04/11/2015

ARRIVER A DAKAR TRANQUILLE...

Conseils aux voyageurs : l’arrivée à l’aéroport de Dakar
yoff nuit.jpg
L’arrivée à l’aéroport de Dakar peut sembler déroutante pour les voyageurs étrangers habitués aux normes aseptisées des terminaux occidentaux. Quelques explications s’imposent pour éviter que vous ne soyez trop surpris.
Devant recevoir un ami français venu me rendre visite avec sa fille Julie, je lui ai expliqué comment se rendre chez moi à Dakar, ne pouvant hélas venir le chercher à l’aéroport. Il a suivi mes conseils et tout s’est très bien passé.
Mon cher ami, je ne pourrais pas venir te chercher à l’aéroport, mais je t’explique, c’est simple.
Procédures à la sortie de l’avion
La sortie de l’avion se passe comme dans tous les pays du monde, sauf que lorsque tu descends les marches de la passerelle, il fait déjà très chaud et plein d’odeurs t’assaillent. Le parfum de l’Afrique déjà, quel bonheur !
Tu montes dans un bus déjà bondé. Les portes se ferment et il ne roule que quelques mètres c’est un peu bizarre, on aurait pu faire le trajet à pied. Lorsque les portes s’ouvrent, tu suis la meute qui se rue dans un couloir pour arriver aux formalités de police. Là tu attends ton tour. Parfois c’est rapide, mais c’est assez rare. Il fait chaud avec tout ce monde parce que deux avions sont arrivés en même temps et que les pales des ventilateurs peinent à trancher l’air épais comme du jus de ditakh.
Le policier va te demander d’un mouvement de menton de placer ton index droit, puis gauche, sur une machine qui vibre. C’est normal, c’est pour vérifier que tu n’es pas un terroriste. Il te demande ta profession, tu lui donnes, mais fais assez court car il tape ça sur un ordinateur avec un seul doigt : si tu racontes que tu es expert international en changement climatique à l’horizon 2050 venu faire une conférence réunissant des représentants des pays membres de l’Union économique et monétaire de l’Ouest africain dans le cadre d’une approche inclusive, ça risque de prendre un certain temps. Plombier c’est mieux comme métier.
Ensuite, tu attends tes bagages après avoir trouvé un chariot. Ils sont tout neuf actuellement. Si tes bagages sortent (c’est en général le cas, ça dépend des compagnies aériennes), tu poses tes bagages sur le chariot, tu roules 5 mètres puis tu les enlèves pour les poser sur le tapis roulant de la douane, puis tu les remets sur le chariot. Personne ne sait trop à quoi ça sert parce que le douanier semble ne rien regarder, mais c’est le règlement. Ça rassure aussi, tu te dis que tu es dans un pays où la sécurité est maximale.
A ce moment là, tu es ruisselant de sueur. Tu regrettes d’avoir gardé ton pullover sur toi.
Tu sors tranquille et tu prends à droite vers une marée humaine qui attend derrière des barrières. Tu appréhendes un peu mais ne t’inquiètes pas, tu es protégé. Une légère brise te rafraîchit.
Procédures pour le taxi
Au bout, c’est la station de taxi, tu es presque sauvé. Le chef de garage va te dire que c’est 10 000. Reste ferme, le prix c’est entre 3 000 et 5 000 francs pour te rendre dans les Sicap. Pendant la négociation, tu refuses poliment les services des mecs qui veulent t’aider, te changer des euros ou te vendre une carte de téléphone. Tu déclines aussi l’invitation d’un jeune rastaman qui est tombé amoureux de Julie et qui veut l’amener dans sa famille à Pikine Icotaf pour lui apprendre à jouer du djembé.
Une fois l’accord passé avec le chef de garage, tu attends un quart d’heure parce que ton taxi est garé très loin, derrière tous les autres. Quand il arrive, tu t’aperçois qu’il n’est pas vraiment en bon état [3]. Derrière, il y a écrit « Merci maman », ça te rassure cet amour filial
Merci maman
Après avoir mis les bagages dans le coffre à côté d’une roue de secours crevée, d’un morceau de pot d’échappement et du reliquat d’un carburateur hors d’usage [5], tu t’assoies sur le siège arrière en faisant attention aux ressorts qui s’échappent. Tu demandes au chauffeur de fermer la portière parce qu’il y a que lui qui peut le faire, ça tient avec avec un système extrêmement compliqué que lui seul connaît. Tu observes avec perplexité que le portrait de Shakira côtoie celui de Cheikh Amadou Bamba sur le pare-brise, ce qui gêne un peu la vision. Tu essaies d’ouvrir la vitre pour avoir un peu d’air, mais c’est dommage, il n’y a plus de manette.
Ça démarre avec une légère vibration dans le train avant. C’est normal. Comme il fait nuit, tu vois pas grand chose parce que les phares n’éclairent rien, mais tu sens bien que le chauffeur connaît son métier. Il fonce, parfois sur la voie de gauche pour éviter les trous qui sont à droite. Il freine au dernier moment pour éviter de perdre son élan, il a raison parce que le moteur est un peu poussif. Il klaxonne tout le temps pour éviter d’écraser les piétons qui traversent la voie rapide en enjambant la balustrade. Les vitesses craquent un peu, mais ça passe. La radio est mise à fond pour mieux entendre des chants que tu n’as jamais entendus ailleurs. Le chapelet suspendu au rétroviseur se balance doucement. La vibration du train avant s’amplifie. Tu fermes les yeux en serrant fort la main de Julie et tout ton passé te revient en un clin d’œil...
C’est à ce moment là que tu regrettes un peu que je sois pas venu te chercher.
PaulineSarr/ausenegal.com/http://www.au-senegal.com/conseils-aux-voyageurs-l-arriv...

Commentaires

Extraordinaire !
on retrouve le SENEGAL dans ces lignes .....
on sentait meme l'odeur chaude de l'aérogare!

Écrit par : oyster | 04/11/2015

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Merci pour ce commentaire ........ Dés que je descends de l'avion, je me sens différente, je me sens bien au Sénégal, je me sens vraiment Franco-Sénégalaise :-)

Écrit par : nicole Brown Bocquet | 04/11/2015

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Expérience fort similaire avec Antananarivo à Madagascar, a laquelle je rajouterai :
-Quand tu t'assois dans le Taxi, fait attention ou tu mets des pieds, le plancher n'est pas toujours là, et bien sur ne surtout pas faire tomber quoi que ce soit au risque de ne plus le revoir.
-A la moindre descente le Taxi passe au point mort afin d'économiser le précieux carburant, ce n'est pas un raté de vitesse, c'est voulu, quand à la disparition du seul systeme de freinage efficace ( le frein moteur ) et bien on fait avec, à la grace de Dieu comme nous le rappelle les stickers collés sur le tableau de bord

Autrement je m'y revois c''est tout a fait cela
Merci

Écrit par : rincevent | 04/11/2015

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sans oublier que le taxi fait quelques mètres et nous fait descendre pour prendre un taxi ami en meilleur état,mais où on voit quand même la route par le plancher mais le bonheur de revoir le Sénégal n'a pas de prix!

Écrit par : roger myriam | 04/11/2015

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J'ai ri! c'est juste la vérité

Écrit par : cori | 04/11/2015

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l'arrivé au Sénégal la sortie de l’aéroport tous un parcours
mais ensuite que du bonheur de poser les pieds dans ce pays magique
ressentir la chaleur de son soleil ,le chant du Sénégal ça na pas de prix
LA TERANGA

Écrit par : ba | 04/11/2015

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oui ba c'est vrai aussi

Écrit par : cori | 04/11/2015

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Parmi les "pièges" spécialement Taxi
Attention quand on s'assoie ! (J'ai fait l'expérience il y a quelques jours de la jupe customisee a l'huile de palme ).
Autre expérience : les bagages parfumés à la vieille crevette !!
Sinon j'adore les taxis
Je ne circule que comme ça
Quelquefois on découvre une super musique
Quelquefois on a une conversation très intéressante
Et quelquefois,c'est la guerre !

Écrit par : Nostron | 04/11/2015

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Parmi les "pièges" spécialement Taxi
Attention quand on s'assoie ! (J'ai fait l'expérience il y a quelques jours de la jupe customisee a l'huile de palme ).
Autre expérience : les bagages parfumés à la vieille crevette !!
Sinon j'adore les taxis
Je ne circule que comme ça
Quelquefois on découvre une super musique
Quelquefois on a une conversation très intéressante
Et quelquefois,c'est la guerre !

Écrit par : Nostron | 04/11/2015

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Parmi les "pièges" spécialement Taxi
Attention quand on s'assoie ! (J'ai fait l'expérience il y a quelques jours de la jupe customisee a l'huile de palme ).
Autre expérience : les bagages parfumés à la vieille crevette !!
Sinon j'adore les taxis
Je ne circule que comme ça
Quelquefois on découvre une super musique
Quelquefois on a une conversation très intéressante
Et quelquefois,c'est la guerre !

Écrit par : Nostron | 04/11/2015

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C'est vraiment cela et cela fait du bien! restez zen, oubliez l'Europe et notre habitude que tout soit (enfin presque) prêt et préparé. Et quel bonheur cette chaleur à la descende de la passerelle! nous sommes de retour. Quant à l'expérience à Antananarivo, c'est Dakar il y a
un certain temps;

Écrit par : PDP | 04/11/2015

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C tellement vrai en lisant ce texte j'étais MDR

Écrit par : Batteur | 04/11/2015

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Super récit !!!

Écrit par : Marie | 04/11/2015

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Il ne me reste que trois semaines à attendre ce bonheur que je partage avec tous ces récits conforme à ce que je vis depuis dix hivers.

Écrit par : Reyser | 04/11/2015

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Comme c'est bien ET tellement vrai !
Article superbe !

Écrit par : Eva-Bettina Garnier | 04/11/2015

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Je fréquente le Senegal depuis 10 ans et pour vos déplacements je vous suggère les taxis.
Jacques tel : 221 77 631 11 92 ou 221 76 751 62 61
Boniface tel : 221 77 540 73 49
Ousmane tel : 221 77 556 58 39
Ils vous demandent 30 000 cfa ou 45€ pour vous prendre à l'aéroport en destination de la petite côte. Ce sont tous des gens sérieux et correct avec des véhicules en bon état.
Vous leur dites que c'est Bernard le toubab de Ngaparou qui vous envoie.

Écrit par : Reyser | 04/11/2015

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C'est tellement vrai qu'on s'y voit !!!!....quel plaisir !!!.....que de souvenirs !!.... de grâce gardez votre votre bonne humeur et prenez les choses avec patience c'est tellement authentique !!

Écrit par : Eric | 04/11/2015

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moi j(y vais souvent ,c'est exactement comme ça que ça se passe, j'étais morte de rire en lissant cet article, mais ils sont très gentils, mais si tu ne les connait pas tu peux te faire avoir sur les prix du taxi,ça se négocie ,faire aussi attention aux gens qui veulent t'accompagner pour t'aider à porter tes bagages, (ils ne sont pas là pour rien),en tout cas je vous conseille, de demander à un ami de venir vous chercher c'est mieux ,sinon j'ADORE, le Sénégal,

Écrit par : Diop | 05/11/2015

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CA fait 17ans je me suis pas repartir a Dakar le changement LA nostalgie de revenire in jour oui way not c'est l'Afrique. Mon Afrique L ' Afrique de notre souvenir .

Écrit par : Mariama Kamara | 06/11/2015

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L'arrivée a Dakar ,c'est du gateau maintenant meme la douane a le sourire!!!!!alors elle est pas belle la vie!!!!!!

Écrit par : eddy | 06/11/2015

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C'est un texte excellent. On sent tout, on voit tout, on ressent tout. Ce moment, où tu sors du hall d'arrivée de l'aéroport Léopold Senghor après avoir récupérer tes bagages, rabrouer les porteurs, trouver un chariot qui couine, passer le tapis de douane où ils ne regardent pas. Arrivé à la porte, tu ressens un petit air frais et aussitôt la chaleur de la foule qui t'interpelle, en remuant leurs cartes oranges et noires, les "taxis-taxis" , les toubabs-toubabs" et les petits cireurs de chaussures peuls. çà y est, tu es en Afrique...
Puis, tu passes entre les 2 rangées de balustrades où sont collés toutes sortes de vendeurs et tu te diriges vers les parkings. Les premiers emmerdeurs arrivent, ils veulent changer des pièces contre un billet, les handicapés veulent une petite pièce (2€) et les taximans t'accrochent par le bras pour te faire monter dans leurs véhicules plus déglingués les uns que les autres. çà y est, tu es au Sénégal...Pauline, votre texte est magnifique. On y est...

Écrit par : issa gibb | 11/11/2015

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excellent !

Écrit par : maxime | 10/01/2016

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