22/04/2016

LE NIOKOLO KOBA EN DANGER

Ces menaces qui pèsent sur le Parc Niokolo Koba

senegal
Véritable attraction par le passé, le parc national Niokolo Koba (Pnnk), qui constituait un réel motif de fierté, a perdu de sa superbe. Avec sa valeur écologique incommensurable, cette magnifique réserve naturelle a subi de multiples agressions qui l’ont fortement affecté. La baisse des effectifs favorisée par le braconnage, les feux de brousse, le tarissement des mares, leur envahissement par le mimosa pigra, et aussi l’orpaillage menacent l’avenir de ce joyau, le mettant, depuis 2007, sur la liste du patrimoine mondial en péril.
Aujourd’hui, le parc national Niokolo Koba (Pnnk) est en sursis. Son possible retrait de la liste des biens du patrimoine mondial en péril à l’horizon 2018 et la volonté de le conserver pour les générations futures font réagir l’Etat du Sénégal qui ne cesse de déployer beaucoup de moyens et d’efforts pour panser ses plaies et redorer son blason. Situé dans la partie orientale du Sénégal, le parc Niokolo Koba, créé en 1954 et érigé en site du patrimoine mondial de l’Unesco en 1981, s’étend à perte de vue. Cette magnifique réserve naturelle qui couvre une superficie de 913.000 hectares est à cheval entre les régions administratives de Kédougou, de Kolda et de Tambacounda.
Elle est traversée par la RN7 sur 100 kilomètres. Malgré l’état dégradé de la route, les véhicules de transport, bus, camions maliens et autres particuliers qui s’aventurent sur cet axe en partance ou en provenance de Kédougou roulent à vive allure de peur de rencontrer un félin qui les croquerait. Le parc a beau avoir un patrimoine impressionnant et être riche d’une variété d’animaux sauvages, mais il est impossible d’observer lions, tigres, léopards, éléphants, rhinocéros, crocodiles, phacochères, hippopotames et toutes ces espèces les plus emblématiques dans cette partie de la réserve. Pourtant, de nombreux panneaux indiquent la sortie d’animaux, mais on peut rouler des dizaines de kilomètres sans apercevoir l’ombre d’une bête.
Les plus chanceux pourront, de temps à autre, voir quelques singes railleurs sortis de nulle part qui semblent narguer les passagers, des reptiles, des écureuils distraits. Ni plus. Le voyageur pourra cependant se contenter d’une flore très riche et variée. Pour pouvoir observer lions, élans de Derby (les plus grandes antilopes qui soient), éléphants, léopards, chimpanzés, lycaons, phacochères, hippopotames et autres crocodiles, il faut aller dans la zone centre où il y a une très forte concentration de la faune et au mont Assirik, point culminant du parc avec ses 311 mètres d’altitude qui constitue un refuge pour de nombreuses espèces en voie de disparition. Encore que dans de cette immensité, il est plus encore difficile d’y voir des animaux.
Chute des fréquentations
Véritable attraction touristique par le passé, le parc a enregistré une importante chute de ses visiteurs. Il y a une dizaine d’années, 5 000 personnes fréquentaient en moyenne le parc par an. Une baisse que prend au sérieux le lieutenant Adama Kébé, chargé de la promotion touristique et du volet communication-information du parc. Selon lui, les causes de la baisse des rentrées touristiques sont multiples. Il s’agit d’abord de l’état de dégradation du parc, qui serait très largement responsable de cet état de fait, mais aussi de l’insécurité dans la sous-région et de la maladie à virus Ebola qui est venue corser l’addition. A cela vient s’ajouter l’absence de réceptifs qui devraient permettre aux touristes de faire des séjours plus longs. « Pour pouvoir faire des observations, il faut que le touriste reste en moyenne deux à trois jours. Or, il n’y a pas de réceptifs dignes de ce nom ».
Le lieutenant Kébé a ainsi lancé un appel aux opérateurs touristiques à venir investir dans le parc, à construire des résidences qui répondent aux normes. Pour autant, les responsables du parc ne baissent pas les bras. Pour développer le secteur, ils mènent des activités avec les acteurs touristiques. « Il y a un appui-conseil que nous prodiguons à l’association des guides qui est à la porte d’entrée du parc. En matière de contribution et d’encadrement, nous organisons des formations. Nous participons également à l’orientation des touristes dans le domaine de la biodiversité. Il y a des circuits que nous avons tracés avec la collaboration des acteurs touristiques. Actuellement, nous réfléchissons sur des circuits qui permettent de faire des observations ».
D’après le responsable chargé de la promotion touristique, les principaux circuits se trouvent dans la zone centre où il y a une très forte concentration de la faune. « Il y a des circuits qui ont été tracés depuis la création du parc et qui ont été maintenus. Nous projetons de réaliser d’autres circuits dans des zones où il est possible de faire des observations », a noté le lieutenant Kébé. Pour le conservateur, l’espoir est permis si les réceptifs hôteliers sont réhabilités pour répondre aux normes. « Il y a le campement de Simenti qui est là. Mais sa situation actuelle laisse à désirer, sans compter les campements par-ci et par-là », a laissé entendre le commandant Mallé Guèye qui a plaidé pour la création d’un cadre accueillant qui va permettre au touriste de séjourner plus d’une journée dans le parc. « Des touristes peuvent quitter l’Europe et venir jusqu’ici. Mais, si les conditions ne sont pas réunies, ils ne vont pas rester », a-t-il fait savoir. L’hôtel de Simenti était en vente, mais jusqu’à présent il n’y a pas un acquéreur pour relancer les activités. Il y a d’autres campements satellites construits avec du matériau local. Pour ce qui est de l’offre, ce sont des aspects qu’il va falloir revoir. Dans la gestion, il faut augmenter le réseau des pistes pour pouvoir accéder à certaines zones et recruter davantage d’agents pour pouvoir renforcer le maillage et assurer davantage la sécurité.
Confronté à une recrudescence du braconnage qui menace l’avenir des espèces qui font sa renommée et à la ruée vers l’or, le parc a vu ses voyants virer au rouge, portant ainsi un sacré coup aux activités touristiques qui commençaient à produire des résultats.
Cet espace naturel exceptionnel a vu le nombre de ses visiteurs diminuer, avec une chute vertigineuse des fréquentations. Aujourd’hui, le combat des responsables du parc est de renouveler l’attractivité qui lui permettrait de retrouver son niveau de fréquentation d’antan.
Des espèces menacées
Tout est question de chance, de patience et d’attention. Pour accéder à l’intérieur du parc, le visiteur doit forcément passer par Dar Salam, la porte d’entrée principale, ou par Mako, Oubadji, Koulountou et le gué de Missira Gounass. Avec ses galeries forestières, savanes, forêts claires, collines, vallées et ses habitats appropriés pour certaines espèces menacées, le Pnnk offre une extraordinaire richesse biologique avec plusieurs dizaines d’espèces chez les mammifères (80), les oiseaux (330), les reptiles (36), les poissons (60), les amphibiens (20). Mais ce fleuron de la biodiversité qui constitue une zone naturelle d’une extrême rareté est difficile à protéger. A cause du braconnage et de l’altération des habitats, beaucoup d’espèces sont aujourd’hui en déclin.
C’est le cas de la girafe qui a complètement disparu du parc et de l’éléphant qui est menacé d’extinction. « Même s’il y a des éléphants dans le parc, c’est une population qui n’est pas du tout viable. Pour que ce soit viable, il faut qu’il y ait au moins 25 individus. Même s’il y a des éléphants, on n’a pas une idée très précise de leur nombre dans le parc. Mais, c’est une espèce présente qu’on a observé de manière directe et indirecte », a indiqué le commandant Mallé Guèye, conservateur du Pnnk. Pour ce qui est de cette espèce, un repeuplement est prévu. Selon le conservateur, c’est un projet en cours avec le Burkina qui devait se régler au niveau étatique pour voir les modalités d’une translocation d’individus vers le Niokolo Koba.
L’élan de Derby, la plus grande antilope qui pèse plus d’une tonne et qui n’existe que dans cette partie de la sous-région, fait aussi partie de la liste des espèces menacées. Mais, contrairement à l’éléphant, sa situation est beaucoup plus réconfortante parce qu’un troupeau d’une soixantaine d’individus a été observé récemment. Le lion est aussi en danger. Rien qu’en 2015, il y a eu 52 individus qui ont été observés, selon le commandant Guèye. « Les lycaons sont aussi menacés, même si des meutes d’individus ont été observées », a fait remarquer le conservateur. Selon le commandant Guèye, une remontée biologique des mammifères est notée malgré l’absence de statistiques fiables. « Depuis le 1er janvier dernier, on a mis en place un dispositif qui va nous permettre d’avoir d’ici six mois une idée claire avec des données fiables sur les effectifs », a-t-il assuré.
Samba Oumar FALL, Pape Demba SIDIBE et Mbacké BA .Lesoleilonline

Commentaires

Des éléphants ???

Écrit par : déhelle.debelval | 23/04/2016

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Encore un fleuron du tourisme sénégalais qui s'en va à vau-l'eau !
A l'image du Sénégal qui avance...

Un parc sublime, une pépite, mais...

Écrit par : rico | 23/04/2016

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J'ai visité Niokolo il y a quelques années
on a vu beaucoup d’animaux ,j'ai fais de très belles photos
j'y suis retourné il y 3 ans, absolument rien vu du tout .....pas une seul photo a faire
le problème pour moi ,se sont les gardes qu'on nous oblige de prendre a l'entée du parc , (incompétence )que du bla bla !!!
J'AVAIS DEMANDER LE GARDE DE L’HÔTEL SIMENTI en réservant,il na pas eu le droit de venir me chercher
toujours une histoire de fric !

Écrit par : zette73 | 23/04/2016

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