29/06/2016

SAUVER LE BOIS

Le Sénégal a saisi la Cites pour interdire le commerce du bois de venn

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Suite aux instructions fermes du chef de l’Etat, le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdoulaye Baldé, a révélé, hier, à Medina Yoro Foula (Kolda), que notre pays a saisi la Convention internationale sur le commerce illicite des espèces de faune et de flore (Cites) pour aboutir à une interdiction formelle du commerce international du bois de venn.
Accompagné de son staff, le ministre de l’Environnement et du Développement durable a effectué, hier, une visite de terrain sur les sites de Dinguiraye, Mballocounda et Médina Yoro Foula, des zones frontalières de la région de Kolda très affectées par un intense trafic illicite du bois de venn (bois rose). L’autorité a révélé que le chef de l’Etat s’est personnellement investi et leur a donné des instructions fermes afin de saisir les instances internationales pour mettre fin à ce « massacre » des belles forêts du Sud.
« Il faut briser ce commerce », a insisté Abdoulaye Baldé. C’est ainsi que le Sénégal a saisi la Convention internationale sur le commerce illicite des espèces de faune et de flore (Cites) pour briser ce commerce illicite qui profite à des coupeurs venus de Gambie et des régions centre du Sénégal et animé par des Chinois basés à Banjul. Ces derniers expédient le produit (bois de venn et de dimb) vers l’Asie sous la forme d’un commerce international jugé très juteux. En synergie avec la Cedeao et l’Uemoa, notre pays a donc saisi la convention internationale afin que celle-ci inscrive ce commerce à son annexe 2. Le cas échéant, la vente du bois de venn sera purement et simplement interdite. Ce qui aura le don de décourager toute velléité de trafic de bois. Pour le ministre de l’Environnement, l’urgence est de faire inscrire ce commerce à l’annexe 2 de la Cites pour arriver à la situation actuelle du commerce de l’ivoire qui est formellement interdit à l’échelle internationale. Si la mesure est validée, les acheteurs de bois n’auront plus le loisir de se procurer le produit à cause d’une législation drastique qui va même leur exiger un certificat d’origine.
Toujours sous l’impulsion du président de la République, d’autres mesures fortes vont être appliquées, a annoncé M. Baldé. Il s’agit d’actions combinées d’envergure des forces de sécurité qui vont procéder à des opérations de ratissage sur toute la bande frontalière confrontée à ce fléau. Mieux, les saisies de bois seront détruites, car l’autorité juge qu’il s’agit d’une fraude.
Réforme du code forestier pour corser les peines liées à ce trafic illicite
le ministère de l’Environnement a annoncé une réforme du code forestier, car il s’agira de corser davantage les peines liées à ce trafic illicite. De même, la surveillance et la protection des massifs et des forêts seront mises de concert avec les populations concernées. En vérité, les plus hautes autorités du pays ont été sensibilisées et des solutions alternatives ont été dégagées pour faire diminuer la pression sur la ressource. C’est dans cette perspective qu’il est prévu la création, sous l’égide de l’Agence nationale des éco-villages (Anev), d’une quinzaine d’éco-villages le long de la frontière avec la Gambie. L’idée est de participer à la réduction de la pauvreté à travers la promotion d’activités génératrices de revenus et la gestion durable des forêts. En tous les cas, a prévenu le ministre Abdoulaye Baldé, le combat contre les coupeurs de bois sera sans répit. C’est un sentiment de désolation qui anime tout être humain qui débarque sur les sites frontaliers impactés par le trafic de bois qui ne fait qu’intensifier des situations comme la désertification, la mort du bétail ou la rareté des pluies.
Mamadou Lamine DIATTA/http://www.lesoleil.sn/actualites/item/51635-bois-de-venn...

Commentaires

Voilà une bonne initiative ! Suivie de la création d'une quinzaine d'éco-villages le long de la frontière Gambienne ! Espérons que cela aboutisse rapidement.

Écrit par : Candide | 29/06/2016

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Le gouvernement qui se réveille sur le trafic du bois, mais vraiment toujours très tard. Cela fait deux ans, depuis 2014, que l'ex-ministre de l'écologie, Monsieur Haidar El Aly, débarqué du premier remaniement par la pression mouride, dénonce cette déforestation de la Casamance avec une Ong écologiste. Les responsables : les chinois, les gambiens et les lobbies mourides. Qu'on arrête le trafic du bois, très bien ! Mais qu'on arrête aussi l'HYPOCRISIE et qu'on arrête et qu'on condamne les responsables bien connus de ce scandale écologiste irréversible, c'est mieux !

Écrit par : issa gibb | 29/06/2016

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