12/03/2016

EXPO D'UN PEINTRE TOUBAB A DAKAR

Les polychromies d'Yves Gusella dépeignent le quotidien sénégalais

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Le peintre d'origine franco-italienne, Yves Gusella, présente les scènes de l'activité quotidienne sénégalaise à travers des polychromies – des toiles riches en couleurs – qu'il expose jusqu'au 9 avril à la Galerie Arte à Dakar.
"Ce qui m'inspire, c'est cette ambiance locale qui est extraordinaire. L'ambiance de l'Afrique et puis ces couleurs dans le quotidien, dans tout ce qui nous entoure", a expliqué Yves Gusella à l'APS.
Cette exposition, dont le vernissage est prévu samedi, est sa façon à lui de rendre l'amour qu'il porte pour le Sénégal où il vit depuis dix ans. "Je pense que s'il n'y avait pas ce ressenti je ne peindrai pas ici et je ne m'y serai peut-être pas installé", a-t-il confié.
Le quotidien sénégalais ressort des murs de la Galerie Arte, ornés des polychromies d'Yves Gusella, qui renouvellent le regard que l'on porte sur notre routine quotidienne, sur nos activités habituelles, sur notre société, tant les peintures sont vraies et réalistes.
Dans ses polychromies, Yves Gusella présente des scènes de lutte traditionnelle sénégalaise où les muscles des lutteurs sont perceptibles et donnent l'impression de pouvoir être touchés.
Il montre aussi des scènes de Sabar – à la fois une danse sensuelle et une fête traditionnelle et populaire – où des femmes coiffées de foulards dansent dans de grandes robes. Ou encore, des Signares – jeunes femmes métisses issues du mariage entre colons portugais et des femmes wolofs ou peules – que le peintre a royalement gravées sur une toile.
On voit également, un homme et une femme portant des caisses de poissons, synonyme du retour des pêcheurs accostant leurs grandes pirogues et des femmes se ruant vers eux pour s'approvisionner, l'océan et un coucher de soleil reproduits aux limites de la perfection.
Tout ceci à travers les couleurs, bleu (couleur dominante), rouge, jaune, orange, mauve, rose, qui ont été bien agencées et bien ajustées, harmonisées afin que chaque tableau replonge les esprits dans la réalité quotidienne. Les polychromies du peintre franco-italien portent bien leur nom et c'est presque toute la symbolique du Sénégal qui y est traduite.
"Les pirogues, le retour des pêcheurs, ça fait partie de toute l'activité de là où j'habite à Mbour. Là -bas, on ressent effectivement toute l'énergie du pays et aussi on retrouve effectivement toutes les couleurs", a expliqué l'artiste.
"Les femmes sénégalaises, même les plus modestes, sont magnifiquement habillées, tout le monde aime le beau et c'est ce que j'ai tenté de traduire", a ajouté Yves Gusella, professeur d'arts plastiques à l'école publique Avenir Plus à Mbour.
Selon lui, "le plaisir doit être le moteur" de l'apprentissage de la peinture.
"Je dis aux élèves qui veulent apprendre la peinture : est-ce que vous avez vraiment envie ? En attendant, on essaye de leur donner du plaisir et s'il y a quelqu'un qui veut aller plus loin que ça, ça me ferait plaisir", glisse-t-il.
Sen360

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