04/02/2016

ON EXCISE DE PLUS EN PLUS A DAKAR

Quand l’excision s’exile à Dakar, où elle augmente de 8 %

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La pratique de l’excision s’installe de plus en plus à Dakar. Les résultats d’une étude d’impact des déclarations d’abandon de l’excision au Sénégal révèlent que la pratique a subi une hausse de 8,0% en 2015 dans la capitale sénégalaise. Une pratique effectuée sur des filles âgées de 0 à 14 ans. D’où l’exode du phénomène des zones rurales vers les centres urbains.
Au Sénégal, le phénomène de l’excision semble emprunter le chemin de l’exode rural. Une étude d’impact des déclarations d’abandon de la pratique au Sénégal révèle que l’excision a subi une hausse de 8,0% à Dakar en 2015 notamment chez des filles âgées de 0 à 14 ans. Un état de fait qui a surpris plus d’un du moment que le Groupe d’Etude de Recherche et d’Appui au Développement (GERAD) affirme, dans son étude, que l’urbanisation galopante constatée au niveau des nids de l’excision explique le recul constaté au niveau national.
Certains pratiquants se sont ainsi joués des acteurs engagés dans la lutte contre l’excision qui jusque-là, n’ont concentré l’essentiel de leurs forces que dans les zones périphériques ou frontalières, en allant s’installer dans des zones insoupçonnées. La directrice du Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfance, l’a d’ailleurs reconnu.
Mme Coumba Thiam Ngom explique que « dans les premières approches, on n’a pas pris en compte Dakar parce qu’on pensait que c’est la capitale où ce phénomène n’allait pas se produire ». A son avis, cette percée du phénomène à Dakar peut se justifier du fait que les populations pratiquantes rejoignent la capitale et y pratiquent l’excision en cachette.
A cela Mme Ngom y ajoute l’émergence des phénomènes nouveaux comme celui des « mères exciseuses » qui l’appliquent sur l’enfant au berceau. S’y greffent le phénomène de la « médicalisation » de la pratique avec la population qui considère tout individu portant une blouse blanche comme appartement au personnel médical.
De la résistance nourrie par le poids de la tradition, les croyances religieuses, les raisons sociétales et initiatiques
« Au Sénégal, le nombre de filles impacté est à la baisse », s’est exclamée Représentant Résident de l’UNFPA au Sénégal. Mme Andréa Wojnar Diagne qui s’est réjoui des bon résultats du Sénégal avance que « jusqu’en décembre 2015, 6176 communautés dans le pays ont déclaré avoir abandonné la pratique de l’excision ».
A cela, le Conseiller technique N°1 du Ministère de la Femme du Sénégal brandit l’enquête démographique de santé continue qui parle d’un taux de prévalence de 25% pour les femmes âgées de 15 à 49 ans et 13% pour les filles de moins de 13 ans au lieu des 28% d’avant. Ce qui montre que les communautés abandonnent mais il y a toujours des poches de résistance.
La représentante du ministre de rappeler, par ailleurs, que malgré cette embellie en Afrique, l’excision est encore en cours car pratiquée dans près de 28 pays africains et affecte, d’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), entre 100 et 140 millions de femmes et de jeunes filles qui ont subi ce phénomène. Ce qui, selon elle, explique le fait que la prévalence est variable d’un pays à un autre et plus particulièrement d’une ethnie à une autre.
Dans son analyse des résultats, le GERAD pointe du doigt les contraintes socioculturelles notées dans les zones de résistance. Sur ce plan, l’équipe de recherche parle du poids de la tradition notamment dans les départements de Bignona, Kolda, Tambacounda, Ziguinchor et Kanel. Alors qu’au niveau de la région de Matam, notamment dans les départements de Kanel et de Matam, souligne le GERAD, la religion est très présente parmi les principales raisons avancées.
L’étude révèle également que l’excision subsiste au niveau des régions frontalières parce que certains pays qui entourent le Sénégal n’ont pas de loi interdisant la pratique. A en croire la directrice de la femme, « certaines populations se rendent dans ces pays limitrophes rien que pour exciser leurs filles et revenir ». Une approche sur laquelle se focalisent acteurs engagés dans la lutte contre ce phénomène pour voir comment développer une stratégie transfrontalière.
En dépit de ces quelques taches noires, la communauté des acteurs contre les Mutilations Génitales Féminines (MGF), s’est félicitée de l’impact de la déclaration d’abandon. C’est dans cette dynamique que le GERAD recommande, entre autres, d’aller vers des projets de territorialisation économiques aux dimensions émancipatrices en accompagnant des programmes d’éducation.
Sur ce point, Mme Andréa Wojnar Diagne de l’UNFPA loue le programme communautaire de renforcement de capacité de l’Ong TOSTAN d’une durée de trois ans. « Lorsque les femmes bénéficient d’une éducation, lorsqu’elles ont une compréhension claire de leurs droits et de leurs devoirs, lorsqu’on leur donne la capacité d’entreprendre, elles ont le courage de se dresser et de dire non à toute pratique qui a un effet néfaste sur leur santé et celle de leurs enfants ».
Cette étude est perçu par les différentes prenante comme un outil devant leur permettra d’évaluer leur lutte et voir ce qui reste à faire, comment s’y prendre et avec quel moyen.
AllAfrica Global Media/Dakar-echo.com

Commentaires

c'est ça le sénégal émergent ???????
quelle honte de nos jours, quelle honte,,,,,,,,,,,,,,,de voir de telles pratiques.

Écrit par : kani | 04/02/2016

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Le Sénégal a pourtant interdit l'excision par une Loi votée en 1999, il y a donc 16 ans. Je ne connais pas les peines appliquées aux personnes qui pratiquent cet acte barbare, je ne sais pas non plus si les familles de fillettes excisées sont passibles d'une sanction juridique. Cette coutume ancestrale n'est pas près de disparaître, au prétexte que ceci est écrit dans le Coran, ce qui est parfaitement faux. L'obscurantisme a encore de beaux jours devant lui, hélas !

Écrit par : Candide | 04/02/2016

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Je me demande... si ca ne correspond pas au fait qu'on apercoive de plus en plus de femmes ou de petites filles m^me (dans certains villages) voilées. Evidemment, ce n'est pas lié, mais c'est comme le voile, cette pratique reviendrait tout doucement, on dirait.

Écrit par : rico | 04/02/2016

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Il y a une loi contre l'excision des petites filles au Sénégal. Mais quand le khalife Madani Tall Mountaga de la mosquée omarienne de Dakar annonce que l'excision des fillettes est autorisée par le Coran en Octobre, les fidèles l'écoutent. Le résultat, les excisions en augmentation de 8% à Dakar. Vous ajoutez la fatwa contre les homosexuels et l'avortement lors de la zarria omarienne en Janvier 2016. Les appels de son frère, l'imam de la mosquée omarienne Seydou Nourou Tall, au rétablissement de la peine de mort au Sénégal et le refus généralisé d'appliquer la loi sur l'interdiction de la mendicité des enfants talibés dans les rues par les groupes religieux. Nous avons les preuves devant nos yeux, que les religieux refusent les lois de la République, qu'ils incitent les fidèles à les transgresser. Sans aucune réaction des autorités et de la population, ils islamisent le pays vers le salafisme et le fondamentalisme pour tenir le peuple sénégalais comme dans une République islamique dont ils rêvent. Sans réaction de l'Etat, pour faire respecter les lois avec sanctions contres ces guides intégristes et sans réaction de la société civile pour sauver notre démocratie, le Sénégal va sombrer dans l'obscurantisme avec toutes ses tares officialisés par ces religieux arrogants, fascistes et milliardaires et si loin de l'Islam modéré soufi sénégalais. Leur seule volonté est de maintenir contre la montée mondiale du modernisme, leurs privilèges en soumettant le plus longtemps possible le peuple sénégalais dans l'ignorance, la misère et la peur de leur religion déviante.
Le port du voile pour les fillettes à partir de 3 ans dans les villages ruraux est effectivement en hausse et démontre une autre preuve de l'islamisation de notre société. Les villages ruraux échappent au contrôle de l'administration de l'Etat et on va fleurir de nouvelles petites mosquées avec des imams inconnus qui viennent de nulle part ? ? ? Puis, ils reviendront à l'attaque avec le voile intégral pour les femmes. Le Sénégal deviendra fantomatique.

Écrit par : issa gibb | 04/02/2016

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Interesting what you say. The current controversy about a drawing of bamba mbacke seems designed to stir up the emotions of the Mourides. I love the version of Islam practised in Senegal and I hope extremism never touches this country.

Écrit par : Billie | 05/02/2016

je vote pour Issa Gibb PRESIDENT

Écrit par : jacobus | 06/02/2016

je vote pour Issa Gibb PRESIDENT

Écrit par : jacobus | 06/02/2016

Effectivement le maintien dans l'ignorance est une forme de pouvoir qui revient au galop ,quant à dire qui fait quoi ,et ,qui en fait impose par ses vues les règles d'une neutralité bienveillante dans le cadre du pouvoir nous savons la religion majoritaire est tout présente...
Le calme est donc présent en n'appliquant pas la loi .....
Il arrive un moment ou ne rien changer est prendre le risque de perdre l'autorité de l'état.
et accepter l'exicision ,le voile integrale ect......

Écrit par : oyster | 05/02/2016

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Je pense que vous avez raison de dire que si les droits sont connus ça aidera les populations a prendre des décisions par rapport a cette pratique nuisible pour la santé de la petite fille .Je pense que l'état doit discuter avec les religieux qui pensent que MGF est une recommandation.
c'est vrai qu'une loi existe ;mais il est aussi vrai que la tradition est plus fort que la loi chez certaines personnes il faut continuer a sensibiliser les parents et les petites filles avec des argumentaires qui peuvent aider a comprendre les méfaits de l'excision (argumentaire médical)et que les députés s'impliquent ainsi que les ministres au fouta les députés n'osent pas parler de cette pratique; et c'est regrettable

Écrit par : DIACK | 05/02/2016

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C'est çà la vérité, les députés, les élus de la Nation qui votent les lois et qui n'osent pas parler de la pratique de l'excision et son interdiction ou de l'exploitation des talibés de peur de froisser les groupes religieux dans leur département. Ces religieux qui incitent à cette pratique de l'excision, en bravant la loi et en faisant braver la loi à leurs fidèles sous le couvert de leur religion. Les députés sont des lâches, les religieux sont hors-la-lois et condamnables. Mais on fait rien, pour la paix sociale. Comme ils disent.
L'excision est un rite abject sur le plan éthique, d 'atteinte à l'intégrité physique des fillettes sur le plan humain, avec des risques médicaux très graves sur le plan médical et scientifique. Cette pratique dont on ne souvient même plus l'origine, mais sûrement pas dans celle du Coran, a du être inventé par un quelconque vieux religieux barbu qui dans sa débilité spirituelle a décrété ce rite abominable pour soumettre les peuples et asseoir son autorité sur l'ignorance des fidèles. Dans l'Histoire, nous avons d'autres d'exemples qui ont montré que des religieux déraillent ou déconnent grave, le rite de l'excision en est un exemple parfait. C'est comme pour les offrandes de vies humaines aux dieux par les Aztèques ou les bûchers de la Sainte Inquisition, des rites qui sont les preuves de la stupidité religieuse. Au 21ème siècle, l'excision est un rite de la folie des fous de Dieu (That's crazy).

Écrit par : issa gibb | 06/02/2016

je vote pour Issa Gibb PRESIDENT

Écrit par : jacobus | 06/02/2016

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Jacobus ! Non merci pour la présidence du Sénégal. Je ne souhaite pas me mettre 12 millions de boulets aux pieds. Je dénonce l'exploitation des enfants talibés, parce qu'on s'en prend à des enfants sans défense et que ce phénomène fait du Sénégal, le premier pays esclavagiste d'enfants en Afrique. Ce n'est pas normal, dans un pays qui se dit République démocratique et laïque que des enfants soient en esclavage de mendicité forcée sous couvert d'une religion pervertie. Tout homme responsable, humain et démocrate peut comprendre.
Nombreux dans le monde ignore l'existence des talibés sénégalais et leur traite mafieuse par les marabouts.. Moi même, j'ai compris cette exploitation d'enfants qu'en visitant le Sénégal en 2010, avant je l'ignorais complètement. Je connaissais les écoles coraniques d'Iran ou du Pakistan par la télévision. Mais, je ne connaissais pas les daaras pourries du Sénégal. Des lieux où on enseigne que le Coran à des gosses qui ne comprennent rien de ce qu'ils récitent. Des gosses qui mendient de 5h à 10 heures par jour, tous les jours, par tous les temps. Des gosses qui sont battus, tous les jours, pour apprendre le Coran et si ils ne ramènent pas d'argent au marabout, adulte fainéant et escroc religieux. Des gosses sous alimentés, sans hygiène, qui subissent des maltraitances physiques, psychologiques et sexuelles. Le tout pour finir à 95% d'entre eux, comme délinquants dans les grandes villes sans éducation, sans instruction. Ils volent pour manger, se droguent, se prostituent, vivent en bandes et vont souvent en prison. Ils détestent le Coran, ce livre saint qui leur a fait tant de mal. Ils sont aussi vulnérables psychologiquement pour être embrigader par les mouvements terroristes. Des jeunes perdus et décérébrés, sous-caste humaine de l'émergence, le futur du Sénégal ? ? ?
Pour palier à tout cela, je vous propose Youssou Ndour Président, ce très proche du pouvoir et des confréries religieuses. Il est en particulier, très proche des plus riches, les mourides. On le voit souvent avec le responsable moral mouride Mame Mor Mbacké Mourtada (le fils de Mourtada Mbacké, dernier fils de Serigne Touba). On dit que c'est un religieux mouride qui s'intéresse au modernisme. Ils doivent parler de musique et de danse.
Youssou Ndour fréquente aussi Cheikh Béthio Thioune, guide spirituel des thiantacounes. Ancien fonctionnaire sénégalais avec une bonne retraite qui est devenu chef religieux. Le poste est sympha, on lui a offert des terres qu'il fait travailler par ses talibés sans salaires et sans charges. Il a 7 femmes entretenues. C'est une personne d'une religiosité remarquable car il a fait de la prison en 1966 pour activités communistes. Puis de la prison à nouveau en 2013, pour avoir laissé 2 de ses talibés s'entretuer.
Si Youssou Ndour ne vous plaît pas, je peux vous proposer un triumvirat triomphant pour diriger le Sénégal, les 3 Jarrafs d'Ouakam : le Jarraf Oumar Samb, le Jarraf Alioune Diagne Gueye et le Jarraf Dingo Youssou Ndoye dans leurs grands costumes d'apparat pour le même prix. Je vous promet, çà envoie, c'est à celui qui a la plus belle robe-toge et la plus belle coiffe, en multicolores. Un feu d'artifice de couleurs à la Présidence.
Après, il y a Daesch et son rêve du Grand Etat Islamique Africain. Mais là, fini la musique, fini la danse, fini les tams-tams, les hommes avec une kalachnikov et les femmes toutes en noir. Pas bon, pas bon du tout leur programme politique !
Gardons Macky Sall, mais il faut qu'il fasse payer d'impôts aux religieux pour sortir les sénégalais de la misère. Sortir les talibés de la mendicité et des daaras pourries. Empêcher l'excision et les viols des fillettes sénégalaises. C'est le bon programme !

Écrit par : issa gibb | 08/02/2016

Sans compter que ces "gens" peuvent avoir d'autres épouses non excisées.
Aucun respect ni pour les enfants ni pour les femmes.
Des barbares tout simplement.
La chanteuse Coumba gawlo et d'autres artistes mènent le combat en chantant,
Pourquoi pas Youssou N'dour que la plupart des sénégalais apprécient?

Écrit par : Lola diolla | 07/02/2016

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Depuis 20 ans,je vois le Sénégal régressé dans tous les domaines!!!surtout leur mentalités,les religieux ont bien fait leur boulot,les jeunes soi-disant éduqués (ils ont fait les bancs) reprennent les anciennes traditions c'est tellement confortable pour les hommes ,les lois de la république ne servent a rien dans ce pays c'est L'ANARCHIE COMPLETE,

Écrit par : chees | 13/02/2016

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