au trimestre précédent et de 12,7% par rapport à la même période en 2012".

Au plan social, "les données de l’enquête ménages montrent que l’eau et l’électricité sont des services accessibles pour les ménages dakarois (plus de 91%) tandis que 27,2% des ménages restent inaccessibles au service d’assainissement. Au titre de la sécurité alimentaire, la proportion des ménages assurant trois repas par jour est de 69,8% contre 29,8% qui ont accès à deux repas par jour.

MLD

Merci la Corée!

Plus de 10 milliards acquis auprès de la Corée pour la construction de sièges administratifs

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Le ministre sénégalais de l’Intérieur, le général Pathé Seck, a déclaré, lundi, à Saly-Portudal, que son département, à la demande du chef de l’Etat, Macky Sall, a négocié auprès de la Corée du Sud, une enveloppe de plus 10 milliards 548 millions francs CFA pour la construction de six gouvernances, 35 préfectures et 45 sous-préfectures.

"La requête s’y rapportant est déjà prête et transmise au ministère de l’Economie et des Finances. Cette action s’inscrit dans un projet global de 60 milliards de francs CFA tirés du Cadre de dépenses sectorielles à moyen terme (CDSMT) du ministère de l’Intérieur’’, a-t-il précisé.

Il rencontrait à Saly-Portudal (Mbour, ouest) les gouverneurs de région, en marge d’un séminaire de renforcement de capacités des sous-préfets de l’axe Dakar-Thiès-Diourbel, organisé à l’initiative de la Direction générale de l’administration territoriale (DGAT), du ministère de l’Intérieur.

"Il est également important de signaler que, dans le budget 2013 de mon département, il est prévu 995 millions de francs CFA pour des travaux de construction/réhabilitation et 50 millions de francs CFA pour l’acquisition de matériels et mobiliers de bureau des gouvernances, préfectures et sous-préfectures’’, a révélé Pathé Seck.

Dans le même ordre d’idées, a-t-il ajouté, les crédits de fonctionnement des chefs de circonscription administrative vont connaître une hausse sensible de 18,7%, dès la gestion 2014. De plus, 50 agents seront bientôt accueillis pour résorber un tant soit peu l’important déficit en personnel d’appui du ministère de l’Intérieur, a-t-il indiqué.

"La grande et bonne nouvelle que je vous apporte aujourd’hui, est la décision de Monsieur le Président de la République de consacrer 50% des recettes tirées de la délivrance des visas biométriques à l’amélioration des conditions de travail du commandement territorial’’, a encore annoncé le ministre de l’Intérieur.

Il a également signalé que l’Agence de l’informatique de l’Etat a été instruite de mettre à la disposition du ministère de l’Intérieur, un important lot d’ordinateurs portables dont le commandement territorial sera le plus grand bénéficiaire.

"Les autorités de notre pays, avec à leur tête le Président Macky Sall, sont parfaitement conscientes du rôle de l’Administration territoriale dans la conduite des affaires du pays et sont résolues à en faire un instrument efficace de promotion de nos populations’’, a lancé Pathé Seck.

ADE/ASG 

27/08/2013

A quand l'Oscar du tourisme?

Youssou Ndour reçoit le Polar Music Prize à Oslo

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Le musicien Youssou Ndour, ministre sénégalais du Tourisme, reçoit ce mardi, en Suède, le Polar Music Prize 2013, qui récompense des contributions à la musique mondiale dans tous les genres, a-t-on appris de source médiatique.

Youssou Ndour a été récompensé au mois de mai dernier en Suède par le Polar Music Prize 2013, en compagnie de la compositrice finlandaise, Kaija Saariaho.

Le jury avait estimé que ‘’le griot d’Afrique occidentale n’est pas qu’un simple chanteur. Il est aussi conteur, poète, chanteur de louanges, artiste de divertissement et dépositaire de la tradition orale".

"Youssou Ndour perpétue l’héritage griot et démontre qu’on peut s’en servir pour raconter non seulement l’Afrique mais le monde tout entier", a-t-il poursuivi, ajoutant que la voix du lauréat "contient l’histoire, la passion, les espoirs et l’énergie de tout un continent".

Youssou Ndour, 54 ans, est une star planétaire qui a connu de nombreux succès dans la musique avant d’entrer en politique. Il s’est vu confier, après une candidature recalée à la présidentielle de février-mars 2012, le poste de ministre de la Culture, du Tourisme et des Loisirs puis celui du Tourisme.

Le Polar Music Prize a été décerné pour la première fois en 1992 avec des fonds réunis par l’ex-manager du groupe suédois ABBA, Stig Anderson.

Parmi ses lauréats, on compte Bob Dylan, Ray Charles, Pink Floyd ou Led Zeppelin, la soprano Renée Fleming, le violoniste Isaac Stern ou encore le compositeur Pierre Boulez.

L’autre lauréate cette année, Kaija Saariaho, "occupe une place singulière parmi les compositeurs et remet en question la notion même de musique", selon le jury.

Cette compositrice de 60 ans, formée à Paris à l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique (IRCAM), a eu une production variée et avant-gardiste dans la musique de chambre, les œuvres pour orchestre et l’opéra.

APS

26/08/2013

Scandale des inondations

Inondations: Plus de 100 millions CFA détournés, le chef de l’Etat interpellé

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Les efforts que les sénégalais de la diaspora ont consenti en guise de soutien aux sinistrés des inondations de 2012 ont livré leurs secrets et pas les moindres.

On en sait un peu sur les cotisations collectées pour venir en aide aux milliers de sinistrés des inondations  de l’année passée (2012). Selon la Tribune, le matériel du  collectif « inondation au Sénégal », une structure basée en France et envoyé l’année dernière dans ce cadre,  a disparu. Une situation qui crée une « grande colère, déception,  révolte » de l’association. Ce matériel envoyé à l’époque au ministère de l’Intérieur, Mbaye Ndiaye (aujourd’hui conseiller de Macky Sall) est estimé à plus de 100 millions FCFA.

Le don est composé de deux mots-pompes industriels, pesant plus de 3 tonnes chacune, avec une capacité de pompage de 570 mètres cube par heure et sur lesquelles peuvent être couplés des groupes électrogènes pouvant éclairer au moins un quartier de la banlieue de Dakar.  Il ya aussi des kits de petites chirurgie pour blocs opératoire, des lits neufs médicalisés pour hôpitaux, divers matériels scolaires etc.  Ce matériel était mis dans un container référencié sous le numéro Fciu 93186/1 Plomb : 70674 et le numéro de BL Fr3558387.

Il faut dire que ce don était retenu au port de Dakar par DP Word depuis lors.

Mais jusqu’à présent, personne ne sait où est- ce qu’il se trouve poursuit le journal. Et actuellement, ces sénégalais de France ont fait tout pour récupérer ce matériel en vain. Car ils doivent rendre compte à certains de leurs partenaires en France, qui leur ont donné une bonne partie de ce don en guise de solidarité. Mais, au niveau des autorités (Port, Douanes, ministre de la Santé) toujours pas d’échos favorables. Et le chef de l’Etat est vivement interpellé sur cette question.

Pape Diattao Badji/Setal.net

Sénégal oriental

Montagne d'IWOLE : Les Bédik, une vie au sommet des collines

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Le Sénégal oriental, c’est tout une richesse. Le sol séduit de même que le peuplement dont on note la présence de minorités qui ont su conserver leur authenticité. Une randonnée dans les hautes altitudes qui mènent à Iwole permet de rencontrer les Bédik, un peuple qui a su protéger sa culture, malgré la pression de la modernité.

La fatigue est encore là. La chute de Dindéfélo et ses 318 m très barbants est si présent dans les jambes et la tête. À cela s’ajoute les 500 km parcourus entre Kédougou et les environs. Il est logique d’être cassé. Mais reste à se taper la capitale des Bédik qui culmine à 483 m, Iwole. Bref, toujours la galère. Mais avant, à Bandafassi, porte d’entrée du royaume Bassari, Jean-Marc Keita, notre guide, rejoint la troupe. Une compagnie utile qui, au cours de l’ascension, contera l’histoire de son peuple, les Bédik. Autre chose, pour cette montée, notre collègue chauffeur a relevé le défi. Lui qui a regretté de n’être pas venu gravir Dindéfélo, a voulu un souvenir à un an de la retraite. Ce fut si rude, mais il l’a fait avec beaucoup de peine et aussi le triomphe au bout des lèvres.

Des minutes de progression et soudain, sous cet arbre à l’ombrage fourni, balayé par un courant bénéfique, surtout après des minutes de marche vers les sommets de cette hauteur, quatre garnements se prélassent. Michel, Alphonse, Marc et Jean-Noël dévissent. Nattes sur la tête et d’une beauté certaine, on les confond avec des jeunes filles. Non, renseigne Jean-Marc, « ce sont des mecs qui attendent la période d’initiation et pour cela il faut être assez chevelu, c’est pourquoi ils ont des tresses sur la tête ».

Un « Aminké » (bonjour en bédik) tenace de débutant lancé, (eh oui on a eu à faire un petit cours avec Jean-Marc), les réponses fusent en harmonie de la bouche de ces jeunes. Ils sont surpris de voir cette horde de « venus d’ailleurs » parler leur langue. La confiance est rétablie avec ces garçons âgés entre 14 et 15 ans qui attendent d’être initiés la saison prochaine, plus précisément en avril. Durant la discussion, on aperçoit au loin les villages de Ségou, Dindéfélo et même Patassi, le repère des militaires Sénégalais. Au loin, sur le flan de ce relief rocailleux, des femmes et des hommes valides cultivent la terre. On se dit comment avec ce relief abrupt, ils arrivent à rendre cette surface arable. « Il faut juste commencer à cultiver du bas vers le haut de la colline sinon toute manœuvre va s’avérer vaine », dit Jean-Marc.

UNE VIE AU SOMMET DE LA COLLINE

À Iwole, les Bedik habitent au sommet de la montagne. Après près d’une demi-heure d’escalade de 483 m d’altitude, sur le plateau, nous arrivons au village d’Iwole, situé à 22 km de Kédougou. Il y a une si douce fraicheur qui accueille le supplicié qui vient de faire le trajet. Une remarque de Jean-Marc qu’on a pue vérifier : ce peuple a une histoire particulière. Venu du Mali suite à la guerre ayant opposé Soundiata Keita à Soumangourou Kanté et qui déboucha sur la bataille de Krina, cette histoire tant vantée dans la production de Djibril Tamsir Niane « Soundjata Keita ou l’épopée Mandingue », les Bedik se sont installés ici depuis le XIIe siècle. Sur place, les populations conservent l’habitat groupé et des pratiques culturelles diverses, dans un village difficile d’accès et confronté à un problème d’eau.

Ici, la gestion des questions sanitaires se posent avec acuité. Avec une case de santé vide, les populations se rabattent plutôt sur les médicaments traditionnels. Néanmoins, dans ce village touristique, les quelques visiteurs venant de l’occident les appuient en médicaments et en matériel scolaire. Autre difficulté à laquelle sont confrontés les habitants, l’accès au liquide précieux. En effet, ils parcourent environ un kilomètre et demi pour se trouver de l’eau. Une corvée quotidienne pour les femmes.

Dans ce lot de cases, 614 habitants, tous des Bédik, y vivent. Ils sont répartis entre quatre familles. « Les Keita qui sont les éternels dirigeants ou chefs de village, les familles Camara et Samoura qui organisent les fêtes et la famille Sadiakhou qui est chargée de la sauvegarde et du maintien de la coutume », renseigne Jean-Baptiste Keita, le chef de village d’Iwole. Les Bédik vivent essentiellement de l’agriculture (mil, coton, arachide) et de l’élevage. Ils cultivent pour la plupart sur le flanc des montagnes. Dans ce village, le plus ancien des villages Bédik, les femmes gardent toujours le même type d’habillement dominé par les décorations.

Avec des bouts de nez percés, des pieds bien ornés, des parures captivantes, les Bédik sont monogames ou polygames peu importe la religion embrassée. Un homme peut à cet effet disposer jusqu’à 5, 6 voire 7 femmes ou plus. Cela s’explique, de l’avis de Jean-Marc Keita, par le fait que l’homme n’abandonne pas les femmes de son frère, une fois ce dernier décédé. Ils restent majoritairement animistes et chrétiens parce que soucieux de la sauvegarde de leur tradition. Avec l’évangélisation et l’islamisation, ils portent des noms catholiques ou musulmans. Mais ils conservent précieusement leur coutume. L’initiation des garçons à l’âge de 15 ans appelée « Olèthie » est toujours pratiquée et permet le passage de l’adolescence à l’âge adulte. Elle se pratique dans le bois sacré situé à 38 km du village d’Iwole, lieu appelé en Bédik « Manangodé» ou lieu de formation. Les circoncis, d’après Jean-Baptiste, passent la nuit dans les cases coutumières. L’initiation se fait un samedi, on les tresse de façon renversée. Ils sont décorés et chaque initié porte un pantalon bouffant octroyé par le papa, un couteau, des chaussures en cuir et un grand boubou, poursuit le chef de village. Lors des combats contre les masques, ils sont aidés par leurs oncles. Mais, auparavant, pour chaque garçon, on égorge un coq dans les cases à bière chez les grands fétiches pour vérifier la couleur des entrailles de l’animal.

« Cela permet de savoir si le garçon rencontrera un malheur lors de l’initiation ou non. La couleur blanche des entrailles est signe de bonheur ; la couleur noire, elle, est signe de malheur», soutient M. Keita.

PRATIQUES MULTISECULAIRES

En territoire bedik, les cérémonies traditionnelles commencent avec une fête dédiée au chef de village et qui représente la période de récolte du mil. Composée essentiellement de danses et de chants, cette fête donne autorisation aux populations d’acheminer leurs récoltes vers le village. Au total, pas moins de huit fêtes sont célébrées annuellement par les Bedik. La fête des femmes, célibataires et mariées confondues, se déroule sur une semaine. Durant ces festivités, seules les femmes sont appelées à danser en compagnie des masques même si ce sont les hommes qui décident de la tenue de l’événement. D’autres manifestations existent aussi chez les femmes, tels que le « manoukatial » et le « matiank » qui sont des fêtes de récoltes de mil et de maïs. Toutefois, les femmes mariées uniquement ont leur fête célébrée tous les cinq ans et elles sont les seules autorisées à danser pendant la cérémonie. Il y a aussi la fête des masques durant laquelle chacun (homme, femme, masque) essaie de faire montre de ses capacités physiques à suivre le rythme des tam-tams, se tordant sous les coups des batteurs enivrés.

SYSTEME DE CLASSE D’AGE

Grands conservateurs de leurs traditions, les Bedik ont aussi su sauvegarder d’autres fêtes telles que celle des vieux et celle des morts. Appelée « elaba», cette fête donne l’occasion aux habitants de faire de la bière de mil avec laquelle ils se lavent les mains pour se débarrasser complètement du mort et afin qu’il soit « bien accueilli là où il va et lui éviter le malheur ». Selon certaines croyances traditionnelles, pendant la fête des morts, les défunts reviennent à la vie et participent aux festivités. Le système de classes d’âge existe toujours dans cette communauté. Et la case commune, elle, représente chez les Bedik, un dortoir fixé à la place du village et qui est destiné uniquement aux jeunes garçons. Chez les Bedik, à l’occasion des baptêmes, les cheveux du nouveau-né sont confiés au grand fétiche de la famille qui est appelé à veiller sur lui. Dans ce village fondé par Koutine Keita, village appelé aussi Bandé chez les peulhs à cause du nom qu’ils ont donné à la montagne, l’initiation continue d’être un frein à l’étude des garçons en âge d’être initié. « On retient le garçon pour l’initiation quitte à ce qu’il reprenne ses études après », confie Jean-Baptiste.

LE BAOBAB, UN SYMBOLE

Ici se trouve aussi le plus gros baobab de toute la région avec ses 23,30 mètres de circonférence. Un arbre qui se tient debout depuis le 13e siècle, soit plus de 600 ans d’existence. Quand on se met à son ombre, le visiteur se rend compte de son caractère majestueux.

Le fromager sacré du village, lui, a presque disparu aujourd’hui. Si les habitants d’Iwole restent ancrés dans leurs traditions de nos jours, leur ouverture aux autres ethnies constitue une menace de déperdition de leurs coutumes et de leur culture. Les mariages extérieurs étant très souvent à l’origine du phénomène de reconversion de leurs descendances.

En rentrant, on se souvient qu’en venant, Ibel, ce village peulh, avait accueilli la meute. Une localité avec des enfants très bruyants qui s’approchent à la moindre vue d’une voiture. « Ils sont très ouverts aux touristes et il faut remarquer qu’ils parlent souvent espagnol », informe Jean-Marc. En effet, cette localité au pied d’Iwole est très touristique et l’on voit des auberges sortir de terre.

D’un autre côté, Ibel doit son importance à son énorme réserve de marbre. En effet, une virée sur ces terres permet d’apprécier ces vastes monticules de marbre de très haute qualité qui ne demandent qu’à être exploitées. Il y’a quelques années, un promoteur, dont les scies géantes et les polisseurs peuplent le décor, avait voulu exploiter cette richesse pour toute cette localité. Malheureusement, cette belle expérience connut un coup d’arrêt à cause d’un problème de moyen. Et pourtant les recherches ont dévoilé que les réserves en marbre à Bandafassi, Ibel et Ségou avoisinent les 1 415 000 tonnes.

SITE d’orpaillage : Bantaco se développe à un rythme effréné

Bantaco est blanc par la couleur de la terre qui sort des « dammas ». Outre la texture de son sol, ce lillage est également différent à cause de la nature des trous ou « dammas » qui y sont creusés. Bantaco, c’est aussi deux feux qui ont tout ravagé sur leur passage, mais la localité continue de vivre au rythme de la découverte de l’or.

Le premier filon a été découvert ici vers 1996. Mais l’orpaillage a connu une ascension fulgurante vers 2006, et avec lui toute une diversité d’activités. Aujourd’hui, dans ce site aurifère situé au nord-est de Kédougou, à 33 kilomètres de la capitale régionale, le commerce occupe une activité de choix. Un petit tour au marché permet de s’en rendre compte. Ici, l’or a permis aussi « la construction de la quasi-totalité des maisons et bon nombre d’orpailleurs d’en trouver à Kédougou et de se payer des voitures ». Mais les procédés de son exploitation laissent entrevoir sur les sites d’exploitation des trous bâillant, formant des hauteurs de mottes de sable et de gros cailloux sortis des entrailles de la terre. Pire, « il y a même l’utilisation du mercure et de la cyanure avec les burkinabés qui maîtrisent cette technique », renseigne Samba Danfakha, chef des « tombolmas » du site d’orpaillage de Bantaco.

A ces méfaits s’ajoute la prostitution avec « la présence des professionnelles du sexe. C’est pourquoi nous distribuons des préservatifs dans les « diouras » (sites d’orpaillage), soit environ 15 000 unités en moins d’un mois. Mais il y a des problèmes de santé », confie-t-il. Bantaco, à l’image des autres sites, connaît des soucis de sécurité (bagarres sanglantes à cause des histoires de places, de femmes), accidents (avec des éboulements dans les trous faisant en moyenne 5 à 6 morts par an). Mais les orpailleurs peuvent se satisfaire de leur caisse de solidarité qu’ils ont mise en place pour évacuer les personnes blessées. Cette somme permet également de transporter à la gendarmerie de Kédougou les voleurs pris dans le site. Comme pour dire que, dans cette situation de chaos ambiant, on essaie de mettre de l’ordre.

LE POSTE DE SANTE, UNE AUBAINE

Erigée en 2011, la case de santé devient vite un poste de santé, sous le rythme effréné de l’affluence dans la zone qui, 5 ans auparavant, était à peine habitée. Sur place, l’équipe de l’infirmier chef de poste santé, Adama Guèye, mène des sensibilisations, des causeries récurrentes sur les phénomènes liés aux pathologies fréquentes dans la zone (traumatismes dus aux accidents dans des « diouras », infections respiratoires aiguës chez la plupart des enfants, diarrhées, etc.). Son équipe mène aussi des stratégies avancées et mobiles, avec l’appui de la mission catholique de Kédougou, dans le cadre du dépistage dans les sites d’orpaillage.

« Nous avons fait récemment un dépistage, et sur 202 personnes, nous avons décelé 3 cas positifs avec une prédominance féminine. Il y a un taux élevé de planification et une présence massive des professionnelles du sexe. Cependant, elles sont très souvent mobiles. Nous distribuons aussi gratuitement et en grand nombre des préservatifs », confie l’infirmier chef de poste de santé. Si la structure peut se réjouir de disposer de stocks suffisants de médicaments, il reste tout de même confronté à un problème de maternité, de logement du personnel ; ce qui favorise les accouchements à domicile, car le personnel de santé n’étant pas fixe. A cela s’ajoute un manque de moyens de locomotion.

En attendant, l’achèvement de la construction de sa salle d’observation ainsi que de son dépôt de pharmacie, le centre de Bantaco vit en un rythme soutenu. Cette structure qui commence à sortir de terre permettra d’atténuer les charges dans ce poste qui polarise, à ce jour, 11 villages.

Féminisation du sida

Dans les « diouras », le sexe rythme la vie des chercheurs de trésor, de même que le Sida. Ici, le sexe est à ciel ouvert avec surtout les croyances. Pour le médecin chef de région, Dr Habib Ndiaye, « les structures de santé ont du mal à mieux accompagner les Personnes vivants avec le Vih (PvVih) dans ces sites, compte tenu de la mobilité constatée en ces lieux ».

Tout de même, dans la prévention, 200 000 préservatifs sont en moyenne distribués par mois dans la région, et beaucoup de sensibilisations menées avec l’appui de plusieurs de partenaires qui interviennent dans la lutte contre le Sida. Mais des efforts restent à faire vis-à-vis des croyances, surtout dans les sites d’orpaillage où se développe les pratiques sexuelles à vue d’œil à travers les galeries et qui sont souvent synonyme d’abondance de l’or. S’y ajoute une féminisation du Vih dans ces sites « où même des agents de santé abandonnent leurs postes pour la quête de « l’or » affirme le médecin. De son point de vue, les pratiques socioculturelles dans cette localité, où la sexualité est très précoce, ne sont pas de nature à faciliter le travail de prévention. Vers les mois d’avril-mai, environ 200 cas de PvVih ont été recensés dans la région, dont presque 150 personnes sous antirétroviraux. Dans ce lot, on retrouve un nombre important d’individus qui ne sont pas du Sénégal. Les chiffres sur la progression du Sida font froid au dos. En effet, en 2010, des enquêtes ont montré que dans les diouras, le taux de prévalence était de 1,7 %. Or, en 2001, ce même taux était entre 0,3 % et 0,4 dans la ville. Une progression qui se justifie par les croyances préconçues de ces chercheurs d’or pour qui l’impureté fait sortir ce métal. Dans ce lieu, où l’informel et le libertinage sont érigés en règle, l’on note l’existence des contrats établis entre les femmes et les hommes, le temps de la durée du « diouras »

Au-delà du problème du Sida, les départements de Saraya et de Salémata restent encore frappés par le phénomène de la malnutrition. La région fait aussi face à la mortalité infantile et maternelle, compte tenu des accouchements à domicile très élevés et du manque de visite des femmes. Jusqu’à ce jour, Kédougou ne dispose pas de pédiatrie ni de pharmacie biologique, encore moyen de transport interurbain, pour faciliter la mobilité des personnes.

PLUS DE 1.000 ENFANTS EXPOSES DANS LES SITES D’ORPAILLAGE

Selon une enquête de 2012 diligentée par l’Ong La Lumière, avec à sa tête Ibrahima Sory Diallo, pas moins de 166 enfants étaient en situation de pires formes de travail des enfants, 943 en risque de mise au travail. Ce qui fait que les enfants ont quitté l’école pour les mines. Rien qu’à Missira, on a enregistré un taux d’abandon scolaire de 42 %.

De l’avis de M. Diallo, les enfants sont fatigués et malmenés dans les sites d’orpaillage. « Ils creusent, concassent les pierres d’or, et ça nous préoccupe beaucoup. A 7 ou 8, voire 18 ans, les élèves abandonnent l’école pour aller chercher de l’or et se payer des motos, à l’image de leurs camarades. Il faut prendre de sérieuses mesures pour freiner ce travail des enfants », soutient-il. S’y ajoutent la prostitution, le dur travail de l’or et l’utilisation de produits chimiques, tels que le mercure, qui exposent davantage les enfants dans ces zones. Pour s’attaquer à ce fléau, l’Ong La Lumière a décidé de faire la promotion de l’éducation des enfants. Dans son projet de réduction des pires formes de travail des enfants dans ces zones, elle initie des programmes de prévention et de retrait/réinsertion des enfants orpailleurs. Ainsi, une bonne vingtaine d’enfants ont été retirés des mines et 14 d’entre eux (hébergés dans un centre gérés par l’Ong) sont déjà placés dans les ateliers pour qu’ils apprennent apprendre un métier. Même dans le cadre de la traite des personnes, le retour de deux filles, dont une Nigériane qui était arrachée à ses parents, est entrain d’être organisé.

Mais dans l’immédiat, « il faut la mise en place d’un mécanisme de suivi, tel que des comités de protection dans chaque communauté rurale, dans les départements de Saraya et de Kédougou, et de la région aussi, pour une prise en charge de la protection des enfants de façon durable. Mais également des alternatives de formation qui seront offertes à 141 enfants travaillant dans l’orpaillage, dont 15 filles et 126 garçons », précise Ibrahima Sory Diallo, coordinateur de l’Ong La Lumière. Pour tous ces processus à mettre en œuvre, un focus sera mis sur « la sensibilisation, l’information et la promotion économique des familles afin de réduire la vulnérabilité des enfants ».

Le Soleil - Amadou DIOP, Amadou Maguette NDAW

 

Edito...

«Lorsque l'huile s'épuise, la lampe s'éteint, mais la flamme s'affaiblit graduellement»

Ainsi parlait Zhang Xianliang.

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Il en va de même, et inversement pour celle..."sur le feu"...

Certains commentaires, lus ici ou là, tentent d'enflammer les propos, les réactions. Dans un sens, ou dans l'autre. Blanc, ou noir.

Et, la flamme s'affaiblit graduellement! Cette flamme d'amour, de passion, d'indicible attirance réciproque entre le Sénégal et la "toubabie"...

La candeur n'étant pas la naïveté, elle est malgré tout source de bonheur. Et, celui que l'on peut vivre au pays de la téranga n'a rien de naïf!

Je crois, simplement, que l'on peut vivre heureux et serein au pays des baobabs...autant qu'ailleurs. Tout dépend de vous et de vos relations!

Je ne m'appelle pas "Simplet" ni "Pinochet". Je ne suis ni bon toubab ni méchant blanc! Simplement, et c'est écrit depuis des années en préface de mon site internet: "Aux 4 coins du pays, vous trouverez l'Afrique, la vraie, la typiquement typique, accueillante ou arnaqueuse...des gens magnifiques ou infréquentables! Vous détesterez ou vous tomberez follement amoureux de ce pays aux charmes indescriptibles. Tout dépendra de VOUS!"

C'est encore Et toujours vrai aujourd'hui!

Cela fait 16 ans que je bourlingue dans ce pays. Partout! Évidemment, HLM 6 n'est pas Simal. Sandaga n'est pas Fimela! Un rappeur du plateau n'est pas un vieux sâge de Niodior!

Caunette-sur-Lauquet n'est pas La Courneuve; Chantal Goya pas Joey Starr! Un "gros con franchouillard" n'est pas "Soeur Marie-Agnès de la Virginité" non plus!

Un campement au bord du marigot à Salemata n'est pas le Lamantin Beach Resort & Spa de saly...

Il y a les gentils toubabs un peu naïfs, candides, "bon-coeur-bonne-âme", les "méchants-pervers-obsédés-pédés", les "aventuriers en Pullman", les retraités, les jeunes, les associatifs, les bénévoles, les touristes, les gogos, les bobos, les bosseurs, les familles,... En face, les gosses, les Mamans, les Mamas, les bosseurs, les antiquaires, les arnaqueurs, les gentils, les méchants, les vieux sages, les corrompus-corrupteurs,...

Alors, si un "énervé" rencontre un arnaqueur à Saly, ça se passera mal et il va le gueuler sur la place publique. Si une sage-femme de Maubeuge accouche une Maman à Kolda, les Diop ou les Sarr deviendront la famille de Madame Dupont ou Durant qui n'ira pas le crier sur tous les toits!

"Tout" dépendra de vous".

De qui vous êtes, où vous allez, de votre attitude, de votre apparence! Pas obligatoirement de votre portefeuille...

Vous avez investi dans ce pays, vous y bossez, alors, il faut continuer, assumer, gérer. J'en connais des heureux d'y être, d'y vivre, d'y bosser! On ne devient pas riche au Sénégal mais, si parfois quelques cheveux gris apparaissent, on y voit aussi des sourires d'y vivre mieux qu"ailleurs"...

Si vous ne voulez pas aller au Cap d'Agde parce-que c'est bondé, blindé de blé et de blaireaux...vous n'y allez pas; vous n'y allez plus! Idem pour le Sénégal!

Si vous aimez ce pays, cette relation particulière, riche et correcte que vous avez su initier avec certains Sénégalais, si un coucher de soleil sur la mangrove ou l'envol d'un pélican gris vous émeut, allez-y encore, et toujours!

Il existe 196 pays de par le monde. Aucun n'est parfait, idéal. Il y a plus d'un milliard de touristes par an qui voyagent, tous ne rentrent pas béats de leur destination...

Et, pour revenir aux "critiques" envers ce Sénégal qui change, je crois que c'est parce-qu'on l'aime, qu'on l'a aimé infiniment, qu'il est désormais impossible de rester indifférent à son sort, son évolution inéluctable.

Les hommes politiques ne sont pas pires que les autres, que les nôtres...les religions sont plus harmonieuses et paisibles que dans la plupart des pays que j'ai eu l'occasion de visiter. Nous commençons à avoir la conscience et les moyens de notre écologie; laissons le Sénégal s'éduquer au rythme qui n'est pas le nôtre, sur aucun point d'ailleurs.

Vous me trouvez consensuel, politiquement correct? J'en suis plus heureux ainsi et Bénabar et moi sommes des gens fréquentables...;-)

Visa pour la France...

Service des visas du Consulat de France à Dakar : Philippe Lignac, la ligne droite

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Diriger un service de visas, c’est s’attirer toutes les foudres. Sans dévier de son chemin. Malgré plus de 25 000 visas délivrés chaque année à Dakar, le Consulat de France fait souvent l’objet de critiques. Pourtant…

Au terme de trois années de mission, Nicolas Normand, ambassadeur de France à Dakar, a quitté le Sénégal. Le nouvel ambassadeur, haut représentant de la République française au Sénégal, Jean Félix-Paganon, 62 ans, est arrivé à Dakar depuis le 17 juillet 2013.

Mais dans l’essence de l’effervescence de la représentation diplomatique française au Sénégal, l’obtention des visas d’entrée au pays de Marianne, avec comme personnage central, M. Philippe Lignac, Consul Adjoint, Chef du service des visas, qui essuie les critiques infondées de personnes frustrées le rejet de leur dossier de demande de visa.

Pour l’essentiel, il s’agit de quelques cas de célébrités qui abusent de leur accès aux médias pour crier à l’injustice ou faire du lobbying, parce qu’ils n’ont pas forcément raison. La styliste Mame Fagueye Ba se plaignait alors qu’elle avait un visa de circulation de 2 ans. Il y a eu les cas Thione Seck, Cheikh Ndiguel Fall, Professeur Sankharé, Bousso Dramé…Dans plusieurs cas, l’activisme des «victimes » dans la presse n’a fait que masquer la réalité pour jeter le discrédit sur le service des visas.

Mais, à côté des arguties et autres contrevérités vite distillés dans la presse, il y a une autre version de l’histoire. D’autant que si les uns ne disposent pas de relevé bancaire, les autres doivent une fortune à hôpitaux français tandis que d’autres profitent de leurs prestations en Europe pour convoyer irrégulièrement des émigrés clandestins sous le couvert de visa d’artiste.

Sinon, il s’agit de dossiers incomplets, perçus comme un refus. «Les artistes, le plus souvent, font preuve de légèreté dans la présentation de leur dossier et trichent parfois avec le service des visas en adjoignant des personnes qui n’appartiennent pas forcément à un groupe même si le leader est bien connu. D’autres ne respectent pas la durée du séjour déterminés par le visa et passent outre la réglementation européenne, s’ils ne disparaissent une fois en Europe», renseigne le service consulaire.

Autant de raisons qui requièrent plus de vigilance et de rigueur des services consulaires français au Sénégal. Sans manquer d’ »humanisme », M. Lignac attache un prix au bon fonctionnement dans les normes requises du service qu’il dirige.

Entre le mordant et mortel dilemme de plaire à tout le monde et l’impérieuse nécessité d’appliquer strictement le règlement, le choix est vite fait pour Philippe Lignac. L’option de la rigueur et de la probité morale correspond le plus à ses responsabilités dont il a la pleine mesure. Quitte à ce que le jeu d’influence, le lobbying et l’activiste de personnalités ou célébrités jettent de l’ombre sur le soleil de son activité.

Le principal pour les services de l’ambassade de France, c’est que les quelques plaintes et complaintes ne sont qu’un îlot de frustration face à l’océan de satisfaction des milliers de demandeurs de visas. Chaque année, il y a plus de 25 000 visas délivrés par le consulat France à Dakar, informait Alain Jouret, Consul général de France au Sénégal. Un taux de satisfaction totale de 82%, selon les résultats d’une enquête réalisée par les services consulaires. 

Leral.net

25/08/2013

Lettre ouverte à Mr le Ministre du Tourisme et des Loisirs du Sénégal

Lettre ouverte à Mr le Ministre du Tourisme et des Loisirs du Sénégal

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Monsieur le Ministre,

Venir au en vacances au Sénégal aujourd'hui devrait n'être que du bonheur, mais il faut bien reconnaître que tout n'est pas si rose !

Tout commence au Consulat (quand il y en a un dans notre ville) pour obtenir ce fameux visa. Nous avons eu la malchance d'essuyer les plâtres, matériel pas encore installé, ou encore ne fonctionnant pas ! Site internet d'inscription snedai.com ne délivrant pas le bon "sésame"...

Bref, six visites au Consulat, dont une au début du Ramadan, accueillis par une odieuse femme qui nous a claqué la porte au nez à 9h59 et a obligé l'homme (vraiment sympathique au demeurant) qui s'occupait des visas à venir nous renseigner sur le trottoir. Un avant-goût de l'Afrique, nous a on dit ! Je ne parle pas des files d'attente ! Beaucoup d'entre nous étaient au bord de la crise de nerfs, et certains ont dit qu'avant même de partir, ils n'avaient plus du tout envie d'aller au Sénégal et que ces démarches gâchaient leurs vacances. Ce ne fut pas mon cas, car je suis patiente !

Pour en finir avec ces visas, je suis plutôt pour, mais il faut bien reconnaître qu'ils sont vraiment onéreux. Ne pourriez-vous pas, soit prolonger leur durée de validité, un an par exemple, ou bien baisser leur coût : 52.50 euros pour 3 mois, c'est quand même un peu trop cher, sachant que pour aller aux Etats Unis, par exemple, on paie 14 dollars pour deux ans ! Et pourquoi, puisque l'on paye pour une durée de 3 mois, ont-ils une durée inférieure et aléatoire sur nos passeports ? Restant 33 jours au Sénégal, mon fils et moi avons eu un visa de deux mois, mais mon mari, lui n'a eu un visa valable que 30 jours, il a donc passé 3 jours dans "l’illégalité" ! Mais par chance, à notre arrivée à Dakar, personne ne s'est rendu compte de l'erreur !

Nous voici enfin arrivés au pays de la "Teranga"... Le touriste "toubab" ne représente qu'un grand porte-monnaie, et pendant le Ramadan, j'avais la sensation d'être une tirelire "cochon" qu'on voulait seulement vider... ou un distributeur de billets. Exemple flagrant "toubab, donnes-moi de l'argent, c'est bientôt le korité et la fête coûte très cher!" Moi, je suis une touriste de base qui travaille dur pour pouvoir partir en vacances, et je supporte mal ces sollicitations permanentes, je ne suis pas venue au Sénégal pour être quotidiennement harcelée par des "Antiquaires"(terme entre nous soit dit vraiment mal utilisé).

Si vous voulez tirer le tourisme vers le haut dans votre pays, vous devez absolument essayer de mettre un terme à certaines pratiques. Sinon, vous finirez par recevoir un tourisme de masse qui ne voudra plus sortir des hôtels "all inclusive" pour éviter de côtoyer une population oppressante et presque agressive sur les stations balnéaires. Or, en ce qui nous concerne, nous voyageons beaucoup et nous ne sommes attirés que par les rencontres authentiques et nous voulons connaître la "vraie vie" du pays que nous visitons ! Difficile au Sénégal, car le touriste est pris en otage dans un système implacable : des chauffeurs de taxis qui travaillent avec des guides sur tous les sites de visites, on ne peut aller à son gré sans être pris en charge, on doit payer pour tout, et l'addition finit par être très salée (autant que le Lac Rose !)

On nous fait croire que c'était pire avant et que depuis que des intermédiaires responsables des sites sont chargés de structurer les visites, les choses vont mieux. Je vous donne pour exemple deux expériences vécues, nous voulions passer deux jours dans le Siné Saloum, le chauffeur nous a conduit à N'dangane où un homme chargé des visites nous a imposé un campement, une pirogue et une journée de pêche, et nous n'avons eu aucune possibilité de choisir, résultat des courses, deux jours = 500 euros, dur à digérer ! Par conséquent, nous avons limité grandement notre programme de visites, c'est fort dommage !

Nous avons voulu visiter Gorée, et là, même combat : chauffeur, chaloupe, guide, 9000 cfa obligatoires à payer à la descente du bateau, et comme nous l'a répété si fréquemment ce guide "vous comprenez, avec les 9000 cfa, j'ai payé le droit de visite, mais ma prestation n'est pas comprise", je vous laisse imaginer la suite ! Des amis sénégalais, (oui, j'ai un fils adoptif sénégalais et aussi quelques amis) qui vont souvent à Gorée pour la journée m'ont dit que l'île était un lieu public et que par conséquent, ils ne comprenaient pas pourquoi un toubab devait payer 9000 cfa et une chaloupe 4x plus cher. En France, par exemple, les prix sont affichés, traversée : tant pour les adultes et tant pour les enfants, mais pas de ségrégation, le Monde entier paie le même prix ! Et dans les lieux publics, on a le choix de prendre un guide ou pas, on peut visiter les villages touristiques en se promenant seul, à son gré, et on ne nous oblige pas à passer par un marché artisanal si on n'en a pas envie !

Tout ceci est fort déplorable mais demeurerait supportable si je n'avais pas découvert un système mafieux, un racket organisé auprès des commerçants par les guides et autres rabatteurs qui, le soir venu, alors qu'ils ont conduit des touristes dans des restaurants, ou emmené des clients dans un centre de pêche, viennent "relever les compteurs" en d'autres termes, viennent chercher leur commission. Ceci est une hérésie, comment voulez-vous que le système s'épure et que chacun gagne sa vie honnêtement, en pratiquant son métier. Le guide demande une commission, donc le restaurateur répercute ses tarifs, et le dindon de la farce est encore ce touriste que l'on exploite sans scrupule. Il ne faudra pas s'étonner que les chiffres du tourismes soient en baisse constante ! ce qui est fort dommage, car à côté de ces dérives mafieuses, j'ai découvert un pays d'une grande tolérance, je pense même que c'est un des seuls pays où l'on ne ressent aucune animosité, où les religions et les ethnies se côtoient si simplement et où l'humain est respecté, quelles que soient ses idées et ses croyances. Vous avez un tel potentiel, lorsque vous aurez réussi à enrayer ces dérives, vous pourrez devenir LE pays de la Tolérance, de la Teranga, un pays incontournable où les touristes se presseront à nouveau !

Dominique Damiano

ça sent mauvais pour Wade junior

Karim Wade déplumé de son parc automobile, d’un immeuble et d’un appartement à Paris

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La cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) a accéléré ce vendredi soir la cadence contre le fils de l’ex-président sénégalais, Karim Wade, en saisissant tout son parc automobile.

C’est la commission d’instruction de la CREI qui a déplumé l’ancien ministre du Ciel et de la Terre dans le défunt régime de son papa Abdoulaye Wade, de son parc roulant composé de véhicules de luxe dont une porche cayenne, 1 BMW S5 et des GMC.

La CREI a au par avant saisi les véhicules des groupes de presse CD Média et An Média, gérés par des amis proches de Karim. Tout ce matériel est saisi en attendant de boucler les enquêtes dans deux mois.

«Cette décision est une phase cruciale dans l’affaire Karim, accusé d’enrichissement illicite portant sur 694 milliards F CFA», révèle une source de la CREI, soulignant que les enquêtes menées jusque-là ont incriminé Wade-fils.

En dehors des véhicules, un immeuble situé à Dakar et un appartement payé à Paris, tous appartenant à Karim Wade sont aussi saisis.

Les choses s’empirent donc pour M. Wade dont le souffle est aussi est rattrapé par le dossier de l’agence nationale pour l’organisation de la conférence islamique (ANOCI) dont il a été le président du conseil de surveillance.

En dehors de sa fortune mal acquise supposée évaluée à 694 milliards F CFA, la cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) a décidé de se saisir du dossier de l’ANOCI qui avait englouti 432 milliards F CFA.

Ainsi, le souffle de Wade-fils, ex-ministre du Ciel et de la Terre, est suspendu sur ce dossier quand on sait la mal gestion qui a ponctué l’ANOCI et suscité beaucoup de commentaires et de déboires judiciaires.

Ce dossier est entouré de beaucoup de mystères sur lesquels le régime sortant n’a jamais voulu se prononcer. Rien que les 300 m du tunnel de Soumbédioune avaient coûté 300 milliards F CFA.

D’ailleurs, la convocation de Karim à l’Assemblée pour justification avait valu, en 20008, à l’actuel chef d’Etat, Macky Sall, son départ à la tête de l’institution parlementaire.

Comme pour disculper son fils, Me Abdoulaye Wade avait déclaré au lendemain de sa défaite à la présidentielle de 2012, que ce dernier n’est aucunement responsable des fautes de gestion et mis tout sur le dos du maire de Ziguinchor (Sud), Abdoulaye Baldé.

Ndiack FAYE

Saly - St Louis...même combat?

Coopération intercommunale: Saint-Louis et Saly signe une convention multisectorielle.

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Le maire de la commune de Saly a bouclé, samedi, une visite de trois jours « pour s’inspirer de la l’expérience de l’Agence de Développement Communale (ADC) de Saint-Louis". Au terme de ses échanges, les maires des deux villes ont signé une convention engageant les deux communes dans un partenariat multisectoriel d’une durée d’un an.

Coopération intercommunale: Saint-Louis et Saly signe une convention multisectorielle.

Séduit par l’apport considérable de l’ADC dans l’exécution du programme de développement local, Ousmane Gueye maire de Saly, a manifesté sa volonté d’implanter cet organe dans sa commune.

« Je ferais en sorte que mes services techniques municipaux puissent s’insérer du travail qui se fait à Saint-Louis », dit-il en soulignant la nécessité de créer un cadre de partage de compétences entre les acteurs de la pêche des deux villes.

L’édile de la Commune de Saly pense qu’au regard des importantes similitudes entre les deux mairies, un jumelage leur serait bénéfique.

« Je souhaite que nos deux villes soient jumelées », a déclaré M. Gueye.

« Nos deux cités villes présentent beaucoup de ressemblances géographiques et sont confrontées à des contraintes », a-t-il ajouté en expliquant l’élaboration d’une programme touriste sécurisé et la lutte contre l’érosion côtière sont deux difficultés auxquelles Saint-Louis et Saly font face.

En témoignant toute sa reconnaissance à son homologue, Cheikh Bamba Dièye s’est dit honoré par le souhait de son homologue d’établir une collaboration avec la municipalité saint-louisienne.

Le maire de Saint-Louis par ailleurs ministre de la communication a insisté sur l’importante sur l’efficacité de l’Agence de Développement missions en rendant hommage à ses prédécesseurs qui, « grâce à leur engagement et leur vision ont mis sur place et entretenu un outil de développement».

« Aucun d’entre eux, n’a voulu restreindre l'évolution normale de l’agence. Ils ont voulu en fonctions de leurs moyens, assurer la continuité de ses actions’’, a-t-il dit.

La convention signée, un comité pilote sera installé dans les prochains jours composé d’agents de l’ADC et de chefs de services municipaux de cette commune de la petite côte pour la matérialisation effective de ce partenariat intercommunal.

Ndarinfo

24/08/2013

Inondations au Sénégal

En immersion dans les zones inondées : «Même avec la brume, on est inondé ici»

senegal  

Il n’y en a que pour les inondations depuis que de fortes pluies se sont encore abattues sur la banlieue dakaroise, plongeant comme depuis 2005 des milliers de familles dans le désarroi. Mais, il faut vivre cette réalité sur le terrain pour en avoir le cœur le net. Seneweb a fait le chemin, se permettant même un prolongement sur le site de Tivaouane Peulh prévu pour accueillir beaucoup de ces sinistrés. Reportage du désarroi à l’espoir.

Ce mercredi matin, le convoi composé d’autorités politiques, de populations sinistrées et de journalistes n’a mis que très peu de temps pour faire face, pardon, se rappeler à la réalité que constitue l’impraticabilité de plusieurs ruelles sur la route de Boune, dans la banlieue de Yeumbeul, à cause des eaux. « Par ici, on sera obligé de faire un grand détour », « à partir de là on ne peut pas aller loin », « vous auriez du penser à des bottes », sont, entre autres, les arguments avec lesquels les chefs de quartiers de cette zone indiquent ce qui se passe.

Afia 5, Afia 2A, Djeddah Boune, une saison dans les eaux

Une fois le contournement réussi, on se rend cependant compte que la situation est bien plus saisissante. Exemple chez la famille Niane d’Afia 5 dont la cour du domicile est occupée à plus de 80 % par les eaux qui continuent à sortir de terre comme on peut le constater avec des bulles un peu partout. L’état des murs atteste des dégâts de l’eau dans cette maison où on accède grâce à une rangée de briques. Si le lac formé depuis les premières fortes pluies en 2005 donne suffisamment une idée des efforts à faire pour régler le problème, le quotidien des Niane lui, on l’imagine, est compliqué. Un liquide verdâtre suinte de la fosse sceptique pour se mélanger à l’eau stagnante mais, la famille encaisse après avoir « vécu pendant trois ans comme locataire, démontant même les ardoises du bâtiment pour le vendre avant d’être obligés de revenir faute de moyens », explique la maîtresse de maison. Pour elle et sa famille, même pour disposer d’eau potable, il faut compter sur le concours des voisins.

« Même avec la brume, on est inondé ici »

Passée la voie principale, on passe à Afia 2A au quartier Waly Faye précisément. Pour un même décor, voire pire. « Ici, même avec la brume, on est inondé », crie une dame. Alors qu’à quelques encablures, le décor est fait, sans surprise, d’eaux stagnantes, des populations aux maisons presque submergées, une belle bâtisse en R+1 abandonnée. En tout, cette situation « touche environ 300 personnes » selon le chef de quartier. Le problème ici est lié fondamentalement à la géographie qui place la localité en dessous du chemin de fer et en fait un déversoir des eaux. Les moustiques, chassés par des enfants à certains endroits, renseignent aussi sur les difficultés à dormir ici le soir. Le concert des crapauds itou. « Derrière ma maison, le soir plus possibilité d’être en quiétude », témoigne le vieux Ndiaye.

Boutons sur le corps des enfants, paludisme deviennent usuels

Pour la vieille Coumba Kane de Djeddah Boune, il n’y a plus de solution que « d’attendre Dieu ». Depuis quatre ans qu’une bonne partie de sa maison prend de l’eau, boutons sur le corps de ses petits fils, paludisme, entre autres maux, sont devenus usuels. Tout y est également problème : cuisiner dans la quiétude, dormir, etc. Très peu de chance en plus dehors avec de grosses herbes qui appellent plus à la prudence voire la peur qu’une envie de prendre l’air, la nuit tombée.

Tivaouane Peulh, terre promise d’espoir

Pour toutes ces populations, le seul véritable espoir est aujourd’hui en la délocalisation, vers le site de Tivaouane Peulh ou Niague où respectivement l’Etat construit 1200 et 800 maisons. Bien évidemment, il n’y aura que très peu d’élus dans cette foultitude de besogneux. Selon les chiffres fournis par Cheikh Tidiane Gadio, le président du Conseil de surveillance de l’Agence de Développement Local, par ailleurs coordonnateur de l’APR à Yeumbeul Sud, « 108 familles seront dans un premier temps concernées par ce relogement ». Des responsables de certaines d’elles ont attesté, souvent en exhibant le papier, avoir reçu notification du choix porté sur eux. Sans que l’on ne sache cependant les critères ayant permis de faire le tri. L’assurance donnée par M. Gadio est que « ce ne sera pas un plan lidjanti », en référence à ce qui se serait passé durant le Plan Jaxaay de Wade, avec l’attribution supposée de villas à des non ayant droits.

Les villas, comme des belles se parent pour le grand jour

Après la visite du président Macky Sall lors de son passage dans la banlieue, les 18 entreprises sélectionnées (Socabeg, Nouvelle Destination…) pour la réalisation des villas sont d’arrache-pied. A perte de vue, on peut remarquer le branle-bas des machines et des ouvriers où, une fois plus près, se rendre compte de l’état d’avancement des travaux. Ici c’est une fondation qui prend forme, là une dalle séchant ou encore de la peinture qui se répand. « Nous sommes très en avance », révèle un des responsables de la peinture sur un des sites où, une des maisons visitées (F2 complet, avec espace d’extension) fait quasiment envier les familles bénéficiaires. Plus loin, les F2, avec leurs belles une dalles, renforcent ce sentiment.

Elles passeront simplement du tout au… tout. Et dire que certaines ciblées ont décliné !

Avec la subvention, 3,5 millions à supporter par les familles

Cerise sur le gâteau, en subventionnant ces maisons le gouvernement fera porter une partie modique du coût total de ces villas. Les familles n’auront à supporter que 3,5 millions de Cfa « à payer sur dix ans », croit savoir un des responsables du ministère en charge des Zones inondables, présent sur le site de Tivaouane Peulh. Ce qui ferait un montant mensuel autour de 30.000 Cfa. Beaucoup de non sinistrés ont le temps d’une visite rêvée à ces maisons, situées à quelques jets de pierre de l’autoroute à péage. Pour les ayant droits, la préoccupation, elle, portait sur la date de mise à disposition. Pour une sortie du désarroi. Sentiment que peuvent aussi se permettre les populations encore dans les zones inondées ou susceptibles de l’être dans la grande banlieue dakaroise, du fait des nombreux ouvrages actuellement en construction. Il faudra simplement s’armer de patience.

Seneweb - http://www.seneweb.com/news/Reportage/en-immersion-dans-les-zones-inondees-laquo-meme-avec-la-brume-on-est-inonde-ici-raquo_n_103874.html

Dindéfélo

Aux sources de la chute mythique de Dindéfélo

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Ce n’est pas une légende. Dindéfélo (en langue peul, au pied de la montagne), sa colline et sa cascade sont d’une beauté sans commune mesure. De la source, sur le mont Dandé, à 318 m d’altitude, le randonneur redescend à travers des sentiers glissants et crevassés par les ruissellements d’eau, pour admirer les chutes. Une matinée de galère, de souffrance et de plaisir sur ces hauteurs indociles à la flore et au relief paradisiaque.

Les pluies de la veille avaient permis d’adoucir considérablement la température et, par la même occasion, elles ont rendu quasi impraticable la route qui mène au bourg de Dindéfélo. A plus d’une trentaine de kilomètres, le village apparaît à l’horizon après une balade où tout est nature, beauté, un plaisir pour la vue. Le regard ne se détache pas de ces gracieux et touffus paysages. Les narines, elles, profitent au maximum de la pureté de l’air frais et matinal. On demeure baba d’admiration devant tant d’éclats.

Deux heures de route durant lesquelles le chauffeur donne des coups de volants énergiques pour échapper à ces flaques d’eau intrépides. De rebondissements en rebondissements, au finish, Dindéfélo bâille, se levant nonchalamment de sa couche. Elle est là, localité verte et humide avec l’hivernage. Des touristes qui s’étaient peut-être levés aux aurores font le chemin inverse. Ils se sont certainement bien délectés ; eux, ces éternels chasseurs d’émotions distribuant des bonjours en langue peule à-tout-va. Vue d’en bas, il ne fait pas trop peur le mont qui mène à Dandé, village où se trouve la source de la cascade. Mais au finish, on aura sué, haleté, glandé en escaladant, dévalant des pentes, pour de petits citadins avides de sensations fortes.

Somme toute, c’est un pur plaisir de vadrouiller dans cette riche zone. Ici, les merveilles y font florès. Elles vont de la Malle de Pélél à l’empreinte du chasseur de Tépérédiantoung en passant par la cascade de Ségou, celle d’Afia, les grottes de Dandé, le fleuve Gambie avec sa particularité, des mangroves où l’on peut voir les hippopotames et les chimpanzés. En effet, Dindéfélo et ses environs sont enivrants avec, surtout, la chute qui représente un attrait pour les touristes. Ces derniers, en majorité espagnols, viennent à des périodes indéterminées, avec des pics de présence en août, avril et décembre.

Escapades douloureuses, mais instructives

L’envie nous prenait d’un tour dans ces lointains patelins. Dans la chaleur de nos chambres d’étudiants, des camarades de promotion originaires de Tambacounda avaient tant fait l’apologie de la magie des lieux. Il fallait s’y rendre, c’était décidé depuis. Et l’occasion était belle. Ainsi, des images, il y en avait plein les yeux, mais la rançon n’était pas également des moindres. Il fallait se coltiner plus de 300 mètres, précisément 318 m de montée dans une topographie au début très accessible, qui devenait au fur et à mesure de l’ascension difficile et très accidentée. Quelques minutes de progression et en bas, les concessions de Ségou s’effacent, enveloppées par un épais brouillard. L’air se fait rare. Seule consolation, les averses qui s’abattent ici avaient fini de transformer les lieux en un abondant bois où l’on pouvait passer des heures à se pavaner, à admirer le décor, à s’oxygéner loin de la frénésie des agglomérations.

Le relief composé pour l’essentiel de roches appelées dolérites est, au début de la virée, facile à gravir. Puis, pour avancer, il faut s’agripper. Le groupe, par intermittence sous les appels d’un reporter, observe une halte. Juste le temps d’ haleter, de suer à grosses gouttes puis c’est reparti. Auparavant, il fallait refaire les lacets et attaquer cette colline rebelle qui ne veut pas se faire dompter. Parfois, même le cri des oiseux, capables d’adoucir les tempéraments, semblent sonnés faux. La fatigue extrême fait disparaître tout plaisir, tout discernement. Une demi-heure à parcourir des formes si escarpées, cela laisse forcément des traces. Heureusement que le ciel était couvert et la chaleur n’était pas au rendez-vous, au début du voyage.

Plus de 300 m pour aller à l’école, faire le marché…

Au moment où l’on pleurnichait sur notre sort, des femmes chargées comme des mules dévalaient la montagne pour se rendre au marché hebdomadaire de Dindéfélo, qui à lieu tous les dimanches. Avec ténacité, dextérité et courage, elles continuent leur chemin et transpirent avec beaucoup de dignité. Cette rencontre commerciale réunie aussi des populations venues des villages de la Guinée Conakry à quelques encablures de là et des autres villages sur les sommets des collines comme sur les flancs. Ce même parcours du combattant, les élèves de Dandé ainsi que ceux qui se ravitaillent, tous l’endurent. En les regardant arpenter le flanc de cette élévation naturelle vallonnée, on ne manque pas de tiquer, oubliant parfois qu’ils ont l’habitude de cette vie si compliquée et passionnante à la fois.

Quelquefois, avec la lassitude, rien que d’admirer ce relief redonne un peu de courage. Vu d’en haut, les villages sont si minuscules et le brouillard du matin commence à se dissiper. La respiration commence à être de plus en plus difficile, heureusement que le plateau, sur le faîte de la colline, n’est pas encore loin.

LE VILLAGE DE DANDE, SON HISTOIRE, SES GROTTES…

Les sculptures difficiles à escalader commencent à disparaître pour laisser place à une aire géographique d'altitude plus ou moins élevée. Les arbres qui jadis formaient une haie touffue et obstruaient du coup le déplacement, disparaissent. Les bambous et les lianes courbent l’échine au profit d’une végétation formée d’herbes de hauteurs moyennes, de baobabs, etc. A 5 mètres, toute vue est quasi impossible. Le brouillard a habillé de son manteau vaporeux le sommet de cette élévation de Dindéfélo. Pour ne rien arranger, de très fines gouttelettes arrosent le village de Dandé.

Ici, les cultures se portent bien. Elles sont en avance comparées aux autres parties de la région ; l’altitude explique cet état de fait. Le maïs a commencé à sortir des épis, créant du coup une belle symbiose, pour le plaisir.

Dandé a été fondé en 1945 par les frères Manga Koulaladio Diallo et Manga Véro Binté qui venaient de Douari en République de Guinée Conakry. Ces autochtones fuyaient le joug colonial qui leur enlevait leurs bêtes. Plus tard, par vagues successives, d’autres arrivèrent en provenance du même pays.

Dandé est féerique. D’autant que dans cette entité peule située sur un haut plateau, au-delà d’admirer ces étendues de forêt faites de lianes et de composantes ligneuses, le convive peut visiter les grottes historiques. Des lieux jadis habités par les Bedicks et les Bassaris, des animistes qui vivaient dans ces cavernes afin d’échapper à l’islamisation de Karamokho Alpha Yaya. Devant ces antres, un grand tamis est à l’entrée. Elle servait à trier les fragments de la grotte que les anciens utilisaient comme poudre à canon. Ça sent le souffre bien évidement. 

UN PARVIS PLAT ET ROCHEUX

Cela fait plus d’une demi-heure que Salif Diallo le guide, élève en classe de 5ème au Cours moyen, nous promène dans les entrailles de la réserve de Dandé. Il n’est point fatigué, lui qui nous a accueillis et fait le même trajet au petit matin avec des européens. Avec aisance et compréhension (il improvise des escales pour nous permettre de retrouver le souffle), Salif fait découvrir son quotidien ainsi que les merveilles de sa localité. La vue sur cette savane africaine, reverdie par la pluviométrie, est magnifique. Même si le parcours est très rustique. La beauté et l’allure altière des lieux interpellent plus d’un. Dandé étonne avec cette vue imprenable qu’il offre sur le village de potiers, qui fabriquent des canaris et des pots artisanaux, en contrebas de la colline. Cette localité, à 5 kilomètres de la frontière, est le point de départ parfait pour découvrir la beauté de la Guinée, avec les contreforts du Fouta-Djalon.

Peuplé d’à peu près 300 âmes éparpillées en plusieurs groupes de cases, avec un rôle spécifique pour chaque famille, le hameau de Salif Diallo connaissait quelques soucis pour s’hydrater. En effet, un seul forage alimentait les villages d’Afia, Bouleye et Dandé. A la recherche du liquide précieux, les femmes se tapaient presque le kilomètre dans un relief ardu par moment, pour se rendre à un point d’eau. Avec insistance, Salif y mènera la troupe afin de constater ce qu’ils vivent. Au finish, on se dit une seule chose, ils sont braves ces gens. Dans la débrouille quotidienne, ils existent avec cette nature qui leur offre plein de choses, tout en ne leur facilitant pas tout.

Des minutes de marche et voilà la source de cette cascade qui fait la fierté de tout le Sénégal Oriental. Sur un parvis plat et rocheux, l’eau sort et s’écoule calmement avant de s’abattre avec grâce et nonchalance dans le vide. Le bruit qui titille l’ouïe est chantonnant. Nous voici au-dessus des chutes de Dindéfélo. Aux abords, la végétation est très drue. Elle laisse parfois passer des filets de lumière sur ces roches étages. Des entrailles de ce relief atypique s’échappent de manière continue des jets d’eau. Cap peut donc être mis vers les chutes après la périlleuse et difficile montée.

LA MAGIE DE LA CASCADE

La descente est, à un degré moindre, éprouvante comme la montée. Le soleil qui jusque-là a épargné l’hôte entreprend de darder des rayons assassins. On est imbibé de sueur sur le chemin de la cascade. Vu de haut, cette assise que vous avez sur la nature vous donne un sentiment de puissance. Les villages de Thiangué, Madina Boussoura, Ségou, Dindéfélo deviennent si minuscules. Cette fois, on a de la compagnie. Des femmes descendent la colline pour le marché hebdomadaire, avec leurs matières premières à écouler. L’attention est captée par cette chèvre et son propriétaire. Il est midi passé. Tout à côté, Adama est venu de la Guinée. Depuis 5 heures du matin, il arpente les collines et tire avec ardeur sa chèvre, aidé en cela par son jeune frère.

Le jeune homme espère vendre le caprin, qui s’apprête à mettre bas. Un objectif pour le prix à en tirer est de 22.500 FCfa au minimum. Dans cette galère qui semble sans fin, de temps en temps, on rencontre des groupes d’hommes et de femmes qui font le chemin inverse. Stoïques, ils ne se parlent pas de peur de dépenser leur énergie tant nécessaire pour la montée. Le bonjour est frugal, le réservoir d’effort ne doit pas être entamé. Ces gens ont du courage.

Le relief commence à changer, la fin de cette descente musclée n’est pas loin. Somme toute, le bout du tunnel est là avec cette zone ombrageuse qui fait beaucoup de bien. Les chutes ne sont pas loin. Le bruit de l’eau qui s’écoule devient de plus en plus audible. La température change. Néanmoins, le relief demeure par moment difficile. Des centaines de mètres plus loin, le bruit de l’eau qui s’écoule se fait encore plus pressant. Les chutes ne sont pas encore à portée de la vue.

CHUTES A 120 M DE HAUTEUR

Ce qui fait le charme de Dindéfélo, c’est qu’il faut de l’effort pour espérer voir la chute. Seuls les amoureux de cette cascade, carte d’identité de la localité, s’aventurent dans cet endroit. La mini-forêt de lianes semi-touffue ne se laisse pas facilement dompter. Avec détermination, on finit par atteindre la chute, après 3 heures de marche au finish. Du haut de ses 120 mètres, elle laisse échapper son liquide immaculé. Ces lieux sont emprunts d’un certain mysticisme et les circoncis y étaient regroupés durant les initiations. Semi-fermé, difficile d’accès avec un micro climat à la limite qui vous rend frileux, la cascade était un endroit où « les lundis et jeudis, il nous était interdit de s’y rendre », soutient Carim Camara, directeur du comité de gestion de la réserve naturelle communautaire de Dindéfélo.

L’humidité est ambiante et la magie des parages force le respect. Une végétation rampante s’est incrustée dans les failles laissées par ces roches. Le tableau qui s’offre est gracieux, accompagné en cela par les lacets d’eaux qui parcourent toutes ces fissures. Vers 13 heures, le soleil est au zénith. Il projette ses piques et réchauffe du coup cet endroit fermé, pour un laps de temps. La touriste italienne qui pataugeait dans ce bassin d’eau très frais s’extasie devant ce brin de chaleur dû au parcours. Et dire qu’il y a quelques années, l’eau était beaucoup plus froide, le réchauffement climatique est bien passé par ici. Bref, venir ici sans toucher ce liquide frise le sacrilège. C’est pourquoi les pieds dans l’eau, la tête dans les nuages, on rêvasse. On est loin et haut, très loin même.

Pour l’histoire, renseigne Carim Camara, la cascade fut découverte entre 1921 et 1923 par un chasseur du nom de Manga Dian Pathé Traoré qui chassait le gibier. Ce dernier est fondateur du village et depuis, les populations essayent de tirer le maximum de cet endroit. Plus tard, il fallait mettre en évidence cette merveille. Ainsi, en 1989, souligne M. Camara, les premières tentatives pour revaloriser la cascade sont initiées. Sur une proposition de Moustapha Diallo (Christopher Hedrick à l’étal civil), actuel patron du Corps de la Paix, les gens ont commencé à s’organiser.

Le fruit est là, un bel espace, dépourvu de déchet, et des éco-gardes très regardants sur ce qui se fait dans cet endroit pittoresque.

CARIM CAMARA, DIRECTEUR DU COMITE DE GESTION DE LA RESERVE NATURELLE DE DINDEFELO : « Nous avons contacté le ministère en vain pour la protection des ressources »

Dindéfélo, un village de plus de 1.400 habitants logé au flanc d’une colline, est unique. Outre la cascade, la localité a sa réserve naturelle communautaire composée de chimpanzés, de panthères, d’oiseaux, d’espèces mammifères, de singes... Une initiative pour valoriser les ressources naturelles a été entreprise. Le président du comité de gestion de cette réserve, Carim Camara, évoque les problèmes de management du site.

Qu’est-ce qui compose la réserve naturelle communautaire de Dindéfélo ?

« Il s’agit, en effet, d’un espace de 13.300 ha qui se situe sur l’escarpement de la montagne, autrement dit, c’est plus de la moitié de la superficie de la communauté rurale. Des animaux y vivent, comme les Pan Troglodytes Verus (chimpanzé d'Afrique occidentale) une bonne cinquantaine, les babouins, les caméléons…, et la flore est assez bien fournie. Mise en place en 2010, la réserve communautaire doit son existence grâce à l’appui de l'Institut JaneGoodall Espagne, qui œuvre pour la protection des chimpanzés, ainsi que du projet Wula Nafaa de l’Usaid. Dans son organisation, la réserve est composée d’un centre d’accueil en construction et 13 éco-gardes qui travaillent 5 jours sur 7 à raison de 6 heures par jour. Leur tâche consiste à surveiller, orienter, veiller sur la nature, voir comment se comporte la faune et la flore, tout en faisant un inventaire des espèces d’oiseaux, des singes et autres animaux. En ce qui concerne la tarification pour les visites, 3000 FCfa est demandé pour une visite globale de la réserve, 1000 FCfa pour une virée simple pour touriste, 500 FCfa pour les Sénégalais et 100 FCfa pour les élèves.

Faire payer les populations n’a pas été de tout repos…

« C’est certain. Au début, les populations ne comprenaient pas le concept de réserve communautaire et pensaient que le village serait délocalisé et l’espace transformé en zoo. Il faut reconnaître que cette idée a été soulevée par l’Etat il y a quelques années. Il a fallu communiquer encore et toujours pour faire adopter le concept de réserve naturelle communautaire. Pour la rémunération des éco-gardes, avec l’appui du Fonds mondial pour l’environnement, 10 parmi les 13 sont pris en charge grâce à cette coopération et les 3 éco-gardes restants sont rétribués par le comité de gestion de la réserve qui appui beaucoup la localité. Actuellement, avec l’Agence nationale des éco-villages (Anev), nous essayons de trouver un partenariat afin d’appuyer les femmes en microcrédit ».

Quels sont les défis auxquels vous faites face ?

« Les feux de brousse détruisent l’écosystème, anéantissent beaucoup d’espèces, diminuent le champ d’action des chimpanzés et changent également leur habitude. Avec les populations, au-delà de mettre l’accent sur la construction de pare-feux, nous avions demandé une trêve dans l’exploitation du Saba senegalensis (le mad), la principale alimentation des chimpanzés. On avait décidé, pour accompagner ce processus, de rembourser les populations. Ainsi, près de 1000 euros (650 000 FCfa) ont été récoltés par des partenaires et distribués à la population exploitant ce produit forestier. Grâce au microcrédit, avec l’appui des partenaires, nous les aidons dans la transformation du karité et du « mad ».

Actuellement, il est question de travailler sur un package d’un coût de 50 euros (33000 FCfa) pour permettre aux touristes de voir la cinquantaine de chimpanzés qui peuple les lieux, avec l’appui des éco-gardes. D’un autre côté, des concertations sont menées avec des partenaires guinéens du côté de Maali afin de créer une réserve naturelle transfrontalière près de la localité de Nandoumari, une zone tampon. Pour davantage faire dans le social, nous avons demandé la reconnaissance et l’appui du Fonds de l’environnement pour aider la localité. Le ministère a été approché, en vain, pour aider à protéger ces ressources. On attend toujours une réaction positive. »

Le Soleil - http://www.seneweb.com/news/Reportage/aux-sources-de-la-chute-mythique-de-dindefelo_n_103775.html

Fongolimbi

Fongolimbi, voyage au « bout du monde »

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Dans l’imaginaire populaire, Fongolimbi renvoie à une cité lointaine inaccessible. Dans le souci de percer ce mythe, nos reporters sont allés à « Fongo », comme on dit là-bas. Une ville difficile d’accès, à un kilomètre de la frontière avec la Guinée Conakry. Mais, une zone au climat très doux, riche en produits forestiers, avec des populations accueillantes.

Fongolimbi. Au bout d’une montagne difficile à neuf virages, le village apparait, situé juste à 28 kilomètres de la commune de Kédougou. Vers les années 1970, les habitants de cette bourgade passaient près de deux jours de route pour rallier la ville, tel l’accès était quasi impossible et décourageant. Mais aujourd’hui, Fongolimbi, zone située à environ 1km de la frontière guinéenne, reste, en partie, victime de son histoire. Celle d’une localité jugée éloignée, jusqu’au « fin fond » du Sénégal oriental. Mais, de nos jours, le chemin est légèrement praticable. Même si des problèmes subsistent encore dans ce village fondé par un djallonké du nom de Sagnégné Niakhasso vers 1885. Une localité dont la force économique réside dans l’agriculture, les produits alimentaires et forestiers.

Ce bac ou ferry qui mène à « Fongo » vous rend timoré. Il semble si frugal pour supporter deux pick up. De surcroit, pour passer de l’autre côté, il faut participer à la corvée et tirer sur la corde. Deux minutes de douce galère et nous voilà sur cette piste. Direction Fongolimbi. C’est également le moment d’affluence des personnes désireuses de rallier la commune ou les villages situés derrière le fleuve. Après une heure de route qui sépare la commune de Kédougou de Fongolimbi, notre voiture arrive à bon port. Si dans le passé, voire de nos jours, dans les discours ou exemples, Fongolimbi est évoqué pour marquer l’éloignement ou l’enclavement, aujourd’hui, c’est surtout à cause du fleuve et un peu de la montagne qui se détériore et occasionne fréquemment des accidents mortels.

« L’accès est encore difficile, pénible, même si la route a été amadouée. Avant, la montagne nous causait énormément de problèmes », confie Saciré Camara, conseiller rural. Il se rappelle, tout comme le « vieux » Abdou Salam Diallo, des années 70 où les habitants de la localité étaient obligés de passer quasiment deux jours sur la route avant d’atteindre la commune. Toutefois, la montagne qui était un véritable casse-tête pour les populations de la localité, est devenue aujourd’hui plus accessible, notamment depuis 2 ans, grâce aux travaux de remblayage effectués sur place. N’empêche qu’elle reste encore difficile à escalader. Actuellement, le souci principal des populations reste « le pont pour la traversée du fleuve Gambie. Et depuis très longtemps, nous avons demandé un appui allant dans ce sens », soutient Sagnégné Niakhasso, le chef de village de Fongolimbi. Les habitants de cette localité restent, en outre, inquiets de la vétusté du bac qui assure la traversée du fleuve annuellement. Et ils gardent en mémoire « l’accident atroce qui a fait plus d’une vingtaine de victimes en 2003 avec deux camions guinéens en provenance de la Guinée Conakry qui avaient chaviré suite aux câbles du bac qui avaient lâché. Les câbles du bac, vous avez dû le constater, sont dégradés et les conditions de traversée à pirogue sont très difficiles et risquées en saison hivernale », précise Bacary Tigana, l’assistant communautaire. Si le bac n’assure la liaison que jusqu’à 19 heures chaque jour, en plein hivernage, la communauté rurale de Fongolimbi reste par moments coupée de la commune avec l’arrêt de sa circulation au moment des crues du fleuve alors que les chalands qui garantissent la traversée en cette période restent eux aussi bloqués deux à trois jours durant. Mais les difficultés de cette localité ne se limitent pas là.

L’EAU, UNE DENREE RARE DANS LA LOCALITE

Cette contrée du sud-est du Sénégal souffre d’un problème crucial lié à l’accès à l’eau. « Nous n’avons pas de puits, ni de forages. Nous avons un seul château d’eau qui a un débit très bas et qui est relié seulement à trois robinets. De nombreux quartiers n’ont pas accès à ce château d’eau, faute d’extension, et de nombreuses personnes ont déménagé à cause du problème hydrique. Beaucoup de forages construits à coût de millions sont aussi tombés en panne à cause des matériaux défectueux », avance l’assistant communautaire. Ici, le problème réside au niveau de la nappe phréatique avec des poches d’eau temporaires et qui tarissent vite sous le poids de la demande. Autre problème, le manque d’espace pour la pratique de l’agriculture, compte tenu de la présence des roches dans la localité, alors que la terre est pour la plupart non arable, sans parler de la présence massive d’élévations et de montagnes. Un relief très accidenté « qui constitue une entrave à l’investissement des bailleurs dans la zone. La construction de l’hôtel communautaire a été stoppé du fait d’un manque de sable alors que les chauffeurs sont même réticents pour effectuer des voyages ici à cause de la montagne », ajoute Bacary Tigana.

Ce frein au développement du transport dans la zone entraîne la détérioration de fruits, tels que les mangues dont les plantations sont très abondantes dans la zone. Une zone au climat très doux et très riche aussi en produits forestiers (pain de singe, tamarin, mad…). Fongolimbi ne peut compter que sur son « louma » (marché hebdomadaire) qui se déroule tous les jeudis pour espérer évacuer tant soit peu certains de ses produits alimentaires et forestiers. Ce qui occasionne souvent des accidents sur la route du fait des surcharges, compte tenu du manque de moyens de transport et de la volonté de chacun de transporter le maximum de paquetages. Tout au plus, Fongo, comme on aime à le dire souvent dans les coins, vit d’autres problèmes d’ordre éducatif, sanitaire et énergétique.

EDUCATION, ELECTRIFICATION, SANTE…

Dans la communauté rurale de Fongolimbi, dont la population, composée de peulh et djallonké, est estimée à 5726 habitants au dernier recensement de 2010, le taux d’achèvement de scolarité des filles reste très faible au collège érigé en 2004. « Beaucoup de filles vont à l’école, mais peu achèvent leurs études, contrairement aux garçons. C’est à cause des mariages précoces ou forcés, et du fait de la distance qu’elles parcourent, par exemple, pour venir au collège », argue Bacary. Elles quittent leurs villages respectifs de Sodioré, Toumanya, Koboye, Marougou… et font jusqu’à une dizaine de kilomètres pour venir apprendre à « Fongo » centre, faute de tuteur, ni de centres d’accueil sur place. A ce jour, on dénombre une douzaine d’écoles élémentaires dans la communauté rurale et un collège à Fongolimbi qui ne dispose pas encore de courant continue, soit 8 heures par jour. Sans parler de l’absence de l’éclairage public. L’autre préoccupation des populations de cette localité, c’est l’absence d’ambulance pour les cas d’urgence et d’une maternité au seul poste de santé. Mais les populations peuvent compter sur « le dynamisme et l’engagement social de l’actuel sous-préfet » qui les accompagne dans cet élan, comme l’ont témoigné la plupart des habitants. La localité, devenue arrondissement du département de Kédougou, a connu, à cet effet, depuis 1982, dix (10) sous-préfets. Le premier chef d’arrondissement, parmi les sept (7) qui ont siégé sur place, remonte à 1960. L’ouverture de la route Kédougou-Fongolimbi a été procédée en 1945, cinq (5) ans après la création de la première école.

Un potentiel économique encore inexploité

Le « louma » de Fongolimbi note, chaque jeudi, la présence d’un nombre impressionnant de personnes des pays voisins de la Guinée Conakry, du Mali et du Sénégal. Si en saison des pluies il est moins fréquenté à cause du problème d’accès à la zone, il reste tout de même le lieu de commercialisation des produits forestiers, maraîchers, agricoles et cela, toutes les semaines. Surtout en saison sèche. Dans cette localité fondée par les Djallounkés qui cohabitent avec les Peulhs qui s’y sont installés depuis 1933, les femmes concentrent la culture du fonio, de l’arachide et du maïs. Les hommes étant occupés par la culture du mil. Elles exploitent aussi les produits forestiers, tels que le madd et le pain de singe, qu’elles transportent à Kédougou à pieds pour la vente, faute de moyens de locomotions. La localité regorge, en outre, d’importants sites touristiques, à l’image des cascades de Lombel, de Wassaya, de Toumanya, de Kounsy ou des roches à la forme humaine à Marougou… Des sites qui ne créent pas encore l’attraction des touristiques du fait du problème d’accès de la localité. Les jeunes de cette contrée, confrontés à un véritable problème de chômage et de qualification, réclament des financements pour la transformation ou la commercialisation des produits forestiers.

A Fongolimbi, connu des présidents Senghor et Diouf qui ont eu à y faire des déplacements, les populations mènent une cohabitation harmonieuse avec leurs voisins de la Guinée. Elles demandent aux autorités de réaliser des châteaux d’eau, des forages, de grands puits, et de procéder à des additions d’eau par une bonne prospection pour trouver des nappes appropriées afin de mettre fin à leur calvaire quotidien lié au manque d’eau. Les populations, soucieuses aussi de l’avenir de leurs enfants, appellent à la création d’un lycée sur place pour promouvoir surtout le taux d’achèvement des filles « qui ont du mal à trouver des tuteurs » à la ville pour le cycle secondaire.

JANELLE KIBLER dite « MARIAMA NDIAYE », VOLONTAIRE DU CORPS DE LA PAIX : Une Américaine dans l’univers de Fongo

On a eu du mol de tomber sur une réunion des chefs de village à Fongolimbi, mais également de croiser Mariama Ndiaye, une volontaire du Corps de la Paix américain. Cette spécialiste en santé conseille les populations de la zone enclavée sur les actes basiques à adopter pour se prémunir des maladies diarrhéiques, du paludisme...

Plein d’allant (elle est venue en vélo) et de ressources, Mariama Ndiaye converse avec toutes les personnes qui lui tombent sous la main. Un conseiller, une assistante, un autre commis de la sous-préfecture, tout y passe. L’essentiel pour elle, c’est de mettre à l’aise son interlocuteur. Et il faut le reconnaître, Mariama le fait admirablement bien. Deux mois de cours et elle parle si bien peulh. Une véritable prouesse pour Mariama Ndiaye qui s’est perfectionnée à Thiès avant de rejoindre Fongolimbi afin de conseiller les populations sur tout ce qui touche à la prévention de certaines maladies. Avant, elle n’avait jamais entendu parler de cette localité, synonyme d’éloignement pour bon nombre de Sénégalais.

Néanmoins, pour parler avec Mariama Ndiaye, il a fallu recourir aux compétences de la secrétaire du sous-préfet. Cette interface, très taquine du reste, est parvenue à faire parler cette originaire de la Caroline du Sud. Yeux bleu azure, posture élancée, le geste large, elle vous met rapidement à l’aise. Dans un Peul teinté parfois d’anglais, elle évoque avec quelques gestes sa vie et surtout l’accueil dont il bénéficié dans ce lointain patelin de Fongolimbi. « Les gens son adorables et m’ont mise à l’aise. Et le plus important, au niveau du centre santé, des mécanismes sont mis en œuvre pour guider les populations et les résultats sont plutôt satisfaisants », confie Mariama Ndiaye.

La volontaire, qui étudie la biologie au Medical College of charlton university (Musa), en Caroline du Sud, a encore deux ans à passer dans cette localité dont elle juge « l’accès très difficile et qui manque d’atouts pour se développer ». Malgré tout, elle est tombée amoureuse de « Fongo », du riz au poisson ou « Thiébou Dieune ». Et encore plus « de cette ambiance conviviale avec des gens d’un abord très facile dans ce village ».

Son job à elle consiste à aider les populations en les sensibilisant dans la lutte contre certains fléaux dans le village.

Mariama Ndiaye note que les écueils majeurs, outre l’accessibilité, demeure les problèmes liés au paludisme, à la malnutrition et à la diarrhée dont sont victimes les enfants. Pour l’instant, elle est consciente du chemin à parcourir pour éradiquer ces maladies. Mais « rien n’est impossible, il faut juste de l’engagement », consent-elle à dire. Pour elle, cette localité est très attrayante. Car, de son propos, si Paris vaut bien une messe, comme le dit l’adage, « Fongolimbi vaut bien un détour ».

Le village d’Itato, un ancien marché aux esclaves

A l’époque, le village d’Itato était le point de convergence de marchands d’esclaves. Ils quittaient le Fouta Toro avec des marchandises pour venir les échanger contre de jeunes gaillards acheminés du Fouta Djallon et des autres contrées environnantes de la localité. Aujourd’hui, dans ce village dont l’histoire est peu connue, les principales activités sont l’agriculture et le maraîchage.

Situé à l’ouest, à plus d’une dizaine de kilomètres de la commune de Kédougou, le village d’Itato qui doit son appellation à un terme peulh dont le nom est significatif, « creuset de déportés», a abrité un marché d’esclaves à l’époque de la dynastie des Kaldouya. Ici se retrouvaient les différents acteurs du commerce des esclaves. « Ce sont les noirs eux-mêmes qui faisaient le troc. C’était du temps des Manga Sakou Woula, de Bala Contodji, de Bala Niamakou, bref, des Kaldouya. Cela date de très bien longtemps. On acheminait les captifs vers le Boundou ensuite vers le nord. Les esclaves venaient des profondeurs de la localité, du Fouta Djallon… » explique Moussa Diallo, notable du village.

Ceux qui tentaient de résister étaient les moins chanceux. Ils étaient simplement tués et jetés dans le « cambilouri ». Une caverne située à 1 kilomètre et demi à l’est du village, poursuit le vieux Moussa, âgé aujourd’hui de 100 ans. Aveugle, d’un ton posé et des yeux entrebâillés dans le vide, Moussa se rappelle de la difficile période du village, période durant laquelle ils ne vivaient que de cueillette, de chasse.

UNE HISTOIRE PEU CONNUE

« Il n’y avait pas de quoi manger. Il fallait faire trente kilomètres pour trouver un peu de céréale (fonio)» renchérit Kenda Camara, âgé de 88ans. Itato « est plus ancien que Kédougou. Et d’après les dires, c’était réellement un point de rencontre et de vente d’esclaves», témoigne aussi Mamadou Keita, ancien brigadier chef à la préfecture de Kédougou. A 77ans, il s’est installé dans le village, il y a de cela 41 ans.

« Personne ne sait quand est-ce que ce village a été créé. Seulement, on sait que les premiers habitants sont des Tandas (Bedicks) », rajoute le vieux Moussa. Itato reste alors une histoire sans réel impact, une histoire qui se détériore au fil des années car « même les chaines qui étaient présentes dans le « cambilouri et qui pouvait servir de preuve manifeste ont disparu maintenant. En 1998, elles étaient pourtant là, présentes. Nous avons tenté de les retrouver en vain en creusant par ci, par là en profondeur » soutiennent certains jeunes. Selon eux, on leur avait expliqué que ces chaines servaient à attacher les esclaves. Dans le site débordé par les herbes, des stigmates sont toujours présents. Pierres bien rangées à l’image des pourtours d’une mosquée, le vieux Kenda qui nous a conduit sur les lieux explique que « ça devrait servir de lieu de prière car c’était aussi à l’époque de Alpha Yaya. Mon grand père même ne sait pas quand est-ce qu’on a érigé cela ». Aujourd’hui, les jeunes tentent vaille que vaille de reconstituer l’histoire de leur village auprès des anciens et de la préserver.

Un village qui vit essentiellement de l’agriculture et du maraichage pratiqués au bord du fleuve distant d’un kilomètre du village. Activités qui occupent jeunes, femmes et hommes. Sur place, peulhs, bassaris et djakhankés vivent en parfaite harmonie. La localité dispose, à ce jour, d’une école élémentaire qui a été créée, il y a 6 ans et dont les salles de classes sont en construction cette année en lieu et place des abris provisoires qui servent encore de salles de classe.

Le Solei - http://www.seneweb.com/news/Reportage/fongolimbi-voyage-au-laquo-bout-du-monde-raquo_n_103848.html

Appliquer enfin les sanctions!

10 ans d’interdiction aux fonctions électives des condamnés pour détournement de deniers publics sénégalais

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«Toute personne reconnue de détournement de deniers publics sera inéligible aux fonctions de maire et député pendant au moins 10 ans», donne le ton Aminata Touré, ministre de la Justice, devant les magistrats sénégalais réunis en Assemblée générale ce week-end.

Selon elle, cette disposition figure dans la réforme du code pénal. «Il y a, dit-elle, plusieurs dispositions du code pénal qui vont être renforcées ou rajoutées, notamment des sanctions plus sévères contre le vol de bétail, contre le viol des mineurs, nous avons également rajouté dans ce cadre-là, en plus des sanctions pénales à l’encontre des détourneurs de deniers publics une interdiction d’exercer toute fonction élective pour au moins dix ans».

Pour Mimi Touré, cette sanction existe dans plusieurs pays et est motivée par le fait qu’on ne peut pas comprendre que l’argent détourné puisse être utilisé au terme de la peine de la condamnation pour se faire réélire et se mettre dans des conditions pour rééditer des délits pour lesquels ils ont été sanctionnés.

Même si la loi est impersonnelle et que ces réformes s’inscrivent dans la durée, elles sont bien chargées en cette période de traque des biens mal acquis qui touchent pour l’essentiel des adversaires politiques du régime actuel. Ainsi tous les hommes politiques, les libéraux notamment, potentiels adversaires de Macky Sall, qui seront reconnus coupables de détournement de deniers publics dans le cadre de ces traques, vont mettre leur ambition politique en berne le temps de la fin du mandat du président Sall qui est de dix ans.

Le parti démocratique sénégalais (Pds, opposition) n’a pas attendu longtemps pour réagir sur cette réforme annoncée du Code pénal. Pour le responsable libéral, Me El Hadji Amadou Sall, le régime de Macky Sall veut liquider ses potentiels adversaires de 2017, notamment Karim Wade (en prison pour enrichissement illicite présumé).

«Manifestement le gouvernement cherche à liquider les adversaires potentiels pour l’élection de 2017, mais c’est peine perdue parce que chez nous, nous avons géré par la vertu. Par contre ceux qui n’ont pas géré par la vertu, et qui ont un patrimoine qu’ils sont incapables de justifier, c’est les responsables de l’Etat et de l’APR (Alliance pour la République, parti du président Macky Sall)», dit-il.

Selon l’ancien ministre de la Justice, le Président Macky Sall doit d’abord commencer par balayer devant sa propre porte. «Il faut, estime-t-il, qu’il nous explique l’origine licite de son patrimoine. Et également l’ensemble de ses ministres, sans exception doivent non seulement faire la déclaration de leur patrimoine mais justifier l’origine licite de tout de leur patrimoine».

Ndiack FAYE

23/08/2013

Mbour va se battre!

Les populations de Mbour 1 en ordre de bataille contre l’insécurité

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La quiétude des habitants du quartier Mbour 1, à Thiès, est sapée par deux aires de stationnement sauvages de camions gros porteurs, d’épaves de véhicules et d’un bus considéré par les adeptes de la prostitution comme l’auberge du quartier.

Situés aux deux bouts de la grande artère qui dessert ce quartier, ces points chauds sont, selon Mme Ndèye Sow, une habitante du quartier dont la maison est à proximité d’une des aires de stationnement, le nid de fumeurs de chanvre indien et de clients à la recherche de prostitués.

« Dès le crépuscule, profitant de l’obscurité, les odeurs du chanvre indien envahissent nos concessions et le marché de la débauche démarre et se poursuit jusqu’au petit matin », confie-t-elle.

Dans les véhicules, camions stationnés ou le bus auberge et même sur des lits picots installés devant les cabines des camions, des jeunes filles et des jeunes femmes n’hésitent pas à assouvir leur libido dans l’obscurité. Et, évidemment comme dans la plupart des cas, de telles activités malsaines attirent des voyous de tout acabit.

« Aujourd’hui, dès la tombée de la nuit, nos enfants, filles comme garçons, ont peur de traverser ces aires de stationnement pour se rendre à la boutique à l’angle de l’artère », ajoute madame Sokhna Binta Guèye. Elle rappelle qu’il y a de cela cinq ans, ses deux filles ont été victimes d’agression à hauteur de cette aire de stationnement où les voyous ont arraché leurs téléphones portables malgré leur résistance farouche qui leur a valu des blessures par couteau. « Présentement, les agressions se multiplient, et les risques de voir des enfants du quartier pervertis par leur proximité avec ces lieux de débauche et de drogue nous inquiètent », ajoute-t-elle.

Lasses de vivre dans un cadre de vie aussi pollué dans les mœurs, les populations du quartier Mbour I ont entamé, depuis six mois, une procédure d’information et d’alerte des autorités locales et administratives afin que ces aires de stationnement spontanées soient démantelées. Selon Sokhna Binta Guèye, toutes les correspondances ont été envoyées et des promesses fermes ont été faites, mais les populations de Mbour I attendent avec impatience que des actes concrets allant dans le sens de nettoyer leur quartier de cette gangrène soient posés. « Pour ce qui concerne la défaillance de l’éclairage public, les services techniques de la mairie nous ont dit qu’à chaque fois qu’ils ont fini de travailler sur le réseau pour remettre l’éclairage en marche, ils constatent un sabotage du poste alimentant la zone», révèle-t-elle. Du côté des jeunes, ils soutiennent encore rester dans le cadre de la légalité pour que les autorités agissent afin de restaurer la sécurité dans leur quartier. Toutefois, ils n’entendent plus regarder leurs sœurs, leurs mamans, leurs pères et leurs grands-pères se faire agresser sans suite. Mbour I est l’un des premiers quartiers installés avec l’extension de la commune de Thiès vers le sud. Il abrite le stade Lat Dior et compte environ 10 000 habitants.

Mbaye BA

Massacre sur les routes

Massacre sur les routes: l’état du Sénégal ne serait t-il pas complice ?

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La question est certes provocante mais elle mérite d’être posée. Comment peut-on comprendre l’inaction de nos autorités face à des accidents survenant quotidiennement sur les routes et partout au Sénégal ? Pourtant les causes et les solutions paraissent évidentes aux yeux de ceux qui ne veulent pas occulter la réalité.

LES CAUSES :

1- La vétusté du parc automobile : Nul ne reste sans s’apercevoir que la plupart des véhicules, au Sénégal, sont dans un état déplorable. Et pourtant ils ont des autorisations de rouler délivrées par les autorités compétentes. C’est à dire que tous ces véhicules auraient passé le contrôle technique dans un centre de contrôle technique qui nous a coûté la bagatelle de 3 milliards de franc CFA.

Comment peut-on comprendre que l’état du Sénégal interdit l’importation de véhicules d’occasion âgés de plus de 8 ans ? Et pourtant, il autorise à des véhicules de plus de 20 ou 30 ans de rouler sur les routes et surtout de faire du transport en commun. Nos autorités nous diront, pour se justifier, que le Sénégal n’est pas la poubelle de l’occident. Ok ! Quelle bonne idée !!!

Certes, l’importation des véhicules doit être régulée mais il faudrait faire une analyse approfondie de la question afin de proposer des solutions sérieuses, logiques, pérennes et surtout apolitiques.

Je veux juste dire à nos autorités que l’état d’un véhicule ne dépend pas de son âge. Elles n’ont qu’à poser la question à un technicien de l’automobile. Pour prouver cette affirmation, je vous donne quelques exemples réels, parmi plusieurs possibilités :

- J’ai deux copains (qui sont en Europe) qui conduisent 2 voitures de même marque (Mercedes). L’une a été immatriculée pour la première fois en 2002 (voiture âgée de 11 ans) et l’autre en 2008 (voiture âgée de 5 ans). Le véhicule de 11 ans a roulé 110 000 KM et a passé le contrôle technique sans problème. Celui âgé de 5 ans (ancien taxi) a parcouru 297 000 KM et doit repasser le contrôle technique après la correction de problèmes de frein et de direction.

Avec la loi sur l’importation des véhicules, la voiture qui a 5 ans (malgré son kilométrage et ces problèmes techniques) pourra être importée au Sénégal, en revanche celle de 11 ans (de meilleur état, kilométrage presque 3 fois plus faible et aucun problème technique) n’a pas le droit d’être importée au Sénégal. Quel paradoxe !!!

- Les bus (ou cars) sont souvent impliqués dans les accidents de la route au Sénégal. Je rappelle que ces bus sont concernés par la loi sur l’importation des véhicules. Je défie quiconque qui peut acheter un bus de plus de 50 places et âgé de moins de 8 ans en Europe à moins 30 000 euros (20 millions de FCFA), sans compter les frais de transport et de dédouanement au Sénégal.

Donc, beaucoup de bus qui font le transport en commun au Sénégal, vu leur état de dégradation avancée, auraient probablement plus de 20 ou 30 ans. Je peux vous assurer qu’en occident les autocars assurant le transport en commun, ont dans leur majorité plus de 15 ans et sont dans un état irréprochable. Je parle en connaissance de cause.

Donc, vous comprendrez que la corruption fait que certains autocars qui seraient âgés de plus de 20 ans passent la douane sans aucun soucis et auront la possibilité de rouler au Sénégal.

2- L’indiscipline et la méconnaissance du code de la route de certains chauffeurs :

Ces 2 éléments sont intimement liés aux conditions d’obtention du permis de conduire au Sénégal.

Je ne vous apprends pas que quand vous passez votre permis au Sénégal, l’inspecteur des mines vous demande de faire seulement un créneau arrière. Si vous réussissez cet exercice sans problème, vous avez votre permis en poche. Un reportage édifiant (avec images à l’appui) a été réalisé récemment par une chaine française (D8) sur l’achat des permis de conduire au Sénégal et la corruption en chaîne qui gangrène ce secteur. Et pourtant, aucune sanction n’a été prise par le ministre du transport alors qu’il dispose de suffisamment d’éléments pour agir.

Les chauffeurs seraient certainement plus courtois sur la route s’ils savaient qu’à la moindre erreur, ils risquent une sanction allant de la suspension à l’annulation du permis.

3- L’insuffisance et la mauvaise qualité des routes :

Certes ces dernières années des efforts ont faits pour construire des autoroutes. Il faut le reconnaître même si ces autoroutes ont probablement plus coûtés qu’elles ne le devraient. Leur qualité laisse aussi à désirer car dés qu’il pleut toutes les routes sont inondées et deviennent très cahoteuses dans les semaines ou mois à venir et seront par la suite impraticables.

Le transport de manière générale et la qualité des routes en particulier représentent un maillon très important dans le développement d’un pays. Si les routes sont bonnes, les déplacements seront certainement beaucoup plus faciles et les chômeurs, par exemple, n’hésiteront pas à faire des dizaines voire des centaines de kilomètres pour aller chercher du travail.

LES SOLUTIONS :

Je n’ai pas la prétention de détenir les solutions mais j’émets juste des mesures qui pourraient régler ou améliorer la situation et sauver par la même occasion des vies humaines.

1- LE RENOUVELLEMENT DU PARC AUTOMOBILE

Certes, l’Afrique ne doit pas accepter de devenir la poubelle de l’occident mais ceci ne doit pas être un prétexte pour nos dirigeants de prendre des décisions dénuées de sens. On peut bien sûr imposer une loi permettant de réguler l’importation des véhicules d’occasion mais cette loi ne devrait pas être seulement basée sur l’âge des véhicules car, je le répète, la qualité d’une voiture ne dépend pas de son âge.

Le Sénégal n’est pas un pays producteur de véhicules automobiles et le niveau de vie de sa population est tellement faible que même pas le ¼ des Sénégalais n’a les moyens d’acheter une voiture neuve. Donc, pour quel intérêt nos dirigeants veulent priver de moyens de transport fiables à une frange importante de sa population ? La complaisance, les lobbying sur le dos de la population et le favoritisme étaient certainement les motivations qui ont conduit à la mise en place de ces lois et règlements sur l’importation des véhicules d’occasion.

A qui profite cette loi ?

A ceux qui utilisent l’argent du contribuable sénégalais pour s’acheter des voitures neuves : ces députés, ministres, conseillers, etc. Ces autorités et leurs familles ne ressentent même pas les difficultés du reste de la population à se déplacer dans les grandes villes et à l’intérieur du pays.

Aux vendeurs de véhicules neufs qui doivent se frotter les mains. Y’aurait-il un deal entre ces concessionnaires de véhicules neuves et l’état ?

A ces banques, le plus souvent, étrangères qui prêtent avec des taux d’intérêt inadmissibles à ceux qui ont un petit salaire et qui souhaite acheter une voiture.

Cette loi, en revanche, prive le sénégalais moyen qui aurait un salaire qui lui permettrait de s’acheter une voiture d’occasion de bonne qualité sans se ruiner.

Elle prive aux jeunes entrepreneurs qui veulent investir dans le transport automobile afin de donner à la population des véhicules, certes d’occasion, mais de meilleures qualités que les cercueils roulant qui tuent tous les jours au Sénégal.

Savez-vous que les voitures communément appelées « 7 places » ont été fabriquées dans les années 70 ?

Savez-vous qu’on peut acheter une voiture d’occasion de 7 places fabriquées en 2007 ou 2008, (donc plus moderne et plus fiable), à 3000 ou 4500 euros (2 millions ou 3 millions de FCFA) en Europe?

Solution : Etant donné que la qualité du véhicule ne dépend pas de son âge, il me paraît plus logique et juste de se baser sur le contrôle technique du véhicule pour dire s’il est en état d’être importé ou pas.

En pratique, toute voiture importée ne pourra être débarquée sur le port de DAKAR que si elle justifie d’un contrôle technique valable datant de moins de 3 mois. Elle ne pourra également rouler au Sénégal qu’après avoir passé un nouveau contrôle technique.

Cette méthode permettra de s’assurer que les véhicules importés seront de très bonne qualité même s’ils sont âgés de plus de 8 ans.

L’offre en véhicules de bonne qualité sera supérieure à la demande, ce qui va engendrer une baisse significative des prix des véhicules et donc, le sénégalais de la classe moyenne aura la possibilité de s’acheter une voiture afin de faciliter ces déplacements quotidiens. Les transporteurs pourront utiliser des véhicules de meilleure qualité et par conséquent qui feront moins d’accidents.

Dans ces conditions, il faudra absolument éliminer de la circulation toutes les vieilles voitures (taxi-clandos, car-rapides, Ndiaga Ndiaye, camions-cercueils,…) en réalisant des contrôles techniques sans complaisance. Il faudra donc que les centres de contrôle technique soient dotés d’outils de qualité et que surtout les techniciens chargés de contrôler les véhicules ne soient pas corrompus.

2- MODERNISER LES METHODES D’OBTENTION DU PERMIS DE CONDUIRE

Il faudra assainir le service des mines qui est gangréné par la corruption. Acheter un permis de conduire est devenu très banal au Sénégal, raison pour laquelle des occidentaux se déplacent exprès au Sénégal pour se procurer ce fameux sésame, indispensable pour pouvoir travailler en Europe.

IL faut préciser que le permis de conduire coûte très cher en Europe et que c’est un permis à point (12 points). Pour chaque faute commise sur la route, des points sont retirés du permis. A l’épuisement des 12 points, le permis sera retiré et le conducteur devra passer à nouveau le permis de conduire.

Il est logique que, avant de délivrer un permis de conduire à un jeune conducteur, ce dernier devrait être mis en situation sur la route dans des conditions réelles de circulation. Ce qui va forcément rendre plus difficile l’obtention du permis de conduire mais permettra de diminuer forcément les accidents de la circulation.

3- CONTRUIRE DES ROUTES EN QUANTITE ET EN QUALITE.

Nos autorités devraient mettre dans leurs cahiers de charge les normes internationales pour la construction des routes. Ce qui garantira des routes d’excellente qualité.

Je précise que je ne suis ni de près ni de loin impliqué dans la vente de véhicules d’occasion et je ne suis pas directement concerné par cette loi.

J’ai fait juste un constat et je propose quelques solutions parmi d’autres qui pourront , peut être, améliorer les choses.

A méditer

NGOOR  SERERE

22/08/2013

Gestion édifiante du Sénégal...

Les hallucinantes révélations du Rapport de l’Ige

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Le désormais ex-Vérificateur du Sénégal, Nafi Ngom Ndour, qui a passé le flambeau, hier, à son successeur, remettait au Palais le Rapport public sur l’état de la gouvernance et de la reddition des comptes au chef de l’Etat, Macky Sall. Ce léger rapport de 198 pages est pourtant lourd de révélations. Les vérificateurs ont pu découvrir des errements, des bizarreries, des libéralités et une pagaille sans nulle autre pareille dans la gestion des deniers publics. L'Ige a été amenée à constater des abus, gaspillages, corruption et blanchiment de capitaux. La description sommaire des cas les plus avérés révèle l'ampleur de ce phénomène et justifie l'urgence d'une réaction appropriée, relativement aux mesures correctives proposées par le corps de contrôle le plus prestigieux de l’Etat.

SOCIETE AFRICAINE DE RAFFINAGE (SAR)

Des centaines de milliards dans le vent, de l’eau dans les barges

La Société africaine de Raffinage (Sar) a importé en 2008 une cargaison de pétrole totalisant 122 222 tonnes, acquise auprès du fournisseur Arcadia Petroleum Limited (APL) et expédiée à partir du Nigéria, à bord du «Mit Olinda». Cette cargaison, qui présentait la particularité de contenir une quantité considérable d’eau mélangée au pétrole brut, a été importée par la Sar dans des conditions marquées par bien des irrégularités, manquements et autres dysfonctionnements. La mission de vérification déployée à la Sar a fait constater qu’au moment de l'importation de ladite cargaison Olinda, son transport en pipeline à la raffinerie, son stockage et son raffinage, la Sar ne disposait ni de la licence de transport, ni de celle de stockage et encore moins de la licence de raffinage, dont l'obtention préalable est exigée de tout opérateur économique exerçant ces activités.

Un gré à gré de 495 milliards FCfa. Pourtant, la cargaison Olinda qui a été importée en décembre 2008, n'avait fait l'objet d'aucun appel d'offres, ni de l'application des dispositions du Code des marchés publics de l'époque ni même de l'application de la procédure interne d'appel à la concurrence de la Sar. Au surplus, toutes les 9 cargaisons de pétrole brut de 2008, comme les 5 autres acquises pendant l'année 2009, provenaient du même fournisseur «APL». L'ensemble de ces 14 cargaisons de pétrole brut, achetées dans les mêmes conditions irrégulières auprès du fournisseur APL, porte sur une valeur globale de 495 milliards 365 millions FCfa. Le fournisseur APL avait été choisi sur simple instruction de l'ancien ministre de l'Energie (Samuel Sarr : Ndlr) adressée à l’ex-Président du Conseil d'Administration de la Sar par lettre confidentielle n° 00159/ME/CAB du 05 mai 2008. Dans cette lettre, l'ancien ministre de l'Energie demandait d'ailleurs que la Sar ne lance pas d'appel d'offres, pour son approvisionnement en pétrole brut, invoquant un contrat de gouvernement à gouvernement «G to G», supposé lier le Nigéria au Sénégal, dans le domaine de la fourniture de pétrole brut. Or, tous les responsables de la Sar, anciens comme actuels, affirment n'avoir jamais vu ce contrat «G to G». Un contrat que l'actuel ministre de l'Energie et des Mines (Aly Ngouille Ndiaye : Ndlr) dit ne pas connaître. Les vérificateurs jurent dans leur rapport que ce document est inexistant, même si l'ancien ministre de l'Energie a promis, sans l'avoir encore fait, de le transmettre «dans les meilleurs délais» à l'Inspection générale d'État (Ige).

Pourquoi la Sar accepte de perdre 2 milliards FCfa dans un marché. Dans le rapport produit par les vérificateurs, l’on note qu’en l'absence de tout document de commande, l'importation Olinda a fait l'objet d'un contrat conclu entre les deux parties, le 05 juin 2008, et qui fixe un prix comportant un différentiel de 6,15 de dollars par baril. Des dirigeants actuels comme anciens de la Sar estiment que ce différentiel est excessif, comparé aux différentiels négociés avec les «traders» à la suite des appels d'offres pour des cargaisons similaires. La Société TOTAL, par la voix d'un de ses anciens administrateurs à la Sar avait même offert de livrer à la raffinerie une cargaison de pétrole brut, moyennant un différentiel d'environ 3 dollars par baril, ce qui n'avait pas été accepté. Le mémorandum qu'il a établi à ce sujet confirme bien que le différentiel se situait à cette période à 3,30 dollars.

Dès lors, l'acceptation d'un différentiel de 6,15 dollars pour la cargaison Olinda procède d'un acte de gestion préjudiciable aux intérêts financiers de la Sar. Un tel acte aura fait perdre à cette société pour chaque baril de brut la différence entre les 6,15 dollars payés à APL et les 3,3 dollars de l'offre de vente faite par TOTAL. Calculée en appliquant les mêmes paramètres que pour déterminer la valeur-facture de l'ensemble de la cargaison, cette perte équivaut à 2 milliards 174 millions FCfa que les auteurs des faits devraient rembourser. La cargaison Olinda, à proprement parler, est arrivée à Dakar le 22 novembre 2008, mais n'a été déchargée qu'entre le 10 et le 15 décembre 2008, soit 19 jours après. Cette attente a contraint la Sar à régler à son fournisseur APL des frais de «surestaries» d'un montant de 743 millions FCfa pour les 17 jours d'immobilisation du Mit Olinda, déduction faite du «temps de planche» qui n'est pas facturé. Ces frais de «sureslaries», ainsi que l'attente qui les a générés, découlaient d'un dysfonctionnement des services de la Sar qui n'avaient pas encore ouvert une lettre de crédit auprès de la banque intermédiaire agréée.

En tout état de cause, poursuit le rapport de l’Ige, de tels surcoûts liés aux frais de surestaries sont d'autant plus déplorables qu'ils se sont généralisés à la Sar sur toute l'année 2008, au cours de laquelle cette société en a eu pour un montant global de 2 milliards 885 millions FCfa, pour les tankers de pétrole brut uniquement, à l'exclusion des tankers de gaz butane. Il a, par ailleurs, été constaté que le taux journalier des «surestaries» de 75 000 dollars (37, 5 millions FCfa) par jour, appliqué à l'importation Olinda, était démesuré, selon les informations recueillies auprès de professionnels du secteur. Il en a résulté pour la Sar un manque à gagner équivalent à 118 millions.

La Sar achète de l’eau à la place du pétrole. La présence massive d'eau en émulsion dans le pétrole brut de cette cargaison avait été décelée dès l'arrivée du tanker à Dakar et évaluée à 1542,76 m3, aussi bien par les services de contrôle indépendants de la Société générale de Surveillance (Sgs), par le capitaine du navire que par les services techniques de la Sar. Par la suite, le volume d'eau drainée des bacs de la Sar où avait été transféré le pétrole brut a été globalement de 5 494,12 m3 (ou tonnes). Le fournisseur APL aurait dû en être rendu responsable. Paradoxalement, aucun dossier contentieux n'a été engagé, l'affaire étant pratiquement demeurée sans suite.

Pis encore, relève le rapport, l'intégralité de la cargaison valorisée en pétrole brut a, dès le 12 mars 2009, été réglée au fournisseur APL, en vertu du crédit documentaire ouvert par la Sar le 5 décembre 2008 auprès de la Banque internationale pour le Commerce et l'Industrie du Sénégal (Bicis). La Sar a ainsi réglé au fournisseur APL le montant total de 3 milliards 275 millions FCfa, comprenant le prix de vente de la cargaison de 30 milliards 379 millions FCfa et les frais de «surestaries» de 743 millions FCfa pour 17 jours d'attente du tanker et les intérêts bancaires de 152 millions FCfa payés pour 58 jours de retard du paiement.

Ce faisant, la Sar aura délibérément acheté de l'eau au prix du pétrole brut et perdu un montant de 1 milliard 164 millions FCfa. A cette perte budgétaire, sont venues s'ajouter des pertes commerciales de 5 milliards 443 millions FCfa dues aux retards dans la fabrication de ces produits raffinés et à l'évolution moins favorable de leurs prix de vente.

La Sar subit une perte de 9 milliards FCfa sur une seule cargaison. L'agrégation de ces différents manques à gagner, pertes et autres surcoûts, permet d'estimer le préjudice globalement subi par la SAR pour la seule importation Olinda, au moins à 9 milliards 796 millions FCfa, sans égard pour les désagréments techniques et autres retards d'énergie. Ces faits conduisent les vérificateurs à penser à une forte présomption de collusion d'intérêts avec le fournisseur APL au préjudice de la Sar avec la complicité de l'ancien ministre de l'Energie, et de l'ancien Directeur général de la Sar.

Pour l’ouverture d’une information judiciaire à l’encontre de Samuel Sarr et de Carmélo Sagna. Dans ses recommandations, l'Ige propose l'ouverture d'une information judiciaire à l'encontre de l'ancien ministre de l'Energie et de l'ancien Directeur général de la Sar. Aussi, les vérificateurs sont pour la traduction de l'ancien Directeur général de la Sar devant la Chambre de discipline financière de la Cour des Comptes, pour s'être livré, dans l'exercice de ses fonctions, à un fait créant un état de gaspillage sur les frais de «surestaries» payés pour la cargaison de pétrole brut du Mit Olinda.

LOTERIE NATIONALE SENEGALAISE (LONASE)

La fortune au Parti démocratique sénégalais, les bénéfices à un clan

La vérification administrative et financière de la Lonase a révélé des détournements de deniers publics par son ancien Directeur général (Baïla Wane) pour des montants supérieurs à 3 milliards FCfa, principalement, pour le financement de la campagne électorale de l'ancien président de la République, Me Wade, avec diverses actions et initiatives de militants de son parti politique, le Parti démocratique sénégalais (Pds) ainsi que l'enrichissement personnel et sans cause de certains des membres du parti. L'ancien Directeur général de la Lonase a résisté aux constatations de l'Ige en soutenant qu'il avait agi sur la demande et sous la pression irrésistible des plus hautes autorités de l'Etat. 

Partant de ces errements, le rapport de l’Ige recommande, pour un meilleur encadrement de l'utilisation des fonds de la Lonase, «l’adoption d’une  réglementation sur le financement des partis politiques et des campagnes électorales, accompagnée d'un dispositif et des mécanismes de contrôle des fonds concernés». La règlementation sur le financement des partis politiques, se convainc l’Ige, «limitera le recours à des pratiques frauduleuses comme celles qui sont observées dans le cas de la Lonase, pour financer des activités politiques.

FESTIVAL MONDIAL DES ARTS NEGRES (FESMAN)

Irrégularités, dérapages et abus

La Vérification administrative et financière (Vaf) du troisième Festival mondial des Arts nègres (Fesman) a révélé de nombreuses irrégularités, dérapages et abus. Le rapport de l’Ige commence par faire constater que sur le plan de l'organisation et du fonctionnement, les différents textes initiés pour fixer le cadre organisationnel sont restés lacunaires et ne précisent pas la nature juridique de la structure en charge du Fesman. De plus, il est noté une dispersion des centres de décision et l'absence d'un commandement unique. Les différentes opérations se sont déroulées dans une absence totale de planification et aucun cadre de reddition de comptes des différents acteurs n'était défini par le Délégué général.

Une structure, beaucoup d’ordonnateurs, plusieurs comptables. Sur le plan comptable et financier, le Fesman a été marqué par un défaut total d'organisation et de discipline, presque tous les responsables ayant procédé à des immixtions constantes dans les fonctions de comptable qu'ils cumulaient avec celles d'ordonnateur, tant dans l'encaissement des recettes que dans la réalisation des dépenses. Cela s'est traduit, selon le rapport de l’Ige, par un manque total de maîtrise des opérations de recettes et de dépenses par les responsables de cet évènement et par une violation flagrante du Code des marchés publics dans les procédures d'acquisition de biens et services. C'est ainsi que plusieurs milliards FCfa ont été dépensés, sur la base de marchés par entente directe, contractés sans autorisation préalable. Un défaut ou insuffisance dans la justification des dépenses, règlements effectués pour des services fictifs, dépenses exécutées pour des objets étrangers au Fesman, des surfacturations et enrichissement de particuliers au détriment du contribuable sénégalais sont les principales irrégularités qui ont marqué l'organisation de cet évènement.

Le budget dépassé de 75 milliards, des créanciers réclament encore 3 milliards. Prévu au départ pour 5 milliards FCfa au titre de la participation sénégalaise, la troisième édition du Fesman a finalement coûté plus de 80 milliards FCfa au Trésor public, compte non tenu des 6 milliards 999 millions FCfa représentant la contribution des autres États et organismes. L'essentiel de ces ressources a été mobilisé par le moyen de décrets d'avances et des ponctions de crédits destinés au financement de programmes et projets sociaux.

Le préjudice financier subi par l'État n'est pas encore totalement circonscrit, des opérateurs économiques réclamant toujours le paiement de leurs créances sur le Fesman, lesquelles sont provisoirement estimées à plus de 3 milliards FCfa. Des biens acquis sur fonds publics sont encore détenus par des particuliers, sans aucune traçabilité, le Délégué général n'ayant pas pris soin de faire tenir une comptabilité des matières. Le rapport de l’Ige constate aussi que des pratiques inédites, caractéristiques d'une gestion opaque et malsaine, ont été initiées dans le cadre des opérations dites de clôture du Fesman.

La responsabilité d’Abdoulaye Diop dans la fraude et le blanchiment de capitaux. L'opacité voulue et entretenue dans la gestion du Fesman révèle de multiples indices de fraudes, de corruption et de blanchiment de capitaux relevant de la criminalité économique et financière du Fesman «avec la complicité de l'ancien ministre de l'Economie et des Finances, (Abdoulaye Diop : Ndlr) et tendant à dessaisir le Trésor public de ses prérogatives naturelles. Les vérificateurs ajoutent qu’un simple particulier, constitué comptable public de fait, a été ainsi chargé de manipuler des deniers et de faire des règlements pour le compte de l'Etat. C'est ainsi que 15 milliards FCfa empruntés et payés par l'Etat ont été logés dans le compte bancaire de la société de ce particulier, alors que ladite société n'a aucun lien contractuel avec le Fesman. Devant l'ampleur du préjudice économique et financier, les vérificateurs ont préconisé des mesures de redressement pour que de pareils errements ne se reproduisent plus dans l'avenir et des actions proposées pour le recouvrement de sommes dilapidées ainsi que des poursuites judiciaires envisagées à l'encontre des personnes responsables des manquements constatés.

Mieux, l’Ige recommande l’élaboration d’un «Code pénal pour les infractions à caractère économique et financier» et la création d’une Cour de répression des infractions à caractère économique et financier.

L’HISTOIRE DES 40 VOITURES DE LUXE DE L’OCI

Micmacs autour de 3 milliards 700 millions de FCfa

A l’occasion de la tenue, à Dakar, du 7 au 24 mars 2008, du XIe Sommet de l'Organisation de la Conférence islamique (Oci), l'ancien président de la République, Abdoulaye Wade, avait décidé de l'acquisition d'un lot de 40 véhicules destinés au transport des hôtes du Sommet. Le lot est constitué de 20 Mercedes, dont 6 Mercedes S600, 12 Mercedes S500, 1 Mercedes LS500 et 1 Mercedes E63. Un parc auquel s’ajoutent 20 Lexus L460. Les investigations de l'Ige ont permis de découvrir les conditions cavalières dans lesquelles le ministre de l’Intérieur avait acquis ces véhicules auprès de la société T.

L’ancien ministre de l’Energie présente une fausse facture, l’Etat paie deux fois 3 milliards 700 millions de FCfa. Les vérificateurs de l’Ige ont conclu que cette prétendue acquisition s'est faite en dehors des services compétents de l'Etat, notamment la Direction du matériel et du transit administratif (Dmta) du ministère de l'Economie et des Finances. C’est plutôt un ministre alors en fonction qui a été sollicité par Me Wade, dit-il, pour «préfinancer l'opération». Ce qui forcément le met dans une situation de conflit et de collusion d'intérêts. La demande faite, le ministre s'est fait payer la somme de 3 milliards 700 millions de FCfa, «après avoir produit une fausse facture et un faux procès-verbal de réception en lieu et place du Directeur général de la «Société B» qui prétend avoir vendu les véhicules à l'Etat. Le paiement au profit de la «Société A», dont le ministre de l'Energie est administrateur unique, s'est fait sur la base d'une avance de trésorerie d'un montant de 3 milliards 700 millions de FCfa versés sur instruction de l'ancien président de la République. Alors que le paiement a été déjà fait au profit du responsable de la «Société A», le Directeur général de la «Société B» a présenté une facture datée du 21 janvier 2008 pour réclamer le même montant. S'agissant de la réclamation du Directeur général de la «Société B», son attitude soulève un paradoxe. Car, aux termes du protocole d'accord précité, il reconnaît avoir été préfinancé par la «Société A»  et qu’il était informé du paiement de 3 milliards 700 millions de FCfa effectué au profit de la «Société A» pour l'achat des 40 véhicules. Aussi a-t-il reconnu avoir perçu la somme de 457 280 000 FCfa, en contrepartie des différents frais engagés dans l'achat des véhicules et pour solde de tout compte.

La concession suspecte d’un fournisseur. Le rapport de l’Ige présenté à Macky Sall relève que le fait pour le responsable de la «Société B» d'avoir reçu de l'ancien président de la République les 457 280 000 FCfa en contrepartie des 3 milliards 700 millions de FCfa engagés dans «l'achat» des véhicules et cela pour le solde de tout compte, prouve encore une fois que les véhicules n'ont pas été vendus par la «Société B», car il aurait réclamé 3,7 milliards et non 457,278 millions de FCfa. Toutes choses qui font dire aux vérificateurs qu’il s’agit «d'un montage frauduleux qui, en réalité, ne repose sur aucune vente».

Par ailleurs, des doutes subsistent sur l'origine réelle des 40 véhicules, à savoir s’ils avaient été effectivement achetés par le Sénégal ou offerts par des pays amis, notamment le Royaume d'Arabie Saoudite. Pourtant, la «Société B» a déclaré avoir acheté ces véhicules en Arabie Saoudite et les a acheminés à Dakar où ils sont arrivés le 26 mars 2008, soit douze 12 jours après la clôture du Sommet. Le chef du Parc automobile de la Présidence de la République a bien réceptionné ces véhicules qui ont été ensuite acheminés et gardés au Bataillon du train (Batrain). Sans préjuger de la régularité des conditions de leur acquisition, l'Ige constate que les 40 véhicules déclarés avoir été achetés par la «Société B» ne font pas partie du lot des 259 véhicules offerts à l'Etat du Sénégal à l’occasion de la tenue du XIe Sommet de l'Oci. Beaucoup d'éléments font penser que les véhicules auraient pu être offerts en d'autres circonstances ou acquis sur la contribution financière effectivement de l'Arabie Saoudite. Cette forte présomption de l’Ige est basée sur des faits. D’une part, l'Etat du Sénégal a été amené à supporter les frais de débarquement, de dépotage et de livraison des quarante voitures. Or, dans les normes, si les véhicules avaient été achetés en prix Caf (coût assurance fret), toutes ces opérations auraient été à la charge du fournisseur, l'Etat se contentant simplement de les réceptionner. D’autre part, la «Société B» n'a pas été capable de produire les factures de ses fournisseurs et sur les 40 véhicules (Mercédès & Lexus) en Arabie Saoudite, les dix (10) véhicules n'y sont pas fabriqués. Aussi, les vérificateurs sont troublés par le fait que le Directeur général de la «Société B» ait attendu trois années après la livraison des voitures et environ six (06) mois après le départ de l’ancien président de la République pour demander à être payé.

Le deal entre le Dg et le Secrétaire général de la Présidence. Dans leurs investigations, l’Ige révèle que le Directeur général de la «Société B» a signé, avec le Secrétaire général de la Présidence de la République qui représentait les intérêts de l'ancien président de la République, un protocole duquel il ressort que le versement de cette somme mettait définitivement fin à toute réclamation, sous quelle que forme que ce soit, de la «Société B». Il vaut quitus final, de même, s’était-il engagé à ne plus évoquer cette affaire. Or, malgré les termes non équivoques de ce protocole, le Directeur général de la «Société B» continue de demander à l'Etat de lui payer la somme de 3 milliards 700 millions de FCfa. Pour l'Ige, il s'est agi de manœuvres frauduleuses impliquant de très hautes autorités de l'État, ayant causé à l'Etat un préjudice financier direct de 3 milliards 700 millions de FCfa.

La folle générosité de Wade. Autre élément très cocasse dans cette affaire, c’est que ce parc de 40 véhicules n’est pas au complet. Au moment où les vérificateurs effectuaient leur mission sur cette opération, certaines voitures avaient été cédées, d’autres offertes sous forme de dons… Le rapport révèle que 11 véhicules, soit 5 Mercedes et 6 Lexus L460, ont été vendus par la Direction générale des Impôts et Domaines (Dgid) sur instruction de l'ancien président de la République. 4 Lexus L460 ont été offerts par Wade à des pays amis du Sénégal, 4 autres véhicules, dont 2 Mercedes et 2 Lexus L460, ont été mis à la disposition des chefs religieux. Au parking, il ne reste que 21 véhicules qui ne sont pas immatriculés.

L’Ige recommande l’ouverture d’une information judiciaire. Compte tenu des libéralités prises dans cette affaire des 40 véhicules et de la nébuleuse qui entoure leur acquisition et le mode de paiement, l’Ige a proposé l'ouverture d'une information judicaire sur les faits constatés et concernant toutes les personnes impliquées. Le rapport demande aussi au président de la République de prescrire au Garde des Sceaux, ministre de la Justice, de faire continuer les investigations afin de déterminer si 20 véhicules de marque Mercedes et 20 Lexus L460 ont été ou non offerts à l'État du Sénégal. Les recommandations des vérificateurs s’étendent aussi à «une vérification fiscale de la «Société A», qui est une société anonyme unipersonnelle, bénéficiaire, en 2008, du virement du Trésor public de 3 milliards 700 millions de FCfa au titre d'un préfinancement qu'il aurait fait dans le cadre de l'achat de véhicules.

L'Observateur

300 Mégawatts au Sénégal

Africa Energy va construire une centrale électrique de 300 MW au Sénégal

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Implantée à Mboro, la centrale devrait être livrée dans 36 mois pour un coût total de 300 milliards.

La Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) et la société privée Africa Energy ont signé un partenariat pour la construction d’une centrale thermique d’une puissance de 300 mégawatts.

La Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) et la société privée sénégalaise Africa Energy ont signé un contrat pour la construction d’une centrale électrique d’une puissance de 300 mégawatts (MW). La centrale, dont la production doit débuter en 2016, fonctionnera au gaz et au charbon. Elle sera implantée à Mboro (région de Thiès) et devrait être livrée dans 36 mois pour un coût total de 300 milliards de F CFA (610 millions de dollars).

Selon le directeur général de la Senelec, Pape Dieng, l’apport énergétique de cette infrastructure permettra de procéder à une baisse sensible du prix du kilowatt/heure (kw/h) qui va passer à 66 F CFA. Autre particularité de ce contrat, il a été signé de gré à gré. Au Sénégal, du fait du Code des marchés, les contrats de gré à gré soulèvent souvent la polémique. Une polémique que le directeur général de la Senelec tente d’étouffer : "Il est bon de préciser à l’attention des journalistes qu’il s’agit là du contrat qui a fait l’objet de beaucoup d’écrits dans lesquels on a accusé la Senelec d’avoir signé un marché de gré à gré. On s’inscrit dans la loi. La seule chose qu’on nous demande, c’est de respecter la loi".

Les actionaires d'Africa Energy sont inconnus

"Contrairement à ce qui a été dit, la Senelec ne court aucun risque dans l’opération, ajoute-t-il. « La Senelec ne sort aucun franc. C’est Africa Energy qui recherche les financements, qui prend le risque de construire sa centrale et à la fin la Senelec donne ses exigences, à savoir un prix du kilowatt/heure compétitif et un délai de mise en service acceptable", précise encore M. Dieng. "Le seul engagement du gouvernement est de rembourser les frais de capacité", conclut-il. Selon le directeur général d’Africa Energy, Alassane Diallo, le financement est "pratiquement bouclé".

Le 2 novembre 2012, Africa Energy et le ministre de l’Énergie et des Mines, Aly Ngouille Ndiaye, signaient un protocole dont l’aboutissement est ce contrat avec la Senelec. L’entreprise publique s’est lancée dans le "mix énergétique" afin de satisfaire, selon son directeur général, la forte demande, d’améliorer la qualité et le coût de l’électricité. Selon les informations du Bureau d'appui à la création d'entreprises, Africa Energy a été créée en février 2013 avec un capital de départ de 10 millions de F CFA. Le ou les véritable(s) actionnaire reste(nt) inconnu(s) à ce jour.

La Senelec, qui explore le partenariat public-privé pour résoudre ses problèmes de production, a déjà signé un protocole d’achat d’énergie solaire avec les belges de Sol Invest au prix de 65 F CFA le kw/h pour alimenter la région de Ziguinchor (Sud). Un autre accord a été signé avec Wind Solar Sénégal, filiale de Wind Solar Italia.

Jeuneafrique.com/Sylvain Cherkaoui