29/07/2016

LA GARE DE TAMBA EN PERIL

La gare ferroviaire de Tambacounda, patrimoine historique en péril

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C’est en face du marché central de la commune de Tambacounda qu’est localisée la gare ferroviaire. Elle fait partie des symboles de la région de Tambacounda puisque faisant partie des sites classés de la ville, avec la préfecture.
C’est vers les années 1800 que la ligne ferroviaire Dakar-Bamako a été mise en place par le colon français. Le site qui abrite cette gare était les terres de culture de Moriba Diakhité, une figure historique, le chef du premier village de la région.
La gare est composée d’un bâtiment administratif, d’un dépôt où on fait l’entretien des locomotives, d’un hôtel avec 8 chambres qui servaient d’habitat à quelques employés.
En plus d’assurer les dessertes, la ligne ferroviaire était utilisée par les touristes. « La plupart des touristes empruntaient le train qui leur permettait de traverser le Sénégal en une journée » confie M. Mamady Coulibaly, guide touristique. Quant aux impacts socio-économiques, la gare a participé à la création de la commune de Tambacounda en fixant progressivement les populations autour d’elle avec les échanges commerciaux et en attirant d’autres nationalités à savoir les Maliens, les Burkinabés représentés dans cette partie du pays par les ethnies Bambara et Mossi.
Aujourd’hui, la situation du chemin de fer a fortement changé. En attestent les fenêtres rouillées, des portes vétustes, des murs fissurés, l’hôtel servant d’entrepôt à la direction régionale de la gare ferroviaire de Tambacounda. Cela se comprend d’autant plus que les dernières constructions dans ce secteur remontent en 1923.
Depuis lors, aucun chantier n’a été entamé allant dans le sens de rénover les locaux et de rétablir la ligne Thiès-Tambacounda et surtout celle liant Tambacounda-Kidira qui souffre de son état défectueux. Vétusté des rails, manque de moyens logistiques. C’est ce qui explique d’ailleurs le retrait en 2009 de l’Express et de l’Omnibus, des trains destinés aux passagers. Il ne reste uniquement que les trains de fret.
Ce que beaucoup de gens minimisent est que Tambacounda est un lieu stratégique puisque servant de transit aux conteneurs des marchandises provenant du port de Dakar en partance pour les pays de la sous-région.
Mais si aujourd’hui le transport ferroviaire est de moins en moins pris en compte par les autorités , c’est parce qu’ils ignorent probablement que ce domaine constituait jadis une ressource financière importante. « Il fut un temps, c’était le train qui payait les fonctionnaires du gouvernement sénégalais » précise M. Ba, chef de la gare de Tambacounda.
Présentement, il y a la décrépitude des rails, une régression notoire du trafic ferroviaire (parfois un train par jour, parfois aucun ) et l’allongement de la durée de trajet à 48 heures de Dakar à Tambacounda.
En à croire Bamba Diop, aiguilleur, toutes ces difficultés auraient appartenu au passé s’il y avait eu un renouvellement du transport ferroviaire par la mise en place de nouveaux rails et de trains neufs. De nombreuses difficultés qui s’amoindriront sans doute avec la mise en œuvre du Plan Sénégal Emergent notamment en son axe 1 : Transformation structurelle de l’économie et croissance assurant ainsi la réhabilitation de la ligne de chemin de fer Dakar-Bamako pour redynamiser le corridor.
Amédine Faye/ausenegal.com

Commentaires

Le patrimoine "historique" n'est pas la priorité pour les nouvelles générations ,et pourtant le rail rendait bien des services ...
La suppression de DAKAR / ST lOUIS par une absence d'entretien en est l'image.
alors pour les bâtiments on est encore moins regardant ,et seul GOREE à le droit au minimun

Écrit par : oyster | 30/07/2016

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Je dirais aussi qu'ils sont incapables d'entretenir une politique ferroviaire. Le train ou le rail a toujours était un facteur de développement dans tous les pays dits sous-développés (Inde, Chine, Amérique du Sud, comme exemples). Sauf au Sénégal ??? Dans un pays où règne l'anarchie, où personne ne respecte les lois, même pas les règles routières, le train deviendrait très vite, un facteur meurtrier de population au lieu d'être un facteur de développement. Reste donc les camions et les véhicules surchargés, facteurs de morts sur les routes. Pas le choix ?
Quand à la volonté de disparition des traces coloniales, elle est bien présente aussi. Des bâtiments solides abandonnés à la destruction du temps, alors qu'ils pourraient servir pour des familles qui vivent encore dans des huttes de terre, pour des écoles ou des centres de soins... La connerie de la destruction systématique du passé colonial n'a pas de nom. Avec la maison des esclaves à Gorée, lieu de mémoire créé par Senghor, vaste escroquerie historique de l'esclavage et haut-lieu de revenus touristiques, est toujours rénovée à coups de millions internationaux. Alors que les maisons coloniales de Gorée, qui ont une importance architecturale réelle, sont laissés elles aussi, à l'abandon du temps. Encore une stupidité aux relents racistes et passéistes...A oublié son passé, le Sénégal se perdra dans la nuit de la mémoire!

Écrit par : issa gibb | 01/08/2016

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A force de jouer a l'autruche ,le Sénégal a déjà été remisé au fin des mémoires de pas mal de gens!!!! oublié le Sénégal ,les promesses ne sont jamais tenues,c'est lassant jamais rien de concret, que du pipeau...

Écrit par : eddy | 01/08/2016

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