31/07/2016

LE MARATHON DE LA PETITE CÔTE NETTOIE REK

Vaste opération de nettoiement en perspective du marathon international de la petite côte

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Les organisateurs du marathon international de la Petite Côte, en partenariat avec le mouvement des scouts du Sénégal ont initié, jeudi, une opération de nettoiement de grande envergure en prévision de la grande manifestation sportive prévue le 27 novembre prochain.
Les organisateurs veulent ainsi contribuer à améliorer le cadre de vie pour un meilleur accueil des athlètes à la deuxième édition du marathon international de Mbour axé cette année sur le thème: "Courir pour un Sénégal propre".
Les coureurs, assistés de 400 scouts, partiront alors de la station balnéaire de Saly-Portudal à Pointe-Sarène, en passant par Mbour, Mballing, Warang et Nianing, sur une distance de 42 kilomètres en aller et retour.
"A travers cette activité d'investissement humain, nous voulons rendre propres certains sites et autres places publiques des zones situées sur le trajet. Et nous n'allons pas nous arrêter jusqu'à la veille du marathon", a expliqué le coordonnateur du marathon, Robert Ndiaye.
"Cette première journée nous a permis de constater le désastre écologique ainsi que l'état d'insalubrité qui prévaut dans le centre-ville de la commune deMbour", a déploré M.Ndiaye.
Pour le commissaire régional des scouts de Thiès, Jean-Noël Doudou Sarr, par ailleurs conseiller en engagement communautaire sur la Petite Côte, cette initiative des organisateurs du marathon international de la Petite Côte "est bien en phase avec les idéaux du scoutisme.
Selon lui, "le scoutisme est un mouvement d'éducation par l'action basé sur le volontariat est ouvert à tous sans distinction de race et d'origine".
"Cette activité d'investissement humain n'est rien d'autre que la traduction en acte des belles paroles du scoutisme qui stipule que 'Le scout sert son pays, il est bon citoyen", a conclu Sarr.
APS

30/07/2016

37 MILLIARDS POUR LE TOURISME...

Le Sénégal bénéficie d’un appui de 37 milliards FCfa

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L’Etat du Sénégal a reçu un financement de la Banque mondiale et l’Agence française de développement, estimé à 37 milliards de nos francs pour développer les compétences dans le secteur du tourisme. Ceci, pour améliorer la compétitivité des entreprises et l’employabilité des jeunes. Trois Centres de formation seront créés à Diamniadio, Saint-Louis et Ziguinchor. Pour lutter, entre autres, contre l’érosion côtière, la Sapco a bénéficié de 20 millions de dollars et d’ici à la fin du mois d’octobre, l’appel d’offres sera lancé.
Pour le ministère de la Formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’artisanat qui pilote le projet de formation professionnelle pour l‘emploi au Sénégal et la compétitivité (Fpec), il s’agit de développer des compétences. D’un coût de 37 milliards, le projet va durer quatre années. Le président du Conseil d’administration, Boubacar Sabaly, par ailleurs, directeur de l’hôtel «Bougainvillées» et président du Syndicat d’initiatives du tourisme de la région de Thiès, estime que l’Etat vient de satisfaire une vieille doléance. Pour lui, le Sénégal s’est lancé dans le tourisme de masse, depuis les années 70/80, mais n’avait pas pris de mesures d’accompagnement, pour mettre en adéquation et répondre aux besoins de formation de la main-d’œuvre qualifiée. «Il n’y avait que l’Ecole nationale de formation hôtelière et touristique à l’époque, qui ne pouvait pas produire plus de 120 apprenants diplômés par an. Et avec l’aménagement de Saly, Cap Skiring et d’autres sites qui se sont développés, il s’est avéré que la main-d’œuvre sortant de l’unique école, ne pouvait pas répondre à ce besoin de formation, avec comme conséquence, la multiplication d’écoles de formation, sans un encadrement adéquat dont la finalité a été déplorable», s’est désolé Boubacar Sabaly. Pour le Pca du Fpec, l’Etat a décidé de prendre en charge ce volet, une préoccupation majeure, le tourisme étant considéré comme un secteur économique de croissance et créateur d’emplois.
Pour le directeur technique de la Sapco, Babacar Mbengue, ce projet entre dans le cadre de la prise en compte du développement du secteur. Déjà, le gouvernement a mis un milliard de francs pour améliorer le cadre de vie de Saly.
Alioune DIOP/L'OBS

SORTIR LES ENFANTS DES RUES: DEJA UN ECHEC

les parents boudent leurs enfants chassés de la rue

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Le gouvernement a décidé d’en finir avec le phénomène des talibé, du nom de ces enfants qui squattent les artères de la capitale Dakar.
Près de 300 talibés ont été recueillis dans ce centre depuis le lancement de la campagne d‘éradication du phénomène des enfants mendiants des rues de la capitale sénégalaise il y a un mois. Malgré l’appel lancé par les autorités aux parents, seuls 70 enfants ont pu retourner dans leurs familles. Les jumeaux de Fatou font partie de cette minorité. Il y a quelques semaines encore, toute la famille mendiait dans la rue.
« Chaque jour, on t’humilie, on t’arrête devant les gens avec lesquels tu t’es familiarisé, raconte-t-elle. Ce n’est pas du tout bien. C’est à cause de cela que j’ai quitté la rue. J’ai honte d‘être arrêtée devant des gens que je connais ».
J'ai honte d'être arrêtée devant des gens que je connais.
À côté du discours répressif de l‘État, qui a criminalisé l’exploitation de la mendicité d’autrui pour protéger les mineurs, le gouvernement expérimente des mécanismes d’accompagnement pour assurer l‘éradication du phénomène des talibés. « On est en train d’appuyer les marabouts, pour la prise en charge des enfants aussi bien médicale, qu’en denrées alimentaires ; pour que les enfants ne retournent plus dans la rue. Les enfants qui sont de nationalité sénégalaise, s’ils souhaitent aller à l‘école, ont les appuie dans ce sens aussi », déclare Mme Ba, une des assistantes sociales du Centre Gindy.
Difficile pour l’instant d’apprécier l’impact de cette politique de sécurité sociale particulière. Mais les 30 000 enfants de la rue recensés à Dakar semblent s‘être volatilisés en l’espace de quelques semaines.
William Bayiha/Africanews

29/07/2016

BIENTÔT UN CENTRE DE FORMATION DU TOURISME A DIAMNIADIO

Un centre de formation pour les métiers du tourisme et de l'hôtellerie en gestation à Diamniadio

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Le projet de formation professionnelle pour l'emploi et la compétitivité (FPEC), à travers le fonds de financement de la formation professionnelle/Cluster tourisme et hôtellerie (3FPT), envisage de construire, à Diamniadio, un centre de formation de référence à vocation sous-régionale, pour un coût global de quatre (4) milliards de francs CFA, a appris l'APS.
La révélation a été faite, jeudi à Saly-Portudal (Mbour),par la coordonnatrice du projet FPEC,Diariétou Guèye, au cours d'unatelier de partage dudit projet avec les acteurs du tourisme et de l'hôtellerie.
Ce projet de l'Etat du Sénégal,logé au ministère de la Formation professionnelle, de l'Artisanat et de l'Apprentissage,d'un coût global de 37 milliards de francs CFA pour une durée de quatre ans, estfinancé par la Banque mondiale et l'Agence française de développement (AFD),avec une contrepartie sénégalaise, vise à améliorer la qualité du service dansle secteur du tourisme, de l'hôtellerie et de la restauration, a expliqué MmeGuèye.
"Cela passe nécessairement par l'amélioration de la qualité de la formation qui est délivrée, en construisant des centres de formation de référence pour permettre à ces jeunes de bénéficier d'une formation qui puisse leur permettre de s'insérer dans le tissu économique ou d'avoir une qualification pour répondre au mieux aux besoins de l'entreprise dans le secteur de l'hôtellerie et du tourisme", a-t-elle fait valoir.
Selon elle, ce centre de référence va polariser les centres satellites qui seront construits àZiguinchor (sud) et à Saint-Louis (nord).
"Nous ne voulons plus que nos apprenants aillent se former au Maroc ou en France pour se former, mais qu'ils puissent bénéficier de formation d'une très bonne qualité au Sénégal", a soutenu Diariétou Guèye.
Pour elle, ce centre va permettre aux apprenants de l'Afrique de l'ouest de bénéficier de formation et d'éviter les coûts exorbitants de formation à l'étranger.
ADE/PON/APS

LA GARE DE TAMBA EN PERIL

La gare ferroviaire de Tambacounda, patrimoine historique en péril

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C’est en face du marché central de la commune de Tambacounda qu’est localisée la gare ferroviaire. Elle fait partie des symboles de la région de Tambacounda puisque faisant partie des sites classés de la ville, avec la préfecture.
C’est vers les années 1800 que la ligne ferroviaire Dakar-Bamako a été mise en place par le colon français. Le site qui abrite cette gare était les terres de culture de Moriba Diakhité, une figure historique, le chef du premier village de la région.
La gare est composée d’un bâtiment administratif, d’un dépôt où on fait l’entretien des locomotives, d’un hôtel avec 8 chambres qui servaient d’habitat à quelques employés.
En plus d’assurer les dessertes, la ligne ferroviaire était utilisée par les touristes. « La plupart des touristes empruntaient le train qui leur permettait de traverser le Sénégal en une journée » confie M. Mamady Coulibaly, guide touristique. Quant aux impacts socio-économiques, la gare a participé à la création de la commune de Tambacounda en fixant progressivement les populations autour d’elle avec les échanges commerciaux et en attirant d’autres nationalités à savoir les Maliens, les Burkinabés représentés dans cette partie du pays par les ethnies Bambara et Mossi.
Aujourd’hui, la situation du chemin de fer a fortement changé. En attestent les fenêtres rouillées, des portes vétustes, des murs fissurés, l’hôtel servant d’entrepôt à la direction régionale de la gare ferroviaire de Tambacounda. Cela se comprend d’autant plus que les dernières constructions dans ce secteur remontent en 1923.
Depuis lors, aucun chantier n’a été entamé allant dans le sens de rénover les locaux et de rétablir la ligne Thiès-Tambacounda et surtout celle liant Tambacounda-Kidira qui souffre de son état défectueux. Vétusté des rails, manque de moyens logistiques. C’est ce qui explique d’ailleurs le retrait en 2009 de l’Express et de l’Omnibus, des trains destinés aux passagers. Il ne reste uniquement que les trains de fret.
Ce que beaucoup de gens minimisent est que Tambacounda est un lieu stratégique puisque servant de transit aux conteneurs des marchandises provenant du port de Dakar en partance pour les pays de la sous-région.
Mais si aujourd’hui le transport ferroviaire est de moins en moins pris en compte par les autorités , c’est parce qu’ils ignorent probablement que ce domaine constituait jadis une ressource financière importante. « Il fut un temps, c’était le train qui payait les fonctionnaires du gouvernement sénégalais » précise M. Ba, chef de la gare de Tambacounda.
Présentement, il y a la décrépitude des rails, une régression notoire du trafic ferroviaire (parfois un train par jour, parfois aucun ) et l’allongement de la durée de trajet à 48 heures de Dakar à Tambacounda.
En à croire Bamba Diop, aiguilleur, toutes ces difficultés auraient appartenu au passé s’il y avait eu un renouvellement du transport ferroviaire par la mise en place de nouveaux rails et de trains neufs. De nombreuses difficultés qui s’amoindriront sans doute avec la mise en œuvre du Plan Sénégal Emergent notamment en son axe 1 : Transformation structurelle de l’économie et croissance assurant ainsi la réhabilitation de la ligne de chemin de fer Dakar-Bamako pour redynamiser le corridor.
Amédine Faye/ausenegal.com

2 VOLS SEMAINE DAKAR-CAP VERT

Dakar-Praia : Transair relève le défi

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Avec deux vols par semaine, Transair assure désormais la liaison aérienne Dakar-Praia tous les mardi et dimanche. Le vol inaugural a eu lieu le
Le vol inaugural a atterri à l’aéroport international de Praia Nelson Mandela à 9h 35 TU à bord d’un avion type Embraer ERJ 145, un jet de 50 places. Au bout d’une heure et cinq minutes de vol, les premiers passages ainsi que les invités du Groupe Transair ont foulé le sol de la capitale capverdienne.
Autour d’un cocktail dans la zone transit de l’aéroport de Praia, les partenaires commerciaux, diplomates et journalistes ont pu échanger avant de regagner le vol retour à Dakar, décollage 11h 10.
Rappel des normes de sécurité et services à bord par l’hôtesse de l’air et le steward, le vol a été rapide et confortable. A 12h 15 l’appareil pouvait se poser sur la piste d’atterrissage de l’aéroport international Léopold Sédar Senghor sous les applaudissements des passagers visiblement satisfaits.
La visite du hangar de Transair à l’aéroport de Dakar a permis de découvrir le deuxième Embraer ERJ 145 livré au début du mois de juillet. « Transair ne s’arrêtera pas là. Grâce à ce renforcement de flotte, d’autres destinations sont à l’étude » indique le directeur général de la compagnie M. Alioune Fall
Ce vol inaugural a accueilli à bord les ambassades de la Guinée Bissau, du Cap Vert à Dakar et l’ambassadrice du Sénégal à Praia. Mme Correa a souligné que le principal défi c’est de maintenir cette déserte opérée par une compagnie sénégalaise à côté de la TACV en attendant la mise en ligne de la liaison maritime Dakar-Praia en négociation.
Horaire des vols
Dakar-Praia : mardi et dimanche
◾ Mardi : 13h45 départ de Dakar. 15h départ de Praia
◾ Dimanche : 8h 00 départ de Dakar / 8h45 Départ de Praia
◾ Aller-retour : 194 200 F CFA
◾ Aller simple : 125 000 F CFA
Contact Dakar : 00 221 33 820 82 80 - 33 865 25 65 - 77 294 52 52 - 78 477 35 35
booking@groupetransair.sn
Contact Praia : 00 238 261 49 98 - 261 82 16 - 991 70 20
isabelgfontes@gmail.com
ausenegal.com

LE SENEGAL CHAMPION DU MONDE DE SCRABBLE

Le Sénégal champion du monde de scrabble

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Les Lions du Sénégal de scrabble viennent de décrocher le titre de champion du monde de scrabble dans l’épreuve des Paires à Agadir au Maroc. Il s’agit des frères Sylla Ndongo et Matar.
Un peut avant cette épreuve, Matar Sylla avait remporté le titre de champion du monde en Blitz. Les championnats du monde se déroulent actuellement dans la ville marocaine d’Agadir
Rappelons que Ndongo Sylla est professeur de sciences politiques et chercheur à la fondation Rosa Luxemburg. Il est aussi l’auteur de quelques ouvrages comme la Démocratie contre la République parue l’année dernière.
Dakar Echo

SEULEMENT 14% DE PETITS SCOLARISES

Scolarisation des tout-petits : Le Sénégal affiche 14%

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Malgré les initiatives comme les Cases des tout-petits pour promouvoir l'éducation de la petite enfance, le Sénégal affiche seulement un taux de scolarisation des enfants de 14%.
Le Sénégal a un faible taux de scolarisation des enfants au niveau du préscolaire. Selon le directeur de l'Institut national d'études et d'actions pour le développement de l'éducation, 14% seulement des enfants fréquentent les structures de l'éducation du Dip (Développement intégré de la petite enfance) alors que les projections en 2025 et 2030 visent à atteindre 50%. Pourtant, affirme la directrice régionale de l'Unesco, Ann Thérèse Jatta, «une bonne éducation de qualité pour la petite enfance contribuera plus tard à de meilleurs résultats éducatifs et un développement plus harmonieux et holistique». Cepen­dant, des initiatives sont en train d'être développées pour renforcer l'éducation préscolaire comme la Case des tout-petits, l'éducation maternelle, les classes préparatoires dans les écoles élémentaires et le modèle communautaire modélisé par la direction de l'Education préscolaire. «Beaucoup d'initiatives existent et je pense que la révision du Paquet permettra de donner beaucoup plus de poids et de mettre le focus sur l'éducation préscolaire et d'améliorer le taux brut de préscolarisation des Sénégalais», fait savoir Mame Ibrahima Bâ, coordonnateur de l'Espace francophone pour la mesure des apprentissages au niveau de l'Association pour le développement de l'éducation en Afrique de l'Ouest. M. Bâ s'exprimait en marge d'un atelier régional sur la Mesure de la qualité et des acquis d'apprentissage préscolaire (Initiative Melqo). Pourtant, les pays, qui ont souscrit aux Objectifs pour le développement durable (Odd), et avaient promis de mettre en place des cadres d'évaluation pour les enfants et les filles au niveau du préscolaire, semblent peu se soucier de cette problématique.
Cette rencontre de Dakar, initiée par l'Unesco, vise à former et accompagner les enseignants pour mieux améliorer leurs pratiques évaluatives au niveau des classes.
Lequotidien

MONSTRUEUX MAITRES CORANIQUES!

Nouvelles mesures pour protéger les talibés et les enfants de la rue

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Plus d'une dizaine de talibés âgés de 6 à 14 ans ont été découverts les fers aux pieds dans leur école coranique à Diourbel, au Sénégal, en février 2016. Ces garçons ont été amenés au poste de police, où les fers leur ont été retirés.
La récente initiative du gouvernement sénégalais visant à retirer de la rue les enfants y compris ceux qui sont forcés de mendier par leurs maîtres coraniques constitue une étape importante dans la réforme d'un système d'exploitation profondément enraciné dans les habitudes, ont déclaré aujourd'hui Human Rights Watch et la Plateforme pour la promotion et la protection des droits de l'homme (PPDH), une coalition de 40 organisations sénégalaises spécialisées dans la défense des droits de l’enfant. Ces organisations ont exhorté les autorités à maintenir l'élan de ce mouvement en ouvrant des enquêtes et en engageant des poursuites judiciaires à l'encontre des maîtres coraniques et d’autres personnes qui commettent ces types de violations graves des droits de l’enfant.
Lors des six premiers mois de l'année 2016, au moins cinq enfants qui vivaient dans des écoles coraniques résidentielles sont morts, prétendument après avoir été battus par leurs maîtres, aussi connus sous le nom de marabouts, ou dans des accidents de la circulation alors qu'ils étaient contraints à mendier. En 2015 et en 2016, des dizaines de ces enfants, appelés talibés, ont également été sévèrement battus, enchaînés et victimes d'abus sexuels ou d'agressions violentes alors qu'ils mendiaient. Ces décès et les autres abus commis mettent en lumière combien il est urgent que le gouvernement sénégalais punisse les personnes responsables d’abus et réglemente les écoles coraniques traditionnelles, appelées daaras.
« Les talibés ont souffert d'abus et ont été exposés à des dangers qu'aucun enfant ne devrait avoir à affronter », a déclaré Corinne Dufka, directrice adjointe de la division Afrique à Human Rights Watch. « Bien que les récentes mesures prises par le gouvernement soient louables, retirer les talibés des rues ne conduira pas à des changements sur le long terme si les écoles coraniques ne sont pas réglementées et si les maîtres qui ont commis des abus ne sont pas amenés à rendre des comptes. »
Les talibés ont souffert d'abus et ont été exposés à des dangers qu'aucun enfant ne devrait avoir à affronter.
Le 30 juin 2016, le président de la République du Sénégal, Macky Sall, a ordonné que tous les enfants des rues soient retirés de la rue, placés dans des centres d’acceuil, puis rendus à leurs parents. Quiconque les forcerait à mendier serait passible d'une amende ou d'une peine de prison, a-t-il averti. À la mi-juillet, les autorités avaient retiré plus de 300 enfants – dont de nombreux enfants talibés et des talibés qui avaient fui – des rues de Dakar. Selon des activistes et des médias locaux, plusieurs autres régions ont également commencé à appliquer cette initiative, que les autorités prévoient d'étendre à tout le pays.
Bien que le nombre d’arrestations de maîtres abusifs ait légèrement augmenté au cours de l'année écoulée, le Sénégal n'a porté devant les tribunaux qu'un petit nombre d'affaires, pour la plupart relatives à des décès ou à des formes d'abus les plus extrêmes; la pratique de la mendicité forcée des enfants ne fait presque jamais l'objet de poursuites judiciaires. Human Rights Watch et la PPDH ont également noté l'existence d'un besoin urgent de services juridiques d'accès facile pour aider les enfants talibés devenues victimes à obtenir justice.
Boucar Aliou Diallo/Le Quotidien/Corinne Dufka - Directrice adjointe de la division Afrique, HRW

POURSUIVRE LES EXPLOITEURS D'ENFANTS

Le Sénégal doit poursuivre ceux qui exploitent les enfants des rues

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Le retrait des rues des enfants mendiants, initié par le Sénégal, est "une étape importante" dans la lutte contre l'exploitation de ces mineurs, ont estimé jeudi plusieurs organisations de défense des droits humains, qui exhortent également Dakar à des poursuites judiciaires contre leurs auteurs.
Le retrait de la rue des enfants, "y compris ceux qui sont forcés de mendier par leurs maîtres coraniques, constitue une étape importante" dans la lutte contre ce "système d'exploitation", affirment Human Rights Watch (HRW) et la Plate-forme pour la promotion et la protection des droits de l'homme (PPDH), un collectif de 40 ONG locales, dans un communiqué.
Ces ONG "exhortent" également le gouvernement sénégalais "à maintenir l'élan de ce mouvement en ouvrant des enquêtes et en engageant des poursuites judiciaires à l'encontre des maîtres coraniques" et les autres auteurs des "violations" des droits de l'enfant.
Le Sénégal mène depuis fin juin une opération de retrait des enfants des rues, dont des "talibés", des disciples d'écoles coraniques, pour éliminer la mendicité.
Plusieurs centaines d'enfants ont depuis lors été retirés des rues de la capitale Dakar, placés dans un centre d'accueil puis remis à leurs parents ou tuteurs dont des maîtres coraniques.
Les "récentes mesures prises par le gouvernement" sont "louables", mais ce retrait "ne conduira pas à des changements sur le long terme si les écoles coraniques ne sont pas réglementées et si les maîtres qui ont commis des abus ne sont pas amenés à rendre des comptes", déclare dans le communiqué une responsable de HRW, Corinne Dufka.
Les "meurtres et autres sévices et actes de maltraitance sur des enfants sont les conséquences de la non poursuite judiciaire des auteurs et des faibles sanctions pénales prises à l'encontre des auteurs", ajoute Mamadou Wane, coordinateur de la PPDH.
Plusieurs cas de maltraitances sur des "talibés", dont certaines fatales, ont été recensés en 2016, selon HRW. Elle cite le cas d'"un talibé de 9 ans battu à mort par son maître coranique" à Louga (nord) en février.
Une loi sénégalaise contre la mendicité des enfants, datant de 2005, prévoit deux à cinq ans de prison et une amende allant de 500.000 FCFA à 2.000.000 FCFA (762 à 3.050 euros) mais elle est rarement appliquée.
La région de Dakar compte 1.006 "daaras" (écoles coraniques) avec 54.837 "talibés", dont plus de 30.000 pratiquent la mendicité, selon une enquête officielle datant de 2014.
afp.com - SEYLLOU

28/07/2016

L'ONCLE SAM ENTRAINE L'ARMEE SENEGALAISE

À Thiès, soldats sénégalais et américains se préparent à la lutte anti-terroriste

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L'«Africa Readiness Training», une opération pour préparer les forces américaines à une intervention d'urgence en Afrique, est la première du genre sur le continent.
Des soldats américains à plat ventre ajustent leurs fusils dans les buissons. Un détachement sénégalais se positionne sur sa ligne dans un centre d'entraînement. Au Sénégal, les fusils d'assaut crépitent lors d'un scénario d'une intervention américaine d'urgence en Afrique.
Le bruit des rafales, tirées à balles réelles, emplit l'air dans cet espace raviné et vallonné, cerné de falaises, abritant un centre militaire sénégalais à Thiès (environ 70 km de Dakar) où se déroule la simulation d'un débarquement américain dans un pays africain. Quelque 200 soldats américains d'un bataillon d'infanterie de Géorgie (sud des Etats-Unis) et environ 200 parachutistes sénégalais ont pris part à cet exercice de deux semaines qui a pris fin mardi.
Un accord militaire signé en mai
L'«Africa Readiness Training» (ART, Formation aux situations d'urgence en Afrique), une opération pour préparer les forces américaines à une intervention d'urgence en Afrique, est la première du genre sur le continent, selon les Américains.
«L'idée, c'est de bien préparer les forces armées américaines pour les déploiements en cas d'urgence ici en Afrique, problème de sécurité, sûreté, n'importe quel cas d'urgence», affirme à l'AFP le colonel Scott H. Morgan, attaché militaire de l'ambassade des Etats-Unis à Dakar.
Un accord signé en mai entre Dakar et Washington permet la présence au Sénégal de forces américaines pour des raisons de sécurité et de santé notamment. Responsables sénégalais et américains réfutent toutefois toute idée de base américaine au Sénégal. Grâce à cet accord, les forces américaines et sénégalaises pourront «faire conjointement davantage d'entraînement et de formation et être mieux préparées à riposter ensemble aux risques qui menacent (les) intérêts communs» des deux pays, avait expliqué alors l'ambassadeur américain à Dakar, James Zumwalt.
Parmi ces risques figurent le terrorisme, avec les attentats jihadistes dans les pays d'Afrique de l'Ouest dont le Sénégal a jusqu'à présent été épargné, ou une épidémie, comme Ebola qui a récemment tué des milliers de personnes en Afrique de l'Ouest. Les Etats-Unis se souviennent encore du traumatisme de la bataille de Mogadiscio, en Somalie, en 1993, au cours de laquelle deux hélicoptères américains avaient été abattus et 18 de leurs soldats tués par des miliciens qui avaient traîné leurs cadavres dans les rues.
«Je pense qu'on sera prêt le jour où l'on devra venir»
Ce n'est pas le premier entraînement de soldats américains au Sénégal. Le pays avait accueilli en février, pour la troisième fois, Flintlock, exercice militaire international organisé annuellement par les Etats-Unis en Afrique. «On s'entraîne mutuellement pour créer l'interopérabilité et pouvoir travailler facilement sur un terrain d'opération», déclare à l'AFP le lieutenant-colonel Souleymane Kandé, chef de corps du bataillon de parachutistes du Sénégal.
«Cet entraînement porte par exemple sur les techniques de combat, les tirs de mortiers, les tirs de précision -"snipers"- et les IED (engins explosifs improvisés)», selon M. Kandé.
La séance de lundi a consisté à «détruire un camp d'entraînement et un point de défense» ennemis situés à un kilomètre à vol d'oiseau, a expliqué le lieutenant-colonel Theodore Leonard, de la 30e division d'infanterie de Fort Stewart en Géorgie. Plusieurs minutes de détonations à balles réelles laissent le sol jonché de douilles. Un soldat américain aide son collègue sénégalais à mieux ajuster son fusil, un fusil d'assaut américain M16. «Rampez, rampez!», crie un soldat sénégalais au milieu de la canonnade.
Partage d'expérience
«Très bien! Très bien!» lance un soldat américain se présentant sous le nom de «Captain Kapko». «Les tirs étaient efficaces parce que concentrés sur l'ennemi. Vous avez maîtrisé l'ennemi!». «Il y a beaucoup de partages d'expérience» et les Américains «ont réadapté leur savoir-faire par rapport à ce qu'on fait actuellement. On est sur des terrains d'opération où l'ennemi est souvent au contact et donc il faut agir vite», indique le lieutenant-colonel Kandé.
«En fait, les Sénégalais sont plus comme une équipe du RAID (Recherche assistance intervention dissuasion, groupe d'élite de la police française NDLR). Ils attaquent au tas. Ils y vont très vite. Ca nous a appris, aussi, à bouger de cette manière», indique à l'AFP Cédric Edouard, chargé de liaison côté américain.
«Et je pense qu'on sera prêt le jour où l'on devra venir dans un pays africain.»
Slate Afrique avec AFP

27/07/2016

St LOUIS, LE QUARTIER GUET NDAR EN SURSIT

GUET-NDAR: un " avenir qui s'assombrit jour après jour"

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Souvent lorsque je parle du Sénégal avec des toubabs qui viennent en vacances , je leur explique qu'il faut reformater le cerveau, oublier les certitudes européennes, que nous sommes sur la même planète mais dans un autre monde : Get n'dar c'est une autre galaxie !!!
Pour ceux qui ne connaissent pas la région de St Louis , en fait la ville est grosso-modo en trois parties : la continentale avec principalement les quartiers populaires et commreçants de Sor et Pikine, une fois passé le pont Faidherbe, l'île centre ville colonial ou ce qu'il en reste avec les grandes institutions : gouvernance, mairie, etc ... et le quartier à touriste que l'on visite avec son charme tranquille et souvent endormi des grandes maisons dont je reparlerai un autre jour.
Et puis l'on passe le "petit bras" du fleuve...
Les grandes pirogues nous tendent les bras mais ne sont que la partie visible de ce quartier de ruelles grouillantes ou la plupart des tâches s''effectuent dans la rue par manque de place et aussi par habitude . Ici tout le monde vit en commun et les familles de pêcheurs s'entassent dans cette étroite bande coincée entre fleuve et océan ( je dirai même de plus en plus coincée)...
Le linge pend dans la rue ou les femmes font la lessive ,les brebis engraissent sans savoir que la tabaski approche et qu'elles vivent leurs dernières semaines....
La population galopante à tous les sens du terme a incité à construire des maisons à l'abri d'un mur illusoire de plus en plus près de l'eau , mais l'océan reprend le terrain perdu et les pirogues jadis stockées sur la plage sont maintenant dans les rues ....
La houle attaque sans cesse le muret ,le lézardant , emportant des bicoques des trous laissent à penser que prochainement il éclatera et que les maisons en dur disparaitront.
Aujourd'hui l'océan était calme et je n'ose imaginer la première tempête d'automne avec un gros coefficient de marée ....
J'aime ce quartier car les gens y sont authentiques et derrière leur carapace sont accueillants et généreux, et étant moi-même homme de mer j'ai toujours eu un faible pour les marins ...
Leur avenir ici s'assombrit jour après jour , je dirai même vague après vague, des beaux discours entendus , mais le temps n'est plus aux discours ni aux études de projets , le temps pour une fois est devenu une notion africaine et il est compté ...
Jean-marie Dupart/Ndarinfo
http://www.ndarinfo.com/GUET-NDAR-un-avenir-qui-s-assombr...

PRESERVER LES MANGROVES

Journée internationale pour la conservation de l’écosystème des mangroves

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Les mangroves sont des écosystèmes extraordinaires de marais maritime, situés à l’interface de la terre et la mer dans les régions tropicales. Elles offrent une gamme considérable de biens et services écosystémiques et sont parmi les écosystèmes les plus productifs en biomasse de notre planète.
Bien qu’elles se trouvent dans 123 pays et territoires, les forêts de mangroves sont relativement rares. Elles représentent moins de 1% de l'ensemble des forêts tropicales à travers le monde, et moins de 0,4% du domaine forestier mondial.
La dégradation rapide de certaines mangroves est devenue préoccupante. Elles disparaissent trois à cinq fois plus vite que les pertes forestières mondiales globales, avec des impacts écologiques et socio-économiques graves.
En effet ces zones humides boisées sont riches en biodiversité. Elles fournissent un habitat et de croissance précieux pour les poissons et les crustacés; une source de nourriture pour les singes, cerfs, oiseaux, et même les kangourous; ainsi qu'une source de nectar pour les abeilles. Elles soutiennent des communautés complexes, où des milliers d’autres espèces interagissent.
Les écosystèmes de mangroves sont essentiels au bien-être, à la sécurité alimentaire, et à la protection de communautés côtières dans le monde entier.
Elles peuvent aussi jouer un rôle important dans la réduction de la vulnérabilité aux risques naturels et contribuent à la résilience écologique des écosystèmes comme après des cyclones, tsunamis et autres impacts du changement climatique.
Les sols de mangrove sont aussi des puits de carbone très efficaces, séquestrant de grandes quantités de carbone au fil des millénaires. Et si ils sont détruits, dégradés ou perdus, ces écosystèmes côtiers deviennent des sources de dioxyde de carbone.
C'est pourquoi l'UNESCO a proclamé le 26 juillet 2016 la journée internationale pour la conservation de l'écosystème des mangroves. Adoptée le 6 novembre 2015, par la Conférence générale de l'UNESCO, elle souligne donc l'importance de cet écosystème comme étant '' unique, particulier et fragile qui, de par son existence, procure aux êtres humains des avantages substantiels en termes de biomasse et de productivité, ainsi que des biens et services issus des forêts et de la pêche, contribue à la protection du littoral et joue un rôle particulièrement important en matière d'atténuation des effets du changement climatique et de sécurité alimentaire pour les communautés locales''
(Interview Noëline Raondry-Rakotaorisao, Chef de section du réseau biosphère et renforcement des capacités, Division des sciences écologiques et de la terre, UNESCO; propos recueillis par Florence Westergard)

GOREE

L'île de Gorée au Sénégal

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Gorée est une déformation du néerlandais «Goede Reede» ou «bonne rade». Ce sont les Portugais, en 1444, avec Denis DIAZ, qui font escale l'île, appelée alors Bézéguiche (nom d'un chef du Cayor) et qu'ils surnomment île Palma (des palmes). Les Hollandais ont commencé à occuper l'île de Gorée en 1588, pour réparer leurs bateaux et assembler leurs petites barques. Jean-Baptiste LABAT (1663-1738) précise que cette petite île est ce qu'il y a de meilleur, de bon ; elle est tout à fait fertile. Gorée fait partie d'une contrée avec une quantité d'arbres toujours verts dont elle est couverte, d'où cette appellation de Cap-vert. Gorée dispose d'un port naturel avec un mouillage excellent. La rade de Gorée est bien protégée avec une plage facile d'accès. En raison de son emplacement stratégique, l'île de Gorée sera l'objet de convoitises, pendant des siècles, des puissances européennes. Les Portugais, qui l'avaient occupé momentanément, la reprirent en 1629 et 1645. Gorée sera attaquée en février 1664 par les Anglais, puis gagnée par les Français en novembre 1664. Les Anglais attaquèrent de nouveau Gorée en 1665 et 1667. Le 1er décembre 1667, l'amiral d'Estrées s'empare de Gorée et Jean DUCASSE, directeur du Comptoir du Sénégal, en prit possession. En 1727, les Français font creuser un fossé de 5 mètres de large sur deux mètres de profondeur, autour de Gorée et par crainte d'une nouvelle attaque des Anglais. En 1780, l'île de Gorée fut abandonnée par les Français. Les Anglais l'occupent en 1782, mais la restituent au traité de Versailles en 1783. En 1800, les Anglais s'emparèrent, à nouveau, de l'île de Gorée qui sera sous la juridiction française avec le traité de Paris de 1814. Mais pendant quatre années, les Anglais refusèrent de rendre Gorée à la France.
Jean-Baptiste LABAT précise que l'île de Gorée n'a pas, cependant, d'eau potable et ses habitants sont obligés de se ravitailler, pour les vivres, en faisant appel au continent ; ce qui donne un important pouvoir de pression ou de négociation aux turbulentes royautés notamment du Cayor, du Sine et du Baol. Ainsi, à la suite d'un différend qui a opposé Jean-Baptiste DUCASSE (1646-1715) aux Damels du Cayor, du Sine et du Saloum, un blocus de l'île est opéré, privant pendant de longs mois, Gorée de son ravitaillement en eau et vivres. André BRUE (1654-1738), directeur de la compagnie royale de France, à Gorée, sera arrêté en 1701 par Lat Soukabbé FALL, Damel du Cayor. Il sera libéré 12 jours après contre rançon. Des traités seront conclus avec les Damels du Cayor les 9 avril 1764 et 5 juin 1765.
L'île de Gorée rappelle à «la conscience humaine le plus grand génocide de l'histoire que fut la traite négrière» souligne Léopold Sédar SENGHOR. La Compagnie des Indes, avec des succursales de maison de Rouen et Dieppe, gérant le Sénégal, avait le commerce exclusif de la traite négrière. Les Maures et les royautés africaines fournissent la gomme arabique contre des esclaves. La traite des esclaves sera rendue difficile, en certaines périodes, en raison de l'instabilité relatée ci-haut.
Désert au départ, le rocher va se peupler peu à peu. Un personnel auxiliaire se fixe dans Gorée : des manoeuvres, interprètes, auxiliaires, matelots, cuisiniers et autres domestiques. Des unions entre le personnel de la compagnie et femmes africaines donneront naissance à des métis, à ces fameuses Signares. En 1749, Gorée comptait 66 habitants libres et 131 esclaves, la population avoisinait le millier vers 1767, 1300 en 1774, et environ 2144 en 1786. Diverses catégories de personnes vivent dans l'île : les Européens, les métis, les Noirs libres, les esclaves de case traités avec bienveillance et les esclaves destinés à la vente, dont le sort est peu enviable.
Gorée évoque, dans bien des esprits, la période tragique de la traite des nègres, mais aussi le charme d'une époque riche en couleur et en histoire. En définitive, l'histoire de Gorée oscille entre splendeurs et tragédie.
Gorée, au Sénégal, «sanctuaire africain de la douleur noire», a acquis une célébrité de par le rôle qu'elle a tenu du XVème au XIXème siècle dans la traite négrière. Sur la route maritime des différentes nations négrières, Gorée était très convoitée. À partir du XVIIIe siècle, Gorée devient l'enjeu de deux siècles de rivalité franco-anglaise.
Jusqu'à l'abolition de la traite négrière par les Anglais en 1807, Gorée servit d'entrepôt d'esclaves. L'histoire de Gorée, à certaines époques, coïncide avec l'histoire du Sénégal. Ile occupée à partir de 1444, sera jusqu'en 1677, date de stabilisation de l'occupation française, est un enjeu de rivalités entre les puissances européennes. Avec l'article 10 du Traité définitif de Paix et d'alliance, entre la Grande-Bretagne, la France et l'Espagne, de Paris du 10 février 1763, naît, officiellement, la colonie du Sénégal : «Sa Majesté Britannique restituera à la France l'Ile de Gorée, dans l'état, où elle s'est trouvée, quand elle a été conquise». En contrepartie, une liberté de commerce et de circulation est garantie aux Anglais dans les possessions françaises.
En effet, pendant les premières périodes, avec l'expansion des voies maritimes à partir de la Renaissance, Gorée en raison de la sécurité qu'elle offre, n'est pour les Portugais, les Hollandais, les Anglais et les Français, qu'une escale sur la route des épices, qu'ils se disputeront, âprement, sans victoire décisive et durable.
L'amiral d'Estrées s'empare de Gorée le 1er décembre 1677. La paix de Nimègue (traités des 16 août 1678, 17 septembre 1678 et des 5 février 1679, signés aux Pays-Bas, mettant fin à la guerre de Hollande) en fera un comptoir français.
De 1677 à 1763, l'histoire de Gorée est dominée par des Compagnies maritimes, souvent très mal gérées, qui s'efforcent de conserver le monopole de commerce. Un troc est mis en place : les Européens fournissent des verroteries, tissus, alcools, armes, barres de fer, et en échange les Africains donnent le cuir, l'ivoire, la cire, la gomme, mais surtout des esclaves.
Etienne-François CHOISEUL (1719-1785), ministre des affaires étrangères, a pris conscience que le commerce de l'or de N'Galam, de la gomme du Nord et des esclaves, sont indispensables à la Martinique. Mais les Anglais occupent de nouveau, Gorée et Saint-Louis. CHOISEUL met fin au monopole de la compagnie des Indes et crée une colonie dépendant du Ministère de la marine. Après plusieurs tumultes, l'île de Gorée ne sera rendue aux Français que le 15 février 1817.
Stanislas Jean de BOUFFLERS, marquis de Rémiencourt, dit Chevalier de BOUFFLERS (1738-1815), initialement affecté à Saint-Louis vient s'installer à Gorée. Il estime que la barre à Saint-Louis, rend les conditions de vie difficile. En revanche, Gorée est jugée agréable à vivre : «Je trouve ici (à Gorée) un séjour délicieux. Il y a une montagne, une fontaine, des arbres verts un air pur. Tout m'y plaît» dit-il. Le port d'attache de la station navale et l'administration sont transférés à Gorée. Il construit, pour Anne PEPIN, une belle maison à étage, et regagnera la France en 1787.
L'esclavage est définitivement interdit par le traité de Paris de 1815, mais la loi interdisant la vente d'esclaves est détournée : les captifs sont désormais des «engagés à temps» qui ne pourront se libérer qu'au bout de 16 ans. En 1847, trois cent esclaves capturés sur le Brick négrier «L'Illizia», sont envoyés au Gabon, pour former la ville de Libreville. Un décret du 23 juin 1848 de Victor SCHOELCHER, promulgué à Gorée le 23 août 1848, supprime l'esclave de case. Tout esclave qui pose le pied sur le sol de Gorée devient libre.
En 1859, Louis FAIDHERBE (1818-1889) est nommé gouverneur de Saint-Louis et Gorée. Il sera remplacé par PINET-LAPRADE, commandant de Gorée de 1859 à 1864.
Gorée, la «Joyeuse» et le règne de ses Signares
Sous l'Ancien régime, les mulâtres et plus particulièrement les «Signares» (femmes métisses), jouèrent un rôle important. C'est l'époque de Gorée «la joyeuse» où les «Signares» dont la plus célèbre est Anne PEPIN (1747-1837), amie du chevalier de BOUFLLERS, animent l'île de nombreuses fêtes. François Ferdinand d'Orléans (1818-1900), prince de Joinville, troisième fils du roi Louis Philippe est passé deux fois à Gorée : une première fois, en 1840, pour le rapatriement des cendres de Napoléon 1er, et une seconde fois, pour aller au Brésil, en 1842. Les «Signares» se font construire des maisons dont l'architecture fait la synthèse de diverses expressions culturelles.
Emile PINET-LAPRADE (1822-1869), originaire de l'Ariège, polytechnicien et administrateur colonial, commandant de Gorée, adjoint au général FAIDHERBE, a construit le fort d'Estrées, à Gorée. On dit qu'il est le «bâtisseur» de Dakar et de son port. Il rencontre, Marie ASSAR, une sénégalaise, à Gorée, en 1849, Emile, 27 ans, est capitaine du Génie dans l'armée française ; Marie, près de dix de moins, est une esclave fraîchement libérée par la loi Sch?lcher. Leur liaison durera vingt ans, jusqu'à la mort, par le choléra, d'Emile devenu gouverneur de la colonie par la grâce de l'empereur Napoléon III. A la fin de l'année 1873, c'est-à-dire au début de la IIIème République, on ne sait pas comment, Marie est venue devant le tribunal civil de Pamiers, sous-préfecture du département de l'Ariège, pour faire trancher son litige contre les époux Clavel, notables de Mirepoix, chef-lieu du canton voisin. Marie, plaignante, réclame ce qu'elle estime sa part de l'héritage d'Emile PINET-LAPRADE, Mme Eugénie Clavel, soeur de PINET-LAPRADE, et son époux, Eugène, contestent absolument la revendication de Marie ASSAD. Jacques CARIL et François SAVAING, sous le titre «Le gouverneur et sa gouvernante», et en se fondant sur les correspondances de PINET-LAPRADE, ont fait revivre cette belle histoire d'amour. Les auteurs exploitant les correspondances de PINET-LAPRADE, qui s'étalent sur vingt c'est-à-dire la durée de son séjour au Sénégal, ont insidieusement fait remarquer, que le nom de Marie ASSAR n'apparaîtra qu'en 1859 dans une correspondance où elle constituera dès lors une récurrente exception : presque aucun ou aucune autre Noir(e) n'y est désigné(e) par son nom ou prénom. Cela résume bien ce qu'est, fondamentalement, le colonialisme.
Jean-Luc ANGRAND raconte la fabuleuse histoire des Signares, dans son livre «Céleste ou le temps des Signares». Elles ont institué une «mini civilisation matriarcale». Cette dynastie dont il descend, a su faire valoir ses relations avec les Européens et les souverains locaux, afin de faire fructifier ses affaires. Ainsi, Léopold ANGRAND, (1859-1906) est un notable métis qui a joué un rôle important dans la vie politique, culturelle et économique de Gorée et de la colonie du Sénégal. C'est le fils de Pierre ANGRAND (1820-?), négociant, armateur et grand propriétaire, et de la Signare Hélène de SAINT-JEAN (1826-1859), petite-fille du gouverneur Blaise ESTOUPAN de SAINT-JEAN et de la Signare Marie Thérèse ROSSIGNOL. Léopold ANGRAND épouse Mathilde FAYE, une noble de l'ethnie sérère, nièce du roi de Sine, Coumba N'Doffène DIOUF. Après avoir commencé l'école chez les Frères de Ploërmel à Gorée, il est envoyé par son père faire des études secondaires puis commerciales à Bordeaux et Paris. Ayant obtenu de brillants résultats, il revient à Gorée seconder son père dans l'entreprise familiale, puis en prendre la direction. Né en 1906, Léopold Sédar SENGHOR, a reçu son prénom en l'honneur de Léopold ANGRAND, dont son père Basile Diogoye SENGHOR avait été un ami intime et un collaborateur à JOAL. L'école primaire de Gorée porte le nom de Léopold ANGRAND.
Armand Pierre ANGRAND (1892-1964), maire de Gorée et de Dakar, de 1934 à 1936, a été fondateur du Parti socialiste. Proche du mouvement de Marcus GARVEY et fondateur des journaux «l'Indépendant» et «Le Progrès», ANGRAND légua à l'Institut fondamental d'Afrique noire une importante bibliothèque sur l'histoire de l'Afrique. Il a écrit un guide élémentaire destiné aux Européens, un manuel français-ouolof destiné à fournir aux expatriés européens des éléments de base sur lesquels ils pourront, le cas échéant, asseoir leurs acquisitions ultérieures. Dans «Les Lébous de la presqu'île du Cap-vert», il fait une approche sur les coutumes des Lébous et leurs parentés avec les anciens Egyptiens nilotiques.
Gorée, tête de pont de la conscientisation du peuple sénégalais
«Tant que les lions n'auront pas leur propre histoire, l'histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur» disait, à juste titre, Chinua ACHEBE, un écrivain nigérian. C'est à Gorée et à Saint-Louis, que divers mouvements autour de l'administration communale, de l'enseignement, de la citoyenneté et du droit de vote, vont conduire à l'éveil du peuple sénégalais.
Les Anglais étant partis de Gorée, l'administration avait besoin d'une sorte d'interface avec la population. En 1763, le gouverneur Pierre Guillaume François PONCET de la RIVIERE (1671-1730) eut l'idée de nommer un maire à Gorée, un certain Kiaka. Le rôle du maire se développera, progressivement, avec une classe sociale aisée composée de commerçants et de boutiquiers. A partir de 1817, le maire est choisi parmi les notables de Gorée, connaissant les réalités locales et accepté de la population.
Alors que les autres habitants du Sénégal sont des sujets français, et sont régis par un Code de l'indigénat, les natifs des quatre communes que sont Gorée, Dakar, Rufisque et Saint-Louis, deviennent des citoyens français, avec la loi du 29 septembre 1916.
Gorée a développé l'enseignement et formé une élite qui conduira plus tard, à l'émancipation du Sénégal. En 1819, la mère Anne-Marie JAVOUHEY (1779-1851) envoya au Sénégal, les premières soeurs de Saint-Joseph de Cluny. Celles-ci créeront les premières écoles primaires, en 1822 à Gorée. En 1843, les frères de Ploërmel arrivent au Sénégal et sous l'impulsion de Louis FAIDHERBE, l'enseignement secondaire commence à s'organiser. En 1903 le gouverneur Jean-Baptiste CHAUDIE a créé à Saint-Louis l'école normale, avant qu'elle soit déplacée à Gorée à 1913 et nommée William PONTY. De nombreux cadres et élites africaines y furent formés (Félix Houphouët-Boigny, Hamani Diori, Mamadou Dia, Maurice Yaméogo, Ouezzin Coulibaly, Modibo Kéïta, Diallo Telli, Boubou Hama, Bernard Dadié, etc.), mais aussi des anonymes, instituteurs, «médecins africains» et secrétaires d'administration, tous des «pontins», comme on les appelle. En 1938 elle fut à nouveau déplacée à Sébikotane, à une quarantaine de kilomètres de Dakar.
Depuis 1848, le Sénégal a le droit d'envoyer un député à l'assemblée nationale française. Il s'agira, jusqu'au début du XXème siècle de députés blancs ou métis. Sous l'effet de l'éducation et des luttes d'émancipation, le 10 mai 1914, et en pleine coloniale, Blaise DIAGNE, un Noir natif de Gorée, est élu député. Né le 13 octobre 1872 à Gorée, au Sénégal, Blaise DIAGNE est issu d'une famille très modeste. Fils de Niokhor, un Sérère de Gorée qui était cuisinier et marin, et de Gnagna Antoine PEREIRA, une Mandjaque originaire de la GUINEE-BISSAU, de son vrai nom, Galaye M'Baye DIAGNE.
Par ailleurs, il faut signaler que le Fort d'Estrées, à Gorée, servait dans les années 1970, sous la présidence de Léopold Sédar SENGHOR de cachot ses opposants politiques. C'est cet ancien quartier de haute sécurité où en 1971, Omar Blondin DIOP a perdu la vie à l'âge de 26 ans. En effet, avec deux autres jeunes (Dialo DIOP et Ousmane POUYE), Omar DIOP, se réclamant des «Blacks Panthers», un mouvement extrémiste noir des Etats-Unis, a été condamné à une lourde peine, pour avoir gravement perturbé la visite du président français Georges POMPIDOU, et ami du président SENGHOR (incendie du Centre culturel français de Dakar à la veille de son arrivée et projet avorté de lancer des cocktails Molotov sur son cortège). La citadelle de l'île de Gorée est ensuite devenue le musée historique du Sénégal.
Vers 1840, avec la découverte de l'arachide venue de Sierra-Léone et l'intensification de l'agriculture ainsi que l'aménagement, par la suite, au début du XXème siècle, la ville de Dakar et de son port, Gorée entre lentement en déclin.
La ville de Gorée est frappée de temps à autre par des épidémies (fièvre jaune, choléra) ou incendies. Les épidémies de 1778, 1859, 1866, et surtout celle de 1927-28 vont causer beaucoup de morts. En 1860, un cimetière est créé à l'anse Bernard, reporté au Plateau, pour se fixer à la pointe de Bel-Air. La fièvre jaune de 1878-1879 provoque encore des ravages à Gorée. Le gouverneur BRIERE de L'ISLE, de 1876-1881, décide alors de transférer les services coloniaux à Rufisque et Dakar.
Gorée, un haut lieu, symbolique, de mémoire et contre l'oubli
«Celui qui vous dit que Gorée est une île, celui-là vous a menti. Cette île n'est pas une île. Cette île est un continent de l'esprit» souligne Jean-Louis ROY, le 6 novembre 1999. Construite vers 1780 par Nicolas PEPIN, frère de la Signare Anne PEPIN et maîtresse du Chevalier de BOUFFLERS, la maison des esclaves demeure un lieu qui revêt une portée symbolique en tant qu'emblème de la traite négrière. Cette maison aurait été la dernière esclaverie en date à Gorée. La première remonterait à 1536, construite par les Portugais, premiers Européens à fouler le sol de l'île en 1444. Classé par l'UNESCO, en 1978, patrimoine commun de l'humanité, Gorée, site touristique par excellence, est un haut de mémoire pour l'humanité en raison de la tragédie de la traite négrière qui a durée plus de quatre siècles. La Maison des Esclaves est située dans la rue Saint-Germain, sur le côté est de l'île. Les «marchandises», dans l'attente d'un voyage, sans retour, sont marquées au fer rouge, à l'emblème du propriétaire et enchaînées. Côté mer, percée de meurtrières, la maison dispose d'une porte ouvrant directement sur l'océan. Il est impossible de s'échapper par la nage, Dakar étant à trois kilomètres, et l'océan étant, à l'époque infesté de requins. Ces conditions dures de détention ont provoqué en octobre 1724, une révolte durement réprimée dans le sang.
Au XVIIème siècle, c'est 500 et 1000 esclaves qui transitaient par an, à Gorée. Le commerce transatlantique a bénéficié de complicité de rois nègres. Même si c'est à la marge, il faut avoir l'honnêteté de reconnaître, à l'instar de nos dictatures du XXIème siècle, dans le passé des Noirs ont vendu des Noirs. L'esclavage est caractérisé par le droit de propriété qu'un homme peut avoir sur un autre. Cette «chose» n'est plus une personne juridique. Cela n'a pas manqué d'interpeller la conscience d'un grand humaniste suédois, explorateur en Afrique, Carl Bernhard WADSTROM (1746-1799) considérant que «c'est un commerce infâme, avec des bénéfices médiocres». Les Africains vendaient des esclaves pour se procurer des armes, de la pacotille ou de l'alcool fort. Pour Carl Bernhard WADSTROM, membre de Société des Amis des Noirs, a loué les qualités de Thierno Sileymane BAL, partisan de l'abolition de l'esclavage, «homme dont l'esprit a été plus cultivé que celui des autres princes noirs, qui s'est rendu tout à fait indépendant des Blancs». WADSTROM préconisait de développer l'agriculture en Afrique afin d'échanger avec l'Europe sur des bases plus humaines et justes. Cet odieux commerce, impliquant notamment de grandes maisons de Bordeaux, Nantes et la Rochelle, a été qualifié par la loi numéro 2001-434 du 21 mai 2001, dite loi TAUBIRA, de «crime contre l'humanité», et institue une journée de mémoire. Ce texte est une belle bataille victorieuse, contre l'amnésie et pour la mémoire, en souvenir de la plus grande déportation que les nations européennes aient jamais organisée, avec plus de 70 millions de victimes sur quatre siècles. «Il ne s'agit pas de se morfondre, ni de se mortifier, mais d'apprendre à connaître et à respecter une histoire forgée dans la souffrance. D'appréhender les pulsions de vie qui ont permis à ces millions de personnes réduites à l'état de bêtes de somme de résister ou simplement de survivre» souligne Mme TAUBIRA. Entre histoire, mémoire et loi, Mme TAUBIRA s'est évertuée à défendre l'honneur des vivants et la mémoire des morts.
Face au déni, à l'oubli ou l'indifférence, c'est l'occasion de rendre un hommage vibrant, à Boubacar Joseph N'DIAYE qui a le premier conservateur et guide de ce musée de Gorée. Boubacar Joseph N'DIAYE, né à Rufisque, a effectué ses études primaires à Gorée, puis a rejoint l'Ecole professionnelle PINET-LAPRADE de Dakar. Nommé conservateur du musée de Gorée à partir de 1962, les récits d'un légendaire guide, Boubacar Joseph NDIAYE (1922-2009), ont contribué à faire connaître ce lieu dans le monde entier. Jusqu'à sa mort en février 2009, inlassablement, Boubacar N'DIAYE reprenait son récit, plusieurs fois par jour, bien déterminé à éveiller la conscience de son auditoire, et son message de compassion. Au rez-de-chaussée se trouvent les cellules des esclaves qui sont catégorisées : hommes, enfants, chambre de pesage, jeunes filles, inapte temporaire. Dans celles réservées aux hommes, faisant chacune 2,60 m sur 2,60 m, on mettait jusqu'à 15 à 20 personnes, assis le dos contre le mur, des chaînes les maintenant au cou et aux bras. L'effectif dans cette petite maison variait entre 150 à 200 esclaves. L'attente de départ durait parfois près de trois mois. Un peu à l'écart, à droite du porche d'entrée, se trouve le bureau du maître des lieux, tapissé de documents et de citations humanistes, que l'on doit à Boubacar Joseph NDIAYE. «Un regard au-delà de l'océan et on retrouve tout le drame des peuples africains dont Gorée est le symbole», écrit M. N'IAYE. Ou encore, «Seigneur donnez à mon peuple, qui a tant souffert, la force d'être grand». On trouve également la célèbre exclamation de l'illustre érudit, écrivain et ethnologue malien, Amadou Hampâté BA, dans son ardent plaidoyer pour préserver et recourir aux sources de la tradition orale : «En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle !». La porte du «voyage sans retour» est l'endroit où les esclaves embarquent vers les colonies. Un large escalier à double flèche conduit à l'étage, qui sert surtout aujourd'hui de salle d'exposition. Dans les temps anciens c'était un salon pour les réceptions. «Comment peuvent-ils rire aux éclats là-haut, vu les drames d'en-bas !» s'exclame Joseph N'DIAYE.
Un article d'Emmanuel de ROUX, journaliste du quotidien français, «Le Monde», du 27 décembre 1996, intitulé «Le mythe de la Maison des esclaves qui résiste à la réalité» a suscité quelques remous au-delà de la communauté des spécialistes. Une autre polémique a éclaté au sujet de la paternité réelle du livre de Joseph NDIAYE destiné aux enfants, «Il fut un jour à Gorée». Par ailleurs, Jean-Luc ANGRAND, dans un article du 22 février 2013, intitulé «Petite note sur la fausse maison des esclaves de Gorée», affirme, sans l'étayer, que cette institution remonterait à 1950. Selon lui, la maison des esclaves réactivée en 1950, par Pierre-André CARIOU, médecin-chef breton. M. N'DIAYE, qui était son employé, a repris l'affaire l'aurait mise au service du tourisme. D'autres polémiques ont tenté de salir sa mémoire et des études prétendues historiques voudraient montrer que la Maison des Esclaves n'aurait joué qu'un rôle mineur dans la traite des Noirs. Certains chercheurs, dont Anne GAUGE, s'interrogent sur la fonction mémorielle en Afrique. Dans sa thèse, Mme GAUGE estime que le musée peut être un espace de représentation politique, et peut, de ce fait, être détourné de sa fonction première de mise en valeur culturelle, pour devenir un espace de propagande politique. Patrick DRAME évoque même le concept de «monumentalisation du passé colonial et esclavagiste».
Pour l'essentiel, les chefs d'Etat occidentaux, avec des exceptions notables comme Georges BUSH, Bill CLINTON, Barack OBAMA, François HOLLANDE, Jean-Paul II, boudent la Maison des esclaves de Gorée. «C'est un témoignage de ce qui peut survenir quand nous ne sommes pas vigilants dans la défense des droits de l'homme» dit le président OBAMA. En revanche, les artistes noirs américains, comme James BROWN, Michael JACKSON, Will SMITH, en ont fait un haut lieu de pèlerinage.
Le professeur Alain MABANCKOU a pris la défense, de manière énergique, du travail de mémoire accompli par Joseph N'DIAYE qualifié de «symbole même de la conservation de la mémoire du peuple noir. Et s'il n'en reste qu'un, il sera celui-là, avec la fierté d'avoir posé sa petite pierre contre l'oubli et l'indifférence, maux qu'il ne cesse de fustiger de sa voix tonique, l'index bien levé». Joseph N'DIAYE est un homme d'une «sérénité de baobab».
Il ne peut être sérieusement contesté que l'île de Gorée a été le siège d'un important trafic d'esclaves qui étaient «entreposés» soit dans la maison de leur maître ou à la Maison des esclaves. Ils étaient attachés deux par deux et la nuit enfermés dans l'esclaverie. Ainsi, GOLBERRY, missionné par le chevalier de Boufflers et qui a séjourné au Sénégal en relate dans son livre «Fragments d'un voyage en Afrique», la vie à Gorée. Un ancien manuscrit de la bibliothèque nationale de France «Mémoire sur le Sénégal et l'Ile de Gorée» du 28 juillet 1894, fait état un trafic d'esclaves. Hamady BOCOUM et Bernard TOULIER ont établi de façon incontestable, qu'au moins depuis 1918, des écrits ou documents font référence directement à une maison d'esclaves, avec des appellations différentes. En 1918, le Père BRIAULT nous donne une aquarelle d'un «ancien cabanon à esclaves» établi dans l'actuel presbytère. Selon le Guide du tourisme de 1926, une excursion à l'île de Gorée à partir de Dakar s'impose pour visiter les anciennes «captiveries» où étaient parqués les esclaves en attendant le retour des négriers, venus à Gorée charger le «bois d'ébène». Dans un article sur «Gorée la moribonde» paru en 1928, la revue L'Illustration nous présente une reproduction photographique d'une des maisons à cour portant la légende : «au rez-de-chaussée logement des esclaves ; au premier étage, salle à manger du traitant». En 1929, le docteur P. BRAU décrit les «cachots antiques, longs et étroits, des maisons de Gorée qui puent encore la chair esclave torturée». Dès 1932, dans son guide de visite Gorée, capitale déchue, Robert GAFFIOT nous dessine la cour de l'une de ces anciennes «maisons négrières». Il précise dans la légende du dessin l'usage de cette maison où «les esclaves étaient parqués dans le bas-enclos, à l'obscurité, sous les pièces réservées à l'habitation des trafiquants. Le couloir central dessert, à droite et à gauche, une douzaine de longues et étroites cellules, dans lesquelles les malheureux étaient entassés et, bien souvent, enchaînés».
Michel ROCARD (1930-2016) a laissé, le 23 décembre 1981, dans le livre d'or de la Maison des esclavages, une inscription pathétique qui fait taire toutes les polémiques stériles et mesquines : «Il est difficile à un homme blanc, qui se veut honnête, de visiter la maison des esclaves, sans un vif soulèvement de malaise. Que notre lutte pour un avenir meilleur contribue à faire disparaître toute trace de cette longue et dure histoire».
L'emblème de la ville de Gorée c'est le phénix, un oiseau mythique qui a su renaître de ses cendres : revit Gorée, toujours. Le tourisme se porte bien à Gorée. Des personnalités de renom, comme Ousmane SOW et France GALL s'y installent. Le musée Dapper, à Paris dans le XVIème arrondissement, entretient avec l'île une coopération fructueuse.
http://www.sen360.fr/actualite/l-039-ile-de-goree-au-sene...
SEN360

ENFIN TERMINE!

«L’Echangeur de l’émergence» : un ouvrage 100% sénégalais, selon le chef de l’Etat

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Le président de la République, Macky Sall, a procédé à l’inauguration de l’Echangeur de l’émergence. Cet ouvrage qui a couté 7 milliards de francs CFA devrait constituer une fierté nationale car, étant le premier ouvrage réalisé, de sa conception à sa finalisation, en passant par son financement, par le Sénégal.
«L’ouvrage que nous inaugurons aujourd’hui n’est pas seulement symbolique que par son nom. L’Echangeur de l’émergence c’est surtout le symbole par la dimension stratégique qu’il revêt dans le dispositif d’amélioration de la fluidité du trafic à Dakar », a déclaré le chef de l’Etat lors de son discours inaugural de cet échangeur érigé sur le lieu qui abritait le «Pont Sénégal 92».
Se penchant sur les caractéristiques de l’ouvrage, le président Macy Sall informe que : «l’Echangeur de l’émergence est le premier ouvrage du Sénégal réalisé en 2x3 voies pour un coût total de plus de 7 milliards de francs Cfa. En plus du pont, les travaux comprennent un dispositif d’éclairage adéquat pour la sécurité des usagers et des riverains ; 5 km de bretelles, un système d’assainissement de collecte et de drainage des eaux vers le bassin stockage. Ce système sera complété bientôt par l’Onas afin de régler définitivement le problème des inondations qui affectent ce site depuis déjà plusieurs décennies»
Cet échangeur est de l’avis du président Macky Sall, le premier ouvrage réalisé du début à la fin par des Sénégalais, et financé par le Sénégal. Ce qui devrait faire de lui l’une de nos plus grandes fiertés.
Les travaux qui ont généré plus de 300 emplois directs ont démarré en mars 2015 et ont été achevés avant les délais prévus de 16 mois, malgré les contraintes liés au développement et au déplacement des réseaux concessionnaires dans la zone. Et en dépit de la complexité des travaux, cet ouvrage a été entièrement conçu par des ingénieurs sénégalais de l’Ageroute, cet ouvrage a été réalisé par une entreprise sénégalaise; cet ouvrage dont l’étude a était faite par les Sénégalais mais aussi dont le bureau de contrôle est sénégalais. Cet échangeur a été entièrement financé par les ressources du budget de l’Etat. C’est donc un projet totalement autonome».
Pressafrik

MOINS DE NOYES

Noyade au Sénégal : le chiffre passe de 241 cas en 2014 à 175 à 2015

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Au Sénégal, le nombre de personnes mortes par noyade a connu un recul en 2015. Ainsi de 241 en 2014, le chiffre est passé à 175 en 2015. Annonce faite ce samedi par le Directeur de la Protection civile lors du lancement de la campagne de sensibilisation sur les risques de noyade.
Selon le directeur de la protection civile, Abdoulaye Noba, « le chiffre du nombre de personnes décédées par noyade a connu une baisse en 2015, c’était lors d’une campagne de sensibilisation sur les risques de noyade tenue ce samedi », a déclaré Mr Noba.
Toutefois, il a fait savoir que « le nombre total de victimes de noyade a augmenté passant de 227 à 252 entre 2014 et 2015 », a déploré M. Noba qui a expliqué le contraste par l’existence d’un dispositif stratégique et opérationnel de sauvetage. Un dispositif qui a permis de doubler le nombre de victimes repêchées vivantes entre la même période (2014/2015) », a précisé le directeur de la Protection civile.
N’empêche souligne Mr Noba « Il demeure constant que le défi majeur des risques contre les noyades constitue une responsabilité partagée », a-t-indiqué, non sans estimer que la prise des cas de noyade devrait se faire de façon harmonisée et rationalisée.
De l’avis du directeur de la protection civile , le Sénégal, a mis en place des mesures dont entre autres le protocole d’accord de partenariat sur la maitrise des noyades dans les zones de baignades et de traversée par embarcation, ont été adoptées et mises en œuvre avec les acteurs locaux.
Pressafrik

23/07/2016

LE TRAIN EXPRESS EST FICELE

Les maîtres d’œuvre du train express de Dakar dévoilés

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Le démarrage des travaux de construction du Train express régional (TER), un des projets phares d’infrastructures du mandat de Macky Sall, est prévu à la rentrée prochaine. Après le bouclage de son financement, les candidats à l’exécution du marché de conception et de réalisation des installations de la ligne ferroviaire électrifiée sont connus.
Le projet de construction du Train express régional (TER) entre Dakar et le futur aéroport international Blaise-Diagne (AIBD) vient de franchir une nouvelle étape.
Le marché de conception et de réalisation d’une ligne ferroviaire électrifiée à 2 voies à écartement standard et d’un système ferroviaire avec ripage et renouvellement de la voie métrique (un total de 3 lots) vient d’être attribué, selon l’avis d’attribution de rendu public par l’APIX dans le quotidien l’Observateur du 22 juillet.
488 milliards de FCFA de contrats octroyés
Le consortium international composé du français Eiffage, du sénégalais CSE et du géant turc du BTP Yapi Merkezi est ainsi l’adjudicataire d’un premier lot d’une valeur de 330 milliards de F CFA.
Deux autres groupements français, d’une part d’Engie Ineo, la filiale d’Engie spécialisée en génie électrique, et de Thalès, le groupe d’électronique et de défense français, et d’autre part de trois industriels français, NGE, TSO et Cim associés avec le Consortium sénégalais d’entreprise.
Ces deux groupements ont respectivement remporté les lots 2 (148 milliards de F CFA) et 3 (10 milliards de FCFA) du marché.
Début mai 2016, les partenaires financiers dans la construction de la première liaison ferroviaire rapide du Sénégal, en conclave à Dakar, avaient bouclé un tour de table dont le montant global s’élève à 451 milliards de F CFA (687 millions d’euros).
Au sortir du conseil des ministres mercredi 20 juillet dernier, le chef du gouvernement sénégalais Mahammed Boun Abdallah Dionne a, quant à lui, évoqué une enveloppe globale de 415 milliards de FCFA.
Amadou Oury Diallo/Jeuneafrique

22/07/2016

MBOUR CRIE AU SECOURS...

Le maire de Mbour demande le soutien de l’Etat face aux problèmes d’assainissement qui necessitent 5 milliards

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Le maire de la commune de Mbour a demandé jeudi à l’Etat de voler au secours de sa ville qui, d’après lui, doit avoir ‘’un plan spécial d’assainissement’’ (PSA).
En effet, à chaque hivernage, il suffit de petites précipitations pour que Mbour soit sous les eaux, avec comme conséquence une difficile circulation des personnes et des véhicules.
Ainsi des dernières pluies qui sont tombées mercredi et jeudi. Sans être d’une grande ampleur, elles ont suffi à changer totalement le décor de cette ville. Dans tous les coins et recoins de la ville, des tas d’immondices mêlés à des eaux stagnantes ont altéré le cadre de vie dans cette localité.
‘’Comment les autorités municipales d’une ville aussi importante que Mbour peuvent-elles laisser une telle situation se produire ici ?”, s’interroge Abdoulaye Sèye, un homme d’un âge avancé établi au marché central.
“On n’a pas fini de se désoler de l’insalubrité qui prévaut dans la ville que ces petites goûtes d’eau viennent nous rendre la vie difficile, alors que nous payons énormément de taxes à la municipalité pour la prise en charge de nos préoccupations’’, s’offusque-t-il.
Dans les différentes rues et ruelles qui jouxtent ce marché, il est difficile, voire impossible de se frayer un passage, sans patauger. Une situation qui vient s’ajouter à l’occupation anarchique de la voie publique, par les vendeurs de produits alimentaires et autres articles de tous genres.
Ce qui irrite bon nombre d’usagers qui ne savent plus où donner de la tête, même si une enveloppe de huit millions de francs CFA a été dégagée par la mairie pour une opération de désencombrement.
Les autorités municipales avaient promis de prendre toutes les dispositions utiles pour ‘’une meilleure prise en charge d’éventuels cas d’inondation. Joint au téléphone par l’APS, le maire de la ville de Mbour, El Hadji Fallou Sylla, assure que, ‘’dans trois jours, le problème sera définitivement résolu’’.
Toutefois, il a reconnu que l’institution municipale n’avait pas les moyens nécessaires pour arriver à bout des problèmes d’inondation auxquels sa commune reste confrontée.
‘’Nous avons démarré les travaux devant nous permettre de résoudre les problèmes d’évacuations des eaux pluviales, mais nous avons été confrontés à des problèmes techniques qui voudraient que de grosses dalles soient réalisées, notamment sur l’avenue Demba Diop. Mais il fait reconnaître qu’une heure après la pluie, l’eau est immédiatement évacuée’’, a expliqué M. Sylla.
D’après lui, cela a été rendue possible grâce à de bonnes volontés de la commune, notamment le gérant du centre commercial, ainsi que de responsables de stations services qui ont sorti les gros moyens, dans le cadre de leur responsabilité sociétale d’entreprise (RSE), pour soutenir les efforts de la municipalité.
‘’Tout ce que nous faisons dans ce domaine, c’est avec des fonds propres que le faisons.
“Dans le cadre des actions de l’Agence de développement municipal (ADM), rien n’a été fait pour aider la ville de Mbour, à l’image de ce qui est fait au profit d’autres localités, comme Dakar, Wakhinane, etc.’’, s’est plaint l’élu local.
Pour lui, pour régler le problème des inondations de sa ville, il faut commencer par la zone Sonatel, située au sud de la commune, ‘’la zone la plus inondable de la ville’’ qui, selon lui, nécessite de gros moyens, ‘’alors que nous n’avons qu’un budget de cinq cent (500) millions de francs CFA’’.
Il s’est excusé auprès de ses administrés pour les désagréments déjà causés. ‘’Nous avons besoin d’au moins cinq milliards de francs CFA, pour régler définitivement nos problèmes d’inondations. Mais nous constatons que Mbour a été oubliée par les pouvoirs publics’’, a insisté El Hadji Fallou Sylla.
Il a promis de faire davantage d’efforts dans le domaine de l’assainissement, en s’appuyant, surtout, sur la coopération décentralisée.
Couly CASSE/Senego

LES FORÇATS DU RETBA

Au Lac rose, les forçats du sel

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Le travail est si dur que les locaux ne veulent plus le faire. En pleine saison, jusqu’à deux mille hommes fouillent pourtant les eaux chaudes et corrosives du Lac rose, au risque d’y laisser leur santé. Reportage.
Le soleil est déjà haut, ses rayons dardent la surface du lac, et la température de l’eau, l’une des plus concentrées en sel du monde, dépasse les 30 °C. En cette fin de juin, plusieurs dizaines d’hommes s’échinent pourtant depuis les premières lueurs du jour, de l’eau jusqu’au buste, répétant inlassablement les mêmes gestes. Il faut d’abord casser la croûte de sel au fond du lac à l’aide d’un long bâton, remplir son tamis, puis le remonter, lesté d’une trentaine de kilos, et le vider dans sa barque. Les plus costauds sont capables d’enchaîner ainsi pendant neuf heures et, assurent-ils, de ramener chacun trois tonnes de sel sur le rivage.
Des tâches éprouvantes
Ce sont les « racleurs de sel ». Ils sont environ un millier, près du double de mai à juillet, durant la « saison du sel », quand la partie nord du Lac rose, la plus prolifique, est ouverte à la récolte. La plupart sont maliens, guinéens ou bissau-guinéens. « Ils ont commencé à arriver au début des années 2000, raconte Amadou Wane, membre du Comité de gestion du Lac rose, l’organe qui chapeaute la production locale. Avant, c’était les Sénégalais qui faisaient le travail. Mais c’est très dur physiquement, et ils ont progressivement laissé les étrangers le faire à leur place. »
Situé au nord de Dakar et exploité depuis les années 1970, le Lac rose est le plus gros site d’extraction de sel en Afrique de l’Ouest. Soixante mille tonnes en sortent chaque année, consommées au Sénégal ou exportées dans les pays de la sous-région et jusqu’en Europe, pour saler les routes durant l’hiver. Célèbres pour leur couleur rose (lire encadré), ses eaux sont aussi parmi les plus salées du monde?: plus de 350 g de sel par litre, contre environ 275 g pour la mer Morte et 30 g pour l’eau de mer.
Le plus dur n’est pas la tâche en elle-même, c’est la chaleur de l’eau et les irritations qu’elle provoque
Avant de passer plusieurs heures dans le lac, les « racleurs » prennent donc leurs précautions. Ils s’enduisent le corps de beurre de karité pour atténuer les effets très corrosifs de l’eau, avant d’enfiler des chaussettes montantes et un pantalon moulant. Le travail est usant?: il y a la fatigue, mais aussi les nombreuses maladies de peau, la déshydratation sévère ou encore les maladies pulmonaires provoquées par l’agressivité du sel.
« Le plus dur n’est pas la tâche en elle-même, c’est la chaleur de l’eau et les irritations qu’elle provoque », témoigne Seydou, trentenaire malien à la musculature herculéenne, en montrant ses nombreux pansements et une vilaine plaie sous son bras gauche. Pour limiter les risques, une règle implicite – et donc pas toujours respectée – impose un maximum de trois jours de travail par semaine. Les femmes, elles, n’ont pas le droit d’aller dans le lac (la forte salinité pourrait blesser leurs organes génitaux et provoquer des fausses couches), mais ce sont elles qui déchargent les barques pleines une fois celles-ci revenues sur les rives, multipliant les allers-retours avec des bassines de 30 kg sur la tête.
« Ramasser du sel toute la journée dans ces conditions est très éprouvant, explique Ibrahima, 40 ans. Cela fait quinze ans que je fais ça, et j’ai de nombreux soucis de santé, notamment de graves problèmes digestifs. »
Un tremplin financier pour les étrangers
Ce Malien est arrivé de Kayes en 2001?; il fait partie des premiers étrangers venus travailler au Lac rose. La plupart restent moins de temps, un ou deux ans, pour amasser un petit pécule avant de repartir chez eux. Le salaire, plutôt élevé par rapport au revenu moyen au Sénégal, aide à supporter la difficulté du métier?: un « racleur » performant, capable de remplir trois barques d’une tonne de sel par jour, peut gagner jusqu’à 300?000 francs CFA (environ 450 euros) par mois.
Un bon moyen de se faire de l’argent rapidement?? Peut-être. C’est en tout cas ce qui a poussé Assane, grand gaillard de 23 ans, à quitter Conakry il y a six mois pour venir travailler au Lac rose. « Ce sont des amis qui m’ont parlé d’un boulot qui rapportait bien au Sénégal, explique-t-il. Ils m’ont prévenu que c’était très dur, mais j’ai décidé de venir tenter l’expérience. » Bien qu’il ne cache pas ses difficultés à tenir le rythme, se disant déjà usé par ses quelques mois de récolte, Assane s’est fixé pour objectif de rester deux ans, le temps de réunir assez d’argent pour revenir acheter sa propre boutique à Conakry.
Pour les étrangers comme Assane ou Ibrahima, venir travailler au Lac rose est assez simple. Il suffit de se présenter avec une carte d’identité et de se faire enregistrer auprès du comité de gestion. Habitant dans les villages autour du lac, parfois avec femmes et enfants, ils partagent souvent des chambres ou des petites maisons entre ressortissants du même pays. « Nous sommes tous dans la même galère, donc il y a une vraie solidarité entre nous », poursuit Assane, qui vit avec deux compatriotes dans une petite chambre à Niaga, la principale bourgade du coin.
De l’avis de tous, la cohabitation se passe plutôt bien. Ce qui s’explique aussi par une autre règle bien connue des travailleurs du Lac rose?: en cas de bagarre ou de vol, les personnes impliquées passent devant le comité de gestion et doivent payer une amende ou sont directement exclues du site. « Nous réglons nos affaires entre nous. Nous ne faisons appel à la gendarmerie que si le problème est vraiment grave », insiste un cadre du comité.
Règles imposées
Natifs des cinq villages qui entourent le lac, les 18 membres du comité de gestion règnent en maîtres sur le business local. Ces barons du sel fixent les prix tous les trois mois, en fonction de l’offre et de la demande. Ils sont également les intermédiaires exclusifs entre les acheteurs et les « racleurs ». Ces derniers savent que jamais ils ne pourront prendre la place des Sénégalais dans la gestion et la vente.
Ils louent leurs barques aux locaux et, même s’ils sont là depuis plusieurs années, ils n’ont pas d’autre perspective que d’aller ramasser le sel au fond du lac. Et tant pis pour ceux qui ne sont pas d’accord. « Ici, il n’y a pas de syndicats. Chacun travaille pour soi, pour gagner sa vie. S’ils ne sont pas satisfaits, personne ne les retient », assène Amadou Wane.
Les travailleurs étrangers acceptent donc le système sans broncher. « Nous ne sommes pas chez nous. Nous n’avons pas le droit de dicter notre loi, résume Assane. Ce sont les règles du jeu, et nous faisons avec. » Même son de cloche chez les autres Guinéens ou Maliens, qui répètent être avant tout venus pour gagner de l’argent sans se préoccuper du reste. L’important turnover et la concurrence accrue ne leur laissent de toute façon pas le choix?: les « racleurs » savent bien que d’autres seront toujours prêts à venir faire le travail à leur place et qu’ils n’ont d’autre choix, pour gagner leur vie, que de la mettre en péril.
Drôle de couleur
Long de 4 km pour 800 m de large, le Lac rose est l’un des sites les plus connus du Sénégal. Planté au bord de l’océan Atlantique, à une quarantaine de kilomètres au nord de Dakar, le lac Retba (de son vrai nom) doit sa renommée à la couleur qu’il arbore parfois – couleur due à la forte concentration en cyanobactéries de ses eaux.
Ces micro-organismes prennent une teinte rosée sous l’effet combiné du vent et des rayons du soleil (un dicton local dit qu’il faut « un soleil aride et un vent rapide » pour voir le lac paré de ses plus beaux atours). Devenu l’un des sites touristiques incontournables du Sénégal, le Lac rose a longtemps accueilli l’arrivée des participants du rallye Paris-Dakar, avant que la course quitte le continent pour des raisons de sécurité, après 2007.
Benjamin Roger/Sylvain Cherkaoui/jeune afrique

S'INSTALLER AU SENEGAL...

10 raisons de s'installer au Sénégal

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Dans un contexte mondial d'insécurité, rares sont les pays qui répondent aux exigences des voyageurs et personnes souhaitant s'installer ailleurs que dans leur pays d'origine. Pourtant le Sénégal offre plusieurs possibilités. Voici dix bonnes raisons de s'installer dans le pays de la Téranga.
1. Un contexte politique et sécuritaire favorable
La stabilité politique est un facteur essentiel pour s'installer dans un pays. Le Sénégal est l'un des pays les plus stables en Afrique. Le pays n'a jamais connu de coups d'état et les alternances démocratiques s'y produisent depuis son indépendance.
2. Une population accueillante et bienveillante
Les Sénégalais sont de nature bienveillante et souriante. Ils aiment les étrangers et les accueillent à bras ouverts tout en facilitant leur intégration dans leur nouvel environnement: c'est la pays de la Téranga, l'hospitalité en langue wolof.
3. Un accès facile et diversifié au logement
L'accès au logement est un critère essentiel pour s'épanouir dans un pays. Vous trouverez certainement au Sénégal vos goûts entre quartiers chics, quartiers aisés et quartiers populaires à Dakar. A l'intérieur du pays une multitude d'endroits vous permettent de rendre votre séjour inoubliable.
4. Des lieux mythiques à découvrir
Le Sénégal offre de nombreuses possibilités de visite qui vous plongeront dans l'histoire du pays et la multitudes de ses traditions et religions. De l'île de Gorée au lieux saints des confréries (Touba; Tivaouane), de la petite côte à la Casamance, les lieux à découvrir ne manquent pas.
5. De l'exotisme et de l'originalité
Vous aimez l'exotisme et l'originalité? Le Sénégal ne manquera pas de vous en offrir. C'est une ville colorée, vivante, désordonnée, mélangée et diversifiée. Avec ses cars rapides, ses taxis colorés en jaune, ses commerçants s'installant aux abords des routes, ses muézins appelant à la prière, Dakar vous offre un paysage urbains différent de celui auquel vous êtes habitués.
6. Il fait toujours beau au Sénégal
Si vous êtes habitués à consulter la météo pour sortir, inutile de s'en préoccuper quand vous êtes au Sénégal. Le temps est magnifique et il fait beau toute l'année. Vos activités de loisirs c'est sur toute l'année.
7. Se restaurer facilement et différemment
Choisir le Sénégal c'est aussi l'occasion de goûter à d'autres plats et de découvrir la spécialité sénégalaise, le Thiébou Diène. Le pays vous offre une diversité de choix en cuisine à des tarifs avantageux.
8. Des loisirs à gogo
De la lutte sénégalaise aux cérémonies religieuses, des plages aux concerts presque quotidiens, des boites de nuit aux soirées VIP, des parcs à la promenade en bateau sur le fleuve Sénégal, les possibilités de loisirs ne manquent pas. Le Sénégal vous donne une diversité d'activités qui vous permettent de sortir de la routine habituelle.
9. Rester connecté avec vos amis
Vous avez envie de partager votre expérience avec vos amis restés au pays ? Pas de panique. Même quand vous n'êtes pas à Dakar, vous bénéficiez d'une couverture réseau sur l'ensemble du territoire et vous pouvez acheter des pass internet qui vous permettent de vous connecter et de publier instantanément vos photos sur les réseaux sociaux.
10. Une vraie démocratie
La vie politique au Sénégal est très animée. Les nombreux journaux, télévisions et radios vous permettent de se tenir informé de l'actualité au Sénégal et dans le monde. Personne ne vous condamnera pour avoir critiqué le gouvernement ou le président.
Mohamadou BADIAGA (dakar@lepetitjournal.com)

21/07/2016

PETROLE DU SENEGAL...

Sénégal, futur eldorado de l'or noir, appelé à construire un véritable écosystème des hydrocarbures

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Futur eldorado de l'or noir, le Sénégal doit encore continuer à construire un véritable écosystème des ressources minières du pays, en les considérant comme un appoint pour notre politique de développement a indiqué Mor Ndiaye Mbaye, directeur de cabinet du ministre de l'Energie et du Développement des énergies renouvelables.
Il présidait, mercredi à Dakar, à l'ouverture d'un atelier multi acteurs de réflexion et d'apprentissage sur la gouvernance du pétrole et du Gaz au Sénégal, organisé par le réseau des parlementaires pour la gouvernance des ressources minières (RGM) et l'ONG Oxfam.
D'après lui, "les hydrocarbures sont des ressources stratégiques et plusieurs secteurs de la vie socio-économique en dépendent, notamment, le transport, la production de l'électricité, la pétrochimie, la médecine, l'agriculture, entre autres".
C'est cette raison qui a poussé le Sénégal à mettre en place des mécanismes, pour promouvoir la recherche pétrolière et gazière, a-t-il souligné, rappelant la place stratégique du secteur dans la lettre de politique sectorielle de l'Energie.
Cependant, malgré ce dispositif, "très attrayant", les résultats sont mitigés, si l'on considère les gisements mis en Âœuvre pour la période 1937-2013, a dit Mor Ndiaye Mbaye.
"Ce n'est qu'en 2014 que les découvertes de gisements de pétrole et de gaz naturel d'excellente qualité et de classe mondiale ont été réalisées au Sénégal", a indiqué le directeur de cabinet selon qui, ces résultats sont dus à l'apport des compagnies pétrolières en collaboration avec Pétrosen.
"Elles ont investi près d'un milliard de dollars US, et ont faire preuve de professionnalisme en déplorant des moyens techniques pour forer, en eau profonde, jusqu'à 5000 mètres de profondeur", a soutenu M.Mbaye.
"Ces compagnies ont misé sur le Sénégal au moment où, le baril du pétrole est au plus bas (- de 50 dollars) contre 100 à 140 dollars anciennement", a relevé Mor Ndiaye Mbaye.
D'autre part, M.Mbayea soutenu que le bloc SangomarOffshor profond est doté d'un potentiel de 385 millions de barils de pétrole alors que celui de Saint-Louis offshore, en partage avec la Mauritanie, fait 500 milliards de m3 de gaz naturel. Le bloc de Cayar est, lui, estimé à 140 milliards de m3 de gaz naturel.
Concernant les choix de modèles, il a fait observer quele Sénégal a opté pour "le modèle de contrat de recherche et de partage de production, du fait de la simplicité du modèle économique, fiscal, juridique, technique qui gouverne sa gestion".
Ainsi, "l'Etat va tirer profit de la rente de la production gazière et pétrolière, selon des tranches de production journalière, en sus des droits des impôts et taxes" a expliqué Mor Ndiaye Mbaye.
Senego

LES CHIFFRES DE L'HORREUR

 1776 cas de viol en 6 mois dont 516 cas d’inceste en 2016

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Les chiffres des viols et incestes au Sénégal sont effroyables et ahurissants. En effet, rien qu’entre le mois de janvier et le mois de juin de cette année plus de 1.776 cas de viols ont été enregistrés dont 516 cas d’inceste. Ces chiffres ont été communiqués par l’Association des femmes juristes du Sénégal.
Pour Moustapha Fall président de l’association des journalistes contre les viols et abus sexuels, rien qu’en 2016, il y a eu plus de 3.600 cas de viol dans le pays. Et, pour cette année, 1.776 cas ont été recensés en six (6) mois dont les 615 cas sont des cas d’inceste.
De l’avis de la secrétaire général de l’association des femmes juristes du Sénégal, dans "l'As", « les statistiques fournies par les boutiques de droit révèlent qu’entre janvier et juin 2016, il a été enregistré 617 cas de viol des filles et des femmes âgées entre 12 et 28 ans, dont 38 cas d’inceste avec 12 cas qui sont suivis de grossesse».
Poursuivant dans le même registre, Mme Khady Bâ de constater que «le phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur malgré la sensibilisation, c’est pourquoi (elle) pense que pour bien lutter contre ce fléau, il faut prôner une meilleure formation des officiers de police judiciaire pour une bonne qualification des faits, car la police est la première porte d’entrée pour combattre ces fléaux».
Khadim FALL/Pressafrik

19/07/2016

UN GRAND DE L'OFFSHORE S'INSTALLE A DAKAR

le groupe Intelcia s’implante à Dakar

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Karim Bernoussi, PDG du groupe Intelcia a annoncé la création d’Intelcia Sénégal, et l’ouverture d’un premier site à Dakar prévu avant fin 2016.
Le groupe consolide ainsi sa position de leader et maintient sa dynamique de croissance avec l’ouverture prochainement d’un premier site à Dakar au Sénégal. Cette deuxième implantation en Afrique subsaharienne – après le Cameroun – répond à la stratégie d’Intelcia d’étoffer son offre francophone et à développer une plate-forme offshore, aux côtés de ses centres onshore (France) et nearshore (Maroc).
« La décision de nous implanter prochainement au Sénégal s’est imposée d’elle-même après l’expérience réussie du Cameroun. Le pays propose un vivier d’emplois de qualité. Et notre projet d’investir au Sénégal est d’autant plus justifié que plus de 250 de nos collaborateurs sont d’origine sénégalaise. Nous sommes convaincus qu’ils contribueront à la réussite de ce projet en étant des ambassadeurs d’Intelcia et de ses valeurs. C’est dans ce sens que nous avons lancé une campagne en interne pour identifier les collaborateurs qui souhaitent faire partie de l’équipe du lancement d’Intelcia Sénégal » a déclaré Karim Bernoussi.
Créé en 2000, Intelcia s’est imposé progressivement comme un acteur majeur des métiers de l’externalisation et fait aujourd’hui partie du top 10 des outsourceurs francophones dans la relation client. Présent sur 13 sites au Maroc et en France et au Cameroun, et fort de ses plus de 3800 collaborateurs, Intelcia propose à ses clients une offre globale, onshore et offshore.
Mariata Dieng/Financialafrik.com

COMBATTRE L'INCESTE PAR LA CASTRATION CHIMIQUE

Pour mettre fin à l'inceste au Sénégal : L'Ajva propose la castration chimique

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Les violences basées sur le genre atteignent des proportions inquiétantes au Sénégal, et pour sensibiliser les populations sur le sujet, l’association des journalistes contre les viols et les abus sexuels (Ajva) a organisé un panel à Ngaye Mékhé, dans la région de Louga. Selon Moustapha Fall, président de ladite association, cette violence « a atteint un niveau intolérable qu’elle soit verbale, morale, psychologique ou économique, d’où l’intérêt de conscientiser sur ce fléau redouté et redoutable qui gangrène la société sénégalaise », fait-il savoir.
Pour les cas de viol, notre confrère renseigne qu’en 2015, il y a eu 3600 cas de viol et, 6 mois après, le nombre a augmenté pour atteindre 1776 cas dont 516 cas d’inceste. Ce qui le pousse à dire que « la maison familiale, qui devait être un lieu d’éducation, est devenue le lieu du viol de la part du papa, de l’oncle ou du frère, et il y a lieu de s’inquiéter ». Pour lui, cette situation résulte du fait que « nous sommes dans une société marquée par la déstructuration de la cellule familiale et à l’affaiblissement des valeurs culturelles et morales ».
Ce dernier trouve le fait de condamner ces violeurs à des peines allant de 5 à 10 ans, conformément à l’alinéa 1 et 2 de l’article 320 du code pénal, ne règle pas le problème. Au-delà de cet article, l’association des journalistes propose la castration chimique parce que, selon Fall, « ce que ces gens-là font subir aux enfants est inadmissible et on doit les mettre hors d’état de nuire, parce qu’ils constituent des poisons pour la société ».
Par ailleurs, Fall pointe du doigt le manque de formation des officiers de police judiciaire parce que, selon lui, « c’est au niveau de l’enquête préliminaire que cela pose problème, puisque ces derniers n’ont pas de bagage juridique nécessaire pour faire face à cette situation, ce qui entraîne les relaxes au niveau des tribunaux, les magistrats, ceux du Parquet, notamment, qui sont sensés défendre la société en se basant sur les procès-verbaux établis au niveau des commissariat ». Il conclut en attirant l’attention des magistrats. Il leur demande d’être plus vigilants sur les cas de viol parce que, « si la loi n’est pas appliquée dans toute sa rigueur, cela va décourager la population à porter plainte ».
Mariama Kobar Saleh/Leral.net

17/07/2016

MATERNITE A SOMONE

Somone: La maternité du poste de santé inaugurée

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La ministre de la Santé et de l’Action sociale a inauguré la maternité du poste de santé de la commune de Somone. Elle permettra d’inciter les femmes enceintes à venir y faire des visites prénatales et à y accoucher. Pr Awa Marie Coll Seck a invité, à cette occasion, les collectivités locales à s’impliquer dans la création de structures de santé.
« La santé étant une compétence transférée, même s’il y a des constructions faites par l’Etat, les collectivités locales doivent continuer à y mettre la main », a déclaré la ministre de la Santé et de l’Action sociale, en inaugurant la maternité du poste de santé de la commune de Somone dans le département de Mbour.
Awa Marie Coll Seck s’est félicité de la construction de cette infrastructure qui va soulager les femmes de Somone et des villages environnants. Mme Seck a cependant insisté sur le fait que la maternité doit prodiguer des soins de qualité pour attirer davantage les femmes afin qu’elles viennent s’y faire consulter et y accoucher. Elle a promis de renforcer le personnel du poste de santé en personnel pour permettre à la structure sanitaire de jouer son rôle. « Une seconde sage-femme et infirmier seront affectés dans ce poste de santé », a assuré la ministre de la Santé. Dr Deo Nshimirimana, représentant résident de l’Organisation mondiale de la santé au Sénégal, a invité les autorités locales à continuer à œuvrer pour que les femmes ne perdent plus la vie en donnant naissance. Selon lui, la naissance d’un enfant est l’un des moments les plus attendus dans la vie de la communauté. C’est ce qui explique le fait que l’inauguration de cette maternité constitue aussi un événement important pour les habitants, les élus et les autorités administratives du département de Mbour. Le maire de la commune de Somone, Boucar Sadji, a réitéré son engagement de faire de la santé une de ses priorités. C’est dans ce sens d’ailleurs que l’équipe municipale et ses partenaires ont construit cette maternité. En plus, la mairie a recruté une sage-femme et un chauffeur ambulancier pour essayer de soulager les populations de la localité. Dans le cadre de la mise en œuvre de la Couverture maladie universelle (Cmu), la commune a donné une subvention à la mutuelle de santé.
Amath Sigui NDIAYE/Lesoleil

DIASS OPERATIONNEL FIN 2017

AIBD : LE PREMIER VOL ATTENDU AU DERNIER TRIMESTRE 2017

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L’aéroport international Blaise Diagne de Diass (AIBD) va accueillir ses premiers avions dans le courant du dernier trimestre 2017, a annoncé samedi à Mbour (ouest) son directeur général, Abdoulaye Mbodji.
Les travaux de construction de cet aéroport, dont la première pierre avait été posée le 4 avril 2007, sont toujours en cours.
’Cette fois-ci, j’ose avancer qu’au dernier trimestre (octobre-novembre-décembre) 2017, l’AIBD accueillera son premier avion. Parce que nous sommes avec les Turcs qui, aujourd’hui, jour et nuit, sont en train de bien travailler’’, a notamment déclaré M. Mbodji.Selon lui, ce nouvel aéroport est ‘’le cœur du Sénégal’’, puisque toutes les voies de communication y convergent aujourd’hui. ‘’Je crois que si on s’y prépare très bien, Mbour aura une large place. Et c’est déjà le cas d’ailleurs, puisque le foncier commence à grimper dans cette zone, où tous les gens veulent maintenant venir habiter. Je pense qu’avec l’AIBD, le départ de Mbour est l’avenir de notre pays’’, a prédit Abdoulaye Mbodji.Il faisait un exposé sur les opportunités liées à l’AIBD, à l’occasion d’une conférence publique organisée par l’ONG ‘’Leadership, éthique, gouvernance et stratégie pour l’Afrique’’ (LEGS Africa).
Cette rencontre est organisée dans le cadre de ‘’Perspectives africaines’’, une série de débats mensuels visant à promouvoir le dialogue entre Africains dans le sens de la construction d’une opinion panafricaine.
Le DG de l’AIBD estime que, comme le souhaitent les pouvoirs publics, la bataille du hub ouest-africain dans le domaine aéroportuaire peut être bien gagnée, à travers l’aéroport de Diass, parce qu’étant bien en pôle position.
Cela est dans l’ordre du possible, malgré les performances de celui d’Abidjan (Côte d’Ivoire), qui est à près de 1,5 million de passagers par an, là ou Dakar est à plus de deux millions de passagers par an. D’après lui, seul l’aéroport d’Accra, au Ghana, fait mieux que Dakar dans cette sous-région ouest-africaine.
‘’On nous dit que la Mauritanie vient de terminer son nouvel aéroport, mais ce pays accueille 300 mille passagers par an’’, a-t-il souligné, expliquant que ‘’notre position géographique naturelle est déjà un avantage, pour qu’on puisse gagner cette bataille du hub très facilement. Actuellement, on a une augmentation sur le trafic au niveau de l’aéroport de Dakar’’, s’est réjoui M. Mbodji.
APS

15000 CASAMANCAIS REFUGIES

8000 réfugiés encore en Guinée-Bissau, 7.000 autres en Gambie

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Près 8.000 réfugiés en provenance de la Casamance vivent encore en Guinée Bissau et 7.000 autres en Gambie, a indiqué samedi l’historien Nouha Cissé.
Le nombre de refugiés ayant fui la Casamance était estimé entre 30.000 et 50.000 dans la période comprise entre 1982 et 2002, a rappelé l’historien, en citant le Haut Commissariat pour les refugiés et la Croix-Rouge.
‘’Près de 17.000 personnes étaient refugiées en 1997, soit en Guinée Bissau, soit en Gambie. Et l’on estime à entre près de 30.000 et 50.000-de 1982 à 2002- les personnes fuyant les zones de combat ou empruntant le chemin de l’exode, et à 12 pour cent les habitations abandonnées avec un impact dans les zones de Niaguis et Niassia’’, a dit l’ancien proviseur du lycée Djignabo de Ziguinchor.
Le conférencier s’exprimait au second jour d’un séminaire organisé par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS) en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer.
A cette occasion, il est largement revenu sur les répercussions économiques, sociales et environnementales du conflit en Casamance.
‘’Il y a eu des conséquences sur la baisse de la production, des exploitations agricoles arrachées aux propriétaires, vol de bétail, pillage de la forêt, pollution de la nature avec la présence des mines’’, a listé Nouha Cissé, membre du Groupe de réflexion pour la paix en Casamance.
Sur le plan social, il a relevé l’accentuation de la pauvreté, le départ des partenaires au développement et le chômage des jeunes qui partent vers d’autres horizons à la recherche de lendemains meilleurs.
Il a ensuite décliné des pistes de solution pour accompagner la dynamique de paix en Casamance, estimant toutefois qu’il faut une restauration et une réparation du tissu social, à travers la construction et la réhabilitation des maisons détruites.
Il préconise aussi d’aller vers des mesures exceptionnelles en accompagnant les populations refugiées à retrouver une identité, pour éviter la situation de ‘’tripatricide’’ pour certaines populations, mais aussi des compensations pour toutes les victimes, de quelque bord qu’elles soient.
Et pour prévenir une résurgence du conflit, il prône une ‘’solution politique avec des actions phares’’ pour impulser le développement socio-économique et environnemental de la région.
Il a aussi plaidé en faveur d’un retour définitif des populations déplacées vers les zones de départ. ‘’Un vieil adage dit +on n’est jamais mieux que chez soit+’’, a-t-il invoqué, estimant que malgré des conséquences et autres séquelles, ‘’’les refugiés doivent rentrer au bercail’’.
APS

16/07/2016

HONTEUX: LES MAÎTRES CORANIQUES VEULENT SAUVEGARDER LEURS ENFANTS MENDIANTS...

Des maitres coraniques s'en prennent aux chefs religieux

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La polémique sur le retrait des enfants de la rue est en train de prendre une nouvelle tournure. Cette fois-ci, ce sont les maitres coraniques de Mbour qui ont organisé un sit-in pour dénoncer cette mesure du gouvernement avant d'accuser les chefs religieux d'avoir trahi l'Islam.
Beaucoup de chefs religieux ont trahi l'Islam. L'accusation porte la signature de maitres coraniques de Mbour qui ont tenu un sit-in de protestation ce mardi. Au cours de leur rassemblement, les maitres coraniques de Mbour ont commencé par demander à l'Etat du Sénégal de revenir sur sa décision de retirer de la rue les enfants talibés. «L'Etat ne fait rien pour les daaras (écoles coraniques). Pourtant, nous n'avons jamais protesté. Alors qu'à l'Université, les étudiants ont jeté des pierres au chef de l'Etat. On a vu même des professeurs d'université bruler un texte de loi», a dit le porte-parole des maitres coraniques de Mbour.
Mais l'Etat n'est pas la seule cible de ces maitres coraniques qui ont aussi tenu à dire leurs quatre vérités aux khalifes des grandes familles religieuses du Sénégal. Pour eux, le silence de ces marabouts est tout simplement incompréhensible. Ils l'assimilent même à une trahison. Non sans rappeler que c'est Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine et Serigne Bassirou Abdou Khadre qui s'étaient impliqués pour sortir l'école de la crise.
En outre, les maitres coraniques de Mbour ont appelé au boycott des Ong accusées d'être des complices du gouvernement dans ce qu'ils qualifient de combat contre les daaras.
LigneDirecte

LETTRE AU PRESIDENT SALL

Retrait des enfants de la rue et de l’exploitation par la mendicité : Monsieur le président de la République, Rentrez dans l’Histoire

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Des maîtres chanteurs aveuglés par des gains immondes sur le dos des enfants recommencent à proférer des menaces contre la République protectrice des enfants.
Toute honte bue, ils réclament le droit d’exploiter les enfants en les forçant à mendier, le droit de vivre de la force de travail prématurée de ces enfants orphelins de la république. Ils réclament le droit de leur faire subir de graves châtiments corporels s’ils ne rapportent pas la somme journalière fixée d’avance. Ils réclament le droit de les menotter, de les frapper à mort, de les soumettre à un stress permanent et à des précarités de vie indignes d’une condition humaine. Ils réclament le droit de livrer les enfants aux pieds nus à l’errance dans les rues de nos principales villes sous la chaleur, le froid, la pluie et à n’importe quelle heure de la journée. Ils réclament notre lâcheté et notre silence complice.
La République s’est toujours couchée devant ces bourreaux d’enfants et leurs complices qui se trouvent aussi dans la société. Nous avons en mémoire la reculade de l’ancien régime alors que le premier Ministre Souleymane NDéné NDIAYE, suite au conseil inter ministériel du 24 août 2010, annonçait et mettait en œuvre le premier plan concret de retrait des enfants des circuits de l’exploitation de leur mendicité.
La deuxième reculade a été marquée par le blocage du Plan Stratégique d’Eradication de la Mendicité Infantile adopté en conseil interministériel présidé par l’ancien premier Ministre Abdoul MBAYE et comme réponse à la tragédie de l’incendie du tristement célèbre daara de la Médina où neuf talibés sont morts brûlés vifs.
le président de la République, votre décision historique de retirer définitivement des rues de nos villes tous les enfants soumis à l’exploitation de leur mendicité, aux négligences criminelles et à diverses formes de maltraitance, honore la République.
Osez donc rentrer dans l’Histoire en étant le Président du Sénégal qui a eu le courage politique de mettre fin à la servitude quotidienne de mendicité forcée, voire à l’esclavage, de dizaines de milliers d’enfants du Sénégal et de la sous région.
La confusion entretenue par la communication de votre premier Ministre limitant votre initiative de salut public et de restauration des droits de ces enfants martyrs à la seule région de Dakar, du moins de Dakar à MBao, ne doit nullement vous engager. Quid des enfants en situations de rue dans les autres régions et victimes de l’exploitation de leur mendicité et d’autres formes d’asservissement? Le bon sens et l’intangibilité des droits de tous les enfants à la protection n’acceptent pas ce non sens et ce manque de courage politique.
Le Sénégal ne mérite point d’être le seul pays au monde et de la Umma islamique où l’Etat et la société ne réagissent pas à cette honteuse exploitation et maltraitance des enfants. Nous sommes des millions de sénégalais qui n’acceptons plus cela. Nous sommes prêts à défendre l’honneur de la République, l’Etat de droit, nos valeurs religieuses et culturelles qui assurent la protection de tous les enfants sans aucune discrimination.
Parmi ce peuple digne qui soutient votre décision, il y’a bien des maîtres coraniques, des imams, des marraines de daaras ou « dey daara », des enfants qui souffrent quotidiennement dans leurs chairs et subissent des mutilations au plan psycho affectif, des enfants et jeunes de tous les milieux , des femmes, des intellectuels, des chefs religieux, d’islamologues, des notables et chefs coutumiers, des artistes et créateurs, des sportifs, des délégués de quartier, des travailleurs sociaux de rue, des acteurs des organisations de la société civile nationale et internationale, des travailleurs, des chefs d’entreprise, des membres de divers partis politiques(je salue au passage les courageuses positions publiques de l’UNP de Moctar Sourang, de la LDMPT, de la Plateforme Avenir Sénégal Binu beug et du Maire de la Médina Bamba Fall).
le président de la République, vous avez également reçu les soutiens de la CEDEAO, du Système des Nations- Unies, de pays amis, de citoyens de pays de la sous région et de toute l’Afrique entière.
C’est vous dire que le monde entier a le regard tourné vers le Sénégal où vous venez de susciter la grande espérance de libération des enfants des pires formes d’exploitation et de pratiques analogues à l’esclavage. Il vous/nous est absolument interdit de briser cette espérance.
C’est maintenant que l’histoire frappe à votre porte. Ne ratez surtout pas ce momentum. Dans le passé nous avons tout essayé pour éradiquer ce phénomène d’asservissement de l’enfant sans y parvenir effectivement. A cet effet, je rappellerai pour la mémoire collective : la tenue, en juillet 1977, du premier conseil inter ministériel consacré à la lutte contre la mendicité des enfants ; l’organisation, dans la foulée de ce conseil inter ministériel et par l’Institut Islamique de Dakar, d’un séminaire national sur la mendicité des enfants de certains daaras avec la participation de diverses associations islamiques, de maîtres coraniques de daaras de grande renommée et des représentants de certaines associations laïques ; l’Instruction d’octobre 1978 du premier Ministre demandant au Ministre de l’Action Sociale de prendre toutes dispositions utiles pour : lutter contre la mendicité des talibés avec le concours de la police et de la justice, ouvrir des centres d’accueil pour les talibés mendiants, appuyer les daaras sur les plans alimentaire et sanitaire ; les tenues en octobre 2006 du premier Conseil Présidentiel sur les enfants de la rue , du Conseil inter ministériel du 24 août 2010 , du Conseil inter ministériel du 13 mars 2013.
Des milliards de francs FCA ont été dépensés dans des programmes et projets dédiés à la lutte contre l’exploitation de la mendicité des enfants, au retrait et réinsertion des enfants de la rue (expérience du Partenariat pour le Retrait et la Réinsertion des Enfants de la rue-PARRER- soutenu par la Banque Mondiale et l’UNICEF). L’environnement légal a été renforcé avec l’adoption de la loi n°2005-06 du 10 mai 2005 relative à la lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées et à la protection des victimes.
Malgré tous ces processus et initiatives publics, soutenus par la société civile et des partenaires techniques et financiers, la présence d’enfants dans les rues à des fins d’exploitation et d’abus ne cessait de croître.
L’action d’autorité requérant la mobilisation de l’ensemble de l’appareil d’Etat s’imposait Votre décision est de l’ordre de la justice réparatrice pour les enfants oubliés, négligés et livrés à des prédateurs de touts bords. Alors M le Président, je vous en supplie : Rentrez dans l’Histoire.
Mamadou WANE dit Mao - Coordonnateur de la PPDH - Membre du Groupe de la société civile, des partenaires techniques et financiers pour la Protection de l’Enfant

LA LEPRE REVIENT AU SENEGAL

la lèpre est de retour au Sénégal

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La lèpre est de retour au Sénégal, notamment dans la ville sainte de Touba. Selon les informations données par Le Populaire, rien que pour l’année 2015, 51 nouveaux cas ont été enregistrés. D’après Abdourahmane Sène, point focal lèpre à Touba, « compte tenu de la situation épidémiologique, c'est presque l'équivalent du nombre de cas dépistés à Dakar ». Dans le même registre, Mariama Diouf, membre d'une Ong, souligne que la recrudescence de la lèpre est due au fait que la maladie a été oubliée.
« Il y a beaucoup de cas à Touba, il y a de nouveaux cas. On avait oublié la lèpre, mais elle est revenue. Les prestataires de santé l'avaient oubliée, les travailleurs sociaux aussi l'avaient oubliée et c'est ce qui fait la recrudescence de cette maladie. Parce que, généralement, la maladie est peu contagieuse, il faut vraiment une promiscuité pour qu’il y ait contamination », a indiqué Mme Diouf au journal. Ainsi, selon les autorités sanitaires de la localité, pour éviter que la maladie ne se propage, 60 relais viennent d'être formés pour sensibiliser davantage les populations sur cette maladie.
Ndarinfo