03/03/2016

SENGHOR PAR VALANTIN

Christian Valantin : « Il faut continuer notre tradition de laïcité à la sénégalaise »

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Christian Valantin, ancien directeur de cabinet du président Léopold Sédar Senghor, estime que les Sénégalais doivent continuer leur tradition de laïcité, qui permet aux communautés religieuses du Sénégal de participer « activement » à l’œuvre de construction nationale. Une option que ne permet pas, selon la laïcité à la française.
M. Valantin répondait à une question sur les relations de Senghor avec les chefs religieux du Sénégal, notamment musulmans, lors de la présentation de son livre Trente ans de vie politique Léopold Sédar Senghor(Editions Belin, 2016, 203 pages), ce mardi 1er mars 2016 à l’Institut français de Dakar.
Cette prise de position intervient en pleins débats sur un projet de révision constitutionnelle dans lequel le caractère laïc de la République pourrait être renforcé, une disposition qui suscite des réactions de désapprobation de certains cercles religieux. Elle figure sur une liste de 15 points qui seront soumis à un référendum le 20 mars.
« Senghor a entretenu avec les chefs religieux du Sénégal des rapports qui ont été véritablement très amicaux et très respectueux. Lors de l’inauguration de la grande mosquée de Touba, en 1963, il est allé à Touba et a expliqué au pays ce qu’était la laïcité », a-t-il dit, ajoutant : « La laïcité sénégalaise n’est pas la laïcité française. Il ne faut pas du tout confondre cela ».
« La laïcité sénégalaise est même le contraire de la laïcité française, car ce que Senghor a voulu en mettant la laïcité dans la Constitution, c’est que les communautés religieuses du Sénégal participent activement à l’œuvre de construction nationale, a poursuivi l’ancien député socialiste. C’est ce qu’il a dit dans un de ses textes, dans ‘’Liberté V’’. Je pense que ce n’est pas la même chose qu’en France où, la laïcité, qu’on le veuille ou non, refoule l’action religieuse dans le privé. Et Senghor ne voulait pas de ça. »
Selon Christian Valantin, « Senghor était réaliste ». « Voilà ! Et les chefs religieux ont accepté ça. La preuve, c’est que, Dieu merci, le Sénégal est épargné et ne connaît pas tout ce que connaissent certains pays comme le Mali – qui est proche de nous géographiquement -, c’est-à-dire le terrorisme ».
Pour lui, « il faut continuer (cette) tradition de laïcité (à la sénégalaise) ». Il a toutefois indiqué que, « franchement, il y a des choses à éviter ». « Il faut faire attention. Le Sénégal vit une situation tout à fait particulière et il faut se féliciter de ce qu’on soit en paix », a-t-il insisté sans préciser les « choses » contre lesquelles les Sénégalais devraient se prémunir.
Christian Valantin a par ailleurs dit qu’il n’était « pas du tout d’accord avec les discussions polémiques que l’on peut connaître en France ». « Je dis cela parce que nous avons trop tendance à nous référer à des attitudes françaises », a-t-il déploré, soulignant : « Je crois que Senghor, sur ce plan-là, quand il parlait de voie africaine du socialisme, quand il a fait un code de la famille, un code foncier – qui n’était pas le code foncier français -, un code des collectivités locales, c’est parce que c’était sénégalais (…) »
« Il faut éviter de croire que polémiquer c’est être démocrate. La polémique est à la frontière de l’injure, et on le voit en ce moment en France », a conclu M. Valantin sur ce sujet.
Christian Valantin a été avocat, directeur de Cabinet de Senghor, député du Sénégal de 1968 à l’an 2000, directeur du Haut Conseil de la Francophonie. Dans le livre présenté d’abord à l’Institut français de Saint-Louis (25 février 2016), il raconte l’histoire d’une trentaine d’années de compagnonnage avec Senghor.
Aboubacar Demba Cissokh/legrenierdekibili.wordpress.com/Xalima.com

Commentaires

Certaines communautés religieuses ne participent en rien à l'oeuvre de construction nationale.
" Ne pas se référer à des attitudes françaises" toujours le même discours.
Par contre ce texte est vraiment polémique.

Écrit par : Lola diolla | 03/03/2016

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La "prise de position" de C VALENTIN n'engage que lui ,il est un peu façile de coller une étiquette sur un vrai leader pour en récolter les fruits sans que ce dernier ne puisse contredire !......

Écrit par : oyster | 03/03/2016

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Les dictionnaires (*) définissent une république laïque comme suit : pays dans lequel l'Etat et la religion sont séparés, l'Etat est neutre sur le plan religieux et les citoyens bénéficient de la liberté de conscience.
Il est toujours facile d'assaisonner les écrits d'un autre à la sauce de son choix et en fonction de l'air du temps, surtout quand l'écrivain n'est plus depuis 15 ans.
(*) je cite les dictionnaires français, ne connaissant pas de dictionnaire(s) sénégalais.

Écrit par : Candide | 03/03/2016

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