24/06/2016

INCIDENCE E LA PAUVRETE

Le Sénégal enregistre un recul de 3%

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Le taux de croissance de 6,5% réalisé par le Sénégal en 2015 a permis un recul de la pauvreté de l’ordre de 3%. Le coordonnateur de la Direction de la planification et des politiques économiques du ministère de l’Economie, des finances et du plan, Mayacine Camara, l’a expliqué hier en marge de la Revue annuelle conjointe (Rac) de la politique économique et sociale du Sénégal.
Au premier semestre de l’année 2016, les prévisions de croissance au Sénégal sont de 6,6% pour l’année en cours. Selon la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee) qui en a fait état hier à l’occasion de la tenue de la Revue annuelle conjointe (Rac) de la politique économique et sociale, cette croissance sera portée par le secteur primaire avec une croissance de 9% et 9,1% du secteur secondaire. En outre, les perspectives sont positives en ce qui concerne le secteur tertiaire qui devrait tirer profit de la 4G, tandis que le tourisme devrait également, renouer avec la croissance. Si le bond enregistré reste faible par rapport aux performances du Sénégal durant l’année 2015 avec une croissance de 6,5%, soit son niveau le plus élevé depuis douze ans, il reste que, selon le coordonnateur de la Direction de la planification et des politiques économiques du ministère de l’Economie, des finances et du plan, Mayacine Camara, ces performances ont suffi pour faire reculer le niveau de pauvreté dans le pays. «On peut estimer le recul de la pauvreté dans la mesure où nous avons eu un bon taux de croissance en 2015 et qui a été porté par le secteur agricole qui est un secteur pro-pauvre. Nous devons pouvoir considérer que la pauvreté a reculé», souligne M. Camara, qui s’est exprimé sur la question en marge de la Rac.
Il poursuit en précisant que les estimations sont faites sur la base du lien entre le revenu par tête et le niveau de pauvreté. «Selon nos estimations, la croissance du Sénégal en 2015 s’est traduit par une réduction non négligeable de la pauvreté.» Il évoque ainsi un recul de trois points. «Pour le moment, la pauvreté est estimé à 42,5%. Et selon nos estimations, l’incidence de la pauvreté reculerait de trois points à peu près.» «C’est normal qu’avec une croissance de 6,5%, une élasticité de croissance de la pauvreté d’environ 1 point et une croissance démographique de 2,6 à 2,8% déduite de la croissance économique, il peut rester 3% de croissance par tête et ces trois points peuvent refléter une incidence de la pauvreté de l’ordre de 3%», indique M. Camara.
Plus nuancé, le ministre en charge du Suivi du plan Sénégal émergent, Abdoul Aziz Tall, précise que le Sénégal est en bonne voie pour obtenir de bons résultats en matière de lutte contre la pauvreté. «Avec les mesures qui ont été prises avec la mise en œuvre du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc), les bourses familiales et la Couverture maladie universelle (Cmu) et d’autres politiques sociales qui ont été menées, nous ne pouvons pas dire que la pauvreté a disparu de ce pays, mais ce qui est sûre, c’est que nous tendons vers une amélioration des conditions sociales de nos populations à quelque niveau qu’ils se situent et partout où ils se situent sur le territoire de la République», indique M. Tall.
Risques de surendettement
La Rac a également, mis en lumière un certain nombre d’agrégats économiques. Mais l’attention s’est focalisée sur le niveau d’endettement du pays. Bien que le taux d’endettement du Sénégal, qui est de 57,1% du Produit intérieur brut (Pib), reste en deçà des seuils communautaires fixés par l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (Uemoa), sa progression inquiète les techniciens. En effet, depuis l’achèvement du Programme pays pauvre endetté (Ppte) qui a permis des effacements de dette pour des pays comme le Sénégal, «la dette du Sénégal est en train de revenir à son niveau d’avant Ppte», constate la Dpee.
«Pas d’affolement», apaise Alioune Diouf de la Direction de la dette publique. Selon ce spécialiste, «un risque de surendettement est faible» en ce qui concerne le Sénégal. Il précise que même si le taux d’endettement va continuer à augmenter dans la mesure où le pays est dans une situation de soutien à l’investissement pour se situer à 60% en 2017, l’on va voir ce taux se stabiliser à 55% à compter de 2018. «Le problème de l’endettement, ce n’est pas le taux mais l’utilisation, parce que aujourd’hui, nos économies, au vu des contraintes sur les ressources internes et les ressources budgétaires, ne peuvent pas se développer sans endettement.» Mais des mesures peuvent être appliquées pour limiter les conséquences. Il s’agit, indique M. Diouf, d’allouer les ressources classiques aux projets sociaux et d’utiliser les ressources de marchés qui sont relativement chers à des projets dont la rentabilité économique et financière est avérée. Il faut préciser que l’endettement du Sénégal est dominé par la dette extérieure qui représente 72,2% de l’encourt.
La bombe des inactifs
Le représentant adjoint du Programme des Nations-Unies pour la population (Fnuap) a relevé au cours des discussions, l’importance de la question démographique au Sénégal. Selon Boureima Diadié, avec un taux de dépendance de 0,82%, c’est-à-dire que pour 100 personnes actives, 82 sont inactives, la situation est lourde de danger. «Si toute la croissance doit aller à des secteurs qui ne sont pas productifs, cela peut poser problème», alerte M. Diadié.
Mame Woury THIOUBOU - Lequotidien

Commentaires

Pour un pays qui se dit EMERGENT, 3% c'est minable

Écrit par : jacobuscobus | 24/06/2016

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... "pour 100 personnes actives, 82 sont inactives" ... le peuple du Sénégal a "fabriqué" trop de travailleurs, sans pour autant leur donner les moyens de vivre ! Continuer à procréer malgré tout équivaudrait presque à une autolyse.

Écrit par : Candide | 24/06/2016

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...Et le Dividende Démographique triomphant et les discours nombrilistes de l'Emergence, où-sont-ils ? ? ? Le peuple sénégalais est toujours dans la misère, Monsieur Macky Sall, libérateur du pilleur K.W, de ce même peuple. Arrêtez toutes ces annonces, toutes ces statistiques et tout ce cirque à la con. Payez les professeurs, éduquez les enfants, restaurez les écoles et les hôpitaux formations pour les jeunes , travail pour les adultes femmes et hommes sur le même pied d'égalité, protection de l'enfance par des comités laïques et non par la mafia maraboutique, sortir les talibés de la mendicité des rues et de l'esclavage dans les daaras pourries, lutte contre la corruption généralisée des administrations et de la police par des sanctions lourdes, application de la laïcité et réduction des pouvoirs religieux incompatibles avec la démocratie, se faire élire dans le seul but du bonheur du peuple et le sortir de l'ignorance et de la misère.... çà s'appelle "the poursuit of the hapiness" et pas laisser les castes politiques et religieuses s'en foutrent pleins les poches, sur un peuple qui avait tant d'espérance en vous en 2012, après les 12 ans du régime galeux, tuberculeux et cancéreux wadien. Un recul de la pauvreté au Sénégal de 3% seulement pour le bas-peuple, avec toutes ces annonces de milliards ? Revoir la copie, Monsieur le Président !

Écrit par : issa gibb | 25/06/2016

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Merci pour ce commentaire clairvoyant et cinglant. Le pays est depuis toujours noyauté par des confréries religieuses ,qui grâce à leur abondance financière acquise entre autre par le fanatisme du peuple (Touba) , dirigent sournoisement en manipulant des opportunistes convoitant le pouvoir pour leur propre compte. C'est la politique du ventre : Se servir d'abord soi et les siens grassement et le plus longtemps possible. la duplicité de langage étant la norme et les moyens du peuple de se faire représenté le plus objectivement possible étant impossible, aucune révolution n'est en marche, le fatalisme et une certaine inertie font le reste.
Les aides n'ont pourtant pas manquées depuis des années, mais les contrôles insuffisants ont permis à quelques élites de prospérer .La démocratie n'est que livresque, La pauvreté est bien réelle et demain , avec la corruption et la porosité des frontières l'intégrisme religieux aura une liberté toute acquise. Seules les pressions internationales , parfois, provoquent des effets d'annonces ( Publication du 16 ième rapport annuel sur la traite des personnes), alors un frémissement survient dans les consciences pour ne pas perdre totalement la face et surtout les aides accordées par les pays "amis" .

Écrit par : tussing | 02/07/2016

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