03/04/2016

LE NOUVEAU CENTRE COMMERCIAL A DAKAR INAUGURE

Centre commercial de recasement : Plus de 3 000 marchands ambulants sédentarisés

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Le centre commercial Félix Eboué, flambant neuf, a été inauguré hier. Il doit accueillir des marchands ambulants et participer ainsi à leur recasement. Qualifié de «plus grand centre d’Afrique», il a une capacité de plus de 3 000 boxes et cantines.
Un imposant bâtiment blanc encore immaculé se dresse au large de l’ilot Petersen, rue Félix Eboué. Dans ses entrailles pour l’instant presque vides, un amoncèlement de barreaux verts, jaunes, gris ou bleus selon les étages. Agencés de manière à créer des boxes, ils découpent tout l’espace à l’image d’un dortoir. Ici et là, on trouve un vendeur de bijoux, un autre qui expose ses babouches ou un troisième qui accroche un maillot de Messi. Ce sont les premiers occupants du centre commercial Félix Eboué, de recasement des marchands tabliers de Dakar, inauguré hier. Ce projet initié par la ville propose 3 250 places qui se déclinent sous forme de boxes et de cantines. L’objectif : désengorger les rues de Dakar des marchands tabliers ou en termes officiels, une «réorganisation des activités marchandes dans la capitale et de l’aménagement harmonieux de l’espace urbain», selon la première adjointe au maire de Dakar, Madame Soham El Wardini.
Lancée en 2009, la construction de l’édifice, supervisée par la société Mads, a coûté deux milliards et quatre cents quatre-vingt-quinze millions de francs Cfa. Il est présenté aujourd’hui comme «le plus grand centre commercial de l’Afrique dédié au recasement des marchands tabliers de Dakar». Les inaugurations sont prétextes aux autocongratulations et celle-ci n’a pas dérogé à la règle. Saër Tambédou, président de l’Asso­ciation des jeunes marchands débrouillards et initiateur du mouvement «Touche pas à ma table», a salué une initiative «parfaite». Alors que l’adjointe au maire à parlé de «bijou», l’oscar revient au sous-préfet de Dakar, Djiby Diallo, qui a osé l’expression «Chef-d’œuvre».
Le sésame pour accéder au centre s’élève à 155 mille 400 F Cfa, selon le directeur du centre commercial Ndiaga Fall. «Le reste, ils (les marchands ambulants) le payent en deux ans», ajoute-t-il. Ainsi, un box classique coûte 1,2 million et l’autre catégorie 777 mille F Cfa. Ndiaga Fall a souligné que les conditions ont été revues à la baisse : «Au début, on avait fixé des prix qui variaient entre 980 mille francs pour les boxes et 2 millions 600 pour les cantines.» Mais il reconnaît que tout le monde ne pourra pas bénéficier de ce service. «C’est ça la vie», conclut-il dans un accès de philosophie. «Ce qui pose problème, parmi les marchands ambulants, certains voulaient vraiment avoir une place, mais ne peuvent pas donner l’apport des 23%. Nous lançons encore un appel au Président Macky Sall qui parle du Plan Sénégal émergent. Nous les marchands ambulants, nous sommes des Sénégalais et faisons partie du Plan Sénégal émergent», explique Saër Tam­bédou. Il ajoute que «Khali­fa Sall a fait son devoir. Mainte­nant, c’est à l’Etat de nous aider et de nous appuyer». A ce jour, le directeur a compté 85% d’inscriptions, c’est-à-dire de gens qui ont versé cet apport.
Les quelques marchands interrogés ont affirmé être «très contents» de ce nouveau grand centre qui leur offre des conditions de travail qui sont sans commune mesure avec celles de la rue notamment en matière de salubrité et de sécurité. Cepen­dant, «tout le monde n’est pas recasé. Il y a une énorme quantité qui reste dehors», comme le souligne si bien le président de l’Association des jeunes marchands débrouillards. Indirec­tement, le vice-préfet de Dakar lui répond en scandant que «le stress, les soucis de déplacement, l’insécurité, l’anarchie, l’occupation anarchique de l’espace urbain doivent être aujourd’hui vaincus au profit de la normalisation de l’espace, de la sécurité, de la salubrité, de l’effort économique permanent». En plus du centre Félix Eboué, on compte deux nouveaux équipements marchands à Kermel et Djily Mbaye et Mme Soham El Wardini a annoncé qu’il «s’agira de créer une zone de commerce et d’artisanat dans l’îlot Petersen».
Baptiste MADINIER - Lequotidien

Commentaires

3 000 boxes et cantines ?

Écrit par : stephane | 04/04/2016

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Ce centre commercial de 3000 boxes (locaux de vente) et cantines (petits restos rapides) est très bien pensé. Localiser les marchands ambulants dans un seul lieu, un peu comme dans les souks marocains. Il faudra lutter contre les marchands ambulants qui s'installeront autour par règle de concurrence déloyale, ce qui signifie une police communale. J'espère qu'ils ont pensé au toilettes publiques, sinon çà va puer très vite, dedans. Tout comme le service de ramassage des ordures et leur évacuation car c'est une petite ville à faire fonctionner avec ses rejets. Un service de sécurité, des extincteurs d'urgence et un poste d'intervention en cas d'incendie avec une réserve d'eau et des sorties de secours non-obstruées, en souvenir de l'incendie de la Médina et ses 9 morts.
Un maire qui interdit la mendicité des talibés dans les rues de sa ville, un autre maire qui concentre les marchands ambulants dans un centre commercial comme dans un souk pour désengorger les rues. De bonnes idées pour contrecarrer l'anarchie dans laquelle le Sénégal glisse doucement. Des exemples à suivre. Inch Allah !

Écrit par : issa gibb | 06/04/2016

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