21/04/2016

COUP DE GUEULE D'UN RESTAURATEUR

 

Hôtels et Restaurants : Le nettoyage obligatoire des tiroirs caisses.

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Le restaurant Miam Miam à Djilor Djidiack est implanté au beau milieu d’un vaste jardin à la végétation luxuriante, qui fait comparer le lieu à un « petit paradis » dans nombre d’élogieux commentaires laissés par les Tripadvisoriens bien avisés. Surtout comparé à l’enfer nauséabond des décharges sauvages qui bordent la sortie des villages avoisinants, dont personne n’a l’air de se soucier plus que cela.Bref, ce n’est pas là mon sujet, venons-en aux faits : La première année de notre ouverture nous avons reçu la visite d’un agent de l’hygiène qui venait pour désinsectiser le jardin et nous débarrasser des cafards qui pullulaient dans la cuisine, assurait-il. Je lui ai fait remarquer que le mois de février était l’un des rares mois de l’année où il n’y avait pas de moustiques et que notre cuisine, entretenue avec un soin méticuleux n’abritait ni cafard, ni vermine d’aucune sorte.C’est la loi, me fut-il répondu, et en bon citoyen, je me suis plié à la loi. Il faut dire que le lascar, revêtu d’un uniforme brun de style jeunesses hitlériennes, béret plié sous l’épaulette, galons argentés comme le ventre d’un yaboy, et son comparse,accoutré comme un personnage de science-fiction, flottant dans sa combinaison intégrale, pesants réservoirs accrochés sur le dos, encagoulé d’un masque à gaz façon bataille de Verdun, la lance de pulvérisation à la main toute prête à répandre son brouillard létal, avaient de quoi impressionner…Ils sont revenus l’année suivante, à la même époque exactement. Je les ai proprement foutus à la porte.D’abord parce qu’il est imbécile de démoustiquer à l’époque où il y a le moins de moustiques. Ensuite parce que s’il fallait démoustiquer, il faudrait le faire tous les quinze jours. Ensuite encore, parce que l’on est incapable de me donner une garantie que les moustiques appartenant à mes voisins, moins soumis que le nuage de Tchernobyl qui s’était, lui, arrêté aux frontières françaises, je disais donc la garantie que les moustiques appartenant à mes voisins ne viendront pas derechef occuper un territoire libre de toute occupation. Le moustique est volage, c’est bien connu. Re-ensuite et re-encore, parce que le produit que l’on veut répandre dans mon jardin (deltamethrin) est « Nocif et dangereux pour l’environnement, très toxique pour les organismes aquatiques et peut entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique ».
Et que cet insecticide est « hautement toxique pour les abeilles », selon la fiche du fabricant. Nous sommes à 50 mètres des bolongs, vaste zone aquatique protégée, biosphère classée au patrimoine de l’humanité, et tout le village produit du miel artisanal. Faut-il enfreindre une loi pour en respecter une autre, je vous le demande ? Faut-il empoisonner toute la nature et la population pour tuer des moustiques qui reviendront la semaine suivante ?En ce qui concerne la cuisine, le produit anti-cafard que l’on essaie de me forcer à appliquer est du Baytex 550, classé comme POISON selon les normes européennes.Je vous engage à consulter la fiche du fabricant : Poison, interdit sur les surfaces lisses (pavage, dallage, chape…), interdit à proximité des mares et cours d’eau,interdit dans tous les lieux contenant de la nourriture ou des ustensiles de cuisine, dangereux par inhalation et contact avec la peau, risque possible d’effets irréversibles. En fait, c’est un désinfectant pour les étables et les fosses sceptiques spécialement adapté aux araignées. Voilà ce que l’on veut mettre dans ma cuisine! Quant aux quantités que l’on voudrait me facturer, ce sont celles prévues pour 5 hectares en ce qui concerne le démoustiquant, soit 16 fois la dose et pour 66 litres de préparation pour ma cuisine de 40 m2, soit 22 fois la dose. De qui se moque-t-on ?Laissez-moi maintenant en tirer les conclusions :Il fut un temps, pas très lointain, où les administrations se payaient souvent « sur la bête ». Ces temps sont révolus, le Sénégal est entré dans l’ère de la modernité, de la transparence et de l’efficacité, même si certains font encore de la résistance abusive.Les visites effectuées par les agents des services de l’hygiène en février ou en avril, au moment supposé des pics de fréquentation touristiques, n’ont qu’un but véritable : celui de nettoyer les tiroirs caisses des hôtels et restaurants lorsqu’ils sont au plus haut (c’est à dire malheureusement très bas) , au détriment de la santé publique, de la protection des abeilles et des poissons, en marge de toute déontologie .Messieurs les inspecteurs du district sanitaire de Dioffior, je ne doute pas qu’une âme bienveillante ne vous transmette cet article.Un agriculteur australien vient d’être condamné à 5 000 dollars, soit 2,3 millions d’amende pour avoir utilisé du Baytex, cela devrait faire réfléchir. Je ne succomberai pas à ce qui ressemble davantage à un racket qu’à une obligation de santé publique,d’autant que je n’ai rien vu au code de l’hygiène qui fasse état d’une obligation quelconque en la matière, sauf en cas d’épidémie et par décision des « autorités compétentes ». Les articles L 58  et L 59 que vous invoquez ne sont pas pertinents.Le premier n’évoque pas un traitement mais que des « visites », auxquelles je ne me suis jamais opposé, le second parle de désinfection « à domicile », ce qui n’est pas le cas puisqu’il s’agit d’un restaurant.Je ne laisserai personne répandre dans ma cuisine ou dans mon jardin ou encore chez moi un produit hautement toxique pour les individus comme pour les animaux.
Je vous l’ai demandé verbalement, et je vous répète de façon très sérieuse : assignez-moi devant le Tribunal Régional de Fatick! Nous discuterons de vos méthodes, de vos produits, de votre incompétence coupable. Vous ne visitez que les établissements tenus par les toubab, ceux qui sont les mieux tenus. Les boui-bouis sans aucune hygiène abondent, poubelles non fermées, réfrigérateurs jamais nettoyés, mouches et cafard partout, prises électriques au dessus des éviers, toilettes à faire vomir un rat. Mais ceux-là, vous vous gardez bien l’aller les visiter car vous savez d’avance comment vous serez reçus ! Messieurs du service de l’hygiène, vous devez interdire les animaux et les charrettes sur les plages, vous devez mettre des amendes à tous ceux qui déposent leurs ordures à tout va, vous devez interdire les pneus sur la voie publique,réservoirs d’eau où se reproduisent les moustiques, vous devez contrôler la bonne tenue des cuisines des restaurants, du stockage de la nourriture, la propreté des toilettes. Vous devez interdire les cochons, les chèvres, les ânes, les chevaux qui divaguent sur la voie publique. Mais vous ne faites rien de tout cela.Faire appliquer la loi, la même pour tous, la loi efficace, cela ne semble pas être votre vocation. En fait le seul nettoyage que vous vous appliquez à faire, c’est celui des tiroirs caisses des établissements les mieux tenus. Car plus un établissement est propre, plus il a de clients, mieux il paiera. En la matière, vous ne manquez ni d’expérience, ni de savoir-faire.Le président Sall au cours du Forum national de l’administration des 9 et 10 avril2016 a déclaré que « les agents de l’Etat doivent adopter le culte de résultat et cultiver davantage la loyauté, l’humilité, le respect et la courtoisie & quot; et aussi que« L’administration doit être au service des usagers par sa proximité, sa simplicité,sa disponibilité, la lisibilité et l’efficacité de son action ». Vous retiendrez l’efficacité de l’action, je l’espère.Messieurs les agents de l’État affectés au service de l’hygiène, ouvrez les yeux : les« temps anciens » sont révolus ! Faites votre devoir envers tous les citoyens, donnez obligations aux personnes de tenir les villages propres, collez des amendes aux restaurants dont les cuisines sont une insulte à l’hygiène publique, c’est là votre mission première et vous ne manquerez pas de travail. Quant à démoustiquer les jardins, pourquoi ne pas obliger les établissements à s’équiper de pièges à moustiques comme on les oblige à s’équiper d’extincteur ? Les désinsectisations,sauf à très grande échelle, ne servent à rien.Et puisque j’ai eu la faiblesse de vous faire des confidences, je ne vous cacherai pas que tout cela est très déprimant lorsque l’on tient un établissement qui se veut un modèle de propreté.En effet, je ne vous cacherai pas qu’a force de m’empoisonner la vie, la vermine finit par me donner le cafard.
Propriétaires d’hôtels et de restaurants, particuliers, je me bats pour vous. N’hésitez pas à m’envoyer vos soutiens ou vos témoignages, soit à mon adresse mail, soit par le biais de ce blog qui fera suivre si vous souhaitez conserver l’anonymat.
Reginald Groux

 

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Commentaires

J'ai eu les mêmes, il y a dix ans. Première année, j'ai payé 40 000. Bon , c la loi. Les memes guignols sont revenus l'année suivante. Je leur ai dit qu'il n'y avait aucun problème mais qu'avant d'entrer chez moi, ils devaient se désinfecter eux memes vu qu'ils étaient passé dans la rue de Koulang entravée par une décharge infestée de rats meme en pleine journée. Ils ont tourné les talons, j'ai reçu une convocation, ils m'attendent toujours.
Comme on dit " nettoyer devant sa porte .........."

Écrit par : Benoit | 21/04/2016

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Reginald, si tu as besoin de témoins, tu as mon tel.

Écrit par : Benoit | 21/04/2016

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Hé messieurs les agents du service de l'hygiène, venez inspecter nos voies, nos ruelles et
nos maisons, vous aurez plus de fric et on aura tous un environnement sain.
Tous au travail pour l'aboutissement de PSE.

Écrit par : Lola diolla | 23/04/2016

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Enfin une personne intelligente qui dit tout haut ce que tout le monde pense... Félicitations Monsieur.

Écrit par : Martysnathalie | 23/04/2016

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tout pareil, que se soit à Safari ou ici, méme histoire,
et tu ne parles pas des visites plus diverses et fréquentes qui précédent les fétes ....
on s'y fait, il le faut, c'est notre travail.

Écrit par : pierre | 24/04/2016

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Encore un témoignage de racket et d'absurdité administrative sénégalaise envers un toubab. Un professionnel hôtelier toubab qui a construit un hôtel aux normes pour valoriser le tourisme au Sénégal et qui est reconnu agréable par de nombreux témoignages. Mais c'était sans compter les contrôles inutiles, les produits désinfectants dangereux de l'administration sénégalaise et les rackets professionnels que subissent que les établissements tenus par des toubabs. Comme si les toubabs qui investissent au Sénégal étaient des pilleurs qui s'enrichissent sur le dos du pays, comme si on leur devait réparation pour le colonialisme depuis l'indépendance, comme si les mécréants infidèles ne sont bons qu'à être rackettés. C'est dans l'éducation et les réflexes du sénégalais moyen envers les toubabs, plus une corruption très développée au niveau des administrations sénégalaises. Au contraire des taudis hôteliers tenus par des sénégalais, où courent des blattes et des souris dans les chambres, les chiottes et les cuisines qui ne sont jamais contrôlées et jamais désinfectées car pas solvables. Cette situation est malheureusement connue et répétitive dans les établissements tenus par les toubabs avec la bénédiction de tous les corps constitués de l'Etat sénégalais, en cas de révolte des propriétaires toubabs.
Tout mon soutien à Miam-Miam en espérant que les toubabs qui valorisent ce pauvre pays corrompu, verront des jours meilleurs et une vraie Téranga respectueuse et anti raciste envers les toubabs et les touristes.

Écrit par : issa gibb | 24/04/2016

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A mon avis, il vaut mieux payer pour ne pas mettre les produits, mais attention le service d'hygiène peut avoir un réel pouvoir de nuisance. Ils l'ont déjà prouvé à Dakar, peut-être sont ils moins aguerris en brousse.

Écrit par : Senegaulois | 25/04/2016

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Depuis 15 ans les mentalités ont changées ils ne veulent plus ,ni des résidents ,ni des touristes et je pense encore moins des gens qui travaillent!!!!! vous prenez leur boulot(qu'ils sont incapables de faire)on voit ce que donne les établissements tenus par les Sénégalais ,il n'y a que le tiroir caisse qui les intéressent...

Écrit par : maie | 25/04/2016

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