06/02/2016

LE SENEGAL SCIE LA BRANCHE SUR LAQUELLE IL EST ASSIS

Un chercheur déplore le manque de retombées économiques des sites africains inscrits au patrimoine mondial

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En Afrique, l’inscription d’un site au patrimoine mondial relève d’un prestige et n’apporte que rarement des retombées économiques, a déploré mercredi à Dakar, le professeur Ibrahima Thiaw de l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN) de Dakar.
"L’objectif de la Convention (de l’UNESCO) pour la protection du patrimoine mondial est de faire en sorte que l’inscription d’un site au patrimoine mondial apporte des bénéfices sur le plan économique, éducationnel et professionnel", a relevé le Pr Thiaw, qui dirige le laboratoire d’archéologie de l’IFAN, l’institut de recherche en sciences humaines, sociales et naturelles de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Il s’exprimait en marge d’un séminaire organisé par l’IFAN sur les tendances et les enjeux de la position du Sénégal sur la liste du patrimoine mondial.
Le chercheur a expliqué que ces sites inscrits au patrimoine de mondial de l’UNESCO (Organisation des nations unies pour l’Education, la Science et la Culture) doivent "avoir un impact sur les communautés locales et changer leurs vies de manière sensible".
"Malheureusement pour le cas du Sénégal, les sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial apportent très peu de bénéfices aux populations locales, ce qui est vraiment dommage", a-t-il déploré, ajoutant que "cela veut dire que l’inscription de ces sites au patrimoine mondial n’est pas accompagné d’une implication forte des communautés".
Quant au tourisme, a-t-il poursuivi, il "est très aléatoire. Parfois ça marche, parfois ça ne marche pas, mais du point de vue de la formation, de l’éducation, de la création d’emploi, il n’y a pas encore l’impact qui est escompté".
Le Pr Ibrahima Thiaw a suggéré de "revoir toute l’organisation administrative du ministère de la Culture" pour remédier à ce problème.
"On ne peut pas classer des sites et ne pas s’occuper de la gestion. Il faut former des professionnels qui puissent jouer le rôle d’interface entre l’Etat et les communautés, et l’Unesco", a-t-il préconisé.
Il a ajouté que cette réorganisation administrative "permettrait de créer des emplois pour que les étudiants formés dans le domaine du patrimoine puissent avoir des emplois".
"Lorsqu’on classe (inscrire un site au patrimoine mondial, Ndlr), il faut créer tout un ensemble d’infrastructures d’accueil – la restauration, des hôtels – et organiser le commerce de manière structurelle autour du site pour que des nouveaux emplois puissent émerger".
La Convention mondiale de l’UNESCO pour la protection du patrimoine mondial culturel et naturel a été établie le 16 novembre 1972.
Le Sénégal a ratifié cette Convention en 1976 et possède sept sites (l’île de Gorée, le parc national du Niokolo-Koba, le parc national des oiseaux de Djoudj, la ville de Saint-Louis, les Cercles mégalithiques de Sénégambie, le Delta du Saloum, les pays Bassari) inscrits au patrimoine mondial.
Ndarinfo

Commentaires

nos dirigeants ne cessent de clamer SENEGAL EMERGENT , pour les riches ,oui, pas pour le peuple. l'émergence commence par la réalisation des besoins de base, manger à sa faim ,être bien soigné , être instruit , avoir du travail avec un salaire suffisant, pas de coupures d'électricité et d'eau, avoir des moyens de transport sécurisé, pas des poubelles : taxis et bus, un code de la route qui est appliqué, pas des petits billets, vous me comprenez!!!!!!!Du travail encore pour nos dirigents

Écrit par : jacobus | 06/02/2016

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et oui une vérité vu de la Belgique ;et de toute L'europe...

Écrit par : BARBAIX | 06/02/2016

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Bravo au Professeur Ibrahima Thiaw, dont les propos peuvent se résumer ainsi : CQFD.

Écrit par : Candide | 06/02/2016

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La ratification de la Convention mondiale de l'Unesco pour la protection du patrimoine mondial culturel et naturel signée par le Sénégal en 1976, est autant respectée que les ratifications de la Convention des Doits de l'Homme et de la Protection de l'Enfance au Sénégal. Vu, l'abandon des sites touristiques, en particulier les bâtiments de l'ère coloniale de Saint Louis, de Gorée, par rancœur et racisme anti-toubab. Vu, l'exploitation des enfants talibés en esclavage forcé de mendicité sous couvert de la religion pour enrichir des adultes fainéants et mafieux. Vu, la persistance de la pratique de l'excision des fillettes de 0 ans à 14 ans sous couvert, encore de religion. Je vous avoue, çà l'a fout mal, pour le Sénégal qui vient de rentrer comme membre à la section sécuritaire de l'ONU, le Sénégal qui ne respecte aucune des ratifications qu'il a signé.
En représailles pour cette hypocrisie et ce laxisme, la suppression des aides internationales seraient les bienvenues pour réveiller les dirigeants et pour donner raison au Professeur Ibrahima Thiaw.

Écrit par : issa gibb | 08/02/2016

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J'applaudis. Vous abordez les VRAIS problemes

Écrit par : Mart | 09/02/2016

Le Sénégal n'est pas a un mensonge près!!!!la parlotte,les promesses, mais pour le reste...Quand il faut mettre ça en application c'est une autre histoire,il n'y a plus personne

Écrit par : maie | 08/02/2016

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