21/03/2016

LE "OUI" SEMBLE L'EMPORTER

Référendum - Sénégal : faible mobilisation des électeurs

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Le référendum pour la révision constitutionnelle s'est transformé en vote pour ou contre le président Macky Sall avec un taux de participation de 25 % à la mi-journée dans plusieurs régions.
Dans un bureau de vote à Dakar le 20 mars 2016 pour le référendum portant sur la révision constitutionnelle.
La faible affluence constatée à l'ouverture des bureaux de vote à 8 heures (heures locale et GMT) s'est confirmée dans la journée. À la clôture à 18 heures, le taux de participation final n'était pas connu, mais celui-ci avoisinait les 25 % dans plusieurs régions à la mi-journée, les premiers résultats officiels étant attendus lundi au plus tôt. Les Sénégalais se prononçaient dimanche par référendum sur une révision constitutionnelle, dont la réduction du mandat du chef de l'État de sept à cinq ans, une consultation qui a tourné au vote pour ou contre le président Macky Sall. Le président Sall, qui a voté en fin de matinée à Fatick (Ouest), a appelé les partisans du « oui » comme du « non », après s'être exprimé, à « se remettre au travail pour le bien-être du pays ».
Une campagne express houleuse
Un des ténors du « non », le maire socialiste de Dakar, Khalifa Sall, a déploré une consultation organisée « dans la précipitation », attribuant la forte abstention au fait que « ce type de scrutin qu'est le référendum, quand il n'est pas inclusif, quand il n'est pas participatif, les citoyens ont l'habitude de s'en désintéresser ». La campagne express d'une semaine a été émaillée d'accusations de corruption, de trafic d'influence, de désinformation et même de violences, dans un pays réputé pour sa stabilité et présenté comme une démocratie modèle en Afrique, au point que plus de 3 000 policiers ont été appelés « en renfort pour sécuriser le vote », selon le quotidien L'Obs.
Le débat s'est cristallisé sur le retrait par M. Sall, sur avis du Conseil constitutionnel, de la disposition portant sur l'application du quinquennat au mandat en cours, signifiant qu'il irait donc jusqu'au bout de son septennat en 2019. Élu face à Abdoulaye Wade (2000-2012) qui briguait un troisième mandat en contournant la Constitution selon ses détracteurs, Macky Sall avait promis durant sa campagne le retour du quinquennat, avec effet immédiat. Plusieurs collectifs de l'opposition et de la société civile, dont Y'en a marre, un mouvement en pointe dans le combat contre un troisième mandat d'Abdoulaye Wade, militent pour le « non », reprochant à Macky Sall d'avoir manqué à sa parole. Le front du « non » s'est élargi à des responsables de la majorité, notamment le maire de Dakar, considéré comme un potentiel candidat à la présidentielle de 2019.
Plus importante mobilisation des femmes
Quelques échauffourées et bousculades ont été signalées par endroits, notamment lors de l'arrivée de personnalités de l'un ou l'autre camp dans leur bureau de vote, mais le scrutin s'est déroulé globalement dans le calme. « Les électeurs viennent au compte-gouttes », expliquait un président de bureau de vote à Dakar. « Ce n'est pas le même engouement que lors de la présidentielle et des législatives », a reconnu un représentant de la Commission électorale. Les femmes étaient sensiblement plus nombreuses à voter que les hommes, selon les journalistes de l'AFP et les responsables électoraux.
Pourquoi « oui », pourquoi « non » ?
« J'ai voté non parce que le projet ne me convainc pas. Les réformes pouvaient être plus importantes », a indiqué Fatou Boye, une vendeuse d'une trentaine d'années. En revanche, Aminata Mbaye, une infirmière qui milite au Parti socialiste (majorité présidentielle), a voté oui en raison des progrès qu'elle a trouvés dans ces réformes « comme le fait d'élire des députés pour les Sénégalais de l'extérieur, réduire le mandat de sept à cinq ans et nous faire bénéficier des ressources naturelles ». La controverse sur la durée du mandat a occulté les autres dispositions de la révision constitutionnelle en 15 points, qui porte également sur le renforcement des droits des citoyens et de l'opposition, ainsi que des pouvoirs législatif et judiciaire.
Le camp présidentiel a accusé ses adversaires d'entretenir « la confusion, la désinformation et l'intoxication ». La présidence a d'ailleurs publié sur son site un « vrai-faux du référendum ». Il y est ainsi précisé, pour réfuter les rumeurs ou les affirmations de certains militants du « non », que la révision constitutionnelle « ne permettra pas au président Macky Sall de faire un éventuel troisième mandat à partir de 2024 » en jouant sur le passage du septennat au quinquennat, et qu'elle n'a pas pour objet d'encourager l'homosexualité, illégale au Sénégal. Le camp du « oui » a également été accusé de distribuer de l'argent et du riz pendant la campagne, une pratique qualifiée par Khalifa Sall de « viol de la conscience des citoyens ».
AFP/Lepoint/ SEYLLOU

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