27/07/2016

GOREE

L'île de Gorée au Sénégal

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Gorée est une déformation du néerlandais «Goede Reede» ou «bonne rade». Ce sont les Portugais, en 1444, avec Denis DIAZ, qui font escale l'île, appelée alors Bézéguiche (nom d'un chef du Cayor) et qu'ils surnomment île Palma (des palmes). Les Hollandais ont commencé à occuper l'île de Gorée en 1588, pour réparer leurs bateaux et assembler leurs petites barques. Jean-Baptiste LABAT (1663-1738) précise que cette petite île est ce qu'il y a de meilleur, de bon ; elle est tout à fait fertile. Gorée fait partie d'une contrée avec une quantité d'arbres toujours verts dont elle est couverte, d'où cette appellation de Cap-vert. Gorée dispose d'un port naturel avec un mouillage excellent. La rade de Gorée est bien protégée avec une plage facile d'accès. En raison de son emplacement stratégique, l'île de Gorée sera l'objet de convoitises, pendant des siècles, des puissances européennes. Les Portugais, qui l'avaient occupé momentanément, la reprirent en 1629 et 1645. Gorée sera attaquée en février 1664 par les Anglais, puis gagnée par les Français en novembre 1664. Les Anglais attaquèrent de nouveau Gorée en 1665 et 1667. Le 1er décembre 1667, l'amiral d'Estrées s'empare de Gorée et Jean DUCASSE, directeur du Comptoir du Sénégal, en prit possession. En 1727, les Français font creuser un fossé de 5 mètres de large sur deux mètres de profondeur, autour de Gorée et par crainte d'une nouvelle attaque des Anglais. En 1780, l'île de Gorée fut abandonnée par les Français. Les Anglais l'occupent en 1782, mais la restituent au traité de Versailles en 1783. En 1800, les Anglais s'emparèrent, à nouveau, de l'île de Gorée qui sera sous la juridiction française avec le traité de Paris de 1814. Mais pendant quatre années, les Anglais refusèrent de rendre Gorée à la France.
Jean-Baptiste LABAT précise que l'île de Gorée n'a pas, cependant, d'eau potable et ses habitants sont obligés de se ravitailler, pour les vivres, en faisant appel au continent ; ce qui donne un important pouvoir de pression ou de négociation aux turbulentes royautés notamment du Cayor, du Sine et du Baol. Ainsi, à la suite d'un différend qui a opposé Jean-Baptiste DUCASSE (1646-1715) aux Damels du Cayor, du Sine et du Saloum, un blocus de l'île est opéré, privant pendant de longs mois, Gorée de son ravitaillement en eau et vivres. André BRUE (1654-1738), directeur de la compagnie royale de France, à Gorée, sera arrêté en 1701 par Lat Soukabbé FALL, Damel du Cayor. Il sera libéré 12 jours après contre rançon. Des traités seront conclus avec les Damels du Cayor les 9 avril 1764 et 5 juin 1765.
L'île de Gorée rappelle à «la conscience humaine le plus grand génocide de l'histoire que fut la traite négrière» souligne Léopold Sédar SENGHOR. La Compagnie des Indes, avec des succursales de maison de Rouen et Dieppe, gérant le Sénégal, avait le commerce exclusif de la traite négrière. Les Maures et les royautés africaines fournissent la gomme arabique contre des esclaves. La traite des esclaves sera rendue difficile, en certaines périodes, en raison de l'instabilité relatée ci-haut.
Désert au départ, le rocher va se peupler peu à peu. Un personnel auxiliaire se fixe dans Gorée : des manoeuvres, interprètes, auxiliaires, matelots, cuisiniers et autres domestiques. Des unions entre le personnel de la compagnie et femmes africaines donneront naissance à des métis, à ces fameuses Signares. En 1749, Gorée comptait 66 habitants libres et 131 esclaves, la population avoisinait le millier vers 1767, 1300 en 1774, et environ 2144 en 1786. Diverses catégories de personnes vivent dans l'île : les Européens, les métis, les Noirs libres, les esclaves de case traités avec bienveillance et les esclaves destinés à la vente, dont le sort est peu enviable.
Gorée évoque, dans bien des esprits, la période tragique de la traite des nègres, mais aussi le charme d'une époque riche en couleur et en histoire. En définitive, l'histoire de Gorée oscille entre splendeurs et tragédie.
Gorée, au Sénégal, «sanctuaire africain de la douleur noire», a acquis une célébrité de par le rôle qu'elle a tenu du XVème au XIXème siècle dans la traite négrière. Sur la route maritime des différentes nations négrières, Gorée était très convoitée. À partir du XVIIIe siècle, Gorée devient l'enjeu de deux siècles de rivalité franco-anglaise.
Jusqu'à l'abolition de la traite négrière par les Anglais en 1807, Gorée servit d'entrepôt d'esclaves. L'histoire de Gorée, à certaines époques, coïncide avec l'histoire du Sénégal. Ile occupée à partir de 1444, sera jusqu'en 1677, date de stabilisation de l'occupation française, est un enjeu de rivalités entre les puissances européennes. Avec l'article 10 du Traité définitif de Paix et d'alliance, entre la Grande-Bretagne, la France et l'Espagne, de Paris du 10 février 1763, naît, officiellement, la colonie du Sénégal : «Sa Majesté Britannique restituera à la France l'Ile de Gorée, dans l'état, où elle s'est trouvée, quand elle a été conquise». En contrepartie, une liberté de commerce et de circulation est garantie aux Anglais dans les possessions françaises.
En effet, pendant les premières périodes, avec l'expansion des voies maritimes à partir de la Renaissance, Gorée en raison de la sécurité qu'elle offre, n'est pour les Portugais, les Hollandais, les Anglais et les Français, qu'une escale sur la route des épices, qu'ils se disputeront, âprement, sans victoire décisive et durable.
L'amiral d'Estrées s'empare de Gorée le 1er décembre 1677. La paix de Nimègue (traités des 16 août 1678, 17 septembre 1678 et des 5 février 1679, signés aux Pays-Bas, mettant fin à la guerre de Hollande) en fera un comptoir français.
De 1677 à 1763, l'histoire de Gorée est dominée par des Compagnies maritimes, souvent très mal gérées, qui s'efforcent de conserver le monopole de commerce. Un troc est mis en place : les Européens fournissent des verroteries, tissus, alcools, armes, barres de fer, et en échange les Africains donnent le cuir, l'ivoire, la cire, la gomme, mais surtout des esclaves.
Etienne-François CHOISEUL (1719-1785), ministre des affaires étrangères, a pris conscience que le commerce de l'or de N'Galam, de la gomme du Nord et des esclaves, sont indispensables à la Martinique. Mais les Anglais occupent de nouveau, Gorée et Saint-Louis. CHOISEUL met fin au monopole de la compagnie des Indes et crée une colonie dépendant du Ministère de la marine. Après plusieurs tumultes, l'île de Gorée ne sera rendue aux Français que le 15 février 1817.
Stanislas Jean de BOUFFLERS, marquis de Rémiencourt, dit Chevalier de BOUFFLERS (1738-1815), initialement affecté à Saint-Louis vient s'installer à Gorée. Il estime que la barre à Saint-Louis, rend les conditions de vie difficile. En revanche, Gorée est jugée agréable à vivre : «Je trouve ici (à Gorée) un séjour délicieux. Il y a une montagne, une fontaine, des arbres verts un air pur. Tout m'y plaît» dit-il. Le port d'attache de la station navale et l'administration sont transférés à Gorée. Il construit, pour Anne PEPIN, une belle maison à étage, et regagnera la France en 1787.
L'esclavage est définitivement interdit par le traité de Paris de 1815, mais la loi interdisant la vente d'esclaves est détournée : les captifs sont désormais des «engagés à temps» qui ne pourront se libérer qu'au bout de 16 ans. En 1847, trois cent esclaves capturés sur le Brick négrier «L'Illizia», sont envoyés au Gabon, pour former la ville de Libreville. Un décret du 23 juin 1848 de Victor SCHOELCHER, promulgué à Gorée le 23 août 1848, supprime l'esclave de case. Tout esclave qui pose le pied sur le sol de Gorée devient libre.
En 1859, Louis FAIDHERBE (1818-1889) est nommé gouverneur de Saint-Louis et Gorée. Il sera remplacé par PINET-LAPRADE, commandant de Gorée de 1859 à 1864.
Gorée, la «Joyeuse» et le règne de ses Signares
Sous l'Ancien régime, les mulâtres et plus particulièrement les «Signares» (femmes métisses), jouèrent un rôle important. C'est l'époque de Gorée «la joyeuse» où les «Signares» dont la plus célèbre est Anne PEPIN (1747-1837), amie du chevalier de BOUFLLERS, animent l'île de nombreuses fêtes. François Ferdinand d'Orléans (1818-1900), prince de Joinville, troisième fils du roi Louis Philippe est passé deux fois à Gorée : une première fois, en 1840, pour le rapatriement des cendres de Napoléon 1er, et une seconde fois, pour aller au Brésil, en 1842. Les «Signares» se font construire des maisons dont l'architecture fait la synthèse de diverses expressions culturelles.
Emile PINET-LAPRADE (1822-1869), originaire de l'Ariège, polytechnicien et administrateur colonial, commandant de Gorée, adjoint au général FAIDHERBE, a construit le fort d'Estrées, à Gorée. On dit qu'il est le «bâtisseur» de Dakar et de son port. Il rencontre, Marie ASSAR, une sénégalaise, à Gorée, en 1849, Emile, 27 ans, est capitaine du Génie dans l'armée française ; Marie, près de dix de moins, est une esclave fraîchement libérée par la loi Sch?lcher. Leur liaison durera vingt ans, jusqu'à la mort, par le choléra, d'Emile devenu gouverneur de la colonie par la grâce de l'empereur Napoléon III. A la fin de l'année 1873, c'est-à-dire au début de la IIIème République, on ne sait pas comment, Marie est venue devant le tribunal civil de Pamiers, sous-préfecture du département de l'Ariège, pour faire trancher son litige contre les époux Clavel, notables de Mirepoix, chef-lieu du canton voisin. Marie, plaignante, réclame ce qu'elle estime sa part de l'héritage d'Emile PINET-LAPRADE, Mme Eugénie Clavel, soeur de PINET-LAPRADE, et son époux, Eugène, contestent absolument la revendication de Marie ASSAD. Jacques CARIL et François SAVAING, sous le titre «Le gouverneur et sa gouvernante», et en se fondant sur les correspondances de PINET-LAPRADE, ont fait revivre cette belle histoire d'amour. Les auteurs exploitant les correspondances de PINET-LAPRADE, qui s'étalent sur vingt c'est-à-dire la durée de son séjour au Sénégal, ont insidieusement fait remarquer, que le nom de Marie ASSAR n'apparaîtra qu'en 1859 dans une correspondance où elle constituera dès lors une récurrente exception : presque aucun ou aucune autre Noir(e) n'y est désigné(e) par son nom ou prénom. Cela résume bien ce qu'est, fondamentalement, le colonialisme.
Jean-Luc ANGRAND raconte la fabuleuse histoire des Signares, dans son livre «Céleste ou le temps des Signares». Elles ont institué une «mini civilisation matriarcale». Cette dynastie dont il descend, a su faire valoir ses relations avec les Européens et les souverains locaux, afin de faire fructifier ses affaires. Ainsi, Léopold ANGRAND, (1859-1906) est un notable métis qui a joué un rôle important dans la vie politique, culturelle et économique de Gorée et de la colonie du Sénégal. C'est le fils de Pierre ANGRAND (1820-?), négociant, armateur et grand propriétaire, et de la Signare Hélène de SAINT-JEAN (1826-1859), petite-fille du gouverneur Blaise ESTOUPAN de SAINT-JEAN et de la Signare Marie Thérèse ROSSIGNOL. Léopold ANGRAND épouse Mathilde FAYE, une noble de l'ethnie sérère, nièce du roi de Sine, Coumba N'Doffène DIOUF. Après avoir commencé l'école chez les Frères de Ploërmel à Gorée, il est envoyé par son père faire des études secondaires puis commerciales à Bordeaux et Paris. Ayant obtenu de brillants résultats, il revient à Gorée seconder son père dans l'entreprise familiale, puis en prendre la direction. Né en 1906, Léopold Sédar SENGHOR, a reçu son prénom en l'honneur de Léopold ANGRAND, dont son père Basile Diogoye SENGHOR avait été un ami intime et un collaborateur à JOAL. L'école primaire de Gorée porte le nom de Léopold ANGRAND.
Armand Pierre ANGRAND (1892-1964), maire de Gorée et de Dakar, de 1934 à 1936, a été fondateur du Parti socialiste. Proche du mouvement de Marcus GARVEY et fondateur des journaux «l'Indépendant» et «Le Progrès», ANGRAND légua à l'Institut fondamental d'Afrique noire une importante bibliothèque sur l'histoire de l'Afrique. Il a écrit un guide élémentaire destiné aux Européens, un manuel français-ouolof destiné à fournir aux expatriés européens des éléments de base sur lesquels ils pourront, le cas échéant, asseoir leurs acquisitions ultérieures. Dans «Les Lébous de la presqu'île du Cap-vert», il fait une approche sur les coutumes des Lébous et leurs parentés avec les anciens Egyptiens nilotiques.
Gorée, tête de pont de la conscientisation du peuple sénégalais
«Tant que les lions n'auront pas leur propre histoire, l'histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur» disait, à juste titre, Chinua ACHEBE, un écrivain nigérian. C'est à Gorée et à Saint-Louis, que divers mouvements autour de l'administration communale, de l'enseignement, de la citoyenneté et du droit de vote, vont conduire à l'éveil du peuple sénégalais.
Les Anglais étant partis de Gorée, l'administration avait besoin d'une sorte d'interface avec la population. En 1763, le gouverneur Pierre Guillaume François PONCET de la RIVIERE (1671-1730) eut l'idée de nommer un maire à Gorée, un certain Kiaka. Le rôle du maire se développera, progressivement, avec une classe sociale aisée composée de commerçants et de boutiquiers. A partir de 1817, le maire est choisi parmi les notables de Gorée, connaissant les réalités locales et accepté de la population.
Alors que les autres habitants du Sénégal sont des sujets français, et sont régis par un Code de l'indigénat, les natifs des quatre communes que sont Gorée, Dakar, Rufisque et Saint-Louis, deviennent des citoyens français, avec la loi du 29 septembre 1916.
Gorée a développé l'enseignement et formé une élite qui conduira plus tard, à l'émancipation du Sénégal. En 1819, la mère Anne-Marie JAVOUHEY (1779-1851) envoya au Sénégal, les premières soeurs de Saint-Joseph de Cluny. Celles-ci créeront les premières écoles primaires, en 1822 à Gorée. En 1843, les frères de Ploërmel arrivent au Sénégal et sous l'impulsion de Louis FAIDHERBE, l'enseignement secondaire commence à s'organiser. En 1903 le gouverneur Jean-Baptiste CHAUDIE a créé à Saint-Louis l'école normale, avant qu'elle soit déplacée à Gorée à 1913 et nommée William PONTY. De nombreux cadres et élites africaines y furent formés (Félix Houphouët-Boigny, Hamani Diori, Mamadou Dia, Maurice Yaméogo, Ouezzin Coulibaly, Modibo Kéïta, Diallo Telli, Boubou Hama, Bernard Dadié, etc.), mais aussi des anonymes, instituteurs, «médecins africains» et secrétaires d'administration, tous des «pontins», comme on les appelle. En 1938 elle fut à nouveau déplacée à Sébikotane, à une quarantaine de kilomètres de Dakar.
Depuis 1848, le Sénégal a le droit d'envoyer un député à l'assemblée nationale française. Il s'agira, jusqu'au début du XXème siècle de députés blancs ou métis. Sous l'effet de l'éducation et des luttes d'émancipation, le 10 mai 1914, et en pleine coloniale, Blaise DIAGNE, un Noir natif de Gorée, est élu député. Né le 13 octobre 1872 à Gorée, au Sénégal, Blaise DIAGNE est issu d'une famille très modeste. Fils de Niokhor, un Sérère de Gorée qui était cuisinier et marin, et de Gnagna Antoine PEREIRA, une Mandjaque originaire de la GUINEE-BISSAU, de son vrai nom, Galaye M'Baye DIAGNE.
Par ailleurs, il faut signaler que le Fort d'Estrées, à Gorée, servait dans les années 1970, sous la présidence de Léopold Sédar SENGHOR de cachot ses opposants politiques. C'est cet ancien quartier de haute sécurité où en 1971, Omar Blondin DIOP a perdu la vie à l'âge de 26 ans. En effet, avec deux autres jeunes (Dialo DIOP et Ousmane POUYE), Omar DIOP, se réclamant des «Blacks Panthers», un mouvement extrémiste noir des Etats-Unis, a été condamné à une lourde peine, pour avoir gravement perturbé la visite du président français Georges POMPIDOU, et ami du président SENGHOR (incendie du Centre culturel français de Dakar à la veille de son arrivée et projet avorté de lancer des cocktails Molotov sur son cortège). La citadelle de l'île de Gorée est ensuite devenue le musée historique du Sénégal.
Vers 1840, avec la découverte de l'arachide venue de Sierra-Léone et l'intensification de l'agriculture ainsi que l'aménagement, par la suite, au début du XXème siècle, la ville de Dakar et de son port, Gorée entre lentement en déclin.
La ville de Gorée est frappée de temps à autre par des épidémies (fièvre jaune, choléra) ou incendies. Les épidémies de 1778, 1859, 1866, et surtout celle de 1927-28 vont causer beaucoup de morts. En 1860, un cimetière est créé à l'anse Bernard, reporté au Plateau, pour se fixer à la pointe de Bel-Air. La fièvre jaune de 1878-1879 provoque encore des ravages à Gorée. Le gouverneur BRIERE de L'ISLE, de 1876-1881, décide alors de transférer les services coloniaux à Rufisque et Dakar.
Gorée, un haut lieu, symbolique, de mémoire et contre l'oubli
«Celui qui vous dit que Gorée est une île, celui-là vous a menti. Cette île n'est pas une île. Cette île est un continent de l'esprit» souligne Jean-Louis ROY, le 6 novembre 1999. Construite vers 1780 par Nicolas PEPIN, frère de la Signare Anne PEPIN et maîtresse du Chevalier de BOUFFLERS, la maison des esclaves demeure un lieu qui revêt une portée symbolique en tant qu'emblème de la traite négrière. Cette maison aurait été la dernière esclaverie en date à Gorée. La première remonterait à 1536, construite par les Portugais, premiers Européens à fouler le sol de l'île en 1444. Classé par l'UNESCO, en 1978, patrimoine commun de l'humanité, Gorée, site touristique par excellence, est un haut de mémoire pour l'humanité en raison de la tragédie de la traite négrière qui a durée plus de quatre siècles. La Maison des Esclaves est située dans la rue Saint-Germain, sur le côté est de l'île. Les «marchandises», dans l'attente d'un voyage, sans retour, sont marquées au fer rouge, à l'emblème du propriétaire et enchaînées. Côté mer, percée de meurtrières, la maison dispose d'une porte ouvrant directement sur l'océan. Il est impossible de s'échapper par la nage, Dakar étant à trois kilomètres, et l'océan étant, à l'époque infesté de requins. Ces conditions dures de détention ont provoqué en octobre 1724, une révolte durement réprimée dans le sang.
Au XVIIème siècle, c'est 500 et 1000 esclaves qui transitaient par an, à Gorée. Le commerce transatlantique a bénéficié de complicité de rois nègres. Même si c'est à la marge, il faut avoir l'honnêteté de reconnaître, à l'instar de nos dictatures du XXIème siècle, dans le passé des Noirs ont vendu des Noirs. L'esclavage est caractérisé par le droit de propriété qu'un homme peut avoir sur un autre. Cette «chose» n'est plus une personne juridique. Cela n'a pas manqué d'interpeller la conscience d'un grand humaniste suédois, explorateur en Afrique, Carl Bernhard WADSTROM (1746-1799) considérant que «c'est un commerce infâme, avec des bénéfices médiocres». Les Africains vendaient des esclaves pour se procurer des armes, de la pacotille ou de l'alcool fort. Pour Carl Bernhard WADSTROM, membre de Société des Amis des Noirs, a loué les qualités de Thierno Sileymane BAL, partisan de l'abolition de l'esclavage, «homme dont l'esprit a été plus cultivé que celui des autres princes noirs, qui s'est rendu tout à fait indépendant des Blancs». WADSTROM préconisait de développer l'agriculture en Afrique afin d'échanger avec l'Europe sur des bases plus humaines et justes. Cet odieux commerce, impliquant notamment de grandes maisons de Bordeaux, Nantes et la Rochelle, a été qualifié par la loi numéro 2001-434 du 21 mai 2001, dite loi TAUBIRA, de «crime contre l'humanité», et institue une journée de mémoire. Ce texte est une belle bataille victorieuse, contre l'amnésie et pour la mémoire, en souvenir de la plus grande déportation que les nations européennes aient jamais organisée, avec plus de 70 millions de victimes sur quatre siècles. «Il ne s'agit pas de se morfondre, ni de se mortifier, mais d'apprendre à connaître et à respecter une histoire forgée dans la souffrance. D'appréhender les pulsions de vie qui ont permis à ces millions de personnes réduites à l'état de bêtes de somme de résister ou simplement de survivre» souligne Mme TAUBIRA. Entre histoire, mémoire et loi, Mme TAUBIRA s'est évertuée à défendre l'honneur des vivants et la mémoire des morts.
Face au déni, à l'oubli ou l'indifférence, c'est l'occasion de rendre un hommage vibrant, à Boubacar Joseph N'DIAYE qui a le premier conservateur et guide de ce musée de Gorée. Boubacar Joseph N'DIAYE, né à Rufisque, a effectué ses études primaires à Gorée, puis a rejoint l'Ecole professionnelle PINET-LAPRADE de Dakar. Nommé conservateur du musée de Gorée à partir de 1962, les récits d'un légendaire guide, Boubacar Joseph NDIAYE (1922-2009), ont contribué à faire connaître ce lieu dans le monde entier. Jusqu'à sa mort en février 2009, inlassablement, Boubacar N'DIAYE reprenait son récit, plusieurs fois par jour, bien déterminé à éveiller la conscience de son auditoire, et son message de compassion. Au rez-de-chaussée se trouvent les cellules des esclaves qui sont catégorisées : hommes, enfants, chambre de pesage, jeunes filles, inapte temporaire. Dans celles réservées aux hommes, faisant chacune 2,60 m sur 2,60 m, on mettait jusqu'à 15 à 20 personnes, assis le dos contre le mur, des chaînes les maintenant au cou et aux bras. L'effectif dans cette petite maison variait entre 150 à 200 esclaves. L'attente de départ durait parfois près de trois mois. Un peu à l'écart, à droite du porche d'entrée, se trouve le bureau du maître des lieux, tapissé de documents et de citations humanistes, que l'on doit à Boubacar Joseph NDIAYE. «Un regard au-delà de l'océan et on retrouve tout le drame des peuples africains dont Gorée est le symbole», écrit M. N'IAYE. Ou encore, «Seigneur donnez à mon peuple, qui a tant souffert, la force d'être grand». On trouve également la célèbre exclamation de l'illustre érudit, écrivain et ethnologue malien, Amadou Hampâté BA, dans son ardent plaidoyer pour préserver et recourir aux sources de la tradition orale : «En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle !». La porte du «voyage sans retour» est l'endroit où les esclaves embarquent vers les colonies. Un large escalier à double flèche conduit à l'étage, qui sert surtout aujourd'hui de salle d'exposition. Dans les temps anciens c'était un salon pour les réceptions. «Comment peuvent-ils rire aux éclats là-haut, vu les drames d'en-bas !» s'exclame Joseph N'DIAYE.
Un article d'Emmanuel de ROUX, journaliste du quotidien français, «Le Monde», du 27 décembre 1996, intitulé «Le mythe de la Maison des esclaves qui résiste à la réalité» a suscité quelques remous au-delà de la communauté des spécialistes. Une autre polémique a éclaté au sujet de la paternité réelle du livre de Joseph NDIAYE destiné aux enfants, «Il fut un jour à Gorée». Par ailleurs, Jean-Luc ANGRAND, dans un article du 22 février 2013, intitulé «Petite note sur la fausse maison des esclaves de Gorée», affirme, sans l'étayer, que cette institution remonterait à 1950. Selon lui, la maison des esclaves réactivée en 1950, par Pierre-André CARIOU, médecin-chef breton. M. N'DIAYE, qui était son employé, a repris l'affaire l'aurait mise au service du tourisme. D'autres polémiques ont tenté de salir sa mémoire et des études prétendues historiques voudraient montrer que la Maison des Esclaves n'aurait joué qu'un rôle mineur dans la traite des Noirs. Certains chercheurs, dont Anne GAUGE, s'interrogent sur la fonction mémorielle en Afrique. Dans sa thèse, Mme GAUGE estime que le musée peut être un espace de représentation politique, et peut, de ce fait, être détourné de sa fonction première de mise en valeur culturelle, pour devenir un espace de propagande politique. Patrick DRAME évoque même le concept de «monumentalisation du passé colonial et esclavagiste».
Pour l'essentiel, les chefs d'Etat occidentaux, avec des exceptions notables comme Georges BUSH, Bill CLINTON, Barack OBAMA, François HOLLANDE, Jean-Paul II, boudent la Maison des esclaves de Gorée. «C'est un témoignage de ce qui peut survenir quand nous ne sommes pas vigilants dans la défense des droits de l'homme» dit le président OBAMA. En revanche, les artistes noirs américains, comme James BROWN, Michael JACKSON, Will SMITH, en ont fait un haut lieu de pèlerinage.
Le professeur Alain MABANCKOU a pris la défense, de manière énergique, du travail de mémoire accompli par Joseph N'DIAYE qualifié de «symbole même de la conservation de la mémoire du peuple noir. Et s'il n'en reste qu'un, il sera celui-là, avec la fierté d'avoir posé sa petite pierre contre l'oubli et l'indifférence, maux qu'il ne cesse de fustiger de sa voix tonique, l'index bien levé». Joseph N'DIAYE est un homme d'une «sérénité de baobab».
Il ne peut être sérieusement contesté que l'île de Gorée a été le siège d'un important trafic d'esclaves qui étaient «entreposés» soit dans la maison de leur maître ou à la Maison des esclaves. Ils étaient attachés deux par deux et la nuit enfermés dans l'esclaverie. Ainsi, GOLBERRY, missionné par le chevalier de Boufflers et qui a séjourné au Sénégal en relate dans son livre «Fragments d'un voyage en Afrique», la vie à Gorée. Un ancien manuscrit de la bibliothèque nationale de France «Mémoire sur le Sénégal et l'Ile de Gorée» du 28 juillet 1894, fait état un trafic d'esclaves. Hamady BOCOUM et Bernard TOULIER ont établi de façon incontestable, qu'au moins depuis 1918, des écrits ou documents font référence directement à une maison d'esclaves, avec des appellations différentes. En 1918, le Père BRIAULT nous donne une aquarelle d'un «ancien cabanon à esclaves» établi dans l'actuel presbytère. Selon le Guide du tourisme de 1926, une excursion à l'île de Gorée à partir de Dakar s'impose pour visiter les anciennes «captiveries» où étaient parqués les esclaves en attendant le retour des négriers, venus à Gorée charger le «bois d'ébène». Dans un article sur «Gorée la moribonde» paru en 1928, la revue L'Illustration nous présente une reproduction photographique d'une des maisons à cour portant la légende : «au rez-de-chaussée logement des esclaves ; au premier étage, salle à manger du traitant». En 1929, le docteur P. BRAU décrit les «cachots antiques, longs et étroits, des maisons de Gorée qui puent encore la chair esclave torturée». Dès 1932, dans son guide de visite Gorée, capitale déchue, Robert GAFFIOT nous dessine la cour de l'une de ces anciennes «maisons négrières». Il précise dans la légende du dessin l'usage de cette maison où «les esclaves étaient parqués dans le bas-enclos, à l'obscurité, sous les pièces réservées à l'habitation des trafiquants. Le couloir central dessert, à droite et à gauche, une douzaine de longues et étroites cellules, dans lesquelles les malheureux étaient entassés et, bien souvent, enchaînés».
Michel ROCARD (1930-2016) a laissé, le 23 décembre 1981, dans le livre d'or de la Maison des esclavages, une inscription pathétique qui fait taire toutes les polémiques stériles et mesquines : «Il est difficile à un homme blanc, qui se veut honnête, de visiter la maison des esclaves, sans un vif soulèvement de malaise. Que notre lutte pour un avenir meilleur contribue à faire disparaître toute trace de cette longue et dure histoire».
L'emblème de la ville de Gorée c'est le phénix, un oiseau mythique qui a su renaître de ses cendres : revit Gorée, toujours. Le tourisme se porte bien à Gorée. Des personnalités de renom, comme Ousmane SOW et France GALL s'y installent. Le musée Dapper, à Paris dans le XVIème arrondissement, entretient avec l'île une coopération fructueuse.
http://www.sen360.fr/actualite/l-039-ile-de-goree-au-sene...
SEN360

Commentaires

Pipo complet cette maison des esclaves de Goree...

Écrit par : Marco Latino | 27/07/2016

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Pipo total la maison des esclaves de Goree

Écrit par : Marco Latino | 27/07/2016

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Pour les honnêtes gens épris de vérité meme s'ils sont de plus en plus rares....
http://bernardlugan.blogspot.sn/2012/10/francois-hollande-et-la-legende-goree.html

Écrit par : Marco Latino | 27/07/2016

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La maison des esclaves sur l'île de Gorée est une vaste escroquerie. C'est un médecin militaire français Pierre André Carriou qui a inventé le mythe de la maison des esclaves de Gorée en 1940, dans un roman jamais publié. Mais, l'histoire a été repris et le lieu créé de toute pièce par Léopold Senghor et son copain, ancien militaire et conservateur du lieu, Joseph Ndiaye (décédé en 2009)qui a menti pendant des années, à des générations d'écoliers et des milliers de touristes crédules. Tout en remplissant son devoir de mémoire sur l'esclavage, crime contre l'humanité.
La maison des esclaves a été construite en 1783, elle appartenait à une famille signare, le commerçant et notable mulâtre Nicolas Pépin, puis à sa sœur Anna Colas Pépin. Ils avaient des esclaves pour le fonctionnement de la maison et leurs activités commerciales. Ils étaient contre et ne pratiquaient pas la traite transatlantique, les ouvriers esclaves formés étaient précieux pour leurs affaires. Les cellules sous la maison servaient d'entrepôts au commerce, de la gomme arabique, l'ivoire, les peaux et les cuirs et de locaux pour les outils de réparation des bâtiments et des bateaux...
Historiquement, quelques esclaves de la traite ont été enfermés dans le fort portugais sur l'île de Gorée qui n'a jamais été un centre important de la traite. Il aurait été totalement idiot de faire passer des millions d'esclaves par la minuscule île de Gorée, petite île sans ressources et sans eau potable, où il aurait fallu les transporter, les loger et les nourrir. Alors qu'il était plus simple de les parquer et les faire partir directement des ports de Dakar, de Saint Louis et de Gambie. Ce qui fut le cas...
De plus, il existait une muraille défensive tout autour de l'île de Gorée jusqu'en 1780 et il était très dangereux d'aborder avec des bateaux, à cause des rochers, ailleurs que le petit port, près du fort. La porte arrière "du sans retour" de la maison des esclaves, où de nombreux chefs d'états se font photographier, de Mitterrand à Obama, ne servait qu'à jeter les déchets de la maison à la mer. C'est la porte de la photo "du mensonge historique"
Mais, au Sénégal, l'hypocrisie et le mensonge, on connait bien. Seuls, les blancs européens ont pratiqué la traite négrière pour les colonies américaines (12 millions d'esclaves).
Mais, on ne peut pas dire aux élèves sénégalais, que les empires du Mali et du Ghana avaient 50 % de la population en esclavage. Tout comme, les familles royales africaines qui vendaient leurs frères africains esclaves aux arabes et aux européens. Ils sont dans l'oubli de traite négrière africaine par des africains (9 millions). Un peu facile ! Après le mensonge, l'oubli...
Puis, les razzias arabes incessantes du 8° siècle au 20° siècle, dans les villages africains. Razzias responsables du retard économique de l'Afrique car les populations ne pouvaient pas cultiver des grandes parcelles, obligées de se cacher dans les forêts. La traite négrière arabe (19 millions) avec ses comptoirs de Tombouctou, Gao, Marrakech, Alger, Tunis, Alexandrie, Le Caire, Zanzibar, Bagdad, Constantinople-Istanbul et l'Arabie. Les filles noires dans les harems des riches califes, sultans, émirs, vizirs, beys...et les autres dans les bordels à soldats. Pour les garçons noirs, les ateliers de castration pour en faire des eunuques pour garder les harems, servir dans l'armée sans se reproduire. Tout ce passé historique ignoré au nom de l'amitié arabo-africaine.
Les castrations des jeunes esclaves noirs faisaient 80% de mortalité avec une politique de non-prolifération des esclaves dans la traite arabe. Au contraire, de la volonté de reproduction des esclaves dans les colonies européennes pour les champs de coton et de cannes à sucre, sans oublier les horreurs commises au nom de l'esclavage et de Code Noir du ministre Colbert. Mais, cela explique qu'il n'y a pas eu de descendance dans la traite arabe, donc pas de mémoires, au contraire de la traite européenne...
Dans le déni des 3 traites négrières, le Sénégal enseigne à ses enfants que l'histoire de la traite négrière européenne. Suivi de la colonisation, détournée encore en pillage du pays par les colons. Un nouvel oubli volontaire de dire que la colonisation a apporté le modernisme, la construction des routes et des ponts, les écoles, les hôpitaux, les vaccins et la fin de l'esclavage. On assiste aujourd'hui, à un rejet des valeurs occidentales, à une radicalisation arabo-musulmane du Sénégal et à l'enseignement de la haine des toubabs dans les daaras, l'esclavagiste des enfants talibés, élèves coraniques sénégalais et africains...
Dans le mensonge, l'oubli et le déni, le Sénégal ne fait pas face à son passé. Tout peuple qui rejette son passé, n'a pas d'avenir. Et les européens sont encore les seuls, à être capables de vérité de repentance et de lutte contre l'esclavage...

Écrit par : issa gibb | 27/07/2016

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Parfait...

Écrit par : Marco Latino | 27/07/2016

Effectivement ....
Mais à la limite peu importe le lieu qui n'excuse pas TOUS les responsables.
Il est vrai que nous ressentons un grand malaise lors de la visite .

Écrit par : oyster | 27/07/2016

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Malaise...non,dégoût, oui pour tous ces esclavagistes africains qui ont mis aux fers leurs propres frères et les ont vendus comme du bétail pendant des siècles, avant l'arrivée des européens et encore de nos jours...

Écrit par : Marco Latino | 27/07/2016

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J'ai visité 2 fois, la maison des esclaves sur l'île de Gorée. J'avoue que je n'ai eu aucun malaise et aucune gêne. Peut être, parce que je savais que c'était une grosse escroquerie. Le guide et ses mensonges sur les salles de prison et la porte du sans retour, m'a même fait pitié en racontant des histoires qui ne croit pas lui-même. A l'étage , je trouve que l'exposition sur l'esclavage est minable et pas attractive du tout, sur le plan de la présentation.
Par contre, la prison du petit fort portugais et ses expositions historiques sont plus intéressantes, la construction du fort a un intérêt historique réel et sa fonction de prison des opposants à Senghor est à savoir, par exemple...Dans la maison des esclaves, on est dans le faux, dans le fort portugais, on est dans le vrai...
De plus, c'est une honte de l'Etat sénégalais laissent se délabrer les autres maisons coloniales ou signares sur l'île de Gorée. Elles ont un intérêt architectural bien plus important que la maison des esclaves. On parle d'une volonté d'éradiquer le souvenir du colonialisme, en abandonnant ces belles maisons à la destruction du temps. Dommage ! elles auraient pu, retapées, héberger des familles pauvres qui vivent encore dans des huttes de terre et de chaume, ou des écoles, ou des maisons de jeunesse, ou des maisons de retraite... seulement, la destruction et après, plus rien ?

Écrit par : issa gibb | 27/07/2016

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Dicton wolof : "dou mann rek, boukoumassi mo ko gueun"

je traduis pour les monolinguiste..

cela veut dire littéralement : "je n'en fais pas partie est mieux que ce n'était pas seulement moi"
comprendra qui voudra..

Écrit par : Ndiaye | 27/07/2016

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Ton commentaire est aussi naze que ce long post de sen360.

Écrit par : Lola diolla | 28/07/2016

Merci pour ce partage qui se poursuit dans les commentaires. Que la Maison des Esclaves soit l'authentique ou qu'elle ait été créée de toute pièce, elle est devenue incontestablement un lieu de mémoire et de recueillement, surtout pour ceux qui ont fait "le voyage sans retour ". Des générations après, le traumatisme est toujours prégnant et il est bien que ces lieux existent.
Ceux qui ne l'ont pas vécu continueront de rechercher la véracité historique .

Écrit par : Joëlle SANKALÉ-SUZANON | 30/07/2016

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Sauf que dans les écoles ,ce sont de fausses vérités qu'on leur enseigne!!!!et les Français payent le prix fort bien-sur,ça se ressent beaucoup aujourd'hui

Écrit par : eddy | 01/08/2016

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