12/01/2016

PREMIERE VOITURE SENEGALAISE

L’industriel Baila Ndiaye invente un véhicule

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Baila Ndiaye. Ce nom n’inspire pas grand chose au public, mais c’est le premier Sénégalais à avoir inventé une voiture. Ce consultant industriel résidant à Strasbourg, en France, est l’archétype du génie. Autodidacte, ce quinquagénaire met à profit sa créativité pour créer des «solutions machines» comme il aime à le dire. Senenews est allé à la rencontre de ce «crack» atypique qui «diffuse un message d’espoir pour la jeunesse» de son pays et de son continent. Entretien.
Pouvez-vous vous présenter aux Sénégalais ?
Je suis un esprit libre, sans complexe, absolument pas formaté, qui s’autorise le rêve. J’ai 52 ans, je suis consultant industriel et je dirige une entreprise d’ingénierie à Strasbourg qui est spécialisée dans la maintenance électronique avec une branche qui réfléchit à des solutions machines, en direction des pays du sud. Autodidacte dans de nombreux domaines surtout ceux qui m’intéressent, j’ai fait le pari de chercher moi-même -dans le déluge d’informations que nous entretenons avec le monde-, les réponses utiles qui conduisent rapidement à la qualification.
S’il y a des mots qui me collent à la peau depuis toujours, ce sont génie et intelligence. Ça c’est l’opinion de mon entourage, ce qui est sûr c’est que ma compréhension intuitive des lois physiques et chimiques fondamentales et une sensibilité exacerbée me permettent de percevoir cette trame invisible qui est l’épine dorsale des réalisations humaines. J’ai cette chance de pouvoir trouver rapidement l’information utile pour l’intégrer au processus de création. Voilà, je me définis comme architecte de mon monde; parce que je suis capable de l’impacter à travers les informations qu’il me fournit.
D’où vous est venu l’idée de fabriquer une voiture?
On a tous regardé le monde avec nos yeux émerveillés d’enfants et sans doute on a tous essayé de fabriquer ces jouets que nos parents ne pouvaient nous acheter. Trop curieux, perfectionniste peut être, j’ai très vite voulu comprendre les principes sous-jacents qui régissent le monde. Naturellement insatisfait de ma voiture de fil de fer, j’ai commencé ma quête très jeune. La petite voiture de mon enfance a grandi avec moi, enrichie du savoir et du savoir-faire acquis tout au long de ce long parcours vers la lumière et la connaissance.
La voilà accomplie, et l’émoi qu’elle suscite dans son périple autour du monde est éloquent. Ce n’est pas tant la prouesse d’ingénierie, ce sont les conditions spartiates de la réalisation en marge des voies classiques de la conception qui forcent le respect en révélant l’Afrique sous un jour où on ne l’attendait pas. L’Amérique entière se demande encore comment ces nègres ont pu concevoir une telle merveille, seuls, et avec rien dans leur trou perdu d’Afrique.
Pensez-vous que l’industrie automobile peut se réaliser au Sénégal ?
Je vous disais à l’entame de mon propos que j’étais un esprit libre et surtout sans complexe. Je parlais également de formatage. Les chaines des négriers d’autrefois ont survécu à l’abolition de l’esclavage, elles ont traversé les déclarations d’indépendance et à l’heure du néocolonialisme elles se sont muées en une formidable barrière mentale bien plus solide que l’acier des chaines des marchands d’esclaves qui nous maintient à notre insu un cran en dessous des autres.
Voilà ce qui justifie votre question, c’est le logiciel implanté qui parle à votre place et je ne vous en tiendrai pas rigueur pour cette offense faite au peuple noir. Nous avons hérité de nos ancêtres les séquelles de ces périodes douloureuses qui ont fini par saper les bases de notre confiance en nous-mêmes et déstructuré notre personnalité noire.
Pourquoi ailleurs et pas au Sénégal, les réalisations humaines ne sont-elles pas tout simplement un pur produit de l’intellect ? Oseriez-vous poser la question en ces termes : « Sommes-nous capables d’intelligence » ? Ma voiture n’est-elle pas une réponse évidente à votre question?
L’école du colonisateur formate nos esprits dans la servilité et la soumission. A la manière d’une bombe à retardement elle perpétue le travail de discréditation de notre génie et de notre créativité .Voilà comment elle forme des ingénieurs qui ne savent rien faire avec une expertise qui se limite à la « bavardologie «parce son objet est de maintenir l’Afrique sous coupe réglée et surement pas de l’affranchir.
Quel projet avez-vous pour le Sénégal ?
Syndiely représente un savoir-faire maitrisé qu’il nous faut à tout prix ensemble capitaliser pour en tirer un vrai bénéfice pour notre pays. On peut y lire en filigrane une trame sur laquelle il est possible de tisser tout un tissu industriel. Si nous devions classer les réalisations humaines selon une échelle de complexité, les voitures occuperaient surement le haut du panier.
Si nous considérons le principe logique qui stipule que « qui peut le plus peut le moins« on peut raisonnablement considérer qu’ au Sénégal on sait maintenant concevoir tout ce qui est moins compliqué qu’ une voiture et presque tout ce qui nous entoure. Nous allons mettre en place une Start up qui va concevoir les outils du développement.
Quel message lancez-vous aux autorités pour encourager les sénégalais de l’extérieur comme vous?
Moi je n’ai pas besoin d’encouragement. Je travaille pour mon pays, je travaille pour mon continent, je travaille à la réhabilitation du peuple noir. Je diffuse un message d’espoir pour la jeunesse et c’est tellement exaltant. Je suis persuadé que c’est dans notre génie et notre créativité que se trouvent les ressorts du développement. Les autorités peuvent avoir d’autres convictions l’essentiel est d’œuvrer pour l’émergence.
Ce qui est certain c’est qu’il faut aller au-delà des mots et des discours, au-delà des déclarations d’intention c’est qu’il faut avoir les moyens de ses ambitions. Ces moyens sont entre autres des machines pour une création massive de richesses. Ces machines, ou bien nous nous les procurons au risque de tomber dans le cercle vicieux de la dette qui, est-il besoin de le rappeler n enrichit que le créancier, ou bien nous les fabriquons nous-mêmes. Moi j’ai des solutions machines adaptées à nos besoins et surtout accessibles à notre budget qui est maigre par définition.
Votre mot de la fin
Je rêve d’une Afrique vraiment libre, restaurée dans sa dignité et dans son honneur par le travail de ses enfants Nous pouvons nous développer par nous-mêmes, nous pouvons nous développer autrement. Nous sommes dépositaires du savoir de nos ancêtres. Cet héritage est enfoui au fond de chacun d’entre nous. Personne ne développera notre pays pour nous. Si nous sommes capables d’intelligence, il faudra le prouver et s’affranchir ou accepter la soumission et se taire.
Entretien réalisé par:Amadou Lamine Mbaye pour Senenews

Commentaires

Alors, Baila Ndaye, ce génie autodidacte (qui a des paroles très dures et presque vengeresses), il est au Sénégal maintenant ? ou il réside toujours à Strasbourg ? C'est pour quand cette Start-up au pays pour la création massive de richesses ?

Écrit par : Candide | 12/01/2016

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je suis vraiment fier d une telle demarche j atend e j attendrais encore nous le peuple africain soit reablite pour son intelligence enfouie son savoir , et surtout toute s dignite , au boulot

Écrit par : kane | 13/01/2016

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Trop fort...

Écrit par : MIMI | 15/01/2016

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