28/11/2015

ELECTRICITE OUI, CHARBON NON!

Le projet de six centrales à charbon électrise le Sénégal

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Les autorités sénégalaises veulent supprimer les coupures de courant qui provoquent incendies et colère.
Les habitants, qui constatent tous les jours les effets du réchauffement climatique, entendent bien contrecarrer les plans du gouvernement.
Six centrales à charbon dans différentes zones côtières du pays : telle est l’une des pièces maîtresses du « Plan Sénégal émergent », censé apporter l’indépendance énergétique au pays. Les autorités veulent ainsi mettre fin aux coupures de courant récurrentes, les fameux « délestages », qui handicapent grandement la vie des habitants et des entreprises. À leurs yeux, le choix du charbon s’impose, car son prix concurrence largement celui du fioul, à l’origine de 90 % de l’électricité du Sénégal.
À Bargny, petite ville côtière à 30 km de Dakar où la population est issue de communautés de pêcheurs, deux centrales doivent voir le jour, avec pour principal bailleur de fonds la Banque africaine de développement (BAD).
Colère des habitants et travaux à l’arrêt
Les travaux de la première, de 125 mégawatts, sont à l’arrêt depuis plusieurs mois, officiellement en raison d’une mésentente entre actionnaires. Mais à Bargny, les habitants, qui se battent depuis six ans contre le projet, assurent qu’ils sont à l’origine de la paralysie.
« Les études d’impact sur l’environnement n’ont pas respecté les normes sénégalaises. La loi stipule qu’une centrale ne peut être construite dans une zone d’habitation », souligne Daouda Larry Gueye, l’un des responsables du Collectif des communautés de Bargny contre les centrales à charbon.
Selon les habitants, la zone de dispersion des émissions polluantes va couvrir la quasi-totalité de Bargny. Car la centrale a été implantée à l’intérieur de la ville… sur un terrain offert par la mairie aux pêcheurs qui avaient perdu leur maison à cause de l’érosion côtière due au réchauffement climatique. Dans cette portion de la presqu’île de Dakar, la mer vole plus de deux mètres à la terre chaque année.
Préparation d’une plainte contre la Banque africaine de développement
« On sait ce que cela signifie d’être victime des dérèglements du climat. De nombreuses maisons ont été détruites à cause de l’avancée de la mer, s’indigne Daouda Larry Gueye. Comment nos représentants vont-ils parler à la COP 21 de leur politique de réduction des émissions de gaz à effets de serre ? ».
Aujourd’hui, le collectif, qui demande aux autorités d’investir dans les énergies renouvelables, compte aller plus loin. Soutenu par l’ONG Waterkeeper alliance, il assure être en train de préparer une plainte contre la BAD, mais aussi contre l’État sénégalais.
LOU GARCON/Lacroix

Commentaires

Si les études de rentabilité ont eu lieu il y a 6 ans, elles sont dorénavant obsolètes en raison du prix du pétrole qui ne devrait plus connaître de remonter de son prix aux anciennes hauteurs vertigineuses. Il y a tout pour développer des énergies renouvelables: le vent + le
soleil. C'est moins cher, moins polluant mais l'Afrique subit l'assaut des multi-nationales qui continuent à vouloir imposer des systèmes qui leur rapportent. Il faudrait également prendre en compte le coût de l'importation du charbon... Les sénégalais ont raison de se battre sur ce point dont dépend leur avenir .

Écrit par : PDP | 30/11/2015

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''Le gouvernement veut construire deux centrales à charbon pour pallier les coupures d'électricité. Mais les habitants ne l'entendent pas de cette oreille. Et sincèrement, je pense qu'avec le vent et le soleil que l'on a chez nous, nous pourrions nous tourner vers des énergies renouvelables''. Xuman Sénégal
http://www.tv5mondeplus.com/video/20-11-2015/bataille-de-charbonniers-xuman-au-senegal-959536

Écrit par : Candide | 30/11/2015

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Mardi 1er décembre 2015 - COP21 : le Président Macky Sall a déclaré que le Sénégal s'est engagé dans l'adaptation aux énergies renouvelables, et attend un accompagnement à cette adaptation énergétique, ainsi que des solutions concrètes de la part des pays pollueurs. François Hollande a déclaré de son côté que 2 milliards d'euro seront débloqués sur la période 2016-2020 afin d'aider le continent africain. L'Afrique est représentée par 50 délégations sur les 195 présentes à Paris.

Écrit par : Candide | 01/12/2015

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