30/09/2015

LES LIMITES DU TOURISME

Doudou Gnagna Diop, président ONITS : «Le tourisme au Sénégal a atteint ses limites»
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En marge de la célébration de la journée du tourisme le dimanche dernier dans la Cité du Rail, le président de l’Organisation nationale pour l’intégration du tourisme sénégalais (Onits) et du Front social pour le tourisme (Fst) a réagi à la décision du président de la République, prise en Conseil des ministres du mercredi dernier, sur l’impératif d’une meilleure promotion de la destination Sénégal. Doudou Gnagna Diop pense qu’il faut intégrer les acteurs à la base. Pour lui, il est temps pour le pays d’aller vers d’autres horizons, d’autres conceptions du tourisme, car le Sénégal a atteint ses limites.
Le président de la République a demandé au gouvernement de procéder avant la fin du mois d’octobre 2015 à l’évaluation technique et financière de l’ensemble des mesures engagées en vue de la relance du secteur du tourisme. En tant qu’acteur du secteur, qu’en pensez-vous ?
Il faut d’abord dire que le tourisme a fonctionné au début au Sénégal avant d’aller vers son déclin. Je pense plutôt qu’il est temps de concevoir une autre approche comme dans toute économie. Si les paramètres de base du tourisme commencent à être obsolètes ou à ne plus produire davantage, il faut refaire la courbe et aller vers le point zéro, consistant à mettre des paramètres beaucoup plus fiables et qui sont d’époques. Tout le monde sait que le tourisme au Sénégal est obsolète et que là où cela a fleuri dans le passé, aujourd’hui il y a une érosion côtière qui a décimé complètement les plages. Et du balnéaire sans plage, cela n’existe nulle part au monde. Je crois donc qu’il est temps pour le pays de scruter d’autres horizons, d’autres conceptions du tourisme. Parce que le tourisme est en déclin et c’est complètement difficile de le régler parce qu’il a atteint ses limites quelque part. Il faut l’accepter. Et puis donner la chance aux générations futures, qui peuvent trouver quelque chose de dynamique, de viable et d’économiquement responsable.
Qu’attendez-vous donc du Conseil présidentiel sur le tourisme annoncé par le Président Macky Sall ?
S’il se tient, ce Conseil présidentiel, je pense que ce serait bien d’y impliquer Demba qui se trouve à Kédougou. Et que ce Demba là puisse y assister et donner son avis. Le tourisme, c’est une affaire de localité. Ce n’est pas une affaire de bureau. Il faut impliquer les localités. C’est mon souhait. Ensuite il n’y a pas longtemps, notre ministre de tutelle est allé rencontrer certains acteurs qui disent qu’ils ne voulaient pas d’assises du tourisme. Moi, je pense que c’est ce qu’il faut. Après le Conseil présidentiel, ce serait bien d’organiser des assises du tourisme comme tout pays touristique, parce que le tourisme de Saint-Louis n’est pas celui de Saly ni de Ziguinchor. Donc, ce serait bien d’organiser des assises pour discuter de tous les atouts et contraintes du secteur, mais aussi faire l’état des lieux. Je pense que si un technicien passe 3 jours à Ziguinchor pour diagnostiquer le secteur, c’est insuffisant pour pouvoir sortir un rapport sérieux. Parce que le tourisme est volatile, il n’est pas pareil d’un point à un autre. Par contre, je salue les déplacements du nouveau ministre du Tourisme, qui est en train de rencontrer les acteurs à leur base dans leurs localités, pour s’imprègne des réalités. Pour moi, l’équation ne va pas être la même pour résoudre les problèmes du secteur à Podor ou à Kafountine, quand on sait que l’environnement n’est pas le même, ni même les mentalités etc. Donc, on peut faire des rapports sur quelques bouts de papier. Ce qui serait bien, c’est que le président de la République aille dans le pays à la rencontre des enfants du pays qui sont dans le métier depuis très longtemps. C’est comme cela qu’il pourra rassembler des données qui lui permettront de voir sur quelles ficelles tirer pour résoudre l’équation du Sénégal en matière de tourisme.
Pensez-vous que la destination du Sénégal est toujours vendeuse ?
Je ne vais pas être hypocrite. Notre taux de retour est déjà très faible, c’est pourquoi nous sommes dans cette impasse. Pis, sont venus s’ajouter des contraintes comme Ebola et les visas. C’est pourquoi nous n’avons pas de clients. Je crois à la destination du Sénégal demain. Mais aujourd’hui, ce sera extrêmement difficile parce que nous avons des lacunes qui ne sont pas encore localement surmontées. Ce sont l’érosion côtière, Saly sans balnéaire, des campements et des petits hôtels vides à l’intérieur du pays. Il faudra donc réinjecter de l’argent pour les rénover et les embellir, avant de vouloir faire une promotion touristique. Et l’Agence de promotion touristique qui doit vendre la destination Sénégal ne peut pas avoir de résultats tangibles si tous ces aspects ne sont pas pris en compte. S’y ajoute que vendre la destination d’une manière assez institutionnelle, c’est un plus, mais cela ne peut pas avoir un impact global parce que le tourisme est une affaire de professionnalisme.  Une affaire d’économie non étatique. C’est une affaire privée.
Êtes-vous optimiste quant à la relance du tourisme ?
Je suis optimiste parce que Dieu a fait qu’on a un pays qui est naturellement bien servi en matière de patrimoine touristique. Nous avons beaucoup de sites touristiques qui ne sont pas encore exploités. Nous avons beaucoup de valeurs à découvrir.  C’est pourquoi d’ailleurs j’attire l’attention des autorités pour qu’elles veillent à ce que le patrimoine des Sénégalais, c’est-à-dire les terres, ne soit pas exploité d’une manière anarchique et individualiste, tel que relaté ces derniers jours dans les journaux. Dire qu’une personne a des centaines d’hectares pour faire des logements, surtout dans des zones où on peut développer une autre forme de tourisme demain, puisque celui qui existe est vieillissant, est inacceptable. Je voudrais bien qu’il y ait des investissements dynamiques pour notre pays, mais il faut savoir que sans patrimoine, il n’y aura pas de tourisme et le patrimoine, c’est la terre. C’est là où les ressources naturelles se trouvent et où l’économie locale peut se développer. Donc, il faut y veiller. Je suis optimiste que demain on pourra aller vers des zones jusqu’à présent inexploitées et Dieu sait que nous en avons au Sénégal. Nous avons aussi des personnes ressources qui sont capables de faire face à certaines contraintes dues à des mauvaises gestions du secteur, faites par certaines personnes qui monopolisent le secteur depuis des décennies. Cela aussi c’est un obstacle pour notre développement. Si aujourd’hui nous avons beaucoup régressé et que nous avons le dos contre le mur, c’est parce que ce sont ces mêmes personnes qui gèrent le tourisme depuis des décennies. C’est un obstacle pour notre développement. Je crois qu’il faut trouver du sang neuf. Il faut essayer de s’ouvrir à d’autres personnes ressources, des jeunes qui arrivent sur le marché avec d’autres compétences aussi modernes, fiables qu’efficaces. Avec ces jeunes-là, je suis optimiste.
Avez-vous d’autres solutions pour la relance du tourisme ?
Les solutions sont très simples. A part l’implication d’une nouvelle génération porteuse d’autres concepts innovants, il faut développer d’autres formes de tourisme, comme le tourisme social, les centres de vacances, mais aussi le tourisme religieux. Nous avons des sites religieux et une tradition religieuse qui font déplacer les gens comme dans d’autres pays. Nous pouvons surtout développer le tourisme intérieur, en favorisant et en promouvant le déplacement en famille des Sénégalais, avec les réalités financières et économiques de notre contexte. Parce que le contexte du tourisme sénégalais a été fait pour la famille européenne, qui prend ses vacances et qui n’a besoin que d’une chambre pour deux personnes maximum. Pourquoi ne pas développer des concepts qui prennent en compte le tourisme intérieur. Et pour cela, il faut qu’on donne la main et la voix aux acteurs et aux professionnels, parce que tous les gouvernements qui sont passés ici ont échoué dans cette politique de tourisme intérieur. Si on veut réussir ce genre d’innovation, il faut se faire à l’idée et accepter que le tourisme, c’est une économie non étatique.
Ndèye Fatou NIANG/lequotidien.sn

LA TABASKI DES ORDURES

Dakar croule sous les ordures
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Même les 215 rotations pour ramasser les poubelles effectuées le jour de la Tabaski n’y ont rien fait. Dakar présente sa face hideuse comme une maladie congénitale après la fête du sacrifice. Les efforts de Moussa Tine, Dg de l’Entente Cadak-Car, pour éviter à la capitale cette image peu reluisante sont louables, mais n’ont pu empêcher que cette situation n’engendre des moments de conflits. Au marché HLM par exemple, le congé de la plupart des marchands faisait ressortir cet aspect commun à beaucoup de localités de la capitale après la fête : la saleté.
Des débris d’ordures ménagères amoncelées se sont mêlés aux résidus textiles des couturiers et aux eaux stagnantes des dernières pluies. Résultat : les trottoirs des ruelles du marché étaient pratiquement invisibles. A l’intérieur du marché, dans un dédale d’étals vides, un mince filet de chaussée résistait à l’avancée de la saleté qui rognait ce qui avait été naguère une ruelle goudronnée. Ce qui a motivé la mairie à entreprendre une fermeture pour une opération de nettoiement. Prétextant de la fête pour relooker le marché, la mise en œuvre tardive a révolté les marchands. Ainsi,  le lendemain de fête y a été tumultueuse. Après les présentations des vœux, ce sont des explications à bras raccourcis qui ont ponctué l’après-midi d’hier.
Le maire de cette commune, Pape Seck, a donné le ton en s’en prenant physiquement à une vendeuse d’eau, avant que l’un de ses employés ne se défoule sur un vendeur nommé ‘‘Imam’’, devant les récriminations d’un public en émoi. Malmené sur la chaussée par d’autres hommes en compagnie du maire, le vendeur a accusé ces derniers de lui avoir piqué une somme de 300 mille F CFA, devant le directeur général de l’entente Cadak-Car, Moussa Tine, venu jouer les bons offices. Ses marchandises, constituées de tissus, étaient arrachées de sa table par des hommes et mises dans la petite benne d’une voiture de la mairie entourée de l’équipe de déménagement.
‘‘Si tous les marchands étaient présents, nous ne nous serions pas laissés faire aussi facilement’’,  lance un des marchands en direction du maire et son équipe. Ces derniers, dont certains étaient armés de pieds de biche, étaient occupés à confisquer le téléphone d’un jeune homme qui filmait la scène. L’altercation, qui a été très violente par moments, s’est terminée devant les locaux du poste de police de la localité qui a dépêché un gendarme venu interpeller le maire, quelques membres de son équipe, ainsi que le vendeur ‘‘Imam’’. Moussa Tine qui a minimisé l’évènement, a expliqué les actions d’après-fête entreprises pour faire reluire la capitale. ‘‘La situation d’après Tabaski est diverse. Nous avons un  rôle d’appui pour les mairies d’arrondissement. Mais les marchés qui posent le plus de problèmes sont Petersen, Cinéma Unité 3, et HLM. Il faut savoir que ce sont les régies internes qui s’occupent des marchés et non l’Entente Cadak-Car qui s’occupe d’ordures ménagères.
Il y a les ordures ménagères qui ont été enlevées en partie car il y a une diminution du parc automobile due au non-paiement de certains concessionnaires. Il y a également le temps de séjour très long à Mbeubeuss, à cause de la pluie’’, s’est-il justifié, ajoutant que la gestion de la propreté des marchés échoit aux régies internes. Selon Kéba qui s’en occupe pour les HLM, ce sont les tasseuses de Cadak Car qui font défaut car bloquées à Mbeubeuss. Ceci étant dit, ‘‘51 tonnes ont été enlevées de ce marché depuis samedi’’, fait-il savoir. Pour ensuite demander aux marchands d’attendre jusqu’à  demain, mercredi  (à 18h) pour la réouverture du marché. Dans ce problème, transparaissent les mesures inachevées de l’Acte III de la décentralisation. ‘‘L’Etat doit doter les collectivités locales des moyens de pouvoir mener à bien leurs politiques’’, continue-t-il.
‘’Des ordures à la place des marchands ambulants’’
Les communes avaient pourtant tout mis en œuvre pour éviter cette situation, assure Moussa Tine. Ainsi, au rond-point liberté 5, du sable de dune a été utilisé et des bancs publics installés pour éviter l’installation des vendeurs. ‘‘Seulement, l’autorité supérieure en a fait un foirail pour la vente de moutons’’, s’est-il désolé. La majeure partie des rues, les avenues et les marchés sont envahis par des ordures ménagères. Pareille situation était constatée à la Rue 18 de la Médina. D’habitude très animée, l’ambiance est plutôt calme en cette après-midi du lundi 28 septembre. A la place des nombreux marchands ambulants qui occupaient les deux voies, les ordures étaient visibles de partout : tas de pneus entassés, monticule de foins, rebords de trottoirs remplis d’eaux usées…, constituaient l’essentiel du décor.
En face du super marché Sahm, tout près du terminus de la ligne 39 des minibus Tata, se trouve un dépôt d’ordures qui constitue un véritable supplice pour les yeux. A quelques dizaines de mètres, une odeur nauséabonde se dégage. Pour ne pas arranger les choses, une fine pluie s’abat sur le terre-plein central ressemblant à un grand dépotoir assailli par tous les types d’insectes. Entre les ordures ménagères et celles  laissées sur place par les vendeurs de moutons qui avaient transformé les lieux en foirail, l’air est irrespirable.
Malgré ce décor peu attirant, les habitants continuent de vaquer le plus normalement à leurs occupations. Les enfants pataugent dans les flaques d’eau, s’acharnant sur un ballon de football dans les dédales étroits alors que les gérants d’une boutique d’alimentation générale se trouvant à moins de 5 mètres du dépôt semblent être immunisés contre la senteur désagréable. ‘‘Je ne sais pas depuis quand le camion-poubelle n’est pas passé’’, indique un jeune homme qui déchargeait des sachets d’eau devant la boutique. Le Dg de l’entente Cadak Car estime que les nettoyages domestiques d’avant-fête y sont aussi pour quelque chose, car les dépôts d’ordure des populations participent à salir leur cadre de vie.
Une synergie d’actions entre les collectivités locales et l’administration publique est requise pour mettre fin à cette situation répétitive.
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LA PEINE DE MORT

Rétablissement de la peine de mort au Sénégal : Des politiques rament à contre-courant des imams
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Le débat est loin d’être tranché. Outre la Société civile spécialisée qui fait de l’abolition de la peine de mort au Sénégal un trophée de guerre, des responsables politiques ne sont pas emballés par le retour de cette sanction pénale comme solution à la criminalité. Ils prônent toutefois une concertation nationale sur le sujet.
Nombre de sermons, qui ont ponctué la prière de la dernière Tabaski, n’ont pas été insensibles à la criminalité qui se manifeste à travers un décompte macabre. Parmi les solutions que des imams ont préconisées, le rétablissement de la mort. Cette forme de sanction a été supprimée du Code pénal sénégalais depuis une dizaine d’années.
Selon ces guides religieux, cette décision expliquerait en partie, la criminalité galopante constatée ces derniers mois dans le pays. Des hommes politiques ne sont pourtant point de cet avis, malgré la persistance avérée des crimes.
Joint par téléphone, Abdoulaye Wilane indique que sa formation politique ne saurait être indifférente à l’appel des imams. « Rien de ce qui est sénégalais ne nous est étranger », fait noter le porte-parole du Parti socialiste. Lui et ses camarades auront l’opportunité d’émettre un point de vue sur la question, à l’occasion des réunions du Bureau politique ou du Secrétariat national exécutif. « Nous avons entendu tous les sons de cloche. Nous allons donner notre point de vue à l’issue des réunions de nos instances dans les semaines à venir », promet M. Wilane.
Babacar Gaye du Pds : « La peine de mort, une négation de la vie... »
D’autres hommes politiques et non moins porte-parole préconisent l’organisation d’une concertation large et inclusive sur les questions relatives à l’insécurité, la criminalité et au retour de la peine de mort. C’est le cas de Babacar Gaye du Parti démocratique sénégalais (Pds).
« Le rétablissement de la peine de mort serait un déni dans la mesure où rien ne vaut une vie humaine, même s’il y a ceux qui ont la criminalité facile, ceux qui tuent sans état d’âme. Pour moi, la peine de la mort serait la négation de la vie en soi, même si les arguments de ceux qui le réclament ont pour soubassement les crimes et l’insécurité. Cette question est tellement importante qu’elle mérite un débat national très profond », estime-t-il.
Toutefois, le responsable libéral invite les uns et les autres à « agir sur les causes de la recrudescence de la criminalité ». La précarité dans laquelle se trouve une bonne frange de la jeunesse n’est pas sans effet sur la quiétude des personnes.
« Il y a la criminalité, l’insécurité dans laquelle baigne cette population jeune. S’attaquer à la criminalité à travers une législation renforcée ne serait pas à mon avis la meilleure solution. Il faut avoir une démarche préventive plutôt que punitive. Je ne suis pas pour la peine de mort même si je souffre de l’insécurité (Sa maison a été récemment cambriolée. Ndlr). Mais le Sénégal a fait des pas importants dans la promotion des droits de l’Homme. Peut-être n’avons-nous pas fait autant dans la lutte contre le chômage des jeunes et l’insécurité », fait remarquer le porte-parole des Libéraux.
Moussa Sarr de la Ld : « Il ne faut pas rétablir la peine de mort sous la pression des chefs religieux »
Le porte-parole de la Ligue démocratique (Ld) partage le point de vue de ce lieutenant de Me Abdoulaye Wade. Il s’approprie d’ailleurs la maxime de Albert Jacquart. Celle-ci dit : « L’oisiveté dit-on est la mère de tous les vices... ».
Moussa Sarr explique donc la montée de la criminalité au Sénégal par le chômage endémique des jeunes. « Nous avons constaté une recrudescence de la violence avec mort d’homme. Nous devons l’analyser profondément, si voulons réduire ce banditisme, à défaut de pouvoir l’éradiquer dans notre pays. Il faut lutter contre l’oisiveté des jeunes. Il nous faut trouver une solution au chômage si nous voulons mettre fin à ce phénomène », argue l’ancien Directeur de cabinet du ministre de l’Habitat, Khoudia Mbaye.
Selon toujours M. Sarr, d’autres dimensions du phénomène sont à prendre en compte dans la réflexion. Et les autorités étatiques et religieuses doivent être en première ligne. «Les chefs religieux et l’Etat doivent réfléchir sur la crise des valeurs. La peine de mort est un point de vue de plus en plus évoqué comme solution à la criminalité. Est-ce une solution ? Nous devons réfléchir ensemble parce qu’il n’est pas évident qu’elle soit la solution, la panacée. Il faut organiser une concertation large et inclusive. Il ne faut que son rétablissement soit une décision unilatérale», ajoute-t-il.
Dans le cadre de cette concertation souhaitée, il faudra par ailleurs penser aux «conséquences d’un retour de la peine de mort ». Parmi les espaces d’éducation qui doivent s’impliquer, le Jallarbiste cite « la famille et l’école, les mosquées et les églises aussi ».
Et notre interlocuteur regrette le fait que « les jeunes soient de plus en plus détournés de l’école ». En tout état de cause, précise M. Sarr, « il ne faut pas que l’Etat décide du retour de la peine de la mort sous la pression des chefs religieux ».
Le Quotidien/Leral

29/09/2015

LE SENEGAL STAR A NEW YORK

Le Sénégal vedette de la 70e assemblée générale des Nations Unies
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Le président Macky Sall a dû bomber le torse à l’occasion de la 70e assemblée générale des Nations unies, qui se déroule à New York. Non seulement son pays a été primé par la FAO dans sa lutte contre la faim, mais aussi, le Président américain, Barack Obama, a cité le Sénégal en exemple. Un pays où « la société civile prospère aux côtés d’un gouvernement démocratique fort ». « Regardez autour du monde : de Singapour à la Colombie, au Sénégal, les faits montrent que les pays réussissent quand ils suivent une paix inclusive et une prospérité à l’intérieur de leurs frontières, et quand ils travaillent avec les pays au-delà de leurs frontières », a déclaré Barack Obama, du haut de la tribune.
Cerise sur le gâteau, lors de sa 11e réunion annuelle tenue en marge de la 70e assemblée générale des Nations unies, à New York, le Clinton Global Initiative, a nommé le ministre sénégalais de la Santé et de l’Action sociale, Awa Marie Coll Seck, ambassadrice de la campagne « Unis pour l’Afrique ». Une campagne est « une plateforme de communication neutre, qui met à contribution le leadership politique et sportif, pour maîtriser les principaux problèmes de santé auxquels le continent africain est confronté ». Et qui « a pour objectif de promouvoir les systèmes de santé, le sport, l’éducation, la paix et l’intégration sociale dans le continent et de renforcer la communication pour le changement de comportement et le plaidoyer, lors des crises sanitaires ».
Daouda MINE/Seneweb

MILITAIRES: LES USA OU LES FRANCAIS?

Présence militaire au Sénégal – Les Américains vont-ils remplacer les Français ?
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Le Sénégal a accordé un site à l’armée des Etats-Unis pour servir de base d’intervention rapide aux « Marines with Special-Purpose Marine Air-GroundTask Force » (SPMAGTF-CR-AF) une unité spécialisée dans les interventions en situation de crise et de catastrophe en Afrique. Ce site qui est bien gardé au secret a déjà été identifié et validé par les hauts responsables des deux armées du Sénégal et des USA qui sont déjà passés à l’étape des manœuvres conjointes pour préparer de futures opérations coordonnées entre unités spéciales d’intervention rapide des deux pays.
Nos sources informent que le site, défini comme « site de sécurité coopérative au Sénégal », est une position avancée qui permet à la SPMAGTF-CR-AF de répondre rapidement aux crises en développement. Elle va surtout servir de point de départ aux hommes bien entraînés de la Task force américaine, surtout des Marines, chargés d’apporter des réponses spécifiques à des crises potentiels en Afrique. « A partir du Sénégal, ils pourront effectuer des missions spéciales air, terre, mer lors de situations sensibles pouvant mettre en danger des ressortissants américains au Sénégal ou dans la sous-région », explique notre source.
Des Marines américains de la base aérienne de Moron, en Espagne, sont déjà arrivés au Sénégal depuis fin août dernier pour assurer la formation des forces sénégalaises devant collaborer aux missions spéciales américaines appartenant au site de sécurité coopérative au Sénégal. C’est ainsi que les éléments américains de la SPMAGTF-CR-AF ont travaillé avec leurs collègues du Groupement de fusiliers marins commandos pour aider les Sénégalais à affûter leurs compétences contre les trafics illicites et servir de forces de stabilité régionale dans le domaine.
D’ailleurs, nos sources sont formelles; les Américains ont plus que jamais une haute idée des forces armées sénégalaises et les exercices ayant déjà mis en action environ 200 Marines et leurs collègues de Dakar, les confortent dans cette perception. Une formation presque similaire avec les Américains avait déjà eu lieu deux mois auparavant à Diamniadio pour permettre à 19 éléments de la gendarmerie nationale de renforcer leurs capacités.
Pour rappel, le commandement américain en Afrique développe déjà un programme spécial avec la marine et la gendarmerie nationale pour endiguer le fléau de la fraude en mer, de la pêche illicite et des vols à main armée dans les eaux sénégalaises.
Le commandement américain en Afrique regroupe des forces d’intervention rapide dotés d’un large éventail de capacités dont celle de fournir de l’aide humanitaire et au besoin d’intervenir militairement lors d’une crise, sur demande du département d’État ou des pays partenaires des Etats-Unis.
EnQuête/Xalima

28/09/2015

CHERES ORDURES...

Nettoiement de Dakar : l’État jette par an 12 milliards F Cfa dans les ordures
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De la Soadip aux concessionnaires en passant par la Sias sans oublier Ama Sénégal, la gestion des ordures ménagères dans la capitale aura englouti des centaines de milliards de F Cfa. Pourtant, les effets escomptés – faire de Dakar une capitale propre où il fait bon vivre – n’ont jamais été escomptés. En attestent les graves manquements notés dans e ramassage des ordures durant et après la tabaski.
En effet, partout dans la capitale, des tas d’ordures jonchent les différentes artères telles que la Vdn, les eux voies de Liberté VI, les Parcelles Assainies etc. Pis, au niveau des points de vente de moutons comme le rond-point Liberté VI où le long du Canal de Fass, le décor est surréaliste. Des déchets de toutes sortes constituent le principal décor. Une situation d’insalubrité à laquelle les Dakarois sont habitués, surtout les lendemains de fête, et qui ne justifie guère. D’autant que l’Etat veille à ce que les milliards destinés aux ordures soient versés à l’Entente Cadak-Car en charge de la supervision de la collecte et du transport vers la décharge de Mbeubeus.
Combien ? Présidant, le 14 septembre 2014, l’ouverture d’une concertation nationale avec les exécutifs locaux dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme sur l’Acte 3 de la Décentralisation, le Président Macky Sall s’était empressé d’avancer : «Il faut le rappeler, c’est l’Etat qui donne 12 milliards de F Cfa chaque année pour aider au nettoiement de Dakar, Pikine Guédiawaye et Rufisque». De l’argent que l’Etat jette par la fenêtre d’autant plus que Dakar est toujours sale. Que faire alors ? L’Etat doit user de son pouvoir régalien en fixant à l’Entente Cadak-Car un contrat d’objectif mais aussi et surtout en auditer cette structure.
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LE SENEGAL PRIME PAR L'ONU

Le Sénégal primé à New York pour l’atteinte du premier Objectif du Millénaire pour le développement
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Le Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, M. José Graziano da Silva, a rencontré Son Excellence M. Macky Sall, Président de la République du Sénégal, en marge de la soixante-dixième session de l’Assemblée générale des Nations Unies qui se tient à New York du 25 au 30 septembre 2015.
Cet important sommet a également vu l’adoption des Objectifs de développement durable faisant suite aux Objectifs du Millénaire pour le développement adoptés par la communauté internationale lors de l'Assemblée générale de l'ONU en 2000.
L’entretien a porté sur la performance du  Sénégal qui a cette année atteint la cible du premier Objectif du Millénaire pour le développement qui consiste à réduire de moitié, par rapport au niveau de 1990, la proportion nationale de personnes victimes de la faim d'ici fin 2015. Selon les estimations de la FAO, en charge d’assurer le suivi de la cible de l’OMD-1, le nombre de personnes souffrant de la malnutrition est passé de 24, 5 pour cent en 1990-92 à 10 pour cent en 2014-16.
«Je salue la vision du Président Macky Sall en ce qui concerne la sécurité alimentaire. Son objectif de rendre son pays autosuffisant en riz et la mise en place des bourses de sécurité familiale sont un témoignage fort de l’importance accordée par le gouvernement sénégalais au besoin de la population de son pays. La FAO le soutient dans ses actions », a déclaré M. José Graziano da Silva.
Depuis 1990-1992, 73 pays sur les 129 suivis par la FAO ont atteint la cible de l’OMD1 concernant la faim et la malnutrition. La sécurité alimentaire est un défi pour nombre de pays africains et lorsque les nations se sont réunies pour s’engager à réduire la faim dans le monde, le Sénégal a tenu son rôle.
D’après le rapport sur l’insécurité alimentaire 2015, 19 pays ont atteint l’OMD1 en Afrique subsaharienne: Afrique du Sud, Angola, Bénin, Cameroun, Djibouti, Éthiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Malawi, Mali, Maurice, Mauritanie, Mozambique, Niger, Nigéria, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal et Togo.
L’Afrique de l’Ouest est la seule région d’Afrique à atteindre l’OMD1, passant de 24,2 à 9,6 pour cent, soit une réduction de 60 pour cent de la proportion de personnes souffrant de la faim. La sous-région a également réduit de 11 millions le nombre de ces personnes par rapport à 1990-1992.
Au niveau continental, l’Union africaine a adopté à Malabo en juin 2014 la décision d’éradiquer la faim en Afrique d’ici à 2025. Le Président Macky Sall, Président en exercice du NEPAD, mise sur l’implémentation du PDDAA. Le programme a en effet généré de grands investissements dans les pays africains qui ont permis une relance effective de l’agriculture et une amélioration de la sécurité alimentaire.
La réussite du gouvernement sénégalais en ce qui consiste l’OMD1 s’explique par un engagement fort de l’Etat et son accompagnement permanent des populations les plus vulnérables en renforçant le transfert de revenu, l’alimentation des enfants scolarisés, le soutien aux agriculteurs familiaux à travers une provision régulière d’intrants et de machines agricoles et le financement alloué à l’agriculture qui a déjà dépassé les 10 pour cent requis par la Déclaration de Malabo de 2003.
«L’agriculture, constitue, avec l’élevage et la pêche, les leviers indispensables de l’autosuffisance alimentaire, premier jalon de l’émergence. Je ne ménagerai aucun effort pour que notre agriculture soit plus compétitive et la sécurité alimentaire de nos populations renforcée », a souligné le Président Macky Sall.
Au Sénégal, le Gouvernement a lancé plusieurs programmes agricoles dans le cadre du Plan Sénégal émergent (PSE) alignés sur le PDDAA, dont le Programme de relance et d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (PRACAS) qui accentue les efforts pour la mise en œuvre d’une politique d’autosuffisance en riz d’ici à 2017.
Le Directeur général a félicité le Président Macky Sall pour avoir introduit la protection sociale dans son Plan Sénégal émergent, ce qui permettra de renforcer les résultats positifs déjà obtenus. Le Programme national de bourses de sécurité familiale est inspiré du modèle brésilien qui avait permis à 28 millions de Brésiliens de sortir de la pauvreté.
En outre, le Sénégal met en œuvre le programme PAA Afrique (Acheter aux Africains pour l’Afrique) qui permet l’approvisionnement de cantines scolaires de l’élémentaire et du préscolaire avec des achats de produits locaux. Ce programme permet de générer des revenus pour les agriculteurs les plus vulnérables et de diversifier l’alimentation des enfants.
Le Directeur général de la FAO a également reconnu l’excellente collaboration avec le Ministère de l’agriculture et de l’équipement rural et ses services ainsi que celle avec l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie qui permettent le suivi et la mise à jour régulier des données du Sénégal.
Fao.org/Lateranga.info

DEMARRAGE DE L'AUTOROUTE VERS TOUBA

Démarrage imminent des travaux de l’autoroute Illa-Touba
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BUDGET:405 MILLIARDS CFA
LES PREMIERS ENGINS SONT ARRIVES SUR LES SITES
L’autoroute Illa-Touba va rentrer dans le vif du sujet dans les prochains jours selon Shen Qi Fang, l’assistant au Directeur Général de China road and bridge corporation (Crbc) qui s’est confié à Financial Afrik.
Dans les toutes prochaines heures, 546 matériels, engins et équipements (camions, chargeuses, bulldozers et compacteurs) vont être réceptionnés au port de Dakar et seront convoyés sur les sites du 28 septembre au 02 octobre 2015.
Voici l’état d’avancement des travaux de l’autoroute au 26 septembre 2015 : «Concernant l’avant-projet détaillé de l’étude des travaux principaux (Apd), il a été finalisé, l’étude d’exécution est en cours. De même, les bases-vie de nos travailleurs seront fonctionnelles dès la fin de ce mois d’Octobre 2015. Depuis quelques semaines la première vague des engins est arrivée au Port de Dakar et a été transportée sur les sites; 12 niveleuses sont déjà transportées sur les sites, 26 pelles à chenilles sont déjà arrivées au port dont 14 déjà envoyées sur les sites».
Pour arriver à ces résultats, CRBC a préfinancé l’avant projet afin de mobiliser le matériel et le personnel expatrié. En termes d’emplois, plus de 80 techniciens travaillent actuellement sur les sites de même que plus de 600 travailleurs Sénégalais. Il est prévu à terme la création de milliers d’emplois sur los sites.
Contexte
L’autoroute à péage Illa Touba est la matérialisation d’un contrat signé entre l’Etat du Sénégal et l’entreprise publique chinoise China Road and Bridge Corporation (CRBC).
D’un coût global de 405 milliards de francs CFA , soit près de 813 millions de dollars, le tronçon  sera long de 115 km et va traverser quatre autres localités que sont Khombole, Bambey, Diourbel, Ndoulo avant de se raccorder à l’aéroport de Touba .
Après douze mois d’études, la durée des travaux est de 36 mois à compter du mois d’ octobre 2015. Le projet est d’une importance stratégique pour la République du Sénégal surtout dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (PSE).
Le contrat stipule que l’entrepreneur CRBC réalise les études et exécute les travaux de construction de l’autoroute à péage Thiès-Touba situés dans les régions de Thiès et Diourbel.
Albert SAVANA/Financialafrik

27/09/2015

TIGO: WIFI SUR DAKAR

Tigo va lancer un projet pilote de fourniture d’accès Wifi à Dakar
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Les populations de Dakar, capitale du Sénégal, pourront bientôt accéder gratuitement à l’Internet sans fil sur leur ordinateur portable ou leur smartphone, dans les grandes places publiques. L’opérateur de téléphonie mobile Tigo, en partenariat avec la mairie, envisage de rendre cela possible à travers le projet pilote « Dakar Ville Numérique ».La place de l'Indépendance est le premier site sur lequel l’expérimentation va se faire.
La filiale sénégalaise du groupe télécom luxembourgeois Millicom annonce également le lancement de la connexion Internet 3G+ gratuite dans les bus de Dakar. En février 2014, la société avait déjà rendu disponible son réseau dans les bus de la compagnie de transport Dakar Dem Dikk. Avec cette extension de l’accès Internet dans les bus de Dakar, Tigo veut donner à de nouveaux usagers la possibilité de rester davantage connectés avec leurs proches et le reste du monde.
Selon les dernières statistiques de l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARTP) pour le second trimestre de 2015, les parts de marché de Tigo ont cru de 0,07 points. Dans un marché de 14 819 053 lignes actives, Tigo affichait 3 469 140 consommateurs et occupait la seconde place du marché derrière Orange et devant Expresso.
Ecofin

26/09/2015

SENEGAL, LIS CECI

27 septembre : Journée mondiale du Tourisme sous le thème :
«Un milliard de touristes, un milliard de possibilités»
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La Journée mondiale du tourisme, une occasion pour célébrer le potentiel d'un milliard de touristes comme vecteurs de transformation
La communauté internationale célèbre dimanche 27 septembre la Journée mondiale du tourisme qui se tient cette année sous le thème : «Un milliard de touristes, un milliard de possibilités», «One Billion Tourists, One Billion Opportunities».
Cette année, la célébration de cette journée, qui aura lieu au Burkina Faso, met en lumière le potentiel du tourisme comme vecteur de développement socioéconomique au niveau mondial. Elle constitue, ainsi, une véritable occasion pour célébrer le potentiel que représente un milliard de touristes comme vecteurs de transformation et souligner le rôle que joue le tourisme dans la création de possibilités de développement.
«Avec plus d'un milliard de touristes internationaux qui sillonnent désormais le monde chaque année, le tourisme est devenu une grande force de transformation, qui fait une réelle différence dans la vie de millions de personnes», a indiqué le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, dans un message publié à l'occasion de la Journée mondiale du tourisme 2015.
Pourvoyeur d'emplois, le tourisme constitue un secteur représentant de précieux moyens de subsistance pour des millions de personnes dans le monde.
En effet, le tourisme qui est l'un des secteurs les plus dynamiques en termes de création d'emplois au monde, fournit d'importants moyens de subsistance et contribue, par la suite, à lutter contre la pauvreté et à faciliter l'instauration d'un développement inclusif.
«Au moment où le monde s'apprête à adopter un nouveau programme de développement durable, le tourisme doit être mis en valeur pour sa capacité à créer des emplois, à promouvoir les cultures locales et à se faire le champion de la préservation et de l'exploitation durable des habitats marins et terrestres», a relevé Ban Ki-Moon.
En outre, le tourisme, qui sert de passerelle pour mieux apprendre à connaître le monde au-delà de toutes les frontières, peut favoriser la compréhension multiculturelle et sensibiliser à la nécessité de préserver le patrimoine culturel et naturel.
Pour sa part, le secrétaire général de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), Taleb Rifai, a tenu à préciser que «ce milliard de touristes a fait du tourisme un secteur économique de premier plan, qui contribue au PIB mondial à hauteur de 10% et représente 6% du total des exportations dans le monde».
Ces chiffres colossaux, selon Taleb Rifai, reflètent le vaste potentiel du tourisme et sa capacité toujours plus importante de relever certains des défis les plus pressants au monde, notamment ceux de la croissance socioéconomique, du développement n'excluant personne et de la préservation de l'environnement.
Dans ses prévisions de janvier 2015, l'OMT table sur une croissance comprise entre 3% et 4% des arrivées de touristes internationaux en 2015, ce qui correspond au taux de 3,3% par an annoncé dans son étude prospective à long terme, «Le tourisme à l'horizon 2030».
En 2014, les arrivées de touristes internationaux ont augmenté de 4,3% et atteint un total de 1,133 milliard d'arrivées.
Ensemble engageons-nous à faire du tourisme un véritable outil porteur d'inclusion.
MTTASN‬
ndlr: Cet article a été publié par le Ministère du Tourisme et des Transports aériens - MTTA Sénégal. S'il pouvait être lu, entendu, compris et que dans un élan mutuel chaque sénégalais prenne conscience qu'il est une cheville ouvrière de cette manne. Chacun à son niveau. Que profiter du tourisme demande un effort sur soi-même, un changement de comportement, un changement d'état d'esprit et un travail dont il récoltera, correctement, demain, les fruits.

OU SONT LES HOMMES?

Sénégal: femmes cherchent maris: 1.544.480 filles célibataires
senegal
Le nombre peut paraitre hallucinant. Pourtant, il est bien réel, 1.544.480 de filles en âge de se marier ne le sont pas.
Les filles célibataires au pays du président Macky Sall sont au nombre de 1.544.480, selon le dernier recensement de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie du Sénégal (Ansd).
Le Sénégal serait-il un eldorado pour les hommes en quête d’âmes sœurs ?
Le nombre de femmes célibataire au Sénégal est effrayant. Sur une population de 14 548 171 en 2014, celle des femmes s’estimait à 7 195 122 contre 7 159 568 hommes.
L’état matrimonial et nuptialité du pays indique l’âge moyen au premier mariage à 26 ans, la proportion de célibataires à 43% et celle de polygames à 35,2%.
Le phénomène suscite bien de questions. Certaines des femmes auraient choisi de vivre en solo pour une raison ou d’une autre.
Est-ce des victimes de trahison, de divorce, d’une frustration ou d’un dégout pour le mariage ou les hommes en général ?
Le Matérialisme qu’on connait aux femmes aujourd’hui en serait-il une des causes ? Quelle est la part des hommes dans ce fléau ?
j.Louis Verdier/Dakarecho

PETROLE PETROLE (2)

FAR Ltd lorgne 75% dans le bloc Djiffere auprès de Trace Atlantic Oil
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FAR Ltd, compagnie pétrolière australienne active en Afrique de l’est et de l’ouest, a agrandi sa superficie d’exploration au Sénégal avec son entrée dans le bloc offshore Djiffere avec l’option d’y acquérir jusqu’à 75% d’intérêt.
Elle a dévoilé le 24 septembre l’accord d’option portant amodiation conclu dans ce sens avec une filiale de Trace Atlantic Oil Ltd, une compagnie d’exploration pétrolière basée en Suisse avec des activités focalisées sur la très prometteuse côte de l’Afrique de l’ouest.
Selon les termes de l’accord relatif à la prise des 75% d’intérêts, FAR Ltd devra réaliser, avant le 31 juillet 2018, le forage d’un puits exploratoire, assujetti à l’approbation du gouvernement sénégalais, sur ce bloc situé dans un milieu où la profondeur de l’eau varie entre 10 et 250 m. 
Le pétro-gazier australien rapporte avoir déjà identifié sur Djiffere, à partir des données sismiques 2D existantes, un certain nombre de structures potentielles dont une renfermerait plus de 100 millions de barils de ressources prospectives non évaluées en fonction des risques.
Le bloc offshore Djiffere est adjacent aux trois blocs Rufisque, Sangomar et Sangomar Deep, ayant révélé en 2014 parmi les plus grandes découvertes pétrolières mondiales SNE-1 and FAN-1, sur lesquels FAR Ltd détient 15% de participation dans un accord de partage de production sur une superficie d’exploration couvrant au total 7490 km2.
TAOL Senegal (Djiffere) Ltd est opérateur de l’accord de partage de production Djiffere avec 90% de participation, en ayant comme partenaire la compagnie nationale sénégalaise Petrosen.
Elle est, apprend-on, à la recherche d’un partenaire de joint-venture pour la réalisation d’un relevé 3D sur la zone à fort potentiel de l’accord de partage de production Djiffere couvrant une superficie d’exploration de 4459 km2 dans l’offshore central du Sénégal.
Ecofin

PHOSPHATE BUSINESS

Sénégal Minemakers Ltd: empoche enfin le vaste projet de phosphate Baobab
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Minemakers Ltd, compagnie minière listée sur ASX et TSX, a achevé l’acquisition, auprès de Baobab Partners LLC, filiale d’Agrifos Partners LLC, du grand projet de phosphate Baobab couvrant une superficie prometteuse d’environ 1553 km2 au Sénégal.
L’entrée du projet dans son escarcelle est consécutive, a-t-elle précisé le 24 septembre, à une fusion triangulaire inversée qui comprend le regroupement de Baobab Fertilizer Africa, filiale à 100% de Baobab Partners et maison-mère de BMCC, et Minemakers Baobab Mauritius, filiale de Minemakers Ltd.
Baobab Fertilizer Africa a survécu à ce regroupement en ayant Minemakers Ltd comme son seul actionnaire qui devra, dans le cadre de l’acquisition à 100% du projet Baobab, émettre à Baobab Partners, entre autres, 100 millions actions ordinaires, 80 millions options non cotées au prix d’exercice de 0,23 dollar australien avec une période de maturité de quatre ans.
Les engagements de la compagnie comprennent la première production commerciale du phosphate et l’émission des actions pour  satisfaire les droits de 40 millions actions nominatives à la date de la première production commerciale du phosphate.
Juillet dernier, Minemakers a signé  un mémorandum avec Terminaux Vraquiers du Sénégal-Necotrans (TVS Necotrans) pour exporter sa production de phosphate du projet Gadde Bissik par le Port de Dakar. Gadde Bissik est  un prospect vaste d’environ 90km2, identifié lors du forage d’un puits d’eau dans les années 1950, dans le projet Baobab. Situé à 110 km à l’est de Dakar, il renfermerait 68 millions de tonnes de ressources inférées à 22% de phosphate.
Minemakers Ltd veut démarrer, au mois de mars 2016, la livraison de la production de phosphate de ce gisement et espère accélérer son rythme pour atteindre 500 000 tonnes de phosphate par an, en début de la seconde moitié de l’année 2016.
Ecofin

OU EN EST LA RTS

Les défis de la radio-télévision publique du Sénégal
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L’audiovisuel public du Sénégal a évolué depuis sa création après l’indépendance. Malgré les pressions politiques, la radio-télévision publique est le reflet d’un pays doté d’une tradition démocratique. Elle affronte aujourd'hui les défis du numérique et de la concurrence.
Un statut et une organisation issus d’une longue histoire
La RTS (Radiodiffusion Télévision sénégalaise) a été créée et organisée par une loi du 6 janvier 1992, mais elle a hérité en fait des structures de l’ORTS (Office de radio et télévision du Sénégal), établissement public qui avait été fondé par la loi du 4 décembre 1973. La création de cet Office coïncidait en effet avec le démarrage de la télévision, lancée à l’été 1972(au moment des Jeux olympiques de Munich).
La télévision rejoignait ainsi la radio nationale, Radio Sénégal, dont les débuts remontent à 1939, également appelée Radio AOF dans les années 1950, du temps où elle fonctionnait comme une tête de réseau des stations locales des différents territoires de l’Afrique occidentale française (AOF). La nouvelle télévision nationale généraliste succédait, quant à elle, à une amorce de télévision éducative et culturelle qui avait fonctionné tant bien que mal de 1963 à 1969 (un projet du président Léopold Sédar Senghor). La radio et la télévision cohabitent donc depuis dans le même organisme, sans véritable synergie.
Depuis la loi de 1992, la RTS est une « société nationale » dont l’objet est l’exploitation et le développement du service public de la radio-télévision. Formellement, elle est administrée par un conseil d’administration de douze membres. Ces derniers représentent divers ministères. S’y ajoutent un député et des personnalités qualifiées. Cette assemblée joue un rôle mineur (ses activités et ses décisions ne sont jamais évoquées). La société est gérée par un directeur général, nommé pour trois ans par le président de la République. C’est lui l’homme fort du système, qui occupe en même temps un poste très exposé et dont les titulaires ont valsé au gré des exigences politiques.
La RTS dépend en effet directement du pouvoir politique et, notamment, du Président de la République. Le ministère de la Culture et de la Communication exerce la tutelle administrative. Les interventions, les pressions de tous ordres ne manquent pas. Néanmoins, le Sénégal est un pays démocratique, où la liberté d’expression est garantie. C’est pourquoi la RTS est soumise au contrôle de diverses institutions publiques dont l’objet est de garantir le pluralisme. Il s’agit en particulier du CNRA (Conseil national de régulation de l’audiovisuel), créé en 1991 sous le nom de Haut Conseil de la radio et de la télévision, et réformé en 2005, et de l’Observatoire qui veille à la régularité de l’expression politique lors des élections présidentielles et législatives (l’Observatoire national des élections).
Les ressources de la RTS proviennent officiellement de trois sources : une redevance, perçue sous la forme d’une taxe additionnelle à la facture d’électricité, dont le montant est faible, des dotations budgétaires de l’État et des recettes de publicité. Le budget de la RTS est de 11,3 milliards de francs CFA (17 millions d’euros), dont 40 % proviennent de la publicité et 40 % de l’État. Cette somme place la RTS sensiblement  derrière ses homologues du Cameroun ou de Côte d’Ivoire. Comme beaucoup de ses consœurs africaines, la RTS peine à honorer ses fins de mois. On verra plus loin comment la RTS est amenée à faire preuve d’imagination pour pallier l’insuffisance de ses ressources.
L’organisation de la RTS est des plus classiques : sous le directeur général, les deux directeurs respectivement de la radio et de la télévision supervisent chacun des directeurs des programmes de chaque média ; le directeur technique s’occupe des réseaux et des équipements ; d’autres directeurs veillent sur les différents pans de l’administration. La RTS emploie environ 900 personnes. Après avoir occupé des locaux au centre-ville de Dakar, la RTS s’est installée dans un quartier un peu plus éloigné du centre, dans des locaux construits et équipés par la coopération japonaise dans les années 1990.
Enfin, il faut souligner que la RTS a deux objectifs : la desserte du territoire sénégalais et des auditeurs et téléspectateurs locaux mais aussi la diffusion à l’étranger à l’intention, notamment, des expatriés. On verra plus loin quels moyens la radio et la télévision nationale utilisent pour atteindre ce second objectif, au moins aussi important que le premier aux yeux du pouvoir politique. Ce statut et cette organisation n’ont pas été modifiés lors de la fin du monopole d’État en radio (1991) et en télévision (2007).
Le rôle important de la radio
La radio occupe une place importante au sein de la RTS. Beaucoup d’efforts lui ont été consacrés depuis l’indépendance.
La radio nationale est composée aujourd’hui de quinze stations :
Deux stations nationales :
La Chaîne Nationale
Radio Sénégal Internationale (RSI)
Treize stations régionales  :
Dakar FM
Fatick  FM
Tamba FM
Thiès FM
Diourbel FM
Louga FM
Saint Louis FM, « La Voix du Nord »
Ziguinchor FM
Touba FM
Kolda FM
Kaolack FM
Matam FM
Sedhiou FM
Le projet est de couvrir par des radios régionales chacune des quatorze régions administratives du pays. C’est chose faite pour douze régions. La treizième radio, Touba FM, est seulement une radio d’agglomération : Touba est la capitale de la confrérie musulmane mouride et siège d’un important pèlerinage qui rassemble chaque année plus de deux millions de personnes.
Tamba FM émet en douze langues  Si les deux stations nationales émettent plutôt en français et en wolof (la langue la plus parlée au Sénégal), les stations locales se doivent de s’exprimer dans les différents dialectes locaux, dont le nombre peut être important. C’est ainsi que Tamba FM émet en douze langues.
Vingt sites d’émissions assurent la diffusion de la radio dans l’ensemble du pays. Cette diffusion est assurée en modulation de fréquence. La plupart des sites diffusent trois signaux : ceux de la Chaîne Nationale, de RSI et de la station locale.
De plus, la Chaîne Nationale et RSI sont disponibles dans toute l’Afrique de l’Ouest, en Europe et en Amérique du Nord par réception satellite, en lien avec la transmission internationale de la télévision sénégalaise, comme on le verra plus loin. Enfin toutes les stations sont en principe disponibles par Internet dans le monde entier, mais en principe seulement, car en réalité cette transmission ne fonctionne pas ou peu, sauf pour RSI.
Depuis 1991, la radio nationale évolue dans un contexte de vive concurrence, surtout dans l’agglomération de Dakar, où a fleuri une abondance de radios musicales, religieuses, etc. C’est pourquoi, alors que la plupart des stations locales ont une vocation de lien social pour des populations rurales, Dakar FM, créée en 1990, se veut jeune, urbaine et commerciale. De plus, les bulletins d’information de la radio nationale doivent affronter les nouvelles diffusées par deux médias francophones très puissants et très écoutés qui diffusent en FM sur la région dakaroise : BBC Afrique de l’Ouest et Radio France Internationale (RFI). Toutefois, la radio publique échappe en grande partie aux accusations de sujétion politique et reste un média respecté.
À côté de la radio publique, le Sénégal a vu fleurir de nombreuses radios communautaires (entre cinquante et quatre-vingt actuellement), dont l’objectif est de desservir de petites communautés en offrant des informations et des moyens d’expression à des populations plutôt isolées. Des radios rurales, de type associatif, diffusent ainsi des informations climatiques et météorologiques utiles aux paysans. Ce sont des outils d’expression des femmes et des jeunes. Ces radios sont financées par des organisations internationales ou des fonds de pays donateurs et des ONG. Elles se sont constituées en réseau pour obtenir des actions de formation de leurs animateurs, généralement bénévoles, et échanger sur les pratiques. Elles constituent ainsi un vecteur de développement pour des régions et des populations pauvres.
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Le lent développement de la télévision nationale
Pendant plus de quarante ans après son lancement, la télévision publique a été confinée à une chaîne unique : RTS 1. Au début des années 2000, une deuxième chaîne a été envisagée sous la forme d’un partenariat avec un partenaire privé : RTS2S, avec une vocation plus culturelle. Les conditions dans lesquelles cette chaîne a émis sporadiquement à partir de 2003, puis plus du tout avant de ressusciter en 2006 sous une forme uniquement privée et devenir 2 STV, une des principales chaînes privées, restent mystérieuses. Cette histoire va connaître un nouveau chapitre à compter de l’automne 2015.
La couverture du territoire par la télévision a été laborieuse. L’essentiel du pays n’a pas été desservi avant 2000 et certaines zones éloignées restent hors de la couverture terrestre. En conséquence, la réception satellitaire est devenue massive et a donc permis un accès aisé à de nombreux signaux étrangers. Dix-neuf sites d’émission couvrent le territoire, avec un passage en TNT programmé à partir de juin 2015.
Depuis 1999, une diffusion satellite de RTS 1 est assurée pour l’étranger : par Intelsat 102 pour l’alimentation des émetteurs terrestres et vers le reste de l’Afrique, par Eutelsat 7 A vers l’Europe et par Galaxy 19 vers l’Amérique du Nord. Une diffusion par internet existe également. Les deux chaînes de radio publiques sont également diffusées à l’étranger par ces mêmes vecteurs.
RTS 1 émet 24 heures sur 24. Environ 60 % de ses programmes sont en français. Le wolof vient en deuxième position. Les autres langues sont très minoritaires. Il existe cependant deux décrochages locaux, en Casamance et à Tambacounda, dénommées RTS 3 et RTS 4 ou « télévisions zonales », où les langues de ces régions sont plus présentes.
Il n’y a pas d’argent pour les programmes de fiction, les documentaires ou le cinéma  La problématique des programmes est la même que dans toute l’Afrique de l’Ouest : la structure assure le financement des nombreuses émissions de plateau, mais il n’y a pas d’argent pour les programmes de stock (fiction, documentaires, cinéma). Il faut donc recourir au barter (l’annonceur achète le programme –par exemple des télénovelas brésiliennes ou des feuilletons turcs — le met à la disposition de la chaîne et se rembourse sur l’affermage d’écrans publicitaires). L’inconvénient de ce système est double : il faut souvent se plier aux exigences de programmation de l’annonceur et cela prive la chaîne de rentrées d’argent en cash. La chaîne loue également ses moyens de production. La chaîne recourt enfin aux programmes offerts par des organismes de coopération internationale, au premier rang desquels figure Canal France International (CFI), mais il y a aussi les Américains, les Allemands, les Iraniens, les Chinois, les Japonais… De plus, il n’y a pas ou peu d’argent pour les producteurs locaux, que RTS 1 encourage à se tourner vers des vecteurs de financement aussi variés que précaires. RTS 1 délivre des « accords de diffusion » et laisse ensuite les producteurs démarcher CFI, TV 5 ou l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie).
Émanation du ministère français des Affaires étrangères, Canal France International s’efforce — au travers de diverses missions de conseil et d’une réunion annuelle des directeurs de programmes des télévisions de toute l’Afrique — d’aider à l’émergence d’une véritable culture des programmes et d’une circulation panafricaine de ceux-ci. La RTS  commence d’ailleurs à signer des accords d’échanges avec des télévisions voisines (récemment, la RTI de Côte d’Ivoire).
Notons cependant que la part des programmes français, qui avait représenté jusqu’à 60 % du total de la diffusion, a baissé considérablement suite à une alimentation de l’antenne plus diversifiée, à de nombreux talk-shows et à la diffusion, très populaire, du sport national : la lutte. Jusqu’en 2014, CFI fournissait également le résumé en images de l’actualité internationale transmis depuis Paris, aujourd’hui fourni par l’AFP (Agence France-Presse).
La grille de programmes est composée d’émissions de plateau le matin, de séries et de documentaires l’après-midi, de feuilletons avant le Journal télévisé de 20 heures (pic d’audience de la soirée). Le soir, fictions françaises ou africaines, reportages, divertissements et retransmissions de lutte et de football. Le cinéma est plutôt présent en seconde partie de soirée. Le vendredi, s’ajoutent les émissions religieuses musulmanes et, le dimanche, les catholiques.
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Quatre défis majeurs
On soulignera quatre défis majeurs, que le service public de l’audiovisuel du Sénégal doit relever : la crédibilité, le passage à la TNT, les contenus et leur mise ne valeur par la modernité numérique.
- Le défi politique de la crédibilité.Les deux élections présidentielles marquées par une alternance politique — celle de 2000 où Abdoulaye Wade a remplacé Abdou Diouf, et celle de 2012 où Macky Sall l’a emporté — ont permis de renforcer , en principe, le système législatif et réglementaire garantissant l’expression du pluralisme des opinions et l’objectivité du service public. Les créations du Haut Conseil de l’audiovisuel (HCA) et de l’Observatoire national des élections (ONEL) ont joué un rôle majeur dans ce processus. De nombreux textes officiels réglementent cette liberté d’expression, garantie par la Constitution et qui font du Sénégal non seulement un pays démocratique mais aussi l’un des rares à avoir connu à deux reprises une alternance politique relativement  paisible.
La RTS est considérée comme un instrument du pouvoir  Il n’en reste pas moins que la RTS est considérée comme un instrument du pouvoir, soumise à toutes sortes de pressions politiques. Il faut certes relativiser car ces pressions s’exercent également et sans fard à l’égard de la presse écrite et des médias audiovisuels privés. Le directeur général de la société nationale est considéré comme un homme de confiance de la présidence de la République, chargé de relayer les mots d’ordre ; et, pendant longtemps, la place de l’opposition sur les ondes publiques a été  réduite à la portion congrue. Le directeur général nommé en 2000 au lendemain de l’élection du président Wade qui avait cru devoir appliquer les promesses d’objectivité de la campagne électorale a été rapidement demis de ses fonctions. Aujourd’hui le signe le plus évident de cette sujétion est la place démesurée accordée sur les antennes aux activités du président de la République. Comme dans d’autres pays d’Afrique, la présidence dispose de ses propres équipes de reportage et fournit clés en mains les sujets, ce qui peut propulser la durée des journaux télévisés de RTS 1 à des longueurs inattendues. D’autres pressions viennent des milieux religieux, en particulier de certaines confréries, ce qui suscite des tensions. Or, l’information au Sénégal comme dans toute l’Afrique, est largement diffusée aujourd’hui par les réseaux sociaux, avec une grande liberté de ton, ce qui est un défi à l’information officielle de la RTS.
- Le défi de la TNT. Le passage de l’ensemble des télévisions d’Afrique à la TNT, qui doit s’effectuer de 2015 à 2020, afin de respecter les règles édictées par l’Union internationale des télécommunications (UIT), se passe, au Sénégal comme ailleurs en Afrique, dans les plus grandes difficultés. Celles-ci concernent largement la télévision publique. Piloté depuis 2012 par un Comité national de pilotage de la transition audiovisuelle numérique, le processus a été officiellement enclenché le 17 juin 2015. Deux multiplex en clair permettant de diffuser vingt-quatre chaînes ont été lancés, qui seront complétés ultérieurement par deux multiplex cryptés. Il semble cependant qu’à cette date une partie minoritaire du territoire soit couverte (régions de Dakar, Thiès, Diourbel et Ziguinchor) et le nombre de décodeurs mis sur le marché largement inférieur aux prévisions.
Or, la TNT est vue comme un eldorado par les promoteurs de chaînes privées, qui y voient l’occasion de lancer de nouveaux canaux, gratuits ou payants. Des groupes étrangers sont à l’affut. La concurrence va donc s’accentuer. De plus, les chaînes privées peuvent aisément cantonner leur diffusion à l’agglomération dakaroise, la plus peuplée et la plus rentable sur le plan publicitaire, avec des coûts de diffusion très réduits alors que la RTS doit couvrir l’ensemble du territoire. La TNT représente donc pour la RTS un nombre accru de de chaînes concurrentes, générant une pression encore plus forte sur les ressources publicitaires, et des coûts d’équipement techniques importants. Aucune politique sensée d’accompagnement économique, d’information du téléspectateur pour l’informer des changements de fréquence, n’a été mise en place. De facto, la diffusion analogique continue, sans précisions sur le calendrier d’extinction.
Cependant, afin de marquer le lancement officiel de la TNT, une deuxième chaîne de télévision publique, RTS 2, a démarré ses émissions le 17 juin 2015. L’été 2015 est consacré aux émissions religieuses pour la période du Ramadan et à une grille provisoire. Une grille complète doit être mise en place en septembre 2015, avec l’objectif de compléter l’offre de programmes de RTS 1, la RTS 2 étant qualifiée de « chaîne généraliste essentiellement urbaine ».
- Le défi des contenus. Quels contenus pour un service public qui se doit de concilier recherche de l’audience, programmes éducatifs pour des populations en voie de développement, maintien de la pluralité linguistique et expression de l’unité du pays ? La télévision sénégalaise s’est beaucoup appuyée jusqu’à présent sur des sources extérieures (programmes français via CFI, dons divers, barter). Elle doit d’abord mettre en place les instruments de production nationale via la production interne et les coproductions, ainsi que participer à la circulation panafricaine de programmes.
- Le défi de la modernité numérique. L’organisation de la RTS reste très traditionnelle : radio et télévision bien séparées, à chacun sa rédaction et ses programmes. Le site internet fonctionne correctement pour l’information, mais il y a peu de replay et pas VAD (vidéo à la demande), peu d’information sur les programmes, pas de promotion véritable des antennes. Tout reste à faire pour la diffusion sur les réseaux sociaux. La mise en place d’organisations transversales ou multimédia n’est pas encore envisagée.
Une nécessaire réflexion stratégique
La RTS s’oriente progressivement vers une réflexion stratégique qui lui permette d’affronter les nouveaux défis : elle a déjà permis de (re)lancer sa deuxième chaîne et d’essayer d’y imprimer une vision novatrice des programmes, qui ne pourra se réaliser qu’à condition de disposer enfin d’un véritable budget de programmes et, à l’intérieur de celui-ci, d’un budget d’acquisitions. La création de décrochages télévisés régionaux doit se poursuivre également, avec le lancement de RTS 5 et RTS 6 en 2016.
Des mots d’ordre ont été lancés : plus de proximité, plus de promotion des programmes, respect des horaires et des rendez-vous. Le maintien d’une politique active de formation des personnels chargés des programmes et des journalistes doit également permettre de progresser sur cette voie.
Didier SAPAUT/INAglobal

25/09/2015

LES PERVERSIONS SOCIALES DE LA TABASKI

Macky Sall dénonce ’’la pression sociale’’ autour de la Tabaski
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Les Sénégalais doivent ’’refuser la pression sociale’’ autour de la fête de la Tabaski, a estimé vendredi à Dakar le président Macky sall, qui fait allusion à tous ces pères de familles qui s’endettent pour la circonstance. ’’Concernant la fête de la Tabaski, la plus grande fête musulmane, je pense que la pression sociale devra être revue (…) donc, la fête de la Tabaski ce n’est pas ce faste, cette pression sur les pères de familles, sur les mères, les enfants. Notre société doit refuser cela’’, a-t-il dit.
Le président Macky Sall Sall s’exprimait après la prière de l’Aïd el Kébir ou Tabaski à la Grande mosquée de Dakar.
Une grande majorité de la communauté musulmane sénégalaise célèbre ce vendredi l’Aïd el Kébir ou Tabaski s’alignant ainsi sur la Commission nationale de concertation sur le croissant lunaire (CONACOL, officielle).
La prière à la Grande Mosquée de Dakar a été marquée par la présence du chef de l’Etat Macky Sall qui avait à ses côtés le ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo. L’imam El Hadji Alioune Moussa Samb a dirigé la prière.
Pour le président Sall, les Sénégalais doivent penser aux conséquences pour tous les pères de familles qui s’endenttent pour satisfaire les enfants.
Il a invité la presse surtout la télévision à aider les autorités dans la sensibilisation pour éviter cette pression sociale autour de la Tabaski.
’’Evitons vraiment cette pression qui n’est pas justifiée. Rien ne le justifie et qui fait que véritablement quand on parle de Tabaski, c’est le calvaire pour les pères de familles (...)’’, a dit Macky Sall.
APS

ndlr: Il suffirait alors que le Président ne donne plus le mauvais exemple en distribuant de l'argent pour la Tabaski et que les khalis de cette énième fête règlent d'autres problèmes comme celui de l’existence des talibés, des inondations, des centres de santé.

LA PLUS GRANDE CATASTROPHE MARITIME DE TOUS LES TEMPS

13eme anniversaire du naufrage du bateau le Joola : la non-réouverture de l’enquête fend les coeurs des familles des victimes
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Les préparatifs du 13eme anniversaire du naufrage du bateau “Le Joola” vont bon train. En conférence de presse, ce lundi, le Comité d’initiatives a dénoncé la passivité de l’Etat pour la commémoration de cet anniversaire et le fait que le ministre de la Culture les a abandonnés à eux-mêmes, dans son projet d’ériger un mémorial pour les victimes du naufrage.
Selon Nassardine Aidara, coordonnateur du Comité, «le ministre a lancé un appel d’offres pour la mise en place du Mémorial, sans nous en informer. Nous représentons l’ensemble des familles des victimes, c’est pourquoi on doit nous associer à toutes les décisions qui ont trait à ce drame ».
Outre la question du Mémorial, le Comité d’initiatives réclame la réouverture de l’enquête pour élucider les circonstances du drame et le renflement de l’épave du bateau.
«Les pupilles de la Nation traversent des moments difficiles, comment l’Etat peut-il prétendre aider ces enfants des victime,s en écartant ceux qui sont âgés de plus de 18 ans ? Ceci dénote d’une irresponsabilité de l’Etat », souligne  Idrissa Diallo, Président du comité.
Khady SYLLA/Actusen
Le Naufrage du "Joola ": Retour sur un drame, La plus grande Catastrophe maritime de l'Histoire
A un mois de la commémoration du neuvième anniversaire du naufrage du Joola, TVM vous propose de revivre le témoigne des proches des victimes et les circonstances dans lesquelles est intervenu ce drame qui a coûté la vie à près de deux milles personnes. Retour sur une tragédie, le plus grand catastrophe maritime d l'histoire, qui restera à jamais gravée dans les mémoires.
Le 26 septembre 2002 au Sénégal, le naufrage du " Joola " a fait plus de victimes que "Le Titanic": 1.953 morts et seulement 64 rescapés. " Le Joola " (ou " Diola " du nom de la principale ethnie de Casamance) qui assurait la liaison maritime entre Dakar et Ziguinchor via l'île de Carabane  était un cordon ombilical entre la région Sud de Casamance et le reste du Sénégal. Il participait au désenclavement de la région et était essentiel pour son économie.
Depuis sa mise en service, en décembre 90, on se bousculait pour embarquer sur le ferry. La grande majorité de ses usagers était des commerçants, des "banas-banas" qui écoulaient leurs marchandises, fruits, poissons, huîtres, huile et vin de palme au marché Elisabeth Diouf du port de la capitale Dakar et dans tout le Sénégal.
Construit en Allemagne " Le Joola " était un transbordeur d'eaux côtières de 1.532 tonnes, 79m50 de long, une largeur de 12m50 et un tirant d'eau de 3m10. Sa cale de chargement de 450 m3 pouvait emporter 550 tonnes de marchandises, dont une dizaine de véhicules.
Immobilisé depuis le 13 septembre 2001, pour la réparation d'avaries mécaniques et le remplacement de son moteur bâbord, "Le Joola" avait reprit la liaison Dakar-Ziguinchor le 10 septembre 2002.
C'était toute une région qui respirait à nouveau et retrouvait le sourire. Cet événement était attendu par tous car pendant un an toute la Casamance s'est retrouvée un peu plus isolée dans son enclave entre la Gambie et la Guinée-Bissau.
Bon nombre de commerçants avaient arrêté toutes activités car la route devenue le seul moyen pour transporter les marchandises revenait beaucoup plus cher que le bateau et surtout beaucoup trop long pour les produits périssables.
860 km pour 14 à 20 h de trajet en contournant la Gambie, ou bien 450 km par la Transgambienne mais avec les "tracasseries" imposées par les douanes, plus la longue attente au bac de Farafégni pour traverser le fleuve Gambie.
Alors que " Le Joola " était prévu pour transporter 580 personnes, à 18h après l'escale de Carabane il y avait officiellement suivant la vente des billets 1.046 personnes à bord.
Plus les passagers montés sans billets et les nombreux enfants de moins de 5 ans pour qui aucun titre de transport n'est délivré ...
Beaucoup de commerçants casamançais, mais aussi des touristes occidentaux, des étudiants se rendant à Dakar pour la rentrée scolaire, 32 enfants de 10 à 15 ans des écoles de football de Ziguinchor qui allaient à Fatick pour participer à un tournoi.
Pendant l’escale de Carabane le ciel s’assombrit et une forte pluie a commencé à tomber. Quand " Le Joola " a quitté l’île la visibilité était quasiment nulle, le bateau à vite disparu dans le brouillard en direction de l’océan.
A 18h45 l'équipage a envoyé un message au centre de coordination des opérations de la Marine à Dakar, pour indiquer que le navire était sorti du fleuve Casamance et qu'il poursuivait normalement sa traversée dans l'océan. Le temps était calme mais très pluvieux.
Le dernier appel a été donné à 22h pour signaler que tout allait bien à bord.
Un peu avant 23h " Le Joola " naviguait à 40 km des côtes de la Gambie à environ 170 km au sud de Dakar dans une mer houleuse avec des coups de vents à 50 Km/h et sous une forte pluie. Comme à chacun de ses voyages au restaurant l’ambiance était à la fête et l’orchestre faisait danser les passagers.
Tout c'est passé très vite, des bourrasques de vent ont accentué l'inclinaison du ferry, pour s'abriter du vent et de la pluie beaucoup de passagers se sont précipités en masse du côté bâbord ce qui a brusquement accentué le déséquilibre du navire, tout le monde a glissé vers le même côté en tombant les uns sur les autres, l’inclinaison du bateau étant trop forte il s'est renversé sur le côté et l'eau s'est engouffrée par les hublots, " Le Joola " a chaviré brutalement en moins de cinq minutes ...
Les passagers sur le pont se sont jetés à l’eau. Ceux restés à l’intérieur, surpris ou saisis dans leur sommeil, n'ont pas eu le temps de s'équiper de gilets de sauvetage. Dans l’obscurité seulement quelques personnes ont pu s'extraire du bateau en brisant les hublots.
Deux Français, Patrice Auvray et son amie Corinne, ont réussi à sortir du bateau, mais Corinne affaiblie par le paludisme a sombré après environ trente minutes de nage. Beaucoup d'autres passagers se sont noyés, ce n’était pas la tempête mais la mer était agitée par des creux de deux mètres et les bateaux de sauvetage ne se sont pas ouvert automatiquement car ils étaient sanglés ...
Un seul radeau de sauvetage a pu être ouvert recueillant 25 rescapés.
22 autres passagers ont pu grimper sur la coque du " Joola " retourné. Parmi eux le Français Patrice Auvray et Mariama Diouf la seule femme rescapée du naufrage.
Ils ont attendu toute la nuit jusqu’à 7h du matin avant d'être secourus par des pêcheurs en pirogues ...
LeKassoumay.com

LES DEPENSES DE LA TABASKI

Un casse-tête pour certaines filles, une occasion de ruse pour d’autres
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Les dépenses pour la fête de Tabaski ne hantent pas seulement les nuits des pères de famille, les jeunes filles se tirent parfois les cheveux pour porter du neuf en ce jour de fête. Porter des habits neufs assortis de chaussures dernier cri, se parer d’une belle coiffure, ce n’est pas à la portée de toutes les filles.
Il est 12h passées de quelques minutes. Un salon de coiffure situé au rond point Sahm grouille de monde, à quelques jours de la Tabaski. Fatou Faye, élève coiffeuse, après quelques hésitations, confie : « c’est moi qui finance mon habillement. Avec mon travail, je parviens tant bien que mal à gérer mon habillement de Tabaski. Pour une somme de 53.000 FCfa et par la grâce de Dieu, je vais passer une bonne fête ».
Fatou Diop Fary Mbaye, une cliente  trouvée sur place,  s’empresse de donner son opinion sur la question. Cette mère de famille critique sévèrement les jeunes filles qui s’adonnent à la multiplication de petits copains ou « mbarane » pour mieux leur soutirer de l’argent et faire face à leurs dépenses. Elle tire aussi à boulets rouges sur leurs parents qui ferment les yeux sur cette pratique. « C’est devenu une tendance, elles ne se contentent plus de ce que les parents leur donnent et c’est dommage, regrette-t-elle. Avec le ‘’mbarane’’, ce sont les copains qui prennent tout en charge. A l’approche de la Tabaski, elles ont leurs propres stratégies », déplore la dame. Abdoulaye Mbengue, tailleur de profession, abonde dans le même sens. « Ça coule de source, la plupart des jeunes filles sera ‘’habillée’’ par  les copains. C’est acceptable si la relation est sérieuse, mais si ce n’est pas une relation solide, j’estime que tout ceci n’est que vanité. »
« Un grand commerçant doit me donner une enveloppe »
Astou Mbaye et sa copine Amina attendent un taxi, à la rue 33 de la Médina. Interpellée  sur la question de savoir si ce sont ses parents qui assurent son habillement pour la fête ou  bien elle la paie avec son salaire, elle nous interrompt net : « aucun des deux ». Puis elle ajoute : « nous sommes au Sénégal, l’argent, on trouve des astuces pour l’obtenir. Les hommes généreux sont toujours là ».  Elle continue sur un ton d’humour : « N’est-ce pas que vous nous voyez attendre un taxi ? J’ai calé un rendez- vous avec un grand commerçant, il doit me donner une enveloppe. Avez-vous compris ? ». D’un geste qui ne laisse pas indifférents les passants elle lance : je ne me fais pas de soucis ».
Agée de trente ans, Astou estime qu’elle a du mal à évaluer le coût de ses dépenses d’habillement pour la fête. « Tout ce que je peux dire, actuellement, j’ai déjà dépensé pas moins de 300.000 FCfa pour mon port vestimentaire ». Son amie renchérit : « Ne me parlez pas de salaire. Ces salaires de misères ! Ils ne peuvent rien régler, et puis, c’est démodé. En plus,  à mon âge, c’est révolu  et inacceptable que je compte sur mes parents pour me vêtir. Il suffit juste de lancer un appel et le problème est réglé. Les bienfaiteurs existent jusqu’à présent. Toutefois, pour cette fois, je serai très indulgente envers les hommes parce que l’argent manque. Une petite somme de 250.000 ferait l’affaire », sourit-elle en tapotant sa copine.
« J’ai toujours refusé d’être dépendante »
Khady Diouf, étudiante en communication, compte sur sa mère pour assurer les dépenses personnelles, mais aussi sur son copain « pour le reste ». « Ma mère assure une partie, mais  mon copain, à chaque fête, me donne quelque chose. Mais je l’attends toujours, sourit-elle. Une somme de 50.000 FCfa me suffit pour faire la fête. » Rokhaya Fall,  coiffeuse, a besoin de 120.000 FCfa pour passer une belle Tabaski. Elle ne compte ni sur ses parents encore moins sur son copain. « Je suis coiffeuse et mon travail me permet suffisamment de me payer mon habillement. J’ai toujours réfuté l’idée d’être dépendante », dit-elle.   Diouma Sène ne sent pas l’effet effervescence des préparatifs.  « Avec ou sans habits, je vais passer de bonnes fêtes inch’Allah. Mon éducation m’a beaucoup aidée au point qu’à chaque fête, je ne me fais pas du souci. L’essentiel pour moi, c’est de bien manger ».
Mbayang Sarr/Lesoleil

24/09/2015

CONSEIL DES MINISTRES: LE TOURISME!

Tourisme, un secteur prioritaire à booster
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Le Conseil des Ministres s’est réuni le mercredi 23 septembre 2015 au Palais de la République, sous la présidence du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Macky SALL. Le Président de la République demande au Gouvernement de hâter la réalisation des projets de désenclavement intégré de la Casamance.
Poursuivant sa communication, le Chef de l’Etat rappelle au Gouvernement son attachement particulier à la relance de la destination touristique Sénégal et sa volonté de faire du secteur du Tourisme, un pilier du développement économique et social national, comme énoncé en 2013, à Saly Portudal.
La volonté du Président de la République, réitérée en Casamance lors de sa tournée économique dans la région, à valu entre autres à celle-ci, d’être déclarée Zone Touristique d’Intérêt National au travers de mesures d’incitations fiscales et sociales de grande portée et déjà en vigueur.
A ce propos, le Président de la République demande au Gouvernement de veiller au manque à gagner induit des Collectivités locales et d’ouvrir avec celles-ci les concertations nécessaires à cet effet.
Les différentes mesures en faveur de la relance durable du secteur du Tourisme ont été amplifiées et consolidées par la décision, prise par le Chef de l’Etat en avril 2015, de suspendre les procédures relatives aux visas d’entrée touristique et de baisser de moitié, les taxes aéroportuaires.
Dans la même perspective, le Président de la République rappelle l’importance primordiale qu’il accorde au rayonnement et aux performances de la Société d’Aménagement de la Petite Côte (SAPCO), qui doit être un instrument de référence pour le secteur.
Enfin, le Chef de l’Etat insiste sur l’impératif d’une meilleure promotion de la destination Sénégal, avec la mise à contribution de notre réseau diplomatique et consulaire, l’adaptation aux normes internationales de nos réceptifs touristiques et hôteliers, la professionnalisation des personnels en activité ainsi que l’accélération du développement de nouveaux sites et zones touristiques.
En conséquence, le Président de la République demande au Gouvernement :
De procéder avant la fin du mois d’octobre 2015, à l’évaluation technique et financière de l’ensemble des mesures engagées en vue de la relance du secteur du tourisme,
De produire un rapport spécifique et exhaustif sur l’activité touristique depuis le mois de janvier 2015,
De préparer la tenue d’un Conseil présidentiel sur le Tourisme.
ONTS

19 MILLIARDS POUR DIAMNIADIO

Le Sénégal affecte 19 milliards au projet de voirie dans le pôle urbain de Diamniadio
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Les travaux de la voirie primaire du pôle urbain de Diamniadio (PUD), ville située à 40 km de Dakar, ont été lancés officiellement cemardi.
Le coût des travaux est estimé à 19 milliards FCFA a déclaré Seydou Sy Sall, délégué général à la promotion des pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose, à l’occasion du lancement officiel du chantier, précisant que ce projet est entièrement financé par le budget d’investissement de l’Etat et son exécution se fera en 11 mois.
Selon lui, ces travaux comportent deux volets. Le premier dénommé Axe 70, est d’une longueur de 3,5km et traverse le PUD du Nord au Sud, enjambe l’autoroute à péage et la voie ferrée que doit emprunter le Train express régional et structure la ville en quatre arrondissements.
Toujours selon Selon toujours Seydou Sy Sall, cet axe comprend trois voies dont deux voies réservées aux transports collectifs, deux pistes pour les cyclistes, des aménagements paysagers, des réseaux d’assainissement et d’éclairage public ainsi que des espaces de vie, d’activités et de loisirs.
Quant au deuxième volet, dénommé « La boucle du germe de la ville » qui constitue selon Sall, le cœur urbain du projet, «sa longueur qui est de 11 km sur une emprise de 40 mètres, ceinture une assiette foncière de 700 hectares ».
Parmi les aménagements prévus, il y aura notamment une voirie de deux fois deux voies, des trottoirs piétons, des réseaux d’assainissement.
Avec le système d’assainissement prévu, assure le délégué général, il n’aura pas d’inondations dans la nouvelle ville de Diamniadio comme c’est le cas actuellement dans beaucoup de localités qui en sont dépourvues au Sénégal.
« La réalisation de la voirie primaire du PUD, a-t-il ajouté, va faciliter une grande mobilité à l’intérieur de la ville de Diamniadio et assurer sa liaison avec le système ferroviaire et routier national environnant, tout en permettant une connexion avec l’Aéroport international Blaise Diagne ».
Corinna Leblanc-Justin/Legriot

INONDATIONS: CAUSES, CONSEQUENCES, SOLUTIONS

Les inondations au Sénégal : causes, conséquences et solutions
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Depuis belle lurette, depuis plus d’une décennie, notre pays est touché en pleine figure par des inondations récurrentes dont les solutions définitives tardent à venir.
A partir de 2005, les populations des banlieues dakaroises et d’autres villes vivent dans le calvaire quasi quotidien à la tombée de la première goutte de pluie jusqu’à la fin de l’hivernage.
Certes, les inondations sont des phénomènes naturels, résultat de l’abondance des pluies et conséquence, ces dernières années, du changement climatique qui sévit dans le monde. Cependant, son ampleur catastrophique et destructive est généralement imputée à l’homme.
Pour appréhender la responsabilité de l’homme sur les inondations à Dakar, il faut  remonter à la  période des sécheresses cycliques, les années soixante dix et quatre vingt, pendant lesquelles le monde paysan a vécu le pire cas pour sa survie  à cause de la destruction de l’écosystème.
La dégradation des terres arables et du pâturage pendant ces années ont poussé les habitants de la campagne à émigrer vers les villes en quête d’une vie meilleure et à assouvir leurs aspirations. Ce phénomène est défini sous le vocable d’exode rural.
 Ces gens-là ont déposé leurs baluchons dans les villes afin de s’insérer dans la vie citadine tout en préservant leurs comportements.
Mais force est de reconnaître que les villageois veillent incontestablement à l’hygiène de leur corps et à la propreté de leur maison. Jadis, les femmes se levaient au premier chant du coq pour passer un coup de balai dans la cour de la maison, et jeter les ordures derrière les concessions  ou au bord des routes. Ce comportement autant apprécié par les étrangers est incompatible avec la canalisation des villes, pour éviter d’obstruer les égouts.
Au Sénégal, les principales causes des inondations sont inhérentes au comportement humain du fait que la terre à usage d’habitation demeure un objet de convoitise entre les quatre acteurs qui agissent sur elle à des fins différentes.
L’Etat : les gouvernements qui se sont succédé ont cherché et cherchent encore  vaillamment des terres pour y recaser les sinistrés.
Le problème est que, même si c’est l’Etat qui choisit les sites pour des raisons sociales, la construction des logements est souvent confiée à des sociétés privées nationales ou étrangères à caractère commercial qui en tirent des profits soit par l’octroi gratuit du terrain, soit par l’exonération des taxes, et parfois par les deux.
Il faut signaler que, par le simple souci de loger les sinistrés pour calmer et inhiber l’ardeur et la colère des populations, les sites de recasement ne sont pas souvent bien emménagés et bien assainis. Plusieurs sites sont dépourvus d’infrastructures de base comme des voiries internes bitumées, de bonnes canalisations, d’adduction d’eau et de l’électricité bien réparties dans les concessions. Ils manquent également d’écoles, de structures de santé, de marchés, de lieux de culte et de loisirs, de routes goudronnées pour accéder au site... La liste est longue.
 Le manque de ces infrastructures de base fait que les déplacés, même s’ils sont sauvés des eaux, vivent dans des conditions extrêmement difficiles. A cela s’ajoute la nouvelle cohabitation entre certaines familles venues d’horizons divers ; ce qui fait que les gens, dans un premier temps, se regardent dans la méfiance avant de se connaître progressivement.
L’autorité locale : il s’agit des communes rurales ou urbaines qui agissent sur la terre en procédant à des lotissements et à des attributions de parcelles aux ayants droit, dans le cadre de la décentralisation mise en application depuis 1972, et du transfert de nouvelles compétences aux collectivités locales depuis 1996. Cette autorité agit souvent ainsi pour avoir des recettes tirées des droits de bornage, afin de pouvoir fonctionner.
 Il ressort de cette politique que, vu l’intensité du lotissement des terrains dans les années passées, beaucoup de communes ne disposent plus de terre. Par conséquent, elles se rabattent à la réaffectation des parcelles avec des frais de mutations plus élevés.
Il est constaté également que certaines communes ne tiennent pas en compte l’habitabilité des terrains lors de leurs propres lotissements et/ou de ceux autorisés soit aux promoteurs, soit aux propriétaires des champs de culture transformés à usage d’habitations.
Certaines communes urbaines qui ont hérité les installations coloniales ne se soucient même pas de rependre ces canalisations très vétustes. C’est le cas de la Médina où à chaque grande pluie l’avenue Blaise Diagne devient impraticable au niveau du stade Iba Mar Diop. Et ce, pendant des heures. Comme réalisation, l’équipe municipale n’a fait que construire une rangée de briques sur la bordure du canal central avec des barres de fer courbées alors que beaucoup d’égouts brisés restent, depuis des années, à ciel ouvert à côté de dépotoirs d’ordures. Le constat est le même au canal de Gueule Tapée qui devient, dans sa partie attenante à la Maison Dabakh, une rivière à chaque pluie.
A Kaolack, par exemple, les populations guettent la mer et suivent pas à pas avec leurs pelles et truelles pour construire des cabanes sur toute portion libérée en circonstance par la mer. La commune de Tivaouane s’agrandit autour de la cité religieuse de Ndiassane qui mène une lutte à mort pour ne pas devenir un quartier de sa sœur, la ville de Maodo.
La zone des « Niayes », avec ses palmiers et ses filaos, constitue la ceinture verte de Dakar, mais, hélas, les stigmates des agressions y sont perceptibles partout.
Dans plusieurs endroits submersibles de la commune de Diamniadio, on aperçoit dans les dépressions, les bas-fonds et les ravins, les bornes des lotissements plongés dans l’eau, mais les fondations des maisons en forme d’équerre sont disposées à la verticale pour niveler la terre.
Tous ces exemples et tant d’autres se passent au vu et au su des autorités étatiques et communales, dans la passivité.
Le promoteur immobilier : c’est un acteur économique. Il achète des terres auprès des « fermiers » pour les morceler et les revendre aux particuliers et/ou aux coopératives d’habitat. Le fait que la vente se fasse en termes de superficie et non par parcelles, le promoteur morcelle cette superficie sans tenir compte souvent des lieux qui sont topographiquement inhabitables.
La coopérative d’habitat : les coopératives d’habitat sont généralement attributaires des sites et/ou des parcelles par l’intermédiaire d’un promoteur. Les coopératives ont une vocation sociale. La plupart des gens qui les gèrent, méconnaissant le foncier et la ruse des autres acteurs, ne trouvent pas nécessaire de vérifier la situation et la nature topographique du site à acquérir. Ceci fait qu’il arrive qu’un membre soit déçu par la mauvaise position de la parcelle dont il est attributaire.
L’urbanisation galopante : Si l’urbanisme est un art, une conception, une science, l’urbanisation demeure la manière de donner un corps à cet art selon la culture sociale du milieu, la nature des matériaux de construction disponibles, la topographie du terrain, la fourchette financière dont disposent les gens, et plus ou moins, le rythme de l’accroissement du taux de natalité des populations, la démographie, etc.
Tous ces éléments constituent le soubassement du plan d’urbanisme adopté par une autorité compétente pour une période donnée.
Le pouvoir colonial a été très vite sensible à ce problème en dotant Dakar d’un plan d’urbanisme en 1923 alors que « …sa superficie n’atteignait pas celle d’un arrondissement de Paris et il n’y avait que quarante-cinq mille habitants » (cf. Charles-Henri Pavrod, 1958, le poids de l’Afrique : le Sénégal et le Soudan, pp.48).
Ce qu’il faut noter, ici, avec chagrin, c’est l’urbanisation « horizontale » qui s’étend sur une dizaine de kilomètres à Mbour, Touba ou ailleurs. Si ce rythme continue, Dakar sera bientôt relié à Mbour, à Mboro et à Thiès, au détriment de la vulnérabilité de l’écosystème, notamment dans la zone marécageuse des « Niayes », rien que pour le souci de satisfaire les populations sous le slogan « un Sénégalais, un toit ».
Ce phénomène qui semble être non maitrisé et non contrôlé du point de vue environnemental aura, dans les années à venir, des conséquences néfastes sur la production  maraîchère et agricole et sur la santé publique.
Pour amoindrir l’agression subie par l’écosystème, il est nécessaire d’adopter une urbanisation « verticale », en respectant toute les normes requises pour la vie sociale des Sénégalais et économiser plus d’espaces pour les générations futures. 
La beauté d’une ville moderne n’est pas dans sa superficie, mais dans la hauteur harmonieuse de ses bâtiments. Dakar perd sa beauté tant enviée par la vilaine vue de sa banlieue. Ce triste constat se manifeste en empruntant l’autoroute à péage où on voit à perte de vue des maisons inachevées et éparpillées partout.
Pour enrayer et trouver des solutions aux inondations, il faut qu’il y ait une synergie de concertations permanentes entre les quatre acteurs susmentionnés.
Les milliards de FCfa dépensés pour lutter contre les inondations sont presque vains, car l’ampleur du problème s’amplifie d’année en année.
Au Sénégal, nous aimons beaucoup donner des chiffres colossaux dans l’énumération des réalisations des projets, mais sans un contrôle efficace et un suivi permanent. Ce qui fait que nous tournons en rond pour refaire la même chose, gaspillons beaucoup d’argent et perdons beaucoup de temps pour rien.
Il ne suffit pas de créer de nouveaux quartiers sans veiller à leur assainissement. « Etrange Afrique, Tout est extrême sur son sol déshérité : invasion de sauterelles, d’oiseaux, du sable ou de la forêt. Non seulement il faut tout y créer, mais tout y défendre », dit Charles-Henri Pavrod.
C’est pourquoi il ne suffit guère de recaser les sinistrés et de les laisser en rade dans des conditions précaires, mais il faut que tout le monde respecte la bonne conduite et l’ordre public pour préserver le bien être commun.
Il faut libérer les zones submergées non pas pour agresser l’écosystème dakarois, mais pour  créer des conditions optimales permettant aux populations de retourner à leurs terroirs.
Il y a un autre problème qui ternit l’image de marque de notre pays et anéantit tout effort consenti, c’est l’incivisme des Sénégalais qui atteint une ampleur inquiétante à tous les niveaux et dans tous les milieux, notamment dans les villes. On jette tout ce qui est entre nos mains n’importe où, on détruit le bien commun n’importe comment, on construit partout, on occupe la voie publique et les terres par le rebus de la liberté et de la citoyenneté, sous le regard impuissant ou complice de certains décideurs.
Ce comportement d’incivisme, répréhensible, complique davantage la tâche aux autorités compétentes dont les efforts sont louables, dans certaines mesures, pour lutter contre les inondations. 
La coopération étroite et concertée entre les acteurs qui agissent sur la terre (l’Etat, les collectivités locales, les promoteurs et les coopératives) est plus que jamais nécessaire pour règlementer l’occupation des sites qui va de pair avec la résolution des inondations. La mise en place d’une autorité de régulation autonome et compétente, dotée de tous les moyens financiers, juridiques et institutionnels, ayant un pouvoir décisionnel pour valider ou invalider des lotissements et des attributions des parcelles, sera la bienvenue.
Dr El Hadji Ibrahima THIAM/Pca de la coopérative d’habitat des anciens étudiants sénégalais au Maroc/Lesoleil

HAVAS ANALYSE LE TOURISME

Relance du tourisme : Havas présente son expertise au Sénégal
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Venus à Dakar pour rencontrer les acteurs de la vie économique, la délégation du groupe de conseil en communication, Havas, entend présenter et proposer son expertise aux décideurs pour les aider à relancer le secteur touristique sénégalais.
Le Sénégal recèle d’énormes potentialités ne demandant qu’à être valorisées et mieux exploitées pour assurer son décollage économique sur la durée. Une opinion partagée par  les membres de la délégation de Havas Africa,  venus récemment à Dakar prendre la mesure du marché et accompagner  le développement de Havas Sénégal. Par exemple, le secteur touristique, actuellement en crise, dispose de nombreux atouts à même de le sortir de cette période difficile qu’il traverse, estime Romain Guillemard, vice-président de Havas Africa. Analysant les difficultés du secteur, notamment au lendemain de la tempête qui a ravagé les côtes du Sénégal, il précise que le pays subit fortement les effets collatéraux de la situation d’insécurité prévalant en Afrique de l’Ouest. Il est nécessaire de « réhabiliter son image, de rappeler les faits, à savoir que le Sénégal est un pays stable, calme, sûr et surtout doté d’infrastructures hôtelières de qualité », ajoute M. Guillemard. Pour lui, « il faut aussi expliquer la richesse culturelle du Sénégal. La destination Sénégal a besoin d’une promotion efficace, à l’international, en complément de ce qui a déjà pu se faire sur le territoire. Comment ? « Tout d’abord en menant un rapide audit, permettant d’avoir un aperçu fiable des forces et faiblesses du secteur pour voir ce qui reste ou non perfectible. Puis, en valorisant la destination Sénégal au delà des frontières, en particulier en Europe occidentale, à travers des campagnes de presse mais également média». Mais le tourisme n’est pas l’affaire des seuls touristes, il est également nécessaire de s’adresser aux investisseurs internationaux pour développer les infrastructures, et l’offre d’accueil du pays, poursuit-il.  En cela, « Havas peut être un partenaire incontournable de la relance du secteur, grâce notamment à son offre dédiée à la stratégie de réputation ».
« La lutte peut être une vitrine du Sénégal »
Le sport, particulièrement la lutte sénégalaise, ne laisse pas Havas indifférent. « La lutte peut être une vitrine (du Sénégal). On peut développer ce sport et, à travers lui, valoriser la culture sénégalaise », estime Abou Diop, directeur d’agence de Havas Africa Sénégal.
Disposant d’une branche spécialisée, Havas Sport Entertainment, l’agence Havas se spécialise dans l’accompagnement de marques et des fédérations sportives, le sponsoring, etc. « L’offre existe à Dakar. Nous allons apporter, en plus, nos outils d’analyse, de performance », explique Romain Guillemard. « Havas Africa Sport veut rencontrer le maximum d’acteurs au Sénégal », poursuit-il, tout en rappelant que le groupe gère, par exemple, « l’univers complet du sport », en Côte d’Ivoire. « Nous rencontrerons les marques, les financiers. Nous pouvons aller même jusqu’à la gestion des infrastructures  sportives », ajoute-t-il. Selon Abou Diop, Havas va proposer son expertise à l’occasion du marathon de l’autoroute à péage prévu en 2016, une occasion d’exposer les images de marque du Sénégal aux nombreuses nationalités qui seront présentes.
Le groupe a lancé ses premières agences en Afrique, dont celle du Sénégal, en 2010 et il en compte, aujourd’hui, plus d’une quinzaine après l’ouverture récente de son antenne au Mali. Havas Africa est la nouvelle offre unique du groupe Havas.
Malick CISS/Lesoleil

EXEMPLE DE CE QUI NE VA PAS...

Pourquoi les investisseurs ne se précipitent-ils pas au Sénégal ?
senegal
Au cours de ces dernières années, le climat de l’investissement au Sénégal s’est beaucoup amélioré, notamment grâce au président de la République Macky Sall qui accorde personnellement une attention particulière à cette question. Mais malgré ce fait, le Sénégal est en retard par rapport aux autres pays émergents en ce qui concerne le taux des investissements attirés. Quelle en est la cause ? Dans cet article, nous allons étudier un des problèmes auxquels font face les investisseurs qui s’engagent dans des projets si intéressants et si nécessaires pour notre pays.
En 2013, le Président Macky Sall a participé au Forum économique international du G20 qui s’est tenu à Saint-Petersbourg, en Russie. Au cours de sa visite, il a rencontré Oleg Iantovskii, le président de Conseil d’administration de la société Hbsc, pour discuter de l’attractivité de l’investissement du Sénégal. Les pourparlers ont abouti et à la fin de l’année 2013, il a été créé la société Atlantik sea food afin de construire et de gérer l’usine de traitement de poisson à Sangalkam. Pour la réalisation de ce projet, on a acheté des terrains, des équipements coûteux. On a créé des liens de partenariat et tout cela a mené à la mise en place des fonds importants qui contribuent au développement du Sénégal. Jusqu’au mois de septembre 2014, la société Hbsc était le propriétaire des 100% des actions de la société Atlantik sea food. Et jusquelà, la construction de l’usine battait son plein. La fabrication devait commencer à la fin de l’année 2014 en créant ainsi plusieurs centaines d’emplois. Pour développer de nouveaux projets comme par exemple la construction des logements abordables de qualité européenne ou aussi la construction d’une nouvelle usine au Sénégal, on a pris la décision de céder 80 % des actions aux nouveaux actionnaires en contrepartie de son développement. Mais malheureusement, peu de temps après, il est devenu évident que les nouveaux actionnaires ne sont ni capables et ni motivés pour la mise en fonctionnement de l’usine de poisson et leur but principal est de ravir l’entreprise pour ensuite la revendre.
En décembre 2014, en violation de la loi Ohada et des statuts de la société Atlantik sea food, cette dernière a subi des changements illégaux – du Suarl en Sa. Toute l’opération a été manifestement fabriquée. Pour des motifs mercantiles, les nouveaux gérants de la société Atlantik sea food se sont emparés de manière frauduleuse des 20% restants qui appartenaient à la société Diamo investissements (société gérée par le fondateur de la société Atlantik sea food, monsieur Iantovskii). Les actionnaires minoritaires de la société Atlantik sea food et le gérant de la société n’ont pas reçu la convocation à l’assemblée extraordinaire, donc n’ont pas pu y assister et couper court aux actions frauduleuses des nouveaux actionnaires majoritaires. De ce fait, le 30 décembre 2014, messieurs Oleg Iantovskii représentant les actionnaires minoritaires et Maksim Palamarchuk, le directeur général de la société Atlantik sea food, ont déposé des plaintes au Parquet de la République du Sénégal pour les actions frauduleuses. Jusqu’à présent, beaucoup d’in
vestisseurs se précipitent au Sénégal, mais encore plus le quittent. Hbsc Ltd représentée par Oleg Iantovskii avait des projets ambitieux pour le développement d’activités commerciales au Sénégal, pour la construction de logements abordables et de centres commerciaux. La construction de l’usine à Sangalkam et son fonctionnement sont remis en question. En conséquence, la mise en œuvre de nouveaux projets réellement importants pour le Sénégal a été suspendue. C’est dans le but de prévenir les actions frauduleuses que nous voulons attirer l’attention du grand public sénégalais. Il vaut mieux jouer avec les fourmis que les cigales. Il faut penser à demain dès aujourd’hui. C’est à nous de prouver que le Sénégal jouit du grand potentiel de l’investissement, d’assurer les organismes publics contre les actes frauduleux et de ne pas laisser compromettre l’image de la République. L’avenir dépend de nous et notre capacité à lutter pour la vérité.
Maksim PALAMARCHUK

23/09/2015

LE VIOL AU SENEGAL

Un acte inhumain
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Le phénomène de viol devient de plus en plus présent dans notre société et traumatise les jeunes filles.
Dans la société africaine, la plupart des cas de viols enregistrés sont des affaires de famille c’est-à-dire la fille est souvent violée par un membre de la famille. Il peut être le frère, l’oncle, le cousin, l’ami du père ou même le père. Raison pour laquelle les coupables s’en tirent souvent sans aucune punition d’autant plus que les membres de la famille souhaitent étouffer l’affaire. Mais au bout du compte cela n’arrange ni la victime ni la famille en question car cette dernière court le risque de revivre la même histoire.
Il y a aussi les filles qui sont violées par des personnes malades car, ne pouvant pas contrôler leur désir sexuel. Ces gens devraient tous être enfermés ou soignés pour le bien de la société sénégalaise. Le viol étant un acte impardonnable doit être sévèrement puni par une nouvelle loi plus ferme que celle actuelle ce qui poussera forcément ces pervers à réfléchir deux fois avant de commettre un tel acte.
Parfois, la fille, une fois violée elle éprouve de la honte à en parler aux proches redoutant leur réaction surtout celle des parents. Pour éviter cela, ces derniers doivent se rapprocher de leurs filles et essayer de maintenir une complicité . De ce fait quand ces genres de drames se produisent au moins ces filles pourront compter sur leur soutien.
Une personne si elle n’est pas forte mentalement elle risque de perdre la tête ou même de se suicider à cause des rêves qui s’envolent et la joie de vivre qui s’éteint à jamais. Toute une vie vie détruit en minute par un animal qui ne pensait qu’à une seule chose, assouvir sa libido.
Aujourd’hui les femmes se battent pour la parité mais avant de réclamer la justice il faut d’abord combattre l’injustice en commençant par dénoncer le viol qui est leur pire ennemi.
El Bachir Mbacké Ndiaye/Seneweb

21/09/2015

PARCOURS D'UN MIGRANT

Parcours migratoire d’un jeune Sénégalais : « J’ai traversé la Méditerranée en zodiac »
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« Tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais ». Cette phrase de Xavier Nolan, l’excellent réalisateur canadien, reste à vérifier pour Yoro qui a pris la route puis traversé la méditerranée pour rejoindre l’Europe. Arrivé en France à travers des voies sinueuses en fleuretant et bravant la mort, le jeune Sénégalais vit à Paris depuis un peu plus d’un an. Mais il est loin de toucher à son but : le rêve d’une vie meilleure.
Le choc des images provoque le poids des mots. La vue des milliers de morts échouant sur les plages méditerranéennes évoque en Yoro, 33 ans, son parcours qui ressemble à bien des égards à celui de ceux qu’on appelle, selon une sémantique différente, de par une prise de position idéologique, « réfugiés » ou « migrants ». Le sourire sur son fin visage ovale aux yeux globuleux orné par une précoce présence de cheveux blancs n’est pas une façade mais il trahit bien une philosophie de vie. Son voyage à lui, Yoro le date au lendemain d’un combat de lutte. « Je suis parti de Dakar après le combat Balla Gaye 2 – Yékini (22 avril 2012, ndlr) pour rallier le Maroc par la route. Je suis arrivé en Espagne le 21 avril 2013 ». Un an de lutte contre le désespoir malgré les péripéties qu’il raconte de manière joyeuse mais aussi en ayant la voix étreinte d’émotions selon les événements.
« Voyage au bout de la nuit »
Au marché de Cergy, en périphérie parisienne, Yoro s’active pour écouler sa marchandise. C’est la même activité qu’il faisait quatre ans plus tôt au marché Sandaga de Dakar. « Je gagnais bien ma vie. En moyenne, j’avais 20 000 FCfa par jour. Certains samedi, mon chiffre d’affaires pouvait aller jusqu’à 50 000 FCfa ». Le jeune trentenaire était marchant ambulant au célèbre marché de Dakar. Au retour de la Korité 2011, la diète financière allait prendre le relai de celle religieuse puisque la mairie de Dakar avait pris un arrêté pour interdire les marchands ambulants de Sandaga. A partir de ce moment, deux choix était possibles. « Louer des magasins et se conformer à la loi, certains l’ont et parmi eu il y a eu beaucoup de regret. La deuxième solution était de partir en tentant l’aventure de l’immigration. Les destinations qui s’offraient à nous étaient l’Afrique du Sud, le Brésil et l’Europe ». C’est cette dernière option que Yoro privilégie sur les conseils d’un ami établi en Espagne. Il devait payer 1 500 000 francs CFA. « Mon ami m’avait dit qu’il fallait régler en avance la somme. Comme je ne disposais pas de la totalité de la somme, les personnes avec qui j’étais ont accepté que je donne un scooter d’une valeur de 400 000 francs FCfa en plus de 500 000 ». Yoro pris la route pour le Maroc. « C’est une destination qui attirait beaucoup de Sénégalais ». Mais une fois au Maroc, la promesse de son « ami n’a pas été respectée ».
Les personnes qui devaient se charger de le « conduire en Espagne » ont disparu. « A Rabat, les passeurs lui avaient promis que c’est la Croix-Rouge qui allait s’occuper de son passage en Europe ». Incroyable mais « l’espoir peut faire croire à n’importe quelle chimère », tente d’expliquer Yoro. Un de ses amis de voyage a choisi, avec plus de lucidité, de rentrer au bout de deux semaines d’interrogations au Maroc. Avec ses confrères de galère, Yoro porte plainte contre ses « amis » basés au Sénégal et en Europe mais aussi les passeurs marocains. Le jeune Sénégalais avait « une autre vision du résultat de (son) voyage que cet échec cuisant et amer ». Il lui fallait toucher impérativement à son but. Avec seulement 50 euros en poche, le chemin vers l’Europe semblait encore plus loin. La débrouille n’est pas un vain mot pour Yoro avec son sens de l’observation, il s’inspire du quotidien des Sénégalais vendeur de « portables chinois au Maroc » pour redémarrer à zéro en montant un petit commerce.
Avec ses modestes gains, il commence difficilement à s’installer dans la capitale marocaine. Ces gains lui permettent de payer son loyer, de vivre et même d’envoyer de l’argent au Sénégal. Le temporaire devient durable sous le matelas illusoire d’une installation de petit confort mais le jeune homme ne perd pas de vue son objectif de rejoindre l’Espagne. « Après 11 mois, j’ai pris mon courage à deux mains pour aller à Tanger ». Une fois sur place, Yoro tombe encore des nues en découvrant ce qu’il appelle « un trafic ». Parmi les nombreux candidats à l’immigration, beaucoup se font berner. En route, « les arabes qui se proposent de faire le guide récupèrent l’argent et disparaissent ». Pour éviter ces mésaventures, les subsahariens essaient de mettre sur pied des solutions comme ce que Yoro appelle « les arrivées payées ». En clair, le candidat au départ donne entre 3 000 et 5 000 dirhams à une personne de confiance choisie par le guide et lui même. Une fois la traversée effectuée, le versement de l’argent s’effectue. Mais les arrivées payées n’ont malheureusement pas résolu tous les problèmes.
La traversée de toutes les peurs
C’est en connaissance de tous les risques que Yoro choisit de ne pas se fier aux guides et aux passeurs. « J’ai décidé de m’occuper personnellement de ma traversée de l’Atlantique donc des 14 km entre Tanger et Tarifa ». Il décide de se mettre avec cinq autres personnes, qui « tentaient quotidiennement leur chance pour passer en Europe », afin de réaliser son projet. Son business plan était simple : chacun cotise l’équivalent de 100 000 francs CFA pour acheter le matériel : les rames, les gilets de sauvetage, s’informer sur la météo. La coordination de ce plan nécessitait une minutie particulière. « Ainsi nous avons acheté un zodiac à 600 dirhams, des rames et des gilets à 150 dirhams l’unité. Nous avons payé la police marocaine qui surveillait la côte pour monter dans un de leurs bus pour passer les contrôles qui sont sur la route qui mène à la plage. Nous n’étions pas les seuls dans le bus qui pouvait contenir une cinquantaine de personnes. Il n’était cependant pas rempli mais chacun des passagers a déboursé 10 euros », raconte Yoro. Il ne manque pas de raconter une anecdote symbolique du désespoir des candidats au départ. « Parmi nous, certains ont appelé leurs marabouts au pays pour des prières de bonne traversée ». Redoutée, la traversée de la méditerranée fait beaucoup de morts. Il y a eu près de 8 000 morts en méditerranée de 2011 à avril 2015 selon le Haut Commissariat des Nations Unies aux Refugiés (HCR). Le soir du départ est choisi : « C’était la pleine lune », parce qu’elle facilite la traversée avec plus de lumière. Après les préparatifs matériels et mystiques, l’heure de la grande traversée a sonné.
« Une fois sur la plage, nous avons débarqué et commencé à gonfler le zodiaque. Nous nous sommes cachés dans les bois en sachant que la marine marocaine finit la surveillance des côtes entre 4h et 4h45 du matin. Des bois, il faut faire un sprint avec le matériel car les militaires ne peuvent plus intervenir quand nous arrivons dans l’eau. Ce n’est plus leur domaine de compétence », poursuit Yoro, bien au fait des détails juridiques. Une fois dans l’eau, Yoro dit remarquer que « les « capitaines » de ces rudimentaires embarcations sont des Sénégalais car beaucoup viennent des îles du Saloum ou ont été pêcheurs. C’était une nuit calme. Après plus de deux heures de rame, nous avons été repérés par la marine espagnole. Elle nous a ordonné de ne plus ramer. Après les autres embarcations, nous étions 42 personnes au total. Il y avait beaucoup de filles. Elles ont un système : être enceinte est une garantie de passer en Europe. Les autorités espagnoles nous ont accueilli dans leur bateau pour nous acheminer au port ».
Débarqués pour la première fois sur le territoire européen, c’est au tour des contrôles de police, de santé, les Adn des candidats à l’immigration sont prélevés. Pas le temps de savourer le changement de continent car ils prennent la direction du tribunal deux jours après leur arrivée. « Le juge nous notifie que nous sommes des clandestins et que le tribunal va statuer sur nos cas, témoigne Yoro. Pour les moins chanceux, c’est un renvoie direct au pays alors que les plus heureux sont remis en liberté après la période légale dans les centres de rétention ». Selon les différentes lois européennes, le temps de rétention est de deux (2) à soixante (60) jours.
« J’y ai passé 49 jours, précise Yoro. Certains de mes compagnons de galère ont été directement reconduits au Sénégal. Il ne faut pas donner son pays d’origine ou avoir des papiers d’identité sur soi. Pour traverser le Maroc, j’avais une photocopie de mon passeport car, en cas de contrôle, la police locale pouvait te remettre dans le désert par défaut de papiers administratifs. J’ai jeté la photocopie quand la marine espagnole est arrivée. J’ai prétexté que je venais du Tchad. Plus le temps passe au centre de rétention plus j’avais espoir. Mais il y avait un jeu de dupe en réalité sur la situation. Les Espagnols ne devraient pas avoir de problème pour retrouver nos nationalités car ils nous voyaient appeler au Sénégal tous les jours avec les cabines téléphoniques installées dans les centres ».
Séville pour une nouvelle vie
Les jours de libération dans les centres de rétention aux frontières de l’Europe sont les lundis et les vendredis. Quand la nouvelle est annoncée, ce sont les associations comme la Croix-Rouge qui prennent le relais de l’encadrement et l’appui dans les premiers pas en Europe.
« J’avais pris la direction de Séville, ville choisie par l’association qui m’accueillait. Elle m’avait donné un peu d’argent, une carte de transport. Ils m’ont dit qu’ils ne travaillent pas avec l’Etat donc pas la peine de continuer à cacher qui j’étais. Après avoir pris confiance, je leur ai dit la vérité sur ma nationalité et mon âge. Ils m’ont demandé de contacter ma famille au Sénégal et de la rassurer. Mais j’avais obligation de commencer à apprendre l’espagnol. Ils t’aident également à avoir des traces de présence sur le pays en vue d’une éventuelle régularisation ».
Au bout de deux mois à Séville, Yoro était aussi en contact direct avec les différents membres de sa famille présents en Europe (France et Espagne). « La plus proche était en banlieue de Madrid. L’association m’a acheté un billet de train et donné 50 euros d’argent de poche ». Ainsi, Yoro retrouvait une autonomie mais il s’y était préparé. « A Séville, j’avais commencé à travailler. Mais je remarquais que l’Espagne était durement touchée par la crise. Ainsi j’ai juste passé six mois à Madrid. J’ai contacté des parents, un oncle à Paris m’a conseillé de venir en France. Mais j’ai eu une hésitation car entretemps j’avais rencontré une Norvégienne devenue ma copine et elle voulait que je la suive en Norvège. Finalement, j’ai opté pour la sagesse et le choix de Paris ».
Arrivée en France, être hébergé par des parents ne l’a pas empêché d’être confronté à des difficultés. « En France, la vie est chère. Tout ce que j’avais épargné au Maroc et même pendant les deux mois en Espagne, je l’ai dépensé en France en un peu plus d’un an ». La vie n’est pas seulement chère en France, elle semble sans avenir pour Yoro. « J’ai déposé pour une prise en charge sur l’aide médicale d’Etat (une étape importante pour être plus tard régularisé) mais elle a été refusée ». La condition pour l’obtention du sésame est de fournir un papier attestant de la date d’entrée en France. Ce qui est impossible à fournir pour Yoro car on lui avait payé son billet de train et il n’était pas en possession de papier d’identité.
Regrets d’un rêve inaccessible
Devant son horizon qui semble boucher en France après bien des galères et sacrifices pour y arriver, Yoro reste amer. « Je regrette d’avoir fait ce choix même si à l’époque j’étais obligé de trouver une solution. Si c’était à refaire je ne le ferai pas. Partir était inéluctable mais je n’allais pas le faire de manière clandestine et dangereuse. La traversée du Maroc s’est faite sans sécurité, je pouvais ne pas m’en sortir. En dehors du racisme, mes compagnons de voyage et moi avons été poursuivis avec des armes par des habitants d’une petite ville. Pour aller à Fès, je dormais dans le bus. Une dame est venue me réveiller pour m’ordonner de lui céder ma place. Et comme je savais qu’ils ont peur des gris-gris, j’ai en sorti et elle a eu peur et m’a laissé en paix. Nous avions fini par avoir des règles comme ne jamais sortir seul mais minimum par trois pour prévenir l’insécurité.
 Devant les images de migrants morts qui sont au programme des télévisions françaises, Yoro refait le film de son voyage. « Cela me rappelle ma propre expérience. C’est triste. Les seuls perdants sont les morts. C’est un système qui enrichit beaucoup de monde à commencer par les passeurs. Il y a des Sénégalais qui en font un travail. Dès le Sénégal, ils cherchent des candidats à l’immigration clandestine à arnaquer comme moi alors que nous cherchons une vie meilleure simplement. Le jour de ma traversée, ma mère m’a appelé pour me dire qu’elle avait fait un rêve sur mon voyage et tout allait bien se passer. J’attends encore que ce rêve se réalise ». Encore célibataire, Yoro n’a pour projet que d’avoir des papiers pour reprendre le cours de sa vie.
Moussa DIOP/Lesoleil

36 MEDAILLES AUX JEUX AFRICAINS

Jeux africains : le Sénégal termine avec 36 médailles dont sept en or
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Le Sénégal a terminé les 11-èmes Jeux africains de Brazzaville avec 36 médailles dont sept en or, 10 en argent et 19 en bronze.
Les médailles d’or sénégalaises ont été décrochées par l’équipe nationale de football des moins de 23 ans, la karaté Mame Fatou Thiaw (+ 68 kg), Fara Ndiaye et triplette pétanque, Binta Diédhiou (- 57 kg) en taekwando, Youssoupha Diouf (javelot) en handisport et le lutteur Adama Diatta (57 kg).
Le Sénégal a déplacé 187 athlètes évoluant dans 19 disciplines différentes. Sur ces 19 disciplines, huit rentrent dredouilles.
Il s’agit du volleyball, du cyclisme, du tennis de table, de la boxe, de l’haltérophilie, de la gymnastique, de la natation et du basket-ball.
En 2011 à Maputo (Mozambique), le Sénégal avait décroché 30 médailles dont huit en or dans 15 disciplines.
Au tableau des médailles, l’Egypte est sortie en tête avec 193 médailles dont 76 or, 56 en argent et 61 en bronze, devant l’Afrique du Sud, qui totalise 114 médailles (41 or, 39 argent et 34 bronze).
 L’Algérie s’est classée à la troisième place avec 114 médailles dont 41 en or, 39 en argent et 34 en bronze. Viennent ensuite le Nigeria avec 83 médailles (23 or, 33 argent et 27 bronze) et la Tunisie avec 74 médailles dont 22 en or, 20 en argent et 32 en bronze.
-Tableau des médailles sénégalaises aux Jeux africains ;
-OR :
- Karaté : Mame Fatou Thiaw (+ 68kg)
- Petanque : Fara Ndiaye et Triplette Pétanque
- Taekwondo Bineta Diédhiou (- 57 kg)
- Handisport : Youssoupha Diouf (javelot)
- Football : Equipe nationale des moins de 23 ans
- Lutte : Adama Diatta (57 kg)
-ARGENT :
- Karaté : Mariane Ndiaye (- 55 kg) et équipe de kumité Dames
- Escrime : l’équipe masculine (épée)
- Athlétisme : Gnima Faye (100 m haies), Amy Sène (marteau) , Ndiss Kaba Badji (saut en longueur)
- Taekwando : Balla Dièye et Mamadou Moustapha Kama
- lutte : deux médailles Isabelle Sambou (53 kg) et Safiétou Goudiaby (58 kg )
BRONZE :
- Karaté : Mohamed Diagne (- 84 kg), 2 - El H. Ibrahima Mbaye (- 75 kg), 3 - Equipe kumité Hommes ;
- Escrime : Babacar Kadam, Ndèye Fatou Thiam, Equipe masculine (sabre) , équipe féminine
- Judo : Hortense Diédhiou, Léa Buet (-57 kg), Baboucar Mané (- 100 kg)
- Taekwondo Gorom Karé (- 74 kg)
-T ennis : Omar Kâ – Yannick Languina
- Lutte : Anta Sambou (63 kg), 14-Binta Diatta (55 kg), Gaël Diatta (61 kg), Cheikh Niang (86 kg), Fodé Sarr (120 kg)
- Athlétisme : Mamadou Gèye (saut en longueur)
- Handball : équipe nationale féminin
BHC/ASG/APS

20/09/2015

AMOUL ALCOOL...

Macky Sall interdit la vente d'alcool dans les bouteilles inférieures à 50 cl titrant à plus de 18 degrés
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Désormais au Sénégal pour bien boire de l’alcool, il faut casquer fort. En effet le Président de la République SE Macky Sall Rechercher Macky Sall vient de prendre la décision interdisant la vente de boisson alcoolisée dans des bouteilles de moin50 cl.
Cette décision du Président Sall fait suite à une vague de meurtre dans les quartiers populaires de Dakar causés le plus souvent par la prise d’alcool.
Alors que l’opinion demande la réactivation de la peine de mort au Sénégal pour amoindrir les meurtres à répétition dans le pays, Le Président Macky Sall Rechercher Macky Sall vient de prendre une décision non moins importante. En effet l’homme fort de Dakar a interdit, depuis hier, et sur toute l’étendue du territoire national, la vente d’alcool conditionné dans des bouteilles inférieures à 50cl titrant à plus de 18 degrés.
La mesure concerne les bouteilles de 20 cl vendues à 600 FCFA et de 30 cl vendues à 800 FCFA. L’arrêté, détaille le journal, est destiné à toutes les unités de fabrique d’alcool du Sénégal, notamment la Sébo, le Cvs, le Lsb implantés à Dakar, et la Stap à Thiès, entre autres
Cette décision du chef de l'Etat s'explique par la volonté du gouvernement de stopper la recrudescence des meurtres et la dépravation des couches vulnérables. Avec cette nouvelle mesure, les parents des jeunes de Grand Yoff Rechercher Grand Yoff vont pousser un ouf de soulagement.
KOACI

LE FRANCAIS, LANGUE ETRANGERE

La malédiction du français au Sénégal
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«Bépp làkk rafet na buy yee ci nit xel ma
Di tudd ci jaam ngor la»
«Toute langue est belle qui, de l’homme, éveille la sagacité et qui, à l’asservi, redonne le goût de la liberté» [Serigne Moussa Kâ (1883-1967), poète sénégalais.]
« Pourquoi sommes-nous tant iniques à nous-mêmes ? Pourquoi mendions-nous les langues étrangères, comme si nous avions honte d’user de la nôtre ? » (Joachim du Bellay (1522-1560), poète français).

Par les temps qui courent, il est inopportun de parler de la «malédiction du français» lorsqu’on a fêté en grandes pompes le sommet de la Francophonie, en investissant des centaines de milliards. C’est là où réside tout le problème de cette langue (le français en Afrique) ! Enoncer une malédiction à cette langue tant chantée et louangée est une incongruité d’autant plus que j’utilise cette même langue pour aborder le problème. Mais l’on est conscient de l’hégémonie du français sur nos langues africaines depuis la colonisation occidentale. Quoi qu’on dise, le français reste une langue impérialiste, qui lorsque nous la parlons, nous rappelle les souffrances incommensurables vécues par les peuples colonisés pour enrichir la métropole. Je propose une réflexion qui sort des sentiers battus. Héritée de l’ancienne métropole, puissance coloniale, la France, le français s’est bien installé chez nous et devient notre langue officielle, celle de l’Adminis­tration et de l’école. A leur départ, les anciens colons français nous ont laissé un «butin de guerre», leur langue. Aussi nous sommes-nous rués sur cette chose comme des mouches sur du miel. Chacun essaie de se l’approprier : pour ceux qui ont l’accès à la fameuse école française. De jour en jour, cette langue a revêtu le bonnet et le «caaya» (pantalon bouffant), c’est-à-dire qu’elle s’est acclimatée. Aimé ou haï, adopté, adapté ou rejeté, le français s’est confortablement installé chez nous par la force des choses. Le premier débat sur l’adoption du français fut celui des écrivains qui doutaient de la capacité du français- ou des langues européennes (étrangères)- à exprimer tout l’être du Noir. Ce débat a été très fructueux dans la critique dans la littérature africaine. Il ressort de cela deux tendances : les fervents défenseurs du français comme Senghor (premier Noir agrégé de grammaire, Professeur de lettres, académicien) qui chantent les louanges du français pour magnifier sa «force-bonté» (pour emprunter le titre du roman de Bakary Diallo). Pour ceux-ci, le français est une langue riche, capable au plus haut degré d’exprimer ce que nous ressentons. Senghor ne manque pas de dire que le français a apporté à nos langues nationales beaucoup de «mots abs­traits». D’autres ressentent le désir d’africaniser, de «malinkiniser» le français, pour qu’il soit à même d’exprimer la profondeur de l’âme africaine. Ceux-là sont partagés entre leur identité culturelle et la nécessité de s’exprimer en français pour se faire entendre. Finalement, le français s’est imposé dans la littérature africaine et on parle de littérature négro-africaine d’expression française (à côté de celles d’expression anglaise, italienne, espagnole…). C’est le grand paradoxe de l’Afrique, de sa littérature. En principe, une culture ou une littérature s’exprime dans langue du Peuple, seul véhicule légitime à exprimer leur être. Mais les anciennes ou ex-colonies françaises semblent liées à jamais au français, même si elles se sentent violées dans leur intimité. Le débat qui naît de ce constat est que l’Afrique semble maudite. Le français au Sénégal est une malédiction, une tache indélébile dont les Sénégalais ne peuvent plus ou ne veulent plus se départir. C’est comme une tare génétique que nous ont léguée «nos ancêtres les Gaulois». Pourquoi devons-nous nous exprimer en français alors que nous avons des langues nationales ? Pourquoi devons-nous éduquer, instruire, former nos enfants dans une langue étrangère ? Seront-ils dans ce cas nos véritables enfants, héritiers de nos valeurs, fortement ancrées dans nos langues ? Un déphasage se crée, une rupture s’enclenche entre ce que fut notre être intime et ce que sont devenus nos enfants –et même ce que seront nos descendants. Le poète haïtien, Léon Laleau, dans un de ses poèmes, chante brillamment «ce désespoir» de s’exprimer dans une langue étrangère. «Sentez-vous cette souffrance Et ce désespoir à nul autre égal D’apprivoiser, avec les mots de France, Ce cœur qui m’est venu du Sénégal ?» Parfois considérée comme un «butin de guerre», «trésor d’identité», «clef d’or», «sésame magique qui ouvre toute grande la porte [des] mystères, de la caverne interdite où ils ont entassé les butins volés à nos pères et dont nous avons à leur demander des comptes !» (Jacques Rabema­nanjara), cette langue est une patate chaude dans la main des nègres, ex-colonisés. Le zèle nous a poussés à interdire formellement nos propres langues maternelles dans les écoles, en créant le «symbole», objet infamant accroché au cou du fautif. Ce complexe a fait que, jusqu’à aujourd’hui, la population nourrit une certaine révérence à l’égard de ceux qui manient le français avec dextérité. Cela va-t-il durer ad vitam aeternam ? Ou un jour viendra où les Africains (particulièrement les Sénégalais) changeront le cours de l’histoire en érigeant leur propres langues nationales au statut du français, langue officielle et de l’enseignement ? Toute laisse à croire que ce jour n’est pas programmé. Aucune décision n’est prise ni programmée en ce sens. Tout le monde semble accepter cet état des choses comme normal.
Et pourtant, la conquête de notre autonomie, de notre dignité, de notre développement passe inéluctablement par une rupture progressive d’avec le français, proportionnelle à la montée en puissance de nos langues nationales.
La France même a été colonisée, obligée de parler, de communiquer en latin, (langue officielle). Les Français parlaient latin comme les Sénégalais parlent français. Chaque colonisateur impose sa vision du monde, par la langue, véhicule de l’identité et de la culture. Les Romains l’ont fait aux Français, les Français l’ont fait aux Sénégalais. Les Français se sont libérés du latin après plusieurs siècles ; les Sénégalais, eux, ne veulent pas se libérer ou la France ne veut pas les affranchir. Mais remontons au 16e siècle appelé la Renaissance. De quoi s’agissait-il ? Le mot «renaissance» signifie une nouvelle naissance après la sombre nuit de l’histoire appelée «Moyen-âge» (âge inférieur par rapport à l’Antiquité). Les Français ont compris qu’il fallait se départir de la culture latine pour restaurer une culture locale française. Cette renaissance s’articule autour de la création d’une littérature en langue nationale. Il faut donc enrichir le français pour qu’il soit capable, à l’image du latin, de porter une littérature digne de ce nom. Les intellectuels de cette époque ont porté le combat à bras-le-corps.
Aussi Joachim Du Bellay a-t-il publié Défense et illustration de la langue française (1549) devenu le manifeste de la Pléiade, première véritable école poétique française. Les autorités administratives et politiques ont fini par adopter le français comme langue officielle, en remplacement du latin. Les documents administratifs sont désormais en français et les programmes scolaires sont traduits en français. La France devient française. Le paradoxe a été levé. D’évolution en évolution, de réforme en réforme, de fil en aiguille, le français est devenu la langue que nous parlons aujourd’hui. La France est devenue une grande puissance coloniale et un pays développé qui nous impose sa langue officielle (exclusivement).
Quelle leçon doit-on en tirer ? Elle est simple : nous devons faire comme les Français. Mais commençons doucement, par nous procurer les moyens politiques et financiers. Nous ne manquons pas de ressources humaines capables de mener à bout cette réforme, ce sauvetage de notre pirogue. Les Français ont compris que le développement passe nécessairement par l’appropriation de leurs propres langue et culture pour éviter le déracinement,
l’assimilation. Actuelle­ment, l’on parle beaucoup de la baisse du niveau en français. Les élèves ne parlent plus français. Cela semble être une menace grave sur notre système éducatif. C’est une véritable bombe parce que tout l’enseignement repose sur cette langue. Donc, si le français, socle sur lequel repose tout le système se dégrade, tout le système s’écroule. La place du français dans l’enseignement au Sénégal n’est plus à démontrer. Il est en même temps médium et objet d’enseignement ; c’est-à-dire qu’il est enseigné en tant que matière et est le véhicule par lequel on enseigne les autres matières (maths, histoire-géographie, philosophie…). Cette situation est la résultante de la prégnance du français dans notre pays. Malheu­reusement, cette baisse du niveau dont on parle est probablement un rejet à l’égard d’une langue difficile et surtout étrangère. Cela ressemble à un patriotisme moderne chez les jeunes et les adolescents. Alors, tout le monde parle de la baisse du niveau en français, mais jamais on n’a entendu quelqu’un s’indigner ou même s’inquiéter de la baisse du niveau en wolof, diola, peul, sérère. En fait, à part quelques linguistes en manque de thématique, ces langues n’intéressent personne. Elles ont été codifiées juste pour la forme, pour meubler la galerie. Néanmoins, les efforts consentis par quelques écrivains sénégalais qui produisent en langue nationale sont à louer : Boubacar Boris Diop (Doomu golo) et Cheik Aliou Ndao (Buur Tileen). Tous les projets d’intégration des langues nationales dans le système éducatif (surtout scolaire) ont échoué. La seule raison, c’est le manque de courage des décideurs qui ne sont pas prêts à consentir les sacrifices nécessaires à toute entreprise de libération, d’affirmation de soi. La liberté ne se donne pas en cadeau, elle s’arrache par la force. Mais attention, je comprends l’enjeu international et économique du français qui permet la visibilité au plan international. Mais qu’à cela ne tienne, conservons le français comme langue étrangère, mais remplaçons son impact dans le système éducatif en introduisant les langues locales à l’école élémentaire pour apprendre les sciences en wolof, par exemple !
Je pense qu’il est injuste de continuer à subir la dictature du français-et de la France- dans notre système éducatif.
Jean DIONE/Professeur de Lettres/Lequotidien

ndlr: Cette opinion, parue dans un grand quotidien de la capitale pose un énorme problème de lucidité, compte tenu également qu'il est écrit par un professeur de lettre. Il est publié ici afin de se rendre compte du danger de tels discours face au défi de l'émergence et de l'avenir de la jeunesse sénégalaise...

18/09/2015

MEDAILLE D'OR POUR LE SENEGAL

Jeux africains: Les Lions triomphent, première médaille d’or en 55 d’indépendance
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Les Lions olympiques ont remporté la médaille d’or lors des 11ème jeux africains de football en disposant du Burkina Faso en finale 1-0. La toute première victoire du Sénégal à l’échelle continentale dans une compétition de football de l’indépendance à nos jours.
L’unique but de cette finale est inscrit par Moussa Seydi a la deuxième minute.
Malgré une poussée des Burkinabés en seconde période, les Lions ont réussi à conserver leur but d’avance dans cette finale.
Le Sénégal triomphe ainsi pour la première fois dans cette compétition. Un sacre que l’équipe dédie à Mamadou Salif Ndiaye pensionnaire de cette équipe, et décédé en plein regroupement d’un arrêt cardiaque avant le début de ces jeux. Les joueurs avaient promis de se battre pour honorer sa mémoire, ils ont tenu promesse. Bravo aux Lions, le peuple est fier de vous.
Samba NDIAYE/Senego

17/09/2015

DE GROS BONNETS SE GAVENT A DIASS...

Spéculation foncière autour de Diass : De gros bonnets font main basse sur les terres des paysans de Sindia et environs
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C’est un cri de désespoir qu’envoient les populations habitant les localités de Diass et environs, en proie à une spéculation foncière sans précédent. La ruée des hommes d’affaires vers ces terres; relativement à la construction de l’autoroute à péage Dakar-Mbour et le projet de la zone économique spéciale sonnent comme un permis d’occuper chez ces gros bonnets qui ne respirent que par le foncier, déterminés sont-ils à faire main basse sur des milliers d’hectares de terres appartenant aux paysans.
Il s’agit d’hommes d’affaires, de capitaines d’industrie, de personnalités politiques et de célébrités, détaille le quotidien L’As qui exploite un document sur la délibération du Conseil municipal. Figurent en tête le patron de Jean Lefebvre Sénégal (Jls), Bara Tall, et l’homme d’affaires Yérim Sow, qui ont acquis, chacun, 100 hectares vers Thiafoura (un village situé entre Somone et Guéréo).
Il y a également le géant du lait en poudre, Chouaki Haïdous, DG de Satrec qui y possède un terrain de 24 hectares à hauteur de l’autoroute à péage. Ou encore le patron de Sédima, Babacar Ngom, propriétaire d’un site de 300 hectares destiné à un projet d’agrobusiness) sur les terres du village de Djilakh (à la limite de la commune de Ngékhokh).
Le journal de citer également des hommes d’affaires libano-syriens qui se sont fait attribuer des centaines d’hectares sur les terres de culture et d’élevage.
Entre autres personnalités qui ont investi la zone, le footballeur ivoirien Didier Drogba, l’ancien Premier ministre Idrissa Seck; un promoteur français du nom de Pascal qui s’est fait attribuer 380 hectares entre la lagune, la mer et la savane.
Last but not least : Djibril Mar et son partenaire Global business qui se sont fait attribuer gratuitement des terrains contre un projet fantôme de logements sociaux, facilités par Ousmane Lo, alors Conseil rural. Entre autres personnalités connues ou moins connues, qui ont fait main basse sur les terres des paysans de Sindia. Des milliers d’hectares qui étaient destinés à l’agriculture et à l’élevage.
Seneweb

CHINOIS PAS NETS POUR L'AUTOROUTE DE TOUBA...

Le constructeur de autoroute «ILA TOUBA» traîne d'autres cafards !
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En son temps, Libération avait révélé que China Road and Bridge Corporation (CRBC), l'entreprise chinoise chargée de la construction de l'autoroute Thiès-Touba, est blacklistée par la Banque mondiale depuis 2009, suite à une affaire de fraude dans un marché aux Phillipines. Il se trouve que cette affaire n’est que la face visible de la face hideuse de cette société mêlée, à travers ses filiales, à diverses affaires de mal gouvernance.
Selon des informations de Libération, Crbc est sous le coup de sanctions de la Banque africaine de développement (Bad). Si Crbc - en tant que maison mère - n’a reçu qu’une réprimande, sa filiale China First Highway Engineering (Cfhe), elle, a été exclue de tout contrat pour trois ans en plus d’une lourde sanction financière.
Selon un haut cadre de la Bad, c’est en étudiant les offres dans le cadre du projet d’aménagement de la route Batshamba- Thikapa au Congo financé par la banque, que le pot aux roses a été découvert. Pour se conformer au dossier d’appel d’offres, Cfhec avait prétendu avoir déjà exécuté un marché pareil pour le compte de la banque. Mieux, elle avait fait un deal avec concurrence pour espérer rafler le marché. 
Une enquête ouverte par la BAD et confiée à son Département de l'intégrité et de la lutte contre la corruption (Lacd), avait formellement épinglé Chec qui a fait des aveux complets par la suite. En plus de son exclusion de tout contrat jusqu’en 2017 et la réprimande adressée à Crbc, Chec a dû payer une rondelette amende de 18,86 millions de dollars (10,9 milliards F Cfa) qui devait servir à...financer des projets de lutte contre la corruption en Afrique !
Faut-il rappeler que la même entreprise qui s’est tapée un luxueux siège dans le quartier huppé des Almadies, est aussi épinglée par le département de la Justice américaine, via une autre de ses filiales, China Harbour Engineering, pour avoir versé des pots-de-vin à hauteur de 1,76 million de dollars (un peu plus d’un milliard F Cfa) à Arafat Rahman, le plus jeune fils d’un ancien Premier ministre du Bangladesh. Arafat Rahman a été d’ailleurs condamné à une peine de cinq ans de prison ferme en 2010.
Laterangainfo