14/07/2016

MENDICITE INFANTILE...

La mendicité infantile au Sénégal, un mal endémique et inéluctable?

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Comme son prédécesseur, le président sénégalais Macky Sall a récemment promis d’éradiquer la mendicité infantile. Il menace de sanctions ceux qui poussent les milliers de mineurs à quémander. Un fléau assez méconnu que Yasmina Bouchikhi, 29 ans, a appréhendé lors de son séjour humanitaire, qui a considérablement changé sa vie.
Pourquoi partir en mission humanitaire au Sénégal à 27 ans seulement?
Des enfants, de l’aide, de l’éducation… Mes perspectives d’avenir demeuraient assez floues après l’obtention de ma licence d’histoire. Ma tante, démographe pour l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) au Sénégal m’a proposé de la rejoindre afin de trouver mon chemin de Damas. Mon premier regard sur la capitale dakaroise m’a bouleversée. La médina (quartier ancien de la ville, ndlr) fourmille d’enfants aux pieds nus et vêtements souillés. Ils tapent aux carreaux des taxis et y glissent leurs boîtes de conserve à l’intérieur pour quémander. Certains ont à peine 3 ans! Tu t’imagines le pire avant ton arrivée mais la réalité va au-delà de ton imagination.
Comment ses enfants se retrouvent-ils dans les rues ?
Leur itinéraire résulte d’un système sociologique très complexe et les causes sont plurielles. Tout d’abord, la traditionnelle polygamie est très fréquente dans les zones rurales. Les hommes ont de nombreux enfants de femmes différentes et ne peuvent en assumer les responsabilités. Les mères, elles, ne prennent pas de moyens de contraception en raison de croyances religieuses teintées d’animisme. La précarité extrême de certaines familles les pousse à abandonner leurs enfants dans des daaras (écoles coraniques en langue wolof, ndlr).
Pourquoi les confier à des daaras en ayant conscience des risques?
Les gourous font des parents des clients et le trafic d’enfants devient un business honteux. Ils vendent aux parents, souvent peu instruits et dénués de ressources, des denrées alimentaires en échange d’un enfant. Ils construisent également des mosquées fabuleuses dans le pays et des routes… Un trompe l’œil qui les rend indispensables. C’est un cercle vicieux qui mène à la mendicité.
Quel est le lien entre ces daaras et la mendicité de rue ?
Les daaras jouissent d’une réputation solide et enviable. Traditionnellement, ces établissements délivraient un enseignement religieux, éducatif et scolaire aux enfants de la médina dakaroise. Aujourd’hui, certains échappent à la vigilance gouvernementale et se retrouvent entre les mains de véritables « gourous ». L’enseignement disparaît, l’esclavage le remplace. Les enfants sont contraints de mendier dans la rue afin d’apporter à leur « maître » une récolte journalière bien définie. Sous peine de quoi, ils s’exposent à des violences physiques et sexuelles.
On parle de « talibé » pour qualifier le fléau des enfants des rues. Qu’exprime réellement ce terme ?
La perception négative du terme est récente. Autrefois, devenir « talibé » était un honneur. Lorsqu’un enfant était confié à une daara, il devenait disciple d’un savant et obtenait donc le mérite de recevoir une éducation. Cependant, le manque de contrôle gouvernemental a entraîné qui veut à s’autoproclamer directeur d’école coranique, même les moins bien intentionnés. Voilà pourquoi les talibés se retrouvent à mendier dans les rues de Dakar.
Quelle est la responsabilité des autorités gouvernementales sénégalaises?
L’éradication totale de cette calamité, tout le monde n’y gagnerait pas! La mendicité infantile est la principale préoccupation des ONG (organisations non gouvernementales, ndlr) présentes à Dakar. Si les talibés disparaissent, certaines ONG devraient quitter le Sénégal alors qu’elles sont indispensables au pays financièrement et assure un contrôle démocratique. Quand Macky Sall dénonce ce phénomène, c’est surtout sous la pression des ONG et du reste du monde. La manipulation du gouvernement est donc à double-manœuvre : rétrograder pour ne pas alarmer le reste du monde sans pour autant le faire disparaître.
Femme Actuelle

Commentaires

L’éradication totale de cette calamité, tout le monde n’y gagnerait pas!! tout est dis dans cette phrase ,chaque années non seulement personne ne fais rien ,ong gouvernement et autre ,mais les talibé sont de plus en plus nombreux ,encore aujourdhui au mamelle j'ai compté plus de 20 talibés ,si on donne on se rend complice du maitre et si on donne pas on se sent mal,,( enfin quelque personnes!!)la solution est simple ou va l'argent,,? mais ça la plupart des senegalais ça ne les intéressent pas ;;;;; triste!!

Écrit par : samy | 14/07/2016

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Où l'on admet la perversité du "système": si le fléau disparait, alors l'ONG aussi, donc, surtout pas !
C'est bien grave et malheureux.

Écrit par : rico | 14/07/2016

ils sont de plus en plus nombreux, de plus en plus agés et de plus en plus sales..... Honte aux sénégalais qui ferment les yeux, mais effectivement cela rapporte beaucoup...

Écrit par : MIMI | 14/07/2016

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L'article de Femme Actuelle de Madame Yasmina Bouchikhi est intéressant car elle explique les causes pour lesquelles, des enfants mineurs se retrouvent talibés et leurs recrutements, trafic honteux des pseudo-religieux avec des parents ignorants, les plus pauvres.
Suivi des dérives du système talibé, de l'ancien marabout enseignant protecteur de ses élèves aux escrocs actuels, esclavagistes d'enfants par la mendicité forcée. Elle dénonce la perversité du système qui rapporte gros (estimation de 2 milliards de francs CFA par mois hors de l'économie et du trésor public sénégalais).
Puis l'hypocrisie générale, du gouvernement, de la mafia maraboutique et aussi des Ong présentes au Sénégal. Les Ong dénoncent l'exploitation des talibés, mais elles sont aussi, accusées d'entretenir le système esclavagiste maraboutique. Car elles nourrissent, soignent et réconfortent les petits mendiants talibés, mais ils doivent continuer à mendier sous peine de sanctions corporelles de retour à la daara, sans argent. Alors que le but ultime est de sortir les enfants, de la mendicité dans la rue, des escrocs maltraitants et les remettre dans leurs familles ou dans des daaras vertueuses, près de chez eux et pas à 300 kilomètres de chez eux pour démanteler les trafics d'enfants.
Un gouvernement qui a laissé faire bien longtemps, des guides religieux qui restent silencieux aux souffrances et aux droits des enfants, une mafia maraboutique qui exploite et trafiquent des enfants, une population sénégalaise qui ferment les yeux par lâcheté et par peur de la puissance maraboutique, des Ong qui sont à côté de la plaque pour éradiquer les enfants de la rue. Oui ! Madame Bouchikhi, dans ces conditions, la mendicité infantile est inéluctable et à encore de beaux jours devant elle pour enrichir des pourritures humaines sur le dos de gosses innocents.
Face à ces personnes sans foi, ni loi, inhumaines, tant que les Ong se borneront à faire que de l'humanitaire, la mendicité infantile perdurera encore. Il faut penser Humanité et droits fondamentaux des enfants, mettre les ressources financières au retour des enfants mendiants dans leur famille, première base sociétales dans la vie d'un enfant, pas la daara.
Les enfants vont ensuite dans les daaras de leurs quartiers ou de leurs villages et ils rentrent le soir, auprès de ses parents, frères et sœurs, par sécurité des maltraitances connues dans les daaras. Les daaras ayant des talibés très loin de chez eux ou des talibés étrangers sont des daaras trafiquantes d'enfants et elles doivent être fermées. Les marabouts punis de 5 ans de prison. Leurs biens saisies pour enrichissement illicite. Les talibés étrangers sont reconduits dans leurs familles, dans leurs pays respectifs.
Les Ong continuent à s'occuper des enfants en liaison avec les familles. Ce n'est plus le jeu du chat et de la souris pour s'occuper des talibés avec, sans ou contre le marabout. Le retrait des enfants mendiants n'est en aucune sorte un risque pour voir le départ des Ong du Sénégal. Il leur restera toujours du travail humanitaire auprès des enfants et des familles les plus pauvres. Du travail éducatif pour des enfants analphabètes à qui on a appris que ce satané Coran à coups de fouets et qui ne pourront aller à l'école publique surpeuplée par manque de moyens. Les missions des Ong ont encore des beaux jours devant elles, même sans les enfants mendiants dans les rues.
Rappelons que l'Unicef et la Croix Rouge sont partenaires sont dans le programme du retrait des enfants de la rue de Madame Sarr, ministre de la Famille et de la Protection de l'Enfance.
Maintenant, si les Ong servent qu'au contrôle démocratique au Sénégal, la copie est à revoir. Tout comme si le gouvernement sénégalais se sert du retrait des enfants de la rue comme effet d'annonce, sans résultat concret.

Écrit par : issa gibb | 14/07/2016

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