30/04/2016

DES CHIFFRES EDIFIANTS

Le Sénégal compte sur la poursuite des aides européennes

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Au Sénégal, des projets d’aide aux enfants handicapés ou livrés à eux-mêmes dans la rue demandent la poursuite des aides européennes, alors que des responsables européens se sont envolés pour Dakar pour un sommet avec les pays APC, le 28 avril.
Neven Mimica, commissaire européen au développement et à la coopération est arrivé le 26 avril à Dakar pour un sommet avec les dirigeants et ministres des 89 États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).
La poursuite de l’accord de Cotonou sur la coopération politique, économique et au développement au-delà après 2020, est à l’ordre du jour. Les autres sujets abordés seront le changement climatique, et le Fonds d’affectation spéciale d’urgence pour l’Afrique, qui a pour but d’endiguer l’afflux de migrants illégaux venus d’Afrique, passant souvent par la Libye pour entreprendre un voyage dangereux en Méditerranée.
Avant la première journée du sommet, EurActiv a visité une série de petits projets financés par l’UE dans la capitale sénégalaise. Tous reçoivent des subventions européennes pour aider le pays à faire face au problème croissant des enfants abandonnés dans la rue.
Seulement à Dakar, il y aurait plus de 30 000 enfants des rues. Cette hausse s’inscrit dans un contexte d’urbanisation galopante du petit pays de près de 12 millions d’habitants, dont 47 % vivent dans la pauvreté.
Avec une croissance économique au ralenti, une balance commerciale négative, la moitié de la population âgée de moins de 20 ans, une croissance de la population de 2,5 %, et un chômage de masse, le pays – exemple rare de démocratie stable en Afrique occidentale – doit faire face à un tsunami de défis.
Le taux de natalité d’en moyenne 8 enfants par femme masque l’écart entre les zones rurales, où les femmes ont en moyenne 10 enfants, et les villes, où elles en ont six. Environ 26 % des filles subissent des mutilations génitales, alors que les garçons sont envoyés dans la rue pour mendier – parfois à la demande, selon des sources multiples, d’un nombre croissant d’écoles coraniques dans ce pays à 94 % musulman.
Le programme SADMAD dans la région de Dakar a reçu 409 905 euros jusqu’en 2018 pour soulager l’insécurité alimentaire en aidant les écoles pour enfants handicapés soit à cultiver leur propre nourriture soit à s’approvisionner à partir des fournisseurs locaux et des fermes familiales.
Les responsables des cantines sont formés sur l’importance d’une alimentation nutritionnelle, saine et variée, notamment à base de cacahuètes, pommes de terre, gingembre, pain et fruits locaux.
Au centre Talibou Dabo à Dakar – une des quatre seules écoles de la capitale équipées pour les enfants handicapés – les enfants en fauteuil roulant profitent du programme SADMAD en s’occupant de leur propre potager de légumes et de fines herbes.
Ce centre, construit en 1981 abrite 250 enfants divisés en sept classes pour les handicapés physiques et une pour les handicapés mentaux. 30 % des élèves trouvent un emploi à plein temps. Les autres finissent souvent par mendier dans la rue.
L’école Louis Braille pour les aveugles, à Dakar, participe aussi au programme SADMAD, qui permet de donner un petit-déjeuner à 500 élèves avant l’école.
Son principal a expliqué que le programme ne bénéficiait pas seulement à la santé des enfants mais diminuait aussi le taux d’abandon puisque des élèves bien nourris sont plus enclins à rester à l’école plutôt que d’être forcés à trouver de la nourriture dans la rue.
Abdou Aram, président de l’association sénégalaise pour les aveugles, a déclaré à EurActiv qu’avant le programme, certains parents n’envoyaient leurs enfants que le mardi et le jeudi. « Nous sommes très contents du programme et remercions l’UE de son aide. Nous nous inquiétons cependant de la poursuite du projet [après 2018] et demandons à l’UE de continuer de nous aider », a-t-il déclaré.
Près du Lac Rose, à 90 min de route de la capitale, un projet de Village Pilote permet à 300 et 450 jeunes garçons secourus dans la rue par la police ou les autorités locales de vivre dans un campus résidentiel pour garçon, où on leur apprend à devenir électriciens ou charpentiers.
La plupart ont entre 5 et 13 ans, mais des jeunes de 30 ans manquant d’enseignement formel sont aussi logés par le programme.
Selon le directeur exécutif, Loïc Treguy, certains enfants ont été exploités par des écoles coraniques locales qui les envoyaient dans la rue pour mendier, sous peine d’être battus. « Il n’y a aucun contrôle des écoles religieuses au Sénégal, donc il y a quelques brebis galeuses », a-t-il expliqué.
« La plupart des garçons viennent à nous à l’âge de 6 ou 7 ans, il est donc difficile de retrouver leurs familles. Nous devons leur parler, les persuader de venir ici. On leur apprend à lire et à écrire – pour certains c’est la première fois de leur vie qu’ils étudient », a assuré Loïc Treguy.
Le programme reçoit une subvention de 600 000 € qui, elle aussi, se termine fin 2018.
De retour à Dakar, plus de 20 jeunes garçons âgés entre 6 et 8 ans, également d’anciens mendiants, sont alignés et apprennent le Taekwondo dans la chaleur de la soirée, entourés de chèvres et de poulets. Fondée en 2003, la chaine d’écoles l’Empire des Enfants a pour objectif de s’occuper de quelque 480 enfants ces 4 prochaines années, grâce à une bourse de 527 889 € qui ira jusqu’à fin 2021.
« Les fonds européens nous permettent d’utiliser le temps que nous utilisions avant pour lever des fonds, pour les enfants. Nous espérons poursuivre avec ces financements pour pouvoir en faire davantage », a déclaré la directrice à EurActiv.
Matthew Tempest/EurActiv.com

Commentaires

Je suis en total accord pour des aides à l'action de Loïc Treguy, le juste parmi les justes du Village Pilote du Lac Rose. Il ramasse les gosses des rues perdus, les "cabossés de la vie". Il les sort de l'enfer de la capitale, il les éloigne de la perfide Dakar pour les resocialiser et leur apprendre un métier. Cela s'appelle la véritable action et elle doit être soutenue. Il est l'exemple de ce qui doit être fait avec les fonds européens.
Je suis moins en accord avec les organisations humanitaires si nombreuses au Sénégal pour la cause des talibés ou autres. En effet, malgré leurs actions, le nombre des talibés ne cessent d'augmenter. Il est difficile de critiquer ce qui font : s'occuper des talibés, les nourrir, les habiller, les premiers soins, un peu d'instruction et un peu de réconfort. Mais après cela, les talibés repartent mendier dans les rues. Alors que le but ultime doit être de les sortir de la rue. Certaines associations ont de très beaux bureaux grâce aux fonds européens et internationaux. C'est de l'argent qui ne profite pas à la cause des enfants talibés. Il n'y a pas que les marabouts qui s'engraissent sur le dos de ces pauvres gosses esclaves.
Dans ce contexte de corruption des aides européennes et internationales détournées, l'exploitation des enfants talibés a encore de beaux jours devant elle. Le sort des minorités miséreuses, handicapées, malades et esclaves n'est pas près de disparaître alors que les vaches à lait européenne et internationale pourrait bien se tarir.
Enfin que l'on fasse payer des impôts, aux confréries religieuses du pays et aux marabouts richissimes esclavagistes mafieux d'enfants, responsables de tous les maux de ce gâchis humanitaire. Que l'argent aille aux malheureux, au lieu de construire 4 mosquées dont 3 inutiles par village et que l'argent de la mendicité forcée des talibés reviennent au Trésor Public pour un, éradiquer cette traite négrière d'enfants. Deux, pour développer le pays. Trois, venir en aide des pauvres et des nécessiteux. Rôle de l'Etat, actuellement aux abonnés absent !

Écrit par : issa gibb | 23/05/2016

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