25/02/2016

POISSON RARE A MBOUR

Le poisson se fait rare à Mbour

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Depuis quelques temps, le poisson est devenu très rare dans la commune de Mbour. Conséquence : les activités de la ville qui dépendent à 50% de la mer directement ou indirectement, sont au ralenti. Quasiment introuvable sur le marché, le poisson est hors de portée de nombreuses bourses. Au quai de pêche, les populations se tournent les pouces à longueur de journée.
Depuis janvier, les pêcheurs de la Petite Côte souffrent le martyre. Le poisson se fait rare. Les piroguiers, qui utilisaient les filets au large des côtes, sont les premiers à subir les contrecoups de la rareté du produit.
Au quai de pêche de Mbour qui grouillait d’habitude de monde, c’est pratiquement le calme plat. Le port s’est petit à petit vidé. Au bord de la mer, les femmes portent des seaux et bassines et guettent avec beaucoup d’espoir des pirogues qui pourraient ramener du poisson. Ces femmes qui s’activent dans la vente du poisson se ravitaillent à bas prix auprès des pêcheurs. Puis, elles revendent immédiatement leurs produits aux ménages. Depuis de longues années, des milliers de femmes de la commune s’activent dans ce business à l’image de Maguette Faye qui, depuis 2002, fréquente chaque jour le quai. Debout et immobile sur la plage, ses pieds sont caressés par les vagues. Mère de cinq enfants, Maguette Faye gagne sa vie grâce à la vente du poisson. Chaque jour, elle fait un bénéfice compris entre 3.000 et 5.000 FCFA en plus du poisson qu’elle ramène pour le repas. Mais voilà un mois qu’elle affiche le masque des mauvais jours à cause de la pénurie de poisson. «Cette crise a atteint le sommet. Dieu seul sait ce que nous subissons depuis plus de 2 mois. Parfois quand je descends, je n’ai que 300Fcfa et il n’y a même pas de poisson», s’alarme Mme Séne. Drapée dans une robe rouge, elle tient à la main gauche un seau vide, de couleur blanche. «Depuis l’aube, je suis là et j’attends d’avoir un produit pour le revendre. Mais jusque-là, il n’y a aucune pirogue qui a débarqué du poisson», dit-elle. A peine a-t-elle fini de parler qu’un jeune homme s’est mis à marchander avec deux dames, non loin de là. Ces dernières négocient deux poissons rougets très petits. «Tu vends le poisson à combien ?», lui demande l’une d’entre elles. «1750 FCFA», lui répond le pêcheur. En période normale, cette marchandise s’échange entre 100 et 150 FCFA, mais aujourd’hui, les prix ont flambé et sont passés du simple au centuple. Le pélagique (yaboye, tass, kobo) coûte 200 FCFA l’unité au quai. Sur le rivage, des centaines de pirogues sont amarrées. Beaucoup de pêcheurs ne sont pas allés en mer.
Une crise entrainant une violation des réserves
Chaque année, plus de 42.000 tonnes de poisson transitent par le quai de Mbour. Mais, si cette pénurie se poursuit, il sera difficile d’atteindre 5.000 tonnes cette année. Selon Omar Ndiaye, responsable du service de pêche au quai de Mbour, «cela est du à deux facteurs. Il y a les changements climatiques qui font que le vent est très puissant en haute mer et la surexploitation des ressources halieutiques». Pour lutter contre la surexploitation, l’Etat a mis en place une politique de régularisation en immatriculant les pirogues. Aujourd’hui, 1400 pirogues sont régularisées.
A cause du manque de poissons, la zone marine protégée de Ngaparou est constamment violée par les pêcheurs venant pour la plupart de Dakar. Le sergent-chef Mamadou Sonko, chargé de la protection, est confronté à un manque de personnel. Souvent, il s’appuie sur les pêcheurs de la localité qui lui viennent en aide pour chasser ces hors-la-loi.
A Mbour, toutes les activités économiques gravitant autour du secteur de la pêche sont paralysées. Les «diogalkat» (les jeunes qui transportent les poissons de la pirogue aux voitures) souffrent le martyre. Sur la plage, ils se sont regroupés en bande de copains et commentent l’actualité politique. Une façon d’oublier les soucis d’une longue journée qui s’annonce pénible. Mamadou, la trentaine, affirme : «C’est temps-ci, c’est la misère. Parfois, je ne gagne que 1.000 FCFA. Et c’est avec cette somme que je dois acheter mes trois repas, payer la location. C’est pourquoi, de temps en temps, mes amis et moi faisons le tour des chantiers pour faire le travail de manœuvre. Mais là aussi, la situation n’est pas reluisante». En tant normal, les «diogalkat» gagnent entre 5.000 et 7.000 FCFA par jour. Sont aussi touchés par la conjoncture, les charretiers qui transportent le produit sur le site de Mballing où on conditionne le poisson sec (Kétiah).
André BAKHOUM/L'As

Commentaires

On vous avais prévenu ! Continuez à ne rien respecter et bientôt il n'y aura vraiment plus rien !

Écrit par : olivier | 25/02/2016

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Exact, nous n'avons pas arrêtez d'avertir des méfaits de la surpêche. Ne pas rejeter les petits poissons à la mer, ne pas respecter les périodes de reproduction, ne pas respecter les espèces de poissons et aucun contrôle étatique sur la surpêche nous ont amené à cette situation. Sans oublier les tankers à double fonds Russes sous Wade, puis les mêmes tankers Chinois sous Macky Salll qui ont pillé pendant des années nos bancs de poissons en ne déclarant que la moitié de leurs pêches avec leurs de stratégies de bateaux à double fonds, est l'autre explication de la situation appelée surexploitation des ressources halieutiques. Tout le monde le savait, mais personne n'a rien fait. Le mal est fait, chute de 42 000 tonnes à moins de 5000 tonnes à Mbour, premier port de pêche du pays. Les bancs de poissons ne peuvent plus se reproduire suffisament. Encore, une fois le Sénégal se distingue par son incompétence à gérer ses ressources et son avenir. Après avoir coulé son tourisme, deuxième secteur de l'économie, voilà que son premier secteur économique, la pêche donne des signes prévisibles d'agonie, entrainant les maux d'une plus grande misère pour son pauvre peuple. Les sénégalais dans leur marche vers le néant, vont finir par bouffer du sable et des cailloux et augmenter l'érosion côtière car les 8750 tonnes de riz offertes par le Japon, le mois dernier ont déjà disparues. Le pétrole, le premier baril en 2021, le temps de connaître la famine et mourir de faim.

Écrit par : issa gibb | 25/02/2016

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