26/04/2016

LA GRANDE HONTE DU SENEGAL (suite)

Mendicité au Senegal : Voyage dans la vie sinistrée des talibés

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La mendicité est une pratique qui a cours au pays de Senghor depuis des lustres. A longueur de journées, des talibé, habillés en haillons, gamelles en main, prennent d’assaut les grandes artères du pays à la quête de l’aumône. Si les organisations de défenseurs des droits des enfants crient au scandale, les maîtres coraniques ou marabouts, responsables de ces enfants dans les rues, répliquent en brandissant des préceptes de la religion.
Comment les talibé vivent-ils la quête de l’aumône à laquelle ils sont soumis ? Dans quelles conditions vivent-ils et apprennent-ils le Coran chez les maîtres coraniques ? Saintes questions. Mais, les réponses ne coulent pas de source.
Le départ est fixé très tôt ce mercredi pour plonger dans la vie des talibé. Il est 5 h à Sacré-Cœur 3. A cette heure de la journée naissante, les livreurs de pain effectuent déjà leurs navettes entre la boulangerie et les kiosques du quartier. Les grandes artères sont quasiment vides : les véhicules se servent de leurs phares pour percer la rosée du petit matin. Ce quartier huppé de Dakar desserre tranquillement l’étreinte de Morphée sous les regards inquiets des talibé organisés en groupuscules. Chaque journée naissante est synonyme de privations, de peurs et apporte son lot de malheurs.
En suivant discrètement ces talibé, déguenillés, on s’approche tout près du drame qui enveloppe le destin de ces jeunes innocents poussés dans cette spirale par des maîtres coraniques ripoux et des parents démissionnaires. En ce début de matinée où pointent les premières âmes généreuses, ils ne sont pas enclins à accorder une minute de discussion à un interlocuteur qui ralentirait l’obtention de leur moisson du jour. Entre la Vdn et le terrain de Sacré-Cœur en passant par les allées des gros immeubles de la Boulangerie jaune, la technique d’approche est presque la même : «Saraakh» (de l’aumône s’il vous plaît).
A 6H 30, les grosses cylindrées commencent à débouler sur les artères de Liberté VI, de la Brioche dorée, bref de toutes les voies qui mènent au rond-point Jvc. Les premières pièces, les morceaux de sucre, de pain, tombent dans les sébiles. Sans se préoccuper du danger, ils se faufilent entre les files de véhicules pour frapper les vitres des «gros Messieurs» pour qu’ils laissent quelque chose dans les gamelles.
Il est 9H : Dépenaillé, Seyni, âgé entre 5 et 7 ans, occupe la tête du peloton depuis l’aube. Il est astreint à un emploi du temps que son âge n’aurais dû jamais permettre. Mais, il a une «dépense quotidienne» à assurer pour rester dans les bonnes grâces de son marabout : «Mon marabout s’appelle Massamba Diao. Nous habitons Ouakam et c’est de là que je quitte pour arriver ici. Je quitte vers 5h et je marche. A 07 heures, je suis ici. Je demande à toute personne que je vois, de l’aumône pour pouvoir rassembler les 700 fcfa demandés par mon maître. Si je ne trouve pas cette somme, je reste dans la rue et je continue à chercher.» Après le business du marabout, l’apprentissage : «Nous apprenons le coran l’après-midi (vers 14 heures), mais si on ne trouve pas, on ne rentre pas.» Il réajuste son repoussant tee-shirt. Malgré leurs conditions de vie exécrables, ils arrivent à (inconsciemment ?) s’aménager des plages de jeu. Cela leur rappelle leur véritable âge et ce qu’ils étaient censés faire en ce moment de leur vie. Vêtus de tee-shirts et de shorts, sans chaussures, trois talibé s’amusent devant la porte d’une boutique qui n’a pas encore ouvert ses portes. Dès les premiers contacts, ils tendent leurs pots de conserve. S’apercevant qu’il n’est pas question d’aumône, les deux s’affolent et prennent la tangente avant de laisser derrière eux leur frère. Abdoulaye, dont l’âge oscille entre 10 et 15 ans, détaille les attentes de son marabout nommé Issa Faye. «Chaque jour, nous devons emmener 500 F Cfa en dehors du riz et autres qu’on nous offre en nature. Et si nous n’emmenons pas cela, on nous frappe. Souvent notre maître n’utilise pas le caoutchouc, il se sert des sandales pour nous frapper. C’est pour ça que si nous n’avons pas rassemblé l’argent exigé, nous n’osons même pas rentrer», récite machinalement le gamin dont le daara est niché quelque part à Sacré-Cœur III.
Business des marabouts
Aujourd’hui, ce business élève les maîtres coraniques dans l’ascenseur social. Mais, les contributeurs survivent dans un environnement crasseux. Crâne recouvert de teigne, Abdoulaye se goinfre, à son retour après une longue journée de pénitence, de restes. Il explique : «Si nous rentrons, nous mangeons les aliments déjà préparés qu’on nous a donnés durant la quête de l’aumône. Après avoir mangé, nous commençons par apprendre et réciter les sourates. Moi, je suis arrivé dans le daara, il y a deux ans. Nous sommes une quarantaine. Les vêtements que nous portons sont ceux qu’on nous offre durant l’aumône. Parfois, nous ramassons certains vêtements que les riverains jettent aux dépotoirs. Pour l’entretien de ces vêtements, c’est nous-mêmes qui payons du savon pour les laver.»
Ce discours est reproduit comme un verset de coran par tous les talibé rencontrés à Mermoz, Grand-Dakar et même au Centre-ville. Dans l’opacité de la nuit, les mots pour décrire leur clavaire connaissent une nouvelle tonalité. Désespérant ! Alors que le manteau noir tombe sur Dakar, les talibé commencent à scruter les coins les plus tranquilles de la capitale pour se taper quelques moments de somme. Il est 21H. Entre les ruelles de l’Institut français, du boulevard Georges Pompidou, en passant par l’immeuble Tamaro, les échoppes, les dibiteries et les restaurants n’ont pas encore baissé leurs rideaux. Même si l’affluence est faible.
A cette heure de la nuit, leurs om­bres commencent à se mêler aux silhouettes des belles de la nuit. Alors que la fraîcheur commençait par dissiper la légère chaleur de la journée. Minuscules dans l’obscurité, ils apparaissent de l’autre côté des parpaings. Yaya Seydi (14 ans), originaire de la Guinée Bissau, accompagné de deux autres talibé, âgés entre 5 et 7 ans, passe son… week-end dans les rues pour profiter de ce quartier libre. Il révèle : «Nous habitons un daara situé à Colobane (à quelques encablures de Dakar). Nous sommes en week-end aujourd’hui et demain. Donc, nous profitons de ce temps pour rester en ville. Demain matin, nous allons demander l’aumône et il est inutile de rentrer à Colobane et revenir encore. C’est loin et ce n’est pas facile.». Cartons à la main, il s’oriente vers la Direction générale de la Comptabilité publique et du trésor.
Au Centre-ville, les espaces coûtent chers. Les talibé, les lépreux et autres Sdf se disputent les ombres des bâtiments sous l’œil affligé des vigiles. Ils sont compatissants. 10, 20, 30 talibé déboulent de partout. Couchés à même le sol, mains entre les jambes, ils dorment ensemble. La météo affiche 21 degrés. Le vent de la mer rajoute une dose de fraicheur à la nuit. La couverture est un luxe. Ceux qui en disposent arrivent à peine à se couvrir : Elles sont usées et fines. C’est un véritable passoire pour les courants d’air. D’autres enfants, par faute de couverture, se sont enroulés dans des sacs de riz de 50 kg pour dormir. Situation chaotique…et abracadabresque. C’est leur vie !
Ils arrivent néanmoins à chasser le spleen. Ceux qui ne dorment pas se taquinent et sautillent de joie. Mais, on reste immobile et hébété devant la scène. «Comment allez-vous ?» Nous allons bien, ont-ils répondu en chœur. Heureux comme des mômes. Ibrahima Baldé, recroquevillé dans un sac de riz lève la tête, sourire aux lèvres. Il a décidé de ne pas rentrer à Keur Massar ce soir. «Je suis là depuis ce matin, j’ai mendié, je suis fatigué et je ne peux pas rentrer. Et puisque notre marabout n’est pas là, j’ai décidé de rester ici pour demander l’aumône demain en ville. Cela me permettra de payer le savon et autres pour les petits besoins», confesse ce gamin de 6 ans.
Bombe sociale
Presque le même discours a été servi par ses «amis de nuit». Constat : Ils viennent tous de la banlieue (Keur Massar, Guédiawaye, Parcelles assainies, Tivaoune Peulh, etc). Sans billet de retour, ils exposent leur vie dans les rues insécurisées de la capitale à la solde des agresseurs de tout acabit. Dans ce lot, il y a un contingent de Bissau-guinéens, des Guinéens, des Maliens, des Gambiens.
Qui est responsable ? Sans doute, personne. Malgré tous les plaidoyers, la situation ne change pas. Ces conditions de vie sus-décrites ont été confirmées par l’organisation internationale Human Right Watch (Hrw) qui a pu recueillir des révélations aussi poignantes sur le vécu de ces mendiants. Pour cette organisation, «les garçons (talibé) passent la majeure partie de leurs journées à mendier dans la rue pour obtenir un quota journalier, d’argent, de riz et de sucre. Le riz et le sucre sont vendus par le maître coranique et l’argent va directement dans sa poche. Si les garçons n’arrivent pas à atteindre le quota, ils sont battus, souvent très brutalement». La loi interdisant la mendicité n’est pas appliquée à cause des louvoiements d’un Etat qui peine à s’affranchir du pouvoir spirituel.
lequotidien

Commentaires

Magnifique image et honteux en même temps.

Écrit par : Ndiaye | 26/04/2016

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Magnifique texte sur la vie des talibés. Malgré cette honte, cette exploitation d'êtres humains, reconnue dans le pays et par l'international, ce système perdure et perdure encore et sûrement encore longtemps car nous voyons bien que les marabouts d'un côté et les politiques de l'autre se dédouanent de cet esclavagisme et de cette traite négrière d'enfants en se refilant la responsabilité des uns aux autres, sans aucune volonté d'y mettre fin. Finalement, elle n'est pas belle la démocratie sénégalaise, elle est lâche et hypocrite à protéger ses enfants et à sortir de l'esclavagisme.
Seule, une condamnation internationale et des sanctions économiques et financières en coupant toutes les aides au Sénégal pourraient désormais arrêter le calvaire de ces pauvres gosses. Quand à la pseudo-religion qui est responsable de ces pratiques ignobles, parce qu'elle s'en prend aux plus pauvres et aux plus faibles, ne peut pas porter le nom de religion, elle ne peut pas s'apparenter aux valeurs de l'Islam. Son nom : LA POURRITURE HUMAINE.

Écrit par : issa gibb | 27/04/2016

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Il me semble qu'un chef d'état touché par ce problème, se doit de prendre des mesures sévères a l'endroit de ses esclavagistes que sont les Marabouts, il se doit de penser au bien etre de son peuple avant de penser au sien!!!! ce n'est assurément pas le cas de Mr Macky Sall!!

Écrit par : eddy | 27/04/2016

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Et les parents, quel est leur niveau de responsabilité ?

Écrit par : reyser | 27/04/2016

J'ai côtoyé pendant plusieurs mois a est Louis la maison de la gare qui s'occupait de talibes. On leur permettait de prendre une douche et d'avoir des cours d'alphabétisation. Chaque jour du pain leur était distribue je peux vous dire que ces enfants souffraient de malnutrition de problèmes psychologiques et souvent étaient battus si ils ne rapportaient pas leur quota journalier !!!! Tout au nom de la religion !!!

Écrit par : finet nadine | 27/04/2016

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Des parents ignorants et irresponsables qui abandonnent leurs enfants pour s'en débarrasser au nom du Coran. Des marabouts esclavagistes d'enfants, véreux au nom du Coran et les pourris de la race humaine. Des gouvernants et des institutions pleines de lâcheté à protéger ses enfants au nom du Coran. Une population miséreuse, soumise et laxiste à se révolter contre ses pratiques honteuses d'exploitation des enfants les plus pauvres au nom du Coran détourné de l'Islam. Voici le malheur des enfants talibés au Sénégal, abandonnés par tout un pays. Seules, les institutions internationales par des sanctions économiques et financières sévères contre l'Etat sénégalais pourront éradiquer l'esclavage et la traite négrière des ces pauvres gosses.

Écrit par : issa gibb | 27/04/2016

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Au Sénégal depuis bien longtemps il y a une hiérarchie de distribution des enfants, les parents qui le trouvent normal et même une fierté . Je ne sais l'ordre mais il y en a 1 dans l'armée , un autre religieux plutôt catholique , un instituteur et un va chez le marabout!!!

C'est le poids de ces coutumes qui fait que les parents pensent faire CE QU'IL FAUT en laissant un ou plusieurs enfants même tres jeunes chez le marabout ET CELA EXISTE TOUJOURS ! Je me suis occupée d'une enfant de 10 ans retardée mentale qui avait fait d'énormes progrès grâce à l'assistance d'un centre de rééducation de la region.
Cette maman m'a dit avoir peur que sa gamine passe sa maladie aux autres enfants de la famille alors elle m'a dit tres fiere l'année dernière que comme sa fille ne peut pas aller à l'école elle a trouvé un marabout qui veut bien la prendre . J'ai été horrifiée de cette nouvelle mais la maman a tenté de me convaincre Elle était heureuse de cette nouvelle !!! Pourtant cette maman a l'air normale, d'une intelligence au dessus de d'une maman analphabète pourtant LE POIDS TERRIBLE de cette NON éducation !
IL y a quelques années j'ai assisté à Rufisque à une réunion des assistants des enfants des rue qui avaient réuni des parents d'enfants de la rue pour les uns les convaincre de reprendre leurs enfants récupérés complètement shootés sur la corniche maintenant guéris , d'autres leur dire que leurs enfants étaient là dans le centre , qu'ils y étaient bien à l'abri . C'est TRES SOUVENT des mamans qui se sont retrouvées VEUVES AVEC 5 OU 6 ENFANTS , rejetées par leurs famille et qui confient leurs enfants aux marabouts pour les sauver croient-elles. J'en ai vu une confier son petit de 5 ans au responsable du centre MR SOW , pour le sauver Elle habitait dans la rue sur la petite corniche avec plusieurs autres mamans veuves . C'est terrible que cela existe à notre époque dans un des pays d'Afrique DE POINTE ET ailleurs ?? Oui on les kidnappent par 100°

Écrit par : Bettyboop | 29/04/2016

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J'ai bien lu le commentaire, le poids de la culture et les exemples vécus sont pertinents et existent bien trop souvent. Cependant dans l'hiérarchie de distribution des enfants, la case distribution au religieux catholique est impensable dans un foyer musulman ? Ensuite la connaissance des maltraitances des enfants talibés est connue de nos jours, de toute la population grâce aux médias, la presse, la télé et le bouche à bouche, mais passivement acceptée par la même population. Donc, on peut conclure que les parents savent, mais abandonnent leurs enfants à des marabouts pour s'en débarrasser pour les raisons que vous avez citées ci-dessus. Cette irresponsabilité des parents est crée par la misère, pas par l'ignorance du système talibé.
Il ne faut pas oublier que le système talibé est désormais dirigé par une mafia pseudo-religieuse de marabouts avec leurs rabatteurs qui écument les villages pauvres et les pays voisins à la recherche d'enfants sous promesse d'apprentissage du Coran aux parents, alors que l'enfant va finir dans la mendicité forcée pour enrichir son faux-marabout. Les kidnapping d'enfants existent aussi dans cette traite négrière nouvelle, moderne disent certains ? Ce système esclavagiste d'enfants est très lucratif, il est estimé à 2 milliard de FCFA dans les poches des marabouts, hors du système économique du pays et hors du Trésor Public sénégalais comme des bandits ou des trafiquants, mais opérant en toute liberté sous couvert de religion détournée du vrai Islam.
Les ONG et les Associations font un travail formidable auprès des enfants des rues, ceux qui ont fui des familles ou des daaras maltraitantes, en les sauvant des dangers de la rue. Je suis moins positif pour les actions des organismes qui aident les talibés mendiants pour leur marabout encore dans des daaras. Malgré leurs aides ponctuelles aux enfants, je trouve qu'ils entretiennent le système car les enfants talibés continuent à mendier dans les rues et cela peut perdurer et perdurer très longtemps.
Quand à l'Etat sénégalais, sa non-protection sociale de femmes veuves avec plusieurs enfants, sa non-lutte contre l'exploitation des enfants talibés, sa non-application de la loi contre la mendicité, sa non-condamnation de la traite moderne d'enfants, sa lâcheté ou son dédain à protéger les plus faibles du pays, allié à la toute puissance des confréries religieuses silencieuses au problème talibé font que le Sénégal, ce pays d'Afrique DE POINTE, n'est qu'un pays ESCLAVAGISTE D'ENFANTS, parjure à ses ratifications des Droits de l'Homme et de la Protection de l'Enfance devant les institutions internationales qui devrait sanctionner moralement et financièrement le Sénégal pour l'obliger à éradiquer cette honte humaine.
"Dans toute société qui respecte les Droits de l'Homme, les enfants devraient être en mesure de demander la protection de l'Etat quand ils sont forcés de mendier dans les rues"

Écrit par : issa gibb | 29/04/2016

Je suis à Dakar, je n'ai aucun moyen de les compter, mais je circule beaucoup et j'en vois partout pas comme avant ET DE PLUS EN PLUS !!!Ce ne me semble pas une impression, et c'est là que la devient gravissime !

Écrit par : rico | 29/04/2016

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Dakar attire la sous région

Écrit par : galsen | 29/04/2016

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C'est de pire en pire dans le village ou je vis c'est un énorme défilé dès 5h du matin,quelle grande honte pour le Sénégal!!!!Mais cela ne semble pas offusquer la population... ce sont souvent de très jeunes enfants ,qui malgré leur jeune age deviennent violents(je les comprends) mais c'est insupportable et ce n'est pas ça qui va attirer des clients au Sénégal,Mr Macky Sall est-il aveugle,qu'attends t-il pour mettre de l'ordre,je pense que maintenant sa famille est a l'abri,il pourrait peut etre penser , s'occuper de la population et des parents qui vendent leurs enfants pour un sac de riz,les Sénégalais(es) sont devenus individualistes l'esprit communautaire n'existe plus,les valeurs de L'Afrique foutent le camp,et c'est bien dommage,la descente a été accentuée depuis 20 ans

Écrit par : eddy | 05/05/2016

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