30/04/2016

CETTE CHERE CORRUPTION

Etude sur la corruption au Sénégal : 300 milliards pour faire le distinguo entre corruption et teranga sénégalaise

corruption.jpg

corrUne étude sur la perception et le coût de la corruption au Sénégal est lancée, hier, par l'Ofnac (Office national de lutte contre la fraude et la corruption). L'objectif de cette étude est « de permettre à toutes les parties prenantes, de façon générale, d'échanger sur les enjeux et les problématiques de l'étude qui doivent permettre d'avoir une meilleure compréhension du phénomène de la corruption qui est un phénomène complexe, transversale, parfois transnationale qu'il faut cerner et comprendre ». A en croire Nafi Ngom Keïta, cette initiative vient à son heure si l'on sait que, dans notre société, il est important de faire la différence entre la corruption et la teranga sénégalaise ». « Le cabinet est né dans les conditions d'indépendance, il a intérêt à travailler en toute indépendance puisque c'est cela qui va garantir la crédibilité des résultats », a-t-elle tenu à dire. Cette étude, qui va durer trois mois, est financée à coût de 300 milliards mais, Mme Keïta souligne que le budget est évolutif et que le cabinet n'a pas encore tout le montant.
Elle a aussi indiqué que « les autorités gouvernementales ont manifesté leur intérêt pour cette étude puisqu'elle va leur permettre d'assurer une meilleure formulation des politiques publiques et des stratégies de développement, puisqu'il faut maîtriser la question de la corruption, mais également comprendre sa prégnance au niveau des divers secteurs ».
Venu présider la cérémonie de lancement officielle de ladite étude, le Premier ministre est revenu sur l'impact de la corruption dans nos sociétés. « La corruption est un phénomène universel et complexe qui constitue un des principaux facteurs de contre-performances des politiques publiques et l'une des causes de l'aggravation de la pauvreté à travers le monde. Elle empêche aux populations de jouir de leurs droits et libertés, au profit d'intérêts particuliers. Elle constitue, en plus, une menace pour l'Etat de droit et la démocratie puisqu'elle fragilise nos institutions, décourage l'investissement et déstabilise les structures socio culturelles. C'est pourquoi elle mérite d'être bien comprise dans tous ses aspects pour pouvoir être combattue avec la plus grande efficacité », a dit M. Dionne. Aussi, estime-t-il que l'étude « vient à son heure, en raison de l'importance de ses enjeux dans la problématique de la lutte contre la corruption ». Elle offre, aussi, selon lui, à notre pays « une belle opportunité de mieux cerner le phénomène, dans toutes ses dimensions, en vue de mettre en place des stratégies efficaces de prévention, mais, également de lutte ».
A noter que l'enquête concerne 2340 individus venant de secteurs différents.
leral.net

DES CHIFFRES EDIFIANTS

Le Sénégal compte sur la poursuite des aides européennes

DSC01423.jpg

Au Sénégal, des projets d’aide aux enfants handicapés ou livrés à eux-mêmes dans la rue demandent la poursuite des aides européennes, alors que des responsables européens se sont envolés pour Dakar pour un sommet avec les pays APC, le 28 avril.
Neven Mimica, commissaire européen au développement et à la coopération est arrivé le 26 avril à Dakar pour un sommet avec les dirigeants et ministres des 89 États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).
La poursuite de l’accord de Cotonou sur la coopération politique, économique et au développement au-delà après 2020, est à l’ordre du jour. Les autres sujets abordés seront le changement climatique, et le Fonds d’affectation spéciale d’urgence pour l’Afrique, qui a pour but d’endiguer l’afflux de migrants illégaux venus d’Afrique, passant souvent par la Libye pour entreprendre un voyage dangereux en Méditerranée.
Avant la première journée du sommet, EurActiv a visité une série de petits projets financés par l’UE dans la capitale sénégalaise. Tous reçoivent des subventions européennes pour aider le pays à faire face au problème croissant des enfants abandonnés dans la rue.
Seulement à Dakar, il y aurait plus de 30 000 enfants des rues. Cette hausse s’inscrit dans un contexte d’urbanisation galopante du petit pays de près de 12 millions d’habitants, dont 47 % vivent dans la pauvreté.
Avec une croissance économique au ralenti, une balance commerciale négative, la moitié de la population âgée de moins de 20 ans, une croissance de la population de 2,5 %, et un chômage de masse, le pays – exemple rare de démocratie stable en Afrique occidentale – doit faire face à un tsunami de défis.
Le taux de natalité d’en moyenne 8 enfants par femme masque l’écart entre les zones rurales, où les femmes ont en moyenne 10 enfants, et les villes, où elles en ont six. Environ 26 % des filles subissent des mutilations génitales, alors que les garçons sont envoyés dans la rue pour mendier – parfois à la demande, selon des sources multiples, d’un nombre croissant d’écoles coraniques dans ce pays à 94 % musulman.
Le programme SADMAD dans la région de Dakar a reçu 409 905 euros jusqu’en 2018 pour soulager l’insécurité alimentaire en aidant les écoles pour enfants handicapés soit à cultiver leur propre nourriture soit à s’approvisionner à partir des fournisseurs locaux et des fermes familiales.
Les responsables des cantines sont formés sur l’importance d’une alimentation nutritionnelle, saine et variée, notamment à base de cacahuètes, pommes de terre, gingembre, pain et fruits locaux.
Au centre Talibou Dabo à Dakar – une des quatre seules écoles de la capitale équipées pour les enfants handicapés – les enfants en fauteuil roulant profitent du programme SADMAD en s’occupant de leur propre potager de légumes et de fines herbes.
Ce centre, construit en 1981 abrite 250 enfants divisés en sept classes pour les handicapés physiques et une pour les handicapés mentaux. 30 % des élèves trouvent un emploi à plein temps. Les autres finissent souvent par mendier dans la rue.
L’école Louis Braille pour les aveugles, à Dakar, participe aussi au programme SADMAD, qui permet de donner un petit-déjeuner à 500 élèves avant l’école.
Son principal a expliqué que le programme ne bénéficiait pas seulement à la santé des enfants mais diminuait aussi le taux d’abandon puisque des élèves bien nourris sont plus enclins à rester à l’école plutôt que d’être forcés à trouver de la nourriture dans la rue.
Abdou Aram, président de l’association sénégalaise pour les aveugles, a déclaré à EurActiv qu’avant le programme, certains parents n’envoyaient leurs enfants que le mardi et le jeudi. « Nous sommes très contents du programme et remercions l’UE de son aide. Nous nous inquiétons cependant de la poursuite du projet [après 2018] et demandons à l’UE de continuer de nous aider », a-t-il déclaré.
Près du Lac Rose, à 90 min de route de la capitale, un projet de Village Pilote permet à 300 et 450 jeunes garçons secourus dans la rue par la police ou les autorités locales de vivre dans un campus résidentiel pour garçon, où on leur apprend à devenir électriciens ou charpentiers.
La plupart ont entre 5 et 13 ans, mais des jeunes de 30 ans manquant d’enseignement formel sont aussi logés par le programme.
Selon le directeur exécutif, Loïc Treguy, certains enfants ont été exploités par des écoles coraniques locales qui les envoyaient dans la rue pour mendier, sous peine d’être battus. « Il n’y a aucun contrôle des écoles religieuses au Sénégal, donc il y a quelques brebis galeuses », a-t-il expliqué.
« La plupart des garçons viennent à nous à l’âge de 6 ou 7 ans, il est donc difficile de retrouver leurs familles. Nous devons leur parler, les persuader de venir ici. On leur apprend à lire et à écrire – pour certains c’est la première fois de leur vie qu’ils étudient », a assuré Loïc Treguy.
Le programme reçoit une subvention de 600 000 € qui, elle aussi, se termine fin 2018.
De retour à Dakar, plus de 20 jeunes garçons âgés entre 6 et 8 ans, également d’anciens mendiants, sont alignés et apprennent le Taekwondo dans la chaleur de la soirée, entourés de chèvres et de poulets. Fondée en 2003, la chaine d’écoles l’Empire des Enfants a pour objectif de s’occuper de quelque 480 enfants ces 4 prochaines années, grâce à une bourse de 527 889 € qui ira jusqu’à fin 2021.
« Les fonds européens nous permettent d’utiliser le temps que nous utilisions avant pour lever des fonds, pour les enfants. Nous espérons poursuivre avec ces financements pour pouvoir en faire davantage », a déclaré la directrice à EurActiv.
Matthew Tempest/EurActiv.com

29/04/2016

UNE ECOLE DE MUSIQUE AU SENEGAL

Cheikh Lô, parrain d'une nouvelle école de musique

eddf2276107105af34e52ab7d2c495b857b198be.jpg

Au Sénégal, alors que l’enseignement de la musique est quasi inexistant, une école privée de musique vient de recevoir, jeudi 28 avril, un agrément de l’Etat pour enseigner jusqu'au niveau conservatoire. Un sésame permettant aussi de délivrer des diplômes officiels. L'établissement est parrainé par le musicien sénégalais Cheikh Lô.
Dans les taxis ou encore dans les maquis, la musique a beau être partout au Sénégal, l'enseignement de cet « art mineur » comme le disait Serge Gainsbourg, est quasi inexistant.
Il l'appelle son « bébé ». Financier dans la vie, Bendjim Kpeglo est le fondateur de l’école de musique EHA (Etudes, harmonie, acoustique). L’acronyme n’a pas été choisi au hasard : dans sa langue natale du Togo, « éha » signifie « chant ».
« Aujourd’hui, un professionnel ou un non professionnel qui va apprendre la musique dans de bonnes conditions, avec du bon matériel, n’a aucun endroit au Sénégal, ce qui est assez pathétique, explique-t-il. Et c’est ce qui m’a amené à créer cette école. Mais le but principal n’est pas de gagner de l’argent. Le but, c’est de rendre la musique accessible au plus large nombre de personnes. »
La musique, c’est l’éducation de la vie
Dans une des salles, Amadi Sidibé donne ses cours de guitare. Le musicien a fait sa formation au conservatoire national, une institution qui n'a malheureusement plus sa notoriété d'antan. « Quotidiennement, ça va. La rémunération, ça va. Donc on ne se plaint pas. D’un point de vue pédagogique, la musique avant tout ce sont les échanges, c’est l’éducation de la vie », commente le professeur.
Lorsque l'école lui a demandé de devenir le parrain de l'établissement, Cheikh Lô a accepté immédiatement. « C’est une très bonne chose. Nous, on n’a pas eu la chance de passer dans les écoles. Que je sois le parrain, c’est une fierté immense pour moi », se réjouit le musicien sénégalais.
L'école reste aujourd'hui trop chère pour une majorité des Sénégalais. L'agrément délivré par l'Etat devrait permettre d'aller chercher des subventions pour justement faciliter l'accès à ceux qui n'ont pas les moyens.
RFI

LA DIPLOMATIE US COMMENCE A PARLER DES TALIBES...

James P. Zumwalt, ambassadeur des Etats-Unis : « La vue des enfants mendiants dans les rues est un véritable crève-cœur»

Senegal-Child-Beggars1_t670.jpg

James P. Zumwalt, l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Sénégal, s’est fendu hier d’une rencontre avec les étudiants du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti). Le diplomate est revenu sur les problématiques de développement économique, de renforcement de la démocratie et de lutte contre l’extrémisme.
«Le Sénégal peut être un modèle dans le monde de par sa tolérance religieuse. La lutte contre l’extrémisme violent passe par la création d’espoir et d’opportunités pour les plus vulnérables.» James P. Zumwalt, l’ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal et en Guinée-Bissau, estime que «les enfants qui sont forcés de mendier dans les rues sont de toute évidence vulnérables, invisibles au monde extérieur», et en conséquence «vulnérables aux pires formes d’exploitation, y compris par des terroristes». Cependant devant les étudiants en journalisme du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), il concède qu’ «aucune société, aucun pays, aucun Gouvernement n’est parfait y compris les Etats-Unis».
Il ajoute : «Aux Etats-Unis, nous avons encore des combats à mener contre la pauvreté et le racisme.» Le diplomate en a profité pour saluer «les membres du Gouvernement sénégalais et les organisations locales qui travaillent et plaident en faveur des droits des enfants». En particulier, il cite Issa Kouyaté qui a créé la Maison de la gare à Saint-Louis (Nord). Ce centre est «un refuge pour des centaines d’enfants» et «une lueur d’espoir pour des milliers d’autres» en proposant des cours d’alphabétisation, un enseignement sur l’hygiène de base, des soins médicaux et des ateliers d’art. James P. Zumwalt trouve que l’expression «source d’inspiration» est souvent «galvaudée», mais en l’occurrence elle sied admirablement à cette initiative : «On devrait la réserver pour qualifier les personnes vraiment remarquables, et Issa fait clairement partie de ces personnes.»
Bastien DAVID - Lequotidien

LE MAIRE ET LA SAPCO ORGANISENT LA SEMAINE DU TOURISME A SALY...

SEMAINE DU TOURISME LOCAL A SALY

13130938_972521259522323_2436313907023040902_o.jpg

La Sapco-Senegal, en collaboration avec le comité de station et la mairie de Saly, organise la semaine du tourisme local à Saly Portudal du 23 au 29 mai 2016 dans le but de promouvoir le tourisme intérieur.
L'objectif est de réunir les organisations, entreprises et partenaires du tourisme autour d'une vision commune: le secteur touristique contribue de façon significative au développement et à la croissance économique du pays.
MTTASN

LE BAC 2015/2016

160 000 candidats au baccalauréat attendus cette année

candidat-bac.jpg

Ils seront, cette année, 160 000 candidats à aller à l’assaut du premier diplôme universitaire cette année. L’information a été donnée par le Directeur des affaires administratives et juridiques de la Direction générale de l’Enseignement supérieur, le Pr Babacar Guèye. « Si on reste sur le taux moyen de réussite de ces dernières années, soit 50 %, on aura donc 50 000 bacheliers », a-t-il dit. Il a cependant déploré le manque de planification qui a été à l’origine de ce fait depuis les années 90, informe le quotidien national Le Soleil dans son édition de ce vendredi 29 avril 2016.
seneweb

6300 MORTS PAR ACCIDENTS DE TRAVAIL

6300 victimes d’accidents mortels de travail enregistrées au Sénégal

Chantier_Macons_Ouvrier_Batiment-09-25-2014_09.25.49.jpg

La situation des accidents de travail est préoccupante aujourd’hui. Au Sénégal, les chiffres font état de 6 300 personnes qui meurent d’accidents de travail ou de maladies liées au travail, a révélé l’OIT (Organisation internationale du travail).
Le ministre du Travail, Mansour Sy, dans les colonnes de Sud Quotidien de ce vendredi 29 avril 2016 a chiffré à deux millions trois cents milles, le nombre de personnes décédées des suites d’un accident de travail. « C’est énorme et c’est moralement inacceptable. Sur le plan national, malgré la baisse du nombre d’accidents enregistré entre 2013 et 2014, les statistiques restent préoccupantes et ne laissent pas les autorités gouvernementales insensibles », a-t-il confié.
Seneweb

CINEMA EN PLEIN AIR DANS LE SALOUM

AFRIKABOK - Le festival itinérant revient dans le Sine Saloum

photo32.jpg

Après une 8ème édition réussie dans le Fouta, le festival itinérant Afrikabok revient dans le Sine Saloum du 1er au 30 novembre 2016. Depuis 2009, l’association propose des projections de films en plein air sur son écran géant gonflable dans le but de favoriser l’accès à la culture aux populations les plus isolées de la région du fleuve Sénégal. Multipliant les escales, la caravane du cinématographe visitera la région de Fatick, Foundiougne, Kaolack, faisant escale dans les villes et les villages. Il proposera des films invitant au rêve, à la poésie, à la joie, au rire ou à l’humour.
Les populations les plus isolées ne seront pas laissées de côté, bien au contraire, et la caravane d'Afrikabok leur proposera des projections qui apporteront un divertissement inédit, attendu, trop rare pour ces populations qui luttent quotidiennement pour survivre face aux aléas climatiques et à l’isolement économique.
Des films de sensibilisation et d’information sur le problème du diabète seront présentés, dans un but pédagogique et afin d'informer les populations les plus démunies sur la santé.
S’ouvrant sur un monde transformé, les populations de cette région ont soif de culture et de reconnaissance. Le choix de l’itinérance du Festival Afrikabok n’est donc pas fortuit. Parcourant ces territoires en y apportant des images animées, le Festival souhaite aussi mettre en valeur les richesses culturelles de ces populations, conviant à chaque escale les détenteurs du patrimoine culturel à participer à la fête, à rassembler les villageois autour de « leur » patrimoine.
Ainsi, au travers d’un imaginaire partagé, le festival apportera des histoires d’ailleurs tout en célébrant la tradition d’ici.
Présentation de l'association Afrikabok
L’initiative de ce festival revient à l’association Afrikabok, présidée par Bruno Ventura, qui possède une grande expérience du cinéma itinérant de plein air, et qui met ses moyens au service du plus grand nombre. L’association conçoit, réalise et organise des projets liés au cinéma de plein-air itinérant ayant pour objectif d’éveiller et de responsabiliser les habitants du Sénégal aux facteurs risques liés à leur comportement par la projection de films documentaires, de dessins animés, de courts et de longs métrages. L’association fait aussi interagir de nombreux artistes pour jouer, danser, exposer et raconter leur culture, développant un cadre ouvert d’échange et de dialogue interculturel et interdisciplinaire.
Pauline Bouveau (www.lepetitjournal.com/ plus d'info:www.festival-afrikabok.com

28/04/2016

LE TOURISME EN AFRIQUE

Classement 2015 des pays africains les plus visités, le Sénégal le grand absent

sen2015 661.jpg

L’agence espagnole Bloom Consulting vient de publier son classement des meilleures destinations touristiques dans le monde pour l’année 2014-2015. Un classement qui connait de grands changements, mais aussi de nombreux absents.
Depuis 14 ans, Bloom Consulting en partenariat avec The Economist, CNN et Forbes, s’intéresse aux déplacements des touristes dans les pays du monde à travers son classement des meilleures destinations touristiques. Ce classement s’appuie sur quatre critères : la performance économique mesurée en recettes du tourisme au cours des cinq dernières années, le nombre de recherche en ligne pour les activités du secteur, les attractions liées au tourisme, le contenu numérique ainsi que la performance des médias sociaux.
Selon ce rapport, l’Afrique du Sud a détrôné l’Egypte du premier rang. Une remontée favorisée par l’instabilité politique dans le pays des pharaons, l’amélioration du climat des affaires, ainsi que la libération du secteur du transport aérien et d’importants investissements d’infrastructures dans le pays de Nelson Mandela. Une percée qui permet également au pays « arc-en-ciel » d’intégrer le top 25 des meilleures destinations touristiques au niveau international. La troisième position est occupée par le Maroc qui conserve sa place, suivi du Kenya. La Tanzanie améliore sa position et ravit à l’île Maurice la cinquième place.
On note également les progressions des pays comme le Zimbabwe (+5), Soudan (+6), Seychelles (+3), Côte d’Ivoire (+3) et même le Cameroun (+3) en dépit de ses problèmes sécuritaires dans l’Extrême Nord. A noter que plusieurs pays présents dans ce classement ont bénéficié durant cette période d’une meilleure visibilité avec l’implantation de partenaires touristiques tel que le site de réservation d’hôtels Jovago, de tours opérateurs mais aussi d’ investissements importants : routes, hôtels, hôpitaux, etc.
L’un des faits marquants de ce classement est l’absence du Sénégal sur la liste des trente-sept pays africains retenus, alors que le pays était présent dans le précédent. Une absence qui traduit les difficultés actuelles du secteur touristique dans le pays.
En savoir plus sur http://xibaaru.com/societe/classement-2015-des-pays-afric...

Xibaaru

MUTILATIONS GENITALES AU SENEGAL

Le Sénégal compte adopter des approches communautaires pour mieux lutter contre les mutilations génitales féminines

femme-excision.jpg

Le Sénégal est dans une dynamique d'éradiquer le phénomène des mutilations génitales féminines (MGF). D'après les derniers recensements de l'Agence nationale de la statistique et de démographie (ANSD), Dakar enregistre un taux de 10% de pratique de MGF. Ce taux reste le plus élevé au Sénégal. Une consultation ministérielle sous-régionale sur la mise en œuvre de la résolution onusienne 69/150 interdisant la pratique des mutilations génitales s'est ouverte hier à Dakar. A l'issue de cette rencontre de deux jours, la déclaration de Dakar devra être rédigée afin de constituer un outil pour lutter efficacement contre ce fléau.
Par ailleurs, le ministre de la Femme, de la Famille et de l'Enfance, Mariama Sarr, informe que le Sénégal a fait "d'importantes avancées sur la voie de l'abandon de l'excision''. Son département compte adopter des approches communautaires en impliquant des leaders communautaires. Une nouvelle formule de lutte qui doit leur permettre d'aller vers des perspectives plus satisfaisantes.
Promotion de la femme
En plus de ce dispositif législatif et pénal, différents mécanismes basés sur l'approche droits humains, la communication et l'éducation ont permis d'obtenir d'importantes avancées sur la voie de l'abandon de l'excision'', informe Mariama Sarr. Cependant, elle note que les instruments de lutte sont constamment contournés. Il en découle, selon la ministre, des défis exigeant une plus grande perspicacité dans le choix des stratégies, dans leurs modalités d'application et dans leur portage par une synergie entre acteurs soudés autour d'objectifs communs. D'ailleurs, elle croit qu'avec la réforme du code pénal et du code de procédure pénale déjà entamée, le Sénégal pourra arriver à renforcer les mesures de protection des droits des personnes.
Selon la Présidente du comité Inter-Africain, Mariam Lamizana, il y a une volonté politique manifeste dans certains pays d'éradiquer ce fléau. Mais elle suggère que la promotion de la femme soit une réalité. "Celle-ci doit figurer dans les faits et non s'inscrire dans les discours'', plaide-t-elle. Mariam Lamizana est d'avis que cette promotion de la femme est prise en otage par certains leaders, ce qui rend la tâche difficile.
AIDA DIENE/sen360

L'AIBD LIVRE DANS 8 MOIS...

Finalisation de la construction de l’aéroport Blaise Diagne : Les sociétés Turques SUMMA et LIMAK promettent de livrer les travaux dans moins de 8 mois

IMG_0193.JPG

Démarré depuis décembre 2007 avec son corollaire d’hémorragie financière, l’aéroport Blaise Diagne a connu plus qu’un retard dans la livraison. Mais le Sénégal peut s’estimer heureux d’avoir trouvé un partenaire qui a promis de livrer les travaux dans un peu moins de huit mois. C’est en tout cas l’annonce faite par le Président Directeur Général de SUMMA, Salim Bora au cours de la cérémonie de signature des conventions relatives à la finalisation des travaux et à la concession de l’exploitation de l’Aéroport Internationale Blaise Diagne présidée par le ministre du Tourisme et des Transports Aériens, Maïmouna N'doye Seck.
D’emblée, le PDG de SUMMA, Salim Bora, a marqué son engagement à finir les travaux de l’AIBD bien en deçà des délais requis dans la convention. « Après avoir visité les chantiers de l’aéroport aujourd’hui, je puis vous assurer que nous pouvons finir les chantiers bien avant huit mois », avance-t-il, non sans indiquer que ce n’est pas quelque chose de difficile. Et pour le réussir, le PDG de SUMMAK entend recruter pas moins de 1 500 ouvriers sénégalais.
Le Président Directeur Général de Limak s’inscrit dans cette même dynamique, indiquant que la mise en service se fera dans les quatre mois suivant la livraison.
Une annonce qui fera sauter de joie le ministre du Tourisme et des Transports Aériens, Maïmouna N'doye Seck qui salue «la qualité de l’accord obtenu avec la partie turque qui préservera à tous les niveaux les intérêts du Sénégal. »
Cet accord, note-t-elle, nous garantit une livraison des travaux restants dans huit mois et une mise en service quatre mois plus tard sans un coût supplémentaire par rapport à celui que nous aurions payé à Saudi Ben Laden Group, hormis la prise en charge financière du plan de transfert des activités de l’Aéroport international Léopold Sédar Senghor vers celui de Diass.
« Quant à la convention de concession signée pour une période de 25 ans, elle prévoit une part de 34% dans le capital de la société de gestion qui sera créée, une rétrocession de 20% des revenus bruts, en plus de l’assistance technique et la reprise de l’ensemble des travailleurs de la société actuelle de l’Agence des aéroports du Sénégal », se félicite Mme le ministre du Tourisme et des Transports Aériens, tout en se réjouissant du partenariat solide entre la République Turque et le Sénégal. Une solidité des relations saluée par l’ambassadrice de la Turquie au Sénégal, Madame Nilgun Erdem Ari qui souhaite une plus grande croissance et une plus forte collaboration entre nos deux pays.
Toute chose qui réjouit le Directeur Général de l’AIDB, Abdoulaye Mbodj qui n’a pas manqué de revenir sur les objectifs de performance à l’endroit des entreprises Turques dans un partenariat solide et sincère pour une structure répondant aux normes internationales.
Dakaractu

27/04/2016

PEUPLE BEDIK

PASSE-PRESENT DES GENS DE LA MONTAGNE :
Murés dans leurs traditions, les Bedik aspirent à la modernité

BassariBedik.jpg

La région de Kédougou abrite une extraordinaire mosaïque d’ethnies vivant isolées sur les collines ou les montagnes. Entre Bandafassi et Salémata, se trouve le pays bedik. Cette minorité ethnique dont la population est estimée à environ 8.000 personnes se répartit sur plusieurs villages : Ethiouar, Andjiel, Iwol, Ethiès. Depuis plusieurs siècles, leur existence est rythmée par des rites et traditions colorés, mais aussi par un manque d’équipements de base rendant difficile leur quotidien.
Le pays bedik, qui s’étend entre Bandafassi et Salémata, dans la région de Kédougou (Est), n’est pas un terrain de jeu pour les visiteurs non avertis. Difficiles d’accès et enclavés au milieu des montagnes, les villages qui le composent abritent une population qui, depuis des siècles, a su s’adapter aux conditions de vie les plus pénibles. Les routes étant inexistantes, il faut, pour atteindre ces hameaux presque identiques et hauts perchés, s’armer de courage et de patience. Selon la tradition orale, les Bedik se sont installés dans ces endroits perchés sur les montagnes du Sénégal oriental pour échapper à Alpha Yaya. Ce dernier avait entrepris, à la fin du 19ème siècle, de convertir à l’Islam les Bedik, les Bassaris et les Malinkés.
Le charme du pays bedik est que les villages sont formés de denses groupes de huttes aux toits pointus faits de chaume. Cette minorité ethnique, estimée à environ 8.000 personnes, est principalement concentrée dans des localités comme Ethiouar, Andjiel, Iwol et Ethiès. L’hospitalité et la générosité de cette communauté méritent amplement une escapade dans cette partie du pays. Notre guide du jour, Marc Keïta, nous informe que « ces villages sont généralement constitués de deux parties : le bas de colline, occupé majoritairement par les Peuls, et le haut, habité par les Bedik ». C’est le cas d’Ethiouar, ce village qui surplombe la commune de Bandafassi.
A en croire Rigobert Keïta, originaire d’Ethiouar, le manque d’eau et d’espace pour l’agriculture a fait qu’une bonne partie de la population est descendue à Bandafassi pour ensuite créer les quartiers d’Indar et de Mbaniang. Toutefois, a-t-il précisé, Ethiouar est resté ce village ancestral et sacré où les Bedik célèbrent leurs fêtes traditionnelles. Appartenant au groupe ethnolinguistique « tenda », les Bedik sont divisés en clans : les Mbiwol qui vivent à Andjiel, Iwol et Ethiès, les Mbanapas qu’on trouve à Ethiouar et les Mbounolo.
L’existence des Bediks qui savent bien perpétuer leurs traditions de génération en génération est rythmée par les cérémonies d’initiation, de passage des classes d’âge, de fiançailles.
Traditions jalousement conservées
En effet, soutient Marc Keïta, les Bediks sont de farouches défenseurs de leurs traditions et coutumes ancestrales. Et l’initiation, constituant la plus grande fête chez les hommes, est organisée de la même manière dans les trois clans. « Chez les Mbiwol et les Mbounolo, les enfants, après le combat avec les masques, passent six mois en brousse dans le bois sacré. A leur retour, ils intègrent directement la case des adultes », explique-t-il. Cependant, indique-t-il, la durée diffère chez les Mbanapas où l’initiation se fait en deux phases. Ici, avance Marc Keïta, les jeunes font un premier passage de trois mois avant d’intégrer une première case coutumière. Quelques années plus tard, ils passent la seconde étape qui leur permet d’accéder à la seconde case coutumière considérée comme celle des adultes. L’initiation est donc une obligation. « Quand j’avais quinze ans, je devais être initié. J’étais à Kédougou. J’avais abandonné les études pour passer l’initiation de trois mois. Du coup, je ne pouvais pas faire les examens », raconte-t-il.
C’était difficile d’apprendre d’octobre à avril pour ensuite abandonner. « Mais tous les papas des enfants de ma classe d’âge avaient exigé notre initiation », se souvient-il. Pour Rigobert Keïta, le Bedik, qu’il soit en Espagne ou aux États-Unis, doit revenir au village faire l’initiation. « S’il ne le fait pas, il n’est pas considéré comme un homme mûr, un homme à la hauteur. On le range tout simplement du côté des femmes », affirme-t-il. Une précision appuyée par Gérald Keïta, originaire du village d’Andjiel et laborantin à Bandafassi. « Un non initié n’a pas droit à la parole ; il n’est pas écouté », ajoute-t-il.
Selon lui, Andjiel était, dans le passé, dépositaire de la coutume ayant trait à l’initiation à Iwol. « C’est ce qui fait que, pour l’initiation, Iwol se soumet toujours à Andjiel. Iwol est le plus gros village et concentre une plus forte population, mais Andjiel est plus ancien. Donc, tout ce qu’Iwol veut faire par rapport aux coutumes, passe par Andjiel », fait-il savoir. Chez les Bedik, l’initiation est une vraie école, celle de la vie, de la sagesse, de la rigueur et de la débrouillardise. « On y apprend à respecter l’autre, surtout l’ancien, à soigner son langage, à mener une vie honnête », assure-t-il. Rituel de fertilité des sols, mais aussi de fécondité de la femme, le « gamond » occupe également une place importante dans le calendrier des Bedik.
Une communauté dans l’oubli
Selon Marc Keïta, cette fête, célébrée chaque année avant les premières pluies, est l’occasion de faire des offrandes et des prières, afin que les esprits rendent les femmes et la terre fécondes. Au travers des rites et des traditions colorés, c’est toute l’authenticité d’un univers majestueux qui est dévoilée tout au long de l’année chez cette minorité ethnique. Et Rigobert Keïta d’appeler l’État à les aider à sauvegarder les coutumes et traditions, « car certaines de nos valeurs ont tendance à disparaître ».
Si les Bedik ont pu conserver leurs traditions séculaires, c’est en grande partie grâce au puissant site défensif que constituent les montagnes aux flancs desquelles ils ont construit leurs villages, mais aussi à leur ancrage aux valeurs laissées par leurs ancêtres. Si habiter sur les hauteurs a quelques avantages, les contraintes sont encore plus nombreuses pour ces populations. En plus du manque d’espace pour les activités agricoles, l’accès à l’eau constitue un véritable casse-tête. « L’État doit nous aider à avoir de l’eau à Ethiouar. Le bois sacré est là-bas et presque toutes les fêtes s’y passent », indique Rigobert Keïta.
A l’en croire, les femmes sont obligées de descendre pour aller chercher de l’eau. Elles remontent, portant des bidons d’eau de 20 litres ou des bassines, pour venir faire le linge et préparer les repas. « La situation est ardue. Même un homme ne résisterait pas à cette corvée. Nos femmes sont très fatiguées. Elles ne dorment pas. Celles qui sont en état de grossesse ne sont pas épargnées. C’est très pénible. Souvent, les sages-femmes leur demandent de diminuer leur volume de travail, mais elles ne peuvent pas, car elles doivent s’occuper des enfants, puiser de l’eau, préparer à manger… », s’indigne Rigobert Keïta.
Toutes choses qui font que les Bedik souhaitent voir leurs conditions de vie améliorées. Marc Keïta invite ainsi l’État à soutenir cette communauté qui vit des situations difficiles. « Nous sommes délaissés. Pourtant, nous sommes tous des citoyens sénégalais ayant besoin d’aide pour sortir de la pauvreté, avoir accès à l’éducation et à la formation, bénéficier de soins de qualité, renforcer l’égalité en promouvant la position des femmes », note-t-il. Selon Marc, les Bedik qui paient leurs impôts et votent à chaque consultation électorale, méritent mieux que cette situation de précarité.
Samba Oumar FALL/Mbacké BA/lesoleilonline/https://web.facebook.com/lesoleilonline/posts/99808615357...

LE GOUDRON FATICK-KAOKAK: DECEMBRE 2016...

Le tronçon Kaolack-Fatick livré «en décembre 2016»

44212_Route_bitume-10-19-2014_01.19.04.jpg

Le tronçon routier Kaolack-Fatick, d’une longueur de 42 km et dont la réhabilitation est en cours, sera livré «en décembre 2016». L’annonce a été faite par le directeur technique et du développement de l’entreprise Jean Lebfèvre Sénégal SA, Ndane Diouf.
C’était au cours d’une visite de terrain destinée à constater le niveau d’évolution du chantier.
«Les travaux se déroulent correctement avec tous les matériels et engins que toute entreprise de ce genre de travaux doit disposer dans l’exécution de ce type de chantier», s’est-il félicité, avant d’indiquer que «le niveau d’avancement global des travaux, à ce jour, est à 33%».
«la réalisation de 27,5 kilomètres de déviation réalisés dont 15 kilomètres mis en circulation, la réalisation de 20,5 kilomètres dans le terrassement et la préparation de la plateforme, l’exécution de 14,9 kilomètres dans le traitement de la fondation».
Les autres travaux réalisés à ce jour sont «le traitement de la couche de base sur une distance de 12,1 kilomètres, la mise en œuvre de la couche de liaison en grave-bitume sur une distance de 2,5 kilomètres, la reconstruction de trois ouvrages sur cinq, et le rehaussement de 90 têtes d’ouvrages sur 98».
Ces travaux sont financés par l’Etat du Sénégal dans le cadre du Budget consolidé d’investissement (BCI) pour un coût de 16,4 milliards de francs CFA après avoir été lancés officiellement en décembre 2014 pour une durée de 18 mois avec comme maître d’ouvrage, le ministère des Infrastructures des Transports terrestres et du Désenclavement qui a choisi l’Ageroute, comme maître d’ouvrage délégué.
Amadou L. Mbaye/Senenews

L'ART SORT DES PRISONS

Au Sénégal, les prisonniers vendent leur art sur Internet

4909003_3_47be_peinture-realisee-par-un-prisonnier-au_f7e38423c674a421e5614d782138dc5d.jpg

Dans une galerie discrète non loin de la prison pour femmes du quartier de Liberté 6 à Dakar, un jeune homme fluet au sourire avenant vient prendre place sur un siège posé sur quatre cornes de bœuf. Autour de lui, les bijoux, chemises en wax, les tableaux colorés et même le siège sur lequel il vient de s’asseoir ont tous un point commun : Ils ont tous été conçus par des détenus des prisons sénégalaises. Le jeune homme, Moctar Cissé, 27 ans, est l’un des premiers admirateurs de ces artistes un peu particuliers. Ainsi a-t-il créé Yeswesell.org, une plateforme en ligne de revente des produits réalisés par les prisonniers.
C’est sur des fonds propres qu’il a lancé YesWeSell au début 2016 avec l’équivalent de 1 000 euros. « Mon père était directeur de prison, et dès l’âge de 15 ans j’ai commencé à côtoyer des prisonniers. Ces contacts ont changé l’image que j’avais du détenu », explique Moctar Cissé avec enthousiasme. Quelques mois après le lancement de sa plateforme, le jeune homme peut déjà compter sur l’appui de l’étoile montante sénégalaise, le chanteur Faada Freddy et son groupe Daara J Family, désignés ambassadeurs du projet.
Déjà 3 000 visites et huit commandes
Yeswesell revendique 3 000 visites et huit commandes, depuis le Sénégal, mais aussi la France, la Belgique et le Royaume-Uni. Une des peintures, titrée « Baobab », devrait bientôt être acheminée vers la Grande-Bretagne. Les objets à vendre, très variés, vont de 10 à 210 euros. 10 % des ventes vont à la gestion du site, et le reste revient directement au créateur. Le bénéfice total s’élève pour l’instant à 75 000 francs CFA (environ 115 euros).
Moctar Cissé a « voulu faire quelque chose pour améliorer [les] conditions de vie » des prisonniers, largement décriées par les organisations de défense des droits de l’homme. Le Sénégal compte trente-sept prisons qui accueillent 8 630 personnes pour une limite de 7 360 places disponibles, selon le centre de recherche britannique International Centre for Prison Studies. Cela fait du pays le troisième plus grand geôlier d’Afrique de l’Ouest. Et les conditions de détention sont déplorables. Des photos ayant fuité des cellules montrent des hommes dormant les uns sur les autres. L’International Centre for Prison Studies évoque également des hommes qui attendent parfois plusieurs années derrière les barreaux leur procès.
Moctar Cissé espère donc changer la donne en valorisant leur « potentiel de création, pour redorer le blason du prisonnier », quelles que soient les raisons de sa détention. Pour l’heure, le site n’assure que la vente des produits. Mais Moctar Cissé envisage à terme de créer un espace d’expression et de débats pour les détenus.
Laurann Clément/Lemonde.fr/afrique

26/04/2016

LA GRANDE HONTE DU SENEGAL (suite)

Mendicité au Senegal : Voyage dans la vie sinistrée des talibés

12932981_1178014528909253_368914401988123719_n.jpg

La mendicité est une pratique qui a cours au pays de Senghor depuis des lustres. A longueur de journées, des talibé, habillés en haillons, gamelles en main, prennent d’assaut les grandes artères du pays à la quête de l’aumône. Si les organisations de défenseurs des droits des enfants crient au scandale, les maîtres coraniques ou marabouts, responsables de ces enfants dans les rues, répliquent en brandissant des préceptes de la religion.
Comment les talibé vivent-ils la quête de l’aumône à laquelle ils sont soumis ? Dans quelles conditions vivent-ils et apprennent-ils le Coran chez les maîtres coraniques ? Saintes questions. Mais, les réponses ne coulent pas de source.
Le départ est fixé très tôt ce mercredi pour plonger dans la vie des talibé. Il est 5 h à Sacré-Cœur 3. A cette heure de la journée naissante, les livreurs de pain effectuent déjà leurs navettes entre la boulangerie et les kiosques du quartier. Les grandes artères sont quasiment vides : les véhicules se servent de leurs phares pour percer la rosée du petit matin. Ce quartier huppé de Dakar desserre tranquillement l’étreinte de Morphée sous les regards inquiets des talibé organisés en groupuscules. Chaque journée naissante est synonyme de privations, de peurs et apporte son lot de malheurs.
En suivant discrètement ces talibé, déguenillés, on s’approche tout près du drame qui enveloppe le destin de ces jeunes innocents poussés dans cette spirale par des maîtres coraniques ripoux et des parents démissionnaires. En ce début de matinée où pointent les premières âmes généreuses, ils ne sont pas enclins à accorder une minute de discussion à un interlocuteur qui ralentirait l’obtention de leur moisson du jour. Entre la Vdn et le terrain de Sacré-Cœur en passant par les allées des gros immeubles de la Boulangerie jaune, la technique d’approche est presque la même : «Saraakh» (de l’aumône s’il vous plaît).
A 6H 30, les grosses cylindrées commencent à débouler sur les artères de Liberté VI, de la Brioche dorée, bref de toutes les voies qui mènent au rond-point Jvc. Les premières pièces, les morceaux de sucre, de pain, tombent dans les sébiles. Sans se préoccuper du danger, ils se faufilent entre les files de véhicules pour frapper les vitres des «gros Messieurs» pour qu’ils laissent quelque chose dans les gamelles.
Il est 9H : Dépenaillé, Seyni, âgé entre 5 et 7 ans, occupe la tête du peloton depuis l’aube. Il est astreint à un emploi du temps que son âge n’aurais dû jamais permettre. Mais, il a une «dépense quotidienne» à assurer pour rester dans les bonnes grâces de son marabout : «Mon marabout s’appelle Massamba Diao. Nous habitons Ouakam et c’est de là que je quitte pour arriver ici. Je quitte vers 5h et je marche. A 07 heures, je suis ici. Je demande à toute personne que je vois, de l’aumône pour pouvoir rassembler les 700 fcfa demandés par mon maître. Si je ne trouve pas cette somme, je reste dans la rue et je continue à chercher.» Après le business du marabout, l’apprentissage : «Nous apprenons le coran l’après-midi (vers 14 heures), mais si on ne trouve pas, on ne rentre pas.» Il réajuste son repoussant tee-shirt. Malgré leurs conditions de vie exécrables, ils arrivent à (inconsciemment ?) s’aménager des plages de jeu. Cela leur rappelle leur véritable âge et ce qu’ils étaient censés faire en ce moment de leur vie. Vêtus de tee-shirts et de shorts, sans chaussures, trois talibé s’amusent devant la porte d’une boutique qui n’a pas encore ouvert ses portes. Dès les premiers contacts, ils tendent leurs pots de conserve. S’apercevant qu’il n’est pas question d’aumône, les deux s’affolent et prennent la tangente avant de laisser derrière eux leur frère. Abdoulaye, dont l’âge oscille entre 10 et 15 ans, détaille les attentes de son marabout nommé Issa Faye. «Chaque jour, nous devons emmener 500 F Cfa en dehors du riz et autres qu’on nous offre en nature. Et si nous n’emmenons pas cela, on nous frappe. Souvent notre maître n’utilise pas le caoutchouc, il se sert des sandales pour nous frapper. C’est pour ça que si nous n’avons pas rassemblé l’argent exigé, nous n’osons même pas rentrer», récite machinalement le gamin dont le daara est niché quelque part à Sacré-Cœur III.
Business des marabouts
Aujourd’hui, ce business élève les maîtres coraniques dans l’ascenseur social. Mais, les contributeurs survivent dans un environnement crasseux. Crâne recouvert de teigne, Abdoulaye se goinfre, à son retour après une longue journée de pénitence, de restes. Il explique : «Si nous rentrons, nous mangeons les aliments déjà préparés qu’on nous a donnés durant la quête de l’aumône. Après avoir mangé, nous commençons par apprendre et réciter les sourates. Moi, je suis arrivé dans le daara, il y a deux ans. Nous sommes une quarantaine. Les vêtements que nous portons sont ceux qu’on nous offre durant l’aumône. Parfois, nous ramassons certains vêtements que les riverains jettent aux dépotoirs. Pour l’entretien de ces vêtements, c’est nous-mêmes qui payons du savon pour les laver.»
Ce discours est reproduit comme un verset de coran par tous les talibé rencontrés à Mermoz, Grand-Dakar et même au Centre-ville. Dans l’opacité de la nuit, les mots pour décrire leur clavaire connaissent une nouvelle tonalité. Désespérant ! Alors que le manteau noir tombe sur Dakar, les talibé commencent à scruter les coins les plus tranquilles de la capitale pour se taper quelques moments de somme. Il est 21H. Entre les ruelles de l’Institut français, du boulevard Georges Pompidou, en passant par l’immeuble Tamaro, les échoppes, les dibiteries et les restaurants n’ont pas encore baissé leurs rideaux. Même si l’affluence est faible.
A cette heure de la nuit, leurs om­bres commencent à se mêler aux silhouettes des belles de la nuit. Alors que la fraîcheur commençait par dissiper la légère chaleur de la journée. Minuscules dans l’obscurité, ils apparaissent de l’autre côté des parpaings. Yaya Seydi (14 ans), originaire de la Guinée Bissau, accompagné de deux autres talibé, âgés entre 5 et 7 ans, passe son… week-end dans les rues pour profiter de ce quartier libre. Il révèle : «Nous habitons un daara situé à Colobane (à quelques encablures de Dakar). Nous sommes en week-end aujourd’hui et demain. Donc, nous profitons de ce temps pour rester en ville. Demain matin, nous allons demander l’aumône et il est inutile de rentrer à Colobane et revenir encore. C’est loin et ce n’est pas facile.». Cartons à la main, il s’oriente vers la Direction générale de la Comptabilité publique et du trésor.
Au Centre-ville, les espaces coûtent chers. Les talibé, les lépreux et autres Sdf se disputent les ombres des bâtiments sous l’œil affligé des vigiles. Ils sont compatissants. 10, 20, 30 talibé déboulent de partout. Couchés à même le sol, mains entre les jambes, ils dorment ensemble. La météo affiche 21 degrés. Le vent de la mer rajoute une dose de fraicheur à la nuit. La couverture est un luxe. Ceux qui en disposent arrivent à peine à se couvrir : Elles sont usées et fines. C’est un véritable passoire pour les courants d’air. D’autres enfants, par faute de couverture, se sont enroulés dans des sacs de riz de 50 kg pour dormir. Situation chaotique…et abracadabresque. C’est leur vie !
Ils arrivent néanmoins à chasser le spleen. Ceux qui ne dorment pas se taquinent et sautillent de joie. Mais, on reste immobile et hébété devant la scène. «Comment allez-vous ?» Nous allons bien, ont-ils répondu en chœur. Heureux comme des mômes. Ibrahima Baldé, recroquevillé dans un sac de riz lève la tête, sourire aux lèvres. Il a décidé de ne pas rentrer à Keur Massar ce soir. «Je suis là depuis ce matin, j’ai mendié, je suis fatigué et je ne peux pas rentrer. Et puisque notre marabout n’est pas là, j’ai décidé de rester ici pour demander l’aumône demain en ville. Cela me permettra de payer le savon et autres pour les petits besoins», confesse ce gamin de 6 ans.
Bombe sociale
Presque le même discours a été servi par ses «amis de nuit». Constat : Ils viennent tous de la banlieue (Keur Massar, Guédiawaye, Parcelles assainies, Tivaoune Peulh, etc). Sans billet de retour, ils exposent leur vie dans les rues insécurisées de la capitale à la solde des agresseurs de tout acabit. Dans ce lot, il y a un contingent de Bissau-guinéens, des Guinéens, des Maliens, des Gambiens.
Qui est responsable ? Sans doute, personne. Malgré tous les plaidoyers, la situation ne change pas. Ces conditions de vie sus-décrites ont été confirmées par l’organisation internationale Human Right Watch (Hrw) qui a pu recueillir des révélations aussi poignantes sur le vécu de ces mendiants. Pour cette organisation, «les garçons (talibé) passent la majeure partie de leurs journées à mendier dans la rue pour obtenir un quota journalier, d’argent, de riz et de sucre. Le riz et le sucre sont vendus par le maître coranique et l’argent va directement dans sa poche. Si les garçons n’arrivent pas à atteindre le quota, ils sont battus, souvent très brutalement». La loi interdisant la mendicité n’est pas appliquée à cause des louvoiements d’un Etat qui peine à s’affranchir du pouvoir spirituel.
lequotidien

KARABANE MENACEE

ÉROSION CÔTIÈRE: L’Ile de Carabane menacée de disparition

9373541-15003551.jpg

Depuis une vingtaine d’années, les habitants de l’Ile de Karabane ne cessent de plaider auprès des autorités sur l’avancée de la mer. Mais jusqu’ici, rien n’a été fait. Or, le danger est là.
L’Ile de Carabane a une superficie de 57 km2, cependant, elle manque presque de tout. Les porteurs de projets ne savent pas que le village ne dispose pas d’électricité, ni d’eau potable malgré sa médiatisation, elle est aussi menacée sérieusement par l’érosion côtière.Alioune Sarr, président de l’Association pour la rénovation et le développement de l’Ile de Carabane, a profité de son face-à-face avec la presse, pour lancer un appel pressant envers les autorités de ce pays et à Pierre Atépa Goudiaby, de se préoccuper plutôt de la sécurité des populations avant tout. « Tout le village est installé en poteaux, lampadaires, câblages, tout est fini. Mais le village est dans l’obscurité. Le village manque d’eau douce, tout est saumâtre. L’érosion côtière attaque gravement le village et si rien n’est fait, Carabane va disparaitre de la carte du Sénégal », avertit-il.
Projet paradis fiscal Karabane
Après avoir mis en suspend son projet 2005 de construire un hôtel avec une capacité de 300 lits et des banques à Caravane, le milliardaire casamançais, Pierre AtépaGoudiaby, revient sous le magistère de Macky Sall en modifiant son projet et lance un autre en voulant faire de l’Ile un paradis fiscal. Les populations locales, frustrées, n’ont pas apprécié les démarches de l’enfant de Baila. En croire Alioune Sarr, président de l’Association pour la rénovation et le développement de l’Ile de Carabane, « M. Goudiaby a annoncé deux projets majeurs pour l’Ile, mais jusqu’ici, il n’a consulté personne. Et la moindre des choses, dans ces genres de projets, il faut collaborer avec les populations parce que les terres nous appartiennent. Et nous pensons que c’est un manque de considération. » À la question de savoir, malgré l’insistance de l’architecte de réaliser son projet, est-ce que les populations vont collaborer ? Alioune Sarr rétorque : « On ne pas collaborer avec une personne qu’on ne connait pas et qui ne vous considère pas aussi. Mais Pierre n’a jamais mis ses pieds chez nous ; difficile de savoir si ce qu’il fait est sérieux. Nous avons une fois déposé une lettre de soutien au nom du village dans son bureau, mais il n’a pas répondu » Cependant, M. Sarr précisera face à la presse : « Nous ne sommes pas contre les projets, mais la moindre des choses, il faut parler aux populations car l’Ile n’est pas une brousse inhabitée, comme l’ont fait les colons à leur arrivée en discutant avec la population locale avant d’acheter l’Ile. »
Ibrahima Khalil DIEME/Exclusif.net

29 MILLIONS DE DOLLARS POUR PROTEGER LES CÔTES

La Banque mondiale apporte 29 millions de dollars pour protéger les côtes du Sénégal

saly plage 3.jpg

En proie à une crise, le secteur touristique sénégalais, grâce à un appui financier de la Banque mondiale, tente de se relancer. En luttant, notamment, contre l’érosion côtière.
29 millions de dollars. C’est le montant global du prêt que le Sénégal a obtenu de la Banque mondiale en appui à son secteur touristique, en proie à des difficultés depuis quelques années.
Ce prêt s’inscrit dans le cadre du volet tourisme du projet global « Croissance et compétitivité » du pays. Les ressources apportées par la Banque mondiale sont destinées à financer plusieurs volets de ce projet.
D’abord, 2,6 millions de dollars ont déjà été décaissés en guise d’avance de démarrage. « L’avance est destinée aux travaux préparatoires du projet dont, notamment, les enquêtes statistiques et les études en cours sur la compétitivité du secteur du tourisme, sur l’initiative « Saly ville verte » et, surtout, sur la restauration de ses plages durement éprouvées par l’érosion côtière », détaille à Jeune Afrique El Hadji Malick Mbaye, en charge du projet et directeur des études et de la planification au ministère du Tourisme et des transports aériens.
Les plages de la station balnéaire de Saly, le centre de l’industrie touristique locale situé dans le département de Mbour à 80 km de Dakar sont, en effet, fortement affectées par l’avancée de la mer.
Au total, 22 millions de dollars de l’aide de la Banque mondiale seront alloués à la lutte contre l’érosion côtière sur la station (brise-lame, ensablement, restauration de la plage…).
1 million de visiteurs
Ces travaux sont d’autant plus importants que le tourisme balnéaire représente 54 % de l’offre touristique du pays. « Actuellement, 25 % du littoral sénégalais sont à haut risque d’érosion côtière à cause de l’élévation du niveau des mers », s’inquiète la Banque mondiale dans un rapport de 2014. Selon l’estimation de cette institution, à Saly, 30 % des logements ont déjà « perdu l’accès aux plages utilisables ». Une situation alarmante.
Aussi, 7 millions de dollars serviront à accompagner le développement du tourisme en termes de suivi du secteur, de promotion, d’accompagnement des opérateurs, de renforcement de capacités, de développement de produits (tourisme balnéaire, d’affaires, culturel, etc.).
L’étude technique a déjà démarré et le cabinet devant réaliser celle d’impact environnemental déjà sélectionné. « Il attend que l’étude technique soit avancée, parce qu’il faut évaluer l’impact des solutions techniques », explique El Hadji Malick Mbaye : 1,5 million dollars sont prévus pour cette phase.
Le démarrage effectif du projet est fixé à début 2017.
En 2003, la Banque mondiale avait approuvé un prêt d’un montant total de 56 millions de dollars devant financer le Projet de promotion des investissements privés (PPIP), dont le tourisme. En mi-2015, le portefeuille de l’institution de Bretton Woods comprenait 16 projets en cours d’exécution pour un montant total de 575 milliards de F CFA (877 millions d’euros).
Au Sénégal, le secteur touristique est la première source de devises du pays, qui accueille environ 1 million de touristes chaque année, contre près de 1,5 million au début des années 2000.
Jeuneafrique

FAUX FRANCS CFA

Faux-monnayage et économie: Quels dangers?

argent-francs-cfa.jpg

Plus de 43 milliards FCfa, c’est le montant en faux billets saisis au Sénégal entre 2015 et 2016. C’est du moins ce qui ressort de l’information donnée par le journal l’Observateur. Cette révélation inquiétante fait du Sénégal un vrai pays de faux monnayage.
En effet, nonobstant l’utilisation par les banques émettrices, de graphismes compliqués difficile à reproduire et de procédés de fabrication coûteux inabordables pour les faussaires, ces derniers n’en démordent pas. Tout compte fait, en quoi consiste le faux monnayage, quels sont ses impacts dans l’économie du pays, pourquoi le phénomène persiste-t-il? Eclairages…
De quoi s’agit-il?
Dans le jargon juridique, le « faux-monnayage » désigne la contrefaçon d’une monnaie. Il renvoi au crime consistant à fabriquer, à détenir ou à utiliser de la fausse monnaie. L’interdiction et la sanction de cette infraction ont leur base légale dans le code pénal, plus précisément en son article 119.
Ce dernier dispose:» Quiconque aura contrefait, falsifié ou altéré des signes monétaires ayant cours légal sur le territoire national ou à l’étranger sera puni des travaux forcés à perpétuité et d’une amende décuplé de la valeur desdits signes et au moins égale à 20.000.000 de francs. Si le coupable bénéficie de circonstances atténuantes, la peine ne pourra être inférieure à cinq ans de travaux forcés et à 1.000.000 de francs d’amende».
Au regard de cette disposition, force est de constater que le législateur a tenu à sanctionner le faux monnayage à la hauteur de sa gravité.
Le faux-monnayage, l’ennemi de l’économie
La contrefaçon de billets de banque n’est pas sans conséquence pour une économie, surtout comme la notre. En effet, si les pertes subies par des particuliers et des entreprises qui ont reçu des billets contrefaits constituent la partie visible de l’iceberg, la diffusion incontrôlée de ces billets de banque causent encore des dégâts plus sérieux. Ainsi, à plus grande échelle, les conséquences de ce phénomène se manifestent par une instabilité économique due à la perte de confiance des investisseurs dans nos systèmes financiers.
La confiance qui est la qualité principale sur laquelle la banque centrale fonde sa crédibilité se voit ainsi sérieusement entachée. La liste des impacts citées plus haut est loin d’être exhaustive. Autant dire tout simplement, que le faux-monnayage constitue une menace, et pas des moindres, pour les pays en voie de développement comme le notre.
Pourquoi le phénomène persiste-t-il?
Lorsqu’il s’agit de passer à la loupe les facteurs qui assurent de beaux lendemains au faux-monnayage au Sénégal, de nombreuses causes sont citées. En effet, de l’avis de certains experts, les taux élevés de monnaie contrefaites enregistrés au Sénégal s’expliquerait , en partie, par le fait que les organismes d’application de la loi n’accordaient qu’une faible priorité aux enquêtes sur la contrefaçon.
La méconnaissance du public des répercussions économiques globales de la contrefaçon sur l’économie sénégalaise serait aussi un facteur favorisant ce phénomène. Par ailleurs, certains économistes quant à eux, indexent le secteur informel, qui à leur avis, favorise le faux-monnayage du fait du peu de contrôle qui y est exercé.
Quoi qu’il en soit, il faut noter que ce phénomène n’est pas nouveau. Presque aucun pays n’y échappe. Il a même parfois été utilisé par certains pays comme une arme économique pour affaiblir des pays ennemis. L’idée était de submerger l’économie concurrente avec de la fausse monnaie afin de faire baisser la valeur de sa monnaie. Notre pays gagnerait alors redoubler d’effort pour venir à bout de ce phénomène dangereux.
Abdoulaye Fall/Senenews

25/04/2016

50000 LAMPADAIRES SOLAIRES

Eclairage public : Thierno Alassane Sall annonce 50.000 lampadaires solaires pour les collectivités locales

EcP2.jpg

Le ministre de l’Energie et du Développement des énergies renouvelables, Thierno Alassane Sall, a annoncé vendredi à Thiès le lancement d’un programme d’installation de 50.000 lampadaires solaires sur l’ensemble du territoire sénégalais. Une politique de choix qui va le sens de mieux lutter contre les effets du changement climatique.
Selon le ministre « ce don de lampadaires est mis à la disposition du Sénégal par l’organisation sous-régionale UEMOA. C’est un premier lot de 1835 lampadaires solaires, pour accompagner les autorités sénégalaises dans la mise en œuvre d’un programme-test dans les villes et zones rurales du Sénégal », a expliqué Thierno Alassane Sall.
Le ministre de l’Energie et du Développement des énergies renouvelables a appelé les autorités municipales de Thiès à faire une bonne utilisation de ces lampadaires solaires.
Ajoutant que « les collectivités locales, au même titre que les populations bénéficiaires, ont la responsabilité de veiller à leur préservation et à leur utilisation rationnelle, évitant le gaspillage énergétique », a dit Thierno Alassane Sall. Selon lui, « la ville de Thiès doit être pionnière » dans ce domaine, « pour la réussite de l’opération et la promotion du solaire au Sénégal ».
M. Sall a par ailleurs annoncé l’installation de centrales solaires dans de 4 hôpitaux du pays dont il n’a pas précisé les noms, dans le cadre de mesures visant à réduire les factures d’électricité de ces structures hospitalières.
Le maire de la ville de Thiès Talla Sylla a remercié le gouvernement sénégalais et les autorités de l’UEMOA, pour cet appui à la ville de Thiès, qui devrait selon lui contribuer à la réduction de la facture d’électricité des maires des communes de la cité du rail.
Les collectivités locales, grâce aux énergies renouvelables, peuvent avoir une autonomie de fonctionnement en matière d’éclairage public, a fait valoir Talla Sylla.
Le ministre Thierno Alassane Sall s’exprimait vendredi, à Thiès, au cours d’une cérémonie officielle de remise du document de transfert du projet des lampadaires solaires au maire de la ville de Thiès, Talla Sylla.
L’adjoint au gouverneur chargé des affaires administratives, Mbassa Sène, a pris part à cette cérémonie, de même qu’un représentant de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), en la personne de Dossola Diarra.
Khadim FALL/Pressafrik

24/04/2016

LA NATURE ASSASSINEE AU SENEGAL

Encore un exemple: La longue agonie de la MANGROVE de PIKINE

senegal
Jadis verdoyante et rayonnante, la mangrove de PIKINE n’est devenue que l’ombre d’elle-même. Sur les racines de ses palétuviers s’accrochent des milliers de sachets en plastique et autres débris d’ordures provenant du dépotoir d’ordures fermé. Une dangereuse pollution qui freine l’épanouissement de ce riche écosystème. Aujourd’hui, des PIKINOIS, conscients des importantes ressources qu’ils peuvent tirer de leur mangrove se dressent en sentinelles pour protéger ce trésor. De la culture des huitres, des crevettes à la pisciculture, plusieurs projets y sont préconisés au bénéfice des populations du populeux quartier. S’ajoute à cela la possibilité de développer l’écotourisme local. Mais ces initiatives interpellent plus de volonté politique des autorités communales qui tardent à matérialiser leur promesse de restaurer le dépotoir, de butimer la route et d’éclaircir la digue, terreau d’insécurité.
vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=VeqJFbOcris

Ndarinfo

CHANVRE DETRUIT EN CASAMANCE

Bignona: Une opération de destruction des champs de chanvre, vire aux accrochages

57c07ae5450228677bc65ccb0d1bbfe26de338f0.jpg

C’est la Direction des Relations Publiques de l’Armée qui a étalé le bilan de l’opération réussie dans le nord de la Casamance. En effet, le commandement de la Zone militaire n° 5, appuyé par un peloton de la gendarmerie basé à Ziguinchor, a initié une grande opération de destruction de vastes étendues de culture et de production de chanvre indien. Djoundji et Djiéyé à une vingtaine de kilomètres au nord de Sindian dans le département de Bignona, sont les localités ciblées. C’est ainsi que de nombreux champs prêts à être récoltés ont été détruits. Pour autant, cette mission des « Jambars » n’était pas aussi aisée. La DIRPA a évoqué des accrochages entre l’armée et des rebelles du MFDC qui, d’ailleurs ont perdu plusieurs éléments. Une arme de guerre de type AK 47 (Kalachnikov) a été récupérée par l’armée.
L’armée déplore cependant la blessure légère d’un soldat dont l’état n’a pas nécessité d’évacuation sanitaire.
Exclusif.net

RENDEZ-VOUS A DAKAR

Atelier déshydrateur de fruits

DSCF3798.JPG

Les 27 et 28 Avril auront lieu un atelier de construction d'un déshydrateur solaire. Cela permet de conserver très longtemps et de transporter facilement des aliments qui sinon auraient été gaspillés. Au Sénégal, à peine 43% des fruits et légumes produits sont consommés. Cela est causé par des évolutions dans les comportements des consommateurs, des structures économiques déséquilibrées et un manque d’infrastructures permettant le stockage, la conservation et le transport des denrées dans de bonnes conditions. Pour éviter ce gaspillage de ressources, de travail et améliorer la souveraineté alimentaire nous proposons d’animer un atelier « Cuir de fruit » en partenariat avec l’entreprise Fwee qui a déjà démontré l’impact social, économique et écologique d’une telle solution.
L'atelier se déroulera au centre de réinsertion sociale de Sicap Liberté, au niveau du jardin Jet d'Eau et du fablab, en face de la mosquée au niveau de immeubles rond-point Jet d'Eau.
N'hesitez pas à vous reporter au groupe Facebook https://www.facebook.com/profile.php?id=472713406255045&a... ou à téléphoner au 774 288 167 pour plus d'informations
vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=7LSzmA_vaiI
Kër Thiossane

AMOUL BATEAUX...

Casamance: Arrêts des rotations des navires Aline Sitoé Diatta et Aguene en panne

9362539-14981642.jpg

Les usagers du navire Aline Sitoé Diatta devront attendre encore deux semaines avant d’embarquer à nouveau à bord de ce navire. A partir du 2 mai, Aline Sitoé Diatta sera entre les mains expertes des techniciens de la navigation maritime pour une révision totale de ses installations techniques.
Selon le responsable de l’escale de Ziguinchor qui s’est expliqué sur les ondes de la radio Sud Fm, c’est un arrêt normal qui intervient annuellement. Ce n'est pas fini le navire Aguène est en panne depuis deux semaines

Politico/Exclusif.net

23/04/2016

Un clavier en Sérère!

Un p'tit effort Mr Mac

lazerwood3.jpg

Le 2 décembre 2014, l’Assemblée Nationale sénégalaise a introduit plusieurs langues vernaculaires dans les débats officiels. Un programme de traductions simultanées d’un coût de 450 000 euros a en effet été mis en place, pour les 50% de députés qui ne maîtrisent pas suffisamment la langue officielle, le français, pour suivre les débats avec efficacité.
Ne vous moquez pas si rapidement, j’en vois venir certains : voici quelques commentaires sur la Bretagne, qui n’ont qu’un peu plus de cent ans :
« Les Bas-Bretons ont un langage dur et difficile à comprendre. Leurs habitudes, leurs coutumes, leur crédulité et leurs superstitions leur laissent à peine une place au dessus de l’homme sauvage . Le paysan y est d’une malpropreté dégoûtante. Son habitation peut presque se comparer à celle d’Hottentots(...) En général les paysans ont une mauvaise physionomie, stupide et brutale à la fois. » (Malte Brun, 1831) . Ou encore, « Le petit Breton est abandonné à lui-même dès qu’il peut marcher. A peine vêtu, malpropre, il patauge toute la journée par les chemins, mange à l’écart un morceau de pain noir, joue peu, ne parle pas(...) S’il a huit ans d’âge physiquement, il en a trois à peine pour le développement intellectuel.... » (Poitrineau, inspecteur d’académie à Vannes, Instruction, 1897).
Je demande pardon aux bas bretons de les avoir pris comme exemple, mais je sentais déjà le souffle du vent de la moquerie, laquelle n’a pas sa place dans mes propos.
Cette décision est tout à fait louable dans la mesure où les langues vernaculaires font la richesse d’un pays, (on enseigne aujourd’hui en France le Breton, le Catalan, l’Occitan et le Basque, qui sont devenues des « langues régionales ») et l’on se félicite de l’aide européenne pour une dépense si pertinente. D’autant qu’un député Bédik, né chez les Bédik et vivant chez les Bédik n’a aucune raison de maîtriser le français, langue à laquelle il n’est jamais confronté. Et pour ceux qui prétendraient qu’il faudrait avoir fait des études pour gouverner un pays, je rétorquerai qu’il suffit de voir où nous conduisent nos énarques pour se dissuader du contraire. Mais une fois de plus je m’égare…
Pour ma part, vivant en pays Sérère et comptant y finir mes jours, le plus tard possible avec l’aide de dieu et, je le crains, de façon abrégée si je devais avoir un jour recours au corps médical, j’ai décidé d’apprendre le Sérère. Oui, j’en avais assez de subir un « bruit de fond » à longueur de journée, car lorsque l’on ne comprend pas un traître mot d’une langue que les gens parlent à longueur de journée à vos côtés, on finit par ressentir un bruit de fond qui devient rapidement désagréable, voire insupportable, d’autant qu’il incite à l’isolement intellectuel. Bien entendu, il reste la solution de passer sa vie à s’abreuver au bistrot pour parler avec d’autres francophones, mais moi, je suis plutôt village, à chacun son truc. Et, je vous l’assure, depuis que je connais quelques mots de sérère, ma vie s’est transformée : mon attention est désormais captée, que dis-je captivée, par les conversations, et je commence à deviner si l’on parle d’un cochon ou d’une voiture, sans encore comprendre si le cochon va être mangé ou s’il a été volé et si la voiture va être vendue ou si elle va être repeinte, mais je tends l’oreille et j’ai l’impression de participer. Je vous l’assure cela change la vie !
En bon élève, je me suis muni d’un cahier et un crayon et j’ai commencé à travailler. Et je me suis dit qu’il serait quand même plus simple de tout mettre sur mon Macbook qui ne me quitte jamais : l’étude d’une langue en déshérence n’interdit pas les technologies du futur, je vous l’assure. Pour preuve, il est même encore aujourd’hui des tribus dans des territoires très reculés du monde qui vivent à l’ère du sidéro-numéro-lithique, nous en reparlerons sans doute un jour.
Bien, revenons à nos Mbaal (moutons en Sérère) : Oh, surprise et déconvenue ! Il n’existe aucun clavier numérique adapté aux ordinateurs Apple, qui puisse taper les quelques lettres propres (et quasi imprononçables) à l’alphabet Sérère ! Rappelons tout de même que la firme Apple se classe la cinquième au monde en terme de ventes d’ordinateurs et qu’alors que tout le marché est à la baisse, Apple est en constante progression. Voilà, c’est navrant. Vous voulez faire un effort d’intégration, et un état qui dépense 450 000 euros pour faire entrer le Sérère à l’Assemblée Nationale n’a pas pensé à faire concevoir un petit programme à trois francs six sous qui permettrait d’écrire en Sérère quand on utilise le deuxième système d’exploitation de la planète.
Consternant, non ?
Messieurs les députés des minorités linguistiques sénégalaises, ne ferez-vous donc rien pour que vos langues ne meurent pas? Franchement, être infoutu d’écrire trois lignes en Sérère avec son Mac en 2016, j’ai l’impression de retourner dans la préhistoire !
Reginald GROUX/Miam Miam/Jardin d'Aïda/Djilor

L'EAU POUR TOUS!

LA SDE BRANCHE 700.000 CLIENTS DANS 66 VILLES ET 400 VILLAGES

eau_potable_1.jpg

C’est par une présentation de son bilan que la Sénégalaise des eaux (Sde) a clos la célébration de ses 20 ans d’activité hier, vendredi 22 avril. A l’occasion de celle-ci, le directeur de la société, Abdoul Baal a dressé un bilan satisfaisant de la structure qu’il dirige
Un satisfecit qu’il justifie par la fourniture d’eau à 6 millions et demi d’habitants et la hausse des branchements à 666. 574 alors qu’en 1996, ils étaient à 241.167. Dressant toujours les points positifs de la Sde, Abdoul Baal a dit que « 66 villes sénégalaises ont accès à l’eau fournie par la Sde».
Un nombre auquel s’ajoute le branchement de 400 villages. Selon toujours Abdoul Baal, des améliorations ont été notées dans la distribution de l’eau. En 1996, elle était à 96 millions de m3 par an, actuellement, elle a atteint 172 millions de m3. L’entreprise est à 700.000 branchements alors qu’en 2016, elle en était à 241.000. La hausse de la distribution est aussi accompagnée par une amélioration de la qualité de l’eau.
Selon Abdoul Baal, l’eau de la Sde respecte à 87,3% les normes recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (Oms). La Sénégalaise des eaux a 700.000 clients et 1184 collaborateurs. En termes de perspective, la société et son partenaire, la Sones, comptent travailler pour la construction d’une usine à Keur Momar Sarr et la mise en pied d’unités de dessalement de l’eau de mer aux mamelles et dans la zone côtière.
Fatou NDIAYE/Sudonline

POURQUOI SALY BRÛLE?

Saly, une zone incendiaire

feuP1020334.jpg
La station balnéaire de Saly est profondément marquée par une série d'incendies. L'inquiétude est palpable chez les résidents. Les sapeurs-pompiers interpellent les responsables des réceptifs pour un respect des normes minimales de sécurité. Focus sur un phénomène récurrent et inquiétant.
Tous les ans, c'est le même cirque, à Saly : on y assiste à un ballet des soldats du feu pour éteindre des incendies. Le dernier en date s'est déclaré au domaine des Orangers et a consumé quatre villas et le bureau du syndicat. Ce qui porte le nombre à 37 incendies, pour l'année en cours. En 2011, 170 villas étaient parties en fumée. En 2015, 52 incendies se sont déclarés au niveau du département. A chaque fois, l'irresponsabilité des ouvriers et le manque de vigilance des résidents ont été pointés du doigt. N'empêche qu'une question s'impose : pourquoi Saly est-il aussi exposé aux incendies ? A ce propos d'ailleurs, une autre question noue les gorges des résidents de Saly et personne ne souhaite l'envisager : "Si le feu se déclare la nuit ?''
En tout cas, les années se suivent et les mêmes sinistres reviennent. Chaque fois, au désarroi, succède la tristesse, puis la promesse de solutions et de mesures concrètes. Des paroles et ensuite l'oubli, jusqu'au prochain incendie. Ainsi, autant, c'est un phénomène universel, autant les populations s'interrogent sur leur fréquence à Saly. La brigade des sapeurs-pompiers de la commune est dotée de 2 citernes de 10 000 litres et d'une autopompe qui peut fournir 8 lances.
Où se situent les responsabilités ?
Les incendies dans la station balnéaire sont la plupart du temps causés par des accidents domestiques. Les barbecues entre résidents, de temps en temps, virent au drame. Au moment du débroussaillage aussi, des incendies sont notés. Le dernier incendie cité plus haut a été causé par des ouvriers qui réparaient le toit d'une villa, à l'aide d'un chalumeau. Alors que, pour effectuer certains travaux dans leurs domaines, résidences et réceptifs, les propriétaires doivent déposer une demande de permis de feu à la caserne des sapeurs-pompiers. Ce n'est qu'après avoir reçu une autorisation que les travaux peuvent débuter. La caserne met un élément de la brigade des sapeurs-pompiers à leur disposition pour qu'en cas de catastrophe, les premiers secours soient vite apportés, afin d'éviter la propagation du feu. Mais les résidents font fi du règlement.
La paille, l'objet du tourment
Dans la zone balnéaire, beaucoup de réceptifs partagent un symbole commun : la paille. Celle-ci, pour certains, est l'élément design du tourisme de la zone. Elle attire. De ce fait, dans beaucoup de réceptifs, domaines, résidences, les constructions sont faites avec de la paille. La récurrence des incendies poussent certains à militer pour sa suppression, une bonne fois pour toutes. Par contre, ceux qui aiment l'exotisme considèrent que les réceptifs doivent garder cette paille qui symbolise l'Afrique. « Ce qui fait le charme à Saly, ce sont les toits en paille. Pourquoi l'enlever ? Le feu se déclare partout, même dans les immeubles. Il ne faut pas accuser la paille », lance Helena Sanchez, une Italienne. Pour ce taximan, il faut plutôt parler de volonté divine.
Au niveau du Lamantin Beach, pour éviter les incendies, les constructions sont dallées, avant la pose de la paille. A en croire, l'adjudant-chef Papa Gora Kane, commandant du centre de secours et d'incendies de Saly, même si les constructions sont dallées, les normes de sécurité ne sont respectées qu'à moitié. « Certes la dalle peut limiter les dégâts, mais ce n'est point suffisant », explique l'adjudant-chef. Certains réclament même que les toits en paille soient transformés en tuile. D'ailleurs du côté de la Société d'aménagement de la Petite-Côte (Sapco), on précise que tout résident peut transformer sa paille en tuile.
Trop de failles dans le respect des normes de sécurité
Au-delà de la question relative à la paille des réceptifs, le manque de vigilance des résidents pose également problème. S'y ajoute le non-respect des normes de sécurité au moment de construire. A ce niveau, beaucoup de choses sont à rectifier. Selon l'adjudant-chef Kane, les gens ne croient pas à la sécurité. Alors que, là où il y a plus d'une dizaine de personnes, il faut le minimum sécuritaire. Des gens investissent des millions dans leurs réceptifs et ne mettent pas le minimum pour la sécurité, déplore l'adjudant. "La sécurité n'a pas de prix. Les chefs de réceptifs doivent renforcer le dispositif sécuritaire. Mieux, ils doivent former leurs employés pour qu'en cas d'incendie, ils puissent faire les premiers gestes. Certains respectent le minimum. D'autres par contre font de la résistance'', explique-t-il.
S'il y a des gens qui sont réfractaires aux dispositifs sécuritaires, d'autres versent dans l'autre extrême : "le trop de sûreté dans la construction des villas'', selon les termes du commandant de la brigade. "Là où il y a trop de sécurité, cela finit par amener de l'insécurité'', prévient-il. Il s'explique : "Dans une villa, il y a plusieurs cases, le salon se trouve en bas et les chambres sont en haut. Les fenêtres des chambres sont barricadées par des grilles. On ne peut les soulever pour faire passer un tuyau d'incendie. Cela ne se fait pas. Quand ils dorment la nuit, ils ferment à clé. Imaginez que l'incendie se déclare la nuit, si les locataires sont sous le choc, ils peuvent être paniqués et gâter la serrure et la clé.''
Plus dangereux encore, selon toujours l'adjudant Kane, dans certains réceptifs, il y a des puits qui ne sont pas bien protégés. Les enfants peuvent soulever facilement le couvercle. C'est dans ce sens qu'il invite à plus de respect dans les constructions, mais aussi à un respect minimal des normes sécuritaires.
Difficulté d'accès
L'autre équation, c'est la difficulté d'accès pour les sapeurs-pompiers, en cas de sinistre. Lorsqu'il y a vent, la propagation du feu se fait rapidement, du fait de la contiguïté des villas. Il n'y a que des couloirs pour les personnes. "Même s'il fallait évacuer un certain nombre de personnes, ce serait difficile, vu l'étroitesse des couloirs'', explique l'adjudant-chef Kane. Même en cas de noyade, il est difficile pour eux d'accéder à la mer par Saly. Les secours de la caserne sont obligés de contourner Saly, d'aller jusqu'à la plage de Mbour et de longer la côte.
KHADY NDOYE/EnquêtePlus

VOUS AVEZ DIT PARADIS?

Scandale immobilier à Saly

10427874.jpg

Un promoteur Français au centre de l’affaire – Des acheteurs floués – La SAPCO et de l’État trop passifs…
Un scandale foncier et immobilier opposant le Français Pierre Hirigoyen, gérant la Société immobilière de construction et de tourisme (Sict) des résidences «Le Paradis», et le collectif des copropriétaires du village touristique «Le Paradis», sous la houlette de Gérard Baussaint, pollue actuellement l’atmosphère à la station balnéaire de Saly. M. Hirigoyen, qui leur a vendu des villas et terrains et s’est retiré en France depuis, laissant derrière lui un collectif dans le désarroi. Les acheteurs, malgré des plaintes pour «escroquerie faux et usage de faux», et des alertes aux autorités, ne disposent ni de permis de construire, ni de plans cadastraux, ni de titre foncier.
Scandale immobilier à Saly: Un promoteur Français au centre de l'affaire - Des acheteurs floués - La SAPCO et de l'État trop passifs...
Qui protège Pierre Hirigoyen, directeur de la Société immobilière de construction et de tourisme (Sict) résidences «Le Paradis», située dans la station balnéaire de Saly Portudal au point qu’il se croit intouchable ? En tout cas, le voilà qui bafoue les lois sénégalaises en matière de construction en toute impunité. Ce qui suscite bien des interrogations de la part du Collectif des copropriétaires du village touristique «Le Paradis» qui, après avoir esté en justice à plusieurs reprises pour «escroquerie faux et usage de faux» sans succès, court toujours derrière les villas et parcelles que M. Hirigoyen leur a vendu. Cela, «à des dizaines de millions et sans papiers administratifs légaux».
Tout est parti en 1997 lorsque la Sict gérée par Pierre Hirigoyen décide de construire un village touristique dénommé «Le Paradis» à la station balnéaire de Saly. Cela, avec le permis de construire n°92/058S/Duh et un dépôt du plan accordé le 4 juin 1998. Les documents déposés et signés par les administrations sénégalaises concernées prévoient la réalisation de 111 Villas, un centre commercial, un hôtel en première ligne «front de mer» sur 40 000 m2. Le ministère de l’Economie, des Finances et du Plan accorde, à l’époque, sous le n°06326, une exonération des droits d’enregistrement. Ce, sous l’arrêté numéro : 6396/mefp/gu du 7/08/1998. Ce qui a provoqué une ruée vers ce «paradis». Occasion n’était plus rêvée pour Hirigoyen pour vendre le maximum de villas. Et jusque-là, tout se passe bien.
Inexistence du permis de construire, malversations foncières, non-respect de la convention du bail Sapco
Mais les choses ont commencé à sentir mauvais lorsqu’en 2002, pour le village touristique «Le Paradis», les copropriétaires ont eu connaissance de «l’inexistence du permis de construire de cette société Sict du gérant Pierre Hirigoyen, de ses malversations foncières, du non-respect de la convention du bail Sapco et du grave danger que faisait courir ce promoteur», fulminent les copropriétaires.
Pour preuves, Baussaint et Cie expliquent: «A la fin des travaux, au lieu de se limiter aux 111 villas qui étaient prévues sur 40 000 m2, le promoteur en a construit 125 villas et 26 garages. Cela, sans permis de construire et sur seulement 20 000 m2 et sans certificat de conformité. A la place du ‘Paradis’, le village touristique est transformé en parcellisation sans avenant, ni modification au permis de construire. Avec un seul accès de sécurité modifié pour construction de bureaux et villas».
Revenant sur la genèse du problème, les membres du Collectif rappellent que «le 8 août 1997, il y a une cession de droit de bail signée entre la Sapco et la Sict représentée par son gérant Pierre Hirigoyen sans être reconnu administrativement. Cela, alors même la Sict n’existe pas, car la demande d’inscription et immatriculation est du 16 septembre 1997, postérieure à la signature de la cession de droit de bail. Dans le certificat d’inscription au registre de commerce n°97.B.1684, concernant les personnes morales, il n’est juste stipulé que le nom de la société, il n’apparaît nullement le nom du gérant, des actionnaires et autres obligations, telles que le dépôt auprès de l’administration fiscale, ainsi que le capital social de cette société qui est de 0 franc Cfa».
Concernant la cession du bail Sapco, le Collectif déclare qu’aucun document n’a été remis sur le respect du projet, sur le plan du cadastre ni sur le projet de la Sict gérant Pierre Hirigoyen. «La Sapco n’a jamais fourni les contrôles sur la mise en conformité du projet, comme stipulé dans le contrat de cession de bail. Les documents liés à la réalisation du village touristique ‘Paradis’, ni sur les pièces confirmant.
Aussi, les victimes se désolent du fait que «malgré toutes les interventions effectuées auprès des autorités (ministères, préfecture) pour mettre un terme depuis 2002 aux actions de Pierre Hirigoyen, gérant de cette petite Sict inconnue au Sénégal comme en France, il a été conforté en toute irrégularité dans ce village touristique à Saly où il n’avait ni les garanties financières ni les capacités techniques pour réaliser un tel projet.
De «faux» plans cadastraux
Le Collectif révèle qu’à ce jour, le village ne dispose pas de plan du cadastre. En effet, les victimes renseignent: «Des syndics non professionnels, sans qualifications, mis en place par Pierre Hirigoyen, ont désigné des experts géomètres pour établir de faux plans cadastraux réclamés par l’administration fiscale dans le cadre des cessions foncières. Et cela, sans se soucier des conséquences de ces malversations en marge du Code de l’urbanisme et de la sécurité. Ces syndics effectuent des démarches illégales qui ressemblent à un blanchiment de malversations. Ils ne sont pas syndics professionnels et sont contrevenant aux lois sénégalaises».
«Comment les notaires peuvent-ils encore effectuer des actes avec de faux plans, sans les documents exigés pour toutes cessions foncières et immobilières, sans l’accord de l’urbanisme, d’architecte agréé, du préfet, du maire et des ministères concernés», s’interrogent les copropriétaires, avant de relever que «des promoteurs véreux ont fait en sorte d’être syndics ou de faire nommer des syndics qui n’ont absolument ni les compétences ni les qualifications fixées par le nouveau Code de la construction de 2010 et les dispositions prises par le Code de la copropriété».
A ce propos, ils renseignent que les services de la préfecture ont été très clairs : «Après enquête minutieuse sur leur moralité et les capacités des prétendants aux postes de syndics, et pour éviter ainsi les graves malversations et détournements de fond enregistrées, la préfecture ne délivre cette carte de syndic professionnel renouvelable tous les ans, qu’aux personnes morales ou physiques ayant rempli toutes les conditions exigées par la loi».
Des adresses non reconnues par les administrations judiciaires
Le Collectif des copropriétaires des résidences «Le Paradis» a relevé un comportement nébuleux de la part du promoteur français Pierre Hirigoyen pour ce qui concerne l’adresse fixe de sa société. Les copropriétaires ont mis à nu diverses adresses de ses sièges sociaux «qui ne sont reconnues par aucune administration judiciaire». A ce propos, les membres du Collectif, document à l’appui, déclarent : «Nous constatons que lorsque Pierre Hirigoyen s’adresse à M. le Préfet de Mbour, Alioune Badara Diop, pour faire valider un permis de construire qui a brûlé, il notifie un siège social 62 rue Raffenel Dakar. Mais quand il s’adresse à la justice, M. Hirigoyen donne l’adresse suivant : siège social 192 Lamine Guèye chez Maître Tall. Lorsqu’il s’adresse aux copropriétaires, il parle du sièges social ‘Paradis’ Bp 142, MBour 481. Et pour les administrations Bp 142 Saly. Pour les dossiers les plus importants, il bombarde le siège social en France, 12 rue Hausseguy 64600 Anglet «encaissement de charges, facturation, etc».
«Au regard de toutes ces preuves, souligne le Collectif, qui confortent Pierre Hirigoyen dans ses malversations, on laisse perdurer le faux, l’usage du faux et l’escroquerie. Pierre Hirigoyen a toute latitude pour rétrocéder et vendre les terrains subtilisés aux copropriétaires du village touristique ‘Paradis’ et cela au détriment de l’intérêt général sénégalais et de la sécurité des personnes et des biens».
Toutes nos tentatives d’entrer en contact avec le promoteur Pierre Hirigoyen, aussi bien par téléphone que par e-mail, sont restées vaines. Mais nos colonnes lui sont largement ouvertes pour donner sa version des faits.
Le Populaire

22/04/2016

ENCORE DU PETROLE DECOUVERT!

Le Sénégal tient son 4e puits de pétrole

3466222_5_723a_la-plate-forme-petroliere-troll-a-exploitee_4d2ea00d08c69703cad59cd512ec65e3.jpg

Encore une autre bonne nouvelle pour le Sénégal. La compagnie pétrolière australienne FAR Limited annonce, que le puits SNE-4, au large des côtes du Sénégal, a été foré par battage, le 18 avril dernier grâce à son partenaire dans la joint-venture du pétrole au Sénégal, Cairn Energy plc.
Selon FAR Limited, le puits SNE-4 en cours de forage, est situé à 3 miles au sud-est de la découverte SNE-1. Il permettra d’évaluer l’étendue du domaine pétrolier visé et va augmenter la base de ressources éventuelles du champ SNE. Le puis SNE-4 est situé à 940 mètres de profondeur et sera foré à une profondeur totale de 3020 mètres. Les opérations de forage et de connexion du puits, devraient durer environ quatre semaines.
Réagissant à propos de ce dernier développement de son exploration offshore Sénégal, FAR Limited, a déclaré dans un communiqué publié sur son site Internet que: « Ce nouveau puits d’évaluation dans le domaine SNE, aidera à confirmer la viabilité commerciale du champ pétrolier au large du Sénégal. »
Pour financer l’exploration et l’évaluation du résultat de ses permis offshore au Sénégal, la société FAR Limited a récemment levé un montant de 46,5 millions de dollars US auprès d’investisseurs et d’institutions de premier rang. Une levée de fonds qui a permis à un certain nombre de nouveaux grands actionnaires institutionnels en Australie et dans le monde, de rejoindre FAR pour goûter aux retombées du pétrole sénégalais.
Amadou L. Mbaye/Senenews

LE NIOKOLO KOBA EN DANGER

Ces menaces qui pèsent sur le Parc Niokolo Koba

senegal
Véritable attraction par le passé, le parc national Niokolo Koba (Pnnk), qui constituait un réel motif de fierté, a perdu de sa superbe. Avec sa valeur écologique incommensurable, cette magnifique réserve naturelle a subi de multiples agressions qui l’ont fortement affecté. La baisse des effectifs favorisée par le braconnage, les feux de brousse, le tarissement des mares, leur envahissement par le mimosa pigra, et aussi l’orpaillage menacent l’avenir de ce joyau, le mettant, depuis 2007, sur la liste du patrimoine mondial en péril.
Aujourd’hui, le parc national Niokolo Koba (Pnnk) est en sursis. Son possible retrait de la liste des biens du patrimoine mondial en péril à l’horizon 2018 et la volonté de le conserver pour les générations futures font réagir l’Etat du Sénégal qui ne cesse de déployer beaucoup de moyens et d’efforts pour panser ses plaies et redorer son blason. Situé dans la partie orientale du Sénégal, le parc Niokolo Koba, créé en 1954 et érigé en site du patrimoine mondial de l’Unesco en 1981, s’étend à perte de vue. Cette magnifique réserve naturelle qui couvre une superficie de 913.000 hectares est à cheval entre les régions administratives de Kédougou, de Kolda et de Tambacounda.
Elle est traversée par la RN7 sur 100 kilomètres. Malgré l’état dégradé de la route, les véhicules de transport, bus, camions maliens et autres particuliers qui s’aventurent sur cet axe en partance ou en provenance de Kédougou roulent à vive allure de peur de rencontrer un félin qui les croquerait. Le parc a beau avoir un patrimoine impressionnant et être riche d’une variété d’animaux sauvages, mais il est impossible d’observer lions, tigres, léopards, éléphants, rhinocéros, crocodiles, phacochères, hippopotames et toutes ces espèces les plus emblématiques dans cette partie de la réserve. Pourtant, de nombreux panneaux indiquent la sortie d’animaux, mais on peut rouler des dizaines de kilomètres sans apercevoir l’ombre d’une bête.
Les plus chanceux pourront, de temps à autre, voir quelques singes railleurs sortis de nulle part qui semblent narguer les passagers, des reptiles, des écureuils distraits. Ni plus. Le voyageur pourra cependant se contenter d’une flore très riche et variée. Pour pouvoir observer lions, élans de Derby (les plus grandes antilopes qui soient), éléphants, léopards, chimpanzés, lycaons, phacochères, hippopotames et autres crocodiles, il faut aller dans la zone centre où il y a une très forte concentration de la faune et au mont Assirik, point culminant du parc avec ses 311 mètres d’altitude qui constitue un refuge pour de nombreuses espèces en voie de disparition. Encore que dans de cette immensité, il est plus encore difficile d’y voir des animaux.
Chute des fréquentations
Véritable attraction touristique par le passé, le parc a enregistré une importante chute de ses visiteurs. Il y a une dizaine d’années, 5 000 personnes fréquentaient en moyenne le parc par an. Une baisse que prend au sérieux le lieutenant Adama Kébé, chargé de la promotion touristique et du volet communication-information du parc. Selon lui, les causes de la baisse des rentrées touristiques sont multiples. Il s’agit d’abord de l’état de dégradation du parc, qui serait très largement responsable de cet état de fait, mais aussi de l’insécurité dans la sous-région et de la maladie à virus Ebola qui est venue corser l’addition. A cela vient s’ajouter l’absence de réceptifs qui devraient permettre aux touristes de faire des séjours plus longs. « Pour pouvoir faire des observations, il faut que le touriste reste en moyenne deux à trois jours. Or, il n’y a pas de réceptifs dignes de ce nom ».
Le lieutenant Kébé a ainsi lancé un appel aux opérateurs touristiques à venir investir dans le parc, à construire des résidences qui répondent aux normes. Pour autant, les responsables du parc ne baissent pas les bras. Pour développer le secteur, ils mènent des activités avec les acteurs touristiques. « Il y a un appui-conseil que nous prodiguons à l’association des guides qui est à la porte d’entrée du parc. En matière de contribution et d’encadrement, nous organisons des formations. Nous participons également à l’orientation des touristes dans le domaine de la biodiversité. Il y a des circuits que nous avons tracés avec la collaboration des acteurs touristiques. Actuellement, nous réfléchissons sur des circuits qui permettent de faire des observations ».
D’après le responsable chargé de la promotion touristique, les principaux circuits se trouvent dans la zone centre où il y a une très forte concentration de la faune. « Il y a des circuits qui ont été tracés depuis la création du parc et qui ont été maintenus. Nous projetons de réaliser d’autres circuits dans des zones où il est possible de faire des observations », a noté le lieutenant Kébé. Pour le conservateur, l’espoir est permis si les réceptifs hôteliers sont réhabilités pour répondre aux normes. « Il y a le campement de Simenti qui est là. Mais sa situation actuelle laisse à désirer, sans compter les campements par-ci et par-là », a laissé entendre le commandant Mallé Guèye qui a plaidé pour la création d’un cadre accueillant qui va permettre au touriste de séjourner plus d’une journée dans le parc. « Des touristes peuvent quitter l’Europe et venir jusqu’ici. Mais, si les conditions ne sont pas réunies, ils ne vont pas rester », a-t-il fait savoir. L’hôtel de Simenti était en vente, mais jusqu’à présent il n’y a pas un acquéreur pour relancer les activités. Il y a d’autres campements satellites construits avec du matériau local. Pour ce qui est de l’offre, ce sont des aspects qu’il va falloir revoir. Dans la gestion, il faut augmenter le réseau des pistes pour pouvoir accéder à certaines zones et recruter davantage d’agents pour pouvoir renforcer le maillage et assurer davantage la sécurité.
Confronté à une recrudescence du braconnage qui menace l’avenir des espèces qui font sa renommée et à la ruée vers l’or, le parc a vu ses voyants virer au rouge, portant ainsi un sacré coup aux activités touristiques qui commençaient à produire des résultats.
Cet espace naturel exceptionnel a vu le nombre de ses visiteurs diminuer, avec une chute vertigineuse des fréquentations. Aujourd’hui, le combat des responsables du parc est de renouveler l’attractivité qui lui permettrait de retrouver son niveau de fréquentation d’antan.
Des espèces menacées
Tout est question de chance, de patience et d’attention. Pour accéder à l’intérieur du parc, le visiteur doit forcément passer par Dar Salam, la porte d’entrée principale, ou par Mako, Oubadji, Koulountou et le gué de Missira Gounass. Avec ses galeries forestières, savanes, forêts claires, collines, vallées et ses habitats appropriés pour certaines espèces menacées, le Pnnk offre une extraordinaire richesse biologique avec plusieurs dizaines d’espèces chez les mammifères (80), les oiseaux (330), les reptiles (36), les poissons (60), les amphibiens (20). Mais ce fleuron de la biodiversité qui constitue une zone naturelle d’une extrême rareté est difficile à protéger. A cause du braconnage et de l’altération des habitats, beaucoup d’espèces sont aujourd’hui en déclin.
C’est le cas de la girafe qui a complètement disparu du parc et de l’éléphant qui est menacé d’extinction. « Même s’il y a des éléphants dans le parc, c’est une population qui n’est pas du tout viable. Pour que ce soit viable, il faut qu’il y ait au moins 25 individus. Même s’il y a des éléphants, on n’a pas une idée très précise de leur nombre dans le parc. Mais, c’est une espèce présente qu’on a observé de manière directe et indirecte », a indiqué le commandant Mallé Guèye, conservateur du Pnnk. Pour ce qui est de cette espèce, un repeuplement est prévu. Selon le conservateur, c’est un projet en cours avec le Burkina qui devait se régler au niveau étatique pour voir les modalités d’une translocation d’individus vers le Niokolo Koba.
L’élan de Derby, la plus grande antilope qui pèse plus d’une tonne et qui n’existe que dans cette partie de la sous-région, fait aussi partie de la liste des espèces menacées. Mais, contrairement à l’éléphant, sa situation est beaucoup plus réconfortante parce qu’un troupeau d’une soixantaine d’individus a été observé récemment. Le lion est aussi en danger. Rien qu’en 2015, il y a eu 52 individus qui ont été observés, selon le commandant Guèye. « Les lycaons sont aussi menacés, même si des meutes d’individus ont été observées », a fait remarquer le conservateur. Selon le commandant Guèye, une remontée biologique des mammifères est notée malgré l’absence de statistiques fiables. « Depuis le 1er janvier dernier, on a mis en place un dispositif qui va nous permettre d’avoir d’ici six mois une idée claire avec des données fiables sur les effectifs », a-t-il assuré.
Samba Oumar FALL, Pape Demba SIDIBE et Mbacké BA .Lesoleilonline

REVALORISER LE SALOUM

LA REVALORISATION DU DELTA DU SALOUM, AU CENTRE DES PRIORITES

Saloum à Fatick.jpg

Prévue à Fatick, ce mercredi 23 juillet, la capitale du Sine, la dernière réunion du Conseil des ministres délocalisé de l’édition 2015 suscite depuis quelques semaines une forte mobilisation du côté des populations. A côté du cahier de propositions que l’organisation locale des maires de la région compte présenter, lors de la réunion interministérielle, les professionnels du tourisme fatickois, acteurs culturels et autres populations habitant la partie méridionale de la région, s’agitent également pour placer au sommet des besoins la récurrente question de la revalorisation du Delta du Saloum.
Source des nombreuses revendications exprimées par les exploitants touristiques, les organisations de femmes et de jeunes, les opérateurs économiques et les petits spéculateurs investis dans le tourisme ou la culture, l’exploitation de ce « bunker » à forte potentialité économique et naturelle est pour les habitants de Fatick un moyen sûr de relancer l’économie locale et d’accroître à 70 % les ressources souvent collectées par les résidents.
En effet, classé patrimoine de l’Unesco depuis trois ans, le Delta du Saloum est resté jusqu’ici quasi-inexploité et suscite peu d’intérêts pour les 200.000 âmes qui le peuplent. Malgré une population composée exclusivement de pêcheurs, d’agriculteurs et d’éleveurs, la région de Fatick dans son ensemble peine à renforcer la pêche dans cette partie du pays où elle est encore pratiquée à l’état artisanal. Pour cause, l’essentiel de la production tirée des bolongs est limité en grande partie au ravitaillement du marché local. Même si présentement le Delta du Saloum couvre 10 % de la production nationale en pêche artisanale, l’exportation des produits vers les marchés les plus juteux ne peut nullement s’opérer, compte tenu du déficit en armement, en logistique de pêche et conditionnement pour l’exportation de ce genre de produits dont la seule défaillance en mesures de conservation, peut créer la pourriture de toute une production.
L‘EQUATION DU PARC DU DELTA
Réserves naturelles fermées ou facteurs de développement, le sort du parc du delta et de la mangrove pose problème. Pour autant, dans leur écrasante majorité, les populations de la région de Fatick ont hâte de saisir l’opportunité de la réunion interministérielle précédant naturellement le prochain Conseil des ministres délocalisé du 23 Juillet pour être édifiées sur le sort du parc national du Delta du Saloum et des 600.000 ha de la biosphère du Delta, y compris la mangrove.
La plupart des citoyens de Fatick interrogés dans les diverses communes de la région, Foundiougne et Toubacouta, disent vouloir connaître l’utilité réelle de ces deux réserves naturelles pour les populations locales. Surtout, celle du parc national du Delta du Saloum, le second parc national sénégalais derrière Niokolo koba, qui couvre aujourd’hui une superficie de 76.000 ha. En effet, depuis sa création en 1976 et son admission à la convention de Ramsar en 1984 (convention signée à l’époque par 150 pays du monde pour la protection des zones humides de la planète), le parc national du Delta du Saloum est toujours peu connu du public. Bien qu’il abrite l’une des plus belles baies du monde et demeure un lieu de charme pour les touristes, son exploitation est encore limitée par rapport à ce qu’il peut offrir comme potentialité dans le processus d’une promotion durable du secteur touristique, de l’emploi des populations et des institutions locales en charge de sa gestion.
Dans les filières relatives à l’exploitation du miel et des huîtres, c’est du reste les mêmes préoccupations. En dépit d’une volonté d’accroître leurs rendements et de s’ouvrir aux marchés nationaux et internationaux, les populations qui s’y activent prétendent profiter de ce déplacement collégial du gouvernement pour exprimer leurs besoins en termes de formation et d’organisation interne.
ENTRAVES POUR UN TOURISME QUALITATIF DANS LE DELTA
En matière de tourisme, le déclin du Sénégal s’est en vérité fait sentir dans le Delta du Saloum. Avec près d’une quarantaine de réceptifs fermés pour cause de faillite, le Delta n’offre plus le décor habituel qu’on lui reconnaissait. Mais dans tout le temps, les professionnels implantés dans le secteur traversaient d’énormes difficultés pour dérouler un tourisme digne du nom dans le Delta. Non seulement, ils étaient confrontés à un problème d’accès, d’exploitation du secteur par des circuits parallèles et le développement anarchique des réceptifs hôteliers, mais ils étaient surtout agacés par le récurrent problème d’approvisionnement en carburant afin de mieux dérouler leurs programmes d’excursion.
Dans cette chaine de réceptifs qui peut abriter en une seule nuitée des milliers d’étrangers, le carburant est une denrée rare. L’unique station à essence qui existait à Toubacouta ne pouvait nullement répondre à la demande sociale et connaissait régulièrement des ruptures de stocks. Ce qui poussait d’ailleurs les gérants d’hôtels à se rabattre vers Karang, Sokone ou Kaolack pour disposer de la quantité souhaitée. EN dehors de cette préoccupation, ces professionnels du tourisme local tiennent à soumettre certaines contraintes liées souvent à l’insuffisance des actions de promotion commerciale de la destination Sénégal et du Delta en particulier, le manque de structures de financement pour les centres d’accueil, la formation et l’encadrement en hôtellerie et tourisme. Comme ils l’ont d’ailleurs souhaité pour les populations locales, lesquelles veulent offrir des actions d‘information et de sensibilisation en tourisme.
Abdoulaye FALL/Sudonline