19/10/2015

L'AFRIQUE: LE CONTINENT LE PLUS MEURTRIER

L'Afrique enregistre le taux de mortalité le plus élevé du monde dans les accidents de la route, ce qui coûte au continent quelque 7,3 milliards de dollars américains par an, soit 1% de son Produit intérieur brut (PIB), a révélé mercredi à Johannesburg le Bureau de l'Organisation mondiale de la santé pour l'Afrique (OMS-AFRO).

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Dans un rapport présenté à la 53è session de son comité régional Afrique, l'OMS indique que les accidents de la route ont provoqué la mort d'environ 725.
000 personnes dans le continent en 2000, précisant que ce chiffre représentait 7% de l'ensemble des décès enregistrés sur le continent et 15% des morts par accident dans le monde.
Jong-Wook Lee, le directeur général de l'OMS a estimé, dans son discours prononcé devant le Comité des ministres africains de la Santé, que les décès par accident dans le monde sont supérieurs à 1 million de personnes.
Le rapport de l'OMS-AFRO précise qu'en Afrique, les catégories les plus touchées par ce carnage sont les piétons, les passagers et les cyclistes.
Selon le document, la mauvaise conception des routes, la consommation excessive d'alcool, l'excès de vitesse, la sous-utilisation de la ceinture de sécurité et des harnais d'auto pour enfants et l'absence de système de sécurité dans les véhicules, sont à l'origine de ce carnage.
On compte aussi le mauvais entretien des véhicules et des routes, la mauvaise formation des usagers des véhicules et le non-respect du code de la route.
De nombreuses voitures d'occasion venues d'Europe et utilisées en Afrique ainsi que les pneus qui sont dans un mauvais état constituent un des facteurs à l'origine des accidents de la route.
Le rapport, qui aborde la question de la prévention et de la limitation des accidents de la route en Afrique, identifie les conflits et les violences relationnelles comme les principales causes de la mortalité et de l'infirmité liées aux accidents.
Les brûlures lors d'incendie, la noyade, le suicide, les chutes et l'empoisonnement, la maltraitance des enfants, l'abandon moral des personnes âgées, le viol, le mariage précoce, le trafic des enfants et les pratiques traditionnelles nuisibles telles que les mutilations génitales féminines sont cités parmi les causes de mortalité et d'infirmité liés à un accident.
D'après le rapport, quelque 116.000 cas sur les 725.000 morts par accident sont dues à des violences relationnelles, 27.000 à des suicides ou à "des violences".
Quelque 167.000 décès sont dus à une violence collective, dont la moitié concernent les jeunes hommes de la tranche d'âge économiquement active des 15-44 ans.
Certaines parties de ce rapport sont consacrées aux préjudices liés à la guerre qui représentent le plus grand nombre de décès liés aux accidents en Afrique.
Le rapport révèle que quelque 25 nouveaux conflits ont été identifiés dans la région en 1997.
La proportion des non combattants parmi les tués en conséquence directe des conflits est susceptible de dépasser les 50%.
De nombreuses personnes qui survivent à un préjudice direct souffrent d'une infirmité permanente et de divers troubles psychosociaux à la suite de ou découlant d'une maladie, d'un accident ou d'un traitement.
"Les accidents coûtent chers parce qu'il faut détourner les rares ressources d'autres secteurs prioritaires pour assurer le traitement en urgences, l'hospitalisation et le traitement à long terme" note le rapport.
Il souligne aussi que les accidents peuvent causer des infirmités à vie qui provoquent d'autres problèmes de santé avec des "conséquences graves pour l'individu, sa famille, sa communauté et le système de soins de santé".
Afin de réduire les accidents et leurs immenses impacts économiques, le rapport invite les différents pays à "s'investir pour préserver la paix et éviter ou régler les conflits".
Il leur recommande aussi de lancer des programmes de sensibilisation sur les accidents et la prévention de la violence, de développer et d'installer des systèmes d'information pertinents, d'accorder une priorité à la recherche pour combler les déficits d'information et de construire des partenariats avec les partenaires adéquats.
Ces partenariats devraient permettre de mieux faire connaître et de donner un degré de priorité élevé à la prévention de la violence et des accidents, et de coordonner des activités pour leur prévention.
"Les organisations locales, les individus et les institutions peuvent faire énormément en ce sens, mais le succès de ces efforts en matière de santé publique dépend en dernière analyse de l'engagement politique.
"Cet engagement est essentiel au niveau national où les décisions politiques, parlementaires et de financement se prennent de la manière identique au niveau de la province, du district et de la municipalité où la responsabilité de l'administration courante sur les politiques et les programmes demeure".
Les ministres africains doivent proposer des stratégies visant à régler ces problèmes, un casse-tête qui s'ajoute aux déprimantes questions de santé et de développement d'un continent ravagé par des guerres et des conflits sans fin, des urgences et des catastrophes ainsi qu'un lourd fardeau de la maladie aggravé par la pauvreté.

Panapress

Commentaires

Il suffit d'y aller pour comprendre que la façon de conduire est dangereuse!

Écrit par : oyster | 19/10/2015

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Quoi d'étonnant avec l'état des voitures.

Écrit par : Reyser | 19/10/2015

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Oui Oyster et oui Reyser. Ajoutons à ça l'état du réseau routier.

Écrit par : déhelle.debelval | 20/10/2015

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