08/12/2015

ESPOIR D'UN ENGRAIS BIOLOGIQUE

Un fertilisant naturel français à la conquête du marché sénégalais

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Mézamonde, une société française spécialisée dans l’engrais biologique, vient de lancer les activités de sa filiale sénégalaise chargée de la distribution et de la commercialisation de l’un de ses produits phares, un fertilisant naturel "révolutionnaire", a appris l’APS.
"On a déjà mis en place notre structure, SENAGRI, qui développe directement" des partenariats avec les agriculteurs, "un concept unique et reconnu pour augmenter la marge brute de leurs exploitations", en contribuant par exemple à réduire les coûts en intrants de leurs activités, a indiqué Ndiaga Sène, le gérant de la filiale sénégalaise de Mézamonde.
SENAGRI dispose d’un entrepôt à Thiaroye (Pikine) et a déjà convoyé de la France ses premières commandes, pour démarrer la commercialisation de son produit qui ambitionne de contribuer à la "troisième révolution agricole", a dit M. Sène.
Ce produit jugé innovant, connu en France sous l’appellation de Bactériosol, sera commercialisé au Sénégal sous le label Quaterma-terra, dans le but de constituer une alternative aux engrais chimiques, en lien avec l’actualité des enjeux mondiaux du changement climatique et de la protection de l’environnement.
Les technologies de fertilisation mises au point par Marcel Mézy, fondateur de Mézamonde, sont proposées par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) de France, comme solutions contre le réchauffement climatique, selon le quotidien régional français La Dépêche du Midi.
Au point que Mezagri et Sobac, les deux antennes de Mézamonde chargées de l’élaboration et de la commercialisation de ce fertilisant, sont les seules entreprises du secteur agricole retenues par l’ADEME pour participer à la Conférence des Nations unies sur le climat, la COP 21, qui se tient présentement à Paris.
"Depuis longtemps, les technologies Marcel Mézy permettent de créer rapidement de l’humus dans les sols et de valoriser les effluents d’élevage, grâce à l’action de micro-organismes", explique la même source.
"Avec trente années de recul et dix mille exploitations agricoles les utilisant, elles prouvent qu’il est possible de stocker du carbone et de l’azote dans les sols (dix à quarante tonnes de carbone stockées en plus, par hectare) et de réduire de façon conséquente les émissions de gaz à effet de serre (GES) engendrées par l’agriculture intensive (utilisation de produits chimiques, travaux lourds du sol, effluents et bâtiments d’élevage)", ajoute La Dépêche du Midi.
Au Sénégal, des tests à grande échelle avaient été entamés dans la vallée du fleuve du même nom (nord) et dans certaines zones maraîchères notamment, qui ont permis de confirmer "réellement l’adaptabilité" de ce produit à la pauvreté des sols et à leur salinité dans certains cas, a renseigné le gérant de SENAGRI.
M. Sène parle d’un "turbo dans l’usine sol", pour résumer les caractéristiques de ce fertilisant naturel agissant par le biais de micro-organismes aérobiques, produisant à leur tour les éléments dont ont besoin les plantes pour un développement optimal.
Il s’agit "de redonner vie au sol, pour qu’il puisse donner à la plante ce dont elle a besoin", a-t-il précisé, signalant que ce fertilisant est en même temps considéré comme un nématicide, en raison de sa propriété à tuer les nématodes, en allusion à des espèces invisibles à l’œil nu, mais qui parasitent de nombreuses espèces végétales.
Selon des chiffres disponibles concernant l’utilisation de ce produit, quelque cinq mille exploitations sur 350 mille en France utilisent les granulés certifiés "agriculture biologique" et renfermant un cocktail de micro-organismes élaboré à partir de composts de matières végétales par ce chercheur-paysan, Marcel Mézy.
BK/ESF/APS

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