24/08/2016

KhAKHOUM (KAOLACK) CITE DE LA PLUIE

À la découverte de Khakhoum, la cité hantée par les eaux

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Enclavé au milieu des quartiers Touba Ndorong, Ngane et Sam, Khakhoum pour les uns ou Khakhout pour les autres, est devenu le quartier le plus tristement célèbre de la capitale du Saloum.
«Vivre dans l’eau est difficile. Actuellement, comme il y a une accalmie du ciel, on respire. Mais une fois qu’il pleut encore, les inondations vont recommencer», nous confie cette jeune dame qui a préféré garder l’anonymat.
Aperçu de loin, en train de patauger dans l’eau, le pantalon retroussé jusqu’aux genoux, Serigne Dione avoue: «Entre Khakhoum et l’eau, c’est une longue histoire. Mais avec l’urbanisation galopante, le problème s’aggrave. L’eau envahit même nos chambres, on est obligé de poser nos lits sur des briques pour dormir la nuit. Tous ceux qui restent ici n’ont pas de moyens sinon ils allaient déménager».
Depuis des jours, le ciel semble vouloir donner du répit aux braves populations de Khakhoum. Et celà se fait sentir dans les étroites ruelles de la cité hantée où des nuées d’enfants s’adonnent au football sur un sol verdâtre, témoin des trombes d’eau qui ont arrosé les lieux, les semaines passées.
Khakhoum est un vrai casse-tête chinois pour les autorités municipales. Même si, d’une part, les riverains agréent la rapidité manifestée cette année dans le pompage des eaux stagnantes; d’autre part, ils tempèrent. Pour Mamadou Diop, notable du quartier: «Pomper les eaux, c’est bien. Mais instaurer des solutions structurelles, c’est mieux. Malgré le pompage, nous sommes plus de 100 familles à quitter nos maisons pour occuper les écoles comme abris provisoires».
Le déguerpissement définitif, une épée de Damoclès
«Si c’est la seule solution pérenne, nous sommes prêts à quitter nos maisons», assure le vieux Diop. Mais il rappelle qu’ils ont emménagé dans un quartier urbanisé et loti avec des infrastructures adéquates. Raison suffisante, ajoute-t-il, pour qu’on ne les déplace pas comme des réfugiés.
Malgré le ballet incessant des autorités, à savoir le premier ministre et son gouvernement, les députés, les sénateurs et même les conseillers économiques sociaux et environnementaux, Khakhoum est toujours hanté par les eaux de pluie.
C’est pourquoi là-bas, les populations ironisent les visiteurs nombreux et variés :»Le quartier est devenu le premier lieu de pèlerinage incontournable des autorités politiques du pays, du pouvoir et même de l’opposition».
Rappelons que le ministre, Diène Farba Sarr, lors de son déplacement à Kaolack cette année, a assuré que l’Etat a mobilisé un fonds de 700 milliards de Francs CFA pour un plan décennal. Ce plan devrait prendre Khakhoum en compte. En attendant, les populations prennent leur mal en patience et prient le ciel qu’il ne pleuve pas.
Babou Touré/Senenews

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