02/04/2016

PORTRAIT D'UN HOMME DE DIEU PARTICULIER

Sagne Bambara : Cheikh Mouhidine Samba Diallo, l'homme qui refuse tout don venant des politiques et des banques

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Il s’est taillé, depuis une décennie, une légende autour de sa personne. Homme de Dieu, isolé dans son fief de Sagne Bambara à la sortie de Kaolack, Cheikh Mouhidine Samba Diallo est réputé réfractaire aux dons issus du monde politique et de celui bancaire. Seneweb a tenté d’en connaitre plus sur cet homme. Reportage…
Sagne Bambara se situe sur la route nationale 1 derrière Kabatoki et Sibassor dans la région de Kaolack. C’est une assez grande localité habitée par quelques centaines de personnes. De belles constructions en dur forment un parfait couple avec le vert et blanc qui sert de couleur à la peinture et qui fait flamber de beauté habitations, hôpital et mosquée. Sagne Bambara est une agglomération fortement fréquentée pour la qualité exceptionnelle des soins médicaux qui y sont dispensés, mais aussi, et surtout en raison de la belle réputation des prières prodiguées par ce chef religieux que tout le monde appelle Cheikh Mouhidine.
Sagne Bambara est fondée dans les années 60 sur ordre du gouverneur de la région d’alors qui avait décidé de déloger les bambaras vers Sing-Sing. Cheikh Alpha Samba Diallo, qui avait quitté le Macina (Mali) a été sollicité par ses parents pour venir habiter avec eux. Il avait accepté le principe, mais était certain que Sing-Sing n’était pas leur fief définitif. C’est la raison pour laquelle, il est venu habiter plus tard avec eux à Sagne. Cheikh Alpha Samba Diallo appartient à la famille de Seydina Aliou et plus précisément de Diafar. Très vite, il était bien entouré par des disciples venus du Sénégal et de l’intérieur de l’Afrique. À chaque fois qu’il se déplaçait, il était accompagné de 70 cavaliers.
« Les hommes politiques ne font généralement rien pour la gloire de Dieu »
Cheikh Mouhidine, Samba Diallo de son vrai nom, est devenu Khalife de Sagne depuis 1999. Il a remplacé à ce poste Cheikh Amâ Diallo. Il a la vieille réputation de retourner l’ensemble des dons qui proviennent des hommes politiques et des banques. Son fils de confirmer ce fait. « Cette semaine, le Cheikh a demandé aux émissaires d’une banque venus lui donner un soutien pour son Gamou de mardi prochain (29 décembre 2015) de rebrousser chemin après les avoir remerciés. Il y a quelques années, le Gouvernement avait apporté deux camions de riz en guise d’appui. Le riz était déjà parqué dans son magasin à son insu. Quand il a été mis au courant, il avait automatiquement demandé à ce qu’aucune graine de riz ne séjourne une minute de plus dans ce magasin. Il estime que les hommes politiques ne font généralement rien pour la gloire de Dieu, même si parmi eux, il peut y a voir des exceptions. Cheikh Mouhidine Samba Diallo ne mange jamais quelque chose dont l’origine licite est douteuse. Le vol et l’usure sont fréquents dans ce monde et il veut tout faire pour éviter d’en consommer les retombées » , révèle son fils Sheikh Ibrahima Diallo. Son homme lige d’ajouter que certains hommes politiques ont parfois usé de subterfuges en passant par sa mère. Celui-ci de se rappeler son discours prononcé récemment lors de son dernier Gamou. « Ce que les politiciens donnent comme soutien n’a, parfois, aucun autre objectif que de pousser le religieux à se prononcer politiquement en leur faveur. Cheikh Mouhidine ne veut parler que sur ordre de son Seigneur. Son discours ne saurait être motivé par des largesses quelconques. Il n’accepte de subir aucune pression. Il a l’habitude de dire que le musulman ne doit avoir confiance qu’en Dieu et ne doit tendre sa main qu’à Lui. Ce que Serigne Touba, El Hadj Malick, Baye Nias ont obtenu, ils ne l’ont pas eu en côtoyant les hommes politiques, mais en adorant Dieu ».
Au service des populations
Ce comportement est loin d’être du goût des politiciens. Pourtant affirme Cheikh Abdoulaye Diallo, son jeune frère et disciple « il est à équidistance des hommes politiques, mais il sait qu’il ne peut en aucun cas leur être utile sinon que les inviter à avoir des comportements en adéquation avec les prescririons divines dans leur manière de gérer les affaires publiques. Cheikh Mouhidine ne tend ses mains qu’à Dieu et n’accepte rien qui n’émane véritablement pas de celui-ci ».
Sa vision est claire, selon ses disciples qui ont accepté de répondre à nos questions. « Un être humain doit aider son prochain » nous apprend son fils et bras droit. « C’est pourquoi il a construit un grand hôpital de 111 millions équipé d’un plateau technique performant et haut de gamme. L’accouchement est gratuit. Pendant le mois de ramadan, le prix du ticket d’accès est toujours diminué de moitié. Il a ensuite recruté des médecins de différentes spécialités qu’il rémunère à partir de ses fonds propres. Il a construit une école tricycle. Les enseignants sont payés aussi par lui. Les filles ont droit à une école de formation. Le Cheikh a aussi construit une mosquée dont les minarets sont apercevables depuis Kaolack. Il a doté la localité d’un réseau d’assainissement et construit des maisons pour invités. Pour le musulman, c’est celui qui s’est se créer un cadre idéal pour adorer son Créateur ». Le marabout est aussi connu pour son soutien indéfectible aux familles déshéritées.
Du haut de sa silhouette, le chef religieux n’acceptera de nous recevoir que pour prier pour nous, juste après la prière du crépuscule.
Seydina Mouhamed Diouf/Seneweb

Commentaires

C'est très bien !!!mais d'où lui vienne tous ses biens PAS du CIEL l'argent ne tombe pas tout seul...

Écrit par : chees | 02/04/2016

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L'argent ne tombe pas du ciel. Ce Khalife est il héritier d'une famille extrêmement riche ? Ou il a des milliers de talibés qui mendient jour et nuit dans Kaolack ? Quand à dire que Serigne Touba, El Hadj Malick Sy, Baye Niass n'ont rien obtenu des politiques, mais en adorant Dieu. Faux et archi-faux, c'est l'administration coloniale qui a distribué des milliers d'hectares aux confréries, un pour avoir la paix sociale, deux pour gérer les zones rurales à leur place , trois pour leur aides administratives et pour le recrutement de tirailleurs sénégalais en 1914-1918 et 1939-1945. Les coloniaux ont relancé la production arachidière et l'ont confié aux confréries, sans qu'ils payent d'impôts en retour, ce qui fait leurs privilèges et leurs fortunes aujourd'hui. Les coloniaux ont aidé et financé la construction de mosquées et daaras dans les zones rurales pour les mêmes raisons citées ci-dessus. Après l'indépendance, les gouvernements successifs ont laissés les terres et les privilèges aux religieux, en continuant à les gaver avec les impôts du peuple, sur le dos du peuple. Et le cirque continue encore de nos jours, avec des milliers de cadeaux, boeufs, moutons, sacs de riz pour les gamous, magals et autres fêtes religieuses, toujours avec les impôts du peuple, sur le dos du peuple que par calcul électoraliste. Au lieu de faire payer des impôts aux confréries comme pour tout autre sénégalais pour développer le pays.
Non, l'argent n'est pas tombé du ciel, c'est le colonialisme qui a profité qu'aux élites religieuses, sur le dos du peuple sénégalais. Voir aussi le nombre de Légion d'honneur qu'ont reçu les familles Mbacké, Sy, Niass et Tall. A part Oumar Tall qui a combattu contre les colons et Serigne touba qui a refusé la Légion d'honneur, mais pas les terres.

Écrit par : issa gibb | 03/04/2016

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Sa façon de rester en dehors des politiques est surprenante ?

Écrit par : oyster | 03/04/2016

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