25/09/2015

LES DEPENSES DE LA TABASKI

Un casse-tête pour certaines filles, une occasion de ruse pour d’autres
maxresdefault-400x242.jpg
Les dépenses pour la fête de Tabaski ne hantent pas seulement les nuits des pères de famille, les jeunes filles se tirent parfois les cheveux pour porter du neuf en ce jour de fête. Porter des habits neufs assortis de chaussures dernier cri, se parer d’une belle coiffure, ce n’est pas à la portée de toutes les filles.
Il est 12h passées de quelques minutes. Un salon de coiffure situé au rond point Sahm grouille de monde, à quelques jours de la Tabaski. Fatou Faye, élève coiffeuse, après quelques hésitations, confie : « c’est moi qui finance mon habillement. Avec mon travail, je parviens tant bien que mal à gérer mon habillement de Tabaski. Pour une somme de 53.000 FCfa et par la grâce de Dieu, je vais passer une bonne fête ».
Fatou Diop Fary Mbaye, une cliente  trouvée sur place,  s’empresse de donner son opinion sur la question. Cette mère de famille critique sévèrement les jeunes filles qui s’adonnent à la multiplication de petits copains ou « mbarane » pour mieux leur soutirer de l’argent et faire face à leurs dépenses. Elle tire aussi à boulets rouges sur leurs parents qui ferment les yeux sur cette pratique. « C’est devenu une tendance, elles ne se contentent plus de ce que les parents leur donnent et c’est dommage, regrette-t-elle. Avec le ‘’mbarane’’, ce sont les copains qui prennent tout en charge. A l’approche de la Tabaski, elles ont leurs propres stratégies », déplore la dame. Abdoulaye Mbengue, tailleur de profession, abonde dans le même sens. « Ça coule de source, la plupart des jeunes filles sera ‘’habillée’’ par  les copains. C’est acceptable si la relation est sérieuse, mais si ce n’est pas une relation solide, j’estime que tout ceci n’est que vanité. »
« Un grand commerçant doit me donner une enveloppe »
Astou Mbaye et sa copine Amina attendent un taxi, à la rue 33 de la Médina. Interpellée  sur la question de savoir si ce sont ses parents qui assurent son habillement pour la fête ou  bien elle la paie avec son salaire, elle nous interrompt net : « aucun des deux ». Puis elle ajoute : « nous sommes au Sénégal, l’argent, on trouve des astuces pour l’obtenir. Les hommes généreux sont toujours là ».  Elle continue sur un ton d’humour : « N’est-ce pas que vous nous voyez attendre un taxi ? J’ai calé un rendez- vous avec un grand commerçant, il doit me donner une enveloppe. Avez-vous compris ? ». D’un geste qui ne laisse pas indifférents les passants elle lance : je ne me fais pas de soucis ».
Agée de trente ans, Astou estime qu’elle a du mal à évaluer le coût de ses dépenses d’habillement pour la fête. « Tout ce que je peux dire, actuellement, j’ai déjà dépensé pas moins de 300.000 FCfa pour mon port vestimentaire ». Son amie renchérit : « Ne me parlez pas de salaire. Ces salaires de misères ! Ils ne peuvent rien régler, et puis, c’est démodé. En plus,  à mon âge, c’est révolu  et inacceptable que je compte sur mes parents pour me vêtir. Il suffit juste de lancer un appel et le problème est réglé. Les bienfaiteurs existent jusqu’à présent. Toutefois, pour cette fois, je serai très indulgente envers les hommes parce que l’argent manque. Une petite somme de 250.000 ferait l’affaire », sourit-elle en tapotant sa copine.
« J’ai toujours refusé d’être dépendante »
Khady Diouf, étudiante en communication, compte sur sa mère pour assurer les dépenses personnelles, mais aussi sur son copain « pour le reste ». « Ma mère assure une partie, mais  mon copain, à chaque fête, me donne quelque chose. Mais je l’attends toujours, sourit-elle. Une somme de 50.000 FCfa me suffit pour faire la fête. » Rokhaya Fall,  coiffeuse, a besoin de 120.000 FCfa pour passer une belle Tabaski. Elle ne compte ni sur ses parents encore moins sur son copain. « Je suis coiffeuse et mon travail me permet suffisamment de me payer mon habillement. J’ai toujours réfuté l’idée d’être dépendante », dit-elle.   Diouma Sène ne sent pas l’effet effervescence des préparatifs.  « Avec ou sans habits, je vais passer de bonnes fêtes inch’Allah. Mon éducation m’a beaucoup aidée au point qu’à chaque fête, je ne me fais pas du souci. L’essentiel pour moi, c’est de bien manger ».
Mbayang Sarr/Lesoleil

Commentaires

dans un pays oui la misère est importante toutes ses jeunes pour beaucoup me semblent superficielles prêtes à tout por la Tabaski même à la prostitution

C'est bien consternant ........ pourquoi toujours cette obsession du paraître je viens depuis 20 années au Sénégal ....... mais je crois que je vais

cessre d'y venir ....... j'y avait trouvé autrefois un sens de l'accueil et de la gentillesse , c'est de moins en mois comme ça ..... et je dois dire que pour denombreux Sénégalais le blanc représente ........

La banque de France...........

Écrit par : Harrison Arlette | 25/09/2015

Répondre à ce commentaire

Vous ne l'avez peu être pas connu cette époque où nous Français n'avions pas un radi, et pourtant les communions comme les mariages étaient fêtés jusqu'à trois jours. Alors un peu d'indulgence pour ce peuple que j'adore.

Écrit par : Reyser | 25/09/2015

Exact ,nous ne sommes que des portefeuilles sur pattes et rien d'autres......

Écrit par : maie | 25/09/2015

Répondre à ce commentaire

De toute façon indépendamment du toubab et de sa ...légendaire "générosité"....Tabaski sera toujours la fête du paraitre !!!....les africains en général étant les rois de la sape et de la frime....Ce qui est dommage c'est de voir toutes ces jeunes filles qui se prostituent pour un bout de tissus et toutes ces familles qui se ruinent pour l'achat d'un mouton et la garde robe des enfants....mais au moins le commerce fonctionne....comme pour les fêtes de fin d'année en France et en Europe....

Écrit par : Eric | 25/09/2015

Répondre à ce commentaire

J'écoutais la réaction de nos grands religieux, après la mort des 717 pèlerins à la Mecque. Leurs sages discours font comprendre que la pèlerinage à la Mecque avait beaucoup changé. Qu'il était passé du religieux, 5° pilier de L'Islam au mercantile. Un pèlerin dépense en moyenne 4000 €uros et fait le beurre de l'Arabie Saoudite, en plus du pétrole. Les vieux Sages se demandaient si nous étions toujours dans la vraie religion musulmane, et non pas dans un lieu touristique historique sous couvert de religiosité. Grave sujet de méditation. Même pensée, pour la Tabaski, notre plus grande fête. La fête du partage n'est-elle pas altérée par des comportements orgueilleux du paraitre et d'arrogance de richesses. Nous ne sommes plus dans l'humilité et le partage. Nous sommes dans le fric et son enfer.
On va payer son mouton, dix fois son prix ? On va s'endetter à cause du regard des voisins ? On va faire pire pour avoir des vêtements neufs ? Je ne pense pas qu'Allah, le Tout-Puissant se réjouisse de nos dérives de parades orgueilleuses et exhibitionnistes.
Le mouton peut se partager à l'achat pour ne pas trop s'endetter. On porte ses vêtements les plus neufs pour honorer Dieu, ce n'est pas le regard des voisins qu'on honore. Ne nous sommes pas encore détournés de la vrai religion musulmane, dans une fête païenne ?
Fête du partage, n'oubliez pas un petit morceau de mouton aux enfants talibés, les plus pauvres parmi nos plus pauvres, vous honorerez le 4° pilier de l'Islam. Pas d'argent aux marabouts esclavagistes, le Tout-Puissant ne les reconnait pas hommes de Dieu.

Écrit par : issa gibb | 25/09/2015

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.