30/09/2013

De l'aide pour la Casamance

20 milliards FCFA pour le développement de la Casamance.

5911150-8807167.jpg

Le Conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé aujourd’hui un crédit de l’IDA* d’un montant de 40 millions de dollars (20 milliards de FCFA) pour soutenir les efforts déployés par le Sénégal pour accroître la production de riz, de mangues et d’autres cultures, créer des emplois pour les jeunes et les femmes agriculteurs et remettre en état les routes reliant les communautés rurales isolées aux marchés en Casamance, une région du pays déchirée par la guerre.

« Le gouvernement nouvellement élu du Sénégal attache une grande importance au règlement du conflit qui sévit depuis longtemps en Casamance », a déclaré Vera Songwe, la directrice pays de la Banque mondiale pour le Sénégal. « Le projet qui a été approuvé aujourd’hui contribuera grandement au retour de la paix dans la région en stimulant l’économie locale, en créant des emplois essentiels pour les jeunes et les femmes vulnérables et en améliorant l’accès aux marchés agricoles ».

Les ressources allouées contribuent au financement du Projet Pôle de développement de la Casamance élaboré par le Sénégal afin de créer des débouchés économiques et aider à la réintégration des ex-combattants dans la région de la Casamance. Le premier volet du projet consistera à financer la construction d’infrastructures et l’achat de matériels pour permettre aux cultivateurs et autres producteurs d’assurer le ramassage, le traitement, la transformation et le transport des produits locaux. Il soutiendra la Plateforme économique intégrée de Bignona, un programme en cours qui aide à améliorer la capacité de la région à fabriquer et exporter des produits à valeur ajoutée tels que les confitures et les fruits séchés, à partir de produits locaux.

« La faible pluviométrie et le manque d’accès aux engrais et semences ont ralenti la croissance du secteur agricole sénégalais et provoqué une grave crise alimentaire en 2011 », a fait remarquer Jamal Saghir, le directeur de la Banque mondiale chargé du développement durable pour la région Afrique. « Le projet approuvé aujourd’hui aidera à accroître la production de riz et d’autres denrées qui constituent la base de l’alimentation des Sénégalais. Il facilitera également l’exportation des produits de la Casamance vers les autres régions du pays et procurera des revenus essentiels aux familles agricoles ».

Le deuxième volet du projet reliera les communautés rurales isolées aux marchés, aux centres de production et aux villes. Le projet financera en particulier des travaux d’amélioration ponctuels sur près de

350 km de routes non classées ainsi que la remise en état et l’entretien d’environ 200 km de routes rurales.

Le troisième volet de ce financement contribuera au renforcement des capacités des parties prenantes clés, notamment l’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC), et à améliorer leur capacité à mener à bien des processus et programmes de consolidation de la paix axés sur le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des ex-combattants.

« Au cours des trente dernières années, la région de la Casamance a connu le conflit de faible intensité le plus long en Afrique, qui a freiné le développement de l’agriculture, du commerce et du tourisme et fait des centaines de morts et de blessés », a déploré Demba Balde, le chef de l’équipe de projet de la Banque mondiale. « Je suis heureux de pouvoir aider le gouvernement sénégalais à mettre en œuvre le projet approuvé aujourd’hui ».

*L’Association internationale de développement (IDA), une institution de la Banque mondiale fondée en 1960 et chargée d’aider les pays les plus pauvres du monde en leur accordant des dons et des crédits ne portant pas intérêt pour la mise en œuvre de programmes de nature à stimuler la croissance économique, à atténuer les inégalités et à améliorer les conditions de vie des populations. L’IDA est l’un des principaux bailleurs d’aide aux 81 pays les plus déshérités de la planète, dont 39 se trouvent en Afrique. Les ressources de l’IDA apportent un changement positif dans la vie de 2,5 milliards de personnes vivant avec moins de deux dollars par jour. Depuis sa création, l’IDA a soutenu des activités dans 108 pays. Le volume annuel de ses engagements est en constante augmentation et a représenté en moyenne 15 milliards de dollars au cours des trois dernières années, 50 % de ce montant environ étant destiné à l’Afrique.

Ndarinfo

De l'eau, encore...

Gestion intégrée des ressources en eau

A_child_waits_outside_a_medical_clinic_as_part_of_Western_Accord_2012_in_Thies,_Senegal,_June_10,_2012_120610-Z-KE462-197.jpg

Une mission de la Banque mondiale conduite par M. Jonhatan Kamkwala a séjourné, à Saint-Louis. Elle a visité le barrage anti-sel de Diama mis en service depuis 1986. L'ouvrage sera réhabilité bientôt dans le cadre de la mise en oeuvre de la deuxième phase du Projet de gestion intégrée des ressources en eau et d'usage à but multiple.

Accompagnée du Directeur général de la Société de gestion et d'exploitation du barrage de Diama (Soged), Tamsir Ndiaye, des représentants de la Saed, des chefs de services régionaux de l'hydraulique, de l'environnement, de l'assainissement, cette délégation de la Banque Mondiale a constaté de visu l'état de dégradation avancé des parties métallique, électromécanique et électrique de cet ouvrage, avant de sillonner la communauté rurale de Diama pour visiter les périmètres irrigués villageois qui seront aussi réhabilités dans le cadre du Pgire 2, un programme qui sera mis en oeuvre pour une durée de cinq ans avec l'appui financier de la Banque Mondiale.

Face à la presse, M. Tamsir Ndiaye a longuement insisté sur l'urgence et la nécessité de réhabiliter ces parties essentielles du barrage de Diama qui constituent, selon lui, le coeur de cet ouvrage longtemps confronté à d'énormes problèmes d'entretien et de réparation. Les travaux de réhabilitation de cet ouvrage devront démarrer dès le début de l'année 2014.

M. Johnatan Kamkwala a réitéré l'engagement indéfectible de la Banque Mondiale à aider l'Omvs à réhabiliter ce barrage anti-sel et à poursuivre sa collaboration avec l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs). Ce qui permettra d'améliorer les conditions de vie des populations des quatre pays membres de l'Omvs, qui pourraient encore disposer de l'eau douce en quantité suffisante et en qualité et irriguer des milliers d'hectares de terres cultivables.

Le barrage de Diama, selon les experts de la Soged, est essentiellement un barrage anti-sel. Avant sa mise en service, l'eau de mer remontait, en période d'étiage, le lit du fleuve Sénégal jusqu'à 200 km de l'embouchure. En outre, le régime du fleuve Sénégal était caractérisé par d'importantes variations saisonnières et interannuelles. En étiage, les débits du fleuve Sénégal étaient réduits à des valeurs presque nulles.

Ces phénomènes, ont-ils précisé, constituaient des obstacles majeurs pour l'exploitation des immenses potentialités en terres irrigables à partir des eaux du fleuve Sénégal. Conçu et réalisé pour lever ces contraintes, le Barrage de Diama, situé dans le delta du fleuve Sénégal, à 26 km en amont de la ville de Saint-Louis, a eu pour résultat la disponibilité de l'eau douce en quantité suffisante et garantie toute l'année pour l'agriculture.

Ainsi, la zone se retrouve avec une capacité d'irrigation de 120 000 ha en double culture. Le remplissage des lacs et réservoirs (le lac de Guiers, le lac de R'kiz, la dépression de l'Aftout-Es-Sahel) pour l'alimentation en eau potable des centres urbains (Dakar, Nouakchott...) et ruraux, le remplissage des grandes dépressions qui favorisent le maintien et le développement de la biodiversité dans les zones humides comme le parc du Diawling et celui du Djoudj (ces parcs jouent aussi un rôle important dans le tourisme et l'alimentation en eau du bétail et la restauration du couvert végétal) sont assurés par la mise en service de cet ouvrage.

Mbagnick Kharachi DIAGNE/Mediaterre

De l'eau avant la Tabaski?

Usine de Keur Momar Sarr : Des pièces de rechange seront acheminées par des entreprises françaises

568187-711059.jpg

Des entreprises françaises aideront à l’acheminement, dans une semaine au Sénégal, de pièces de rechange qui permettront d’accroître les capacités de production de l’usine des eaux de Keur Momar Sarr, L'information est donnée par Cassilde Brenièrec, responsable de l’Agence française de développement (AFD). Accompagnée d'une délégation, Mme Brenièrec a visité ce samedi le site de Keur Momar Sarr dont la principale conduite de l'usine est endommagée, causant la pénurie d'eau notée à Dakar depuis le 12 septembre dernier. La responsable de la division eau et assainissement de l'AFD au Sénégal a dit : " Concrètement, on va appuyer dans un premier temps sur l’acheminement de pièces de rechange, donc des pièces cuisinées en France. On va les appuyer également à changer quelque pièces du système pour accroître sa capacité de production rapidement. A plus long terme, on va étudier les différentes choses qu’il faudrait adapter et c’est déjà en cours avec la SONES (Société nationale d’exploitation des eaux du Sénégal) dans le cadre du schéma directeur de l’eau potable de Dakar ". Mme Brenièrec a donné des solutions à court et long terme pour la résolution définitive de ce problème. Pour cela, elle a soutenu : " Il est vrai que le sujet est relativement critique, et on va compter sur l’appui des entreprises françaises et puis dans un deuxième temps, pour éviter que cette crise ne se reproduise, on étudiera tous les financements nécessaires pour assurer une viabilité à long terme du système ". Ainsi les capacités de production de l'usine de Nginth seront étendues et l'usine en elle même sera fiabilisée.

REWMI

Des khalis pour Kolda

Le Fonds international de développement agricole met 22 milliards au Sénégal

agriculture_27.jpg

La région de Kolda est l'une des plus dotées en ressources naturelles, mais également celle dont les populations souffrent le plus de pauvreté et de dénuement.Un projet financé par le Fonds international de développement agricole (FIDA) veut y mettre fin à travers un nouveau projet d'État, nommé Programme d'appui au développement agricole et à l'entrepreneuriat rural (Padaer).Selon le responsable de l'antenne de Kolda, Daouda Bâ, l'objectif de ce programme est d'améliorer durablement la sécurité alimentaire et les revenus des petits producteurs (agriculteurs et éleveurs) et créer des emplois durables pour les ruraux, en ciblant les jeunes et les femmes en particulier».

AfricaTime

29/09/2013

Queen Biz : Lettre ouverte au président Macky Sall

Mon peuple est vraiment fatigué !

Capture12.jpg

Vu la situation actuelle du pays, je me sens dans l'obligation de prendre ma plume pour élever ma voix à l'endroit du premier citoyen de ce pays, le président de tous les Sénégalais, Macky Sall. On me demandera de quel droit je m'adresse à son Excellence, je leur répondrais simplement qu'étant simple citoyen et n'ayant, donc, aucun pouvoir de décision, j'ai quand même celui de donner de la voix, cette voix, parmi celles des 13 millions de Sénégalais, qui vaut aux hommes politiques de faire des pieds et des mains pour le pouvoir. Qui plus est, étant leader d'opinions et porteuse de voix par la grâce de Dieu, le tout-puissant, originaire de la banlieue profonde, dont je me veux le porte-voix, comme je l'ai toujours dit, je me sens le droit et le devoir de m'adresser à vous en ces temps de crise aiguë.

De retour des Etats-Unis, hier, précisément de New York où vous avez tenu un discours dont la tonalité m'a fait tomber des nues, j'ai été profondément touchée par le spectacle désolant et affligeant qui fait le décor de la capitale sénégalaise. Ces hordes de gens sillonnant Dakar, à pieds et par tous autres moyens, sous une chaleur de plomb (40 % à l'ombre), à la quête de quelques gouttes d'eau, cette ressource si précieuse à la vie, le bas peuple s'échinant devant les quelque camions citernes que l'Etat, la Sénégalaise des Eaux ou que sais-je encore, manquant de s'étriper pour un seau, une bassine ou une gourde d'eau, cela tombe sous le sens au regard des promesses mirifiques et mirobolantes dont vous nous avez tant bassinés il y a seulement un peu plus d'un an. Il est vrai qu'alors vous n'aviez d'yeux que pour le pouvoir. Ce pouvoir dont vous parlez aujourd'hui aussi dédaigneusement, aujourd'hui que vous l'avez entre les mains. Je vous fais grâce des délestages d'électricité qui reviennent au galop.

Au lieu de l'espoir suscité par votre récente élection, c'est devenu un secret de polichinelle que la pauvreté a atteint dans notre pays des niveaux jamais égalés. Dans ma banlieue des Parcelles assainies, laissée à elle-même par les régimes qui se sont succédé dans ce pays, ils sont nombreux aujourd'hui à quémander au quotidien, remisant leur dignité au placard, pour avoir quelque chose à se mettre sous la dent. J'ose espérer que l'information, relayée par une bonne partie de la presse, selon laquelle Madame la Première dame, votre épouse, avec qui vous étiez à New York, s'est payée le luxe indécent de s'offrir un sac à main d'une valeur de deux (2) millions de francs Cfa, est fausse. L'occasion en serait très mal choisie, au moment où la Présidente du Malawi, vient de renoncer à son avion présidentiel. Au-delà du symbolisme, elle a posé un acte concret en faveur des pauvres à qui reviendront le produit de la vente de cet avion de parade.

La jeunesse se morfond toujours dans le chômage et l'oisiveté, la mère des vices. Au même moment, on nous apprend que les emplois de la fonction publique que vous avez promis sont réservés à votre clientèle politique. Si c'est cela la rupture que vous nous aviez promis... Que le pays manque de ressources, après la gabegie dont ont fait montre vos prédécesseurs au pouvoir _quand vous criez sur tous les toits que le Sénégal n'a jamais été aussi liquide_, cela peut se comprendre. Mais que le népotisme et le clientélisme restent la règle sous votre règne, cela est simplement impardonnable.

MR. le président de la République, avec tout le respect que je vous dois, je vous demande de vous ressaisir pendant qu'il est encore temps. Ecoutez la clameur populaire, mon peuple est vraiment fatigué !

Queen Biz, artiste

Water gate à Dakar

Macky Sall : une sculpture médiatique ou un chef d’État ?

5909003-8803944.jpg

« L’art de la bonne gouvernance consiste à se fixer des objectifs dans les limites de ce qu’une société peut accepter. Il ne faut ni aller au-delà ni rester en-deçà ». Si l’auteur de ce propos, Henry Kissinger, a raison, le régime du Président Macky Sall a démontré, par sa cacophonie habituelle, qu’il s’est résolument inscrit dans la mal gouvernance.

Après avoir fait preuve d’un lamentable amateurisme dans la gestion de la crise de l’eau, il se complait dans une mise en scène choquante : une gestion médiatique de la pénurie d’eau qui frappe la capitale sénégalaise. Cette crise de l’eau a au moins le mérite de nous informer une fois de plus sur l’ampleur de l’imposture qui règne sur le Sénégal depuis l’avènement de Macky Sall.

Les Sénégalais qui ont suivi le journal télévisé de ce vendredi 27 septembre 2013 ont été stupéfaits de voir leur Président dans une tenue militaire embarqué dans un hélicoptère de l’armée pour prétendument « diriger des opérations » fictives sur le front déshonorant d’une pénurie d’eau digne du moyen-âge. En voulant faire un grand coup médiatique, les autorités ne sont pas rendu compte que la seule chose réussie par une trouvaille aussi burlesque est de donner encore une preuve de leur mode de gouvernance en fanfaronnade : une communication à outrance et sans vergogne. En voulant mystifier le peuple on a donné une vie et des habits au ridicule : en quoi le port d’un treillis militaire et un griffonnage télévisé dans un hélicoptère peuvent-ils impacter sur la réalité d’un calvaire historique ? N’est-ce pas la preuve, encore une fois, que c’est la méthode de la théâtralisation qui est le masque qui cache l’absence de vision et de solution de ce régime ? Au lieu dire la vérité aux Sénégalais et de leur avouer son incompétence, on leur offre des sucettes de consolation et des spectacles hollywoodiens. Quand-est qu’on va cesser de jouer avec le destin des Sénégalais en les manipulant de façon si honteuse ?

Ce maquillage est absolument inadmissible car c’est une tortueuse entreprise de sublimation d’un malheur collectif en prestige d’un seul homme. La bonne gouvernance interdit de faire du malheur du peuple le matériau de la sculpture d’un homme politique visiblement très en deçà de ce qu’on était en droit d’attendre de lui. On ne peut gouverner un pays par la seule communication, on ne peut pas résoudre les problèmes du Sénégal par le saupoudrage et le folklore. On se demande d’ailleurs comment peut-on théâtraliser la fonction de Président de la république à ce point et prétendre être républicain ?

Á l’époque de Platon déjà le problème de la manipulation et de la fabrication de l’opinion s’était posé avec acuité, ce qui l’avait avait amené à stigmatiser les sophistes sous le vocable de doxosophes « expert ou techniciens de l’opinion ». Aujourd’hui Platon se serait ressuscité au Sénégal, il reconnaîtrait ces doxosophes dans les couloirs du pouvoir actuel. On abuse le Président en lui vendant une fausse science de la communication qui tôt ou tard dévoilera sa platitude et son manque de fondement dans la réalité culturelle, politique et sociale de notre pays. Il faut arrêter ce cirque avant que la riposte du peuple ne sonne avec fureur.

Le rafistolage et le mensonge ne sont pas des méthodes pérennes de gouvernance. L’état d’ébriété  communicationnelle dans lequel évolue ce gouvernement illustre qu’il mise davantage sur la communication que sur la prise en charge intelligente et efficiente des vrais problèmes du pays. Ça tâtonne, ça baragouine, ça gazouille intensément, mais ça travaille peu. La métaphore de la marrée pourrait illustrer l’illusion d’une gouvernance médiatique telle qu’elle fonctionne aujourd’hui avec Macky Sall. La marrée haute n’est pas un signe ou une preuve d’augmentation du volume de l’océan : c’est juste un mouvement de l’eau entrainé par l’effet de l’attraction lunaire sur les mers. Si la communication pouvait bâtir un pays, il y aurait une grande civilisation appelée « abeillerie », car même les abeilles savent faire des opérations de communication complexes.

La vraie communication d’un homme d’État ingénieux se moque de la communication, c’est à la fois une vision claire et cohérente et un chapelet de réalisations dont l’utilité sociale et économique transcende sa Présidence et même sa vie. Au lieu de poser les vraies questions et de prendre les véritables mesures, le gouvernement et certains de ses satellites dans l’espace médiatique et dans le ciel lugubre de la société civile préfèrent ergoter sur l’incivisme de quelques manifestants qui brulaient des pneus. C’est vrai que la violence est difficilement et rarement légitime, mais le mensonge d’État n’est-il pas une forme de violence plus cynique ?

Á leur sophisme et à leur mauvaise foi on opposera cette sentence de Sartre dans la Préface de l’œuvre de Franz Fanon Les Damnés de la terre : « Il n’est pas de douceur qui puisse effacer les stigmates de la violence. Seule la violence a le pouvoir de les détruire ». Tandis qu’ils croient maintenir le peuple sous la coupole d’une communication qui nivelle les consciences ou les endormit, les manifestants et les hommes libres sont en train de poser les jalons d’une véritable archéologie du mensonge politico-médiatique qui règne sur notre pays.

La communication est un lien délicat : dès qu’on communique on brise les mystères, on réduit les distances ; mais en même temps la communication démythifie et démystifie même. Voilà ce que les experts en communication qui leurrent Macky Sall ont oublié de lui faire comprendre. « Seul le silence est grand, tout le reste n’est que faiblesse » disait Alfred Sauvy, le jour où ce gouvernement comprendra cette sagesse ce sera trop tard.

Alassane K. KITANE, professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès.

28/09/2013

St Louis baisse, comme partout

Tourisme Saint- Louis : 30% de baisse des arrivées depuis 2010

st louis pont faidherbe.jpg

La fréquentation touristique a connu une baisse drastique ces trois dernières années à Saint-Louis (Nord), a révélé le chef du service régional du tourisme, Ndèye Awa Badji Sow, signalant que, de 2010 à 2012, les entrées sont passées de 59.766 à 46.155.‘’Ce qui constitue une baisse de 30% due à plusieurs facteurs comme la cherté de la destination et à la crise économique européenne’’, a-t-elle déclaré, vendredi.

Mme Sow présentait un panel sur la situation touristique dans la région à l’occasion de la journée mondiale du tourisme, célébrée sur le thème : « Le tourisme et l’eau : protéger notre avenir commun ».

Le développement de l’activité dans la région de Saint-Louis est confronté au problème du harcèlement exercé sur les touristes par les marchands ambulants et les faux guides.

Elle a également souligné d’autres goulots d’étranglement sont identifiés dans ce secteur comme le manque de liaison aérienne, ainsi que l’absence de police du tourisme.

‘’La faible durée moyenne de séjour et la dégradation continue du patrimoine bâti dans l’île surtout constituent des obstacles au développement de ce secteur au potentiel indéniable’’, a-t-elle ajouté.

APS

Panne sèche pour le président Sall

Dakar sans eau

5865202-8742782.jpgLe gouvernement sénégalais fait face à ses premières contestations populaires suite à la pénurie d’eau qui frappe la capitale Dakar depuis deux semaines. Dans plusieurs quartiers de la ville, les populations manifestent en masse pour exprimer leur ras-le-bol.

Le fatalisme et la résignation ont fini par atteindre leurs limites pour céder la place à l’exaspération puis à la révolte chez les Dakarois, privés d’eau depuis la mi-septembre.

Dans la soirée du mercredi 25 septembre 2013 plusieurs quartiers de la ville ont initié des manifestations populaires, barrant la circulation à l’aide des pneus calcinés et des troncs d’arbres, a pu constater un reporter d'Ouestafnews.

Cette poussée de fièvre dans la capitale sénégalaise n’est pas sans rappeler les dernières heures de l’ancien régime libéral, du président Abdoulaye Wade, « chassé » du pouvoir par des électeurs excédés par les coupures d'électiricté et des conditions de vie qui se dégradaient alors qu'au sommet de l'Etat, on festoyait.

Son remplaçant à la présidence Macky Sall (un de ses ex-collaborateurs devenu un de ses opposants lors de la présidentielle de 2012) n’a pas encore bouclé deux ans de présence au pouvoir, mais commence à accumuler les passifs. Les Sénégalais semblent retrouver au sein du nouveau régime les mêmes tares que ceux de l'ancien : incompétence, laxisme, insouciance et arrogance face à la souffrance des populations.

Une souffrance caractérisée par la ronde quotidienne des femmes et hommes armés de récipients de toutes sortes, à la recherche du liquide précieux. Et depuis plus de deux semaines, cette scène fait partie du décor dakarois, en cette période caniculaire.

Dans la plupart des quartiers de la capitale pas une goutte d'eau ne tombe des robinets d’où le recours aux pompes manuelle souterraines ou aux puits, tandis que d’autres vont se ravitailler dans les quelques rares zones relativement épargnées.

Selon les informations fournies par la Sénégalaise des eaux (SDE), l’entreprise chargée de la distribution, l’origine du calvaire réside dans la rupture de la principale conduite d'eau, un tuyau qui mesure 85 mètres de long et 1,20 mètre de diamètre à la station de Keur Momar Sarr, localité située au nord-ouest de la capitale.

Il s’agit « d’un scandale dans la mesure où la SDE est assujettie à un remplacement régulier des conduites, selon un programme contractuel » dénonce dans un communiqué l’Association des consommateurs sénégalais (Ascosen) qui, de concert avec d’autres consuméristes locaux prévoit de porter plainte contre l’entreprise.

Les réparations qui trainent en longueur ont cependant fini d’installer le doute dans l’esprit des populations. Pis, à la SDE tout comme au niveau du gouvernement, on multiplie les pirouettes, arguties et autres propos de circonstances, sans convaincre une population assoiffée et qui désormais craint de plus en plus pour sa santé.

Le « retour à la normale » a été maintes fois annoncé par la SDE en vain. Le gouvernement promet à présent des « audits », des « sanctions » et la création d’une nouvelle station.

Fausse route disent ses adversaires, se faisant l’écho des usagers, pour qui la priorité c’est trouver de l’eau aux populations et en urgence. Ce que manifestement le gouvernement semble incapable de faire.

L’affaire fait la « Une » de l’essentiel des quotidiens dakarois depuis des jours, et constitue notamment le principal sujet des programmes interactives des radios privées de la place

Selon les confidences d’un cadre de la SDE, interrogé par le quotidien Walfadjri (privé) et qui a requis l’anonymat, la pénurie risque de durer encore deux mois. Autant dire une éternité.

A côté des consuméristes, d'autres organisations de la société civile sont également montés au créneau pour dénoncer la gestion par le gouvernement de cette crise sans précédent, d’autres organisations de la société civile comme le Collectif des imans de Guédiawaye, installé dans la banlieue dakaroise ou encore le mouvement Y’en-a-marre (mouvement contestataire essentiellement composé de jeunes).

Une frange du Mouvement du 23 juin (M23) a aussi organisé une manifestation dans la journée du mercredi 25 septembre 2013 à Khar Yalla, un quartier populaire dans la proche périphérie de la capitale.

Le président Macky Sall, qui s’était rendu à New York, a interrompu son séjour « du fait la gravité » de la situation. Il fait face à sa première grande crise, un an et demi seulement après son arrivée au pouvoir.

« Si Wade a été électrocuté, Macky sera noyé » ironisent déjà les internautes sénégalais qui ont créé pour l’occasion sur les réseaux sociaux les mots clés "sunudokh" (notre eau, en wolof) et "eauxsecours".

Ouestaf News

Macky savait

Eau Sall 

images.jpg

Un contrat signé en 1996, six avenants et la promesse d’en obtenir un septième, la Sénégalaise des eaux (SDE) est décidément dans son élément : l’eau. Et selon des informations dignes de foi, ce partenaire stratégique sur lequel compte l’Etat, a de beaux jours devant lui. L’avenant numéro 7, devrait rallonger le contrat de la SDE pour cinq ans, c’est-à-dire jusqu’en 2018, un an donc après la Présidentielle de 2017.

Ce qui est clair, c’est que ce débat ne se serait même pas posé si le Président Wade avait réussi son coup en 2012. La Sénégalaise des eaux (SDE), qui est contrôlé à 65% par le privé français, avait en effet réussi à faire rédiger aux autorités d’alors, un contrat de concession sur 30 ans qu’EnQuête avait publié en exclusivité dans son édition du 16 juin 2011.

Nous savons par ailleurs que le ministre de tutelle d’alors, Oumar Sarr en l’occurrence, avait vu le dossier échapper à son contrôle pour atterrir à l’Agence nationale pour la promotion de l'investissement et des grands travaux (APIX) à l’époque dirigée par Aminata Niane. On ne sait d’ailleurs pas pour quelle raison précise parce qu’Oumar Sarr jouissait bien de la pleine confiance du Président Abdoulaye Wade. En tout état de cause, le dossier reste dans les tiroirs de la Présidence. Et il n’est pas impossible que le ‘’renard’’ Wade ait cherché à politiquement monnayer sa signature, pour obliger les Français à rester…solidaires. Il ne faut pas oublier que nous sommes en pleine campagne pour la non candidature du Président Wade à la présidentielle de 2012.

Macky Sall au coeur des dossiers...

En tout cas, lorsque le Président Macky Sall arrive au pouvoir, il hérite du dossier. Mais il préfère prolonger juste pour un an le contrat de la société en attendant d’y voir plus clair. Pourtant le Président Macky Sall maîtrise parfaitement le secteur de l’Hydraulique pour avoir été ministre de ce secteur.

C’est en effet lui qui signe le 28 janvier 2002, l’avenant N°1 qui permet à la Sénégalaise des Eaux de prolonger d’un an le contrat d’affermage du secteur public de la production et de la distribution d’eau potable, ce, en se référant aux termes de base du contrat initial signé, comme précisé dans notre édition de lundi dernier, par le Premier ministre Habib Thiam, le ministre de l’Economie et des finances Papa Ousmane Sakho ainsi que celui de l’Hydraulique Mamadou Faye, à la date du 5 avril 1995. On retrouve aussi la signature du ministre de l’Hydraulique qu’il fut sur l’avenant N°2 signé moins d’un an, après le premier.

Dans les documents parcourus par EnQuête, on voit aussi la signature de Mamadou Samb, alors Directeur général de la Société nationale des eaux (SONES) ainsi que Frédéric Renard que l’actuel Directeur général de la Société des eaux (SDE) a remplacé. Au total, le Président Macky Sall a signé ou inspiré trois des six avenants qui permettent à la SDE de poursuivre l’exploitation et la distribution de l’eau au Sénégal, jusqu'à la date d'aujourd'hui. Et sans nul doute, la société est assurée d'obtenir le précieux sésame pour les 5 ans à venir, sauf si la situation se complique davantage pour prendre d'autres tournures.

Ce qui est sûr, c'est qu'au niveau du secteur de l'eau, des voix s'élèvent pour dénoncer l'instabilité chronique à la tête de la SONES, qui participerait à entretenir la crise. Six Directeurs généraux se sont en effet succédé à la tête de la boîte. Il s'agit d'El Hadj Dieng Mamadou Samb ''Delco'' (Ndlr, qui s'est retrouvé ensuite conseiller d'Abdoul Mbaye à la Primature), Amadou Ndiaye, Cheikh Fall, Ibrahima Diallo, Abdourahmane Diouf et Anta Seck...

Dans le lot, seuls deux ont le profil technique indiqué pour piloter une boîte comme la SONES et soutenir le bras de fer avec la SDE. Ce qui n'est pas pour déplaire à la société d'exploitation qui n'a sans doute pas envie d'avoir en face d'elle des interlocuteurs crédibles au poste de Directeur général. 

Leral.net

Et dire que Sall s'occupait de l'eau...

Chronique annoncée d’un Etat amateur

arton32529.jpg

Arrivé en catastrophe jeudi de New York, Macky Sall a présenté ses excuses aux populations après avoir convoqué un Conseil des ministres d’urgence sur la très grave et incroyable pénurie d’eau potable qui prive depuis plusieurs semaines les Dakarois du liquide précieux.

Pour autant, le problème reste entier et ce ne sont pas les sorties inopportunes du Premier ministre Aminata Touré, les atermoiements inacceptables du ministre de l’Hydraulique Pape Diouf qui vont arranger les choses. Tous deux ont plutôt fini de montrer aux Sénégalais le mensonge d’Etat du gouvernement de la deuxième alternance.

Une fois de plus et tristement le discours politicien a été servi honteusement alors qu’il était attendu un acte politique fort qui, bien entendu, n’est jamais venu.

Il n’est pas besoin d’être devin pour savoir que le président Macky Sall a hérité de plateaux techniques obsolètes. Cela est visible dans le secteur de l’énergie comme dans le secteur de l’eau et bien d’autres, telles les infrastructures par exemple. Un pont piéton de la VDN menace de s’effondrer, le premier construit sous l’ère Diouf non loin du stade Léopold Sédar Senghor ploie chaque année de quelques centimètres, le marché Sandaga est sérieusement entamé, etc.

Macky Sall a certes l’excuse d’un héritage compliqué, mais il ne peut par contre prétendre ne rien savoir de ce que risque quotidiennement les populations et le pays. Gouverner, c’est prévoir et prévoir c’est anticiper et se donner les moyens de dérouler une autoroute pour les prochaines générations. Rien de plus, rien de moins.

Le nombre croissant de morts sur les routes du Sénégal depuis le début de l’année - plus 600 morts en six mois -, atteste du manque de poigne d’une administration plus soucieuse de la réélection du président que de la recherche de solutions tangibles et efficaces attendue par les Sénégalais. Il n’est pas attendu de Macky Sall qu’il réalise des miracles, il ne lui est pas demander de faire des efforts surhumains, il lui est demandé cependant d’être opportun, conquérant, efficace et absolument juste.

La grave pénurie d’eau potable qui a fini de montrer l’incompétence sénégalaise à faire face à des catastrophes du genre renseigne aussi sur le casting désastreux de Macky Sall. Avoir remercié un homme aussi méticuleux, méthodique et organisé que Abdoul Mbaye pour une Aminata Touré qui n’a pas le profil de l’emploi. Sans méchanceté aucune et sans aucune idée de blesser, le costume taille patron aurait tout de suite convoqué les Finances, le Budget, l’Intérieur, la Défense, les Transports aériens, avant de mettre dans la danse la diplomatie et le secteur privé spécialisé.

Quand une conduite d’une telle importance qui plus est unique source de desserte d’eau s’endommage, le risque catastrophe locale, régionale, nationale se mesure en termes de niveau d’alerte et par conséquent de solutions d’envergures immédiates. Mais enfin, faut-il savoir de quoi on parle. Et sur ce point Aminata Touré et Pape Diouf ont tout simplement « merdé ». Macky Sall doit en tirer les conséquences qui s’imposent.

On aurait compris des mesures draconiennes telle la réquisition de l’usine Kirène, la décision de mesures d’accompagnement pour engager et conforter un élan de solidarité prioritaire, national voir international. Mais, comme nous le disions, aurait-il fallu que la méthode, l’organisation passassent avant le discours politicien.

Macky Sall sait désormais à quoi s’en tenir. Ce n’est de pas de politiciens qui se gargarisent dont a besoin le peuple qui l’a porté au pouvoir le 25 mars 2012, mais d’hommes et de femmes qui n’ont rien à faire de la politique mais plutôt envie de piloter un projet dont les fruits feront forcément d’eux des pans importants de l’histoire économique, social et politique du Sénégal.

A Macky Sall de comprendre que son horizon politique dépend de l’efficacité et des résultats de son mandat. Il traîne laborieusement et file droit vers un camouflet historique en 201…

Souleymane KANDJI/ASI24 

Rien ne va plus pour Macky Sall

Un seul tuyau manque et tout est bloqué

APPROVISIONNEMENT-EN-EAU-DE-DAKAR.jpg

Aussi efficace, aussi spectaculaire soit-il, le  coup de gueule exceptionnel du chef  du gouvernement sénégalais, servi aux téléspectateurs, mercredi 25 septembre, à une heure de grande écoute, rassemble à s’y méprendre à  une séance de rattrapage.  

Une opération de communication publique qui intervient plus de 14 jours après la première coupure d’eau,  plus d’une semaine après que le directeur général de la SDE, Mamadou Dia, visiblement dépassé, ait promis, en vain,  le retour à la normale et trois jours après que le gouvernement ait essuyé  les premiers mouvements d’humeur des populations de Dakar  depuis l’élection de Macky Sall en mars 2012.  

Ces pneus et troncs d’arbres calcinés le long des routes sont plus révélateurs que les sondages d’opinion commandités en ce moment sur la popularité du chef de l’Etat auprès de la diaspora.  Il a fallu donc  14 jours pour que ce problème grave, à la base de toutes les infrastructures sanitaires urbaines,  arrive enfin au sommet de l’Etat.  14 jours!

Est-ce le temps nécessaire pour que l’information sur la portée d’un  incident aussi gravissime,  passe par tous les rouages bureaucratiques,  tous les tuyaux de fractionnement de pouvoirs, déjouant les intérêts parfois égoistes, les trafics d’influence et les carences en communication,  pour parvenir enfin au sommet de l’Etat?

Apparemment, le président de la République (rentré jeudi 26 janvier  dare-dare de son séjour New Yorkais dans le cadre des assemblées générales de l’ONU),  n’était pas  informé sur la portée réelle du problème. 

Pourvu que la recherche du bouc émissaire idéal  ne prive le Sénégal d’un diagnostic nécessaire: celui d’abord de la responsabilité suprême de l’Etat et de ses rouages  dans la continuité du service public.  Celui de la bonne gouvernance, de la modernisation  et de l’efficacité de ce  service public.

Un contrat de concession, de délégation ou d’affermage ne dédouane pas la puissance publique de sa mission régalienne de protéger les sénégalais, de défendre leurs intérêts et de veiller sur leur sécurité et leur santé.  C’est à ce niveau qu’il y a eu une grosse panne.  Quant au  tuyau du lac de Guiers ou d’ailleurs, il  relève de l’anecdotique et rappelle les fréquentes coupures d’électricité, les ruptures en gaz butane et, in finé, la faiblesse quasi-structurelle d’un pays, fut-il le plus démocratique de la région.

L’Etat, dans sa mission de garant de la continuité des services publics, devrait se pencher, en dehors des lobbys et des groupes de pression,  sur le contrat d’affermage qui le lie la filiale de Bouygues. Un contrat sensé durer dix ans (1996-2006), qui a été prolongé de 5 ans et qui ferait l’objet actuellement d’une tentative de prolongation. Sur le dos du consommateur sénégalais?

A tous le moins, cette  grosse panne qui prend les dakarois en otage  illustre bien le retard pris dans les investissements et le peu de sérieux, tant de la SDE (Sénégalaise des Eaux)  que de la SONES (Société nationale des eaux du Sénégal) , dans l’entretien des installations existantes.  Qu’il intervienne au moment même de la commémoration de la castastrophe du bateau le Djola (due par une série de défaillances dans le contrôle et la gestion d’un service public) ne peut que pousser à un véritable diagnostic de l’appareil public. En tirera-t-on toutes les conséquences?

FinancialAfrik

27/09/2013

Touriste t'es où?

Les Touristes se font rares au Sénégal : les hôteliers licencient

saly-2.jpg

La baisse des arrivées de touristes part pour être la source de tous les maux des acteurs du secteur. Les réceptifs accusent le coup et se plaignent de ne plus honorer leurs engagements et s’exposent à des pertes. Ainsi, ils se résument à des licenciements parfois jugés abusifs. Ces faits participent d’un réchauffement du front social dans le monde de l’hôtellerie. Le secteur du touriste, par son aspect transversal, fait des vagues au niveau des effets entrainés par ces constats.

L’artisanat d’art est à la traîne. Les guides ne voient plus de clients et les transports et autres taxis brousse sont aux abois.

La réglementation des activités du secteur encore ignorée de ses acteurs, installe l’anarchie et le désordre. Le peu de touristes qui débarquent ne vont pas vers les hôtels mais prennent la direction de villas privées ou des auberges encore inconnues des nouvelles autorités de tutelle. Elles font une concurrence déloyale aux installations régulièrement répertoriées et s’acquittant des taxes et autres redevances.

Quant aux plaies du tourisme qui risquent de connaître la gangrène, l’attention est portée sur la drogue, la prostitution, la pédophilie. Des avancées notables sont notées sur le plan de la sécurité malgré quelques faits regrettables dans la station balnéaire de Saly avec des vols et des agressions. Du reste, la destination de Saly –Portudal contrairement à certaines attaques malveillantes, devient de moins en moins sexuelle avec le recul de la prostitution suite au démantèlement de réseau de prostituées.

Les aspirations de présenter le développement des terroirs jurent encore avec le manque de visibilité des retombées ou effets induits au niveau des populations locales. Les bénéfices escomptés tardent encore à se faire sentir à travers des réalisations concrètes de grande envergure. Les investisseurs étrangers ont mis en place des stratégies faisant payer au touriste toutes les prestations à partir du pays émetteur.

Sud Quotidien/Xibaaru

Laissons couler...

A l'eau la France!?!

10761_EAU MANQUE.jpg

Impuissant devant la pénurie d’eau chronique : Macky Sall appelle au secours la France et la Chine

Les plus hautes autorités du Sénégal sont dépassées par la panne de l’usine de la Sénégalaise des eaux (SDE) de Keur Momar Sarr qui approvisionne plus de 40% de Dakar en eau. Ne sachant plus par quel bout prendre l’affaire après plusieurs promesses de retour à la normale ratées, le président de la République a finalement appelé au secours. Macky Sall a saisi ses homologues de la France, François Hollande et de la Chine. Il leur a demandé de l’aide pour la réparation de la panne qui perdure depuis deux semaines maintenant et qui plonge les populations dans une profonde détresse.

La révélation a été faite par la Première ministre, Aminata Touré qui a fait tard dans la nuit une déclaration sur la RTS. Elle l’a faite à la suite d’une réunion d’urgence convoquée au palais présidentiel en présence des ministres de l’Economie et des finances, Amadou Ba, de l’hydraulique et de l’assainissement, Pape Diouf, de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo. «La situation de la panne de l’usine de Keur Momar Sarr est plus sérieuses qu’on ne l’espérait. Les choses se sont aggravées avec l’explosion d’un conduit qui a fait des blessés», a-t-elle affirmé.

Aminata Touré a fait savoir que «le président français a promis de dépêcher des experts, dans les plus brefs délais au Sénégal». Elle est, par ailleurs, revenue sur un dispositif palliatif. 

Pressafrik

Quand la violence découle de l'eau...

La pénurie d’eau vire à l’émeute à Dakar

486674-626805.jpg La pénurie d’eau à Dakar qui dure depuis près de 2 semaines a viré à l’émeute, dans la nuit de mercredi les sénégalais sont sortis dans les rues pour manifester leur colère en brûlant des pneus malgré le déploiement massif des forces de l’ordre.

De nombreux jeunes Dakarois sont sortis de leurs quartiers des Mamelles, Yoff, Grand-Yoff, Rufisque, des Parcelles assainies, de Boune et de Yeumbeul Sud pour manifester leur colère face à la pénurie d’eau qui paralyse la capitale sénégalaise depuis douze jours.

Mercredi dans la soirée, la route qui mène à l’aéroport de Dakar a été transformée en un champ de bataille par des jeunes manifestants armés de pierres qui ont brûlé des pneus, cassés des voitures et bloqué la circulation pendant des heures. La situation a nécessité l’intervention des éléments de la gendarmerie pour repousser les manifestants et remettre de l’ordre dans la circulation.

Jusque-là, les assurances du Dg de la Société des eaux (Sde), la sortie du ministre de l’Hydraulique, Pape Diouf, et les menaces du Premier ministre, Aminata Touré n’ont rien changé en la situation,encore ce jeud Dakar reste toujours privée d'eau.

A Niarry Tally, les jeunes du quartier accompagnés de femmes et enfants organisés en petits groupes scandaient " Nous sommes fatigués ". D’autres plus radicaux, chantaient en choeur : " Na dem ! Na dem ! Dem ! Dem " (qu’il (Macky Sall) s’en aille), une manifestation réprimée à coups à coups de grenades lacrymogènes par les forces de l’ordre.

Le président Macky sall à New York pour la 68 eme assemblée des Nations Unies, à du écourter son voyage pour présider ce jeudi un conseil des ministres qui sera axé en priorité sur cette crise de l’eau dans la capitale sénégalaise et ses environs.

Nanita/koaci

Des khalis contre le terrorisme

Le Sénégal et la France font front commun contre le terrorisme

cfa_argent11452_2.jpg

Le ministre de l’Intérieur du Sénégal, Abdoulaye Daouda Diallo a présidé dans la matinée au siège de son ministère, une rencontre qui avait pour but d'élaborer une meilleure stratégie de lutte contre le terrorisme. C’était en présence de l’ambassadeur de France au Sénégal, Jean Félix-Paganon.

La France s’engage ainsi à soutenir le Sénégal dans la coordination de la lutte contre le terrorisme sur l’ensemble du territoire national. Elle va accorder une enveloppe de 450 millions de F CFA à travers le Fonds de solidarité prioritaire. Avec la récente sanglante attaque dans un centre commercial à Nairobi, au Kenya, il y a bien une preuve que les pays Africains ne sont pas épargnés par la menace terroriste d’où l’importance de mettre en place des mécanismes adéquats de lutte, a expliqué l’Ambassadeur français. Il faut noter que la majorité de ce financement sera destinée au renforcement de capacités et d’équipements des agents de la Police, de la Gendarmerie et de la Justice. Dans ce plan de lutte contre le terrorisme, il est prévu également de consolider d’avantage la paix dans le pays en évitant des conflits.

BSD/Leral.net

26/09/2013

Al Qaida ou paranoïa

le Sénégal est-il paranoïaque?

al-qaeda1.jpg

Avant-hier, des médecins pakistanais ont été interdits d’entrer en territoire sénégalaise sous prétexte qu’ils appartiendraient à l’organisation terroriste Al-Qaïda qui fait trembler les Usa et leurs alliés dont le Sénégal. Pourtant à Sélity où ces médecins pakistanais viennent toutes les années pour opérer les autochtones gratuitement, on soutient que leurs bienfaiteurs ne sont pas membres du mouvement jihadiste. Mais ce qui est fait est déjà fait.

Depuis le 11 septembre 2001, date des attentats du World Trade center dont les auteurs seraient des islamistes radicaux, les Etats-Unis sont comme devenus paranoïaques en ce qui concerne la sécurité. La première puissance mondiale s’est barricadée et a entrainé avec elle tous ses alliés dans la lutte contre le terrorisme. C’est dans cette logique le Sénégal a interdit d’accès à son territoire à des médecins pakistanais qui ont été ensuite refoulés en Gambie. C’est à la frontière entre la Gambie et le Sénégal que ces médecins étrangers ont été éconduits par les forces de sécurité qui ont recu des informations selon lesquelles ces individus sont des membres de l’organisation terroriste Al-Qaïda de Oussama Ben Laden.

Des accusations que réfute l’Imam Mohamed Sow qui fait partie de la caravane. Il soutient que ces médecins ophtalmologistes viennent au Sénégal depuis 6 ans et plus particulièrement en Casamance pour soigner les populations démunies. Ainsi, il fait savoir à nos confrères de l’Observateur que cette éconduction dont leurs bienfaiteurs ont fait l’objet  n’est pas du gout de ceux-là qui devaient bénéficier de leurs services gratuits. À cet effet, il demande à l’Etat de revenir à de meilleurs sentiments afin que ces médecins humanitaires puissent fouler le sol sénégalais.

Voici un autre communiqué sur cette affaire:

Des "djihadistes" déguisés en médecins arrêtés à la frontière sénégalo-gambienne

Vingt ressortissants pakistanais soupçonnés de mener des activités terroristes ont été bloqués samedi à la frontière sénégalo-gambienne, par la Police des airs et des frontières (Paf). L’information est du quotidien La Tribune.

D’après nos confrères, ces présumés djihadistes se faisaient passer pour des médecins travaillant pour l’Agence des musulmans d’Afrique (Ama), une Ong qui œuvre dans le social dans le Sud du pays et en Gambie. En provenance du pays de Yaya Jammeh, à bord d’un convoi dont le nombre de véhicules n’a pas été déterminé, ils se dirigeaient vers le Sénégal, informe le journal qui ajoute que c'est sur ordre du ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo, qu’ils n’ont pas pu franchir le dispositif mis en place par la Direction de surveillance du territoire pour lutter contre terrorisme.

Leral.net/Setal.net

Les femmes de Nder

Les femmes de Nder : résistantes sénégalaises à l'esclavage

EA2.jpg

Voilà un fait particulièrement tragique resté longtemps dans la mémoire des Sénégalais. L’histoire des femmes de Nder qui, un mardi du mois de novembre 1819, se sacrifièrent collectivement pour ne pas tomber entre les mains d’ esclavagistes maures

A cette époque, le Walo constituait une province prospère située à l’embouchure du fleuve Sénégal. Ses habitants, de paisibles cultivateurs, vivaient du commerce avec les caravaniers du commerce transsaharien et avec les gens de Saint-Louis, première capitale coloniale du Sénégal, où ils écoulaient leurs denrées agricoles. Le fleuve séparait le Walo de la Mauritanie où était notamment établie la tribu des Trarzas. D’eux, on ne savait jamais à l’avance s’ils débarqueraient en clients pour échanger des marchandises ou en ennemis pour se ravitailler en captifs. Toujours est-il que depuis l’installation des troupes françaises à Saint-Louis, les Maures ne cessaient d’accentuer leur pression contre le Walo, qu’ils voulaient faire passer sous leur contrôle, afin d’empêcher la région de tomber sous domination européenne.

Cette année là, une longue période d’accalmie avait succédé aux violents affrontements dont les guerriers maures et leurs alliés Toucouleurs étaient une fois de plus sortis vainqueurs. On était au début de la saison sèche et Nder vivait un peu au ralenti. Le Brack (le Roi) était à Saint-Louis pour se faire soigner d’une mauvaise blessure reçue lors de la bataille de Ntaggar contre les Maures justement. Comme à l’accoutumée, les dignitaires du royaume étaient du voyage et une bonne partie de la cavalerie les accompagnait.

Ce mardi comme les autres jours, les hommes avaient rejoint les champs dès l’aube, la daba (houe traditionnelle) sur l’épaule. D’autres s’étaient rendus à la chasse, tandis qu’un troisième groupe avait pris la direction du fleuve où étaient amarrés leurs barques de pêcheurs. Seuls quelques ceddos (soldats) étaient restés en garnison, et s’occupaient à astiquer nonchalamment leurs grands fusils de traite. Dans le village aux cases rondes livré aux femmes, aux enfants et aux vieillards, régnait l’animation du quotidien. Les coups de pilon, en une ronde saccadée, redoublaient d’ardeur à moudre le mil. Les femmes, vaquant à leurs occupations, s’interpellaient à l’intérieur des concessions. D’autres s’affairaient à l’entour des greniers où étaient entreposées les dernières récoltes. Quelques-unes enfin bavardaient tranquillement sur la place du village, tandis que les jeunes enfants se poursuivaient bruyamment autour de l’arbre à palabres où, le soir venu, les anciens avaient coutume de dérouler les histoires du passé.

Soudain un cri d’effroi troubla la quiétude du lieu. En un instant, les rires se figèrent, les pilons tombèrent, les concessions se vidèrent. Tous les regards convergèrent vers la femme qui venait de franchir en trombe l’entrée du tata, ce mur d’enceinte en branchages et terre glaise, censé protéger les villages en cas d’offensive.

La main agrippée à une calebasse ruisselant d’eau bien que vidée de son contenu, la femme haletait, terrorisée : « Les Maures ! Les Maures sont là ! Ils arrivent ! J’étais au bord du lac de Guiers et je les ai vus à travers les roseaux. Une armée de Maures ! Ils ont avec eux une troupe de Toucouleurs conduits par le chef Amar Ould Mokhtar ! Ils s’apprêtent à traverser le fleuve et viennent vers notre village ! »

Toutes les femmes crièrent en même temps. Elles savaient quel sort les attendait… Les Maures avaient repris leurs razzias dans le Walo pour s’approvisionner parmi les autochtones. Un grand nombre d’hommes, de femmes et d’enfants seraient arrachés à leurs familles pour être vendus comme esclaves aux riches familles d’Afrique du Nord. Cela avait toujours été ainsi et Nder y avait perdu bien des fils et des filles.

Pendant ce temps, à quelques kilomètres de là, postés sur l’autre rive du fleuve, les cavaliers enturbannés venus du désert s’apprêtaient à lancer leurs chevaux à l’assaut du village. Les femmes décidèrent aussitôt d’organiser la résistance avec les soldats demeurés sur place.

A la hâte, elles expédièrent les enfants dans les champs avoisinants sous la conduite de leurs aînés, afin qu’ils se cachent dans les hautes tiges de mil. Puis elles se précipitèrent dans leurs cases pour en ressortir vêtues de boubous et de pantalons bouffants, qui d’un époux, qui d’un père, qui d’un frère ; les cheveux dissimulés sous des bonnets d’homme. Elles s’étaient munies de tout ce qui pouvait servir à leur défense : coupe-coupe, lances, gourdins et même de vrais fusils qu’elles s’apprêtaient à manier pour la première fois.

Amazones d’un jour, ces femmes se battirent avec l’énergie du désespoir. Servantes, paysannes, aristocrates, jeunes, vieilles, elles s’engagèrent, animées de leur seul courage, dans la terrible confrontation avec l’ennemi. Dans leurs chants de célébration à la mémoire de ces femmes d’exception, les griots, illustrateurs des pages de l’histoire africaine, assurent que ce jour là, elles tuèrent plus de trois cents Maures. Le combat était cependant inégal. Les ceddos furent rapidement exterminés. Des rigoles de sang bouillonnant s’épandaient en une boue rougeâtre sur le sol de terre battue. Ça et là gisaient pêle-mêle des cadavres et des blessés agonisants.

Face à la farouche détermination des survivantes qui, bien que désarmées, étaient supérieures en nombre à la colonne ennemie, le chef Amar Ould Mokhtar lança à ses troupes l’ordre de dispersion. Les cavaliers du désert rangèrent leurs sabres effilés, prirent leurs blessés en croupe et retraversèrent le lac. Vexé d’avoir été tenu en échec par de simples femmes, le chef maure savait cependant qu’elles ne pourraient résister longtemps malgré leur bravoure. Ne voulant pas risquer d’abîmer la « marchandise », il comptait revenir un peu plus tard, afin de les prendre vivantes pour en tirer un meilleur prix sur les marchés d’esclaves.

Les femmes du Walo se sentirent perdues… A bout de forces, elles ne pouvaient soutenir une seconde attaque. Les hommes avaient tous péri et le messager qui s’était précipité à la recherche de secours, arriverait sûrement trop tard. Tout espoir était vain.

Femmes de Nder ! Dignes filles du Walo ! Redressez-vous et renouez vos pagnes !

C’est alors qu’une voix s’éleva au-dessus des clameurs, des lamentations et des hurlements de douleur. C’était Mbarka Dia, la confidente de la linguère (reine) Faty Yamar. Elle seule savait se faire obéir des courtisanes énergiques et autoritaires qui entouraient la reine. Prenant appui contre l’arbre à palabres, parce qu’elle-même avait été blessée, elle se mit à haranguer ses compagnes :

« Femmes de Nder ! Dignes filles du Walo ! Redressez-vous et renouez vos pagnes ! Préparons-nous à mourir ! Femmes de Nder, devons nous toujours reculer devant les envahisseurs ? Nos hommes sont loin, ils n’entendent pas nos cris. Nos enfants sont en sûreté. Allah le tout puissant saura les préserver. Mais nous, pauvres femmes, que pouvons-nous contre ces ennemis sans pitié qui ne tarderont pas à reprendre l’attaque ? »

« Où pourrions-nous nous cacher sans qu’ils nous découvrent ? Nous serons capturées comme le furent nos mères et nos grands-mères avant nous. Nous serons traînées de l’autre côté du fleuve et vendues comme esclaves. Est-ce là un sort digne de nous ? »

Les pleurs s’arrêtèrent, les plaintes se firent plus sourdes… « Répondez ! Mais répondez donc au lieu de rester là à gémir ! Qu’avez-vous donc dans les veines ? Du sang ou de l’eau de marigot ? Préférez-vous qu’on dise plus tard à nos petits enfants et à leur descendance : Vos grands-mères ont quitté le village comme captives ? Ou bien : Vos aïeules ont été braves jusqu’à la mort ! »

La mort ! A ce mot, fusa une sourde exclamation. « La mort ! Que dis-tu Mbarka Dia ? » « Oui mes sœurs. Nous devons mourir en femmes libres, et non vivre en esclaves. Que celles qui sont d’accord me suivent dans la grande case du conseil des Sages. Nous y entrerons toutes et nous y mettrons le feu… C’est la fumée de nos cendres qui accueillera nos ennemis. Debout mes sœurs ! Puisqu’il n’y a d’autre issue, mourrons en dignes femmes du Walo ! »…

Le soleil était maintenant haut dans le ciel. Un silence angoissant s’abattit sur le village. Muettes de désespoir, les femmes s’avancèrent lentement vers la vaste case qui s’élevait, imposante, au milieu du village. Pas une n’avait osé s’opposer à Mbarka Dia, de crainte que l’écho de leur couardise ne rejaillisse sur leur descendance. Une dernière fois elles contemplèrent le décor familier de leur quotidien, laissèrent traîner leurs regards embués de larmes sur les volailles affolées, les greniers pillés, les pilons abandonnés sur le sol, les marmites renversées, les cases éventrées et tous ces cadavres de proches qui commençaient à gonfler sous l’effet de la chaleur…

Alors elles s’entassèrent dans la case principale. Quelques jeunes mères qui n’avaient pas voulu se séparer de leurs nouveau-nés, les serraient contre leurs seins, à les étouffer. La dernière à pénétrer dans la pièce était enceinte et près de son terme. Mbarka Dia ferma la porte. D’un geste précis, elle enflamma une torche et sans même un tremblement, la lança contre l’une des façades de branchages. Aussitôt jaillit un immense brasier. A l’intérieur de la case, les femmes enlacées, serrées les unes contre les autres, entonnèrent, comme pour se donner un dernier sursaut de courage, des berceuses et de vieux refrains qui depuis leur enfance avaient rythmé leurs activités.

Les chants commencèrent à faiblir… aussitôt remplacés par de violentes quintes de toux. C’est alors que la future mère, guidée par son instinct de survie, poussa violemment la porte d’un coup de pied et, happant une goulée d’air, se précipita à l’extérieur où elle s’évanouit sur la terre battue. Celles qui vivaient encore ne bougèrent pas. Quelques-unes eurent le temps de murmurer : « Qu’on la laisse. Elle témoignera de notre histoire et le dira à nos enfants qui le raconteront à leurs fils pour la postérité. » Celles qui n’avaient pas encore été asphyxiées continuaient à chercher dans leurs chants de supplique, le courage de rester dans ce cercueil incandescent. Et les voix s’éteignirent peu à peu… Tout à coup, un effroyable craquement domina le crépitement des flammes. La charpente du toit venait de s’affaisser sur les corps. C’est un silence de mort qui accueillit les hommes arrivés trop tard au secours du village. Toutes les femmes de Nder avaient péri. Sauf une.

Les anciens affirment qu’à ce moment là, de gros nuages noirs voilèrent le ciel et tout devint obscur. Comme pour cacher la douleur de ces pères, de ces fils et de ces époux, anéantis par un désespoir que ni leurs cris, ni leurs larmes ni même le temps, ne sauraient apaiser. A partir de ce jour et pendant très longtemps, s’instaura dans le village de Nder un rite connu sous le nom de « Talata Nder », pour honorer la mémoire de ces héroïnes. Chaque année, un mardi du mois de novembre, aucune activité ne venait troubler cette journée de souvenir. Et pendant de longues heures, hommes et femmes, jeunes et vieux, restaient enfermés à l’intérieur de leurs concessions pour prier et rendre hommage au sacrifice des femmes de Nder.

Aujourd’hui, me dit-on, ce petit village du Walo est livré à l’abandon et à l’effacement de la nature, comme de la mémoire. Aucune commémoration ne vient plus rappeler la page d’histoire qui s’y est écrite. Nos dignes ancêtres de Nder ne mériteraient-elles pas mieux que l’indifférence après cette belle leçon d’héroïsme qu’elles nous ont laissée ?

Sylvia Serbin

Journaliste et historienne afro-antillaise, (30 passés entre le Sénégal où elle est née, et la Côte d’Ivoire), Sylvia Serbin a publié « Reines d’Afrique et héroïnes de la diaspora noire » aux éditions Sépia. Cet ouvrage met à l’honneur 22 femmes, africaines, antillaises, américaines, dont certaines ont été d’authentiques reines, d’autres de valeurs résistantes, même si elle a également mis à l’honneur certaines prophétesses messianiques ou des victimes du racisme européen : on retrouvera ainsi dans son livre des personnages comme Harriet Tubman l’américaine libératrice d’esclaves, les reines Zingha d’Angola, Pokou de Côte d’Ivoire ou Ranavalona III de Madagascar, à côté des Amazones du Dahomey, ou de la Vénus Hottentote.

Selly Wane

Trésor aquatique du Sénégal

IMMERSION DANS LE LAC DE GUIERS

A la découverte d'un trésor aquatique

Lac de Guiers.jpg

Méconnu des Sénégalais, le Lac de Guiers est pourtant vital pour le pays. Principale source d'approvisionnement en eau potable de Dakar, il demeure un carrefour économique tant du point de vue de l'exploitation agricole, de l'élevage que d'autres activités, pour les 125 villages répertoriés qui vivent autour. Mais entre la préservation du lac au plan environnemental et les urgences auxquelles font face les populations, l'équilibre n'est pas facile à trouver. L'importance du Lac de Guiers vient ainsi poser la nécessité de protéger ce joyau naturel autour duquel gravitent plusieurs écosystèmes.

Historiquement, Le lac de Guiers fait partie des royaumes du Tekrour, du Walo et du Djolof. Sur la rive occidentale se trouvait la troisième et dernière capitale du royaume du Walo, une localité qui existe toujours sous le nom de Nder. Comme en témoignent notamment les cartes du Sénégal établies par le père Labat, le lac a porté autrefois le nom de Panier Foule (ou Pania Fuli), en référence au peuple peul.

Stué au nord du pays, le lac de Guiers est alimenté par le fleuve Sénégal auquel il est relié par la rivière canalisée de la Taouey, mais aussi par les eaux de pluie qui ruissellent de la vallée du Ferlo. Seul réservoir d'eau douce de la région, il approvisionne en particulier la capitale, fournissant quelque 90% de l'eau consommée dans l'agglomération dakaroise. Pompée et traitée sur place dans les usines de la Sénégalaise des eaux (SDE) à Gnith et Keur Momar Sarr, elle est acheminée par une conduite forcée souterraine de 300 km de long.

Alors qu'elles sont entourées par une zone semi-désertique qui vit traditionnellement de l'élevage, les rives du lac sont donc assez fertiles, et des champs de canne à sucre, gérés par la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS), ont pu s'étendre au nord. L'agriculture paysanne produit aussi du riz et des patates douces. La pêche constitue également une activité significative, fournissant environ 2 000 tonnes de poisson par an. Comme un pendentif accroché au collier d’eau que constitue le fleuve Sénégal, le lac est un frein naturel à l’avancée du désert saharien.

Si le siège de l’Office du Lac de Guiers (OLAG) se trouve sur la Nationale 2, à la sortie de Saint-Louis, le lac se trouve à plusieurs encablures de là.

10 heures, en cette matinée de samedi sur la route de de Ross Béthio. L’horizon se dégage des deux côtés de la Nationale 2. D'une part, le Gorom Lampsar alimente des champs de riz à perte de vue, alors que de l'autre, la réserve de Ndiaël vient flirter avec le reste de lit du Gorom Lampsar coupé par la chaussée. De temps en temps, un troupeau de bovins avec son pâtre peul donne du relief au paysage uniforme. L’heure avançant, la chaleur s’accroît et la réverbération pose au loin des flaques sur le serpent d’asphalte, mirages aussitôt effacés.

Les premiers champs de Senhuile Senéthanol jalonnent le bord de la route, ce projet qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive, suscitant l’ire de populations locales jalouses de leurs terres que cette entreprise veut mettre en valeur. A Colonnat, à quelque 45 km de Richard-Toll, le véhicule bifurque à droite pour foncer vers la rive occidentale du lac de Guiers. A un détour, un large canal barre la route qui l’enjambe grâce à un pont. C’est le Yetti Yone, qui alimente principalement les périmètres de Senhuile avant de rejoindre sur 27 km la réserve du Ndiaël, exutoire naturel du lac de Guiers. Cette rivière du Yetti Yone avait un débit très irrégulier, causant inondations et destructions de champs, avant que ses berges ne soient consolidées et son débit régulé, grâce à des travaux que le projet Senhuile a mis en œuvre, en collaboration avec OLAG.

Aussitôt traversé le petit village de Yetti Yone, un panneau annonce le projet Senhuile Senéthanol dont au loin se profile le camp de base, fait de quelques baraquements posés sur un paysage lunaire, dégagé à perte de vue. En réalité, cette base de Senhuile est faite de deux conteneurs de 40 pieds placés en équerre. Quelques ouvriers vaquent à leurs occupations. Deux ou trois pasteurs peuls sont assis sur un banc, reconnaissables à leurs larges turbans enroulés autour de la tête à la mode touareg, mais aussi à leur inséparable bâton de pâtre. La raison de leur présence sur les lieux, certainement ces grands seaux entassés non loin et portant la marque d’un aliment pour bétail, que Senhuile Senéthanol distribue aux éleveurs de la zone.

Sortant d’un des shelters, Ibrahima Sow est à l’accueil. Il est le Directeur du contrôle et de l’organisation de Senhuile, responsable du camp de base. Il invite les visiteurs dans le bureau climatisé où momentanément la chaleur ambiante disparaît. ''C’est un partenariat gagnant-gagnant qu’entretiennent Senhuile et l’Office du lac de Guiers. Nous utilisons l’eau du lac pour irriguer nos périmètres. En contrepartie, nous avons fait des travaux d’aménagement sur le Yetti Yone. Ce sont des travaux d’endiguement effectués pour circonscrire le lit de la rivière. Mais le plus important, aujourd’hui, c’est la construction en cours d’une vanne en amont qui pourrait être livrée au plus tard dans une semaine. En plus de réguler le cours d’eau et de permettre une bonne irrigation de nos champs, cet ouvrage contribue à la mise en eau de la réserve faunique du Ndiaël'', a expliqué le responsable de Senhuile Senéthanol. Mais il faut dire que les problèmes se cohabitation sont réels entre les populations et Senhuile, même si les germes d'une concertation sont semées.

En quittant le camp de base de Senhuile, le cap est mis sur le village de Nder, ancienne capitale du royaume du Walo, célèbre pour ses femmes qui s’étaient immolées par le feu pour ne pas subir l’esclavage des maures du Trarza adeptes des razzias. Ce sont désormais des champs de patates et de manioc qui bordent la route. Depuis le camp de base de Senhuile, nous roulons sur une route goudronnée à l’origine et qui n’est plus que l’ombre d’elle-même, avec des nids de poule aussi grands que des impacts de bombe. La voiture slalome pour les éviter et les tripes dans les ventres vides s’emmêlent douloureusement sous l’effet des cahots. A 11h20, enfin Nder, village fantomatique déserté par ces habitants pris dans les travaux champêtres. Une case de santé, une école, quelques masures et rapidement l’orée de ce village célèbre, connu de nom par presque tous les Sénégalais.

L'agrobusiness en force

Dix minutes plus tard, c’est le village de Gnith, la station de pompage et l’usine de traitement des eaux du lac qu’y a installées la Sénégalaise des eaux (SDE). Autre partenaire de l’OLAG, la SDE alimente la capitale, Dakar, à partir de ses installations de Gnith, renforcées par celles plus récentes de Keur Momar Sarr, situées plus bas sur le lac. C’est un ponton de quelque 200m qui porte la grosse conduite plongée dans les eaux glauques du lac. Et depuis cette berge ouest du plan d’eau, une imposante île profile au large ses arbres et ses minarets de mosquées. C’est Diokhor.

Les responsables de l’usine de Gnith absents de la zone en ce samedi, l’étape suivante est une descente vers Keur Momar Sarr dernière étape de la randonnée. Les affres de la route cahoteuse reprennent de plus belle. De temps en temps, un chenal serpente vers le lac pour desservir les nombreux périmètres de patates du coin. Un peu plus loin, ce sont les installations de West Africa Farms, une entreprise sud-africaine spécialisée dans la production du radis pour l’exportation. Dans cette partie du Walo, l’agro business cohabite sans grands heurts avec les exploitations familiales, sous la bienveillante tutelle de l’OLAG.

C’est à un petit bourg sur la route que rendez-vous avait été pris avec Adama Sarr, président de l’Union des producteurs de patates. Malheureusement, le responsable agricole est absent, parti à Saint-Louis pour évacuer un blessé. C’est plus tard qu’il s’expliquera au téléphone. Et à en croire Adama Sarr, leurs rapports avec l’OLAG ne souffrent d’aucune difficulté. «A part le problème d’alimentation en eau que nous avons vécu avec les travaux sur la vanne de Richard-Toll», assure-t-il.

''Cette année, nous attendons une perte de production de l’ordre de 35%, due au manque d’eau. Les producteurs m’ont beaucoup critiqué, estimant que je n’ai pas bien défendu leurs intérêts. En tout cas, les baisses de rendement sont très notables cette année'', ajoute Adama Sarr. Ce dernier estime que leur union regroupe des producteurs qui occupent entre 1600 e 2000 ha. Et les rendements attendus sur leurs périmètres tournent autour de 70T/ha pour la variété 25/44 et 50T/ha pour le Fanaye. ''Nous n’avons pas de problème de commercialisation de notre production. Les commerçants viennent l’acheter bord champ. C’est seulement un problème de transport qui se pose, notamment des champs jusqu’au bord de la route. Le coût du transport à ce niveau atteint souvent celui de l’évacuation vers les centres urbains. D’où un besoin réel de pistes de production'', plaide Adama Sarr, président de l’Union des producteurs de patates.

Enqueteplus | Seneweb.com

Senegal Airlines a du plomb dans l'aile

Du plomb dans les ailes de Sénégal Airlines

senegal_airlines.jpg  

De sa création à aujourd'hui, Senegal Airlines n'arrive pas à véritablement décoller à cause de difficultés d'exploitation énormes. Selon Le Quotidien, c'est la raison pour laquelle le marché du pèlerinage à la Mecque a failli lui passer sous le nez cette année, tellement des menaces de saisie de ses appareils par ses créanciers pesaient fortement sur la compagnie. Avec toutes les complaintes dont cette compagnie fait l'objet, nos confrères de dire que l'État avait bel et bien raison d'hésiter avant de lui accorder le privilège de convoyer les pèlerins.

Seneweb

Brest-Dakar

Aéroport de Brest. Air Méditerranée lance des vols réguliers vers le Sénégal

Air_Méditerranée_A321_F-GYAZ.jpg

Air Méditerranée, compagnie aérienne française basée à Toulouse, va s'implanter comme compagnie aérienne régulière à l’aéroport Brest Bretagne : elle annonce qu'à partir du mois de décembre, elle effectuera des vols réguliers directs au départ de Brest vers le Sénégal (Dakar) en plus des Canaries (Ténérife). 

Dès le 23 décembre, une liaison régulière sera proposée pendant la saison hiver vers la capitale sénégalaise, assurée tous les lundis jusqu'au 24 mars 2014 en Boeing 737-500 d’une capacité de 131 sièges.

Au départ de Brest, Air Méditerranée dessert également Ténérife (Canaries) en partenariat avec Fram. La desserte sera assurée tous les samedis du 21 décembre au 3 mai en Boeing 737-500 d’une capacité de 131 sièges.

Renseignements

www.air-mediterranee.fr ou au 0826 460 730

25/09/2013

Allo Orange!?!

Vers un démantèlement de la Sonatel 

telecoms-vfja.jpg

Des millions de familles menacées au Sénégal

Une tentative sournoise de démantèlement de la Société Nationale des Télécommunications (SONATEL) est en cours. Elle est plus grave que la vente des actions de l’Etat du Sénégal à France Télécom parce que c’est le pain qui est de la bouche à des millions de Sénégalais à travers les emplois directs et indirects générés par cette entreprise fleuron de l’Economie Sénégalaise. L’alerte est lancée par une intersyndicale des travailleurs (SYTS et SNTPT) qui a déterré la hache de guerre pour que le processus n’aboutisse pas. Le Directeur général de mèche avec France Télécom envisage de céder l’ensemble des infrastructures de la Sonatel à des privés qui vont leur louer mais aussi d’externaliser l’ensemble des activités d’exploitation et de maintenance (outsourcing) qui signifierait une perte d’emploi pour toute la partie technique et progressivement d’autres.

Les sociétés sous traitant de la Sonatel ainsi que des milliers de travailleurs de ce fleuron de l’économie Sénégalaise ont des soucis à se faire. Ils sont tous guettés par une déchéance professionnelle et sociale lié à la perte d’emploi. France télécom en accord avec le Directeur général tente de vampiriser la Sonatel. «A plusieurs reprises des tentatives de faire main basse sur la Sonatel par France Telecom ont rencontré la résistance des travailleurs et de tous les patriotes de ce pays. Après une accalmie de quelques temps ils sont revenus à la charge avec la complicité active de notre Direction Général par la mise en place d’un ensemble de projets dont l’exécution privera à jamais le Sénégal de ce levier fondamental pour son développement qu’est la Sonatel», a souligné le communiqué de l’intersyndicale des travailleurs reçus à la rédaction de PressAfrik.com.

Le projet de l’opérateur français actionnaire principal de la Sonatel est, selon l’intersyndicale de “céder l’ensemble des infrastructures  de SONATEL à des privés qui nous les louerons après et d’externaliser l’ensemble des activités d’exploitation et de la maintenance (Outsourcing)”. Ces projets seraient  justifiés d’après la Direction par le manque d’expertise du personnel de SONATEL pour faire face aux nouvelles évolutions technologiques (apparemment on ne peut pas comprendre les nouvelles technologies !), des pertes sur les CA et les marges au profit des autres opérateurs (malgré les 90Milliards de bénéfice pour un seul semestre !), un processus mondial”.

Pour mener à bien ces projets, informent le Syndicat des Travailleurs de la Sonatel (SYTS et le SNTPT, “la Direction compte supprimer dans un premier temps des centaines d’emplois à la  direction Technique. Une infime partie du personnel issue de ces directions pourrait être  mise à la disposition du sous-traitant (emplois précaires et révocables à tout moment) alors que pour ceux qui restent, la Direction entretient un flou total”. Pire encore, ont-ils ajouté, “Ensuite ce sera au tour des autres structures de subir le même sort avec une cohorte de cabinets pour les remplacer (comptabilité, informatique, finances, ressources humaines….)”.

Les syndicalistes tiennent à souligner que “cette démarche est illégale car le contrat de concession interdit toute externalisation de nos infrastructures en particulier notre cœur de métier parce que cela aura des répercussions inestimables pour notre pays”. 

Le Syndicat National des Travailleurs de Poste et de Télécommunications (SNTPT) et le SYTS d’énumérer les conséquences d’une telle démarche: “permettre à France Telecom de démanteler la Sonatel par le transfert  de nos activités vers d’autres pays (Pologne, Côte d’Ivoire, France…), eliminer  les entreprises Sénégalaises de l’environnement Sonatel comme ils viennent de le faire en privant nos entreprises   d’équiper en mobilier notre nouvelle Direction en construction au profit d’une entreprise étrangère qui n’a aucune référence chez nous et hypothéquer définitivement la souveraineté du Sénégal en ne lui permettant plus de gérer de manière souveraine   la fin de la concession car ayant entre ses mains une sonatel qui sera à l’intérieur du Sénégal que de la ferraille”.

Les syndicalistes de faire constater paradoxalement qu’au même moment, “France télécom a prévu de recruter 10 000 agents parce qu’il leur est impossible d’envisager un projet social : Risque de suicides et chômage fort !”. Ils regrettent beaucoup le fait que “France Telecom aveuglé par le zèle avec lequel la nouvelle Direction exécute tous ses désirs en oublie qu’il est un partenaire stratégique et que Sonatel n’est pas une filière mais un opérateur avec ses propres filiales dans trois pays de la sous-région”.

Williams Logan/Senxibar

Pauvre "tourisme"...

Le tourisme dans l'errance

Saly_plage.jpg 

« Faites le tour vous ne verrez pas un chat », disait Boubacar Sabaly, patron du Bougainvilliers, actuellement fermé pour rénovation. La situation actuelle du secteur du tourisme, lui, il la voit comme « la conséquence d'une certaine errance depuis 2000. » Dans cette seconde partie de notre dossier sur le secteur touristique, nous avons pu rencontrer quelques responsables de structures d'encadrement de l'activité touristique locale, à l'exception de ceux de la Sapco, cheville ouvrière de la tutelle.

«Surpris» entrain de «retracer » les efforts déployés par l’Etat du Sénégal pour passer d’un tourisme primaire vers les années 1970 à une industrie touristique ; les actions menées entre le secteur privé et l’Etat qui auraient donné des résultats probants, Boubacar Sabaly, directeur du Bougainvilliers, estime qu’ « en treize ans, on a anéanti tous ces efforts.»

D’un côté on pose des actes allant dans le sens d’une relance, de l’autre, explique M. Sabaly, « on mène des actions tout à fait contraires. » En octobre 2000, le cabinet Performances a été commis pour une étude d’impact et proposé un plan de relance. D’octobre 2000 à avril 2001, ledit cabinet a travaillé avec le secteur privé et a déposé les conclusions. Le même jour, « On nous informe qu’il y a un expert marocain qui a été commis par l’Etat pour faire à peu près la même chose et qui a mis neuf mois pour déposer ses conclusions », rappelle M. Sabaly qui souligne qu’il n’y a jamais eu de dissonance entre le secteur privé et l’Etat avant 2000.

Les assises nationales du tourisme ont suivi, avec une restitution présidée par le Président de la République. « Ce qui était quand même un signal très fort à l’endroit du secteur », souligne M. Sabaly. Toujours est-il qu’un ensemble de mesures a été décliné et de celles-ci, il y a eu la création de la grappe Tourisme dans la Stratégie de croissance accélérée(Sca) ainsi que l’Agence nationale de promotion du tourisme(Anpt). « On n’avait même pas commencé à dérouler un plan de relance que tout de suite derrière, on a eu une contrainte majeure de coût sur la destination, avec la taxe aéroportuaire de 55 000 FCfa. » 

Aujourd’hui, « à la taxe aéroportuaire de 55 000 FCfa, si vous ajoutez 32 000 de Visa, vous êtes déjà à 87 000 FCfa ; pour aller déposer le visa vous payez le transport, vous déjeunez, vous retournez, bref, qu’est-ce que le Sénégal a de particulier pour que le touriste accepte de casquer tout ça… », interroge M. Sabaly qui estime que le principe du visa, « c’est une décision régalienne de l’Etat mais ça ne se justifie pas dans le contexte actuel car on est déjà trop cher comme destination.»   La réduction de la TVA de 18 à 10% n’y change rien car pour lui, « ce sont les hôtels qui en profitent, mais est-ce que le billet d’avion a été réduit de 10% ? Or, à la lumière de la structure du coût du voyage, l’aérien prend 63 à 65% tandis que l’hôtellerie n’a que 30%. C’est rien du tout !»

Toujours est-il que les autorités ont initié un conseil interministériel avec, là également, un ensemble de mesures déclinées et au bout du compte : «Rien ! Pendant ce temps, le tourisme s’est complètement et littéralement déstructuré. »

L’image de la même chemise

Déjà avec un budget de promotion qui fait à peine 1 milliard de FCfa quand les destinations concurrentes consacrent quelque 20 milliards de FCfa, autant dire que  Du jour au lendemain, l’Anpt(Agence nationale de promotion du tourisme) créée après les assises nationales, supprimée ! « On s’est retrouvé sans structure dédiée, juste une direction de la promotion logée au ministère », confirme Sabaly qui souligne que cependant que l’Anpt était une agence budgétivore qui n’était pas efficace, or, « alors que nous avions demandé une gestion paritaire, on nous met trois membres du secteur privé et neuf de l’Etat, comment voulez-vous que ça fonctionne?»

S’y ajoute une promotion erratique de la destination qui ne dispose que d’à peine 1 milliard de FCfa là où les destinations concurrentes consacrent quelque 20 milliards de FCfa, avec une image du Sénégal qui ne se renouvelle pas et depuis 30 ans ce sont toujours les mêmes supports. M. Sabaly utilise d’ailleurs une très belle image qui pourrait résumer cela. « Comment peux-tu porter la même chemise pendant des années et revenir devant le client pour lui dire : écoutez monsieur, nous sommes très beau… » L’image est d’autant plus pertinente que, quand on y pense, c’est toujours la même panthère, le même lion, la même signare, les mêmes oiseaux …

Conséquence, à travers l’Anpt, le Sénégal traînerait une ardoise substantielle qui fait que nous devons de l’argent à l’Italie, à l’Allemagne, à l’Angleterre, à l’Espagne, entre autres représentations. Situation cocasse car à l’instauration du Fonds de promotion, « on ne s’était jamais endetté », souligne Sabaly.

Pour l’histoire, ledit Fonds est alimenté par la taxe de nuitée qui est aujourd’hui fixée à 1000 FCfa (contre 600 FCfa auparavant). Or, souligne Sabaly, « nous avons une fourchette de gens qui exercent le métier et qui ne payent pas de taxe, il n’y a que les autres structures qui les payent. Sur une simulation que j’avais faite, je me suis rendu compte qu’il y a au moins 3,5 milliards de FCfa de taxes à collecter au niveau des établissements contre à peine 1,5 milliard effectivement collecté. » Ces « gens » qui exercent le métier sans payer de taxes ?...

L’allusion semble renvoyer à ce qui est communément appelé para-hotellerie, ou encore résidences… Pour Sabaly, « Nous on a dénoncé dès le départ la para-hotellerie mais en fait ce dont il s’agit, c’est des villas meublés or, la para-hotellerie ce sont des résidences gérées comme des hôtels. » Ceci dit, « dans toutes les stations balnéaires il y a toujours des résidences à côté qui généralement ne dépassent pas les 20% de la capacité globale, ici à Saly c’est tout à fait le contraire et les résidences ont plus de chambres que les hôtels », déplore-t-il. D’autant plus regrettable selon lui que ces résidences ne seraient pas assujetties à la TVA, ni à la taxe touristique et le contrôle des recettes serait quasiment impossible. Par ailleurs, la plupart des propriétaires ont acquis leurs villas entre 1994 et 2000 juste avant l’entrée de la France dans l’Euro, « tout simplement parce que beaucoup d’entre eux avaient fait des économies qu’ils n’avaient pas déclarées au fisc et qu’ils ne pouvaient plus transformer en euros..» 

Somme toute, de quelques hôtels à des centaines de millions de lits aujourd’hui et de nombreux emplois et un secteur qui représente 6 à 7% du PIB, « J’ai le sentiment aujourd’hui qu’on préfère le discours populiste pour plaire à l’électorat plutôt que des actions concrètes de développement du secteur », regrette Sabaly.

Volonté politique ? Sabaly préfère rappeler que « Diouf n’a jamais parlé du tourisme, il ne bavardait pas beaucoup mais il écoutait les gens de sorte que, lorsqu’il prenait une décision, on la partageait et celle-ci était exécutée. »

Pour lui, «  C’est comme cela que nous avons réussi à charteriser la destination, à organiser le Paris-Dakar, les semaines sénégalaises à l’étranger, ouvert des bureaux à l’étranger et participer aux salons du tourisme. »

Le «machin»

L’histoire de Saly est intimement liée à la Sapco. A l’entrée de la station de Saly, la Sapco dispose d’un bureau de représentation, mais pour Saad et Khadim, ce qu’ils appellent «  le machin » n’est rien d’autre qu’une structure chargée de « racketter » les promoteurs.

Entre autres missions à elle dévolues, elle est chargée de gérer les stations touristiques en assurant l'entretien des équipements, la propreté et la salubrité de l'environnement, la sécurité des personnes et ...des biens, la promotion des investissements pour y attirer un maximum ...de clientèle et enfin assurer l'animation.

Créée en 1975, la S.A.P.CO s'est vue confier par l’Etat à travers la Convention Générale du 29 août 1977, la mission principale d'aménagement touristique de la Petite Côte suivant un Schéma Directeur rendu exécutoire par décret n° 76 840 du 24 juillet 1976 qui en fixe les limites. Dans le même contexte, la Sapco était dépositaire du bail de l’Etat qui date de 1978 et qui devait se poursuivre jusqu’en 2018. La résiliation de ce bail qui portait sur une superficie de plus 577 ha objet du Titre Foncier 638/MB appartenant à l’Etat du Sénégal et consenti le 17 juillet 1978 à la SAPCO, est intervenue récemment par une décision de l’Etat. Entretemps, le 27 août 2004, le décret n° 2004-1185 élargissait les compétences et missions de la Sapco qui porte depuis la nouvelle dénomination sociale de Société d’aménagement et de promotion des cotes et zones touristiques du Sénégal, en abrégé SAPCO-Sénégal.

Pour justifier la décision de l’Etat de résiliation du bail cédé à la Sapco, les autorités sénégalaises ont mis en avantle souci d’une nouvelle politique de gestion foncière dans un contexte de précarité des actes de «cession de droit au bail» que délivrait la Sapco et qui n’était pas de nature à permettre la mobilisation des financements bancaires porteurs d’investissements. Par ailleurs, la spéculation sur les transactions foncières réalisées dans ce périmètre s’était beaucoup développée et a entrainé une superposition de droits précaires. En outre, les arriérés de redevances domaniales dues à l’Etat sur l’assiette foncière considérée se sont accumulés ces dernières années. Ce que confirment les acteurs du tourisme sur la petite cote qui estiment que la Sapco a « tellement mal géré le foncier qu’elle s’est retrouvée avec énormément de procédures et des doubles affectations et, toute seule, elle ne pouvait pas se dépêtrer de cette situation ».

Racket

Mise à nue, la Sapco aujourd'hui n'a ainsi plus de patrimoine à Saly.

Il semble toutefois qu'en reprenant ainsi son bail sur la Sapco, l'Etat n'aurait pas respecté les termes de la convention qui la liait à la dite société notamment les conditions de modification et de résiliation des sous-baux. Notre interlocuteur estime d'ailleurs que les autorités ont pris une décision «dans la précipitation», la résiliation des sous-baux aurait ainsi occulté le fond du problème. Alors que les conditions de modification et de résiliation sont bien mentionnées dans les textes, « l'Etat n'a pas pris le soin de les intégrer et, sans préavis notifiés aux occupants, il les a mis en demeure de régularisation via la Direction des Impôts et domaines». Or, ajoute notre interlocuteur qui évoque des conséquences juridiques, «Nous, nous n'avons pas de contrat avec l'Etat mais avec la Sapco.» Une manière de dénoncer le fait que la Sapco qui a octroyé des sous-baux à des promoteurs « n'a même pas pris le soin de nous informer.»  Qu'à cela ne tienne.

La nature ayant horreur du vide, il faut bien que la Sapco se trouve des ressources afin de mener à bien ses missions. Or, les acteurs dénoncent une nouvelle forme de «racket» de la part de la Sapco. Selon Saad, «la Sapco impose désormais une taxe qu'elle appelle la concession d'activités.»

Pour tenter d'en savoir davantage, nous avons tenté en vain d'entrer en contact avec les responsables de la Sapco.   

Elles ont bon dos

Diabolisées par les hôteliers qui leur font porter tous leurs maux, les résidences poussent comme des champignons dans la station balnéaire et sont supposées faire de l’ombre aux établissements classiques sans bourse déliée. Mais si elles ont leurs détracteurs, elles ont également leurs supporters qui parlent plutôt de « complémentarité » car « ce n’est pas le même type de clientèle ». Nous avons voulu en savoir davantage et tombons sur un gestionnaire de résidences qui a pignon sur la station où il officie depuis 1995 et qui nous rappelle le concept tout en dévoilant une face cachée de ces résidences.

Conçue sur le système de la copropriété, la résidence comporte un ensemble de villas que leurs propriétaires mettent en location dont les revenus permettent de payer les charges de copropriété. Les clients de ces résidences viennent essentiellement des hôtels, fait remarquer notre interlocuteur, gestionnaire de résidence, qui explique « nous n’avons pas un circuit qui nous permet d’avoir nos clients directement et certains tour operator acceptent de nous amener des clients. »   

En réaction à ceux qui leur reprochent de «prendre le beurre sans donner du lait », il rétorque que « chaque année on nous sort des taxes, en dehors des taxes de base comme les charges de copropriété, le loyer tombe chaque mois, sans compter les frais de ramassage des ordures qui tournent autour de 100 000 FCfa environs, chaque mois, alors que souvent la prestation n’est pas satisfaisante et la contribution à l’éclairage public. »

Sur ce dernier aspect de l’éclairage public, un comité de station a été créé avec un budget voté et réparti en fonction des hôtels, résidences et autres, et qui est chargé de la gestion de la station sur ces aspects. Ce qui nous étonne, souligne-t-il, « c’est que ce comité qui existe depuis mathusalem ne peut pas nous présenter un bilan de gestion. »

Rappelons que pour la gestion de la résidence, il y a un cahier des charges qui impose la désignation d’un syndic. A ce niveau, il y a à redire notamment étant donné les pratiques peu orthodoxes qui auraient trait à la désignation de ces syndics, le plus souvent des expatriés qui n’auraient de surcroît aucune compétence en la matière au détriment des locaux. Pire, «Souvent ce sont des gens qui s’organisent pour faire un coup et disparaître avec un budget qui peut tourner autour de 50 à 60 millions de FCfa qu’on lui remet », révèle   . Certes, ajoute-t-il, «le syndic est supervisé par un conseil syndical mais celui-ci est souvent composé… d’expatriés comme lui et qui ne vont pas au fond des choses. » C‘est en tout cas un autre réel problème qui se pose au niveau de la gestion des résidences hôtelières. 

Le bémol résidentiel

Cas pratique, en 2009, le contentieux douanier relatif à une résidence très connue dans la station et dont le syndic avait été convaincu de délit de détournement de destination. L’affaire est d’ailleurs toujours pendante même si un compromis aurait été trouvé consistant, pour chaque propriétaire de villa de la résidence en question, à verser 500 000 FCfa.

Dans ce contexte, c’est la gestion même de la station qui est évoquée avec tout de même des interrogations sur la définition des rôles notamment de la Sapco et partant, celui de la commune de Saly qui engrange un budget d’environ 1,2 milliards de FCfa. Or, à voir l’état de la station balnéaire au niveau de l’éclairage public, des voies de communication, des aménagements, on se demande bien où va tout cet argent.

Entre la taxe sur les ordures ménagères et surtout le foncier bâti (pas moins de 6 millions de FCfa pour la plus petite résidence de 42 villas), autant d’argent payé par les résidences (certaines d’entre elles comptent 600 villas) et qui va dans les caisses de la mairie, que fait celle-ci pour la station ?

Tout compte fait, le procès fait aux résidences semble… surfait. Pour beaucoup d’acteurs, en plus des charges d’exploitation, les transactions, les assurances, entre autres, les résidences font tourner l’immobilier, emploient de la main d’oeuvre et contribuent ainsi à l’économie locale. Toutefois, le bémol inattendu vient du gestionnaire de résidence, lui-même, qui déplore tout de même le traitement de cette main d’œuvre. « Personnellement, je me suis battu pendant des années auprès des propriétaires pour la protection de l’emploi », explique-t-il. La plupart du personnel est contractuel et n’a même pas de couverture sociale. Or, selon le gestionnaire, malgré les charges de copropriété et autres, « les propriétaires gagnent de l’argent et cela ne leur coûterait rien de couvrir le personnel notamment féminin qui n’a aucune protection. » La question le tenant à cœur, il y a d’autant plus réfléchi au point de suggérer que les propriétaires de villas pourraient cumuler le coût annuel des femmes de ménages, par exemple et l’intégrer comme couverture sociale dans les charges de copropriété. « Ce serait un minimum pour ces gens qui travaillent dur et qui pourraient ainsi assurer un tant soi peu leurs vieux jours », estime notre interlocuteur.

Hôtes comme hôtels

Le fait que le Service régional du tourisme de Thiès soit basé dans le département de Mbour, « témoigne de l’importance du secteur », selon Mme Guèye, Chef du service régional du tourisme de Thiès. Sa mission est de veiller à l’activité touristique de toute nature. Quelque 194 établissements d’hébergement touristique sont répertoriés dans la région de Thiès, entre Saly, Thies, Mbour, Ngaparou, Somone, Nianing, Warang, Poponguine. Dans cette configuration, les auberges (52) sont presque au nombre des hôtels ( 70) tandis qu’on compte 20 campements touristiques dans la région. Sauf que les établissements qui disposent d’une autorisation, on les compte. Le décret portant règlementation des établissements d’hébergement touristique n’existant que depuis 2005, les établissements qui étaient là auparavant exerceraient en toute illégalité y compris même certains qui se sont implantés après le décret. D’où la nécessité d’assainir le secteur d’autant plus que sur les 194 établissements répertoriés, seuls 54 établissements disposent d’une autorisation en bonne et due forme.   

Par ailleurs, au niveau de la station de Saly, il y a 18 hôtels dont la plupart sont fermés, confirme Mme  Guèye, qui venait, la veille, d’en faire le tour. Mais pour elle, « La triste situation n’est pas due à la question du visa mais plutôt à la saisonnalité. » Selon elle, « C’est à la fin de la saison 2014 que l’on pourra faire une évaluation exacte de l’impact du visa sur la destination. »  

Chargé d’instruire les dossiers de demande d’établissement d’hébergement (hôtel, motel, auberge, campement, etc…), et des agences de voyage, le service régional procède à des visites de contrôle de fonctionnalité et de respect des normes dans toute la région. La tendance cependant, notamment à Mbour, ce sont plutôt les maisons d’hôtes qui seraient plus le fait des résidents de Mbour. Ces maisons d’hôte ne font pourtant pas partie de la nomenclature, « mais elles ont toujours existé ici », souligne Mme  Guèye.  

La première maison d’hôte, St Jean, a été autorisée en 2003. Contrairement aux résidences qui sont composées de 60 voire une centaine de villas, les maisons d’hôte comportent en général 3 à 4 chambres et dont le propriétaire occupe quelques unes de ces chambres. Une autre forme de tourisme souvent décriée par les acteurs.

Il n’empêche, la crise est là et aux yeux de Mme Guèye, « Il urge de relancer l’activité touristique dans la région car, auparavant, dans n’importe quelle famille, on pouvait sentir l’impact du tourisme, ici, ce n’est plus le cas aujourd’hui. »

A la tête du client

Dans le secteur du tourisme, à chacun ses déboires et ses difficultés. Le segment crucial du transport aérien et partant des agences de voyage émettrices de billets d’avion, ne sont pas en reste. En l’occurrence, les agences locales feraient les frais d’un ostracisme qui ne dit pas son nom.

En termes de rôle, si l’Iata(Association internationale des transports aériens) organise le transport aérien international, elle est en même temps désignée pour sanctionner qui des agences de voyages ou des compagnies aériennes ne respectent pas les règles en vigueur.

A côté, le billing and settlement plan(Bsp) qui est pratiquement le bras armé comptable de l’Iata, est habilité à jauger lmes conditions financières des agences de voyages. C’est à travers le Bsp que toute compagnie ou agence de voyages est agréée par l’Iata après avoir rempli les conditions financières « très rigoureuses » qui y sont imposées. Concernant les agences de voyages, c’est le Bsp qui donne le quitus pour leur exercice d’émissions de billets d’avion avant que l’Iata ne fixe le montant de la garantie bancaire que l’agence doit mettre à sa disposition pour donner son agrément. La garantie bancaire en question tournerait autour de 100 millions de FCfa.

Il semble cependant que l’obtention de la licence qui est censée donner droit « immédiatement » à la possibilité d’émettre sur toutes les compagnies, n’est que lueurs et leurres.

Malgré le respect de toutes les conditions et surtout la production de la garantie bancaire, l’Ita demande aux nouveaux agréés de faire du « porte à porte » auprès de chaque compagnie qui reste souveraine dans sa décision d’autoriser ou pas l’émission à telle telle autre agence, même si celle-ci n’a jamais eu de problèmes de règlement de factures BSP. Ce qui signifie, selon certains acteurs que nous avons interpellés, que si la tête du responsable  d’une agence ne revient pas au représentant de compagnie, « il devient tout simplement et bêtement impossible de vendre des billets de cette dernière ».

Beaucoup d’agences de voyages seraient entrain de souffrir de cette règle « insensée », indique notre interlocuteur qui ajoute que des compagnies comme Ram, Air France, South African ou encore Emirates feraient la pluie et le beau temps en ce sens.

Elles choisiraient de manière « discriminatoire » qui autoriser ou pas, « favorisant ainsi l’évolution pour les unes ou la déchéance pour les autres ».

Certaines de ces compagnies iraient même jusqu’à demander des garanties bancaires complémentaires « exclusives », « juste pour avoir l’excuse de ne pas autoriser l’émission à quelqu’un dont la tête ne leur revient pas».

Malick NDAW/www.sudonline.sn

Macky le dragueur

Macky Sall drague les femmes des USA avec 200.000.000 Fcfa !

ff1be6990a6c190ce5773cad99dc8187.jpg

Ce ne sont pas les femmes sénégalaises d’Amérique  qui vont chantonner  la fameuse chanson en vogue au Sénégal : dekeubi daffa Macky !!!

Non ! certainement pas, car leur président dans une opération de charme jamais encore égalée, dans un contexte d’illégalité manifeste de violation des lois américaines en matière de trafic de devises, est arrivé à New York avec du liquide : deux cents millions de francs CFA pour conquérir la junte féminine. Hey oui Son excellence a offert gracieusement deux cents millions de Fcfa à toutes les femmes des États Unis d’Amérique.

Une somme prélevée dit t-on sur le milliard cinq cent millions et mise à la disposition du fonds d’appui aux initiatives des Sénégalais de l’extérieur  ( FAISE), laquelle est destinée à l’ensemble des femmes de la diaspora éparpillées dans le monde et qui proviendrait des versements ou la collecte des remboursements dans la traque des biens mal acquis. Ce  montant de deux cent millions constitue la part des femmes sénégalaises d’Amérique, confrontées aux difficultés dans leurs domaines d’activités et qui broient du noir depuis plus d’une  décennie, notamment dans le secteur de la tresse qui connait une véritable crise, consécutive à la baisse des tarifs de prestations.

Nous apprécions cette surprenante générosité de la part du chef du Macky, réputé d’être pingre et avare. Voila en tout cas, un geste s’il est placé dans un quelconque contexte d’opération de charme, n’aura certainement aucune portée, mais pris comme le respect d’un engagement maintes fois renouvelé  à l’endroit des vaillantes dames de la diaspora sénégalaise, trouvera toute sa légitimité. Toutes les femmes, mais pas seulement celles des revanchardes.

En attendant de voir où seront logés ces fonds et les critères de la répartition qui seront basées normalement et fondamentalement sur présentation d’une acceptable  étude de projet viable et surtout pas fictive, comme ce fut le cas des millions de dollars que le régime de WADE avait mis à la disposition de ces mêmes dames et qui avaient été détournés par les responsables politiques libéraux.

À vos projets mesdames, à défaut de vous trouver des  » husbands  » comme il vous l’avait promis, the money peut bien faire l’affaire.

Madère fall/Cpasa

Les gosses bossent...

Le travail des enfants au Sénégal, un poids sur nos consciences

travail-des-enfants.jpg

Au Sénégal, la pauvreté et la déperdition scolaire amplifient le travail des enfants. Beaucoup d’enfants travailleurs (5 à 14 ans), qui ont tous l’âge d’aller à l’école pour apprendre et se préparer à leur future vie de citoyen actif, ont tous abandonné l’école, d’autres n’ont jamais fréquenté l’école.

Ces enfants travailleurs sont généralement des enfants qui ont abandonné l’école, souvent pour nourrir leurs familles ou parce que le système les a rejetés. Mais le phénomène du travail des enfants renferme aussi, ces enfants qui travaillent à temps partiels (pendants les vacances). Le travail des enfants est une atteinte à leurs droits les plus élémentaires.

Dans notre pays, plus d’un enfant sur quatre âgé de 7 à 14 ans (25,5%) abandonne le système scolaire du fait de son insertion professionnelle précoce dans le marché du travail. Cette situation est plus récurrente en milieu urbain (27,2%) et à Dakar en particulier (28,7%). La pauvreté, les difficultés d’insertion résidentielle et socioprofessionnelle des migrants en milieu urbain et les réponses adoptées par les populations pour faire face à cette situation de précarité explique sans doute la fréquence des abandons scolaires en milieu urbain. Au Sénégal, le travail des enfants ressort d’une longue tradition socio-éducative. Elle était conçue comme une initiation) une façon de vivre En effet, c’est sans compter avec la montée de la pauvreté et les politiques désastreuses d’ajustement structurel, pour survivre, les familles n’ont d’autres recours que d’envoyer leur progéniture à travailler. Ainsi, on a des bonnes, des marchands ambulants, des apprentis, des laveurs de voitures, des cireurs. De ces faits, ces conditions font qu’on assiste à une déperdition scolaire.

La précarité sociale, oblige le plus souvent des enfants à un travail précoce. Dans les coutumes sénégalaises, la socialisation du travail est un phénomène observé dans beaucoup de ménages dont le chef exerce une activité artisanale. Durant les vacances, un nombre important d’enfants appartenant à des ménages (bijoutiers, sculpteurs, menuisiers, cordonniers, tisserands) sont impliqués dans des travaux d’ateliers pour aider leurs parents. Ce qu’il y a à souligner ici, on constate que ni l’éloignement de l’école, ni la pertinence d’y aller, ne parviennent à justifier la pratique des enfants réside dans la pauvreté des ménages. Il y a aussi le fait que pendant les vacances, la capitale sénégalaise, Dakar, vit une affluence indescriptible de jeunes filles à la recherche d’emploi. Elles viennent de tous les coins du pays pour chercher de quoi payer leurs études pour l’année scolaires à venir. Seulement, ce phénomène renferme beaucoup d’obstacles qui peuvent freiner leurs études. « J’ai quitté Ziguinchor pour venir à Dakar. Je travaille durant mes vacances pour préparer la rentrée scolaire. Je suis une bonne à Liberté six». C’est ce qu’a laissé entendre Oumy Diatta

Même son de cloche chez de nombreuses jeunes filles, lycéennes et collégiennes. Elles rallient la capitale sénégalaise pour monnayer leurs talents comme bonnes. Mais dès fois à la place d’une importante somme d’argent, ces jeunes filles reviennent de leur virée dakaroise avec une grossesse.

Le travail des enfants a fini d’être une réalité. Le travail des enfants, fait référence à tous les travaux susceptibles de nuire à la santé et au développement physique, mental, moral ou social des enfants, de compromettre leur éducation en les privant de toute scolarisation, en les contraignants à abandonner prématurément l’école u les obligeant à cumuler activités scolaires et professionnelle.

Le Sénégal a ratifié la convention N°138 (1) de l’OIT qui interdit le travail des enfants de 15 ans et la convention des droits de l’enfant. La convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, définit entre autres les droits des femmes à l’éducation, à la formation professionnelle et à l’emploi.

Il est urgent de prendre des mesures, et l’éducation est un moyen de lutte et de prévention du travail des enfants. Elle prépare les jeunes aux problèmes de leur milieu en les mettant dans les situations d’opérer des choix et d’agir librement, en toute responsabilité. L’éducation donne au jeune le gout de se créer lui-même en se regardant de l’extérieur et en prenant conscience de la possibilité de choisir un chemin et lui apporte toute les compétences nécessaires pour qu’il puisse réaliser son projet.

Vincent GOMIS/Seneweb

Casa pour Sénégal-Côte d'Ivoire

Eliminatoires Mondial 2014 : les Lions du Sénégal choisissent Casablanca pour recevoir la Côte d’Ivoire

alain-giresse.jpg

Le Sénégal a choisi le stade de Casablanca au Maroc pour recevoir la Côte d’Ivoire en match retour du dernier tour des éliminatoires de la Coupe du monde de football zone Afrique, a annoncé l’APS sur son site visité mardi à APA.

Selon l’APS, le choix a été porté sur Casablanca à l’issue d’une réunion du Comité exécutif de la Fédération sénégalaise de football (FSF). Au cours de la même réunion, un comité d’urgence comprenant le président de la FSF, le vice-président et le président de la Commission des finances a été mis sur pied, en vue de gérer ce match.

La Fédération entend sonner la mobilisation des Sénégalais du Maroc et de la diaspora ainsi que celle de tous les autres Sénégalais, pour une qualification des Lions aux dépens de la Côte d’Ivoire, indique l’APS.

Cette même équipe ivoirienne avait éliminé le Sénégal sur le chemin de la CAN 2013, en lui infligeant une défaite à Dakar de 2 à 0.

Ce succès acquis à quelques minutes de la fin du match avait suscité la colère des supporters qui s’étaient lancés dans des bagarres et casses, se soldant par la suspension pour un an du stade Léopold Sedar Senghor.

APA 

Le tourisme à la fête...

Thiès et Diourbel à pied d’œuvre pour célébrer la journée mondiale du tourisme

senegal-bateaux-colores.jpg

Les autorités des régions de Thiès et de Diourbel et les acteurs du secteur préparent la célébration de la journée mondiale du tourisme prévue vendredi prochain au niveau de la commune de Somone, dans le département de Mbour (Ouest).

Les membres du comité d’organisation et des acteurs du secteur, sous la houlette du préfet du département, William Manel, étaient face à la presse mardi, à la mairie de Mbour, pour expliquer les tenants et les aboutissants de cette journée qui a été instituée par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT).

Le thème de l’édition 2013 porte sur "Tourisme et eau : préparer notre avenir commun". La priorité sera accordée à la communication, à la sensibilisation des populations sur les impacts du tourisme et l’implication des collectivités locales et des acteurs du secteur.

‘’Nous voulons faire de cette journée un moment fort de réflexion et de partage sur l’avenir de notre tourisme. Et je compte sur l’implication de chacun à amener sa contribution pour qu’on puisse sortir de cette journée avec des idées claires et une vision précise de ce que nous voulons que notre tourisme soit au sortir de cette journée’’, a déclaré M. Manel.

Il a remercié les gouverneurs des régions de Diourbel et de Thiès, ainsi que le chef de service régional du tourisme dont le siège se trouve à Mbour, pour avoir choisi le département de Mbour pour abriter cette journée du tourisme.

‘’C’est vrai que Mbour est la vitrine du tourisme au niveau de la région de Thiès, mais le service régional du tourisme couvre les régions de Thiès et de Diourbel et les six départements desdites régions. Donc, si nous avons la chance d’être choisis, nous devons nous en féliciter et nous garantissons que le choix-là ne sera pas regretté’’, a-t-il indiqué.

Le préfet du département de Mbour promet que tout sera fait pour que les choses se déroulent dans de bonnes conditions.

Pour sa part, la Société d’aménagement et de promotions des zones et côtes touristique du Sénégal (SAPCO) promet d’apporter tout le soutient nécessaire pour ‘’une totale réussite’’ de cette journée.

‘’L’objectif de cette journée c’est de faire en sorte que les populations puissent être informées de tout ce qui se passe au niveau des activités qui sont menées dans le tourisme. Jusqu’à présent, le tourisme n’est pas considéré comme une véritable industrie touristique’’, a souligné le Directeur d’exploitation de la SAPCO, Aliou Gningue.

Selon M. Gningue, cette journée est une occasion pour les autorités de sensibiliser les populations sur l’importance du tourisme. L’enjeu principal c’est d’arriver ‘’à booster’’ le tourisme qui est créateur d’emplois et de richesses. Bref, le tourisme, de l’avis des autorités touristiques, contribuent à réduire la pauvreté.

ADE/SAB/APS

24/09/2013

La Sapco veut décentraliser le tourisme...

Offre touristique: la SAPCO montre la voie de la diversification

tour---senegal-panorama-ex-banjul-12339.jpg

La diversification de l’offre touristique sénégalaise s’impose aux divers acteurs du secteur, selon Aliou Gningue, directeur de l’exploitation de la Société pour l’aménagement et la promotion des zones et côtes touristiques du Sénégal (SAPCO), qui souligne les possibilités d’arriver à ce résultat avec notamment l’introduction de nouveaux produits.

‘’Le seul problème qui se pose aujourd’hui c’est que, malheureusement, les produits que nous avons, nous sont imposés de l’extérieur par les Tours opérators (TO) qui, par rapport à la demande au niveau des pays émetteurs qui nous disent: +voilà ce que nous voulons+’’, a-t-il expliqué.

M. Gningue s’exprimait mardi à l’occasion de la conférence de presse animée par le comité locale d’organisation de l’édition 2013 de la journée mondiale du tourisme prévue le vendredi 27 septembre prochain dans la commune de Somone (Ouest).

‘’C’est l’occasion pour que le tourisme sénégalais soit pensé et fait par les Sénégalais eux-mêmes. C’est-à-dire de voir le potentiel que nous avons et de l’exploiter. Nous avons, au Sénégal, des produits touristiques autres que le balnéaire, mais pour pouvoir les exploiter, il faut que nous réussissions effectivement à imposer aux TO les produits que nous voulons développer au Sénégal’’, a-t-il insisté.

Cette situation imposée par les TO est à l’origine de la saisonnalité du tourisme sénégalais qui n’a pas sa raison d’être, a estimé le directeur de l’exploitation de la SAPCO.

‘’En été, les TO n’ont pas besoin d’amener leurs clients en Afrique, parce que tout simplement c’est une période où il le temps est beau chez eux. C’est en hiver, période de froid en Europe qu’ils amènent leurs touristes au Sénégal’’, a-t-il souligné.

‘’Cela veut dire que le problème de saisonnalité est un faux débat, mais il faut que les initiatives viennent des Sénégalais qui vont proposer des produits touristiques qui puissent faire en sorte qu’il y ait une diversification de l’offre et que les touristes puissent venir chez nous durant toute l’année. Et pour y arriver, il y a un travail de fond à faire par tous les acteurs du secteur’’, a-t-il préconisé.

Le Sénégal a bâti sa réputation sur le balnéaire, alors qu'il a mieux à vendre aux visiteurs, grâce au tourisme culturel. ‘’Le tourisme cherche la différence, la mer existe partout. Mais, la culture est quelque chose qui est exclusivement destinée à un seul peuple. Le tourisme culturel peut être un moyen important de diversification de nos produits touristiques’’, a signalé M. Gningue.

‘’Il y a aussi la nature qui peut nous faire valoir une satisfaction dans le développement de notre tourisme. Notre pays regorge de ressources naturelles importantes qui peuvent attirer tous les touristes du monde. Au Nord, nous avons le sable, au Sud la forêt, à l'Est, les animaux sauvages, entre autres palettes de produits à offrir pour la diversification de notre offre touristique.’’

ADE/SAB/APS

Khalis en baisse

Baisse du budget national de plus 244 milliards FCFA

arton33789-9ae99.jpg

A la grande surprise des Sénégalais, le nouveau gouvernement, que dirige depuis deux semaines Aminata Touré, a annoncé une baisse du budget national de plus de 244 milliards FCFA. Le budget général de l’Etat du Sénégal, pour l’année 2014, est fixé à 2 287 milliards, contre 2 531 milliards FCFA en 2013.

Le Conseil des ministres s’est réuni, exceptionnellement, ce samedi, à l’effet d’examiner et d’adopter le projet de budget de l’année 2014, bouclé à 2 287 milliards FCFA. Le projet de budget de 2014, rapporte le communiqué dudit Conseil, a été élaboré sur la base d’un taux de croissance projeté à 4,6%, contre 4% en 2013, conforté par le « un regain de l’activité économique ». Aussi, l’inflation devrait-elle rester modérée. Le PIB nominal est projeté à 8 008 milliards en 2014, contre 7484 milliards en 2013, soit une progression de 7%. Les ressources budgétaires s’établissent à 1 891 milliards, en tenant compte des impératifs du développement et des options majeures du chef de l’Etat, en particulier, dans le domaine social.

Les raisons d’une baisse

Les projections tiennent compte de l’application de la réforme fiscale. « Les recettes budgétaires sont projetées à 1 633 milliards, les appuis et dons sont prévus pour un montant de 233 milliards (42 milliards de dons budgétaires et 191 milliards de dons-projets) », précise la même source. « Le déficit budgétaire est projeté à 396 milliards (4,9% du Pib), contre 406 milliards (5,4% du PIB) en 2013 », souligne-t-elle encore. Sur la base de ce niveau de déficit, les ministres Amadou Ba et Mouhamadou Makhtar Cissé ont indiqué que les dépenses totales prévues dans le prochain budget ont été évaluées à 2 287 milliards. Les dépenses courantes ont été arrêtées à 726 milliards contre 708 en 2013, soit une augmentation de 18 milliards. Cependant, les dépenses d’investissements financées sur ressources internes sont évaluées à 577 milliards, soit une hausse de 65 milliards (12,7%) par rapport à l’année 2013.

Le chef de l’Etat a indiqué au Conseil qu’il s’agissait là d’une approche nouvelle devant permettre au gouvernement d’avoir un large échange sur le budget en cours d’élaboration et s’assurer que les options arrêtées et le contenu étaient en parfait accord avec sa vision et les engagements souscrits auprès des Sénégalais. Selon Macky Sall, la procédure budgétaire ne doit plus être une simple opération de reconduction de crédits et d’indications de dépenses. « Celle-ci doit désormais être un exercice de mise en relation de l’instrument politique que constitue le budget avec la politique de développement socio-économique de la nation », a-t-il dit.

Khalil Dieme/Afrikcom

Nianing veut sa commune!

Nianing veut passer de village à commune

dsc_0010-1.jpg

Des populations, regroupées au sein du Collectif des habitants pour la communalisation de Nianing, ont marché lundi dans les artères de la ville de Mbour, pour réclamer l'érection de leur localité en commune.

Portant des foulards et des tee-shirts rouges pour certains, ces manifestants, brandissaient des pancartes sur lesquels on pouvait, entre autres, lire : "Nianing veut sa mairie". Ils se sont rendus à la préfecture de Mbour pour remettre un mémorandum à l'autorité administrative.

Dans leurs déclarations, ces marcheurs qui ont rallié la capitale de la Petite Côte à bord de cars de transports en commun "Ndiaga Ndiaye" et de véhicules particuliers, ont, à travers leur manifestation, voulu rappeler au président Macky Sall sa promesse lors de la campagne électorale en 2012.

Lors d'une visite électorale à Nianing, vous étiez ébahi d'apprendre que cette localité de 15.000 âmes avait toujours un statut de village et est rattachée à la communauté rurale de Malicounda. Vous aviez promis, séance tenante dès votre accession à la magistrature suprême, d'ériger cette localité en commune??, a rappelé le porte-parole des manifestants, Jean Marie Sarr.

Selon lui, les 3000 électeurs ont voté "massivement" pour le candidat de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar (BBY, majorité), qui a remporté l'ensemble des deux bureaux de vote de la localité. "Mr. le président, nous osons croire que vous tiendrez parole", a lancé M. Sarr.

M. le président de la République, les populations ont longtemps attendu. Toute la procédure a été effectuée, le Conseil rural de Malicounda a donné son avis favorable, le comité local de développement, le comité départemental de développement et l'Agence régionale de développement. "Il ne reste plus que la signature du décret, votre promesse", a dit Jean Marie Sarr.

Dans leurs déclarations, les marcheurs ont rappelé que Nianing, auquel les Portugais avaient donné le nom de Porto-Novo, fut un comptoir commercial au 17e siècle avant de devenir un territoire français, dans les années 1800.

Il fut également chef-lieu de canton, sous le nom de Mbayard-Nianing dans les années 1900 avant de devenir la capitale de la Petite Côte, bien avant la maladie du sommeil, avant même la naissance Mbour, a rappelé M. Sarr.

"Abritant le premier réceptif hôtelier d'envergure du Sénégal avec notamment le Club Aldiana et le Domaine de Nianing, avec toutes ces infrastructures urbaines, Nianing ne peut pas traverser les communes de Mbour et Saly-Portudal pour aller à son chef-lieu de communauté rurale, Malicounda. C'est une incohérence territoriale et nous souhaiterions être rapprochés de notre administration où obtenir un acte administratif relève du miracle et est perçu comme un lux pour nantis", a-t-il regretté.

Selon le porte-parole, pour les populations de Nianing, il est beaucoup plus facile d'aller à Dakar qu'à Malicounda avec les conséquences que cela engendre, notamment la déperdition scolaire faute d'actes de naissance, l'inexistence d'actes administratifs, entre autres.

"Nous sommes prêts à nous suicider administrativement que de continuer à dépendre de la communauté rurale de Malicounda", a-t-il prévenu. 

APS

Dakar a soif

Boire de la boue et s’en remettre à dieu

senegal

Douze jours de pénurie grave d’eau, c’en est trop pour que la Sénégalaise des eaux (SDE) réussisse la prouesse de s’attirer la colère de tous les Dakarois ou presque. En effet, depuis le jeudi 12 septembre dernier, les populations de la capitale sénégalaise sont privées d’eau, la faute à la fuite constatée au niveau de la conduite d’eau sise à l’usine de Keur Momar Sarr. Depuis, les nombreuses déclarations de retour à la normale dans la distribution du liquide précieux se multiplient, mais le mal persiste.

Conséquence, malgré les nombreuses récriminations et les conclusions d’une étude selon laquelle la nappe phréatique est polluée à plus de 50%, les populations de la banlieue n’ont trouvé d’alternative que de s’approvisionner à partir de l’eau des pompes artisanales et des puits, avec tout ce que cela comporte comme risques. Allez leur entonner la «chanson» que cette eau est souillée et contient des microbes, parce dans ces zones la nappe est polluée par les fosses septiques, elles vous répondront: à la place, qu’est-ce que vous nous proposez? On s’en remet à Dieu, Dieu est Grand !

L’eau c’est vital. Les camions de la SDE, ces populations pas comme les autres ne les «voient» qu’à travers les médias et dans certains quartiers…chics. Voyez-vous une citerne de la SDE ravitailler les populations dans les zones inondées à Gounass, Djéddah Thiaroye Kao, Hamdallaye, Yeumbeul, Sam Sam, Aladji Pathé, Aïnoumady, etc. Non, arrêtez !

Ces gens-là ne sont pas concernés par le plan «B» mis en place par la société de commercialisation des eaux. D’ailleurs, pourquoi vouloir qu’il en soit autrement?

Ces gens qui mènent un combat contre l’«envahisseur» qu’est l’eau des pluies dans les maisons, ont au moins cette chance d’avoir un peu partout et dans tous les coins des puits et pompes «Jambars» pour se procurer le liquide précieux gratuitement, contrairement à leurs concitoyens de Dakar. Donc ils ne méritent pas ce pan «B», pardon les citernes d’eau. Ils peuvent continuer à boire l’eau souillée, sans aucune possibilité de la javelliser, pour la majorité, jusqu’au rétablissement de la fourniture normale, advienne que pourra.

Le ministre de l’Hydraulique peut, après douze jours de calvaire des populations, daigner enfin rassurer quant-à l’effectivité de la distribution du liquide précieux à partir de ce jour, le collectif des imams de Guédiawaye, connus pour son combat contre les coupures d’électricité, peut monter au créneau pour donner un «ultimatum de 48 heures» à la SDE, l’Association des consommateurs du Sénégal (ASCOSEN) peut, à son tour, décider de «porter plainte contre la SDE auprès de la SONES», chargée du contrôle de l’exécution du contrat, pour qu’elle la  sanctionne pour non respect des termes, ce qui est fait est fait.

Le mal c’est que des millions de banlieusards se sont abreuvés de «boue» pendant plus d’une dizaine de jours. Les centres et postes de santé locaux peuvent continuer de recevoir des cas de diarrhée ou de vomissement, des patients souffrant de maux de ventres, les autorités diront toujours qu’il n’y a rien de grave, ce sont des cas isolés et, que la situation est « sous contrôle ». Au même moment, les populations démunies continueront de s’en remettre au Bon Dieu, le seul capable de soulager toute peine. Pauvres banlieusards !

Ibrahima DIALLO