05/12/2015

GUERRE DU BETAIL SENEGALO-MAURITANIENNE

LE TORCHON BRULE ENTRE VENDEURS DE BETAILS SENEGALAIS ET MAURITANIENS

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Le torchon brûle entre les vendeurs de bétails sénégalais établis dans le Daraal aux gros ruminants de Diameguene et leurs homologues de la Mauritanie et du Mali.
A l’origine de la brouille, la gestion du Daraal. Les «courtiers» du Sénégal accusent ceux de la Mauritanie et du Mali de conspiration pour les écarter.
En assemblée générale dans l’enceinte du parc, les vendeurs de bétails invitent l’Etat à prendre ses responsabilités avant que l’irréparable ne produise. Une plainte est déjà déposée sur le bureau du procureur pour «faux et usage de faux et escroquerie». Si les autorités étatiques ne prennent pas les devants, l’affaire peut atteindre des degrés insoupçonnés, soutient un des courtiers.
La manière dont ils ont alerté sur la situation devant l’assistance, démontre leur détermination à en découdre avec leurs hôtes. Les Sénégalais sont aussi très remontés contre leurs collègues étrangers établis dans le même parc de Diameguene Sicap Mbao. «On leur a fait l’hospitalité mais, ils veulent nous débarquer de la gestion du Daraal. C’est ce que nous refusons», déplore d’emblée Ifra Sow porte-parole du président.
Et le délégué général Malick Yéro Ba de renchérir sur l’origine de la brouille : «On avait mis sur pieds une commission pour la gestion du parc. Une commission qu’on m’avait confiée. A notre grande surprise, 3 mois après, les courtiers du Mali et de la Mauritanie créent une autre commission. Ce qui est contraire au règlement du parc», explique ce dernier qui souligne qu’Ils s’y sont opposés en créant une autre caisse sociale qui s’occupe des cas d’urgences et les travaux de réfection. Selon lui, un courtier originaire de la Mauritanie avait même menacé, la veille de démettre le responsable en l’occurrence El Hadji Ibrahima Malick Ndiaye pour placer son homme.
Pour le secrétaire national pour le développement de l’élevage et de l’agriculture au niveau de CSA qui a déposé une plainte pour «usage de faux et escroquerie», «ceux qui revendiquent la tête du responsable ont fraudé pour se procurer des cartes d’identités nationales sénégalaises».
«Avec la corruption, ces étrangers ont acheté des cartes nationales d’identités. Ils ne sont pas sénégalais, comment peuvent-ils nous trouver ici et nous écarter de la gestion du parc», s’étonne ce dernier.
Et de poursuivre : «ils exploitent les sénégalais sournoisement. Chaque bétail vendu hors du prix d’achat, ils y ajoutent 6000 F Cfa, rien que pour leur propre intérêt. Ils veulent monopoliser le Daraal et faire du foirail leur patrimoine. On en a assez ! On les connait et savons d’où ils viennent, ils ne sont pas sénégalais ».
Le président des Courtiers, El Hadji Ibrahima Malick Ndiaye, d’un âge avancé et une santé précaire, a indiqué qu’il ne peut plus tout le temps être dans les rencontres et a désigné Ifra Sow pour le remplacer dans de pareils cas. Une décision contestée par les courtiers de la Mauritanie. Les occupants du parc au cours de l’AG ont réaffirmé leur engagement dernier lui. Au cours de l’Assemblée générale, la ministre de l’élevage Aminata Mbengue Ndiaye par la voix du délégué Malick Yero Ba, a joué les sapeurs-pompiers en leur demandant de sursoir à leur point de presse en attendant de les rencontrer pour régler le différend entre les deux entités. Toutefois, les vendeurs de bétail qui ne repoussent pas la main tendue du ministre, espèrent que l’affaire, qui est pendante devant la justice, soit vidée avant d’arriver à des rixes.
Moussa THIAM/Sudquotidien

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